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19.octobre.201719.10.2017 // Les Crises

Surprenantes elections allemandes : Entre centre et marges… Par Stefan Winter

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Source : Proche & Moyen-Orient, Stefan Winter, 02-10-2017

Berlin, 30 septembre 2017.

Avant les élections, l’Allemagne semblait une île de stabilité dans la perception des grands médias internationaux. Le marché du travail tournait rond, s’approchant du plein emploi, les recettes fiscales étaient plus élevées que prévu, les finances publiques se montraient stables, la sécurité intérieure était maîtrisée, l’immigration réglée de main ferme, tandis que l’intégration des réfugiés suivait son cours. Quant aux questions en suspens, la Chancelière distillait la confiance, toujours dans l’esprit d’un « nous allons y arriver », traduction presque littérale du fameux « yes we can ». Dans ces conditions, on pouvait s’attendre à ce que les élections fédérales du 24 septembre dernier ne soient qu’une simple formalité : tout irait comme avant…

Mais cela ne s’est pas passé comme prévu ! En fin de compte, Mme Merkel et son parti – la CDU – ont gagné, mais la victoire a un goût amer et vire au « cauchemar », comme a titré le quotidien Bild. Les grands partis du centre bourgeois – CDU et SPD – qui gouvernaient en « grande coalition », ont gravement perdu. La CDU perd 8,6 % pour obtenir 33 % des votes et 246 des 709 sièges dans le nouveau parlement – son plus mauvais résultat dans l’histoire de la République Fédérale. Le SPD perd 5,2 %, totalisant seulement 20,5 % des votes pour 153 des sièges, également son plus mauvais score depuis 1949. La Gauche reste stable avec 9,2 % des voix et 69 sièges, de même que Les Verts avec 8,9 % et 67 des sièges. Ce sont deux autres partis qui profitent de l’électorat volatil : la FDP gagne 5,9 % pour obtenir 10,7 % des votes, à nouveau représentée au parlement avec 80 sièges. Et l’AfD – décrite comme populiste, nationaliste, xénophobe et d’extrême-droite -, passe de 4,7 % à 12,6 %, elle gagne 7,9 %! Pour la première fois, cette formation fait partie du Bundestag en obtenant 94 sièges. Dans les États fédérés de l’Est, l’AfD devient la deuxième force politique, en Saxe elle passe même à la première place de l’échiquier politique. Dans la stratégie des grands partis, quelque chose n’a pas fonctionné.

C’était la stratégie de la Chancelière d’établir, avec la CDU, un centre de gravité politique qui devait assurer l’équilibre du champ gravitationnel. Les autres partis se situaient près du centre ou dérivaient vers une périphérie plus ou moins marginale. Cette stratégie de la Chancelière, consistait à reprendre, de temps à autre, des thèmes majeurs des autres partis. Ces derniers devaient rester associés au centre, mais vidés de leur substance en devant redéfinir leur identité. Sinon, ils se trouvaient repoussés aux marges du spectre politique. Quand la CDU a absorbé le dossier de protection environnementale des Verts, ceux-ci cherchaient à redéfinir leur profil (un processus qui continue à ce jour). Quand la CDU a assimilé des thèmes néoliberaux du FDP, celle-ci sombrait dans l’insignifiance. Le SPD a subi, au cours des huit ans de la grande coalition, une érosion continue. Durant la campagne électorale, son candidat chef de file – Martin Schulz – a peiné pour tenter d’expliquer en quoi le SPD se distinguait de la CDU.

Quand en 2015, Mme Merkel a décidé – en solitaire – décide d’ouvrir plus largement les portes de l’immigration, c’était l’AfD qui canalisait le mécontentement de parties importantes de la société allemande. Lors des attentats islamistes de 2016 en Allemagne et en Europe, l’AfD enregistrait une nouvelle progression. Cette jeune formation politique se définissait par l’ensemble de ses rejets pour s’imposer comme « le parti-Anti ». Pendant ce temps, le gouvernement de Mme Merkel a modifié les modalités concrètes de l’immigration, devenant plus restrictives. Durant la campagne, Mme Merkel et M. Schulz répondaient aux citoyens inquiets face à une immigration incontrôlée et démesurée. Le duo Merket/Schulz disait aux « inquiets » qu’ils trouveraient les correctifs nécessaires dans les propositions de la CDU et du SPD. Parallèlement, le discours électoral dominant identifiait l’AfD à un simple parti d’extrême-droite, comptant bon nombre de nazis dans ses rangs… L’AfD elle-même évoluait dans cette direction. Une fois de plus, on a repris – et modifié – les dossiers portés par un autre parti qui était censé être rejeté aux marges du spectre politique. Ainsi, le centre « absorbant » devait se réaffirmer. Mais cette fois-ci, la stratégie n’a pas marché.

Après les élections, plusieurs officines ont lancé des enquêtes pour savoir pourquoi tant d’électeurs avaient voté pour l’AfD. Une étude conjointe de l’ARD et d’Infratest a mis en lumière trois thématiques d’un intérêt majeur pour les électeurs de l’AfD : 1) la lutte contre le terrorisme (69 %) ; 2) la lutte contre la criminalité (61%) ; 3) l’impact des réfugiés et des migrants (60%). Près de 60 % des électeurs de l’AfD se sont, ainsi prononcés en sa faveur, non pas parce qu’ils adhéraient à son programme, mais pour manifester leur déception et leur scepticisme envers les autres partis.

Par conséquent, nous sommes face à une perte de confiance, à une rupture entre la population et les acteurs politiques traditionnels. Le malaise exprimé se manifeste aussi dans un contexte plus large, excédant amplement les contours d’un débat germano-allemand.

Premièrement : l’Europe de l’Union européenne (UE) est perçue par une partie considérable de la population allemande comme un « Europe des bureaucrates », produisant de l’uniformité sans valeur identitaire propre. L’une des réactions s’est exprimée dans le retour à un « nationalisme panique », dont la AFD est le symptôme, au même titre que le Front National français et le UKIP britannique. Mais entre les falaises d’une conception stérile, homogénéisante et les précipices d’un nationalisme dépassé, il existe la troisième voie d’une Europe des différences, de la curiosité et du dialogue. La définition d’une telle Europe ne doit pas se limiter au fait qu’on possède un marché commun. Les dimensions culturelles doivent en être aussi des forces motrices, non pas comme un ajout extérieur mais bien comme des dimensions consubstantielles, organiques et structurantes ! Une telle Europe vivante incite et exige la participation active de ses citoyens.

Mais où est-on avec cette participation ? Les négociations sur le thème crucial du TTIP1, par exemple, ont été menées à huis clos, dans la plus grande opacité, à l’abri du regard des opinions publiques. Quand l’alliance Stop-TTIP – qui réunit plus de 300 organisations civiles en Europe -, a demandé – en 2014 – une audition publique au Parlement européen, la Commission européenne a refusé d’enregistrer cette initiative en tant qu’Initiative Citoyenne Européenne (ICE). Par la suite, la Commission n’a pas accepté l’audition. Quand l’Alliance présentait près de 3.3 millions de signatures contre le TTIP en novembre 2015, elle n’a toujours pu obtenir une audition. C’était seulement le 10 mai 2017 que la Cour européenne a revu le décret de la Commission en constatant que « la proposition d’ICE [Stop TTIP] était bien une expression de la participation effective des citoyens de l’UE à la vie démocratique de celle-ci ». Ainsi, la Cour s’est vue obligée de rappeler à la Commission que « le mécanisme de l’ICE [consiste] à améliorer le fonctionnement démocratique de l’Union en conférant à tout citoyen un droit général de participer à la vie démocratique ».

Deuxièmement : sur le plan économique, nous assistons à un déplacement massif des plaques tectoniques. Le dollar est en train de perdre son statut de monnaie de référence unique ; la Chine et la Russie construisent – avec leurs partenaires – la zone commerciale eurasienne, un projet d’infrastructures d’une ampleur de plusieurs billions d’Euros ; l’approvisionnement en énergie de l’Europe est débattu. Le partenaire commercial numéro un de l’Europe a répété de nouveau : « America first ! ». Où est-ce que l’Allemagne se situe dans tout ça ? On ne sait pas !

Un débat public sur ces thèmes essentiels n’a pas lieu, du seul fait déjà que l’information nécessaire fait cruellement défaut dans les grands médias. La grande majorité de la population allemande n’a jamais entendu parler de la Shanghai Cooperative Organisation (le pendant de l’OTAN), du BRICS Contingent Reserve Arrangement (une alternative à la Banque Mondiale), du BRICS New Development Bank (une alternative au Fonds Monétaire International), de l’Asia Infrastructure Investment Bank (un instrument clé du financement des nouvelles routes de la soie). Les questions fondamentales d’orientation ne sont pas posées, ni analysées, ni discutés dans l’espace public. Mais ce qui manque en termes de questions clairement articulées, est perçu par une partie de la population comme une incertitude diffuse qui fait peur. À la catégorie définie de « l’indigné » allemand (Wutbürger), il faut ajouter celle de « l’apeuré » (Angstbürger), qui est aussi devenu électeur de l’AfD.

Un troisième facteur empêche une participation plus active des citoyens aux processus politiques : la constellation de l’espace médiatique. À partir de 2014, les grands médias allemands ont basculé dans une information unilatérale jusqu’alors inconnue. En juin 2014, le Conseil consultatif de l’ARD, l’une des grandes chaînes de télévision publiques allemandes, réprimandait sa couverture du conflit en Ukraine, la qualifiant de « fragmentaire », « tendancieuse », « défectueuse » et « unilatérale ». Cela vaut également pour bien d’autres médias et bien d’autres sujets de politique extérieure et intérieure. L’information unilatérale ferme l’espace public aux questions, aux critiques et au débat citoyen. Elle induit une attitude passive. Beaucoup plus rarement, l’information engagée incite l’exercice du sens critique et fait surgir des « médias alternatifs ». Beaucoup d’entre eux sont eux-mêmes tendancieux, mais dans des directions différentes, certains manifestant une affinité envers l’AfD. L’écart entre les narratifs présentés au grand public – sur la scène du théâtre médiatique -, et les événements réels qui se passent en coulisses, a toujours existé, mais aujourd’hui, il s’est considérablement élargi.

Le CEO de Siemens – Joe Kaeser – interprète le résultat de l’AfD comme une défaite des « élites », qui n’ont pas su communiquer avec leur base. Le CEO de Volkswagen – Matthias Müller – fait du résultat électoral un constat honteux : « l’Allemagne a réussi politiquement et économiquement parce qu’on est un pays tolérant, cosmopolite et tourné vers l’international ». Qu’il en reste ainsi…

Pour le moment, on ne sait pas encore quel gouvernement va voir le jour en Allemagne. La poursuite de la « grande coalition » reste l’une des possibilités. La coalition « Jamaïcaine » entre la CDU (noir), la FDP (jaune) et les Verts, représente une autre alternative. De toutes les façons, quelques leçons peuvent être déjà tirées : la prise de décisions de type seigneuriale, l’empêchement de débattre des questions vitales dans l’espace public, l’information unilatérale des grands médias, constituent trois facteurs qui ont largement contribué à l’épanouissement du « phénomène AfD ». Si les grands partis du centre bourgeois veulent convaincre l’électorat dans un processus démocratique vivant, il leur faudra travailler ces trois foyers d’incompréhensions et de malentendus afin de montrer des résultats tangibles et concrets : « Stand and deliver / or the devil, he may take you! »

Stefan Winter, philosophe.

1 Projet d’accord commercial et de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis.

Source : Proche & Moyen-Orient, Stefan Winter, 02-10-2017

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Commentaire recommandé

DUGUESCLIN // 19.10.2017 à 06h05

“Nemo auditur propriam suam turpitudinem allegans”
Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.
Le mépris mainte fois réitéré des peuples par des politiciens qui refusent de les entendre et dont les objectifs cachés sont incompréhensibles, sont la cause de ces votes.
Comme dans les pays du Golfe, il ne faut pas s’étonner que les agressions des atlantistes avec les manœuvres les plus sombres ne peuvent qu’accroître la montée du terrorisme.
Au lieu d’être entendus, les peuples sont méprisés par leurs dirigeants. Les sans dents, les alcooliques, les gens qui ne sont rien, les fainéants etc..sont, en plus, accusés d’extrémisme. Mais qui est extrémiste dans ces affaires sinon ceux qui en sont la cause?

20 réactions et commentaires

  • DUGUESCLIN // 19.10.2017 à 06h05

    “Nemo auditur propriam suam turpitudinem allegans”
    Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.
    Le mépris mainte fois réitéré des peuples par des politiciens qui refusent de les entendre et dont les objectifs cachés sont incompréhensibles, sont la cause de ces votes.
    Comme dans les pays du Golfe, il ne faut pas s’étonner que les agressions des atlantistes avec les manœuvres les plus sombres ne peuvent qu’accroître la montée du terrorisme.
    Au lieu d’être entendus, les peuples sont méprisés par leurs dirigeants. Les sans dents, les alcooliques, les gens qui ne sont rien, les fainéants etc..sont, en plus, accusés d’extrémisme. Mais qui est extrémiste dans ces affaires sinon ceux qui en sont la cause?

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    • Alfred // 19.10.2017 à 07h37

      D’où la très pertinente notion “d’extrême centre” présentée par Alain Deneault… (Découvert pour ma part grâce à un commentateur des crises (merci)).

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  • Gier13 // 19.10.2017 à 07h30

    Je cite : “la prise de décisions de type seigneuriale, l’empêchement de débattre des questions vitales dans l’espace public, l’information unilatérale des grands médias, constituent trois facteurs qui ont largement contribué à l’épanouissement du « phénomène AfD”….
    Je pense qu’on peut garder cette grille d’analyse pour la France et, à la fin, substituer FN à AfD.

    La prise de décision autoritaire qui nie la volonté du peuple devient la règle depuis 2005.
    Les débats publics se font le plus souvent entre gens d’accord sur à peu près tout. Et l’interview de Jupiter dimanche soir ne contredit pas cette règle tant j’ai eut l’impression d’assister à une aimable discussion entre amis (riches !)
    Quant à l’info dans les médias… si vous venez ici, c’est bien parce que vous êtes fatigué de lire à longueur de une qu’en dehors du libéralisme forcené, de la mondialisation échevelée et de l’UE de l’inénarrable JC Juncker il n’y a point de salut.
    J’imagine qu’en Autriche on constate les mêmes maux avec les mêmes effets. Il n’y a guère que les élites auto proclamées pour ne pas comprendre, ne pas voir, aveuglées quelles sont par la défense des intérêts de leur caste.
    Peut être est-il temps de virer tout ce petit monde ?

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    • germs // 19.10.2017 à 15h46

      j’aimerais que l’on arrête de dire “Elite” ( Au sein d’un groupe ou d’une communauté, l’élite est l’ensemble des individus considérés comme les meilleurs, les plus dignes d’être choisis, les plus remarquables par leur qualité.) qui mérite mon respect et dire/ écrire plutôt “privilégié” (Un privilège est un droit spécial, exceptionnel ou exclusif qui est accordé à une personne, à un groupe ou à une collectivité, de pouvoir faire quelque chose ou de bénéficier d’un avantage). Bien à vous

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  • Galvan // 19.10.2017 à 07h36

    … surtout quand ces politiques et dirigeants de tout poil se prennent pour des élites alors qu’ils ne sont qu.un ramassis de privilégiés.

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  • DidierF // 19.10.2017 à 08h21

    En Allemagne, la distribution de “fake news” est punie très sévèrement. Comme c’est le gouvernement qui décide de ce qui est “fake”, j’ai une opinion impolie sur la loi récemment adoptée à ce sujet.
    La discussion avec la population, demandée par cet auteur, n’aura pas lieu. La rupture de 2005 en France s’est faite cette année en Allemagne.
    Quelqu’un a écrit que ces élites sont dangereuses car elles sont certaines de faire le bien. C’est une très grande et très actuelle vérité.
    Macron est le dernier avatar de cette idée en France.
    Nous ne comprenons qu’après coup ce qui s’est passé et encore si on s’intéresse à la question. On est mal face à ces gens.

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  • christian gedeon // 19.10.2017 à 10h09

    Donc,”nationalisme panique”…pour l’auteur,afd,fn,ligue du nord et cie,c’est juste du nationalisme panique. Des crétins,quoi. L’article a été écrit avant la victoire du très jeune futur chancelier autrichien,manifestement. Tant qu’on persistera à traiter en quelque sorte par dessus la jambe et avec mépris ces réactions “panique”(sic!),ces mouvements continueront à s’étendre,doucement,mais sûrement,et surtout à se radicaliser.Les réflexes “bien pensants ” doivent disparaître au profit de solutions apportées à cette “panique “. ça me fait penser aux gens qui cassent le thermomètre pour ne pas voir la fièvre,en disant c’est juste un petit rhume des foins…alors que c’est peut-être une sale pneumonie.

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    • patrick // 19.10.2017 à 14h13

      De partout ça fait partie de la ” stratégie des grands partis ” : tout ce qui ne va pas dans notre sens est facho, xénophobe , sexiste, se replie sur soi ….
      ça en devient caricatural et ça ne peut que mal se finir.

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  • LS // 19.10.2017 à 11h18

    ” Le CEO de Siemens – Joe Kaeser – interprète le résultat de l’AfD comme une défaite des « élites », qui n’ont pas su communiquer avec leur base. ”

    Vraiment, ce ne serait qu’un problème de communication ? Le pire, c’est qu’il y croit le bougre et qu’il se ment à lui-même. Il est évident, pour moi certes, qu’on a affaire à une divergence de plus en plus forte d’intérêts, de vision de monde, de désirs voire de morale et de culture entre une “élite” dans son monde et le reste des populations.

    Ces gens là incarnent magnifiquement l’appellation “homme (éduqué) des cavernes”, tout autant en référence à la préhistoire qu’à l’allégorie de Platon. Piètre résultat après tant d’études.

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    • Renard // 19.10.2017 à 12h18

      Il est évident que la montée de l’Afd est directement liée à la politique d’immigration de Merkel en 2015 qui a laissé entrer un million de personnes à peu près.

      Fait étonnant : plus il y a d’immigration plus l’extrême droite est forte ! Coup double pour le Capital et ses sbires : pression à la baisse des salaires via l’immigration / diversion politique avec la montée de l’extrême-droite.

      Politiquement, je suis chez FI et je me tue à répéter que si on veut être anti-capitaliste alors il faut être opposé à l’immigration de travail.

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      • patrick // 19.10.2017 à 14h27

        Georges Marchais l’avait compris il y a bien longtemps que l’immigration avait pour but de concurrencer la main d’oeuvre locale qui ne voulait “plus faire ces métiers là ” , on oubliait de dire ” dans ces conditions et à ce salaire “.
        Plutôt que de laisser jouer le marché ( dém..dez-vous entre vous et négociez ) , les gouvernements ont pliés devant les gros industriels.

        Dans le cas de l’Allemagne actuelle, c’est raté . Le patronat Allemand a annoncé qu’il ne pouvait rien tirer de ces gens là , pas assez formés, ne parlant pas la langue et n’ayant visiblement pas trop l’intention de s’intégrer.

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      • Alfred // 19.10.2017 à 16h17

        “Vous vous tuez à répéter…” c’est bien le problème numero un de FI ou la “verticalité du pouvoir” n’est pas un concept creux. Le deuxieme problème c’est quand le clientélisme politique marche sur les pieds de l’analyse politique (avec par exemple les “indigènes de la république”). C’est une caratéristique de tous les partis qui se croient arrivés. Au début ça travaille l’analyse (pour être un peu pertinents et pour séduire). Après ça verouille.
        Désespérant.

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      • Jean-Paul B. // 19.10.2017 à 17h45

        Bonjour,
        l’Histoire nous montre que le grand patronat a toujours privilégié l’entrée de travailleurs étrangers venant de pays où les conditions de vie très difficiles les rend plus “dociles” chez nous. En effet le SMIC représente pour eux une somme très importante en comparaison des salaires dans leur pays d’origine. L’existence de ce prolétariat “immigré” représente bien pour le Patronat de “chez nous” un formidable moyen de pression sur les salariés “autochtones” pour leur faire réduire leurs prétentions.
        D’autre part cela permet d’attiser la xénophobie, voire le racisme, dans les classes populaires locales qui sont en concurrence pour les emplois.
        Le Peuple qui vote se divise alors en deux groupes, pour ou contre les immigrés, cela pour le plus grand bonheur des possédants qui peuvent ainsi se perpétuer au pouvoir en jouant sur la peur (justifiée) que provoquent les partis d’extrême-droite sur la majorité de la population.
        En fait, le FN et ses clones sont sciemment “montés en épingle”, quand il le faut, par par les médias de l’oligarchie pour mieux diviser le Peuple et ainsi faire élire “son” candidat, alors que ladite oligarchie est ultra-minoritaire en termes d’inscrits sur les listes électorales.
        Rien de nouveau sous le soleil.

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        Alerter
    • Haricophile // 19.10.2017 à 12h36

      Ça fait pourtant longtemps qu’on a ce discours en France et en Europe. Si nous avons dit “non” à la “Constitution Européenne” c’est parce qu’on a mal communiqué et que les gens se sont laissé berné par quelques extrémistes ou fantaisistes qui racontaient n’importe quoi sur Internet. C’est pour ça qu’on a mis à la poubelle le référendum et qu’on a fait passer le texte par un autre moyen.

      Ce n’était QUE un problème de communication, et non pas parce qu’il y a eu un étonnant sursaut de politique avec la population qui s’est très sérieusement penché et s’est approprié le sujet.

      L’état apathique et dépressif des populations est très loin d’être une tare : C’est quelque chose d’organisé sciemment et à long terme avec des outils de manipulation très puissants utilisés systématiquement pour la contrôler dans sa globalité. Je ne vois plus la différence entre les méthodes de la politique et du management avec celle des pervers narcissiques les plus dangereux.

      « Il n’y a pas de complot global, mais il y a une collusion d’intérêts » …

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      Alerter
  • Morbihan // 19.10.2017 à 16h54

    Merci infiniment à M. Marin Dacos d’avoir excommunié Jacques Sapir: il m’aura ainsi permis de découvrir ce site 🙂

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  • vinel // 19.10.2017 à 23h46

    Je partage l’analyse du billet qui se résume en trois points.
    Cela ne me parait pas suffisant pour expliquer ce vote.
    S’il nous est dit et redit à longueur d’analyse et d’info que l’Allemagne est la référence en matière d’emploi,il y une autre perception de la réalité de ce plein emploi,c’est celle des allemands.
    La pauvreté n’a cesse de se développer en Allemagne.
    Les salaires très bas(création d’un SMIG récent),des temps partiels très nombreux dont beaucoup se résument à qqs heures par mois quand ce n’est pas 1 heure, sont des statistiques officielles truquées.
    Ainsi les chiffres du chômage sont médiocres et le gouvernement ne se hasardera pas a compter en emplois équivalent temps plein .
    Avec les ordonnance Macron la précarisation en France sera supérieure à celle des salariés en Allemagne,dans le négatif on fait mieux.
    Cette détresse profonde des salariés d’outre Rhin explique mieux la régression de Merkel,l’effet sur l’ensemble de l’électorat est justifié.
    Il en est de même en France ou Macron ne s’en sort qu’avec 14% des électeurs au premier tour et 60% de voix au deuxième tours.
    Avec ce capital de voix vraies,aucun chef d’état dans les pays dits démocratique ne serait élu.
    AH! cinquième république ,quand tu nous tiens!

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  • calal // 20.10.2017 à 09h18

    l’actualite me fait m’interroger sur le modele allemand,americain et francais. Les elections allemandes et leur proportionnelle ont donne beaucoup de voix a l’afd et l’on peut prendre cela comme un signe d’une democratie saine. les usa ont vote trump tandis que nous avons macron.
    je me demande si un modele “federal” ne permet pas un pays plus “efficace”. le modele centralisateur jacobin francais ne conduit il pas nos “elites” parisiennes a etouffer tout eventuel talent qui viendrait a éclore en province et qui pourrait leur faire de l’ombre ou leur renvoyer a la figure leur vraie valeur ( pourtant macron a promu collonb de lyon)?
    en cas de deni de democratie a l’echelle nationale dans un etat centralise (espagne,france?) ,l’eclosion de mouvement independantiste regionnaliste ne permettrait elle pas de reprendre ce pouvoir democratique gaspille par nos “elites” ? je m’interroge.

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    • Alfred // 20.10.2017 à 11h11

      Il me semble que la décentralisation permet déjà de répondre à vos questions : multiplication des strates, des Baronnies et des roitelets. Ce qu’on gagne en vivier plus large on le perd en barrières et processus de cooptation plus nombreux. C’est kif kif à mon avis. Ça vaux pas la dispersion ni le risque.

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      • christian gedeon // 20.10.2017 à 15h25

        Bien d’accord…a chaque strate ,on installe de mini feodalités qui se cramponnent en suite comme des bernacles à leur rocher. le tout devenant monstrueux,et si pratique pour le clientélisme… une fois de plus,sous couvert de régionalisme,d’efficacité et autres “libertés “folkloriques”,on bouffe l’autorité de l’état qu’on a eu ,historiquement tellement de mal à mettre en place. Non mais franchement,a-t-on besoin de ces hôtels de Région complètement disproportionnés et des hordes de gens qui les occupent à faire je ne sais quoi pour je ne sais qui?

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  • BA // 21.10.2017 à 23h16

    Regardez le score des chrétiens-démocrates (les amis d’Angela Merkel) en République tchèque ! ! !

    Le mouvement populiste du “Trump tchèque” remporte les législatives.

    1- Le mouvement populiste ANO du milliardaire Andrej Babis a remporté haut la main les élections législatives de vendredi et samedi en République tchèque en raflant 29,6% des suffrages exprimés,

    2- les libéraux du Parti démocratique civique (ODS) sont crédités de 11,3%,

    3- la version tchèque du Parti pirate obtient 10,8 %,

    4- la formation d’extrême droite Liberté et démocratie directe (SPD) obtient 10,6%,

    5- le Parti social démocrate (ČSSD) du Premier ministre sortant, Bohuslav Sobotka, tombe à 7,3%, son score le plus bas depuis 1993 et la dissolution de la Tchécoslovaquie,

    6- les chrétiens-démocrates : 5,8 % des voix.

    http://www.rts.ch/info/monde/9018379-le-mouvement-populiste-du-trump-tcheque-remporte-les-legislatives.html

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