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4.novembre.20174.11.2017
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[RussEurope-en-Exil] Quelles leçons d’Octobre ?

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Billet Invité

Je conclus ici le rapide survol des évènements survenus en et à la suite de 1917. Dans une précédente note, j’ai exposé le contexte général dans lequel cette révolution est survenue[1]. J’ai abordé ensuite la question de l’impact de la guerre de 1914-1918, et les innovations institutionnelles qu’elle produisit sur le processus révolutionnaire[2]. Peuvent être associés à ces documents le texte présenté à la Conférence qui s’est tenue à Moscou le 14 septembre dernier et qui fut consacrée à « La Révolution russe, en Russie et dans le Monde »[4]. Ce texte fut l’un des derniers textes à être installé sur mon carnet avant que ce dernier ne soit arbitrairement suspendu par M. Marin Dacos et par OpenEdition. Je rappelle ici que cette suspension constitue un acte inouï de censure dans le monde universitaire français.

[1] Sapir J., https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-situation-de-la-russie-en-1917-par-jacques-sapir/ [RussEurope en Exil] La situation de la Russie en 1917, note postée le 4 octobre 2017 sur le Blog Les Crises.

[2] Sapir J., https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-1917-guerre-et-revolution-par-jacques-sapir/, [RussEurope en exil] 1917 : Guerre et Révolution, note postée le 16 octobre 2017 sur le Blog Les Crises.

[3] Sapir J., https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-femmes-et-revolutions-par-jacques-sapir/ [RussEurope en Exil] Femmes et Révolutions, note postée le 18 octobre sur le Blog Les Crises.

[4] Sapir J., The Tsarist state under contest, texte posté sur le carnet RussEurope le 13 septembre 2017, http://russeurope.hypotheses.org/6280 .

 

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Quelles leçons d’Octobre ?

Il est évident aujourd’hui qu’il y a une gêne profonde en Russie pour traiter de manière dépassionnée des évènements d’Octobre. Car, et ceci est tout à fait normal, le jugement sur Octobre est dominé par ce que nous savons du stalinisme et de ses crimes. Pourtant, sauf à adhérer au déterminisme le plus plat, on devrait savoir qu’un événement de la nature de ce qui survint en Russie dans l’année 1917 ouvre le champ à de multiples possibles. La société russe, et ses intellectuels, ont une difficulté intrinsèque à déterminer une position de raison par rapport aux révolutions en Russie. D’où les ambiguïtés de leur rapport à Octobre 1917. Ce rapport est surdéterminé par une autre contradiction, celle-ci propre au régime de Vladimir Poutine. Il a décidé d’assumer une partie du passé soviétique, sans nécessairement le glorifier (que l’on se rappelle ces mots du Présidents « un passé héroïque, un passé dramatique, un passé révolu »), mais sans non plus le rejeter. Mais il veut aussi, au nom de la « réconciliation », retrouver des liens avec l’avant-1917. D’où, d’ailleurs, les hommages aux généraux blancs, à la famille impériale, qui ce sont multipliés depuis des années. D’où un regard assez étrange sur l’ensemble de la période ! Cette contradiction empêche le pouvoir, et avec lui une large partie de la société russe, de regarder en face ce que fut la Révolution. C’est, probablement, un moment inévitable. Mais, cet empêchement a aussi des conséquences importantes pour l’historiographie et, au-delà, pour la compréhension des processus à l’œuvre dans les révolutions russes.

Les interprétations au crible de la NEP

De cet empêchement en effet nait à la fois le retour de l’idée complotiste pour expliquer 1917, l’idée que Staline était déjà en germe dans 1917 (qui n’est pas strictement liée à la vision russe par ailleurs), ou un autre retour cette fois, à la vulgate romantique et révolutionnaire. Mais, aucun de ces retours ne correspond à la réalité. L’idée complotiste (Lénine est alors décrit comme un espion allemand) ne rend pas compte de la désintégration du pouvoir tsariste, de sa perte de légitimité qui est en fait antérieure à la guerre, puis de celui du gouvernement provisoire. L’idée que Staline était contenu dans Octobre est tout aussi ridicule. Quand on regarde nombre des mesures prises de 1918 à 1920, on voit très clairement qu’elles ne s’expliquent que par les circonstances. Il y a aussi un autre élément plus gênant pour les tenants de la thèse de la continuité idéologique. Le développement de la NEP montre qu’une autre logique était possible. Car la NEP a permis le développement d’une logique économique originale, qui a permis à la Russie de se reconstruire après les épreuves de la 1ère Guerre Mondiale et de la Guerre Civile. Et c’est pourquoi la question de la NEP est en réalité cruciale quant à la manière dont on aborde à la fois les événements de l’année 1917 mais aussi la thèse de la « continuité » qui prétend que Staline était contenu dans Lénine.

De ce point de vue, il convient donc de rappeler que, entre la Révolution d’Octobre et la Guerre Civile d’une part et la collectivisation de la fin des années 1920 qui marque le début du « haut stalinisme » d’autre part, il y eut la NEP[1]. Et la NEP a longtemps eu mauvaise réputation, et ce pour de multiples raisons. Pour les uns elle n’aurait été qu’une passade entre le communisme de guerre et la collectivisation[2]. Pour d’autres, elle n’a été qu’un retour honteux au capitalisme et à ses inégalités[3]. Pour d’autres encore, elle fut une expérience intéressante mais condamnée inéluctablement du fait même de ses contradictions internes, et en particulier du développement trop lent de l’industrie ou du poids des koulaks à la campagne[4]. Pourtant, la NEP a eu aussi des défenseurs, tant du point de vue de l’analyse politique que de l’analyse économique[5]. La question a donc une certaine importance, car les réponses que l’on y apporte ont des conséquences évidentes sur notre perception de la collectivisation en premier lieu[6], mais elles concernent aussi la thèse de la « continuité » entre le Stalinisme et la Révolution d’Octobre.

Que fut la NEP ?

En fait, la croissance économique sous la NEP constitue un paradoxe étonnant du point de vue de l’histoire économique. Elle ne peut être rattachée ni à la croissance russe des années 1885-1914, ni à la logique des années trente et ultérieures. Pour la première fois dans l’histoire du développement industriel de la Russie[7] on est en présence d’une croissance forte, tirée avant tout par les gains de productivité. On pourrait penser que ceci est une illusion statistique, due au phénomène de remise en marche des usines arrêtées pendant la guerre civile. Il n’est pas douteux que l’on a assisté à un effet de récupération, au moins entre 1923 et 1925. Mais, le fait que la tendance se poursuive alors que la production soviétique dépasse celle de la Russie en 1913, et ce sur un territoire plus petit, de même que le fait que la productivité dépasse à partir de 1925 le niveau de 1913, montrent bien que la récupération est loin de tout expliquer.

Tableau 1

Le développement économique de l’URSS sous la NEP

Années Revenu national Production

industrielle

Dont industrie légère Production agricole
1913 100 100 100 100
1921 38 31 33 60
1925 nc 73 69 112
1926 103 98 90 118
1927 110 111 102 121

Sources : Annuaires soviétiques de la période, Kontrol’nye cifry narodnogo hozjajstva na…( pour 1925/26, 1926/27), et Kontrol’nye cifry narodnoe hozjajstva SSSR na…(pour 1927/28 et 1928/29), Moscou, diverses années. Voir aussi, Desjat’ let hozjajstvennogo stroitel’stva v SSSR, 1917-1927, Gosizdat, Moscou, 1928 ; E. Kviring, Otcherki razvitija promychlennosti SSSR, 1917-1927, Gosizdat, Moscou-Leningrad, 1929 ; V. Zagorsky, Les salaires et la réglementation du travail en URSS, BIT, Genève, 1930.

L’évolution de la productivité est particulièrement intéressante, et ce à deux titres. D’une part parce que la croissance antérieure, même lors de la phase de rapide industrialisation entre 1885 et 1905, s’était déroulée avec des gains de productivité très faibles[8]. Pour utiliser un langage désormais classique, on était en présence d’un schéma d’accumulation extensif, c’est à dire un schéma où la croissance reposait avant tout sur l’accroissement du volume total des facteurs de production (capital et travail). Ceci est d’ailleurs une caractéristique commune aux premières phases de la révolution industrielle en Europe et aux États-Unis. Dans une telle situation, la croissance dépend directement de l’investissement qui, lui-même, dépend de la capacité à contraindre la consommation intérieure ou de la possibilité d’attirer des investissements étrangers. Or, non seulement l’Union soviétique de la NEP retrouve-t-elle rapidement des niveaux de productivité égaux, puis supérieurs, à ceux de 1913, mais le mouvement se poursuit jusqu’en 1929. Cette évolution, que l’on peut reconstituer à partir de diverses données de l’époque, reste contestée par certains auteurs qui s’appuient sur des monographies sectorielles, portant presque exclusivement sur l’industrie textile et tout particulièrement les filatures de coton[9]. On peut penser que, bien souvent, il y a une confusion entre la dureté des conflits portant sur l’organisation du travail, conflits dont la réalité est indéniable[10], et le mouvement de croissance de la productivité. Il n’y a, en effet, pas de lien de causalité entre calme social et rationalisation, voir simplement développement de la productivité. Au contraire, l’expérience des pays occidentaux montre que les gains de productivité et les conditions de leur partage satisfaisant entre profits et salaires, sont liés à des conflits importants qui jouent un rôle très positif dans le processus.

Tableau 2

Évolution de la productivité et du Coût Salarial Réel sous la NEP

 

Années Productivité

horaire

1913=100

Productivité 1924=100 Salaire moyen,

en roubles constants

1924=100

Coût salarial réel

1924=100

1923 85,8 99,08
1924 86,6 100,00 100,00 100,00
1925 118,7 137,07 114,10 83,24
1926 142,5 164,55 144,80 88,00
1927 153,7 177,48 160,90 90,66
1928 184,3 212,82 182,10 85,57
1929 206,7 238,68 188,90 79,14

Sources : V. Zagorsky, Les salaires et la réglementation du travail en URSS, BIT, Genève, 1930 ; Ekonomitcheskie Obozrenie, Décembre 1925, pp. 268-271 ; J. Sapir, Organisation du travail, classe ouvrière, rapports sociaux, Thèse de Troisième cycle, EHESS, Paris, Février 1980, pp. 296-313.

Ces gains de productivité étant sensiblement supérieurs à ceux des salaires réels, qui eux aussi connaissent une forte croissance, ceci implique que le coût réel du travail (le coût salarial réel obtenu en divisant le salaire par la productivité) baisse[11] pour les entreprises. En d’autres termes qu’il est possible de dégager des investissements supplémentaires sans pour autant avoir à contraindre la consommation.

 

La NEP à la campagne

Ceci conduit à regarder les résultats de la NEP dans le domaine agricole, ce qui est une occasion pour tordre le cou à un vieux canard ; il s’agit, bien entendu, des koulaks dont la vulgate stalinienne, souvent reprise de manière acritique, nous dit qu’ils se seraient rapidement développés durant la NEP, au point d’avoir pu menacer, lors de l’hiver 1927/1928, le régime soviétique par une grève de la vente des céréales[12]. Or, quand on regarde le processus de différenciation sociale au sein de la paysannerie à la fin de la NEP, il faut d’abord le replacer dans le contexte d’une évolution plus large, débutant avant 1914[13]. Il est alors facile de vérifier que l’évolution a été très différente de celle supposée par les responsables soviétiques et leurs épigones. On peut utiliser alors deux indicateurs. Le premier est celui des exploitations agricoles, classées en quatre catégories suivant qu’elles ne possèdent pas de moyens de production (les exploitations très pauvres) ou qu’elles emploient des salariés agricoles (les exploitations capitalistes ou koulaks). Suivant ce critère, on s’aperçoit que les exploitations dites capitalistes sont peu nombreuses, et qu’elles sont le moins présentes dans les zones de grande culture du blé. Les données du tableau 4, qui portent sur la RSFSR, sont confirmées pour l’Ukraine et la Biélorussie par d’autres sources[14].

Tableau 3

Répartition des exploitations paysannes

en RSFSR en 1926/1927

Exploitations « très pauvres » Exploitations « pauvres » Exploitations « moyennes » Exploitations capitalistes ou Koulak.
RSFSR 12,3% 21,0% 63,0% 3,7%
Région Ouest 9,7% 20,4% 67,7% 2,2%
Région Centre-Terres Noires  

10,2%

 

23,7%

 

63,8%

 

2,3%

Oural 15,9% 23,0% 56,7% 4,4%
Nord-caucase 16,1% 22,3% 55,8% 5,8%
Sibérie 11,0% 19,9% 62,4% 6,7%

Est considérée comme une exploitation très pauvre une exploitation dont le propriétaire ne possède ni instruments, ni animal de trait ; une exploitation pauvre est une exploitation dont le propriétaire possède soit des instruments soit un animal de trait. Une exploitation moyenne est caractérisée par son autosuffisance en instruments et en moyens de traction ; l’exploitation capitaliste par l’emploi d’un ouvrier agricole.

Sources : A.I. Muralova, Narodnyj komissariat zemledelija RSFSR, Trudy zemplana pod obchtchej red. A.I.Muralova, vypusk XVI, Tchast’ 1-ja, Narkomzeml Izdatel’stvo, Moscou, 1928, pp. 35-36.

 

La thèse de la vulgate veut donc que les koulaks aient suspendu leurs ventes de céréales, en raison de prix insuffisant, voire pour des motifs politiques. Cette explication est d’ailleurs reprise par des auteurs qui ne sont nullement suspects d’une quelconque sympathie pour les thèses staliniennes[15]. Pour comprendre ce qui s’est passé en réalité, il faut revenir sur les conditions de fonctionnement de l’agriculture russe. Contrairement à la perception des bolcheviques, les exploitations paysannes étaient très loin d’être autosuffisantes. Le problème était moins l’acquisition d’instruments ou de biens de consommation manufacturés (le textile) que l’acquisition de biens de base comme les allumettes, le pétrole des lampes, le sel, le thé et le tabac[16]. A cela il faut ajouter la nécessité de disposer d’un peu d’argent pour les impôts ou pour certains services, comme le médecin ou le vétérinaire, le cas échéant. Une simple baisse des prix n’avait aucune raison de se traduire par une réduction des ventes. Au contraire, le paysan ayant besoin d’une certaine somme d’argent, toute baisse du prix des céréales ne pouvait que l’inciter à vendre plus pour maintenir son revenu. C’est très exactement ce que feront les ouvriers quand les salaires réels baisseront fortement après 1929 ; ils travailleront plus. La vraie question consiste à savoir si les paysans ont intérêt à épargner en monnaie ou sous d’autres formes. L’épargne en monnaie a un avantage, c’est qu’elle est complètement liquide. L’épargnant peut transformer cette épargne en consommation quand l’opportunité se présente. Elle a aussi un inconvénient : elle est susceptible d’une forte dévalorisation si les prix augmentent. Une épargne non monétaire permet de réduire ce risque, mais au détriment de la liquidité. Pour le paysan russe, la forme la plus logique de l’épargne non monétaire consistait à engraisser du bétail de boucherie, et ce d’autant plus que le prix relatif de la viande par rapport aux céréales avait fortement augmenté depuis 1913[17]. Une fois vendue la quantité de céréales permettant d’obtenir la somme minimale nécessaire pour satisfaire aux dépenses incompressibles, le paysan pouvait arbitrer entre poursuivre la vente ou utiliser ces céréales pour nourrir le bétail. Un autre arbitrage était par ailleurs possible. Comme la grande majorité des paysans pauvres et très pauvres vendaient leur récolte immédiatement, soit en septembre et octobre, les prix étaient plus bas qu’en janvier-mars. Vendre plus tard dans l’année économique (qui va de juillet à juillet) permettait alors de gagner plus d’argent pour une quantité identique[18].

 

Que faut-il retenir d’Octobre ?

En conclusion, que faut-il retenir de la NEP ? Elle ne fut certainement pas un chemin jonché de pétales de roses. Cependant elle a possédé une dynamique économique qui était parfaitement viable. L’exemple du spectaculaire développement de l’économie chinoise depuis le début des années quatre-vingt prouve d’ailleurs que l’on peut combiner une agriculture et une petite industrie privées avec une grande industrie étatisée et obtenir des taux de croissance très élevés, sans compromettre le niveau de vie.

Si l’on revient donc à la question posée, il convient aussi de lire ce qu’écrit, dans ses mémoires, un opposant farouche à la Révolution d’Octobre. Le général Denikine, qui dirigea les armées blanches dans le Sud de la Russie, avait écrit dans l’ouvrage qu’il rédigea dans les années 1920 : « Les trop longues années d’oppression et de misère qui avaient pesé sur les paysans et surtout la terrible obscurité intellectuelle et morale dans laquelle le pouvoir et les classes dirigeantes avaient tenu la population rurale, ne faisant rien pour l’instruire, tout cela devait fatalement aboutir au châtiment historique »[19]. Ceci dit tout. Il n’y a pas une « nature » unique de la Révolution russe. Il convient d’insister sur le fait que la Révolution d’Octobre fut pour partie une véritable révolution enracinées dans la terrible condition des ouvriers en Russie, pour partie une immense jacquerie, pour partie enfin la prise de pouvoir par un petit groupe d’agitateurs, groupe qui s’est trouvé débordé par l’immensité de sa tache. Le problème est qu’en Russie, encore aujourd’hui, bien peu sont ceux qui sont capables de l’admettre.

[1] Où Nouvelle Politique Economique.

[2] Telle est la thèse de P. Craig Roberts, Alienation and the Soviet Economy, University of New Mexico Press, Albuquerque, NM, 1971.

[3] Thèse non seulement des historiens soviétiques officiels, mais aussi d’une partie de la littérature d’inspiration trotskiste ; voir ainsi J.L. Dallemagne, Construction du socialisme et révolution – Essai sur la transition du socialisme, F. Maspéro, Paris, 1975.

[4] C’est par exemple la position de deux spécialistes parmi les plus réputés, comme A. Erlich, The Soviet Industrialization Debate 1924-1928, Harvard University Press, Cambridge, Mass., 1960. A. Nove, An Economic History of the USSR, Penguin, Londres, 1969 ; Idem, Economic Rationality and Soviet Politics, or Was Stalin Really Necessary, Praeger, New York, 1964.

[5] M. Lewin, Russian Peasants and Soviet Power, George Allen & Unwin, Londres, 1968 ; J.F. Karcz, « Thoughts on the Grain problem », in Soviet Studies, vol.18, n°4, avril 1967, pp.399-435 ; Idem, « Back on the Grain Front », in Soviet Studies, vol. 21, n°2, octobre 1970, pp. 262-294. J.R. Millar, « Soviet Rapid development and the Agricultural Surplus Hypothesis », in Soviet Studies, vol. 22, n°1, Juillet 1971, pp. 77-93. Signalons enfin une tentative pour envisager plus sereinement la société soviétique sous la NEP : S. Fitzpatick, A. Rabinowitch et R. Stites (eds.), Russia in the Era of NEP, Indiana University Press, Bloomington, 1991.

[6] Voir « Was Stalin Really Necessary ? A Debate on Collectivization », in Problems of Communism, n°25, juillet-août 1976, pp. 49-66.

[7] Voir sur ce point, K.C. Talheim, « Russia’s economic development », in G. Katkov, E. Oberländer, N. Poppe et G. von Rauch (eds.), Russia enters the Twentieth Century, Temple Smith, Londres, 1971.

[8] Voir, P.R. Gregory, Russian National Income 1885-1913, Cambridge University Press, Cambridge, 1982.

[9] C. Ward, « The crisis of productivity in the New Economic Policy : rationalization drive and shopfloor responses in Soviet cotton mills, 1924-1929 », in S. White (ed.), New Directions in Soviet History, Cambridge University Press, Cambridge, 1992. J. Hatch, « The politics of industrial efficiency during the NEP : the 1926 rezhim ekonomii campaign in Moscow », in S. White (ed.), New Directions in Soviet History, op. cit.

[10] J. Sapir, Organisation du travail, classe ouvrière, rapports sociaux, Thèse de Troisième cycle, 2 vol., EHESS, Paris, février 1980. Idem, Travail et travailleurs en URSS, La Découverte, Paris, 1984.

[11] Il faut souligner cependant que les données que l’on utilise ici, et qui ont été collectées dans des sources de l’époque, contredisent la thèse d’un auteur qui a travaillé sur cette période : W. Chase, Workers, Society and the Soviet State, Labor and Life in Moscow, 1918-1929, Illinois University Press, Urbana, 1987. La différence peut s’expliquer à la fois par le fait que cet auteur utilise prioritairement des données moscovites, mais aussi parce qu’il utilise comme mesure du mouvement des salaires l’évolution des normes et non les salaires réellement versés.

[12] Une bonne analyse critique de cette thèse a été faite par M. Lewin. Voir son livre, La formation du système soviétique, Gallimard, Paris, 1987, et en particulier les chapitres 4 et 5.

[13] Les analyses de ce processus se trouvent dans D. Atkinson, The end of the Russian land commune, Stanford University Press, Stanford, Ca., 1983 ; T. Shanin, The Akward Class. Political Sociology of Peasantry in a developping society : Russia 1910-1925, Oxford University Press, Oxford, 1972.

[14] S. Grosskopf, L’alliance ouvrière et paysanne en URSS, F. Maspéro, Paris, 1976.

[15] Voir ainsi A. Nove, An Economic History of the USSR, op. cit.

[16] Voir Millar J.R., « Mass Collectivization and the Contribution of Soviet Agriculture to the First Five-Year Plan : A Review Article », in Slavic Review, vol. 33, n°4,1974, décembre, pp. 750-766. Idem, « Soviet Rapid development and the Agricultural Surplus Hypothesis », in Soviet Studies, vol. 22, n°1, Juillet 1971, pp. 77-93.

[17] Ekonomitcheskie Obozrenie, n°7, 1929, p.190.

[18] S. Grosskopf, L’alliance ouvrière et paysanne en URSS, op. cit.

[19] Denikine, A.I., La Décomposition de l’armée et du pouvoir – Février-Septembre 1917, Paris, J. Povolosky & Cie, 1922, tome 1, pp. 107.

Commentaire recommandé

Fox 23 // 04.11.2017 à 09h09

Monsieur Gédéon que pouvez-vous opposer aux chiffres indiqués et qui prouve la valeur de ceux que vous voulez présenter ?
C’est bien de moquer, mais êtes vous sur que les Français sont capables, aujourd’hui d’analyser sereinement la Révolution française et quelques autres de nos soubresauts ?
Votre façon de déformer et railler est déplaisante et surtout très partisane.

38 réactions et commentaires

  • LBSSO // 04.11.2017 à 07h08

    « L’idée que Staline était contenu dans Octobre est tout aussi ridicule »
    Je comprends l’intérêt de l’étude de la NEP de JS et l’en remercie.Mais peut-on pour autant utiliser l’adjectif « ridicule » l’hypothèse de la continuité ? « Les circonstances » expliquent sans doute et pour partie. Excusent-elles pour autant ?
    Si on en retenait la Tchéka qui  » ne juge pas l’ennemi mais le frappe » plutôt que la NEP ?
    Enfin et ce n’est pas une provocation mais la volonté d’apporter la contradiction et donc d’enrichir le débat cette source: Stéphane Courtois , « Lénine, l’inventeur du totalitarisme ».
    Un commentaire que j’espère non ridicule même si ce dernier ne tue pas.

      +4

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    • Charles-de // 04.11.2017 à 20h16

      Pour ma part, oserais-je avancer que, à partir du moment où un état s’arroge le droit de propriété SUR TOUT dans un pays, à force de belles promesses (« Tout le pouvoir aux Soviets », « La terre aux paysans » etc), il devient forcément le propriétaire des gens aussi, DONC UNE DICTATURE !
      A partir du moment où les riches ont été dépossédés, chassés ou tués, il ne reste plus qu’une masse informe qui, bercée par les promesses d’avenir meilleur, se soumet bon gré mal gré à la dictature.
      A partir de là, tout progrès économique ne peut venir que de l’exploitation à outrance de la masse, aidée et appuyée par un petit nombre de privilégiés, la « nomenklatura ».
      Je laisse le soin à plus qualifié que moi pour faire une comparaison, qui je crois pourrait être édifiante, avec l’Empire romain, qu’on nous décrivait à la Sorbonne avant 1968, comme un « socialisme d’état ».

        +1

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      • Geof’ // 06.11.2017 à 11h17

        une masse informe ?

        élitisme caractéristique !!!

        pour moi, le communisme est mort à Kronstadt, quand le pouvoir est passé des mains des soviets au parti unique : bureaucratique, arbitraire, sanglant.

        sur l’empire romain, c’est un livre de Norbert Rouland qu’il faut lire : Rome, démocratie impossible ? rappel : SPQR !!!!!!!!!!!!!!!!!

        Geof’, neo-communiste

          +1

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    • V_Parlier // 05.11.2017 à 22h05

      Victor Loupan a aussi écrit quelque chose de très bien fouillé dans « Une histoire secrète de la révolution russe ». Plusieurs fois il insiste sur le fait que Lénine n’était pas un agent au sens réel du terme, mais que la convergence d’intérêts avec de puissants occidentaux était non seulement manifeste mais pleinement exploitée. (Un peu comme quand les USA soutiennent aujourd’hui dans le monde toutes sortes de factions qui les détestent). Quand Staline est arrivé, les gens attendaient surtout que la terreur soit moins désordonnée, arbitraire et incontrôlée, et que le pays ne soit plus pillé ni volontairement sabordé au nom de la « révolution prolétarienne mondiale ». (La NEP c’est peut-être bien, mais c’est un petit détail à côté de tout ce qui se passait autour).

        +0

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  • Christian Gedeon // 04.11.2017 à 08h05

    Ah….articulation transparente,à la limite de la candeur. Étape un, auto légitimation et en parallèle deligitimation de l’opinion des russes d’aujourd’hui…les pauvres,ils ne peuvent tout simplement pas analyser leur propre passé de façon objective,et en plus ils rendent hommage à la Russie d’avant,ces coquins. Étape deux,vive la NEP….le tout appuyé par une avalanche de chiffres et de statistiques … Soviétiques,dont chacun connaît la fiabilité remarquable. Heureusement que nous avons des intellectuels français pour expliquer à nos esprits embrumés pourquoi cette révolution était tout à la fois inévitable,souhaitable et réussie. Mais qu’ils sont bêtes les Russes d’aujourd’hui.

      +7

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    • Alfred // 04.11.2017 à 09h47

      Sapir à certainement un parti pris (que je partage pour être honnête) en « vendant » la NEP à un moment où l’organisation économique occidentale contemporaines montre plus que jamais ses limites. Cependant : 1- je n’ai pas accès facilement à quoi que ce soit qui pourrait contredire ce qu’il dit (sinon merci d’indiquer des sources). Sa pensée étant il me semble originale, il n’y a pas grand monde « en face » pour débattre. Si et quand ce sera le cas ce sera une victoire bienvenue car le sujet est plus pertinent que bien d’autres. 2- il me semble effectivement que toutes les expériences économiques spectaculairement réussies (économie de guerre américaine, relèvement économique de l’Allemagne nazie ou de la correction du sud, nep soviétique ou économie contrôlée à la chinoise, à la vietnamienne ou même à la singapourienne), ont pour caractéristique commune le mariage d’un niveau de direction supérieur fortement étatique, planificateur et directeur et d’un niveau inférieur privé et « libre ». Sapir parle « d’une grande industrie etatisée et d’une petite industrie privée ».
      À l’aube de grands bouleversements ecologico-economiques (liés à la course aux ressources premières) et d’une probable transformation de nos modes de vies (dans l’effort actif ou dans la douleur passive) je ne crois pas que ce soit une bonne option de se détourner de cette réflexion de sapir en ricanant.

        +13

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      • Christian gedeon // 05.11.2017 à 12h21

        Bonjour Alfred…j’ai eu droit à une réaction indignée d’ailleurs mise en exergue…je fais appel à votre objectivité déjà maintes fois démontrée. Et je pose une question qui résume ma pensée…les statistiques et chiffres soviétiques sont ils fiables,compte tenu de ce que l’on sait…

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        • Geof’ // 06.11.2017 à 11h25

          je suis contre toute stigmatisation, et partant, toute censure de commentaires.
          et donc d’inclure ceux ressemblant à du « trollisme » (puisque aucune méthode ne permet de déterminer la valeur heuristique dudit commentaire).

          ceci étant, ton commentaire prétendant présenter la stratégie d’enfumage de Sapir, est infondée…

          « les statistiques et chiffres soviétiques sont ils fiables,compte tenu de ce que l’on sait… » – justement, qu’est-ce que (en) TU sais, toi ? que tout ce qui est russe brûle les doigts ? il faut parler anglais pour dire la vérité ?

          Geof’

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          • Christian Gedeon // 06.11.2017 à 19h15

            Geof tu confonds russe et Bolchoï soviétique …pas pareil, compagnon,pas pareil.

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  • Fox 23 // 04.11.2017 à 09h09

    Monsieur Gédéon que pouvez-vous opposer aux chiffres indiqués et qui prouve la valeur de ceux que vous voulez présenter ?
    C’est bien de moquer, mais êtes vous sur que les Français sont capables, aujourd’hui d’analyser sereinement la Révolution française et quelques autres de nos soubresauts ?
    Votre façon de déformer et railler est déplaisante et surtout très partisane.

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    • christian gedeon // 04.11.2017 à 09h38

      Cher Monsieur Fox 23… je ne présente aucun chiffre.mais bon,croyez vous vraiment à la fiabilité des chiffres économiques de l’URSS de l’époque? Peut-être êtes vous encore jeune homme,et ne vous souvenez vous pas des extraordinaires performances économiques(sic!) de l’URSS qui à en croire ses thuriféraires de l’époque avait dépassé l’occident dans les domaines de la production industrielle et agricole? On sait ce qu’il en est,n’est ce pas? Oui,ma façon de faire est partisane,bien sûr. Je n’ai jamais caché mon aversion pour la « révolution russe ». Mais je comprends encore moins votre remarque sur l’analyse des faits historiques. Ainsi donc,les Français ne pourraient pas analyser la révolution française? les espagnols la guerre d’Espagne? etc…drôle de façon de voir les choses,en vérité.Et pour terminer,je ne moque pas,je ne raille pas,je dis ce que je pense.

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      • jp // 04.11.2017 à 18h01

        « extraordinaires performances économiques(sic!) de l’URSS  » discutable ou pas, il y a eu des performances indubitables qui ont permis à l’URSS de vaincre les nazis. Si les soviétiques n’avaient eu que des chevaux et pas de chars, donc pas d’industrie ?

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        • Charles-de // 04.11.2017 à 20h24

          Effectivement, Staline, sans doute grâce au pacte signé en août 39 et qui a tant défrayé la chronique, a eu le temps (presque deux ans jusqu’à juin 1941) de faire déménager beaucoup d’usines dans l’Oural, hors de portée de l’invasion allemande qu’il prévoyait sans doute.
          Incontestablement, la production industrielle avait augmenté, avec des chiffres de croissance faramineux quand on commence à zéro ou presque. MAIS A QUEL PRIX HUMAIN ?

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        • jules vallés // 04.11.2017 à 20h29

          Le programme Prêt-Bail (« Lend-Lease » en anglais)
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Lend-Lease

          Extrait:

          « Ainsi 1.911 locomotives et 11.225 wagons ont aidé les 20.000 locomotives déjà existantes et le demi-million de wagons.
          L’Armée rouge à Bucarest près du boulevard de Carol I. avec «Universal Carrier» fourni par les Britanniques.

          De plus, le support logistique de l’armée soviétique fut procuré par des centaines de milliers de camion américains. En effet, en 1945, près de ⅓ des camions de l’armée rouge était fabriqué aux États-Unis.

          Le Prêt-Bail a aussi envoyé de grandes quantités d’armes et de munitions. L’armée de l’air soviétique a reçu 18.700 avions, qui ont compté dans l’ordre des 30 % de la production soviétique de la guerre. Bien que la majorité des unités blindées combattait avec des tanks soviétiques, quelque 7.000 tanks issus du Prêt-Bail ont été déployés par l’armée rouge.

          En tout, la conclusion suivante peut être envisagée : sans ces livraisons de l’ouest sous le Prêt-Bail, l’Union Soviétique n’aurait pas seulement été incapable de gagner la grande guerre patriotique, mais elle n’aurait pas été capable de retenir les invasions allemandes, du fait qu’elle ne pouvait produire elle-même des quantités suffisantes d’armes et d’équipements militaires. »

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          • Furet // 05.11.2017 à 04h56

            Votre conclusion me paraît très partisane. Les Soviétiques ont, maintes fois, déclaré que le matériel fourni par les Anglo-Saxons était inadapté aux conditions climatiques de la guerre en Russie. D’autre part prenez en considération l’endroit où ce matériel etait livré : très très loin des champs de bataille.
            Pour tirer une conclusion aussi hâtive que la vôtre : cette « aide » était surtout une manière, pour les Anglo-Saxons, de faire oublier leur inaction face aux Nazis.

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            • Christian gedeon // 05.11.2017 à 14h56

              Très loin du champ de bataille? Le matériel surabondant arrive par la route grusinienne est directement utilisé dans la bataille de Maikop entre autres…celle qui a empêché les allemands de s’emparer un peu plus loin des puits de pétrole de Bakou et Batoum…mais bon…

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            • Barbier // 07.11.2017 à 06h26

              Faudrait demander l’avis aux marins survivants des convois de l’Atlantique Nord. Et aux quelques survivants des u-boote allemands.
              Vaste partie de poker-menteur, c’est la base des relations entre états. Churchill était farouchement anti-communiste mais il a vu dans Barbarossa, l’occasion de soulager et de sauver l’Angleterre qui était toute seule (neutralité bienveillante des usa only) à ce moment là face aux u-boote, bataille d’Angleterre coté aérien, et lente mais sûre asphyxie militaire et économique du pays. Heureusement qu’Hitler était un gros taré avec son espace vital à l’est et ses conquêtes fumeuses sur les « peuples dits inférieurs ».

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          • Barbier // 05.11.2017 à 07h51

            Tout ce matériel passait par les convois navals de l’atlantique nord. (Direction Mourmansk et Arkhangelsk).Mis en place après la main tendue de Churchill à Staline suite au 21/06/41. Avec le fameux, « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ».
            Coté livraisons, on peut ajouter différents minerais pour faire tourner les usines d’armements déplacés vers l’Oural. Donc effectivement la logistique anglo-américaine a permis aux russes d’amortir la Wermacht avant de lui rendre la monnaie de sa pièce et de la détruire efficacement grâce au prix du sang.

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            • martin // 06.11.2017 à 19h23

              Je me trompe ou bien le KV1 et le T34 étaient de fabrication soviétique? Et pour du lourd, c’était du lourd.

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      • Fox 23 // 04.11.2017 à 20h10

        Monsieur Gédéon, si vous m’aviez mieux lu, vous auriez noté que je n’ai jamais prétendu que les Français ne pouvaient pas s’interroger sur leur Révolution, ma question portait uniquement sur le fait de savoir s’ils seraient plus aptes que les Russes de l’analyser correctement, même avec plus du double de recul.
        Mes différentes discussions m’amèneraient plutôt à penser le contraire !
        Pour ce qui est des chiffres soviétiques, je ne défend pas bec et ongles la grande majorité, relevant de la propagande, mais ceux que l’occident, au sens large du terme pourrait apporter ne seraient que propagande contraire et pas plus représentatifs.

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      • Gleb Orlikovsky // 05.11.2017 à 08h37

        Les « chiffres économiques » en question sont considérés comme assez fiables et cohérents par la communauté scientifique russe qui les (re)decouvre dans les années 70 et les étudie avec avidité pendant au moins 20 ans. J’en suis témoin.

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        • Christian gedeon // 05.11.2017 à 14h58

          Vous re’pondez sans le vouloir à ma question….jusqu’ ala Chute du paradis sovietique,en fait.

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  • Sandrine // 04.11.2017 à 10h55

    Utiliser le commentaire de Denikine sur l’absence d’instrcition du peuple qui aurait conduit immanquablement à la révolution comme conclusion est un peu ambigu et n’illustre pas le reste du propos (centré sur le développement « objectif «  des forces productives en Russie au moment de la révolution).
    Le peuple allemand, pourtant l’un des plus alphabétisé au tournant du XXe siècle s’est jeté avec aussi peu de discernement que le peuple russe dans les bras de la révolution nationale-socialiste dont les effets désastreux n’ont rien eu à envier au Stalinisme.

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    • olivier // 04.11.2017 à 12h01

      Et encore, ca se discute : voir la carte des votes dans les landers « catholiques », les protestants votaient 2,5 fois plus pour le NSDAP. Il faut dire que c’etais condamné par Pie XII et le Vatican : elite du NDSAP interdite de sacrement, interdiction des catholiques d’être au partis (1930-31-35), condamnation du fascime (1931), encyclique condamnant le National-socialisme (1937), et en 1938 il appel les belges a proteger les juifs. Helas la hiérarchie catholique allemande tomba dans l’escarcelle du NDSAP, on est jamais trop trahis que par les siens.

      Mais en effet : même pièce, 2 faces. Amusant tout de même; les deux ont attaqués la religions. Comme quoi le rationalisme ne mène jamais bien loin.

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      • Sandrine // 04.11.2017 à 13h25

        Mein Kampf n’a jamais été mis à l’index contrairement aux livres marxistes ; Mauras a pu être excommunié pour son « insoumission « … mais Hitler et Mussolini jamais

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        • olivier // 04.11.2017 à 22h08

          O tempora, o mores. Aucun des livres de Staline ne fut non plus portés à l’index, contrairement a un autre : « Le Mythe du vingtième siècle » que l’on considere comme a l’origine de l’idéologique du nationale socialisme (avec Mein K). L’église est aussi une administration faillible : elle n’a jamais non plus excomunié Staline. Ce n’est pas une arme de guerre, et la diplomatie est un art délicat « Le Pape, combien de divisions ? ». Elle à en revanche conduit des exorcismes contre Hitler.

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          • Christian gedeon // 05.11.2017 à 14h59

            L’eglise Ne pouvait pas excommunier Staline….il n’en faisait pas partie,lol

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            • Fritz // 07.11.2017 à 16h59

              Ben si, il faisait partie de l’église orthodoxe russe, mais il a été exclu du séminaire de Tiflis (Tbilissi) pour propagande révolutionnaire, en 1899.

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          • Manuel // 05.11.2017 à 16h17

            L’excommunication de Staline n’aurait pas eu de sens par contre celle d’Hitler dans un pays fortement catholique, si. Mais les catholiques allemands ont soutenu la participation nazie á la guerre d’Espagne et no’ pas combatu le massacre des handicapés, ni la haine anti slave ni l’antisémitisme…..

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            • olivier // 05.11.2017 à 21h36

              C’est une généralité dont je vous laisse la paternité. A ce titre tout les Francais sont assimilable aux décisions du gouvernement français. On appréciera tous ici cet amalgame. Je vous renvois à mon 1er post de la tabulation pour une partie des arguments.

              Au delà du fait que la guerre d’Espagne n’intéressais pas grand monde, les écrivains catholiques Allemands comme Français on adoptés une position antifasciste (Stefan Andres par exp). Les communistes comme Ludwig Renn n’y voyais qu’anarchie inutile.

              Pour le reste, le programme Aktion T4 (extermination des handicapés) ne fut contesté que par les catholiques justement. Maladroitement hélas. Mais c’est grâce à l’Eglise catholique allemande que le débat fut porté sur la place publique avec un retentissement international : le sermon de Galen. Instrumentalisé par les anglais, ce sermon obligea A.H. a arrêter le programme et a changer de tactique.

              Il y a des critiques a faire, la période fut trouble, mais on doit la légende noire de Pie XII et l’église catholique conciliante avec les nazi… aux marxistes. Notamment en 1963, avec la pièce de théâtre « Le Vicaire » écrite pas 2 communistes. Peut-être pourrez vous réviser votre opinion au regard des faits historique ?

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    • LBSSO // 04.11.2017 à 12h19

      @Sandrine

      -pourquoi la trouvez-vous « ambiguë » ?
      Si vous voulez dire « maladroite » dans le sens où elle ne correspond à ce qu il la précède je comprends.Si par « ambiguë » vous entendez « équivoque » , »à double sens  » pouvez-vous svp le préciser ?
      D’avance merci

      -Dans l’esprit de JS (amha) cette population rurale abandonnée sauf quand il s’agissait de la taxer, participe de cette société russe alors fragmentée aux intérêts divergents(1)..La société est dans un tel état de blocage que selon lui, « TOUTE réforme un tant soit peu importante enclenche en fait un processus révolutionnaire, ou une forme de contestation radicale du pouvoir tsariste. C’est ce dernier qui, part sa rigidité (et son incompétence), a largement conduit à rendre la Révolution inévitable »(2).

      (1) « Cette croissance a cependant recouvert un certain nombre de déséquilibres et elle s’est largement faite au détriment du monde rural, sur lequel pesa un poids fiscal considérable »
      (1) et (2)
      https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-situation-de-la-russie-en-1917-par-jacques-sapir/

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      • Sandrine // 04.11.2017 à 13h14

        Ambigu dans le sens «  pas très éclairant » : JS donne la parole à un adversaire de la révolution reconnaissant la faillite du régime tsariste pour conforter son propos ; or cet adversaire, en réalité, dans cette phrase ne veut pas dire ça, mais au contraire que la révolution n’aurait peut-être pas eu lieu si les tsars s’étaient préoccupés du peu plus du peuple, en l’instruisant notamment (ce qui n’est pas vraiment une preuve en faveur de la théorie sur le développement des forces productives mais plutôt une objection)

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    • Geof’ // 06.11.2017 à 11h38

      je ne crois pas que JS ait dit dans son texte que c’est le manque d’instruction qui rend compte de La Révolution…

      j’ai cru y lire que c’est un des facteurs qui explique sa sauvagerie, sa dimension incontrôlée, sa nature indomptable…, ce qui peut expliquer l’arrivée au pouvoir d’un staline, une brute « à l’ancienne » qui pouvait mettre « tous le monde d’accord » (çàd une balle dans la tête).

      nota bene : ce n’est pas parce que je suis communiste que staline est mon copain…

      Geof’, neo-communiste

        +0

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  • Michel Gioviniani // 05.11.2017 à 01h20

    Il y a 5 ans j’ai eu l’occasion de lire les œuvres complètes de Lénine (45 volumes environ 25 000 pages), car je trouvais que la présentation qui en était faite par M Onfray était scandaleuse. Aujourd’hui, l’ouvrage de L Sève « Octobre 1917 » qui fait le point sur l’historiographie dominante et partisane de la révolution Bolchevique me rassure. Il montre comment de fausses citations de Lénine permettent de le salir (Carrère d’Encausse, Graziosi, Werth, Courtois etc…), et restitue les véritables écrits de l’auteur. Ainsi comprend-on que Staline ne peut être déjà dans Lénine (sans remonter à Marx).

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    • V_Parlier // 05.11.2017 à 22h11

      Il y a ce que les gens écrivent et il y a ce qu’ils ont déclarés anecdotiquement et ce qu’ils ont fait (ou approuvé). Parfois ça ne colle pas ensemble, tout ça…

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  • Geof’ // 06.11.2017 à 11h13

    la Révolution d’Octobre fut pour partie une véritable révolution enracinées dans la terrible condition des ouvriers en Russie, pour partie une immense jacquerie, pour partie enfin la prise de pouvoir par un petit groupe d’agitateurs, groupe qui s’est trouvé débordé par l’immensité de sa tache.

    En Occident, les anti-communistes primaires se refusent encore et encore à reconnaitre que, ma foi, les russes sont des hommes et des femmes comme nous, et que « ventre affamé n’a pas d’oreilles »…

    Que toute la violence de La Révolution – demain, le centenaire – a plusieurs pères : famines, vengeances, intérêts, machiavélismes (comme si les Occidentaux n’avaient jamais fait couler le sang…)..

    J’espère que Jacques Sapir osera aborder la question du rôle DE juifs dans La Révolution : un traitement de sa part ne peut qu’être salutaire, considérant les phantasmes qui circulent : le ventre fécond de la bête immonde…

    Geoffrey, neo-comuniste belge

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  • Michel Martin // 06.11.2017 à 13h49

    Alexandre Zinoviev est un des observateurs et analyste de la révolution et du communisme qu’il ne me semble pas possible de ne pas citer. Fabrice Fassio en procure une introduction très stimulante qui ne doit pas manquer de donner envie d’en savoir un peu plus.
    Zinoviev analyse la période Stalinienne comme le prolongement communiste logique de la période de Lénine, quand bien même la forme précise du stalinisme n’était pas inéluctable.

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  • Guilhem // 08.11.2017 à 15h02

    M. Sapir,

    Votre tableau sur la répartition des exploitations en RSFSR est intéressant, surtout par rapport au nombre d’exploitations koulaks (qui représentent moins de 4% des exploitations en Russie soviétique, je m’attendais à un peu plus).
    Mais je trouve que donner uniquement ce tableau manque d’honnêteté dans la mesure où pour mesurer l’impact réel qu’auraient pu avoir les koulaks organisés, il aurait fallu intégrer un tableau qui mesure l’espace en millions d’hectares cultivés par les différentes classe de paysans. En effet il est très probable qu’une exploitation koulak était bien plus grande qu’une exploitation pauvre ou très pauvre.
    Un autre tableau à rajouter aurait été celui qui mesure la production en fonction des catégories d’exploitations. Là encore il est très probable qu’une exploitation koulak produisait beaucoup plus que les exploitations plus pauvres.

    Bon, il est facile d’écrire cela, encore faudrait-il trouver ces chiffres. Les archives soviétiques n’en possèdent-elles pas?

    Cordialement/Adeitasunez

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