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13.septembre.202213.9.2022
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La « guerre économique » contre la Russie va-t-elle se retourner contre ses auteurs (2/3) ? par Jacques Sapir

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Deuxième Partie : Le contexte des sanctions contre la Russie

Après avoir ainsi analysé l’évolution de la pratique des sanctions et de leur efficacité, il nous faut envisager le contexte général des sanctions qui ont été prises contre la Russie d’un point de vue économiques.

La Russie est, en effet, sous le coup de sanctions économiques depuis 2014 et son intervention en Crimée. Ces sanctions ont été considérablement renforcées depuis le début des hostilités avec l’Ukraine le 24 février 2022, au point que le Ministre français de l’économie et des Finances a pu parler de « guerre économique » menée contre la Russie[1]. Mais, la Russie est dans une situation plus favorable que de nombreux pays qui ont été frappés par des sanctions. Ceci pose la question de l’efficacité des sanctions et, au-delà, d’un possible « effet boomerang » de ces dernières.

A. Le contexte international

En effet, un point important quant à l’efficacité potentielle de sanctions économiques est le rapport des forces entre pays appliquant ces sanctions et pays se refusant à le faire et maintenant un flux commercial avec le pays sanctionné. On a vu que cela avait été la principale cause de l’échec des sanctions économiques contre l’Italie en 1935. Le refus de la France et de la Grande-Bretagne d’appliquer des sanctions potentiellement efficaces, l’absence des Etats-Unis du cadre des pays appliquant ces sanctions, avait largement contribuer à leur échec.

Or, un point important qui permet de caractériser la situation actuelle de la Russie est l’affaiblissement continu des Etats-Unis et de leurs alliés d’un point de vue économique[2]. Ce processus prend la forme d’une « désoccidentalisation » du monde[3] qui va de pair avec ce que l’on a appelé la démondialisation.

On avait déjà noté plus haut ce point pour la période 1945-2000. Il s’était caractérisé par un effritement du monopole économique, technologique et financier exercé par les Etats-Unis et par le groupe de pays qualifiés, ou considérés, comme « occidentaux ». Mais, ce processus s’est indiscutablement accéléré depuis 2000 et il a en réalité changé de nature avec l’émergence des BRICS et de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Le processus de démondialisation économique s’est profondément accéléré ces dernières années. Il a commencé à se manifester ouvertement avec la crise de 2007-2009 et ses conséquences. En fait, c’est de cette crise que l’on peut dater un point de rupture dans les diverses données statistiques. Cela ne signifie pas que les tendances à cette démondialisation n’existaient pas avant, bien au contraire. Cependant, il a fallu cette crise financière mondiale, qui a été une crise de la mondialisation tant dans ses causes que dans son déroulement, pour que ces tendances se manifestent ouvertement.

On peut ainsi constater la stabilisation puis la baisse de la part des échanges mesurés en pourcentage du PIB mondial. Si le commerce a augmenté fortement en 2018, il restera en 2019 sous le niveau de 2014. Il faut donc remarquer que la forte croissance que l’on avait connue de 2002 à 2008 a été durablement interrompue par la crise de financière de 2007-2008.

Graphique 1

Source : FMI (base de données) et OMC (base de données)

Mais il faut aussi comparer la part dans le PIB mondial (calculé en parité de pouvoir d’achat) du G-7, qui est l’organisation emblématique du pouvoir occidental sur l’économie et des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), l’organisation suscitée par la Chine et la Russie pour contrebalancer le poids occidental. Rappelons ici que le groupe des BRICS n’a été constitué qu’en 2009, sans l’Afrique du Sud, lors du sommet de Iekaterinbourg. Il s’est adjoint l’Afrique du Sud en 2011[4]. Mais, nous montrons ici son poids « potentiel » depuis 1992. Aujourd’hui, ce groupe de pays – qui est en passe de s’élargir avec de nouveaux candidats comme l’Algérie, l’Argentine, le Nigeria, le Kenya, l’Indonésie et la Turquie – apparait comme un bloc de pays refusant les sanctions décidées par les Etats-Unis et l’UE.

Graphique 2

Source : Fonds Monétaire International

Le changement dans les rapports de force économiques mondiaux est manifeste[5]. Il implique d’une part une plus faible efficacité dans des sanctions économiques et financières prises par les pays occidentaux mais aussi une possibilité bien plus forte d’effet boomerang dans le cas de sanctions qui ne seraient pas fondées sur un consensus large au sein de l’ONU et du CSNU. Si l’on regarde maintenant qualitativement, en particulier pour ce qui concerne la production et la conception des technologies d’avant-garde, les pays du G-7, et le « monde occidental » au sens large conserve néanmoins une certaine avance. Mais, cette dernière s’est elle aussi fortement réduite. Un pays comme la Malaisie est aujourd’hui une source importante dans la production de semi-conducteurs. La capacité à sanctionner un pays qui serait soutenu, directement ou indirectement, par le groupe des BRICS et par leurs alliés devient donc de plus en plus illusoire.

On peut ici faire l’objection que ce que l’on décrit n’est qu’une phase de transition entre une mondialisation dominée par les Etats-Unis et une nouvelle phase de mondialisation qui serait dominée par la Chine. C’est possible mais la politique de la Chine n’est pas identique à celle des Etats-Unis. L’initiative lancée par la Chine, l’immense projet « one belt, one road » n’aboutit-il pas à recréer un cadre multilatéral[6], mais sous domination chinoise ? Pourtant, quand on regarde précisément le contenu de cette initiative, on voit qu’elle combine d’ambitieux projets d’investissements dans les transports[7], et des cadres de coopérations qui sont tous des cadres bilatéraux. Ces cadres ont à la fois une portée économique, et commerciale, et une portée géopolitique[8]. En fait, la Chine semble plus désireuse à travers ce projet de sécuriser ses approvisionnements mais aussi ses marchés que de développer un cadre d’emblée global de production de normes communes. Le politique n’en est donc pas absent, bien au contraire. En cela, cette initiative, même si elle emprunte des formes à la mondialisation, est bien le produit de la démondialisation.

De fait, les changements dans le rapport des forces économiques mondiales s’est concrétisé avec l’échec du sommet du G-7 de la Malbaie (Canada). Ces changements se sont ainsi accélérés dans le cours du mois de juin 2018. Les vendredi 8 et samedi 9 juin se sont en effet déroulées deux réunions importantes : celle du G-7, qui s’est tenue à la Malbaie au Québec, et qui a débouché sur un fiasco évident, et celle de l’OCS (l’Organisation de Coopération de Shanghai) qui s’est tenue à Qingdao (Chine). La tenue simultanée de ces réunions était fortuite, mais hautement symbolique. Leur résultat ne l’est pas. Si la presse française s’est largement faite l’écho du fiasco du G-7, elle est restée étrangement silencieuse sur la réunion de l’OCS. Ce n’est certes pas un hasard. Factuellement, c’est le conflit entre le Président des Etats-Unis, Donald Trump et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui a provoqué cet échec. Donald Trump a vigoureusement réagi à la présentation faite par Trudeau des résultats du G-7, et a retiré la signature du communiqué final. C’est un acte d’une extrême importance. On peut penser que cet échec a été provoqué par les différents politiques et commerciaux entre les Etats-Unis d’une part et l’Allemagne et les autres pays (dont le Canada) d’autre part bien plus que par l’inimitié, et les différences de personnalité, entre Donald Trump et Justin Trudeau. Cet échec était donc prévisible. Il faut le constater, sur de nombreux sujets qu’il s’agisse de la question du « multilatéralisme », de celle de la participation de la Russie ou encore de la question climatique, les sujets de discordes ont dominé. Notons d’ailleurs que, contrairement à ce que à voulu faire croire la presse française le conflit n’a pas été une opposition de Donald Trump à ses six partenaires. Il n’y a pas eu, en dépit de ce que disent certains médias français, de « front uni » contre Donald Trump.

L’échec du G-7 signe l’épuisement du « modèle occidental », en fait du modèle anglo-saxon, de la mondialisation, tandis que le succès de la réunion de l’OCS indique clairement que le temps des Nations (et pas de n’importe lesquelles) est revenu. Ceci confirme une tendance qui était notable depuis la fin des années 2000[9]. Il est donc clair que le processus de démondialisation est aujourd’hui engagé de manière irréversible[10].

Cet échec du G-7 vient aussi de ce qu’il a beaucoup perdu de son importance économique. Après avoir dépassé le 65% du PIB mondial à la fin des 1980 et dans les années 1990, et s’être un temps élargi à la Russie pour devenir le G-8, son poids est retombé aujourd’hui nettement sous les 50%. Or, il y a un lien évident entre l’impuissance du G-7, les querelles permanentes entre ses membres, et cette perte d’influence dans le PIB mondial. De fait, quand le G-7 a expulsé la Russie en 2014[11], il a probablement signé son acte de décès. L’entrée de la Russie se justifiait bien plus politiquement qu’économiquement dans les années 1990. Le symbole était clair : celui de la fin de la guerre froide. En s’ouvrant à l’ancien adversaire, les pays du noyau originel du G-7 affirmaient leur volonté de sortir d’un « entre soi » qui n’était plus politiquement tenable. C’était la condition d’une possible transformation du G-7 en un gouvernement économique mondial, même si cette transformation aurait impliqué l’entrée d’autres pays importants (on pense à l’Inde, mais aussi à l’Indonésie) pour pouvoir s’accomplir. A terme, le G-7 et le G-20 auraient dû fusionner. Il est d’ailleurs intéressant que la Russie ne soit nullement intéressée par un retour au G-7[12]. La Russie a tiré, elle, les leçons des transformations de l’économie mondiale de ces quinze dernières années et elle entend privilégier le G-20 qui désormais s’oppose au G-7, comme l’a indiqué à la télévision russe son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov : « Au sein du G20, les ultimatums ne marchent pas et vous avez besoin de parvenir à des accords (…) Je pense que c’est le format le plus prometteur pour l’avenir »[13].

B. La taille réelle de l’économie de la Russie

On doit aussi prendre en compte la taille de l’économie ciblée par les sanctions. Lors des épisodes de sanctions prises dans les années 1960, le rapport entre les pays décidant ou appliquant ces sanctions et le ou les pays cibles était de l’ordre de 10 à 1. Cela n’avait toutefois pas suffi pour garantir un succès de ces sanctions. Or, on a beaucoup glosé sur la taille, réelle ou supposée, de l’économie russe, comparant même son PIB à celui de l’Espagne. Les faits sont cependant différents.

Le PIB est une mesure de la richesse crée, telle qu’elle est valorisée par le marché, dans une période donnée. Si cet indicateur est important il ne représente qu’imparfaitement cette richesse[14] et ne mesure pas pleinement les capacités de production de ce pays. Des mesures quantitatives (en production ou en exportation) peuvent être utilisée en complément. Ensuite se pose la question de la comparaison entre pays. La solution la plus évidente consiste à utiliser les taux de change. Cette solution se révèle toutefois peu satisfaisante car les taux de change ne reflètent pas nécessairement la réalité économique du fait de mouvements spéculatifs[15] qui existent – à la hausse comme à la baisse – sur les marchés monétaires[16].

Tableau 1

Évaluation du PIB aux prix courants par la méthode des taux de change

(en milliards de dollars)

2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 Moyenne 2010-2019
Spain 1423,3 1480,5 1325,6 1355,2 1371,6 1195,7 1232,6 1312,1 1421,6 1393,2
France 2642,4 2862,0 2683,9 2811,0 2852,2 2438,2 2471,3 2589,0 2789,7 2730,1
Germany 3402,4 3748,7 3529,4 3733,9 3890,1 3357,9 3468,9 3689,5 3979,1 3888,8
Russia 1633,1 2046,6 2191,5 2288,4 2048,8 1356,7 1280,6 1575,1 1653,0 1695,7
Russie, en proportion de
Spain 114,7% 138,2% 165,3% 168,9% 149,4% 113,5% 103,9% 120,0% 116,3% 121,7% 131,2%
France 61,8% 71,5% 81,7% 81,4% 71,8% 55,6% 51,8% 60,8% 59,3% 62,1% 65,8%
Germany 48,0% 54,6% 62,1% 61,3% 52,7% 40,4% 36,9% 42,7% 41,5% 43,6% 48,4%

Source : IMF

C’est la raison pour laquelle on utilise aussi la méthode dite des parités de pouvoir d’achat (ou PPA) pour une comparaison entre pays[17]. Dans leur forme la plus simple, les PPA sont des rapports de prix en monnaie nationale d’un même bien ou service dans différents pays[18]. Cela constitue donc une tentative de corriger les effets des spéculations sur les taux de change qui peuvent rendre l’effort de comparaison impraticable, voire aboutir à des résultats par trop différents avec la réalité. Par la méthode des taux de change, la taille de l’économie russe est donc égale à la moitié de celle de l’Allemagne et aux deux tiers de celle de la France. Par la méthode de la Parité de Pouvoir d’Achat. L’économie russe devient alors à peu près équivalente à celle de l’Allemagne.

Tableau 2

Taille de l’économie russe en PPA (calculée en % du PIB mondial)

2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 Average 2010-2019
Spain 1,6% 1,6% 1,5% 1,4% 1,4% 1,5% 1,5% 1,5% 1,5% 1,5% 1,5%
France 2,6% 2,6% 2,5% 2,5% 2,4% 2,4% 2,5% 2,5% 2,4% 2,4% 2,5%
Germany 3,6% 3,6% 3,5% 3,4% 3,5% 3,5% 3,6% 3,6% 3,5% 3,5% 3,5%
Russia 3,4% 3,4% 3,5% 3,5% 3,4% 3,2% 3,1% 3,1% 3,1% 3,1% 3,3%

Russie en proportion de

Spain 206,5% 218,8% 234,6% 247,4% 241,5% 217,5% 204,1% 207,1% 208,1% 208,4% 219,1%
France 129,6% 133,2% 140,7% 143,4% 141,4% 129,7% 123,5% 127,4% 128,6% 129,1% 132,7%
Germany 94,4% 95,4% 99,8% 103,1% 98,9% 90,7% 85,0% 86,6% 88,0% 89,0% 93,0%

Source : IMF

Mais, cela ne reflète pas encore la taille réelle de l’économie russe. En effet, le PIB, quand on le calcule dans l’optique de la production, se décompose en différents secteurs qui sont l’agriculture (avec la sylviculture et la pêche), l’industrie, la construction et les services. La tendance ces cinquante dernières années a été une forte croissance de l’économie de services dans les pays occidentaux. Si l’on raisonne non plus en économie de temps de paix mais en économie de temps de guerre, la question des services perd de son importance face aux trois premiers secteurs.

La première chose que l’on constate alors est que la Russie se situe entre la Chine, dont les services ne représentent que 49% du PIB et des pays comme les Etats-Unis, la France ou l’Italie, où les services représentent au moins 75% du PIB. L’Allemagne est en position intermédiaire avec 69% du PIB pour les services.

Tableau 5

Répartition sectorielle du PIB de la Russie et de 5 pays

2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 Moyenne
Allemagne
Agriculture, sylviculture, pêche 1,0% 0,9% 1,0% 1,0% 0,8% 0,8% 0,9% 0,8% 0,9%
Industrie 25,8% 25,9% 25,4% 25,5% 25,6% 25,9% 25,8% 25,4% 25,6%
Construction 4,4% 4,5% 4,4% 4,5% 4,6% 4,7% 4,7% 4,9% 4,6%
Services 68,8% 68,7% 69,2% 69,0% 69,1% 68,6% 68,6% 68,9% 68,9%
Chine
Agriculture, sylviculture, pêche 9,5% 9,4% 9,2% 8,9% 8,7% 8,4% 7,8% 7,3% 8,6%
Industrie 40,0% 38,8% 37,5% 36,2% 34,1% 32,9% 33,1% 32,8% 35,7%
Construction 6,8% 6,9% 6,9% 7,1% 6,9% 6,9% 7,0% 7,1% 6,9%
Services 43,8% 45,0% 46,4% 47,8% 50,3% 51,9% 52,2% 52,8% 48,8%
Etats-Unis
Agriculture, sylviculture, pêche 1,2% 1,2% 1,4% 1,2% 1,1% 1,0% 1,0% 0,9% 1,1%
Industrie 16,6% 16,3% 16,4% 16,3% 15,3% 14,6% 14,9% 15,1% 15,7%
Construction 3,5% 3,5% 3,6% 3,8% 4,0% 4,1% 4,3% 4,3% 3,9%
Services 78,6% 78,9% 78,7% 78,7% 79,6% 80,3% 79,9% 79,7% 79,3%
France
Agriculture, sylviculture, pêche 1,8% 1,8% 1,6% 1,7% 1,8% 1,6% 1,7% 1,9% 1,8%
Industrie 14,0% 14,1% 14,1% 14,1% 14,3% 14,1% 13,8% 13,7% 14,0%
Construction 6,0% 5,9% 5,9% 5,7% 5,5% 5,4% 5,5% 5,6% 5,7%
Services 78,1% 78,3% 78,3% 78,5% 78,5% 78,9% 78,9% 78,8% 78,5%
Italie
Agriculture, sylviculture, pêche 2,1% 2,2% 2,4% 2,2% 2,3% 2,1% 2,2% 2,2% 2,2%
Industrie 18,6% 18,5% 18,6% 18,7% 18,9% 19,3% 19,5% 19,7% 19,0%
Construction 5,6% 5,3% 4,9% 4,5% 4,3% 4,3% 4,2% 4,2% 4,7%
Services 73,7% 74,0% 74,1% 74,6% 74,5% 74,2% 74,1% 73,9% 74,1%
Russie
Agriculture, sylviculture, pêche 3,6% 3,4% 3,4% 3,9% 4,3% 4,3% 3,8%
Industrie 26,3% 25,9% 25,2% 25,2% 26,8% 26,0% 25,9%
Construction 7,6% 7,7% 7,0% 6,8% 6,3% 6,4% 7,0%
Services 62,4% 63,0% 64,4% 64,1% 62,5% 63,4% 63,3%

Source :OCDE et Rosstat

Cette situation de la Russie s’explique à la fois par la taille de son secteur industriel mais aussi par celle de son agriculture. Cela pèse sur le poids réel de l’économie russe, ainsi que le montre le tableau 6.

Tableau 6

Comparaison du secteur productif hors services

Moyenne en PPA 2010-2019 Part secteur productif en points de PIB en PPA En comparaison avec la Russie
Allemagne 3,50% 1,09% 90,01%
France 2,50% 0,54% 44,31%
Russie 3,30% 1,21% 100,00%

Quand nous excluons les services du calcul – ce qui correspond au passage d’une économie de paix à une économie de guerre où ce qui compte est la capacité de production et bien moins les services associés à la vente et à la commercialisation – l’économie russe s’avère supérieure à l’économie allemande et plus du double de l’économie française.

Il faut enfin considérer la place de la Russie dans la production et l’exportation des matières premières. En 2019, elle était le 2e producteur mondial de platine[19], de cobalt et de vanadium, 3e producteur mondial d’or mais aussi de nickel 4e producteur mondial d’argent mais aussi de phosphates, le 5ème producteur de minerai de fer et le 6ème d’uranium et de plomb. La principale production de l’agriculture russe est composée des céréales. La Russie est ainsi le premier exportateur mondial de blé[20] et le plus grand producteur d’orge, de sarrasin, d’avoine et de seigle ainsi que le deuxième producteur de graines de tournesol. Naturellement la Russie est le 1er exportateur de gaz (et détient les réserves les plus importantes au monde) et le 2ème exportateur de pétrole.

Suivant les modes de calculs et les hypothèses retenues, la taille de l’économie russe varie de manière conséquente. Qui plus est, les méthodes de calcul reposant sur la mesure du PIB, que l’on calcule ce dernier au taux de change courant ou en parité de pouvoir d’achat, ne sont pas capables d’appréhender le rôle particulier de la Russie dans le commerce mondial des matières premières. Or, une partie de l’effet boomerang potentiel des sanctions repose justement sur ce dernier.

Ce facteur, combiné aux changements dans le rapport des forces économiques à l’échelle mondiale, conduit à mieux considérer la situation de la Russie face à des sanctions qui ne sont appliquées que par un groupe de pays. L’économie russe bénéficie de soutiens importants, que les autres pays approuvent ou désapprouvent sa politique vis-à-vis de l’Ukraine. Compte tenu de l’insertion, et de la place, de la Russie au sein des organisations internationales « post-Guerre Froide », la tentative de l’isoler apparait vouée à l’échec. Compte tenu des capacités de son économie, la Russie de facto occupe une place centrale dans l’économie mondiale. Toute interruption, ou forte réduction, des échanges commerciaux avec ce pays est susceptible d’engendrer des perturbations importantes du commerce des matières premières où ce pays joue un rôle important sur les marchés mondiaux, perturbations se traduisant par des hausses importantes de prix. Le flux résiduel des exportations russes, flux qui apparaît aujourd’hui important, quand il est valorisé aux nouveaux prix, est susceptible d’apporter plus de revenus au pays que le flux d’avant les sanctions. Ainsi, l’impact de ces dernières sur les exportations apparaît faible. Mais, compte tenu de la dépendance, que ce soit celle de l’UE ou plus globalement des marchés mondiaux, aux exportations russes, l’impact sur le reste du monde des sanctions sera quant à lui très fort. C’est l’une des formes les plus évidentes de « l’effet boomerang ». Cet « effet boomerang » ne touche pas que les pays ayant pris des sanctions contre la Russie. Il s’applique aussi aux pays ayant souhaité rester neutres, ainsi qu’on a pu le voir avec le problème des exportations de céréales. La question de la réduction de cet « effet boomerang » sur les neutres et de sa maximisation en ce qui concerne les pays désormais qualifiés « d’hostiles » par la Russie est certainement l’une des plus importantes à résoudre pour le gouvernement russe. Elle déterminera, dans le long terme, à la fois la question des relations diplomatiques et commerciales avec le groupe des pays « neutres » ou « amis » et celle de la résistance ou de l’effritement du bloc des pays « hostiles ».

Notes

[1] https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/bruno-le-maire-nous-allons-provoquer-l-effondrement-de-l-economie-russe_AN-202203010131.html et https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-economique-contre-la-russie-bruno-le-maire-revient-sur-sa-declaration-et-regrette-un-terme-inapproprie_4987809.html

[2] Voir Sapir J., La Démondialisation, Paris, Le Seuil, 2ème ed., 2021.

[3] Barma N., Chiozza G., Ratner E. et Weber S. (2009), “A World Without the West? Empirical Patterns and Theoretical Implications”, in Chinese Journal of International Politics, n° 2, Vol.4, 2009, pp. 525-544.

[4] Kateb A., Les nouvelles puissances mondiales. Pourquoi les BRIC changent le monde, Ellipses, Paris, 2011. Vercueil J., Les pays émergents. Brésil-Russie-Inde-Chine : mutations économiques et nouveaux défis, Paris, Bréal, 2010.

[5] Sapir J., La Démondialisation, op.cit..

[6] China Britain Business Council: One Belt One Road (http://www.cbbc.org/resources/one-belt-one-road/ )

[7] Liang, N., Tang, J. & Li, J., « La nouvelle route ferroviaire de la soie, pont entre la Chine

et l’Europe », in Echos de Chine, 18 janvier 2017. Voir aussi Rodrigue J-P., « The Northern East-West Freight Corridor (Eurasian Landbridge) », publication électronique, (http://www.people.hofstra.edu/geotrans/eng/ch5en/conc5en/NEW_Corridor_Freight.html ), The Geography of Transport Systems, Department of Global Studies & Geography, Hofstra University, 1998–2009

[8] « La nouvelle Route de la Soie, une stratégie d’influence mondiale de la Chine » in Epoch Times(http://www.epochtimes.fr/nouvelle-route-de-soie-strategie-dinfluence-mondiale-de-chine-28431.html )

[9] Sapir J., Le Nouveau XXIè Siècle, op.cit..

[10] Sapir J., La Démondialisation, Le Seuil, Paris, 2011.

[11] http://www.lefigaro.fr/international/2014/03/24/01003-20140324ARTFIG00370-g7-la-russie-exclue-du-club-des-puissants-apres-l-annexion-de-la-crimee.php

[12] https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/la-russie-ne-compte-pas-reintegrer-le-g8_2015762.html

[13] https://www.europe1.fr/international/la-russie-na-pas-lintention-de-reintegrer-le-g8-selon-serguei-lavrov-3676556

[14] Stiglitz J.E, Sen A., Fitoussi J.P., (Dir.), Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social, https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/094000427.pdf

[15] Flassbeck H and La Marca M. (Eds), Coping with Globalized Finance: Recent Challenges and Long-term Perspectives, Geneva, UNCTAD, 2007. Sarno L. and Taylor M.P., The Microstructure of Foreign Exchange Market: a selective survey of the literature, Princeton, Princeton Studies in International Economics, n°89, May 2001.

[16] Johnson H. The Economics of Exchange Rates, (edited by Jacob Frenkel and Harry Johnson), London, Routledge, 1978.

[17] Schreyer P. et Koechlin F., Parités de pouvoir d’achat : mesure et utilisations, Paris, OCDE, Cahiers Statistiques, mars 2002, n°3. Balassa B., « The Purchasing-Power Parity Doctrine : A Reappraisal” in Journal of Political Economy, vol. 72, n°6, December 1964, pp. 584-596.

[18] Dornbush R. Purchasing Power Parity, Cambridge, (Mass.), NBER, Working Paper n°1591, 1985.

[19] https://pubs.usgs.gov/periodicals/mcs2021/mcs2021-platinum.pdf

[20] Medetski A et Durisin M, « Russia’s dominance on the wheat world keep growing”, September 23rd, 2020, Bloomberg, https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-09-22/russia-s-dominance-of-the-wheat-world-keeps-growing#xj4y7vzkg

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RGT // 13.09.2022 à 09h23

Bien sûr (et comme d’habitude), ce sont les gueux des pays qui appliquent des sanctions à l’encontre de la Russie qui se feront laminer, les dirigeants et les 1% de nantis n’étant pas impactés par ce problème car ils profiteront de l’aubaine pour encore augmenter leurs profits en mettant l’augmentation des prix sur le dos des russes.

Le problème actuel des « élites » est que les populations croient de moins en moins aveuglément aux « prophéties » des dirigeants et des « experts » autoproclamés.
À mon avis les revendications des « gilets jaunes » réapparaîtront bientôt (quand les premiers frimas se feront ressentir) et pas seulement en France.

D’où le flicage de plus en plus intrusif de l’ensemble de la population des « démocrassies occidentales » quand les « élites » se retrouveront en PLS face à la majorité des « moins que rien » très remontés par des problèmes concrets de SURVIE causés par les décisions « bienveillantes » des dirigeants motivés par leurs seuls intérêts personnels et qui bien sûr n’agissent que dans l’intérêt de leurs « mécènes » au détriment de la majorité des « gueux ».

Si les protestations des « gilets jaunes » reviennent en force je vous garantis que la répression sera largement plus violente que lors des protestations passées et que bien sûr l’ensemble des « médias indépendants et objectifs » se gardera de de dénoncer cette violence « légale » d’un pouvoir politique de plus en plus dictatorial.
Par contre les éditorialistes se lâcheront en dénonçant des « meutes de hooligans sanguinaires » qui remettent en cause les « institutions bienveillantes ».

12 réactions et commentaires

  • RGT // 13.09.2022 à 09h23

    Bien sûr (et comme d’habitude), ce sont les gueux des pays qui appliquent des sanctions à l’encontre de la Russie qui se feront laminer, les dirigeants et les 1% de nantis n’étant pas impactés par ce problème car ils profiteront de l’aubaine pour encore augmenter leurs profits en mettant l’augmentation des prix sur le dos des russes.

    Le problème actuel des « élites » est que les populations croient de moins en moins aveuglément aux « prophéties » des dirigeants et des « experts » autoproclamés.
    À mon avis les revendications des « gilets jaunes » réapparaîtront bientôt (quand les premiers frimas se feront ressentir) et pas seulement en France.

    D’où le flicage de plus en plus intrusif de l’ensemble de la population des « démocrassies occidentales » quand les « élites » se retrouveront en PLS face à la majorité des « moins que rien » très remontés par des problèmes concrets de SURVIE causés par les décisions « bienveillantes » des dirigeants motivés par leurs seuls intérêts personnels et qui bien sûr n’agissent que dans l’intérêt de leurs « mécènes » au détriment de la majorité des « gueux ».

    Si les protestations des « gilets jaunes » reviennent en force je vous garantis que la répression sera largement plus violente que lors des protestations passées et que bien sûr l’ensemble des « médias indépendants et objectifs » se gardera de de dénoncer cette violence « légale » d’un pouvoir politique de plus en plus dictatorial.
    Par contre les éditorialistes se lâcheront en dénonçant des « meutes de hooligans sanguinaires » qui remettent en cause les « institutions bienveillantes ».

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    • Pierrot // 13.09.2022 à 11h31

      Les manifestations ont déjà recommencé. Les nassages également. Une centaine de gilets jaunes a d’ailleurs été arrêtée samedi dernier à Paris.

      Outre la répression, on assiste également à la censure de l’existence même de ces mouvements de protestation dans les médias. Par exemple, cet été à Paris, je suis tombé à plusieurs reprises sur des cortèges dont personne n’a parlé sur les chaînes de TV ni dans la presse main stream. Mieux, LCI a allégué que la manifestation du 3 septembre à Paris n’avait pas existé et qu’il s’agissait d’un mensonge de la propagande pro-Kremlin, puis, après la réfutation de cette fausse information par les organisateurs officiels du mouvement, qu’elle concernait juste le pass sanitaire.

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    • petitjean // 13.09.2022 à 18h43

      il se trouve que ces gueux élisent et réélisent leurs bourreaux !!

      il ne suffit pas de faire des phrases et des analyses. Un peuple désarmé intellectuellement sera toujours une victime de sa propre ignorance

      Alors il est urgent et même vital de réarmer les peuples intellectuellement

      Comment faire ?

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      • RGT // 14.09.2022 à 09h46

        Réarmer seulement intellectuellement ?

        Je suis certes totalement opposé à toute forme de violence mais tant que les seuls qui possèdent de l’armement et qui ont le « droit légal » (pas légitime, nuance) de s’en servir sont les serviteurs de la caste au pouvoir il sera totalement impossible pour le peuple de se libérer de son esclavage.

        Connaissez-vous UN SEUL CAS d’une oligarchie qui ait abandonné ses privilèges sans se battre jusqu’à la mort ?
        Vous mentionnerez sans doute l’URSS, et je vous répondrai que ce régime s’est effondré de lui-même pour que ses oligarques puissent s’enrichir encore plus en transférant directement les « biens publics » dans leurs escarcelles…

        Aux USA le gouvernement est plus « cool » vis à vis du respect de sa population parce que la population est armée jusqu’aux dents et que s’il dépasse les bornes il devra faire face à un soulèvement armé qui risque de très mal se terminer pour les « élites ».
        D’où l’acharnement des dirigeants surtout des « démocrates » à désarmer la population pour sauver leurs fesses et se retrouver dans la situation confortable des « démocraties » €uropéennes dont la population n’a AUCUN moyen de défense.

        Et qu’on ne me parle pas des « élections », elles sont si facilement manipulables et l’ensemble du système politico-médiatique se mobilise pour que ceux qui souhaitent changer réellement ce système soient traînés dans la boue et ne puissent pas avoir la moindre chance d’influencer la population.

        Et les oligarques des démocrassies occidentales continueront à prospérer sur le dos des gueux.

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      • yannos // 15.09.2022 à 20h50

        les gueux sont désinformés par un magma médiatique dont la pensée est univoque.
        De plus il existe une répression forte contre toute personne qui osera penser ou s’exprimer différemment de cet ensemble.
        La réaction ultra violente aux propos pourtant bénins de Ségolène royal en est un exemple frappant.
        Ou même quand, en société, on évoque une pensée hors cadre, voyez comment on est regardé.
        Il s’ensuit une auto censure qui donne au pouvoirs qui dirigent l’état (mais aussi l’UE) et les média les mains libres de faire ce qu’ils veulent.
        Ce site ainsi que quelques autres sont des ilots de liberté de plus en plus rares et de plus en plus menacés.

        A mon avis la plus grande urgence ce n’est pas le climat ou la guerre ni la faim dans le monde mais c’est le droit des citoyens à une information libre et de qualité.
        Pour cela je crois qu’il faut retirer leurs cartes de presses aux journalistes qui propagent des fausses informations et retirer leurs subventions aux médias qui font de même.

        Il doit exister d’autres moyens mais c’est en tout cas la première urgence.

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  • Dorian // 13.09.2022 à 12h15

    Merci M. Sapir, un peu de froide rationalité dans ce monde de « gueux et de sots ».

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  • florian lebaroudeur // 13.09.2022 à 12h39

    « Le processus de démondialisation économique s’est profondément accéléré ces dernières années. Il a commencé à se manifester ouvertement avec la crise de 2007-2009 et ses conséquences ».

    La question est Pourquoi ? Ce n’est pas la seule faillite des banques et leurs sauvetages qui est la cause des 14 ans de marasme.

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    • Savonarole // 13.09.2022 à 13h18

      Une économie de commerce et de services se base sur la capacité des sociétés à produire et à bouger des trucs et des machins d’un point A à un point B. Pour ça , il faut de l’energie. Plus l’énergie est localement chère , moins on est en capacité de produire et de s’échanger des trucs et des machins. Du coup moins de services qui sont en bout de chaine du tout. 2009 c’est un pic de production de l’énergie.
      Je sursimplifie , mais en gros on a là le noeud du problème. Gisella la germaine qui produisait des bagnoles avec le gaz pas cher à Tatianna doit maintenant acheter son énergie chez Cindy la poufiasse qui lui fait pas un prix d’amis , va t’elle produire autant de bagnoles au même prix ? Du coup Tommy le banquier va pas vendre de crédits à Cheng le commerçant pour changer sa bagnole… de toutes manières Cheng a fait faillite à cause de l’épisotie …

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  • Fabrice // 13.09.2022 à 13h14

    Ce qui est étonnant c’est l’achat pour la gendarmerie de blindés avec automitrailleuses alors répression des mouvements sociaux style gillet jaunes qui risquent d’être plus violent (quand la réalité économique provoqoquée par nos dirigeants depuis 30 ans ne sera plus niable) à la manière du 19e siècle vu que l’on regresse à grand pas, peur d’une guerre civile où les deux ? On peut critiquer la Russie mais suivre une méthodologie qu’on lui atriburait en temps normal me laisse dubitatif 😕

    https://www.turbo.fr/actualite-automobile/les-nouveaux-blindes-de-la-gendarmerie-sont-equipes-de-mitrailleuses-automatiques-186561

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  • Larousse // 13.09.2022 à 14h16

    Vous avez raison de vous exprimer ainsi, depuis le Etats-Unis, et je propose à tous les autres lecteurs de ce site de regarder cet extrait de G. Friedman, qui fut ou est encore un professeur ‘ formateur pour les hauts officiers américains https://www.youtube.com/watch?v=emCEfEYom4A on pourra aussi trouver l’intégralité de ce discours à Chicago devant des hommes ou responsables d’affaires économiques,… ça ne modifie en rien cet extrait qui est déjà long…. [modéré]

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    • Lt Briggs // 13.09.2022 à 18h54

      Fort instructive, cette vidéo. Merci de l’avoir postée.
      Friedman parle cash. On est ici loin des discours lénifiants des présidents américains, notamment ceux issus du Parti démocrate. Il faut évidemment prendre ces propos avec des pincettes, par exemple quand Friedman dit que les Ukrainiens ont raison de se tourner vers les Américains, « en tout cas c’est ce que je ferais si j’étais à leur place ». Si on fait vraiment l’effort de se placer du point de vue ukrainien, on ne peut que nuancer ces propos. La perspective d’abriter des bases militaires américaines aux abords directs de la Russie, sur une terre en partie russifiée, garantit des relations exécrables permanentes avec son puissant voisin, que ce dernier soit dirigé par un dictateur ou par un démocrate. Un peu comme si le Mexique ou le Canada accueillait des bases russes ou chinoises… Il faut y ajouter la dette abyssale de l’Ukraine vis-à-vis de ses « généreux » soutiens, qui s’accroitra encore quand il faudra trouver des financements pour reconstruire le pays.

      Les États-Unis gagnent pour l’instant la partie sans grands efforts. La Russie connait une baisse certaine de sa crédibilité en tant que grande puissance. L’Ukraine perd définitivement toute marge de manœuvre. Elle est condamnée à être dépecée par la Russie (le moins probable) ou devenir pour longtemps le jouet du Département de la Défense américain et de Wall Street (le plus probable). L’un n’empêche d’ailleurs pas l’autre. Des dirigeants ukrainiens plus avisés auraient veillé à garder une certaine distance entre les USA et la Russie.

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  • Myrkur34 // 13.09.2022 à 20h31

    Comment avec de telles places dans les classements mondiaux de production de minerais, céréales et énergies, les types soient obligés d’aller se fournir en obus d’artillerie en Corée du Nord ?

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