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29.mars.202029.3.2020
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[RussEurope-en-Exil] L’hypothèse « Blanche-Neige » : les prévisions de l’INSEE et leur discussion, par Jacques Sapir

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L’hypothèse « Blanche-Neige » pour l’économie française, autrement dit celle d’un long endormissement, est en train de gagner en crédibilité à la suite de la publication le 26 mars de données relativement détaillées par l’INSEE. Ces données sont des estimations, il convient de le rappeler. On peut les confronter avec les estimations qui ont été faites dans le cadre du CEMI. Ces estimations dessinent une mise à l’arrêt progressive de l’économie durant le temps du confinement. Elles soulignent l’arbitrage – difficile – entre santé publique et activité économique, mais elles éclairent aussi le problème, pour l’instant non abordé dans les études de la sortie du confinement.

1 – Les hypothèses de l’INSEE

Ces hypothèses ont été dévoilées le 26 mars dans le « point de conjoncture » détaillé qui a été révélé à la presse[1]. Dans le communiqué de presse, le directeur de l’INSEE précise :

« …il me semble indispensable de mesurer le choc que connaît l’économie, indispensable aux décideurs, indispensable aux acteurs économiques ». Le travail réalisé par l’INSEE a donc consisté en (A) une estimation du « climat des affaires », qui montre des chutes spectaculaires, et dans (B) des hypothèses sur les baisses d’activité, par secteur et par branche. C’est ce qui avait été fait dans le cadre de l’étude que j’avais publiée le 22 mars[2]. Le premier point qui ressort des travaux de l’INSEE est la forte dégradation du climat des affaires dans le domaine des services et les commerces (très touchés par le confinement), mais moindre dans le domaine de l’industrie et nul pour l secteur du bâtiment.

Graphique 1

Pourtant, le secteur du bâtiment a été très touché par les mesures de confinement (que l’INSEE appelle d’ailleurs « endiguement »), et les chantiers se sont pratiquement tous interrompus.

A partir de là l’INSEE a réalisé des estimations sur la chute de la production :

 

Tableau 1

On vérifie ici que l’estimation de la chute de production est faible dans l’agro-alimentaire (-4%), élevée dans l’industries (-52%) et dans le bâtiment (-89%) et modérées dans les services. Cela aboutit à une baisse globale de l’activité hebdomadaire de -35%.

L’INSEE en dérive alors une estimation du « choc » sur le PIB.

 

Tableau 2

L’hypothèse étant implicitement linéaire, cela reviendrait à considérer que pour 6 semaines (hypothèse centrale de mon propre papier) nous aurions un choc de -4,5% et pour 8 semaines, un choc de -6%.

 

2 – Comparaison

Dans le papier qui avait été publié le 22 mars, on trouve une méthodologie similaire, mais des estimations un peu différentes. On aboutissait ainsi à définir 2 hypothèses, une « pessimiste » (H1) et une « optimiste » (H2)

 

Tableau 3

Hypothèses de réduction de la production (rappel du 22 mars)*

H1 H2
Agriculture, sylviculture et pêche 0,70 0,80
Industrie manufacturière, industries extractives et autres 0,55 0,67
Industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution 0,85 0,95
Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 0,95 1,00
Cokéfaction et raffinage 0,70 0,80
Fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques ; fabrication de machines 0,30 0,50
Fabrication de matériels de transport 0,25 0,33
Fabrication de textiles, industries de l’habillement, industrie du cuir et de la chaussure 0,25 0,33
Travail du bois, industries du papier et imprimerie 0,40 0,60
Industrie chimique 0,50 0,75
Industrie pharmaceutique 1,00 1,00
Fabrication de produits en caoutchouc, en plastique et d’autres produits minéraux non métalliques 0,50 0,75
Métallurgie et fabrication de produits métalliques, hors machines et équipements 0,24 0,33
Autres industries manufacturières ; réparation et installation de machines et d’équipements 0,25 0,33
Construction 0,33 0,50
Services principalement marchands 0,543 0,704
Commerce ; réparation d’automobiles et de motocycles 0,10 0,20
Transports et entreposage 0,50 0,75
Hébergement et restauration 0,15 0,25
Information et communication 0,75 0,85
Activités financières et d’assurance 0,60 0,80
Activités immobilières 0,10 0,25
Activités scientifiques et techniques ; services administratifs et de soutien 0,33 0,50
Administration publique et défense – sécurité sociale obligatoire 0,66 0,80
Enseignement 0,10 0,10
Activités pour la santé humaine 1,00 1,00
Hébergement médico-social et social et action sociale sans hébergement 1,00 1,00
Total des branches 0,413 0,532

*Les colonnes donnent le niveau estimé de l’activité sous confinement (1 = aucun impact / 0 = arrêt total de l’activité)

(Source CEMI-Fondation Robert de Sorbon)

 

J’avais ainsi estimé plus importante la baisse de production dans l’agriculture (par manque de main d’œuvre saisonnière), mais sous-estimé la chute dans le bâtiment. Pour l’industrie, le coefficient (55%) est très similaire à celui retenu par l’INSEE (52%). Pour les services, par contre, l’INSEE fait l’hypothèse d’un passage au télétravail sans pertes de production importantes. Or, divers sondages montrent que ces pertes existent belles et bien. Les deux hypothèses que je formulais aboutissaient à une production équivalente à 41,3% de la normale hebdomadaire (hypothèse pessimiste) ou à une production équivalente à 53,2% (hypothèse optimiste). On va maintenant tenter de produire une troisième hypothèse, corrigée, mais en maintenant les estimations sur les pertes de production dans le télétravail mais aussi dans les activités agro-alimentaires.

 

Tableau 4

Estimation corrigée

1 semaine-2019

H3

Agriculture, sylviculture et pêche 0,75 0,880 0,66
Industrie manufacturière, industries extractives et autres 5,51 0,567 3,12
Industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution 1,02 0,850 0,87
Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 0,82 0,950 0,78
Cokéfaction et raffinage 0,10 0,700 0,07
Fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques ; fabrication de machines 0,61 0,300 0,18
Fabrication de matériels de transport 0,54 0,250 0,14
Fabrication de textiles, industries de l’habillement, industrie du cuir et de la chaussure 0,09 0,250 0,02
Travail du bois, industries du papier et imprimerie 0,24 0,400 0,09
Industrie chimique 0,38 0,500 0,19
Industrie pharmaceutique 0,24 1,000 0,24
Fabrication de produits en caoutchouc, en plastique et d’autres produits minéraux non métalliques 0,37 0,600 0,22
Métallurgie et fabrication de produits métalliques, hors machines et équipements 0,53 0,330 0,17
Autres industries manufacturières ; réparation et installation de machines et d’équipements 0,57 0,250 0,14
Construction 2,31 0,110 0,25
Services principalement marchands 23,34 0,733 17,1
Commerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration 7,31
Commerce ; réparation d’automobiles et de motocycles 4,25 0,400 1,70
Transports et entreposage 1,85 0,660 1,22
Hébergement et restauration 1,21 0,150 0,18
Information et communication 2,20 0,800 1,76
Activités financières et d’assurance 1,59 0,700 1,11
Activités immobilières 5,31 0,200 1,06
Activités scientifiques et techniques ; services administratifs et de soutien 5,76 0,600 3,45
Administration publique et défense – sécurité sociale obligatoire 3,21 0,660 2,12
Enseignement 2,21 0,330 0,73
Activités pour la santé humaine 2,42 1,000 2,42
Hébergement médico-social et social et action sociale sans hébergement 1,35 1,000 1,35

La première colonne donne la production hebdomadaire en valeur (milliards d’euros) en 2019. La seconde, le niveau estimé de l’activité sous confinement (1 = aucun impact / 0 = arrêt total de l’activité), et enfin la troisième colonne donne la production en valeur estimée sous confinement. On obtient alors une estimation globale en valeur de 21,14 milliards contre 41,10 milliards en 2019, soit un coefficient d’activité de 51,4% (perte de 48,6%) contre l’estimation de l’INSEE qui table sur un coefficient de 65% (perte de 35%).

 

On peut alors faire une quatrième hypothèse (H4), qui consiste à penser que l’estimation de l’INSEE est juste pour la première semaine mais que par la suite, l’économie va se caler sur l’hypothèse H3.

 

Tableau 5

Pertes économiques liées au confinement

Semaines de confinement
Pertes en milliards

1

2

3

4

5

6

7

8

Confinement H3, montants en milliards -19,96 -48,21 -72,32 -96,42 -120,53 -144,63 -168,74 -192,84
Confinement H4, montants en milliards -14,38 -31,56 -48,53 -68,49 -88,45 -108,41 -128,37 -148,33
Somme valeurs ajoutées 2019 2137,2 2137,2 2137,2 2137,2 2137,2 2137,2 2137,2 2137,2
Pertes en pourcentage

1

2

3

4

5

6

7

8

Confinement H3, en % de la VA -0,9% -2,3% -3,4% -4,5% -5,6% -6,8% -7,9% -9,0%
Confinement H4, en % de la VA -0,7% -1,5% -2,3% -3,2% -4,1% -5,1% -6,0% -6,9%
Confinement H3, en % du PIB -0,8% -2,0% -3,0% -3,9% -4,9% -5,8% -6,7% -7,6%
Confinement H4, en % du PIB -0,6% -1,3% -2,0% -2,8% -3,6% -4,4% -5,2% -5,9%
Estimation INSEE -3,0% -6,0%

Comment expliquer alors que l’estimation de l’INSEE, quoi que moins pessimiste que notre hypothèse (H3), donne un résultat aussi peu différent ? L’INSEE a aussi cherché à estimer les pertes en consommation engendrée par le confinement, ce qui n’a pas pu être fait dans les calculs ici présentés par manque de données.

Si l’on transpose sur l’hypothèse (H3) l’impact de la consommation des hypothèses de l’INSEE, on obtient, pour une semaine, une perte de -1,04% de PIB et non de seulement 0,8% de PIB. Dès lors, l’application des hypothèses (H3) et (H4) donne :

 

Tableau 6

Pertes en PIB par semaine, (corrigées des effets d consommation)

Nombre de semaines INSEE H3 H-4 Composite
1 -0,75% -1,04% -0,75%
2 -1,50% -2,08% -1,65%
3 -2,25% -3,12% -2,5%
4 -3,00% -4,16% -3,57%
5 -3,75% -5,20% -4,61%
6 -4,50% -6,24% -5,66%
7 -5,25% -7,28% -6,70%
8 -6,00% -8,32% -7,74%

Pour l’hypothèse d’un confinement de 6 semaines, la perte globale du PIB devrait donc être de -4,5% à -6,2%. Le choc sera donc important.

3 – Sortir du confinement

Une chose est d’estimer, avec des marges d’erreurs les pertes en PIB lors du confinement, une autre est d’estimer des scénarios de sortie de ce confinement. Bien entendu, l’incertitude sur les conditions sanitaires est très importante. On peut néanmoins faire quelques hypothèses :

 

1/ Le retour « à la normale » ne sera pas instantané. Pour ce qui est de la consommation, même si – du fait du confinement – on a sous-consommé durant ces semaines de confinement, les ménages ne vont pas consommer en 1 ou 2 semaines l’argent qui a été accumulé. Psychologiquement, des comportements de précautions peuvent prévaloir. Pour ce qui est de la production, les capacités de production ne seront pas utilisées à 100% immédiatement. On peut donc estimer que le dé-confinement sera progressif.

 

Tableau 7

« Sortie du dé-confinement »

Pertes résiduelles

Nombre de semaines

après le confinement

INSEE H3
1 -0,375% -0,50%
2 -0,20% -0,30%
3 -0,10% -0,10%
Total des pertes résiduelles -0,675% -0,80%

Les pertes en pourcentage du PIB se monteront alors, en tenant comptes des pertes résiduelles :

 

Tableau 8

Pertes totales avec les pertes dites « résiduelles »

Nombre de semaines

de confinement

INSEE H3 H-4 Composite
6 -5,17% -7,04% -6,44%
8 -6,67% -9,12% -8,54%

 

Ceci doit être comparé avec la croissance qui était estimée pour 2020 à 1,2%. Mais, il n’est pas impossible, l’économie étant loin du plein-emploi des facteurs, que l’on ait un phénomène de récupération partielle sur le second semestre de 2020 de l’ordre de +1,0 du PIB. La croissance pour 2020 s’établirait alors à :

 

Tableau 9

Croissance pour 2020, avec et sans hypothèse de récupération au 2ème semestre

Nombre de semaines

de confinement

INSEE H3 H-4 Composite
6 -3,0% -4,8% -4,24%
8 -4,5% -6,9% -6,34%
Sans récupération
6 -4,0% -5,8% -5,24%
8 -5,5% -7,9% -7,34%

 

Ces prévisions sont, de loin, les plus mauvaises pour la période post-1945. Le traumatisme économique sera important, et il aura nécessairement des implications politiques.

 

2/ Les déficits publiques et sociaux seront considérables. Si ces déficits ne sont pas encore totalement quantifiables, il est probable que le déficit budgétaire total, incluant le soutien aux entreprises dans la période de sortie du confinement et les aides supplémentaires aux travailleurs indépendants, pourrait être entre -8% et -10% du PIB. Les comptes sociaux seront aussi fortement affectés, et l’on sera dans une situation où toute tentative de coupe dans les budgets sociaux et de santé sera considérée comme « scandaleuse » par une majorité de la population.

Le financement des dettes de l’Etat devra donc inclure la prise en charge de la « dette sociale » occasionnée par la crise sanitaire. Seul, un financement direct par la Banque Centrale Européenne, dans le cadre d’une extension du PEPP (Pandemic Emergency Purchasing Program) est susceptible d’éviter une explosion politique et sociale à court terme. Si cela n’était pas possible, le gouvernement devrait en prendre acte et décider de retrouver immédiatement sa pleine et entière souveraineté monétaire.

 

 

Les effets de l’endormissement de l’économie, de l’effet « Blanche-Neige » se font déjà sentie. Ils deviendront une caractéristique majeure de la trajectoire économique française, non seulement pour cette année, mais probablement aussi pour les années à venir. Le choc de cet effet « Blanche-Neige » sera donc quantitatif, mais aussi qualitatif. Il faudra modifier les règles et les institutions qui régissent l’économie française. C’est peut-être aussi la chance qui nous est offerte, dans cette période du confinement, de pouvoir commencer à penser au « jour d’après ».

 

Notes

[1] https://www.insee.fr/fr/information/4471804

[2] https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-coronavirus-la-crise-et-leffet-blanche-neige-par-jacques-sapir/?unapproved=624659&moderation-hash=898df4d6f6c1ccd3ab8928e6e97cccd6#comment-624659

Commentaire recommandé

Fritz // 29.03.2020 à 14h09

Merci pour ce travail de fond, M. Sapir. Nous en avons besoin. Pour filer la métaphore, on voit déjà qui ne sera pas le prince charmant capable de réveiller Blanche Neige : il préfère les femmes âgées.

Plus sérieusement, je me rappelle ce débat paru dans l’Expansion (journal économique et patronal) vers 1972, où Raymond Aron concédait à son interlocuteur japonais qu’en cas de crise ou de pénurie, « le socialisme (ou économie planifiée) a montré sa supériorité et le capitalisme libéral devrait, sur ce point, rendre son tablier ». Raymond Aron ! Dans l’Expansion !

27 réactions et commentaires

  • Fritz // 29.03.2020 à 14h09

    Merci pour ce travail de fond, M. Sapir. Nous en avons besoin. Pour filer la métaphore, on voit déjà qui ne sera pas le prince charmant capable de réveiller Blanche Neige : il préfère les femmes âgées.

    Plus sérieusement, je me rappelle ce débat paru dans l’Expansion (journal économique et patronal) vers 1972, où Raymond Aron concédait à son interlocuteur japonais qu’en cas de crise ou de pénurie, « le socialisme (ou économie planifiée) a montré sa supériorité et le capitalisme libéral devrait, sur ce point, rendre son tablier ». Raymond Aron ! Dans l’Expansion !

      +25

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  • Vincent P. // 29.03.2020 à 14h24

    Je pense qu’ici comme en matière de réchauffement climatique, l’idée principale à retenir est celle des boucles de rétroaction imprévisibles. Il y aura un nombre de phénomènes qui sortent des modèles de prévision qui sera… phénoménal !
    Autrement dit, il n’est pas à exclure qu’envisager le pire soit encore en deça de la réalité.
    Ainsi, j’envisage que l’inlandsis du Groënland pourrait bien fondre de mon vivant (+6m);
    Et là, je vois plutôt les conséquences géopolitiques majeures et dramatiques que les seules conséquences économiques.
    J’entends par là que les E.U déjà fous dangereux vont devenir une menace réelle et sérieuse pour l’ensemble de la communauté humaine.
    N’oublions pas que l’U.E, au lieu de faire du social, a concrètement fait modifier la hauteur de nos ponts pour convoyer par trains les chars Abrams de Brest à la Pologne…

      +7

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  • Vincent P. // 29.03.2020 à 14h59

    Ces précisions s’arrêtent à l’économie, et prévoient déjà un choc important.
    Je pense que de nombreuses boucles de rétroaction sont à inclure, c’est à dire qu’elles empireront les modèles statistiques, mais qu’on ne peut ni les anticiper, ni les chiffrer.
    Pour exemple : les 3 millions de travailleurs au black en Italie qui ne toucheront aucune indemnité et qui menacent déjà la paix sociale.
    Aussi, je pense que les conséquences géopolitiques de ce choc seront infiniment plus importantes encore que la récession ou déflation vers laquelle nous allons.
    Quel sera le coût pour nous d’être membres de l’OTAN est une interrogation qui résulte de la question suivante :
    jusqu’où iront les E.U face au choc énorme qui les attend ?
    D’abord le choc sanitaire, puis le choc économique, puis le choc géopolitique. Les points de PIB ne compteront que bien peu, je le crains, dans la chaîne de conséquences qui va s’amorcer.

      +7

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    • moshedayan // 29.03.2020 à 15h27

      Les effets « en chaîne » Vincent P. vous avez raison, j’ai fait l’effort ! d’écouter votre radio RTL , et vos syndicats protestent contre des mesures pour 60h de travail et des reports de congés payés sur la quarantaine – je précise ce que le gouvernement slovaque se refuse de faire (pour l’instant!? et c’est logique)? Passons sur l’aberration des 60h, étudions le report de congés payés. C’est simple à penser : ce report portera sur 6 à 10 jours ou plus sur la période d’été ou d’automne principalement. Or vos cafés, restaurants et stations touristiques sont fermés… Comment voulez-vous que votre secteur « tourisme » se remette même lentement de la crise qu’il subit, si votre Pouvoir le flingue cet été ou l’automne prochain. C’est aberrant, non ??? , Donc oui je n’ose mais vous le dîtes vous mêmes votre Président et son équipe sont des nuls… »des c… » cqfd..; à suivre (et vos syndicats agissent au mieux pour sauver le pays)

        +4

      Alerter
    • marc // 29.03.2020 à 19h43

       » les 3 millions de travailleurs au black en Italie qui ne toucheront aucune indemnité  »
      le gouvernement italien va mettre en place des indemnités, certainement sous forme de bons alimentaires
      pensons plutôt aux millions d’indiens, de sud africains ou de colombiens etc
      c’est tout de même impressionnant comme quasiment tous les gouvernements du monde sont d’accord avec le confinement

        +2

      Alerter
  • ellwyng // 29.03.2020 à 15h00

    intéressante analyse, en ce qui concerne la reprise, deux remarques. La première est que notre perte de PIB doit être recentrée car s’inscrivant dans une baisse généralisée dans le monde, le calcul doit être fait non pas sur la France mais sur une moyenne globale. Cela bien sur ne changera rien pour la France mais replacera les économies et donc la reprise. La seconde remarque qui est en fait un point d’interrogation, et si les peuples remettaient les pendules à l’heure et sortait de cette mondialisation mortifère qui dans cette crise a montré d’une part les dégâts sur les peuples (ex de la décentralisation des ressources) et l’absence d’entraide dans ces pays (différence entre l’UE et la Russie pour l’Italie par exemple).

      +2

    Alerter
  • Brossa Dante // 29.03.2020 à 15h19

    Et combien de personnes vont décéder des conséquences economique ?

    La Grèce, suite à la « contraction économique » de 2008, à subie une grave crise sanitaire. On evoque une augmentation de 43% de la mortalité infantile.
    Confinement, bonne ou mauvaise chose ? l’avenir nous l’apprendra, pas trop chèrement j’espère.

    http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0007/266380/The-impact-of-the-financial-crisis-on-the-health-system-and-health-in-Greece.pdf

      +3

    Alerter
  • Nymbus // 29.03.2020 à 16h07

    Bonjour à tous,
    Le plus intéressant va être quand les taux d’intérêt vont commencer à monter pour les pays « peu vertueux ». Va y avoir du sport. Les gens n’accepteront jamais des coupes dans les budgets sociaux après ce qu’il vient de se passer. Les Allemands ne voudront pas commoniser la dette. Ces derniers auront le choix: soit accepter un financement direct par la BCE, soit la disparation de l’euro. On sait déjà comment ça finira…
    Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi les taux d’intérêts n’ont pas encore commencer à monter, au moins pour l’Italie et l’Espagne. Il est clair que ces États vont se retrouver avec une dette en train d’exploser à la sortie de crise, pourquoi les marchés n’anticipent pas ça ? Quelqu’un a-t-il une explication ?

      +3

    Alerter
  • Dominique65 // 29.03.2020 à 16h20

    « Quelqu’un a-t-il une explication ? »
    Oui : la priorité Nº 1 pour les décideurs est de sauver l’Euro.

      +3

    Alerter
  • Caro // 29.03.2020 à 18h42

    Information très importante à connaitre … qui vient de paraitre dans Valeurs Actuelles avec un article signé de Bernard Monot ,
    notre pays s’apprête à passer sous tutelle budgétaire totale du funeste Mécanisme européen de stabilité (MES). .
    Cette pseudo-aide financière du MES (dite « ECCL », pour ligne de crédit assortie de conditions renforcées), implique en échange des « réformes structurelles » drastiques sous la supervision des euro-technocrates de Bruxelles et Francfort – tout comme la troïka avec la Grèce. En l’espèce, il ne s’agit rien d’autre qu’un véritable pacte politique faustien.

      +1

    Alerter
  • Ernesto // 29.03.2020 à 19h01

    Il faudra balayer les dogmes monétaires néolibéraux et rompre l’assujettissement mortifère aux marchés financiers. S’asseoir sur les dettes et renvoyer à prendre leurs pertes tous les riches investisseurs spéculateurs qui se sont gavés sur les dettes souveraines des Etats. L’accord de Londres, en 1953, a épongé la plus grosse part de la dette allemande suite aux désastres commis par la guerre et l’occupation nazies dans nombre de territoires. Cela (avec l’aide massive US), a notamment permis à la RFA de devenir en quelques années la première puissance économique du continent. La Grèce n’a jamais été remboursée des destructions qu’elle a subies et la riche Allemagne de Mme Merkel refuse toujours de mettre la main au portefeuille pour aider un pays en situation de catastrophe humanitaire. La BCE, d’autre part, doit s’affranchir des interdictions que lui assignent ses statuts, pour DIRECTEMENT financer à partir de sévères critères de sélectivité définis par les puissances publiques, en utilisant à plein son pouvoir de création monétaire ex nihilo ILLIMITE, des plans de relance économique et sociale sous contrôle citoyen. (A SUIVRE)

      +1

    Alerter
  • Tony A // 29.03.2020 à 19h10

    Merci pour cette présentation chiffrée des différents scenarii.
    Il est évident qu’elle ne peut intégrer les accidents susceptibles de se produire et aux conséquences inquantifiables : krach financier de forte amplitude, panique bancaire, mouvements sociaux, conflits militaires, effet dominos… Mais le pire n’étant jamais certain, ce genre d’éclairage permet à chacun d’élaborer ses propres hypothèses.

      +1

    Alerter
  • Ernesto // 29.03.2020 à 20h46

    SUITE
    L’essentiel, est, qu’à cet océan de liquidités déversé sur l’économie réelle, corresponde une création de valeur économique, oeuvre des travailleurs mobilisés, pour reconstruire un appareil productif rénové, répondant à des besoins définis démocratiquement au service prioritaire du bien commun. Bien évidemment, ces bouleversements radicaux, sont totalement incompatibles avec la persistance d’institutions européennes inspirées par la domination exclusive du dogme ordo-libéral qui a présidé à leur architecture. C’est dire que le « mythique » couple franco-allemand risque de tanguer fortement, de même que les fondements de l’UE tels que nous les connaissons. Et si la mariée s’entête dans ses obsessions monétaristes et ses réflexes disciplinaires, alors il faudra sérieusement envisager de rompre l’idylle factice, pour retrouver sa pleine souveraineté en matière économique, politique et monétaire. (A SUIVRE)

      +0

    Alerter
  • Ernesto // 29.03.2020 à 21h15

    A cet égard nous ne partons pas de rien. En 1945, la France est sortie exsangue de la guerre et de l’occupation. Autre chose en termes de destructions et de morts que les conséquences déjà tragiques de la crise sanitaire qui affecte tous les peuples de la planète. Malgré tout, ça n’a pas empêché la mise en oeuvre du programme du CNR conçu dans la clandestinité, celui que Denis Kessler, ex numéro deux du MEDEF, appelait à « détricoter méticuleusement » dans un article resté célèbre du magazine « Challenges ». La sécurité sociale et les CHU, les nationalisations, la création et le développement des grands services publics, le statut de la fonction publique, la renaissance industrielle et agricole, la remise sur pied en temps record de notre appareil productif,accompagné d’avancées sociales marquantes.
    Les travailleurs de l’époque l’ont fait dans des circonstances exceptionnelles, ceux d’aujourd’hui, toutes professions confondues, sont leurs dignes héritiers. Nous ne laisserons personne leur voler leur avenir.

      +3

    Alerter
    • Vincent P. // 30.03.2020 à 03h16

      Soit.
      Mais les communistes étaient bien vivants, et il y eut aussi le plan Marshall, cheval de Troie de la construction européenne et de l’alliance atlantiste.
      Là il faudra ajouter le fracas de la fin de l’empire américain, et des années d’acculturation globaliste.
      Ça va être chaud.

        +1

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      • birin // 30.03.2020 à 19h04

        Chaud oui, mais Ernesto a raison « Nous ne partons pas de rien ».
        En 1945 le pays, et beaucoup d’humains, étaient physiquement détruits.
        Mais le choc de la guerre et du maquis avait fortement éveillé les consciences, au point de surmonter ces obstacles, et de construire bien au delà de ce qui était détruit (avancées sociales, …).
        Aujourd’hui la destruction est moins physique, et plus structurelle et intellectuelle.
        A moins que la destructuration (destruction du tissu industriel, universitaire, service public en général, …) ne soit plus insurmontable que la destruction physique, je ne saurais le dire mais j’ai l’espoir que non.
        Le confinement pourrais avoir certaines des vertus du maquis pour éveiller les consciences.
        Si cette crise du Covid-19 ne fait pas un « choc des consciences », j’en conclurais que Blanche Neige c’est … nous tous.

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  • Bertrand // 30.03.2020 à 00h36

    Pour les amateurs de chiffres, l’étude qui suit permettant de comparer l’évolution du nombre de décès lié au Covid-19 dans les 10 pays les plus touchés (Excel téléchargeable).

    Pour faciliter les comparaisons, indépendamment de la taille des populations, nous avons divisé le nombre de décès par la population. Nous avons gommé la différence de structure d’âge en nous focalisant sur les sujets de +65 ans qui représentent 93% des décès. Puis chaque jour nous recueillons les nouvelles données de décès et les appliquons à notre modèle Excel, téléchargeable ici https://drive.google.com/open?id=19IKC60Pos2JwzuemqKLl-JuIGws8evUF

    L’indicateur obtenu est le nombre de décès des sujets de +65 ans rapporté à la population des +65 ans. La moyenne mobile à 5 jours de cet indicateur varie de 16 morts par million (Corée du Sud) à 605 (Italie), en passant par 136 pour la France.

    Les courbes des 6 derniers jours montrent la tendance de chaque pays. On distingue 3 groupes :
    – pays en danger : Italie et Espagne, très nettement au dessus des autres
    – pays à tendance moyenne : France, Suisse, Belgique et Pays-Bas
    – pays à tendance faible : USA, Allemagne, Corée du Sud
    Cas particulier, le Royaume Uni, qui est en train de quitter la zone bon élève pour aller vers la zone moyenne.

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  • Bertrand // 30.03.2020 à 00h46

    La courbe France me semble rassurante par rapport aux autres : quasiment linéaire, elle se laisse traverser par celle des Pays-Bas, de la Belgique et de la Suisse.Elle reste haussière mais avec une pente relativement faible, ce qui témoigne à mon sens d’un appareil de santé encore solide (et sans doute aussi les effets du confinement).

    Autre point intéressant, les calcul des taux d’accroissement des décès, L’Italie a l’un des plus faibles (1.6), avec la Corée (1.4), ce qui signifie qu’elles approchent de leur pic. La France est à 2.4, c’est plutôt rassurant. Deux pays se distinguent avec un taux d’accroissement élevé : Les USA (5.1) et la Belgique (5.7), ce qui pourraient donner lieu à une progression significative.

    Conclusion : la France n’est pas si mal placée que ça, à peu près au milieu mais avec la meilleure tendance de son groupe.

    Vous pouvez rajouter chaque jour les données via un lien fourni dans l’Excel pour voir évoluer la courbe, et faire vos propres estimations. Diffusable sans restriction aucune, en espérant que ça puisse être utile.

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    • Bertrand // 30.03.2020 à 22h41

      Voici les prévisions de mon modèle pour demain 31 mars :
      Italie 12 432
      Espagne 8 128
      France 3 459
      US 3 733
      Grande-Bretagne 1 739
      Pays-Bas 982
      Allemagne 677
      Belgique 595
      Suisse 390
      Corée du Sud 185

      France : 435 morts
      Résultat demain à 20h sur le site :
      https://www.worldometers.info/coronavirus

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  • Euh // 30.03.2020 à 10h18

    Certes ce n’est qu’un détail, mais jamais Blanche-Neige s’endormit! Au contraire, elle travailla dur avec les 7 nains de bonne volonté. Peut-être s’agit-il de la Belle au Bois Dormant piquée par on ne sait quel mal. Comme quoi même des « sachants » peuvent se faire corriger par des « ignorants »…
    Sans rancune mais il ne faut pas partir sur un concept biaisé et mélanger les contes de fées sinon qui croire?

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    • birin // 30.03.2020 à 18h50

      Ce n’est effectivement qu’un détail, et tu as raison, les « ignorants » corrigent souvent les erreurs ou mensonges des « sachants ».
      Mais pas dans ce cas, les princesses ça dont beaucoup :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanche-Neige

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  • , destartine // 31.03.2020 à 08h54

    Les vrais révolutionnaires sont les virus et les bactéries. La seule chance pour l’humanité, c’est que le confinement dure très longtemps et détruise l’économie. Nous pourrons alors repartir sur des bases plus saines, et clore ce triste épisode consumériste et productiviste de l’histoire humaine. Ce n’est pas un mouvement d’humeur de ma part, c’est ce que je pense avec lucidité et recul.

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