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12.octobre.201812.10.2018 // Les Crises

[RussEurope-en-Exil] Budget italien : le bras de fer avec l’Union européenne est engagé, par Jacques Sapir

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La présentation du budget italien est en train de soulever un problème de compatibilité avec les institutions européennes (sur l’ampleur du déficit) ainsi qu’une vive polémique en Italie. Il est désormais clair que l’on va vers une crise d’ampleur entre l’Union européenne et l’Italie.

Le ministre de l’intérieur italien et Vice-Premier ministre, M. Matteo Salvini, avait déclaré à la fin du mois de septembre qu’il soutenait une proposition de « limiter le déficit » autour de 2%. Cette déclaration était importante, car elle émanait d’un dirigeant qui avait fait campagne sur une rupture franche avec les règles de l’Union européenne. De plus, les sondages réalisés en Italie montraient (et continuent de montrer) que M. Salvini jouit d’une incontestable popularité (entre 60% et 75% d’opinions favorables) et que son parti, la Lega, semble avoir le vent en poupe. Il a obtenu 17% des suffrages aux dernières élections, mais il est crédité de plus de 32% actuellement dans les sondages.

Matteo Salvini

Cette déclaration avait naturellement suscité de nombreux commentaire. En effet, certains se sont réjouis et d’autres se sont inquiétés que M. Matteo Salvini ait fait ce qui apparaît comme des déclarations rassurantes sur un éventuel déficit pour 2019 avant la rencontre prévue de longue date entre Giovanni Tria et les membres de l’ECOFIN et de l’EUROGROUPE. Cela pourrait sembler accommodants pour les autres dirigeants Européens et les dirigeants de l’Union européenne.

Ce n’était pas le cas en réalité. Tout d’abord, il convient de noter que ces déclarations n’étaient que le début d’une négociation sur les chiffres que l’Italie devait mettre dans le document de planification budgétaire. Qui plus est, cette déclaration est de plus déterminée par le cadre d’un jeu délicat mené de part et d’autres au sein de l’élite politique italienne. Les chiffres ont donc été publiés, et ils indiquent que le gouvernement italien s’oriente bien vers une épreuve de force avec l’Union européenne.

L’ampleur et les causes du déficit

De fait, le gouvernement italien a fini par opter pour un seuil de déficit de 3,0% du PIB, ne s’arrêtant qu’à 2,4% pour 2019. Cet objectif est en complète contradiction avec le cadre budgétaire des finances publiques fixé par l’Union européenne pour l’Italie, cadre qui fixe le déficit maximal autour de 0,7%. Plus important encore, il n’est fait nullement mention dans les déclarations du gouvernement italien d’atteindre un budget équilibré pour les trois ans qui viennent. Dans les faits, cela signifie qu’environ 24 milliards d’euros devraient être financés si l’on s’en tenait aux règles budgétaires de l’UE et ne le sont pas dans la réalité. Sur cette somme, 12,4 milliards seront utilisés pour réduire fortement la TVA, ce qui correspond à une promesse de la campagne électorale ; 1,5 milliard d’euros devraient être affectés à la restructuration bancaire afin de compenser les pertes des épargnant et, pour financer le rejet de la loi sur les retraites et des départs à la retraites plus précoces pour 400 000 travailleurs environ 8 milliards d’euros sont prévus. Par ailleurs, 10,0 milliards d’euros seront consacrés aux revenus de 6,5 millions de personnes sur 10 ans ; enfin il faut compter avec des impôts moins élevés ce qui équivaudra à une diminution des recettes fiscales de 3,5 à 4,5 milliards d’euros.

Giovanni Tria

La décision du gouvernement du gouvernement est importante. Cette décision a été entièrement validée par le Ministre de l’Economie, M. Giovanni Tria, que l’on présentait comme un partisan des règles de l’UE. Soit on s’est trompé quant aux idées de M. Tria, soit il semble avoir cédé aux volontés de MM. Di Maio et Salvini. Ce budget est clairement un budget de relance qui combine un soutien à la demande et des diminutions d’impôts. Le fait que l’essentiel de ces diminutions porte sur la TVA montre bien la dynamique sociale de ce budget. Sur les 24 milliards de déficit supplémentaire prévus dans le projet de budget, près de 20 milliards devraient aller vers les ménages les plus pauvres ainsi que les classes moyennes.

Un calendrier chargé

Cependant, la présentation des objectifs budgétaires n’est que le premier pas dans un processus plus complexe. L’office public du budget, l’UPB, qui est une agence indépendante du gouvernement, doit rendre son avis. Il sera probablement négatif. Mais, le gouvernement peut ne pas tenir compte de cet avis.

Bien plus important sera la réaction de l’Union européenne. De ce point de vue, il convient d’avoir en vue ce que seront les échéances des relations entre le gouvernement italien et l’UE. D’ici le 15 octobre, le gouvernement devra envoyer le projet de loi budgétaire à Bruxelles. Le 20 octobre, le budget sera officiellement dévoilé et non simplement les objectifs de déficit. Le 22 octobre, la Commission enverra une première lettre au gouvernement italien dans lequel elle se dira probablement préoccupée par l’évolution de la situation et proposera une semaine de délai pour procéder aux ajustements nécessaires et soumettre à nouveau le projet. Si le gouvernement modifiait alors le budget (comme cela s’est passé en 2014), la situation redeviendrait normale et conforme. Si le gouvernement cependant maintient son projet de budget, et les dernières déclarations vont dans ce sens, le conflit sera inévitable. Si, donc, le gouvernement italien ne donne pas suite aux réserves de la commission européenne et maintient les objectifs et le budget initiaux, et donc, le 29 octobre, il y aura un rejet officiel par la Commission.

Au cours des trois prochaines semaines, le gouvernement aura cependant toujours la possibilité de modifier le budget mais la volonté du gouvernement de mettre ses plans à exécution quel que soit l’avis de l’ Commission européenne semble ferme. En conséquence, le 21 novembre, les avis officiels sur les projets de plans budgétaires des pays seront présentés au Comité économique et financier, le comité junior de l’Ecofin. Le Comité pourrait alors formuler une recommandation formelle sur ce que l’on appelle l’article 126, paragraphe 3, qui constitue la première étape pour pousser l’Italie dans une procédure de déficit excessif. D’autres démarches officielles devraient suivre. En cas de débat politique, et il y aura certainement un débat important car l’Italie a des alliés au sein du Comité économique et financier, le temps devrait être suffisant pour que les ministres prennent leurs décisions au début de décembre, puis au Conseil européen à la fin de l’année. Mais, la décision devrait être la même au début de 2019 : une déclaration de Non-conformité, et l’engagement probable de la procédure de déficit excessif.

Dans le même temps, le parlement italien approuvera probablement le budget, car le gouvernement bénéficie d’une majorité suffisante. Le président Mattarella, qui a déjà lancé un avertissement devrait alors dire que le budget n’est pas compatible avec le cadre budgétaire national (qui n’est en réalité qu’une photocopie du budget européen) et devrait le rejeter. La procédure prévoit cependant que le gouvernement peut demander un nouveau vote au Parlement. Ce dernier devrait alors réaffirmer son soutien au budget. À ce stade, le président n’aurait d’autre choix que de le signer. Ce n’est qu’à un stade ultérieur que la Cour constitutionnelle pourrait bien rejeter le budget comme étant inconstitutionnel. Cependant, cela pourrait prendre plusieurs mois pour des raisons pratiques mais surtout cela provoquerait une grave crise politique en Italie avec, à la clef, probablement de nouvelles élections. Ces dernières pourrait, si l’on en croit les sondages fait actuellement, voir une victoire massive du M5S et de la Lega (crédités respectivement de 27% et de 33% des intentions de vote). Cela pourrait se traduire par une majorité des deux-tiers au Parlement et au Sénat, ce qui permettrait au gouvernement de procéder à des changements de la Constitution.

L’avenir en suspens

Il faut, bien entendu, ajouter à cela le comportement des agences de notation et l’envolée probables des taux d’intérêts sur la dette italienne, qui représente 133% du PIB. Cette envolée de la dette pourrait d’ailleurs conduire à une aggravation de la crise entre l’Union européenne et l’Italie. Le gouvernement de ce dernier pays pourrait décider d’utiliser des bons du Trésor en petite coupure comme monnaie parallèle, engageant alors un processus de sortie de l’Euro.

L’Italie sera donc soumise à une forte pression, tant des autorités de l’Union européenne qu’en interne (la presse se déchaine actuellement contre le gouvernement) et en provenance des marchés financiers. Mais, le gouvernement italien semble s’être préparé à y résister. Il peut s’appuyer sur les présidents des deux commissions économiques de l’Assemblée et du Sénat (Claudio Borghi et Alberto Bagnai) dont les convictions eurosceptiques sont bien connues, sur des membres du gouvernement (de Salvini à Savona) mais aussi sur des soutiens extérieurs et, plus important encore, sur une majorité des italiens.

Le fait que la réunion annuelle du centre de recherche de l’Université de Pescara (que dirigeait Alberto Bagnai jusqu’à son entrée en politique) qui aura lieu les 10 et 11 novembre s’annonce très suivie (plus de 600 participants payants se sont déjà inscrits en 5 jours) est une bonne indication aussi du soutien que rencontre le gouvernement italien dans son bras de fer avec l’Union européenne[1]. Le fait que Stefano Fassina, un dirigeant historique de la gauche italienne[2], qui avait démissionné du gouvernement et rompu avec le PD de Matteo Renzi et qui élu à l’Assemblée sous la bannière de Liberi et Uguali, ait annoncé sa participation à cette réunion est aussi un signe que ce soutien pourrait bien transcender les divergences politiques.

Stefano Fassina

 

[1] Votre serviteur interviendra à cette conférence et vous en fera un compte rendu détaillé.

[2] Stefano Fassina fut l’ancien dirigeant des jeunesses communistes. Economiste, après avoir travaillé trois ans dans des organisations internationales, il fut ministre du gouvernement Letta, avant d’en démissionner avec fracas à cause de son opposition à la politique de ce dernier.

Commentaire recommandé

Zevengeur // 12.10.2018 à 17h55

Il faut souhaiter que l’Italie tienne bon et qu’une grave lézarde se produise au sein de cette UERSS.

Cette fois nos euronouilles (forts avec les faibles et faibles avec les forts) n’ont pas affaire à un petit pays comme la Grèce, l’Italie étant le 4e PIB de l’UE, 3e si l’on retire la GB.

Forza Italia !

73 réactions et commentaires

  • Zevengeur // 12.10.2018 à 17h55

    Il faut souhaiter que l’Italie tienne bon et qu’une grave lézarde se produise au sein de cette UERSS.

    Cette fois nos euronouilles (forts avec les faibles et faibles avec les forts) n’ont pas affaire à un petit pays comme la Grèce, l’Italie étant le 4e PIB de l’UE, 3e si l’on retire la GB.

    Forza Italia !

    • RD // 13.10.2018 à 00h08

      Il va se coucher mais aura tenu plus longtemps que Tsipras !
      Seul l’Allemagne peut mettre fin au système actuel…

      • calal // 13.10.2018 à 06h15

        non,les us de trump le peuvent aussi…a nouveau ce sera les americains qui nous “sauveront” de l’allemagne.
        etre plutot sous domination allemagne-russie-chine ou americaine?

        • Barbe // 13.10.2018 à 11h10

          Encore un qui ignore que c’est l’armée rouge qui a fait le gros du travail…
          Gardons nos aveuglements.

          • Duracuir // 13.10.2018 à 20h28

            Et bien disons alors que les Yankees nous ont sauvé de l’occupation soviétique.

            • Barbe // 14.10.2018 à 12h01

              Duracuir, connaissez-vous la différence entre constat et jugement de valeur ?

               2

              Alerter
    • Gilbert Gracile // 13.10.2018 à 01h23

      oui… sauf que la chute de l’URSS s’est transformée en une véritable catastrophe pour les classes populaires de ces pays. Effondrement de l’espérance de vie, explosion du taux de suicide, effondrement de la natalité, trafics de drogue… 56% des ex-soviétiques regrettaient encore l’URSS en 2015. Les “opposants” exilés en occident ne sont jamais rentrés au pays. Ils continuent de jouir des grasses prébendes de leur trahison et vivent à l’Ouest.
      L’Asie centrale n’a connu ni la démocratie ni la prospérité (bien au contraire). La drogue, le sida et le djihadisme sont devenus l’horizon de la jeunesse. L’Ukraine est un état failli proche de l’anomie. La Biélorussie n’a limité la casse qu’en se repliant dans une autarcie autoritaire. Les pays de d’Europe de l’Est se partagent entre les travailleurs détachés et les mafias. Des pays comme la Bulgarie ou la Moldavie se viendent de leur population. La Yougoslavie et le Caucase ont basculé dans la guerre civile, et rien n’est résolu 25 ans après. La Russie s’en sort en trompe l’oeil avec Poutine, et les bobos de Moscou ne doivent pas faire oublier la misère du pays profond. Quant à la “liberté” promise à ces pays, elle reste à démontrer.
      J’espère donc que les promesses enchanteresses du dégel OTAN-UE-Euro ne sont pas également un miroir aux alouettes. Le présent est terrible, mais demain peut être un enfer. Qui a connu un peu les années 1990 en Russie sait ce qui peut nous attendre.
      Je suis pour le changement et la fin de l’UE… mais je me méfie quand même.

    • natoistan // 13.10.2018 à 02h33

      L’Italie est un détail dans ce qui va se produire bientôt:

      Menu pour la période 2019/2022 +-

      Séquence probable d’événements:
      1. marché baissier;
      2. récession;
      3. Les déficits explosent;
      4. Retour de ZIRP et QE;
      5. Baisse du dollar;
      6. L’or monte en flèche;
      7. Hausse sensible de l’inflation;
      8. Hausse des taux à long terme;
      9. Fed. forcé de relever les taux pendant la récession
      10. Une crise financière sans relance ni sauvetage!
      Tout ce qui manque, c’est:
      • Les recettes fiscales s’effondrent
      • Défaut des gouvernements fédéraux et des États
      • L’empire militaire des bases s’écroule
      • Les importations d’énergie échouent, provoquant des pénuries
      • L’économie s’arrête

      https://www.zerohedge.com/news/2018-10-12/peter-schiff-explains-what-happens-next-47-words

    • Caliban // 13.10.2018 à 02h53

      @Zevengeur

      On peut bien entendu se réjouir du fait que l’actuel gouvernement italien mette l’UE en face de ses contradictions sans pour autant apporter notre soutien au gouvernement italien. Ce serait un raisonnement simpliste consistant à réduire le débat à “les ennemis de mes ennemis sont mes amis”, une spécialité typiquement bushienne.

      Avoir à faire à des jusqu’au-boutistes – et pour la Troïka la preuve n’est plus à faire – n’est jamais une bonne nouvelle pour les populations.

      Et parmi les jusqu’au boutistes, il y a le gouvernement allemand. La lutte risque de se transformer en face à face Italie / Allemagne et pourrait se traduire par une course pour savoir qui sort de l’Euro en premier (http://www.atlantico.fr/decryptage/europe-angela-merkel-repond-macron-avec-tellement-prudence-qu-elle-donne-impression-preparer-sortie-euro-jean-marc-sylvestre-3413792.html/page/0/1)

    • Duracuir // 13.10.2018 à 20h31

      Si le gouvernement Italien était aussi ferme contre l’OTAN et son parrain Sam qu’il l’est avec l’UE je serai d’accord avec vous. Mais vous remarquerez que les plus anti-UE actuels sont ceux qui en pincent le plus pour l’Uncle d’Amerique. Alors, méfiance légitime.

  • clauzip12 // 12.10.2018 à 17h56

    Le comportement de l’Italie et la réaction de Bruxelles seront déterminants pour l’avenir de l’euro et de …l’UE.
    la réaction des italiens, s’agissant de la consommation intérieure,traduisant une certaine confiance,sera très importante pour les rentrées fiscales et par conséquent pour la poursuite de cette démarche sociale…et plus.

  • Philvar // 12.10.2018 à 17h57

    Les italiens sont, comme diraient nos amis canadiens plus “couillus” que les français et pourraient bien montrer le bon exemple de remettre à leur place d’employés les fonctionnaires européens. Et, peut-être, fâcher Merkel, qui a cependant beaucoup moins de moyens. C’est alors l’Allemagne qui voudrait sortir de l’euro et de l’UE pour ne pas payer la note. Elle a déjà assez de soucis à se faire avec la note de la DB.

  • fox 23 // 12.10.2018 à 18h05

    FORZA ITALIA !!!
    La partie est d’autant plus difficile pour les technocrates de Bruxelles que mi 2019 ont lieu les élections européennes et qu’il serait malvenu de mécontenter le futur électeur en montrant le vrai visage de cette Europe soi-disant proche des peuples, pour leur bien-être… je vous laisse le soin de trouver les mensonges suivants les plus colportés par nos “élites”.

    • Philvar // 12.10.2018 à 23h57

      Mais non ! Les élections laissent de marbre les fonctionnaires européens car les élus n’ont, en l’état actuel des choses, aucun pouvoir pour les changer. Il faudrait un raz de marée pour déclencher la révolution salvatrice.

      • RGT // 13.10.2018 à 02h37

        Les élections laissent de marbre les fonctionnaires €uropéens tant que le système qui les engraisse sans limites n’est pas remis en cause.

        Si les élections se traduisent par des élus qui respectent la volonté des peuples qu’ils sont censés représenter et qu’ils décident d’un coup d’état sur les institutions de Bruxelles en tordant le bras des fonctionnaires, voire même en les révoquant purement et simplement (sans indemnités SVP, des parasites pareils ne méritent pas d’être entretenus par leurs victimes.) les “divins guides” (non élus ni choisis) commenceront à se sentir mal à l’aise.

        Ne comptons pas sur nos énarques parasitaires nationaux, présidence et gouvernement en tête, pour renverser la table : Le diktat de l’UE leur permet de ne rien foutre (hormis de papillonner dans les buffets) en ayant une bonne excuse.

        Espérons que les italiens parviennent à faire exploser ce “machin” en citant comme exemple le Portugal dont personne ne parle mais qui commence à sortir la tête de l’eau grâce à un gouvernement réellement impliqué dans le respect des souhaits de sa population.
        Ce gouvernement qui mène une politique totalement opposée aux désirs de l’UE a envoyé paître les commissaires (politiques) de l’UERSS et les résultats sont pour l’instant encourageants.
        Alors que toutes les politiques dictées par l’UE pour ce pays n’avaient entraîné que des désastres à répétition.

        C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a une omerta totale sur ce pays. Ça pourrait donner des idées aux autres peuples qui se rendraient compte qu’il existe un “autre monde” dans lequel la situation s’améliore ou du moins cesse d’empirer.

        Finalement, ce sont bel et bien les peuples les moins considérés qui se montrent les plus courageux et qui sont les seuls à tenir tête à la bête immonde.

        Quant à la France, De Gaulle et Churchill avaient totalement raison dans leur jugements sur notre “nation exemplaire.
        Le premier pour la composition de sa population, les veaux, et le second pour l’intelligence de ses dirigeants, les ânes.
        Qualificatifs particulièrement insultants pour ces animaux, particulièrement les ânes, qui sont très loin d’être idiots et méritent notre respect contrairement à nos dirigeants qui ne méritent que notre mépris suite aux nuisances de leurs décisions.

  • Charles Michael // 12.10.2018 à 18h13

    Je salue la ferme résolution des dirigeants Italiens.
    évidement comme probablement beaucoup ici, j’aurai souhaité que la France eut été le pays prenant la tête de ce combat pour la souvraineté et l’Egalité.

    L’italie est le membre de l’Otan le plus chargé en matériel militaire US, leur base arrière logistique des opérations en Méditerrannée. Mais aussi le pays qui au dernier G- 7 avait proposé d’annuler les sanctions contre la Russie, réjouissant Donald Trump au passage.
    Bel enchevétrement géo-politique.

    Mais aussi, l’Italie avec ses refus d’accueillir les réfugiés a aussi habilement agrandi la fisssure de bloc UE droits de l’hommiste. Ceux-ci se raidiront dans leurs bottes à quelques mois des européennes.
    quelle stratégie, quelle planification de ces manipulations des bénets bruxelleux !

    Maestro, bravo et encore.

  • pucciarelli alain // 12.10.2018 à 18h18

    On n’ose espérer que le gouvernement italien aille jusqu’au bout de sa démarche. Il le faudrait pourtant!

    • BOURDEAUX // 12.10.2018 à 18h52

      S’il va au bout, cela signifie : flambée des taux italiens, panique à la BCE (qui a plein de papier italien), et épisodes de réunions au sommet et de communiqués de presse, au bout duquel on lira encore : l’Allemagne a fait des concessions, patati, patata, les banques européennes sont solides, etc…L’autre scénario, auquel je ne crois pas, c’est le réseau bancaire européen qui boit le bouillon : au terme duquel, de toute façon, les états seront aussi sollicités, mais au grand jour. Ne négligeons donc pas la psychologie de l’euro-politicus : mieux vaut laver le linge sale à la cave que devant la mairie. Je privilégie donc le scénario de l’étouffement sur celui de l’affrontement.

      • Philvar // 13.10.2018 à 00h05

        Les dettes des pays de l’UE envers la BCE n’ont rigoureusement aucune importance car c’est un simple jeu d’écriture ( de 0 et 1) car ces prêts ne s’appuient que sur du vent à défaut de valeurs tangibles. Les garanties des états membres n’ont pas plus de valeur en cas de retour aux monnaies locales. La BCE crée de la monnaie ex nihilo et la seule conséquence serait la baisse relative de la valeur estimée de l’euro c’est-à-dire, en fait la même valeur qu’actuellement.

    • Marie // 12.10.2018 à 21h46

      Comme l’écrivait Dostoievski, ne plus avoir d’espoir c’est cesser de vivre.
      L’Italie nous en donne à nouveau malgré les craintes et la désillusion possible.
      C’est tout de même bien jouissif d’assister au vacillement de l’UE face au nouveau David!

      • Gilbert Gracile // 13.10.2018 à 01h30

        “Comme l’écrivait Dostoievski, ne plus avoir d’espoir c’est cesser de vivre.”… il aurait du lire Lao-Tseu pour comprendre qu’on peut vivre bien sans espoir…

        Plus largement, même si je suis contre l’OTAN-UE-Euro, je reste très prudent sur les conséquences d’un dégel. Les occidentaux qui se sont extasiés sur la chute du mur ne sont jamais allés tellement regarder ce qui s’est passé après, pour les gens ordinaires dans ces pays… c’est flippant. Et c’est certainement pas les professions intellectuelles qui ont tiré l’épingle du jeu. Faudrait ouvrir les yeux.

        Si l’Italie fait péter le système, c’est tous les européens qui vont payer… et c’est pas les riches mais les pauvres qui vont trinquer. Les riches se sont juste arrangés pour enchainer le sort des peuples à leurs trônes pourris. Alors, je suis les choses, mais sans trop d’illusions. Le pire est toujours possible.

        • Phil // 13.10.2018 à 23h29

          Les Euros * sont structurellement dysfonctionnels et le temps n’arrange rien, plus on attend pour les détruire plus la facture sera lourde (cf les soldes target 2 – quasi à l’équilibre en 2008 et autour de 1000 milliards de créance pour l’Allemagne aujourd’hui). Y a t’il encore des personnes qui croient au saut fédéral (seul possibilité de survie des Euros) où les Allemands accepteraient des transferts gigantesques vers le Sud de l’Europe?

          * Au pluriels car les banques centrales nationales existent encore.
          Ce qui explique que l’épargne bascule des banques du Sud vers le Nord . Mieux vaux avoir des Euros allemand que des Euros Espagnol ou Italien.
          Mais comme sa réversibilité n’est pas concevable il n’existe pas d’assurance sur le risque de change (comme pour toutes les monnaies du monde) et cela décourage l’investissement des capitaux du Nord vers le Sud.

  • Greg // 12.10.2018 à 18h26

    C’est marrant on entend plus parler de Conte, le sémillant Macron italien

  • P’tetbenkwui // 12.10.2018 à 18h31

    Bruxelles est doublement vexée, non seulement par la résistance italienne mais aussi par la solidarité d’autres états avec un pays qui a porté au pouvoir des inféodés à la doxa de l’UE.
    En plus du Brexit qui nuit aux relations économiques et diplomatiques entre les États membres, la détermination italienne commence à faire sérieusement désordre sinon à peut-être inspirer d’autres candidats sécessionnistes.

    J’espère que le temps jouera en la faveur des peuples mais je reste perplexe quand je vois l’échaffaudage européen s’affaisser de la sorte, avec la peur de voir cette construction s’effondrer sans que nous ayons eu le temps de nous en écarter.

    • Philvar // 13.10.2018 à 00h07

      C’est pour cela qu’il faut sortir en courant !

    • Gilbert Gracile // 13.10.2018 à 01h37

      @ P’tetbenkwui — Je partage votre crainte… l’échaffaudage européen qui se délite risque de tomber sur la tête des peuples… c’est ça le côté pervers…

      Beaucoup de gens comparrent avec la fin de l’URSS, comme si le dégel de l’est avait été une partie de plaisir. Au mieux, les gens ont pris 10 ans d’enfer dans les gencives. Au pire, et pour la majorité d’entre-eux, ils sont au fond du gouffre 25 ans après. De l’Ukraine au Tadjikistan, de l’Orient Russe à la Bulgarie, des Balkans au Caucase… les intellectuels sont devenus promeneurs pour chien ou femmes de ménage. Les oligarques ont pillé les pays. Une clique de bourgeois sans envergure et sans culture tient le haut du pavé.
      Alors, je m’inquiète un peu quand je vois les intellos nous refaire le coup de Gorbatchev… Je dis pas si vous êtes maçon ou chauffeur routier. Mais franchement, les professions intellectuelles vont finir à la rue. Ce sera la fin définitive de la classe moyenne telle que nous la connaissons.

      • P’tetbenkwui // 13.10.2018 à 14h55

        J’y songe aussi très sérieusement

  • Geof’ // 12.10.2018 à 18h35

    je remarque que ce sont les élections qui cristallisent les espoirs de changement, pas les grèves ou les insurrections…

    les peuples européens sont-ils tous devenus indolents et veules ?

    une sorte de masochisme narcissique et morbide

    Geoffrey, neo-communiste belge (content qu’on dise que l’UE est comme l’URSS, que leurs pratiques passée et actuelle n’ont rien à voir avec le communisme)

    • Kiwixar // 13.10.2018 à 00h18

      La génération qui discute en ligne et râle en ligne (pétitions virtuelles). Ca doit bien faire marrer l’oligarchie. Et quand un gouvernement “populiste” arrive au pouvoir, tout est vérouillé par les gouvernements traîtres précédents (constitution, GOPE, souveraineté monétaire, et même simple possibilité de faire des transactions monétaires, dans les mains de visa/mastercard avec serveurs aux US).

      L’Italie va être un laboratoire de révolte d’un côté, et de matage de révolte de l’autre. On va voir la grosse Bertha à l’oeuvre. Tous mes voeux et mes espoirs vont au peuple italien et à ses nouveaux dirigeants.

  • Le Rouméliote // 12.10.2018 à 19h21

    On va déjà voir comment M. Tria va se sortir de sa réunion avec l’Euro Working Group (les véritables dirigeants de l’UE). Le successeur de Thomas Wieser, Hans Vijlbrief, n’a pas l’air d’un rigolo. Mais ce qui me pose question c’est la non réélection de Wieser en décembre 2017, lui qui est l’homme-lige de la Bundesbank. Il a montré toute son efficacité pour tordre le cou au peuple grec (Lire : Varoufakis, Conversations entre adultes). Ils l’ont écarté avant l’arrivée du problème italien : pourquoi ? Il est plus dur, ou plus souple que Wieser ? Quels sont les liens de ce dernier avec la Bundesbank ? S’agit-il d’une reprise en main par le gouvernement allemand au détriment de la BB (les relations entre les deux sont traditionnellement conflictuelles sauf sous Schäuble).
    En gros, faut-il s’attendre à un repli stratégique de l’Eurogroupe devant la fermeté italienne pour préparer une sortie italienne sans trop de dommages pour l’Allemagne (mais on ne voit pas comment), ou pour faire accepter un QE au bénéfice de l’Italie (ce qui est toujours refusé à la Grèce), donc s’opposer à la BB ou, enfin, opposer à l’Italie une fermeté absolue au risque de la faire sortir de l’€ de manière chaotique pour provoquer une crise majeure circonscrite à l’Italie et faire plier le gouvernement pour le “tsipraïser” ?
    Je penche pour la troisième hypothèse…

    • Ben // 12.10.2018 à 20h26

      L’ancien chef du EWG, Thomas Wieser, est en fait un citoyen Américain, tardivement naturalisé Autrichien pour les besoins d’une cause qui intéressait les États-Unis et leurs relais européens. Courant 2017, année de prise de fonctions de Trump et d’une réorientation des priorités américaines en matière de politique étrangère, il a quitté son poste.
      Dans l’organigramme de l’exécutif de l’UE, le EWG est le véritable poste de commandement de la politique européenne.
      Un Néerlandais lui a succédé. Apparemment celui-ci est un pur produit de l’ordolibéralisme continental.
      Wieser ou Vijlbrief, la politique de Bruxelles/Francfort sera sensiblement la même, la seule différence notable étant que les USA semblent s’en désintéresser.

      • Alfred // 12.10.2018 à 20h37

        Merci à vous deux pour vos commentaires. C’est quand même extraordinaire cette quantité de citoyens américains double nationaux de papier parsemés dans les rouages de l’UE et au sein des executifs de certains pays de l’est. Il faudrait en tenir le compte (puisque les journalistes ne le font pas). Cela ouvrirait peut être les yeux des quelques uns de nos concitoyens.

        • Kiwixar // 13.10.2018 à 00h21

          En Australie, quelqu’un qui a une double nationalité ne peut être député ou ministre. On devrait se poser la question en Europe.

          • Le Rouméliote // 13.10.2018 à 18h44

            … Par contre, Varoufakis, qui a la double nationalité grecque et australienne a pu être ministre et député en Grèce !

      • Brulez-moi ça // 16.10.2018 à 10h48

        Encore un cheval de Troie de plus

    • letaciturne // 12.10.2018 à 23h12

      Comment cette crise majeure pourrait rester circonscrite a l’italien vu l’enchevêtrement des relations commerciales ?
      C’est impossible, comment feront les entreprises européennes qui achètent des biens italiens par exemple ?

  • tchoo // 12.10.2018 à 22h21

    Tu parles d’un courage
    Ils créent un budget qu’ils savent révoquer par L’UE, alors pourquoi aller le présenter à ces impétrants sachant qy’ils vont se faire bananer.
    Malheureusement L’UE à les moyens de rétorsion qui pourraient s’avérer violent.
    Pas sur que le goouvernement italien est pris le meilleur chemin

    • Gilbert Gracile // 13.10.2018 à 01h40

      oui… on attend de voir… concrètement.

      Dans les deux cas c’est flippant. Si ils se couchent, parce-que rien ne change. Si ils gagnent, parce-que c’est peut-être le début d’une explosion du système qui ne va pas forcément profiter aux peuples…

      Car c’est un point occulté par beaucoup de monde. Un dégel de l’OTAN-UE-Euro n’est en rien une garantie pour les peuples et la démocratie. La fin de l’URSS nous a plutôt démontré le contraire.

  • gryzor // 12.10.2018 à 22h27

    On ne peut que se féliciter (et surtout féliciter les italiens) de ce que les français sont/ont été incapables de produire. Et les soutenir dans l’épreuve qui commence et qui va probablement être dure.

    Il est vrai que le calendrier apparaît favorable à l’état italien. L’arrivée prochaine d’élections européennes (les dernières? laissez-moi en rêver), le retournement du dirigeant officiel des USA, le délitement si rapide du mari de Brigitte Trogneux en France, l’affaiblissement de Merkel… tout semble s’aligner.

    Mais les dirigeants italiens feraient bien de se méfier. Les oligarques euro-atlantistes (“état profond” des USA inclus) ont des cartes déloyales plein les manches – guerre hybride multi-facette/guerre économique/boursière ; et ils ont de l’expérience pour les jouer. Tous les coups vont être permis pour museler cette rébellion italienne.

  • Frexit // 12.10.2018 à 22h29

    Il faut regarder les choses telles qu’elles sont et non telles qu’on voudrait qu’elles soient. L’UE et surtout l’euro ont conduit les pays du Sud de l’Europe ( l’Italie, l’Espagne et dans une moindre mesure la France) dans une impasse. Le choix est simple :
    1/ soit une mort lente : si ces pays restent dans l’UE et dans l’euro, les déficits commerciaux et budgétaires ne feront que s’aggraver suite à une désindustrialisation croissante par manque de compétitivité face à l’Allemagne et à des pays tiers; ils auront une faible croissance; le taux d’intérêt étant alors supérieur au taux de croissance, leur dette exprimée en pourcentage du PIB augmentera; c’est une spirale qui devient à terme infernale; la France a fait le choix de la “rigueur” pour éviter de rentrer dans cette spirale en taillant dans les dépenses sociales, ce qui entraine une paupérisation de la population
    2/ soit un espoir, mais très dangereux : une politique de relance, mainte fois essayée en France dans le passé et dont les conséquences sont bien connues : augmentation des importations et donc creusement du déficit commercial et du solde Target2. On peut noter que l’augmentation du creusement des soldes débiteurs Target2 des pays du sud est un avantage pour eux : ils représentent des dettes dont le taux d’intérêt est nul (c’est le taux de refinancement de la BCE) et sans échéance de remboursement. On imagine la colère de l’Allemagne qui est la contrepartie créditrice la plus importante de ces soldes (1000 milliards d’euros) et qui réagira violemment. L’euro est donc un piège, particulièrement pour l’Italie : il est un avantage en ce qui concerne les soldes Target2 mais un inconvénient pour la compétitivité de son industrie. L’espoir réside dans le fait qu’une politique de relance augmentera la croissance et évitera la spirale infernale. C’est un espoir très mince.

    La véritable solution passe par une sortie de l’UE et de l’euro. En sortant de l’UE, on peut rétablir le contrôle de la circulation des capitaux et protéger son industrie (c’est ce que font les américains en augmentant les droits de douane), voire la recréer (mais c’est très dur et très long); en sortant de l’euro et en revenant à leur propre monnaie, chaque pays du sud peut retrouver une compétitivité en utilisant l’arme de la dévaluation. Mais cette solution fait peur, surtout à ceux qui ont “un bas de laine” car ils pensent que ce dernier va fondre comme neige au soleil. Pourtant les retraités devraient réfléchir : dans le cas de la France, la diminution des dépenses sociales, c’est entre autres, la diminution des retraites (désindexation des pensions, augmentation de la CSG)

    • Robert // 13.10.2018 à 10h41

      Excellente synthèse. Manifestement, la France a choisi le “laisser faire”, c’est à dire la lente glissade que vous évoquez. Une “politique de l’autruche”. Le sursaut, c’est la sortie de l’ Euro, qui demande un vrai courage politique dans tous les sens du terme et une “main de fer”. Je n’y crois guère…

    • jdautz // 13.10.2018 à 22h24

      Mais non, je te rassure, la retraite des ministres et des députés vont continuer a augmenter.

  • Caliban // 12.10.2018 à 22h47

    Merci pour ces informations, notamment sur le calendrier.
    C’est plus précis que le speech des 2 chiens de garde RTL : https://www.youtube.com/watch?v=VQuIi-2TMXQ

    Encore une fois
    • la monnaie et les banques contre le gouvernement élu
    • la Troïka qui est là pour savonner la planche

    Pour qui joue le temps qui passe ? Avec une possible réforme constitutionnelle à l’issue du bras de fer, on pourrait assister à des choses étonnantes en Italie l’année prochaine.

    A minima la sortie de l’Euro ?
    Cf Delamarche : https://www.youtube.com/watch?v=uCz_FV59E6w

  • natoistan // 13.10.2018 à 02h25

    Il ne se passera strictement rien,un autre show à la Tsipras(a plus grande échelle).Tout le monde se trompe ce qui est important ici(comme pour la Grèce et tous les autres vassaux)c’est l’appartenance non pas à l’UE mais surtout à l’OTAN.Comme pour le couple Tsipras Varoufakis(oxi ou pas oxi),les menaces viendront des USA,l’Italie en tant que pays occupé(bases US)n’a AUCUNE chance de désobéir.Le scénario cool d’abord,visite du secrétaire US au Trésor,ensuite si résistance ça peut aller jusqu’aux menaces verbales et physiques(en Grèce balle dans la boîte aux lettres de Tsipras avec menaces de mort sur sa famille,d’ou départ de Varoufakis qui a pris peur).Tout le monde à la niche,en récompense pour sa capitulation il y aura bien un petit joujou symbolique pour sauver la face pour le gouvernement Italien(coté réfugiés par exemple,son fond de commerce principal).Trump promettra d’intervenir pour stopper l’afflux etc etc…mais rien au plan économique.Et aux élections suivantes(comme Tsipras va l’être bientôt)le couple Salvini Di Maio retournera(rouge de honte) dans les poubelles de l’histoire.Une parenthèse et une trahison de plus.Je souhaite tout le contraire,mais bon vu le lourd passé de l’UE/OTAN..et puis les yankees ont une grande guerre à préparer,bien plus important.Une mega crise financière 2.0 s’en vient entre 2019 et 2021 sans doute?Il faut une diversion.

    Pentagon report points to US preparations for total war.

    http://www.wsws.org/en/articles/2018/10/11/tota-o11.html

    • Sam // 13.10.2018 à 19h28

      La différence aujourd’hui, c’est Trump : l’OTAN coute trop cher, l’Europe ne paye pas assez, …
      Sa politique business affronte l’UE et l’OTAN frontalement.
      Et Steve Bannon ? Quel est son rôle ?
      Ce que lui en dit, c’est qu’il voit l’éclatement de l’Europe et la montée des “populistes”, qu’il vient “aider”. Ses liens avec Trump ? Il était directeur de la campagne de Trump, et maintenant vient soutenir les “séparatistes” italiens ?

    • Kirios // 16.10.2018 à 11h55

      Tsipras a trompé les grecs , le gouvernement Conte – cette analyse l’explique très bien – fait tout pour remettre le peuple au centre de la nation .
      attendons pour voir , mais je crois qu’il y a lieu d’espérer !

  • christian gedeon // 13.10.2018 à 03h19

    On sent bien le côté mi figue,mi raisin des réactions,dans l’ensemble.Ah comme “on ” aurait préféré que ce ne soit pas l’alliance de Cinqe Stelle et de la Lega,mais celle d’une improbable alliance “d’insoumis italiens “et de bobos écolos romains,n’est ce pas? Il va falloir s’y faire,messieurs dames.Les vraies classes qui en chient,la populaire et la moyenne d’en bas ont déserté en masse les rangs de leurs gauches et de leurs centres,qui les ont littéralement vendues à l’ordre “européen” et au désordre mondialiste et internationaliste. A tous ceux qui ont,en leur temps,voté Giscard et Mitterand…Mon Dieu,pardonne leur,ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient! A tous les Erasmusés auquels on a bourré le crâne de fausses valeurs,je dis,il est toujours temps d’abandonner l’européanisme imbécile heureux qu’on vous a inculqué. Tant il est vrai qu’on peut s’intéresser vraiment au reste du monde,sans devenir un élément fongible et indistinct. Bonne chance à l’attelage Di Maio/Salvini,qui choisit la voie difficile, avec lequel les non élus des commissions et autres bce vont devoir prendre des pincettes,en dépit de leur envie d’en découdre et de mettre les banques italiennes à genoux. Parce que l’Italie est la troisième économie “européenne “,et parce que les Italiens sont restés,pour ce qui me concerne et ce que je vois,un peuple “fier et ombrageux “(je sais c’est Astérix en Hispanie) mais aussi industrieux et travailleur.Comme la Fiat 500 X,ils ont pris la pilule bleue du renouveau patriotique,et l’Italie a tout,absolument d’une grande! Forza Italia!

  • Pierre D // 13.10.2018 à 05h50

    De régionaliste Matteo Salvini, est passé nationaliste… dans quelques temps il sera européaniste… question de temps.

    Hier l’ennemi c’était l’Italie, aujourd’hui c’est l’Europe… les coups de menton c’est une tradition populiste italienne qui cache mal un réel manque de volonté politique.

    La rhétorique du “non” peut séduire un temps les foules, mais elle devient vite négative.

    … surtout qu’ Il ne maîtrise que 88% du PIB italien. Il y a du potentiel en interne.
    https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/italie-le-poids-de-l-economie-au-noir-estimee-a-12-du-pib-en-2016-793785.html

    • christiangedeon // 13.10.2018 à 11h09

      C’est fou çà quand même!Jugé,condamné et exécuté en trois paragraphes. Tradition populiste italienne dites vous? Quel mépris. Vouès faites allusion à Mussolini j’imagine?Vous savez peut-être que nous sommes au XXI ème siècle. On a beaucoup de mal décidemment à accepter l’émergence d’une nouvelle donne politique,qui va aller croissant. Simplemùent parce que les gens en ont marre. ERT que ces gens veulent rester italiens ou français,ou hongrois. je crois que vous ne saisissez pas d’où vient la vague. Elle vient du tréfonds. C’est de l’instinct de conservation. Et savoir dire NON en dépit des menaces et des quolibets,c’est un grand signe de maturité politique. Attendez un peu. Vous jugerez sur pièces.

      • Pierre D // 13.10.2018 à 14h04

        Il n’y a rien à juger, la Ligue du Nord et le mouvement Cinq Étoiles revendiquent leur populisme et rejettent les mouvements traditionnels… comme l’a fait effectivement Mussolini en son temps.

        Réveillez-vous.

        • Barbe // 13.10.2018 à 15h10

          On se réveille vraiment ?

          Populisme est un mot qui exprime deux significations contraires ;
          il a été fabriqué à dessein ; arrêtons de l’employer. L’employer sans se douter que l’on n’en maîtrise ni la portée ni les conséquences, fait venir en moi, au choix : colère, tristesse ou pitié.

          Une chose est certaine, le peuple n’est pas populiste. Ne peut pas l’être et ne le sera jamais.
          Ne peuvent l’être que les élites qui veulent accéder à la première place, ou alors, le premier d’entre eux, qui joue le peuple contre la haute société. Dans un jeu seulement factice on l’aura compris.
          Si l’on ne fait effectivement plus jamais appel au peuple par voie référendaire.

          • Pierre D // 13.10.2018 à 15h27

            Bah oui, réveillez-vous!

            Aujourd’hui, le populisme n’est pas une accusation ni un jugement de valeur, mais une revendication.
            http://www.ladocumentationfrancaise.fr/pages-europe/pe000056-le-mouvement-5-etoiles-en-italie-un-populisme-assume-par-herve-rayner

            Et la coalitions au pouvoir ne peut fonctionner que parce qu’elle est ni de gauche ni de droite mais “populiste” et c’est pour ça qu’elle a été élue… par la gauche et par la droite.

            • Barbe // 13.10.2018 à 15h38

              Par ‘réveillez vous’ j’entends : si vous utilisez les éléments de langage de l’adversaire, vous perdez. A tous les coups.
              Je vous ai fait la démonstration que populisme n’avait pas de sens. Le mot est dépourvu de sens. Il peut juste servir à masquer des intentions. A nous les faire avaler sans même qu’on n’y prenne garde.
              Et alors on ne sait plus ce qu’on dit.

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        • Marie // 13.10.2018 à 19h15

          PierreD,
          En effet, entre hier et aujourd’hui il y a un paquet de décennies dont vous n’avez jamais entendu parler.
          Un peu comme en France oû avec le même raccourci si bien intentionné l’horloge serait restée bloquée à l’heure allemande? (naaan pas celle de Merkel)
          Et si je comprend bien le populisme (mot fourre-tout très pratique pour disqualifier toute pensée déviante) = rejet des mouvements traditionnels (les pauvres!) = Mussolini (on ne le présente plus)= Boouuuuh! réveillons-nous c’est le Retour-Des-Heures-Les-Plus-Sombres-De-Notre-Histoire…
          ou alors salaud de peuple qui a encore mal voté!
          Ras-le-bol de ces imprécations sentencieuses qui stérilisent tout débat.

          • Pierre D // 13.10.2018 à 19h58

            Patience Marie, le Grand Soir est pour demain… toujours pour demain. Un siècle de “pour demain”… depuis “l’extinction du paupérisme” de Badinguet.

            Courage!

            En attendant les partis populistes se revendiquent sans complexe “populistes”, Orban va même jusqu’à se déclarer illibéral.

            … et je n’y suis pour rien.

            • Marie // 13.10.2018 à 21h17

              Badinguet, populiste, illibéral…vous semblez affectionner les sobriquets qui se voudraient insultants.
              Je n’en vois qu’un parmi les trois cités.

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            • Pierre D // 13.10.2018 à 21h47

              De quoi parlez vous? Qu’y a-t-il d’insultant? Vous vous sentez insultée? Je crois que vous ne comprenez pas de quoi il s’agit.

              Badinguet est un pseudonyme choisi pas son propriétaire lors de de son évasion du fort de Ham.
              Le populisme est un discours politique fondé sur la critique des institutions et de leurs représentants.
              L’illibéralisme et une autocratie déguisée en démocratie… comme le bonapartisme.

              N’est-il pas possible sur ce site d’avoir des échanges constructifs?

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            • Marie // 13.10.2018 à 22h50

              Badinguet n’est pas le pseudonyme utilisé par Louis-Napoléon B. emprunté à celui à qui par contre il a véritablement emprunté ses vêtements lors de cette évasion.
              Mais bien le sobriquet tiré d’un dessin satirique paru dans Charivari que reprirent à fin de ridiculiser et à plus forte raison insultante, les détracteurs et opposants à l’Empereur ( d’ailleurs Sarko y goûta aussi).
              Bref,
              je constate une fois encore que vous avez le talent de raboter l’historicité en 3 phrases qui feraient pâlir d’envie nos actuels manuels d’Histoire.
              Et pour répondre à vos interrogations: je ne me sens pas le moins du monde insultée, il suffit de bien lire ce que j’écris ci-dessus.

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            • Pierre D // 14.10.2018 à 05h27

              Je m’en tiens à ma version scolaire de l’histoire (il y en a tellement!). Rien n’empêchait Charles-Louis-Napoléon Bonaparte (et non Louis-Napoléon B. ) d’emprunter son pseudo à un dessin du Charivari. Il a bien fallu qu’il s’identifie pour sortir de prison, les Pinguet étaient trop connus dans la région… de même que son pseudo “Napoléon III” avait été piqué à son tonton.

              Si j’avais voulu être “insultant” j’aurais dit: “Napoléon le Petit”.

              Par contre “de l’extinction du paupérisme” est bien un inventaire de lieux communs misérabilistes anti-royaliste pour faire “popu” aux yeux des électeurs. Populisme qui a tôt fait de se transformer en illibéralisme quand le premier président de la république élu au suffrage universel, s’est auto proclamé “empereur” (encore un pseudo)… et c’est ce qui est important: l’insulte faite au peuple souverain.

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            • Marie // 14.10.2018 à 10h55

              Selon votre raisonnement anachro-symptomatique,
              vous qualifiez de populistes ceux qui, selon la formule consacrée, flattent les instincts du peuple.
              Vous parlez là de la démagogie populiste que manient les hommes politiques de tous temps.
              Face à cette démagogie populiste ne peut-on pas identifier cet autre versant qui est le populisme du peuple, peuple (au sens politique,ie, qui a expérimenté la démocratie) en réaction à sa décomposition ( le fameux ” cri des peuples qui ne veulent pas mourir”).
              En ce sens je crois que les peuples peuvent être populistes, parce qu’attachés à la démocratie et veulent y rester ou y revenir: sorte de conservatisme (rien à voir avec celui des partis),par ex: conserver la souveraineté populaire face à l’UE, conserver sa sociabilité ou/et son identité.
              L’illibéralisme est aussi à double tranchant et vous vous référez dans votre commentaire à celui défini par l’ordre libéral-libertaire: les démocraties illibérales iraient à l’encontre de nos démocraties libérales qui prônent, entre autre, l’extension infinie des droits individuels au détriment du bien commun. Ce vertueux libéralisme ferait donc face à la lépreuse défense des souverainetés et des identités des pays du Visegrad (mais comme l’a rappelé Duracuir, l’affection atlantiste de certains risquent de rentrer en collision avec).
              La dite autocratie d’Orban n’a pourtant rien à envier à celle de l’UE (surtout qu’il a été élu et réélu largement, lui). Croyez-vous réellement que la démocratie soit compatible avec le libéralisme actuel?
              La démocratie ne pourrait-elle pas être compatible avec l’illibéralisme actuel? c’est bien ce qui est intéressant de voir aujourd’hui,
              tout en se gardant bien de copier-coller notre réalité historique d’européen occidental à celle de l’Europe Centrale.

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            • Barbe // 14.10.2018 à 11h44

              Marie,
              un conseil, n’employez pas le mot populiste. Vous allez perdre la partie.
              Votre adversaire va en retourner le sens à sa guise, en fonction de ce qu’il aura l’intention de vous faire admettre. Le problème c’est qu’il n’aura ni admis l’ambiguité du mot, ni été capable d’en exposer la différence de sens. Ce n’est pas son problème. Son but est de faire passer une idéologie politique, mais sans l’assumer directement.
              Vous faites erreur en laissant entendre que le peuple est populiste… c’est absurde : si jamais populiste a du sens (je ne dis pas un sens précis), il n’y a que 1) les grands (ou la haute société, via ses représentants, type mélenchon) qui peuvent l’être, ou 2) le chef lui-même (type De gaulle qui voulait compenser la concentration de pouvoir par des référendums; pour mépriser les parlementaires). Quand on dit : vive le populisme, ou éloge du populisme, on dit : vive la concurrence entre grandes gueules, et notamment entre ceux qui feront les plus grandes promesses, pour accéder.
              Il n’y a rien, là dedans, des aspirations vraiment populaires : comme la mise en place d’un système réellement démocratique (que le peuple vote directement les lois par ex).

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            • Marie // 14.10.2018 à 13h01

              Barbe,
              oui j’ai bien conscience que mes propos s’abîment au plus profond du fossé qui me sépare de mon interlocuteur.
              Il en reste une simple clarification personnelle qui est toujours un bon exercice.
              Concernant, selon moi, le populisme du peuple, j’entends bien ce que vous dîtes et qu’il est certain que nos populistes hexagonaux revêtent tout à fait les oripeaux de ce type de démagogie.
              Mais ces populistes là n’en restent pas moins les porte-paroles d’un peuple politique. Même si les aspirations populaires, tant dans la forme ( referendum, démocratie directe) que dans le fond (sens commun,anti-parlementarisme, chef, sociabilité) risquent encore et encore d’être dévoyées ou confisquées, c’est là encore aussi un ressort suffisamment unificateur et opposable au système néo-féodal du libéralisme actuel ( et non ce n’est un appel au “tout sauf Staline…blablabla” comme je l’ai lu ailleurs).
              Conclusion, un peu comme l’ensemble des commentaires, l’Italie et les autres démocraties illibérales réveillent un possible, un espoir (n’en déplaise) mais à voir, à suivre…

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            • Pierre D // 14.10.2018 à 13h13

              “ceux qui, selon la formule consacrée, flattent les instincts du peuple.”

              … pas du tout, c’est peut-être votre définition populisme, ou la définition populiste de populisme, mais ce n’est celle du populisme. J’ignore ce que sont ce que vous appelez avec mépris “les instincts du peuple”.

              Je me répète donc, le populisme consiste à tenir un discours systématique contre les institutions et conte ceux qui les animent (le “tous pourris”) en opposant citoyens et mandatés (dans une démocratie)… comme Salvini, d’abord contre l’Etat italien et maintenant contre l’UE.

              Vous confondez avec le clientélisme.

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          • Sam // 16.10.2018 à 16h02

            http://www.cnrtl.fr/definition/populisme

            populisme : considérer le peuple comme une entité indifférenciée.

            Le peuple existe-t-il ?

  • Volodia // 13.10.2018 à 10h31

    Merci à Jacques Sapir de traiter de la situation italienne, argument pratiquement inconnu du MSM hors imprécations “antifascistes”.
    Oui, le budget proposé par le gouvernement Lega-5Stelle va à l’opposé de la politique austéritaire imposée par l’UE, FMI et finance mondiale.
    Oui, c’est un budget de soutien aux plus pauvres et de forte relance des investissements publics. Surtout (oh, crime!) il baisse l’âge de départ à la retraite: avec 62 ans d’âge (au lieu des 65-66 ans actuels) et 38 années de côtisations on pourra dès 2109 partir à la retraite A TAUX PLEIN.
    Tout cela est évidemment insupportable pour les gardiens de l’ordre néo-libéral qui siègent à Bruxelles, Berlin, Paris ou Frankfort.
    Les menaces pleuvent et les taux d’intérêt de la dette italienne montent. Jusqu’où? Dans l’esprit des élites européennes sans doute jusqu’à la reddition du gouvernement italien. Mais celui-ci ne montre aucun signe de recul, bien au contraire, soutenu comme il est par une large majorité des Italiens.
    La partie est donc serrée, car les conséquences d’une crise majeure en Italie pourraient être catastophiques notamment pour les banques françaises (BNP est très largement exposée en BTP italiens).
    C’est peut-être la raison pour laquelle hier JP Morgan a déclaré que les fondements de l’économie italienne sont solides et que le budget proposé est très équilibré…

    • christiangedeon // 13.10.2018 à 11h14

      La vérité est que le budget italien EST très équilibré. Qu’il va aux priorités. C’est à dire au peuple italien.Quoi de plus logique?!Et il faut répeter et redire que les commissionss et autres fariboles de l’UE sont illégitimes. Seul le parlement “européen ” bénficie d’un peu de légitimitré représentative. Et ILS ont peur du résuttat des prochaines élections “européennes. Pourquoi croyez vous qu’ ILS tapent à bras raccourcis sur Marine Le Pen? Il vont essayer par tous les moyens,même les plus sordides de limiter la casse. Le feuilleton ne fait que commencer.

  • Kirios // 16.10.2018 à 11h40

    je vous remercie de votre analyse qui me rempli d’espoir quant à la politique de ce gouvernement.
    ” les nouveaux chiens de garde ” italiens – dignes leurs collègues français – jouent sur toutes les cordes pour accompagner les chant des sirènes de Mattarella , Renzi et ses sbires ; il faut espérer que le peuple italien gardera toute sa lucidité actuelle .

  • christian gedeon // 16.10.2018 à 11h52

    Tiens,c’est rigolo…çà s’est calmé sur le front bancaire italien,dis donc! Mdr,comme c’est curieux…peut-être la menace à mi voix de salvini et Di Maio de dissoudre et d’aller à de nouvelles élections,qui, leur raient donné une majorité écrasante?! va savoir! Comme quoi,dçs que tu montres vraiment les dents et que tu es la troisième économie européenne, les petites commissions de la grosse commission s’écrasent…Forza Italia! Avanti,marchetti. On n’ pas fini de rigoler avec l’affaire italienne et les bien pensants n’ont fini de s’étrangler de rage.

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