Les Crises Les Crises
10.décembre.201710.12.2017 // Les Crises

(RussEurope en Exil) Le SMIC, les économistes et l’Euro, par Jacques Sapir

Merci 90
J'envoie

Billet invité

On parle beaucoup du SMIC ces jours-ci. Un rapport commis par un de ces groupes d’experts qui pullulent aujourd’hui, préconise d’en changer les règles d’indexation[1]. Cela aboutirait, de fait, à geler le SMIC. Au-delà, on peut penser que c’est un ballon d’essai lancé par ces cercles et cénacles qui n’ont jamais eu qu’une idée en tête : celle de supprimer le SMIC

De quoi s’agit-il en fait ? Il convient ici de rappeler que le SMIC, ou Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance est une création de 1970. On pourrait croire que c’est un « enfant de mai 1968 ». Il n’en est rien en fait. L’idée d’un salaire minimum est bien plus ancienne. Concrètement, le SMIC a remplacé le SMIG, ou salaire minimum interprofessionnel garanti qui, lui même, avait remplacé le Salaire Minimum Industriel. Et, en réalité, il a toujours eu une double fonction : il est destiné à relancer la consommation et à lutter contre la pauvreté.

On peut revenir sur sa genèse. Le SMIG, l’ancêtre du SMIC, fut instauré par la loi du 11 février 1950 et il fut appliqué à partir du 23 août suivant. Après douze ans de gel des salaires, lié à la mobilisation industrielle, puis à la guerre, puis à la reconstruction, le SMIG permettait à nouveau la libre négociation des conventions collectives. Entre 1950 et 1958, le taux d’inflation en France, en dépit de sa progression sensible, reste cependant inférieur au taux de croissance du SMIG. Cela produit une hausse constante des revenus les plus faibles, un mécanisme qui jouera un rôle important dans la lutte contre la pauvreté. En fait, un nombre relativement faible de travailleurs est payé au SMIG puis au SMIC. Mais, ce dernier joue un rôle essentiel dans la fixation des salaires et des rémunérations d’une partie bien plus grande des salariés, ceux que l’on dit payés « autour » du SMIC, soit jusqu’à 1,3 SMIC.

Sa fonction est donc double. Tout d’abord, il fonctionne comme un plancher minimum. Nul ne peut, sauf des exceptions prévues dans la loi, employer quelqu’un à un salaire inférieur au SMIC, soit aujourd’hui 1153 euros (net). Mais, en réalité, il a une autre fonction. En effet, le SMIC est indexé à hauteur de la moitié de l’augmentation du pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier. Cela aboutit à diffuser ces hausses de salaires. Il était, autrefois indexé sur les gains de productivité. Cette indexation avait pour but de contraindre les entreprises à un partage des gains de productivité, et l’on sait que ce partage est un facteur décisif dans la lutte contre le chômage. Or, ceci fut supprimé dans les années 1980, et l’on constate depuis que la hausse des salaires ouvriers, qu’il s’agisse du salaire moyen ou du SMIC, est nettement inférieure à la hausse de la productivité. Et l’on voit, là, surgir un problème qui ronge l’économie française, et les économies occidentales, depuis le milieu des années 1980. Depuis cette date en effet, la hausse de l’essentiel des rémunérations a été inférieure à celle de la productivité. Cela traduit une hausse importante des profits, autrement dit une accumulation de ces hausses essentiellement sur les 10% des personnes qui touchent les plus hauts revenus. Bien entendu, cela entraîne une hausse des revenus moyens, mais, si l’on regarde maintenant le revenu médian (autrement dit le niveau de revenu partageant en deux parties égales l’ensemble des revenus) on constate que ce revenu médian n’augmente que très faiblement depuis le début des années 2000. Le problème de l’appauvrissement d’une grande partie des salariés, que cet appauvrissement soit relatif ou absolu, en découle.

Bien entendu, de nombreux rapports ont été produits depuis ces trente dernières années, qui visaient tous à « démontrer », et l’on mettra ce terme entre parenthèses, que le SMIC avait un effet négatif sur l’emploi. C’est d’ailleurs un poncif, ce que l’on appelle un « pont-aux-ânes » de l’économie néoclassique. On citera ainsi parmi les plus notables un rapport commis par Jean Pisani-Ferry et Gibert Cette en 2000[2]. C’est ce même Gilbert Cette, entouré d’économistes qui sont tous farouchement opposés à la notion de salaire minimum, que l’on retrouve comme auteur du dernier rapport dont on parle tant. Il y a des économistes qui ont de la suite dans les idées, que l’on pourrait même qualifier de serial-rapporteur, même si ces idées sont pour le moins discutables. Le raisonnement est simple : la salaire est un « coût » pour l’entreprise, et cette dernière n’embauchera pas si l’on bloque les salaires à la hausse…En fait, les salaires payés par les entreprises sont aussi la demande à laquelle ces mêmes entreprises répondent. Baisser les salaires, c’est baisser la demande, donc baisser la production. Et la hausse des profits ne profite à l’investissement, et donc à la production future, que sous deux conditions : que l’on soit en économie fermé et que cette production future puisse trouver à son tour un débouché.

Alors, il est vrai que le SMIC français est l’un des plus élevés de la zone Euro. Mais, cela traduit surtout le mécanisme de la zone Euro. On voit bien que si la France avait gardé sa souveraineté monétaire, et si elle avait laissé sa monnaie se déprécier, ce qui aurait dû normalement se passer en particulier face à l’Allemagne depuis les années 2000, le SMIC français serait au niveau de celui de nombre de ses concurrents. Alors, il convient de se poser la question : si l’on parle tant du SMIC, n’est-ce pas une conséquence de l’euro ? On conçoit bien que l’existence même de la « monnaie unique » dans un cadre de libre-échange, entraîne une formidable surenchère à concurrence par la déflation salariale.

On dira, assurément, que si vous augmentez vos salaires de 10% et que vous dépréciez d’autant votre monnaie, les effets s’annulent. En fait, ce n’est pas le cas. Plus de 50% de la consommation des ménages se fait en bien et services qui sont produits en France. La dépréciation de 10% ne porte que sur l’autre part de la consommation, soit un peu moins de 50%. Donc, si l’on accroît le SMIC de 10% et que l’on laisse la monnaie se déprécier de 10%, le pouvoir d’achat n’enregistrera une hausse que de 5%. Les salariés payés au SMIC, et les autres dont les salaires sont en réalité indexés sur le SMIC, voire influencés par le SMIC, verront leur pouvoir d’achat augmenter de 10%-5%=5% !

C’est la possibilité d’user de ce mécanisme que l’on a perdu avec la mise en place de l’Euro. Il convient de toujours s’en souvenir à chaque fois que des « économistes » viendront vous dire que vos salaires sont trop élevés…

Jacques Sapir

[1] http://www.europe1.fr/economie/ce-rapport-qui-veut-mettre-fin-a-la-hausse-automatique-du-smic-3512030

[2] http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/084000688.pdf

Commentaire recommandé

Vincentr // 10.12.2017 à 08h16

On devrait payer tous ces économistes qui veulent geler ou baisser le smic, au smic.
Juste pour voir s’ils tiennent le même discours après.

L’austérité, c’est toujours plus facile quand on ne l’applique qu’aux autres et pas à soi-même.

39 réactions et commentaires

  • Vincentr // 10.12.2017 à 08h16

    On devrait payer tous ces économistes qui veulent geler ou baisser le smic, au smic.
    Juste pour voir s’ils tiennent le même discours après.

    L’austérité, c’est toujours plus facile quand on ne l’applique qu’aux autres et pas à soi-même.

     101

    Alerter
  • Homère d’Allore // 10.12.2017 à 09h05

    Les conséquences mortifères de l’Euro sont certes importantes mais n’expliquent pas tout.

    En effet, la Roumanie, qui n’est pas dans la zone €, a décidé de baisser les salaires nets de 20 % en faisant passer les charges patronales sur les cotisations salariales.

    https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/roumanie-le-gouvernement-annonce-une-baisse-drastique-des-salaires_2488457.html

    Cela, bien sûr, pour être compétitif avec le voisin ukrainien, désormais bénéficiaire du libre-échange avec l’UE.

    Tout le principe de l’Union Européenne, et pas seulement de l’Euro, repose sur la course à la déflation salariale puisque interdisant le contrôle des mouvements de capitaux et prohibant le protectionnisme.

    Encore un effort, M. Sapir, pour être vraiment souverainiste ! Ce n’est pas seulement l’€ qu’il faut quitter mais l’Union Européenne.

     79

    Alerter
    • Un_passant // 10.12.2017 à 11h02

      Le contrôle de la circulation des capitaux n’est pas en soi le problème, après la seconde guerre mondiale, les paradis fiscaux étaient bien plus libres que maintenant et pourtant, ça n’a pas empêché les trente glorieuses; la question est celle de la monnaie, des banques et la disparition des régulateurs (marchés et étalon monétaire). C’est d’ailleurs flagrant si on regarde les épisodes de dérégulation des marchés ou la disparition de l’or comme étalon monétaire qui ont systématiquement été suivis d’une crise dans les trois à cinq ans quand il n’y en a une aucune les trente années précédentes.

      Les dérégulateurs oublient que créer de la monnaie sans les biens associés, c’est rien d’autre qu’une bulle inflationniste. Si on dérégule un marché, on ne crée pas de valeur, on crève une bulle pour en remplir une autre. C’est d’ailleurs pour cela qu’on devrait se méfier du Bitcoin, ceux qui pronostiquent une bulle liée aux crypto-monnaies pointent une menace tout à fait réelle.

       6

      Alerter
      • Homère d’Allore // 10.12.2017 à 12h46

        ”Après la seconde guerre mondiale, les paradis fiscaux étaient bien plus libres que maintenant”

        Auriez vous des sources à ce sujet ?

        Quant au contrôle des mouvements de capitaux, Jacques Sapir est, bien sûr, d’accord, du moins dans cet article de 2013.

        https://blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/210217/les-controles-de-capitaux-une-idee-qui-fait-son-chemin-par-jacques-sapir

        Aussi, je ne comprends pas son acharnement à vouloir rester dans l’UE, qui, par l’article 63 du TFUE, interdit ce dit contrôle.

        Quant à vouloir changer les traités, il faut l’unanimité et il serait très étonnant que le Luxembourg, Malte, l’Irlande et les Pays-Bas soient d’accord avec cette refonte du TFUE.

        Une seule solution : le Frexit.

        Comme je pense que Jacques Sapir doit lire ces lignes, il serait interessant de connaître son opinion à ce sujet dans un prochain billet invité.

         30

        Alerter
        • RV // 10.12.2017 à 22h08

          sur la plupart des sites l’auteur du billet répond à certains commentaires . . . pourquoi pas ici, O. B. le fait bien . . .

           2

          Alerter
        • Patte blanche // 11.12.2017 à 00h38

          Excusez-moi mais où avez-vous lu (ou vu ou entendu) que J.Sapir souhaite rester dans l’UE (qui serait un paradoxe car une sortie de l’euro implique une sortie de l’UE) ?!

           0

          Alerter
          • Homère d’Allore // 11.12.2017 à 07h38

            Ici, par exemple.

            https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-melenchon-lue-leurope-et-la-coherence-par-jacques-sapir/

            ”L’autre Europe”, débarrassée de l’Euro et où le droit national prévaudrait sur le droit européen en ”réformant les traités”.

            A part ça, bien d’accord avec vous qu’il n’y a aucun mécanisme de prévu pour sourtir de l’Euro sans sortir de l’UE, Attali s’étant měme vanté d’avoir volontairement oublié d’écrire une telle procédure.

            Il est possible que, inspiré par son ami NDA, Jacques Sapir pense qu’il est impossible politiquement de defendre de but en blanc une sortie de l’UE et qu’il faille ”tirer des bordées” vis à vis d’une opinion publique façonnée par des décennies de propagande.
            Comme il est possible qu’il croie réellement qu’une ”autre europe” puisse se négocier. Comme il espérait que Tsipras gagnât son bras de fer.

             6

            Alerter
            • Patte blanche // 11.12.2017 à 10h48

              Hmm, dans l’article ciblé par votre lien, celui qui souhaite une autre europe, c’est JL.Mélenchon. J.Sapir démontre justement que ce que veut JL. mélenchon n’est pas une bonne idée.
              Je ne pense pas non plus que J.Sapir soit inspiré par NDA, après les événements de l’entre deux tours dans les élections présidentielles.

               0

              Alerter
            • Grim // 11.12.2017 à 15h16

              Il me semble que Sapir se soit prononcé récemment pour une “autre Europe” mais qui serait post-UE c’est-à-dire débarrassé des traités actuels après si ça doit passer par un Frexit, peu importe.

              Quant à NDA, je doute qu’il serve de référence étant donné qu’il a abandonné la sortie de l’Euro.

               2

              Alerter
            • Patte blanche // 11.12.2017 à 20h32

              Mais vous m’avez fait douter et en me renseignant sur ses idées concernant la sortie de l’UE, il semblerait que vous ayez raison (et j’en suis surpris).
              En effet, et si j’ai bien compris, J.Sapir prétend qu’il n’est pas nécessaire de sortir de l’UE pour sortir de l’euro, que l’on peut faire pression, pays par pays, pour faire abandonner la monnaie unique.
              Ce n’était pas comme ça que je l’avais compris à propos de la sortie de l’euro. Mea culpa.

               2

              Alerter
        • Un_passant // 11.12.2017 à 11h39

          Ils étaient plus libres puisque de fait, ils étaient un maillon essentiel de la guerre froide, on ne les mettait pas sous les feux des projecteurs.

          Je me souviens d’un reportage qui révélait que l’Allemagne ou l’Autriche (et non uniquement les îles Caïman, Hong Kong ou la Suisse) avaient aussi le système des comptes numérotés anonymes.

          Très publiquement, si je ne m’abuse sous Sarkozy, les caisses noires ont été évoquées… pour y mettre fin.

          On peut aussi ajouter les bon anonymes( bons au porteur) qui permettaient de faire passer des millions aux frontières, sans que les douaniers puissent soupçonner quoi que ce soit (en gros, planquer cinq à dix feuilles A4 dans le double fond d’une mallette et c’est réglé).

          On prend souvent James Bond pour une accumulation de clichés, mais certaines vérités sous-jacentes apparaissaient, en particulier les liens troubles entre banques, services secrets et mafia (l’histoire de cuba est assez édifiante, il y a eu un reportage redoutable sur Arte).

           0

          Alerter
          • ceusette // 11.12.2017 à 15h14

            L’Autriche a longtemps été un paradis fiscal.

             0

            Alerter
      • Alain Monod-Broca // 10.12.2017 à 15h39

        On ne peut pas parler de paradis fiscaux á l’époque des 30 glorieuses. Les mouvements de capitaux étaient contrôlés et les capitalistes ne pouvaient pas cacher leurs fortunes á l’étranger.

         2

        Alerter
        • Un_passant // 10.12.2017 à 18h00

          Ah bon et les comptes numérotés, c’est quoi alors? Un mythe? Vous croyez que parce que les frontières existaient, il n’existait pas de moyen de faire sortir de l’argent d’un pays? Cette blague. Sans les scanners, c’était probablement plus facile que maintenant et plus difficile de faire dans le trafic d’êtres humains, maintenant, grâce à l’informatique, il n’y a malheureusement guère de doute que c’est le contraire.

          Les premiers à être ravis de l’existence des comptes anonymes étaient les services secrets pour leurs caisses noires. La caisse noire de la DGSE devait se chiffrer à quelques dizaines de millions de francs, peut-être même trois-cents, la CIA, il est évoqué jusqu’au milliard et demi -dans les deux cas, je parle en montant annuel-.

          Les paradis fiscaux ne sont pas apparus en 1989 ou même en 1995…
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Secret_bancaire_en_Suisse

          Misère… jusque dans les années 60 les gens utilisaient surtout du liquide, il n’y a pas plus facile à faire circuler.

           2

          Alerter
        • Un_passant // 10.12.2017 à 18h10

          Il existait même encore mieux que le liquide : les bons anonymes (et/ou bons au porteur).

           2

          Alerter
  • bdb30 // 10.12.2017 à 10h03

    Tout produit ou service a vocation a être consommé ou incorporé dans un produit ou service qui a vocation à être consommé ou incorporé et ainsi de suite… Tout produit ou service répond à une demande, un pouvoir d’achat. Il n’y a pas de “charge” pour produire ce qui répond à une demande solvable, de coût, les entreprises n’on aucune “charge”, aucun “coût du travail” parce que ces “charges” sont “vendues”. Si je produit c’est que je suis assuré d’écouler ce produit, quelle que soit la quantité de matières ou de travail que “j’achète” elle correspond à une demande. L’entreprise n’a pas de charges car elle les écoule TOUTES. Le SMIC fixe la limite en-deçà de laquelle la prédation capitaliste ne peut aller et cette limite est devenue trop élevée…

     4

    Alerter
    • Pinouille // 12.12.2017 à 17h28

      @dbd30

      Je ne suis pas un expert en économie, mais je pense en savoir suffisamment pour affirmer que votre commentaire est truffé d’aberrations.

      “Si je produit c’est que je suis assuré d’écouler ce produit”: c’est à se demander pourquoi certaines entreprises font faillite…

      “L’entreprise n’a pas de charges car elle les écoule TOUTES.”: oui… à condition qu’elle arrive à vendre ses produits à un prix qui rembourse à minima ses coûts de production. Si un concurrent vend des produits identiques moins cher (car mieux organisé, ou , je lui souhaite bien du courage.

      J’ai du mal à comprendre comment vous arrivez à faire abstraction des règles les plus évidentes de l’économie alors que vous les appliquez très certainement personnellement dans votre quotidien.

       1

      Alerter
  • babas // 10.12.2017 à 10h20

    A quand un SMAX indexé au SMIC ?

     20

    Alerter
  • TC // 10.12.2017 à 10h32

    “On conçoit bien que l’existence même de la « monnaie unique » dans un cadre de libre-échange, entraîne une formidable surenchère à concurrence par la déflation salariale.”

    Tout est dit en une seule phrase !!

     12

    Alerter
  • Un_passant // 10.12.2017 à 10h52

    La politique et l’économie sont des choses trop sérieuses pour être confiées aux politiciens et aux économistes.

    Blague à part, de mémoire, le salaire représente un part relativement stable d’un produit fini, à tous les stades de la fabrication jusqu’à la vente (on est sur un fourchette de 40 à 60% du prix payé par le consommateur). Le salaire minimum est donc un faux problème, mais pas tout à fait, en fait, c’est l’arbre qui cache la forêt de tous les problèmes qu’il ne faut pas évoquer :
    l’instabilité fiscale et législative, les gabegies des collectivités, la disparition d’un étalon monétaire contraignant (la Chine cherche à provoquer sa réapparition et semble même souhaiter proposer le Yuan/Renminbi-Or comme alternative au pétro-dollar, l’Inde et la Russie semblent d’ailleurs sur la même longueur d’onde), la perte de souveraineté monétaire, la financiarisation etc.

    Le SMIC est-il trop élevé? Non, c’est tout ce qu’il y a autour qui pose problème.

     7

    Alerter
  • christian gedeon // 10.12.2017 à 11h58

    Une fois de plus,je répète que les discussions sur le smic sont les mêmes que celles sur le sexe des anges. Notre problème est dans l’invraisemblable poids des charges sociales,et surtout,sujet qui fâche oh combien compte tenu des forteresse à défendre ,de la criminelle,et je pèse mes mots,gestion des sommes collectées…le gaspillage et pourquoi ne pas le dire,la corruption passive liée à ce gaspillage,sont le noeud du problème… ils faut faite tomber ces forteresses d’un autre âge…et que dire des sous de la formation professionnelle,que dire?! Tout le reste est de la roupie de sansonnet.

     6

    Alerter
    • RV // 10.12.2017 à 22h15

      les cotisations sociales sont répercutées sur les prix
      elles permettent un certain nombre de services publics
      qui produisent de la valeur,
      par exemple l’investissement dans la construction des CHU, produit de la valeur
      les soins dispensés dans ces mêmes CHU, produisent de la valeur

       5

      Alerter
      • christian gedeon // 11.12.2017 à 09h27

        On ne s’est pas compris.je plaide pour une remise à plat de la seule question qui compte,où va l’argent des ces cotisations et assimilées. Accessoirement,tant que les régimes de protection sociale n’auront pas été unifiés sur une seule et même base,tous statuts confondus,on n’avancera pas du’un quart de poil. Tout le reste est de la roupie se sansonnet. De l’argent,on en a plus qu’il ne faut. C’est son utilisation qui est en cause.

         2

        Alerter
        • RV // 11.12.2017 à 18h34

          La seule question qui compte ?
          Je dénoncerai plutôt le tarissement volontaire du financement des services publics notamment par le gel des cotisations, que “l’invraisemblable poids des charges sociales”
          Mais revenir à la caisse unique serait un progrès, sans conteste !
          ” …/…La Suède et la Norvège sont deux pays où la part du revenu national consacré aux biens publics est parmi le plus élevé dans le monde. Une nation se porte toujours mieux en limitant la part que les gagnants de la compétition économique peuvent prélever au détriment des autres membres de la société et des services collectifs…/…”
          (lu dans “La grande Régression” de Jacques Généreux)

           0

          Alerter
          • christian gedeon // 14.12.2017 à 07h03

            Mais cher ami,plus vous dégelez les cotisations,moins vous en encaissez,parce que moins il y a d’activité. mais je vous prend au mot. Dégelons donc les cotisations des fonctionnaires et assimilés. tiens,je ne vous entends plus. Allô la terre,ici la Lune.

             0

            Alerter
  • calal // 10.12.2017 à 13h56

    on a plus besoin des habitants d’un pays pour produire ( mondialisation,automatisation,robottisation,tertiairisation) .
    on a plus besoin de ces memes habitants pour consommer ( on peut exporter : ex le beurre) .
    on a plus besoin de ces gens pour faire la guerre ( un pilote et un avion a 350millions suffisait pour lacher des quantites industrielles d’explosifs sur les adversaires) .

    Pourquoi voudriez vous que nos chefs paient un troupeau devenu inutile?
    Bientot, ce sera l’heure de l’abattage…

     9

    Alerter
  • Arcousan09 // 10.12.2017 à 13h56

    Quand j’entends que les revenus des patrons du CAC ont augmenté des 10, 20, 30, 40 % …
    et qu’en contrepartie les mêmes estiment que le niveau du SMIC est indécent … je me pose vraiment des questions …
    De combien augmente le nombre de repas servis chez Coluche chaque année ???
    Combien y a-t-il d’exclus de cette société qui se retrouvent à la rue, femmes et enfants compris et pour les aider tout est fait pour qu’ils aillent voir ailleurs: bancs, picots, accoudoirs … là il y a de l’argent à dépenser …
    De toute façon je ne serai sensible aux discours politiques que le jour où ce milieu aura fait preuve d’une lutte efficace contre les paradis fiscaux, contre les dépenses iniques coiffeur, esthéticienne, contre les dépenses de guerre injustifiées, contre la spéculation des banques … etc … quand on sait que la masse monétaire produite par les banques est davantage pour nourrir la spéculation que la production ….
    Lire: http://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2017/12/03/le-krach-financier-qui-se-profile

     17

    Alerter
    • Le Rouméliote // 10.12.2017 à 19h11

      … Et je viens de lire, par ailleurs, que les dons au Téléthon ont diminué par rapport à l’année dernière. On se demande bien pourquoi…

       2

      Alerter
      • RV // 10.12.2017 à 22h18

        le Téléthon est emblématique du désengagement de l’Etat pour le Bien Public
        c’est complètement scandaleux que dans un pays comme la France la recherche soit à ce point le parent pauvre

         8

        Alerter
    • JBB // 12.12.2017 à 22h42

      La majorité des gens aux restos du cœur n’ont pas un problème de Smic mais un problème d’emploi tout court. Non seulement le Smic supprime des emplois mais il renchérit le coût de la vie.

       2

      Alerter
  • Kiwixar // 10.12.2017 à 19h01

    « le SMIC avait un effet négatif sur l’emploi »

    Commencer à argumenter sur le terrain de l’adversaire, c’est déjà perdre la bataille/guerre. Il y a de nombreuses choses qui ont un effet négatif sur l’emploi :
    – les dividendes (diminuent l’investissement de l’entreprise)
    – les salaires des cadres (idem)
    – les lois de protection de l’environnement (diminuent les profits donc l’investissement)
    – les délocalisations
    – la libre-circulation des capitaux et des travailleurs
    – la bureaucratie (diminue le temps utile à innover, produire, vendre)

    Les acquis sociaux des 99% d’un côté, les acquis oligarchiques des 1% de l’autre. Il serait temps que les 99% cessent de discuter et de se défendre.

     10

    Alerter
  • RV // 10.12.2017 à 21h33

    …/… et l’on mettra ce terme entre parenthèses …/…
    faute de frappe ?
    entre guillemets me parait le terme sous-entendu

     0

    Alerter
  • RV // 10.12.2017 à 22h01

    …/… la salaire est un « coût » pour l’entreprise …/…
    faute de frappe “le” et pas “la”
    +++++++++++++++++++++++++++++++++++
    Le “travail” n’est-il pas une “avance” et non un “coût” ?
    Le “coût” du travail (et pas du salaire) est une notion comptable récente imposée depuis que ce sont des organismes “privés” à qui les Etats ont confié le soin d’écrire les règles comptables, le FASB pour les EUA et l’IASB pour le reste du monde

     0

    Alerter
  • ceusette // 11.12.2017 à 15h21

    Les économistes en question ne se posent jamais la question s’il est possible de vivre décemment avec un smic? Surtout une personne seule (car un couple peut déjà avoir un pouvoir d’achat supérieur). Se rendent-ils compte du coût de l’immobilier? Même un “logement social” n’est pas gratuit, et devient très coûteux sans aucune aide? Pour baisser les salaires, il faudrait aussi le faire pour le logement sans que l’on puisse mesurer les conséquences. Autre chose: les entreprises n’embauchent pas des salariés par pure charité, c’est avant tout parce qu’ils PRODUISENT de la valeur!

     2

    Alerter
  • Pinouille // 12.12.2017 à 16h55

    “Plus de 50% de la consommation des ménages se fait en bien et services qui sont produits en France.”
    Certes. Mais il conviendrait de distinguer la part de cette production française qui nécessite des produits ou matières importés, et dont les prix augmenteront avec la dévaluation de la monnaie.
    Il me semble que cela devrait contribuer à amoindrir l’augmentation du pouvoir d’achat du consommateur.

    J’ai bon?

     1

    Alerter
    • JBB // 12.12.2017 à 22h51

      De plus l’augmentation des salaires devrait mécaniquement augmenter les prix du made in France. ( sauf si les mechants actionnaires absorbent la hausse en baissant leur profits… ).

       1

      Alerter
      • Pinouille // 13.12.2017 à 14h26

        Dans ce cas, faut-il conclure que M SAPIR raconte des billevesées? Je trouve cela inquiétant…

         1

        Alerter
        • JBB // 14.12.2017 à 19h25

          Mais M. Sapir a raison de dire qu’avec le Franc on pourrait discretement baisser le Smic en dévaluant.

           0

          Alerter
  • kingxvi // 13.12.2017 à 15h37

    Le SMIC est une chose intelligente qui a été détruite conjointement par son augmentation et l’Union Européenne. Il fallait abandonner l’un des deux.

    Du coup y’aura probablement plus de SMIC du tout.

    Sauf que pour ça il faudra supprimer le RSA.

    Intéressant.

     0

    Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications