Source : Simon Denyer, 22-10-2016

DERRIÈRE LE PARE-FEU : Comment la Chine a apprivoisé l’Internet. Ceci fait partie d’une série qui examine l’impact du Grand pare-feu de la Chine, un mécanisme de censure et de surveillance d’Internet qui affecte près de 700 millions d’utilisateurs.

(Rachel Orr/The Washington Post ; iStock)

Par Simon Denyer 22 octobre 2016

PEKIN : Imaginez un monde où un gouvernement autoritaire surveille tout ce que vous faites, accumule d’énormes quantités de données sur presque toutes les interactions que vous faites, et vous attribue un seul score qui mesure à quel point vous êtes « digne de confiance ».

Dans ce monde, qu’il s’agisse d’un prêt en souffrance ou de la critique du parti au pouvoir, d’un feu rouge ou d’un manque de soin de vos parents, vous pourriez perdre des points.

Et dans ce monde, votre score devient la vérité ultime de qui vous êtes – il détermine si vous pouvez emprunter de l’argent, amener vos enfants dans les meilleures écoles ou voyager à l’étranger ; si vous obtenez une chambre dans un hôtel chic, un couvert dans un restaurant de haut niveau – ou même simplement obtenir un rendez-vous amoureux.

Ce n’est pas le super-État « dystopien » du « Minority Report » de Steven Spielberg, dans lequel tous les policiers bien informés arrêtent le crime avant qu’il ne se produise. Mais ce pourrait être la Chine d’ici 2020.

C’est le scénario contenu dans les plans ambitieux de la Chine visant à développer un système de crédit social de grande envergure, un plan que le Parti communiste espère construire une culture de « sincérité » et une « société socialiste harmonieuse » où « garder la confiance est glorieux ».

Cette année, les employés d’une start-up Internet travaillent sur leur ordinateur à Pékin. L’utilisation des appareils mobiles et le commerce électronique sont largement utilisés en Chine, et maintenant le Parti communiste veut compiler un score de « crédit social » basé sur chaque activité des citoyens. (Michael Robinson Chavez/The Washington Post)

Un document de politique générale de haut niveau publié en septembre énumère les sanctions qui pourraient être imposées à toute personne ou entreprise jugée fautive. Le principe prépondérant : « Si la confiance est brisée en un seul endroit, des restrictions sont imposées partout. »

Toute une série de privilèges seraient refusés, tandis que les personnes et les entreprises qui brisent la confiance sociale seraient également soumises à une surveillance quotidienne accrue et à des inspections aléatoires.

L’ambition est de rassembler toutes les informations disponibles en ligne sur les entreprises et les citoyens chinois en un seul endroit – et ensuite d’attribuer à chacun d’entre eux un score basé sur leur « crédit » politique, commercial, social et juridique.

Le gouvernement n’ a pas annoncé exactement comment le plan fonctionnera – par exemple, comment les notes seront compilées et les différentes qualités pondérées les unes par rapport aux autres. Mais l’idée est que la bonne conduite sera récompensée et les mauvais comportements punis, avec le Parti Communiste agissant comme juge ultime.

C’est ce que la Chine appelle « Internet Plus », mais les critiques appellent un État policier du XXIe siècle.

Une version de Big Brother ?

Exploitant la puissance du big data et l’omniprésence des téléphones intelligents, du commerce électronique et des médias sociaux dans une société où 700 millions de personnes vivent en ligne pendant une grande partie de leur vie, le plan fera également l’économie des dossiers judiciaires, policiers, bancaires, fiscaux et d’emploi. Les médecins, les enseignants, les autorités locales et les entreprises pourraient en outre être évalués par les citoyens pour leur professionnalisme et leur probité.

« La Chine s’oriente vers une société totalitaire, où le gouvernement contrôle et affecte la vie privée des individus », a déclaré Murong Xuecun, romancier et commentateur social basé à Pékin. « C’est comme Big Brother, qui a toutes vos informations et peut vous faire du mal. »

Au cœur du système de crédit social se trouve une tentative de contrôler l’économie de marché chinoise vaste, anarchique et mal régulée, de punir les entreprises vendant des aliments empoisonnés ou de faux médicaments, d’exposer les médecins à des pots-de-vin et de découvrir les escrocs qui s’attaquent aux personnes vulnérables.

« La fraude est devenue de plus en plus répandue dans la société », a déclaré en avril Lian Weiliang, vice-président de la Commission nationale de développement et de réforme, la principale agence de planification économique du pays. « Les escrocs doivent payer. »

Pourtant, en Chine communiste, les plans prennent inévitablement un aspect autoritaire : il ne s’agit pas seulement de réglementer l’économie, mais aussi de créer une nouvelle utopie socialiste sous la direction bienveillante du Parti communiste.

« Une grande partie du théâtre politique chinois consiste à prétendre qu’il y a un avenir idéal, une utopie vers laquelle il faut se diriger », a déclaré Rogier Creemers, professeur de droit et de gouvernance à l’université de Leyde aux Pays-Bas.

« Aujourd’hui, après un demi-siècle de léninisme, et avec les développements technologiques qui permettent la vaste collecte et le traitement de l’information, il y a beaucoup moins de distance entre la noblesse de l’ambition du parti et sa capacité hypothétique de faire réellement quelque chose », a-t-il dit.

Mais le rétrécissement de cette distance fait naître des attentes, affirme M. Creemers, qui ajoute que la fête a les yeux plus gros que le ventre.

Attribuer à tous les Chinois une cote de solvabilité sociale qui pèse et évalue tous les aspects de leur comportement serait non seulement un gigantesque défi technologique, mais aussi totalement subjective, et pourrait être extrêmement impopulaire.

« Passer d’une question de faisabilité technologique à une question de faisabilité politique, en arriver à un score, l’étendre à une population de 1,3 milliard d’habitants, ce serait un énorme défi », a déclaré Creemers.

Une cible pour les pirates informatiques

Le Parti communiste est peut-être obsédé par le contrôle, mais il est également sensible à l’opinion publique, et les autorités ont été obligées de faire marche arrière après qu’un projet pilote dans le sud de la Chine en 2010 ait provoqué une réaction négative.

Ce projet, lancé dans le comté de Suining dans la province du Jiangsu en 2010, a permis aux citoyens d’obtenir des points pour bonne conduite, jusqu’à un maximum de 1 000. Mais une infraction mineure aux règles de la circulation coûterait 20 points à quelqu’un, et un feu rouge, une conduite en état d’ébriété ou un pot-de-vin en coûterait 50.

Certaines de ces peines montrent que le parti souhaite réglementer la vie privée de ses citoyens – la participation à tout ce qui est considéré comme une secte ou le fait de ne pas s’occuper de parents âgés – entraîne une peine de 50 points. D’autres peines reflétaient l’obsession du parti de maintenir l’ordre public et d’écraser toute contestation de son autorité – causant une « perturbation » qui bloque les bureaux du parti ou du gouvernement signifiait 50 points de moins ; l’utilisation d’Internet pour accuser faussement d’autres personnes a donné lieu à une déduction de 100 points. Gagner un « honneur national » – comme être classé comme citoyen modèle ou travailleur – a ajouté 100 points au score de quelqu’un.

Sur cette base, les citoyens ont été classés en quatre niveaux : ceux qui recevaient un grade « A », qualifiés pour bénéficier d’une aide gouvernementale lors de la création d’une entreprise, et un traitement de faveur lorsqu’ils posaient leur candidature pour rejoindre le parti, le gouvernement ou l’armée ; ou lorsqu’ils demandaient une promotion.

Les personnes ayant obtenu la note « D » ont été exclues du soutien ou de l’emploi public.

Le projet a suscité des comparaisons avec les « cartes de bon citoyen » introduites par l’armée d’occupation japonaise en Chine dans les années 1930. Sur les médias sociaux, les résidents ont protesté contre le fait que c’était « la société à l’envers » et que ce sont les citoyens qui devraient classer les fonctionnaires « et non l’inverse ».

Le gouvernement Suining a par la suite déclaré aux médias d’État qu’il avait révisé le projet, enregistrant toujours des notes de crédit social mais abandonnant les classifications A-to-D. Les fonctionnaires ont refusé d’être interviewés pour cet article.

Malgré les protestations de Suining, le gouvernement central semble déterminé à poursuivre ses plans.

Une partie de la raison est économique. Avec peu de gens en Chine qui possèdent des cartes de crédit ou empruntent de l’argent aux banques, les informations sur le crédit sont rares. Il n’existe pas d’équivalent national du scoring FICO largement utilisé aux États-Unis pour évaluer les risques de crédit à la consommation.

En même temps, le gouvernement central a pour objectif de contrôler le type de malversations d’entreprise qui a vu des dizaines de milliers de bébés hospitalisés après avoir consommé du lait et des préparations pour nourrissons frelatées en 2008, et des millions d’enfants qui ont reçu des vaccins corrompus cette année.

Mais c’est aussi une tentative d’utiliser les données pour imposer une autorité morale telle que conçue par le Parti communiste.

L’administration chinoise du cyberespace veut que quiconque montre un comportement « malhonnête » soit mis en ligne sur liste noire, tandis qu’un universitaire de premier plan a fait valoir qu’une liste noire des médias aux « reportages irresponsables » encouragerait une plus grande autodiscipline et de la moralité dans le journalisme.

Lester Ross, associé responsable du bureau de Pékin du cabinet d’avocats WilmerHale, affirme que les règles sont conçues pour empêcher toute personne de « sortir de la ligne » et pourrait intimider les avocats cherchant à mettre en avant une défense agressive de leurs clients. Il voit des échos de la Révolution culturelle, dans laquelle Mao Tsé-Toung identifiait « cinq catégories noires » de personnes considérées comme des ennemis de la révolution, y compris les propriétaires terriens, les fermiers riches et ceux de droite, qui ont été distingués pour les séances de lutte, la persécution et la rééducation.

Dans le cadre du plan de crédit social, les sanctions sont moins sévères. Interdiction de voyager en train ou en avion, par exemple, en première classe, interdiction de séjourner dans les hôtels de luxe, interdiction de voyager à l’étranger ou d’envoyer ses enfants dans les meilleures écoles – mais elles sont néanmoins d’une portée considérable.

Les critiques de Xuecun contre le gouvernement lui ont valu des millions d’adeptes sur Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, jusqu’ à ce que les censeurs passent à l’action. Il craint que le nouveau plan de crédit social ne pose plus de problèmes à ceux qui osent s’exprimer.

« Mon compte dans les médias sociaux a été annulé à maintes reprises, de sorte que le gouvernement peut dire que je suis une personne malhonnête », a-t-il déclaré. « Je ne peux pas partir à l’étranger ni prendre le train. »

Dans le cadre de projets pilotes approuvés par le gouvernement, huit entreprises privées ont mis en place des bases de données sur le crédit qui compilent un large éventail de renseignements en ligne, financiers et juridiques.

L’un des plus populaires est Sésame Credit, une société du géant Alibaba e-commerce qui exploite la plus grande plate-forme de vente en ligne au monde.

Des dizaines de millions d’utilisateurs ayant obtenu des scores élevés ont pu louer des voitures et des vélos sans avoir à payer de caution, disent les responsables de la compagnie, et peuvent éviter les longues files d’attente dans les hôpitaux en payant des frais après avoir laissé quelques écoutes sur un smartphone.

Le site de rencontre en ligne de Baihe encourage les utilisateurs à afficher leurs scores de crédit Sésame pour attirer des partenaires potentiels ; 15 % de ses utilisateurs le font.

Une femme, qui travaille dans la publicité mais qui a refusé d’être nommée pour protéger sa vie privée, a dit qu’elle utilisait Baihe depuis plus de deux ans. Chercher des gens qui affichent de bons scores de crédit Sésame aide à éliminer les escrocs, dit-elle.

« D’abord, je regarderai sa photo, puis son profil », dit-elle. « Il doit utiliser l’authentification de nom réel. Mais je lui ferai confiance et lui parlerai s’il a Sésame Credit. »

Mais il est loin d’être certain que le système sera à l’abri des escroqueries.

William Glass, analyste du renseignement de sécurité chez FireEye, expert en cybersécurité, affirme qu’un système centralisé serait à la fois vulnérable et extrêmement attrayant pour les pirates informatiques.

« Il y a un grand marché pour ce genre de choses, et dès que ce système se met en place, les cybercriminels et même les acteurs soutenus par l’État sont incités à y entrer, que ce soit pour voler des informations ou même pour les modifier », a-t-il déclaré. « Ce système sera la vérité fondamentale de qui vous êtes. Mais si l’on considère que toute cette information est stockée numériquement, elle n’est certainement pas immuable, et les gens peuvent potentiellement entrer et la changer. »

Jin Xin a contribué à ce rapport.

Source : Simon Denyer, 22-10-2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr.

50 réponses à Le projet de la Chine d’organiser sa société s’appuie sur le « big data » pour évaluer tout le monde, par Simon Denyer

Commentaires recommandés

numaroumestan Le 01 décembre 2017 à 06h56

Il est amusant d’observer que les crapules occidentales, qui font pire que les Chinois, les accusent d’un totalitarisme qui a déjà été installé dans l’empire du néant globalitaire.

1 – Le soviet GAFA espionne, ment, censure, crache sur les mal pensants.

2 – Les criminels officiels, CIA, Mossad, MI6, etc, enlèvent les humains qui pensent dans les aéroports ou les tuent en affirmant qu’ils ont eu un accident.

3 – Les lois ont installé une sorte de caste sacerdotale chargée de hennir les verités révélées. Ces canailles bigotes mentent et haissent en toute quiétude. Les magistrats cannibales se chargent d’exécuter ceux qui pensent avec exactitude.

Le paradis á la Kafka a été installé en occident. Selon la méthode vétérotestamentaire, il convient d’affirmer le contraire. L’inhumanité ne règne ni à Washington, Londres, Bruxelles, Tel-Aviv, Doha, Ryad, mais à Pékin… Le monde asiatique doit se goberger de tels articles.

  1. Fabrice Le 01 décembre 2017 à 06h35
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    Je dois avouer que les deux versions sur la Chine et sur Clinton sont effrayant l’une tente de distordre les événements aux bénéfices d’une minorité et de l’autre de “redresser” le comportement des citoyens pour correspondre aux critères défini par une minorité dans les deux cas l’humain lambda devient le pions de manipulations comme Orwell ou Huxley n’en n’avait jamais cauchemardé.


  2. phychi Le 01 décembre 2017 à 06h40
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    Il faudrait être très très naïf pour croire que la France ne fait pas exactement la même chose ! Toutes les lois liberticides de ces dernières années, surtout celle d u gars qui se predn pour Jupiter, vont dans ce sens !


  3. patrickluder Le 01 décembre 2017 à 06h47
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    L’humain soumis à l’IA … c’est déjà maintenant !


    • Fabrice Le 01 décembre 2017 à 07h03
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      Une question me vient que deviendra la minorité dirigeante si cette notation se retourne contre elle ? Elle truquera le système de notation ou se verra-t-elle déclassée ? Autre potentiel résultat si une frange importante disons au moins un tiers se retrouve déclassée verra-t-on l’apparition d’une société alternative hors de contrôle car n’ayant rien à perdre ni à gagner ?


      • WhereIsMyMind Le 01 décembre 2017 à 14h46
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        être dans le PC doit certainement emmener un +XX points. Et sans aucun doute +1000 pour le leader du PC….


        • Silk Le 03 décembre 2017 à 20h52
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          Quand un soit disant spécialiste dit une ânerie en parlant d’une application du léninisme depuis 50 ans en chine (le ‘leninisme’ n’a pas été appliqué en chine, Mao en est témoin) on se demande que vaut la qualité des autres assertions.


      • Narm Le 01 décembre 2017 à 18h05
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        Fab pourquoi croyez vous qu’ils investissent dans les Robocops
        https://gkpro.fr/


  4. numaroumestan Le 01 décembre 2017 à 06h56
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    Il est amusant d’observer que les crapules occidentales, qui font pire que les Chinois, les accusent d’un totalitarisme qui a déjà été installé dans l’empire du néant globalitaire.

    1 – Le soviet GAFA espionne, ment, censure, crache sur les mal pensants.

    2 – Les criminels officiels, CIA, Mossad, MI6, etc, enlèvent les humains qui pensent dans les aéroports ou les tuent en affirmant qu’ils ont eu un accident.

    3 – Les lois ont installé une sorte de caste sacerdotale chargée de hennir les verités révélées. Ces canailles bigotes mentent et haissent en toute quiétude. Les magistrats cannibales se chargent d’exécuter ceux qui pensent avec exactitude.

    Le paradis á la Kafka a été installé en occident. Selon la méthode vétérotestamentaire, il convient d’affirmer le contraire. L’inhumanité ne règne ni à Washington, Londres, Bruxelles, Tel-Aviv, Doha, Ryad, mais à Pékin… Le monde asiatique doit se goberger de tels articles.


    • Daniel MENUET Le 01 décembre 2017 à 09h33
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      tout à fait d’accord avec vous :
      “Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil à toi ! ”
      juste pour la France : la France n’est pas en état d’urgence, il n’y a pas d’armée dans les rues, les élections présidentielles sont inégales depuis la loi URVOAS (ce sont les médias qui font élire le président), les médias sont libres et indépendant du pouvoir financier, le marché financier va bien (même très bien, la partie spéculative n’est pas en faillite) ….j’en passe et des meilleures .
      Ce qu’il faut voir derrière cela est l’intention.
      – La Chine utilise le projet des Nouvelles Routes de la Soie pour orienter le crédit (émission monétaire) vers le développement physique (diminue la pauvreté…)
      – Tandis que l’Occident oriente l’émission monétaire privée uniquement vers les banques spéculatives et maintient le peuple en esclavage par la dette…
      Je me demande laquelle de ces 2 types de société est la plus contrôlée ?


      • Vincent CROUSIER Le 01 décembre 2017 à 11h22
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        Pourquoi la Chine énerve les médias occidentaux, c’est justement car elle ne suit pas les doctrines ultra libérales que l’on soumet à la Grèce et ailleurs.
        La Chine est à l’opposé « des hypothèses néolibérales » qui sous-tendent le « consensus de Washington », elle est comme ce que la France était durant les 30 GLorieuses : il y a un pilote aux commandes 🙂
        http://www.institutschiller.org/Oui-la-Chine-a-brave-le-consensus-de-Washington.html


        • Chris Le 01 décembre 2017 à 17h03
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          La Chine a bravé le consensus de Washington, en refusant le paquet de réformes concocté par le FMI et la Banque mondiale dans les années 1990 pour être appliqué aux pays en voie de développement, dont la déréglementation financière, l’équilibre budgétaire et les privatisations.
          Vu les résultats obtenus durant les années Yeltsine, je comprends que la Chine s’en soit détournée.


    • Madudu Le 01 décembre 2017 à 11h46
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      D’autant que la Chine a des défis à relever qui n’ont rien à voir avec ceux des pays occidentaux.

      Car si en Occident les populations sont modérément nombreuses et que la production de richesse par habitant est élevée, le défis consiste alors à répartir équitablement la richesse et à la pérenniser, la Chine a une population démesurément nombreuse et la production de richesse par habitant ne saurait atteindre un niveau comparable au notre : le défis est de maintenir l’ordre et de s’organiser efficacement avec peu de ressources (par habitant).

      Lorsqu’en Occident nous ne pérennisons pas nos sources de richesses et que nous répartissons de plus en plus mal les richesses les Chinois, eux, relèvent les défis qui sont les leurs.

      En l’occurrence les sanctions proposées (pas de voyage en première classe, pas d’accès aux meilleurs écoles, pas d’accès privilégié au crédit, …) contre ceux qui ne feraient pas preuve de moralité, ressemblent fort à des mesures visant à empêcher la reproduction sociale en vase clos de la classe bourgeoise naissante.

      Quand on voit ce que ça devient chez nous (anti-social, anti-nation, anti-écologique, belliqueux, ostracisant, …) je comprends qu’ils prennent leurs précautions, et je les trouve plutôt proportionnées.

      J’espère qu’elle réussira dans sa difficile entreprise.


      • Sandrine Le 01 décembre 2017 à 11h57
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        Votre commentaire est très intéressant…
        C’est avec des gens comme vous que l’on construit des sociétés totalitaires et que l’on prépare des crimes de masse. Le pire ( mais c’est la aussi la clé du problème) c’est que vous avez les meilleures intentions du monde et que vous souhaitez le bonheur pour les générations futures.
        Est-ce que vous pensez sincèrement que c’est en donnant tout pouvoir moral aux « big data » que l’on va pouvoir éradiquer du cœur de l’homme la volonté de posséder plus qu’autrui et supprimer de son esprit l’ingéniosité qui le rend capable de détourner à son profit les lois et les règlements ?


        • Madudu Le 01 décembre 2017 à 12h18
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          Vous me prêtez des pensées que je n’ai pas.

          Car il me semble qu’il ne s’agit pas ici “d’éradiquer du coeur des hommes […]”, mais qu’il s’agit de ne pas laisser la société évoluer spontanément vers la sélection d’une classe bourgeoise dont le pouvoir se perpétue par l’argent, les honneurs et l’éducation (grandes écoles, première classe dans les transports, accès privilégié au crédit, …).

          La tentative de fabrication d’un “homme nouveau” est le motif essentiel de l’entreprise totalitaire, et il me semble que ce n’est pas le cas ici. En tous cas ça n’a rien d’évident.

          De notre coté, en Occident, la tentative de fabrication d’un “homme nouveau” est par contre explicite et c’est au service de ce projet que le grand capital a placé son système médiatique et ses hommes de main politiques.

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          • Madudu Le 01 décembre 2017 à 12h19
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            Ce n’est pas seulement le moyen mobilisé (ici les “big data”) qu’il faut relever, mais aussi et surtout le projet dans le cadre duquel ce moyen est mobilisé. La Chine propose de l’utiliser pour répondre à ses grands défis (qui sont vraiment grands), ce qui personnellement me fait penser que le résultat ne sera pas nécessairement une dérive totalitaire (et puis, en ont-ils besoin ?).

            Autrement on pourrait accuser n’importe quel pays qui dispose d’une police de tenter la mise en place d’une société totalitaire, et pareillement pour l’armée, les services de renseignements, etc.

            C’est chez nous que le “big data” est mobilisé dans le cadre d’un projet totalitaire, qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas nécessairement le cas ailleurs.

            Il faut analyser au cas par cas, au service de quel projet tel ou tel outil est mobilisé, et non pas condamner l’usage d’un outil parce que nous lui connaissons des usages dangereux (le couteau de cuisine est à ce titre un danger public).

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            • Sandrine Le 01 décembre 2017 à 12h30
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              vous écrivez :« le défi est de maintenir l’ordre et de s’organiser efficacement avec peu de ressources (par habitant) » … Phrase archétypale s’il en est de la « banalité du mal » : c’est comme si vous disiez : nous avons un « job » à réaliser « maintenir l’ordre et s’organiser efficacement » … Faisons donc le « job » le plus professionnellement et efficacement possible… Que cela impacte la dignité et l’essence meme de l’homme (qui est l’intégrité de sa personne et sa liberté) ne nous concerne pas, ce sont des sujets bien trop déconnectés de la réalité matérielle de notre quotidien qui est la nécessité de faire s’accroitre les richesses des nations (comme dirait Adam Smith). Or c’est en suivant ce type de raisonnement que l’on a construit des camps de concentration et exterminé des classes entières de population.
              Malheureusement, nous baignons tellement dans cette idéologie qu’elle nous parait totalement naturelle et que nous ne percevons plus son caractère mortifère.
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            • Sandrine Le 01 décembre 2017 à 12h40
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              “C’est chez nous que le “big data” est mobilisé dans le cadre d’un projet totalitaire”
              Je ne vois vraiment pas ce qui vous permet d’affirmer que chez nous les big datas sont potentiellement totalitaires alors que chez les chinois elles ne le seraient pas!!!
              C’est le principe même d’accumulation de données à l’insu de ceux qui les génèrent et leur utilisation ensuite à des fins de contrôle de la population qui est intrinsèquement totalitaire : l’utilisation des big data à des fins de “gouvernance sociale” c’est la négation de l’idée d’autonomie du sujet ( La liberté que chacun a de désobéir ou non aux règles de la société, fondement de la liberté humaine, l’idée d’unité de la personne humain)


            • Madudu Le 01 décembre 2017 à 12h53
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              “l’ordre” n’est pas un mal, ni non plus “une organisation efficace”. Ce n’est pas de la “banalisation du mal” que d’en parler comme d’objectifs à atteindre dans un contexte donné qui s’y prête a priori assez mal. Un pays de 1 400 000 000 d’habitants, par exemple.

              Par ailleurs nous vivons dans un monde matériel et lorsque nous avons de problèmes, ce sont la plupart du temps des problèmes matériels (santé, alimentation, logement, …), et lorsqu’ils ne le sont pas (dignité de la personne, choix d’un cursus professionnel, liberté d’entreprendre, …) ils sont néanmoins toujours conditionné par leur contexte matériel.

              Un pays comme la Chine n’a pas le luxe de se préoccuper de vos considérations abstraites, la plupart des chinois vivent dans des logements minuscules, mangent peu de protéines, apprécieraient un service de santé plus complet, ont un boulot de merde, etc.

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            • Madudu Le 01 décembre 2017 à 12h53
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              Par ailleurs je ne dis pas qu’en Chine le “big data” ne peut pas servir un projet totalitaire, je dis qu’il faut distinguer l’outil de l’usage qui en est fait.

              En l’occurrence l’usage annoncé ne laisse pas présager d’un projet totalitaire, il semble plutôt destiné à contrevenir à la formation d’un pouvoir bourgeois installé (c’est mon analyse). Je ne vous ai pas encore lu expliquer en quoi l’usage annoncé pourrait cacher une entreprise totalitaire.

              Vous ne voyez pas en quoi le “big data” sert un projet totalitaire chez nous, vraiment ?

              Pourtant il est employé à filtrer l’information accessible aux populations de manière à ne laisser passer que ce qui est compatible avec les options politiques, économiques et philosophiques de “l’homme nouveau”, qui naît sans sexe mais est défini par sa couleur de peau, qui réussira dans la vie s’il est touché par la Grâce, qui n’a aucune attache d’aucune sorte (“la liberté” paraît-il), qui s’éduque lui-même, … un bon esclave en d’autres termes, maléable dans tous les aspects de sa vie.


            • Sandrine Le 01 décembre 2017 à 14h27
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              @Madudu
              1) « je dis qu’il faut distinguer l’outil de l’usage qui en est fait « : ben non, justement, cela ne suffit pas à comprendre la complexité du problème. la technique n’est jamais neutre. En outre, c’est bien connu l’enfer est pavé de bonnes intentions…
              L’accumulation de données chiffrées en vue de mieux connaitre l’humain est un projet scientiste, résultant d’une vision du monde issue de la cybernétique. Il véhicule en soi une vision de l’humain totalement matérialiste et déterministe. Selon cette conception, un homme serait un etre définissable uniquement par, d’une part, ses actes, d’autre part par ses interactions avec les objets qui l’entourent et fait partie d’un continuum avec les animaux et les objets (les machines en l’occurrence). Fonder un contrôle de la société sur une telle conception de l’humain, c’est rendre l’humain superflu.
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          • Narm Le 01 décembre 2017 à 13h32
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            Sandrine :”Je ne vois vraiment pas ce qui vous permet d’affirmer que chez nous les big datas sont potentiellement totalitaires
            C’est le principe même d’accumulation de données à l’insu de ceux qui les génèrent et leur utilisation ensuite à des fins de contrôle de la population qui est intrinsèquement totalitaire :”

            Maiss reveillez vous, la simple dernière election présidencielle en est la résultante

            Médias + Données = dictature par orientation.
            Si j’élimine tout message dissonant, que j’amplififie les messages non pertinent et qu’en plus je connais tout sur vous, je vous fabrique une direction élue démocratiquement. 😉


          • Sandrine Le 01 décembre 2017 à 14h27
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            2/2
            Mais visiblement, cette vision matérialiste et utilitariste du monde vous convient. Peu vous importe d’etre libre pour autant que vous ayez du pain… C’est bien ce que je dis, « la banalité du mal » = » pourvu que notre travail nous apporte de quoi manger et consommer – tout le reste ne nous regarde pas ». Je vous conseille vivement la lecture de G. Aly « Comment Hitler acheté les Allemands », c’est très instructif, vous verrez.

            2)« Vous ne voyez pas en quoi le “big data” sert un projet totalitaire chez nous, vraiment ? » : alors là franchement, relisez mon message, je n’ai pas du tout dit ça (peut-etre aimeriez-vous que j’ai dit cela, mais ce n’est pas du tout le cas)


            • Madudu Le 01 décembre 2017 à 17h06
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              La mauvaise idée que vous vous faites du matérialisme vient probablement de ce que vous connaissez mal la diversité des possibles en la matière.

              L’épicurisme par exemple est la philosophie antique matérialiste par excellence, elle n’a rien à voir avec le nazisme ^^

              Plus prêt de nous le marxisme est la philosophie politique matérialiste par excellence, et elle n’a rien à voir avec le nazisme non plus ^^

              Sinon, vous avez posé la question : “Je ne vois vraiment pas ce qui vous permet d’affirmer que chez nous les big datas sont potentiellement totalitaires alors que chez les chinois elles ne le seraient pas”

              J’y ai répondu en deux points : en quoi pour moi le sujet de cet article n’est vraisemblablement pas lié à une entreprise totalitaire et en quoi, au contraire, il l’est chez nous.


            • marc Le 01 décembre 2017 à 19h44
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              sandrine l’idéaliste, contre madudu le pragmatique… sandrine la rebelle contre madudu le résigné…

              à choisir, le système chinois parait meilleur que le nôtre… mais les classes y resteront certainement bien rangées encore longtemps

              on dit qu’il y a moins de 200 millions de chinois dans la classe moyenne, c’est à dire très peu, (la grande majorité est pauvre…) ce chiffre va enfin augmenter fortement… mais les classes moyennes resteront les classes moyennes… =soumises

              à moins que? moi aussi je suis idéaliste!


            • Madudu Le 01 décembre 2017 à 21h53
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              Je ne suis pas du tout résigné ! ^^

              Le fait est qu’on va passer un mauvais moment en Occident dans les prochaines années, c’est inévitable.

              Mais le bon coté des choses c’est que la raison n’a disparu que chez nous. Elle n’est pas perdue, elle nous attends bien au chaud chez ceux qui sont en train d’inventer le monde à venir.

              Le moment venu nous reviendrons au réel, et ça ne prendra pas longtemps. Le plus long ce sera de défaire nos démons, et ça commence maintenant.


        • Jacques Cubaynes Le 02 décembre 2017 à 07h49
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          Sandrine,merci pour ce rappel parfaitement argumenté de l’essence de l’homme, qui n’ est pas réductible au résultat de quelques algorithmes….combien de Nobel et de grands artistes sont nés dans des familles qui ne les prédisposaient pas à ce qu’ils sont devenu. Nous assistons en Chine comme aux USA et progressivement chez nous à la construction de systèmes de gouvernement effectivement totalitaires, permis par les évolutions technologiques dont auraient pu rêver Fouché, Hitler ou Staline. Et le pire c’est que le système est co- construit et alimenté par ses cibles : la connexion constante, les « réseaux sociaux « , l’usage généralisé des cartes bancaires…. aucun réseau de Résistance ne survivrait une semaine aujourd’hui….


      • Pinouille Le 01 décembre 2017 à 21h40
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        “En l’occurrence les sanctions proposées […] ressemblent fort à des mesures visant à empêcher la reproduction sociale en vase clos de la classe bourgeoise naissante.”
        J’ai peut-être mal interprété l’article, mais j’y vois pour ma part exactement le contraire.
        Je pars du principe que le petit bourgeois (et non pas le nouveau riche ou délinquant en col blanc) est celui à qui l’ordre profite le plus, et pour qui la pérennité de son statut confortable est assuré par le respect des règles.
        A contrario, le pauvre est d’autant plus tenté par les combines que se fins de mois sont difficiles (c’est même quelques fois une question de survie).
        Qui a le plus à perdre avec ce système chinois?

        Il me semble que le gouvernement chinois veut avant tout contrôler la masse: le mécontentement d’une partie grandissante de la population peut avoir des conséquences désastreuses sur la pérennité du système:
        http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/12/09/20002-20151209ARTFIG00145-le-nombre-de-mouvements-de-greve-en-chine-a-explose-en-2015.php


    • Owen Le 01 décembre 2017 à 11h57
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      Certes, mais imaginez le gouvernement Macron (ou tout autre gouvernement), annoncer un système de contrôle social, avec accès ou refus des moyens publics en fonction de votre note comportementale, ainsi que celles des entreprises, cela ne passera évidemment pas.
      Les buts indiqués des réseaux informatiques, par les pouvoirs publics, sont de faciliter les échanges dans la société et de lutter contre les méchants (délinquants, criminels, terroristes). Avec son efficacité et avec la volonté sous-jacente de surveillance des individus.

      Le système de crédit social annoncé par la Chine est dans la continuité des communautés de quartiers de Mao, où l’on surveillait un immeuble ou une parcelle de maisons, pour informer des comportements sociaux des individus.
      Est-ce le communiste (ou prétendu tel) qui veut cela, ou la mentalité chinoise, je l’ignore.

      Mais le système politique de Pékin a ses perversités, comme celui de Washington, celui de Londres, de Bruxelles, de Tel Aviv, etc…


  5. Nicolas Le 01 décembre 2017 à 07h43
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    Enfin sur les-crises un article sur le fascisme 2.0 qui se met en place en Chine. Je l’attendais, merci 😉


    • colaisseau Le 01 décembre 2017 à 08h44
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      Le fascisme 2.0 qui se met en place…partout.


      • Raphaël Le 02 décembre 2017 à 05h59
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        Le fascisme 2.0 vu de l’intérieur en Chine n’est pas plus anxiogène qu’en France en tout cas. On sent qu’il sert un besoin d’ordre voulu par la population et ressenti comme nécessaire alors qu’en France on sent qu’il sert l’essorage des portefeuilles et l’anarchie. Au moins en Chine on peut marcher dans la rue en sécurité, il y a vraiment des policiers derrière les caméras.


  6. Pierre Le 01 décembre 2017 à 08h45
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    Voir l’épisode “Chute libre” de la série Black Mirror pour avoir un aperçu de ce que ça pourrait donner sur la société.

    Un exemple d’application développée pour noter les gens sur leur comportement :
    http://www.konbini.com/fr/tendances-2/credo-application-note-credibilite/


  7. Louis Robert Le 01 décembre 2017 à 08h56
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    Avec Simon Denyer (ça ne s’invente pas…), le WAPO se surpasse. Après la Russophobie gratuite, incessante, nous avons droit à la Sinophobie. Décidément, l’Empire déchaîné contre le tandem Russie-Chine prend bien soin de nous…

    Je me sens déjà devenir un lecteur assidu de Simon, et surtout du WAPO, trop longtemps négligé, que l’on me pardonne.

    https://www.washingtonpost.com/people/simon-denyer/?utm_term=.4991545a84b4

    https://www.washingtonpost.com/world/asia_pacific/chinas-plan-to-organize-its-whole-society-around-big-data-a-rating-for-everyone/2016/10/20/1cd0dd9c-9516-11e6-ae9d-0030ac1899cd_story.html?utm_term=.16a1fc9af457


  8. Brigitte Le 01 décembre 2017 à 09h42
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    le Washington post est un journal de centre gauche….américain! Il défend donc une démocratie planétaire “made in USA”. Ceci étant dit, la Chine ressemble à un “golem” du capitalisme mondialisé, que l’Occident a contribué à fabriquer. Le pouvoir de nuisance des technologies numériques fait parti intégrante du système, non?


    • condamy Le 01 décembre 2017 à 14h49
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      Le Wapo a changé de propriétaire il y a déja quelque temps et n’est plus que l’organe du” Deep State .


    • Raphaël Le 02 décembre 2017 à 06h04
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      Le WAPO est de centre gauche, donc colonialiste jusqu’à la moelle, pas besoin de tortiller.


  9. Sandrine Le 01 décembre 2017 à 09h56
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    Merci pour ce texte d’information sur un sujet capital.
    Il y aurait tellement de choses à dire dessus que j’en reste sans voix…


  10. Calal Le 01 décembre 2017 à 10h30
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    Oui l’utilisation du big data peut poser probleme mais comme tout autre outil disponible. On en reveint toujours a la meme racine du “mal” amha:
    – un gouvernement du type “top down” qui autorise l’habitant gouverne a faire certaines choses ou non avec le corollaire que ce citoyen a interet de bien se conduire pour etre utile a son gouvernement.
    – ou un gouvernement ” bottom up” ou les habitants d’un pays mettent en place un gouvernement pour s’organiser plus efficacement en temps que groupe.
    En france on est evidemment en top down avec amha en ce moment le premier president qui gouverne avec l’appui du big data. Toutes les petites mesures qu’il prend sont amha justifies par un rapport cout/utilite en terme de gain electoraux evalue par une base de donne big data palanthir contenant les donnes des millions d’electeurs.Amha l’opposition si elle veut ne pas se faire ecraser a interet a lui piquer toute proposition qui va a peu pres dans le meme sens pour vampiriser l’effet big data.


  11. Haricophile Le 01 décembre 2017 à 13h45
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    PEKIN : Imaginez un monde où un gouvernement autoritaire surveille tout ce que vous faites, accumule d’énormes quantités de données sur presque toutes les interactions que vous faites, et vous attribue un seul score qui mesure à quel point vous êtes « digne de confiance ».

    Je l’imagine très bien, je le voir se construire tous les jours dans mon pays avec un empire comme leader. Je ne suis pas Chinois bien entendu…


    • Louis Robert Le 01 décembre 2017 à 14h25
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      J’ai eu immédiatement la même réaction, Haricophile.

      Je veux partager avec vous le texte d’un éminent conseiller politique du gouvernement chinois, Yan Xuetong. Il vaut qu’on l’étudie attentivement, je crois, afin de mieux connaître la Chine nouvelle, celle qui se transforme devant nous. J’ai le sentiment que vous apprécierez…

      « Analysis of China’s National Interests »

      https://www.files.ethz.ch/isn/145296/Analysis%20of%20China's%20National%20Interests.pdf#page1

      Salutations cordiales, LR


      • Chris Le 01 décembre 2017 à 15h13
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        Son analyse date de 2002 : 15 ans ont passé.
        Je serais curieuse que l’auteur refasse le même exercice pour mesurer les écarts.
        En tout cas je relève une constante : l’intérêt national de la gouvernance chinoise, expliqué sous toutes ses coutures. L’antithèse de l’Union Européenne !


        • Louis Robert Le 01 décembre 2017 à 21h38
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          Quinze ans dans une Chine millénaire qui a choisi de s’affirmer sur la scène internationale au XXI ième siècle, c’est à peine le temps qu’il faut pour oser quelques pas. L’intérêt du document est de bien faire savoir au monde comment, exactement, elle entend s’y prendre, et de constater qu’elle s’y est déjà mise comme il fut dit, fidèle à ses propres valeurs et aux priorités qu’elle s’est fixées. Vision holistique.

          Inutile désormais de prétendre qu’elle ne sait pas où elle va, que ses politiques sont ambigües, et que nous ne saurions, dès lors, nous y retrouver…


  12. Bernard GRAPPERON Le 01 décembre 2017 à 14h47
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    Je me suis donné la peine de lire le “Projet pour l’établissement d’un système de crédit social” chinois.
    1 – Cela a été pondu en 2014 et révisé en 2015
    2 – Sauf innattention de ma part (le texte est très long) je n’y ai pas trouvé l’attribution de points.
    Il est demandé aux organisateurs d’agir avec la plus grande sincérité (vaste programme)

    Est-ce qu’il ne s’agit pas tout simplement de moraliser la vie publique comme on tente de le faire chez nous, avec le succès que l’on connait.
    La Chine ayant la réputation d’être un pays où la concussion, corruption et le magouillage sont endémiques depuis fort longtemps (je me réfère aux textes de l’écrivain-journaliste Lucien Bodard né à Chengdu où son père était consul) et encore maintenant (Wikipédia). Faut-il blamer un gouvernement et lui préter une propension dictatoriale alors qu’il cherche un moyen efficace pour établir de l’honnèteté ? L’être humain étant ce qu’il est, il n’est pas au bout de ses peines. Nous non plus.
    J’ai l’impression que l’article de Simon Denyer est quelque peu tendencieux


    • Chris Le 01 décembre 2017 à 15h19
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      Système de points ?
      Mais il est largement utilisé depuis 35 ans dans le management des ressources humaines. Quid des évaluations annuelles, des fixations d’objectifs et toute la panoplie d’injonctions pour productiviser davantage les employés ? Une belle machine à stress et burn out au service de la rente…


  13. Pinouille Le 01 décembre 2017 à 21h01
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    Le jour où les diverses bases de données fusionneront et où les calculateurs seront suffisamment puissants pour analyser en temps réel et sous tous les angles les comportements de chacun, le paramétrage (automatique?) des droits de chacun remplacera les lois et les juges.
    Le permis de vivre à points chinois est une version.
    Il y en aura d’autres.
    Les pirates informatiques seront les super-héros de demain.


    • Raphaël Le 02 décembre 2017 à 06h12
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      Sauf si vous avez bien pris soin toute votre vie de véroler ces mêmes bases, c’est à dire hors administrations, fausses dates de naissance, faux numéros, voire fausse adresse ou le plus vague possible, nom vague, pas d’infos personnelles publiques ou des fausses. Bien sûr liste rouge et pas de nom sur la sonnette d’entrée. Bref les méthodes classiques des voyous.

      Là vous êtes peinards de chez peinards. Bien sûr on en arrive là après quelques “alertes”.

      Concernant l’administration où les données doivent être exactes, ils sont même pas foutus de recouper leurs propres bases…


  14. Kaki Le 01 décembre 2017 à 21h11
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    Bonsoir,
    Bon rien qu’ en France notre compte en banque est déjà note de A à E, ensuite toujours en France certaines sociétés d assurance proposent d installer des boites noires dans les véhicules des clients permettant une économie sur le prix, du coup on peut légitimement penser que ceci arrivera très bientôt pour la santé (toujours en france), donc qui est avance avance sur qui de la chine ou de la France


  15. Marco Le 02 décembre 2017 à 10h28
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    Poutine, de son côté, n’est pas en reste…

    Il y a deux manière de voir les choses : positivement ou négativement :

    – est-ce la main-mise du pouvoir sur notre avenir ou bien la main-mise du peuple sur son propre destin ?

    Tout dépend du degré de démocratie qui anime l’État…
    Ce système peut sans doute être positif s’il est mis en place et utilisé en toute transparence.

    http://arretsurinfo.ch/la-troisieme-voie-de-poutine-vue-a-travers-le-nooscope/


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