Source : Daniel Lazare, Consortium News, 25-10-2017

Le New York Times, qui autrefois se faisait le champion d’une presse libre, cherche maintenant à réprimer les nouvelles que le public reçoit sur Internet sous prétexte de combattre la « propagande russe », explique Daniel Lazare.

Jadis, le danger pour la liberté de la presse venait de la droite. Mais depuis le Russie-gate, les libéraux sont en train de rattraper le temps perdu.

L’immeuble du New York Times à Manhattan. (Crédit photo : Robert Parry)

Le dernier exemple en date est un article à la une du New York Times de mardi. Intitulé « YouTube permet l’entrée aux États-Unis d’un portail russe. », il offre l’habituel blabla sur les agents du Kremlin qui s’adonnent à la magie noire politique. Mais il va plus loin en essayant de discréditer un organe d’information parfaitement légitime.

Les reporters Daisuke Wakabayashi et Nicholas Confessore notent d’emblée que RT, la chaîne de télévision financée par Moscou et anciennement connue sous le nom de « Russia Today », est aujourd’hui une référence sur Internet et observent que lorsqu’elle est devenue la première chaîne d’information YouTube à dépassé un million de vues, le vice-président de YouTube, Robert Kyncl, « s’est joint à un animateur de RT dans un studio où il a fait l’éloge de RT pour… fournir du contenu authentique au lieu d’agendas ou de la propagande. »

Déclenchez la musique de fond sinistre. « Mais maintenant », poursuit l’article, « alors que les enquêteurs à Washington examinent l’ampleur et la portée de l’ingérence russe dans la politique américaine, la relation jadis confortable entre RT et YouTube fait l’objet d’un examen plus attentif. »

Pourquoi ? Parce que RT a profité de sa « présence proéminente dans les résultats de recherche de YouTube » pour abreuver les téléspectateurs avec des vidéos négatives sur Hillary Clinton. Selon Wakabayashi et Confessore :

« Alors que l’élection présidentielle s’échauffait au printemps 2016, RT publiait régulièrement des articles négatifs sur Mme Clinton, selon les services de renseignements américains. Cela comprenait des accusations de corruption de sa fondation familiale et de liens avec l’extrémisme islamique, la couverture fréquente de courriels volés par des agents russes au président de campagne de Mme Clinton, et des accusations selon lesquelles elle était en mauvaise santé physique et mentale. »

L’article cite « la communauté américaine du renseignement » décrivant RT comme le « principal organe international de propagande du Kremlin ». Mark Warner, sénateur démocrate de Virginie, a qualifié YouTube « d’environnement riche en cibles pour toute les campagnes de désinformation. »

Puis vient le coup d’envoi : « Tout comme les pages contrôlées par les Russes sur Facebook, les vidéos YouTube de RT sont conformes aux directives communautaires de YouTube, qui couvrent des sujets tels que la nudité, les violations des droits d’auteur et la promotion de la violence contre un groupe basé sur la race ou la religion. Mais aucune propagande. »

Conclusion : RT est synonyme de désinformation et de propagande. Mais il y a un problème : l’article du Times n’est pas très clair sur les sujets sur lesquels RT désinforme réellement.

Transformer les vraies nouvelles en fausses nouvelles

La version web, par exemple, renvoie à une interview du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, qui a eu lieu peu avant les élections de 2016. Le sujet est un courriel de septembre 2014 obtenu par Wikileaks dans lequel Mme Clinton reconnaît que « les gouvernements du Qatar et de l’Arabie saoudite… apportent un soutien financier et logistique clandestin à l’EI et à d’autres groupes sunnites radicaux de la région. »

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange

« Je pense que c’est le courriel le plus important de toute la série », affirme M. Assange alors que l’intervieweur John Pilger est d’accord. « Comme les analystes le savent, et même le gouvernement américain l’a mentionné… certaines personnalités saoudiennes ont soutenu l’EI en le finançant. Mais l’esquive a toujours été le mode de fonctionnement des princes voyous qui se servent de leur part du pétrole pour faire ce qu’ils veulent, mais en fait, le gouvernement désapprouve. Mais ce courriel dit que non, c’est le gouvernement saoudien et le gouvernement du Qatar qui ont financé l’EI. »

L’échange reprend avec Pilger en ces termes : « Et bien sûr, la conséquence en est que ce fameux groupe terroriste djihadiste appelé État islamique d’Irak et du Levant, ou État islamique d’Irak et de Syrie, a été créé en grande partie grâce à l’argent de ceux-là mêmes qui font des dons à la Fondation Clinton. »

Assange : « Oui. »

Pilger : « C’est extraordinaire. »

Est-ce de la « dezinformatsiya », comme les Russes appellent la désinformation ? Le Times laisse entendre que c’est le cas, mais en fait, la déclaration d’Assange est parfaitement correcte. L’authenticité du courriel n’est pas contestée et il ne fait aucun doute que les intérêts arabes du Golfe ont contribué massivement à la Fondation Clinton.

Comme le montrent les dossiers de la fondation elle-même, l’Arabie saoudite a versé entre 10 et 25 millions de dollars au fil des ans, le Qatar a versé entre 1 et 5 millions de dollars, tandis que d’autres gouvernements, sociétés et particuliers du Golfe ont versé entre 13 et 50 millions de dollars de plus.

Ce n’est pas une fausse nouvelle, mais la vérité. De plus, c’est une vérité scandaleuse parce qu’elle montre que Clinton prend de l’argent des gens qui financent les mêmes organisations terroristes qu’elle prétendait combattre.

C’est comme si Jesse Jackson avait été trouvé en train de soutirer des pots-de-vin au gouvernement sud-africain, un gouvernement suprémaciste blanc, pendant l’apartheid. Si cela s’était produit, le Times aurait pris les armes. Non seulement il n’ a jamais dit un mot sur le courriel Clinton de 2014, mais il s’en prend maintenant à RT pour avoir diffusé des nouvelles sur lesquelles il s’est assis depuis des mois.

Qu’est-ce qui se passe ici ? Le Times laisse-t-il entendre que la vérité n’est pas pertinente et que la seule chose qui compte, c’est d’où elle vient ? S’agit-il de dire que ce qui est dit importe moins que celui qui ledit ; et que si c’est RT, WikiLeaks, ou qui que ce soit, nous devons tous nous boucher les oreilles pour que le message soit bloqué ?

Une exclusion des informations étrangères

L’article suggère ensuite que « l’adhésion de RT à YouTube montre à quel point il pourrait être difficile de limiter l’influence étrangère » et que demander à ce que l’influence étrangère soit réduite pour la seule raison qu’elle est étrangère est très dangereux. En effet, ce n’est rien d’autre qu’un écho libéral de la politique isolationniste, America-First pratiquée par Donald Trump, si ce n’est que là où Trump veut interdire les immigrants et les importations, le Times veut interdire l’accès à des informations étrangères, peu importe leur pertinence ou leur véracité. Au lieu de rendre compte des nouvelles, il cherche à les bloquer.

Hillary Clinton lors d’un rassemblement à Phoenix, Arizona, le 21 mars 2016. (Photo de Gage Skidmore)

Pendant que le Times pourchassait RT, le Washington Post annonçait publiquement la nouvelle sensationnelle que le cabinet d’avocats de la campagne Clinton avait payé pour le fameux dossier Christopher Steele, célèbre pour avoir accusé Trump d’avoir payé deux prostituées pour uriner sur un lit d’hôtel à Moscou, autrefois occupé par Barack et Michelle Obama.

Après avoir accusé la campagne de Trump de collaborer avec des agents étrangers pour influencer une élection américaine, il s’avère que les Démocrates, ou du moins leurs avocats, ont non seulement collaboré, mais ont engagé un agent étranger, Steele, un ancien du MI6, la version britannique de la CIA, à faire de même. (Et Steele a prétendu avoir amené des fonctionnaires russes à fournir des accusations non fondées visant à nuire à la campagne de Trump).

Le résultat de tout cela a été des balivernes empilées sur des balivernes. Plus d’un an après l’énorme dépotoir de courriels du Comité national démocrate, il n’ y a toujours aucune preuve de la responsabilité du Kremlin, ni même qu’il s’agissait d’un piratage informatique. (Wikileaks, avec son taux de véracité record de 100 %, continue de soutenir que les courriels ont été divulgués par un interne).

En effet, le seul motif de l’accusation est un rapport de CrowdStrike, une société de cybersécurité californienne dont le directeur technique, Dmitri Alperovitch, est connu à la fois pour son parti pris anti-Kremlin et ses liens étroits avec le camp de Clinton. (Voir Consortiumnews. com : « The Scandal Hidden Behind Russia-gate. ») [Le scandale caché derrière le Russie-gate]

Le FBI n’ a jamais inspecté les serveurs informatiques du DNC pour voir s’ils étaient réellement piratés, alors qu’une erreur majeure de CrowdStrike – il a par la suite accusé les séparatistes pro-russes d’utiliser des logiciels malveillants similaires pour cibler les unités d’artillerie ukrainiennes – n’a pratiquement pas été signalée, même si la firme a été contrainte de se rétracter. Évidemment, le Times n’a jamais rien dit sur la bévue.

Les motifs du NYT

Quel est le but ici ? L’un des objectifs, bien sûr, est de chasser Trump du pouvoir, non pas comme opposant de gauche, certes, mais de droite, sur la base de la xénophobie anti-russe. Mais un autre est ce que l’on pourrait décrire comme une expérience sur la conformisme populaire induit.

La tombe du Soldat inconnu devant le mur du Kremlin, le 6 décembre 2016. (Photo de Robert Parry)

Si, grâce au Russie-gate, le Times parvient à faire croire aux Américains que le pays est frappé par une épidémie de « fausses nouvelles », même si personne ne sait ce que le terme veut dire ; s’il parvient à convaincre les lecteurs que les nouvelles sont de la « désinformation » simplement parce qu’elles proviennent d’un média russe ; s’il parvient à les convaincre que « des agents affiliés au Kremlin ont secrètement construit de faux groupes Facebook pour fomenter la division politique », même si « affiliés au Kremlin » peut signifier à peu près n’importe quoi sous le soleil ; s’il peut faire toutes ces choses, il peut les persuader d’abandonner leurs facultés critiques et croire tout ce que les agences de renseignement américaines (et le New York Times) leur disent de croire.

L’intégration des médias d’entreprise et de la « communauté du renseignement » sera ainsi achevée. A la place de l’information, il en résultera un flot constant de propagande de la CIA visant à réduire les facultés critiques et préparer le public à une mésaventure impériale de plus.

Le Times, pour paraphraser Chico Marx, demande essentiellement aux lecteurs : « Qui allez-vous croire, la CIA ou vos propres facultés critiques ? » La bonne réponse, semble-t-il, est la première. Plutôt que d’être une force d’éveil, le « journal de référence » se transforme en son contraire.

Daniel Lazare est l’auteur de plusieurs ouvrages dont The Frozen Republic : How the Constitution Is Paralyzing Democracy (Harcourt Brace). (La république congelée : comment la Constitution paralyse la démocratie).

Source : Daniel Lazare, Consortium News, 25-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

18 réponses à L’assaut du New York Times contre la liberté de la presse, par Daniel Lazare

Commentaires recommandés

Eric83 Le 30 novembre 2017 à 12h25

Après “L’assaut du New York Times contre la liberté de la presse par Daniel Lazare”,

voici l’assaut du Congrès US contre la liberté de la presse…enfin celle des médias russes.

“Le Congrès américain retire à RT ses accréditations pour couvrir l’actualité parlementaire” :

https://francais.rt.com/international/46077-congres-americain-retire-rt-ses-accreditations-couvrir-actualite-parlementaire

Mais dites-moi, dites moi, jusqu’où s’arrêteront-ils ?

  1. Pegaz Le 30 novembre 2017 à 07h26
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    Par extension cet article du 19 juin 2017 par Charles Gave : « Trump et l’Etat Profond : Un complot fort bien monté ».
    http://institutdeslibertes.org/trump-et-letat-profond-un-complot-fort-bien-monte/


  2. Lionel A Le 30 novembre 2017 à 09h16
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    La première phrase de l’article (juste au dessus de la photo) contient le mot “libéraux”, qui a aux USA un sens opposé à celui qu’il a en France. Les libéraux américains sont plutôt de gauche (ou du moins, Démocrates), alors que les libéraux français sont plutôt de droite (économiquement parlant).


    • jacqurocant Le 30 novembre 2017 à 13h36
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      Merci de faire cette nuance. Les mots ont un sens et dans leur contexte ils sont importants. Moi même, j’ai failli reconsidérer mes analyses à la lecture de ce billet.


  3. Bordron Georges Le 30 novembre 2017 à 09h36
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    Le NYT est en tête de la Presse occidentale pour mener une lutte non seulement contre Trump mais surtout contre tous les nouveaux moyens d’information dans le Monde qui viennent de plus en plus, contester leur propagande internationale. Comme nous connaissons l’‘‘establishment’’, ils ne reculerons devant aucun moyen, aucune saloperie et même aucun crime. Leur seul problème c’est de faire en sorte que cela ne se voit pas trop.
    En ce qui concerne l’article de C. Gave, finalement aujourd’hui, soit cinq mois plus tard, on voit que Trump n’a pas été ni assassiné ni destitué mais qu’il mène la politique pour laquelle il n’a pas été élu. Contre lui-même, il continue la politique des hommes du complexe militaro-industriel. On peut dire qu’il s’est parfaitement fait aligner. C’est pour cela que son attitude dans les affaires internationales parait passablement cohérente, menée à coup de foucades. Il s’est grandement soumis et se retrouve complètement contrôlé par ses propres conseillers.


    • Eric83 Le 30 novembre 2017 à 14h07
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      “Le NYT est en tête de la Presse occidentale pour mener une lutte non seulement contre Trump…”.

      Le Washington Post, journal de propagande au service notamment de la CIA et détenu par Jeff Bezos, le Pdg d’Amazon , est certainement aussi – voire plus – dangereux que le NYT.

      “Mais Bezos/Amazon a un trait bien particulier, qui est son accointance extrêmement forte et publiquement affichée avec la Communauté de Sécurité Nationale (CSN), et particulièrement la communauté du renseignement. Sa collaboration avec la CIA se fait désormais de façon ouverte, depuis le marché (2013) de $600 millions entre Amazon et la CIA, qui permit à Bezos d’acquérir le Washington Post. Le quotidien devint aussitôt l’organe officiel de la sécurité nationale et particulièrement de la CIA, et, pendant la campagne USA-2016, l’organe anti-Trump au nom de la position de la CIA”.

      http://www.dedefensa.org/article/lhomme-aux-100-milliards-et-la-cia


  4. Pierre de Saint Hippolyte Le 30 novembre 2017 à 09h38
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    Vous avez lu “Le Monde Diplomatique” de décembre? Il traite très bien ce sujet


  5. keg Le 30 novembre 2017 à 10h05
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    Il fut un temps où l’information était objective, car neutre. Une information était et restait une information.

    On a crée un bel oxymore “neutralité des médias”…. Aujourd’hui, il n’y a plus d’information, mais uniquement de la propagande. Un exemple extra ordinaire… la Pub devenue elle aussi propagande incursive de nos vies mais à l’inverse des médias, ses sociétés se font des couilles en or…. alors que les média, sans les aides d’état ne serviraient plus que de PQ comme avant, comme avant quand elle restait informative. On achetait le journal pour le découper en feuille de chiottes (qui n’a connu les feuillets au bout du jardin…., n’a rien connu. Il est vrai que c’était il y a 60 ans et plus. Même les journaux partisan y passaient. Preuve que déjà s’amorçait la méfiance..)

    .https://wp.me/p4Im0Q-2cp


  6. Bordron Georges Le 30 novembre 2017 à 10h26
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    Erratum: parlant de l’attitude de Trump à l’international, je voulais dire “incohérente”.
    Manque d’aisance au clavier, j’en oublie des lettres!


  7. Bordron Georges Le 30 novembre 2017 à 11h18
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    D’ailleurs, la présidence bizarre de Trump pourrait finalement conduire à un résultat plutôt inattendu.
    Trump n’a, en aucun cas, contribué à la politique agressive désastreuse des USA depuis au moins la deuxième guerre du Golf. Lors de sa campagne, il avait manifesté son hostilité à ces combats menés à l’extérieur du pays; ce qui l’a mis en opposition avec le complexe militaro-industriel. Mais il en est maintenant l’héritier obligé de la situation. Contraint par son entourage diplomatique et militaire il ne peut pas fortement, réduire la voilure de l’hégémonie US. Pourtant progressivement, cela pourrait permettre un compromis international qui mènerait moins surement à la guerre que cela aurait pu être lors d’une présidence à la Hillary avec le parti démocrate.


  8. Eric83 Le 30 novembre 2017 à 12h25
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    Après “L’assaut du New York Times contre la liberté de la presse par Daniel Lazare”,

    voici l’assaut du Congrès US contre la liberté de la presse…enfin celle des médias russes.

    “Le Congrès américain retire à RT ses accréditations pour couvrir l’actualité parlementaire” :

    https://francais.rt.com/international/46077-congres-americain-retire-rt-ses-accreditations-couvrir-actualite-parlementaire

    Mais dites-moi, dites moi, jusqu’où s’arrêteront-ils ?


    • Vincent P. Le 30 novembre 2017 à 21h52
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      Ils peuvent aller très loin, c’est certain.

      Mais si vous voulez mon avis, ils ne dépasseront jamais Smolensk !


  9. Seraphim Le 30 novembre 2017 à 15h47
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    “l’intégration des médias d’entreprise et de la « communauté du renseignement » sera ainsi achevée” Haha, rien de nouveau sous le soleil pourtant:
    Le 22 décembre 1963, soit un mois après l’assassinat de JFK, l’ex-président Truman, pourtant pas un enfant de choeur en la matière, fait paraitre un long article dans le Washington Post, alertant ses concitoyens sur la dérive de la CIA:..”J’ai été parfois perturbé par la façon dont la CIA a été détournée de sa mission d’origine. C’est devenu le bras opérationnel et parfois le stratège décideur du gouvernement…la façon dont la CIA fonctionne jette une ombre sur notre position historique etc..” Par l’homme qui avait créé la CIA, en 1947! Que croyez-vous qu’il arrivât, médiatiquement parlant? Eh bien rien, rien du tout. Son article n’a été repris ni commenté par personne, aucun éditorial, silence total. C’était la censure par l’absence, exactement comme maintenant. L’intégration était DEJA achevée!


  10. Pinouille Le 30 novembre 2017 à 16h43
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    Résumons:
    On nous fait la démonstration que le NYT prend l’habitude de tordre les faits, ou d’inventer/reprendre des bobards gros comme une maison pour alimenter sa propagande.
    Puis le NYT constate une tendance croissante de l’américain moyen à se détourner de lui pour aller consulter des sources d’informations alternatives ou étrangères.
    Sa réaction: tordre d’avantage les faits pour diaboliser d’avantage le média concurrent, et pourquoi pas le censurer.

    Cette attitude a un nom: fanatisme


    • Seraphim Le 01 décembre 2017 à 07h52
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      Ce n’est pas à proprement parler du fanatisme. Mais plutôt de la défense de ses propres intérêts selon la loi du plus fort, même moyennant les concessions d’usage sur le respect de la loi, l’égalité de traitement etc..le problème réside dans la croyance des pourvoyeurs d’information alternative, blogueurs ou RT, qu’ils peuvent ébranler cet état de fait. On l’a vu récemment avec les snipers géorgiens dans un média italien. Flop. Comme les articles si fort de Théodore Postol du MIT sur les bombardements chimiques en Syrie. Ou bien wikileaks ayant démontré de façon irréfutable, par les emails Clinton, l’inconséquence et la perversion Sarkozy de la destruction de la Libye et pourtant Macron hier encore déclamait que les Africains sont responsables de l’esclavage des Africains en Libye


  11. Pinouille Le 01 décembre 2017 à 10h29
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    “Ce n’est pas à proprement parler du fanatisme. Mais plutôt de la défense de ses propres intérêts selon la loi du plus fort…”

    Vos parole sont censées et mesurées, mais comment expliquer qu’une rédaction (journalistes, déontologie, etc) puisse se soumettre toute entière à ce qui ressemble tout de même à des aberrations de traitement de l’information au nom des intérêts que vous soulignez? Le cynisme ne peut pas être généralisé à ce point. Il y a là quelque chose que je n’explique pas autrement que par l’auto-conviction que “nous c’est le bien et l’autre c’est le mal” (mais je serais heureux de changer de point de vue, tant ce dernier me paraît irréel).

    Qu’est ce qui se passe dans la tête du journaliste qui va écrire un article sur les armes sonores russes? … Pour ensuite se rendre compte qu’il s’agissait de grillons… Et se consterner du constat que le public se détourne de lui au profit d’autres sources.


    • Seraphim Le 02 décembre 2017 à 02h28
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      Moi non plus je ne me l’explique pas trop. Mais c’est un fait. “Il n’y a rien de plus décevant qu’un fait” selon Sherlock Holmes. L’adhésion silencieuse et quasi totale des journalistes à l’esprit dominant relève-t-elle de la flagornerie poussée jusqu’au réflexe? Ou d’une communication spirituelle avec le mal par des biais apparemment très innocents mais conduisant tout de même au mal réel et profond ? C’est possible hélas!


      • Dominique Le 02 décembre 2017 à 18h37
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        « L’adhésion silencieuse et quasi totale des journalistes à l’esprit dominant relève-t-elle de la flagornerie poussée jusqu’au réflexe ? »
        Plus pragmatiquement : Est-on sûr de cette adhésion ? Un journaliste est un humain comme un autre : il doit bien manger, et pour cela être payé en contrepartie d’un boulot.


  12. Haricophile Le 01 décembre 2017 à 13h23
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    C’est la mise en place du grand pare-feu de la démocratie populaire Chinoise, oops, de la plus grande démocratie du monde étatsunienne. C’est un gros package qui inclut aussi la fin de la neutralité du Net.

    D’ailleurs internet c’est une utopie de partage ratrappée par la réalité des choses. Une utopie politiques bien entendu, au niveau technique on est loin d’avoir exploité sérieusement toutes les capacités de partage.


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