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6.octobre.20136.10.2013 // Les Crises

[Article] Les meilleures pratiques de l’effondrement social, par Dmitry Orlov

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Je poursuis la petite série de textes que je trouve intéressants de Dmitry Orlov, ils aident à la réflexion. Il est né à Leningrad et a immigré aux États-Unis à l’âge de douze ans. Il a été témoin de l’effondrement soviétique lors de plusieurs visites prolongées sur sa terre natale russe entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990. Il est ingénieur et a contribué à des champs aussi variés que la physique des hautes énergies et la sécurité informatique.

Ce texte de fond est du 14 février 2009, donc juste après le pic de la Crise de 2008, et développe son propos précédent sur la situation américaine. Je le publie avec l’accord du traducteur, orbite.info, que je remercie.

Les meilleures pratiques de l’effondrement social

Par Dmitry Orlov – 14 février 2009

Bonsoir Mesdames, Messieurs. Merci d’être venus. Il est sans aucun doute agréable de traverser tout le continent nord-américain et d’avoir quelques personnes pour venir vous voir, même si l’occasion n’est pas heureuse. Vous êtes ici pour m’écouter parler d’effondrement social et des façons variées dont nous pourrions éviter de foirer cela, ainsi que toutes les autres choses qui sont mal parties. Je sais que c’est beaucoup vous demander, car pourquoi ne voudriez-vous pas à la place aller manger, boire, et être gai ? Bon, peut-être qu’il restera du temps pour cela après mon exposé.

Je voudrais remercier la Fondation du long maintenant1La Long Now Foundation est une organisation privée désireuse d’envisager l’avenir de l’humanité sur un très long terme. de m’avoir invité, et je me sens très honoré de passer dans le même lieu que de nombreux professionnels sérieux tels que Michael Pollan2Michael Pollan est un auteur et un journaliste connu plus particulièrement pour sa critique de l’alimentation industrielle., qui sera ici en mai, ou certains des orateurs précédents, tels que Nassim Taleb3Nassim Nicholas Taleb est un expert en mathématiques financières connu pour ses travaux sur les événements rares., ou Brian Eno4Brian Peter George Eno est un musicien et producteur anglais, père de la musique d’ambiance et vulgarisateur de la composition aléatoire. — quelques-unes de mes personnes préférées, vraiment. Je suis juste un touriste. J’ai pris l’avion jusqu’ici pour donner cette conférence et visiter les sites touristiques, ensuite je rentrerai à Boston et je retournerai à mon gagne-pain. Et puis, je suis aussi blogueur. Et j’ai aussi écrit un livre. Mais bon, tout le monde a un livre, à ce qu’il semble.

Vous pourriez vous demander, alors : Pourquoi bon sang a-t-il été invité à parler ici ce soir ? Il semble que je profite de mon moment sous les projecteurs, parce que je suis l’une des très rares personnes qui ont prédit sans équivoque il y a plusieurs années la fin des États-Unis en tant que superpuissance globale. L’idée que les États-Unis suivraient le chemin de l’Union soviétique semblait absurde à l’époque. Elle ne semble plus si absurde. Je présume que certains d’entre vous réservent leurs paris. Comment vont les réserves de fonds5Dans le texte : I take it some of you are still hedging your bets. How is that hedge fund doing, by the way?. L’expression to hedge one’s bet, désigne au sens propre l’action de couvrir les pertes potentielles d’un pari en misant simultanément sur le pari contraire, et au sens figuré le fait de différer un choix difficile. Un hedge fundest un fond d’investissement spéculatif., à propos ?

Je pense que je préfère rester un simple touriste, parce que j’ai appris par l’expérience — heureusement, l’expérience d’autres gens — qu’être prévisionniste en effondrement de superpuissance n’est pas un bon choix de carrière. J’ai appris cela en observant ce qui est arrivé aux gens qui ont réussi à prévoir l’effondrement de l’Union soviétique. Savez-vous qui est Andreï Amalrik6Andreï Alexievitch Amalrik fut un écrivain et un dissident soviétique, auteur d’un essai publié en 1970 sous le titre L’Union Soviétique survivra-t-elle en 1984 ?, fort peu pris au sérieux à l’Est comme à l’Ouest. ? Vous voyez, c’est exactement ce que je veux dire. Il a prédit avec succès l’effondrement de l’Union soviétique. Il ne s’était trompé que d’une demi-décennie. Cela a été une autre leçon précieuse pour moi, c’est pourquoi je ne donnerai pas la date exacte à laquelle les États-Unis deviendront les ex-États-Unis. Mais même si quelqu’un pouvait chorégraphier l’ensemble de l’événement, cela ne produirait guère de carrière, parce qu’une fois que tout commence à tomber en morceaux, les gens ont des choses bien plus importantes à s’occuper que de s’émerveiller des formidables capacités prédictives d’une quelconque Cassandre.

J’espère avoir fait comprendre que je ne suis aucunement ici en qualité de professionnel. Je considère ce que je fais comme une sorte de bénévolat. Alors, si vous n’aimez pas mon exposé, ne vous inquiétez pas pour moi, il y a beaucoup d’autres choses que je peux faire. Mais j’aimerais que mes idées puissent servir durant ces temps difficiles et confus, pour des raisons altruistes principalement, mais pas seulement. Cela parce que, lorsque les temps deviennent vraiment durs, comme ils l’ont été quand l’Union soviétique s’est effondrée, beaucoup de gens perdent complètement pied. Les hommes, particulièrement. Les hommes d’âge mûr, prospères, chefs de familles, les piliers de la société, s’avèrent particulièrement vulnérables. Et lorsqu’ils perdent complètement pied, ils deviennent une très ennuyeuse compagnie. Mon espoir est qu’une certaine quantité de préparation, psychologique et autrement, puisse les rendre beaucoup moins fragiles, et un peu plus utiles, et qu’ils soient généralement de moindres fardeaux.

Les femmes semblent bien plus capables de faire face. Peut-être est-ce parce qu’elles ont une moindre part de leur ego investie dans toute la douteuse entreprise, ou peut-être que leur sens de la responsabilité personnelle est lié à ceux qui les entourent et non à une nébuleuse et grandiose entreprise. En tout cas, les femmes semblent toujours bien plus capables de simplement mettre leurs gants de jardinage et d’aller faire quelque chose d’utile, tandis que les hommes ont tendance à s’asseoir et à geindre sur l’empire, la république, ou quoi que ce soit qu’ils aient perdu. Et lorsqu’ils font cela, ils deviennent une très ennuyeuse compagnie. Aussi, sans un peu de préparation mentale, les hommes sont tous susceptibles de finir solitaires et très saouls. Donc, c’est ma petite intervention.

La théorie comparative des effondrements de superpuissances

Dmitry Orlov

S’il y a une chose que j’aimerais revendiquer comme mienne, ce serait la théorie comparative des effondrements de superpuissances. Pour l’instant, cela reste une simple théorie, bien qu’elle soit en train d’être très minutieusement testée. La théorie affirme que les États-Unis et l’Union soviétique se seront effondrés pour les mêmes raisons, à savoir : un déficit sévère et chronique de la production de pétrole brut (cet élixir magique, générateur de dépendance, des économies industrielles), un déficit du commerce extérieur sévère et empirant, un budget militaire incontrôlable, et une dette extérieure se boursouflant. J’appelle cette liste d’ingrédients particulière : la soupe d’effondrement de superpuissance. D’autres facteurs, tels que l’incapacité à fournir une qualité de vie acceptable à ses citoyens, ou un système politique systématiquement corrompu, incapable de réforme, n’aident certainement pas, mais ils ne mènent pas automatiquement à l’effondrement, car ils ne mettent pas le pays sur une trajectoire de collision avec la réalité. Ne soyez pas trop préoccupés, cependant, car, comme je l’ai mentionné, ce n’est qu’une théorie. Ma théorie.

Je travaille sur cette théorie depuis environ 1995, quand il m’est apparu que les États-Unis retraçaient la même trajectoire que l’Union soviétique. Comme c’est si souvent le cas, avoir cette réalisation était grandement dû au fait de se trouver au bon endroit au bon moment. Les deux plus importantes méthodes pour résoudre des problèmes sont : 1) en connaissant la solution d’avance, et 2) en la devinant correctement. J’ai appris cela en école d’ingénieur — d’un certain professeur. Je ne suis pas très bon aux devinettes, mais je connais parfois la réponse en avance.

J’étais très bien placé pour avoir cette réalisation parce que j’ai grandi à cheval sur les deux mondes — l’Union soviétique et les États-Unis. J’ai grandi en Russie, et j’ai déménagé aux États-Unis quand j’avais douze ans, et donc je parle couramment le russe, et je comprends l’histoire russe et la culture russe comme seul un Russe peut les comprendre. Mais je suis passé par le lycée et l’université aux États-Unis. J’ai fait carrière dans de nombreuses industries ici, j’ai largement voyagé à travers le pays, et donc j’ai aussi une très bonne compréhension des États-Unis avec toutes leurs bizarreries et leurs idiosyncrasies. Je suis retourné en Russie en 1989, quand les choses là-bas semblaient plus ou moins alignées sur la norme soviétique, et à nouveau en 1990, quand l’économie était à un point mort, et que de grands changements étaient clairement en route. J’y suis retourné encore trois fois au cours des années 1990, et j’ai observé les divers stades de l’effondrement soviétique aux premières loges.

Au milieu des années 1990, j’ai commencé à voir la superpuissance soviétique ou américaine comme une sorte de maladie qui recherche la domination mondiale mais en réalité éviscère son pays hôte, laissant finalement derrière elle une coquille vide : une population appauvrie, une économie en ruine, un legs de difficultés sociales, et un énorme fardeau de dettes. Les symétries entre les deux superpuissances globales étaient alors trop nombreuses pour être mentionnées, et elles sont devenues toujours plus évidentes depuis.

Les symétries des superpuissances peuvent intéresser les cuistres politiques, les mordus d’histoire et divers sceptiques, mais elles ne nous disent rien qui serait utile dans notre vie quotidienne. Ce sont les asymétries, les différences entre les deux superpuissances, que je crois les plus instructives. Quand le système soviétique s’en est allé, beaucoup de gens ont perdu leur boulot, tout le monde a perdu ses économies, les salaires et les pensions ont été retenus pendant des mois, leur valeur a été effacée par l’hyperinflation, il y a eu des pénuries de nourriture, d’essence, de médicaments, de biens de consommation, il y a eu une grande augmentation du crime et de la violence, et pourtant la société russe ne s’est pas effondrée. D’une façon ou d’une autre, les Russes ont trouvé des façons de se débrouiller. Comment cela a-t-il été possible ? Il se trouve que de nombreux aspects du système soviétique étaient paradoxalement résiliants face à un effondrement de l’ensemble du système, beaucoup d’institutions ont continué de fonctionner, et le mode de vie était tel que les gens n’ont pas perdu l’accès à la nourriture, au logement ou au transport, et ont pu survivre même sans revenu. Le système économique soviétique a échoué à prospérer, et l’expérience communiste de construire un paradis ouvrier sur terre fut, finalement, un échec. Mais par un effet secondaire il est parvenu par inadvertance à un haut niveau de préparation à l’effondrement. En comparaison, le système américain a pu produire des résultats significativement meilleurs, pendant un temps, mais au prix de la création et de la perpétuation d’un mode de vie qui est très fragile, et pas du tout capable de résister au choc inévitable. Même après que l’économie soviétique s’est évaporée et que le gouvernement s’est largement arrêté, les Russes avaient encore tout ce qu’il fallait pour travailler. Et donc il y a une profusion d’informations utiles et d’idées que nous pouvons extraire de l’expérience russe, que nous pouvons alors retourner et mettre à bon usage pour nous aider à improviser un nouveau mode de vie ici, aux États-Unis — un mode de vie qui soit plus susceptible de survivre.

Le milieu des années 1990 ne me semblait pas le bon moment pour exprimer de telles idées. Les États-Unis célébraient leur prétendue victoire dans la guerre froide, se remettaient de leur syndrome vietnamien en ramenant l’Irak à l’âge de pierre à coup de bombardement, et les cuistres de la politique étrangère inventaient le terme hyper-puissance et divaguaient sur la domination à tous les niveaux7Dans le texte : full-spectrum dominance, une doctrine militaire américaine visant à maîtriser tous les aspects de la guerre : la terre, la mer, les airs, la propagande…. Toute sorte de chose idiote se produisait. Le professeur Fukuyama nous disait que l’histoire était terminée, et donc nous étions en train de construire le meilleur des mondes où les Chinois feraient des trucs en plastique pour nous, les Indiens fourniraient le service après-vente quand ces trucs fabriqués en Chine tomberaient en panne, et nous paierions pour tout cela juste en revendant des maisons, en prétendant qu’elles valaient beaucoup d’argent alors qu’elles n’étaient vraiment que des bouts de camelote inutiles. Alan Greenspan8Alan Greenspan, économiste et membre du Parti républicain, est surtout connu pour avoir dirigé la Réserve fédérale (la banque centrale américaine) de 1987 à 2006. nous réprimandait sur l’exubérance irrationnelle tout en dépréciant constamment les taux d’intérêt. C’était l’économie de Boucle d’or9D’après la scène du conte Boucle d’or et les trois ours, où Boucle d’or goûte les bols de gruau de la famille ours et opte pour celui à la température adéquate. — ni trop chaude, ni trop froide. Vous vous en souvenez ? Et maintenant il s’avère que c’était en fait plutôt une économie de fée Clochette, parce que les cinq dernières années environ de croissance économique ont été plus ou moins une hallucination, basée sur diverses pyramides d’endettement, tout le château de carte comme l’a désigné un jour le président Bush durant l’un de ses moments de lucidité. Et maintenant nous pouvons jeter un regard sur cela avec un drôle de sentiment nauséeux, ou nous pouvons regarder en avant et ne rien ressentir d’autre que le vertige.

Garder la théorie pour soi, observer l’effondrement pétrolier

Dmitry Orlov

Pendant que toutes ces choses idiotes se déroulaient, j’ai pensé qu’il valait mieux garder ma théorie comparative de l’effondrement des superpuissances pour moi. Pendant ce temps, je surveillais les actions de l’industrie pétrolière, car j’avais compris que les importations de pétrole sont le talon d’Achille de l’économie américaine. Au milieu des années 1990 le pic absolu de la production mondiale de pétrole était prévu pour le tournant du siècle. Mais alors beaucoup de choses se sont produites qui l’ont retardé d’au moins une demi décennie. Peut-être que vous l’avez remarqué aussi, il y a une sorte de refrain ici : les gens qui essayent de prédire de grands changements historiques s’avèrent toujours s’être trompés d’environ une demi décennie. Les prédictions ratées, d’un autre côté, sont toujours exactes en terme de minutage : le monde tel que nous le connaissons a échoué à se finir précisément à minuit le 1er janvier 2000. Peut-être y a-t-il un principe physique impliqué : l’information se répand à la vitesse de la lumière, tandis que l’ignorance est instantanée en tout point de l’univers connu. Aussi veuillez prendre note mentalement : chaque fois qu’il vous semble que je suis en train de faire une prédiction spécifique quant au moment où je pense que quelque chose va probablement se produire, ajoutez silencieusement plus ou moins une demi décennie.

En tout cas, il y a environ une demi-décennie, j’ai finalement pensé que le moment était venu, et, comme cela s’est avéré, je n’étais pas très loin. En juin 2005 j’ai publié un article sur ce sujet, intitulé Leçons post-soviétiques pour un siècle post-américain, qui a été très populaire, même au point que j’ai été payé pour cela. Il est disponible à divers endroits sur l’internet. Un peu plus tard j’ai quelque peu formalisé ma pensée par le concept du retard d’effondrement, que j’ai présenté lors d’une conférence à Manhattan en avril 2006. Les diapositives de cette présentation, intitulée Combler le retard d’effondrement, ont été publiées sur l’internet et téléchargées quelques millions de fois depuis. Ensuite, en janvier 2008, quand il est devenu apparent pour moi que l’effondrement financier était bien parti, et que d’autres stades d’effondrement allaient suivre, j’ai publié un cours article intitulé Les cinq stades de l’effondrement, que j’ai ensuite développé en un exposé que j’ai donné à une conférence dans le Michigan en octobre 2008. Finalement, à la fin de 2008, j’ai annoncé sur mon blog que je me retirais des affaires de pronostic. J’avais fait suffisamment de prédictions, elles semblent toutes en très bonne voie (ajoutez ou retirez une demi décennie, n’oubliez pas cela), l’effondrement est bien en route, et maintenant je suis juste un observateur.

Les meilleures pratiques de l’effondrement social

Dmitry Orlov

Mais cette conférence traite d’autre chose, quelque chose d’autre que de faire de terribles prédictions puis de crâner lorsqu’elles se réalisent. Voyez-vous, il n’y a rien de plus inutile que les prédictions, une fois qu’elles se sont réalisées. C’est comme regarder les choix d’actions en bourse formidablement réussis de l’année dernière : qu’allez-vous en faire cette année ? Ce dont nous avons besoin ce sont des exemples de choses dont il a été démontré qu’elles fonctionnent dans l’environnement étrange et inconnu de l’après-effondrement auquel nous devrons probablement nous confronter. Stewart Brand10L’un des fondateurs de la Long Now Foundation. a proposé comme titre de la conférence : Les meilleures pratiques de l’effondrement social, et j’ai pensé que c’était une excellente idée. Bien que le terme les meilleures pratiques se soit dilué avec le temps pour ne signifier parfois guère plus que de bonnes idées, initialement il représentait le processus consistant à abstraire des techniques utiles à partir d’exemples de ce qui avait fonctionné par le passé et à les appliquer à des situations nouvelles, de façon à contrôler le risque et à accroître les chances d’obtenir un résultat positif. C’est une façon d’éviter beaucoup d’essais et d’erreurs, de délibérations et d’expérimentations, et de suivre simplement ce qui marche.

Dans une organisation, particulièrement une grande organisation, les meilleures pratiquesoffrent aussi une bonne façon d’éviter de douloureux épisodes où l’on voit des collègues essayer de penser hors des cadres à chaque fois qu’ils sont confrontés à un problème nouveau. Si vos collègues étaient doués pour penser en dehors des cadres, ils ne se sentiraient pas à ce point obligés de passer toute leur vie professionnelle assis dans une boîte à tenir chaud à un fauteuil de bureau. S’ils étaient doués pour penser en dehors des cadres, ils auraient déjà trouvé un moyen de s’échapper de ce cadre. Alors peut-être que ce qui les rendrait à nouveau heureux et productifs est que quelqu’un vienne et leur donne un cadre différent à l’intérieur duquel penser — un cadre mieux adapté à l’environnement post-effondrement.

Voici l’idée clef : vous pourriez penser que lorsque l’effondrement se produit, rien ne marche. Ce n’est tout simplement pas le cas. Les anciennes manières de faire ne marchent plus, les anciennes hypothèses sont toutes invalidées, les buts conventionnels et la mesure du succès deviennent sans pertinence. Mais un autre type de but, de technique, et de mesure du succès peut être mis en œuvre immédiatement, et le plus tôt est le mieux. Mais assez de généralités, passons en revue certaines spécificités. Nous allons commencer avec quelques généralités, et, comme vous le verrez, tout cela va devenir très, très spécifique plutôt rapidement.

Voici une autre idée clef : il y a très peu de choses qui soient positives ou négatives en soi. Presque tout est une question de contexte. Maintenant, il se trouve que la plupart des choses qui sont positives avant l’effondrement s’avèrent négatives une fois que l’effondrement se produit, et vice versa. Par exemple, avant l’effondrement, avoir beaucoup d’inventaire dans une société est mauvais, parce que les sociétés doivent l’entreposer et le financer, donc elles essayent d’avoir un inventaire juste-à-temps. Après l’effondrement, un grand inventaire s’avère très utile, parce qu’elles peuvent le troquer contre les choses dont elles ont besoin, et qu’elles ne peuvent facilement en obtenir davantage parce qu’elles n’ont pas le moindre crédit. Avant l’effondrement, il est bon pour une société d’avoir la juste quantité de personnel et une organisation efficace. Après l’effondrement, ce que l’on veut est une gigantesque et indolente bureaucratie qui ne puisse exécuter les opérations ou virer les gens assez vite grâce à un pur traînage de savate bureaucratique. Avant l’effondrement, ce que l’on veut est un secteur de la distribution efficace et un bon service client. Après l’effondrement, on regrette de ne pas avoir eu un secteur de la distribution peu fiable, avec des pénuries et des files d’attentes, parce que les gens auraient été forcés d’apprendre à bouger pour eux-mêmes au lieu de rester à attendre que quelqu’un vienne les nourrir.

L’état des États-Unis : ce que suggère Washington

Dmitry Orlov

Si vous le remarquez, aucune des choses que j’ai mentionnées n’a la moindre incidence sur ce que l’on perçoit communément comme la santé économique. Avant l’effondrement, le positif macro-économique global est une économie en expansion. Après l’effondrement, la contraction économique est une donnée, et le positif macro-économique global devient quelque chose comme un impondérable, alors nous sommes forcés d’écouter beaucoup d’absurdités. La situation est soit légèrement meilleure qu’attendue soit légèrement pire. Nous sommes toujours à des mois ou à des années d’un rétablissement économique. Les affaires vont reprendre tôt ou tard, parce qu’une tête de pompon le dit à la télévision.

Mais démontons cela. En commençant par le plus général, quels sont les objectifs macro-économiques actuels, si l’on écoute l’air chaud qui vient de Washington en ce moment ? Premièrement : la croissance, bien sûr ! Faire tourner l’économie. Nous n’avons rien appris du dernier énorme pic du prix des produits de bases, alors réessayons. Cela demande une stimulation économique, c’est à dire d’imprimer de la monnaie. Voyons à quelle hauteur les prix montent cette fois. Peut-être que cette fois nous atteindrons l’hyper-inflation. Deuxièmement : stabiliser les institutions financières, obtenir des banques qu’elles prêtent — c’est important aussi. Vous voyez, nous n’avons tout simplement pas encore assez de dette, c’est notre problème. Nous avons besoin de davantage de dette, et vite ! Troisièmement : des emplois ! Nous avons besoin de créer des emplois. Des emplois à bas salaire, bien sûr, pour remplacer tous les emplois industriels à haut salaire que nous avons perdus depuis des décennies maintenant, et que nous remplaçons par des emplois de service à bas salaire, principalement des emplois sans sécurité ni avantage social. En ce moment, beaucoup de gens pourraient freiner le train auquel ils s’enfoncent dans l’endettement s’ils quittaient leur emploi. C’est à dire que leur emploi est une perte nette pour eux en tant qu’individu aussi bien que pour l’économie dans son ensemble. Mais bien sûr, nous avons besoin de davantage de cela, et vite !

C’est donc là où nous en sommes maintenant. Le navire est sur la roche, l’eau monte, et le capitaine crie : En avant à toute vapeur ! Nous voguons vers l’Afghanistan ! Restez-vous à écouter Achab11Achab est le capitaine du baleinier Pequod dans le roman d’Herman Melville Moby Dick, un personnage tragique tendu vers sa propre perte, entraînant son équipage dans la mort. sur la passerelle, ou désertez-vous votre poste dans la salle des machines pour aider à déployer les radeaux de survie ? Si vous pensiez que les précédents épisodes d’accroissement incontrôlé de la dette, les chaînes de Ponzi12La chaîne de Ponzi est une escroquerie consistant à attirer les fonds d’un nombre croissant de pigeons en versant des intérêts alléchants avec le capital des derniers couillonnés. globalisées, et le démembrement de l’économie étaient idiots, je prédis alors que vous trouverez ce prochain épisode d’agrippement à des fétus de paille macro-économiques encore plus idiot. Sauf que ce ne sera pas drôle : ce qui est en train de s’écraser maintenant est notre système de survie, tous les systèmes et les institutions qui nous maintiennent en vie. Et donc je ne recommande pas de rester passivement à regarder le spectacle — à moins que vous éprouviez un désir de mort.

Les priorités post-effondrement : nourriture, logement, transport et sécurité

Dmitry Orlov

En ce moment l’équipe de stimulation économique de Washington est en train de passer son scaphandre et de plonger jusque dans la salle des machines pour essayer d’inventer une façon de faire marcher un moteur diesel sous la mer. Ils parlent de changement, mais en réalité ils sont terrifiés par le changement et s’accrochent de toute leur force au statu quo. Mais ce jeu sera bientôt terminé, et ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils vont faire ensuite.

Alors, que pourraient-ils faire ? Oublier la croissance, oublier les emplois, oublier la stabilité financière. Que devraient être leurs nouveaux objectifs réalistes ? Et bien les voilà : nourriture, logement, transport et sécurité. Leur tâche est de trouver une manière de fournir toutes ces commodités dans l’urgence, en absence d’une économie en fonctionnement, avec le commerce au point mort, avec peu ou pas d’accès aux importations, et de les rendre disponibles à une population largement sans le sou. S’ils réussissent, la société demeurera largement intacte, et sera capable d’entamer un lent et douloureux processus de transition culturelle, et finalement de développer une nouvelle économie, une économie se désindustrialisant graduellement, à un niveau bien plus bas de dépense des ressources, caractérisée par beaucoup d’austérité et même de pauvreté, mais dans des conditions sûres, décentes, et dignes. S’ils échouent la société va graduellement être détruite dans une série de convulsions qui laisseront un pays défunt composé de beaucoup de petits fiefs misérables. Compte-tenu de sa base de ressources grandement épuisée, de son infrastructure dysfonctionnelle en train de s’effondrer, et de son passé de conflits sociaux irrésolus, le territoire des ex-États-Unis subira une dégénérescence régulière ponctuée par des cataclysmes naturels et artificiels.

Nourriture. Logement. Transport. Sécurité. Quand il s’agit de fournir ces nécessités vitales, l’exemple soviétique offre beaucoup de précieuses leçons. Comme je l’ai déjà mentionné, lors d’un effondrement de nombreux négatifs économiques deviennent des positifs, et vice versa. Considérons chacun de ces points un par un.

Le système agro-alimentaire : tirer les leçons de l’exemple soviétique

Dmitry Orlov

L’agriculture soviétique était rongée par une sous-performance constante. Sous de nombreux aspects, c’était le legs de l’expérience de collectivisation désastreuse accomplie dans les années 1930, qui avait détruit nombre des foyers de cultivateurs les plus prospères et parqué les gens dans des fermes collectives. La collectivisation a miné les traditions agricoles basées sur le village qui avaient fait de la Russie pré-révolutionnaire un pays bien nourri qui était aussi le grenier de l’Europe occidentale. Une grande quantité de dommages supplémentaires ont été causés par l’introduction de l’agriculture industrielle. La lourde machinerie agricole a alternativement compacté et lacéré la terre végétale tout en lui administrant des produits chimiques, en l’épuisant et en tuant le biote13Le biote (en anglais : biota) est un mot savant désignant la faune et la flore d’un milieu écologique donné.. Finalement, le gouvernement soviétique dû se tourner vers l’importation de céréales provenant de pays hostiles à ses intérêts — les États-Unis et le Canada — et étendre finalement cela à d’autres denrées alimentaires. L’Union soviétique a connu une pénurie permanente de viande et d’autres aliments riches en protéines, et une grande part des céréales importées a été utilisée pour élever du bétail pour essayer de résoudre ce problème.

Bien qu’il ait été généralement possible de survivre avec la nourriture disponible dans les magasins du gouvernement, le régime résultant aurait été plutôt pauvre, et donc les gens essayaient de le compléter avec la nourriture qu’ils ramassaient, élevaient, ou attrapaient, ou achetaient sur les marchés des fermiers. Les jardins potagers ont toujours été courants, et, une fois que l’économie s’est effondrée, de nombreuses familles se sont mises à faire pousser de la nourriture sérieusement. Les jardins potagers, par eux-mêmes, n’ont jamais été suffisants, mais ils ont fait une énorme différence.

L’année 1990 a été particulièrement dure quand il s’agissait de dégoter quelque chose de comestible. Je me souviens d’une plaisanterie particulière de cette période. L’humour noir a toujours été l’un des principaux mécanismes d’adaptation en Russie. Un homme entre dans un magasin d’alimentation, va au rayon viande, et voit qu’il est complètement vide. Alors il demande au boucher : Vous n’avez pas de poisson ? Et le boucher répond : Non, ici ce que nous n’avons pas c’est la viande. Le poisson c’est ce qu’ils n’ont pas au rayon poissonnerie.

Aussi pauvre qu’il ait été, le système de distribution alimentaire soviétique ne s’est jamais effondré complètement. En particulier, les livraisons de pain ont continué même durant les pires moments, en partie parce que cela a toujours été une très importante part du régime alimentaire russe, et en partie parce que l’accès au pain symbolisait le pacte entre le peuple et le gouvernement communiste, consacré par des slogans révolutionnaires réitérés. Aussi, il est important de se souvenir qu’en Russie la plupart des gens vivaient à distance de marche des boutiques d’alimentation, et utilisaient les transports publics pour quitter leurs potagers, qui étaient souvent situés dans la campagne à la périphérie immédiate de villes relativement denses et compactes. Cette combinaison de facteurs a donné des moments difficiles, mais très peu de malnutrition et pas de famine.

Aux États-Unis, le système agricole est lourdement industrialisé, et dépend d’apports tels que le diesel, les fertilisants chimiques et les pesticides, et, peut-être le plus important, le financement. Dans le climat financier actuel, l’accès des agriculteurs au financement n’est pas du tout assuré. Ce système agricole est efficace, mais seulement si vous considérez le carburant fossile comme une énergie gratuite. En fait, c’est une façon de transformer de l’énergie fossile en nourriture avec un peu d’aide solaire, au point que dix calories d’énergie fossile est incorporée dans chaque calorie consommée en tant que nourriture. Le système de distribution fait lourdement usage de camions diesels réfrigérés, transportant les aliments sur des centaines de kilomètres pour ravitailler les supermarchés. Le pipeline de nourriture est long et fin, et il ne faut qu’une paire de jours d’interruption pour que les étalages des supermarchés soient mis à nu. Beaucoup de gens vivent dans des lieux qui ne sont pas à distance de marche des magasins, pas desservis par les transports publics, et ils seront coupés des sources de nourriture une fois qu’ils ne pourront plus conduire.

En dehors des chaînes de supermarchés, une grande partie des besoins nutritifs sont satisfaits par un assortiment de gargotes de restauration rapide et de supérettes14Dans le texte : convenience stores, quelque chose entre la supérette de quartier, la boutique de station-service et l’épicerie arabe.. En fait, dans nombre des quartiers les moins à la mode des grandes et petites villes, la restauration rapide et la nourriture de supérette sont tout ce qui est disponible. Dans un avenir proche, cette tendance va probablement s’étendre aux quartiers les plus prospères des villes et des banlieues15Les grandes banlieues pavillonnaires, peuplées par la classe moyenne et très éloignées des centres urbains..

Les groupes de restauration rapide tels que McDonald’s ont plus de moyens de réduire leurs coûts, et donc ils pourraient se montrer un peu plus résiliants face à l’effondrement économique que les chaînes de supermarché, mais ils ne se substitueront pas à la sécurité alimentaire, car eux aussi dépendent de l’industrie agro-alimentaire. Leurs ingrédients, tels que le sirop de maïs à haute teneur en fructose, les patates génétiquement modifiées, divers compléments à base de soja, le bœuf, le porc et le poulet élevés en usine, et ainsi de suite, sont dérivés du pétrole, dont les deux tiers sont importés, ainsi que le fertilisant fabriqué à partir du gaz naturel. Ils pourront peut-être rester en fonctionnement plus longtemps, en fournissant de la nourriture-qui-n’est-pas-vraiment-de-la-nourriture, mais finalement ils tomberont à cours d’ingrédients ainsi que le reste de la chaîne de distribution. Avant cela, il se pourrait qu’ils vendent pendant un temps des hamburgers qui ne soient pas vraiment des hamburgers, comme ce pain qui n’était pas vraiment du pain que le gouvernement soviétique distribuait à Leningrad durant le blocus nazi. C’était essentiellement de la sciure, avec un peu de farine de seigle ajoutée pour le goût.

La nourriture : comment éviter le pire

Dmitry Orlov

Pouvons-nous trouver une façon d’éviter ce lamentable scénario ? L’exemple russe peut nous donner un indice. De nombreuses familles russes pouvaient jauger à quelle vitesse l’économie était en train de s’écraser, et, en se basant sur cela, décidaient du nombre de rangs de patates à planter. Pourrions-nous peut-être faire quelque chose de similaire ? Il y a déjà un solide mouvement pour le jardinage aux États-Unis ; peut-on l’élargir ? Le truc est de rendre de petites portions de terre arable disponibles pour la mise en culture non-mécanique par des individus et des familles, en incréments aussi petits que cent mètres carrés. Les coins idéaux seraient des bouts de terre fertiles avec un accès aux rivières et aux ruisseaux pour l’irrigation. Des dispositions devraient être prises pour des campements et du transport, permettant aux gens d’entreprendre des migrations saisonnières vers la terre pour cultiver durant la saison de croissance, et de haler le produit jusqu’aux centres de population après avoir fait la récolte.

Une approche encore plus simple a été utilisée avec succès à Cuba : convertir des places de stationnement urbaines et d’autres bouts de terrain vides en plantation en jardinières. Au lieu de continuellement véhiculer les légumes et autre nourriture, il est bien plus facile d’apporter le sol, le compost, et le paillis une fois par saison. Les autoroutes surélevées peuvent être fermées à la circulation (puisqu’il est improbable qu’il y ait beaucoup de circulation en tout cas) et utilisées pour récupérer l’eau de pluie pour l’irrigation. Les toits et les balcons peuvent être utilisés pour des serres, des poulaillers, et divers autres usages agricoles.

À quel point cela serait-il difficile à organiser ? Et bien, les Cubains ont en fait été aidés par leur gouvernement, mais les Russes sont parvenus à le faire plus ou moins malgré les bureaucrates soviétiques, et donc nous pourrions être capables de le faire malgré les bureaucrates américains. Le gouvernement pourrait théoriquement prendre la tête d’un tel effort, hypothétiquement parlant bien sûr, parce que je ne vois aucune preuve qu’un tel effort soit en train d’être envisagé. Pour nos intrépides dirigeants nationaux, de telles initiatives sont de trop bas niveau : s’ils stimulent l’économie et obtiennent que les banques prêtent à nouveau, les patates vont simplement pousser toutes seules. Tout ce qu’ils doivent faire est d’imprimer un peu plus d’argent, n’est-ce pas ?

Le logement : l’état actuel et l’avenir proche

Dmitry Orlov

Passons au logement. À nouveau, regardons comment les Russes sont parvenus à se débrouiller. En Union soviétique, les gens ne possédaient pas leur lieu de résidence. Tout le monde se voyait assigné à un lieu pour vivre, lequel était enregistré dans le passeport intérieur de la personne. Les gens ne pouvaient être délogés de leur lieu de résidence aussi longtemps qu’ils respiraient. Comme la plupart des gens en Russie vivaient dans des grandes villes, le lieu de résidence était habituellement un appartement, ou une pièce dans un appartement communal, avec salle de bain et cuisine partagées. Il y avait une pénurie permanente de logement, et donc les gens cologeaient souvent, avec trois générations vivant ensemble. Les appartements étaient souvent bondés, parfois à la limite du sordide. Si les gens voulaient déménager, ils devaient trouver quelqu’un d’autre voulant déménager, qui voudrait échanger leur pièce ou leur appartement avec eux. Il y a toujours eu de longues listes d’attente pour les appartements, et souvent les enfants grandissaient, se mariaient, et avaient des enfants avant de recevoir un lieu à eux.

Cela semble être entièrement négatif, mais considérons le revers de tout cela : la densité de population élevée a rendu ce mode de vie très abordable. Avec plusieurs générations vivant ensemble, les membres des familles étaient disponibles pour s’aider les uns les autres. Les grands-parents fournissaient la crèche, libérant le temps de leurs enfants pour qu’ils fassent autre chose. Les immeubles d’appartements étaient toujours construits près des transports publics, donc on n’avait pas à dépendre des voitures particulières pour se déplacer. Les immeubles d’appartements sont relativement économiques à chauffer, et les services municipaux sont faciles à fournir et à entretenir grâce aux courtes longueurs de tuyauterie et de câble. Peut-être plus important, après que l’économie s’est effondrée, les gens ont perdu leurs économies, beaucoup de gens ont perdu leur emploi, même ceux qui avaient encore un emploi n’étaient souvent pas payés pendant des mois, et quand ils l’étaient la valeur de leur salaire était détruite par l’hyper-inflation, mais il n’y a pas eu de saisie, pas d’expulsion, les services municipaux tels que le chauffage, l’eau, et quelque fois même l’eau chaude ont continué à être fournis, et chacun avait sa famille auprès de soi. Aussi, parce qu’il était si difficile de déménager, les gens restaient généralement au même endroit pendant des générations, et donc ils tendaient à connaître tout le monde autour d’eux. Après l’effondrement économique, il y a eu un grand pic du taux de criminalité, ce qui a rendu très utile d’être entouré de gens qui n’étaient pas des étrangers, qui pouvaient garder un œil sur les choses. Enfin, dans un retournement intéressant, le mode de logement soviétique a offert une formidable aubaine finale : dans les années 1990 tous ces appartements ont été privatisés, et les gens qui y vivaient sont soudainement devenu propriétaires d’un bien immobilier de grande valeur, clairement et nettement.

En revenant à la situation aux États-Unis : ces derniers mois, beaucoup de gens se sont réconciliés avec l’idée que leur maison n’est pas un distributeur d’argent, ni un bas de laine. Ils savent déjà qu’ils ne pourront pas prendre leur retraite confortablement en la vendant, ou s’enrichir en la rénovant et en la revendant, et un bon nombre de gens ont acquiescé au fait que les prix de l’immobilier vont continuer de descendre. La question est : à descendre de combien ? Beaucoup de gens pensent encore qu’il doit y avoir une limite inférieure, un prixréaliste. Cette pensée est liée à l’idée que le logement est une nécessité. Après tout, tout le monde a besoin d’un endroit pour vivre.

Et bien, il est certainement vrai qu’une sorte d’abris est une nécessité, que ce soit un appartement, un dortoir, une couchette dans une caserne, un bateau, un camping-car, ou une tente, un tipi, un wigwam,16Le tipi et le wigwam sont deux formes d’habitation légère élaborées par les autochtones américains., un conteneur… La liste est virtuellement infinie. Mais il n’y a aucune raison de penser qu’un pavillon mono-familial de banlieue soit en n’importe quel sens une nécessité. Ce n’est guère plus qu’une préférence culturelle, et de plus à courte vue. La plupart des maisons de banlieue sont chères à chauffer et à refroidir, inaccessibles par les transports publics, chères à relier aux réseaux publics à cause des longueurs de tuyauterie et de câble, et demandent une grande quantité de dépenses publiques supplémentaires pour l’entretien des routes, ponts et autoroutes, les bus scolaires, la régulation de la circulation et d’autres absurdités. Elles occupent souvent ce qui était autrefois de la terre agricole valable. Elles promeuvent une culture centrée sur l’automobile qui détruit les environnements urbains, engendrant une prolifération de centre-villes morts17Lire à ce sujet : Le despotisme de l’image.. Beaucoup de familles qui vivent dans des maisons de banlieue ne peuvent plus se le permettre, et attendent que les autres viennent les secourir.

À mesure que ce mode de vie deviendra inabordable pour tous ceux concernés, il deviendra aussi invivable. Les municipalités et les services publics n’auront pas de fonds à déverser sur les égouts, l’eau, l’électricité, la réparation des routes et des ponts, et la police. Sans essence, gaz naturel et fuel domestique abondant et peu cher, de nombreuses habitations de banlieue deviendront à la fois inaccessibles et invivables. Le résultat inévitable sera une migration massive de réfugiés banlieusards vers les centre-villes plus vivables, plus densément peuplés des grandes et petites villes. Les plus chanceux trouveront des amis ou de la famille avec qui rester ; pour les autres, il sera vraiment utile d’improviser une solution.

Le logement : que peut-on faire ?

Dmitry Orlov

Une réponse évidente serait de réaffecter les immeubles de bureau toujours abondamment vacants à un usage résidentiel. Convertir les bureaux en dortoirs est très simple. Nombre d’entre eux ont déjà des cuisines et des salles de bain, quantité de cloisons et autres meubles, et tout ce qui leur manque vraiment ce sont des lits. Y mettre des lits n’est pas si difficile. La nouvelle économie de subsistance ne générera probablement pas les grands surplus qui sont nécessaires pour maintenir la grande population actuelle de plancton de bureau. Les entreprises qui occupaient ces bureaux ne reviendront pas, donc nous ferions aussi bien de leur trouver de meilleurs usages.

Une autre catégorie de biens immobiliers qui vont probablement rester inutilisés et qui peuvent être réaffectés à de nouvelles communautés est les campus universitaires18Dans le texte : college campuses. Le terme college désigne un établissement dispensant le premier cycle de l’enseignement universitaire, ou toute formation de niveau présumé équivalent, telles qu’on en rencontre en France plutôt dans des établissements qualifiés d’écoles.. Le premier cycle d’enseignement supérieur américain est une institution d’un mérite douteux. Elle existe parce que les écoles publiques américaines échouent à enseigner en douze ans ce que les écoles publiques russes enseignent en huit. Comme de moins en moins de gens se trouveront capables de payer les études, ce qui va probablement arriver, parce que leurs maigres perspectives de carrière après le diplôme les rendront risqués pour les prêts étudiants, peut-être que cela donnera l’impulsion de faire quelque chose pour le système d’éducation publique. Une idée serait de le démolir, puis de commencer petit, mais finalement de construire quelque chose d’un peu plus au niveau des standards mondiaux.

Les campus universitaires font de parfaits centres communautaires : il y a des dortoirs pour les nouveaux venus, des clubs d’étudiants et d’étudiantes pour les résidents plus installés, et beaucoup de grand bâtiments publics qui peuvent être employés à divers usages. Un campus universitaire comporte normalement l’habituelle désolation de pelouse tondue qui peut être réaffectée à la production de nourriture, ou, au strict minimum, de foin, et pour faire paître le bétail. Peut-être que des administrateurs, des mandataires et des membres de faculté éclairés tomberont sur cette idée une fois qu’ils auront vu les inscriptions à plat et les donations chuter à zéro, sans avoir besoin de l’implication du gouvernement. Nous avons donc ici une lueur d’espoir, n’est-ce pas ?

Le transport : des prédictions sinistres

Dmitry Orlov

Passons au transport. Ici, nous avons besoin de nous assurer que les gens ne se trouvent pas isolés dans des endroits où l’on ne peut survivre. Ensuite nous devons nous préparer aux migrations saisonnières vers les lieux où les gens peuvent cultiver, attraper, ou ramasser leur propre nourriture, puis revenir aux lieux où ils peuvent survivre en hiver sans geler à mort ou être rendus fous par l’enfermement. Enfin, une certaine quantité de marchandises devront être déplacées, pour transporter la nourriture jusqu’aux centres de population, ainsi que suffisamment de charbon et de bois de chauffage pour préserver la tuyauterie du gel dans les logis habitables restants.

Tout cela va être un peu un défi, parce que cela repose entièrement sur la disponibilité des carburants de transport, et il semble très probable que les carburants de transport soient à la fois trop chers et disponibles seulement en petites quantités avant longtemps. Depuis environ 2005 et jusqu’à la mi-2008 le pétrole mondial s’est maintenu constant, incapable de croître matériellement au delà d’un niveau qui a été caractérisé comme un plateau bosselé. Un record absolu a été établi en 2005, et ensuite, après une période de records de prix du pétrole, à nouveau seulement en 2008. Puis, comme l’effondrement financier prenait de la vitesse, le prix du pétrole et d’autres produits de base s’est effondré, ainsi que la production de pétrole. Plus récemment, les marchés pétroliers sont venus reposer sur un plateau bosselé tout à fait différent : les prix du pétrole cahotent à environ quarante dollars le baril et ne semblent pas pouvoir aller plus bas. Il apparaîtrait que les coûts de production du pétrole se sont élevés jusqu’au point où cela n’a pas de sens économique de vendre du pétrole sous ce prix.

Maintenant, quarante dollars le baril est un bon prix pour les consommateurs américains en ce moment, mais il y a l’hyper-inflation à l’horizon, grâce à la grande fantasmagorie de l’impression de monnaie en cours à Washington, et quarante dollars pourraient facilement devenir quatre-cent, puis quatre-mille dollars le baril, excluant promptement les consommateurs américains du marché pétrolier international. Par dessus cela, les pays exportateurs rechigneraient à l’idée d’échanger leur pétrole contre une monnaie de plus en plus dépourvue de valeur, et commenceraient à exiger un paiement en nature — sous la forme d’un produit d’exportation tangible, ce que les États-Unis, dans leur état économique actuel, auraient du mal à fournir en quantité importante. La production pétrolière intérieure est en déclin permanent, et ne peut fournir qu’environ un tiers des besoins actuels. Cela fait encore beaucoup de pétrole, mais il sera très difficile d’éviter les répercussions des pénuries de pétrole généralisées. Il y aura un accaparement généralisé, beaucoup d’essence va simplement s’évaporer dans l’atmosphère, exhalée de divers jerricans et conteneurs de stockage improvisés, le reste disparaîtra dans le marché noir, et beaucoup de carburant sera gaspillé à tourner en rond en cherchant quelqu’un désireux de se séparer d’un peu de l’essence requise pour une petite mais critique mission.

Je suis tout à fait familier de ce scénario, parce que je me trouvais en Russie durant une période de pénuries d’essence. À une occasion, j’ai appris par le bouche-à-oreille qu’une certaine pompe à essence était ouverte et distribuait dix litres par personne. J’ai emmené la femme de mon oncle, laquelle était à l’époque enceinte de huit mois, et nous avons essayé d’utiliser son gros ventre pour convaincre l’employé de la pompe à essence de nous donner dix litres de plus avec lesquels nous pourrions la conduire à l’hôpital quand le moment viendrait. Des clous. La réponse désinvolte fut : Tout le monde est enceinte de huit mois ! Comment voulez-vous argumenter contre cette logique ? Alors ça a été dix litres pour nous aussi, ventre ou pas ventre.

Le transport : ce que nous pouvons faire

Dmitry Orlov

Alors, que pouvons-nous faire pour accomplir nos petites missions critiques malgré des pénuries de carburant chroniques ? L’idée la plus évidente, bien sûr, est de n’utiliser aucun carburant. Les bicyclettes, et les vélo-cargos en particulier, sont une excellente adaptation. Les bateaux à voile sont une bonne idée aussi : non seulement ils contiennent une grande quantité de cargaison, mais ils peuvent couvrir d’énormes distances, tout cela sans utilisation de carburant fossile. Bien sûr, ils sont restreints aux côtes et aux voies navigables. Ils seront entravés par le manque de dragage dû aux inévitables déficits budgétaires, et par des ponts qui refusent de s’ouvrir, encore une fois en raison du manque de fonds pour l’entretien, mais ici les anciennes techniques maritimes et l’improvisation peuvent être mises en œuvre pour résoudre de telles difficultés, tout cela en basse technologie et à un prix raisonnable.

Bien sûr, les voitures et les camions ne vont pas disparaître entièrement. Ici, à nouveau, des adaptations raisonnables peuvent être mises en œuvre. Dans mon livre, j’ai plaidé pour l’interdiction des ventes de voitures neuves, comme il a été fait aux États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. Les bénéfices sont nombreux. Premièrement, les voitures usagées sont globalement plus efficaces énergétiquement que les voitures neuves, parce que la quantité massive d’énergie qui est passée dans leur fabrication est plus hautement amortie. Deuxièmement, de grandes économies d’énergie sont cumulées en arrêtant une industrie entière dévouée à la conception, à la construction, à la commercialisation, et au financement de nouvelles voitures. Troisièmement, les voitures usagées demandent plus d’entretien, revigorant l’économie locale au détriment principalement des fabricants de voitures étrangères, et aidant à réduire le déficit commercial. Quatrièmement, cela créera une pénurie de voitures, se traduisant automatiquement en trajets automobiles moins nombreux et plus courts, un taux d’occupation par des passagers plus élevé par trajet, et une plus grande utilisation de la bicyclette et des transports publics, économisant encore plus d’énergie. Enfin, cela permettrait à l’automobile d’être rendue obsolète à peu près dans la même échelle de temps que l’industrie pétrolière qui l’a rendue possible. Nous tomberons à cours de voitures juste quand nous tomberons à cours d’essence.

Nous y voilà, seulement un an après ou presque, et je suis extrêmement réjoui de voir que l’industrie automobile américaine a suivi mon conseil et qu’elle est en train de s’arrêter. D’un autre côté, les actions du gouvernement continuent de décevoir. Au lieu d’essayer de résoudre les problèmes, ils préfèrent continuer de créer des scoubidous. Le dernier en date est l’idée de subventionner les ventes de voitures neuves. L’idée de rendre la voiture plus efficace en faisant des voitures plus efficaces est une pure folie. Je peux prendre n’importe quelle camionnette et accroître son efficacité énergétique de un à deux mille pour cent juste en enfreignant quelques lois. Premièrement, vous entassez une douzaine de gens sur le plateau, se tenant épaule contre épaule comme des sardines19Je n’ai personnellement jamais observé que les sardines se tiennent épaule contre épaule. Je ferai plus attention en ouvrant la prochaine boite.. Deuxièmement, vous conduisez à quarante kilomètres par heure, sur l’autoroute, parce qu’aller plus vite gaspillerait le carburant et serait dangereux pour les gens à l’arrière. Et voilà, une efficacité énergétique par passager accrue d’un facteur vingt ou presque. Je crois que les Mexicains ont fait des recherches approfondies dans ce domaine, avec d’excellents résultats.

Une autre excellente idée défrichée à Cuba est de rendre illégal de ne pas prendre les auto-stoppeurs. Les voitures avec des sièges vacants sont arrêtées et assorties de gens qui ont besoin de faire un bout de chemin. Encore une autre idée : puisque le service de chemin de fer pour les voyageurs est dans un si triste état, et puisqu’il est improbable que l’on trouve des fonds pour l’améliorer, pourquoi ne pas restaurer la vénérable institution de lachevauchée des rails en exigeant des compagnies de fret qu’elles fournissent quelques wagons couverts vides pour les vagabonds20Dans le texte : hobos. Le hobo est, depuis le milieu du XIXe siècle, un travailleur sans domicile se déplaçant clandestinement en train de marchandises, au grès des opportunités d’emploi. L’hebdomadaire littéraire britannique John O’London’s Weekly en donna cette définition : Unhobo est un homme qui construit des palais et vit dans des cabanes. Il construit des Pullman et chevauche les rails. Il construit des automobiles et pousse des brouettes. Il sert des steaks dans le filet et reçoit la soupe des os. Il construit les centrales de l’éclairage électrique et brûle du pétrole. Il construit des opéras et va au cinéma. Il fabrique des bretelles en soie et tient son pantalon avec des cordes. Il fauche la récolte et va à la soupe populaire. Il fabrique de la popeline et porte des salopettes. Il mine de l’or et a les dents colmatées au ciment. Il mine du charbon et grelotte dans la neige. Il construit des gratte-ciels et n’a pas de chez-lui. Il construit des routes et on l’arrête dessus pour vagabondage. Il créé du travail et on lui refuse le droit au travail. Il se bat pour la liberté à l’étranger et on l’enchaîne chez lui. Il a fait le Canada et on lui refuse le vote. ? Le coût énergétique du poids additionnel est négligeable, les vagabonds n’ont pas besoin d’arrêts car ils peuvent sauter en route, et seulement une paire de wagons par train serait nécessaire, parce que les vagabonds sont presque infiniment compressibles, et peuvent même voyager sur le toit si nécessaire. Une dernière idée de transport : commencez à élever des ânes. Les chevaux sont exigeants et chers, mais les ânes peuvent être très économiques et font de bons animaux de charge. Mon grand-père avait un âne lorsqu’il vivait à Tachkent en Asie centrale durant la Seconde Guerre mondiale. Il n’y avait presque rien à manger pour l’âne, mais, en tant que membre du Parti communiste, mon grand-père était abonné à la Pravda, le journal du Parti communiste, et donc c’est ce que l’âne mangeait. Apparemment, les ânes peuvent digérer n’importe quelle sorte de cellulose, même quand elle est chargée de propagande communiste. Si j’avais un âne, je lui donnerais le Wall Street Journal.

La sécurité

Dmitry Orlov

Et donc nous arrivons au sujet de la sécurité. La Russie post-effondrement a souffert d’une sérieuse vague de criminalité. Les mafias ethniques se répandaient, les vétérans qui avaient servi en Afghanistan se sont mis à leur compte, il y avait de nombreux contrats d’assassinat, des agressions, les meurtres restaient irrésolus à gauche et à droite, et, en général, l’endroit n’était simplement pas sûr. Les Russes qui vivaient aux États-Unis, en apprenant que je retournais là-bas pour une visite, me regardaient les yeux écarquillés : comment pouvais-je songer à faire une telle chose. J’en suis sorti indemne, de quelque façon. J’ai fait beaucoup d’observations intéressantes en chemin.

Une observation intéressante est qu’une fois que l’effondrement se produit il devient possible de louer un policier, soit pour une occasion spéciale, ou généralement juste pour suivre quelqu’un. Il est même possible d’embaucher un soldat ou deux, armés d’AK-4721Une arme plus connue sous le nom de Kalashnikov., pour vous aider à faire diverses courses. Non seulement il est possible de faire de telles choses, mais c’est même souvent une très bonne idée, particulièrement si vous vous trouvez avoir quelque chose de précieux dont vous ne voulez pas vous séparer. Si vous ne pouvez vous offrir leurs services, alors vous devriez essayer d’être ami avec eux, et de les aider de diverses façons. Bien que leurs demandent puissent sembler exorbitantes parfois, c’est quand même une bonne idée de faire tout ce que vous pouvez pour les garder de votre côté. Par exemple, ils pourraient à un certain point insister pour que vous et votre famille déménagent dans le garage afin qu’ils puissent vivre dans votre maison. Cela peut-être agaçant au début, mais est-ce vraiment une si bonne idée pour vous de vivre dans une grande maison tout seuls, avec tant d’hommes armés partout ? Cela peut avoir un sens de stationner certains d’entre eux dans votre maison même, afin qu’ils aient une base d’opération à partir de laquelle maintenir une surveillance et patrouiller le voisinage.

Il y a une paire d’années, j’ai proposé en plaisantant à moitié une solution politique d’atténuation de l’effondrement, et j’ai formulé un programme pour le prétendu Parti de l’effondrement. Je l’ai publié avec la mise en garde que je ne pensais pas qu’il y avait beaucoup de chance que mes propositions intègrent l’ordre du jour national. À ma grande surprise, il s’est avéré que j’avais tort. Par exemple, j’ai proposé que nous cessions de faire de nouvelles voitures, et, ô surprise, l’industrie automobile s’arrête. J’ai aussi proposé que nous commencions à amnistier les prisonniers, parce que les États-Unis ont la plus grande population carcérale du monde, et qu’ils ne pourront se permettre de garder tant de gens sous les verrous. Il vaut mieux relâcher graduellement les prisonniers, au fil du temps, plutôt qu’en une seule grande amnistie générale, comme Saddam Hussein l’a fait juste avant l’invasion américaine. Et, ô surprise, de nombreux États commencent à réaliser ma proposition. Il semble que la Californie en particulier va être forcée de relâcher quelques soixante mille des cent-soixante-dix mille prisonniers qu’elle garde enfermés. C’est un bon début. J’ai aussi proposé que nous démantelions toutes les bases militaires à l’étranger (il y en a plus d’un millier) et que nous rapatriions les troupes. Et il semble que cela commence à se produire aussi, sauf pour la petite excursion prévue en Afghanistan. J’ai aussi proposé un jubilé biblique — l’annulation de toutes les dettes, publiques et privées. Donnons à celle-là… une demi décennie ?

Mais si nous regardons les changements qui sont déjà en train de se produire, le simple et prévisible manque de fonds, comme l’État et le gouvernement tombent tous deux à sec, va transformer la société américaine de façons plutôt prévisibles. Comme les municipalités tombent à cours d’argent, la protection de la police va s’évaporer. Mais la police a quand même besoin de manger, et trouvera des manières de mettre ses compétences à bon usage sur une base indépendante. Similairement, à mesure que les bases militaires autour du monde seront fermées, les soldats vont rentrer dans un pays qui sera incapable de les réintégrer à la vie civile. Les prisonniers libérés sur parole se retrouveront presque dans les mêmes difficultés.

Et donc nous aurons d’anciens soldats, d’anciens policiers, et d’anciens prisonniers : une grande famille heureuse, avec quelques brebis galeuses et des tendances violentes. Le résultat final sera un pays noyé sous diverses catégories d’hommes armés, la plupart d’entre eux inemployés, et beaucoup d’entre eux limite psychotiques. La police aux États-Unis est un groupe tourmenté. Nombre d’entre eux perdent tout contact avec les gens qui ne sont pasdans la force22C’est à dire : dans les forces de l’ordre. et la plupart d’entre eux développent une mentalité eux-contre-nous. Les soldats rentrant de leur période de service souffrent souvent de troubles de stress post-traumatique23Le trouble de stress post-traumatique (post-traumatic stress disorder) désigne les séquelles psychologiques d’un événement traumatisant. Le terme s’est popularisé après la guerre du Viêt Nam en raison du grand nombre de vétérans souffrant de tels troubles.. Les prisonniers libérés sur parole souffrent également de diverses maladies psychologiques. Tous réaliseront tôt ou tard que leurs problèmes ne sont pas médicaux mais plutôt politiques. Cela rendra impossible pour la société de continuer d’exercer un contrôle sur eux. Tous feront bon usage de leur entraînement aux armes et autres compétences professionnelles pour acquérir quoi que ce soit dont ils auront besoin pour survivre. Et le point vraiment important à se rappeler est qu’ils feront ces choses indépendamment de ce que quiconque trouve légal ce qu’ils font.

Je l’ai déjà dit et je le répéterai : très peu de choses sont bonnes ou mauvaises en soi ; tout doit être considéré dans un contexte. Et, dans le contexte post-effondrement, ne pas avoir à s’inquiéter de ce qu’une chose est légale peut être une très bonne chose. En plein effondrement, nous n’aurons pas le temps de délibérer, de légiférer, d’interpréter, d’établir des précédents et ainsi de suite. Devoir s’inquiéter de plaire à un système juridique complexe et coûteux est la dernière chose dont nous devrions nous inquiéter.

Certains obstacles juridiques sont petits et triviaux, mais ils peuvent être très ennuyeux néanmoins. Une association de propriétaires pourrait, disons, vouloir vous coller une contravention ou chercher à obtenir une ordonnance d’un tribunal contre vous pour ne pas avoir tondu votre pelouse, ou pour avoir fait de l’élevage dans votre garage, ou pour ce joli moulin que vous avez érigé sur une colline qui ne vous appartient pas, sans obtenir d’abord un permis de construire, ou bien un fouineur municipal pourrait essayer de vous faire arrêter pour avoir démoli un certain pont délabré qui interférait avec le trafic fluvial — vous savez, des petites choses comme ça. Et bien, si l’association est au courant que vous avez un grand nombre d’amis bien armés et mentalement instables, certains d’entre eux portant encore des uniformes militaires ou policiers par nostalgie du bon vieux temps, alors elle ne vous collera probablement pas cette contravention ou cette ordonnance.

Ou supposez que vous ayez une grande invention nouvelle que vous voulez fabriquer et distribuer, un nouvel instrument agricole. C’est une sorte de fléau avec des lames aiguisées. Il a mille et un usages et il est hautement rentable, raisonnablement peu dangereux pourvu que vous ne perdiez pas la tête en l’utilisant, bien que les gens se soient mis à l’appeler la guillotine volante. Vous pensez que c’est un risque acceptable, mais vous êtes préoccupé par les questions de sécurité du consommateur, la responsabilité civile et peut-être même la responsabilité pénale. Une fois de plus, il est très utile d’avoir un grand nombre d’amis influents, physiquement impressionnants, modérément psychotiques qui, à chaque fois qu’une affaire légale se présente, peuvent simplement aller voir les avocats, avoir une discussion amicale, faire la démonstration de l’usage approprié de la guillotine volante, et généralement faire quoi que ce soit qu’ils aient à faire pour régler l’affaire amicalement, sans que le moindre argent change de mains, et sans signer le moindre document légal.

Ou, disons que le gouvernement commence à faire des difficultés sur les déplacements de choses et de gens dans et en dehors du pays, ou qu’il veuille prendre une trop grande part des transactions commerciales. Ou peut-être que votre État ou votre ville décide de conduire sa propre politique étrangère, et que le gouvernement fédéral juge bon d’interférer. Alors il peut s’avérer une bonne chose que quelqu’un d’autre ait la puissance de feu pour ramener le gouvernement, ou ce qu’il en reste, à ses esprits, et le convaincre d’être raisonnable et de jouer le jeu.

Ou peut-être que vous voulez commencer une clinique communautaire, afin de pouvoir apporter un peu de soulagement à des gens qui autrement n’auraient aucun soin. Vous ne prétendez pas être docteur, parce que ces gens se méfient des docteurs, car les docteurs ont toujours essayé de leur voler les économies de toute une vie. Mais supposez que vous ayez une formation médicale obtenue, disons, à Cuba, et que vous soyez tout à fait capable d’effectuer une césarienne ou une appendicectomie, de suturer les plaies, de traiter les infections, de remettre les os et ainsi de suite. Vous voulez aussi distribuer les opiacés que vos amis en Afghanistan vous envoient périodiquement, pour atténuer la douleur de la dure vie post-effondrement. Et bien, passer par les diverses commissions d’autorisation et obtenir les certificats et les permis et l’assurance contre l’erreur médicale est complètement superflu, pourvu que vous vous entouriez de beaucoup d’amis bien armés, bien entraînés et mentalement instables.

Nourriture. Logement. Transport. Sécurité. La sécurité est très importante. Maintenir l’ordre et la sécurité publique requiert de la discipline, et maintenir la discipline, pour beaucoup de gens, requiert la menace de la force. Cela signifie que les gens doivent être prêts à venir à la défense des autres, à prendre la responsabilité des autres, et à faire ce qui est juste. Pour l’instant, la sécurité est fournie par un certain nombre d’institutions bouffies, bureaucratiques et inefficaces, qui inspirent davantage de colère et d’accablement que de discipline, et ne dispensent pas tant de violence que de mauvais traitements. C’est pourquoi nous avons la plus grande population carcérale du monde. Elles sont censées être là pour protéger les gens les uns des autres, mais en réalité leur mission n’est même pas de fournir de la sécurité ; elle est de sauvegarder la propriété, et ceux qui la possède. Une fois que ces institutions seront tombées à cours de ressources, il y aura une période d’agitation, mais à la fin les gens seront forcés d’apprendre à traiter les uns avec les autres face à face, et la justice redeviendra une fois de plus une vertu personnelle plutôt qu’une administration fédérale.

Comment se préparer ?

Dmitry Orlov

J’ai couvert ce que je pense être fondamental, en me basant sur ce que j’ai vu fonctionner et ce qui, je pense, pourrait fonctionner raisonnablement bien ici. Je présume que nombre d’entre vous pensent que tout cela est très loin dans l’avenir, si jamais en fait cela devient aussi mauvais. Vous pouvez certainement vous sentir libre de penser ainsi. Le danger ici est que vous manquerez l’opportunité de vous adapter à la nouvelle réalité avant l’heure, et ensuite vous serez piégé. Comme je le vois, il y a un choix à faire : vous pouvez accepter l’échec du système maintenant et changer de cap en conséquence, ou vous pouvez décider que vous devez essayer de maintenir le cap, et alors vous devrez probablement accepter votre propre échec individuel plus tard.

Alors, comment se prépare-t-on ? Récemment, j’ai beaucoup écouté des gens puissants et brillants parler de leurs divers associés puissants et brillants. Habituellement, l’histoire se déroule à peu près comme ceci : Mon a) conseiller financier, b) banquier d’investissement, ou c) officier de commandement a récemment a) converti son argent en or, b) acheté une cabane en rondins dans les montagnes, ou c) construit un bunker sous sa maison garni de six mois de nourriture et d’eau. Est-ce normal ? Et je leur dis, oui, bien sûr, c’est parfaitement inoffensif. Il fait juste une crise de milieu d’effondrement. Mais ce n’est pas vraiment de la préparation. C’est juste être pittoresque à contretemps, d’une manière contre-culturelle.

Alors, comment se prépare-t-on vraiment ? Passons en revue une liste de questions que les gens me posent typiquement, et je vais essayer de répondre brièvement à chacune d’entre elles.

Bon, première question : que penser de tous ces scoubidous financiers ? Que se passe-t-il bon sang ? Les gens perdent leur emploi à gauche et à droite, et si nous calculons le chômage de la même manière qu’on le faisait durant la Grande Dépression24La crise de 1929., au lieu de regarder les chiffres truqués dont le gouvernement essaie de nous abreuver maintenant, alors nous nous dirigeons vers vingt pour cent de chômage25Le taux de chômage américain atteignait vingt-cinq pour cent en 1933.. Et y a-t-il la moindre raison de penser que cela va s’arrêter là ? Croyez-vous par hasard que la prospérité est au coin de la rue ? Non seulement les emplois et la valeur immobilière s’évaporent, mais les fonds de retraite aussi. Le gouvernement fédéral est fauché, les gouvernements des États sont fauchés, certains plus que d’autres, et le mieux qu’ils puissent faire est d’imprimer de l’argent, qui va rapidement perdre de la valeur. Alors, comment pouvons-nous nous procurer l’essentiel si nous n’avons pas d’argent ? Comment fait-on cela ? Bonne question.

Comme je l’ai brièvement mentionné, l’essentiel est la nourriture, le logement, le transport, et la sécurité. Le logement pose un problème particulièrement intéressant en ce moment. Il est encore beaucoup trop cher, avec beaucoup de gens payant des crédits et des loyers qu’ils ne peuvent plus se permettre tandis que de nombreuses propriétés restent vacantes. La solution, bien sûr, est d’arrêter les frais et de cesser de payer. Mais alors il se pourrait que vous deviez bientôt vous reloger. Ce n’est pas grave, car, comme je l’ai mentionné, il n’y a pas de pénurie de propriétés vacantes par ici. Trouver un bon endroit pour vivre deviendra de moins en moins une difficulté à mesure que les gens cessent de payer leur loyer et leur crédit et se trouvent saisis ou expulsés, parce que le nombre de propriétés vacantes ne fera que croître. Le meilleur plan d’action est de devenir gardien, occupant légitimement une propriété vacante sans loyer, en gardant un œil sur les choses pour le propriétaire. Que faire si vous ne pouvez pas trouver un poste de gardien ? Et bien, vous pourriez alors devenir squatteur, tenir à jour une liste d’autres propriétés vacantes où vous pouvez aller ensuite, et garder votre matériel de camping sous la main au cas où. Si vous êtes viré, il y a des chances pour que les gens qui vous ont viré pensent alors à embaucher un gardien, pour tenir éloigné les squatteurs. Et que faire si vous devenez gardien ? Et bien, vous prenez soin de la propriété, mais vous veillez aussi sur tous les squatteurs, car ils sont la raison pour laquelle vous avez un endroit légitime pour vivre. Un tiens squatteur vaut trois proprio-absent-tu-l’auras26Dans le texte : A squatter in hand is worth three absentee landlords in the bush.. Le logeur absent pourrait finalement arrêter les frais et s’en aller, mais vos amis squatteurs resteront vos voisins. Avoir des voisins est tellement mieux que de vivre dans une ville fantôme.

Et si vous avez encore un emploi ? Comment se préparer alors ? La réponse évidente est : soyez prêt à démissionner ou à être licencié à n’importe quel moment. Cela n’a vraiment pas d’importance que ce soit l’un ou l’autre ; l’important est de subir zéro dommage psychologique dans le processus. Rapprochez votre rythme de dépense aussi près de zéro que vous le pouvez, en dépensant aussi peu d’argent que possible, afin que lorsque cet emploi se sera envolé, peu de choses aient à changer. Au travail, faites en le moins possible, parce que toute cette activité économique n’est qu’un fardeau terrible pour l’environnement. Laissez-vous juste porter jusqu’à un arrêt et sautez.

Si vous avez encore un emploi, ou si vous avez encore quelques économies, que faire de tout cet argent ? La réponse évidente est : accumulez de l’inventaire. L’argent ne vaudra plus rien, mais une boite de clous en bronze sera toujours une boite de clous en bronze. Achetez et entreposez des choses utiles, particulièrement des choses qui peuvent être utilisées pour créer diverses sortes de systèmes alternatifs pour produire de la nourriture, procurer du logement, et procurer du transport. Si vous ne possédez pas clairement et nettement un bout de terre où vous pouvez entreposer des choses, alors vous pouvez louer un espace de stockage, payer quelques années d’avance, et rester simplement assis dessus jusqu’à ce que la réalité reparte à nouveau et qu’il y ait quelque chose d’utile pour vous à faire avec. Certains d’entre vous sont peut-être effrayés par l’avenir que je viens de décrire, et à juste titre. Il n’y a rien qu’aucun d’entre nous puisse faire pour changer le chemin sur lequel nous sommes : c’est un énorme système avec une inertie formidable, et essayer de changer son chemin est comme essayer de changer le chemin d’un ouragan. Ce que nous pouvons faire est nous préparer nous mêmes, et les uns les autres, principalement en changeant nos attentes, nos préférences, et en diminuant nos besoins. Cela peut signifier que vous passerez à côté de quelques derniers petits plaisirs incertains. D’un autre côté, en se refaçonnant en quelqu’un qui pourrait avoir une meilleure chance de s’adapter aux nouvelles circonstances, vous serez capable de vous donner, et de donner aux autres, une grande quantité d’espoir qui autrement n’aurait pas existé •

Traduit et reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur. Les notes en marge sont du traducteur.

Source : Orbite.info

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Notes   [ + ]

1. La Long Now Foundation est une organisation privée désireuse d’envisager l’avenir de l’humanité sur un très long terme.
2. Michael Pollan est un auteur et un journaliste connu plus particulièrement pour sa critique de l’alimentation industrielle.
3. Nassim Nicholas Taleb est un expert en mathématiques financières connu pour ses travaux sur les événements rares.
4. Brian Peter George Eno est un musicien et producteur anglais, père de la musique d’ambiance et vulgarisateur de la composition aléatoire.
5. Dans le texte : I take it some of you are still hedging your bets. How is that hedge fund doing, by the way?. L’expression to hedge one’s bet, désigne au sens propre l’action de couvrir les pertes potentielles d’un pari en misant simultanément sur le pari contraire, et au sens figuré le fait de différer un choix difficile. Un hedge fundest un fond d’investissement spéculatif.
6. Andreï Alexievitch Amalrik fut un écrivain et un dissident soviétique, auteur d’un essai publié en 1970 sous le titre L’Union Soviétique survivra-t-elle en 1984 ?, fort peu pris au sérieux à l’Est comme à l’Ouest.
7. Dans le texte : full-spectrum dominance, une doctrine militaire américaine visant à maîtriser tous les aspects de la guerre : la terre, la mer, les airs, la propagande…
8. Alan Greenspan, économiste et membre du Parti républicain, est surtout connu pour avoir dirigé la Réserve fédérale (la banque centrale américaine) de 1987 à 2006.
9. D’après la scène du conte Boucle d’or et les trois ours, où Boucle d’or goûte les bols de gruau de la famille ours et opte pour celui à la température adéquate.
10. L’un des fondateurs de la Long Now Foundation.
11. Achab est le capitaine du baleinier Pequod dans le roman d’Herman Melville Moby Dick, un personnage tragique tendu vers sa propre perte, entraînant son équipage dans la mort.
12. La chaîne de Ponzi est une escroquerie consistant à attirer les fonds d’un nombre croissant de pigeons en versant des intérêts alléchants avec le capital des derniers couillonnés.
13. Le biote (en anglais : biota) est un mot savant désignant la faune et la flore d’un milieu écologique donné.
14. Dans le texte : convenience stores, quelque chose entre la supérette de quartier, la boutique de station-service et l’épicerie arabe.
15. Les grandes banlieues pavillonnaires, peuplées par la classe moyenne et très éloignées des centres urbains.
16. Le tipi et le wigwam sont deux formes d’habitation légère élaborées par les autochtones américains.
17. Lire à ce sujet : Le despotisme de l’image.
18. Dans le texte : college campuses. Le terme college désigne un établissement dispensant le premier cycle de l’enseignement universitaire, ou toute formation de niveau présumé équivalent, telles qu’on en rencontre en France plutôt dans des établissements qualifiés d’écoles.
19. Je n’ai personnellement jamais observé que les sardines se tiennent épaule contre épaule. Je ferai plus attention en ouvrant la prochaine boite.
20. Dans le texte : hobos. Le hobo est, depuis le milieu du XIXe siècle, un travailleur sans domicile se déplaçant clandestinement en train de marchandises, au grès des opportunités d’emploi. L’hebdomadaire littéraire britannique John O’London’s Weekly en donna cette définition : Unhobo est un homme qui construit des palais et vit dans des cabanes. Il construit des Pullman et chevauche les rails. Il construit des automobiles et pousse des brouettes. Il sert des steaks dans le filet et reçoit la soupe des os. Il construit les centrales de l’éclairage électrique et brûle du pétrole. Il construit des opéras et va au cinéma. Il fabrique des bretelles en soie et tient son pantalon avec des cordes. Il fauche la récolte et va à la soupe populaire. Il fabrique de la popeline et porte des salopettes. Il mine de l’or et a les dents colmatées au ciment. Il mine du charbon et grelotte dans la neige. Il construit des gratte-ciels et n’a pas de chez-lui. Il construit des routes et on l’arrête dessus pour vagabondage. Il créé du travail et on lui refuse le droit au travail. Il se bat pour la liberté à l’étranger et on l’enchaîne chez lui. Il a fait le Canada et on lui refuse le vote.
21. Une arme plus connue sous le nom de Kalashnikov.
22. C’est à dire : dans les forces de l’ordre.
23. Le trouble de stress post-traumatique (post-traumatic stress disorder) désigne les séquelles psychologiques d’un événement traumatisant. Le terme s’est popularisé après la guerre du Viêt Nam en raison du grand nombre de vétérans souffrant de tels troubles.
24. La crise de 1929.
25. Le taux de chômage américain atteignait vingt-cinq pour cent en 1933.
26. Dans le texte : A squatter in hand is worth three absentee landlords in the bush.

58 réactions et commentaires

  • BA // 06.10.2013 à 09h24

    Le problème de notre planète :

    Stocks en quantité limitée, MAIS population qui explose.

    Voilà.

    C’est ça, le problème.

    Par exemple : le pétrole est en quantité limitée, les métaux sont en quantité limitée, les terres fertiles sont en quantité limitée, etc, etc.

    MAIS la population mondiale explose :

    Evolution de la population mondiale, de 10 000 avant Jesus Christ jusqu’en 2000 :

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b7/Population_curve.svg

    Et après l’an 2000 ?

    Comment va évoluer la population mondiale jusqu’en 2050 ?

    Mercredi 1er octobre 2013 :

    La population mondiale avoisinera les dix milliards en 2050.

    La population mondiale atteindra 9,731 milliards d’habitants en 2050, selon une étude de l’Institut français d’études démographiques (INED) publiée mercredi.

    Avec 1,65 milliard d’habitants, l’Inde sera le pays le plus peuplé devant la Chine.

    Le cap des six milliards de Terriens avait été dépassé en 1999, et il aura fallu douze ans pour atteindre les sept milliards en 2011. En 2013, la population mondiale se monte à 7,141 milliards.

    Le taux de fécondité mondial est de 2,5 enfants par femme en 2013 – contre 5 en 1950 – avec de fortes disparités régionales selon l’étude, notamment entre les deux extrêmes que sont le Niger (7,6 enfants par femme) et la Bosnie-Herzégovine (1,2 enfant par femme).

    L’Afrique concentrera environ un quart de la population mondiale en 2050, affirme l’INED, qui prévoit que 2,435 milliards de personnes vivront sur le continent africain en 2050, plus du double du 1,1 milliard enregistré en 2013.

    Europe en déclin.

    Avec un indice de fécondité de 1,6 enfant par femme, l’Europe continentale sera la seule zone à connaître un recul de sa population, qui passera de 740 millions d’habitants en 2013 à 726 millions en 2050, d’après l’INED.

    Fin de citation.

    Conclusion :

    il n’y en aura pas pour tout le monde.

    Conclusion numéro 2 :

    La guerre a de beaux jours devant elle.

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    • yoananda // 06.10.2013 à 11h49

      En 2050 nous serons 9 myard et des brouettes, sauf que ces 9 myard sont censés voir leur niveau de vie augmenter. La feuille de route de la Chine par exemple, c’est un niveau de vie X5 ..
      Au final la pression sur les ressources sera l’équivalent, non pas de 9, mais plutôt de 15 ou même 20 myard de personnes, soit 2 ou 3X plus qu’actuellement.

      Ce qui est évidement impossible.
      Donc d’ici 2050 (c’est demain … à peine une génération, le temps que les nanfans qui naissent aujourd’hui deviennent adulte quoi) il va se passer quelque chose.

      C’est inéluctable Mr Anderson.

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    • jducac // 06.10.2013 à 12h27

      @ BA Le 06 octobre 2013 à 09h24

      Comment va évoluer la population mondiale jusqu’en 2050 ?

      Dennis Meadows et Paul Chefurka ont répondu à votre interrogation. Personne ne veut les prendre au sérieux. Tout le monde se dit que ce qu’ils chiffrent n’est pas possible. Mais personne ne s’emploie à le démontrer. C’est pourtant une simple question de physique pure.

      Ils n’ont publié des chiffres qu’au niveau global.

      http://www.countercurrents.org/chefurka201109.htm

      Mais comme nos dirigeants politiques sont entourés de nombreuses cellules de réflexion, on peut penser qu’au moins une, plus experte en physique qu’en démagogie, s’est attaquée au problème de la France.

      Pourquoi ne publie-t-elle pas le résultat de ses travaux et les données de calcul sur lesquelles elle a bâti ses conclusions ?

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      • yoananda // 06.10.2013 à 13h34

        “Personne” ???
        en dehors de la plupart des scientifiques … et de plus en plus de monde “du peuple”, oui, personne …
        tous ceux qui vivent du “dormez bien tout va bien” ne veulent pas en entendre parler.
        toux ceux qui misent sur la croaaaassance pour résoudre tous les problèmes.

        Les autres, tels que moi et bien d’autre essayent au contraire d’avertir, même s’il est trop tard maintenant. On peut peut-être adoucir un peu le merdier qui s’annonce.

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      • olivier69 // 06.10.2013 à 14h21

        Bonjour jducac,
        en réponse à votre dernière question, je me pose la question de savoir si leur réponse n’est pas trop eugéniste…..
        ps : ce qui expliquerait certaines choses.

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      • G L // 08.10.2013 à 11h02

        Le coté utile de l’article c’est qu’il examine un par un de manière dépassionée l’avenir des différentes sources d’énergie, l’influence sur la population que la terre peut faire vivre, etc. Le scénario qui en résulte (ou plutôt les scénarii puisqu’il envisage par exemple pour 2100 une population de 1 milliard ou de 2 milliards) méritent qu’on y réfléchisse!

        Le coté faible vient de l’illusion qu’on peut prolonger les courbes du XXème siècle et obtenir une évaluation raisonnable de ce qu’il va se passer au XXIème. Pour prendre un exemple le développement de l’énergie nucléaire pendant la seconde moitié du XXème siècle était totalement imprévisible en 1900, que ce développement ait reposé sur l’uranium et pas sur le thorium provient probablement de ce que l’uranium a des applications militaires. Ce développement a été perturbé par un petit nombre de très gros accidents dont la date et le lieu sont largement imprévisibles (un très gros accident en France et un autre très gros accident aux USA d’ici une dizaine d’années n’a rien d’impossible et dans ce cas…) Un autre exemple à propos d’une source d’énergie moins aléatoire serait de s’interroger sur la difficulté de construire des barrages hydro-électriques en ne disposant que de ressources limitées pour produire le ciment et l’acier nécessaire, les transporter et faire fonctionner les machines indispensables à une période où le pouvoir politique est trop affaibli pour que ce genre de projet reste possible. En réalité chacun des points envisagés dépend fortement des autres, il n’est donc pas possible de faire des prévisions chiffrées qui soient valables même quand le scénario prévu est tout à fait envisageable…

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    • Patrick Luder // 06.10.2013 à 20h42

      Pas de soucis, nous avons largement de quoi réguler cette invasion ;o((

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  • Delphin // 06.10.2013 à 11h37

    Bonjour,

    biote (note 13) = biotope

    A BA :

    Toujours cette confusion, entretenue par les dominants parce que ça les dédouane de l’aliénation à la marchandise qu’ils ont créée pour leur plus grand profit . Le problème n’est pas les 10 milliards d’individus, mais l’impact sur la planète de ces êtres vivants.

    La terre peut supporter 10 milliards d’Africains ruraux, mais absolument pas 3 milliards d’Américains du Nord.

    Il faut donc aller vers l’empreinte écologique des africains ruraux, sans la pauvreté. Ce qui est tout à fait possible, à condition que les chimères pseudo richesses efficacement propagées par nos dominants s’estompent.

    Une société sobre et non pauvre c’est plutôt :

    – habitations tendances zéro énergie et très faible impact terre/paille/bois/sable/chanvre etc.

    – “reagriculturation” permaculture, agroforesterie etc. tendance jardins et vergers collectifs urbains, ces urbains se réappropriant au maximum ce dont le mercantilisme les déposséda pour exploser ses profits. + maraichage plutôt que champs (on ne peut industrialiser la nature).

    – Fin de l’hyperdéplacement, de toute façon insupportable à la planète car “trop de voyage tue le voyage” (mieux que l’affreux “trop d’impôt tue l’impôt”) par disparition, par les infrastructures et le mercantilisme adjacent, de l’ailleurs différent. Donc fin de l’automobile individuelle et de la pseudo démocratisation de l’avion, si générateurs de CO2 et de destruction de tissu social et de biotopes.

    – Production remise à sa place en fonction de l’impact écologique, donc des coûts externalisés (aluminium et plastiques minimisés, par ex.,produits au maximum biodégradables etc.). Robotisation si le bilan global en vaut vraiment la chandelle.

    – Education du public à reconnaître la qualité, durabilité, goût…
    Exemple : Jamais un pays de dumping social et écologique ne concurrencera les oeufs produits de prairie + céréales (jaunes orangés vifs par les vitamines des courtes pousses d’herbe), car ses entreprises industrielles ne peuvent que produire que par poulaillers industriels pour pulvériser le coût. Ces oeufs “prairie” reviennent plus cher, mais ce n’est pas le même produit. Il suffit de le distinguer clairement, comme une Rolls à moteur de 2CV ne peut-être qualifiée de Rolls.

    Actuellement le public est éduqué (pubs, uniformisation insipide, marqueurs sociaux… à perdre le goût. Les dénominations actuelles “plein air” ou “en liberté” des oeufs, sont d’ailleurs largement fallacieuses. Il est également conditionné au produit “high tech”, au détriment du produit de base, le premier se prêtant tellement à l’industrialisme générateur de coûts minimisés, apanage du groupe gigantesque étouffant les petits producteurs.

    Delphin

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    • yoananda // 06.10.2013 à 13h40

      Oui on peut toujours rêver.
      Le fait est que les chinois eux, ils veulent tous une voiture, un écran plat, et 1 voyage dans le musée européen par an.
      Le reste, c’est du blabla pour bobo si on parle de la situation mondiale car ça ne fera que repousser un peu le problème (effet Jevons) tant que la croissance démographique continuera.

      Les 2 pays qui vont peser le plus sur les ressources futures sont les USA … et la Chine !

      En Europe on fait déjà un assez bon job en dehors de la ponzimmigration qui fou tout en l’air.

        +1

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      • Delphin // 06.10.2013 à 14h10

        Citation Joananda : “Les 2 pays qui vont peser le plus sur les ressources futures sont les USA … et la Chine !”

        Le Titanic coule, d’innombrables points d’eau ou de fragilité se sont déclarés.
        Réponse à l’équipe C qui cherche à juguler la fuite tribord : “Inutile, personne ne s’occupe de l’arrière et c’est la plus grosse fuite !…”

        Delphin

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      • MarcDS // 09.10.2013 à 09h11

        Delphin ne fait que répondre à un intervenant qui pointe la population mondiale comme étant le problème principal, et démontre clairement qu’en réalité la solution dépend de nous. Entre celui qui dit qu’il y a 4 milliards de gens en trop (sous-entendu: continuons à profiter de notre rente de situation puisqu’il n’y a rien à faire) et celui qui montre comment laisser vivre tout le monde, je prends le deuxième. On peut toujours rêver? En fait, il FAUT rêver. Ou ne pas avoir eu d’enfants, et avoir déjà la majeure partie de sa vie derrière soi.

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    • olivier69 // 06.10.2013 à 15h25

      Bonjour delpin,
      votre réponse à yoananda est pertinente. Comment alimenter une armée sans énergie par exemple ? Comment peut-on gérer des problèmes internes et externes ? Aucune cellule ou structure n’y résiste. Vous décrivez en effet un mouvement de compression.
      ps : C’est vrai qu’Orlov est un rêveur…..
      Le billet a le mérite de remettre en cause nos idées toutes faites. Maintenant, il est aussi normal qu’il y ait des résistances dans nos pensées car nous n’avons pas été formatés pour penser autrement. Anticiper, c’est toujours moins douloureux et mieux qu’une spéculation ! Une forme d’assurance….

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      • Delphin // 06.10.2013 à 18h04

        A Olivier69,

        Le plus difficile c’est, comment dirait pertinemment l’économiste Serge Latouche, “la décolonisation des imaginaires”.

        Cependant, la planète (réchauffement, effondrement biodiversité, Pb. minerais et matières premières…) vient opportunément violemment reconfigurer les chimères que nous avons dans la tête, chimères matérialistes opiniâtrement instillées par nos dominants mercantiles.

        Le contexte changeant radicalement, d’autres chimères nécessairement plus réalistes et écologiquement – donc également humainement, car l’un ouvre la porte à l’autre – plus respectueuses vont se mettre progressivement en place. Ca grenouille dans les profondeurs anonymes, même si les grands médias “imaginairement colonisés” et clientélistes l’ignorent encore.

        Faut-il que l’imaginaire soit colonisé pour que le débat sur l’énergie empêche de penser la réalité que la peste nucléaire n’est pas solution au choléra énergies carbonées et que le problème central n’est pas dans la recherche frénétique de production, mais dans la fin de la frénésie de consommation.

        Delphin

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    • dadone // 07.10.2013 à 09h40

      Il faut donc aller vers l’empreinte écologique des africains ruraux, sans la pauvreté.

      Vos réponses à la baisse de l’empreinte écologique sont totalement à coté de la réalité…et Serge Latouche également…
      http://www.lois-economiques.fr/Wiki-lois-economiques/mediawiki-1.20.5/index.php?title=Les_%C3%A9conomistes_de_la_d%C3%A9croissance
      Sans compter que vous faites comment techniquement (et pas par des incantations) pour les mettre en œuvres ?

        +0

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      • Delphin // 07.10.2013 à 10h29

        Dadone ou le refus du réel par obscurcissement idéologique :

        Citation lien proposé :
        “Certes la publicité et le marketing ont littéralement infesté la société mais ni le marketing ni la publicité poussent forcément à la surconsommation, il pousse à la consommation du produit qu’il met en valeur par rapport à d’autres produits similaires”
        Naïveté simpliste enfantine ?

        Dadone et yoananda, même combat à arguments guillotine ( = mort par pendaison) :
        – “… totalement à côté de la réalité” (Dadone).
        – “… c’est du blabla pour bobo” (yoananda).

        Même combat à gros sabots, bien que d’idéologie opposée, car tirent la réalité vers leur idéologie au lieu d’essayer de l’examiner froidement.

        Deuxième citation lien proposé :
        “D’après les calculs 2006, les chinois ont d’ores et déjà une empreinte écologique de 1,8 c’est-à-dire au niveau du seuil moyen de renouvellement naturelle et pourtant le pays est loin, très loin, du seuil de richesse. Et c’est cela le problème fondamental auquel la planète est désormais confronté car la décroissance au niveau monde est vraisemblablement inatteignable étant donné qu’un point de non-retour a été franchi avec l’accroissement de la population ces trente dernières années.”
        Traduction : “Puisque les limites sont dépassées, mettons à bas la réalité limites”.
        Application à l’éducation de l’enfant : “Tu as dépassé les limites, aussi considérons-nous maintenant qu’il n’y a plus de limites”.

        Ma conclusion : Pseudo réalisme

        Post : En 1978, un ami marxiste pur et dur m’expliquait déjà que c’était le nucléaire capitaliste – le nucléaire soumis à la dictature du marché – qui était pernicieux… Lorsque survint la réalité Tchernobyl.

        Delphin

          +1

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        • dadone // 07.10.2013 à 11h17

          @Delphin
          Là, je ne comprends pas l’argumentation et l’objet des citations…
          Pour être clair notre système se détruit peu à peu PAS à cause de la surconsommation mais a cause de la concurrence acharnée que ce font les entreprises.
          Autrement dit, si on supprime le travail inutile du à cette concurrence SANS baisser notre consommation finale (sauf pour le top 10%) on réduit fortement notre empreinte écologique.
          Je ne dis pas qu’au final, il ne faudra pas la baisser, je dis qu’actuellement ce n’est pas la priorité.
          Culpabiliser le consommateur final qui le plus souvent a du mal à boucler ses fins de mois est particulièrement contre productif…
          La première source d’économe est ailleurs…

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          • Delphin // 07.10.2013 à 12h24

            Cher Dadone,

            Qui parle de culpabiliser le consommateur ?
            Le consommateur n’est que l’instrument d’un féroce système de production qui le dépasse, comme le bras qui tient l’arme matérialise le projet du cerveau de l’individu qui a décidé de tirer.

            Citation Dadone : “SANS baisser notre consommation finale (sauf pour le top 10%) on réduit fortement notre empreinte écologique”.

            Réponse par copie de son argumentaire précédent : “Vos réponses à la baisse de l’empreinte écologique sont totalement à coté de la réalité…”

            L’individu, même pauvre des sociétés industrielles, a une empreinte écologique fortement hors des possibilités de sa petite planète.

            En se limitant au CO2 émis :
            Recherche d’équité mondiale CO2 émis :
            – Ce que peut au maximum recycler la biosphère, d’après le consensus scientifique (océans + forêts principalement) : 3 Gt (milliards de tonnes) de carbone par an
            – 7 milliards d’individus
            –> Equité annuelle carbone/ tête de pipe : 3/7 = 0,43 t

            – Rejet annuel de CO2 correspondant à ces 0,43 t carbone : 0,43 x 3,66 = 1,57 t.
            (masse atomique du carbone : 12 ; de l’oxygène : 16 et C + 02 =CO2, d’où la combustion d’une t. de carbone émet 3,66 t. de CO2; 32+12/12)

            Avec cette équité C02 rejetable par personne annuellement de 1570 kg, un “pauvre” de nos pays peut parcourir 17 500 km annuels avec sa petite voiture à seulement 90 g CO2/ km. Il faudrait ajouter l’empreinte production et destruction.
            Et cet individu mange, se chauffe, se vêt, travaille éventuellement, respire accessoirement…

            Delphin

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          • olivier69 // 08.10.2013 à 14h33

            Bonjour dadone,
            “a cause de la concurrence acharnée que se font les entreprises.”, je croyais que vous aviez fait de l’économie ? En fait, je me trompais…
            Voyez plutôt la théorie “activiste”, “agissante” ou “stratégique”du prix !
            Ce qui vous évitera de sortir des énormités du style : “ni le marketing ni la publicité poussent forcément à la surconsommation”. De quelle consommation, parle-t-on ?
            Pour les oligopoles (de combat, de conjecture, d’accord,..), je vous invite à la lecture des références suivantes:
            J.F Nash (théorie des jeux coopératifs ou non coopératifs), Sylos-Labini, Shubik, Houssiaux, Machlup, Fellner, Stigler, Efroymson,Guitton,A.Rasmussen,….
            C’est peut-être pour bientôt une théorie générale de l’influence économique, qui sait ? Sinon, pour le top 10, il y aura toujours le NOM, n’est-ce pas ….

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  • Delphin // 06.10.2013 à 11h45

    J’ai oublié, nourriture faible en viande évidemment (environ 7 protéines végétales pour faire une protéine animale).

    Le surpoids est en train de dépasser l’insuffisance alimentaire, 30% environ de la nourriture se perd ou est jeté, on cultive les agros carburants, les protéines du Sud servent fortement à nourrir le bétail du Nord et on fait semblant de pleurer sur la planète à nourrir…

    Delphin

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    • michel lambotte // 06.10.2013 à 21h03

      50% de la nourriture est gaspillée
      http://www.youtube.com/watch?v=4c90k7qQzxI

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      • Magyare // 06.10.2013 à 22h58

        Je suis sûre que c’est bien plus que 20 kg!

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        • Magyare // 06.10.2013 à 23h12

          La mort des “marchés” permettra aux hommes de vivre décemment!

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  • wuwei // 06.10.2013 à 12h15

    Le marché “libre et non-faussé” n’aime rien moins que celles et ceux qui veulent lui tourner le dos :
    Interdiction future des potagers privés ?
    http://breves.lekiosqueauxcanards.fr/breve2013810.1376137268183.html#sthash.Np6fnULN.dpuf

    “…Qu’on n’aille pas supposer la nostalgies des temps d’extrême précarité, d’assujettissement absolu au caprice des saisons, à une prolifération de chenilles, où le recours à la haie comme nourricière n’était que trop fréquent (ainsi dans les terroirs, nombreux, où le champ ne rendait pas plus que quatre fois la semence de céréales). C’est la conversion de l’usage très attentif des choses en labour de toute attention qu’on déplore. Car nos douze à quinze tonnes de maïs à l’hectare, si elles alimentent dindes et veaux de batteries, industries chimiques et grands consortiums agro-alimentaires, outre qu’elles n’ont jamais fait que déplacer les famines à une distance spatiale tout à fait tolérable, n’apprennent rien d’une économie du vivant plus que jamais nécessaire.
    Les preuves s’accumulent et certaines sont terribles, qu’une connaissance purement intellectuelle de la nature n’aide en rien à sa survie. La Terre à encore (et aura toujours) besoin d’une attention passionnée, aussi vive qu’au début de l’usage, mais cette fois dans un bénéfice partagé. . Car les compagnes du début, les civilisatrices, celles qui à leur détriment ont porté les sociétés jusqu’au point d’ingratitude absolue, elles peuvent les aider maintenant à devenir plus lucides. Pour autant qu’il y ait toujours la lisière au bout du champ., la limite franchissable vers de nouveaux gestes créateurs. C’est toujours possible d’y reculer le temps d’une réflexion, d’une cueillette salvatrice. On a besoin d’idées de la parenté des primevères, non du maïs. Quand l’avenir se rue vers nous avec le désert aux trousses, mieux vaut sentir, dans son dos, l’aubépine plutôt qu’un mur de certitudes.”
    (La plante compagne, Pierre Lieuthagi)

    Pour aller plus loin dans la connaissance et la cueillette des plantes sauvages (celles sur lesquelles le capitalisme n’a pas pu étendre son emprise mortifère) , voici un autre excellent livre du même auteur : Le livre des bonnes herbes chez Acte Sud

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  • ril // 06.10.2013 à 13h16

    Il ne semble pas si informé que ça le Dmitry, Obama voit un peu ce qui est en cours :

    Dans la droite ligne du sociologue américain Saul Alinski qui a fortement inspiré Barack Obama, l’objectif est de « construire une communauté », et de la rendre en quelque sorte résiliente aux évènements extérieurs. « Il ne sert à rien de dépenser son énergie à quémander auprès des pouvoirs publics qui n’ont plus de ressources. Il faut se prendre en main pour changer nos façons de vivre », assène Leanne, membre d’un jardin communautaire.

    http://www.bastamag.net/article3073.html

    En attendant, la plupart crament du mazout, pour aller bosser. Je vais bosser à pied, je ne chauffe presque jamais mon logement, un appart bien isolé…

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    • michel lambotte // 06.10.2013 à 20h24

      Et si tout simplement on créait un paradigme pour ne plus aller bosser!!!

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      • ril // 06.10.2013 à 21h03

        Lequel ? Vous qui avez sans doute travaillé.

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        • michel lambotte // 07.10.2013 à 21h01

          Sans aucun doute, et je travaille encore malgré mes 64 ans.
          Le problème est qu’on ne sait jamais à l’avance à quoi vont servir les idées qu’on peut émettre ou développer.
          Prenons l’Eniac de 1948 http://fr.wikipedia.org/wiki/Electronic_Numerical_Integrator_Analyser_and_Computer qui était destiné aux calculs et qui a fini par nous mettre en relation informationnelle les uns avec les autres en passant par la machine de traitement de textes http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9l%C3%A9copieur
          Alors, il est impossible de dire à cet instant le type de paradigme qui pourra émerger de la situation chaotique dans laquelle nous nous démenons, mais je pense que si nous voulons nous tourner vers la sobriété, il y a matière à espérer.
          La seule question que je me pose est de savoir comment arriver à améliorer le bien-être en consommant de moins en moins de ressources naturelle.
          Mais pour cela que vous le vouliez ou non il faudra virer le fait d’aller travailler ou autrement dit le salariat.

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  • Lisztfr // 06.10.2013 à 13h40

    Je ne sais pas comment on peut avoir zéro dommages psychologiques alors que rien ne va rester debout. Il s’imagine qu’on va changer de monde comme de chemise… ? Orlov est n’est pas Hugo c’est clair, et même pas Jaurès, c’est un pragmatique de la survie, de la survie individuelle… ça manque terriblement de poésie et de politique. C’est la société du terrier individuel et que tout le monde devienne un lapin, en gros, un petit animal qui se terre dans un coin. C’est carrément une déshumanisation, un retour vers l’a-politique. Sommes nous des animaux politiques (Aristote) alors ce n’est pas individuellement qu’il faut se préparer… face à ce pragmatisme de grisaille, je me demande si je ne préfère pas l’enfer du capitalisme.

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    • ril // 06.10.2013 à 13h54

      Orlov est un survivaliste et un pur libéral. Les Preppers sont quasiment considérés comme une secte US, dont faisait partie celle de Newton amenant des accès de folies meurtrières et pas du tout plan-plan à la Orlov :

      http://www.atlantico.fr/pepites/fusillade-newtown-medicament-dans-viseur-582531.html

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      • ril // 06.10.2013 à 14h07

        Le système qu’il promeut est celui actuel, pots de vin, entrisme, mafias, lobbies, la raison du plus adapté et plus fort. Joli programme du démerde Sie sich et peu importe l’éthique.

        La fin justifie les moyens. Son univers réglementaire, ce sont des psychopathes décomplexés, encore pire que maintenant.

        Ce mec est vraiment le zéro de la pensée, juste un bricoleur de la survie pour les nuls, qu’il ne pratique certainement pas, bien abreuvé de ses droits d’auteur et autres revenus issus du système actuel dont il profite allègrement en crachant dans la soupe pour se faire de la thune.

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    • olivier69 // 06.10.2013 à 14h07

      Bonjour Lisztfr,
      “C’est carrément une déshumanisation”, c’est sûr que dans les banlieues sensibles ou dans le monde de l’entreprise, on peut parler d’humanité…Question de point de vue ! Il parle d’une analyse empirique et vous ?
      Lorsqu’un effondrement se produit, vous parlez de vie ou de survie ? Donc, la surprise vous surprend ! 🙂
      ps : lisez le titre : les meilleures pratiques de l’effondrement….
      Il ne parle pas des meilleures pratiques de développement ? Hors sujet !

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    • Un naïf // 06.10.2013 à 15h15

      “face à ce pragmatisme de grisaille, je me demande si je ne préfère pas l’enfer du capitalisme.”

      N’est-ce pas justement ça, l’enfer du capitalisme, se réfugier dans un terrier ?
      Tiens, une employée de l’URSAAF me disait la semaine dernière qu’ils n’avaient jamais eu autant de contencieux… et que début 2014, ça va tomber comme des mouches. (sic)
      Mais ça n’a sûrement rien à voir…

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  • obermeyer // 06.10.2013 à 15h03

    @yoananda: malgré la ponzimmigration qui semble tant t’effrayer, la population européenne va quand même se réduire. C’est probablement une bonne chose ( une moins petite part du gâteau à se partager), hormis les problèmes de vieillissement et ses conséquences. Jusqu’à une époque récente de l’histoire humaine, nous étions nomades. Aujourd’hui en France, plus d’un quart de la population ( dont moi même ) a des ascendants étrangers récents. Le jour où je crèverai de faim, je ferai mon balluchon et je partirai sous des cieux plus cléments s’il en existe encore. L’immigration est un phénomène normal dans un monde où l’on a mis des frontières afin qu’une petite partie se gave sur le dos des autres. L’effondrement est en effet inéluctable, probablement pour bientôt, et malgré les diverses théories qui traitent du sujet, personne n’est préparé à ce qui va arriver.

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  • dany // 06.10.2013 à 15h40

    Pas possible de lire les commentaires de 2012 ?

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  • olivier69 // 06.10.2013 à 16h25

    « un système politique systématiquement corrompu, incapable de réforme, n’aident certainement pas, mais ils ne mènent pas automatiquement à l’effondrement, car ils ne mettent pas le pays sur une trajectoire de collision avec la réalité. », c’est pour cela que je dis que le capitalisme n’est plus libéral. C’est la définition marchande qui conduit à définir le capitalisme comme une exploitation des moyens de production dans le cadre de l’échange. Le capitalisme financier ou marchand (cf histoire du capitalisme) a choisit une définition qui intègre le capital humain dans les moyens de production. C’est une ressource au lieu d’être une richesse. La perte des postulats libéraux (fondements de la doctrine) ne pouvait qu’en découdre. La marchandisation de l’humanité est une finalité des puissants. Le faux libéralisme moderne (la filiale) comme le faux communisme historique (la nomenclature) ont favorisé le capitalisme impériale dans leur aboutissement. L’empire contemporain (capitalisme impérial) se traduit par la domination outrancière des entreprises au lieu d’une classe dominante visible. Des hommes se cachent toujours derrière les droits de propriété (filiale et actionnariat par ex) pour l’usufruit. La variante réside dans l’affirmation de la légitimité par la légalité du système politique. Ainsi, ces hommes s’appuient sur le système politique dans les deux cas (communisme et libéralisme) pour préserver leur statut empêchant la mobilité sociale (égalité des chances) et la possibilité de s’adapter à l’évolution de l’environnement. Les firmes détruisent tout par excès de développement (externalités) et à l’inverse la nomenclature par manque de développement (tragédie des communs). Qu’est ce que peut signifier « nouvel ordre mondial » ? Une tentative de « légitimement correct » puisque le légal n’est jamais un réel problème …Effectivement, toutes les stabilités ont besoin du consentement ! Elles sont pourtant inadaptées à notre environnement qui lui est en mouvement….
    Les statuts ?

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  • Magyare // 06.10.2013 à 22h17

    Bonsoir,
    Ce monsieur, contrairement à plusieurs d’entre nous a VECU l’effondrement, de plus, il a des atouts que nous sommes loin d’avoir, une observation sur une échelle de vie, je ne vois pas en quoi il est en plein délire.Je pense personnellement qu’il a raison, reste à savoir ce que nous serons capables(obligés de toute manière) de faire pour ne pas avoir en plus d’un effondrement économique, un effondrement de nos valeurs humaines.Je partage le point de vue de certains commentateurs de ce billet,pour ce qui est de notre gaspillage et du fait qu’il y a assez pour tous.Je vis comme tout le monde, et je ne vais pas me flageller pour ça, en revanche, je suis dégoûtée de voir que sur l’autoroute pour aller à mon job, il y a des centaines de voitures occupées par UN SEUL conducteur, c’est complètement absurde et individualiste, je ne peux pas faire de covoiturage car je bosse dans la santé et mes horaires sont changeants, mais cela ne m’empêche pas chaque jour de faire le constat d’un gaspillage débile.Je pense que la réussite tient toujours à 70% de préparation.Soyons lucides, il n’y a plus de quoi gaspiller, on ne peut plus se baffrer de bidoche, uniquement parce que l’eau va devenir un bien précieux:avec le même nombre de litres, nous pouvons faire pousser plus de plantes comestibles qu’en nourrissant une vache!!et donc, nourrir plus de gens.Pour ce qui est des Chinois qui voudraient vivre avec le m^me standing débile que nous, ben, je sais pas avec quelle baguette magique ils trouveraient l’énergie qui nous ferait défaut et pour finir, nous devons quitter le nucléaire à tout prix, c’est une énergie dangereuse asservie aux variations climatiques et dont nous usons de manière totalement inconsciente.J’ai pensé toute la journée au post de BA(‘le premier commentaire) et j’étais furieuse et je me suis dit qu’il faudrait une fois pour toute arrêter cet enfumage qu’il n’y a pas assez pour tous:c’est une pensée néfaste derrière laquelle se réfugient des gens préoccupés d’avoir et non d’être.D’ailleurs, je vais essayer de faire une enquête sérieuse sur ce sujet pour démystifier cette profession de foi égoiste.Trouver des chiffres de ce que nous produisons et les confronter au nombre d’habitants, je ne suis pas très forte mais il est devenu d’une absolue nécessité de se mettre à se travail car ce genre de propos nous fait rétrograder au rang de vampires.

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    • olivier69 // 06.10.2013 à 23h14

      Bonsoir Magyare,
      je pense que BA ironise. L’Afrique doublerait sa population mais utilise peu de ressources et l’Europe réduirait sa population et utilise quasiment toutes les ressources. La corrélation est intéressante ! C’est un message.
      Regardons de plus près ses propos : “de 10 000 avant Jesus Christ “, “Et après l’an 2000 ?”, “MAIS”, “d’après L’INED”, ……
      Enfin, elle dénonce l’argumentation stéréotypée : “Stocks en quantité limitée, MAIS population qui explose. Voilà. C’est ça, le problème.”,
      Je vous rassure, elle n’est pas de nature à accepter ce genre de paradoxe, et encore moins reposer son esprit critique sur les organisations du type gouvernemental ou international !
      Et le paroxysme de l’énormité du traitement, les conclusions !
      ps : la France a-t-elle conscience qu’elle a davantage d’atouts que les US ou la Chine ?

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  • Esope // 06.10.2013 à 22h26

    Dmitry. Orlov est incomparable dans l’art de donner un coup de pied dans la fourmilière en mixant observations intéressantes et dérapages dans l’humour au premier, second ou même troisième degré. Il manie le « nonsense » en étirant des raisonnements logiques au départ jusqu’au point où ils aboutissent à des absurdités. Mais sont-ce vraiment des absurdités ? on en vient à se poser la question.
    Il n’en demeure pas moins que nos économies sont au bord de l’effondrement, que les effondrements d’empires du passé ont provoqué des situations où se retrouvent tous les ingrédients qu’il évoque d’une manière exagérée, certes très exagérée, … du moins je l’espère (ça y est, je suis ébranlé !).
    Ce qu’il souligne aussi c’est l’incapacité des dirigeants en place de sortir des routines de leur pensée en cours, et leur manque de créativité en face des réalités inquiétantes.

    Sur ce dernier point, je me demande s’il ne se trompe pas dans notre cas national.
    Ca-y-est, le virage est pris : les syndicats communaux de traitement des ordures nous proposent un peu partout des composteurs et des poules pour traiter les ordures ménagères, afin que nous puissions nous nourrir sainement avec des œufs et les légumes de notre potager quand la pénurie alimentaire sera installée. Nous sommes sauvés !

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    • step // 07.10.2013 à 15h42

      vous inquietez pas y’aura bien un clampin sponsorisé par des fast foods qui trouvera un moyen de vous imposer sur le non paiement de la TVA sur votre consommation aliméntaire.

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  • ril // 06.10.2013 à 23h43
  • Magyare // 07.10.2013 à 00h05

    La catastrophe est notre façon de vivre en Occident, déniant la souffrance des peuples spoliés, déniant sous prétexte de “propriété” , de sécurité, d’assurances en tout genres,le droit à la vie d’autrui, ce mode de vie nous anesthésiant par l’achat compulsif et l’insatisfaction, par la compétition d’avoir plus et mieux!!et ça n’est pas une prévision, c’est une réalité!
    Ril, vous salissez ce blog dont le but est “l’éveil” et non la peur absurde de mourir puisque c’est une certitude pour chacun d’entre nous.

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  • olivier69 // 07.10.2013 à 03h14

    En fait, la dérive marchande présente la capitalisation comme une plus value sans se soucier de sa nature. C’est l’intégration et la justification de toutes les spéculations dans le processus d’échange. La croissance devient un phénomène non plus de créations de biens et services essentiellement mais également d’instruments monétaires de répartition (le financiarisme). La corrélation nécessaire entre la création monétaire et la croissance est rompue. Il y a malheureusement une différence d’attente dans la valorisation de la richesse (une capitalisation). En amont de la capitalisation, il y a la valorisation. La valorisation consiste à donner une base monétaire car monnayable. Mais nous avons renversé la justification de la capitalisation et de la valorisation. En intégrant par exemple le capital humain dans le processus de production tel un moyen (excès de la marchandisation), nous avons valorisé une capitalisation en l’intégrant dans l’outil de production comme une ressource. Ainsi, une richesse (une fin) s’est transformée en ressource (un moyen). Si nous appliquons le même principe au capital financier alors, nous transformerions la richesse du moment (le capital fi) en ressource. C’est l’autofinancement…..Bien entendu, il s’agit de savoir réellement qu’est ce que l’on autofinance aujourd’hui : un développement ou un statut, deux perceptions ? La plus value se trouve uniquement dans le capital humain si il est valorisé comme une richesse pour capitaliser (c’est capitaliser une valorisation, la richesse). Si lutte des classes, il y a, alors il faut se positionner comme dans un miroir avec un reflet. La monnaie n’est qu’un instrument comme d’ailleurs les moyens de production (capital fixe et circulant). A croire que le capital ne fait qu’un avec l’homme ? Qu’il soit plus ou moins liquide (une monnaie) ou non mobilisable et immobilisé dans le temps (circulant et fixe), il est la condition du développement de l’homme (une fin) et non pas du développement de lui-même (un moyen) au détriment de la ressource humaine. C’est un problème de définition comme bien trop souvent….
    La division du travail est positive (source de croissance) si elle n’est pas le jouet du capital dans la redistribution des gains de productivité. Elle doit être un élément du progrès, sinon il vaut alors mieux se prémunir avec une assurance plus personnelle et sociale. C’est-à-dire opter dans la polyvalence des savoirs « faire ». C’est pourquoi, l’éducation permanente et la connaissance sont les seules portes de sortie raisonnable du modèle (une anticipation en cas de problème)…..Devenons les entrepreneurs de nous-même (polyvalence) afin de contribuer à une nouvelle relation sociale ! Créons le capitalisme humain (s’adapter). Une relation sociale doit plus être un choix qu’une contrainte ou pire, qu’un mensonge (sinon tous les débordements peuvent aussi s’envisager dans la détresse). Nous verrons qui de l’idéalisme ou du matérialisme passera les portes du développement durable ? Seuls, nous ne sommes rien ! Sans environnement, nous n’existerions pas ! L’homme n’est pas fait pour être une matière quelconque car il a de l’esprit avant tout, quelque soit sa condition. Les enjeux dépassent la simple guerre des matières et l’autofinancement des statuts pour le développement.
    L’homme et la machine ?

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  • Magyare // 07.10.2013 à 07h53

    Bonjour,
    @ Olivier 69, j’ai lu et relu votre commentaire et force m’est d’avouer que je ne suis pas arrivée à suivre…(Je me place du côté de la majorité qui n’est pas idiote mais qui n’est pas non plus versée dans le verbiage spécialisé)je vous remercie quand même de cet essai d’éclairage.
    Il m’a toujours semblé absurde de dire que le travail coûtait cher, cela dépasse mon entendement.
    Le travail crée quelque chose, de fait, dès que l’on commence à dire qu’il coûte cher, on nie son bénéfice…..On induit que c’est au plus offrant, et on délocalise.
    Je pense que la délocalisation a été, est, une des pires choses que l’on a faite.
    Et d’ailleurs, en sortir semble de plus en plus inéluctable, dans le meilleur des scénarios comme dans le pire.

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    • olivier69 // 07.10.2013 à 14h27

      Bonjour Magyare,
      Retenez seulement que ce n’est pas la valorisation (donner ou attribuer une valeur) qui fait la plus-value mais la capitalisation (miser sur une valeur). La valorisation est davantage un procédé du présent (l’estimation) alors que la capitalisation est un processus du futur (escompter un profit). Un employeur qui voit votre travail comme une ressource n’aura pas le même comportement que celui qui le voit comme une richesse. Le capitalisme impérial use la ressource afin de s’enrichir. La ressource, c’est nous (le travail) et l’enrichissement, c’est son statut (le capital)…. Nous sommes donc en mesure de nous demander où se trouve le libéralisme ?
      Dans le cadre du billet, le développement durable s’oppose ici à effondrement spontané.

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      • michel lambotte // 07.10.2013 à 21h22

        Pour ma part le vrai libéralisme est la liberté d’entreprendre non pas pour exploiter l’autre ou la planète mais pour mettre en évidence toutes ses capacités afin d’améliorer le bien-être de tous sans saccager la planète.
        Bon, c’est peut-être un peu idéaliste. Quoi que?
        Ceci dit, je suis d’accord avec votre commentaire.

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        • olivier69 // 07.10.2013 à 22h44

          Le plus bel héritage que l’on m’a légué, c’est le savoir-faire dans les domaines les plus variés de la vie. Ainsi, le polyvalent a moins peur de l’avenir grâce à ses capacités d’adaptation.
          L’information a un coût (égalité des chances) ou un prix (le statut).

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    • michel lambotte // 07.10.2013 à 21h36

      Pourquoi le travail coûte-t-il cher?
      Parce qu’il entre en concurrence avec la rente du propriétaire et le bénéfice de l’entrepreneur.
      C’est une question de représentation
      Comme dit très bien Olivier devenons l’entrepreneur de nous-même

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  • Magyare // 07.10.2013 à 08h15

    @Olivier69,
    Il me semble qu’il faut être très prudent quand on parle de développement durable.Encore de la sémantique….Dans sa définition première, c’est un concept noble mais pour les marchés, c’est une fois de plus détourné vers le consumérisme pas assez présent dans les pays du Sud…..
    Ce terme implique une globalisation financière(autre terme pour économie mondiale)des intérêts à long terme.
    Il implique que nous avons tous les mêmes intérêts, oui, nous avons en commun de vouloir bien nous loger, bien nous nourrir, bien nous soigner mais je crains que ce concept passe au-delà de ces fondamentaux et soit une fois de plus une manière de pratiquer de l’ingérence.En sous-entendant que tout le monde rêve à nos modes de vie(gaspillage, culture du superflu), nous nions la possibilité de choix différents, de décisions différentes, de cultures différentes.J’opposerai au développement durable, un commerce équitable durable qui redonne à tous leur identité propre.

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    • michel lambotte // 07.10.2013 à 21h39

      Comme vous le dites, le concept de développement durable est noble, mais il ne deviendra réalité qui si nous remettons LE MARCHE à sa place non comme but mais comme moyen.

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  • bob // 07.10.2013 à 09h06

    M. Orlov a une vision bien à lui de l’agriculture russe. Si l’URSS s’est mise à importer de la bouffe c’est avant tout à cause de leurs méthodes agronomiques pseudo-scientifiques prônées par ce cher Lyssenko. Évidemment quand on croit à la transmission des caractères acquis et que l’on interdit la pratique de la génétique mendelienne, ça devient difficile de faire de l’amélioration variétale. Par ailleurs M. Orlov a oublié d’expliquer que si les engrais chimiques (surtout l’azote) nécessitent des hydrocarbures pour être fabriqués, ils permettent aussi une hausse de rendement significative et donc une fixation de l’énergie lumineuse plus efficace.

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  • G. // 07.10.2013 à 10h16

    Beaucoup de blabla, uniquement du blabla, pas de chiffres, de justifications,… Pas vraiment d’analyse, et le fait qu’on ait été prévenu dès le début n’excuse rien.

    En résumé, il faudrait tous devenir des “survivalist”, décroissants, sans espoir, … ?

    Même si le pire peut arriver, le seul bon conseil que je vois dans tout le texte est de cultiver son propre jardin. Au moins, c’est un bon passe temps.

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  • Magyare // 07.10.2013 à 10h29

    @ah mais oui, mais c’est bien-sûr, s’il n’y a pas de chiffres, c’est du blabla……
    Décidément, cette époque ne peut plus se passer de ces chiffres pour être crédible…..
    Ceci explique cela.

    Je ne vois pas en quoi il est sans espoir de devenir des survivalistes(c’est vous qui le dîtes)prônant la décroissance.
    Mais vous avez raison, à combien chiffrez-vous l’expérience d’une vie?à combien les initiatives populaires qui seules aujourd’hui, font réellement face à la bêtise monumentale des marchés, des gouvernants?
    à combien la réflexion pour freiner notre voracité consumériste?

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  • Magyare // 07.10.2013 à 10h39

    @g,
    Et je me permets de vous demander d’avoir un peu de respect pour ce monsieur, qui a vécu l’émigration politique, il me semble qu’il est un peu bien placé contrairement à nous qui n’avons pas eu(pas encore) à faire le deuil de notre famille, de notre pays.
    Son blabla comme vous dîtes a le mérite d’un témoignage, à mon sens, il est surtout un donneur d’alerte.
    Sa vie n’a pas l’air d’être un roman, si vous voyez ce que je veux dire.

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    • step // 07.10.2013 à 15h48

      du tolstoï ou du dostoïevski

      rien de très optimiste en tout cas.

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    • G. // 08.10.2013 à 10h43

      Depuis quand exprimer sont opinion personnelle, voire son désaccord, est-il un manque de respect?

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  • nanne // 07.10.2013 à 11h51

    Ce qui se passe à Detroit peut être considéré comme un des futurs possibles des grandes mégalopoles occidentales… Et ce que M orlov raconte, même si pas scientifiquement documenté, ne semble pas complètement farfelu au regard de ce qui est observé là bas.

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  • BA // 08.10.2013 à 08h29

    Allemagne, Espagne : après la période estivale, le chômage repart à la hausse en septembre.

    Allemagne : hausse inattendue du chômage en septembre.

    Le chômage a augmenté en septembre en données corrigées des variations saisonnières, tout en restant proche de ses plus bas depuis la réunification il y a plus de 20 ans, selon les chiffres publiés mardi 8 octobre par le gouvernement.

    Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 25.000 à 2,975 millions, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une diminution de 5.000, l’estimation la plus pessimiste étant une hausse de 7.000.

    Le taux de chômage est remonté à 6,9% contre 6,8% en août.

    Le chiffre d’août des demandeurs d’emploi a en outre été révisé à la hausse, à +9.000 au lieu de +7.000 initialement annoncé.

    Mercredi 2 octobre 2013 :

    Espagne : le chômage repart à la hausse en septembre.

    Le nombre de personnes inscrites au chômage en Espagne est reparti à la hausse en septembre après six mois de baisse, à 4,72 millions, affecté par la fin de saison estivale, a annoncé mercredi le ministère de l’Emploi.

    La quatrième économie de la zone euro, qui avait bien profité de l’embellie touristique, a enregistré sur le mois de septembre 25.572 demandeurs d’emploi en plus, tandis que le taux de chômage atteint 26,26% selon l’Institut national de la statistique (INE), qui utilise une méthode de calcul différente et sert de référence.

    Surtout, chez les jeunes de moins de 25 ans, le collectif le plus touché par le chômage avec un taux de 56,1%, la tendance reste à la hausse (+7,04%).

    http://www.boursorama.com/actualites/espagne-le-chomage-repart-a-la-hausse-en-septembre-9a1cee2c9f338e75a4922e5378f8a483

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