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4.novembre.20214.11.2021 // Les Crises

Lituanie : Nouvel avant-poste oriental de l’empire américain ?

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Comme leurs homologues de la Rome antique, les légions américaines complètent la sécurité régionale, et l’emprise s’accroît.

Source : Responsible Statecraft, Kelley Beaucar Vlahos
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Vous pensez que le nombre de bases américaines dans le monde diminue naturellement en temps de paix ? Détrompez-vous.

Un article paru aujourd’hui dans Defense One illustre le « détournement de mission » dans sa forme la plus pure, à la Field of Dreams : la Lituanie construit une base militaire en espérant que les Américains viendront.

Et il ne fait aucun doute qu’ils le feront – ils sont déjà là, bien que temporairement. Selon le reportage de Jacqueline Feldscher, des « centaines » de membres des services américains se trouvent déjà dans la nouvelle installation de 7 millions d’euros appelée Camp Herkus. Elle le décrit ainsi :

Le Camp Herkus comprend une salle de sport équipée de tapis de course et de racks de musculation dernier cri, des terrains de basket au revêtement en caoutchouc entourés de conteneurs remplis de lits superposés et d’équipement, un PX [Post exchange, magasin militaire américain, NdT] vendant des cigarettes et des bonbons, et une salle de jeux où les soldats jouent à des jeux vidéo de tir individuel.

Contrairement à leurs homologues d’Europe occidentale, qui parlent davantage ces jours-ci « d’autonomie stratégique », les partenaires de l’Est (la Lituanie est entrée dans l’OTAN en 2004) souhaitent mettre davantage de bottes américaines sur le terrain pour se protéger de la Russie. Selon Feldscher, la Biélorussie Belarus se trouve à moins de 15 km et les Lituaniens espèrent que des exercices militaires réguliers avec les Américains et l’OTAN dissuaderont les Russes, qui font de même avec leurs alliés bélarusses. La Pologne est également à la recherche d’une base américaine permanente (Fort Trump n’est manifestement pas au rendez-vous), mais elle a obtenu l’envoi de 1 000 soldats américains à la fin de l’année dernière.

« Nous espérons que cette nouvelle infrastructure à Pabrade deviendra le second centre de la force américaine », a déclaré le ministre lituanien de la Défense nationale, Arvydas Anušauskas, le jour de l’ouverture.

« La nécessité du déploiement des forces américaines en [Lituanie] est plus évidente que jamais et nous fournissons toutes les conditions nécessaires pour que les troupes américaines puissent maintenir leur état de préparation », a lancé Anušauskas sur Twitter deux semaines plus tard, en accueillant le général Christopher Cavoli, commandant de l’armée américaine en Europe et en Afrique.

Pour sa part, l’administration Biden n’a pas dit s’il y aura un arrangement permanent avec la Lituanie, et elle examine toujours les plans de la base polonaise. Mais en attendant, avec ces États offrant tant pour un stationnement même temporaire, l’armée américaine ressemble le plus à ses homologues romains d’il y a deux millénaires : bienvenue dans leurs États clients de l’Est et aux conditions de Rome, le tout pour la protection de l’Empire. Le Washington officiel continue d’encourager cela, en incluant récemment l’initiative « Soutenir la dissuasion en Europe » dans l’énorme National Defense Authorization Act, qui positionnerait davantage de troupes américaines et de l’OTAN dans l’arrière-cour de la Russie.

Pour un aperçu intéressant des 750 bases que les États-Unis possèdent dans le monde, il vaut la peine de lire la dernière brève de David Vine avec Patterson Deppen et Leah Bolger ici. Malgré tous les discours sur le repli sur soi et le recours à la diplomatie plutôt qu’à l’armée pour simpliquer dans le monde, peu de choses ont changé, en particulier en Europe de l’Est.

Source : Responsible Statecraft, Kelley Beaucar Vlahos – 04/10/2021

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises


Est-ce la prochaine base militaire américaine en Europe ?

La Lituanie a construit le Camp Herkus pour séduire un contingent permanent de troupes américaines. Mais l’administration Biden est loin d’être convaincue.

Source : Defense One, Jacqueline Feldscher
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises


Le ministre lituanien de la Défense nationale Arvydas Anušauskas, deuxième à partir de la droite, et le lieutenant-colonel Paul Godson, commandant du 3e Bataillon de l’armée américaine, 66e Régiment blindé, lors d’une récente cérémonie d’inauguration du Camp Herkus lituanien. MINISTÈRE DE LA DÉFENSE LITUANIEN

Correspondant principal pour la Sécurité nationale

Camp Herkus, Lithaunie – Les soldats américains ont trouvé des hôtes gracieux en Lituanie.

Dans cette base éloignée, qui a ouvert en août et qui est maintenant le foyer temporaire de centaines de soldats américains, les représentants du gouvernement ont montré avec enthousiasme les nouvelles installations, d’une valeur de 7 millions d’euros, qui comprennent une salle de sport équipée de tapis de course et d’haltères dernier cri, des terrains de basket-ball en caoutchouc entourés de conteneurs remplis de lits superposés et d’équipement, un PX vendant des cigarettes et des bonbons, et une salle de jeux où les soldats jouent à des jeux vidéo de tir à la première personne.

Mais pour Vilnius, ce confort ne sert pas seulement à faire en sorte que les invités se sentent chez eux. Ils visent à inciter Washington à transformer ses déploiements rotatifs de troupes américaines en un séjour permanent, et à dissuader les forces russes qui se déploient et s’exercent fréquemment en Biélorussie, à moins de 15 km de là.

« Nous espérons que cette nouvelle infrastructure à Pabrade deviendra la deuxième maison des forces américaines », a déclaré le ministre lituanien de la Défense nationale, Arvydas Anušauskas, le jour de l’ouverture.

Quelques semaines plus tard, Anušauskas a souligné cet argument dans un tweet accueillant le général Christopher Cavoli, commandant de l’armée américaine en Europe et en Afrique : « La nécessité du déploiement des forces américaines en [Lituanie] est plus évidente que jamais et nous fournissons toutes les conditions nécessaires pour que les troupes américaines puissent maintenir leur état de préparation. »

Le Premier ministre lituanien Ingrida Šimonytė a ajouté : « La présence de troupes américaines en Lituanie et l’entraînement avec nos troupes, ainsi qu’avec les troupes du bataillon de présence avancée renforcée de l’OTAN, constituent la meilleure dissuasion… Merci pour l’étroite coopération entre les forces militaires lituaniennes et américaines, que nous sommes déterminés à développer encore davantage ». Le gouvernement, à son tour, fera tout pour créer les conditions adéquates pour l’entraînement et la vie des soldats américains en Lituanie.»

À Washington, cependant, les responsables de l’administration Biden et de l’armée ne veulent pas dire s’ils envisagent sérieusement une base plus permanente pour les troupes américaines dans la nation balte. Les responsables de la Maison Blanche ont même refusé de commenter la question. Un porte-parole du Pentagone a remercié la Lituanie pour son investissement, mais s’est montré prudent quant à savoir si les logements plus agréables et les projets d’amélioration des installations d’entraînement de l’allié balte feraient réellement la différence, montrant la sensibilité diplomatique et politique d’une augmentation de la présence des troupes aux portes de la Russie.

« La Lituanie a été un hôte exceptionnel pour nos hommes et femmes en uniforme à l’intérieur de ses frontières, et nous apprécions les investissements importants que la Lituanie a faits pour moderniser et étendre l’infrastructure qui a soutenu les forces temporaires des États-Unis et de l’OTAN pour la formation et les exercices » a déclaré le lieutenant-colonel Anton Semelroth, un porte-parole du ministère de la Défense, dans une brève déclaration fournie à Defense One. « Nous sommes impatients de continuer à profiter des occasions d’améliorer l’interopérabilité de nos forces, de fournir une dissuasion crédible contre l’agression russe et de permettre aux forces de l’OTAN d’opérer plus efficacement si la dissuasion échoue. »

Semelroth a noté que les responsables du Pentagone réexaminent actuellement la présence de leurs troupes dans le monde entier et son alignement sur les objectifs de sécurité nationale, comme l’a ordonné le président Joe Biden en février. Cette révision de la posture des forces dans le monde devrait être terminée d’ici la fin de l’année, a-t-il ajouté.

Vilnius n’est pas le seul allié d’Europe de l’Est en lice pour un engagement à long terme de l’Amérique. En 2018, la Pologne a proposé de donner à l’une de ses bases militaires le nom du président Donald Trump en échange d’une présence permanente de milliers de soldats américains supplémentaires. L’idée n’a pas passé le stade de la planification l’année dernière, mais les États-Unis ont augmenté leurs forces et leur puissance de feu en Pologne.

En Lituanie, les États-Unis ont maintenu une présence tournante de centaines de soldats depuis octobre 2019. Certains membres du Congrès affirment qu’une nouvelle présence permanente de troupes américaines aussi proche de la frontière russe est un signal nécessaire à Moscou d’un engagement plus fort des États-Unis à défendre les alliés baltes.

« J’ai parlé au conseiller à la Sécurité nationale et je lui ai demandé de l’envisager et il a dit qu’il le ferait », a déclaré la semaine dernière à Defense One le représentant Don Bacon, R-Neb, qui copréside le conseil balte de la Chambre des représentants, faisant référence à Jake Sullivan de la Maison Blanche. « Je lui ai parlé ce printemps. Je lui ai dit qu’il devrait l’inscrire à son agenda pour l’examiner, je pense que ce serait une option intelligente. »

Le Conseil national de sécurité a renvoyé toutes les questions au Pentagone.

Les responsables lituaniens affirment que leur population ressent viscéralement la menace posée par la Russie et que la plupart se souviennent des difficultés de la vie sous le régime soviétique, qui a pris fin en 1990. Entourés par la Biélorussie à l’est et la province russe détachée de Kaliningrad au sud-ouest, les citoyens de la nation sont très conscients de l’accumulation de matériel militaire russe qui pourrait les couper du reste de l’OTAN. Si la Russie attaquait, affirment les responsables lituaniens, ses forces armées pourraient balayer le pays, dont la superficie correspond à peu près à celle de la Virginie occidentale, avant que les renforts du reste de l’alliance n’arrivent.

Les responsables de Vilnius font pression sur le Pentagone pour que des troupes américaines soient basées en permanence dans leur pays afin de dissuader cette invasion. Si cette dissuasion échouait et que Moscou attaquait, ils font valoir que les forces américaines pourraient aider à réagir rapidement pendant que les autres forces alliées affluent d’Europe occidentale vers les pays baltes.

L’amour de la Lituanie pour l’Amérique est difficile à imaginer. La population locale soutient massivement la présence des troupes américaines et trouve un réconfort dans le son des tirs de chars, car c’est un rappel que la protection est proche, ont déclaré les responsables. Lors du Comic Con Baltics 2019, le ministère de la Défense nationale a parrainé la rencontre de deux super-héros pour la première fois : Captain America et Captain Lithuania.

Aux États-Unis, les planificateurs et analystes militaires débattent souvent de la question de savoir si une présence permanente ou un déploiement par rotation est préférable. Ces dernières années, le ministère de la Défense a privilégié l’utilisation de forces tournantes à court terme dans des pays allant de l’Europe au Moyen-Orient et aux régions du Pacifique, plutôt que de grandes masses de forces permanentes dans des bases historiques. Les raisons vont du coût à la sensibilité politique du pays hôte, en passant par la nécessité d’être plus mobile et moins vulnérable aux menaces high-tech actuelles. Le coût du transport associé à une présence rotative est généralement un peu plus élevé, et certains font valoir que les troupes ne sont concentrées sur leur mission que pendant quelques mois, entre le moment où elles se préparent et le moment où elles quittent la base, y compris le nettoyage complet de l’équipement avant le retour aux États-Unis. Mais une rotation permet à un plus grand nombre de troupes américaines de se familiariser avec la région et aux unités d’exercer leurs compétences logistiques, comme le déplacement de chars en Europe de l’Est, ce qu’il serait essentiel de faire rapidement en cas d’attaque de la Russie.

Certains analystes pensent que la demande lituanienne sera difficile à satisfaire pour l’administration Biden, d’autant plus que le président déplace l’attention des États-Unis vers la région indo-pacifique et la Chine.

« Je ne pense pas que les Lituaniens s’attendent vraiment à une augmentation de la présence, a déclaré Stephen Flanagan, politologue principal à la RAND Corporation. Ils le souhaiteraient, mais je pense qu’ils savent où sont les priorités. »

La présence de l’Amérique

Entouré de dizaines de chars Abrams roulant dans la zone d’entraînement poussiéreuse de Pabrade, le lieutenant-colonel Paul Godson, commandant du 3e bataillon du 66e régiment blindé, a déclaré à Defense One que ses soldats apprécient les installations du Camp Herkus, qui montrent que les Lituaniens sont « vraiment impliqués » dans le maintien des forces américaines dans le pays. Mais il a ajouté que les opérations et l’entraînement menés par une force permanente ressembleraient beaucoup à ce que font actuellement ses soldats américains.

« Je ne sais pas s’il y aurait une différence », a déclaré Godson lors d’un voyage en Lituanie en septembre, payé par le groupe de réflexion Atlantic Council. « Si nous avions une présence permanente, nous continuerions à nous entraîner avec nos partenaires et à apprendre les uns des autres, à mieux comprendre nos capacités et, en fin de compte, à apprendre comment mieux combattre et gagner. »

Mais John Deni, professeur à l’US Army War College, a déclaré que la perception de la permanence compte. « En l’absence d’une présence persistante, nous avons du mal à rassurer nos alliés quant à notre engagement et notre fermeté, et à dissuader les Russes », a déclaré Deni.

Les déploiements par rotation du Pentagone en Lituanie ont commencé il y a deux ans avec 500 soldats, 30 chars Abrams et 25 véhicules blindés Bradley. Cet été, le 3e de la 66e basé à Fort Riley est arrivé dans la région pour un déploiement de neuf mois à Pabradé, une ville de l’est de la Lituanie située à moins de 15 km de la frontière biélorusse et encore plus près du principal centre d’entraînement militaire de la Lituanie.

L’OTAN a stationné un groupement tactique de la taille d’un bataillon à Rukla, en Lituanie, depuis 2017, dirigé par l’Allemagne et composé de forces tournantes des Pays-Bas et de la République tchèque.

Une présence américaine permanente en Lituanie pourrait prendre de nombreuses formes. On a demandé à Saulius Gasiunas, directeur du département de la coopération euro-atlantique au ministère lituanien de la Défense, s’il voyait cela comme une promesse de poursuivre les déploiements rotatifs de troupes américaines sans interruption, ou comme une situation plus proche de celle de l’Allemagne, où les troupes sont déployées pour vivre pendant des années, souvent avec leur famille, sur une base américaine comprenant des écoles et des magasins. Gasiunas a déclaré que tout engagement visible de la part des États-Unis enverrait un message clair à la Russie.

« Vous parlez de détails, je parle de permanence », a déclaré Gasiunas, soulignant que tout vide laissé par une présence tournante pourrait offrir à la Russie une occasion d’attaquer.

Le cas de Vilnius

La Lituanie a récemment pris des mesures financières et diplomatiques pour devenir un partenaire plus attrayant pour les États-Unis. Le pays a tenu tête à la Chine de manière agressive. En avril, les politiciens lituaniens ont tenu une audience sur les violations des droits humains commises par la Chine au Xinjiang et ont voté en mai pour condamner officiellement le génocide des Ouïghours, un groupe ethnique minoritaire de l’ouest de la Chine. En août, Vilnius a provoqué la colère de Pékin en autorisant Taïwan à ouvrir un bureau sous son propre nom. Les responsables chinois ont rappelé leur ambassadeur en Lituanie et ont menacé de nouvelles « conséquences potentielles » si le bureau restait ouvert. (Les États-Unis envisageraient de prendre une mesure similaire).

La Lituanie a également souligné son soutien à la démocratie, notamment en reconnaissant le mouvement d’opposition pro-démocratique dans le Belarus voisin.

Selon un expert régional, ces prises de position pourraient être une tentative de s’attirer les faveurs de l’administration Biden.

« La Lituanie regarde les priorités de l’administration Biden et l’accent mis sur la Chine et ce récit des valeurs démocratiques et des droits humains, a déclaré Piotr Szymański, chargé de recherche dans le programme de sécurité régionale au Centre d’études orientales en Pologne. Dans leurs relations avec les États-Unis, ils semblent vraiment mettre l’accent sur le soutien à l’opposition démocratique en Biélorussie, et dépeindre la Lituanie comme un champion des valeurs démocratiques et des droits humains. »

L’équipe de Biden a pris note. Sullivan a téléphoné à Simonyte, le Premier ministre lituanien, ce mois-ci, pour exprimer « le fort soutien des États-Unis à la Lituanie alors qu’elle fait face à une tentative de coercition de la part de la République populaire de Chine » et pour souligner « l’appréciation des États-Unis pour la politique étrangère de principe de la Lituanie en faveur de la démocratie et des droits humains », selon un compte rendu de l’appel publié par la Maison Blanche.

Au Congrès, Bacon a également déclaré qu’il était « fier » de la Lituanie pour avoir tenu tête à la Chine et a appelé l’administration à soutenir les positions du pays en matière de démocratie et de droits humains. « La Lituanie est un peu à la traîne en ce moment, et j’aimerais que l’administration prenne du recul et fournisse une certaine couverture, a-t-il déclaré. La Lituanie nous montre comment faire les choses correctement. »

Sur le plan militaire, la Lituanie a plus que triplé ses dépenses de défense depuis 2014, lorsque la Russie a annexé la péninsule de Crimée en Ukraine. Elle a atteint l’objectif de l’OTAN de consacrer au moins 2 % du produit intérieur brut à la défense depuis 2018, et a l’intention de porter son budget de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030, selon un rapport sur la présence américaine en Lituanie fourni par des responsables à Vilnius. Au cours des cinq prochaines années, la Lituanie entend dépenser plus de 500 millions de dollars en équipements de fabrication américaine, notamment des véhicules tactiques légers interarmées et des hélicoptères Black Hawk de Sikorsky.

La Lituanie investit également dans des installations qui pourraient être utilisées par les forces américaines, comme le Camp Herkus. Le pays prévoit de dépenser près de 250 millions d’euros entre 2017 et 2025 pour des infrastructures qui pourraient être utilisées par les troupes américaines, a déclaré Gasiunas, notamment des ports maritimes, des installations de formation, des logements, des loisirs et d’autres transports.

« Les Lituaniens ont apporté un soutien vraiment formidable à la nation hôte, a déclaré Robert Gilchrist, ambassadeur des États-Unis en Lituanie, dans sa résidence à Vilnius. En réalité, nous faisons tellement de choses avec les Lituaniens qu’il y a toujours des bottes sur le terrain ici et nous avons une relation vraiment étendue à de nombreux niveaux différents et je sais que cela va continuer. »

Cela sera-t-il suffisant ?

Le nouveau gymnase du Camp Herkus pourrait rendre la vie plus agréable aux GI américains, mais il faudra des investissements plus importants dans les installations d’entraînement militaire pour que les forces américaines soient prêtes à combattre.

« Les ennemis de notre pays n’ont pas peur des joueurs de basket, a déclaré Ben Hodges, ancien commandant trois étoiles de l’armée américaine en Europe. Il ne s’agit pas de garnisons et d’avoir simplement des gens sur place. Les Russes le verraient immédiatement, si les gens ne font que traîner. »

Les zones d’entraînement de la Lituanie sont relativement petites par rapport aux normes américaines, et sont très demandées par les troupes américaines, lituaniennes et autres de l’OTAN. Que le dispositif des forces américaines change ou non, des améliorations sont nécessaires, a déclaré Deni du War College.

« La présence avancée présente de nombreux défis au niveau stratégique, opérationnel et même au niveau des services, a-t-il déclaré. Cela dit, je pense que c’est toujours quelque chose que nous devons faire. »

Pendant ce temps, l’offensive de la guerre de l’information russe sur la Lituanie est déjà en cours, a déclaré Deni, et les troupes américaines pourraient bénéficier d’une formation accrue avec les alliés là-bas. « Les forces de l’OTAN y sont soumises à des opérations d’information persistantes dirigées par Moscou et la Russie et provenant de ces derniers. Donc, opérer dans cet environnement est, je pense, un avantage pour les forces américaines. Il en va de même dans le domaine électronique et cybernétique, a-t-il déclaré. Ce sont des endroits où il est difficile de travailler. »

Toute décision de l’administration Biden sur le déploiement des troupes américaines doit également tenir compte des coûts pour les contribuables. Une présence rotative est légèrement plus coûteuse qu’une présence déployée en projection, a déclaré Deni.

Les déploiements par rotation offrent toutefois leurs propres avantages, a déclaré Godson, le commandant du bataillon américain en Lituanie. Lorsque les troupes sont déployées par rotation en Europe de l’Est, elles sont obligées de s’exercer à la logistique, notamment à faire transiter du matériel par des ports et à passer d’un rail de train de largeur différente en Europe de l’Ouest à un autre en Europe de l’Est – autant de capacités dont les troupes auront besoin pour réagir rapidement si un conflit devait éclater.

« On pourrait presque dire que l’armée américaine perdrait une partie de sa flexibilité si les États-Unis rendaient leur instalation lituanienne permanente, a-t-il déclaré. Cette pièce est une partie importante de tout ce que nous faisons, parce que si nous ne pouvons pas nous déplacer, nous ne pouvons pas nous battre. Je pense donc qu’il y a de grands avantages à avoir cette flexibilité et à la maintenir. »

Les responsables lettons et estoniens ont fait des demandes similaires pour une présence américaine ou de l’OTAN accrue. Selon Hodges, l’envoi de troupes supplémentaires en Lituanie obligerait les États-Unis à expliquer à ces alliés baltes pourquoi seule la demande de Vilnius a été satisfaite.

Défis diplomatiques

Le stationnement permanent de troupes en Lituanie pourrait également entrer en conflit avec l’Acte fondateur OTAN-Russie signé en 1997. Cet accord stipule que « dans l’environnement de sécurité actuel et prévisible », l’OTAN ne basera pas de manière permanente des « forces de combat substantielles » le long de la frontière avec la Russie. En contrepartie, la Russie s’est engagée à respecter les frontières des pays d’Europe orientale qui faisaient autrefois partie de son empire. Ces termes laissent une grande place à l’interprétation. Il n’est pas clair combien de troupes ou quel type d’équipement constituent une empreinte militaire « substantielle ». Et pour certains experts, il est clair que l’environnement sécuritaire actuel est très différent de celui qui prévalait lors de la signature de l’accord il y a un quart de siècle.

« Lorsque la Russie a envahi l’Ukraine, elle a abrogé l’ensemble de l’accord, a déclaré Hodges. Si nous étions dans un tribunal, le juge rejetterait [et] dirait que la Russie a changé tout l’environnement de sécurité et que nous ne sommes donc pas liés par cet accord. »

Malgré cela, certains membres de l’OTAN, en particulier l’Allemagne, estiment que l’alliance doit « garder la tête haute » et s’en tenir à l’intention de l’accord malgré l’évolution des circonstances, a déclaré Deni.

Hodges a déclaré que la France et les Pays-Bas verraient également une présence permanente comme « une provocation majeure » et que l’administration Biden « devrait faire un énorme travail diplomatique » pour obtenir le soutien des alliés.

La Russie verrait probablement une présence accrue de troupes comme une escalade. Mais Moscou considère déjà les déploiements rotatifs dans les pays baltes comme une preuve d’agression de l’OTAN, a déclaré Szymański.

« En termes de propagande, ils utilisent de toute façon cette présence tournante pour dire que la Russie est assiégée par l’OTAN, que l’OTAN est agressive et place ses troupes autour des frontières russes, a-t-il déclaré. La réalité militaire est que ce bataillon et les forces de rotation ne changent pas l’équation stratégique… La Russie s’en sert simplement pour discréditer l’OTAN, notamment aux yeux de la population russe. »

Les responsables lituaniens soutiennent que le fait de baser des troupes en permanence dans la région va en fait désamorcer la tension avec la Russie, car cela renforcera la dissuasion, et que l’Amérique peut fournir une protection contrairement à tout autre allié.

Leur argument, en tout cas, est passé haut et fort, a déclaré l’ambassadeur américain. « La relation de sécurité avec les États-Unis… les Lituaniens la considèrent certainement comme absolument essentielle à leur propre sécurité, a déclaré Gilchrist. Je dirais qu’ils accordent une valeur particulière à leur relation avec les États-Unis. »

Source : Defense One, Jacqueline Feldscher – 03/10/2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

Méchant complotiste // 04.11.2021 à 07h17

Imaginons la Russie installer des bases au… Québec, dans une Ile proche(antilles, caraibes)…et puis ça vient pleurnicher ‘non ce n’est pas de la provocation’ juste de la  »défense »

Les 3 B + la Pologne finiront par être le déclencheur d’une grande guerre en Europe, urgent de sortir de l’OTAN.

19 réactions et commentaires

  • Méchant complotiste // 04.11.2021 à 07h17

    Imaginons la Russie installer des bases au… Québec, dans une Ile proche(antilles, caraibes)…et puis ça vient pleurnicher ‘non ce n’est pas de la provocation’ juste de la  »défense »

    Les 3 B + la Pologne finiront par être le déclencheur d’une grande guerre en Europe, urgent de sortir de l’OTAN.

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    • moshedayan // 05.11.2021 à 20h43

      Bah, pour l’instant – gesticulation et corruptions… Les Lituaniens et autres nationalistes baltes ont des mentalités de prostituées… Ils se vendent… Quant à leurs nations – regardez leur bilan démographique… et leur solde migratoire… C’est éloquent… Ces petites nations avaient paradoxalement une meilleure existence linguistique et culturelle sous l’URSS, mis à part évidemment le monolithisme politique « les collabos baltes » (dit-on dans ces pays) communistes se débrouillaient mieux pour maintenir l’identité de leurs peuples… Maintenant, ils se mettent tous à l’anglais… en le parlant comme une vache espagnole (alors que le Lituanien a des influences mutuelles avec le russe, n’en déplaise aux nationaliste…) Bref, quel avenir ? pour ces pays…qui ne cessent d’attiser les cas d’incidents et de prétextes pour un accident majeur dans la région… Celui d’être certains d’être vitrifiés… si ça dérape vraiment.. Donc bah on a affaire à des c…. !
      ps. ce ne sera pas les bases US… qui compenseront les pertes économiques énormes de ces pays du fait de leurs sanctions contre la Russie… on a donc bien affaire à des c….

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  • James Whitney // 04.11.2021 à 08h23

    Dans l’article de Vlahos « Field of Dreams » vient d’un film éponyme, c’est un terrain de base-ball où les enfants rêvent de devenir de grands joueurs dans ce sport.

    Article de Feldscher. « Lorsque la Russie a envahi l’Ukraine … », « Les responsables lituaniens soutiennent que le fait de baser des troupes en permanence dans la région va en fait désamorcer la tension avec la Russie, car cela renforcera la dissuasion, et que l’Amérique peut fournir une protection contrairement à tout autre allié. » Propos très éloignés de la réalité.

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  • Louis // 04.11.2021 à 11h35

    La France devrait prendre des distances avec le commandement intégré, je crains que nous soyons engagés dans un conflit contre notre gré.

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  • Mugronhaurietnerbis // 04.11.2021 à 11h36

    Ce n’est pas un « nouveau avant-poste » c’est la continuation d’une position vaincue et renouvelée dans la période contemporaine.
    Quelques articles de référence sur la Lituanie pour comprendre quelle est l’histoire de cette prétendue « démocratie »
    :

    https://histoireetsociete.com/2021/06/12/nouvelles-du-belarus-le-president-lituanien-est-il-un-criminel-nazi/

    https://histoireetsociete.com/2021/03/06/′′-mon-grand-pere-etait-nazi/

    La Lituanie comme d’autres états baltes ont une histoire qu’il ne faut pas oublier quand on cherche à comprendre ce qu’est l’idéologie de l’Union européenne dans son rapport avec la Russie.
    S’il y a propagande Russe, la propagande occidentale est semble-t-il conjointement une propagande néo-nazie par les temps qui courent.

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    • Candide // 04.11.2021 à 16h50

      Merci pour ces liens (même si l’origine est discutable).

      Pour modérer votre commentaire (si je peux me permettre), l’alliance malheureuse des pays Baltes au régime nazi a été acquise surtout grâce à la promesse habile des Allemands de leur rendre leurs souverainetés et leurs territoires volés par l’URSS lors du pacte Ribentrop / Molotov.
      Soit être libérer du régime communiste en échange d’un « laissé faire » aux nazis, voir parfois d’une collaboration (mais ce n’est pas la France qui peut donner des leçons de ce coté là).

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  • DVA // 04.11.2021 à 13h09

    Bof ,,,ces pays ‘ ie’ sont juste profiteurs des largesses otaniennes ou européennes…ils bouffent à tous les râteliers!

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  • Savonarole // 04.11.2021 à 13h38

    L’US army est victime du positionnement politique des US en tant que « gendarmes du monde ». Le moindre pays qui a un problème de voisinage compose le 17. Mais c’est comme tous les services publiques US : c’est payant. Bref , politiquement c’est un non problème et tout le monde fait mine d’en avoir quelque chose à foutre mais n’en pense pas moins. Il y a quoi comme ressources dans les pays baltes ? Pas grand chose qui vaille une guerre en tout cas.
    Par contre, ce qu’on évite de dire, c’est que chaque entrepôt Amazon qui ouvre, c’est une base active dans la guerre économique que les élites US livrent au reste du monde. Le contrôle de la distribution « au dernier kilomètre » c’est beaucoup plus un problème stratégique que les errements de trois régiments sur une base qu’ils ne vont jamais quitter pour guerroyer.

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    • moshedayan // 08.11.2021 à 18h17

      Oui, c’est le soft power us, Pour les Lituaniens, leur défaut et qualité c’est qu’avec eux c’est tout l’un ou tout l’autre – ils ont été des résistants ou des collabos actifs. Aujourd’hui , c’est quasiment pareil… Il y a aussi discrètement des Lituaniens qui n’attendent qu’un autre cours des événements pour renouer avec la Russie et même accepter leur retour dans la zone d’influence du monde russe, parce qu’ils connaissent leur histoire et savent qu’économiquement ils ont un meilleur parti à tirer à travailler avec la Russie, pour leur commerce et leurs ports… Donc ils attendent… C’est justement pour cela que ces « nationalistes » lituaniens sont enragés et osent tout, même en glorifiant les nazis , leurs collabos…. D’autres Lituaniens attendent… le seul danger, c’est que les règlements de comptes seront alors forcément très violents…

        +2

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  • Manuuk // 04.11.2021 à 15h03

    On assiste à une véritable partie de Risk grandeur nature qui montre l’intelligence des USA.

    Ils laissent filer l’Afghanistan pour envahir la Lituanie. Subtil et efficace…

    Là où certains verront une volonté d’agresser la Russie, les autres verront l’étendue de l’Otan se répandre à travers les pays fleurissants.

    Un allié supplémentaire, de l’argent en plus, des voix en plus, des soldats en plus.

    A la suite de l’histoire des sous-marins australiens, tous les regards sont dirigés vers une seule cible la Chine, et les USA veulent y accéder par tous les fronts 😉

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  • candide // 04.11.2021 à 16h57

    La Lituanie s’illusionne sur la protection des USA ou de l’UE en cas de coup de folie de la Russie (voir le Dombass). Mais les lituaniens aiment à penser que les Russes rêvent de les envahir même si il n’y a ni pétrole, ni industrie, ni richesse particulière (et peu de population russes). Et surtout, tant que Kaliningrad est Russe cela reste l’atout principal pour une paix à long terme.
    Chacun s’invente des ennemies, cela fait marcher l’industrie de l’armement, les subventions… et cela alimente les discourts politique.

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    • antoniob // 05.11.2021 à 09h46

      Oui, manière idiote pour la Lithuanie de jetter l’argent par les fenêtres pour rien.
      Lors du crach de 2008 les retraites furent diminuées, les services sociaux restreints, les fonctions sabrés (50% de diminution des salaires d ‘enseignants et une ministre déclarant pas grave ils ont des jardins pour cultiver des patates pour manger). Les banques scandinaves forcèrent un racket de la population pour éponger leurs pertes. Depuis l’ adhésion au machin UE 15% de la population a émigré. Mais de l’argent pour des otaneries ne menant à rien, ca leurs élites ont.Ils hébergent aussi un centre d’ agit-prop internet anti-russe et tentent avec la Pologne de refaire 1612 (invasion de la Russie, prise de Moscou). Turlututu chapeau pointu.

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  • Koui // 04.11.2021 à 19h45

    La Lithuanie a peur d’une invasion russe. Si cette base peut les rassurer, tant mieux. Cela dit, la Russie semble avoir compris qu’envahir des peuples récalcitrant est coûteux, inutile, et dangereux. J’espère pouvoir dire la même chose des américains un jour. Je n’ai pas souvenir d’une invasion Lithuaniene quelque part. Mais la Pologne et la Géorgie, qui ont très peurs des Russes, elles aussi, ont participé à l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan. Comme quoi, on peut avoir peur et être dangereux en même temps.

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  • paulo // 05.11.2021 à 08h13

    Je n’ai jamais rencontré de gens aussi haineux envers les russes que les lituaniens : c’est quasiment pathologique
    La France, hors de l’OTAN, tout de suite avant la catastrophe !

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  • Alain // 06.11.2021 à 17h11

    La base de Bagram n’a pas été fichue de barrer la route aux talibans, donc cette petite base serait bien incapable d’arrêter une offensive russe, comme tout détachement de quelques centaines d’hommes de la part des autres pays de l’OTAN. De plus à 15km de la frontière, les Américains perdraient dans l’heure du début des hostilités tout leur support logistique.

    En cas de guerre, les Russes ne pourraient laisser sur leur flanc droit une base de départ OTAN et balaierait les états baltes en un jour ou deux. Ils pourraient devoir faire face à une guérilla mais c’est moins grave que risquer le débarquement d’une division américaine

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  • Grd-mère Michelle // 07.11.2021 à 14h16

    « Contrairement à leurs homologues d’Europe occidentale, qui parlent davantage ces jours-ci « d’autonomie stratégique », les partenaires de l’Est… »
    Qui parle d’autonomie stratégique de l’Europe, et comment?
    À part Macron qui veut vendre ses avions et autre matériel militaire, à la place de celui acheté par des pays membres de l’OTAN aux USA, il me semble qu’on n’en entend guère parler…
    Alors qu’une rupture entre l’UE et l’Alliance atlantique, et une option décidément pacifique, serait seule à même d’assurer une autonomie politique, économique et culturelle(dans la diversité), ainsi qu’une prospérité raisonnable pour chacun-e, au vieux continent lassé de trop de guerres et de destructions et conscient des défis d’un autre genre(voir la COP26) à relever tou-te-s ensemble…

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  • Christian Gedeon // 09.11.2021 à 14h56

    Poutine…un sans faute jusqu’à l’affaire de Crimée et surtout du Donbass. L’affaire de Crimée se plaide, celle du Donbass beaucoup moins. En tous cas elle sert d’arme juridique pour rendre nul et non avenu le dit traité du point de vue otanien. Un sacré casse tête juridique. Il est à noter d’ailleurs que la Russie ne l’évoque à aucun moment.

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    • Grd-mère Michelle // 10.11.2021 à 12h56

      Il serait utile et nécessaire que les « affaires » de Crimée et du Donbass se plaident…
      À l’origine, et vu de loin, les conflits sont nés, me semble-t-il, de l’obligation pour les russophones de ces régions d’abandonner la langue russe, particulièrement dans les écoles, pour apprendre et parler une « langue » ukrainienne qui,selon eux/elles, n’en est pas une(mais un dialecte).
      C’était, en tout cas, une des questions principales du référendum en Crimée, si je ne me trompe…
      Où l’on voit que la langue est un constituant essentiel de l’identité d’un peuple…
      Mais les francophones, eux et elles, embrassent l’anglais à pleine bouche, négligeant sans vergogne l’orthographe, la syntaxe et la ponctuation de la langue qui nous a aidé-e-s à à nous construire en tant qu’êtres parlants, livrant ainsi leur âme à une culture impérialiste et consumériste qui les dénature.

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    • Koui // 11.11.2021 à 16h34

      Du point de vue du droit international, la Crimée est ukrainienne. Par contre, la philosophie politique dit que nul ne peut se prétendre démocrate et refuser à un peuple le droit à l’autodétermination. La France s’en tient au droit international, aussi bien vis a vis du Sahara occidental que de la Crimée. Le droit à l’autodétermination n’existe pas pour la France, ormi dans quelques cas décrit par le droit. Mais, évidemment, le droit est une affaire d’avocats. Il ne s’applique tout de suite que si on en a envie. Sinon, il s’appliquera un jour mais pas maintenant. Et ceux qui sont pressés seront tués. Le droit, ce n’est pas la Justice.

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