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16.avril.201716.4.2017 // Les Crises

Macron, le spasme du système, par Frédéric Lordon

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Source : Le Monde diplomatique, Frédéric Lordon, 12-04-2017

« The straw view » (« La vue à travers la paille »)
cc Danjo Paluska

« Je vais être très clair »… Probablement ignorant des logiques élémentaires du symptôme, Emmanuel Macron semble ne pas voir combien cette manière répétitive de commencer chacune de ses réponses trahit le désir profond de recouvrement qui anime toute sa campagne. « Entre le flou et le rien, continuez de baigner », voilà ce qu’il faut entendre en fait à chacune de ses promesses de clarté. À sa décharge, on admettra que déférer à l’obligation de parler quand on a surtout l’intention de ne rien dire est l’un de ces fléaux de la « démocratie » contre lequel on n’a pas encore trouvé d’antidote satisfaisant. On objectera que la plupart des candidats finissent par s’accommoder de ce long et mauvais moment à passer, et que le mensonge de campagne est un genre bien établi qui ne devrait plus rien avoir pour surprendre quiconque. Le problème pour Emmanuel Macron prend cependant des proportions inédites car il ne s’agit plus simplement de faire passer en douce une ou deux énormités, fussent-elles du calibre de « la finance, mon ennemie » : c’est sa campagne dans son intégralité, et jusqu’à sa personne même comme candidat, qui constituent une entreprise essentiellement frauduleuse.

Fin de période

Sans doute est-ce toute l’époque qui parle par le candidat qui ne veut pas parler — et, pour cette raison même, n’en finit pas de se sentir obligé de prévenir qu’il va « être clair ». Car c’est très généralement le propre des événements saillants, comme une élection présidentielle, que d’exprimer leur conjoncture. Or, à l’évidence, la conjoncture est « spéciale » : elle sent la fin. On reconnaît qu’une époque entre en phase terminale à l’effondrement de toutes les régulations qui lui assuraient un minimum de viabilité : d’une part, comme exaspérées, ses tares les plus scandaleuses se laissent libre cours, définitivement affranchies de toute décence ; d’autre part ses lignes de fracture ne parviennent plus à être accommodées par les institutions en place et, toutes les failles tectoniques réactivées, les plaques se remettent en mouvement.

Soit : d’un côté Fillon qui ne voit rien pour l’empêcher de faire son coming out de sociopathe et, franchissant dans un parfait quant-à-soi toutes les bornes de l’obscénité des possédants, n’est plus qu’une insulte vivante à la société ; de l’autre la dislocation du PS au moment où il n’est plus possible de masquer combien cette formation nominalement de gauche s’est enfoncée loin à droite — à l’image de Manuel Valls dont on apprend maintenant qu’il considère sans le moindre embarras de conscience « des compromis avec la droite parlementaire » d’un éventuel président Fillon (1), ou de Pierre Bergé, actionnaire de la « presse de gauche », qui, comme jadis le Tea Party avec Obama, voit avec certitude que Benoît Hamon est un « communiste » (2).

C’est pourtant en Emmanuel Macron que s’expriment le mieux les affres d’une époque mourante mais qui ne veut pas mourir. Il était certain en effet qu’un monde pourtant condamné mais encore bien décidé à ne rien abandonner finirait par se trouver le porte-voix idoine, l’individu capable de toutes les ambivalences requises par la situation spéciale : parler et ne rien dire, ne rien dire mais sans cesser d’« y » penser, être à la fois parfaitement vide et dangereusement plein.

Le vide ou le plein ?

Il est vrai qu’on est d’abord frappé par ce sentiment vertigineux de vide intérieur, que le candidat devrait d’ailleurs renoncer à pathétiquement combler, soit en s’affublant de postures christiques gênantes — jouer les habités quand on est déserté, ou bien les inspirés quand on sort de l’ENA, compte parmi ces spectacles terriblement embarrassants —, soit dans un registre davantage profane en récitant (de travers) du IAM pour faire jeune, en invoquant les Tontons flingueurs pour faire proche, ou en se faisant passer pour philosophe pour faire intellectuel. Mais quelle idée de se donner autant de mal et de s’imposer autant de ridicules quand sa vacuité souriante demeure, à tout prendre, la surface idéale de projection pour tous les fantasmes de ses suiveurs, start-upers en attente d’un manager pour la start-up France, avant de devenir à leur tour les Mark Zuckerberg de demain.

Macron est le spasme d’un système qui repousse son trépas, sa dernière solution, l’unique moyen de déguiser une continuité devenue intolérable au reste de la société

Chez Macron, cependant, le vide n’est pas contradictoire avec un plein dont, pour le coup, on comprend que, s’il faut montrer quelque chose au dehors, le vide lui soit hautement préférable. Car c’est le plein de l’oligarchie, le plein du projet de persévérance d’une classe, au moment précis où tout la condamne, comme en témoigne une époque qu’on sent rendue en son point de bascule. Dans ces conditions, pour que le plein oligarchique se maintienne envers et contre tout, il fallait en effet impérativement un candidat du vide, un candidat qui ne dise rien car ce qu’il y aurait à dire vraiment serait d’une obscénité imprésentable : les riches veulent rester riches et les puissants puissants. C’est le seul projet de cette classe, et c’est la seule raison d’être de son Macron. En ce sens, il est le spasme d’un système qui repousse son trépas, sa dernière solution, l’unique moyen de déguiser une continuité devenue intolérable au reste de la société sous les apparences de la discontinuité la plus factice, enrobée de modernité compétitive à l’usage des éditorialistes demeurés.

« En marche » ou « En tas » ?

De là ce paradoxe, qui n’en est un que pour cette dernière catégorie : Macron, auto-proclamé « anti-système » est le point de ralliement où se précipitent, indifférenciés, tous les rebuts du système, tous les disqualifiés qui se voyaient sur le point d’être lessivés et n’en reviennent pas d’une telle faveur de la providence : la possibilité d’un tour supplémentaire de manège. Macron est, par agrégation du pire, la personnification même du système, livrant par-là d’ailleurs sa vérité ultime : l’ensemble des différences coutumières dont les fausses alternances tiraient leur dernier argument et les éditorialistes leur fourrage — « gauche » et « droite », « PS » et « LR », « Hollande » et « Sarkozy » —, n’était qu’une comédie. Preuve en est la rapidité déconcertante avec laquelle le bloc réel en consent l’aveu au moment où, menacé pour de bon, l’urgence vitale lui commande de se fondre d’un seul tenant — et l’on se demande si le rassemblement, plutôt qu’« En marche », ne devrait pas s’appeler « En tas ». Formidable déchirement du voile en tout cas, dont on fait les boulevards du Front national : « toutes nos oppositions surjouées, nos séparations artificielles, nos éclats à grand spectacle, tout ça c’était du flan. Pauvres naïfs qui croyiez “alterner”, on ne vous a jamais fait enfiler que la même guenille réversible ».

Quoiqu’on en ait maintenant pris l’habitude, la liste invraisemblable des soutiens d’Emmanuel Macron qui va des communistes passés à droite aux ultra-libéraux restés à droite en passant par la moitié des gouvernements Chirac en exil et toute la (vaste) fraction du PS vendue au capital, ne laisse toujours pas d’impressionner. Mais plus impressionnant encore le fait que cet aberrant rassemblement dont le pouvoir de révélation devrait être dévastateur, semble ne rien révéler du tout, en tout cas tant qu’il est abandonné au commentaire médiatique, spécialement celui de la presse de gauche de droite, dont certes la vocation a été dès l’origine de masquer combien cette gauche était devenue de droite, mais à qui même une partouze de la gauche et de la droite — en réalité on n’en est pas loin — ne ferait toujours pas venir la moindre lueur. Il est vrai qu’elle aussi est « en marche », sans d’ailleurs que les actionnaires aient à lever le petit doigt, la lieutenance éditoriale se chargeant d’elle-même de faire prendre la bonne direction aux opérations. Entre Challenges qui crie son bonheur et L’Obs qui a poussé la rationalisation au point qu’une maquette unique de « une » lui permet de passer sur toute la campagne, on sait à peu près à quoi s’en tenir, même si le zèle humide des dévots réserve toujours des occasions d’étonnement qu’on n’aurait pas envisagées.

« “L’Obs” observe Emmanuel Macron… jusqu’à L’Obsession ? »
Julien Salingue, Acrimed, 13 Janvier 2017

La garantie des archives offrant seule la promesse d’être cru d’un lecteur du futur, on peut bien maintenant citer cet éditorial de Serge Raffy dont la lecture demande quand même d’être sanglé pour ne pas tomber à la renverse : « Le candidat “fraîcheur de vivre” a fait sa mue. Désormais il cogne et prend tous les risques. Et ça plaît… (3) ». Voilà ce qu’on lisait dans la presse libre en 2017.

Purification de la situation

La facticité de la candidature Macron, imposture démocratique comme on n’en aura rarement vue, est donc le procédé extrême requis par une situation extrême, plus exactement requis par tous ceux dont les intérêts matériels n’ont plus que cette unique solution présentable — bien sûr, s’il le faut, on se contentera de Fillon, mais celui-là annonce trop brutalement la couleur et le populo est déjà un peu à cran.

En tout cas, et l’on y verra un autre symptôme de crise, la situation n’en finit plus de se simplifier, on devrait même dire de se purifier, jusqu’à rejoindre son essence. Fut un temps où il fallait déployer tout un arsenal théorique sophistiqué pour reconstituer, au travers de complexes médiations-écrans, la domination du capital à l’œuvre au sein des institutions, politiques ou médiatiques. Tout s’est désormais tellement accusé que même un marxisme campagnard passe à l’aise sur les événements en cours et décroche sans effort la timbale de la meilleure explication : des milliardaires possèdent la presse et entreprennent de porter un banquier d’affaire à la présidence de la République. Voilà.

La situation est donc devenue si grossière que même des instruments de pensée rudimentaires suffisent à en rendre compte haut la main : d’un côté la classe mobilisée des oligarques, de l’autre le gros de la société. Entre les deux, c’est vrai, la tranche du fantasme, c’est-à-dire le groupe de ceux qui, en songe et à des degrés variés d’irréalisme, se racontent qu’ils ont une chance sinon de rejoindre le premier bloc du moins de s’y affilier de suffisamment près, fut-ce en simple imagination, pour avoir l’impression d’en être. Tranche décisive en réalité, qui permet d’estomper la violence de l’antagonisme de base et de donner à la domination réelle de l’oligarchie d’indispensables oripeaux de légitimité démocratique. Par conséquent tranche vers laquelle sont dirigés tous les efforts du candidat du vide, toutes ses évacuations du plein, toute l’écœurante comédie de la « rupture », de l’« anti-système » et de la « fraîcheur de vivre » nécessaire à recouvrir la ligne réelle, dont le slogan véritable devrait être « Davantage du même » — il est vrai qu’on ne peut pas accuser « En marche » d’être par soi mensonger puisqu’il omet prudemment de dire vers quoi…

« Réalisme » et réalité

Il faudra bien en effet toute cette entreprise de falsification à grande échelle sous stéroïdes médiatiques pour recouvrir comme il faut l’énormité de ce qu’il y a à faire passer en douce : politiquement le pur service de la classe, « techniquement » l’intensification de tout ce qui a échoué depuis trois décennies. Ironie caractéristique de l’hégémonie au sens de Gramsci, le parti de ceux qui se gargarisent du « réalisme » se reconnaît précisément à ceci que son rapport avec la réalité s’est presque totalement rompu, alors même qu’il parvient encore invoquer la « réalité » comme son meilleur argument.

À l’époque du néolibéralisme, « réalisme » nomme la transfiguration continuée de l’échec patent en succès toujours incessamment à venir. Ce que la réalité condamne sans appel depuis belle lurette, le « réalisme » commande non seulement de le poursuivre mais de l’approfondir, donnant pour explication de ses déconvenues qu’elles ne sont que « transitoires », qu’on « n’est pas allé assez loin », qu’on s’est contenté de « demi-mesures » et que la « vraie rupture » est toujours encore à faire – et ça fait trente ans que ça dure. La parfaite identité argumentative dans ce registre entre Fillon et Macron devrait suffire à indiquer où le second se situe réellement et, de son « de droite / de gauche », quel est le terme surnuméraire.

Des milliardaires possèdent la presse et entreprennent de porter un banquier d’affaire à la présidence de la République. Voilà.

Le pouvoir médiatique en France

1er décembre 2016

Pour l’un et l’autre candidats de droite donc, comme pour tous ceux qui psalmodient avec eux, la « réforme », interminable par essence, c’est le voyage au bout de la nuit. Ou alors moins littérairement le stalinisme du marché : comme l’échec du socialisme — « réel » lui aussi — était imputable aux éléments saboteurs dont l’éradication n’en finissait jamais, celui du néolibéralisme doit tout aux rigidités résiduelles, aux dernières rentes incrustées — celles des taxis ou des cheminots bien sûr, pas celles du capital financier —, aux impôts qui ne cesseront d’être confiscatoires que lorsque leur taux sera ramené strictement à zéro.

Sinon un signifiant flottant, « réforme » est le nom d’un processus indéfini qui n’exprime plus que le projet d’un minuscule groupe de pousser toujours plus loin son avantage sur le reste de la société. Et comme le chemin est long — en réalité il n’en finira jamais, d’autant plus que tout progrès étant également un progrès de l’échec, il « justifie » par-là la nécessité d’un progrès supplémentaire —, comme, donc, ce chemin est long, il est bien temps en effet de se mettre « en marche ». C’est que l’échec est différencié et qu’au milieu de la catastrophe générale, les intérêts particuliers dont Macron est le commandité ne se sont jamais si bien portés — autre caractère de l’hégémonie que de donner la poursuite de ces intérêts minoritaires pour celle de l’intérêt général quand bien même leur contradiction radicale est de plus en plus violemment attestée.

Libre-échange, Europe, finance : « notre modèle de solidarité forte »

Ainsi les traités de libre-échange, européens et internationaux, s’ils détruisent la base industrielle et disloquent des régions entières, ont-ils surtout l’insurpassable avantage de tenir le salariat en respect par la pression concurrentielle et la menace permanente de la délocalisation. L’eurozone fait montre des mêmes excellentes propriétés disciplinaires quoique par des voies différentes, il importe donc de n’y surtout pas toucher : la fermeture organisée de tous les degrés de liberté des politiques économiques ne laisse plus que l’instrument de « la dévaluation interne », c’est-à-dire de l’ajustement salarial par le sous-emploi, pour tenter de survivre dans le jeu idiot de la compétitivité (et en fait d’y périr presque tous) — mais c’est cela même qui la rend désirable. Le « réalisme » étant affranchi depuis longtemps de toute réalité, il tient pour rien le désastre social qui s’en suit, mais n’omet pas au passage d’encaisser, sur les gravats, les bénéfices réellement poursuivis — que de variations possibles autour du « réel »… —, à savoir la mise au pas des salariés.

La facticité générale commande cependant de feindre le mouvement. On ira donc donner un entretien à Libération pour expliquer qu’en Europe la meilleure stratégie du changement, c’est de ne rien changer : « la France ne peut entraîner l’Allemagne que si elle a une crédibilité sur le plan économique et financier (4) ». Comprenons : pour obtenir de l’Allemagne l’autorisation de faire autre chose, il faut d’abord lui montrer que nous sommes décidés à ne rien modifier. Laurent Joffrin, entièrement séduit par « l’originalité » de la méthode Macron qui consiste à perfectionner deux décennies à se rouler par terre en s’aplatissant davantage encore, commente : « Commençons par donner des gages de bonne gestion et de sages réformes, alors nous pourrons demander des concessions (5) ». Oui, commençons par ramper, c’est ainsi que nous apprendrons la liberté — bonheur parfait de la rencontre d’une complexion et d’une idéologie.

Mais c’est sans doute avec ses projets de sortir les actions de la base taxable de l’ISF que le rideau se soulève pour faire apercevoir toute une vision du monde bien installée dans les coulisses

Comme ça n’est pas le tout d’agencer le travail des forces extérieures, il faut également penser à la dérégulation intérieure, seule à même de maximiser au-dedans les effets du dehors. Accordons qu’au moment où Emmanuel Macron annonce ses intentions de transformer le code du travail par ordonnances, renvoyant incidemment Valls et son 49-3 à des pudeurs de rosière, c’est bien le plein qui fait inopinément résurgence au milieu du vide. La croix du candidat du vide, c’est que le devoir de reparler quand le reproche de vacuité se fait trop pressant ne lui laisse pas d’autre choix que de dire ce qui devrait être tu. Il est vrai qu’entre le mot de « pénibilité » qu’il « n’aime pas » (6), son désir de « ne plus entendre qu’il est plus intéressant de faire autre chose que travailler » (7), et son mouvement d’empathie comparée pour l’éleveur attristé de ses animaux malades et l’employeur obligé de licencier (8), le candidat, croyant pourtant rester dans le registre du vide, en avait déjà beaucoup dit.

Et puis il y a la finance — mais là c’est le doudou du candidat. Si Emmanuel Macron trouve maille à partir avec l’Europe, c’est à propos de la réglementation bancaire, dont il voudrait retirer le contrôle aux autorités prudentielles, pour le rendre à des gouvernements plus compréhensifs — l’innocuité de la réglementation financière européenne, c’est donc encore trop.

Lire aussi Michel Husson, « Les mille et une justifications du profit », dans le Manuel d’économie critique, 2016.Mais c’est sans doute avec ses projets de sortir les actions de la base taxable de l’impôt sur la fortune (ISF) que le rideau se soulève pour faire apercevoir toute une vision du monde bien installée dans les coulisses — et rebaptisée non sans humour « modèle de solidarité forte auquel nous tenons (9) ». C’est, répète le candidat adossé à des décennies de matraquage médiatique, qu’il « assume pleinement d’encourager l’investissement productif » (10). Pour son malheur, en l’occurrence celui des économistes qui le ventriloquent, il n’y a que de très lointains rapports entre l’investissement-action et l’investissement productif, l’un ne correspondant à l’autre que lorsqu’il s’agit d’actions souscrites à l’émission. Mais les portefeuilles actions sont composés à une écrasante majorité de titres rachetés sur le marché secondaire, le flux de liquidité de l’acquéreur allant, dans ce cas, non pas à l’entreprise sous-jacente mais à un autre investisseur financier qui lui-même tenait ses titres d’un précédent, etc., cet argent-là ne circulant qu’entre spéculateurs sans que l’entreprise n’en voie plus la couleur depuis belle lurette — depuis l’émission en fait. Même si l’indication n’est qu’approximative, car on ne saurait directement mettre en rapport des flux et des stocks, on envisagera de plus près les proportions du pâté d’alouette quand on saura que pour une capitalisation du seul CAC 40 de 1 430 milliards d’euros, les émissions d’actions, correspondant à des apports de liquidités effectivement perçus par les entreprises, se sont montées grassement à 10 milliards d’euros en 2015 (11). Et l’on entreverra les mérites véritables du « modèle de solidarité forte » quand on se sera aperçu (12) qu’on défiscalise la totalité du capital-action au nom d’une « contribution à l’investissement productif » qui n’en représente… qu’1 % (13). C’est peut-être en ce point mieux que partout ailleurs qu’on comprend par illustration brutale en quoi consiste l’hégémonie comme art de faire passer le service de la classe pour le facteur de la prospérité générale.

« Libre et rempart »

« Je ne suis l’otage de personne, je ne sers personne » jure pourtant le candidat qui proteste de sa « liberté » (14). Et c’est vrai. Emmanuel Macron n’a pas été séquestré par Xavier Niel, Bernard Arnault ou Patrick Drahi, il n’est pas attaché à un anneau dans une cave avec ordre de rédiger un programme contre pitance. On n’est pas l’esclave de ses amis : on est leur ami. On est des leurs. Et c’est cette communauté d’affection, surmontant la communauté de condition et d’orientation, qui garantit à chacun le sentiment de n’être jamais aussi libre que lorsqu’il fait ce que toutes ses proximités sociales le déterminent à faire.

Ces protestations triviales de liberté ôteront donc difficilement l’essentiel, qu’au contraire, même, elles ne font que confirmer. Le naturel avec lequel le candidat Macron exprime dans la généralité cosmétique d’un « programme » les intérêts particuliers de sa classe indique qu’on en est à un point où les hypothèses de l’« inféodation » cachée tombent comme totalement inutiles. C’est peut-être là la nouveauté réelle de cette candidature que désormais la classe parle par sa bouche sans la moindre médiation, sans plus éprouver le moindre besoin d’habillage, de mise à distance, si factice fut-elle. En ce sens on ne saurait se contenter de dire que Macron est le pur et simple prolongement de Hollande, sauf à manquer la différence qualitative qui les sépare.

Car la classe en a soupé des habillages (…) et veut tout de suite son candidat : un banquier d’affaire, rapidement passé par la case « ministre », à propulser président dans la foulée, et qu’on n’en parle plus.

Hollande pouvait s’envelopper de trente ans de vie politique, de manœuvres d’appareil, de premier secrétariat, de mandats de conseiller régional et de députation pour donner l’illusion de l’autonomie de l’« homme politique », par « évidence » séparé des autres univers sociaux, notamment celui des affaires, et faire ainsi oublier toutes les déterminations sociales, tout le réseau des connexions inconnues du public qui finissaient par faire fonctionner cette « autonomie » apparente comme hétéronomie réelle, c’est-à-dire in fine comme parfait service des intérêts oligarchiques. C’est tout ce travail de la médiation et de la mise en forme, dont l’heureuse propriété était précisément d’obscurcir les causalités véritables, qui est désormais jugé superflu, traduisant par-là le degré où, sans doute sous l’effet d’une situation terminale, la domination de la classe s’est exaspérée. Car celle-ci maintenant en a soupé des habillages, n’a plus le temps du long détour de production nécessaire à fabriquer un « homme politique », et veut tout de suite son candidat : un banquier d’affaire, rapidement passé par la case « ministre », à propulser président dans la foulée, et qu’on n’en parle plus.

La crise politique qui point rend cependant aléatoire l’issue de ce « putsch démocratique » de l’oligarchie. C’est qu’un peu partout le « gros animal » se réveille et, de l’Amérique de Trump à la Grande-Bretagne du Brexit, commence à avoir de sérieuses envies de tout envoyer paître. La société française s’est, depuis longtemps déjà, engagée sur cette même trajectoire, et n’est plus qu’en attente de la matérialisation de son propre accident. Seul l’aveuglement de la classe, dont Marx rappelait qu’elle n’a jamais été capable de voir au-delà de « ses intérêts malpropres et bornés (15) », l’empêche de voir combien le candidat qu’elle est obsédée de porter au pouvoir accélère le désastre — il est vrai qu’elle s’entendrait probablement très bien à redéployer ses intérêts au sein du désastre…

Saisi par une bouffée christique de plus, voilà en tout cas qu’Emmanuel Macron s’annonce lui-même comme le candidat de la grande résolution, celui dont l’élection fera reculer le FN. Singulière promesse de la part de celui qui, non seulement exprime déjà en sa personne toutes les causes historiques de la montée de l’extrême droite, mais se propose de les porter à un point de perfection supérieure. D’opportuns sondages de second tour donnent Macron triomphant de Marine Le Pen à 60-40. Il n’y a pas spécialement lieu de s’en gargariser, plutôt de s’en inquiéter même, quand la simple comparaison avec les 80-20 du père Chirac donne une idée de la déperdition en quinze ans. Et permet d’anticiper ce qui ne manquera pas d’arriver le coup d’après, une fois élu le candidat-qui-fait barrage — mais accélère le remplissage du bassin.

Frédéric Lordon

Source : Le Monde diplomatique, Frédéric Lordon, 12-04-2017

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Commentaire recommandé

Homère d’Allore // 16.04.2017 à 09h39

Bof, le couple sont vous parlez correspond assez bien, question sociologie, à des gens ayant voté Hollande ou Bayrou (ou équivalents) toute leur vie…de bons demi-cultivés dociles car encore assez bien inclus dans le mode de production.

Ils sont irrécupérables.

Allez plutot convaincre les sans-dents de ne pas s’abstenir. C’est plus rentable d’un point de vue temps/résultats.

Si Macron passe, d’ici cinq ans, la prof sera payée « au mérite » ou remplacée par un logiciel et l’ingénieur sera, lui, remplacé, par son équivalent roumain ou bengali.

Vous pourrez alors seulement revenir à la charge, ce type de petits bourgeois étant incapable de comprendre une situation historique sans qu’il en soit personnellement victime.

73 réactions et commentaires

  • Micmac // 16.04.2017 à 01h18

    « son mouvement d’empathie comparée pour l’éleveur attristé de ses animaux malades et l’employeur obligé de licencier »…

    Je connaissais le coup du costard, des ouvriers analphabètes, des gens du Nord alcooliques, mais ça je savais pas… Il en tient une sacrée couche quand même, le bougre. Lordon à raison, nos maîtres sont à nu. Ils ne prennent même plus la peine de faire semblant…

    Lordon très bon, comme d’hab, même si ça ne se lit pas en diagonale. Ça demande de l’attention, rien de plus, et c’est parfaitement jubilatoire.

      +83

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    • kasper // 16.04.2017 à 07h06

      C’est ce qui fait que c’est très difficile de garder son calme quand on essaie de re-insuffler un peu de bon sens dans un macronolatre. Je n’arrive a comprendre comment ce type arrive a susciter des adhesions aussi fortes de la part d’individus pourtant dotes de cerveaux en etat de marche le reste du temps.

      La derniere fois que j’ai vu ca, c’etait pour Sarko. Ca en dit long sur l’effet d’un puissant tir de barrage mediatique en faveur d’un homme politique.

        +56

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      • Alfred // 16.04.2017 à 08h27

        Il y a trois jours j’ai envoyé ce texte de Lordon ainsi que la vidéo censurée de LCI à une adepte de la planche à clous qui va voter Macron avec son mari (elle prof lui Ingenieur). Résultat : elle n’a lu que la moitié (ça lui plaît pas) et la vidéo est « trop partiale ». Et pas d’arguments POUR. Effectivement que peut on faire face à ces gens (à part les sevrer de télés-croquettes-journaux de milliardaires). Je n’ose pas leur envoyer les vidéos « d’où vient Macron ». Je vais revenir à la charge pourtant car je suis en colère : qu’ils se tirent une balle dans le pieds tant pis pour eux mais ils nous condamnent par la même occasion. Je me demande juste sous quel angle pour être efficace.

          +45

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        • araok // 16.04.2017 à 09h03

          Alfred, c’est la difficulté majeure: comment faire changer d’avis quelqu’un?
          L’image que nous avons de l’homme nous incite généralement à considérer qu’il ne peut changer et se comporter différemment qu’à la faveur d’un processus naturel de maturation des idées ou qu’à la suite de l’acquisition de nouvelles informations.
          Hélas ça ne marche pas forcément comme çà.
          Je vous renvoie vers la lecture du  » Petit traité de manipulation » de Jouve et Beauvoir.
          On devrait tous le lire.

            +7

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        • Homère d’Allore // 16.04.2017 à 09h39

          Bof, le couple sont vous parlez correspond assez bien, question sociologie, à des gens ayant voté Hollande ou Bayrou (ou équivalents) toute leur vie…de bons demi-cultivés dociles car encore assez bien inclus dans le mode de production.

          Ils sont irrécupérables.

          Allez plutot convaincre les sans-dents de ne pas s’abstenir. C’est plus rentable d’un point de vue temps/résultats.

          Si Macron passe, d’ici cinq ans, la prof sera payée « au mérite » ou remplacée par un logiciel et l’ingénieur sera, lui, remplacé, par son équivalent roumain ou bengali.

          Vous pourrez alors seulement revenir à la charge, ce type de petits bourgeois étant incapable de comprendre une situation historique sans qu’il en soit personnellement victime.

            +92

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          • Alfred // 16.04.2017 à 11h10

            Je partage votre analyse (les semi cultivés dociles etc..) mais:
            – personne n’est obligé de valider les théories de Darwin de son plein gré (ils pourraient quand même du le par comprendre que la fin du statut des fonctionnaires, la fin du CDI (par ordonnances..) et la fin de la taxe d’habitation pour les 80% d’autres, ils vont se les manger dans les dents (et donc les perdre…?)
            – n’ayant plus d’abstentionniste sous la main (j’ai bien travaillé), je porte ma croix avec ceux que je trouve à portée avant le désastre qui pourrait l’impacte (je suis un peu plus pessimiste que certains ici quand au résultat de micron… les lois de la pub étant ce qu’elles sont).

              +17

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          • vlois // 16.04.2017 à 12h18

            Au mieux vous aurez le syndrôme de Cassandre, au pire ils vous lyncheront… Vous voyez les choses et où elles aboutissent, mais la lumière crue aveugle.

            On retrouve le vieux fond cathos zombie du charlisme ici. La bonne conscience des marcheurs (vers l’abattoir) qui pensent qu’ils ne doivent leurs situations qu’à leur travail et à eux-mêmes occultant les conditions à l’origine mêmes de leurs situations – la société qui les a hébergé et à laquelle ils pensent ne rien devoir. Un vernis de pensée pour des larbins.

            Il suffirait de changer les paramètres de leur situation pour balayer leurs conditions (ex. fin du CDI), et c’est par là que j’essaie de les toucher, par l’égoisme et le doute.

            Seulement, je ne sais pas ce qu’il adviendra quand on regardera nos mômes demander à manger ou mourir comme en Grèce. A partir du moment où le ciment de la société s’effrite…

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          • SARTON Bernard // 16.04.2017 à 13h02

            La petite bourgeoisie , toujours alliée du système des grands bourgeois , ne change pas d’opinion tant qu’elle vit bien . Mais aujourd’hui tout le petit patronat est touché par la crise du système capitaliste en fin de vie .Alors Macron ou pas le système continue de se désagréger à grande vitesse . L’argent papier ne vaut plus rien et nos concitoyens vont se rendre compte très vite de l’incompétence des milliardaires qui régissent le monde . La France a un peuple de tradition révolutionnaire et une bourgeoisie de tradition très réactionnaire , d’où un conflit violent permanent à travers l’histoire de France . Demain sera donc très violent car la bourgeoisie ne laissera pas la place du pouvoir sans résister par tous les moyens . 1793 – 1830 – 1848 -1871 – 1914 – 1936 – 1944 – 1968 – 1995 – 2009 – 2016 , des dates de luttes de classe intenses avec surtout des échecs pour le peuple travailleur et parfois quelques avancées momentanées en attendant le choc final qui enterrera le capitalisme …

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            • tepavac // 16.04.2017 à 20h24

              Ce n’est pas le « capitalisme » le problème, pas plus que le « communautarisme », le problème est et a toujours été l’absence « d’équilibre » entre ces deux propensions naturelles, et vitales.

              Enlevez la première et la communauté se transforme en « papouasie », enlevez la seconde, et vous vous retrouvez dans la jungle.
              Cela n’a rien de mystérieux à comprendre, pourtant cette simple dynamique de l’évolution sociétale semble totalement échapper , même aux meilleurs de nos « penseurs ».
              Pourtant cela fait deux cent cinquante ans que Montesquieu l’a explicitement exprimé par le biais « de l’esprit des Lois ».

              Je me demande parfois si ce « silence » pédagogique n’est pas voulu pour maintenir les populations dans un état de sujétion permanente envers une dictature informelle. Une « classe » qui se prend pour des bergers et qui nous prend pour des moutons!

              Même les Droits du Citoyens sont systématiquement occultés, comme si même, ils n’eussent jamais existé.
              Savez-vous, en exemple, que la fameuse « Déclaration de 1789 » à « disparue » pendant deux années???

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          • Bhhell // 17.04.2017 à 13h27

            c’est justement tout l’enjeu de la lutte des classes. Quiconque est épargné fut ce temporairement, défendra le statu quo plutôt que de risquer l’inconnu. Tout le blabla sur l’intérêt commun n’est qu’une gentille fable libérale. Le changement ne se fait que quand la condition particulière de la majorité s’effondre. Ce point n’est pas atteint. Les gens cherchent encore la troisième voie (Blair, macron)un peu comme David Vincent cherchait un raccourci

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        • Suzanne // 16.04.2017 à 11h26

          Pour Alfred :
          Vous n’arriverez pas à faire changer d’avis les gens. Une fois qu’on est décidé, engagé, on ne change pas d’avis, ou très rarement.
          Je peux d’ailleurs donner des raisons : Lordon est extrêmement cinglant, bien qu’excellent pour moi, bien sûr, et il passe pour ce qu’il est, un vrai homme de gauche (un « gauchiste ») , et à notre époque c’est un gros mot. On n’a pas le droit.
          Pour la vidéo, je comprends aussi un peu votre collègue, la vidéo ne parle que de la forme et pas du fond, elle ne parle que de l’image. Ce n’est pas assez. Dans une société médiatisée à l’extrême où un groupe de journalistes peut passer vingt minutes à se tenir les côtes de rire en parlant d’une interdiction des licenciements (Poutou chez Ruquier, j’imagine ce qu’a dû ressentir un néo-licencié) sans que ce soit perçu comme d’une indigne indécence par personne, cette vidéo ne dit pas grand-chose d’utile.

          Effectivement la seule manière d’être utile, c’est d’essayer de décider quelqu’un qui n’a pas encore choisi. Puis d’accepter ce qui va se passer, et si ce n’est pas ce qu’on espère, continuer à construire un cadre solide qui puisse rapidement prendre le relais en temps de grave crise d’instabilité politique, ce qui ne manquera pas d’arriver. Cela permet de garder la tête froide, et d’oeuvrer dans la direction qui nous convient.

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          • âge du faire // 16.04.2017 à 12h49

            Oui on disait bien il y a quelques années en chansons:
            « j’aime les gens qui doutent! »
            Car les gens qui s’interrogent sont en chemin.
            Les autres sont solides sur leurs convictions c’est leur seule force présentement, et souvent ils sont immatures même s’ils sont des intellectuels qui ont toute leur vie fait que répéter ce qu’ils entendaient.
            je signale aussi que tous les immatures jugent les gens « forts » les mieux.
            J’ai l’expérience de la guerre quand petite j’ai vu des gens se retourner complètement . Ils avaient plein de choses à se reprocher et soudain ils enfilaient un brassard FFI à leur bras et partaient comme des grands combattants.. ».ce sont ceux là qui ont le plus tondu les femmes…. »
            les vrais combattants de l’ombre ne voulaient pas ajouter des morts aux autres morts et puis elles avaient peut-être droit à des circonstances atténuantes

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            • tepavac // 16.04.2017 à 20h49

              De tout cœur et d’esprit auprès de vous « age de faire », et je vous demande pardon de ne pas être meilleur homme pour vous assister dans vos nobles intentions.
              La charte des commentaires ne nous permet pas de rebondir sur le cœur de nos préoccupations, celle de tenter de rendre l’Humanité meilleure.
              Néanmoins, si le message passe par la modé, acceptez mes meilleurs sentiments.
              de la part d’un proscrit

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          • albert // 16.04.2017 à 16h44

            Tout à fait, mais est-ce que quelqu’un pourra vous convaincre de voter macron ou fillon? je ne crois pas.

            Lordon est anti-capitaliste, ses commentaires sur le système ne sont pas très instructif: il est contre à priori et rien, dans ce cadre capitaliste, ne peut trouver grâce à ses yeux.

            De grâce, réfléchissez aux implications des insultes que vous proférez, à la suite de Lordon, sur les électeurs de macron, de fillon, ou d’autres (je parle de la masse des électeurs, pas de l’oligarchie). Si vous jugez les gens qui ne pensent pas comme vous soit comme des cons soit comme des ennemis, je ne vois pas bien où vous placez la liberté d’opinion

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            • Alfred // 16.04.2017 à 19h10

              Je comprends et respecte les gens qui votent Fillon même si ce sont toujours des adversaires. Par contre ne comprends pas comment avec Hollande à 10% Macron peut être à 20. J’attends seulement UNE seule bonne raison de voter Macron. C’est pourtant une question simple: Que défendez vous si vous defendez Macron?

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            • P. Peterovich // 16.04.2017 à 23h23

              [Que défendez vous si vous defendez Macron?]

              L’intégration européenne.
              Le libéralisme économique.
              Le libre-échange.
              Le cosmopolitisme.

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        • reveur // 16.04.2017 à 11h56

          Bonjour Alfred,
          « on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif » dicton populaire.
          Mais ce qui m’étonne le plus dans votre ingérence, allez vous voter et pour qui? Imaginez que je vous montre que vous avez tord, que penseriez-vous? Au mieux que je suis un farfelu, au pire un pauvre type. Cordialement. didier

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          • Alfred // 16.04.2017 à 12h33

            Des discussions politiques m’ont bien fait changer d’intention de vote très récemment.
            Ça n’a pas fait changer mes convictions de fond mais leur expression. Les arguments ça peu compter. Je pense que tout le monde peut se tromper et/ou ne pas partager mes convictions. Mais ceux là n’ont absolument pas réfléchi. Je pourrais comprendre leurs arguments (sans forcément les faire miens) si seulement ils en avaient. Pourquoi ne seraient ils pas accessibles au doute? Il ne faut pas être si négatifs. Sinon tant pis j’aurai essayé.

              +7

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        • JYP // 16.04.2017 à 15h33

          Julia,
          je suppose que tous ces gens qui crachent sur Marine Le Pen vous la rendent sympa, et que tous ces malpolis qui se mêlent des affaires de famille de ce pauvre Fillon vous le rendent sympa aussi ?
          Vous allez avoir du mal à choisir entre tous ces candidats si sympas !

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          • julya // 16.04.2017 à 16h22

            Vous avez lu des articles contre Le Pen ou Fillon sur ce blog ?

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            • Les-crises // 16.04.2017 à 17h36

              Très peu – les médias font ça très bien.

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        • Suzanne // 16.04.2017 à 16h02

          La fameuse Alba ne concerne que la Guyane, dont les liens avec une alliance commerciale la ferait aller mieux, probablement. Ah mais c’est la Guyane, hein, cette « île » de sauvages, bien sûr, aucune importance pour vous, non, non, même s’ils n’en peuvent plus là-bas.
          Soyons sérieux, le système découvre brutalement que Mélenchon pourrait aller au second tour, et alors gare à leur porte-monnaie. Angoisse pour la finance.

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          • step // 18.04.2017 à 14h22

            Un deuxième tour Mélenchon, le pen, et j’entends d’ici les « mayday » de la montgolfière boursière en chute libre.

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        • tepavac // 16.04.2017 à 19h22

          J’ai cela pour vous Alfred, si cela peut aider à déciller vos amis.
          Je trouve par ailleurs dommageable, voir traitre, que nos médias puissent passer sous silence la vrais nature de ce prétendant, malgré-lui, au commande de notre Nation. A part les tweets nul trace des péripéties de Macron en Isère, donc si un criseur(euse) a une info, cela serait bienvenu.

          https://francais.rt.com/france/36919-quand-emmanuel-macron-avoue-ne-pas-comprendre-propre-discours

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        • tepavac // 16.04.2017 à 21h27

          Passez moi l’expression, mais vous délirez totalement.
          Je ne prétendrai pas le contraire, Macron est sympathique, mais de là a l’élire il y a un océan de défendu inhérent au personnage.
          On aime « l’abbé Pierre » plus que tout autre « politique », pourtant il ne viendrait à l’esprit de personne de le placer à la tête de nos Armées.

          La critique de Lordon est juste et sans appel, néanmoins, elle ne permet pas de comprendre l’ensemble du sujet traité.

          juste un point de la Présidentielle.
          Après 2000 ans de talonnement, le Siècle des lumière a mis en évidence et en surabondance le triptyque de l’organisation communautaire; le législatif, l’Exécutif et le constitutionnel(l’appareil judiciaire), , avec pour « règle », paramètre, la « séparation des pouvoirs ».

          or il apparait que si les deux premiers sont « élus » en ce sens, le troisième qui est dévolu à la Présidence, ou à la Royauté, n’est pas établi.
          Le « Présidentiable » navigue entre les deux précédents principes et de fait, les corrompt.
          Dans ce système, un justiciable face au dysfonctionnement de la justice n’a aucun recours.

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      • Ana Vinagre // 16.04.2017 à 11h29

        Il me semble tout de même qu’il est l’un des seuls à afficher clairement : le parti du flouzz, de la belle gueule, de la sape, maqué comme il faut, ambigu à souhait balayant TRÈS TRÈS large! Depuis la cm1, en passant par la belle mère, la grand mère cougar… le croquerait volontiers. .. et une petite rumeur d’homosexualité, histoire d’alimenter un peu les fantasmes…. ou pas! Avec ce truc machin chose, ils ont vraiment voulu ratisser large. Les concepteurs ont parfaitement su illustrer la tristement célèbre  » plus le mensonge est gros, plus le peuple le croira » , ou quelque chose du genre. .. peu importe car concernant ce personnage si lisse, qui provoquerait soi disant des émois aux prepu bêtes. ..rien n’est épargné, il me rappelle un chanteur de mon adolescence qui, par besoin ou par choix, se présentait avec tout l’orchestre sur le dos!
        Bref, , je suis toujours autant surprise du nombre de mots pour un truc si vide ! Bonne journée ensoleillée depuis la corse

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      • RGT // 16.04.2017 à 18h48

        « La derniere fois que j’ai vu ca, c’etait pour Sarko. »…

        J’ai AUSSI vu la même chose pour Hollande, 5 ans plus tard…

        Et dans les deux cas j’avais prévenu les groupies qu’ils allaient se faire [auto-modéré], ce qui m’avait bien sûr fait passer pour un « pessimiste » (complotiste n’existait pas encore à l’époque).

        Et peu de temps après, ceux que j’avais prévenus me disaient tous en se voilant la face « Tu avais raison. . . »

        Ce qui n’avait pas empêché les adorateurs du premier de se précipiter sur le second en poussant des cris de vierges effarouchées quand je leur prédisait l’arnaque…

        Honnêtement, le SEUL qui me semble sincèrement honnête aujourd’hui est le petit « Philou », mais s’il est élu, je ne pense pas qu’il pourra tenir longtemps contre « l’état profond »…

        A mon avis, beaucoup moins longtemps que Tsipras et Trump.

        Et s’il ne plie pas, un « accident de la vie » est si vite arrivé…

        Mais bon, ça ne risque pas d’arriver, les précautions ont été prises.

          +28

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    • Copain comme cochon ! // 16.04.2017 à 15h04

      À l’inverse du Macron, dans le Lordon tout est bon.

      Si le dégénéré au sourire mi-poulpe mi-carnassier devient président, les Français l’auront vraiment bien mérité !

      Je les sais d’une médiocrité insigne, mais dans ce cas-là, la mesure aura également très largement été dépassée.

      Tant pis pour eux. (Pour ma part, je vais m’installer au bord du lac, il reste encore un peu de place…)

      https://m.youtube.com/watch?v=hTK6ouvLQjI

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  • Bigorneau // 16.04.2017 à 02h17

    Amoureux de la langue française, bonsoir.
    Cette diatribe de gauche est bien divertissante, on y sens l’élan d’un Jaurès ou la maîtrise de la langue telle qu’elle se parlait au milieu du XX eme siècle.
    Respect..
    Personnellement étant de gauche (tout petit déjà), je suis plutôt bien d’accord, mais pour moi, la meilleur façon de faire face aux changements qui viennent, seraient :
    que le peuple reprenne sa souveraineté : économique, monétaire, agricole,…
    Que dire à part que Macron risque de se ratatiner le jour des votes (comme un soufflé de médias aux sondages…)

      +43

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    • Eric83 // 16.04.2017 à 15h08

      « Amoureux de la langue française, bonsoir ».
      N’écrit pas comme Lordon qui veut.

      Bon, manifestement Macron vient d’en faire les frais, reconnaissant lors d’un meeting ne pas comprendre une phrase d’un texte lui ayant été écrit par ses conseillers.

      https://francais.rt.com/france/36919-quand-emmanuel-macron-avoue-ne-pas-comprendre-propre-discours

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      • tepavac // 16.04.2017 à 21h56

        Cette fâcheuse histoire réelle, de communicant bugué mérite à elle seule un billet d’anthologie par O.B.
        Regrettable que cela ne soit pas repris par nos médias pour souligner la « grosse » manipulation du service d’ordre de l’UE/mondialiste..

        Je sent déjà les gémissements des malgré-nous du vote. P…n encore cinq ans a se taper les jérémiades des encartés de l’UMPSFN.

          +3

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  • Caliban // 16.04.2017 à 03h59

    Une approche intéressante, qui toute entière est tendue vers la conclusion : « le coup d’après ».

    Je crois que le raisonnement de M. Lordon pourrait également fonctionner si on remplaçait le mot « oligarchie » par l’expression « loi du marché » :
    • je suis personnellement un peu « gêné » par ce terme oligarchie en ce qu’il vise des personnes plutôt que de dénoncer les mécanismes qui leur permettent de se gaver
    • avec toute la pente « psychologisante » que cela pourrait impliquer dans les dénonciations (des cupides il y en a toujours eu, la question est de savoir pourquoi ils sont aux manettes et indéboulonnables)

    Bref, je crois qu’on pourrait tout aussi bien, pour saisir les causes de la décrépitude de nos démocratie, questionner la notion de « lois du marché » que celle d’oligarchie.

      +13

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    • Caliban // 16.04.2017 à 04h00

      […] suite 😉

      Dans cette optique, il y a 2 types de candidats, non pas séparés par la taille (grands vs petits) mais par deux systèmes de croyances bien distincts :
      • les « idéologues » qui croient à la suprématie de lois économiques « universelles ». Ils pensent possible la mise en pilotage automatique de la société, avec pour plan de vol les lois du marchés et la main invisible dans le cockpit
      • les « légalistes » qui croient à la Loi comme expression de la souveraineté du peuple. Ils veulent remettre le Droit au-dessus des prétendues lois de l’économie (certains en voulant sortir de l’UE, quitte à citer à outrance les articles, ou encore, d’autres en voulant rédiger une nouvelle constitution)

        +13

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    • Alfred // 16.04.2017 à 09h43

      Mais Caliban vous êtes confondant de naïveté (excusez moi): les lois du marché telles qu’elles nous sont présentées sont une invention des oligarques (épargnez moi Adam Smith et comprenez le fond). Supprimez « les lois du marché » et vous aurez encore les oligarques. Supprimez les oligarques et vous n’aurez plus « les lois du marché » qui n’est qu’une vue de l’esprit (intéressante pour le raisonnement mais qui ne correspond à aucune réalité réelle (ne serait-ce qu’en raison de l’inégalité d’accès à l’information qui est une condition nécessaire à leur expression; quand on invente « le secret des affaires » il n’y a plus de loi du marché….).
      Par ailleurs c’est grâce à votre raisonnement que le mal n’a pas d’adresse ou aller toquer (il faut pourtant qu’il en ait une du moins ses instruments, sinon vous n’auriez pas si mal pour de vrai). L’argent fini toujours par trouver son propriétaire. Mais le stylo qui a signé l’ordre de votre exécution jamais?
      Il y a des individus (et leurs héritiers) derrière toutes les constructions bonnes ou mauvaises.

        +33

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    • Caliban // 16.04.2017 à 12h23

      @Alfred

      Mon propos n’est pas de dédouaner les « oligarques » (terme que j’emploierais avec précaution, comme expliqué plus haut) qui se gavent mais d’essayer de comprendre où se situe la fracture entre les programmes.

      Droite / gauche ? Haut / bas ? Eurolâtres / Europhobes ?

      Je crois que le rapport à la Loi est la fracture la plus importante :
      • il y a ceux qui veulent restaurer la primauté de la Loi en tant qu’expression de la souveraineté du peuple
      • il y a ceux qui estiment que le Droit doit se soumettre aux « lois économiques universelles »

      Quant à l’idée qu’il faudrait supprimer les oligarques pour supprimer la soumission aux lois du marché … j’ai l’impression que c’est prendre le problème à l’envers et ses rêves pour des réalités. Tout un tas de braves gens pensent qu’il existe des lois du marché universelles, que la concurrence est forcément bénéfique, que la Main invisible existe … et ils ne sont pas des oligarques pour autant.

      Juste un exemple de l’emprise du paradigme des lois économiques (2’15) : https://youtu.be/VZGPF9ZOMto?t=2m15s

        +1

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    • pipo // 16.04.2017 à 15h09

      « (des cupides il y en a toujours eu, la question est de savoir pourquoi ils sont aux manettes et indéboulonnables) »

      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/lie-to-me-suite-de-mythomanie-en-172290

      extraits:
      « le mythomane est inconscient de son mensonge. Il est incapable de faire la différence entre la réalité et les évènements issus de son imagination. Ce qui fait du mythomane, sauf exagération extrême, un « menteur » pathologique particulièrement difficile à confondre,
      car il ne laisse transparaître aucun indice de tromperie dans ses attitudes »

      Enfin presque, a force, on finit par comprendre.
      Malheureusement on vote pour un autre mythomane.

        +1

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      • Caliban // 16.04.2017 à 15h53

        @pipo

        L’approche « psycologisante » n’a à mes yeux qu’un intérêt très limité pour comprendre l’évolution des sociétés. Sommes-nous tous certains de savoir pourquoi nous pensons ce que nous pensons ?

        Alors l’exercice consistant à se mettre dans la tête d’un autre ou « d’oligarques » … que l’on ne connait même pas personnellement … me paraît une approche très fragile.

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  • fadiese // 16.04.2017 à 04h19

    lordon devrait être remboursé par la sécurité sociale dans la prestation  » tout changer pour que rien ne change »…triste mediacratie qui met en marche un macron-micron…encore cinq ans m’sieu l’bourreau et puis adieu veau vache cochon et bonjour le front national à souhait…ah si on pouvait supprimer les élections et mettre en place un despote éclairé et dès que la lumière s’éteindrait pouvoir lui tirer dessus pour non-réalisation de ses promesses…abstention et absinthe pour la route!

      +6

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  • TC // 16.04.2017 à 07h11

    Eh oui, le vrai mec de gauche peut sentir à plein nez ce qui émane de macron, le soi disant candidat anti système ou encore révolutionnaire ! Et le dire à la façon de lordon est juste jubilatoire : macron le vide et le plein, tout est dit.

      +18

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    • sergeat // 16.04.2017 à 08h26

      Oui,un littéraire anti-système qui a commencé sa fortune(soit disant disparue grâce au système financier!!!),par la rémunération des acquisitions de nos expertises par des intérêts étrangers,qui a continuer a brader en accord avec le « théoricien des sans dents » des pans entiers de nos savoir-faire (Alstom aux américains,SFR aux israéliens,aéroport de Toulouse aux chinois….),qui a le soutien de tous les propagandistes du système(Bergé,BHL,Atali,Minc,Co Bendit,….le ministre des finances d’Allemagne…. ),qui fait la une de tous les journaux du système(Le Monde,Libération,l’Obs,l’Express,Gala,…),qui a les soutiens de toutes les télé étatiques et privées …….est réellement le favori de tout le système financier apatride prêt à ne laisser de la France qu’une charogne dépecée.

        +34

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      • sergeat // 16.04.2017 à 09h22

        Je voudrai rajouter que dans le système macronien donc financier anglo-saxon sous-traité à Bruxelles les variables d’ajustement des bilans sont maintenant les peuples,fini le capitalisme dit paternaliste.

          +13

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    • Cahin-Caha // 16.04.2017 à 11h15

      …effectivement, le sieur Macron est plein de vide…
      on pourrait en faire une biographie intitulée
      « Macron ou la Vacuité du Vide » , 799 pages blanches, éditions Néant…

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    • Jeanne L // 16.04.2017 à 15h46

      Comme disait ma grand mère: « vide je le plains, plein je le vide » elle parlait d’un verre, de Macron je dirais : « vide je m’en plains, plein (de suffisance) je le vide …

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    • YD // 18.04.2017 à 11h37

      oui ……….La lecture de cette analyse de Lordon m’a fait réver à ce que Macron aurait inspiré à Balzac

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  • Kiwixar // 16.04.2017 à 07h53

    Excellent texte de Lordon, à nouveau. Ah Macron, tellement plein de vide que s’il n’existait pas la Nature aurait horreur de lui quand même.

    Quand le Système perd (Melenchon gagnant), il triche : « mauvaise colle » en Autriche, « cartes d’électeurs envoyées deux fois » en France. Si les merdias ne parviennent plus à décider du résultat, il va falloir réorienter leur budget en quelque chose d’utile pour l’oligarchie : des matraques de CRS et des lances à eau.

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  • Gribouille // 16.04.2017 à 08h18

    Hier sur le rendez-vous du médiateur sur france info, 15 avril :

    Médiateur
    « on nous fait le reproche sur Macron de ne sortir aucune affaire »

    JM Charon (sociologue)
    « Ah, ça c’est le problème de votre service d’investigation »

    Médiateur
    « Service d’investigation que j’ai consulté. Et qui m’a dit, nous avons enquêté et nous avons rien trouvé »

    JM Charon
    « Ça nous renvoie sur les questions de réception. En fonction de chacun ses a priori, on a des attentes à l’égard des médias qui correspondraient à notre grille de valeurs »

    http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-rendez-vous-du-mediateur/le-rendez-vous-du-mediateur-les-auditeurs-les-journalistes-et-la-campagne-presidentielle_2125507.html

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    • Eric83 // 16.04.2017 à 09h25

      Médiateur “Service d’investigation que j’ai consulté. Et qui m’a dit, nous avons enquêté et nous avons rien trouvé”.
      Si ils avaient réellement cherché – sachant que notamment OB leur avait largement mâché le travail -, ils auraient pu trouver par exemple ces résultats d’investigations par des pro du Droit :
      http://fr.irefeurope.org/Patrimoine-et-revenus-d-Emmanuel-Macron,a4427

      Maintenant que le travail d’investigation a été réalisé, France Info n’a plus qu’à diffuser – on peut rêver – ces informations et mieux encore questionner Macron lors d’une interview sur la base de ces informations factuelles et détaillées.

      Par ailleurs, lors d’une nouvelle sortie médiatique, Super Macron a voulu faire croire que c’était lui le plus à même de se faire respecter par Poutine. Depuis, Poutine en a mal aux zygomatiques.
      Quel paltoquet ce Macron !

      https://francais.rt.com/france/36911-emmanuel-macron-pense-etre-plus-mesure-faire-respecter-vladimir-poutine

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      • Alfred // 16.04.2017 à 09h53

        Oui il faut vraiment aider ce pauvre médiateur. La prochaine fois je crains que sa boîte mel ne tombe en panne et ou que sont vélo ne soit crevé… Le pauvre homme.

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  • Cyrina // 16.04.2017 à 09h42

    Quand on milite pour la démocratie, on part de l’idée que n’importe qui peut réfléchir et prendre une décision qui va dans son intérêt…J’en étais convaincue, jusqu’à ce que j’assiste à cette Macronade. Je suis retombée comme un soufflet raté. Notre cerveau reptilien est si facilement malléable, c’est à pleurer. On, collectivement, mérite ce qui nous arrive.Et j’y penserai à chaque fois que je verrai notre « Président » Macron dans les mois qui viennent.

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    • Fatma // 16.04.2017 à 20h18

      On vous a expliqué que Macron est un produit préfabriqué qui va être mis au rebut dès le premier tour.

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      • Karim Wilmotte // 18.04.2017 à 11h01

        Justement, ce n’est pas juste un préfabriqué.
        Le contreplaqué est assez bien posé (compte tenu du temps pour produire le bien).

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  • Tchoo // 16.04.2017 à 09h47

    Je connais quelques électeurs désespérés qui ne voulant de Marine et croyant jusqu’ici la presse n’envisageait pas une seconde voter Melenchon n’avait plus que Macron mais sans conviction. La couverture média soudaine sur Melenchon commence a les faire réfléchir, enfin…..

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    • Dids // 18.04.2017 à 09h50

      Peut -être aussi un signe que les sondages réels ne donnent pas Macron gagnant au second tour … Alors Mélanchon le maçon reprend du service pour sauver la Hollandie et ses frères .

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  • Rama // 16.04.2017 à 09h50

    Dans le flou pas artistique macronien, une mesure assumée, sur son site : « une simplification drastique du code du travail ». Cela veut dire remise en cause du droit de la cause réelle et sérieuse de licenciement, valorisation encore plus grande des accords d’entreprise dérogatoires, et développement des formes non salariées de travail. Pas un journaliste ne l’interroge sérieusement sur ces points là, c’est désespérant.
    J’ajoute la réforme du droit de l’assurance chômage. On l’étend à tous (artisans, chefs d’entreprise, etc.) pour totalement la vider de sa substance (droit utilisable au bout de … 5 ans, et si deux refus d’emploi, cessation des droits). Voilà peut-être comment argumenter, mais pour le tenter aussi dans mon entourage, c’est dur…
    Macron comparant les vaches malades aux salariés licenciés, c’est collector !!!
    http://www.bing.com/videos/search?q=macron+fnsea&&view=detail&mid=DFAC3447E1209E9A8460DFAC3447E1209E9A8460&FORM=VRDGAR

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  • Alfred // 16.04.2017 à 10h37

    Vous vous compliquez bien trop la vie. Ils sont tous à prendre au premier degré. On ne peut pas jouer au billard à 18 bandes avec une foule (style envoyer bhl en epouvantail pour faire voter les gens contre son avis). Comment quantifier la proportion de gens écoutant bhl, la proportion réagissant et la proportion s’en foutant?
    Puis vous mettez quelle proportion de chaque ingrédient dans votre recette? Une pincée de minc? Attention c’est un peut moins épicé que le bhl il fait en mettre plus sinon il n’y pas de réaction des sans dents…
    Bref. C’est drôle mais c’est faux.
    Mélenchon sera peut être tsiprassisé mais pour l’instant son élection leur ferait plus mal au dents que la lepen (pour de nombreuses raisons).
    Ça n’empêche pas les oligarques d’avoir des places s de secours mais pourquoi doutez vous que leur plan À est Macron? (Avec Fillon en B, à trumpiser sur la Russie).
    Quand au lions club, pardon les franc macs laissez les au folclore des reseauteurs compulsifs. De deux choses l’une: soit ils ne sont plus que l’un des lieux des trafics d’influences, soit le niveau de leurs réflexions sociétales est descendu au niveau du cloaca maxima.

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  • Lievin // 16.04.2017 à 11h22

    réponse dans quelques jours ! vos interrogations et analyses s’envoleront au vent comme des confettis…et la réalité nous sautera à la figure…patiente.

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  • Melis // 16.04.2017 à 14h14

    L’arrivée de Macron sur la scène électorale fait penser à ce que l’historienne du non-consensus Annie Lacroix-Riz rapporte à propos des années 20-30 et 40 (De Munich à Vichy, le choix de la défaite, les élites françaises de 40 à 45), les milieux financiers et industriels dirigeants ne voulaient plus d’un simulacre de démocratie, le parlement faisait perdre du temps… ils ont voulu venir aux affaires eux mêmes, avec le résultat qu’on connait!
    https://www.youtube.com/watch?v=D4H19hK4DfA
    http://www.dailymotion.com/video/x5njza_le-choix-de-la-defaite-annie-lacroi_news

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    • Ana Vinagre // 19.04.2017 à 03h02

      Euh bonsoir ou Bonjour…. à cette heure ci c’est un peu difficile de choisir. J’aimerais juste vous reprendre très clairement , car j’ai failli m’étrangler en vous lisant: sous entendez vous que le play play mobil serait un signe de + de démocratie?

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  • Pébé92 // 16.04.2017 à 18h21

    La technique de manipulation principale de MACRON s’appelle « Attention sélective ». C’est l’art de dire en une phrase tout et son contraire, et donc de ne DEPLAIRE A PERSONNE. Sa conjonction de coordination favorite : « Et en même temps ». https://www.youtube.com/watch?v=4foybatd4IM

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  • Eric83 // 16.04.2017 à 18h34

    En Autriche, le scrutin sur l’élection présidentielle avait été repoussé à cause d’un problème de colle des enveloppes qui ne collait pas !

    En France, il apparaît qu’un problème de taille puisse remettre en cause l’intégrité du scrutin électoral. Pour cette élection présidentielle, 500 000 électeurs auraient reçu deux cartes d’électeurs leur permettant donc de voter deux fois ???
    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/13/ces-electeurs-qui-sont-inscrits-deux-fois-sur-les-listes-electorales_5110698_4854003.html

    Ce sont les médias anglais qui révèlent le pot aux roses. La plupart de ces 500 000 électeurs sont des français vivant à l’étranger dont la majorité vit…en Grande-Bretagne.

    Je vous laisse deviner pour qui voteraient majoritairement ces électeurs auprès desquels un candidat est allé vanter sa politique très « pro-business » et d’après certaines sources, faire une levée de fonds.
    http://www.dailymail.co.uk/news/article-4414718/Polling-card-blunder-means-500-000-people-vote-twice.html

      +4

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  • Eric83 // 16.04.2017 à 18h58

    Il faut qu’ils arrêtent les champignons hallucinogènes chez Libération, c’est très mauvais pour l’observation impartiale, le discernement, le sens critique…

    Ce n’est plus Super-Macron, c’est carrément « Jésus-Christ Superstar ».

    Attention, cet article peut nuire gravement à la santé.

    http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/04/16/la-mystique-macron-decryptee_1561947?google_editors_picks=true

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  • FVM // 16.04.2017 à 20h10

    Ahhhhhhh, Macron……… ces faux airs de Boris Vian, fameux joueur de trompinette lui et non pas de
    pipeau, la comparaison (approximative) s’arrêtera donc là !!!

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  • loki // 16.04.2017 à 20h57

    AVERTISSEMENT !
    N’oubliez pas que Macron s’il est élu pourra déjà gouverner en s’appuyant sur une majorité présidentielle (de transfuges socialo-droito-centristes) voire même utiliser le 49.3. Pas besoin d’attendre les législatives !
    N’oubliez pas cette réalité car elle fait vraiment réfléchir !
    Tous les autres seront impuissants avant les élections législatives ! Il y a bien quelques GOPE(s) largement inabouties qu’on peut faire « goper » à tout le monde en urgence !

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    • ThierryC // 16.04.2017 à 21h33

      Il est peu probable que Mélenchon, le Pen ou Macron puisse avoir une majorité après les législatives Donc il aura donc cohabitation, et leur capacité de changement sera celle que leur donnera la nouvelle majorité à l’assemblé.

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      • Ana Vinagre // 17.04.2017 à 13h47

        Avez vous pris le temps de voir les politiques mises en oeuvre ces dernières années? Vous semble t il qu’elles aient été diferentes? ?? Comment mettre en place des politiques françaises en restant en adéquation avec les recommandations européennes ( G.O.P.E ) ? Cette élections présidentielle est capitale, pourtant nos chers médias ont bizarrement oublié le débat majeur, en relayant le brexit aux oubliettes, après tout ces anglais n’étaient pas dans l’euro. .. et ça suffit selon eux pour clore le sujet, c’est affligeant, et bien que je ne pense pas que tous les journalistes soient d’accord avec cela, une belle brochette de similis chroniqueurs nous a montré un aperçu de la pensée unique style  » 1984″ . Il n’y a guère que mme Polony, sur sa chaîne youtube qui a fait le job en décortiquant les programmes. .. Quant à la population qui n’a pas encore mis le pied à l’étrier du net … il reste à espérer qu’elle aura su garder son sens commun. ..

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  • peyo // 16.04.2017 à 23h23

    Un intellectuel Français toujours pertinent. Que du plaisir.

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  • Elisabeth // 17.04.2017 à 11h38

    L’horrible campagne présidentielle française vue par une américaine :
    http://yetiblog.org/index.php?post/2269

    L’article date de février mais est très percutant. (Il a peut être même été déjà cité sur le blog)

    Un petit extrait sur Macron:
    « […] Mais l’establishment néolibéral, pro-OTAN et pro-Union européenne, s’active à empêcher que cela n’arrive. Sur toutes les couvertures de magazines comme dans tous les talkshows, les médias ont montré leur allégeance à un candidat modéré « Nouveau ! Amélioré ! » vendu au public comme un produit de consommation. À ses rassemblements, de jeunes volontaires soigneusement entraînés et placés en vue des caméras accueillent la moindre vague déclaration de l’orateur de clameurs délirantes en agitant des drapeaux et en scandant « Ma ! Cron ! Président ! » avant d’aller en boîte faire la fête offerte pour les récompenser. « 

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  • baptlou // 17.04.2017 à 16h09

    j’adore lire les commentaires sur ce site car ils sont argumentées et pertinents
    Mais ce que je reproche à beaucoup d’intervenants c’est qu’ils sont incapables de renverser la table pour faire réellement bouger les choses
    Se plaindre…dénoncer les choses….c’est tres bien…mais maintenant il faut agir
    Berruyer a rappelé que dans sa famille certains etaient des resistants pendant la 2eme guerre mondiale et donc ils devaient cotoyer des camarades communistes et d’autres d’extreme droite
    Alors si on veut la fin du système il va falloir plus que des mots mais maitenant des actes
    Un paysan qui vit la réalité au quotidien et qui a envie de se bouger les fesses !!

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    • Alfred // 17.04.2017 à 18h00

      Que savez vous de ce que font les uns et les autres dans la vraie vie?
      Si par contre vous regrettez que la « communauté » plus ou moins large qui gravite autour de ce site n’est pas d’action commune au delà d’ aider (pour certains) le blog à vivre, remarquez:
      – que vous de connaissez pas les projets du tenancier
      – que ce n’est peut être pas son rôle
      – que vous pouvez rencontrer les gens qui vont boire un coup sur Paris (mais que pour nous provinciaux ben tant pis)
      – l’idée à circulé à de multiples reprises de permettre aux comme rateurs de se contacter entre eux. Sans effet .

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      • Suzanne // 18.04.2017 à 00h30

        Ouais, faut faire quelque chose pour la province. Parlons-en après l’élection.
        Je dis à baptlou que justement, les résistants ils résistaient sans le clamer sur tous les toits. Il y a des gens ici qui agissent sur tous les plans, mais c’est sans le publier que c’est bien plus efficace.

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  • ber075 // 18.04.2017 à 22h17

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