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10.septembre.201210.9.2012 // Les Crises

La politique de la BCE pour les nuls

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J’ai croisé plusieurs personnes ce week-end qui m’ont avoué ne rien avoir compris à « cette histoire de BCE ».

C’est relativement normal, au vu des monceaux d’âneries déversés sur un sujet qui semble complexe, mais qui ne l’est en rien.

Mais comme l’a dit Mark Twain : « Si vous ne lisez pas les journaux, vous n’êtes pas informés ; si vous lisez les journaux, vous êtes mal informés ».

Heureusement, il y a les blogs… 😉

À la base : un simple problème de prêt

Toutes ces histoires complexes se résument simplement en une histoire millénaire de créanciers et de débiteurs.

Comment marche un prêt de M. A (qui a de l’argent en trop) à M. B (qui en manque), en simplifiant ?

  • Étape 1 : A prête son argent à B et B promet de le rendre à terme : A s’appauvrit temporairement et B s’enrichit temporairement ;
  • Étape 2 : B dépense l’argent (investissement ou consommation)
  • Étape 3 : 2 possibilités au terme
    • Hypothèse 3-1 : B rend son argent à A : B s’appauvrit, A s’enrichit, retour à la situation initiale ;
    • Hypothèse 3-2 : B fait défaut et ne rembourse pas A : A s’appauvrit définitivement, B s’enrichit définitivement, il y a donc eu un « don forcé » de A à B ;

Quand on arrive à la fin de la phase 2, il y a donc une chose de certaine : quelqu’un va obligatoirement perdre de l’argent pour rééquilibrer la situation temporaire de prêt.

Les dettes publiques

Le système des dettes publiques fonctionne de la même façon. Les contribuables B empruntent de l’argent aux riches épargnants A.

Et nous sommes proches de la fin de la phase 2.

Maintenant, nous allons personnaliser un peu, fictivement, pour comprendre ce qu’a fait la BCE jeudi.

Imaginons qu’une inconnue, que nous nommerons Liliane B., ait acheté en 2007 30 M€ d’obligations espagnoles, durée 10 ans, au taux de 4 % par an. Bien entendu, elle a oublié la règle que je répète souvent « Laissez suffisamment de temps à un État, et il fera défaut sur sa dette publique ».

Avec la défiance autour de l’Espagne, la valeur de ces obligations sur le marché n’est plus que de, par exemple, 20 M€. Perte théorique, car, si Liliane les garde jusqu’en 2017, et que l’Espagne est solvable à cette date, elle touchera bien 30 M€. Mais la valeur de marché d’une obligation dépend du taux d’intérêt d’origine, des taux actuels, de la durée restant à courir et, bien entendu, de la confiance dans l’émetteur.

Forcément, Liliane est actuellement inquiète pour son investissement. Dilemme : faudrait-il vendre les obligations et perdre 10 M€, mais pas plus, ou attendre encore 5 ans, et soit toucher les 30 si tout va bien, ou risquer de perdre beaucoup si l’Espagne faisait défaut.

Dans ce contexte, Liliane, heureuse femme, a par ailleurs régulièrement de l’épargne à placer (je n’ai pas précisé, mais elle fait évidemment partie des 5 % les riches, qui ont été les seuls à voir leur revenu médian augmenter en 2010). Elle a donc dû investir la semaine passée, et a, entre autres, acheté de la dette italienne.

Mais bien entendu, et très logiquement, elle a demandé un taux d’intérêt de 7 % et non plus 4 %, au vu du risque de défaut qu’elle estime être passé de quasi-nul à faible. Cela coute bien plus cher aux États, mais on reconnaitra que, pour un prêteur, ce n’est pas non plus Broadway, car il risque toute son épargne en cas de défaut. Vous devez bien vous en rendre compte, car j’imagine qu’aucun d’entre vous ne s’est précipité pour acheter de la dette espagnole à 7 % le mois dernier – c’est donc bien qu’il y a un problème de confiance quelque part…

C’est dans ce contexte qu’arrive Super-Mario de la BCE. Et il a fait une chose très simple. Il a indiqué qu’il allait tranquillement racheter les obligations espagnoles de Liliane, et quasiment au prix de 30 millions. Comme ça. Il est trop cool Mario, c’est le « petit frère des riches ». Car vous comprenez bien que, du coup, c’est la BCE qui va porter le risque de défaut de l’Espagne, pour les beaux yeux de Liliane.

C’est ça qu’a décidé la BCE, rien de plus. J’ai déjà précisé qu’il fallait oublier les histoires d’injections de liquidités ou de risque d’inflation, ce n’est pas du tout le sujet de ce qui se passe. Je rappelle que l’Eurosystème a déjà plus de 200 Md€ en stock d’obligations grecques, espagnoles et italiennes, et 1 000 Md€ de créances sur des banques en grandes difficultés. Et son capital est royalement de : 83 Md€. Tout va bien. Car si la BCE encaisse plus de 83 Md€ de pertes sur les 1200 Md€ (7 %, bilan ici p.235), les traités prévoient que ce sont les États qui doivent la recapitaliser, donc les contribuables, donc vous et moi.

Bref, Mario vient de sauver l’épargne de Liliane, et nous présentera la facture si ça tourne mal. Peut-on attendre autre chose d’un ancien de Goldman Sachs ?

Autre chose. La logique vendue aux ravis de la crèche, éditorialistes que je ne vais pas citer par charité et qui ont dit [première couche en VO, savourez]:

« La satisfaction des marchés, qui ont salué la décision de la BCE, ne doit pas masquer les questions qui subsistent. Economiquement, l’intervention de Mario Draghi s’apparente à une bonne dose de cortisone. Elle calme la douleur provisoirement, ce qui est indispensable. Mais il convient de poursuivre le traitement. […] Entourée de voisins qui se réforment tous dans la foulée de l’Allemagne, la France serait bien avisée de s’en inquiéter. […] Mais il conviendra un jour d’arrêter le traitement du docteur Draghi, car la situation devient politiquement intenable. […]Surtout, Mario Draghi s’est imposé comme le seul homme fort de l’Europe, l’ultime recours d’une zone euro à la dérive. C’est inacceptable pour l’équilibre démocratique du continent. La BCE est celle qui dicte la politique économique de l’Union, à son corps défendant. Les responsables politiques doivent reprendre la main.» [Le Monde]

« A Francfort, ce ne fut pas un «jeudi noir», mais un jour d’espoir ou plutôt d’immense soulagement. Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a prononcé une phrase qui vaut son pesant de milliards d’euros. Avis aux spéculateurs : la banque rachètera désormais «sans limite» de la dette des Etats de la zone euro. En économie, ce sont les banques centrales qui disposent de la force de dissuasion. Encore faut-il qu’elles veuillent bien s’en servir. Cette fois, le message est clair : quiconque jouera de manière «infondée» contre l’un des pays de la zone subira des pertes immédiates. Ce n’est plus une digue de papier qui protège la monnaie unique mais une puissance dotée d’une arme financière quasi atomique ! La France et les pays qui réclamaient à cor et à cri ce revirement stratégique de l’institution européenne auraient tort, pourtant, de se laisser griser par cette victoire. Et pas seulement en raison des multiples conditions imposées par Draghi en échange de l’usage possible de la force. La Banque centrale européenne ne pourra plus servir de bouc émissaire. La décision de la BCE redonne de l’air aux pays les plus en difficultés, comme l’Espagne ou l’Italie, mais remet aussi paradoxalement la pression sur plusieurs Etats-membres – en particulier la France – qui doivent plus que jamais faire la preuve d’une gestion résolue. Elle permet aux responsables politiques d’adapter enfin le modèle européen aux réalités d’un monde nouveau sans avoir un pistolet sur la tempe. En prenant toutes ses responsabilités à l’extrême limite de son mandat, la banque renvoie la balle dans le camp des politiques. » [Libération]

« La BCE s’est enfin décidée à mettre sa force de frappe pour lutter contre la spéculation qui a fait grimper les taux d’intérêt de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal et touche aujourd’hui (négativement) l’Espagne et l’Italie et (positivement avec des taux très faibles) des pays comme l’Allemagne et la France. […] Mario Draghi a précisé que la décision de créer l’OMT a été prise à l’unanimité moins une voix (celle de Jens Weidmann, le patron de la banque centrale allemande évidemment, désormais complètement isolé) et que son objectif est clair : créer « un filet de sécurité efficace pour éliminer totalement les risques extrêmes dans la zone euro ». Car de son point de vue, les taux d’intérêt payés par l’Espagne et l’Italie sont dus en partie seulement à l’état d’inquiétude quant à leurs finances publiques, le reste tenant à des craintes injustifiées des investisseurs sur l’avenir de la zone euro. Un constat juste : dommage d’avoir perdu 3 ans !» [Alternatives économiques]

Pour plus de saveur, deuxième couche, commentée (et à prendre parfois au deuxième degré) :

Le Monde : « La satisfaction des marchés, qui ont salué la décision de la BCE, ne doit pas masquer les questions qui subsistent. Economiquement, l’intervention de Mario Draghi s’apparente à une bonne dose de cortisone. {cynanure, cyanure, c’est un disciple du docteur Schwartzenberg} Elle calme la douleur provisoirement, ce qui est indispensable. Mais il convient de poursuivre le traitement. {Ouaip, comme on pourrait dire en médecine, ce n’est pas parce que le traitement ne marche pas qu’il ne faut pas continuer} […] Entourée de voisins qui se réforment tous dans la foulée de l’Allemagne, {Arzooo, baisser les zalaires, très booonne idée} la France serait bien avisée de s’en inquiéter. […] Mais il conviendra un jour d’arrêter le traitement du docteur Draghi, car la situation devient politiquement intenable. {putain de cons d’électeurs, va} […] Surtout, Mario Draghi s’est imposé comme le seul homme fort de l’Europe {yep sévèrement burné le Mario}, l’ultime recours d’une zone euro à la dérive {Rôôôô le petit père des peuples aisés, grand timonier de la finance internationale qui va sauver nos vies parce qu’il juste trop bon ce saint homme…}. C’est inacceptable pour l’équilibre démocratique du continent. La BCE est celle qui dicte la politique économique de l’Union, à son corps défendant. Les responsables politiques doivent reprendre la main.»

Libération : « A Francfort, ce ne fut pas un «jeudi noir», mais un jour d’espoir ou plutôt d’immense soulagement {ouiii, pour la 46eme fois depuis le début de la crise – mais le journaliste de gauche apprend lentement apparemment. Généralement, au 274e foutage de gueule, il a compris, merci donc de prévoir un délai}. Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a prononcé une phrase qui vaut son pesant de milliards d’euros {tu l’as dit bouffi, mais c’est nous qui allons les payer}. Avis aux spéculateurs : la banque rachètera désormais «sans limite» de la dette des Etats de la zone euro {ouaiiii 147 882 141 Md€ il va acheter, c’est un dingue Mario la Saumure !!!!}. En économie, ce sont les banques centrales qui disposent de la force de dissuasion {Théorème démontré brillamment par Jean-Paul Pignouf en 1923}. Encore faut-il qu’elles veuillent bien s’en servir. Cette fois, le message est clair : quiconque jouera de manière «infondée» contre l’un des pays de la zone subira des pertes immédiates {Treeeeeeemble infââââme marché, ton ennemi héréditaire Mario que tu as longtemps salarié est lààààààà}. Ce n’est plus une digue de papier qui protège la monnaie unique, mais une puissance dotée d’une arme financière quasi atomique {Nous atterrirons dans quelques minutes à l’aéroport international d’Hiroshima. Merci de bien vouloir éteindre vos joints. La température au sol est de 416 °C et le temps est vraiment très très sec. Le commandant Draghi espère que vous avez réalisé un excellent voyage à bord de BCE Airways et espère vous retrouver bientôt pour une nouvelle monnaie unique} ! La France et les pays qui réclamaient à cor et à cri ce revirement stratégique de l’institution européenne {on a gagnéééé, Liliane est sauvvéeee} auraient tort, pourtant, de se laisser griser par cette victoire {bah ouaii, évidemment !!!! Une victoire facile contre l’Allemagne, il y a forcément un piège !!!}. Et pas seulement en raison des multiples conditions imposées par Draghi en échange de l’usage possible de la force {oui Mario, fais-nous mal, défonce-nous notre épargne, vas-y, grand fou}. La Banque centrale européenne ne pourra plus servir de bouc émissaire. La décision de la BCE redonne de l’air aux pays les plus en difficultés, comme l’Espagne ou l’Italie, mais remet aussi paradoxalement la pression sur plusieurs Etats-membres – en particulier la France – qui doivent plus que jamais faire la preuve d’une gestion résolue {Arzooo, baisser les zalaires, très booonne idée – bis repetita}. Elle permet aux responsables politiques d’adapter enfin {je t’en foutrais de l’enfin moi. Tiens, parlons “enfin” de l’avantage fiscal des journalistes, les 7 650 € d’abattement supplémentaire des revenus, mis en place dans le monde ancien de 1934} le modèle européen aux réalités d’un monde nouveau {cons d’électeurs qui ne veulent pas bosser 6 jours sur 7 sans protection sociale, va} sans avoir un pistolet sur la tempe {Pôôôôv États chous qu’ont juste fait 2000 Md€ de dette pour les distribuer à divers rentiers, ils ne vont quand même pas subir des conséquences !}. En prenant toutes ses responsabilités à l’extrême limite de son mandat {euh, Singapour, c’est l’extrême limite de la France ou pas ?}, la banque renvoie la balle dans le camp des politiques. {cons de politiques va ! Elle va même vous donner 12 balles dans la peau}»

Alternatives économiques : « La BCE s’est enfin {re-enfin, donc. 200 Md€ en stock, ça ne qualifiait donc pas pour un “enfin”} décidée à mettre sa force de frappe {BOOOOOOOM. Ci-git l’ancienne économie française} pour lutter contre la spéculation {c’est amusant cette pathologie consistant à croire qu’un emprunteur public qui gère ses finances comme un goret pour claquer de l’argent n’importe comment [Aéroports à quelques années du pic pétrolier ? Avions rafale ? Baisse de TVA dans la restauration ? Baisse de 3 centimes du litre d’essence ? Ronds-points ? ] et qui court au défaut semble avoir un DROIT absolu à ce qu’on lui prête de l’argent à pas cher. J’imagine que toutes ces personnes ont placé leurs économies en bons espagnols à 7 % du coup.} qui a fait grimper les taux d’intérêt de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal et touche aujourd’hui (négativement) l’Espagne et l’Italie et (positivement avec des taux très faibles) des pays comme l’Allemagne et la France. […] Mario Draghi a précisé que la décision de créer l’OMT {allez petit concours pour les lecteurs : trouvez une définition drôle à ce sigle en commentaire. Je propose « On Massacre Tout »} a été prise à l’unanimité moins une voix (celle de Jens Weidmann, le patron de la banque centrale allemande évidemment {évidemment… Comment compter sur un boche… ?}, désormais complètement isolé {Niark niark, bien fait le boche, bien fait !!!!}) et que son objectif est clair : créer « un filet de sécurité efficace pour éliminer totalement les risques extrêmes dans la zone euro » {bienvenue en EURSS, vous apprécierez notre presse critique et impertinente, toujours disposée à susciter le débat et la contradiction. On déplorerera seulement sa petite manie d’employer souvent le mot sécurité pour que le bon peuple ne réfléchisse pas}. Car de son point de vue {totaaaaalement impartial}, les taux d’intérêt payés par l’Espagne et l’Italie sont dus en partie seulement à l’état d’inquiétude quant à leurs finances publiques, le reste tenant à des craintes injustifiées {je dirais même plus : totalement injustifiées. L’Union Latine durera encore 1 000 ans d’ailleurs} des investisseurs sur l’avenir de la zone euro {sont cons les gens quand même, avec une telle zone de solidarité permanente quand même…}. Un constat juste : dommage d’avoir perdu 3 ans ! {bah ouais, tout ça à cause de quelques élus qui défendaient un minimum les intérêts de 90 % de la population, je t’enverrais tout ça au gniouf moi ! Oh Roooooobert, tu nous ressers une Tourtel ?}»

Au passage, je ne sais pas quel est l’handicapé mental qui a le premier employé des mots militaires pour la BCE – “bazooka” ou “force de frappe”. En tout cas, rassurez-vous, votre épargne est évidemment clairement du mauvais côté du bazooka, et va, en effet, finir par se faire atomiser avec cette gestion irresponsable (le mot « criminelle » m’a effleuré).

Parce que le plus drôle, après tout ça, c’est que, pour justifier ce hold-up, on veut nous faire croire ce magnifique conte pour enfants qui est que, une fois qu’on a rendu les 30 M€ à Liliane, sauvés par miracle par le crime monétaire draghien, elle va courir pour les re-prêter à 4 % à l’Espagne…

Amusant, non ?

Le flan

J’ai été dur, mais il y a plus drôle. C’est qu’en fait, il n’y a rien de bien nouveau, voire rien de nouveau du tout.

La BCE a DÉJA acheté des obligations de ces pays en 2010-2011, nous avons même régulièrement suivi ces achats sur le blog. La seule nouveauté est que Draghi a employé le mot « illimité ». Or, mis à part la connerie des commentateurs et l’abjection des décideurs financiers, je ne connais rien d’illimité sur cette planète. S’ils en rachètent 200 Md€ comme la première fois, ce sera déjà beaucoup vu la taille des bilans. Et comme cela a marché quelques mois la fois d’avant, il en sera de même ici.

Plus encore, pour bénéficier de ces achats, il faut que l’État ait demandé les aides du FESF. Ce qu’aucun État ne veut, préférant largement une manucure à la râpe à fromage ou un mois non-stop de récital de Mireille Mathieu.

Donc si cela se trouve, la BCE ne va juste rien racheter, et ces déclarations seront restées, comme d’habitude, au stade du flan…

Mais rassurez-vous, tout n’a pas été perdu. Entre jeudi et vendredi, les actions du Crédit Agricole et de la Société Générale ont augmenté de 16 % – les initiés ont donc atteint leurs objectifs de l’année…

Rions un peu

Ah, j’avais oublié de me griller aussi avec France 2 :

“La BCE est devenue l’acteur incontournable de la crise de l’euro, et son président donne une leçon aux responsables politiques européens. Avec ces seules solutions, il a sûrement plus fait pour sauver l’euro que les chefs d’État des 27 réunis, en 19 sommets de crise. “

Bien sûr…

Oups, on me signale dans l’oreillette l’existence de rumeurs insistantes faisant état de l’existence d’une presse en Allemagne :

« La boîte de Pandore a été définitivement ouverte au profit des pays criblés de dettes » [quotidien conservateur Münchener Merkur]

Il a « rompu avec un principe d’airain de la politique monétaire allemande », souligne le journal conservateur Die Welt. « Les Bourses jubilent, pour l’Allemagne c’est le cauchemar qui commence », ajoute-t-il, agitant le spectre de l’inflation et évoquant « la mort de la Banque centrale allemande », seule contre ce projet.

« D’abord il y a eu l’interdiction inscrite dans les traités de renflouer un pays membre qui a été transgressée, maintenant c’est l’interdiction à la BCE de financer la dette d’un État », déplore le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

La BCE « ouvre les vannes à liquidités au détriment des contribuables allemands (…) Le silence insoutenable de la chancelière face à ce scandale pourrait avoir des conséquences considérables sur les élections (notamment législatives) de 2013 », pronostique le Rhein-Neckar Zeitung.

Je suis méchant. Patrick Artus a réalisé une analyse intéressante à télécharger ici, et Arrêts sur Images, par la voix d’Anne-Sophie Jacques, donne comme d’habitude un bel exemple de probité journalistique [je vous recommande au passage de soutenir ce site indispensable en vous abonnant – c’est 3,5 € par mois]

Pour finir…

Toutes ces histoires de magouilles ignobles, et, plus largement de dettes publiques ou d’euro m’ont depuis longtemps rappelé cette scène mythique de Pinot simple flic. Que je me suis décidé à monter :

Ainsi, pour les économistes et autres commentateurs, l’euro, « Ça passe large ».

Et sur le papier, ils ont raison, ça passe du côté des économistes : il suffit de faire un seul modèle social dans la zone, de piquer une bonne partie de l’épargne des Français pour rembourser aux étrangers nos dettes et faire en sorte que les Grecs gardent l’euro, de supprimer 90 % du pouvoir des parlements pour les confier à des technocrates (mais attention, « apolitiques », hein, n’ayant fréquenté que les bons milieux apolitiques néolibéraux).

Mais pas de chance, du côté des peuples, ça ne passera jamais, il n’y a juste pas la place – ce qu’est apparemment incapable de comprendre un économiste idéologue actuel, pas plus que n’était lucide un économiste communiste en URSS…

Et bêtement, « il y a deux côtés sur une monnaie unique »…

P.S. : quand l’expérience aura lamentablement échoué, vous verrez d’ailleurs qu’ils expliqueront que c’est à cause du peuple qui n’a pas été à la hauteur de ses élites visionnaires – pathologie mentale classique des dirigeants faillis. Quand le building s’écroule, ce n’est évidemment pas à cause des plans foireux de l’architecte promis à l’échec certain, incapable de définir une stratégie victorieuse, non, c’est à cause de la gravité !

149 réactions et commentaires - Page 2

  • AT // 21.09.2012 à 00h05

    N’avez-vous pas l’impression qu’avec cette politique monétaire on se dirige à court terme vers une stagflation durable (A moins qu’on n’y soit déjà) ?

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  • S. Gagnon // 21.09.2012 à 23h57

    Merveilleux l’esprit de sacrifice judéo-chrétien. Si vous voulez vous sacrifier allez-y fort. Mais ne nous intégrez pas dans votre délire masochiste.

    Pourquoi devrais-je faire des sacrifices pour ceux qui n’en font aucun. Ils ont décider de faire assez d’enfants pour faire une équipe de foot, qu’ils assument donc le prix de leur connerie.

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  • Marvelal // 25.09.2012 à 23h34

    Chaque fois que je vois la signature de Super Mario sur les billets de banque qui sont dans ma poche, je me dis qu’il vaut mieux que je les refile à quelqu’un au plus vite !

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  • tchoo // 03.10.2012 à 13h13

    Juste une précision pour certain qui visiblement ne sont pas au courant l’ayant jamais vécu (les bienheureux)
    l’allocation chomage n’est versée que pour un temps limité (23 ou 35 mois en cas de licenciement économique) et pour l’équivalent du temps travaillé dans la limite données ci dessus, en ayant obligatoirement travaillé 4 mois à équivalent temps plein.
    Le monsieur père de 6 enfants, ne pourra “profiter” de cette situation que sur un laps de temps relativement court.
    Peu d’entre vous le savent, je le constate tous les jours

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  • Maximilien48 // 25.12.2012 à 16h22

    Bonjour

    Suite à la création de liquidités afin de fluidifié le circuit interbancaire mis à mal par les déficits commerciaux structurels la BCE a crée 700 milliards. Que les banques des pays en déficit commercial ont payés aux banques des pays en excédents … qui se sont empressés de les mettre à la BCE.
    Corrigez moi si je me trompe mais en baissant ses taux (cf. Blommberg) la BCE incite les banques à “placer” ces sommes … et elles peuvent le faire essentiellement en bonds du trésor des différents pays de la zone euro. En espérant une détente des taux …
    Il s’agit donc d’une incitation à acheter des bonds pourris … est-ce correct ?

    http://www.bloomberg.com/news/2012-07-12/ecb-says-overnight-deposits-fall-to-lowest-in-seven-months-2-.html

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