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5.janvier.20125.1.2012 // Les Crises

[Invité] L’euro, ou la fin d’une monnaie idéologique, par Eric Juillot

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Un nouvel invité du blog, que je remercie. Il donne une vison en contrepoint de celle du GEAB, pour éclairer les enjeux…

Par Eric Juillot

La crise actuelle des dettes souveraines possède dans la zone euro une double dimension.

La première est conjoncturelle. Commune à l’ensemble des pays développés, elle découle en droite ligne des excès monstrueux d’une sphère financière dérégulée depuis un quart de siècle, et responsable depuis 2007 d’une réaction en chaîne catastrophique : à l’endettement des ménages avant la crise a succédé celui des banques, lorsqu’il s’est avéré que beaucoup de ces ménages, aux Etats-Unis notamment, n’étaient pas solvables ; puis, à l’endettement des banques a succédé celui des Etats, quand il leur a fallu secourir un système bancaire moribond et injecter des quantités importantes de liquidités dans une économie réelle que le système financier redécouvrait pour la malmener en la sevrant brutalement de crédit.

A cette dimension conjoncturelle de la crise s’ajoute une dimension structurelle spécifique à la zone euro, liée à la monnaie éponyme, et dont l’illustration la plus accablante réside peut-être dans les écarts de taux des emprunts obligataires aujourd’hui observables entre les pays qui ont adopté l’euro et les autres : alors que la situation économique et financière des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne est calamiteuse, ces deux pays continuent à financer leur dette à des taux très inférieurs à ceux de l’Italie ou de l’Espagne, mais aussi à celui de la France. Ce fait majeur constitue une preuve parmi bien d’autres du caractère néfaste de la monnaie unique, seule monnaie au monde à ne pas être associée à un pouvoir politique clairement identifié par tous et notamment par les financiers (d’où présentement leur méfiance et, par extension, leur exigence en terme de rémunération). Les vices constitutifs de l’euro sont si nombreux qu’il est impossible ici de les rappeler en détail. Quatre points sont particulièrement problématiques :

1/ L’euroland n’étant pas une zone monétaire optimale, l’euro appauvrit mécaniquement le tissu productif industriel de beaucoup d’Etats, victimes d’un taux de change trop élevé et de l’agressivité commerciale de l’Allemagne (le déficit commercial de la France à l’égard de l’Allemagne est plus grand que son déficit à l’égard de la Chine). Ces pays, prisonniers d’une monnaie taillée sur mesure pour assurer la domination économique de l’Allemagne, ne peuvent plus s’en protéger comme autrefois par le recours régulier à la dévaluation. Ils ne leur reste plus que l’ajustement par les salaires et la protection sociale.
2/ Des années durant, l’euro a rendu possible un endettement faramineux des ménages et/ou des entreprises dans certains pays (Grèce, Espagne, Portugal, Irlande), car le taux d’intérêt de la BCE (forcément unique pour toute la zone) était beaucoup trop bas pour eux compte tenu de leur niveau d’inflation et de leur productivité. Avec un taux d’intérêt très faible, parfois négatif, l’argent gratuit coulait à flot, alimentant de nombreux investissements improductifs ou spéculatifs. Sans l’euro, ces pays n’auraient donc jamais pu s’endetter comme ils l’ont fait.
3/ Avec l’euro, les Etats ont renoncé à des pans entiers de ce qui constitue partout ailleurs dans le monde des leviers essentiels de la politique économique :

  • La politique de change, qui n’existe plus : la BCE s’en désintéresse, et l’euro est largement surévalué parce que son cours est déterminé par tout le monde (Américains et Chinois en tête) sauf par les Européens.
  • La politique de taux d’intérêt : la BCE, qui en a la gestion, est bien en peine de fixer un taux simultanément favorable à 17 pays très différents économiquement (voir le point N°2).
  • La politique budgétaire est sous contrainte et le sera plus encore à l’avenir (si le système se maintient assez longtemps pour cela).

4/ Avant même la crise, la zone euro fonctionnait très médiocrement, puisqu’elle était la région du monde où la croissance était la plus faible : 1,2% par an en moyenne de 2002 à 2008.

L’énumération n’est pas exhaustive et tous ces points sont présentés très succintement, mais ce bref rappel suffit à démontrer un fait majeur : l’euro est, au plan économique, une ineptie.

Autrement dit, les considérations qui ont amené de nombreux dirigeants nationaux à accepter la création de cette monnaie dans les années 1990 n’étaient pas d’ordre économique, et les quelques arguments généraux et creux évoqués publiquement à l’époque dans ce domaine avaient pour but de convaincre les masses indifférentes ou tièdes des bienfaits évidents de la future monnaie.

Si ces dirigeants croyaient assez en l’euro pour lui sacrifier beaucoup de leurs pouvoirs économiques, c’est parce que cette monnaie était ornée de la plus belle des parures, celle de l’idéologie, qui lui conférait une force d’attraction irrésistible. Derrière l’euro, il y avait l’Europe, ou plus exactement l’européisme, cette idéologie qui fait de la construction européenne une fin politique absolue, à laquelle on doit beaucoup sacrifier pour en obtenir en retour le Salut au XXIème siècle.

Seule la force de cet européisme a pu convaincre les dirigeants de la nécessité de l’euro, malgré ses vices constitutifs. Du reste, ces vices n’étaient pas censés durer au-delà d’une courte phase transitoire puisque, par leur caractère même, ils allaient contraindre rapidement les peuples européens à s’unir pour recréer, à l’échelle communautaire, les pouvoirs économiques qu’ils avaient perdus à l’échelle nationale.

Mais la crise est passée par là, qui démontre que même sous la plus forte des contraintes, il est impossible de construire un édifice supranational solide, l’UE ne disposant pas de la légitimité intrinsèque indispensable à une telle réalisation. Ce déficit congénital de légitimité, qui caractérise la construction européenne au point de déterminer son échec prochain, est un point capital : c’est à lui que l’on doit, bien plus qu’à la prétendue incompétence des dirigeants, l’empilement désormais impressionnant de demi-mesures, d’effets d’annonce, de dispositifs bancals et sous-calibrés (comme le FESF) ou mort-nés (comme les « eurobonds »). Sommet après sommet, et malgré l’urgence qu’impose l’aggravation constante de la crise, les dirigeants européens ne parviennent pas à construire quelque chose qui serait à la hauteur du moment historique que nous vivons, simplement parce que cette hauteur est le domaine réservé de la légitimité politique, que seul le cadre national autorise.

Or un tel empêchement induit une conséquence terrible, car la volonté de préserver coûte que coûte le système aboutit, en l’absence de cette légitimité, à l’affirmation stupéfiante d’un authentique autoritarisme politique par lequel les Etats les plus puissants imposent leur volonté à ceux qui le sont le moins. Les Grecs ont aujourd’hui le triste privilège d’expérimenter avant les autres cette dérive mortelle de la construction européenne, sous la forme d’une « mise sous tutelle » de leur gouvernement par une cohorte de technocrates étrangers, mandatés en dernière instance par le « directoire » franco-allemand, dûment rebaptisé en cette circonstance. Les peuples auront donc à choisir, dans un avenir proche, entre la démocratie et l’euro : les deux ne sont plus compatibles. L’UE, quant à elle, n’est déjà plus le cadre ou s’élabore une « union toujours plus étroite » entre les peuples européens, mais une arène politique où les plus puissants peuvent imposer leur volonté aux autres, soit par délire idéologique européiste (cas de la France), soit au nom d’une « Realpolitik » assumées jusque dans ses conséquences les plus néfastes à « l’esprit européen » (cas de l’Allemagne).

La monnaie unique est en fait le péché mortel de l’UE, le péché d’orgueil d’une construction vouée à disparaître du fait même de sa prétention politique. Avant la crise, de 2002 à 2007, il n’existait pas de gouvernement économique de l’euroland, tout simplement parce qu’il était impossible de dégager les contours d’une politique économique commune à 17 pays très différents économiquement, et dont l’euro aggravait même la divergence. Mais tout le monde se contentait de cette situation, puisque le système, en pilotage automatique, donnait de fausses apparences de succès à une idéologie si dominante qu’une telle illusion lui suffisait. Depuis 2008 en revanche, la crise, qui a atteint son paroxysme ces derniers mois, consomme de telles quantités de carburant idéologique qu’il n’y en aura bientôt plus : l’européisme est en train de disparaître à vive allure sous nos yeux, victime des échecs répétés des nombreuses tentatives de construction, dans l’urgence et dans la douleur, d’un véritable gouvernement économique européen. A chaque sommet, les tensions entre gouvernement s’aggravent, de même que l’incompréhension et le ressentiment ; les propos blessants et humiliants à l’encontre de certains dirigeants (et donc de leur peuple) sont devenus une norme, alors qu’ils étaient inconcevables il y a encore un an. A mesure que l’européisme reflue, tout le monde redécouvre la seule réalité tangible, celle de l’Etat-nation, phare indestructible au milieu de la tempête. C’est vers lui que se tournent les regards de ceux, toujours plus nombreux, qui prennent conscience de la gravité du processus en cours.

Dans ce contexte de retour en force de l’Etat-nation, la France s’impose cependant comme une exception : alors que mille ans d’histoire totale les contemplent, ses dirigeants se complaisent jusqu’à présent dans l’idée que ce passé fabuleux à moins vocation à leur servir de boussole que quelques décennies d’intégration communautaire : Hors de l’euro, hors de l’Europe, point de Salut ! L’UE ou la mort ! Les dirigeants français, il faut le déplorer, sont peut-être les seuls à être véritablement européistes (si l’on excepte les nains politiques honteusement cooptés par le système qui gouvernent aujourd’hui l’Italie et la Grèce) : ils agissent en effet comme si la France ne s’appartenait plus, comme si, alors qu’elle a objectivement souffert de la monnaie unique depuis son introduction, elle devait souffrir encore pour sauver cette monnaie, et avec elle une Europe communautaire censée lui apporter à terme le repos définitif de la mort, par dissolution dans un tout informe d’envergure continentale.

Si la France, face à la crise, agit pour l’instant par idéologie, l’Allemagne, quant à elle, adopte une ligne clairement géopolitique, visant d’abord la défense de ses propres intérêts. L’Allemagne prolonge en effet tant qu’elle le peut l’existence de l’euro, dont elle est la principale bénéficiaire (avec ses excroissances autrichienne et hollandaise) ; elle le fait au moindre coût économique et financier, tout en se plaisant peut-être à croire que l’euro sera définitivement sauvé si elle parvient à germaniser le continent. Pour autant, l’euro n’est pas pour l’Allemagne une fin en soi comme pour la France, mais un moyen au service de sa géopolitique. Et si cette monnaie venait à lui échapper (par exemple à l’occasion d’une intervention massive de la BCE pour monétiser les dettes publiques de certains Etats), alors elle préférerait le détruire en revenant au mark.

La crise va s’aggraver dans les semaines et les mois qui viennent, c’est inéluctable. La ligne adoptée actuellement par les Etats de la zone euro les condamne tous à une mort économique lente, en attendant que les graves désordres sociaux et politiques en découlant imposent sa remise en cause. Mais cette fuite en avant suicidaire peut aussi s’interrompre si un Etat décide de crever l’abcès en quittant unilatéralement l’euro, entrainant fatalement les autres à sa suite à plus ou moins brève échéance : en reprenant leur liberté monétaire, les Etats redécouvriraient en effet des moyens de lutter contre la crise qui sont hors de leur portée dans le système actuel.

Cet Etat, ce pourrait être, ce devrait être la France, qu’un sursaut de dignité rendrait capable de détruire la prison monétaire que l’Europe s’est créée, et dans laquelle elle asservit désormais des peuples entiers. Il faudrait pour cela que notre pays brise le sortilège libéral qui le rend léthargique, et agisse conformément à ce que le monde en attend. En jetant à la poubelle de l’Histoire une idéologie mortifère, il renouerait avec une géopolitique historiquement porteuse de sens, qui lui rendrait sa liberté et ses rêves, ses espoirs et son ambition.

Aux Français d’en décider.

Par Eric Juillot, historien, auteur de « La déconstruction européenne »

39 réactions et commentaires

  • Joanna // 05.01.2012 à 03h55

    L’analyse de M. Juillot est pour moi réaliste et saine. Et j’adhère tant à son constat qu’à ses conclusions.
    La prochaine élection présidentielle nous montrera si la France est capable ou non de se sortir de la léthargie mortifère où la plupart des politiques veulent la maintenir et d’avoir le sursaut de dignité attendu.

    Une autre tare importante qu’a la monnaie euro est qu’elle est aussi une monnaie déshumanisée et volontairement créée comme non identitaire.
    Michel Prieur, numismate, en apporte ici la preuve :
    http://www.youtube.com/watch?v=JCwn2YLx2q8

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  • Laurent Idlas // 05.01.2012 à 08h17

    Éric Juillot écrit: ” si un Etat décide de crever l’abcès en quittant unilatéralement l’euro…”
    Une précision importante: la France a ratifié(même si c’est au détour d’un acte de forfaiture, de haute trahison) le TUE et le TFUE. Qui ne prévoient pas de sortie de l’€. Je ne sais plus qui a dit l’€ est une autoroute sans sortie.
    Sortir de l’€ voudrait dire que la France ne respecterait pas les traités signés(même si la signature les signatures est sont des actes de haute trahison de forfaiture) or le Président de la République est garant du respect des traités et c’est la constitution qui le lui impose.
    La seule manière de sortir de l’€ c’est sortir de l’UE et ça le TUE le permet: article 50!
    Si la France veut retrouver sa pleine souveraineté sans concession il n’y a qu’une seule chose à faire sortir de l’UE et de l’€. Contrairement à la doxa à ce qu’elle essaye de nous faire croire non ce n’est pas s’isoler etc.
    Si vous voulez un tant soit peu vous donner la chance de réfléchir allez écouter toutes les vidéos des conférences de François Asselineau…

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    • Patrick-Louis Vincent // 05.01.2012 à 11h15

      Entièrement d’accord ; il faut écouter Asselineau. Ces conférences sont parfois un peu longues, mais oh combien éclairantes.

      Maintenant, les traités ne sont pas des garde-fou. Jamais un traité de paix n’a empeché un état de faire la guerre. Dans le traité de Maastricht, il est dit que les déficits budgétaires ne peuvent être supérieurs à 3% du PIB. C’est signé. Qui le respecte ?

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  • Laurent Idlas // 05.01.2012 à 08h25

    Je complète mon commentaire précédent.
    Les Français ne pourront pas décider puisque aucun candidat ne parle de sortir de l’UE de l’€…ils sont tous pour une autre Europe ou pour renégocier les traités.
    Aucun candidat? Si un et un seul puisqu’il a déclaré dans le silence assourdissant des média-menteurs/manipulateurs sa candidature. François Asselineau.
    À nouveau je vous renvois aux vidéos de François Asselineau pour approfondir cela et voir que si François Asselineau ne peut recueillir les 500 signatures non les Français n’auront aucun choix. Sans François Asselineau présent les Français ne sauront pas qu’il y a une vie après l’UE et l’€, il n’y aura pas de débat et ce serait la confirmation que ce n’est pas la démocratie mais une farce…
     

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  • Gilles // 05.01.2012 à 09h55

    Est-ce qu’un Expert, un jour, nous parlera de cette fameuse loi “Pompidou – Giscard” de 1973 ?
    Voir l’article du Monde qui en parle ici : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/29/la-loi-pompidou-giscard-rothschild-votee-en-1973-empecherait-l-etat-de-battre-monnaie_1623299_3232.html
    Cet article est-il raisonable, ou bien “politiquement tendanciseux” ?

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    • Laurent Idlas // 05.01.2012 à 12h51

      la réponse est sur le site de François Asselineau…vous ne savez pas ce que vous loupez si vous n’y allez pas, par contre si vous y allez vous allez être surpris!

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  • alain // 05.01.2012 à 10h01

    analyse très intressante, mais la conclusion est un peu simpliste et de courte vision. L’europe et l’euro se sont avant tout un projet de sociètè comune par et pour les hommes et femmes de ce continent bien plus ambitieux que des questions economiques ( aussi grave soit-elle). Comme l’on dit en italie: “il ne faut pas jeter le bebe avec l’eau sale”….En tant qu’histoien , mr Juillot drevait y rèflèchir!

    alain lanot

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  • pratclif // 05.01.2012 à 11h17

    Mon commentaire sur cet article:
    http://pratclif.com/economy/20120105euro.htm

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  • Khalys // 05.01.2012 à 11h18

    Oui, nos dirgeants européens sont incompétents. Mais non, il ne laisseront pas mourir l’Euro. Je pense que beaucoup trop de personnes sous-estiment leur volonté à ce niveau là.

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    • Patrick-Louis Vincent // 05.01.2012 à 11h35

      C’est vrai, il ne laisseront pas mourir l’euro ; c’est pourquoi ils mourront ensemble.

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  • Un_passant // 05.01.2012 à 17h07

    Désolé mais… pour moi son argumentation relève de la mauvaise foi :
    L’Italie, contrairement à la France, n’est pas en déficit primaire (mea culpa si je me trompe de terme, ce que je veux dire, c’est que contrairement à la France, hors charge de la dette l’Italie n’est pas en déficit -ou ne l’était pas jusqu’aux attaques perpétrées par les spéculateur de Wall Street de de la City pour masquer leur propre incurie -aspet des choses que l’auteur ignore délibérément, SOROS ayant pourtant lui-même admis avoir tenté d’attaquer l’Euro).
    La crise Irlandais n’est pas la faute de l’Euro, mais bien la faute de l’Irlande qui s’est gavée d’une économie basée sur le système bancaire “subprimes” et par un dumping fiscal délirant (à leur décharge tous n’avaient sans doute pas conscience de l’ampleur des dégâts – en tout cas pour la population -). Système qui a alimenté une bulle immobilière. En fait ça n’a rien à voir avec l’Euro. Sans l’Euro, l’Irlande aurait pu avoir la même stratégie et subir le même contrecoup, puisque la crise est directement liée, là-bas, aux subprimes.
    Sans l’Euro, la France souffrirait toujours autant de sa fiscalité et de la PAC qui réunies, loin d’aider l’agriculture et l’industrie, les laminent sous les effets conjugués d’un coût de main-d’œuvre trop élevé et des subventions qui peuvent aller aux entreprises plutôt qu’aux éleveurs (cas du poulet, par exemple).
    Peut-on m’expliquer comment l’Euro pourrait être responsable quand l’Allemagne (monnaie forte à l’origine) et l’Italie (monnaie faible à l’origine) ont toutes deux réussi à maintenir leur industrie et/ou leur agriculture… au contraire et détriment de la France? Tiens, c’est même pire que cela, l’Allemagne est devenue exportatrice en matière d’agriculture alors que nous, nation agricole avons perdu des parts de marché, malgré la PAC. Pourquoi? La PAC a favorisé le conservatisme plan-plan eu lieu d’obliger les agriculteurs à se bouger un peu.
    Parlons de l’Espagne, ce n’est pas l’Euro qui est responsable de cette politique -irresponsable- faisant de l’immobilier le moteur de la croissance via des prêts à taux variables! Une telle bulle n’avait besoin ni des subprimes, ni de l’Euro pour imploser et pour cause, une telle bulle implose pour raison systémique : il se construisait trop comparativement aux besoins de la population! Le Japon était là pour donner un aperçu de effets délétères d’une bulle immobilière dont ils ne se sont JAMAIS remis -Yen ou pas-.
    Les pays qui prévoyaient de rentrer dans l’Euro ne semblent pas avoir renoncé.
    Concernant la Grèce, sans l’Euro, elle gardait toujours sa capacité à truquer ses comptes non?
    Le problème n’est depuis le départ, pas l’Euro, mais l’incompétence des politiciens en matière d’économie et d’industrie et leur soumission aux “experts” es finance issus des banques – qui ne travaillent que pour elles-mêmes et leurs actionnaires -. Il est tant que le fait politique remette en coupe réglée le système bancaire. Les banques doivent êtres soumises au fait politique, ou au moins, indépendantes, mais des politiciens soumis aux banques, ça, c’est criminel, vis-à-vis des populations, c’est même de la haute-trahison.

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    • Chazam // 05.01.2012 à 18h42

      Entièrement d’accord.
      Plus que d’incompétence des politiciens (je crains qu’ils n’aient que fort rarement été compétents), nous souffrons depuis quelques décennies de leur lâcheté.
       
      L’essentiel de nos problème se trouve dans la lâcheté de nos politiciens qui se résume à ce fait tellement commun et minable : d’un côté, ils promeuvent certaines politiques à Bruxelles, via leurs pions que sont les commissaires qu’ils nomment eux-même, de l’autre, devant la population, leurs électeurs, ils accusent “L’Europe” ou “Bruxelles” d’être responsable de telle ou telle politique (qu’ils ont eux-même initiée). Voilà notre drame.
      L’Euro là dedans, s’il a ses défauts, n’en a pas plus que n’importe quelle monnaie et est un coupable commode pour les nostalgiques d’un passé qui connaissait lui aussi ses crises (mais chut, ne comparons surtout pas, ne discutons que de ce qui va mal dans le système actuel pour faire briller le passé, c’est tellement plus commode).

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    • Eric Juillot // 05.01.2012 à 21h18

      Merci pour vos remarques, mais il me semble qu’elles confortent mon analyse plus qu’elles ne la réfutent. Pour dédouaner l’euro de toute responsabilité dans la crise actuelle, vous êtes en effet obligés de dénoncer l’incompétence non seulement des dirigeants, mais aussi des peuples. Malheur à ceux qui ne sont pas capables de s’adapter à la perfection monétaire que l’euro leur apporte ! Ils n’ont que ce qu’ils méritent !
      Entre les peuples et l’euro, vous avez apparemment fait votre choix… Votre posture me semble typique de l’idéologie européenne. Elle a pour grave inconvénient de justifier toutes les régressions et toutes les fuites en avant autoritaires et antidémocratiques auxquelles nous assistons aujourd’hui.
      Si l’euro n’est pour rien dans la situation des uns et des autres, pourquoi la Finlande (qui l’a adopté), doit-elle consentir des taux très supérieurs à ceux de la Suède (qui a conservé sa couronne) pour financer sa dette, alors que les deux pays sont économiquement en bonne santé ?
      Tous les pays que vous incriminez ne se trouveraient pas aujourd’hui au fond du gouffre s’ils avaient conservé leur monnaie et leur banque centrale nationales. Ils auraient pu alors, dès le milieu des annés 2000, mettre en oeuvre une politique économique digne de ce nom et conforme à leur intérêt, évitant la surchauffe, l’emballement spéculatif et l’endettement généralisé en jouant sur le taux de chage et sur le taux d’intérêt.
      L’euro n’est évidemment pas responsable de tous les maux, mais il les a aggravés. Krugman expliquait il y a quelques semaines que les pays les plus fragiles de l’euroland empruntent en fait dans une monnaie qui n’est pas la leur, ce qui induit, dans le contexte économique actuel, leur tiers-mondisation accélérée. Voyez le rôle actuel du FMI qui a fait de l’Europe son nouveau terrain de chasse, après l’Afrique dans les annés 80 ou l’Asie dans les années 90. Quel échec !

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      • Un_passant // 06.01.2012 à 10h21

        Vous omettez un détail monumental : TOUS les pays occidentaux se sont goinfrés de déficit depuis la chute du mur de Berlin (avant en fait, mais cela s’est accéléré, Wall Street n’ayant plus de force faisant contrepoids en face) par lâcheté des politiciens.

        Quant aux USA et la City : via le Financial Times, on le voit encore chez les journalistes qui n’ont pas compris que c’est le bras armé -financier- de Washington et des lobbies qui le gouvernent, elles dictaient leur conduite aux autres économies, dont le Japon.

        L’Euro justement permet à l’UE d’envoyer paître les USA et la City, perte d’influence que ces places financières ne peuvent supporter (voir les attaques en règle auxquelles se livrent les journaux et les marchés anglo-saxons contre l’Euro, attaques que l’on ne voit, ni chez XinHua, ni chez Ria Novosti ni depuis les marchés correspondants… curieux non?). Les seuls qui attaquent l’euro sont essentiellement les financiers européens eurosceptiques et les média anglo-saxons.

        Au jeu de si ma tante en avait… Quel argumentaire! Je rêve! Mitterrand a fait machine arrière toute d’urgence en 83 pour éviter une dévaluation catastrophique que sa politique n’aurait pas manqué d’entraîner. Ensuite, le franc baissait régulièrement face au Deutsch Mark et au Dollar. Il se reprenait de temps en temps, mais les fondamentaux montraient des signes inquiétants. Tout le monde semble avoir oublié combien cela coûtait cher d’aller aux USA. Alors votre “si”, vous devinez ce que j’en pense.

        Vous me parlez de la Finlande et de la Suède… La Suède est un modèle de stabilité sociale et de bonne gouvernance (mais c’est oublier la crise qu’elle a traversé en 1990), c’est un pays qui dépend moins du pétrole et de surcroît exportateur comme l’Allemagne. Son déficit est faible alors que la Finlande se relève d’une procédure pour déficit excessif (même si comparé à d’autres pays, elle serait un modèle à suivre)…

        Je critique les politiciens? Et alors quoi? Vous les trouvez compétents et loyaux à leur pays? Pas moi. Je les trouve inféodés aux banques, il suffit de regarder les carrières des uns et des autres. J’appartiens au ministère ceci et que je me retrouve dans la banque cela… Ces politiciens qui continuent à faire confiance aux mêmes experts que ceux d’avant la crise. Experts qui montrent tous les jours qu’ils ne sont pas devenus plus compétent du jour au lendemain, leur hypocrisie (ou leur aveuglement) ne fait lui guère plus de doute.

        Contrairement à ce que vous croyez, je ne jette pas la pierre aux peuples; on ne fait rien, au niveau de l’école, pour faire des citoyens suffisamment informés et formés pour comprendre les différents enjeux. Je dirais même que c’est le contraire, j’ai de plus en plus l’impression qu’on cherche à en faire de gentils consommateurs dociles et naïfs et surtout, les plus individualistes possible, pour qu’il ne leur vienne pas à l’idée de se rebeller. Il n’y a pas conspiration pour autant, c’est juste le résultat  de l’aveuglement de nos “zélites” (un de plus) qui écoutent des philosophes de salons comme si c’était des génies.

        Quand je compare De Gaulle aux autres… Il y a de quoi critiquer. L’article d’Emmanuel Todd dans Le Point, on n’est pas forcement d’accord à 100%, mais sa critique des zélites est plus que recevable.

        Ah et tiens, une chose que l’on oublie en France : via les pré-retraites, non seulement la France n’a JAMAIS amélioré l’emploi, mais en plus, elle s’est privée d’un savoir-faire à transmettre aux générations suivantes. Tout le contraire de l’Allemagne, de la Suisse ou de l’Italie même. Et vous savez quoi, pour le coup, c’est bien la faute des politiciens et non des peuples, personne n’avait demandé les pré-retraites, c’est juste l’idée d’un “innovateur” au même titre que les 35 heures…

        Quant à sortir de l’euro pour résoudre la crise… Chiche! Je vois mal comment ça pourrait se passer mieux qu’en Argentine (non mais dites, c’est grave, personne ne se souvient des émeutes ??? Crise dont les chiffres laissent à penser qu’elle ne s’est toujours pas réellement remise) ou que ce qui se profile au Royaume-uni (si j’ai bien entendu, si, officiellement, l’inflation est limitée, elle présenterait des signes inquiétants présageant un possible emballement -à surveiller -).

        Avec ou sans l’Euro, la seul différence, c’est dans un cas, les Européens font front commun et en sortent plus forts, soit c’est le chacun pour soi et… alors autant se vendre directement aux chinois (ils sont DÉJÀ en train de faire un tour d’Europe des entreprises intéressantes, dixit Le Point, avec un tendance à éviter la France cela dit en passant, toujours dixit Le Point)et renoncer à tout modèle social, on gagnera du temps…

        Quant à rétablir la compétitivité par une baisse des prix… C’est une douce illusion. Qui peut raisonnablement croire que l’on va pouvoir battre les chinois ou pire le Bangladesh, ou simplement la Roumanie en changeant de monnaie? La seule solution passe par l’innovation et la qualité. Pour la production à bas prix, sauf à sacrifier intégralement notre modèle social, c’est utopique. Il nous faut une véritable politique industrielle, un vrai tissu de PME. Jusqu’à présent, on gaspillé l’argent public et détruit le tissu de PME plus qu’on ne l’a favorisé. Vous savez quoi? Je suis contre les subventions aux entreprises : d’une c’est un système hypocrite qui ne sert en réalité qu’à masquer une imposition trop élevée, de deux ça sponsorise des entreprises qui ne sont ni forcement les plus compétitives, ni les plus innovantes. En France, ça montre plutôt celles qui sont de bonne élèves de l’administratite jacobine aiguë dont souffre la France.

        J’en arrive à la conclusion. Ne croyez pas pour autant que je suis un europhile dogmatique. Je ne suis même pas europhile. Je suis juste… pragmatique. Sortir de l’Euro, c’est ajouter de l’incertitude à l’incertitude. Ensuite, ça ne sert à rien tant que les problèmes fondamentaux de compétitivité que j’évoque ne sont pas résolus. L’Italie, l’Allemagne ou la Suisse sont une preuve que la question de la monnaie ne fait pas tout. La transmission du savoir et des savoir-faire, la fiscalité sur la production vs fiscalité sur le résultat, le temps de travail, les méthodes de travail et de management (financiarisme vs paternalisme -je n’aime pas ce mot, mais ça évoque pour moi les entreprises familiales pérennes dont les méthodes pour survivre aux crises sont connues ), l’obsession du diplôme, la formation continue (et le fait de reconnaître qu’à tout âge on a encore des choses à apprendre), la redistribution du résultat/bénéfices, sont des questions qu’il serait plus que temps de se poser, sans parti pris, sans a priori et surtout, sans dogmatisme.

        Et puis, quand notre premier partenaire commercial est l’Allemagne, je vois mal comment on pourrait prétendre trouver une solution sans un dialogue de fond avec eux. Non?

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      • Chazam // 08.01.2012 à 00h16

        1- Il ne s’agit pas de dédouaner l’€ de toute responsabilité. Comme déjà dit, il a des défauts, mais il serait bon de les comparer à ses avantages pour construire une critique solide.
        2- L’€, comme toute monnaie, est un outil. C’est son mésusage qui fait les catastrophes, et qui est responsable du mésusage ? Ceux qui font les politiques économiques, non ? Quelles garanties aurions nous eues que cela n’arriva pas avec une autre monnaie ? Strictement aucunes.
        3- Vous voir qualifier vos contradicteurs, qui ont pour faiblesse de penser que tout mettre sur le dos de l’€ est réducteur, d’anti-démocrates, est pour moi le second carton jaune après celui relevé par Mr Berruyer. Je rejette totalement ce genre d’argumentaire pour deux raisons : d’abord parce que vous vous placez ainsi de vous même dans la case des gentils défenseurs du peuple qui serait avec vous, ce qui n’est pas vraiment démontré, et surtout, plus prosaïquement, parce que vous vous trompez, au moins à mon sujet. Je suis pour que les peuples choisissent leur avenir, en toutes circonstances, partout, tout le temps, et considère que la situation actuelle est loin, très loin de me satisfaire à ce sujet. 😉
        4- le FMI fait son terrain de chasse de l’Europe parce que les politiciens européens n’ont rien dans le pantalon. Ca n’a rien à voir avec l’€… Tout ça était prévisible, on connaissait l’outile qu’était l’€, or que s’est-il passé ? Rien… C’est trop facile de mettre tout sur le dos de la monnaie. Ca dédouane trop facilement les vrais responsables, ceux qui ont fait nos politiques économiques depuis des années.

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        • Laurent Idlas // 08.01.2012 à 07h54

          vous dites:
          Je suis pour que les peuples choisissent leur avenir, en toutes circonstances, partout, tout le temps, et considère que la situation actuelle est loin, très loin de me satisfaire à ce sujet.
          Alors vous devriez être forcément pour la sortie de l’UE et de l’€ ou alors vous n’avez pas bien compris.
          Dans ce dernier cas allez écouter les conférences de François Asselineau…

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          • Un_passant // 08.01.2012 à 10h55

            Juste quelques mots : la Suisse. L’indépendance, la souveraineté? Rien ne vous a échappé ces dix dernières années? On dirait bien que si (paradis fiscaux, Schengen…). Le processus est lent mais on dirait bien que la Suisse et le Liechtenstein se font petit à petit bouffer, contaminer ou assimiler (choisir selon votre bord et vos a priori ^ ^).

            Par contre, sur la question de la démocratie, la Suisse a quelque chose d’enviable : les votations. Mais accuser l’Euro ou l’UE… non Accusez plutôt nos politiciens de s’être laissés corrompre et avoir toléré que le parlement Européen soit beaucoup trop la chambre d’enregistrement des décisions de la Commission Européenne. Sortir de l’UE, de l’Euro? Et si d’abord on redonnait son rôle et rétablissait dans ses pouvoirs le Parlement Européen ELU? Et chiche on rajoute une petite dose de votation.

            Pour moi, ça suffit, pas besoin de retomber dans un souverainisme qui oublie un peu trop que, sans l’UE, on ne représente rien face à la Chine (et si la Suisse petit à petit se fait absorber, comme certains indices le montrent… c’est peut-être que ma perception n’est pas si délirante que cela non?).

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  • gibusw // 05.01.2012 à 20h47

    Au sujet de l’Espagne, je trouve surprenant que jamais, personne, nulle part, ne mentionne le blanchiment “industriel” d’argent sale*, déversé dans le bétonnage des côtes, puis de l’intérieur du pays, alimentant simultanément une bulle et une corruption gigantesques . C’est une cause additionnelle non négligeable.
    * Mafias italiennes et russes surtout (voir Jean de Maillard)

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  • yoananda // 05.01.2012 à 23h34
  • Jeremie // 05.01.2012 à 23h52

    Les cours euro dollar continuent leur chute sur le marché, sous 1.28 dollar ( http://www.trader-forex.fr/cotations/forex-euro-dollar-us ) et cela n’est probablement pas fini, les ennuis européens sans solutions, l’euro pourrait bien connaître un premier trimestre très compliqué… Pour retrouver la confiance des changements en profondeur semblent inévitables à moins de coller une nouvelle rustine en attendant…

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  • vincent // 07.01.2012 à 14h53

    “l’Etat-nation, phare indestructible au milieu de la tempête. C’est vers lui que se tournent les regards”
     
    C’est une blague ? C’est bien la gabegie de ces Etats-nations qui nous a mené dans le gouffre !!!
    Les élus européens ou locaux ne sont pas moins légitimes que les élus des Etats-nations.
     
    Les Etats-nations ont fait défaut, il faut espérer que la crise de l’euro les fasse disparaître pour de bon. Ils n’ont plus de place dans l’Europe des régions qui se construit.
    Et on ne viendra pas pleurer sur eux car c’est leurs affrontements qui ont conduit aux deux catastrophes mondiales du XXème siècle. LEs citoyens européens du XXIème siècle n’en ont pas besoin.
     

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  • Patrick-Louis Vincent // 08.01.2012 à 13h33

    “sans l’UE, on ne représente rien face à la Chine ”

    Ah, parce que vous croyez que l’UE européenne représente quelque chose ? L’Europe est un nain politique. Seules la France et le Royaune Uni représentent encore quelque chose, parce qu’elles ont un droit de veto au Conseil de Sécurité.

    Une oranisation de libre-échange ne pèse rien face à une nation. La Chine est une nation, l’Europe est un conglomérat de nations. Etes-vous prêt à mourir pour la Comission de Bruxelle ?

    Allons ! vite, vite, retour au pays réel.

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    • un_passant // 08.01.2012 à 14h59

      L’UE est un nain politique? De moins en moins, contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord. De plus… comment voudriez-vous renforcer le pouvoir politique de l’UE sans sacrifier une partie de notre souveraineté au profit de l’UE, sans renforcer son parlement en matière de poids décisionnel?

      Et la France, ah la France… vous croyez que si la France retrouve une totale souveraineté elle aura un quelconque poids pour éviter les mesures de rétorsion dont ne se priverait pas la Chine?

      Vous parlez de réel. La réalité c’est que la Chine respectera une UE parlant d’une seule voix, qui représente l’un de ses premiers client, pour ne pas dire son premier. Par contre si elle doit perdre le petit pays protectionniste auto-centré de France, elle n’y prêtera pas plus d’attention qu’à une mouche.

      Et là les EU vont pouvoir jubiler. Dissoute, l’UE ne représentera plus rien, pour le coup ce sera un nain politique et économique. Et à ce stade autant adopter le dollar…

      Non mais sérieux, vous croyez quoi? Qu’un petit pays comme la France, qui n’a plus rien à voir avec l’Empire colonial d’avant la seconde guerre mondiale, va représenter un quelconque poids en faisant cavalier seul?

      Le Mexique, le Japon la Chine, le Brésil, l’Inde, la Russie, les EU sont tous des pays avec plus de 100 millions d’habitants; depuis cinq ans, la France ne cesse de perdre des places au rang des puissances économiques mondiales. Et vous imaginez sérieusement que l’on va pouvoir améliorer la situation en sacrifiant l’Euro (et par extension l’UE, vous le savez très bien que la fin de l’un entraîne la fin de l’autre), en faisant cavalier seul, là où nous avons besoin d’une réponse coordonnée avec l’Allemagne, et en tentant vainement de devenir compétitif sur des prix, chose impossible face à la Chine ou le Bangladesh???

      Vous voulez sortir de l’Euro, très bien, je serais curieux de voir le résultat sur notre balance extérieure et le prix du pétrole…. Ne me parlez pas des énergies renouvelables. Même si on s’y met maintenant, il faut au moins vingt ans pour réduire significativement nos importations. Pour rappel, j’imagine mal les français changer du jour au lendemain et sortir de leur égoïsme qui les conduit a contester 40% des chantiers et renchérir, du coup, la facture immobilière de 10% en moyenne en France (de mémoire, dixit Le Point). Notre agriculture? Pour la rétablir, comptez au bas mot cinq ans, le temps de former du personnel… entre temps… période de vache maigre, quand on voit tout ce qui est importé.

      Et… j’arrête là. Parler de sortir de l’Euro ce qui ne résout en rien les problèmes de fond de mentalités, de pratiques (politiques, commerciales etc.), de formations et j’en passe m’exaspère. Vous parlez de réalisme? Faite la liste de TOUS les problèmes qui ne sont liés en RIEN à l’Euro ou l’UE mais bel et bien au conservatisme français plan-plan bien jacobin entre autres maux et revenez en parler.

      Et, accessoirement, si l’UE représente si peu, pourquoi la Chine aurait mis près de 27% de ses réserves en Euro? Vous croyez les chinois stupides? Et la souveraineté, vous croyez qu’elle se limite à mourir pour son pays et faire la guerre? C’est  la version la plus stérile du nationalisme et en rien une preuve de patriotisme! 

      Je me rends compte que j’oublie un point… la Chine, une nation? Elle ressemble bien plus à l’Europe que vous ne le croyez : plusieurs langues, plusieurs ethnies. Je ne vais pas détailler mais informez-vous avant de parler de la “nation” chinoise. Vous parlez d’une construction artificielle! La Chine n’existe que parce qu’elle a toujours eu un pouvoir fort (autoritaire?). Comme si la Chine ne devait pas perpétuellement lutter pour éviter l’éclatement…

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      • Laurent Idlas // 08.01.2012 à 16h22

        vous êtes vous donner la peine de visionner toutes les conférences de François Asselineau?

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        • Un_passant // 08.01.2012 à 17h44

          Je n’ai pas besoin des autres pour me forger une opinion. J’observe, j’analyse, je compare avec d’autres analyses et en tire mes conclusions. Et jusqu’à présent, parmi toutes les analyses contradictoires aux miennes, il y en a très peu que j’ai trouvé suffisamment -comment dire- fouillées avec un souci d’objectivité.

          Critiquer l’UE ou l’Euro pour éviter de parler des problèmes liés à la mentalité jacobine et conservatrice française me semble d’une grande lâcheté. Certains maux français sont en place depuis au moins Giscard et personne n’en parle, non, on dit que c’est la faute de l’UE ceci, la faute de l’UE cela. J’ai des critiques contre l’UE mais pas au point de dédouaner mes concitoyens de leur aveuglement sur eux-mêmes!

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        • Un_passant // 09.01.2012 à 11h22

          Mr Asselineau, malgré toutes ses qualités, sera toujours limité par le fait qu’il soit candidat. Il ne dira JAMAIS leurs quatre vérités aux français. De ce fait, ses analyses sont toutes fragilisées par ce biais (on le voit rien qu’aux résumés de ses idées, bien “langue de bois”). N’ayant aucune vocation à être candidat, je n’ai pas ce genre de scrupule. 

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  • Patrick-Louis Vincent // 08.01.2012 à 16h08

    “comment voudriez-vous renforcer le pouvoir politique de l’UE sans sacrifier une partie de notre souveraineté au profit de l’UE, sans renforcer son parlement en matière de poids décisionnel?”
    80% des lois sont déjà décidées en dehors de nos frontières, par une Commission non élue et un parlement où les Français ne représentent plus que 10% des voix. Encore une chance que la Turquie ne soit pas dans l’UE, car, face à l’axe germano-turc, nous ne représenterions plus rien du tout.
     
    Dois-je rappeler que les Français ont refusé la constitution européenne et qu’on lui a imposé par la force.

    Il n’est nul besoin d’avoir 100 millions d’habitants pour peser politiquement. Que pèse le Nigeria avec ses 160 millions d’habitants. Rien du tout.
    En revanche, la France, avec son droit de veto et sa force de dissuasion, pèse encore, même si cela ne vous plaît guère. Elle arrive encore, bien que mal dirigée, à trouver sa place au FMI, à l’OMC, etc… Un retour à notre état-nation signifierait, bien sûr, un renforcement des budgets régaliens des Affaires Etrangères et de la Défense.

    D’autre part, ce n’est pas parce qu’il existe une multitude de problèmes qui ne sont pas liés à l’euro, qu’il faut ignorer ceux qui en découlent. En particulier, notre différence de productivité avec l’Allemagne. Une dévaluation de 25% à 30% serait nécessaire pour retrouver l’équilibre commercial (cela apparaît nettement à la vue du spread entre les deux pays)

    L’euro est une construction idéologique qui ne repose sur aucune base réelle. J’ai déjà développé, mais, c’est plus convainquant quand c’est un professeur d’économie qui le dit :
    http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/06/10/01006-20110610ARTFIG00817-l-euro-est-un-contresens-economique-il-faut-s-en-debarrasser.php

    Autre point. La Chine a 27% de ses réserves en euros. C’est logique. Avec 3 000 miliiards de réserves en dollars, la Chine estime que cela fait déjà trop. Donc, elle diversifie. Cependant, depuis que l’euro baisse, elle préfère acheter de l’or ; et elle a bien raison.

    La Chine, une nation. Là, vous êtes de mauvaise foi. Il y a certes, plusieurs ethnies en Chine, mais les Han sont amplement majoritaires avec 92% de la population. Les autres ethnies sont périphériques et minortaires. Quant aux langues, certes, il en existe aussi plusieurs, mais il n’y a qu’une seule langue officielle, celle parlée les 92% de Han, le hanyu ou mandarin. En Europe, il y a presque autant de langues que de pays. Pour faire l’unité dans un pays, il faut une langue unique, comprise de tous, à l’oral comme à l’écrit. Si l’on devait prendre comme langue officielle celle qui est la plus répandue en tant que langue maternelle en Europe, il faudrait choisir l’Allemand.

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    • Un_passant // 08.01.2012 à 17h14

      La différence de productivité? Trouvez moi la preuve que c’est la faute de l’Euro et non lié à notre politique industrielle de ces quarante dernières années et on en reparle. Car je vois mal comment cela pourrait être lié à l’Euro quand on compare à l’Italie ou que l’on regarde depuis quand l’industrie et l’agriculture française souffrent d’un défaut de compétitivité.

      Ce dont je me souviens très bien, c’est la qualité sans cesse déclinante des produits “made in France”. La fin de Manufrance, c’est AVANT ou APRES 2000?

      Vous voulez que je fasse la liste de toutes les entreprises françaises qui valaient le coup qui ont coulé dès l’ère Mitterrand voir avant? Les problèmes de Bull, c’était déjà connu sous De Gaulle-Pompidou

      Bon sang l’Euro, c’est 1999-2002! Les entreprises françaises montraient déjà qu’elles souffraient de la comparaison, en matière de qualité, par rapport à l’Allemagne, dès les années 80! Quant au déclin de l’agriculture ce n’est pas mieux. On voyait déjà monter les produits espagnols ou italiens

      Faites moi la preuve que ni l’agriculture, ni l’industrie n’étaient déclinantes en France AVANT l’adoption de l’Euro et vous m’aurez prouvé que vous avez raison. Dans le cas contraire, vous avez beau jeu de critiquer l’idéologie de l’euro, vous faites pareil, dans l’autre sens!

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      • Patrick-Louis Vincent // 08.01.2012 à 17h56

        Ne simplifiez pas à l’extrême ce je dis. Je n’ai jamais dit que tous nos problèmes venaient de l’euro, ni même que les produits fabriqués par les industries françaises n’avaient pas de problèmes de qualité avant l’euro. J’ai moi-même eu une R5 qui s’est mise à rouiller de partout au bout de 2 ans !

        Je dis simplement que les différences de compétitivté de sont accrues depuis l’euro et qu’elles n’ont fait que croître depuis 5 ans. Sinon, comment expliquer notre déficit commercial abbyssal en si peu de temps.

        J’ai d’ailleurs donné une autre cause à notre baisse de compétitivité ; c’est la part, beaucoup trop importante, du secteur public dans notre économie. Le secteur public n’est pas producteur de richesses. Il faut que les Français comprennent, un jour, que ce sont les entrepreneurs qui créent les richesses et l’emploi.

        Dans les années 80, une majorité de Français souhaitait que leurs enfants intègrent la fonction publique, principalement en raison de la sécurité de l’emploi. Je n’ai pas les chiffres sous les yeux, mais un récent sondage laissait entendre que ce n’était plus le cas aujourd’hui. Les esprits donc évoluent.

        Et voilà que, tous les candidats, parlent aujourd’hui de réindustrialiser la France. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais cela mettra quand même quelques années à se mettre en place. L’intention est bonne, mais, si les entreprises sont écrasées de charges pour nourrir le secteur public, l’industrialisation restera comme un voeu pieux.

        Vous parliez de l’Italie dans votre commentaire. L’Italie a un tissu de petites entreprises familiales très dense. Il n’y a pas d’impôt sur les successions d’entreprises en Italie, alors, qu’en France, du fait de laxation, beaucoup d’enfants ne peuvent pas reprendre le travail amorcé par leur père (un récent reportage à la télévision l’a très bien montré). Trop d’impôt tue l’impôt mais tue aussi l’économie.

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        • Un_passant // 08.01.2012 à 18h31

          Nos points de vue se rapprochent mais… (je sais je suis contrariant :-D)… repasser au Franc… J’ai trouvé ceci http://www.finances.gouv.fr/notes_bleues/nbb/nbb227/227_dev.htm  qui me donne la nette impression que ce serait bien joli de repasser au franc mais ne changerait rien, la monnaie n’étant qu’un problème accessoire…

          Le problème est de savoir comment avoir une industrie compétitive malgré le prix. Réponse qui est posée depuis longtemps et à laquelle AUCUN politicien n’a de réponse car les seuls qui peuvent l’avoir… ce sont les industriels eux-mêmes. Mais  Giscard est l’exemple type du politicien qui préférera être populaire et préserver le pouvoir d’achat (de ceux qui en ont encore un) que oeuvrer à la compétitivité industrielle (qui seule conduit à générer des embauches).

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        • Un_passant // 08.01.2012 à 19h12

          Pourquoi notre compétitivité industrielle s’est effondrée? Parlez-vous des faillites ou des fermetures d’entreprises pour cause de départ à la retraite de dirigeants (qui n’ont pas su faire ce qu’il faut pour trouver et mettre en place un relais)?
          Car c’est une réalité que l’on a tendance à occulter : n’ayant pas réellement prévu/insuffisamment anticipé leur départ, les “vieux” dirigeants ont eu tendance à sous-investir et poser des exigences financières exorbitantes pour vendre leurs entreprises.
          Pour m’y être intéressé, la situation industrielle Suisse (ou Allemande) présente de grosses différences avec la France : salaires plus élevés, départ à la retraite plus tardif (en Suisse souvent avec horaires aménagés+baisse du salaire), réelle valorisation du travail manuel, ouvriers mieux intégrés à la chaîne décisionnelle.

          En France, il faut avoir fait une école d’ingénieur pour pouvoir prétendre savoir comment gagner en productivité, vision venue en ligne directe des pays anglo-saxons qui ont perdu une très grosse part de leur industrie.

          J’ajouterais un facteur bancaire, sauf erreur de ma part, en Allemagne, il y a beaucoup plus de petites banques (et proportionnellement en Suisse aussi) qu’en France, petites banques qui ont trouvé que cibler la clientèle industrielle était le seul moyen de contourner les mastodontes de la banque qui manifestent un financiarisme excessif et donc un dédain certain pour le secteur industriel.

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          • Patrick-Louis Vincent // 09.01.2012 à 12h53

            Ce que dit ce lien, au demeurant intéressant, c’est que la France a dévalué 17 fois au XXème siècle. Ce qui montre bien que la dévaluation fait pratiquement partie de culture française, et que la monnaie est un outil de rééquilibrage de l’économie, par rapport à l’extérieur.
            Il est écrit notamment :”le refus de dévaluer serait synonyme de monnaie surévaluée, de prix excessifs et de perte de compétitivité”. L’on peut remplace le début de phrase “le refus de dévaluer” par cette autre “l’impossibilité de dévaluer”. Voilà la situation dans laquelle nous sommes du fait de l’euro. La France, ne pouvant dévaluer, se retrouve en perte de compétitivité.

            Comme le fait remarquer aussi cette article, le franc a toujours été conjoncturellement dévalué par rapport au mark depuis la fin de la guerre. Or, le franc et le mark n’ont pas disparu. L’écart entre les deux monnaies ne se voit pas du fait de la monnaie unique ; mais ce n’est pas pour autant qu’il n’existe plus. Il faut regarder le spread entre les taux d’emprunt de la France et de l’Allemagne, pour avoir une dette assez précise de la dévaluation qui serait à la France pour compétitivitéson économie par rapport à l’Allemagne. Plus le spread augmente, plus la dévaluation devrait être importante. Comme la dévaluation de l’euro ne peut être décidée par la France, la dévaluation ne se fait pas, l’économie nationale ne s’ajuste pas, et la conséquence première est un déficit commercial gigantesque, qui, lui aussi ne se voit pas puisque, au niveau de l’euroland, les déficits des uns sont compensés par les excédents des autres. Mais, ce qui se voit, c’est la croissance diminuer, et le taux de chômage augmenter.

            Taux de croissance en berne et taux de chômage en hausse, sont les conséquences de notre impossibilité à dévaluer.

            Il n’y a que deux remèdes pour retrouver notre compétivité : ou bien quitter la zone euro et dévaluer le franc, ou bien réduire drastiquement la part du secteur public.

            Je constate que les partisans de l’euro ne veulent entendre parler de la première solution, et que, Hollande, favori des Français pour diriger la France les 5 prochaines années, ne veut pas non plus entendre parler de la seconde solution.

            Auquel cas, il n’y a pas de solution à notre problème, et les voeux de rindustrialisation de la France, au demeurant souhaitable, ne sont que des voeux pieux. Mais que Hollande se méfie. Il tient le même discours que Papandréou avant d’être élu. L’on connaît la suite.

            Le problème est que le seul parti important à proposer la sortie de l’euro est le FN. Or, puisque c’est le FN qui le propose, il ne faut surtout pas lui donner le change, ce qui laisserait entendre qu’il a raison, et lui ouvrirait toutes grandes les vannes du pouvoir. Donc, l’on dit qu’il a tord, même s’il a raison. C’est la même chose à propos du protectionisme. Le débat est interdit puisque le FN le propose. Cela va être très dur pour le prochain président, car je crains qu’il ne soit obligé de faire ce qu’il aura combattu pendant la campagne présidentielle. Comme Papandrou qui a fait exactement l’inverse de ce qu’il avait promis de faire.

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          • Un_passant // 09.01.2012 à 16h59

            J’entends bien, mais l’article laisse aussi entendre que les industriels français ont tendance à jouer les feignasses et attendre les dévaluations plutôt que de développer des leviers de compétitivité.

            Le point essentiel qui me rend défavorable au franc c’est que je pense, au regard des années 1970 à 1999, que ça ne changera strictement rien à l’emploi. On restera à la traîne tant que l’on n’aura pas revu :

            la fiscalité pesant sur la production
            les niches fiscales
            les pratiques managériales qui ferment la porte, en matière décisionnelle, d’innovation, à ceux qui n’ont pas le fameux sésame du bac+5 (parfois c’est pire, il s’agit du bac+5 Grandes Ecoles -d’Ingénieurs ou de Commerce).
            l’inévitable sacrifice de la bulle immobilière
            favoriser la mobilité en allégeant les contraintes techniques pour louer un logement
            (en fait je prendrais le contre-pied du droit au logement opposable, au lieu de rigidifier le système j’agirais sur deux levier : la construction et la rotation des locataires, y compris dans les HLM et la suppression de tout dispositif d’aide type Scellier)
            amputer une partie du pouvoir d’achat ce que n’a pas osé faire Giscard (alors que l’on aurait pu préserver l’emploi, étant encore exportateurs)
            rétablir les plus de 50 ans dans leur dignité en matière de compétences. Les pré-retraites ont été une catastrophe de ce point de vue.

            Je sais, parler d’amputer le pouvoir d’achat va en faire hurler plus d’un MAIS on ne peut sans cesse parler du pouvoir d’achat et oublier que ce qui créé ce pouvoir d’achat, c’est la création de valeur ajoutée, création de valeur ajoutée qui est actuellement sacrifiée à la fonction publique, sans aucun discernement. Il y a de la fonction publique efficace, utile et même indispensable et celle issue du corporatisme syndical, de la démagogie (de l’idéologie voir du fanatisme), du clientélisme et du népotisme (politique ou syndical, on oublie trop souvent ce dernier qui est sans doute pire encore). Ce fonctionnariat là est à éliminer.

            En fait, je suivrais l’exemple Suédois. A cette condition là, oui d’accord, va pour le franc… Mais… j’ai vu la réaction des syndicats lorsque certaines idées de flexsécurité ont été évoquées il y a déjà quelques années (sous Jospin, il me semble). Ils en ont fait un tabou dans une approche toute de sectarisme communiste. A croire que nos syndicats sont incapables de concevoir la “sociale démocratie” à la scandinave. Ils sont pour un Etat-Nation jacobin, conservateur, rigide. L’autre point sur lequel je suivrais un modèle étranger, cette fois-ci c’est le modèle allemand : pratiquer plus le chômage partiel et moins les licenciements.

            Etant au RSA, j’ai bien vu à quel point on peut gaspiller l’argent d’un salaire.  Alors sacrifier une partie du pouvoir d’achat, en dehors des catégories les plus modestes, c’est tout à fait possible, surtout si on réussi à faire baisser le coût des locations (notamment et en particulier à Paris et les grandes villes).

            Ce qui est certain, c’est que Euro ou Franc, il est plus que temps que les français sortent de leur tanière et affrontent la réalité du monde plutôt que de sans cesse appeler l’état au secours pour les protéger. Car les pratiques actuelles excluent les marginaux du système et rendent craintifs ceux qui ont une situation car s’ils se retrouvent marginalisés, ils seront coincés. C’est toute la différence avec le modèle scandinave où vous pouvez plus facilement perdre votre emploi, mais où, d’une vous êtes mieux accompagné et de deux, vous êtes plus facilement embauché.

            J’en termine : quand je vois le comportement du syndicat de SeaFrance, je ne vois pas en quoi le franc aiderait face à ce genre d’attitude qui synthétise tous les maux dont souffre la France…

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          • Chazam // 16.01.2012 à 15h40

            Un-passant, si vous vous présentez et obtenez les 500 signatures, vous aurez aussi mon bulletin. 😀 (je sais, ça vous fait une belle jambe…)

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  • clemence // 15.01.2012 à 14h15

    Le projet de l’euro a échoué et ce serait mieux pour les États membres européens de démanteler au plus tôt ce système plus politique qu’économique. 
    Pendant ce temps là, les partis classiques en grèce perdent la majorité et sont de plus en plus impopulaires. 

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  • MB-AS // 12.02.2012 à 01h48

    Anciennes élèves de votre cours d’histoire géographie au collège Léopold Sedar Senghor,  nous partageons  également votre point de vue qui nous parait relativement réaliste (quelque peu fataliste) et souhaitions par la même occasion profiter de ce petit billet pour vous saluer J
     

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