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12.juin.201912.6.2019 // Les Crises

Nord Stream 2 : coup de froid entre Paris et Berlin

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Notez bien, car ce n’est jamais dit clairement, que l’idée est simplement d’avoir une liaison directe avec notre fournisseur…

Source : Le Figaro, Nicolas Barotte

INFOGRAPHIE – Présenté comme un projet «économique» par l’Allemagne, Nord Stream 2 est de plus en plus critiqué en Europe, particulièrement en France, pour ses conséquences géopolitiques.

De notre correspondant à Berlin

Un vent de malaise, puis un compromis. La France et l’Allemagne ne sont pas passées loin de la crise, vendredi, alors que Paris s’est dissocié de son alliée dans le dossier Nord Stream 2. Pour Berlin, de plus en plus isolé dans son soutien au projet de gazoduc, c’est un coup de semonce. Interrogée vendredi, la chancelière Angela Merkel a préféré éluder et se féliciter qu’un accord ait été finalement trouvé: «Je vois très souvent le président français, il y a une étroite coopération sur tous les sujets européens», a-t-elle commenté, comme on rappelle pour s’en convaincre ce qui devrait être une évidence.

La veille, Paris avait surpris en confirmant son intention de voter une directive européenne sur l’approvisionnement en gaz contestée par l’Allemagne. Ce texte risquait de mettre à mal le projet Nord Stream 2. Pour éviter d’accroître la dépendance de l’Union européenne envers la Russie, et son bras armé Gazprom, la commission proposait en effet de poser des conditions aux entreprises chargées de l’approvisionnement énergétique en obligeant à distinguer le fournisseur et le producteur. En clair, Gazprom n’aurait plus été en mesure de contrôler intégralement le pipeline. Nord Stream 2, dont le terminal aboutit en Allemagne, n’aurait plus été économiquement aussi rentable. Les opposants à Nord Stream 2, notamment les pays de l’Est de l’Europe, s’étaient réjouis du ralliement de la France, qui auparavant s’était montrée discrète et alignée derrière Berlin.

«L’Allemagne comptait bloquer cette directive mais elle a beaucoup évolué. Elle a compris qu’elle n’avait pas une minorité de blocage et que la directive aurait été adoptée sans elle», a-t-on commenté à Paris. Présenté comme un projet «économique» par l’Allemagne, Nord Stream 2 est en effet de plus en plus critiqué en Europe pour ses conséquences géopolitiques. Décidés à contrer l’influence russe, les États-Unis ont même menacé de sanctions les entreprises qui y participent.

Après 24 heures de froid, le compromis élaboré entre la France et l’Allemagne prévoit que la gestion d’un pipeline construit à partir d’un pays tiers sera confiée au pays d’arrivée, en l’occurrence l’Allemagne. Celle-ci, et au travers d’elle l’Europe, sera en mesure de mieux «contrôler» l’infrastructure et d’imposer à la Russie des garanties: l’Europe veut éviter que l’Ukraine notamment soit victime de Nord Stream 2 en perdant ses ressources économiques liées au transit du gaz sur son territoire. Angela Merkel s’était prononcée en faveur de telles garanties sans se donner les moyens de pression nécessaires sur la Russie.

À Paris, on s’est réjoui que Berlin ait évolué. Pour Angela Merkel, qui amende sa position depuis plusieurs mois, c’est tout de même un revers et le signe d’une perte d’influence. Pour apaiser les tensions avec Washington, l’Allemagne a aussi promis l’ouverture d’un terminal de gaz liquéfié, qui permettra aux États-Unis d’augmenter ses propres exportations énergétiques.

Deux semaines après les déclarations d’amitié franco-allemande lors de la signature du Traité d’Aix-la-Chapelle, le tandem semble déjà grippé. Tout un symbole: le chef de l’État Emmanuel Macron vient aussi d’annuler sa participation à la Conférence sur la Sécurité de Munich, le week-end prochain, où il devait retrouver la chancelière Angela Merkel. Ils auraient pu y exposer leurs vues communes sur les enjeux internationaux. Mais le président de la République a préféré se concentrer sur ses obligations nationales et la crise des gilets jaunes.


Source : Le Figaro, Nicolas Barotte, 08-02-2019

 


 

Le projet de gazoduc Nord Stream 2, signe de l’étiolement de la relation franco-allemande ?

Source : Libération, Johanna Luyssen, 08-02-2019

Les Vingt-Huit viennent de difficilement se mettre d’accord sur la marche à suivre dans le chantier controversé du pipeline Nord Stream 2, qui prévoit d’acheminer 55 milliards de mètres cubes de gaz russe par an vers l’Europe via la mer Baltique.

Plus les mois passent, plus le projet de gazoduc Nord Stream 2, surnommé «le pipeline de Poutine» par le tabloïd Bild, devient embarrassant pour l’Allemagne. Ce pipeline, dont la construction devrait s’achever à la fin de l’année, doit acheminer 55 milliards de mètres cubes de gaz russe par an vers l’Europe via la mer Baltique, en traversant les eaux territoriales de cinq pays : la Russie, la Finlande, la Suède, le Danemark et l’Allemagne. Le projet associe Gazprom à plusieurs entreprises européennes : Shell, OMV en Autriche, Wintershall et Uniper en Allemagne, et Engie en France.

En modifiant radicalement le tracé de la «route du gaz» entre la Russie et l’Europe, Nord Stream 2 devrait donc – et c’est bien là le cœur de la controverse actuelle – rendre le continent européen particulièrement dépendant de la Russie d’un point de vue énergétique. Et priver l’Ukraine, mais aussi la Pologne ou la Slovaquie de substantiels droits de transit. Dans le cas de l’Ukraine, les conséquences politiques d’un tel assèchement financier (estimé à 3 % de son PIB), devraient être conséquentes.

Directive européenne

Pour toutes ces raisons, le projet suscite des réserves, notamment à la Commission européenne. L’institution craint […]

Suite à lire sur : Libération, Johanna Luyssen, 08-02-2019

P.S. voici un article en lien avec “la sécurité énergétique” de l’UE :

Voir aussi : Ukraine ‘may cut Russia energy for Europe’

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Fritz // 12.06.2019 à 07h17

L’article ancien du Figaro révèle la parfaite soumission atlantiste de nos journalistes et politiciens. Pour eux, il est normal et légitime qu’un pays lointain, séparé de l’Europe par l’océan atlantique, cherche à « contrer l’influence russe », c’est-à-dire à refouler l’influence d’un pays européen en Europe. Ces gens-là acceptent tout naturellement les ingérences d’un pays extra-européen en Europe – pardon, son « extraterritorialité » juridique.

49 réactions et commentaires

  • Ballot // 12.06.2019 à 07h14

    La voila cette belle Europe qui devait protéger les Etats européens, leurs donner plus de force, un paillasson sur lequel viennent s’essuyer les intérêts crottés des Grandes puissances.
    Où l’on voit la “vision” de notre président….

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  • Fritz // 12.06.2019 à 07h17

    L’article ancien du Figaro révèle la parfaite soumission atlantiste de nos journalistes et politiciens. Pour eux, il est normal et légitime qu’un pays lointain, séparé de l’Europe par l’océan atlantique, cherche à « contrer l’influence russe », c’est-à-dire à refouler l’influence d’un pays européen en Europe. Ces gens-là acceptent tout naturellement les ingérences d’un pays extra-européen en Europe – pardon, son « extraterritorialité » juridique.

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  • Renard // 12.06.2019 à 07h48

    La soumission à l’Amérique est plus forte que la soumission à l’Allemagne. Quand on voit nos dirigeants régulièrement à quatre pattes devant l’Allemagne cela laisse rêveur sur leur attitude face à etats-uniens.

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  • Duracuir // 12.06.2019 à 08h00

    Lamentable politicards et scribouillards français, idiots utiles ou vendus au gaz de schiste US. A gerber.

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  • RGT // 12.06.2019 à 08h06

    Il suffit que Gazprom se contente d’amener une “prise” dans les zones internationales en mer du nord, “prise” sur laquelle viendraient se brancher les divers fournisseurs €uropéens avec les tubes terminaux leur appartenant et le tour est joué.
    Gazprom vend la gaz au prix normal et les “investisseurs” pourront alors prendre leur “commission équitable” (gros profits sans rien foutre pour les actionnaires) et d’un coup le projet sera adopté, même dans les pays les plus soumis à l’Oncle Sam.

    Le problème que je sens venir gros comme un gazoduc : Le prix du gaz sera alors si élevé pour le con-sommateur de base qu’il sera alors mis en concurrence directe par le gaz de schiste US.

    Tout le monde sera content, sauf les utilisateurs finaux bien sûr qui ne sont bons qu’à être traits comme de bonne vaches laitières.

    Et les allemands feront la gueule car ils auront certes toujours leur gaz mais n’auront plus aucun moyen de pression sur leurs voisins en les menaçant de fermer le robinet.
    Sans compter les “taxes de transit” qui deviendront nulles bien sûr.

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    • K // 12.06.2019 à 14h12

      Je ne sais pas s’il est techniquement possible de faire sortir un robinet dans les eaux internationales. Une sorte de plateforme en mer ou un termninal gazier flotant.

      Au dela de ça, il faut rappeler que l’annulation de ce projet de gazoduc serait :
      – Une bonne nouvelle pour les Etats-Unis qui vont pouvoir remplacer la Russie en tant que fournisseur de l’Europe en gaz.
      – Une mauvaise nouvelle pour l’Europe qui, en plus de payer son gaz plus cher, augmentera encore sa dépendance.
      – Une non-nouvelle pour la Russie, qui réalise les travaux d’infrastructures gazières en Orient pour remplacer son client européen par le client chinois. La Russie ne sera donc pas en manque de débouchés. Et la dégradation des conditions d’approvisionement en Europe se traduira probablement par une augmentation des prix mondiaux du gaz, ce qui est une bonne nouvelle pour tous les pays producteurs, Russie inclue. Et en plus notre gros voisin de l’Est économise le cout faramineux de la construction d’un gazoduc en Europe.

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      • moshedayan // 12.06.2019 à 14h19

        Bonjour K et autres lecteurs
        je fais court extrait d’une réflexion commune (menée avec des amis)
        Il existe bel et bien un autre projet en cours le Southstream 2 qui a été achevé jusqu’en Turquie et qui implique les pays suivants Russie, Kazakhstan, Azerbaïdjan et Turkménistan comme fournisseurs.
        Ce projet a un prolongement possible et souhaité par les pays suivants : Bulgarie, Serbie, Hongrie, Slovaquie. Le premier refus de la Bulgarie (remplacée par la Turquie) lui a fait perdre 3 milliards de dollars a estimé Poutine, plus 400 millions de dollars annuels et des milliers d’emplois.

        Aujourd’hui, la Russie est fortement intéressée à faire un prolongement du “South stream 2” qui remettrait en coopération la Bulgarie et les autres pays cités, avec même une possible bifurcation vers la Croatie, la Slovénie et évidemment l’Italie. Des investisseurs italiens sont aussi intéressés à ce projet seulement pour “jusqu’à la Serbie.” (gros potentiel d’investissement travaux publics)
        suite après à venir

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      • JCH // 12.06.2019 à 21h30

        Nord Stream (1 et 2) a pour but de contourner les pays Baltes et l’Ukraine pour relier directement le producteur et le consommateur, sans risquer d’interférence de la part des pays “intermédiaires”. Nord Stream 1 est déjà en fonction, ainsi que les nombreux gazoducs existant auparavant (https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Major_russian_gas_pipelines_to_europe.png).

        Je doute que ce projet soit annulé alors que sa construction est déjà bien avancée, et même si c’était le cas, les Etats-Unis demeureraient bien loin de pouvoir remplacer la Russie en raison des autres gazoducs existants, le gaz US devrant être transporté par bateau, à un coût très supérieur au transport par gazoduc.

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    • septique // 12.06.2019 à 21h22

      Quel stratège….un robinet en Mer du Nord…c’est nouveau et amusant. Poser des tuyaux de plus de 1 mètre de diamètre, plus les pompes nécessaires au maintien du flux (a des pressions de 60 à 100 bars) + l’entretien en mer du Nord…on peut se demander si un jour vous avez visité une raffinerie ?

      Le prix du gaz sera si élevé…il y a tellement de gaz que les prix sont totalement déprimés et n’ont jamais été aussi bas…et ce n’est pas prêt de changer..sans compter l’Iran, le Quatar (premier fournisseur mondial), l’UAE, le LNG canadien (pas du schiste), etc…

      L’essor du GNL est primordial pour diversifier les sources d’approvisionnements et éviter les relations de dépendance vis-à-vis d’un pays producteur. La diversification met en concurrence les producteurs de gaz, évitant ainsi les situations de monopole et à ce titre l’Europe a raison de vouloir diversifier ses sources…
      [modéré]

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  • Kokoba // 12.06.2019 à 08h13

    L’article de Libération est particulièrement ignoble.

    “rendre le continent européen particulièrement dépendant de la Russie”
    Comme si c’était la faute d’un pipeline si l’Europe a besoin de gaz…

    “Et priver l’Ukraine, mais aussi la Pologne ou la Slovaquie de substantiels droits de transit.”
    Parce que c’est le role de l’Europe de distribuer de l’argent à l’Ukraine ?

    J’espère qu’un jour on fera payer le prix de leur trahison à tous ces types.

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    • Kasper // 12.06.2019 à 10h36

      Je n’y avais jamais pensé mais c’est une bonne raison de plus pour continuer à faire mousser “l’ingérence russe”: les vraies ingérences des USA deviennent du coup des manoeuvres défensives. Washington n’exerce pas son influence, elle “contre” l’ingérence des russes.

      Heureusement qu’ils sont la pour nous protéger dis donc.

        +14

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    • Tonton Poupou. // 12.06.2019 à 11h10

      Libération comme tous les chiens de garde médiatiques !… ça fait longtemps qu’ils nous saoulent avec leur conspirationnisme russophobe et leur complotisme poutinophobe récurrents. Ces réducteurs de tête ne sont juste qu’à ignorer. La seule thérapie en ce qui me concerne c’est le mépris./

        +24

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    • septique // 12.06.2019 à 21h26

      Il y a un principe international..quand un oléoduc ou un gazoduc traverse votre territoire vous touchez des redevances que ces redevances soient collectées par l’UE et redistribuées ensuite c’est autre chose.

      Payer le prix de leur trahison à tous ces types…ben oui…et l’Europe à cause du prix du gaz, des immenses réserves a totalement raison de vouloir diversifier ses fournisseurs et faire pression sur les prix…

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      • Patrick // 12.06.2019 à 21h55

        Nous ne serons jamais indépendants , nous n’avons pas de gaz donc il faudra forcément en acheter quelque part.
        La seule façon de garder une vraie autonomie est d’avoir le maximum de fournisseurs potentiels et de les mettre en concurrence.
        Donc nous devons absolument nous entendre avec les Russes et les autres. Si les Américains arrivent à nous fournir du gaz à un prix compétitif on peut même leur en acheter

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        • septique // 13.06.2019 à 01h48

          Avec les Russes et les autres mais pas aux conditions de Vladimir….que la Russie finance donc ce gazoduc…de plus les coupures de fourniture de gaz a l’Ukraine précédemment invitent à la prudence..

          Du gaz de schiste il y en a des quantités considérables en Pologne et nos amis les verdâtres ont tout fait pour en empêcher l’exploration avec le soutien discret…du Kremlin…

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          • Patrick // 13.06.2019 à 09h15

            Ll’Ukraine ne payait pas son gaz , donc forcément les Russes ont arrêté de les fournir .. essayez de ne pas payer vos fournisseurs pour voir.
            Et encore , les Russes sont gentils ils n’avaient pas complètement coupé les approvisionnements.
            C’est bien pour cela qu’il faut avoir le maximum de fournisseurs, ça limite les risques.
            Les premiers essais de gaz de schiste en Pologne ont été assez désastreux ( trop cher, trop compliqué ) , pas sur qu’il y ait unnavenir de ce côté.

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  • Kiwixar // 12.06.2019 à 08h15

    “Nord Stream 2 devrait donc (…) rendre le continent européen particulièrement dépendant de la Russie d’un point de vue énergétique”

    Je ne comprends pas cette logique. L’Europe est et sera DE TOUTE MANIERE particulièrement dépendante du gaz russe, car les autres fournisseurs sont en chute libre (Mer du nord, Pays-Bas) ou instables (Algérie) ou très loin (Proche-Orient) ou bien plus chers (gaz liquéfié). La seule différence entre obtenir le gaz russe via Nord Stream 2 ou via l’Ukraine, c’est que ce sera moins cher et plus fiable pour les pays de l’UE.

    Quelle est cette maladie mentale qui fait que les dirigeants des pays européens se soucient plus de citoyens étrangers (Ukraine) que de leurs propres citoyens, de pauvres lointains que de SDF à leur porte? Y a-t-il une misanthropie particulière des dirigeants sans enfants (Macron, Merkel, May etc) qu’ils haïssent ainsi leurs concitoyens?

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    • la vieille gauloise // 12.06.2019 à 08h43

      D’ accord avec vous , ce refus d’ aller chercher notre énergie de façon plus naturelle et économique est c’ une idiotie insondable !
      A un tel degré, qu’ un jour ou l’ autre nous serons bien obligés de retourner au bon sens tout simplement Moi , je me demande combien de temps l’ Allemagne va tenir face aux ” atlantistes” ?
      Après Merkel qui n’ en a plus pour longtemps , il paraît que les Allemands vont s’ affirmer d’ avantage ” continentaux”….

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    • Véro // 12.06.2019 à 10h16

      “Quelle est cette maladie mentale qui fait que les dirigeants des pays européens se soucient plus de citoyens étrangers (Ukraine) ”
      Est-ce vraiment le cas ? Il y a en Ukraine de nombreuses entreprises qui ne sont pas ukrainiennes, agroalimentaire, énergie, banque, grande distribution etc. Dans l’agriculture aussi, on voit par exemple des agriculteurs français aller exploiter plusieurs milliers d’hectares là-bas (http://www.agra.fr/les-agriculteurs-fran-ais-en-ukraine-ce-qui-m-a-plu-c-est-la-dimension-industrielle-art447208-22.html).

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    • Ando // 12.06.2019 à 22h01

      Sauf erreur les livraisons russes sur le marché ouest européen sont de l’ordre de 30/35% du total qui y est brulé. C’est assez loin d’une dépendance. Quelle est la dépendance française au pétrole vendu par l’Arabie saoudite?.

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  • weilan // 12.06.2019 à 08h16

    Si je comprends bien ce que ces différents articles veulent dire, Nordstream 2 est loin d’être construit.

    Nombre d’Européens (dont notre cher président) sont donc prêts à payer beaucoup plus cher le gaz liquéfié en provenance des USA par voie maritime. Il est vrai qu’ils se moquent du prix puisque seuls les gueux en ressentiront les effets sur leur maigre budget. Par la même occasion, ils en oublient le sacro-saint “bilan carbone” dont on nous rebat les oreilles quotidiennement..
    Même l’Australie, autre bon toutou de Washington, s’inquiète du manque à gagner éventuel de l’Ukraine. Quelle touchante sollicitude !

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    • R3drum // 12.06.2019 à 09h37

      Consultez le site http://www.chroniquesdugrandjeu.com/ pour avoir un point de vue plus précis sur ces questions énergétiques (on le retrouve parfois dans la revue de presse).
      https://www.capital.fr/entreprises-marches/toujours-controverse-nord-stream-2-sera-bien-acheve-en-fin-dannee-1333142
      la construction est en revanche très avancée.
      Mis à part les menaces de sanctions américaines, plus rien ne pourra stopper ce projet.

        +14

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    • septique // 12.06.2019 à 21h30

      Il n’y a aucun gaz liquéfié (LGN) qui provient des USA…RIEN. Le principal client des USA..la Chine et le LGN américain est exporté en Asie…

      Source de gaz pour la France…(RIEN des USA).

      https://www.gasinfocus.com/en/indicator/sources-of-natural-gas-consumed-in-france/

      En plus il y a le Quatar, l’UAE et éventuellement l’Iran..Ivan n’est pas seul…

      Rien de ce vous affirmez ne se produira tout simplement.

        +0

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    • Ando // 12.06.2019 à 22h08

      Nordstream sera construit sans difficulté. Le surcoût du LNG étasunien, s’il était possible de le livrer en quantité, serait tel qu’il mettrait en difficulté sérieuse l’industrie européenne, allemande en particulier. Les industriels ont rarement un penchant pour le masochisme.Ce n’est donc plus un sujet (sauf pour le Libé sans doute).

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  • douarn // 12.06.2019 à 08h45

    Le cavalier seul d’une Allemagne alimentée en gaz russe à bon marché (North stream) a dû en défriser plus d’un (Pologne par ex.) et inquiéter des projets.

    Israël a fait des découvertes gazières en Méditerranée orientale (Tamar, Léviathan). La société US Noble Energy évalue respectivement à 283 milliards de m3 (Gm3) et 623 Gm3 (réserves prouvées mondiales 168 800 Gm3 (BP, 2016)). Pour exporter, Israël compte sur le projet de gazoduc Eastmed vers l’Italie, via Chypre et Grèce. Israël conteste aussi l’exploration gazière (Zohr) envisagée par le Liban à partir de 2019 (Total/Eni/Novatek). Découvert en 2015 par Eni, ce champ constituerait le plus grand gisement en Méditerranée. Dans les eaux chypriotes, Noble Energy a découvert en 2011 le champ gazier d’Aphrodite.

    Et puis il y a les onéreux projets de liquéfaction aux US qui fournissent en UE un gaz ~2,5 fois plus cher que celui de Gazprom.
    https://www.connaissancedesenergies.org/du-gaz-dans-leau-en-mediterranee-orientale-180427

    Les Pays-Bas ont sommé ~200 entreprises de cesser de s’approvisionner d’ici 2022 en gaz produit à Groningue pour s’approvisionner dans de plus petits gisements du pays ou à l’étranger. Les poches de vide formées lors de l’extraction de gaz provoque des séismes.
    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/exploitation-de-gaz-le-robinet-de-groningue-coupe-aux-grandes-entreprises-dici-2022-180123

    Derrière l’aplaventrisme politique il y a des tordages de bras éco et géostratégiques qui en disent long sur nos souverainetés.

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    • Chris // 12.06.2019 à 18h20

      Vous oubliez de relever que le GNL US est opéré par notre major TOTAL, qui a fini par mettre tous les oeufs… dans le panier américain après la disparition de De Margerie.

        +5

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      • douarn // 12.06.2019 à 21h13

        Bonjour Chris
        Il y a vraiment beaucoup de chose à dire sur le gaz naturel, beaucoup trop à dire pour un espace dédié à un commentaire.

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        • RV // 12.06.2019 à 21h51

          Y a quelque chose qui cloche la-dedans, j’y retourne immédiatement . . .
          En 2017 les méthaniers avaient une capacité moyenne de 160 000 m3 de GNL
          rapporté aux 55 milliards m3 du gazoduc russe il faudrait 343 750 navires par an
          pour une flotte mondiale de 511 méthaniers ça ferait 672 voyages par an et par navire

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          • Patrick // 12.06.2019 à 21h59

            il faudrait vérifier mais je pense que les 55milliards de m3 sont sous forme gazeuse donc le volume est très supérieur à la même quantité liquéfiée .
            mais ça doit quand même faire pas mal de bateaux.

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            • douarn // 12.06.2019 à 23h57

              C’est cela Patrick. Liquéfié à -160°C le méthane occupe un volume 600 fois moindre.

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            • RV // 13.06.2019 à 11h02

              Merci ! Voila qui donne des chiffres plus raisonnables
              160 000 x 600 = 96 000 000 m3 et 50 000 000 000 / 96 000 000 = 572 méthaniers/an
              c’est quand même toute la flotte mondiale
              rien que pour la partie russe des importations européennes !

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  • Bachelerie // 12.06.2019 à 09h14

    La soumission de Macron à l’administration américaine n’est pas nouvelle, il a bradé Alsthom, et Technip à GE et à FMC. Le goût pour soumission est un trait de caractère de Macron.
    Humilié par Trump, (le sketch de la pellicule sur ses épaules enlevée par Trump) seul un père ou une mère peut se permettre cela avec son fils. Pas un président comme Trump, à moins qu’il ne veuille exprimer son mépris pour le faible petit Macron!
    Macron s’est affaibli lors des élections européennes, faible, qu’il a perdu son pari des progressistes contre les nationalistes, , battu par Marine Le Pen en France, il s’est mis en position de faiblesse face aux gouvernements européens et Américains. Angela Merkel a perdu 7% des voix mais avec 28% des voix, a gagné !
    Il est stupide de s’opposer à Nord Stream 2, stupide et grave: en termes géopolitique ce pipeline nous rapproche de notre voisin Russe, avec lequel la France de De Gaulle à Chirac a toujours eu de bonnes relations, dont profitaient nos industries et services. La Russie est un partenaire incontournable pour une Europe indépendante.
    Macron préfère l’Europe protectorat américain, il apparaît comme un allié peu fiable pour le gouvernement allemand. Il affaiblit notre pays en Europe et dans le Monde.

      +39

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  • Arcousan09 // 12.06.2019 à 09h26

    Ben voyons ….
    Ce projet déplait à Trump qui veut nous fourguer son gaz de schistes alors en petit garçon bien élevé et obéissant celui qui tient le rôle du “président” obéit servilement …. en attendant son bon point ou sa récompense …
    Cela s’appelle diriger un pays … Les résultats laissent pantois d’admiration.

      +14

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  • toub // 12.06.2019 à 11h13

    Sur le thème de la soumission imbécile de l’UE aux intérêts US, à l’encontre des intérêts de ses propres citoyens, cet article des chroniques du grand jeu est également très éclairant : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/05/euronouilles-un-jour-euronouilles-toujours.html. Avec cette citation édifiante du secrétaire d’état à l’énergie par le Figaro, qui n’y voit pas matière à critique : “À Bruxelles, pour le premier forum économique sur l’énergie organisé par l’Union et les États-Unis, jeudi, le secrétaire d’État américain à l’Énergie, Rick Perry, a vanté les mérites du gaz américain. Bien que plus cher que le russe, celui-ci est « fiable » et synonyme de « liberté » pour les Européens.”

    Comme si les US étaient bienveillants à notre égard, et leur tutelle bien réelle plus souhaitable qu’une hypothétique tutelle russe

      +18

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    • Owen // 12.06.2019 à 17h09

      Je n’ai plus le livre sous la main, Arthur Koestler racontait ses lectures de la Pravda dans “Le Yogi et le Commissaire”. La Pravda relatait l’avancement des travaux d’un pont à Moscou: ” Un ouvrage splendide en finition, grâce à l’enthousiasme de nos travailleurs, qui est encore une preuve que notre socialisme radieux apporte le bonheur à notre peuple” (à peu près…). Koestler a lu un autre article du même journal parlant d’un autre pont en construction aux Etats-Unis: ” Un symbole capitaliste de grands patrons exploitant inhumainement des prolétaires vivant dans des conditions indignes”.
      Koestler a remarqué qu’un pont “c’est caca” s’il est américain, alors que “ce n’est pas caca” s’il est russe.

      Bon, ben, on y arrive…

        +5

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  • ThierryC // 12.06.2019 à 11h15

    A noter que Nord-Stream 2 est la conséquence directe de la sortie du nucléaire par l’Allemagne : il lui faut trouver des moyens de produire de l’électricité quand il n’y a ni vent ni soleil….
    Il suffit que l’Allemagne décide de continuer avec ses réacteurs nucléaires pour qu’on n’ai pas besoin de ce gaz. Ca contribuerait aussi à ce qu’elle atteigne ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre, mais ça, tout le monde s’en fout.

      +8

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  • Locksman // 12.06.2019 à 12h05

    Je fais une petite précision qui n’est pas souvent relevé mais l’industrie consomme énormément de gaz, le gaz est bien maitrisé, relativement simple à utiliser, ne nécessite pas de stockage ni de livraison grâce au réseau de distribution, pour un prix encore très bas aujourd’hui.
    Le gaz est une ressource stratégique pour beaucoup d’industrie qui ne pourrait pas fonctionner sans, ou qui ne serait plus rentable.
    Il est clair que Mamie Merkel se contrefiche totalement de savoir si les allemands vont se chauffer l’hiver avec du fioul, du gaz ou que sais-je encore.

    Si il n’y a plus de gaz en Europe l’industrie s’arrête et le reste suivra très vite.
    Dès lors, il est évident que l’Europe ne peut être dépendante ni de la Russie, ni des USA. La seule politique raisonnable est de multiplier nos fournisseurs pour n’être dépendant d’aucuns.
    Je suis convaincus que les prochaines guerres que livreront les pays européens sous l’égide de l’OTAN seront étroitement lié à cette ressources, comme on l’a vu en Libye, en Syrie et en Ukraine.

      +12

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  • moshedayan // 12.06.2019 à 15h30

    la suite !
    La France mène un véritable chantage (avec la complicité de l’OTAN-CIA et autres officines de l’UE “pour la démocratie”) pour signifier à ces pays que s’ils acceptent la France mènera une politique d’obstructions aux aides de l’UE à ces pays, voire de sanctions.
    Un véritable chantage donc.
    Elle met dans la balance sa faculté “de favoriser ces aides”, sans en préciser le montant équivalent à ce que perdrait ces mêmes pays avec leur refus. Tout cela au nom d’une “solidarité UE” pour l’Ukraine. Enfin, la France omet sciemment que l’UE en 2020 sera obligée de réviser tous ces projets d’investissements vers l’Europe de l’Est à la baisse. Enfin, la Russie vient de proposer à l’Ukraine un prix du gaz 25% moins cher du prix pratiqué (référence au cours mondial).
    https://www.rbc.ru/rbcfreenews/5cfa7c059a7947df8a222ce8
    Poutine a déclaré que l’UE imposait des conditions aux Etats membres plus contraignantes que du temps de l’URSS ! (à ses Républiques…)
    Conclusion : la Slovaquie paye chèrement les sanctions contre la Russie, elle n’en a plus qu’assez. Elle espère de la Bulgarie une réponse censée et même veut trouver en Ukraine des “voix raisonnables”. Les Slovaques se méfient comme de la peste de la “parole française” (1938… on connaît)

      +8

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  • SanKuKai // 12.06.2019 à 16h17

    Il m’a été vendu qu’avec la paix, l’objectif de l’UE était de pouvoir rivaliser avec les gros comme la Chine ou les US. Et je vois:
    * “Les US menacent de sanction en raison du nord stream 2”
    * les US qui demandent á l’UE des sanctions contre la Russie après le MH017.
    * B. Obama qui vient dire aux britanniques que s’ils sortent de l’UE ils seront á la traîne (“the back of the queue”)
    Mais de quoi je me mêle! On m’aurait menti?
    Comme propagandistes l’UE devrait peut-être commencer á embaucher des contorsionnistes pour démentir De Villiers.

      +9

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    • Catalina // 12.06.2019 à 22h17

      quoiqu’il en soit, il est impossible de traiter avec un pays qyui n’a JAMAIS respecté sa parole donc, il vaut mieux ne pas traiter avec les usa, les rois mafieux ! Ces mafieux qui sous n’importe quel pretexte bidon de leur éexceptionnalisme” couperont le gaz à l’ue !
      “si tu viens pas massacrer tel peuple qui ne t’a rien fait avec nous, hop!!! plus de gaz !
      Yankee restez chez vous qu’on goûte enfin un peu de paix.

        +6

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  • serge // 12.06.2019 à 18h00

    C’est toujours atterrant de voir le président du dernier bout de la péninsule européenne se rouler par terre pour éviter de recevoir des fournitures de l’autre bout du continent. Tout en sachant que le GNL américain est plus cher, qu’il faut traverser les mers avec des bateaux pas particulièrement écologiques, qu’ils font du GNL avec du pétrole russe acheté en loucedé, et que bientôt il n’y en aura plus, la production des gaz de schistes aux US baissant drastiquement vu comment il s’extrait. Tout en sachant évidemment que ces produits gaziers remplacent le pétrole en décroissance mondiale et que l’électricité solaire/éolienne ne peut pas remplacer, au moins pour l’industrie et les pointes de consommation, ce gaz.
    A ce niveau d’irresponsabilité, c’est quand même le pompon.

      +6

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  • obermeyer // 12.06.2019 à 18h22

    Le gaz ( et le pétrole ) de schiste US est un mirage . Cette industrie a déjà perdu environ 300 milliards de dollars depuis une dizaine d’année . Elle est virtuellement en faillite et ne tient que par le roulement des prêts bancaires , mettant au passage de petites banques en danger . Le taux de déplétion des puits est plus rapide que prévu , la production ne devrait pas durer plus d’une dizaine d’années supplémentaire . Que feront nous alors ? La vision à long terme de nos dirigeants est effrayant . Ils soldent tout avant l’effondrement , et je rêve de les voir juger pour haute trahison .

      +12

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    • Chris // 12.06.2019 à 18h34

      Reste le pétrole vénézuélien… Les Ricains s’en occupent avec Guaido.

        +3

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  • Olivier MONTULET // 12.06.2019 à 18h56

    C’est l’UE (pas l’Europe cessons les confusions) qui se comporte en imbécile vis à vis de la Russie mais surtout e”n bon vassal soumis consentant des US. Voila 20 ans que l’UE, si elle pensait à ses intérêts tant de sécurités qu’économiques, devrait s’ouvrir à la Russie en devenant un partenaire privilégier de cette dernière mais aussi de la Chine et de l’Inde.

    Les US n’ont jamais, absolument, jamais défendu rien d’autre que leurs seuls et uniques intérêts. Les US sont un poids pour l’UE. Il est temps que l’Europe (et pas seulement l’UE) s’en décharger en sortant de son idéologie délétère et réorientant complètement sa stratégie géopolitique.

      +12

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  • Renaud // 13.06.2019 à 00h44

    Alors qu’en décidant sur un cahier des charges que, chez soi, dit simplement: à toute échelle, toute surface, tout bâtiment construit ou à construire, selon son exposition et respectant les obligations du lieu où il se trouve, devra couvrir une proportion de sa surface murale (toit y compris) de panneaux solaire tous rendements confondus, surtout s’ils sont déployés massivement. L’électricité produite en vrac pourra normalement produire par électrolyse de l’hydrogène. La pile à hydrogène dont les coûts seraient en baisse constante est parmi les systèmes les plus prometteur pour alimenter les moteurs électriques. Lequel hydrogène, remplacera de proche en proche les énergies d’origines fossile pour l’agriculture, l’industrie, le chauffage, les transports, etc. On pourrait aussi construire de simples barges comportant des hydroliennes et déplacer ces barges selon les meilleurs rendements selon les saisons et les lieux. Raccorder ces barges au réseau ne devrait pas être difficile avec des prises adaptées. Etc.
    Ainsi, adieu pour l’essentiel aux dangereux paniers de crabes géopolitiques des énergies fossiles ! Leurs pressions, leur chantages, leurs risques et leur prix, etc.
    L’énergie céleste libératoire! Le solaire, remplaçant l’énergie tellurique et chtonienne. En plus de la réalité, quel symbole !!
    Qu’attend-t-on ??

      +2

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  • R2D2 // 13.06.2019 à 05h30

    Quel est l’intérêt de publier un article vieux de quatre mois (!) à part de tromper le lecteur ?
    Il y a bien longtemps que ce coud de froid entre Berlin et Paris a été réglé et que la vision allemande a prévalu. Le Nord Stream II a été accepté, y compris par les institutions européennes. Seul le Danemark peut encore le retarder un peu en refusant le passage du tube par ses eaux territoriales.

      +4

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    • Patrick // 13.06.2019 à 09h18

      de toute façon , c’est l’Allemagne qui commande , même si Manu s’agite comme un cabri 🙂

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