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4.juin.20194.6.2019 // Les Crises

OTAN suspends ton vol… Par Guillaume Berlat

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 15-04-2019

« Je ne veux pas d’une Europe qui soit juste une zone de libre-échange attachée à l’OTAN… » (Ségolène Royal). Qu’est-ce que l’OTAN ? L’OTAN est une des expressions de l’atlantisme. Qu’est-ce que l’atlantisme ? L’atlantisme est le courant politique conceptualisé au début de la guerre froide qui prône une alliance militaire centrée sur les États adjacents à l’océan Atlantique Nord et, par extension, entre l’Europe et l’Amérique du Nord (spécialement les États-Unis et le Canada). Cette alliance s’accompagne d’une coopération dans les domaines politiques, économiques et culturels. Ce courant politique donne pour objectifs à cette alliance d’assurer la sécurité des pays membres et de protéger les valeurs qui les unissent : la démocratie, les libertés individuelles, et l’État de droit (rule of law)1. Un retour en arrière s’impose pour mieux appréhender cette problématique de l’OTAN, de l’atlantisme et d’une éventuelle défense européenne, sorte de serpent de mer.

4 Avril 1949, création de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN ou NATO sous son acronyme en langue anglaise)2. 4 avril 2019, soixante-dix après, qu’est devenue cette institution internationale ? Le résultat est mitigé, en demi-teinte. Le moins que l’on puisse dire est que le cœur n’y est plus tant ses évolutions intervenues depuis la fin de la Guerre froide, soit trente ans après, soulèvent de multiples questions importantes que pose Donald Trump3. Si tôt posées, si tôt évacuées tant elles mettent en cause les dogmes intangibles d’une église dont les fondations se fissurent. Un simple sommet des ministres des Affaires étrangères pour célébrer l’évènement4. Rappelons la genèse de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord en 1949 avant de nous souvenir du tournant de la fin de la Guerre froide en 1989 qui voit la renaissance de l’Alliance atlantique pour conclure sur les interrogations légitimes au sujet de la pertinence et de la pérennité de la structure en 2019 (« toujours vitale » pour certains, « en finir avec l’OTAN » ou « lui accorder sa retraite », pour d’autres) !

OUTIL DE SÉCURITÉ, INSTRUMENT D’ASSERVISSEMENT

Comment définir simplement l’Alliance atlantique créée en 1949 pour protéger les démocraties occidentales européennes et le Canada d’une menace de déstabilisation par l’ours soviétique et ses satellites ? Pour être un outil de sécurité, l’OTAN n’en demeure pas moins un instrument d’asservissement.

Outil de sécurité : l’assurance tout-risque de l’oncle Sam

Reportons-nous à la situation de l’Europe en 1945 et aux accords de Yalta ! Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et la défaite de l’Allemagne nazie en mai 1945, la suspicion grandit entre les alliés du temps de la guerre. L’entrisme de Moscou à l’est inquiète à l’ouest. En mars 1946, l’ambassadeur des États-Unis à Moscou, George Kennan incite Washington à contenir (« containment ») l’expansion de la Russie avec vigilance et fermeté. Winston Churchill parle de « rideau de fer descendu à travers le continent de Stettin à Trieste ». Staline l’accuse de « calomnie ». En 1947, « l’année terrible » est marquée par l’entrée dans la « guerre froide » (Walter Lippmann), l’approfondissement des failles idéologiques entre Moscou et Washington. Deux Europe s’affirment sous la tutelle des deux Grands. En 1948, on assiste au « coup de Prague », au blocage des secteurs occidentaux de Berlin. L’antagonisme est-ouest constitue alors l’élément fondamental structurant l’ordre international de l’après-guerre.

A l’ouest, la réaction s’organise. Britanniques et Français concluent un traité d’alliance et d’assistance mutuelle le 4 mars 1947 à Dunkerque. Il s’élargit aux trois pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) qui créent « l’Union occidentale » à Bruxelles le 17 mars 1948. Ce traité comporte un engagement d’assistance automatique en cas d’agression. Mais comment convertir la défense européenne en défense occidentale ? Des négociations se tiennent d’abord entre anglo-saxons, élargies par la suite à plusieurs autres États entre les deux rives de l’Atlantique. Elles débouchent finalement par la signature du traité de l’Atlantique nord le 4 avril 1949 à Washington. Ses parties sont les cinq États du traité de Bruxelles auxquels se joignent le Canada, le Danemark, les États-Unis, l’Islande, l’Italie, la Norvège et le Portugal. Ce sont donc douze États qui forment l’avant-garde de la défense occidentale face à l’URSS5.

À l’est, la riposte s’organise. Le pacte de Varsovie est une ancienne alliance militaire groupant les pays d’Europe de l’Est avec l’URSS dans un vaste ensemble économique, politique et militaire.

Il est conclu le 14 mai 1955 entre la plupart des pays communistes du bloc soviétique par un traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle. Nikita Khrouchtchev, qui en fut l’artisan, l’avait conçu dans le cadre de la guerre froide comme un contrepoids à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) qui avait vu le jour en avril 1949. La principale raison ayant motivé la formation du pacte de Varsovie, selon l’exposé des motifs, fut l’adhésion de la République fédérale d’Allemagne « en voie de remilitarisation » au traité de l’Atlantique nord au moment de la ratification des accords de Paris le 9 mai 1955. Le pacte de Varsovie est dissout en juillet 19916.

Instrument d’asservissement : les idiots utiles européens

Sur le plan de l’étymologie : le terme d’atlantisme est un dérivé d’atlantique, concept contenu dans l’appellation de l’« Organisation du traité de l’Atlantique Nord » (OTAN sous son acronyme français et NATO en anglais). Le mot atlantique est issu du grec atlantikos, Atlantique. Il est un dérivé d’Atlas, du nom d’une chaîne de montagnes situées en Afrique du Nord. L’adjectif “atlantique” qualifie ce qui concerne l’Océan atlantique et les pays riverains.

L’atlantisme désigne une politique extérieure caractérisée par le soutien apporté aux Etats-Unis, notamment dans le cadre de l’OTAN. Conceptualisé au début de la Guerre froide, l’atlantisme prône une étroite coopération entre les Etats-Unis, le Canada et les pays européens dans les domaines politique, militaire, économique et culturel. L’objectif avoué consiste, en principe, à assurer la sécurité des pays membres de l’OTAN (clause de solidarité de l’article 5 qui veut qu’une attaque contre l’un de ses membres est considérée comme une attaque contre tous) et de protéger les valeurs qui les unissent : démocratie, libertés individuelles et Etat de droit.

L’atlantisme désigne aussi l’attitude politique, l’opinion, la doctrine de ceux qui font du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) la base de leur action extérieure et qui, au nom de ces principes, s’alignent de manière plus ou moins systématique, idéologique sur la politique extérieure des Etats-Unis qu’elle soit entièrement justifiée ou totalement infondée, ce qui arrive parfois7.

C’est que l’Amérique, le pays à la destinée manifeste, n’est pas une nation sentimentale. Accorder une assurance tout-risque à ses alliés comporte un prix, un prix fort que ces derniers doivent acquitter sous peine d’excommunication. Sur le plan politique, d’abord, cela signifie un alignement inconditionnel sur toutes les positions diplomatiques américaines, y compris les plus critiquables. On se souvient des foucades du général de Gaulle contre l’impérialisme américain (Cf. le discours de Phnom Penh de 1966 au cours duquel il critique l’intervention américaine au Vietnam) et de sa volonté de ne pas adhérer automatiquement à la politique étrangère de Washington. Sur le plan économique et commercial, ensuite, cela signifie se plier au primat du dollar comme monnaie d’échange et aux règles de droit américain sur le commerce international. Sur le plan militaire, enfin, cela signifie faire sienne, d’endosser la doctrine du Pentagone en matière d’interventions extérieures (Afghanistan, Irak, Syrie…) et surtout acheter exclusivement du matériel américain au nom du sacro-saint principe de l’interopérabilité. L’Amérique, c’est aussi « Buy American First ».

Quarante ans après sa création, l’OTAN est confrontée à un défi qu’elle n’avait pas envisagé, la disparition de l’ennemi (l’URSS et du Pacte de Varsovie) qui en était sa principale justification et de la menace (nucléaire et conventionnelle) qui pesait sur ses membres.

OTAN : FIN ATTENDUE, RENAISSANCE INATTENDUE

Que faire logiquement lorsque l’ennemi (le méchant ours russe) disparait ainsi que l’organisation qui lui servait de bras armé (le Pacte de Varsovie). Telle est la question de nature existentielle qui est posée à l’Amérique et à ses alliés fin 1989 et durant toute l’année 1990 ? Alors que certains prévoyaient sa fin, nous assistons à une sorte de renaissance de l’OTAN.

La fin attendue de l’OTAN : un rêve français

Chargée de protéger les pays occidentaux face à la menace du bloc soviétique, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) n’aurait-elle pas dû naturellement disparaître avec la fin de la Guerre froide, l’effondrement de l’URSS et la dissolution du Pacte de Varsovie (1991) ? Et cela d’autant plus que, dès avant la fin des années 1980, les « ennemis » avaient décidé de se lancer dans une politique de détente entre l’Est et l’Ouest, entre les deux Allemagnes. N’allait-on pas enfin substituer au vieux système d’alliances celui de la sécurité collective, fondement de la Charte de l’ONU ?8 Les prémisses d’un tel système n’existaient-elles pas avec les différents accords conclus durant la Guerre froide : accord d’Helsinki, document sur les mesures de confiance et de sécurité, traité sur les forces classiques en Europe, traité ciel ouvert, accords américano-soviétiques (SALT, START, ABM…) ? Les internationalistes se plaisent alors à le croire.

La fin de la Guerre froide ne signifie-t-elle pas à terme la solution de tous les conflits, y compris les conflits menés par procuration par les deux Grands ? Ne rend-elle pas l’OTAN obsolète, décalée par rapport au monde de paix et de sécurité qui se dessinait après 1989, « année de toutes les ruptures » ? L’ONU ne va-t-elle pas enfin jouer son rôle de pourvoyeuse de stabilité par la mise en place d’une diplomatie préventive des conflits potentiels ? « L’Agenda pour la paix » adoptée en 1992 à New York par l’institution new yorkaise ne préfigure-t-il pas une sorte de paix universelle et perpétuelle chère à Emmanuel Kant ? Tel est le rêve secret que l’on caresse à Paris. François Mitterrand envisage la mise en place d’une « confédération européenne » excluant les États-Unis et le Canada, laissant aux Européens le monopole de leur avenir (1989) ayant pour conséquence la fin de la « Sainte-Alliance » (Cf. sa diatribe lors du sommet de l’OTAN à Rome, 1991). En vain !

La renaissance inattendue de l’OTAN : une réalité incontournable

Malheureusement, l’Histoire est tout autre. Au lieu d’une logique d’effacement, l’OTAN va petit à petit renaître de ses cendres, Washington a quelques idées sur la question après avoir été un temps dépassé. Désormais qualifiée d’ «Alliance unique », elle subit une triple transformation sans modification de son traité constitutif : élargissement à ses anciens adversaires sans pour autant en définir les limites géographiques ; modification de sa doctrine d’emploi pour une meilleure prise en compte des nouvelles menaces et mue en bras séculier de l’ONU, de l’OSCE, voire de l’Union européenne qui ne parvient pas toujours à mettre sur pied une défense européenne autonome en dépit de l’absorption de l’UEO (Union de l’Europe occidentale). La fin de la Guerre froide s’accompagne de la multiplication des guerres concrètes, réelles. L’éclatement de l’ex-Yougoslavie lui fournit une première occasion de désigner un nouvel ennemi9.

La guerre du Kosovo, contre la Serbie de Slobodan Milosevic, est lancée au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elle crée un précédent sur la possibilité d’attaquer sans aval de l’ONU un pays ne constituant pas une menace pour la sécurité des membres de l’OTAN. A cette époque, Moscou fait part de son opposition à cette manière de procéder avertissant que ce précédent sera utilisé par la Russie le moment venu (ce sera parole tenue). Cette première intervention est suivie d’une seconde, hors du continent européen (qualifiée en son temps de hors-zone), par l’attaque de l’Afghanistan conduite au titre de la « guerre contre le terrorisme » après les attentats du 11 septembre 2001. Ainsi, l’Alliance atlantique place les armées de ses pays membres en ordre de bataille10. Devenue le gendarme du monde, l’OTAN prête main-forte à la coalition internationale chargée de renverser le guide libyen au titre de sa contribution aux « printemps arabes ». Elle guerroie également au Proche et au Moyen-Orient avec les succès que l’on sait…

« Le destin aime à inventer des dessins et des difficultés. Sa difficulté tient à sa complexité »11.

Soixante-dix ans après sa création que faire de cet enfant légitime de la (première) Guerre froide alors que le monde a changé, que de nouveaux acteurs ont fait leur apparition sur la scène internationale et que certains évoquent une « Guerre froide, deuxième version »12, à quoi sert l’OTAN ? Œuvre-t-elle pour le renforcement de la paix et de la sécurité internationales et donc pour le bien des peuples ou pour les seuls intérêts bien compris des États-Unis et de son puissant lobby militaro-industriel ?

OTAN : DU CATALYSEUR DE PAIX AU FAUTEUR DE TROUBLE

L’OTAN (faux-nez de Washington) s’intronise gendarme du monde à la maladie duquel elle contribue grandement. Elle pousse à l’effacement de l’Europe, à l’alignement de la France. Tel est le bref bilan que l’on peut dresser d’une organisation alors qu’un nouveau siècle commence.

Du nouveau gendarme du monde au monde malade de son gendarme

« Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d’ennemi ! » prédit Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev en 1989. C’est panique à bord à l’OTAN au début des années 1990. Il faut se trouver un nouvel ennemi13 pour justifier de son existence. C’est d’abord l’ex-Yougoslavie, ensuite le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001 et, par un bégaiement de l’histoire, de nouveau la Russie depuis les crises géorgienne (2008) et ukrainienne (2014). A Washington, on méprise de plus en plus les Nations unies et le multilatéralisme qu’elles représentent. On préfère déporter les problèmes de New York vers Evere, les alliés y étant réduits au rôle de faire-valoir des États-Unis. Tout ce beau monde est mû par une double force : une inertie phénoménale qui pousse au statu quo et un panurgisme qui pousse à la servitude volontaire. « On vous demande la quadrature du cercle : trouver une solution militaire à une crise politique »14. Il y a un déficit de lucidité sur les risques inhérents aux solutions préconisées par Washington et entérinées par ses alliés en dépit des déconvenues régulières. Le discours politique devient synonyme de mensonge.

Le sommet des chefs d’État et de gouvernement de Varsovie (8- 9 juillet 2016) est marqué par des décisions qui ne sont ni rassurantes, ni de nature à créer de la confiance et de la sécurité entre l’Occident et la Russie15 : exercice de 2000 soldats en Pologne pour tester les nouvelles capacités de réaction de l’OTAN dans un pays voisin de la Russie dans le cadre d’une opération militaire d’entraînement comme il n’en avait pas été élaboré depuis 1989 et la fin du système communiste ; déploiement de quatre bataillons d’ici 2017 en Pologne et dans les pays baltes16 ; activation d’un nouveau site de défense antimissile en Roumanie qui devrait être suivi par un autre en Pologne (« initiative de réassurance européenne » lancée en juin 2014 par Barack Obama) ; protocole d’accession d’un 29ème État membre, le Monténégro qui aura le statut d’observateur (réunion des ministres des Affaires étrangères des 19 et 20 mai 2016) : étude des candidatures de la Bosnie, de la Géorgie17 et de la Macédoine ; dissuasion ; adaptation aux nouvelles menaces…

Malgré la reprise annoncée des activités du conseil OTAN/Russie ou COR (13 juillet 2016), ce sommet est frappé au sceau de la « menace russe » et sur la nécessaire « fermeté » de l’Alliance (Barack Obama). Pour se démarquer, François Hollande déclare au quotidien Le Monde que la Russie n’est « ni un adversaire, ni une menace ». Comprenne qui pourra ! Aujourd’hui, certains insistent sur la « nécessité de relancer le conseil OTAN/Russie »18.

De la soumission de l’Union européenne à l’alignement français

Force est de constater qu’à Washington, on ne sait pas reconnaître ses échecs. « Les États-Unis sont en partie responsables de la multiplication de leurs propres ennemis »19. Aujourd’hui, rien ne menace son pouvoir, sinon son propre hubris. Or, les Vingt-Huit (les Vingt-Sept bientôt ?) sont incapables de mettre sur pied une politique de sécurité et de défense, faute de s’entendre sur une vision commune alors même que la défense de l’Europe, c’est l’affaire des Européens. Ces derniers sont « drogués à l’hégémonie américaine, préféreraient une grande Suisse à une Europe puissance »20. Notre réintégration de la structure militaire intégrée n’a en rien changé les choses. Pourquoi dupliquer les missions de l’OTAN à l’Union européenne, nous rétorquent nos partenaires ? La PESD n’est qu’une coquille vide qui satisfait la grande majorité d’entre eux. La défense de l’Europe se pense, se fait à Evere et non au Berlaymont, plus encore après le « Brexit » et en dépit de la déclaration commune OTAN/UE adoptée à Varsovie. De l’UEO qui devait préfigurer une défense européenne robuste, il ne reste qu’un vague souvenir. Les traités de Maastricht et de Lisbonne se bornent à la réaffirmation de principes sans la moindre consistance. En masquant des intentions différentes, ils font au moins autant partie du problème que de sa solution.

L’explosion de sa première bombe nucléaire (1960), la fin de la guerre d’Algérie (1962), le remboursement de ses dernières créances conduisent le général de Gaulle à s’émanciper de la tutelle pesante des États-Unis en quittant la structure militaire intégrée de l’OTAN en 1966. Cette distance vis-à-vis de Washington vaut à la France un capital de sympathie inestimable dans le Tiers-Monde. Ceci va évoluer : « Si tu y pensais un peu plus souvent, tu ne ferais pas tout le temps des propositions idiotes »21. Jacques Chirac amorce un mouvement de rapprochement avec l’Alliance : réintégration du comité militaire, tentative de retour dans certains commandements du flanc sud sans passer la ligne rouge. Nicolas Sarkozy s’enorgueillit de retrouver la « famille occidentale » en rejoignant en 2009 la structure militaire intégrée quittée en 1966 pour démontrer son indépendance face à Washington22. Indépendance par rapport à « l’hybris, la folie des grandeurs, une ignorance condescendante du monde extérieur : ‘The West and the Rest’, dit-on outre-Atlantique »23. Le rapport Védrine ne remet pas en cause ce retour qui s’accompagne de l’émergence d’un courant néo-conservateur au Quai d’Orsay diffusant au sein des plus hauts cercles de l’État24. Manifestement, le plus jeune président de la Cinquième République, Emmanuel Macron s’agite beaucoup (il brandit les mots de défense européenne, d’armée européenne…) mais ne parvient pas pour l’instant à emporter les suffrages de ses partenaires européens, qui ne pensent que NATO pour leur sécurité. Son opération de charme auprès de Donald Trump tourne court25. L’Allemagne ne succombe pas aux sirènes jupitériennes.

Quel constat peut-on dresser en 2019 sur l’OTAN, sur son fonctionnement, sa pertinence ? Si l’OTAN n’est pas aussi solide que ses thuriféraires le prétendent, c’est bien parce qu’elle est bâtie sur de nombreux malentendus, sous-entendus que le temps et Donald Trump mettent à nus.

DE LA NÉCESSAIRE INTERROGATION À L’INCONTOURNABLE RÉFLEXION

« Historiquement, on n’a jamais vu une alliance survivre longtemps à la disparition des causes qui l’ont créée »26. Au stade où nous sommes parvenus, le temps n’est plus à la diplomatie déclaratoire aussi inutile qu’inefficace. Tel un médecin, le diplomate se doit d’abord de porter le diagnostic pertinent sur le malade NATO (le temps du constat objectif) avant de lancer le temps du remède approprié (le temps de la réflexion sans tabou)27.

Un constat objectif : une double interrogation

Un sérieux doute sur son efficacité. Tous les théâtres d’opération extérieurs de l’OTAN présentent la même caractéristique : une bataille gagnée, une guerre perdue. Aucun n’échappe à la règle : Afghanistan (presque vingt ans après les avoir chassé d’Afghanistan dans la foulée des attentats du 11 septembre 2011, Donald Trump négocie dans le dos des alliés le retour des Talibans) ; Irak (le pays n’a toujours pas retrouvé la paix après la ballade de la coalition en 2003 effectuée sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU et cela en dépit de la victoire annoncée sur l’EIIL le 22 mars 2019 par Donald Trump) ; Libye (presqu’une décennie après l’intervention prétendument humanitaire de l’Alliance atlantique, le pays et la zone sahelo-sahérienne ne sont toujours pas remis de ce tsunami atlantiste et de la folie de Nicolas Sarkozy particulièrement bien inspiré par le philosophe-diplomate BHL) ; Syrie ( en voulant chasser Bachar Al-Assad, la coalition l’a conforté comme elle a contribué à un renforcement de la présence russe et iranienne dans le pays et chez ses voisins ici aussi en dépit de la défaite de Daesh sur le terrain28)… Veut-on/peut-on tirer les leçons qui s’imposent de cette chronique de défaites annoncées ? Veut-on se souvenir que toutes les alliances sont mortelles ? Nous n’en avons pas l’impression.

Un sérieux doute sur sa pérennité. Depuis, l’arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump29, les alliés de Washington semblent avoir découvert, qu’un jour ou l’autre, les États-Unis pourraient, au mieux, revoir la nature de leur engagement à leur égard (en particulier l’automaticité de la mise en œuvre de la clause de solidarité prévue à l’article 5 du traité de Washington), au pire décréter que soixante-dix ans, ça suffit et qu’ils ont mieux à faire qu’à assurer la sécurité en Europe surtout lorsque cette dernière ne prend pas suffisamment sa part du fardeau financier. En un mot, l’assurance tout-risque a un coût. Au cours des dernières semaines, la ministre des Armées, Florence Parly a mis les pieds dans le plat lors d’une visite au Grand Frère. Elle déclare le 18 mars 2019 lors d’une visite à Washington que l’Europe s’inquiétait de la pérennité de l’engagement des Etats-Unis dans l’OTAN et a implicitement critiqué l’attitude de Donald Trump vis-à-vis de l’Alliance atlantique. « Ce qui préoccupe les Européens est de savoir si l’engagement des Etats-Unis est pérenne », souligne Florence Parly, avant de rencontrer le même jour son homologue américain, le secrétaire d’Etat à la Défense Patrick Shanahan. Nous avions soulevé la question incongrue à l’été 201830. D’autres, plus experts, se la posent sans ambages aujourd’hui alors que règne dans notre pays un silence assourdissant sur le sujet. Il y a urgence à ouvrir ce débat interdit à l’occasion des élections européennes du 26 mai prochain.31.

Le dispositif militaire en Irak et en Syrie est évoqué lors de cet entretien. Donald Trump réclame régulièrement, depuis son accession au pouvoir en janvier 2017, davantage d’efforts financiers de la part des autres pays membres de l’Alliance et promeut sans relâche les armes et équipements militaires américains. Il exige que les pays membres consacrent 2% de leur produit intérieur brut à leurs dépenses militaires, faute de quoi il menace de retirer les Etats-Unis de l’OTAN. « L’alliance ne devrait pas être soumise à des conditions, sinon ce n’est pas une alliance », a estimé lundi Florence Parly. « La clause de solidarité de l’OTAN est baptisée Article 5 et non article F-35 », a-t-elle ironisé, par allusion à l’avion de combat américain fabriqué par Lockheed-Martin. Les Etats-Unis ne devraient pas considérer comme un geste hostile, ni comme un prétexte pour se désengager, la volonté des Européens d’être plus autonomes sur le plan militaire, estime Florence Parly. En novembre dernier, Donald Trump avait jugé « très insultant » que son homologue français Emmanuel Macron ait proposé la création d’une armée européenne pour que l’Union puisse se protéger de potentiels adversaires32. Au pays de la statue de la Liberté, on n’apprécie pas trop que le dogme de la prééminence américaine sur le plan militaire soit remis en cause par les officiants européens. Le message est particulièrement clair et particulièrement bien ciselé en théorie. Mais, une fois encore, la question est de savoir si tout ceci n’est que bonne parole ou si cela peut déboucher sur une réflexion, et qui sait le moment venu, sur des décisions fortes ?

Une réflexion incontournable : une double réflexion

Alors que le 45ème président américain contraint les Européens à s’interroger sur l’essence même de leur projet, ces derniers vont-ils, une bonne fois pour toutes, s’interroger sur l’avenir de la relation transatlantique ainsi que, question connexe, sur l’avenir de la défense européenne ? Quelques mots s’imposent sur la farce de Washington.

L’avenir de la relation transatlantique. Une fois de plus, les Européens devraient accepter de débattre de questions qui les embarrassent, et cela, le plus rapidement possible pour éviter de se trouver, un jour prochain, devant la politique du fait accompli, grand classique de Washington à l’égard de ses alliés, de ses vassaux. Dans quels buts, l’OTAN créée pour faire face à la menace des États communistes, URSS en tête, n’a pas été dissoute à la disparition de leur pacte de Varsovie ? Quels sont les intérêts de toutes natures qui poussent les États-Unis à remettre sur la table la question du partage de la charge financière de l’Alliance ? Rappelons que dans le cadre de la présentation du rapport annuel sur les dépenses de Défense des membres de l’Alliance, « l’Allemagne a été appelée par le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg à respecter son engagement d’augmenter ses dépenses de Défense », rapporte l’AFP. Alors que ces dépenses à 1,23 % du PIB sont « demeurées inchangées en 2018 », certains qualifient Berlin de « mauvais élève de l’OTAN ». Jens Stoltenberg affirme que « les risques que fait courir Huawei à la sécurité des futurs réseaux de communications mobiles de cinquième génération doivent être pris au sérieux ». En effet, « les Alliés, américains et européens s’inquiètent des négociations avec le groupe chinois pour le déploiement de la 5G, notamment en Allemagne ». On constate que, derrière des intérêts sécuritaires, se dissimulent souvent des intérêts encore plus importants, de nature commerciale, à savoir la compétition entre Pékin et Washington. Pourquoi, les Européens sont-ils dans l’incapacité structurelle d’organiser leur défense de manière indépendante alors que « l’Alliance atlantique court aujourd’hui un risque mortel » ?33 Les Européens veulent-ils ou se poser les questions existentielles sur l’avenir de la relation transatlantique ?34 En dernière analyse, revient de manière récurrente une question lancinante : ce qui est bon pour l’OTAN est-il bon pour l’Europe ?35

L’avenir de la défense européenne36. Manifestement, les Européens restent encore, pour une durée indéterminée, sous tutelle de l’Oncle Sam et cela d’autant plus qu’ils sont divisés sur la meilleure façon de garantir la sécurité du continent. Les ministres de la Défense se réunissent régulièrement et collectivement à Evere pour pratiquer la liturgie otanienne et vont individuellement faire leurs dévotions au Pentagone (comme vient de le faire la ministre des Armées, Florence Parly). Cela ne changera pas encore de sitôt malgré les grandes annonces successives de l’Union européenne empêtrée dans les méandres d’un « Brexit » fluctuant37 : coopération structurée permanente (CSP), Fonds européen de défense, Initiative européenne d’intervention… Au mieux, le « soft », c’est pour l’Europe, le « hard », c’est pour les Américains. Car, au-delà de la conception théorique de la défense, un problème plus technique mais plus politique se pose à travers le concept d’interopérabilité. Pour être plus efficaces, parlons la même langue (l’anglais), achetons les mêmes matériels et les mêmes munitions (américaines), adoptons les mêmes manières de conduire la guerre (à l’américaine38) avec les succès que l’on sait… Le Pentagone n’a aucune raison de voir les choses évoluer dans le sens d’une plus grande intégration militaire européenne au risque de perdre tous ses avantages industriels et ils sont nombreux. La volonté européenne – si tant est qu’elle existe – se heurte à la réalité d’une Alliance dominatrice qui étend sa toile jusqu’aux confins russes. Au mieux, les États-Unis consentiraient à la mise en place d’une annexe européenne de l’OTAN (le fameux pilier européen qui n’a jamais existé) baptisée « défense européenne » pour tromper le gogo et augmenter la note payée par l’Union européenne (revendication chère à Donald Trump)39. On comprend mieux pourquoi l’idée d’une « armée européenne » chère à Emmanuel Macron relève à ce stade de la chimère ou de l’utopie pure. L’idéal serait de dissoudre l’OTAN pour sauver l’Europe40. Et surtout de savoir ce que nous attendons véritablement d’une Europe de la défense41.

La farce de Washington. Le sommet de l’OTAN de Washington au niveau des ministres des Affaires étrangères (3-4 avril 2019) est un pur exercice de diplomatie déclaratoire sans lendemain. Le discours du secrétaire général de l’Alliance atlantique, le norvégien Jens Stoltenberg devant le Congrès frise le ridicule. Il met en garde contre la menace que fait peser sur l’Alliance une « Russie plus affirmée » sur la scène internationale ». Toujours la même rhétorique consistant à désigner un ennemi pour resserrer les rangs de la mauvaise troupe. Et d’ajouter : « L’OTAN n’a aucune intention de déployer des missiles nucléaires terrestres en Europe. Mais elle prendra toujours les mesures nécessaires pour fournir une dissuasion crédible et efficace ». Un exercice d’autosatisfaction ne peut pas faire de mal. Et notre servile courtisan de se présenter l’OTAN comme « l’alliance la plus efficace de l’Histoire ». Rien de moins… « L’OTAN a été bénéfique pour l’Europe, mais aussi pour les Etats-Unis », a-t-il insisté. Le dirigeant norvégien s’était entretenu le 2 avril 2019 avec le président américain, qui lui a dit que ses coups de pression sur les Alliés, à commencer par l’Allemagne, les avaient conduits à augmenter leur contribution financière. « Depuis mon arrivée à la présidence, cela a décollé en flèche », lui a-t-il notamment déclaré. « Nous avons récupéré 140 milliards de dollars en investissement supplémentaire, et il semble que nous aurons au moins 100 milliards de dollars de dépenses en plus par les pays (…) d’ici 2020 ». Réclamé de longue date par Washington, ce rééquilibrage de l’effort de défense entre alliés de l’OTAN a pris une nouvelle dimension depuis son arrivée à la Maison blanche. Pour sa part, Mike Pence, le vice-président américain, a une nouvelle fois ciblé l’Allemagne, critiquant la décision de Berlin de soutenir la construction du gazoduc Nord Stream 2. « Nous ne pouvons garantir la défense de l’Ouest si nos alliés se rendent dépendants de la Russie », a-t-il déclaré42. Russie accusée de s’ingérer dans les processus électoraux en Occident43. C’est pourquoi l’OTAN est contrainte, à son corps défendant, de durcir sa posture vis-à-vis de la Russie44. La Russie, toujours l’ennemi russe. Encore, une carabistouille atlantiste. Quant au secrétaire d’État, Mike Pompeo, il appelle ses alliés de l’OTAN à s’adapter aux nouvelles formes de menaces à travers le monde, pour faire face notamment aux ambitions de la Russie, à la concurrence stratégique de la Chine, à la menace iranienne et aux migrations incontrôlées. Certains en appellent l’Allemagne à plus contribuer au budget de l’Alliance et à trop faire preuve d’attentisme sur les sujets stratégiques45. D’autres stigmatisent l’attitude de la Turquie qui s’apprête à acquérir des missiles de fabrication russe46. En un mot, tout va très bien madame la marquise du côté d’Evere « for ever ».

Même si ce n’est pas la fin du monde, nous approchons de la fin d’un monde. À l’instar d’autres institutions internationales qu’elles soient universelles ou régionales, l’OTAN ou organisation sur l’insécurité et la coercition, sorte de nouveau gendarme du monde libre, commence à vaciller sur ses fondements sous les coups de boutoir répétés du 45ème président des États-Unis. On s’y querelle sur des chiffres en lieu et place de s’interroger sur sa pertinence réelle en ce début de XXIe siècle. La machine otanienne tourne à vide. Plus elle s’élargit en nombre, plus elle se dégonfle en substance ! Mais, les atlantistes et autres néo-conservateurs continuent de la vénérer tel le Saint Chrême. Quoi de mieux que de la célébrer à échéances régulières pour faire oublier aux croyants dubitatifs la remise en cause des évangiles américaines repris par les idiots utiles européens ! L’absence de grand-messe au niveau des chefs d’État et de gouvernement pour les cérémonies du 70ème anniversaire de sa création (Washington, 3-4 avril 2019) traduit à l’évidence un malaise certain sur le devenir de cette organisation, héritage de la Guerre froide.

Manifestement, les Européens sont indécrottables lorsqu’il s’agit de l’OTAN47. Ils pratiquent à la perfection la politique de l’autruche. La perle revient à Florence Parly, précitée qui déclare, sans trembler et avec la plus grande piété, lors de son dernier voyage de dévotion à Washington : « Une Europe forte n’est pas synonyme d’un lien transatlantique distendu ». Bravo, Miss OTAN ! Toute brillante énarque que vous êtes, vous n’avez toujours pas compris la différence entre être allié et être aligné. Vous seriez bien inspirée de relire quelques excellents discours du général de Gaulle et l’éternel Discours de la servitude volontaire d’Etienne de La Boétie en lieu et place des notes que vous préparent vos brillants conseillers néo-cons. Quant à notre stratège de « Breton madré » du Quai des Brumes présent à cette grand-messe atlantiste, on peine à comprendre sa pensée tant elle brille par le flou, par le brouillard marin48.

« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours ! ».

En plagiant le célèbre et magnifique poème d’Alphonse de Lamartine intitulé Le Lac, il serait tout à fait bienvenu que les Européens se décident, dans leur intérêt bien compris, à déclamer à haute et intelligible voix, coram populo, senatu et patribus (devant le peuple, le sénat et les patriciens), OTAN, suspends ton vol !49

Guillaume Berlat
15 avril 2019

1 https://fr.wikiquote.org/wiki/Atlantisme
2 Éric Dior, 4 avril 1949. OTAN. Quand Trump trahit Truman…, Marianne, 15-21 mars 2019, pp. 56-59.
3 Philippe Gélie, L’OTAN fête ses 70 ans, dopée par l’hostilité de Trump, Le Figaro, 4 avril 2019, p. 7.
4 Gilles Paris/Jean-Pierre Stroobants, Une OTAN en plein désarroi fête ses 70 ans, à Washington, Le Monde, 4 avril 2019, p. 5.
5 Guillaume Berlat, Varsovie : comme un parfum de guerre froide, www.prochetmoyen-orient.ch , 11 juillet 2016.
6 https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_Varsovie
7 Guillaume Berlat, L’atlantisme, une passion française, www.prochetmoyen-orient.ch , 11 décembre 2017.
8 Gabriel Robin, Le papier des Quatre Ambassadeurs, dans, Diplomates. Dans le secret de la négociation, Paul Dahan (sous la direction de), CNRS éditions, Biblis, 2016, pp. 139-154.
9 François Darras, Anniversaire oublié. Quand l’OTAN ciblait Belgrade, Marianne, 29 mars-4 avril 2019, p. 21.
10 Cédric Housez, La « guerre au terrorisme », nouvelle mission de l’OTAN, Voltairenet.org, 1er septembre 2006.
11 Rainer Maria Rilke, Les cahiers de Malte Laurids Bridge, éditions Emile-Paul Frères, 1942.
12 Alain Frachon, Guerre froide, deuxième version ?, Le Monde, 22 amrs 2018, p. 27.
13 Pierre Conesa, La fabrication de l’ennemi ou comment tuer sa conscience pour soi, Robert Laffont, 2011.
14 Hillary Rodham Clinton, Le temps des décisions 2008-2013, Fayard, 2014, p. 178.
15 Nathalie Guibert/Jean-Pierre Stroobants, OTAN : un sommet dans l’œil de Moscou, Le Monde, 8 juillet 2016, p. 2.
16 Jean-Pierre Stroobants, L’OTAN renforce sa présence dans l’est de l’Europe, Le Monde, 17 juin 2016, p. 3.
17 Benoît Vitkine, La Géorgie, en équilibre entre Moscou et l’OTAN, Le Monde, 25 mai 2016, p. 5.
18 OTAN-Russie : soixante-dix ans de face-à-face, Le Monde, Géopolitique, 7-8 avril 2019, p .18.
19 Jeremy Scahill, Dirty wars. Le nouvel art de la guerre, Les éditeurs, 2014, p. 621.
20 Hubert Védrine, L’Occident ne doit pas craindre de se réengager, Le Point, 24 juillet 2014, pp. 32-36.
21 Romain Gary, Le vin des morts, Gallimard, 2014, p. 186.
22 Amal Mogaïzel (réalisation de), Quai d’Orsay, reportage diffusé sur la chaîne parlementaire (LCP), 8 mai 2016.
23 Régis Debray, De la cohésion à l’arrogance, les forces et les faiblesses du monde de l’Ouest, Le Monde, 18 juillet 2014, pp. 18-19.
24 René Backmann, Hollande et ses guerres (3/3). Comment les néoconservateurs influencent le pouvoir, www.mediapart.fr , 5 juin 2016.
25 Léon Camus, Macron vs Trump, www.geopolintel.fr , 27 novembre 2018.
26 Thierry de Montbrial (propos recueillis par Isabelle Lassere), « La principale rupture du système fut 1989 et non 2001 », 18 mars 2019, p. 22
27 Nathalie Guibert/Jean-Pierre Stroobants, OTAN. L’entrée dans le quatrième âge, Le Monde, 7-8 avril 2019, pp. 16-17.
28 Roland Hureaux, La France et l’OTAN en Syrie : le grand fourvoiement, Bernard Giovanangeli éditeur, orbis géopolitique, 2019.
29 Renaud Girard, Trump 2019 : forces et faiblesses, Le Figaro, 12 mars 2019, p. 17.
30 Guillaume Berlat, (O) tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise, www.prochetmoyen-orient.ch , 16 juillet 2018.
31 Hervé Hannoun/Peter Dittus, L’enjeu de l’élection européenne du 26 mai 2019 : stopper la marche de l’OTAN vers la guerre en Europe. STOP OTAN , février 2019.
32 Agence Reuters, OTAN : Parly s’inquiète de la pérennité de l’engagement américain, www.medipart.fr , 18 mars 2019.
33 Thierry de Montbrial, précité.
34 Alain Barluet/Isabelle Lasserre, À quoi sert encore l’OTAN ?, LE Figaro, 18 mars 2019, p. 19.
35 Jack Dion, Florence Parly. Welcome Miss OTAN, Marianne, 22-28 mars 2019, p. 20.
36 Guillaume Berlat, Défendre l’Europe ou défendre l’OTAN ?, www.prochetoyen-orient.ch , 11 décembre 2017.
37 Philippe Bernard, Le Brexit provoque une crise de régime au Royaume-Uni, Le Monde, 23 mars 2019, p. 29.
38 Jack Dion, Les victimes oubliées des bombardements en Irak et en Syrie, Marianne, 24-30 novembre 2017, p. 9.
39 Jack Dion, Le salut de l’OTAN, Marianne, 17-23 novembre 2017, p. 9.
40 Hervé Hannoun, Dissoudre l’OTAN pour sauver l’Europe, Le Blog de Hannoun Hervé, www.mediapart.fr , 4 avril 2019.
41 Vincent Desportes, Pour une Europe de la défense, Marianne, 5-11 avril 2019, pp. 16-17.
42 Agence Reuters, Stoltenberg défend l’OTAN, met en garde contre la montée de la Russie, www.mediapart.fr , 3 avril 2019.
43 Isabelle Mandraud, Poutine, parrain de l’extrême-droite européenne, Le Monde, 4 avril 2019, pp. 24-25.
44 Philippe Gélie, L’OTAN durcit sa posture face à la Russie, Le Figaro, 4 avril 2019, p. 8.
45 Julianne Smith, « L’Allemagne préfère réagir à ce qui se passe dans le monde, plutôt que d’agir de sa propre initiative », Le Monde, 7-8 avril 2019, Géopolitique, p. 19.
46 Dorothée Schmid (propos recueillis par Isabelle Lasserre), « La Turquie est devenue le membre voyou de l’OTAN », le Figaro, 6-7 avril 2019, p. 10.
47 Sylvie Kauffmann, Penser l’après OTAN, Le Monde, 4 avril 2019, p. 34.
48 Olivier Faye, Le stratège Jean-Yves Le Drian pousse ses pions, Le Monde, 5 avril 2019, p. 7.
49 Daniel Durand, https://culturedepaix.blogspot.com/2019/04/europe-iii-lotan-70-ans-faut-il.html

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Commentaire recommandé

Duracuir // 04.06.2019 à 07h44

Sauf que, sauf qu’après le fin de l’URSS, l’ouverture des archives a prouvé qu’il n’y avait JAMAIS eu de plan d’invasion de l’ouest. Et en 47, ce ne sont pas les Russes mais les anglais qui rompent Yalta en aidant à massacrer par centaines de milliers les communistes Grecs et en envahissant ce pays. L’Urss ne faisait pas d’entrisme à l’est, elle appliquait scrupuleusement les accords d’occupation. D’ailleurs la plupart de ces pays avaient participé à la dévastation de la Russie et au martyr de son peuple. Perso, eu égard à comment se sont comportés ces gens chez eux, je trouve que les soviets furent fort magnanime. M Berlat, malgré toute sa bonne volonté, garde les œillères de la tradition atlantiste typique de la bourgeoisie française.

34 réactions et commentaires

  • Duracuir // 04.06.2019 à 07h44

    Sauf que, sauf qu’après le fin de l’URSS, l’ouverture des archives a prouvé qu’il n’y avait JAMAIS eu de plan d’invasion de l’ouest. Et en 47, ce ne sont pas les Russes mais les anglais qui rompent Yalta en aidant à massacrer par centaines de milliers les communistes Grecs et en envahissant ce pays. L’Urss ne faisait pas d’entrisme à l’est, elle appliquait scrupuleusement les accords d’occupation. D’ailleurs la plupart de ces pays avaient participé à la dévastation de la Russie et au martyr de son peuple. Perso, eu égard à comment se sont comportés ces gens chez eux, je trouve que les soviets furent fort magnanime. M Berlat, malgré toute sa bonne volonté, garde les œillères de la tradition atlantiste typique de la bourgeoisie française.

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    • septique // 04.06.2019 à 13h23

      D’ailleurs la plupart de ces pays avaient participé à la dévastation de la Russie et au martyr de son peuple..

      Quels pays ont aidé les allemands en Russie ? Les Italiens, 300.000 hommes, rien n’en reste après Stalingrad, les Finlandais (l’URSS avait tenté d’envahir ce pays en 1939…Ivan n’a jamais assez de territoires), il y a eu des troupes roumaines, slovaques, françaises (la division Charlemagne), une légion SS musulmane levée en Turquie et dans les zones musulmanes de l’Europe Centrale (par le grand mufti de Jerusalem qui a rencontré le moustachu autrichien). Des pays ont supporté l’Allemagne sans implication réelle (Espagne, Danemark). Les Ukrainiens eux se sont spécialisés dans la chasse aux populations déviantes, ou comme gardiens de camps (accompagnés par les habitants des pays baltes).

      On peut ajouter la Suisse qui jusqu’au dernier jour a vendu des munitions et des armes (payé en or) et la Suède dont la neutralité ne l’a pas empêché de vendre du fer..

      Les soviets magnanimes…comme toutes les troupes d’occupation…partout dans le monde…on ne va parler des viols de masse, des vols d’oeuvres d’art jamais restituées, etc..

        +3

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      • Scytales // 04.06.2019 à 15h35

        Il faut ajouter la Bulgarie (assistance logistique et droit de passage des armées allemandes sur son territoire) et la Hongrie (participation de troupes hongroises à la guerre en URSS), alliés de l’Allemagne.

        Par ailleurs, compte tenu de la barbarie absolument sans limite avec laquelle les Allemands ont traité les peuples de l’Est entre 1939 et 1945 (Polonais, puis Grecques, Yougoslaves et les nations de l’Union soviétique), on peut, à tout le moins, parler de retenue du vainqueur soviétique. En tout cas au niveau politique.

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      • Duracuir // 04.06.2019 à 20h13

        On mélange tout là. Je vous parle de la zone occupée par l’URSS.
        Arrêtez la propagande et apprenez l’Histoire. Essayez Wikipedia au moins. D’abord, il me semble que ni l’Italie, ni la France , ni la Turquie ni même la Croatie et encore moins la France n’ont été occupé par l’URSS en 45? Si? On m’aurait menti?
        Par contre, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Slovaquie appartenaient à l’Axe. L’Ukraine appartenait à l’URSS et si 250 000 banderistes galliciens ont effectivement odieusement collaboré, la grande majorité de l’Ukraine a été martyrisée. Souvent par les premiers. 1.3 millions de juifs ukrainiens ont été exterminés par ceux-ci.
        Les viols de masses… Les sovietiques ont eu 12 millions de civils assassinés. Douze millions, et les viols de masse ont été infiniment plus nombreux là bas. Imaginez vous jeune soldat soviétique decouvrant, km après km les monstruosités commises par la soldatesque allemande, hongroise, roumaine, bulgare(les Italiens se sont plutôt bien comportés eux) . Et oui, j’affirme qu’ils ont été magnanime après ce qu’ils avaient subi.

          +14

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      • RGT // 04.06.2019 à 20h59

        N’oublions jamais que ce sont bel et bien les occidentaux qui depuis des siècles et des siècles tentent d’asservir la Russie.
        Les premiers furent les chevaliers teutoniques (XIIIè siècle), puis les polonais et les lituaniens prirent le relais à partir du XIVè siècle.
        Virent ensuite les suédois, les français (Napoléon) et enfin les nazis.
        Tout ce petit monde s’est pris à chaque fois une bonne raclée (les polonais étant les plus obstinés – à croire qu’ils aimaient ça) mais ces attaques étaient très violentes contre la population qui a payé le prix fort.

        Et il en allait de même à l’est avec les tribus asiatiques qui faisait des razzias bien sanglantes et qui ont été “pacifiées” (mais PAS massacrées) en retour.

        Ensuite certains “humanistes” s’étonnent que les russes soient obnubilés par la sanctuarisation de leur territoire. Ne feriez-vous pas la même chose si vous étiez à leur place ?

        Tout ce que voulaient les russes depuis le début, c’est simplement qu’on leur foute la paix et qu’on les laisse vivre comme ils le souhaitaient.
        Les pays d’Europe de l’Est “convertis” au communisme à la fin de la 2nde guerre mondiale n’étaient qu’une zone tampon destinée à absorber une invasion des occidentaux que les russes (pas les soviets) sentaient venir si jamais ils baissaient leur garde.

        Quant à la Finlande, ils auraient été bien inspirés de signer un accord de coopération avec Staline, ça leur aurait évité de se faire envahir par les nazis.
        De plus ce sont les russes qui les avaient libérés des suédois au XIXè siècle et les Soviets qui leur ont donné leur indépendance totale. Ingrats.

          +13

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        • basile // 05.06.2019 à 04h29

          bien dit.
          Puisqu’il est question entre autres de la Pologne, je me demande toujours, et même fréquemment à chaque dépêche AFP, pour quelle raison les Polonais aiment plus les Allemands que les Russes.

          Et pour quelle raison tout le monde est ami avec l’Allemagne, a pu oublier, se réconcilier, avec ce pays qui a commis les pires crimes, et ne cherche pas à tendre la main aux Russes? Visiblement il y a des intérêts là dessous

            +4

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  • Kokoba // 04.06.2019 à 08h21

    “Historiquement, on n’a jamais vu une alliance survivre longtemps à la disparition des causes qui l’ont créée”
    Exact.
    Cela prouve tout simplement que l’OTAN n’est pas une alliance mais un signe de la mise sous tutelle de l’Europe par les USA.

      +44

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    • septique // 04.06.2019 à 12h55

      Comme le Pacte de Varsovie ? Un exemple au hasard…

        +2

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      • Fabrice // 04.06.2019 à 13h06

        Sauf que le pacte de Varsovie a disparu, l’otan persiste

          +27

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      • septique est là // 06.06.2019 à 21h48

        [modéré]
        Le pacte de Varsovie a été créée bien après l’OTAN, en fait c’est un système de défense contre l’OTAN. Remarquons que l’employeur de “septique” a ses bases en Europe alors que le pacte de Varsovie n’en a jamais eu en amérique…

          +1

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  • Toff de Aix // 04.06.2019 à 08h33

    Le problème qui n’est pas soulevé dans cet article, c’est que si on sort de l’Otan, par quoi est on sensé la remplacer ? L’auteur a sa petite idée : une Otan à l’européenne… Est-ce vraiment souhaitable, voire raisonnable, face à des puissances telles que la Chine et la Russie ? Ne vaudrait il pas mieux là aussi, que la France retrouve sa souveraineté, en jouant le rôle qu’un De Gaulle avisé lui avait attribué, à savoir celui d’arbitre, de diplomate, de neutralité pacifique ?

    Il est complètement irresponsable de remplacer la peste par le choléra, et pour éviter cela il faudrait avant toute chose repenser nos relations geostratégiques. Pas facile, surtout pas après des décennies de canicheries consenties avec joie et ferveur à l’oncle Sam.

    Cela implique donc de changer d’idéologie, c’est à dire de virer ces “élites” aux manettes de l’UE. Ça n’est bien sûr pas près d’arriver, vu que 99% d’entre eux sont atlantistes (et Young Leaders) de la plante des pieds jusqu’a la racine des cheveux.. Le “proooojet” politique qui permettra d’y arriver n’est pas encore né (et qu’on ne vienne pas me parler d’asselineau le pote a pasqua, sinon je vais me fâcher !)

      +19

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    • basile // 04.06.2019 à 14h19

      l’Otan vivra tant que la populace, française en ce qui nous concerne, aura la même vision négative de la Russie. Prenez les électeurs de Macron : vous en connaissez qui ne sont pas russophobes ?

      Prenez les Baltes. J’entendais un élu lituanien dire « quand on voit ce que la Russie fait en Ukraine et en Syrie » ?!?! L’Ukraine, à la rigueur, mais en quoi la Lituanie s’intéresse à la Syrie ? C’est bien pour dire ce qui plait aux maîtres. La propagande à propos de l’action de la Russie en Syrie est la même partout en UE, et pas qu’à France Info

        +18

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      • RGT // 04.06.2019 à 21h10

        Quand on regarde ce qu’ont fait les lituaniens aux russes dans le passé, et ce qu’ils font encore subir aux minorités russes qui vivent en Lituanie de nos jours il est préférable de ne pas porter trop d’importance à leurs propos.
        Et quand on constate qu’ils commémorent en grande pompe la mémoire des bataillons SS lituaniens depuis la chute de l’URSS on se demande bien pourquoi les russes ne les ont pas exterminés jusqu’au dernier…

        Finalement ces “russes bolchéviks le couteau entre les dents” sont loin d’être aussi cruels que l’on veut bien nous le faire croire.

          +11

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    • septique // 04.06.2019 à 14h32

      Tout seul..on peut rappeler un fait. Si vous voulez posséder une armée moderne (à moins que le désarmement ou la situation du Costa Rica soit votre projet) il faut en même temps, vendre de l’armement aux autres et coopérer pour fabriquer de l’armement afin de réduire les coûts…(comme l’avion de chasse Eurofighter Typhoon par exemple..).

      Ceci nécessite des alliances et aussi du support, de l’après-vente, etc…avec des partenaires probablement en Europe…bien sûr vous ne voulez pas de l’Allemagne, les Britanniques (trop atlantistes à vos yeux..), comme les Belges (achat de F35) les Hollandais (des F35 et des F16) , les Polonais (achat de matériels américains, hélicoptères Apache) tout se complique…

      La géopolitique derrière son clavier c’est lumineux…

      Laissez-donc De Gaulle ou il est, le monde ou il a vécu n’a rien à voir avec celui de maintenant..Face aux ensembles qui se profilent être seul c’est se condamner à l’impuissance géopolitique…vous vous bercez d’illusions sur l’importance de la France dans le monde…surtout seule. Être la cinquième puissance exportatrice mondiale nécessite des alliances politiques, militaires, économiques, vous n’aimez pas l’EU vous aurez un substitut même si vous fermez Bruxelles..la BCE et l’Euro.

      Les peuples européens on partagés l’histoire, l’espace, la culture c’est leur destin, pas ailleurs.

        +1

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      • Haricophile // 04.06.2019 à 16h38

        Pour avoir la paix il faut avoir toujours plus d’armes…. euh…. ben… euh… en fait non ! C’est tout le contraire !

        C’est vrai aussi dans le civil, a deux exceptions près, dont la Suisse, le nombre de morts par armes a feux est directement proportionnel au nombre d’armes a feu en circulation.

        Pour l’international c’est un peu plus compliqué, parce qu’il n’y a qu’une planète. Mais l’armement ne garantit en rien la paix sur son territoire, sauf peut-être quand on a une bombe nucléaire et de quoi la lancer assez loin sans se la faire intercepter. Et pour rappel, les USA qui mettent le feu dans un nombre effarants de pays (avec la complicité de l’UE qui est aussi une belle fouteuse de merde) a un budget armement tout aussi effarant. Et ils sont les plus gros marchants d’armes.

        Désarmez les USA, et le monde sera à nouveau beaucoup plus pacifique… et les USA ne seront certainement pas envahis par les Russes, ni même par les Chinois. Par leur marchandises peut-être, mais ça ils ont tout fait pour en “mondialisant” l’économie et par voie de conséquence en expatriant la fabrication et les compétences.

        De toute manière la vraie cause de la plupart de ces guerres, ce sont les 0.01% de la population qui détiennent la pétrochimie, les industrie d’armement, et accessoirement d’autres multinationales minières, agro-alimentaires… (faut-il rappeler la toxicité historique des multinationales dans tous les pays d’Amérique centrale et du sud ?)

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        • RGT // 04.06.2019 à 21h32

          “le nombre de morts par armes a feux est directement proportionnel au nombre d’armes a feu en circulation”

          Concernant les USA, c’est exactement le contraire qui se produit.

          J’avoue que ça semble irréaliste (et contraire à la “bien-pensance des bobos” mais les états dans lesquels les morts par armes à feu sont les plus élevés sont bel et bien ceux qui ont les législations les plus contraignantes vis à vis des armes à feu.

          Le “top du top” est bien la Californie, étant qui frise la prohibition totale et qui connaît le taux d’homicide largement en tête du classement.
          Par contre, d’autres états bien plus “tolérants” ont des taux qui sont inférieurs à ceux des pays d’Europe de l’ouest.

          La raison ?
          Elle est simple : Dans ces états, les citoyens se baladent armés toute la journée et savent parfaitement se servir de leurs armes. Ils ne “défouraillent” pas à tout va mais si un habitant est agressé il saura se défendre efficacement et toute la population sera prête à lui porter assistance.

          C’est donc une TRÈS MAUVAISE IDÉE d’aller attaquer un pékin lambda dans ces “coins paumés de l’Amérique profonde peuplée d’attardés”.

          Le principal problème pour les “élites” de ces états, c’est qu’en cas de manif type “gilets jaunes” il est préférable d’éviter de sortir les LBD40 pour “calmer la foule”.

          Quand les armes sont strictement prohibées les délinquants et les états peuvent se permettre de faire des cartons sur la population car ils ne risquent rien.

          Faites ça en Suisse (réputée pour son taux d’homicides) et vous verrez “comment ça fait”.

          C’est con, ne croyez-vous pas ?

          Personnellement je hais les armes. Mais parfois elles peuvent malheureusement être un mal nécessaire.

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          • Globule rouge // 05.06.2019 à 02h11

            Je ne sais pas d’ou vous tirez vos statistiques je vous propose ce lien d’une agence federal (il me semble) :
            https://www.cdc.gov/nchs/pressroom/sosmap/firearm_mortality/firearm.htm

            et les chiffres sont plutot bon pour la californie, sur le annees consultables, les mort par arme arme a feu par habitant sont en dessous de la moyenne US, les dernieres statistiques consultables, sur la page, sont il me semble celle de 2017.

            si on suit les stats de meurtres par arme a feu/par habitant de 2015 :
            https://en.wikipedia.org/wiki/Gun_violence_in_the_United_States_by_state#cite_note-Crime-1
            La californie est au dessus de la moyenne mais loin d’etre le pire etat.

            il faudrait mouliner les chiffres avec d’autres facteur legislation, etat de l’economie, nombre d’armes par habitants, pourquoi pas racisme, criminalite, etc…. Certains ont deja du le faire.^^
            Et il me semble que les conclusions sont bien moins simpliste que celle que vous avancez.
            A vu d’oeil, de ce que je connais des usa, les etats qui apparaissent dans les premieres places des liens que j’ai donne sont en general des etats a fort taux de pauvrete, et beaucoup d’etat du sud.

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  • obermeyer // 04.06.2019 à 08h37

    Après le coup de traitre de Sarkozy l’américain,qui aujourd’hui propose de claquer la porte de cette association criminelle?

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  • weilan // 04.06.2019 à 08h42

    Et de quoi parle t’on ces derniers jours ? Ben…du 75ème anniversaire du débarquement par les SEULS vainqueurs de l’hydre nazie ! Ce sera grandiose, croyez moi.
    Débarquement certes glorieux et qui mérite bien quelques commémorations. En même temps, pourrait on rappeler aux moins de 75 ans que ce même débarquement ne fut possible que parce que 80% des divisions nazies étaient concentrées sur le front est ? Que plus de 25 millions de soviétiques y ont perdu la vie.

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    • Duracuir // 04.06.2019 à 13h19

      Oui et si l’offensive soviétique Bagration n’avait pas été déclenchée quand les alliés pietinaient dans le bocage Normand, ces derniers auraient peut-être été repoussés à la mer. Pour mémoire, l’opération Russe Bagration est considéré en Allemagne comme le pire désastre militaire de l’histoire du pays. Tout le monde connaît le dday. Qui connait Bagration?G.Berlat? 🙂

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  • François Lacoste // 04.06.2019 à 09h22

    La bourgeoisie n’a pas d’autre ambitions que celle de protéger au mieux ses intérêts, essentiellement son patrimoine et ses revenus de la rente. Logiquement la bourgeoisie cherche et trouve toujours, les plus souvent au prix de sa soumission servile, aides et protection auprès de celui qui par sa position de force garantit ses intérêts. Ce protecteur quel qu’il soit, les USA en ce moment, l’outre Rhin en d’autre temps, peut en échange opérer sa prédation sur le pays avec l’approbation bienveillante de la bourgeoisie quand ce n’est pas sa participation active. Macron et son entourage bancaire et financier, on n’ose plus dire industriel, nous en fait quotidiennement la démonstration, avant lui c’était déjà le cas (Pechiney, Alcatel, Alstom, Renault…AREVA AIRBUS).

    Ce protecteur peut être le plus achevé des nationaliste, cela n’a pas la moindre importance, la bourgeoisie si tatillonne en France pour dénoncer le brun/rouge nationaliste, aura les yeux de Chimène pour tout ce qu’en la matière les USA peuvent produire de pire.

    La bourgeoisie à sa place dans une société équilibrée mais elle est odieuse et dangereuse pour le pays dès lors qu’il n’existe plus aucun contre pouvoir pour tempérer et réguler ses penchants naturels.

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    • RGT // 04.06.2019 à 21h56

      Jusqu’au début des années 80 ce contre-pouvoir s’appelait PCF qui, avec ses 25% MINI de votes à chaque élection était un très bon rempart contre les désirs exacerbés des oligarques de tous poils.

      Le coup de maître a été pour Mitterrand de faire élire grâce au “Programme Commun de la gôôôche” pour ensuite réussir à laminer le seul garde-fou qui nous préservait de l’expansionnisme ultra-libéral.

      Le PCF ne serait JAMAIS parvenu à arriver au pouvoir en France (de plus l’URSS ne le SOUHAITAIT PAS) mais par contre avec le soutien du quart de la population il était préférable d’éviter de prendre trop de “libertés”.

      Mitterrand a réussi à transférer l’électorat du PCF sur l’étron national et ce coup de maître digne de Machiavel a permis d’éliminer le SEUL parti réellement gênant pour les oligarques ET, cerise sur la gâteau, à réussi à transférer tout son électorat sur un parti utile pour permettre de manipuler les gogos afin de les contraindre à voter “Républicain” et “CONTRE LA PESTE NOIRE”.

      Chirac en 2002 a obtenu un score à faire pâlir d’envie tous les dictateurs de républiques bananières, mais surtout Zupiter est parvenu à “sauver la république” en 2017 (avec la collaboration trahison active du gang Le Pen qui a dû négocier des avantages personnels indécents.

      Les 40 années de “souffrances” causées par le PCF à “nos” élites leur ont bien servi de leçon : Plus JAMAIS un parti “incontrôlable” ne sera en position de pouvoir mettre en danger leur agenda si bien planifié.

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      • basile // 05.06.2019 à 04h58

        votre avant dernier paragraphe m’étonne. N’avez vous pas remarqué que le seul programme passé et actuel des LR, Modem, LREM, PS, FI, Verts, c’est faire barrage au RN ? Que dès qu’ils en ont l’occasion sur un plateau télé, ils tapent sous la ceinture en appelant ce parti par son ancien nom, afin de semer la peur chez les passants, comme le faisait l’affiche rouge. Comme si on continuait d’appeler les LR, l’UNR.

        c’est donc la même obsession que celle envers la Russie. D’ailleurs, ils ne manquent jamais l’occasion de dire qu’ils sont amis, qu’une banque russe les finance. Toujours à agiter le chiffon rouge.

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        • RGT // 06.06.2019 à 08h23

          Mon dernier paragraphe se contente simplement de constater les FAITS.

          La SARL Le Pen ne souhaite SURTOUT PAS accéder au pouvoir mais souhaite simplement obtenir une “part de marché” suffisante pour être en position de négocier ses propres avantages afin de se garantir un train de vie confortable.

          Lors des dernières élections “présidentielles” la prestation a été si lamentable qu’elle en était caricaturale et il faut avoir une sacrée épaisseur de peau de saucisson devant les yeux pour ne pas s’en rendre compte.

          Si on prend un peu de hauteur face aux événements on s’aperçoit rapidement qu’il ne s’agit que d’une imposture supplémentaire pour éloigner la population des vrais problèmes et et diviser artificiellement l’électorat pour mieux permettre au système de perdurer.

          Ça s’appelle de la stratégie.

          Au final, les seules victimes de ce système sont les naïfs qui croient dans les discours politiques, qu’ils soient à l’écoute de ce “parti” ou non.

          Par contre, un parti très clivant obtiendra toujours de très bons scores de “popularité” car il ira ratisser dans les fosses septiques pour racoler toutes les victimes d’un système pervers.

          En cas de “danger” il y aura toujours le “front ripoux-blicain” pour éviter la “montée des extrêmes” et un candidat oligarco-compatible sera systématiquement vainqueur pour préserver la “démocratie”.

          Et même si un candidat “nauséabond” parvenait à être élu, les “médias objectifs” et les institutions ne lui permettront JAMAIS de faire quoi que ce soit qui puisse gêner les “élites”.

          Dans tous les cas, les b*****, comptez-vous.

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  • David510 // 04.06.2019 à 10h58

    Si l’Otan est un boulet qui nous asservit aux USA, une armée européenne serait aussi un boulet qui nous asservirait à l’UE. La France n’a pas besoin des autres pays de l’UE (qui tirent chacun de leur côté par ailleurs, or une union forte, c’est quand on tire tous dans le même sens, ce qui n’arrivera jamais), c’est le pays qui a la plus forte armée et n’a rien à gagner, et même plutôt tout à perdre, à s’intégrer.

    De la même manière qu’on peut commercer et avoir des relations diplomatiques avec les autres pays d’Europe sans avoir besoin de se fondre dans un machin supranational, nous pouvons avoir des accords militaires sans fondre notre armée avec celle des autres. Ces histoires de taille critique ne justifient en rien ces fusions qu’on nous impose : il vaut mieux être un petit pays cohérent et puissant, comme l’est ou du moins l’était la France, qu’un continent aux pieds d’argile qui s’écroulera sous le poids de ses contradictions.

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    • Haricophile // 04.06.2019 à 16h48

      C’est surtout que, comme pour l’économie, il faudrait que l’UE soit une entité politique et sociale forte et unie. Depuis le début on nous a fait des promesse, on a dit commençons par commercer, le reste suivra, nous aurons le bonheur et la paix : Ce n’a été qu’une succession de mensonges énormes et d’escroqueries colossales, dans un machin qui n’a rien d’une entité politique unissant les populations et encore moins d’une démocratie.

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  • Bruno Lalouette // 04.06.2019 à 12h37

    L’Otan est indispensable, l’ours russe n’a pas disparu, il est juste devenu vassal du mandarin!
    L’Otan est là pour contenir le Belt and Road des forces de l’axe sino-russe!
    Une des premières choses qu’à fait Hitler, c’était des autoroutes pour ses futurs Panzer, Xi Jinping ne fait pas autre chose! C’est un plan pour 2049, centenaire du totalitarisme chinois, il y a eu l’Euro, première tentative avortée de dollaricide, il y a maintenant le “plan zéro carbone”, qui consiste à écrouler la demande de pétrole achetée en dollars pour écrouer celui-ci et le financement de l’US Army qui va avec!
    En prime, cela profitera au nucléaire dominé par les chinois, ainsi qu’aux terres rares et aux composants des véhicules atomiques, exportés par la Chine!
    Et Shanghaï remplacera Wall Street pour finir de tuer le dollar…
    Soit il faut être totalement idiot pour valider un monde à la 1984, où soit il faut être un traître fasciné par l’idéologie maoïste, ou encore un mercenaire qui prend l’argent maintenant et après-moi le déluge!

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    • Haricophile // 04.06.2019 à 16h50

      Un peu intoxiqué par le cinéma et les jeux américains à ce que je vois… Il faut redescendre sur terre.

        +18

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  • , // 04.06.2019 à 15h52

    Septique, votre énumération a oublié un acteur des plus importants, l’Eglise catholique romaine !
    On pourrait aussi ajouter Churchill, parfait boute-feu d’après guerre qui rêvait de déclencher, dans la foulée de la seconde, une troisième guerre mondiale pour écraser l’URSS qui pansait ses plaies qui ne reçurent jamais la moindre compensation des agresseurs et pleurait ses 25 millions de morts.
    Quel autre pays aurait été capable de supporter une pareille épreuve ? Bien sur il y eut des comportements répréhensibles de leur part et, même s’ils sont inacceptables, il serait bon d’être certain de leur existence au niveau que vous l’indiquez.
    Quand de plus chacun avait une ou plusieurs victimes des agresseurs dans sa famille …

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  • moshedayan // 04.06.2019 à 18h37

    Guillaume Berlat est intéressant à lire, avant de le critiquer. Je dirais juste cela. N’oubliez pas qu’il faut distinguer les peuples de leurs dirigeants. Milieu des années 30 : Bulgares, Roumains étaient sous des dictatures pro-allemandes, leurs pays donc au côté de l’Allemagne nazie. Mais leurs peuples ? Les Bulgares ont constitué en 1944 rapidement des unités pour combattre aux côtés des Yougoslaves dirigés par Tito (né croato-slovène, lui-même dans sa jeunesse s’est écarté du nationalisme fascisant croate. Les Tchécoslovaques se sont eux aussi mobilisés rapidement aux côtés des Alliés en 1944. Bref, dans un système d’alliances, il y a les politiques, les peuples, les circonstances. Il existe une opinion à l’Est qui se dit bien “on a basculé d’une alliance à une autre, est-ce mieux ? est-ce cela au fond qui est souhaitable. Jusqu’à quand cela durera, l’Histoire le dira.

      +3

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  • Catalina // 04.06.2019 à 22h20

    moshedayan
    Merci de votre commentaire. Des gens oui, comme vous, comme moi. Dans ma famille hongroise, nombreux ont été ceux qui ont été obligés de choisir : la mort ou être “complice forcé” d’Hitler. Foin de certitude, d’autres ont adhérés tout comme chez nous en 40 ; Deux de mes oncles dans les camps, pourquoi ? Intellectuels, objecteurs de conscience.

    Dans notre pays des gens sont mutilés à vie pour avoir voulu manifester.

    Relisez, relisez encore, en croyez-vous vos yeux ? Votre cerveau lessivé est peut-être à moitié mort mais je ne peux croire que votre coeur soit si sec.
    (Ah me v’là surjouant l’émotion !!! comme les fabricants de nouvelles trafiquées !
    Mais là, c’est plus une “nouvelle”, un info, une intox) : EN vrai, et cela pourrait être votre femme, votre ami, simple passant, il y a MUTILATIONS A VIE. Et castaner malgré ses mensonges est encore ministre…
    Mais, m’enfin !!!! vous trouvez ça normal ? le ministre qui vient de voter une loi anti-nouvelle-trafiquée est pris la main dans le pot de confiture et il RESTE au gouvernement ? bon, je sais plus quoi dire.
    🙁

    France RIP.
    Snif.

      +6

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    • Catalina // 04.06.2019 à 22h31

      Moshedayan,
      ah zut, je ne m’adressais pas à vous dans la deuxième partie de mon commentaire.
      Errare…

        +0

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      • moshedayan // 05.06.2019 à 07h34

        J’avais bien compris pour la 2 e partie. Oui, votre pays est bien dans une triste situation et seuls quelques uns de vos journalistes reconnaissent que vos autorités , les seules en Europe, ont équipé leurs forces de police d’armes mutilantes. Ceci dit ailleurs les polices peuvent aussi faire des erreurs graves avec leurs matraques, j’entends bien cela. Bonne journée.

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  • Julie // 05.06.2019 à 21h27

    Qui est derrière le massacre au Soudan? Les Saoudiens et les Emiratis donnent les ordres, selon un spécialiste du CNRS
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/soudan-une-repression-sous-influence
    mais ni lui ni le journalist ne mentionne le rôle de l’armée soudanaise au Yémen, aux ordres des Saoudiens et Emiratis (qui d’habitude sont contre les frères musulmans, sauf lorsque ceux ci font leurs basses oeuvres)

      +1

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