Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-07-2017

On ne peut pas dire tout et son contraire et faire l’inverse de ce qu’on dit… Baisser les impôts et commencer par augmenter la CSG, casser le code du travail et prétendre l’améliorer, annoncer une augmentation du budget de la Défense – pour atteindre 2% du PIB en 2025 – et la veille du 14 juillet décréter une coupe sèche de 850 millions d’euros et un gel de 2,7 milliards, soit près de 10% du budget global de nos armées.

Les coupes annoncées touchent, en premier lieu, le régalien : 47% des annulations, soit 1,4 milliard d’euros entre la Défense, l’Intérieur et le ministère des Affaires étrangères. Défense, lutte anti-terroriste et relance diplomatique sont pourtant les thèmes avancés par le nouveau président de la République comme des priorités nationales. Or ce sont leurs crédits que l’on casse en premier dans la précipitation d’un effet d’annonce ! Il y a clairement une incohérence de fond entre la réalité et celle que le Président de la République distille sur son Smartphone…

Pour financer les 850 millions de coupes, la Direction générale de l’armement (DGA) va classiquement se tourner vers les industriels pour renégocier des prix à la baisse et des livraisons de matériels différées. Mauvaise nouvelle pour les industriels qui emploient directement 165 000 personnes sur le territoire national. Vont souffrir évidemment les emplois et la sous-traitance… La liste des programmes concernés devrait être connue d’ici la fin de l’été, mais on sait déjà ceux qui trinqueront les premiers : annulation de 360 blindés pour l’armée de terre, filière aérospatiale ciblée, livraisons des frégates intermédiaires et des avions ravitailleurs repoussées…

Dans la Marine nationale, la durée des frégates devra passer de 25 à plus de 40 ans de service. Alors que les élites françaises se vantent, presque quotidiennement, de disposer du deuxième espace maritime mondiale avec quelques 11 millions de km2 de ZEE (zone économique exclusive), « la Marine nationale voit le nombre de ses patrouilleurs outre-mer s’effondrer : d’ici à 2020, six sur huit auront été désarmés, aucune assurance sur le calendrier de leur remplacement n’étant fixé », commente un officier général qui ajoute : « notre pays ne dispose toujours pas d’une stratégie maritime adaptée aux intérêts du pays, encore moins de stratégie navale ».

Ce qui se voit moins dans les dommages induits par ces problèmes budgétaires récurrents, c’est la tendance à réduire , voire sacrifier les périodes d’entraînement. Evolution, à terme, dangereuse pour les personnels engagés qui auront moins d’expérience alors que l’effet « ciseaux » joue à plein : le pouvoir exécutif multiplie les engagements extérieurs du Sahel à l’Irak et à la Syrie, alors que les moyens diminuent drastiquement et continuellement. Depuis trois ans, les 10 000 soldats de l’opération Sentinelle assument des fonctions de police sur le territoire national. Malgré la multiplication de leurs missions, en dix ans les armées françaises ont perdu 65 000 personnes, soit une réduction de plus de 30% des effectifs, ce qui représente le plus grand plan social de l’administration. A l’évidence le « faire toujours plus avec toujours moins » a aujourd’hui atteint ses limites indépassables.

En d’autres termes, l’homothétie négative qui consiste à saupoudrer l’austérité n’est plus tenable et surtout ne doit plus servir de cache-sexe à un pouvoir politique incapable – incapable – de choisir et de hiérarchiser les missions à accomplir. L’équation est pourtant simple : moins de moyens égale moins de missions extérieures et intérieures. Et que ceux qui exercent leur tutelle politique sur les armées – de l’Elysée au cabinet du ministère de la Défense en passant par les « voleurs » de Bercy – prennent enfin leurs responsabilités en assumant des choix clairs, réalistes et tenables, c’est-à-dire des coupes aussi dans l’opérationnel ! Quelles sont aujourd’hui les missions incompressibles de nos armées pour assurer efficacement la défense et la sécurité des Français et des intérêts de notre pays, tant sur le territoire national qu’à l’étranger ? Telle est bien la question !

La seule réponse apportée : une nouvelle réduction des moyens… La belle affaire ! Dans ces conditions, le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), ne pouvait – bien évidemment – plus exercer correctement son métier. Le CEMA a eu l’honnêteté et le courage d’expliquer les dangers de cette situation devant une commission ad hoc de notre représentation nationale dont la fonction est – justement – d’aller au-delà de la langue de bois pour comprendre la complexité des dossiers, voire pour en infléchir la gestion. Se déroulant à huis clos, l’exercice relève de l’exigence de vérité et de loyauté vis à vis des représentants élus de la nation et du respect qui leur est dû. Il ne constitue nullement un écart au devoir de réserve des militaires et un défi à l’encontre du pouvoir exécutif.

Notre nouveau président n’aurait il rien compris , en en faisant une question d’atteinte à son pouvoir personnel ? Lors de la réception qui précède le défilé du 14 juillet, sur la pelouse de l’Hôtel de Brienne et en présence du gratin des hauts gradés militaires, des industriels de l’armement et des représentants des ministères régaliens, Emmanuel Macron lance une diatribe irréparable : « je considère qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. J’ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n’ai, à cet égard, besoin de nulle pression et de nul commentaire ». Fermer le ban ! En son temps, le maréchal Pétain avait fait don de sa personne à la France. Heureusement pour le pays que cela n’a pas empêché le général de Gaulle de gagner Londres pour y continuer le combat….

Dans les colonnes de prochetmoyen-orient.ch, nous critiquons souvent la politique étrangère des Etats-Unis et ses interventions extérieures, mais force est de reconnaître que les commissions parlementaires américaines qui précèdent et accompagnent les grandes décisions de la Maison blanche fonctionnent plutôt bien grâce à une authentique séparation des pouvoirs! Vieille exigence calviniste, sans doute, les responsables auditionnés ont l’obligation – oui l’obligation ! – de dire la vérité, du moins leur vérité afin d’éclairer les représentants pour qu’ils puissent être mieux informés avant de participer à la prise de décision politique. Outre-Atlantique, l’expertise, voire les critiques des officiers supérieurs et généraux sont généralement bien accueillies parce qu’entendues comme un apport positif et citoyen, susceptible d’entraîner correctifs et améliorations aux prises de décisions opérationnelles.

Gap culturel, en France malheureusement rien de tel : les intervenants qui planchent devant les commissions parlementaires sont – le plus souvent – chaperonnés, sinon espionnés par des envoyés spéciaux de leur ministère qui rapportent aussitôt la teneur des propos tenus au sommet de la hiérarchie, aux cabinets du premier Ministre ou du président de la République. Ici, l’exercice ne relève pas de la maïeutique mais doit conforter et imposer le discours officiel et ainsi servir les plans de carrière de hauts fonctionnaires muselés… Et gare à ceux qui osent sortir du « politiquement correct », le général Pierre de Villiers vient d’en faire la triste expérience.

Toujours est-il que le président de la République a commis une lourde faute, relevée par la plupart des responsables militaires de notre pays. Dans une lettre ouverte, Vincent Lanata, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air s’adresse au CEMA : « J’étais présent à la réception de l’Hôtel de Brienne le 13 juillet et j’ai écouté avec beaucoup d’attention le discours du président de la République: allocution très bien tournée, pleine de compassion à certains égards et de louanges à l’intention de notre institution ainsi que pour les hommes et les femmes qui la composent. Tout cela n’est que très normal, je dirais très banal, et la moindre des choses une veille de Fête Nationale où les armées sont à l’honneur. Ce qui l’est moins, c’est la diatribe virulente portée contre vous, car c’était bien à vous que ces propos étaient destinés, propos tenus en public qui m’ont beaucoup offusqué, et je ne suis pas le seul à avoir été très choqué. Il me semble que notre jeune président a voulu marquer par ces propos son autorité. Il n’avait nul besoin d’agir ainsi et il aurait certainement pu faire l’économie de ce discours inutile et vexant ».

Le plus grave dans cette affaire, qui laissera des traces et dont toutes les ruses ne sont pas dites, est – sans doute – le non-respect de la séparation des pouvoirs. En effet, le Parlement a le droit, un droit constitutionnel, de pouvoir ainsi auditionner en toute indépendance n’importe quel fonctionnaire, expert et sachant de notre pays, sans que l’Elysée ne s’en mêle. Certes, de nos jours le secret n’existe plus, pas même le secret de l’instruction et il ne faut pas s’étonner que les propos du CEMA aient circulé en dehors de l’hémicycle. Bien au fait de la communication moderne, le président de la République n’avait en tout cas pas à s’en étonner ni à s’en plaindre.

En personnalisant l’affaire, il a provoqué un vrai gâchis dont les conséquences les plus immédiates touchent trois mécanismes : celui de la confiance liant traditionnellement le pouvoir politique et nos armées, voire la nation et les armées ; celui d’une expertise d’autant plus nécessaire qu’elle implique le sacrifice suprême de nos soldats ; enfin, celui d’une expertise stratégique qui, à n’en pas douter, se fera désormais plus servile, disciplinée et conforme à l’air du temps et des promotions. Un beau gâchis, vraiment…

En définitive et au-delà de toutes considérations politiques, il est anormal que, depuis plus de trente ans dans notre pays, les roitelets de Bercy exercent une autorité sans contre-poids sur les budgets des ministères régaliens en maniant gel et coupes de crédits à leur guise et quand cela les arrange! Proprement anormal , car rendant impossible pour les responsables des politiques publiques toute prévision ou planification stable et cohérente de leurs programmes ! On touche ici à la réforme de l’Etat, un chantier sans cesse reporté depuis 1981, une réforme de l’Etat en profondeur qui n’est – semble-t-il – pas près de voir le jour…

Dans ce contexte de verrouillage administratif des esprits et des coeurs, de violation de la séparation des pouvoirs, donc d’une grave altération des fondements de notre démocratie, nous te présentons mon Général, cher Pierre, cher collègue de la 53ème session de l’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale), tous nos respects et notre amitié.

Avec ces mots qui accompagnent ta démission, tu sors par le haut, dans l’honneur et la vérité : « j’éprouve une vraie reconnaissance envers nos soldats, nos marins et nos aviateurs avec lesquels j’ai partagé ma vie, pendant quarante-trois années au service de la nation, en toute sincérité. Je sais, pour les connaître, qu’ils continueront à assurer la mission aux ordres de mon successeur avec autant de détermination et de fidélité. Je reste indéfectiblement attaché à mon pays et à ses armées. Ce qui m’importera, jusqu’à mon dernier souffle, c’est le succès des armes de la France ».

Ton action et ta réaction grandissent l’institution militaire. Encore tous nos respects mon Général !

Richard Labévière
24 juillet 2017

Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-07-2017

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

35 réponses à Nos respects mon général, par Richard Labévière

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 28 juillet 2017 à 05h17

Je sais que c’est facile à dire tranquille derrière mon clavier à l’autre bout de la planète, mais ce serait bien que ces militaires profondément attachés à la France et tenus de protéger sa Constitution se posent des questions sur le non-respect de leur mission, avec ces dirigeants vendant le pays, ses fleurons (Alstom), laissant des puissances étrangères mettre la main sur le suivi de satellites, signant des Traités donnant aux Allemands le contrôle de la monnaie, de l’hymne (à la joie) national, laissant des eurocrates étrangers décider des entrées/sorties hyper-migratoires et pourquoi pas des frontières…

A partir de quel moment, de quel danger, faut-il acter que la France a été vendue, est sous Occupation, et qu’il ne faut plus démissionner mais bien se rendre à Londres ou ailleurs, lancer un appel solennel, et commencer la résistance?

  1. Fritz Le 28 juillet 2017 à 01h52
    Afficher/Masquer

    « Je considère qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique ».
    Et il appelle ça démocratie.

    « Je suis votre chef ».
    Où as-tu fait l’armée, déjà ? Ah, j’oubliais : http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/emmanuel-macron-premier-president-qui-n-a-pas-fait-service-militaire-126336

    Certains généraux méritent d’être écoutés : Pierre-Marie Gallois hier, Vincent Desportes et Pierre de Villiers aujourd’hui. Certes, notre système courtisan (et caporaliste) est fort éloigné du sérieux des commissions du Congrès américain. En 2007, Condoleezza Rice avait été bien étrillée par le sénateur Chuck Hagel.


  2. Daniel Le 28 juillet 2017 à 01h53
    Afficher/Masquer

    Qui pourrait m’expliquer pourquoi la politique de la France est dictée par le président alors que la Constitution dit que c’est le gouvernement qui doit la mener?

    “ARTICLE 20.

    Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation.

    Il dispose de l’administration et de la force armée.”

    Il ne peut en outre pas forcé le gouvernement à démissionner (art. 8).

    Quand donc la Constitution sera-t-elle respectée?


    • Fritz Le 28 juillet 2017 à 02h40
      Afficher/Masquer

      @Daniel : La Constitution de la Ve République sera respectée le jour où le gouvernement sera effectivement responsable devant le parlement, c’est-à-dire quand les députés oseront censurer une politique désapprouvée par eux-mêmes ou par leurs électeurs.

      Pour faciliter cette révolution politique et mentale, je propose cet amendement : “Le président de la République ne peut dissoudre l’Assemblée nationale après le vote d’une motion de censure”.

      Quant à ceux qui nous bassinent avec “le domaine réservé du Président”, je leur suggère de s’acheter une perruque de courtisan du Roi Soleil, et les escarpins qui vont avec.


    • Emmental Le 28 juillet 2017 à 10h42
      Afficher/Masquer

      On voit que la Constitution française est vraiment épouvantablement mal écrite quand on compare :
      – l’article 15 : « Le Président de la République est le chef des armées »
      – l’article 21 : « Le Premier ministre […] est responsable de la défense nationale »
      – et l’article 20 : « Le Gouvernement […] dispose […] de la force armée »

      → Quelqu’un de très fort a réussi à trouver des termes dont on ne peut pas dire qu’ils sont explicitement contradictoires, mais dont il soit néanmoins impossible de savoir exactement comment ça se fait qu’ils ne se marchent pas sur les pieds.

      (source : http://www.madore.org/~david/weblog/d.2017-04-24.2435.html)


    • jim Le 28 juillet 2017 à 11h53
      Afficher/Masquer

      Article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (texte suprême du bloc de constitutionnalité censé border principes et interdits) :
      “ toute société dans laquelle la garantie des droits et la séparation des pouvoirs n’est pas assurée n’a point de constitution ”.

      Dans la mesure où une des nombreuses tares de la république qui est en fait une non Démocratie est la non séparation réelle et quasi complète des pouvoirs (liste des exemples et des raisons ici), il n’y a donc pas de constitution en France, et il n’y a donc pas de constitution à respecter n’est ce pas.

      Auquel je rajoute qu’en effet de ce point de vue en tout cas, et Labévière a raison de le souligner, la séparation des pouvoirs est bien plus effective et réelle dans le régime politique américain.


  3. charles-de Le 28 juillet 2017 à 02h42
    Afficher/Masquer

    Dommage qu’à cette réunion de l’hôtel de Brienne tous ces généraux n’aient pas flanqué LEUR DéMISSION AU PRéSIDENT QUI INSULTAIT LEUR SUPERIEUR.
    Ils auraient pu dire : “Ce jeune c…, on ne veut pas l’écouter !”
    Bien sûr, ça leur aurait demandé PLUS DE COURAGE qu’aux pontes de l’Etat-Major de Baden Baden en juin 68 dont beaucoup ont dit : “Ce vieux con, on ne veut pas l’écouter !” quand l’interview de de Gaulle est passée ! Il est vrai que ce n’était qu’à la télé !
    Je n’invente rien, J’Y éTAIS !


  4. R.C. Le 28 juillet 2017 à 03h06
    Afficher/Masquer

    Et avec tout ça, ou plutôt malgré tout ça, le mari de Brigitte multiplie les postures martiales : dès qu’il y aura le moindre soupçon invérifiable d’odeur de gaz (*) du côté de la Syrie, Jupiter à promis de lancer instantanément sa foudre… Ah, mais ! Même s’il ne reste plus qu’un lance-pierre (modèle 1939 rectifié 2007) en état de marche dans les arsenaux , le Chef va montrer à la planète qui c’est qu’est le chef !

    * (avec tous les fayots de LREM, ça ne devrait pas tarder…)


    • Nadine Le 28 juillet 2017 à 20h56
      Afficher/Masquer

      J’ai des amis qui organisent des GN (jeux de rôle grandeur nature), et des JDR ( jeux de rôle sans maquettes ni sujets, juste avec du texte) et je prends le pari qu’ils sont meilleurs et qu’ils se donnent au moins le mal de s’informer…
      Décidément, la politique au sens grec est une chose trop sérieuse pour être confiée à des immatures narcissiques !


  5. Kiwixar Le 28 juillet 2017 à 05h17
    Afficher/Masquer

    Je sais que c’est facile à dire tranquille derrière mon clavier à l’autre bout de la planète, mais ce serait bien que ces militaires profondément attachés à la France et tenus de protéger sa Constitution se posent des questions sur le non-respect de leur mission, avec ces dirigeants vendant le pays, ses fleurons (Alstom), laissant des puissances étrangères mettre la main sur le suivi de satellites, signant des Traités donnant aux Allemands le contrôle de la monnaie, de l’hymne (à la joie) national, laissant des eurocrates étrangers décider des entrées/sorties hyper-migratoires et pourquoi pas des frontières…

    A partir de quel moment, de quel danger, faut-il acter que la France a été vendue, est sous Occupation, et qu’il ne faut plus démissionner mais bien se rendre à Londres ou ailleurs, lancer un appel solennel, et commencer la résistance?


  6. Nerouiev Le 28 juillet 2017 à 05h49
    Afficher/Masquer

    Et dire qu’un ancien conseiller Présidentiel se vante d’avoir déniché cette perle rare qui à son tour se vante d’être le Chef ! Voila le résultat de nos Grandes Écoles. Qu’il est loin Poutine !


  7. Alain Le 28 juillet 2017 à 06h02
    Afficher/Masquer

    Je m’étonne surtout que personne ne relève le point principal de cette décision: Macron estime que le parlement doit n’être qu’une chambre d’enterrinement et donc que l’administration n’a pas à lui rendre de compte puisqu’il n’a pas à avoir de vision autonome.

    Le pire est que tout le monde s’en étonne alors que tout cela était bien dans son programme et sa façon d’organiser son mouvement politique. Tous ceux qui proclamaient vouloir défendre la démocratie en votant Macron contre Le Pen étaient soit des naïfs, soit des complices


  8. Seraphim Le 28 juillet 2017 à 06h09
    Afficher/Masquer

    Et si l’effet obtenu était précisément l’effet recherché ? Si le sentiment exposé d’une autorité supérieure bafouée n’était qu’une posture? Exit l’honneur outragé, le “conflit” sur le budget, l’usurpation de pouvoir sur le parlement etc..
    Juste un but, atteint: la démission du général de Villiers, encombrant à un autre titre que ses convictions sur les dépenses !


  9. DUGUESCLIN Le 28 juillet 2017 à 06h21
    Afficher/Masquer

    A ce rythme, les français ne peuvent plus se sentir représentés.
    Remplacer les dirigeants par des gestionnaires “start-up” qui ignorent le peuple pour des raisons de rentabilité internationale nous donnent un sentiment d’abandon. Le peuple est transformé en populace composée d’utilitaires, et pour cette raison n’est plus autorisé à exister en tant que tel.
    Où sont les français? L’histoire est du passé, il nous faut accepter d’oublier ce que nous sommes, et de n’être rien d’autre que des laborieux utiles sans autre avenir que celui de se battre pour avoir un semblant d’existence, sans patrie, sans projet commun, fondus dans une mondialisation qui nous gère et nous ignore. Les dirigeants gestionnaires ne sont que des arrivistes utiles.Eux-mêmes utilitaires et fiers de l’être. Ne dites plus “allez la France, allez la France, allez..” ça ne veut plus rien dire.


    • DUGUESCLIN Le 28 juillet 2017 à 13h03
      Afficher/Masquer

      La Veme république avait dans l’esprit que la France soit capable de se défendre “tous azimut”. La France était sortie de l’OTAN.
      A cet effet le chef de l’état était garant des intérêts de la France. Il y avait un ministère de la DÉFENSE. Il a été remplacé par le ministère des armées. Ce qui est très significatif. Une armée? Mais au service de qui et de quoi? A celui de la défense de la France et des français ou d’une politique internationale?? Les militaires qui ont choisi de se battre pour défendre la France sont assignés à une autre mission que celle qui a motivé leur engagement. La démission est totalement justifiée. Ce n’est plus le contrat moral d’origine.


    • clauzip12 Le 29 juillet 2017 à 11h15
      Afficher/Masquer

      Notre vote positif dont j’&tais sur les traité de Mastrch nous a rendus dépendant d’un organisme exterieur à la France.
      Cet organisme a une constitution qui fixe,c’est anormal,la politique économique et présidé par la philosophie ultralibérale.
      Nous n’avons plus la maitrise de notre destin!C’est le marché libre et non faussé qui le détermine.
      Notre gouvernement ne fait qu’ajuster les directives europeennes à notre pays soit 5% des pouvoirs.
      Par ailleurs,l’intégration totale à l’OTAN ,la monnaie du domaine des banques privées et de la BCE, et le budget sous l’œil du MES,qui sait où est la souveraineté de la France?
      Dans ces conditions,pourquoi nous,contribuables payer des impôts pour une armée internationale?
      La France devrait se désengager de la Syrie et des conflits ou l’intérêt n’est qu’économique comme le Mali…
      Le Budget de la défense se trouverait ainsi plus acceptable et les retours terroristes peut être moins virulents.L’opération sentinelle par conséquent pourrait être moins lourde.
      Si nous regardons de prés,le bases militaires françaises sont calquées sur des interets économiques de multinationales qui ainsi récupèrent le peu d’imposition !


  10. thecis Le 28 juillet 2017 à 09h43
    Afficher/Masquer

    LREM représente le management à la française : pleins de chefaillons forts avec les faibles et faibles avec les forts ! C’est magnifique.


    • Julien Le 28 juillet 2017 à 09h58
      Afficher/Masquer

      Exactement; et le cirque que devient l’assemblée avec ces petits chefaillons votant comme le chef le leur demande illustre bien ça.


  11. J Le 28 juillet 2017 à 09h58
    Afficher/Masquer

    En attendant on nous alerte un peu partout sur l’état de l’armée française asphyxiée financièrement : des gens vont patrouiller au nord du Mali dans des blindés vieux de 40 ans et non climatisés (c’est devenu la norme depuis…), des gens vont s’exposer à des combats sans avoir pu s’exercer correctement faute de munitions (ce qui fait souvent la différence entre tuer et se faire tuer), des gens affectés à Vigipirate se retrouvent logés dans des locaux où ils n’ont même pas de douche, de plus en plus de perms sont refusées, et cetera.


  12. Bilbo Le 28 juillet 2017 à 10h10
    Afficher/Masquer

    Petit rappel : la Constitution a été rédigée sous la conduite de De Gaulle, un militaire. Le partage des pouvoirs n’était clairement pas le but du général. En ce sens, elle transpire la logique militaire du chef.
    Je suis d’accord sur le fond avec le général De Villiers, mais sur la forme c’est autre chose. Je fais les mêmes critiques à Emmanuel Macron, en plus bien fort du fait notamment du manque de respect envers cet homme.
    Le devoir de réserve chez les fonctionnaires français est une chose inscrite dans la loi. Et c’est de plus en plus important à notre époque de surmédiatisation et de communication instantanée.

    Se référer à la “démocratie” américaine me fait doucement rigoler. La popularité du Congrès est ridicule (sous Obama, c’était pire qu’Hollande avec moins de 20%). La politique intérieure américaine était déjà une véritable pétaudière avant Trump, mais depuis ça prend des proportions délirantes.
    Avant de prendre des exemples en théorie intéressants, il faut regarder la réalité des faits.

    Enfin, toujours à propos de la “démocratie” américaine, repensez au nombre de généraux qui se lancent en politique. C’est ce que vous souhaitez en France ?


  13. SanKuKai Le 28 juillet 2017 à 10h19
    Afficher/Masquer

    Autant je ne suis pas d’accord, autant je trouve la politique d’E. Macron cohérente avec le personnage:
    En effet, l’armée d’un vassal doit être au service de son seigneur.
    Elle n’a pas besoin d’être si conséquente lorsque le budget de l’armée du seigneur est supérieur au budget de toutes les autres armées du monde réunies.


    • Quintus Le 28 juillet 2017 à 11h02
      Afficher/Masquer

      D’un point de vue militaire, le général de Villiers a été désavoué et sa réaction est on ne peut plus normale : il a signalé aux législateurs qu’il n’étais pas raisonnable de comprimer excessivement le budget.

      Le désaveu est un acte de commandement grave qui en gros implique la fin de la collaboration entre un chef et le subordonné qu’il a désavoué.


  14. jessim Le 28 juillet 2017 à 10h38
    Afficher/Masquer

    Lorsque l’on a une armée en totale déliquescence, c’est se rendre vulnérable sur tous les fronts. Je ne suis pas un va t’en guerre mais la Russie a bien démontré en réalité que ce qui fait le poids diplomatique c’est la capacité d’une armée à se défendre et à gagner une guerre.

    D’où aujourd’hui le fait que ceux qui prennent les décisions sont les USA et la Russie ainsi que la Chine le reste n’est que de la poudre de perlinpinpin comme dirait l’autre. Du coup quand on me dit que la France n’est rien sans l’Europe c’est faux, la France n’est rien sans son armée et le ploutocrate qui est au pouvoir préfère enrichir l’oligarchie financière plutôt que de défendre son territoire et les intérêts de la nation.


  15. Ardéchoix Le 28 juillet 2017 à 10h43
    Afficher/Masquer

    Dans un pays avec une dette de 100% de son pib, “l’annulation de 360 blindés pour l’armée de terre” cela m’en touche une sans faire bouger l’autre, comme disait un de nos ancien.


  16. Le Rouméliote Le 28 juillet 2017 à 11h58
    Afficher/Masquer

    Cet article est excellent, à une nuance près : il ne s’agit pas d’un “gap culturel” entre les gentils et efficaces “calvinistes” et les méchants et inefficaces “catholiques”, mais d’une politique sciemment menée depuis l’ère Giscard. Les gnomes de Bercy sont les chiens de garde des politiques décidées à Bruxelles et à Francfort. Leur pouvoir souverain réside dans le fait qu’ils appliquent servilement les décisions de leurs homologues fonctionnaires de la commission et de la BCE. Toute politique nationale n’est qu’une gesticulation pour faire avaler par les peuples lesdites décisions qui ne reposent que sur une vision étroitement comptable et budgétaire de la place de chaque nation dans le grand ensemble ubuesque européen au service des lobbies américains et des institutions financières qui n’ont nulle envie de froisser les Allemands qui sont donc les seuls à tirer leur épingle du jeu.


  17. bm607 Le 28 juillet 2017 à 13h43
    Afficher/Masquer

    Pour appuyer la position du général de Villiers, 15 hauts gradés de l’armée (dont 5 généraux, quand même, même si “2S” donc plus d’active) ont écrit une lettre ouverte à notre roi du vide, (chose assez exceptionnelle pour être notée) :
    “Nous nous sentons humiliés”,
    lettre avec force arguments intéressants et détaillés (tout le contraire des discours présidentiels actuels, flous, inconsistants, et à géométrie variable) qui en mettent plein les gencives à notre chef d’état d’opérette.
    http://www.capital.fr/economie-politique/15-hauts-grades-de-l-armee-ecrivent-a-macron-nous-nous-sentons-humilies-1238365?r=0.4344230939306477

    Notre jupiter en costard (qui se croit obligé de rappeler que c’est lui le chef, comme le dit l’article, c’est vrai qu’on pourrait facilement l’oublier vu ses “qualités”) a réussi l’exploit de se mettre toute les armées françaises à dos (même si bien sûr peu d’entre eux osent parler ouvertement, “2S” et “ER” -en retraite- évidement), avec ses déclarations imbéciles à 180° les unes des autres. Espérons qu’il fasse de même avec les civils (sauf peut-être avec les peoples, ses amis qui lui servent de faire-valoir tels Gnafron envers Guignol), qu’on le chasse vite fait avant qu’il ait tout détruit .


  18. Dav Le 28 juillet 2017 à 16h24
    Afficher/Masquer

    Et si la finalité de cet épisode n’était que les prémisses de la justification d’une Armée européenne? N’ayant plus les moyens de conserver notre Armée, Macron œuvre déjà dans ce sens…


    • Fritz Le 28 juillet 2017 à 18h35
      Afficher/Masquer

      C’est ça, qu’ils essayent le coup de la CED, comme dans les années 50.
      Nous sommes devenus des veaux, certes, mais les veaux ont vocation à devenir des taureaux furieux.


    • Nadine Le 28 juillet 2017 à 21h12
      Afficher/Masquer

      Très bien vu Dav ! Quand on veut abattre son chien on dit qu’il a la rage ! Et il se passe la même chose avec le reste du service public… car oui La Défense fait partie du service public ! Même si le recours au privé pour l’équipement n’est pas anodin, comme pour la santé, l’éducation, etc. Je ne suis pas du tout militariste, mais cet événement est bien représentatif de ce qui sera durant 5 ans voire plus si on laisse faire ! D’accord avec Fritz pour la suite !


  19. RGT Le 28 juillet 2017 à 19h51
    Afficher/Masquer

    L’armée française est devenue depuis bien longtemps le cache-sexe de notre “grande politique étrangère” et nes sert plus qu’à servir des intérêts politiques ou préserver les intérêts de quelques ploutocrates.

    Quand on voit les causes, les objectifs et les résultats des opérations de ces dernières années on se demande réellement comment les militaires (les “vrais”) arrivent encore à se regarder dans un mirroir sans être pris d’une dépression intense.

    Et ça ne date pas d’hier… Déjà Giscard utilisait les armées dans des opérations qui étaient déjà bien louches.
    Mitterrand a enfoncé le clou, Chirac à “explosé” la cohésion du service national (une réforme intelligente transformant les appelés à la mode “suisse” aurait été largement plus intelligente mais moins politiquement “gérable”).
    Quant à Narközy, il a envoyé l’armée foutre le bordel en Libye, pays qui ne nous avait strictement RIEN FAIT, puis Hollande a continué en foutant le bordel (officieusement) en Syrie, puis en sauvant le Soldat AREVA en Afrique des salafistes qu’il avait soutenus…


    • RGT Le 28 juillet 2017 à 20h14
      Afficher/Masquer

      Bref, rien que des opérations dans la lignée des objectifs d’une armée de défense…

      Micron vient en rajouter une couche en rognant les crédits, espérant que les militaires ferment leurs gueules et continuent à préserver les intérêts des ploutocrates en étant équipés de lance-pierres au rabais et en bossant 16 heures par jour pour le quart d’un SMIC.

      Comme tout bon énarque “Young Leader”, il considère les militaires comme de la chair à canon juste bonne à aller se faire massacrer sur un claquement de doigts.

      Un dirigeant digne de ce nom partirait en tête avec TOUS les “grands énarques” (de Bercy) et les ploutocrates pour faire le simple troufion sur les théâtres d’opérations “humanitaires” en Afghanistan ou en Afrique subsaharienne histoire d’apprendre la “vraie” vie.

      Non seulement ça ferait un peu de “ménage” mais les survivants auraient sans doute une vision très différente des missions militaires, particulièrement s’ils savent qu’ils seront les premiers à aller au casse-pipe.


  20. E von Salomon Le 28 juillet 2017 à 21h53
    Afficher/Masquer

    Deux remarques:

    1) je viens d’une longue famille de militaire. Ce que j’en retiens c’est qu’il est difficile d’avoir une opinion car c’est mal vu. Les militaires Français manquent beaucoup de culture notamment depuis la disparition de Charles de Gaulle.
    S’ils en avaient, ils ne serviraient pas ces nuls au-dessus d’eux qui ne font que dégrader leur pays qu’ils aiment tant. Même idée sous la troisieme republique.
    2) En tout cas pour tout ceux qui ont voté pour EM, voici le résultat.


  21. Nanker Le 29 juillet 2017 à 14h06
    Afficher/Masquer

    Texte au vitriol dont chaque paragraphe est comme une flèche tirée dans le derrière de “Jupiter”.

    Vous imaginez Labévière nommé à la tête de “Radio France” : le bond en avant colossal que ferait l’information dans ce pays et l’élévation du niveau de conscience des Français qui s’informent grâce à “France Inter” ou “France Info”. Je pense que la démocratie dans ce pays ferait un grand pas.

    Bon on peut rêver hein?


  22. moshedayan Le 30 juillet 2017 à 14h17
    Afficher/Masquer

    Kiwixar Merci tout a été dit. J’y ajoute seulement cette question : les militaires français devraient aussi se poser cette question : quelle est la logique de la politique de sécurité ? Quand les dirigeants “cassent” les alliées traditionnels de la sécurité en Europe : Serbie et Yougoslavie, Tchécoslovaquie et évidemment la Russie, en ayant fait systématiquemnet le jeu de l’Allemagne depuis plus de 40 ans au moins maintenant.


  23. UltraLucide Le 01 août 2017 à 18h07
    Afficher/Masquer

    Relire Machiavel, Le Prince, sur l’Armée. Selon lui, l’armée de la République doit être au service de l’intérêt commun, et une République doit posséder une armée qui lui est propre, dont elle a le contrôle, et ne doit pas dépendre de systèmes d’alliance.
    En outre, “Un des maux qui arrivent d’être désarmé est que l’on devient méprisable.” et “Un des premiers devoirs du Prince est d’avoir une bonne armée. Le Prince qui a une bonne armée a toujours de bons amis”.
    Mais allez donc faire comprendre cela à des gauchistes pacifistes et antimilitaristes, et qui prétendent gouverner une Nation dont ils exècrent le principe même!
    Quid de la “vertu” (moralisation de la vie politique…)? La “virtu” ‘est un stratagème utilisé par le prince pour ménager ses hommes pour atteindre un but personnel. Elle est aussi la dissimulation par le prince de sa vraie nature pour faire croire à une moralité afin d’embrigader le peuple.


Charte de modérations des commentaires