Source : The Intercept, Jon Schwartz, 18-06-2017

Photo: Avec l’aimable autorisation de HISTORY

CHUCK GRASSLEY, un sénateur républicain de l’Iowa, est connu sur Twitter pour exprimer son désir de voir History Channel montrer enfin un peu d’Histoire. Voici deux de ses nombreux tweets sur ce sujet :

J’adore l’Histoire. Donc de temps en temps je zappe sur History Channel. Quand vont-ils remettre de l’histoire sur cette chaîne, ces tanches ?

— ChuckGrassley (@ChuckGrassley) February 26, 2012

De temps en temps je zappe sur History Channel en espérant voir de l’Histoire. Quand est-ce que History Channel aura une bonne grille d’Histoire, à l’ancienne ?

— ChuckGrassley (@ChuckGrassley) January 7, 2012

La bonne nouvelle pour Grassley, et pour tout le monde, c’est que de dimanche soir à mercredi, History Channel diffuse une nouvelle série en quatre parties intitulée « La guerre de l’Amérique contre la drogue ». Non seulement c’est une contribution importante à l’histoire récente américaine, mais c’est aussi la première fois que la télévision US a révélé le fond de la vérité sur l’un des plus importants problèmes des cinquante dernières années.

Le fond de la vérité est : la guerre contre la drogue a toujours été une pure comédie. Depuis des décennies le gouvernement fédéral s’est lancé dans une série d’alliances de commodité avec quelques-uns des plus grands cartels de la drogue dans le monde. Le taux d’incarcération américain a quintuplé depuis la première déclaration de guerre à la drogue faite par le président Richard Nixon en 1971, mais les plus gros dealers ont dans le même temps profité de la protection des plus hautes instances du pouvoir en Amérique.

D’un côté, cela ne devrait pas être surprenant. La documentation volumineuse de cette réalité dans des dizaines de livres est accessible à n’importe qui de curieux possédant une carte de bibliothèque

Pourtant d’une certaine façon, bien que les États-Unis n’aient pas de système formel de censure, ce scandale monumental n’a jamais été présenté de manière complète là où la plupart des Américains vont s’informer : à la télévision.

C’est pourquoi la série « La guerre de l’Amérique contre la drogue » est un véritable tournant. Nous avons vu récemment comment des idées qui semblaient à un moment totalement ridicules et tabous – par exemple, que l’Église catholique ait consciemment protégé des prêtres ayant abusé sexuellement d’enfants, ou que Bill Cosby n’ait pas été le meilleur choix pour America’s Dad – pouvaient après des années de silence se hisser dans la conscience populaire et être suivies de conséquences précises et réelles. La série pourrait être un élément décisif pour que la même chose se produise pour l’une des plus cyniques et cruelles politiques de l’histoire des États-Unis.

Un portrait de l’ancien baron de la drogue Rick Ross dans le documentaire de History Channel « America’s War on Drugs ». Photo: Avec la courtoisie de History

La série, dont les producteurs exécutifs sont Julian P. Hobbs, Elli Hakami et Anthony Lappé, est un documentaire TV standard, combinant des interviews, des images d’archives et des reconstitutions dramatiques. Ce qui n’est pas standard en revanche, c’est l’histoire racontée face à la caméra par d’anciens agents de la Drug Enforcement Administration ainsi que par des journalistes et des trafiquants de drogue en personne. (Un des reporters est Ryan Grim, le chef du bureau de l’Intercept à Washington et auteur de « This Is Your Country on Drugs : The Secret History of Getting High in America ». « C’est ton pays au sujet de la drogue : L’histoire Secrète pour se défoncer en Amérique ».)

Il n’y a pas de ronds-de-jambe alambiqués pour expliquer ce qui s’est passé. Le premier épisode commence avec la voix de Lindsay Moran, un ancien officier clandestin de la CIA, déclarant : « L’agence était impliquée jusqu’au cou avec les trafiquants de drogues ».

Richard Stratton, trafiquant de marijuana devenu écrivain et producteur de télévision, explique alors : « La plupart des Américains seraient profondément choqués s’ils connaissaient la profondeur de l’implication passée de la CIA dans le trafic international de la drogue ».

Ensuite, le professeur de l’université de New York Christian Parenti raconte aux téléspectateurs : « Depuis son origine la CIA collabore avec les mafias impliquées dans le trafic de drogue dans le but que ces mafias servent l’objectif plus large de la lutte contre le communisme ».

Pendant les huit heures suivantes, la série plonge à toute vitesse dans l’histoire des plus grands succès du partenariat du gouvernement américain avec les trafiquants d’héroïne, d’hallucinogènes et de cocaïne. Que ces plus gros succès puissent remplir la majeure partie de quatre épisodes de deux heures montre à quel point l’histoire est extraordinairement profonde et hideuse.

Tout d’abord, nous apprenons que la CIA travaillait avec le chef de la mafia de Floride, Santo Trafficante Jr., au début des années 60. La CIA voulait la mort de Fidel Castro et, en échange de l’aide de Trafficante dans divers projets d’assassinat, était prête à fermer les yeux sur ses trafics de drogue extensifs et ceux de ses alliés exilés cubains.

Ensuite, il y a le récit extrêmement curieux de la manière dont la CIA a importé de grandes quantités de LSD de son producteur suisse, dans l’espoir qu’il pourrait être utilisé pour contrôler mentalement des gens. Au contraire, en approvisionnant des milliers de jeunes volontaires comme Ken Kesey, Whitey Bulger et le parolier des Grateful Dead, Robert Hunter, l’agence a accidentellement contribué à populariser l’acide et à générer la contre-culture psychédélique des années 60.

Pendant la guerre du Vietnam, les États-Unis se sont alliés avec les forces anticommunistes du Laos, qui ont mis à profit notre soutien pour devenir parmi les plus gros pourvoyeurs d’opium de la planète. Air America, une couverture de la CIA, apportait des fournitures pour les guérillas du Laos et repartait avec de la drogue, tout cela avec la parfaite connaissance et protection des agents américains.

La même dynamique s’est développée dans les années 80, quand l’administration de Reagan a essayé de renverser le gouvernement sandiniste du Nicaragua. Les avions qui apportaient secrètement des armes aux contras rapportaient au retour de la cocaïne aux États-Unis, à nouveau sous la protection des forces de l’ordre américaines par la CIA.

Plus récemment, nous trouvons notre guerre de seize ans en Afghanistan. Bien que moins de choses soient révélées sur les machinations de la CIA là-bas, il est difficile de ne pas noter que nous avons installé Hamid Karzai comme président alors que son frère était sur les listes de paie de la CIA et simultanément, l’un des plus gros trafiquants d’opium du pays. L’Afghanistan actuellement fournit environ 90% de l’héroïne mondiale.

A son crédit, la série explique que cela ne fait pas partie d”un plan secret du gouvernement pour transformer les Américains en toxicomanes. Mais, comme l’exprime Moran : « Quand la CIA se focalise sur une mission, sur un but particulier, ils ne vont pas s’asseoir et pontifier sur « les possibles conséquences globales à long terme de leurs actions ». Gagner leurs guerres secrètes a toujours été leur première priorité, et si cela requiert une coopération avec des cartels de la drogue qui inondent les États-Unis de leur production, qu’il en soit ainsi ». « Beaucoup de ces pratiques qui remontent aux années 60 deviennent cycliques », ajoute Moran. « Ces relations se développent encore et toujours pendant qu’on mène la guerre contre la drogue ».

Ce qui rend l’histoire tellement grotesque, c’est le degré d’hypocrisie effarant du gouvernement. C’est comme si Donald Trump déclarait la guerre aux promoteurs immobiliers et remplissait les prisons de gens louant occasionnellement leur chambre sur Airbnb.

Cela nous ramène à Charles Grassley. Grassley est maintenant président du comité judiciaire du Sénat, un combattant engagé de longue date contre la drogue et – pendant les années 80 – un soutien des contras.

Pourtant, même Grassley semble réaliser qu’il y a peut-être eu quelques failles dans la guerre contre la drogue depuis le début. Il a récemment co-parrainé une loi pour réduire les peines minimales pour les infractions liées à la drogue.

Maintenant que History Channel comble les souhaits de Grassley et diffuse cette histoire extrêmement importante, il nous revient de nous assurer que lui et ceux qui sont comme lui, s’asseyent et la regardent. Le simple fait que cette série existe montre que nous sommes à un point de basculement de ces mensonges catastrophiques éhontés. Nous devons pousser suffisamment fort pour les mettre à terre.

Photo ci-dessus : un plan fixe tiré du documentaire de History Channel « America’s War on Drugs ».

Source : The Intercept, Jon Schwartz, 18-06-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

47 réponses à History Channel révèle enfin l’incroyable histoire secrète de la guerre contre la drogue, par Jon Schwarz

Commentaires recommandés

ricard'eau Le 27 juillet 2017 à 10h58

Dans 50 ans on aura droit à un documentaire : ” la vérité sur la lutte contre le terrorisme ” …

  1. ricard'eau Le 27 juillet 2017 à 10h58
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    Dans 50 ans on aura droit à un documentaire : ” la vérité sur la lutte contre le terrorisme ” …


    • Jacquesjacques Le 27 juillet 2017 à 11h37
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      Et bien d’autres choses encore telle : la vérité sur les nombreuses affaires bancaires et la conduite financière du monde… Ce feuilleton pourrait durer des années…


      • Jac Le 28 juillet 2017 à 11h27
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        d’autant plus que banques et trafics de drogues sont liés. Plus que les états, ce sont bien les riches cartels de la drogue qui ont toujours “sauvé” les banques depuis qu’ils existent -années 60 -lors des grandes crises dont celle de 2008. Liés même depuis le début du XIXe siècle avec le commerce de l’opium entre Chine et Grande Bretagne.


    • Caliban Le 27 juillet 2017 à 21h44
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      On peut certes regretter que les “journalistes” aient toujours un train de retard dans l’information.
      Cependant, le fait que l’information passe désormais à la télé doit pouvoir s’expliquer.

      La lutte contre la drogue aux Etats-Unis est avant tout la lutte contre les populations noires et le mouvement des Droits civiques. Avec des résultats concrets : une bonne partie de cette population est aujourd’hui privée du droit de vote.

      L’élection de Trump (par des blancs en majorité) a peut-être fait réfléchir ?


  2. Victor LIBON Le 27 juillet 2017 à 11h23
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    Pour le pouvoir, il a toujours mieux valu que le révolté tienne en main un litron, un gros joint, ou une seringue, plutôt qu’un fusil!


  3. Crapaud Rouge Le 27 juillet 2017 à 11h35
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    C’est “le système” tout craché dans son universelle hypocrisie.


  4. Quintus Le 27 juillet 2017 à 11h35
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    La lutte contre la drogue aux États-Unis comme ailleurs est une vaste hypocrisie.

    Si la prohibition servait des exigences de santé publique il y a bien longtemps qu’on aurait interdit l’alcool et le tabac, l’alcool étant beaucoup plus dangereux que bien des drogues illicites.

    Derrière les lois de prohibition fédérales et locales se cachaient souvent des motivations commerciales (ex. Marihuana Tax Act porté par DuPont de Nemours pour imposer son nylon à la place du chanvre) voire racistes (ex. opium fumé par les Chinois, cocaïne par les Latinos, marihuana par les Noirs).


  5. Ardéchoix Le 27 juillet 2017 à 11h37
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    Au lieu du titre “l’incroyable histoire secrète de la guerre contre la drogue” pourquoi ne pas avoir écrit “l’incroyable histoire secrète de la guerre sous effet de la drogue” un exemple parmi tant d’autres.
    La pervitine :”pilule miracle”, méthamphétamine (ou crystal meth) en 1939 du simple soldat au chef de parti .
    https://www.youtube.com/watch?v=Rad0wgOQxqY


    • Happyending Le 27 juillet 2017 à 15h23
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      Le livre a été écrit, notamment, par Normal Ohler sous le titre (en traduction française, Editions La découverte) “L’extase totale” (“Blitzed” dans le titre original).


    • Cognominal Le 27 juillet 2017 à 20h12
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      Un documentaire d’Arte, donc moins racoleur, sur le même sujet :
      http://www.dailymotion.com/video/x2k606k


    • spectre Le 27 juillet 2017 à 20h22
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      Pendant la 2eme guerre mondiale les belligérants ont tous pris ce genre de drogue. 180millions de doses pur l’armée US de 42 à 45….
      Et elle a continué durant les conflits suivant d’ailleurs.


  6. Lysbeth Levy Le 27 juillet 2017 à 11h40
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    Ricard’eau vous me copiez mon brave car justement c’est un lieu commun de dire que la “lutte contre le terrorisme” n’est pas de l’éradiquer mais de “l’internationaliser” depuis le début ou disons juste avant le 11 septembre 2001..C’est ce qu’ont décidé certains haut responsables du Deep-State Us, de même que la lutte contre la pauvreté dans les années 70 a 1980 ont précipité des millions d’américains dans la “pauvreté” ! Les services secrets Us ont une longue histoire avec la “mafia” dès leur intervention en Sicile pour “libérer” l’Europe des nazis, de même sous Kennedy peut-être même a propos de sa mort (?) mais on est sur de rien hein..Les narco-états d’Amérique latine ont fait des centaines de milliers de victimes, en Afghanistan les Talibans qui avaient stoppé la culture du pavot on dû la reprendre sinon ? Tapis de bombes assurés les gars et puis ces “opérations spéciales” ou “secrètes” dans d’autres “pays” de “l’Axe du Mal” coutent une fortune mais grâce à l’argent de la drogue tout est possible depuis : les coups d’états, coups foireux, subversions, expérimentations “in vivo” et autres joyeusetés peuvent se faire sans que le Congrès doivent y mettre le nez … .


    • calal Le 27 juillet 2017 à 17h46
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      de l’utilite du lumpenproletariat:
      il peut voler les bourgeois et la classe moyenne pour se procurer l’argent de la drogue.il aide ainsi a creer un climat d’insecurite qui poussent les victimes a se tourner vers l’etat pour les proteger.
      si un systeme perdure,c’est qu’il est efficace. si au bout de 10 minute pendant une partie de poker ( “le grand jeu” ),vous n’avez pas trouve celui qui va se faire arnaquer,c’est que c’est vous la victime…


  7. Sam Le 27 juillet 2017 à 12h12
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    Il est bien étrange que tous ces documentaires fort bien documentés ne donnent jamais lieu à des poursuites judiciaires. C’est beau ces “remises en question” qui ne remettent jamais rien en question.

    Quant à créer “accidentellement” le mouvement psychédélique, j’ai comme un doute. La drogue fut la fin de tous ces mouvements anti guerre et anti système. On parle beaucoup de toutes les stars mortes d’overdose, mais partout ce fut l’hécatombe providentielle qui neutralisa des générations entières et permis de ne surtout rien changer à la bonne marche du progrès…


  8. yann35 Le 27 juillet 2017 à 12h22
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    cet article est un écho troublant à l’article du 25 juillet : http://www.les-crises.fr/largent-de-la-drogue-a-sauve-les-banques-pendant-la-crise-mondiale-affirme-un-conseiller-de-lonu-par-rajeev-syal/
    Au final, ne pourrions-nous regrouper tout ceci dans un chapitre plus général : l’histoire éternelle de l’esclavage … car quoi de mieux qu’un asservissement “volontaire” ?


  9. Sandrine Le 27 juillet 2017 à 12h24
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    Il n’y a pas que la religion qui est l’opium du peuple… Il y a l’opium aussi


  10. fabrice Le 27 juillet 2017 à 12h41
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    il suffit de se rappeler ce qui s’est passé au Laos avec la “compagnie” Air America, sans parler de ce que disait Mickael Ruppert


  11. Haricophile Le 27 juillet 2017 à 12h44
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    Il n’y a pas la guerre contre la drogue, il y a la guerre ET la drogue

    A noter qu’à l’origine, le premier “coup” a été organisé conjointement par L’Angleterre, les US, la France et l’Allemagne a été pour détruire l’empire chinois en réduisant ses hauts fonctionnaire à l’état de serpillière.

    A noter aussi que la moralité servant de prétexte est ignoble quand on sait que la répression a été organisée sur le sol US sur une motivation purement raciste contre les Chinois, les noirs, les noirs etc. à une époque ou on ne pouvait pas avouer qu’il s’agissait de répression raciste.

    La drogue “industrielle” comme les autres armes de destruction est plus que tout l’appanage de nos société “libres”, “civilisées”, “démocratiques” et “pacifistes”. Cherchez l’erreur.


  12. Diablo Le 27 juillet 2017 à 12h55
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    On ne peut pas dire que la situation se soit améliorée depuis 2012. On produit toujours autant d’héroïne en Afghanistan et de coke en Colombie. Si on lie cela au fait que le blanchiment de l’argent de la drogue aurait probablement sauvé bien des banques après la crise de 2008 on a quasiment fait le tour du problème.

    voir http://www.les-crises.fr/largent-de-la-drogue-a-sauve-les-banques-pendant-la-crise-mondiale-affirme-un-conseiller-de-lonu-par-rajeev-syal/


  13. Louis Robert Le 27 juillet 2017 à 12h57
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    “Le fond de la vérité est : la guerre contre la drogue a toujours été une pure comédie. Depuis des décennies le gouvernement fédéral s’est lancé dans une série d’alliances de commodité avec quelques-uns des plus grands cartels de la drogue dans le monde. Le taux d’incarcération américain a quintuplé depuis la première déclaration de guerre à la drogue faite par le président Richard Nixon en 1971, mais les plus gros dealers ont dans le même temps profité de la protection des plus hautes instances du pouvoir en Amérique.”

    Autres contradictions fondamentales de notre système politique et social déshumanisant qui rendent compte de l’absurdité qui règne dans nos sociétés et affecte tant les consciences.


    • calal Le 27 juillet 2017 à 16h07
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      Autres contradictions fondamentales de notre système politique et social
      ce n’est une contradiction que si votre hypothese de depart est que l’etat est la pour resoudre vos problemes et vous aider.
      si votre paradigme de depart est que vous etes seul et que vous devez combattre contre les autres qui cherchent a vous dominer, vous ne voyez pas de contradiction dans le fait qu’un etat peut se devoyer et devenir un collectif destine a s’autoreproduire et exploiter. ce qui est arrive a bien des reprises dans l’histoire.
      le probleme etant toujours de trouver des compagnons de lutte pour s’emanciper, si on part du principe que l’union est necessaire voir indispensable puisque l’homme est un animal social.


      • Louis Robert Le 27 juillet 2017 à 16h39
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        Calal, ici, le tissu de contradictions essentielles, fondamentales, de notre système politique et social s’exprime clairement par l’absurdité suivante:

        “mener la guerre contre la drogue tout en organisant sa production, sa distribution et son trafic, afin d’en tirer le plus grand profit”.

        Ce sont là contradictions dans la pensée et dans l’action.

        L’accumulation de telles contradictions, énormes, et dont la liste est sans fin, rend compte de l’absurdité de notre mode de vie en société, du sentiment d’aliénation de nos populations et, à terme, de l’effondrement de nos systèmes politiques et sociaux.

        C’est pourquoi on entend communément l’honnête homme affirmer qu’il a le sentiment, voire la certitude, de “vivre dans un monde de fous”.


        • calal Le 27 juillet 2017 à 19h14
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          vous avez deux hypotheses pour expliquer l’organisation sociale actuelle:
          -la vie en societe est organise pour le bien commun.
          -la vie en societe est organise pour obtenir l’obeissance du plus grand nombre a la volonte de ceux qui ont le pouvoir ( pretendre “combattre la drogue” pour obtenir l’adhesion des travailleurs a verser impots accepter normes liberticides tout en controlant la population “improductive” par guerre des gangs,overdose,abrutissement du usage drogue etc)

          or de plus en plus de faits invalident l’hypothese “optimiste” et valident l’hypothese du cynique. l’honnete homme qui a l’impression de vivre dans un monde de fous parce qu’il ne veut pas admettre l’hypothese cynique qui devrait peut etre le pousser a sortir de son confort et a combattre le pouvoir.


    • Chris Le 27 juillet 2017 à 18h23
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      Une pratique qui remonte à loin…
      http://arretsurinfo.ch/un-echeveau-inextricable-une-histoire-de-la-complicite-de-la-cia-dans-le-trafic-de-drogue-international/
      “1947
      Dès sa première année d’existence, la CIA perpétue les efforts anticommunistes des avances de renseignements américaines. Des agents de la CIA aident la mafia à prendre le contrôle total de la Sicile et envoient de l’argent à des passeurs d’héroïne corses basés à Marseille, pour les assister dans leur bataille contre les syndicats communistes pour le contrôle des docks de la ville.
      Vers 1951, Luciano et les Corses ont mis leurs ressources en commun, donnant naissance à la célèbre « French Connection », qui allait dominer le marché mondial de l’héroïne jusqu’au début des années 1970.
      La CIA recrute également des membres du crime organisé au Japon, pour aider à s’assurer que le pays reste dans le monde non-communiste. Plusieurs années après, les yakuzas japonais émergent comme source majeure de méthamphétamine à Hawaï.


    • sassy2 Le 27 juillet 2017 à 18h43
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      non

      singapour pas de drogue
      (peine de mort)

      dutertre etc…

      on peut supprimer l’hero en 1 mois en France


    • fanfan Le 28 juillet 2017 à 08h55
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      Robert Parry reçoit le Prix George Polk du reportage national en 1984 pour son travail avec Associated Press sur l’Affaire Iran-Contra où il dévoile que la CIA a fourni le manuel d’assassinat Psychological Operations in Guerrilla Warfare aux contras. À la mi-1985, il écrit son premier article sur l’implication d’Oliver North dans cette affaire, et avec Brian Barger il dévoile fin-1985 le scandale des trafics de cocaïne organisés par la CIA et les contras, ce qui encourage le sénateur John Kerry à s’intéresser au dossier Iran-Contra. L’Associated Press refuse de publier cette affaire, et n’assouplit sa position que lorsque son service en langue espagnole en publie accidentellement une traduction3. Barger et Parry continuent leurs investigations sur North bien que la plupart des médias refusent de les suivre, publiant finalement un article mi-1986, fondé sur 24 sources. La publication de ce rapport conduit un comité du congrès à interroger North.


      • fanfan Le 28 juillet 2017 à 08h55
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        Après que North ait nié les faits décrits, Barger est mis à la porte d’Associated Press et Parry est empêché de publier de nouveaux articles jusqu’à ce que l’avion d’Eugene Hasenfus (Corporate Air Services HPF821) soit abattu au Nicaragua en octobre 19861. Après avoir découvert que son patron s’entretenait régulièrement avec North, Parry quitte Associated Press en 1987 pour rejoindre Newsweek. À Newsweek, il dévoile l’affaire d’un membre du Conseil de sécurité nationale qui a dissimulé des aspects de l’Affaire Iran-Contra sur ordre de la Maison-Blanche. Sous la pression politique et médiatique, Newsweek est conduit à demander à Parry de se rétracter, en dépit de la solidité de ses sources. Robert Parry refuse et finalement quitte Newsweek en 19905.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Parry


      • fanfan Le 28 juillet 2017 à 08h59
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        En août 1990, l’émission Frontline du réseau PBS demande à Parry de travailler sur la Surprise d’octobre. Cela conduit Parry à réaliser plusieurs documentaires pour cette émission. Ils sont diffusés en 1991 et 1992. Parry continue ses recherches après qu’une enquête du Congrès des États-Unis conclut que ces révélations sont fausses, ce qui aboutit à la rédaction du livre Trick or Treason:The October Surprise Mystery publié en 1993, et en 1994 à la mise au jour d’une « mine de trésor de documents gouvernementaux » qui soutiennent cette théorie, montrant que le groupe de travail du Congrès a supprimé les témoignages incriminant la CIA et a exclu les preuves de liens financiers entre les riches Républicains et l’intermédiaire iranien de Jimmy Carter, Cyrus Hashemi (en). En 1996, Salon.com écrit à propos des travaux de Parry concernant cette affaire que « sa quête continuelle pour mettre au jour les faits touchant la présumée Surprise d’octobre a fait de lui une persona non grata parmi ceux qui se recueillent sur l’autel de la sagesse conventionnelle »


  14. Apero Le 27 juillet 2017 à 13h43
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    Un film comme Sicario évoquait déjà ce scandale il y a quelques années, sur fond de guerre des cartels mexicains et opérations “illégales” de la CIA. Le scénario m’avait paru grotesque à l’époque, en fait c’est peut être pas si exagéré que ça


  15. Chris Le 27 juillet 2017 à 15h11
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    Bien d’accord avec tous les commentaires.
    La seule question que je me pose : pourquoi en parler maintenant publiquement par l’arroseur TV ?
    Est-ce LA conséquence de l’élection de Trump qui a très bien compris que son pays s’effondrait, miné par une pauvreté galopante, des infrastructures en miettes, des dettes colossales, des guerres permanentes, des ressources qu’il devient de plus en plus difficile de piller même à travers l’OMC, tandis que l’Empire fait du sur place, tenu en échec par d’autres grandes puissances qui revendiquent le partage du gâteau ?
    J’ai l’impression qu’on est à un tournant historique.


    • Chris Le 27 juillet 2017 à 15h13
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      Et accessoirement
      Quand aura-ton la rediffusion sur nos chaines françaises, histoire de réveiller nos zombies ?…


  16. E von Salomon Le 27 juillet 2017 à 15h30
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    Comme je constate que la plupart découvre que l’Etat (avec un grand E) est souvent de connivence avec le trafique de drogue, je vous conseille de lire les articles de feu Gary Webb (il s’est suicidé de deux balles dans la tête, c est un exploit) intitulés “Dark Alliance”.


    • fanfan Le 28 juillet 2017 à 09h24
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      Gary Webb publie des rapports dans le San Jose Mercury News39, et plus tard dans son livre Alliance Obscure40, qui détaille comment les Contras avaient distribué du crack cocaïne à Los Angeles pour financer l’achat d’armes.
      En 1998, l’Inspecteur Général de la CIA Frederick Hitz publie un rapport à deux volumes qui soutient les affirmations de Webb, décrit comment 50 Contras et entités liés à Contra impliqués dans le trafic de drogue ont été protégés par les forces de l’ordre par l’administration Reagan-Bush, et documente la dissimulation de preuves relatives aux activités. Le rapport démontre qu’Oliver North et le National Security Council étaient informés de ces activités.
      En 1992, le Président George H. W. Bush gracie six personnes impliquées dans le scandale, Elliott Abrams, Duane R. Clarridge, Alan Fiers, Clair George, Robert C. McFarlane et Caspar W. Weinberger.


  17. RémyB Le 27 juillet 2017 à 15h47
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    mais alors si le gouvernement des usa l’a fait,
    qu’en est-il d’autres pays, la France par exemple?

    à quand des enquêtes indépendantes?
    à quand un documentaire à ce sujet?

    ha ben non, je suis bête, ça ne se peut pas.
    c’est parfaitement impossible.
    les journalistes enquêteurs sont traduits en justice
    et souvent cassés bien avant leur conclusion.

    sommes-nous en démocratie?


    • Ovuef2r Le 27 juillet 2017 à 17h35
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      Peut être ? Ou pas…
      Un tel documentaire est passé récemment sur Arte, les corses, le Vietnam, l’héroïne, et la french connection. Avec Diên Biên Phu à cause des trafiquants qui décidèrent de se passer des intermédiaires locaux pour traiter directement avec les producteurs…
      Par contre pas un mot chez Arte sur les US qui ont pris la place des français. On peut aussi remarquer que, historiquement, la prohibition de l’alcool aux USA avait déjà permis des liens fructueux entre la france, terre d’alcool, et la mafia US via le Canada. Pasqua ne fut pas pour rien représentant de la société Ricard dans ce pays..


    • petitjean Le 28 juillet 2017 à 09h47
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      la démocratie est morte* depuis longtemps
      tout est illusion
      Quant aux journalistes ils ne sont plus que des agents de propagandes

      *le coup de grâce a été porté par le tandem infernal Sarkozy Fillon, quand ceux ci ont fait adopter par les parlements réunis en congrès le projet de constitution européenne que les français venaient de rejeter par référendum !

      et les parlementaires élus par le peuple, soit disant nos représentants (députés) ont trahi leurs électeurs.

      ce fut un coup d’état contre le peuple


  18. Vincent Le 27 juillet 2017 à 16h32
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    J’ai vu récemment “Who to invade next” de M. Moore. Un passage est consacré au Portugal où l’usage personnel de drogue (TOUTES les drogues) n’est pas prohibé (je ne le savais pas).

    Il fait le parallèle avec la répression aux USA. C’est un raccourci mais il raconte comment, en favorisant l’usage des drogues (et en faisant croire qu’ils luttent contre), les pouvoirs politiques ont en fait mis en prison une partie de la population noire des Etats du Sud, leur supprimant leur droit de vote (leur permettant d’avoir des Etats Républicains) et en les exploitant via le travail en prison. Bref de l’esclavage moderne. C’est assez édifiant mais qd on prend un peu de recul, on est obligé de s’interroger.

    PS : ce film est aussi instructif sur l’éducation dans d’autres pays européens et inquiétant qd on voit dans quelle voie on s’oriente avec Jupiter


  19. Babar Le 27 juillet 2017 à 16h49
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    Les banques ne sont pas les seules bénéficiaires de cet argent sale qu’est l’argent de la drogue. Le système judiciaire est encombré d’affaires de trafic de stupéfiants et les dealers de différents niveaux voient leurs économies et leurs biens saisis au profit de l’état sans compter que les avocats sont rétribués avec ces bénéfices illicites et servent ainsi de blanchisseurs.


  20. petitjean Le 27 juillet 2017 à 17h05
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    Ai je le droit de dire que, au bout du bout, ce sont les Etats Unis d’Amériques qui sont les principaux fauteurs de guerre de la planète ?
    A-t- on le droit de le dire et même de le clamer preuves innombrables à l’appui ?
    Et ça continue aujourd’hui même sous nos yeux !
    Pourquoi ces faits ne sont-ils pas dénoncés et condamnés par les responsables politiques du monde entier et je pense d’abord aux Européens ?


  21. Dayo Le 27 juillet 2017 à 18h26
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    La CIA a toujours eu besoin de ressources non officielles illégales et donc fortement rémunératrices e (traffic de drogues, d’être humains, d’armes…) pour réaliser des missions non-officielles et servir des intérêts obscurs; car on oublie trop souvent que ce type d’organisation a les moyens et la volonté de s’affranchir de toute vélléité de contrôle (du congret aux USA). Ainsi va le monde.


  22. Chris Le 27 juillet 2017 à 18h50
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    Après la déculottée du Vietnam et les protestations de leurs citoyens, les USA passèrent à la vitesse supérieure pour asservir complètement la planète au capitalisme financiarisé amorcé en 1913.
    Outre, les revenus commodes et confortable de la drogue et les portes qu’elle ouvrait, tous pays confondus, ils s’allièrent les services mercenaires jihadistes des milieux fondamentalistes islamiques pour vaincre les récalcitrants.
    Finalement nous vivons dans un système construit et mené par des mafieux et psychopathes, masqué par les flonflons de plus en plus discordants d’une prétendue démocratie.


    • petitjean Le 28 juillet 2017 à 09h42
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      Bravo !
      vous avez tout compris !
      ce qui n’est pas le cas de l’immense majorité des peuples et surtout des peuples occidentaux……


  23. calal Le 27 juillet 2017 à 19h20
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    Qu’en pensent ceux qui se sont faits piquer, à ce titre, et qui résident en prison pour de longues durées?

    nous ne sommes que du betail et devons dire merci a nos gardiens ou aux proprietaires du troupeau quelque soit l’etable ou ils nous logent…


  24. bp Le 27 juillet 2017 à 21h53
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    Une référence en la matière est probablement l’Appel de Genève en 1996. Suite aux massacres des juges en Italie et à un moindre niveau en France, a été publié “Un monde sans loi, la criminalité financière en images”
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Appel_de_Genève
    Lire ou relire ce livre aide à comprendre le rôle des marchés financiers dans le blanchiment ; les valises relevaient déjà du folklore local en 1996.


  25. Tchen Le 28 juillet 2017 à 02h27
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    Et aujourd’hui, en France? Qui va oser le dire tout haut : nos “elites” sont les premiers trafiquants de drogue. Qui se souvient que les services secrets ont organisé le traffic d’heroine (french connection) ? L’affaire “air cocaine” avec une compagnie “amie du president”. Et l’entente tres cordiale avec la dictature marocaine, qui cache tres mal que le principal traffic de shit est organisé par les “sommets du pouvoir”… n’a-t-on pas trouvé 15 tonnes de cannabis en bas de l’appartement du chef des services francais de “lutte contre la drogue”? Pourquoi ne depenalisent ils pas, si ce n’est pour proteger leur traffic ?
    Ces faisceau concordants d’indices montrent clairement ce qu’il se passe, aujourd’hui, sous nos yeux. La police sert les memes interets, donc il ne faut pas s’attendre a ce qu’ils agissent, ils sont complices. Où sont les journalistes? Que fait la justice?


  26. Allez Louïa Le 29 juillet 2017 à 09h45
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    Deux documentaires Arte peuvent compléter cette série (liens ci-dessous) : la lutte contre la drogue aux USA depuis la fin du XIXè comme une perverse politique raciale du travail, qui a dérivé vers l’affairisme débridé.

    L’opium et les Chinois ; la marijuana et les Mexicains ; la cocaïne et les Noirs (mais pas les Blancs, pourtant les plus grands consommateurs de coke) ; l’ignominie du crack ; la MDMA et les Blancs pauvres – du racisme social désormais.

    Les films exposent le cynisme et l’hypocrisie des politiciens et les effets pervers de cette guerre, e.g. le racket des polices locales pour financer leur budget, ou l’affairisme sans foi ni loi de l’industrie carcérale moderne, qui se fait voter des lois quasi-esclavagistes.

    1 : http://www.dailymotion.com/video/x11hp4j_les-etats-unis-et-la-drogue-une-guerre-sans-fin-1_webcam

    2 : http://www.dailymotion.com/video/x11hvhu


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