Il y a actuellement des soucis sérieux au sein des structures de promotion de Wikipédia, comme indiqué ici.

N’étant pas un contributeur régulier, je me garderai bien de prendre parti – mais ce n’est pas inintéressant en terme d’illustration des problèmes qui arrivent parfois dans la gestion associative… (en l’espèce, pour ce genre d’association, basée sur la promotion de la Démocratie, il semblerait intéressant qu’il existe une motion de défiance de 75 % du personnel envers un dirigeant, entrainant son renvoi).

En revanche, en tant que lecteur régulier, et malgré quelques imperfections, j’en profite pour tirer mon chapeau aux milliers de contributeurs bénévoles, qui font vivre cette riche encyclopédie collaborative et gratuite.

Si vous êtes contributeur régulier de Wikipédia, n’hésitez pas à donner votre vision (positive comme négative, mais avec politesse) sur le fonctionnement de Wikipédia en commentaire…

Source : Le Nouvel Obs, Thierry Noisette, 20-07-2017

Verre brisé (Jef Poskanzer/Wikimedia Commons/CC)

Exclusions, accusations de népotisme, licenciement, plainte… L’association qui soutient Wikipédia en France, dont la moitié du conseil d’administration a démissionné, va être auditée par la fondation américaine.

Mais que se passe-t-il à Wikimédia France ? Depuis des semaines fleurit sur Twitter le hashtag #WMFrGate, qu’on peut traduire par “scandale à Wikimédia France”. Et ce même débat agite le Bistro, le principal forum de discussions de Wikipédia en français.

De quoi s’agit-il ? D’une crise dans cette association dont le rôle est de promouvoir Wikipédia – sans se confondre avec l’encyclopédie. Exclusions d’adhérents, licenciement d’un salarié, accusations de népotisme, départs d’administrateurs – cinq en cinq mois –, le dossier est complexe.

Moi-même wikipédien et ex-membre de l’association, je vais tenter de résumer les choses.

1 En soutien mais distinct des wikipédiens

Wikimédia France (WMFr) est une association loi de 1901, créée en 2004 pour “le libre partage de la connaissance”, via les projets Wikimedia.

WMFr fait partie de la quarantaine de “chapitres” ou “chapters” de soutien à ces projets. Ces associations sont indépendantes de la fondation Wikimedia (WMF – ne pas confondre avec WMFr en France) qui les reconnaît.

Cette dernière, créée en 2003, est une organisation américaine à but non lucratif. Elle héberge l’encyclopédie, la médiathèque Wikimedia Commons, etc.

A contrario, de nombreux pays n’ont pas de chapter, et les contributeurs sont plus nombreux que les adhérents aux associations nationales : plus de 4.000 personnes contribuent cinq fois par mois à Wikipédia en français, tandis que WMFr compte moins de 300 adhérents.

Ces associations n’ont pas de responsabilité éditoriale – elles ne contrôlent pas les contenus –, mais jouent un rôle de soutien.

Elles peuvent par exemple passer des partenariats, comme pour l’association française avec le centre Beaubourg, le château de Versailles, et de nombreux musées et institutions culturelles.

2 Budget divisé par deux

Chaque année, le Fund Dissemination Committee (FDC), un comité de bénévoles wikipédiens de plusieurs nationalités, évalue les fonds alloués aux chapitres locaux. Le conseil d’administration de la fondation Wikimedia en tient compte.

En 2014, le FDC alloue 600.000 euros à Wikimédia France, soit l’intégralité de la somme demandée par l’association. Cependant, il émet des remarques sur la dépendance financière totale de WMFr envers la fondation et sur le fait que les projets réussis sont les moins coûteux.

En 2015, le FDC recommande l’allocation de 540.000 euros, soit 90% du montant demandé. Le comité apprécie des initiatives comme WikiCheese (photos et documentations sur les fromages), mais il émet à nouveau des remarques.

En 2016, le FDC alloue 89% de la somme demandée (540.000 euros sur 636.000 euros). Il émet des critiques sur l’efficacité des actions, et recommande de se concentrer sur quelques projets ayant un fort impact. La dépendance – accrue – du financement envers la fondation US est à nouveau soulignée.

En mai 2017, le couperet tombe : cette fois, le FDC n’alloue que la moitié de la somme demandée, soit 343.000 euros sur 686.000 euros demandés (texte en anglais ici, en VF là) :

“Le potentiel en matière de retombées significatives, nettes et mesurables de la demande de cette année n’est pas suffisant pour prétendre au financement demandé ;
La gouvernance et la structure organisationnelle actuelles de WMFr ne semblent pas à même de poursuivre et d’atteindre les résultats recherchés efficacement.”

Le CA et la direction campent sur une ligne “rien à se reprocher” : dans un courrier le 11 juillet aux adhérents, le CA attribue à l’ancien président de l’association, Christophe Henner, devenu en mai 2016 président de la fondation américaine (Emeric Vallespi lui a succédé à la tête de WMFr), cette baisse de dotation, l’accusant de règlement de comptes personnel via le FDC :

“Pour le CA et la direction, des motivations, autres que les arguments avancés, expliquent la baisse de la dotation du FDC cette année. En effet, nous estimons que la raison principale en est les agissements de Christophe Henner, ancien président de WMFr et actuel président de la fondation, envers notre chapitre, ses membres, et ses salariés.”

On note pourtant que les critiques du FDC remontent à plusieurs années.
Un appel, puis un recours au médiateur (ombudsman) de la fondation n’ont pas permis d’obtenir une modification de cette baisse budgétaire.

3 Imputations de népotisme

Le comité de répartition des fonds pose aussi la question de l’encadrement :

“Le FDC s’inquiète également de la récente révision de l’organigramme de Wikimédia France, où les neuf salariés sont placés sous l’autorité d’un secrétaire général (directeur exécutif adjoint), qui est le seul poste relevant directement de la directrice exécutive. Aucune motivation n’est apportée pour justifier la nécessité pour WMFr d’avoir deux cadres pour un si petit nombre de salariés.”

La directrice exécutive, Nathalie Martin, a pris ses fonctions en octobre 2013. Parmi les recrutements ultérieurs, l’un a été critiqué par des adhérents, celui en février 2015 de Cyrille Bertin, conseiller en charge des financements et de la participation.

Un adhérent a indiqué en liste interne de discussion qu’il était aussi le mari de la directrice, lien qui n’avait pas été mentionné par le CA.

Nathalie Martin, jointe pour cet article, nous répond :

“Cyrille était membre de l’association à cette époque. Les membres du CA le connaissaient très bien ainsi que le lien qui nous unissait. Je ne suis jamais intervenue dans le processus de recrutement. Les membres du CA en ont discuté sur leur liste privée (à laquelle je n’ai pas accès) et ont décidé de lui proposer le poste.”

En avril dernier, Cyrille Bertin devient directeur adjoint. L’information n’est pas annoncée aux adhérents, elle n’est apprise que par une modification de la page sur les salariés.

Le 18 juillet, Thierry Coudray, ancien membre de l’association (il en a été trésorier) puis directeur exécutif avant Nathalie Martin, publie une longue lettre ouverte à l’actuel président, Samuel Le Goff. Il y conteste l’affirmation, souvent répétée par le CA actuel, selon laquelle la direction ne pourrait pas être assistée pendant les entretiens de recrutement, et juge que ce système serait au contraire souhaitable : “Il présente l’avantage d’éviter tout soupçon de favoritisme ou népotisme.”

4 Une ambiance difficile ?

Une des cinq personnes démissionnaires du CA cette année écrit début juillet, dans un mail adressé à plusieurs adhérents : “Lorsqu’en un peu plus de trois ans, dix salariés et stagiaires en poste fixe ou qui ambitionnaient d’intégrer définitivement l’association ont été reconduits à la porte, les faits parlent tout seuls.”

Pour cet article, j’ai discuté avec une bonne demi-douzaine d’ex-salariés, ex-stagiaires et salariés, dans l’association entre 2014 et maintenant. Tous ont insisté sur leur anonymat, indiquant être contraints au silence par des ruptures conventionnelles, des clauses de non-divulgation ou des menaces de poursuites en cas de propos publics contre WMFr. Tous disent avoir subi ou assisté à des pratiques de harcèlement ou d’autoritarisme, de la part de la directrice : mail d’excuse ordonné, fait et refait, et finalement jamais envoyé, document “qu’elle fait refaire dix fois pour montrer qu’elle est la cheffe”, etc.

Un membre du CA et un ancien membre se sont tous deux dits étonnés de ces accusations, estimant que s’il y avait eu de tels problèmes, le CA en aurait été informé.

Nathalie Martin s’inscrit totalement en faux contre ces affirmations, et nous répond notamment :

“Pourquoi depuis mon arrivée n’y a-t-il eu aucun contentieux porté devant le tribunal des prud’hommes (en quatre ans) ? Pourquoi n’y a-t-il eu aucune question des délégués du personnel à ce sujet ? Le registre est à votre disposition d’ailleurs. Aucune mention dans les réunions d’équipe non plus ? Pourquoi n’y a-t-il eu aucun signalement à l’inspection du travail ?”

Parmi les remarques du FDC :

“L’équipe salariée de Wikimédia France a connu six démissions depuis la demande 2015-16 ; si une explicationa été donnée, un tel niveau de rotation du personnel n’en met pas moins en doute la capacité de l’association à remplir ses objectifs de l’année et à exercer l’influence attendue.”

Nathalie Martin conteste cette interprétation, estimant que le FDC mélange les salariés et les stagiaires ou les personnes en service civique.

Enfin, une section syndicale a été créée fin juin à WMFr, à laquelle ont adhéré la moitié des salariés. “Ils veulent sauver leur boulot et se disent que je vais sauter”, estime la directrice.

Dans la lettre ouverte de l’ancien directeur Thierry Coudray, ce dernier critique le CA qui parle de souffrance de la directrice victime d’attaques, et rétorque :

“De la souffrance au travail dans l’association il y en a eu et il y en a sans doute encore, les témoignages que j’ai entendus me l’ont confirmé et crois-moi, mon expérience RH me permet de différencier une vraie souffrance d’un ressentiment ou d’un désir de vengeance. Le turnover important de l’association en a été une des conséquences.”

Quant au refus de parler publiquement d’ex-salariés, Nathalie Martin déclare : “Ces personnes ont demandé une rupture conventionnelle, avec laquelle on ne peut pas aller ensuite au litige. Il n’y a aucune clause de confidentialité, et toutes sont parties dans de bonnes conditions.”

5 Un licenciement rendu public

Un départ a en tout cas été moins discret. Un salarié, Jules Xénard, a annoncé il y a quelques jours son licenciement.

Il avait été embauché en septembre 2016 par l’association, après un service civique, pour assurer le lien avec les wikipédiens.

Chargé d’une lettre d’information rédigée par les adhérents et les salariés, il reçoit l’ordre de faire plusieurs suppressions qui lui semblent problématiques, et en discute par mail avec Cyrille Bertin. Son refus persistant lui vaut d’être mis à pied, puis licencié.

Ce récit donne lieu à de longues discussions en ligne et catalyse les critiques. Dans le Bistro, un intervenant traite de “despote éclairé” la directrice de l’association, tout en envoyant des piques sexistes à une administratrice.

6 Départs en série du CA

L’association est dirigée au quotidien par sa directrice, qui encadre une dizaine de salariés et des stagiaires et personnes en service civique, et elle a un conseil d’administration (CA), dont les membres […]

Lire la suite sur : Le Nouvel Obs, Thierry Noisette, 20-07-2017

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[Wikimedia-l] Réponse à Samuel Legoff, président de Wikimédia France / Answer to Samuel Legoff, president of Wikimedia France=

Source : Wikimedia, Thierry Coudray, 18-07-2017

Samuel, Ces dernières semaines, d’anciens salariés et des membres ou anciens membres de l’association, dont certains que je ne connaissais pas, m’ont contacté pour me demander si j’étais au courant de la situation actuelle de Wikimédia France, savoir ce que j’en pensais et selon moi ce qu’il faudrait faire. Si cela est flatteur d’être ainsi reconnu pour ses compétences et le travail que j’avais accompli pour Wikimedia France au regard de mon départ précipité fin 2012, je restais volontairement en retrait. D’abord parce que j’étais tenu à un devoir de réserve et que je m’y suis, moi, strictement conformé mais surtout j’avais tourné la page de Wikimédia France même si j’avais du me retenir pour ne pas intervenir face à ce qui était arrivé, dans l’année suivant mon départ, à l’excellente équipe salariée que j’avais managée.

Mais les derniers développements de ce que l’on peut malheureusement appeler désormais l’« affaire Wikimédia France », la rébellion d’une partie des membres devant la dérive de l’association, le risque de divorce entre la communauté wikipédienne et Wikimédia France avec le ressentiment de certains contributeurs (avec par exemple des appels au boycott, heureusement encore marginaux, de la prochaine levée de fond dont une partie finance Wikimédia France) et alors qu’une association nationale support aux projets est utile mais surtout le risque que la Wikipédia francophone en sorte abimée quand cette affaire sortira dans la presse m’ont fait réfléchir. Le contenu de ton récent mail m’a convaincu de sortir du silence que j’observais depuis plus de 4 ans.

Je ne te connais pas bien Samuel. Tu es devenu actif dans l’association peu de temps avant que j’en parte. Mais pour le peu que je connaissais de toi, tu m’apparaissais comme une personne calme et mesurée. Avec ton expérience professionnelle conséquente comme assistant parlementaire puis désormais comme journaliste, je pensais que le poste de président serait enfin pleinement assumé, d’une manière équilibrée et rassembleuse. Récent dans ta fonction, tu as hérité d’une situation dégradée laissée par tes prédécesseurs. Tu avais donc la possibilité de remettre les choses à plat, de calmer le jeu, d’arrêter certaines dérives actuelles de l’association et d’écouter les protestataires, dont j’en connais plusieurs, et qui sont loin d’être la bande de trolls comme les a très maladroitement décrits la vice-présidente de l’association. Beaucoup sont des Wikipédiens impliqués et estimés et qui sont pour certains à l’origine ou ont fortement contribué aux réussites récentes de WMFr (Wikicheese, le MOOC..). Je suis donc étonné par la violence de tes propos, par ce que je perçois comme un déni de la réalité, avec un angle de vue unique. Tu ne sembles pas réaliser les dégâts que cela peut occasionner à l’association mais également à la Wikipédia francophone.

Je passe rapidement sur passage qui me peut me concerner où tu affirmes erronément que « *depuis 2013, date à laquelle la gestion des salariés posait de nombreux (mais classiques) problèmes humains et légaux, qui ont pu être surmontés depuis grâce à cette décision* » (NdR : la nomination de Nathalie Martin au poste de directrice exécutive). Je te souhaite comme président de retrouver ce que j’ai connu comme directeur exécutif : une équipe salariée motivée, contente de travailler pour Wikimédia France (aucun turn-over), appréciée de la communauté wikipédienne et des bénévoles wikimédiens et un rapport Résultats obtenus (Glam, éducation, levée de fonds…) / Coûts très efficient (leurs salaires étaient très raisonnables voire sans doute un peu faibles et pour le reste j’étais très vigilant sur l’usage de l’argent des donateurs). Et donc qui ne posait aucun problème humain ou légal contrairement à ce que tu avances. Mais ton propos illustre bien le fossé existant désormais dans l’association car plusieurs membres et d’anciens salariés datent eux au contraire le début des problèmes humains et légaux à partir de cette décision.

Ton mail a été traduit sur la liste de discussion internationale Wikimédia par Chris Keating, un Wikimédien anglophone reconnu, impliqué dans le chapter britannique et qui je crois a été membre du FDC dans le passé, puis largement commenté par des wikimédiens dont beaucoup connaissent bien le fonctionnement d’un chapter et ses relations avec la communauté des contributeurs. Les propos ne sont pas tendres à ton égard (Chris évoque même la possibilité que Wikimédia France perde l’agrément de la fondation qui permet d’utiliser les marques Wikimédia). Tu y a même été traité de menteur. Je ne souscris pas à cette dernière accusation. Tu ne mens pas, tu te trompes. Certains de tes propos sont objectivement inexacts. J’attribue cela à ta méconnaissance du droit et du management d’une association. Et le fond de ton propos reflète selon moi une vue biaisée ou sous influence de la situation, je ne sais quel terme choisir car j’ai du mal à me l’expliquer.

Je vais d’abord réagir sur des points généraux que tu énonces sur le droit du travail, la responsabilité du conseil d’administration (CA) ou la protection des salariés et où tu affirmes plusieurs choses inexactes. Il me parait important que les membres de l’association aient une information correcte sur ces points.

Je te cite :

« *Des demandes diverses contraires au droit social et au fonctionnement de l’association émergent régulièrement : assister la direction pendant les entretiens de recrutements, pouvoir émettre des critiques sans avoir les éléments sur la qualité du travail accompli, choisir de sanctionner ou pas… Et même que des sanctions puissent être discutées en AG !* »

Que des bénévoles assistent la Direction lors d’entretiens de recrutement, le Droit social ne l’interdit nullement. Et le Droit des associations y pousserait plutôt car cela est dans l’esprit de la loi de 1901 qui définit l’association comme une mutualisation de moyens donc qui encourage l’association à utiliser tous les moyens techniques, intellectuels, matériels que les membres peuvent fournir. Les membres de Wikimédia France, tout bénévoles qu’ils sont, ont par ailleurs pour beaucoup une activité professionnelle donc potentiellement des compétences en ressources humaines ou en management. Ils peuvent aussi simplement avoir des qualités d’écoute ou de jugement et surtout ils connaissent le fonctionnement de l’association et pour beaucoup le fonctionnement complexe de la communauté wikimédienne. Un atout non négligeable. C’est aussi une manière d’optimiser les ressources humaines et financières de l’association et de valoriser les compétences des membres. Le recrutement de l’équipe que je manageais a été fait ainsi, et j’ai même souhaité une fois directeur exécutif, que cela soit maintenu (recrutement de Sébastien) même si la décision finale sur le profil me revenait après discussion avec le CA. La qualité des personnes recrutées et de leur travail montrent la pertinence de ce modèle. Il présente l’avantage d’éviter tout soupçon de favoritisme ou népotisme. Car là sur différents échos que j’ai eus, le recrutement a été fait uniquement par la Directrice exécutive et plusieurs des recrutés ont un lien familial direct ou indirect ou sont des proches de cette dernière ou de Cyrille Bertin. Cela ne remet pas en cause leurs compétences mais si cela est avéré (et comme mes sources sont fiables, j’ai tendance à le penser), cela est contraire à l’éthique que doit avoir une association financée par le don du public, surtout que ce financement est obtenu – il ne fait jamais l’oublier – grâce au travail bénévole des Wikipédiens. Ce qui oblige l’association à être irréprochable sur son principal centre de cout.

Sur le fait de « *pouvoir émettre des critiques sans avoir les éléments sur la qualité du travail accompli *», c’est plus délicat. Mais les bénévoles travaillant avec les salariés et/ou étant impactés dans leur activité wikimédienne/wikipédienne ou autre par le travail des salariés doivent pouvoir émettre des critiques. Là encore le Droit social ne l’interdit pas. Le principal problème est que le salarié n’a pas la même liberté que le membre donc avec le risque qu’il ne puisse répondre ou se défendre. Mais la mise en place de règles conformes à l’éthique wikimédienne et l’instauration d’un dialogue, possible au vu de la taille de l’association, peut permettre de surmonter ce problème. Il faut donc que le lien entre bénévoles et salariés soient permanents et encouragés même si cela rend le management plus difficile mais cela facilite la mission de Wikimédia France et c’est cela qui est le plus important.

Pour « *choisir de sanctionner ou pas…*», c’est un point où je suis d’accord. Il revient à la Direction de prendre cette décision. Encore faut-il qu’elle s’exerce dans un cadre clair, défini par le CA et répondant à une philosophie discutée au sein de l’association et dont les principes ont été validés par ses membres en assemblée générale. Cela est assez courant dans le milieu associatif et vu les spécificités de Wikimédia France, qui évolue dans la sphère plus large du mouvement Wikimédia et des communautés liées aux différents projets (Wikipédia, Commons, etc.), cela me parait même obligatoire. Cela aurait évité le conflit récent avec Jules qui a du choisir entre les ordres de sa hiérarchie et l’éthique wikipédienne. A propos de ce licenciement tu indiques que encore maintenant « *Jules est tenu à un devoir de loyauté envers son employeur *». C’est inexact, vous avez rompu le contrat de travail donc l’obligation de loyauté a disparu. Son contrat de travail peut comporter une clause de confidentialité mais la jurisprudence a fortement limité la portée de ce genre de clause, souvent jugée abusive (et dans le cas de Wikimédia France un peu contraire à ses valeurs). Par contre il faut noter que Jules a été d’une grande loyauté à la communauté wikimédienne dans sa présentation des évènements après son licenciement au détriment de son intérêt financier s’il voulait attaquer ce licenciement.

Tu précises également « *qu’une “clause de conscience” ne peut être invoquée dans ce cadre car elle n’est définie que pour la profession de journaliste*.» Là encore c’est inexact. La clause de conscience existe également pour des professions médicales (cf. l’article de Wikipédia sur le sujet) mais elle a aussi été mise en place dans certains ONG et fondations, comme par exemple des fondations d’entreprise où le salarié peut se trouver en porte à faux entre le but affiché de la fondation et l’intérêt de l’entreprise. A réfléchir s’il ne faudrait pas mettre en place une telle clause pour les salariés de Wikimédia France.

Tu t’emportes « *que des sanctions puissent être discutées en AG !* », pourtant elles le peuvent, la loi le permet car l’assemblée générale est souveraine dans une association. Je ne dis pas que c’est une bonne solution mais le Droit des associations est assez clair. La prochaine AG par exemple est tout a fait en droit par un vote majoritaire de s’opposer au licenciement de Jules. Pour la bonne gestion d’une association, il faut mieux éviter que le management direct des salariés soit fait de cette façon et donc je conseillerai de mettre en place ce que je viens d’expliquer plus haut.

« *Sur la responsabilité du conseil d’administration* », elle ne peut être que morale mais pas légale. Contrairement à ce que tu avances, le CA ne sera jamais traduit devant les prud’hommes. Les membres du conseil d’administration ne sont responsables qu’à titre individuel et qu’en cas de faute personnelle délibérée. La responsabilité légale (donc aussi pénale) dans une association repose sur les épaules du président et, pour leur domaine respectif, également sur celles du trésorier et du secrétaire et ce même en cas de simple négligence ou de « délégation du pouvoir Employeur » à un directeur/directrice salarié.

Sur la protection des salariés ce que tu dis est exact. L’employeur a une obligation de veiller à la sécurité et à la protection de la santé de ses salariés pendant leur travail. Et comme dit plus haut, la délégation d’employeur ne dégage pas l’association (donc son président) de sa responsabilité. Mais si je suis assez d’accord avec ton propos, je regrette qu’il n’ait pas été énoncé plus tôt par tes prédécesseurs. Car là si j’ai bien compris, on parle des attaques contre les deux salariés constituant la Direction de WMFr (même si je ne comprends pas, comme le FDC, le rôle de Directeur adjoint occupé par Cyrille Bertin au vu de la taille de l’équipe salariée et du budget de l’association) et comme cela a été signalé sur la liste de discussion internationale, l’impression générale de ton mail est qu’il vise non pas à sauvegarder l’association comme tu le proclames mais plus à sauver les « soldats Martin et Bertin ».

Ton propos me choque au regard que ce que tu dis dans un peu plus loin dans ton mail sur la « souffrance » de Nathalie Martin : « *Pour un mouvement comme le nôtre qui met en avant ses valeurs d’inclusivité et de transparence, nous sommes très surpris que rien ne soit mis en place pour prendre en compte la souffrance des salariés et assurer la protection des femmes sur leur lieu de travail.* »

Car quand je lis cela, je ne pense pas à Nathalie Martin mais à d’anciennes salariées de Wikimédia France. De la souffrance au travail dans l’association il y en a eue et il y en a sans doute encore, les témoignages que j’ai entendus me l’ont confirmé et crois moi, mon expérience RH me permet de différencier une vraie souffrance d’un ressentiment ou d’un désir de vengeance. Le turn-over important de l’association en a été une des conséquences.

Mais alors je te renvoie la question ; au sein de Wikimédia France qu’est ce qui est « *mis en place pour prendre en compte la souffrance des salariés et assurer la protection des femmes sur leur lieu de travail.* » ? Pourquoi cela n’a t-il jamais été abordé ou discuté par le CA avec les membres qui ont posé des questions sur le management des salariés ? A à ma connaissance, ils n’ont pas eu de réponse satisfaisante, le CA se retranchant encore et toujours derrière la « délégation d’employeur » accordée à la directrice exécutive. Pourquoi ces salariés n’ont ils pas pu exprimer leur malaise ou ce qu’ils affirmaient subir de leur hiérarchie ?

Ce dégagement complet du Conseil d’administration du volet RH de l’association est une grave erreur. Car les valeurs humaines que doit porter WMFr peuvent être bafouées et l’association perd aussi des compétences et des personnes de grande valeur. Il serait utile de mettre en place un référent RH au sein du CA (je crois que WMUK l’a fait) ou mieux, un comité composé de quelques bénévoles ayant l’expérience du management et/ou des RH a qui les salariés puissent librement se confier et qui s’assure que les valeurs wikimédiennes de l’association sont bien respectées dans la gestion des salariés et que leur parole est entendue et avoir une entretien avec chaque partant comme cela est fréquent aussi dans de nombreuses organisations.

Abordons maintenant ce qui se dégage sur le fond de ton mail.

Il apparait un autoritarisme et un manque de transparence dans le fonctionnement de l’association qui ne correspondent pas aux valeurs que je connaissais de Wikimédia France. Tu sembles justifier la nécessité de cet autoritarisme en proclamant que Wikimédia France ne peut pas être gérée comme Wikipédia. Une phrase que j’ai souvent entendue… Crois en mon expérience, Wikimédia France ne peut certes pas être gérée comme Wikipédia mais Wikimédia France, dont le soutien à Wikipédia est sa principale raison d’être et à cause du mode de gestion particulier de ce formidable projet, ne peut pas être gérée comme une association classique. Wikimédia France se doit de porter les valeurs de Wikipédia sinon l’association ne peut simplement pas répondre à sa mission. Il faut donc accepter le débat, la confrontation, une large liberté d’expression des salariés et une imbrication, pas forcément simple à gérer je le reconnais, entre contributeurs, bénévoles et salariés. Et les salariés doivent être formés à cela.

Il faut promouvoir aussi une très grande transparence et c’est à toi, en tant que Président du CA, de porter cela. Sur ce sujet, l’impression un peu lointaine que j’en avais a été confortée par mes échanges récents avec les membres et d’anciens salariés. L’association ces dernières années est devenue moins transparente dans sa gestion, dans ses dépenses, s’exposant du coup aux critiques et aux rumeurs.

Prenons l’exemple des salaires, le principal centre de couts de l’association et qui dans toute association avec salariés et bénévoles est un point critique et une source de crispation si la transparence n’est pas assurée. Prenons le salaire le plus élevé et dont j’ai ces derniers temps beaucoup entendu parlé, celui de la directrice exécutive. Les montants qui m’ont été communiqués sont très variés, preuve que le sujet est source de rumeurs donc de potentielles crispations dans l’association. Si je me fie aux sources que je considère comme fiables, ce salaire semble être passé il y a quelques mois de 60 000 € à 72 000 € brut par an. Impossible pour moi de savoir si le montant de ce salaire est exact car il n’est pas public. Pourtant la publicité du salaire du dirigeant devient de plus en plus fréquente dans les associations ou ONG et il est même obligatoire en France (pour je crois les 3 principaux salaires) pour les associations ou fondations qui reçoivent de l’argent public. D’autres chapters Wikimédia l’ont mis en place: j’ai le souvenir par exemple de WMUK où le détail de la rémunération de leur directeur exécutif était visible sur leur wiki interne. Pourquoi cela ne l’est pas chez Wikimédia France dont tu vantes pourtant la bonne gouvernance ?

Lorsque j’étais membre du conseil d’administration et trésorier de l’association, j’avais fait voter une résolution par le CA indiquant que tous les salaires de l’association seraient connus des membres et ce en plein accord avec les salariés auxquels j’avais expliqué le sens de ma démarche. A ma connaissance, cette résolution n’a pas été abrogée, pourquoi alors n’est-elle pas appliquée ? Surtout cela a été réclamé au moins une fois par un membre, et le président d’alors avait botté en touche en indiquant qu’il allait étudier la question avec le trésorier pour au final enterrer le dossier.

La transparence sur les salaires peut avoir le défaut de s’exposer à certains trolls mais a le grand avantage d’obliger à l’équité entre salariés (je ne dis pas égalité, leurs compétences et expériences sont différentes) et surtout à accorder un salaire “juste” car l’association a l’obligation de justifier son montant devant ses membres et ses donateurs. Par cette absence de transparence vous prêtez flanc aux rumeurs.

Ma première réaction sur le salaire de la directrice exécutive a été de le trouver élevé au vu la taille de l’équipe salariée et du budget géré par WMFr et au regard de ce qui se pratique dans des associations d’intérêt général ou des ONG au budget/nombre de salariés similaires sur la région parisienne. Mais je peux me tromper. J’imagine que le CA n’a pas accordé ce niveau salaire sans une solide étude comparative (menée ou diligentée par le CA et non par la directrice exécutive). Pourquoi alors ne pas le rendre public ? Pour rappel, j’avais soumis mon salaire de directeur exécutif, 53 000 € brut, prime de précarité CDD inclus, à l’approbation des membres comme cela se pratique dans plusieurs associations et dans les grandes entreprises et j’étais prêt à justifier devant n’importe quel membre ce montant.

Je pourrais également citer l’exemple des notes de frais, un autre point critique des associations en général.

Cette nécessité de transparence financière est une obligation absolue vis a vis des membres et des donateurs. Et là qu’est je lis : «* Nous réaffirmons également que si des adhérents possèdent des preuves de malversations, ils sont tout à fait à même de les transmettre aux autorités compétentes ; le reste n’est que on-dit et intimidation.* »

Ce n’est clairement pas la bonne réponse. Car ici c’est toi qui fait de l’intimidation. Y a-t-il des rumeurs de malversations. Oui j’en ai entendues. Sont-elles fondées? Aucune idée. Et il sera aussi difficile aux membres de s’en faire une idée également, d’en apporter confirmation ou infirmation vu le verrouillage actuelle de l’association, sa transparence insuffisante et les très fortes restrictions faites aux salariés dans leur expression. A cela s’ajoute une difficulté que j’ai mentionnée plus haut sur l’éthique de l’association. Le choix d’un comptable ayant un lien familial avec Cyrille Bertin (je crois que la comptable précédente était elle la voisine de Nathalie Martin). Même si ce comptable est compétent et intègre (soyons clair, je ne remet nullement en cause ni l’un, ni l’autre), le manque d’éthique dans sa nomination prête le flanc aux rumeurs.

Alors là encore je vais reprendre mon exemple personnel. Lorsque j’étais trésorier, j’ai le souvenir d’un membre qui avait protesté en des termes peu amènes contre ce qu’il considérait être un manque de transparence dans les déplacements de membres du CA. Je ne l’ai pas menacé, je ne lui ait pas dit d’aller porter plainte s’il avait des éléments à charge. Je l’ai simplement dit que je me tenais à sa disposition pour lui montrer dans le détail les frais et les pièces justificatives (factures) et qu’il pourrait vérifier que ce détail était bien exhaustif car le total des frais correspondrait au total de la ligne comptable validé par l’expert-comptable et par le commissaire aux comptes dans nos comptes annuels. Wikimédia France disposant désormais d’un comptable, il serait facile de mettre cela en place, voire comme le font certaines organisations scandinaves publiques, de rendre accessible via un tableur, le détail précis des l’ensemble des frais remboursés ou engagées pour les salariés ou les membres. Je regrette également le changement d’expert-comptable de l’association par Nathalie Martin a son arrivée. Le cabinet que j’avais choisi, parmi trois pré-selectionnés par la précédente trésorière Delphine Ménard, est dirigé par un expert-comptable réputé sur la région de Paris pour son expertise sur la bonne gouvernance des associations. Il aurait été de bon conseil.

Un autre point qui le surprend dans tes propos est ce qui m’apparait comme un déni de réalité par rapport à tout ce que j’ai pu entendre ou lire ces derniers temps. Tu dis que la majorité des membres soutiennent ta position. Je te cite de nouveau : « *La récente consultation menée auprès de l’ensemble de nos membres a d’ailleurs confirmé l’exaspération et l’incompréhension de beaucoup d’entre vous quant à ces pratiques de dénigrement qui portent atteinte à l’image de notre association et de nos projets. *»

Là, il y a un problème de crédibilité. La liste de discussion est modérée a priori et, soyons franc, tout ce qui déplait à la Direction ou au CA n’est pas publié, plusieurs membres parlent ainsi de censure au point d’avoir créé une liste parallèle assez suivie. Si les personnes s’opposant à la direction ou au CA sont interdits de s’exprimer ou exclus de l’association, la majeure partie des membres, dont beaucoup sont des « membres passifs », comme dans beaucoup d’associations, n’aura qu’une information filtrée, lissée, ce que l’on pourrait appeler la « ligne du Parti ». Difficile pour eux de se faire alors un avis objectif de la situation. Quel crédit alors donner à la consultation dont tu parles ?

Tu caricatures aussi trop facilement les opposants. Prenons l’exemple de Pyb. Je le prends à dessein car sur ce que j’ai pu lire il est un des membres s’opposant le plus à la ligne actuelle de la Direction mais aussi car je n’ai pas eu de contacts avec lui depuis mon départ de l’association fin 2012. Il ne correspond pas du tout à la définition que tu donnes de comportements « *dictés que par des guerres d’ego et des aigreurs personnelles *». A moins que ces dernières années, sa fréquentation de personnages illustres dans son projet commoniste de couvrir le cimetière du père Lachaise l’ait profondément changé, il ne se livre pas à des guerres d’égo. Il n’a aucun raison d’être aigri car il est reconnu par son travail de contributeur dans les communautés wikipédienne, commoniste et wikisourcienne mais également dans son travail de bénévole qu’il exerce depuis longtemps pour l’association avec quelques jolies réussites que Wikimédia France a d’ailleurs mises en avant pour obtenir la dotation du FDC (Wikicheese, Wikiconvention…). Enfin Pyb porte largement les valeurs de Wikimédia France. Il faudrait donc mieux que l’association soutienne aussi le « soldat Pyb » et d’autres membres très impliqués dans l’association et dans les projets même s’ils sont très remontés contre la Direction actuelle, que le CA les écoute sincèrement quand ils estiment que les valeurs de Wikimédia France sont bafouées plutôt que de les clouer au pilori.

Toi et le CA semblaient un peu aux abois face à cette exigence de dialogue et de changement par de nombreux membres. Par exemple tu annonces que « *dans le souci de donner la parole à chacun dans un cadre ouvert, constructif et collaboratif, nous organiserons à la rentrée une grande réunion à Paris, sur laquelle nous vous reviendrons. *» alors qu’en parallèle, vous avez freiné l’organisation d’une Assemblée Générale Extraordinaire demandée par de nombreux membres. Or dans une association c’est à l’assemblée générale que l’on discute de tels problèmes. Elle présente aussi l’avantage, l’AG étant souveraine (sur le CA et sur les statuts), des décisions peuvent être prises par les membres, ce que ne permet pas la *« grande réunion *» que tu préconises, beaucoup moins démocratique.

Il faudrait aussi éviter de brandir la menace judiciaire («*nous prendrons très rapidement les mesures juridiques nécessaires contre les personnes qui se livrent à des actions répréhensibles par la loi à l’encontre de salariés ou de membres du CA*»), cela est contre-productif, suscite de la peur ou de la colère et est perçu par beaucoup comme une volonté de faire taire toute opposition. Certaines procédures ou menaces de procédures judiciaires menées contre des membres ou d’anciens salariés sont disproportionnées au regard de ce qui leur est reproché et comme tu le dis toi même cela génère des «* frais élevés d’avocats *». Comme trésorier et comme directeur exécutif, j’ai pu aussi subir des remarques un peu mesquines, prendre des coups. Je n’allais pas engager l’argent de l’association, qui on ne le répète jamais assez, est l’argent des donateurs, dans des procédures judiciaires contre ceux qui me critiquait ou critiquait le CA ! Les frais d’avocats étaient alors dépensés plus utilement dans la défense par exemple de patrouilleurs de Wikipédia injustement attaqués en justice. Il faut revenir à un peu plus de raison.

Tu déclares que « *cette problématique concerne le mouvement Wikimedia dans sa globalité : beaucoup d’autres chapitres et la fondation elle-même rencontrent des problèmes de gestion des salariés, d’ingérence de bénévoles et de souffrance au travail.*» Sans doute même si aussi plusieurs chapitres n’en ont pas rencontrés, ou pas dans de telles proportions. Et la fondation et les chapitres qui en ont rencontré ont pris des mesures, souvent les mêmes car faisaient face aux même causes (autoritarisme, pouvoir trop concentré, manque de dialogue avec les salariés, etc. ) , pourquoi ne pas s’en inspirer ? La fondation a même innové : elle a augmenté l’ingérence des bénévoles en créant le FDC !

Enfin les accusations publiques portées contre Florence Devouard et celles contre Christophe Henner, pour justifier la diminution de la dotation du FDC, me laissent très dubitatif.

Pour Florence, elle a raison de s’inquiéter si la création d’un fond de dotation est à l’étude sans que les membres en aient été informés alors que le projet semble déjà avoir été discuté avec d’autres organisations. Au vu de la méfiance actuelle sur la transparence de l’association, sa réaction est assez normale. Florence peut être parfois excessive mais cela s’explique par son profond attachement à Wikimédia France qu’elle a contribué à créer, aux projets, au mouvement Wikimédia et aux valeurs qu’il portent et auxquels elle a beaucoup donné. Pour éviter le problème que tu évoques, il aurait été plus simple, plus transparent de ne pas censurer son mail sur la liste de discussion de l’association et d’y répondre directement si tu pensais qu’il s’agissait d’« *allégations infondées* ».

Pour Christophe, je suis assez surpris et trouve les reproches faits un peu curieux. Je le dis d’autant plus facilement que je me suis souvent affronté à lui car nous avions une vision radicalement différente de la bonne gouvernance de Wikimédia France ou du management de salariés et que la situation actuelle de l’association me donne douloureusement raison.

Je te cite « *Nous avons ensuite été contraints de signaler à la fondation des agissements graves de Christophe Henner à l’encontre de Nathalie Martin quand il était président de Wikimédia France et donc l’employeur de Nathalie* ». D’abord une remarque : Christophe n’était pas l’employeur de Nathalie Martin. L’employeur c’était Wikimédia France représenté par le Conseil d’administration. Et sauf si le CA avait donné une délégation expresse à Christophe sur ce point, il n’était pas son hiérarchique et Nathalie Martin n’avait pas de lien de subordination. Si de tels faits ont pu se produire, cela démontre un sérieux problèmes de gouvernance, de maturité et d’attention des membres du CA qui étaient en contact régulier, au moins pendant les réunions trimestrielles, avec la directrice exécutive. Maintenant je peux comprendre que cela n’est sans doute pas facile pour une directrice exécutive d’affronter son président, quoique, mais pourquoi Nathalie Martin n’a-t-elle rien signalé au conseil d’administration ou ne s’est-elle pas confié à certains de ses membres ? Pourquoi, alors qu’elle a lancé une procédure judiciaire personnelle mais appuyée (financée ?) par l’association contre un ancien salarié pour un motif que je juge assez futile, ne l’a-telle pas fait contre Christophe alors que le motif avancé est beaucoup plus grave ? Pourquoi ces accusations n’apparaissent-elles qu’en mars dernier avec le mail d’Emeric Vallespi, alors président, au moment si je ne me trompe où cela s’annonçait mal pour la dotation du FDC ?

Sans que je juge si les accusations sont fondées ou pas, je n’ai aucun élément pour le faire, tu admettras que cela affaiblit ces accusations. Enfin pour avoir en tant que responsable RH eut à traiter des cas de harcèlement dans ma vie professionnelle d’un homme vers une femme, puisqu’il faut appeller un chat un chat, c’est de cela qu’il s’agit, je m’étonne que Christophe ait été un fervent défenseur du recrutement direct de Cyrille Bertin, le conjoint de Nathalie, répondant assez vertement aux protestations de quelques membres sur ce choix et le mode de recrutement.

Surtout je trouve que lier la décision du FDC a une influence de Christophe est insultant pour le travail et l’éthique des membres de ce comité qui sont des bénévoles souvent très engagés dans la vie de leur chapter et des contributeurs des projets donc qui peuvent avoir une vision juste de l’utilisation des fonds faite par les organisations postulantes au FDC. Je ne les connais pas tous (4 ans que j’ai quitté le mouvement) mais pour ceux que j’ai eu l’occasion de connaitre (Mike Peel et Itzik Edri), se sont des personnes de grande valeur et ayant une forte éthique.

Pour résumer, là tu donnes l’impression que le CA et les salariés sont dans un château assiégé dont on a remonté le pont levis, mettant au passage la plupart des salariés en position inconfortable et non pas protectrice comme tu le prétends. Et tu alimentes une théorie du complot à laquelle j’ai l’impression que seules les membres du CA et les deux salariés de la Direction adhèrent, perdant beaucoup de crédibilité dans le mouvement Wikimédia et dans la communauté wikipédienne.

Voila j’espère vivement que les membres de Wikimédia France pourront prendre connaissance de ces informations et que toi Samuel et les autres membres du CA, tu reviendras à une présidence rassembleuse, qu’avec les autres signataires de ton mail, vous sortiez de l’aveuglement ou du sentiment de persécution dans lequel vous vous êtes enfermés et que vous réalisiez la situation dans la laquelle est aujourd’hui Wikimédia France, le risque que vous faites courir pour la pérennité de l’association et surtout le risque que vous faites courir à Wikipédia.

J’ai appris que la fondation allait diligenter un audit. Dans un souci de transparence et pour le meilleur déroulement possible de cet audit, je suggère que toi, Samuel, en tant que président de Wikimédia France tu permettes à tout ancien ou actuel salarié de pouvoir témoigner librement, donc de délivrer de la clause de confidentialité ceux qui en ont signé et que tu t’engages formellement à ce qu’aucun salarié actuel ou passé ne subisse de mesures de rétorsion suite au témoignage qu’il pourrait faire devant les auditeurs.

Cordialement

Thierry
Source : Wikimedia, Thierry Coudray, 18-07-2017

 

Voir aussi : Wikimédia France, de 2013 à 2017

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

36 réponses à Exclusions, menaces, budget recalé : c’est la crise chez Wikimédia France (+ lettre de l’ancien Président)

Commentaires recommandés

Fritz Le 22 juillet 2017 à 06h20

C’est la rançon du succès : “Lorsque Dieu a créé la parole, le diable a créé l’institution”.

Dommage que ce dossier n’aborde pas le biais de certains administrateurs. On en a discuté ici même pour l’affaire de Khan Cheikhoun. Ayant moi-même contribué à Wikipédia, je garantis l’intérêt de cette encyclopédie coopérative, à condition qu’elle ne remplace pas les autres sources du savoir. Mais j’ajoute que certains sujets sont tabous : essayez de remettre en cause des “sources” aussi orientées que Conspiracy Watch, ou Bellingcat, et vous serez pris à partie sans aucune courtoisie.

  1. Fritz Le 22 juillet 2017 à 06h20
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    C’est la rançon du succès : “Lorsque Dieu a créé la parole, le diable a créé l’institution”.

    Dommage que ce dossier n’aborde pas le biais de certains administrateurs. On en a discuté ici même pour l’affaire de Khan Cheikhoun. Ayant moi-même contribué à Wikipédia, je garantis l’intérêt de cette encyclopédie coopérative, à condition qu’elle ne remplace pas les autres sources du savoir. Mais j’ajoute que certains sujets sont tabous : essayez de remettre en cause des “sources” aussi orientées que Conspiracy Watch, ou Bellingcat, et vous serez pris à partie sans aucune courtoisie.


    • Vanda Le 22 juillet 2017 à 07h38
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      “essayez de remettre en cause des “sources” aussi orientées que ../. ou Bellingcat”

      L’activiste Eliot Higgins, fondateur de Bellingcat est un agent essentiel de la propagande occidentale NATO-US en politique internationale. Ses “sources” sont à la base de la doxa
      des médias occidentaux
      «Ni journaliste, ni expert en géopolitique, ce geek de Leicester est pourtant devenu, grâce à son blog, la meilleure source d’informations sur le conflit syrien.»

      http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2014/02/28/le-nerd-de-la-guerre_4374533_4497186.html#F0miTdAJGlyiKOqw.99

      Des critiques argumentées mais inaudibles coté occidental …
      https://fr.sputniknews.com/international/201609201027840617-ukraine-russie-mh17/


      • Lysbeth Levy Le 22 juillet 2017 à 09h21
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        Ah le cas de Eliot Higgins, (Bellingcat) est clair c’est une fraude complète, au fil de ces interventions entre internautes il finit par être “découvert”, ni chômeur ni simple adepte du net il n’est qu’un soldat de l’armée britannique de plus, un propagandiste. Tim Hayard en parle “ces avis” ne sont que des “opinions” et non “des faits” : https://timhayward.wordpress.com/2017/07/17/on-bellingcat-truth-and-war-revised/ Quand à Wikipedia/Wikimedia ça ne m’étonne pas qu’ils soit “obligé” de suivre la narrative de l’Empire, son proprio appartient à cette Upper-class et pourquoi voudrait il décevoir ces collègues ? Surtout que les médias rapportent les faits de telle façon que la vérité n’existe pas dans ce domaine, il faut chercher ailleurs. Et même la Russie n’a pas le droit d’avoir son avis sur l’enquête qui au final n’a pas donné grand chose et rajoute à la confusion.


      • tepavac Le 22 juillet 2017 à 09h43
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        “L’activiste Eliot Higgins, fondateur de Bellingcat est un agent essentiel de la propagande occidentale NATO-US en politique internationale.”

        Qu’il soit “agent” d’un service d’action est une chose, qui malheureusement est largement utilisé par tous les “services clandestins”, mais qu’un Tribunal, de surcroit qui se veut de dimension mondiale, utilise des accusations romancées pour assoir une “politique” d’agression, de crime et de vol, est là la plus inique, la plus sacrilège des associations.

        Le sort des victimes du MH17, celui de l’Irak, de l’ex-Yougoslavie, en passant par la Libye, la Syrie et j’en passe, resterons à jamais des victimes cachées et dont les souffrances seront étouffées par le poids du mensonge.
        Wikipédia est à ce titre soit le Rand Paul, soit le H. Higgins de ce rouage d’administration planétaire. Selon sa prestation, nous sommes soit éclairé, soit les victimes complices involontaire d’une barbarie.

        J’aime beaucoup l’approche générale de Wiki, leur sens de la vérité, pourtant sur certains sujets d’actualités clivant, il apparait de plus en plus, un monstrueux parti-pris pour les “néo-colonialistes” dont le bras armé est le mercenariat et le terrorisme.

        Venant de Wiki, c’est écœurant.


        • fanfan Le 23 juillet 2017 à 12h05
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          8 mai : E. Vallespi (président du Conseil d’administration de Wikimédia France) se présente officiellement comme candidat suppléant à la législature au sein du mouvement En Marche…
          20 juin : Édouard Hue annonce sur la liste de discussion que “Le président de Wikimédia France, Émeric Vallespi, a été élu ce dimanche député suppléant de la douzième circonscription des Yvelines”
          25 juin : Émeric Vallespi démissionne de son poste de président de Wikimédia France mais reste membre du Conseil d’administration.


      • SanKuKai Le 24 juillet 2017 à 15h36
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        Il est d’ailleurs intéressant de comparer le traitement réservé au blogueur Eliot Higgins et au blogueur Olivier Berruyer.
        Pour l’un (je vous laisse deviner lequel) la question “En quoi mérite-t-il d’avoir une page sur wikipedia ?” est posée, pour l’autre non.
        Cf. la discussion Wikipedia suivante:
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Olivier_Berruyer


    • Macarel Le 22 juillet 2017 à 10h12
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      Nous sommes un pays qui a produit des lois mémorielles. Il n’est, qu’en voir les effets sur ce site même, qui ferme les commentaires sur les sujets pouvant donner lieu à application de ces lois. Et l’on comprend dans ce contexte que les gestionnaires du site agissent ainsi.
      Nous sommes un pays dans lequel existe une censure par la loi, et dans lequel un certain nombre de sujets sont de facto tabous, sans qu’il n’y ait besoin de loi du type précédemment évoqué. Les médias dominants maîtrisent suffisamment un certain nombre de techniques, qui permettent d’éviter ou d’étouffer tout débat sérieux sur les sujets qui dérangent. Il n’y a pas de raison que le site Wikimédia échappe à ce contexte. On critiquait l’ancienne ORTF, mais la pluralité des canaux d’information n’a sur le fond rien changé à la libération de la parole et à la possibilité de débats contradictoires sérieux et argumentés sur des sujets sensibles ou donnant lieu à controverses.
      Les citoyens sont par principes considérés comme immatures, et donc sur un certain nombre de sujets il faut leur dire ce qu’il faut penser. Ou à tout le moins éviter tout simplement qu’ils pensent.


    • kingxvi Le 24 juillet 2017 à 12h57
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      Elle vient d’où cette phrase ? jamais vue.


  2. Dizalch Le 22 juillet 2017 à 07h38
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    Passionnant Olivier, merci. Consultant régulièrement le Wiki, en plus d’autres sources, j’avais déjà remarqué une grande différence d’information/contenu entre la version Anglaise et Française; Et je m’étais déjà fait la remarque sur “l’étrangeté des manques d’information en France” sur certains sujets”.
    En lisant l’article ci-dessus et la réponse de l’ex Directeur, on comprend un peu mieux qu’il y a des “grains de sable” dans les rouages… Le Népotisme est un process abject, ainsi que l’autoritarisme et les intimidations/menaces… “surtout” dans le cadre du Wiki… qui est du “Libre”… chose que la direction actuelle et le CA semblent avoir oublié/mis du côté… ce n’est pas un “outil pour un ex-parlementaire/journaliste et ses amis/connaissances”…

    J’espère que l’Audit va tirer tout cela au claire “vite et bien”… car c’est essentiel…


    • marc Le 22 juillet 2017 à 10h49
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      désolé mais c’est souvent aussi l’inverse : des articles en anglais bien mois fourni que leur version française


  3. diox Le 22 juillet 2017 à 08h01
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    Ayant traversé plusieurs association en loi 1901. Le courrier de Monsieur Thierry Coudrai met le doigt sur le principal problème : le salariat. et surtout les salariés qui découvrent comment abuser du système pour soutirer 99% des dons et laisser 1% pour l’action sociale réelle.
    Résultat les donations se transforment en piscine, voiture de luxe, repas dans des grands restaurants au grand mépris de l’objectif de base d’une association : la mutualisation de moyens.

    Il faudra une réforme en profondeur de cette loi 1901 pour faire cesser les abus et les nombreuses fois où on doit lire ce genre de texte sur les associations françaises dont le but est bien plus lucratif qu’on voudrai nous le faire croire.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Crozemarie


    • Alfred Le 22 juillet 2017 à 09h14
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      @ diox. Ayant aussi contribué à un grand nombre d’asso je pense comme vous qu’il existe toujours un hiatus à partir d’une certaine taille entre les salariés et les bénévoles. C’est inévitable. J’en connais plusieurs de l’intérieur cependant qui n’ont pas perdu de vue leur raison d’être et qui ont survécu à toutes les crises, toutes les modes, toutes les équipes et qui ont su s’adapter en gardant l’essentiel (de grosses structures multi decenales). Il me semble très important de le rappeler et de ne pas dénigrer à tout va (même si un paquet d’asso sont des paniers de crabes et des machines à détourner du fric). Celles qui ne se sont pas perdues sont encore de beaux outils grâce à l’engagement, l’intelligence, la générosité et le sérieux de leurs bénévoles comme de leurs salariés.
      Ça fait gnagnan de le dire mas l’engagement de tous les jours n’est pas si courant dans nos sociétés alors il ne fait pas cracher dessus.


    • tepavac Le 22 juillet 2017 à 13h32
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      Vos propos pointent involontairement, mais judicieusement, vers la principale des associations, le Droit inaliénable d’association des peuples à se choisir un destin commun et par delà, les associations politiques qui en découlent et les dérives que vous mentionnées à juste titre.

      Oui! il y a un sacré et pénible travail à faire pour “cadrer” nos “représentants élus” et les empêcher d’être “lobbinglisés” par des intérêts qui ne sont ni sociaux, ni humains, ni progressistes, mais simplement et essentiellement des intérêts égoïstes, infantiles et barbares.

      Dorénavant il ne faut plus “penser” en termes “conservateurs/libéraux, ce schémas d’antagonisme sociale ne sert qu’a dissimuler les “Néo-colonialistes” de tout poils dont la seul préoccupation est de s’approprier le bien d’autrui à peu d’effort.
      Wikipédia n’a pas le droit moral de parrainer ce genre de comportement dont la finalité est la ruine du genre humain.

      Bien des esprits négligent la dimension de “l’information”, ils y voient là une sorte de palabre entre deux opinions contradictoires.
      Pourtant nous devons ancrer en nous, le fait que l’information est le terreau de nos convictions et que nos convictions sont le moteur de nos actions.
      Ainsi lorsque les premières sont mauvaises, nos actions le sont aussi.
      C’est une lapalissade n’est-ce pas, pourtant face à un contradicteur, ne sommes nous pas toujours à tenter de justifier nos propres sentiments alors que le premier réflexe serait de prendre du recul, voir de la hauteur, pour tenter de comprendre l’antagonisme d’une prise de position!


  4. aladin0248 Le 22 juillet 2017 à 08h22
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    Wikipedia est précieux, mais lorsqu’on en vient au domaine politique les mécanismes de censure apparaissent. C’est notamment le cas des fiches biographiques de dissidents notoires. Ces gens publient des livres, ils ont leur public et leur notoriété vaut bien celles d’obscures bureaucrates. L’effacement des fiches est tout à fait symptomatique de la politique d’un média “système”.


    • Papagateau Le 22 juillet 2017 à 12h28
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      Il est dit dans l’article que l’actuel directeur de WMFR est un ancien assistant parlementaire.

      Peut-on être réellement apolitique quand on a été un assistant parlementaire ?
      Peut-on réellement penser autre chose que la prise de pouvoir par la gestion de la communication quand on a été sélectionné pour faire assistant parlementaire ?
      Comment penser autrement que coups bas et manoeuvres quand on a été AP ?

      Dans cet ordre d’idée, c’est obtenir sans que quiconque puisse affirmer qu’on ait demandé.

      Exemple, dans l’article, il est dit que la femme faisait refaire 10 fois le même texte “sans raison”. Je ne pense pas que ce soit “sans raison”, ni par cruauté vaine, mais pour que le texte corresponde exactement à l’objectif de la cheffe sans qu’elle ait à dévoiler ses objectifs aux exécutants ou au public.

      A la 10ème destruction de votre travail, vous êtes “cuit” et vous soumettez entièrement votre opinion à celle d’un autre, ce qui n’est pas très Wikipédia. Sauf le Wikipedia réellement existant…


    • Yanka Le 23 juillet 2017 à 05h09
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      « L’effacement des fiches est tout à fait symptomatique de la politique d’un média “système”. »

      Vous ne croyez pas si bien dire : Wikipédia, sous des motifs fort nébuleux de notoriété insuffisante et de réputation conspirationniste (on sait ce que ça veut dire), vient de supprimer la fiche de Pierre Hillard. Soit on informe de manière neutre et aussi complète que possible et on mérite le respect et les palmes encyclopédiques, soit on fait dans la morale de supérette (“OMO c’est bien, Dash c’est mal”) et alors on est aussi partisan que n’importe quelle feuille de chou contemporaine, qui ne dit pas ce qui est, mais ce qui doit être ; qui ne dit pas ce qu’il faut savoir, mais ce qu’il faut penser.


      • fanfan Le 23 juillet 2017 à 13h04
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        Alors que son dernier ouvrage intitulé “Atlas du mondialisme” vient d’être publié, la page Wikipédia de Pierre Hillard (opposant au nouvel ordre mondial) a été supprimée (page active depuis plus de 8 an) le 11 juillet.
        Le motif ? Une “absence de sources secondaires indépendantes, centrées sur la personne ou l’une ou l’autre de ses œuvres”.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Pierre_Hillard/Suppression


  5. stereden Le 22 juillet 2017 à 08h43
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    Le secteur dit “associatif” est une jungle épaisse et merveilleuse pour tout une faune de sangsues avides de subventions d’où qu’elles viennent.
    Ce n’est pas nouveau l’excellent bouquin de Pierre-P. Kaltenbach “Association lucratives sans but” en parlait déjà en 1995.
    Rien n’a changé, les mêmes causes produisent les mêmes effets.


    • Chris Le 22 juillet 2017 à 13h00
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      Faites tout de même attention. La loi de 1901 est de plus en plus attaquée, car elle échappe encore au circuit néolibérale du diviser pour régner. Et pourtant c’est la seule loi associative qui permet encore au peuple français d’entreprendre des actions collectives avec une relative liberté d’expression et de mouvement.
      Ne jetons pas le bébé avec le bain !


      • stereden Le 22 juillet 2017 à 14h46
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        En dehors bien sur de “L’amicale chasse-pêche-Nature” de Mouchaboeuf sur Loire qui vit des cotisations de ses adhérents, citez moi une “assoss” 1901 qui ne passe pas son temps à la chasse aux subventions.


        • MARX Le 23 juillet 2017 à 04h31
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          la majorité des associations loi 1901 vivent des cotisations de leurs adherents et de toutes petites subventions municipales ou departementales; elles n’emploient pas de salariés et fonctionnent sur le temps les competences et la motivation des benevoles, cetains partenariats, l’organisation de fêtes, loto, manifestations, etc…c’est une minorité d’associations qui developpent des projets importants et donc qui emploient des salariés; ces associaitions elles doivent passer beaucoup de temps pour obtenir des subventions importantes, des dons, des sponsorings. cela doit rpresenter entre15 et 18 % des associations. si les associations de benevoles s’arrtaient de bosser, il n’y aurait plus de clubs sportifs, theatres, ateliers d’ecriture,du conte, de bibliothèques de proximité, d’action sociale, d’ateliers de cuisine de tourisme alternatif, etc…en france; alors, vos reflexions meprisantes…(supprimé).


        • Picton Le 23 juillet 2017 à 08h50
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          Je suis directeur d’une association qui emploi 9 personnes (7,5 ETP) et j’assume de passer 75 % de mon temps à rechercher des subventions pour payer les salaires.
          Nous sommes (associations) les soupapes des collectivités locales qui travaillent avec nous par convention en leur évitant d’embaucher des fonctionnaires.
          Elles peuvent nous liquider du jour au lendemain en coupant ces subventions. Ce qui se passe actuellement dans plusieurs régions au niveau de la culture ou de l’environnement par exemple (voir Wauqier et Rousset).


  6. Nicolas Le 22 juillet 2017 à 09h42
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    Ouais, tout ça est à l’image de la wiki francophone, noyautée par une poignée d’administrateurs qui imposent leur idéologie à tous les articles sujets à polémique. La comparaison avec la wiki en anglais, allemand ou ruse est franchement une grosse claque dans l’amour-propre de tous les citoyens de l’ancien “pays des lumières”.


  7. Perret Le 22 juillet 2017 à 09h43
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    Ces problèmes de wikimedia ont-ils un impact sur la correction des apports des contributeurs ? Il y a parfois une forme de censure inexplicable. Je me souviens, Sarkozy règnant, en 2009, avoir voulu faire figurer sur la fiche de Robert Bourgi le communiqué de l’Elysée (du pur dédouanement) lui déniant le droit de prétendre travailler directement pour la présidence de la République, m’y être pris une dizaine de fois et avoir été blacklisté.
    Comme si la personne chargé de la surveillance de cette fiche travaillait directement pour le réseau Guéant/Bourgi.
    Depuis cette fiche est beaucoup plus factuelle, il y a eu changement après le départ de Sarkozy de l’Elysée. Curieux tout de même…


  8. Daniel Le 22 juillet 2017 à 11h15
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    Y aurait-il une conspiration au sein de Wiki? Impossible!

    Il suffit de lire les articles Wiki pour savoir que les conspirations – comme les éléphants roses – n’existent pas.


    • stereden Le 22 juillet 2017 à 14h55
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      Passé un certain cubage de boissons alcoolisées je vous jure que, au printemps et en automne, des vols d’éléphants (roses et gris) passent au dessus de mon pavillon de banlieue pendant la migration. Ces passages sont une bénédiction pour les jardiniers alentour, je vous laisse imaginer la taille des fientes de ces volatiles.
      je pense qu’il y a un lien de cause à effet avec le fait qu’une ribambelle d’articles de Wikipedia France soient de purs étrons.


  9. RGT Le 22 juillet 2017 à 12h00
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    Les assos…
    Il y a vraiment de tout et il faudrait créer plusieurs statuts différents en fonction de la taille et du financement.

    Ce que je constate (hélas), c’est que lorsque une asso commence à gérer des fonds importants pour son activité ça attire systématiquement des convoitises et des dérives.

    Certaines nécessitent même de nombreux salariés pour leur activité et se retrouvent souvent “gérées” comme des entreprises du caca-rente.
    Avec parfois quelques “dérives” qui permettent un certain “copinage” entre les “dirigeants” et certains “salariés”, voire même des “investissements” qui sont réellement douteux.

    Ce problème ne survient jamais dans les petites assos sans financement genre cyclistes de la “Pédale Joyeuse” ou apiculteurs du “Dard Frétillant”.

    Question de taille dans la plupart des cas, hélas.

    Une association ne devrait pas à mon avis avoir plus de quelques dizaines de membres.
    Après ça devient une “usine” et il n’y a plus de “démocratie”.

    Le “président” décide et les membres s’exécutent ou se font virer.


  10. Suzanne Le 22 juillet 2017 à 13h40
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    L’utopie wikipédienne (= un énorme site de connaissances, gratuit, universel ou se voulant tel) ne fonctionne que par la pression du nombre de contributeurs. Mettez une erreur sur Wikipédia, il y a toutes les chances qu’elle soit corrigée très vite dans les heures ou les jours qui viennent, parce qu’il y a beaucoup de monde qui contribue. Donc le NOMBRE, et donc la diversité se veulent garants des principes, et corrige très imparfaitement, mais corrige quand même les malveillances, maladresses, erreurs.

    Dans l’association en question, ça ne peut évidemment pas être pareil, il n’y a que quelques personnes, donc on revient aux choses habituelles dans les sociétés humaines : népotisme et gaspillage éventuels etc. Espérons qu’ils feront vite le ménage, mais pour l’instant cette histoire ne me paraît qu’un arbrisseau, qui pourrait cacher des forêts de tendances plus lourdes à libéraliser et “privatiser” ce site exceptionnel .


  11. Suzanne Le 22 juillet 2017 à 13h44
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    Un des principaux reproches que font apparemment les wikipédiens, c’est le détournement des dons. J’en profite pour faire une remarque hors-sujet, mais en rapport à ce qu’on disait sur l’article de Chomsky.
    S’il n’y a plus de dons, a plus association wikimedia.fr, c’est aussi simple que ça.
    On voit bien que se retirer, ne plus participer au monde de la pub etc., c’est efficace !! Qu’est-ce qu’on attend, tous? 🙂


    • Lysbeth Levy Le 22 juillet 2017 à 14h38
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      A priori votre idée est bonne mais ne soyons pas naif, qui a crée et mis en place Wikipedia/Wikimedia ? Mr Jimmy Wales : https://en.wikipedia.org/wiki/Jimmy_Wales un homme “très riche”, philanthrope (comme Soros, Rockfeller, Rottschild etc) et soutenant les droits de l’homme dans le monde, comme les autres ci-dessus. Il n’a aucun besoin de notre argent mais c’est un moyen de faire croire que “vous contrôler et avez ce que vous payez” ! Comme Amnesty International, HCR et autres ONG ces fondations font appel aux dons pour faire croire en leur indépendance, mais c’est une illusion : http://www.jpost.com/Business-and-Innovation/Tech/Jimmy-Wales-wants-Wikipedia-to-change-the-world-again-403592. Voyez qui paie les facture des diverses ONG et les nombreux milliardaires philanthropes engagés dans les nombreux conflits qu’ils sous traitent la communication de ces mêmes ONG en attendant un retour sur investissement. De plus Mr Wales s’est engagé contre les “fake-news” suite à l”élection de Trump et la crise des médias dominants ce qui veux dire qu’il s’est associé la la plateforme STRATCOM de l’Atlantic Council
      .http://www.rfi.fr/emission/20170430-wikitribune-anti-fake-news-wikipedia même si ce n’est pas exprimé ici il se soumet comme tout autre média à la VO made in Atlantic Council relais de l’Otan. A ce qu’il me semble..


      • Trawash Le 23 juillet 2017 à 00h46
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        Jimmy Wales est aussi un adepte passionné de l’objectivisme d Ayn Rand, ce qui personnellement me le rend extrêmement sympathique. Il ne se définit pas comme un libertarien et pourtant…je me sentirai moins seul. Je sens que je vais en prendre plein la tête, mais qu importe, je suis libre de mes opinions non ?


  12. Krystyna Hawrot Le 22 juillet 2017 à 13h52
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    Moi qui croyait que Wikimedia:pedia c’était du bénévolat…..alors que c’est une histoire de sous venant des Etats Unis… et de conflits de gestion autour de ces sous. Au juste, pourquoi avons nous en France besoin d'”argent américain pour embaucher des gens pour un site soit disant collaboratif? Toutefois, concernant les conflits salariaux dans les structures associatives, il est fréquent qu’une association devienne un panier de crabes des que des sommes sont en jeu: il y a un hiatus entre la nécessité de gérer la structure comme une entreprise (droit du travail par exemple) et le rôle des bénévoles et membres du CA qui ne sont pas tenus aux mêmes obligations. L’association aurait du préciser le pouvoir de chacun dans les statuts, on n’y pense jamais assez au début.


  13. Alain Le 22 juillet 2017 à 16h19
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    Pour m’y être frotté, je peux confirmer que Wikipedia est un vrai problème, mais il faut se plonger dedans pour le saisir dans sa profondeur. Je conseille l’étude de cas faite sur l’article de F. Asselineau : http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/la-face-sombre-de-wikipedia-1-le-190190. Elle permet de comprendre l’arrière-cuisine d’un article « sensible ».

    Pour d’autres compléments d’informations, le blog suivant relate depuis des années certains dessous de Wikipedia : https://wikibuster.wordpress.com/tous-les-articles/


  14. Sébastien Lemoine Le 23 juillet 2017 à 01h45
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    Wikibuster dénonce depuis longtemps le totalitarisme au seins de la fondation Wikipédia. Ca n’a rien d’utopique.

    Wp rentre dans le post-modernisme soit le capitalisme tardif. La neutralité c’est l’éviction de tout ce qui ne rentre pas dans le cadre idéologique de la société qui englobe la communauté Wp.

    Banni en 2012 suite à mes longues discussions que l’avant garde impose et suite à mes références Karl Marx et Alexandre Zinoviev. Après mon exécution, ça a ainsi tourné AZ à la sauce Orwellienne même si celui-ci la réfute d’un point de vue sociologique : https://wikibuster.wordpress.com/2013/09/07/wikipedia-urss-orwell-zinoviev/ .

    Dans l’association on retrouve les mêmes phénomènes communautaires que sur le site. On a les accusateurs (administrateurs, fanatiques, patrouilleurs) et les accusés (nommé trolls, vandales), puis les chasses aux sorcières, les jugements galiléens et les bannissements staliniens. Cela est d’autant plus exacerbé en temps de crise.

    C’est le lot de toute communauté en auto-gestion ou en laisser-faire.

    Or, c’n’est pas une fatalité : https://wikibuster.wordpress.com/2013/11/18/comment-guerir-les-maux-des-phenomenes-communaux-innes-a-toute-societe/


  15. Narm Le 23 juillet 2017 à 20h54
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    encore une fois, merci pour ces infos
    aussi diverses et variées

    les associations dépendent avant tout de leurs membres ….

    moi ce qui m’horripile le plus, ce sont toutes ces fondations à la noix qui pompent partout et servent avant tout les interrets de certains …
    et quand je lis notre ex président qui va faire la sienne ….

    dans les plus connues, ça ne sent pas vraiment la philantropie …..


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