Source : Robert Parry, Consortium News, 13-06-2017

Les médias mainstream américains ont assumé le rôle de protéger les Américains de points de vue alternatifs, ce qui explique pourquoi les longues interviews d’Oliver Stone avec Vladimir Poutine inquiètent tant.

Il y a eu un temps où je pensais qu’il était de la responsabilité d’un journaliste américain d’entendre toutes les parties d’une dispute et ensuite d’expliquer le problème aussi justement que possible aux Américains, ainsi ils seraient armés d’assez de faits pour établir leurs propres jugements et agir comme véritables souverains dans une démocratie.

Oliver Stone interviewant le Président russe Vladimir Poutine dans l’émission de Showtime « The Putin Interviews ».

Je réalise à quel point cela semble naïf aujourd’hui, alors que le journalisme américain a glissé vers un nouveau paradigme dans lequel les principaux médias croient devoir soutenir la version de l’establishment, quelle que soit, et écarter ou discréditer tous faits gênants ou analyses alternatives.

Aujourd’hui le New York Times, le Washington Post et le reste des médias mainstream n’autorisent qu’au compte-gouttes l’expression de quelques vues alternatives, et se contentent sinon d’accumuler les dernières trouvailles de la pensée unique.

C’est pourquoi la série de quatre interviews du metteur en scène Oliver Stone avec le Président russe Vladimir Poutine sur « Showtime » ne manquera pas de provoquer l’indignation et la moquerie de la quasi-totalité des grands médias américains. Comment peut-on oser laisser Poutine expliquer sa vision des défis auxquels le monde fait face ? Pourquoi diable un américain sain d’esprit traiterait le leader russe avec politesse et – mon Dieu ! – respect ?

En ce qui concerne Poutine, le nouveau paradigme des médias américains requiert soit le tombereau d’injures frontales soit le caviardage systématique de ses explications, en particulier si elles s’appuient sur des informations qui présentent le gouvernement américain sous un mauvais jour. C’est qu’il faut protéger les Américains de « la propagande et la désinformation russes ».

En d’autres termes, puisque les « gardiens de la vérité » mainstream enjoignent les Américains de ne pas regarder « The Putin Interviews » de Stone, la série touchera probablement une audience relativement réduite et la diabolisation de Poutine et de la Russie continuera tambour battant.

Le public américain peut ainsi être préservé de quelques révélations historiques dérangeantes et du déconcertant vertige qui vient des informations qui perturbent « ce que tout le monde sait être vrai ».

Dans la version « director cut » ou longue de la série de quatre parties que j’ai regardée, Stone laisse Poutine expliquer de façon détaillée ses opinions sur les crises actuelles, mais il lui soutire des aveux qui pourraient surprendre venant d’un dirigeant russe. Il met aussi Poutine mal à l’aise à certaines occasions.

– Concernant le développement de la bombe nucléaire par l’Union soviétique à la fin des années 40, Poutine dit que des scientifiques russes et allemands travaillaient sur le projet mais avaient eu l’aide de certains participants au programme nucléaire américain :

« Nos renseignements ont aussi reçu beaucoup d’informations des États-Unis. Il suffit de se souvenir des époux Rosenberg qui furent électrocutés. Ils n’ont pas obtenu cette information, ils nous l’ont juste transmise. Mais qui l’a obtenu ? Les scientifiques eux-mêmes – ceux qui ont développé la bombe atomique.

Le champignon atomique de la bombe lâchée sur Hiroshima, Japon, le 6 août 1945

« Pourquoi ont-ils fait ça ? Car ils connaissaient les dangers. Ils ont laissé le génie sortir de sa bouteille. Et maintenant le génie ne peut plus y être remis. Et cette équipe internationale de scientifiques, je pense qu’ils étaient plus intelligents que les politiciens. Ils ont donné cette information à l’Union soviétique de leur propre chef pour rétablir l’équilibre nucléaire dans le monde. Et que faisons-nous aujourd’hui [avec le retrait américain des traités sur les missiles anti-balistiques] ? Nous essayons de détruire cet équilibre. Et c’est une énorme erreur ».

– Sur les origines du terrorisme islamiste moderne, Poutine dit : « Al Qaïda n’est pas le résultat de nos activités. C’est le résultat des activités de nos amis américains. Tout a commencé durant la guerre soviétique en Afghanistan [dans le années 80] quand les agents du renseignement américain ont apporté leur soutien à différentes formes de fondamentalisme islamique, les aidant à combattre les troupes soviétiques en Afghanistan.

« Ainsi ce sont les Américains eux-mêmes qui ont encouragé al-Qaïda et [Oussama] ben Laden. Avant d’en perdre le contrôle. Et cela arrive toujours. Et nos partenaires aux États-Unis auraient dû le savoir. Donc ce sont eux les fautifs ».

Stone rappelle comment le directeur de la CIA du Président Reagan, William Casey, a cherché à exploiter le fondamentalisme islamique pour déstabiliser les régions musulmanes de l’Union soviétique et provoquer un changement de régime à Moscou.

Poutine ajoute : « Ces idées vivent toujours. Et quand ces problèmes en Tchétchénie et dans le Caucase sont apparus [après la chute de l’Union soviétique en 1991], les Américains, malheureusement, ont soutenu ces processus. Nous [les Russes] considérions que la guerre froide était finie, que nous avions des relations transparentes avec le reste du monde, avec l’Europe et les États-Unis. Et nous comptions assurément sur leur soutien, mais au lieu de cela, nous avons vu que les services de renseignements américains soutenaient les terroristes.

« Je vais dire quelque chose de très important, je crois. A l’époque, nous étions très confiants dans les mots de nos partenaires américains, qui parlaient de soutien à la Russie, du besoin de coopérer, y compris dans la lutte contre le terrorisme, alors qu’en réalité ils utilisaient ces terroristes pour déstabiliser la situation politique intérieure en Russie ».

– Sur l’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est, Poutine déclare : « Il y avait un accord pour ne pas étendre l’OTAN vers l’Est. [Mais] cet accord n’était pas inscrit sur papier. C’est une grande erreur de M.Gorbachev [le dernier Président de l’Union soviétique]. En politique, tout doit être entériné sur papier ».

Des jets volant au dessus du quartier général de l’OTAN, où les membres de l’OTAN s’était réunis pour un meeting le 25 mai 2017 à Bruxelles. (photo officielle de la Maison-Blanche prise par Shealah Craighead)

« Mon impression est qu’afin de justifier son existence, l’OTAN a besoin d’une cible externe, il y a la recherche permanente d’un ennemi, ou certains actes de provocation pour désigner quelqu’un comme adversaire ».

– A propos des bases de missiles que l’OTAN a installées en Europe de l’Est, Poutine déclare : « Et que sommes-nous supposés faire ? Dans ce dossier nous sommes obligés de prendre des contre-mesures. Nous sommes obligés de diriger nos missiles vers les installations qui nous menacent. Et la situation continue de se tendre. […]

« Il y a deux menaces pour la Russie. La première menace, l’implantation de ces missiles anti-balistiques près de notre frontière avec les pays de l’Europe de l’Est. La seconde menace, c’est que les rampes de lancement de ces missiles anti-balistiques peuvent être transformées en quelques heures en rampes de lancement de missiles offensifs. Regardez, si ces missiles anti-balistiques sont placés en Europe de l’Est, si ces missiles sont placés sur l’eau, patrouillant dans la Méditerranée, les mers du Nord, et en Alaska, c’est presque tout le territoire russe qui serait encerclé par ces systèmes.

« Comme vous pouvez le voir, il s’agit là encore d’un erreur stratégique majeure de nos partenaires [un mot que Poutine utilise pour se référer aux États-Unis]. Car toutes ces actions donneront lieu à une réponse appropriée de la Russie. Et cela signifie ni plus ni moins qu’un nouveau cycle de course aux armements. […]

« Quand l’Union soviétique s’est effondrée, ils [les dirigeants américains] étaient prisonniers de l’illusion que les États-Unis étaient capables de tout, et qu’ils pouvaient [agir] impunément. C’est toujours un piège, car dans cette situation la personne ou le pays se met à commettre des erreurs. On ne ressent plus le besoin d’analyser les situations, ou de penser aux conséquences. Et le pays devient inefficace. Une erreur suit l’autre. Et je pense que c’est le piège dans lequel se sont enfermés les État-Unis ».

– Sur l’éventualité d’une guerre nucléaire, Poutine déclare : « Je ne pense pas que quiconque survivrait à un tel conflit ». Concernant les plans des États-Unis pour la création d’un bouclier antimissile, il déclare : « Il y a une menace provenant de l’illusion d’être protégé, et de cela peut découler un comportement plus agressif. C’est pourquoi il est si important d’empêcher les actions unilatérales. C’est pourquoi nous proposons de travailler conjointement sur le système de missile anti-balistique ».

– Sur les néoconservateurs américains qui dominent actuellement le milieu de la politique étrangère et des principaux médias des États-Unis, Stone décrit « les éléments néoconservateurs comme tellement déterminés à défendre leurs opinions, à faire gagner leur cause que cela en devient dangereux ». Poutine répond : « Je les crains aussi ».

– Dans une interview le 16 février 2016, Stone l’interroge à propos de la campagne présidentielle américaine, ce à quoi Poutine répond : « Nous sommes prêts à travailler avec quiconque sera élu par le peuple américain. Je l’ai dit à plusieurs reprises et c’est la vérité. Je crois que peu importe le résultat, rien ne changera. […] La puissance de la bureaucratie américaine est très importante. Et il y a beaucoup de choses qui ne sont pas visibles aux candidats avant qu’ils ne deviennent Président. C’est à l’instant où le vrai travail commence qu’il ou elle sent cette charge.

Donald Trump parlant à ses supporters lors d’un meeting au Phoenix Convention Center à Phoenix, Arizona. 29 octobre 2016. (Flickr Gage Skidmore)

« Mon collègue, Barack Obama, a promis de fermer Guantanamo. Il n’y est pas parvenu. Pourtant je suis convaincu qu’il voulait sincèrement le faire. […] A l’inverse de beaucoup de nos partenaires, nous n’avons jamais interféré dans les affaires domestiques d’autres pays. C’est un des principes auxquels nous sommes attachés dans notre travail ».

– Dans une interview en février 2017, qui a été ajoutée au milieu de l’escalade des accusations d’interférence de la Russie dans les élections américaines Stone relève que Donald Trump est « votre quatrième Président » et demande : « Qu’est ce que cela change ? »

« Pratiquement rien », dit Poutine avec un sourire ironique. « La vie fait quelques changements pour vous. Mais globalement, partout, spécialement aux États-Unis, la bureaucratie est très forte. Et c’est la bureaucratie qui dirige le monde ».

Questionné à propos des prétendues interférences russes pour aider Trump, Poutine répond : « Vous savez, c’est une affirmation vraiment idiote. Certes, nous aimions bien le président Trump et nous l’aimons toujours car il a publiquement annoncé qu’il était prêt à restaurer les relations américano-russes. […] Certainement, nous devons attendre et voir comment, en réalité, en pratique, les relations entre nos deux pays vont se développer. […] »

Stone : « Alors pourquoi prendre la peine de pirater les élections ? »

Poutine : « Nous n’avons pas du tout piraté les élections. Il serait difficile d’imaginer que n’importe quel autre pays – ou même un pays tel que la Russie, serait capable d’influencer sérieusement la campagne électorale ou les résultats d’une élection. […] Toute discussion concernant l’influence que nous aurions eue sur le résultat de l’élection américaine est un mensonge. Ils le font pour un certain nombre de raisons.

« Premièrement, il essayent de détruire la légitimité du président Trump, de créer les conditions qui doivent nous empêcher de normaliser nos relations, et ils veulent créer des instruments supplémentaires pour mener une guerre politique interne. Et les relations Russie-États-Unis, dans ce contexte, ne sont qu’un instrument du combat politique interne aux États-Unis. […] Nous connaissons tous leurs tours ».

– Sur la cyberguerre et la possibilité que le renseignement américain ait implanté un malware et des back-doors dans des logiciels vendus à la Russie, Poutine déclare : « Eh bien, vous ne me croirez pas, mais je vais dire quelque chose d’étrange. Depuis le début des années 90, nous avons acté que la guerre froide est terminée. Nous pensions qu’il n’y avait aucune nécessité de prendre des mesures de protection supplémentaires, car nous nous voyions comme partie intégrante de la communauté mondiale.

Une scène hivernale à Moscou, près de la place Rouge. (Photo prise par Robert Parry)

« Nous n’avions aucun équipement à nous. Nos entreprises, nos institutions d’État et départements administratifs, ils achetaient tout – matériels informatiques et logiciels. Et nous avions eu beaucoup d’équipement provenant des États-Unis, de l’Europe, des équipements utilisés par nos services de renseignements et notre ministère de la Défense. Mais récemment nous sommes évidemment devenus conscients de la menace que tout cela représente.

« C’est seulement ces dernières années que nous avons commencé à penser à la manière d’assurer notre indépendance technologique, telle que la sécurité. Nous y avons évidemment consacré beaucoup d’attention, et avons pris les mesures appropriés. […] Nous devons rattraper les autres ».

Lors d’un aparté avec le traducteur à portée de voix de Poutine, Stone observa : « Il a au une réaction amusante à propos de cette histoire, comme si il se sentait un peu coupable ».

– Sur les dangers pour la Russie d’une cyberguerre avec la Russie, Poutine déclara : « Il est presque impossible de semer la peur parmi les citoyens russes. […] Et deuxièmement, les économies qui sont plus sophistiquées, en terme technologiques, sont davantage vulnérables à ce type d’attaque. Mais dans n’importe quel cas, c’est un phénomène très dangereux. Une voie très dangereuse à suivre pour une compétition et nous avons besoin de règles pour l’encadrer ».

Quand Stone évoqua la possibilité d’un traité, Poutine déclara, « Je ne veux pas dire ça, mais vous venez simplement de me le soutirer. Vous me l’avez fait dire. Il y a un an et demi, en automne 2015, nous avons présenté une proposition que nous avons soumise à nos homologues américains. Nous avons suggéré que nous devions travailler sur ces problèmes et arriver à un traité, un accord sur les règles à suivre dans ce domaine. Les américains n’ont pas répondu, ils ont gardé le silence, il ne nous ont donné aucune réponse ».

– Sur les allégations sur la santé de Poutine, Stone demanda, « Y a-t-il une possibilité de clarifier votre état de santé ? »

Poutine répondit indirectement : « Je me souviens que lorsque je suis parti de St. Petersbourg à Moscou [dans les années 1990], j’ai été surpris et choqué par le nombre de malfrats amassé ici à Moscou et leurs comportements étaient très choquants, je n’ai pas pu m’y habituer pendant très longtemps. Ces gens n’avaient absolument aucun scrupule. […] Ma tâche était de faire la différence entre le pouvoir et l’argent ».

Stone : « Alors il n’y a aucun compte en banque à Chypre ? »

Poutine : « Non, il n’y en a jamais eu. Ça n’a simplement aucun sens, et si c’était le cas nous aurions dû y faire face il y a longtemps de cela ».

– Bien que Poutine soit resté discipliné et maître de soi durant les longues séances avec Stone, le président russe est apparu plus gêné quand Stone l’a questionné sur ses futurs plans et sur le risque pour un dirigeant de se voir comme indispensable à une nation.

Le président russe Vladimir Poutine prêtant le serment présidentiel lors de sa troisième cérémonie d’investiture le 7 mai 2012. (Photo du gouvernement russe)

Citant la possibilité que, s’il se présentait de nouveau aux présidentielles et gagnait, Poutine aurait été au pouvoir – comme Premier ministre ou Président – durant 24 ans, Stone demande « Pensez-vous que la Russie ait besoin de vous à ce point là ? »

Poutine : « La question que vous avez posé est si la Russie a besoin de quelqu’un à ce point – la Russie elle-même décidera. Une transformation du pouvoir doit évidemment se faire. […] Pour finir, laissez moi me répéter – les citoyens de la Russie vont prendre la décision finale. Concernant les élections de 2018, j’aimerais dire qu’il y a des affaires, des affaires qui pourraient avoir des manigances et du mystère. Donc je ne vais pas répondre à cette partie de la question ».

Stone : « J’ai dit si… »

Poutine : « Nous ne devrions pas parler au conditionnel ».

Stone suggéra ensuite davantage de transparence lors des prochaines élections.

Un Poutine austère répondit : « Pensez-vous que notre but et de prouver quelque chose à quelqu’un ? Notre but est de renforcer notre pays ».

Stone : « C’est un argument dangereux. Cela marche dans les deux sens. Ceux qui abusent du pouvoir disent toujours que c’est une question de survie ».

Poutine : « Nous ne parlons pas de survie et nous n’essayons pas de nous justifier. Certes, prendre en compte les tendances négatives dont vous parliez – l’héritage soviétique, l’héritage impérialiste, c’est quelque chose du passé. Mais nous devons aussi penser à l’héritage positif. La Russie a été construite il y des centaines d’années ; elle a ses propres traditions. Nous avons notre conception de ce qui est juste ou injuste, nous avons notre propre définition de ce qu’est un gouvernement efficace.

« La question n’est pas d’aider quelqu’un à s’accrocher au pouvoir ou à le revendiquer. Elle est d’assurer notre développement économique et de le maintenir, d’augmenter nos aptitudes défensives, et pas juste durant les périodes de crises et de difficultés ».

Stone : « M. Poutine, je ne doute pas un instant de votre fierté de servir la Russie ou du fait que vous êtes un enfant de la Russie, et de ce que vous avez fait de très bien pour elle. Nous connaissons tous le prix du pouvoir. Quand nous sommes au pouvoir trop longtemps, quelle qu’en soit la raison, les gens ont besoin de nous mais dans le même temps nous avons changé et nous ne le savons même pas ».

Poutine : « En effet, c’est une situation très dangereuse. Si une personne au pouvoir ressent qu’il a été perdu, ce lien connectant cette personne au pays et aux citoyens de base du pays, alors il est temps pour elle de partir ».

Davantage d’informations à venir concernant l’explication de Poutine sur la crise ukrainienne. Concernant le style et la stratégie de Stone lors de l’interview de Poutine, cliquez ici.

Le journaliste d’investigation Robert Parry a dévoilé une grande partie des scandales Iran-Contra pour l’Associated Press et Newsweek dans les années 80.

Source : Robert Parry, Consortium News, 13-06-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

27 réponses à Comment Vladimir Poutine voit le monde, par Robert Parry

Commentaires recommandés

Duracuir Le 05 juillet 2017 à 08h23

Les USA ont la culture de l’ennemi.
Mais quand on dit les USA, c’est faux. Le pays, c’est la Nouvelle Angleterre. Elle a cultivé l’ennemi Français, puis l’Anglais, puis l’Indien, puis le Mexicain, puis les états du sud à la culture différente, puis les Espagnols, puis les Allemands puis les Russes.
Le pays Yankee est une secte pseudo chrétienne particulièrement tartufienne et perverse qui se cherche en permanence des satans pour justifier son exceptionnalité. Chacun des ennemis qu’elle a combattu a été diabolisé. C’est le seul pays qui, en permanence a toujours camouflé ses guerres d’intérêt sous des couverts de guerre contre le mal.
Un pays qui ose mettre “in god we trust” , le nom de Dieu, sur un objet aussi bibliquement répugnant qu’un billet de banque, alors que Jesus lui même a dit “on ne peut servir Dieu et l’argent”, résume toute la profonde hypocrisie de cette culture.

  1. Nerouiev Le 05 juillet 2017 à 05h19
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    Avec beaucoup de courtoisie de la part de Poutine vis à vis du peuple américain, les questions et les réponses font surtout rejaillir la dangerosité de l’Etat profond américain fortement soutenue par la propagande médiatique. C’est pour moi ce qu’on voit le plus, bien au-delà d’une peinture de la Russie comme si au fond sa nature était la norme. On comprend dès lors les réticences médiatiques mainstream aux USA car tout ramène à une analyse non pas que de la guerre froide anticommuniste ou plus simplement anti russe, mais de toutes les actions de l’establishment depuis des lustres, et plus que jamais encore en cours aujourd’hui, et par conséquent aux autres films d’Oliver Stone.


  2. Duracuir Le 05 juillet 2017 à 08h23
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    Les USA ont la culture de l’ennemi.
    Mais quand on dit les USA, c’est faux. Le pays, c’est la Nouvelle Angleterre. Elle a cultivé l’ennemi Français, puis l’Anglais, puis l’Indien, puis le Mexicain, puis les états du sud à la culture différente, puis les Espagnols, puis les Allemands puis les Russes.
    Le pays Yankee est une secte pseudo chrétienne particulièrement tartufienne et perverse qui se cherche en permanence des satans pour justifier son exceptionnalité. Chacun des ennemis qu’elle a combattu a été diabolisé. C’est le seul pays qui, en permanence a toujours camouflé ses guerres d’intérêt sous des couverts de guerre contre le mal.
    Un pays qui ose mettre “in god we trust” , le nom de Dieu, sur un objet aussi bibliquement répugnant qu’un billet de banque, alors que Jesus lui même a dit “on ne peut servir Dieu et l’argent”, résume toute la profonde hypocrisie de cette culture.


    • Dominique Le 05 juillet 2017 à 12h28
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      « Jesus lui même a dit “on ne peut servir Dieu et l’argent” »
      Il a aussi dit « Rendez les choses qui appartiennent à César à César et les choses de Dieu à Dieu ».
      Mais les dirigeants US sont persuadés de leur mission messianique et ont choisi le Dollar comme glaive. Ils ont d’autres façons de faire que les dirigeants de Daech mais poursuivent à peu près les mêmes buts.


      • Duracuir Le 05 juillet 2017 à 13h24
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        et pour paraphraser Jesus: “qui vit par le dollar meurt par le dollar”.
        En fait la traduction originale fut, encore une fois, mal faite. Le vrai adage aurait du être traduit par “ce qui vit” et non “qui vit”. Jesus voulait ainsi moins parler des hommes que des sociétés et civilisations. Les USA, depuis 3 siècles, ne vivent que pour et par une violence insensée, due à deux facteurs; un messianisme puritain et une illégitimité d’accaparement. L’Histoire des USA n’est qu’une longue et pathétique course à l’échalote à la légitimité. L’aboutissement nietzschéen(voir en quelle “estime” il parle de Calvin et Luther 🙂 ) du calvinisme le plus dévoyé.


        • Fritz Le 06 juillet 2017 à 02h59
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          Nietzsche aurait parlé de Calvin ? Où ça ?
          Quant à Luther, je me souviens de cet aphorisme de Nietzsche : “Luther représente pour nous l’événement allemand le plus récent”.

          Entre les trois auteurs, seul Nietzsche a fait l’apologie du surhomme (“Übermensch”).

          Laissez donc “Calvin et Luther” en paix : ils n’ont rien à voir avec le prétendu messianisme yankee, et rien à voir avec le sujet de cet article : la vision du monde de Vladimir Poutine.


        • Fritz Le 06 juillet 2017 à 03h35
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          Quant à la devise “Notre confiance est en Dieu” (In God we trust), un président américain a jugé son inscription sur les pièces de monnaie “proche du sacrilège” : Theodore Roosevelt, lui-même affilié à l’église réformée hollandaise (“calviniste”).

          http://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=9406E2D8103EE033A25757C1A9679D946697D6CF&legacy=true


    • Ellilou Le 05 juillet 2017 à 13h05
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      J’ai souvent pensé que les habitants des États-Unis se raccrochaient désespérément au mythe du “God given country” et à l’idée même de dieu pour pouvoir justifier les innombrables horreurs et massacres qui sous-tendent la création de leur pays et leur “manifest destiny”. Peut-être suis-je dans l’erreur…


      • Surya Le 06 juillet 2017 à 10h50
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        non vous avez parfaitement raison, Samuel Huntington parle du côté religieux et messianique de l’amérique qui doit “rester la force de promotion du bien dans le monde”

        livre très interessant : Qui sommes-nous ? identité nationale et choc des cultures chez odile jacob


  3. Sébastien Le 05 juillet 2017 à 09h08
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    Un vrai bain de thalassothérapie que de lire cet extrait. Non seulement Poutine est un non-problème, mais en plus il devrait être prescrit matin, midi et soir et remboursé par la sécurité sociale.
    Comme Chavez l’était pour se rebooster dans ce monde américano-merdique.


    • STAN Le 05 juillet 2017 à 16h28
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      ça change avec tout ces grossièreté et insultes sur plus d’une décennie !!!
      Poutine con Poutine dangeureux Poutine méchant ???
      Thalassothérapie on a ici même ses adorateurs


  4. Fidel C. Le 05 juillet 2017 à 10h51
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    J’ai suivi le documentaire dans son ensemble. Ce qui m’a le plus frappé, c’est le calme, la serennité, le recul, l’humour et l’intelligence qui se dégageaient du personnage. Des vérités ont été lâchées: le rôle déstabilisateur du “partenaire” (était-ce de l’humour russe?) US contre la Russie et certains pays dont la Syrie et Libye, son soutien au terrorisme, le fait que “moins de pays que les dix doigts de mes mains sont véritablement souverains dans le monde” (j’ai comme l’impression que la France n’était pas visée…). Ces caractères étant à comparer avec l’hystérie des dirigeants US… la palme revenant à H.Clinton.


    • step Le 05 juillet 2017 à 14h12
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      non c’est de la diplomatie, il faut appeler partenaire y compris un ennemi, histoire de lui laisser la possibilité de se conduire autrement qu’en ennemi. En utilisant ce mot, il indique que sa porte n’est pas fermée.


      • Pinouille Le 05 juillet 2017 à 16h27
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        “c’est de la diplomatie”: assurément
        Le rire et la réaction distanciée de Vladimir à la vue d’un discours anti Poutine de Mc Cain étaient brillants.
        Comme s’il avait intégré que la politique US avait son lot incontournable de théâtralité dans laquelle la haine anti Poutine avait un rôle majeur. Théâtre ridicule nécessaire à une certaine conception de la démocratie, et qui servent des enjeux géopolitiques qui ne seront jamais mentionnés.
        Manifestement, Poutine ne se sent pas l’obligation de jouer ce même jeu.
        Quant à la France…


      • Fidel C. Le 05 juillet 2017 à 16h31
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        J’avais bien compris…il n’empêche qu’à chaque fois qu’il prononçait le terme, ça sentait l’ironie et c’était assez cocasse. O. Stone lui-même esquissait un petit sourire en entendant le terme.


  5. Cocoyoc1974 Le 05 juillet 2017 à 10h55
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    Attention la logique de Vladimir Poutin est toujours militaro-industrielle comme l’ensemble du
    système USA – GB – France -Allemagne – Japon ….

    La Russie est encore loin d’une stabilité tenable, les mutation de la biosphère sont énormes.
    Et la population diminue encore … même s’il y a une tentative de stabilisation …

    Il faut prendre du recule pour sortir de ce système militaro-productiviste.


  6. Koui Le 05 juillet 2017 à 12h43
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    Poutine semble relativement franc, c’est ce qui fait l’intérêt du documentaire. Cela ne l’empêche pas de glisser sur un certain nombre de questions importantes pour la Russie telle que sa succession, la lutte contre la corruption , la lutte contre la violence de la société russe, la protection de l’environnement. Parfois ses réponses sont étranges, questionné sur l’alliance de l’État et de l’Église, il dit que les russes avaient besoin de se raccrocher à quelque chose après la fin de l’idéal communiste : ça veut dire qu’il est sceptique sur les boniments chrétiens mais qu’il n’avait que cela sous la main pour refonder l’Etat. Souvent, il se retranche derrière la volonté de la population comme par exemple sur la maniere dont l’etat russe aborde l’homosexualité, laissant entendre que sa propre volonté. Il y a une cohérence entre son discours et ses actes. Ca nous change des vendeurs de voiture d’occasion qu’on a choisi comme princes.


  7. Duracuir Le 05 juillet 2017 à 13h31
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    Le plus ironique dans tout ça, c’est que là, le messianisme puritain calviniste Yankee se heurte à la grosse vague de foi Orthodoxe sur laquelle les Russes ont rebattis à partir des ruines de leur nation.
    D’ailleurs, les imbéciles qui regardent les films de Zvyagintsev en y voyant une critique de Poutine passent complètement à coté de ce fait qui y est pourtant clairement expliqué. Attention, après avoir été réduite à rien, la Russie renait en se bâtissant sur la foi orthodoxe, au bulldozer.


  8. Catherine Le 05 juillet 2017 à 15h00
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    je conseille ce blog, il permet de se faire une idée de ce qu’est la Russie aujourd’hui.

    http://chroniquesdepereslavl.blogspot.fr/search?updated-max=2016-10-08T12:34:00-07:00&max-results=7&start=7&by-date=false

    C’est celui d’une femme qui a décidé d’y finir sa vie.C’est très intéressant.

    Je suis revenue de Moscou il y a moins de 10 jours après y avoir été il y a 18 mois. Je confirme la place de la religion dans la Russie après qu’elle ait été rudement réprimée.
    J’ai souvent vu aussi de jeunes personnes s’arrêter en passant devant une église, se tourner vers elle , s’incliner et faire le signe de la croix.
    Il y a beaucoup de Musulmans aussi en Russie (20 millions) qui se fondent complètement dans le paysage avec à Moscou la plus grande mosquée au monde.
    J’ai rencontré un français qui a créé là-bas une petite entreprise, marié à une Russe avec laquelle il a deux petits enfants adorables. Il m’a dit :”dites bien que les Russes sont pacifistes, ils ont payé assez cher lors de la deuxième guerre mondiale”.


    • fanfan Le 06 juillet 2017 à 02h42
      Afficher/Masquer

      Merci pour ce lien Catherine…
      Sa chronique du 29 juin s’adresse à la France : “C’est en français, c’est bouleversant, et ça s’adresse aux sourds et aux aveugles dans l’espoir d’un miracle.
      http://chroniquesdepereslavl.blogspot.fr/2017/06/bonjour-la-france.html
      “Philippe Ekoziants est un écrivain ukrainien d’origine arménienne. En dehors du Donbass, c’est toute l’Ukraine qui s’écroule et qui est traitée comme une colonie. Il prend la peine de nous l’expliquer en français dans une vidéo personnelle et confidentielle qu’il nous demande de diffuser un maximum.


  9. christian gedeon Le 05 juillet 2017 à 15h27
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    Poutine voit le monde par le bout de la lorgnette des intérêts russes,qui sont assez simples. Le plus de stabilité possible. Et donc la souveraineté de chacun chez soi et donc la souveraineté des russes en Russie. Et donc la sécurité aux frontières de la Russie,et donc pas d’Otan a quelques centaines de kilomètres de Moscou (d’où Crimee et Donbass) et pas de monopole islamo-us sur l’orient et l’Afrique,d’où la Syrie et le pas de deux encore hésitant avec l’Egypte,et le soutien,très mesuré à l’Iran. C’est simple comme je n’ai pas envie de me faire bouffer et mon pays avec.


  10. Surya Le 05 juillet 2017 à 15h48
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    la plus grande mosquée du monde est à la mecque

    ce message répond à celui du dessus bien évidemment


    • Catherine Le 05 juillet 2017 à 21h45
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      Vous avez raison bien sûr et de loin.

      Dans mon esprit je voulais dire du monde non musulman ce qui est remarquable.


  11. Dahool Le 05 juillet 2017 à 16h39
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    Bonjour

    Je m’adresse aux grisonnants vrais sans dents. lol je précise.

    Si votre mémoire ne vous trahit pas encore (re lol),
    C’était comment avant ?
    Comment voyez vous l’évolution du traitement de l’information par les médias ?
    Comment avez vous vécu la révolution de l’info par internet ?

    Vous avez 30 minutes.

    Merci


    • Chris Le 07 juillet 2017 à 15h33
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      Aux grisonnants vrais, sans dents… mais implants dentaires ou dentier ?
      Ce que je vois des médias ? Un cloaque infini, une usine à fabriquer le consentement au profit de quelques uns !
      Dans les années 50-60, c’était encore assez codifié, je veux dire, il y avait encore une certaine tenue et cohérence des acteurs publics*: la cour des miracles “people” ne prévalait pas. Maintenant, le sensationnalisme (affectivisme ?) domine tout. Nous sommes “markettés” de A à Z dans tous les domaines et à tous les étages, y compris l’intimité.
      * ce n’était pas plus vrai pour autant… J’ai souvenir d’une guerre d’Algérie et ses conséquences très occultées.
      J’ai eu la chance de surfer sur la toile dès les années 1980, d’avoir une éducation et tempérament réfractaires aux effets de mode, donc critique et armée intellectuellement pour trier l’info.
      Les gens, citadins guettoïsés, ne sont mêmes plus conscients de leur embarquement dans le manège Walt Disney. Pour les jeunes générations, c’est LA réalité !
      Tiens, en parlant du Disneyland Paris, saviez-vous que la maison-mère US reprend 100% du capital ?


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