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Paix en Ukraine ? Par Stephen F. Cohen

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Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 24-07-2019

Les amis et les ennemis d’un accord Kiev-Moscou

Par Stephen F. Cohen

24 Juillet 2019

Un drapeau national ukrainien flotte dans le vent. (Reuters / Gleb Garanich)

L’Ukraine, comme je l’ai souvent souligné, est l’épicentre de la nouvelle guerre froide américano-russe, et sa situation directement à la frontière russe la rend beaucoup plus dangereuse que ne l’était Berlin au cours des 40 précédentes années de confrontation. Quelque 13 000 personnes seraient déjà mortes dans le Donbass au cours des combats entre des forces soutenues par Washington et Moscou. Pour de nombreuses personnes des deux côtés de la frontière, la guerre est aussi une tragédie personnelle à cause des dizaines de millions de familles ukraino-russes par mariage. (Les noms de certaines d’entre elles seront familiers au lecteur, tels que Khrouchtchev et Gorbatchev.) [NdT : N’oublions pas que ce fut Nikita Khrouchtchev, ukrainien d’origine qui annexa arbitrairement la Crimée à la RSS d’Ukraine, et qu’il ne pouvait pas ignorer qu’il allait réveiller la vieille querelle entre « Moskal » (citadins russes) et « Katsap » (paysans ukrainiens) héritée de l’époque tsariste.]

L’élection du nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui a remporté une victoire décisive dans la majeure partie du pays, représente une possibilité de paix avec la Russie, si on lui laisse une chance. Son prédécesseur Petro Poroshenko, répudié sur le plan électoral et soutenu par des sympathisants à Washington, a fait échouer presque toutes les négociations précédentes avec les rebelles du Donbass ainsi qu’avec Moscou, notamment les dispositions issues des accords de Minsk parrainés par les Européens. Zelensky, d’autre part, a fait de la paix (de même que de la corruption) sa priorité absolue et s’est en effet entretenu directement avec le président russe Vladimir Poutine, le 11 juillet. Cette guerre qui dure depuis près de six ans étant devenue un gouffre politique, diplomatique et financier pour son gouvernement, Poutine a salué l’ouverture.

Mais la lutte pour la paix ne fait que commencer, avec des forces puissantes déployées contre elle en Ukraine, à Moscou et à Washington. En Ukraine, des détachements ultra-nationalistes – certains diraient même quasi-fascistes – bien armés terrorisent les partisans de l’initiative de Zelensky, et même une chaîne de télévision de Kiev qui proposait de diffuser un dialogue entre citoyens russes et ukrainiens. (Washington a déjà connu des épisodes honteux de collusion avec ces néo-nazis ukrainiens). Quant à Poutine, qui ne contrôle pas totalement les rebelles de Donbass ou ses dirigeants, il « ne peut pas se permettre d’être perçu chez lui », ainsi que je le disais il y a plus de deux ans, « comme laissant tomber les frères de la Russie dans le Sud-Est de l’Ukraine ». En effet, ses propres nationalistes implacables en ont fait un test décisif pour respecter son autorité.

Ce qui nous amène à Washington et en particulier au président Donald Trump et à son adversaire potentiel en 2020, l’ancien vice-président Joseph Biden. Le gouvernement de Kiev, désormais incarné par Zelensky, dépend fortement des milliards de dollars d’aide du Fonds Monétaire International, que Washington contrôle largement. L’ancien président Barack Obama et Biden, sa « cheville ouvrière » pour l’Ukraine, ont utilisé ce levier financier pour exercer une influence semi-coloniale sur Porochenko, aggravant en général la situation, y compris la guerre civile ukrainienne naissante. Leur espoir était, bien sûr, de rompre les liens séculaires de l’Ukraine avec la Russie et même de l’amener éventuellement dans la sphère d’influence de l’OTAN contrôlée par les Etats-Unis.

Notre espoir devrait être que Trump rompe avec cette politique bipartite de longue date, comme il l’a fait avec la politique envers la Corée du Nord, et place carrément l’Amérique du côté de la paix en Ukraine (Pour l’instant, Zelensky a mis de côté la prétendue irréversible « réunification » de Moscou avec la Crimée, comme Washington devrait le faire). Une nouvelle politique américaine doit inclure la reconnaissance, qui manquait auparavant, du fait que les citoyens du Donbass ravagé par la guerre ne sont pas essentiellement des « larbins de Poutine » mais des personnes ayant leurs propres intérêts et préférences légitimes, même s’ils favorisent la Russie. Ici aussi, Zelensky s’engage dans une nouvelle voie. Porochenko a mené une guerre « antiterroriste » contre le Donbass : le nouveau président tend la main à ses citoyens même si la plupart d’entre eux n’ont pas pu voter aux élections.

Biden, cependant, a un problème particulier et une obligation particulière. En tant qu’exécutant, et vraisemblablement architecte, de la politique désastreuse d’Obama en Ukraine, et actuellement principal candidat démocrate à la présidence, Biden devrait être interrogé sur sa vision passée et présente au sujet de l’Ukraine. Les « débats » en cours, dont on fait grand tapage, sont l’occasion de lui poser la question – ainsi qu’à d’autres candidats. Les débats présidentiels sont censés susciter et clarifier l’opinion des candidats sur la politique intérieure et étrangère. Et parmi ces dernières, peu, s’il tant est qu’il y en ait, sont plus importantes que l’Ukraine, qui reste l’épicentre de cette nouvelle et encore plus dangereuse guerre froide.

Stephen F. Cohen est professeur émérite d’études et de politique russes à l’Université de New York et à l’Université de Princeton. Rédacteur à Nation, son nouveau livre War With Russia ? From Putin & Ukraine to Trump & Russiagate [Une guerre avec la Russie ? De Poutine & l’Ukraine à Trump & le Russiagate] est disponible en livre de poche et en ebook.

NdT : Lorsque l’auteur parle de néo-nazis, il se livre à un euphémisme. Ces cinq bataillons (Azov, Aidar, Donbass, Dniepr-1 et Dniepr-2) sont constitués de nazis assumés, héritiers directs de la Légion S.S. Ukrainienne fondée par Stepan Bandera durant la seconde guerre mondiale, et dont ils arborent fièrement les insignes lors de tous leurs défilés. Une discrète documentation historique existe sur les massacres de juifs, russes et polonais, d’hommes, femmes et enfants commis par cette légion qui réussit le prodige de dégoûter les officiers allemands qui la contrôlaient, et qui n’étaient probablement pas précisément des enfants de chœur. Rien donc d’étonnant à ce qu’ils essaient d’exterminer par des tirs quotidiens d’artillerie lourde les « sous-humains » russophones du Donbass, et se refusent obstinément à honorer les accords de Minsk : c’est dans la droite ligne de leur idéologie historique et ils n’en ressentent aucune honte. Ce n’est certainement pas pour rien que le Pentagone leur fournit des armes, les entraîne, les encadre et les soigne au besoin.

Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 24-07-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

RGT // 20.09.2019 à 08h12

Espérons simplement que les ukrainiens ne soient pas victimes, comme TOUS les peuples “libérés” par les USA, d’une guerre civile larvée qui durera des décennies.

Et que la VRAIE communauté internationale (pas les états croupions dont la France fait désormais hélas partie) intervienne une bonne fois pour toutes afin de faire cesser ces ingérences morbides.

Comme hélas cette “philosophie” est ancrée dans les gènes des USA depuis leur création il sera sans doute très difficile de “convaincre” leurs dirigeants pour qu’ils deviennent plus respectueux des autres peuples.

Et leur côté “évangéliste” qui les force à aller “convertir” les autres à leur “foi divine” sera sans aucun doute l’obstacle le plus difficile à surmonter.

A moins d’une claque monumentale envoyée dans leurs gueules sous la forme d’une de leurs techniques de déstabilisation favorite (monter les uns contre les autres et faire cuire à petit feu jusqu’au délitement total du contenu de la casserole), je ne vois pas trop comment les ramener à la raison.

Sachant qu’il y a des animosités entre les différents états, et que chaque état est lui-même déchiré entre ses propres communautés, l’éclatement serait très facile à démarrer et l’Afghanistan pourrait alors ressembler à une simple querelle d’écoliers en comparaison de ce qui pourrait advenir.

C’est sans doute les perspectives de ce bain de sang (et aussi des risques de contamination du reste de la planète par les “bombinettes” qu’ils pourraient s’envoyer mutuellement sur la gueule – “dieu” reconnaissant ensuite les siens) qui freine les autres nations dans l’emploi de cette stratégie.

22 réactions et commentaires

  • basile // 20.09.2019 à 08h08

    on nous reparle du format normandie. Que vient faire la dedans cette véritable tutelle franco-allemande ? La peur que Zelensky se fasse manger tout cru par le « diabolique Poutine » ?

    ou peut-être bien la peur, pour l’UE, que les deux frères ennemis s’entendent sur notre dos. Je pencherai assez pour cette option.

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    • René Fabri // 20.09.2019 à 09h54

      Le format Normandie fut un progrès en son temps, car il excluait les faucons de Washington. La présence de l’Allemagne peut se comprendre dans une petite mesure, car elle est un client important de la Russie et de l’Ukraine, et peut donc faire pression pour trouver des compromis entre ces deux pays. La présence de la France ne se justifie pas vraiment, sauf si l’on avoue qu’elle participe activement à cette guerre aux côtés de Kiev, comme c’est le cas dans la réalité par ses navires de guerre en mer noire, par le don de 55 hélicoptères de combat, et par l’envoi d’instructeurs militaires et d’ONG. Le plus gros défaut de ce format, à mon avis, est l’absence de représentants des habitants du Donbass, car il est faux de penser que la Russie les représente bien.

      Le format de Minsk est préférable, sauf que les accords de Minsk ne sont pas appliqués du côté de Kiev, avec environ 1000 projectiles, dont 200 de gros calibre, qui bombardent le Donbass chaque semaine, tuant entre une et dix personnes et détruisant des habitations ; et les drones des observateurs neutres internationaux qui sont régulièrement abattus ou brouillés par Kiev, ainsi que les inventaires des arsenaux qui sont empêchés.

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  • RGT // 20.09.2019 à 08h12

    Espérons simplement que les ukrainiens ne soient pas victimes, comme TOUS les peuples “libérés” par les USA, d’une guerre civile larvée qui durera des décennies.

    Et que la VRAIE communauté internationale (pas les états croupions dont la France fait désormais hélas partie) intervienne une bonne fois pour toutes afin de faire cesser ces ingérences morbides.

    Comme hélas cette “philosophie” est ancrée dans les gènes des USA depuis leur création il sera sans doute très difficile de “convaincre” leurs dirigeants pour qu’ils deviennent plus respectueux des autres peuples.

    Et leur côté “évangéliste” qui les force à aller “convertir” les autres à leur “foi divine” sera sans aucun doute l’obstacle le plus difficile à surmonter.

    A moins d’une claque monumentale envoyée dans leurs gueules sous la forme d’une de leurs techniques de déstabilisation favorite (monter les uns contre les autres et faire cuire à petit feu jusqu’au délitement total du contenu de la casserole), je ne vois pas trop comment les ramener à la raison.

    Sachant qu’il y a des animosités entre les différents états, et que chaque état est lui-même déchiré entre ses propres communautés, l’éclatement serait très facile à démarrer et l’Afghanistan pourrait alors ressembler à une simple querelle d’écoliers en comparaison de ce qui pourrait advenir.

    C’est sans doute les perspectives de ce bain de sang (et aussi des risques de contamination du reste de la planète par les “bombinettes” qu’ils pourraient s’envoyer mutuellement sur la gueule – “dieu” reconnaissant ensuite les siens) qui freine les autres nations dans l’emploi de cette stratégie.

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  • Je me marre // 20.09.2019 à 09h09

    Des forces nationalistes puissantes implacables contre la paix à Moscou et opposées à Poutine?

    Faudrait pas prendre ses désirs pour la réalité.

    Qui donne des passeports russes aux citoyens des Républiques de Donetsk et de Lougansk?

    Il n’y a que Cohen pour ne pas comprendre de quoi il s’agit. Comme pour ne pas comprendre que la décision du peuple criméen est irréversible. Le mot d’ordre des USA n’est donc plus d’instaurer la démocratie? On nous aurait ment?

    A part ça, l’éclatement de la Yougoslavie, de la Libye, de la Syrie, du Yémen, c’est bien, celui de l’Ukraine, ce serait mal?

    Je me marre…

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    • Séraphim // 23.09.2019 à 11h16

      La France avait donné des passeports français aux opposants de Tian An Men en 1989, à Hong Kong et sans délai. Cela voulait-il dire que la France soutenait la rébellion? Si la Russie donne des passeports c’est quoiqu’on en dise, essentiellement humanitaire. Et cela n’enlève pas leurs passeports ukrainiens

        +0

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      • Rafa // 23.09.2019 à 12h45

        Pour rappel et contrairement à la propagande occidentale donc anti-russe, le pb du séparatisme dans le Donbass n’est apparu qu’à partir de 2014 quand les gouvernements ultranationalistes ukrainiens ont interdit l’usage de la langue russe à travers tout le pays, mesure qui a touché en premier lieu les habitants du Donbass qui ne parlent pratiquement que cette langue. De plus, alors la ministre ou 2 russophone était toujours intégré au gouvernement à partir de cette date fini. Seuls des ministres ukrainophones étaient nommés.
        Les gens du Donbass se sont révoltés. Certains ont estimé que leur sort était davantage lié à celui de la Russie qu’à celui de l’Ukraine. On attend toujours le référendum qui doit trancher.
        Sinon savez vous que la Hongrie fait la même chose en Roumanie (pays que je connais bien) en proposant des passeport aux magyarphones (2millions environ) ??
        Ça dérange qui en occident ?? Ah mais si c’est les russes, horreur et damnation !

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  • Michel R // 20.09.2019 à 09h52

    13000 morts dans le Donbass..et du côté des ” rebelles”en grande partie..
    Alors d où vient la violence?

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    • daniel // 20.09.2019 à 11h24

      “d’où vient la violence?”
      Ben, chais pas trop mais si ‘ils’ acceptaient de se laisser assassiner, parler ukrainien, rompre leurs liens familiaux en Russie et surtout adhérer à l’Otan-UE, on n’en serait pas là.
      ‘Ils’ veulent pas voir la lumière, c’est le problème…

        +9

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      • Rémi // 20.09.2019 à 13h44

        Un vrai plan de paix:
        Tous les hommes du donbass seront interné dans des camps antiterroriste et pourrons travailler pour 2 ct d’euros de l’heure pour les compagnies occidentales désidreses d’invesitr en Ukraine.
        Les femmes du Donbass seront exportées vers l’europe et les état-unis comme femmes de ménages avec des contrats de travail long terme à 100e par mois.
        La presse se félicite de se plan de paix qui assure l’avennir de l’Ukraine en garantissant des flux de devises réguliers et la pérénité des investissements étrangers.
        Le FMI a accordé un prêt de dix milliards de dollars qui permettra de construire un nouveau palais présidentiel et un musé en hommage au patriotes ukrainiens victimes de la barbarie russe durant la seconde guerre mondiale.
        Les Etat-unis se félicite de l’accord qui va faire que les latino émigreront moins au états-unis faute de débouchés.
        (Un peu de politique fiction, il fallait une histoire ou tout finisse bien.)

          +8

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        • RGT // 20.09.2019 à 18h03

          Concernant les femmes du Donbass, je crois que la mafia albanaise leur réserve un futur encore plus radieux en leur offrant d’arpenter les trottoirs des capitales occidentales.

          Elle l’a déjà fait pour les femmes de nombreuses communautés de la région.
          Pour la plus grande joie de DSK, d’Harvey Weinstein et de tant d’autres bienfaiteurs…

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          • Dominique65 // 21.09.2019 à 14h23

            « un futur encore plus radieux en leur offrant d’arpenter les trottoirs des capitales occidentales. »
            C’est vrai que si on est assez abject, c’est tentant :
            https://www.qwant.com/?q=ukrainienne&t=images

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  • Duracuir // 20.09.2019 à 13h13

    Cohen parle probablement très en dessous de son opinion. Prudence qui en dit long sur le climat inquisitoire qui règne dans la prétendue démocratie US.
    Étonnant que Cohen ne prononce pas une seule fois le mot oligarque. Car ce sont eux qui mènent principalement le bal. Et ils ne veulent en aucun cas l’établissement d’une Ukraine appaisée et au système solide. Ils veulent pouvoir continuer à piller. Zelensky est la marionnette de l’un d’eux. Celui-ci aurait-il d’autres projets que l’anarchie sanglante ?

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    • Dominique65 // 21.09.2019 à 14h27

      « Zelensky est la marionnette de l’un d’eux »
      C’est ce que prétendaient ses adversaires lors de la campagne. Est-ce si sûr ?

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    • V_Parlier // 25.09.2019 à 20h07

      Le début de réponse est dans l’article: “Biden devrait être interrogé sur sa vision passée et présente au sujet de l’Ukraine”. Et bien, rien que pour avoir abordé cela par téléphone avec Zelensky, Trump est menacé de destitution par Biden! Et ça semble ne pas choquer grand monde qu’un bandit pris la main dans le sac ne trouve rien d’autre comme riposte! Quelle république bananière ces USA!

        +1

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  • Mila // 20.09.2019 à 15h26

    Mais n’importe quoi! Le passage à la fin, tiré du livre essaie juste de nous faire peur.
    Le bataillon Donbass par exemple a été fait par Semen Semenchenko, originaire justement de Donbass. C’est un gars qui parle russe, aujourd’hui député et une grande figure de la politique ukrainienne.
    Je le sais puisque je suis de là bas et en plus au début ils avaient même pas de quoi acheter de l’essence. Ils faisant la quête vie Facebook. Il y a eu aussi les fonds d’okigarque de Dniepropetrovsk, Kolomoisky. D’ailleurs on l’accusait d’avoir entretenu des armées privées. Donc les 2 figures sont réellement de Donbass. Les gens de Donbass sont justement très méfiant des héritiers spirituels de Stepan Bandera!
    En gros l’auteur vous fait peur en essayant faire la formule toute trouvée depuis 5 ans déjà par Moscou:
    Un ukrainien=un nazi
    Ils en ont pas marre???? Un manque d’imagination???
    Le comble C’est que pendant la 2ème guerre mondiale l’Ukraine a perdu plus d’hommes que les autres républiques de l’URSS car l’armée rouge surtout les rangs moyens était constitués des ukrainiens…
    C’est vrai que dans l’Ouest de l’Ukraine ils on fricoté avec le nazisme dans l’espoir de combattre l’URSS mais c’était vraiment une minorité. Et n’a rien à voir avec ce qui se passe aujourd’hui.
    C’est triste que l’auteur a vendu son âme à Poutine! vraiment dommage…

      +2

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    • Oulisse // 21.09.2019 à 14h37

      Merci pour cette précision. Nous bageons dans la désinformation. Personne ne reconnait avoir une vision très partielle.

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  • antoniob // 21.09.2019 à 13h49

    > Le bataillon Donbass par exemple a été fait par Semen Semenchenko, originaire justement de Donbass.

    oui, ce régiment n’est pas crée par les bandéristes galiciens, mais par des pro-ukrainiens opposés aux séparatistes.

    > la formule toute trouvée depuis 5 ans déjà par Moscou:
    Un ukrainien=un nazi

    Moscou n’a pas besoin de faire de la propagande: au EuroMaïdan c’était les milices galiciennes qui ont été utilisées pour le putsch. Démographiquement marginales à l’échelle du pays mais élément para-militaire clef pour la prise du Parlement. Et élément important dans la formation des régiments envoyés sous Chokoladshenko sur Donetsk et Lougansk.

    —-
    lorsque le pustch a été mené, les Berkut qui défendaient le Parlement étaient critiqués pour utilisation de violence. Lorsque des manifestants en brûlaient un ou deux avec des cocktails molotov, pas de critique, c’est normal. L’EU critiquaient que le gouvernement Yanoukovitch utilisaient les berkut. Bon, lorsque les séparatistes ont proclamé une autonomie, le nouveau gouvernement a utilisé l’armée contre Donetsk l’été 2014. Mais ça ce n’est pas de la violence bien sûr.
    Les médias ouest-européens ont gardé le silence jusqu’à l’automne, puis subitement ils ont parlé de réunion de Merkel et Poutine à Minsk. Conclusion: la guerre de Chokolashenko, silence, les réfugiés, silence. Si Chokolodshenko avait gagné la bataille à Debaltsevo, les journaux auraient écrits “retour à l’ordre”, sans plus de détails. Les morts? les destructions? les réfugiés? Qui avait attaqué? Peut-être les séparatistes voulaient-ils conquérir toute l’Ukraine et envahir Kiev?

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  • Rafa // 21.09.2019 à 14h44

    Si les démocrates étaient au pouvoir il y aurait la guerre avec la Russie en Ukraine. Il n’ait pire anti russe compulsif que Joe Biden. Pas étonnant que son fils n’ait chercher à interférer dans le conflit du Donbass. Le candidat démocrate n’a pas de mots assez durs vis-à-vis de la Russie accusée de tous les maux.

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    • Grd-mère Michelle // 23.09.2019 à 15h42

      À noter que, dès 2007 et l’entrée de la Roumanie et La Bulgarie dans l’UE, la culture des céréales OGM(avec les pesticides qui les accompagent obligatoirement)qui y étaient intensément développées depuis plus de dix ans, y ont été interdites selon les lois de l’UE en vigueur, et transférées en Ukraine. Ainsi, les immenses plaines ukrainiennes qui furent, pendant des siècles, le “grenier à blé” de la Russie sont devenues, de par le projet des “investisseurs” US, le silo à grains de l’UE à la botte de ses “alliés” d’Outre-Atlantique.
      Le principal souci d’un Empire étant toujours, avant tout, de nourrir les peuples asservis qui réclament “du pain et des jeux”.
      Comme quoi la lutte qui concerne non seulement le réchauffement climatique mais aussi l’appauvrissement des sols et l’extinction des espèces rejoint celles de la libre-détermination des peuples et de la préservation de leurs diversité et dignité.

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 22.09.2019 à 11h36

    Je trouve que la discussion se tient un peu trop à l’écart des fondamentaux. Il y a les Etats-Unis, qui sont une ploutocratie solide en tant que telle, et dont on ne changera pas la politique. Les déterminants de cette politique ne sont pas principalement idéologiques (la ‘destinée manifeste’, l”esprit pionnier’, l”éthique protestante’ et tout et tout…) mais très solidement matériels : il s’agit que le capital puisse s’investir et rapporter sur l’espace le plus vaste possible. A ce titre, la Russie est un obstacle. Le fondamental historique, c’est que les voisins occidentaux de la Russie : l’Allemagne, mais aussi la Pologne autrefois, et désormais les Etats-Unis qui ont bouffé l’Europe et repris à leur compte ses tropismes, ont toujours cherché à repousser les slaves vers l’Est, et toujours en commençant par l’Ukraine. Toute analyse de l’actualité doit partir de cette toile de fond.

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    • Grd-mère Michelle // 23.09.2019 à 15h51

      Il y a très longtemps que les USA ont compris que le pire obstacle à l’extension de leur pouvoir en Europe serait une alliance entre les européen-ne-s de l’ouest et ceux/celles de l’est, y compris de Russie(communiste ou pas!) Car ce type d’alliance(assez naturelle du fait de la proximité) assurerait la possibilité de l’indépendance énergétique et alimentaire du continent.

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