Alors que les sommités de la politique étrangère s’empressent de mettre en garde contre les dangers d’une attaque américaine contre l’Iran, la Maison Blanche est largement convaincue que le président Donald Trump saura gérer les retombées d’une telle frappe. Cette confiance reflète un schéma qui, depuis des années, façonne la pensée de Trump. L’establishment de la politique étrangère à Washington met en garde le président contre certains actes qui enfreignent les normes. Il ignore leurs conseils et continue. Et il n’en subit aucune répercussion apparente. En 2018, lorsque Trump a rompu avec la politique américaine en transférant l’ambassade des États-Unis en Israël à Jérusalem, je travaillais au Bureau des affaires du Proche-Orient du Département d’État. Nos propres experts bureaucratiques avaient prédit que cette décision provoquerait des manifestations généralisées et des violences contre le personnel américain, et nous avions mis en place des groupes de travail et des plans d’évacuation en prévision d’un scénario catastrophe qui ne s’est jamais produit. Ce scénario s’est répété en juin dernier, lorsque Trump s’est joint aux frappes israéliennes contre le programme nucléaire iranien. Les analystes avaient averti que cette décision déclencherait une guerre plus large et accélérerait la course à l’arme nucléaire de l’Iran. Une fois de plus, il ne s’est pratiquement rien passé. Lorsque l’administration a destitué le président vénézuélien Nicolás Maduro en janvier, les experts ont insisté sur le fait que son pays, voire toute la région, plongerait dans le chaos, mais rien de tel ne s’est produit jusqu’à présent.
Source : Foreign Affairs, Nate Swanson
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
On comprend aisément pourquoi Trump pourrait penser que les mises en garde concernant une nouvelle attaque contre l’Iran sont exagérées et qu’il peut réitérer sa formule consistant à mener une action décisive suivie d’un retrait net. Mais cette fois-ci, la situation est différente. J’ai passé 18 ans à travailler sur l’Iran à divers postes au sein du gouvernement américain, notamment en tant que directeur chargé de l’Iran auprès du président Joe Biden et au sein de l’équipe de négociation de Trump au printemps et à l’été 2025. Fort de cette expérience, je constate que Trump ne comprend tout simplement pas que la faiblesse de l’Iran ne conduira pas le pays à capituler à la table des négociations. Au contraire, la fragilité actuelle de l’Iran ne fait que réduire la marge de manœuvre pour des compromis significatifs. Trump ne comprend pas non plus que l’Iran est confronté à des conditions totalement différentes de celles de juin 2025, lorsqu’il avait choisi de désamorcer le conflit. La République islamique estime désormais qu’Israël et les États-Unis ont l’intention de frapper à plusieurs reprises son programme de missiles balistiques – le fondement de l’autodéfense iranienne – et qu’elle doit se montrer plus agressive pour prévenir le type d’assaut perpétuel qui pourrait la renverser totalement.
Le comportement de Trump lui-même accroît également le risque d’escalade. Le désir toujours plus pressant du président d’apparaître comme un artisan de la paix historique l’a conduit à un choix inutilement manichéen : contraindre Téhéran à conclure un nouvel accord majeur ou recourir à une force considérable. Et le flou qui entoure ses motivations rend ce point de friction d’autant plus dangereux. Trump semble vouloir, sans ordre particulier, démontrer la puissance de l’armée américaine, renforcer sa position dans les négociations, montrer qu’il était sérieux lorsqu’il s’est engagé, dans un message publié en janvier sur Truth Social, à protéger les manifestants iraniens, et se démarquer de l’approche du président Barack Obama. Ce mélange hétéroclite d’objectifs contraste avec la concentration dont il a fait preuve lors de ses précédentes opérations couronnées de succès et le rendra moins préparé si une frappe ne débouche pas sur la capitulation rapide attendue. Au final, les conditions actuelles font qu’une attaque des États-Unis contre l’Iran pourrait entraîner des représailles d’une violence inattendue et un conflit beaucoup plus long et potentiellement préjudiciable pour Washington.
Un piège qu’il s’est tendu lui-même
D’un point de vue stratégique, Trump n’a aucune raison valable d’attaquer l’Iran. Téhéran représente certes une menace pour les intérêts de Washington au Moyen-Orient, mais il ne constitue pas un danger immédiat pour les États-Unis. Au lendemain des manifestations massives des Iraniens et du massacre brutal qui s’en est suivi, une pression économique et diplomatique soutenue aurait encore affaibli le régime sans risquer de déclencher un conflit ouvert. Mais ce président se contente rarement de victoires discrètes. Il a donc formulé une exigence majeure et plus spectaculaire. Soit le gouvernement iranien accepte un accord nucléaire de grande envergure dans lequel il renonce à tout enrichissement d’uranium et à son programme de missiles, soit Washington attaque.
Lancer une frappe militaire limitée contre l’Iran pour le forcer à se plier aux exigences américaines correspond au mode de fonctionnement de Trump. Cela lui offrirait un spectacle. Et il veut clairement soit un pacte de capitulation, soit un cadre général qui valide son affirmation d’avoir apporté la paix au Moyen-Orient pour la première fois depuis plusieurs millénaires. Mais les dirigeants iraniens sont de moins en moins disposés à lui offrir une grande victoire symbolique. En général, les négociateurs iraniens aiment se concentrer sur des détails et des concessions étroites, de type « œil pour œil ». Biden l’avait compris, et en tant que membre de son équipe de négociation avec l’Iran, j’ai passé d’innombrables heures à réfléchir à la manière de classifier les sanctions liées au nucléaire.
Lors d’un cycle de négociations avec les États-Unis à Genève la semaine dernière, l’Iran s’est présenté avec le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, l’ensemble de ses conseillers officiels et une équipe d’experts techniques afin de régler les détails précis, tels que la manière dont l’Iran exporterait ses stocks d’uranium et les décrets présidentiels américains qui seraient abrogés. Trump, en revanche, n’a envoyé que deux personnes : son envoyé spécial polyvalent, Steve Witkoff, et son gendre Jared Kushner. Il ne se soucie pas des détails techniques et n’en saisit pas l’importance particulière pour l’Iran.
Les dirigeants iraniens ne veulent pas offrir à Trump une victoire symbolique
Au contraire, Washington exige des concessions considérables sans offrir pratiquement rien de concret en échange. John Limbert, ancien diplomate américain et otage en Iran en 1979, a fait remarquer avec ironie dans son livre Negotiating With Iran [Négocier face à l’Iran] que « l’Iran ne cède pas à la pression, mais seulement à une pression très forte. » Il note comment l’Iran, après des années de défiance farouche, a accepté en 1988 un cessez-le-feu humiliant avec l’Irak, sous l’égide de l’ONU, après avoir finalement conclu que la poursuite de cette guerre dévastatrice de huit ans menaçait la survie de la République islamique. L’Iran ne cédera pas à des exigences majeures simplement à cause d’une campagne de bombardements. Et par extension, le régime iranien ne signera pas d’accords qui, à ses yeux, sapent fondamentalement sa viabilité, surtout sans garanties concomitantes. Insister pour que l’Iran démantèle son programme de missiles, par exemple, est presque certainement voué à l’échec : le régime estime que ce programme de missiles sous-tend son emprise sur le pouvoir. Trump ne comprend pas que, quelle que soit la faiblesse de l’Iran ou l’ampleur de la force déployée par les États-Unis, le Guide suprême Ali Khamenei ne négociera jamais de son plein gré la fin de la République islamique. Il préférerait mourir en martyr.
Quoi que ce soit, les négociateurs iraniens disposent aujourd’hui d’une marge de manœuvre moindre qu’il y a un an. À ce stade, Khamenei aurait dû autoriser ses partenaires de négociation à rompre avec leur approche traditionnelle et à offrir à Trump l’illusion d’une victoire majeure. Il y a six semaines, le simple fait que Trump ait reporté sa promesse de riposter au nom des manifestants iraniens et proposé des négociations a créé une opportunité énorme pour Téhéran. Mais celui-ci a gâché cette ouverture en rejetant la première proposition de l’administration Trump : un sommet régional à Istanbul entre ministres des Affaires étrangères, qui aurait pu se démarquer suffisamment du cadre de négociation d’Obama pour offrir une couverture politique à Trump. L’Iran n’a tout simplement pas pu se résoudre à laisser Trump sauver la face et remporter une victoire symbolique. En réalité, Khamenei est tout aussi obsédé par les apparences que Trump, et il cherche de plus en plus à satisfaire ses partisans les plus radicaux. Il a rendu impossible pour son équipe de négociation de proposer ne serait-ce que des compromis mineurs, sans parler des concessions majeures exigées par Trump.
Un point de non-retour
L’Iran sait qu’il ne peut pas gagner une guerre ouverte contre les États-Unis ou Israël. En théorie, si Trump lançait une attaque, Téhéran aurait tout intérêt à rechercher une désescalade rapide – comme il l’a fait avec Israël en avril et octobre 2024, puis avec les deux pays en juin 2025. Mais la situation à laquelle l’Iran est confronté aujourd’hui est très différente de celle d’alors. Aujourd’hui, Israël et les États-Unis perçoivent tous deux l’Iran comme un tigre de papier. Les milices par procuration qu’il utilisait pour dissuader Israël et terroriser le Moyen-Orient pendant des années ont été largement neutralisées. Son programme nucléaire est en ruines. Ses défenses aériennes sont en lambeaux : les frappes de juin ont détruit la plupart de ses sites de missiles sol-air et ont ouvert d’énormes brèches dans son réseau de radars d’alerte précoce. Et en décembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’est rendu à Mar-a-Lago et a obtenu l’autorisation de Trump de frapper le programme de missiles balistiques de l’Iran, pierre angulaire de la défense du pays, au moment et à l’endroit de son choix. Cette évolution menace l’existence même de la République islamique. Ce programme est le seul moyen dont dispose encore l’Iran pour menacer Israël. (L’Iran fabrique également la plupart de ces missiles sur son territoire, de sorte qu’Israël devrait frapper l’Iran tous les six mois environ pour maintenir son arsenal à un niveau suffisamment dégradé.)
L’ambiguïté des intentions actuelles de Trump modifie également le calcul iranien. Le président américain ne menace pas d’attaquer l’Iran en raison d’une menace imminente ou en réponse à un acte d’agression iranien. Ses motivations sont multiples et floues : il est déçu par l’avancement des négociations, il se sent obligé de défendre la ligne rouge qu’il a fixée dans son message sur Truth Social, il cherche désespérément à éviter les comparaisons peu flatteuses avec Obama, et il estime pouvoir mener des opérations de grande envergure avec un minimum de conséquences. Du point de vue de l’Iran, Israël et les États-Unis semblent tous deux avoir conclu qu’ils peuvent frapper sans provocation directe et lorsque cela sert leurs besoins politiques intérieurs. L’Iran pense même que les deux pays seront tentés de frapper fréquemment. En conséquence, les responsables iraniens estiment qu’ils doivent donner un électrochoc à Trump, sous peine d’être perpétuellement en danger.
Dans un discours prononcé la semaine dernière, Khamenei a menacé de couler un porte-avions américain et de fermer le détroit d’Ormuz. Téhéran a peu de chances de mettre ces menaces à exécution, compte tenu du renforcement militaire américain actuel dans la région. Mais il pourrait plus facilement infliger des pertes américaines. Tuer des Américains pourrait être une option particulièrement séduisante : les dirigeants iraniens se souviennent qu’en 1983, le président américain Ronald Reagan a retiré toutes les forces américaines du Liban après l’attentat suicide soutenu par l’Iran contre une caserne de Marines sur place, bien qu’il eût initialement affirmé qu’il ne se laisserait pas intimider par le terrorisme.
L’Iran pourrait sérieusement envisager de prendre pour cible les infrastructures énergétiques des États arabes du Golfe
Les États-Unis disposent d’environ 40 000 soldats répartis sur 13 bases régionales, sans compter l’importante puissance navale et aérienne qu’ils ont récemment déployée au Moyen-Orient. Le 19 février, l’ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU a averti l’organisation que si le pays était attaqué, toutes les « bases, installations et ressources de la force hostile » situées à proximité « constitueraient des cibles légitimes ». Bien que les soutiens régionaux de Téhéran soient affaiblis, les milices irakiennes et houthies ont toujours la capacité de renforcer toute riposte iranienne. Selon un sondage Quinnipiac réalisé mi-janvier, 70 % des Américains – et une majorité de Républicains – s’opposent à une intervention militaire en Iran. Trump aura du mal à justifier la mort de citoyens américains dans un conflit qu’il aura lui-même provoqué. L’Iran pourrait également intensifier ses frappes de missiles sur des cibles civiles israéliennes, mettant à rude épreuve les capacités défensives d’Israël et obligeant les États-Unis à consacrer des ressources pour soutenir leur allié.
Enfin, Téhéran pourrait cibler les flux pétroliers mondiaux et le transport maritime international, ce qui ferait grimper les prix de l’énergie et constituerait un sérieux handicap politique pour Trump. L’Iran pourrait bien encourager les Houthis à reprendre leurs attaques contre les navires transitant par la mer Rouge. Le Corps des gardiens de la révolution islamique du pays se prépare également à arraisonner de manière sélective des navires ennemis dans le détroit d’Ormuz. Si le conflit avec les États-Unis s’intensifie, l’Iran pourrait sérieusement envisager de s’en prendre directement aux infrastructures énergétiques des États arabes du Golfe. En 2019, lors de la dernière campagne de « pression maximale » menée par Trump, l’Iran a directement attaqué la raffinerie d’Abqaiq en Arabie saoudite, la plus grande au monde. Cette attaque semblait avoir pour but d’endommager des composants facilement remplaçables, limitant ainsi les conséquences sur l’approvisionnement énergétique mondial. Mais si Téhéran s’en prenait plutôt à des infrastructures dont il sait qu’elles prendraient plus de temps à réparer, les conséquences seraient bien plus graves. Les relations entre l’Iran et les États arabes du Golfe sont aujourd’hui plus solides qu’à l’époque, mais Téhéran sait que les dirigeants du Golfe exercent une réelle influence sur Trump et pourraient lui demander de faire marche arrière s’ils se trouvaient sous pression.
L’Iran est peut-être affaibli. Mais il dispose encore de moyens pour infliger de réels dommages aux États-Unis et il est bien plus motivé à le faire qu’auparavant. Si Trump souhaite s’en tenir à la stratégie qui a fait ses preuves, il devra mettre un terme à cette saga de manière décisive et à moindre coût. Mais des forces puissantes, tant en lui-même qu’à l’extérieur, l’ont conduit à écarter les nombreuses issues de secours qui s’offraient déjà à lui. Les faucons anti-Iran, tels que le sénateur Lindsey Graham, exhortent Trump à ne pas « parler comme Reagan et agir comme Obama », une comparaison que Trump déteste et redoute. Il peut sembler invraisemblable que Trump, qui a promis à ses partisans la fin des guerres sans fin, élimine les dirigeants iraniens ou engage des troupes terrestres pour un changement de régime et la reconstruction du pays. Pourtant, il est déjà allé loin dans cette voie. Il pourrait bien être poussé à aller plus loin encore, quel qu’en soit le prix.
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Nate Swanson est chercheur principal résident et directeur du projet « Iran Strategy » à l’Atlantic Council. Il a occupé le poste de directeur chargé de l’Iran au Conseil national de sécurité entre 2022 et 2025. Au printemps et à l’été 2025, il a fait partie de l’équipe de négociation sur l’Iran de l’administration Trump.
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Commentaire recommandé
Rédigé le 24 février, donc avant le déclenchement de la guerre le 28 février, on peut trouver ces phrases dans l’article :
– « la faiblesse de l’Iran ne conduira pas le pays à capituler à la table des négociations. Au contraire, la fragilité actuelle de l’Iran ne fait que réduire la marge de manœuvre pour des compromis significatifs »
– « les conditions actuelles font qu’une attaque des États-Unis contre l’Iran pourrait entraîner des représailles d’une violence inattendue et un conflit beaucoup plus long et potentiellement préjudiciable pour Washington »
– « quelle que soit la faiblesse de l’Iran ou l’ampleur de la force déployée par les États-Unis, le Guide suprême Ali Khamenei ne négociera jamais de son plein gré la fin de la République islamique. Il préférerait mourir en martyr. »
– « l’ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU a averti l’organisation que si le pays était attaqué, toutes les « bases, installations et ressources de la force hostile » situées à proximité « constitueraient des cibles légitimes » »
– « Le Corps des gardiens de la révolution islamique du pays se prépare également à arraisonner de manière sélective des navires ennemis dans le détroit d’Ormuz »
Qui aurait pu prévoir, comme dirait l’autre ?
7 réactions et commentaires
Le rôle d’Israël dans la manière dont Trump « gère » ce conflit est particulièrement euphémisé dans cet article. Il est bien évident que la défense de la sécurité (et même de l’hégémonie régionale) de ce petit Etat est la motivation principale qui a entraîné Trump à faire cette guerre, mais une personne qui travaille pour le gouvernement US ne peut évidemment pas le dire clairement.
+18
Alerter@Antoine Bobo,
Il suffit, pour savoir lequel des deux manipule l’autre, de regarder sur qui tombent les bombes et qui en perçoit les dividendes. L’empire traverse une crise existentielle et il préfèrera régner sur des ruines plutôt que de renoncer à l’hégémonie. Aussi la guerre qu’il mène contre les BRICS, à travers l’Ukraine et maintenant l’Iran, va s’intensifier et Dieu seul sait de quelle folie il sera capable quand il s’apercevra qu’il ne peut pas vaincre.
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AlerterRédigé le 24 février, donc avant le déclenchement de la guerre le 28 février, on peut trouver ces phrases dans l’article :
– « la faiblesse de l’Iran ne conduira pas le pays à capituler à la table des négociations. Au contraire, la fragilité actuelle de l’Iran ne fait que réduire la marge de manœuvre pour des compromis significatifs »
– « les conditions actuelles font qu’une attaque des États-Unis contre l’Iran pourrait entraîner des représailles d’une violence inattendue et un conflit beaucoup plus long et potentiellement préjudiciable pour Washington »
– « quelle que soit la faiblesse de l’Iran ou l’ampleur de la force déployée par les États-Unis, le Guide suprême Ali Khamenei ne négociera jamais de son plein gré la fin de la République islamique. Il préférerait mourir en martyr. »
– « l’ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU a averti l’organisation que si le pays était attaqué, toutes les « bases, installations et ressources de la force hostile » situées à proximité « constitueraient des cibles légitimes » »
– « Le Corps des gardiens de la révolution islamique du pays se prépare également à arraisonner de manière sélective des navires ennemis dans le détroit d’Ormuz »
Qui aurait pu prévoir, comme dirait l’autre ?
+22
AlerterMerci beaucoup sur l’article Les Crises.
Monsieur Antoine, pour les USA, Israel est tout simplement affilié ?
On attend un article complementaire …
+1
AlerterDécalage saisissant entre l’analyse du 24 février et ce qui s’est passé quatre jours plus tard !
Avec le recul, cet article de Nate Swanson illustre parfaitement les limites de l’expertise quand elle se confronte à une réalité géopolitique qui échappe aux cadres habituels.
L’auteur, fort de ses dix-huit ans d’expérience gouvernementale, raisonnait dans un univers où les acteurs restent rationnels et où les lignes rouges sont respectées, mais l’agression israélo-étasunienne du 28 février a montré qu’on était entré dans une logique différente.
Son analyse postulait que l’Iran, bien qu’affaibli, éviterait un conflit ouvert.
Ce qui est frappant, c’est que Swanson voyait un « piège que Trump s’est tendu lui-même », mais il n’anticipait pas que ce piège se refermerait aussi vite et violemment.
Son article n’est pas tant une analyse erronée qu’un précieux témoignage de l’état d’esprit à Washington dans les tous derniers jours avant le basculement, une sorte d’illusion de maîtrise qui a sans doute contribué à cette entrée en guerre inconsidérée.
+19
AlerterQuand même l’Atlantic Council (qui ne sont ni les moins neocons, ni les moins va-t-en guerre du lot) dit 4 jours avant « faut pas le faire » dans un éclair de lucidité ; c’est un sacré « red flag ».
Quand toutes les conséquences sont posées sur la table avant et que les mecs y vont quand même ; la question du pourquoi devient anécdotique comparé au constat qu’ils sont complêtement syphonés du bulbe du genre dangeureux pour eux-mêmes et pour les autres.
Je pensais pas que l’évolution de l’éspêce aurait fait de la psychatrie politique un champ de recherches viable … et pourtant, on en est rendu là.
Si encore le congrès US faisait son taf : Article 25 , puis Article 2… mais là c’est en interne que ça risque de piquer du fion.
+19
Alerter“ Son programme nucléaire est en ruines. Ses défenses aériennes sont en lambeaux : les frappes de juin ont détruit la plupart de ses sites de missiles sol-air et ont ouvert d’énormes brèches dans son réseau de radars d’alerte précoce. ”
———————
Il a fumé quoi le gars? Il pense que depuis juin 2025 l’Iran s’est contenté de végéter? Qu’il n’a pas produit le missiles et de drones à la chaîne ?
Il montre juste une chose: l’ignorance crasse de ce qui se passe en Iran et le complexe de supériorité permanent que les USA ont vis-à-vis de ce pays.
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