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20.août.201820.8.2018 // Les Crises

Trump précipite l’ère de l’après-Oslo. Par Alastair Crooke

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Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 16-03-2018

Le Premier ministre Netanyahou a reçu un accueil vraiment chaleureux cette semaine à la Maison-Blanche, et l’AIPAC [ou American Israel Public Affairs Committee, lobby créé en 1951 aux États-Unis visant à soutenir Israël, NdT] s’est par la suite extasié sur lui, rapporte le Washington Post. Le président Trump, qui semble avoir établi un lien personnel fort avec Bibi, voudrait apparemment que l’histoire le juge comme « l’accélérateur », celui qui tranche toutes les entraves de la « ligne rouge » (la question de Jérusalem étant, à son avis, l’une d’entre elles), qui ont retenu Israël sur la voie de la normalisation au Moyen-Orient.

La cession de Jérusalem à Israël a été présentée – par M. Trump – comme une gifle du réel qui devrait inciter les parties à agir ; l’élaboration par Trump d’une solution dans laquelle un État palestinien n’est qu’une option possible (si Israël était ainsi disposé), était encore une autre « gifle » ; et l’avertissement aux Palestiniens que s’ils ne « jouent pas », il n’y aurait pas de « rémunération », pourrait être compté comme une troisième.

Et si cette « dose de réalisme » délivrée aux Palestiniens n’était pas suffisante, Ben Caspit, le chroniqueur israélien chevronné, nous dit que Trump monte une opération pour « sauver » Netanyahou (de son inculpation possiblement imminente pour corruption) : une autre gifle. Mais cette fois-ci à un public beaucoup plus large – Netanyahou est aussi peu apprécié dans les capitales européennes que dans les capitales du Moyen-Orient :

« Il y a ceux de l’opposition israélienne qui appellent cela “opération sauver Bibi”. Cela repose sur la relation particulièrement étroite entre Netanyahou et Trump, ainsi que sur le gendre de Trump, Jared Kushner, aide vitale fournie par l’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman ; et l’influence sans précédent que l’ambassadeur d’Israël à Washington, Ron Dermer, a sur les hauts fonctionnaires de l’administration, dont Kushner… Le principe sous-jacent de cette stratégie est de convaincre le public israélien que le premier ministre exerce une influence énorme sur Trump, et que leur relation spéciale et étroite a été avantageuse pour Israël à bien des égards, au premier rang desquels la décision d’accélérer le déménagement de l’ambassade à Jérusalem. »

Qu’est-ce qui se passe avec Trump ? Oui, il y a, bien sûr, des raisons pragmatiques pour lesquelles ce Président ne devrait pas hésiter à être unilatéral en faveur d’Israël (l’apport de la famille « Javenka », l’important groupe de pression évangélique et l’écoute des bailleurs de fonds tels que l’archi-sioniste Adelson), mais la ferveur avec laquelle Trump poursuit cette question suggère quelque chose de plus viscéral – et donc « quelque chose » de potentiellement plus dangereux.

Un magazine américain, le Federalist, a récemment publié un article de Frank Cannon intitulé Trump Isn’t A Conservative – And That’s a Good Thing [Trump n’est pas conservateur – et c’est une bonne chose, NdT]. Il suggère plutôt, que :

« Plutôt que “conservateur”, le Président serait plus correctement décrit comme un “anti-progressiste” radical. La différence ? Les conservateurs sont prêts à attaquer les progressistes – jusqu’à un certain point – mais jamais au détriment des institutions qu’ils chérissent et respectent. En jouant selon ces règles, les conservateurs sont condamnés à l’échec : puisque que les progressistes, qui ne partagent pas le même respect pour les institutions, conquièrent et dominent toutes les institutions américaines, avec la ferme intention de les utiliser et d’en abuser.

Mais, comme les progressistes, Trump ne joue pas selon ces règles ridicules destinées à maintenir les conservateurs coincés dans une situation d’échec permanent… Trump cherche plutôt à combattre et à délégitimer toute institution que la gauche a conquise, et à la reconstruire à partir de zéro.

Il faut souligner, cependant, que… Trump s’attaque à la conquête par les progressistes de ces institutions et à la déformation de leurs véritables objectifs [plutôt que les institutions de base de notre nation elles-mêmes]. »

Est-ce que c’est ‘ça’ ? La cause palestinienne a toujours (mais souvent, faussement) été qualifiée de « cause progressiste » et les sionistes « d’anti-gauche ». De plus, la base alt-droite de Trump se voit comme des souverainistes culturels – comme beaucoup d’Israéliens – jusqu’au point que le leader de l’alt-droite Richard Spencer se décrit lui-même comme un « sioniste blanc », disant qu’il veut une patrie sûre pour « mon peuple » comme les Juifs en Israël. (Cela ne signifie pas que l’alt-droite américaine est pro-juive, mais plutôt que l’alt-droite déteste le mantra libéral, multiculturel et multi identitaire).

Alors, Cannon a-t-il raison ? « L’anti-progressisme » est-il en train de s’enraciner : « Depuis des décennies, les progressistes cherchent à s’emparer des institutions américaines, à marginaliser les conservateurs et à faire taire leurs idées. Avant Trump, ils réussissaient en grande partie à le faire. Maintenant, ils font face à une menace existentielle pour l’avenir de leur mouvement – un président républicain qui est prêt à se salir les mains, à enfreindre quelques règles… et à faire tout ce qu’il faut pour gagner… Les progressistes comprennent intuitivement cela, c’est pourquoi ils se sentent si obligés de ‘résister’ ».

Cannon tient peut-être quelque chose ici. Trump – c’est sûr – a enfreint les règles d’Oslo. Il est manifestement prêt à « se salir les mains » par un soutien sans réserve à Bibi et MBS. Et reconstruire la politique à partir d’un positionnement résolument pro-israélien et décomplexé. Et ça ne lui nuit pas dans le pays. Plus les musulmans crient et menacent, plus il consolide la vision de sa base, qui consiste à préserver la sphère culturelle blanche de l’Amérique du radicalisme islamique.

Eh bien, la « lueur d’espoir », au moins, c’est que les « gifles du réel » de Trump ont mis à nu le soi-disant « processus de paix ». L’Empereur était nu depuis de nombreuses années, mais maintenant la nudité est évidente pour tous.

La grande question est de savoir jusqu’où va aller Trump par rapport au bellicisme de Netanyahu et de MBS à l’égard de l’Iran, du Liban et de la Syrie. Où l’accélération de la « réalité » de Trump mènera-t-elle vraiment ?

Eh bien, tout d’abord, il a « accéléré » la notion du « carpe diem » chez la droite israélienne. Ou « allons-y, profitons-en », tant que Trump et Kushner sont à la Maison-Blanche et que leur soutien est sans pareil. Les sondages montrent qu’en Israël, le sentiment est fortement en faveur du Likoud.

Naftali Bennett, champion des colons israéliens et rival potentiel à la droite de Netanyahou, par exemple, insiste sur le fait que ni les colonies ni le contrôle de grandes parties de la Cisjordanie ne seront abandonnés. « Ce n’est jamais agréable », a dit Bennett, selon un témoignage, montrant comment l’Occident ne remet plus en question l’occupation du plateau du Golan par Israël, « [et] après deux mois, elle [cette remise en question, NdT] s’estompe, et 20 ans plus tard et 40 ans plus tard, il est toujours à nous. Pour toujours. »

Bref, est-ce la droite israélienne qui définira la prochaine ère post-Oslo ? La presse israélienne est pleine d’histoires d’assassinats « héroïques » du Mossad (avec quelques allusions assez évidentes au secrétaire général, Seyyed Nassrallah). Les menaces contre le Liban sont émises quotidiennement par Israël et MBS, ainsi que des menaces au sujet de toute « présence » iranienne en Syrie.

La droite de la coalition (israélienne) doit être tentée (ils sont déjà en train de changer les « faits sur le terrain » à Jérusalem – assurant son indivisibilité) : ils ont la Maison-Blanche de leur côté ; ils ont Mohammed ben Salmane, et Mohammed ben Zayed déjà en train de normaliser frénétiquement les relations avec Israël – et pour Israël, l’assujettissement des Palestiniens est considéré comme « gérable » et sans danger réel. Nous avons aussi un Premier ministre israélien – dont les aboiements ont été souvent pires que ses morsures assez prudentes ; mais qui se bat maintenant pour sa survie politique : un homme aux abois, en d’autres termes.

Mais n’avons-nous pas déjà connu cela ? Fin 2010, comme le rapporte le journaliste d’investigation israélien Ronen Bergman, le ministre de la Défense Ehud Barak et le Premier ministre Netanyahou, avaient décidé que la fenêtre d’une attaque sur les sites nucléaires de l’Iran se refermait, et « ordonné aux Forces de défense israéliennes et aux services de renseignement de se préparer à une vaste opération : une attaque aérienne au cœur de l’Iran. Quelque 2 milliards de dollars ont été dépensés pour les préparatifs de l’attaque et pour ce à quoi les Israéliens s’attendaient le lendemain – une contre-attaque soit par des avions de guerre et des missiles iraniens, soit par son mandataire au Liban, le Hezbollah ».

Mais le chef du Mossad de l’époque, Meir Dagan, parmi d’autres responsables de la sécurité, « pensait que le plan était insensé ». [Dagan] voyait cela comme un geste cynique de la part de deux politiciens qui voulaient exploiter le large soutien public que l’attaque leur apporterait lors des prochaines élections, et non comme une décision réfléchie fondée sur l’intérêt national… « J’ai connu beaucoup de premiers ministres », a dit Dagan, « aucun d’entre eux n’était un saint, croyez-moi, mais ils avaient tous une chose en commun : Lorsqu’ils en sont arrivés au point où l’intérêt personnel s’est heurté à l’intérêt national, c’est l’intérêt national qui l’a toujours emporté. Cela n’a absolument jamais fait aucun doute. Seulement à propos de ces deux-là, je ne peux pas dire ça – Bibi et Ehud ».

Alors que la classe politique israélienne de droite se félicite pour avoir atteint la tranquillité interne dans la sphère palestinienne (la situation palestinienne est « maîtrisée », et non une menace – selon ce récit), et célèbrent la particularité du moment où Trump est à la Mainson-Blanche – il n’y a maintenant aucun Meir Dagan, cet officier militaire formidable et expérimenté, que je connaissais et respectais, pour conseiller la prudence. Ronen Bergman encore une fois :

Lorsqu’en septembre 2010, Netanyahou a illégalement ordonné la préparation d’une attaque… Dagan a été stupéfait par cette imprudence : « L’utilisation de la violence [militaire] aurait des conséquences intolérables… Même le simple fait de mettre les forces israéliennes en état d’alerte pourrait conduire à un glissement inexorable vers la guerre », a fait valoir Dagan, « parce que les Syriens et les Iraniens constateraient la mobilisation et pourraient prendre des mesures préventives. »

La critique de Dagan à l’égard de Netanyahou était tranchante et personnelle, mais elle découlait aussi d’un profond changement d’attitude que Dagan a subi dans ses dernières années en tant que directeur du Mossad, un changement qui était beaucoup plus important que sa lutte féroce avec le premier ministre au sujet du projet nucléaire iranien.

Dagan, ainsi que Sharon et la plupart de leurs collègues de l’establishment de la défense d’Israël et de la communauté du renseignement, ont cru pendant de nombreuses années que la force pouvait tout résoudre, que la bonne façon de faire face au conflit israélo-arabe était de « séparer l’Arabe de sa tête ». Mais c’était une illusion, et dangereusement répandue en plus.

Tout au long de leurs histoires successives, le Mossad, l’AMAN et le Shin Bet – sans doute la meilleure communauté du renseignement au monde – ont fourni aux dirigeants israéliens des réponses opérationnelles à tous les problèmes spécifiques qu’on leur a demandé de résoudre. Mais le succès même de la communauté du renseignement a nourri l’illusion chez la plupart des dirigeants de la nation que les opérations secrètes pourraient être un outil stratégique et non seulement tactique – qu’elles pourraient être utilisées à la place d’une véritable diplomatie pour mettre fin aux conflits géographiques, ethniques, religieux et nationaux dans lesquels Israël est embourbé. En raison du succès phénoménal des opérations secrètes d’Israël, à ce stade de son histoire, la majorité de ses dirigeants ont élevé et sanctifié la méthode tactique de lutte contre le terrorisme et les menaces existentielles aux dépens d’une véritable vision, de la diplomatie et du désir sincère de parvenir à une solution politique nécessaire pour parvenir à la paix.

Vers la fin de sa vie, Dagan, comme Sharon, a compris cela. Il est arrivé à la conclusion que seule une solution politique avec les Palestiniens – la solution à deux États – pourrait mettre fin à 150 ans de conflit, et que le résultat des politiques de Netanyahou serait un État binational avec une parité entre Arabes et Juifs et un danger concomitant de répression constante et de conflits internes, remplaçant le rêve sioniste d’un État juif démocratique avec une large majorité juive. Il craignait que les appels au boycott économique et culturel d’Israël à cause de l’occupation ne deviennent une réalité amère, « tout comme le boycott imposé à l’Afrique du Sud »”, et il était encore plus inquiet de la division interne en Israël et de la menace pour la démocratie et les droits civils.

Lors d’un rassemblement dans le centre de Tel-Aviv avant les élections de mars 2015, appelant à ne pas voter pour Netanyahou, il s’est adressé au Premier ministre : « Comment pouvez-vous être responsable de notre sort si vous avez si peur d’en assumer la responsabilité ? »

Il y a eu une époque où les paroles des généraux étaient considérées comme sacrées par la plupart des Israéliens. Mais leurs campagnes contre Netanyahou n’ont jusqu’à présent pas réussi à le renverser, et certains disent qu’ils l’ont même soutenu. Israël a subi des changements radicaux au cours des dernières décennies : la force des anciennes élites, y compris les généraux et leur influence sur les priorités publiques, a diminué. Les nouvelles élites – les juifs des pays arabes, les orthodoxes, l’aile droite – sont en ascension. « Je pensais que je serais capable de faire la différence, de persuader », m’a dit Dagan avec tristesse lors de la dernière conversation téléphonique que nous avons eue, quelques semaines avant sa mort, à la mi-mars 2016. « J’ai été surpris et déçu ».

Je suis sûr que Dagan aurait compris que le Moyen-Orient change fondamentalement : le pouvoir est en train de migrer, alors que l’ère américaine touche à sa fin – et il se serait méfié de ce néolibéralisme rétro, tardif, de style américain en Arabie Saoudite – précisément au moment où le néolibéralisme est désavoué, dans toute la région.

Si Dagan – qui n’était pas une fleur fanée – considérait une attaque sur le « northern tier » [terme de la Guerre froide désignant de 1955 à 1979 les quatre membres moyen-orientaux du Pacte de Bagdad aussi connu comme le Traité d’organisation du Moyen-Orient : la Turquie, l’Irak, l’Iran et le Pakistan, NdT] comme imprudente alors, dans quelle mesure cela le serait-il encore plus aujourd’hui ? A l’époque, la Russie était absente du Moyen-Orient. Aujourd’hui, la Russie contrôle une grande partie de son espace aérien septentrional. A l’époque, la Turquie était un allié des États-Unis. Maintenant, ce n’est pas le cas. Il aurait vu aussi qu’ouvrir la porte de Jérusalem – pour la mettre au premier plan – c’est finalement rendre le monde extérieur plus dangereux pour Israël que le monde intérieur, puisqu’un tel coup « porté au visage », touche, irrite et unit tous les musulmans et les chrétiens (à l’exception de certains évangéliques chrétiens américains).

Tous ces récits d’assassinats « audacieux » et de menaces de guerres antérieures menacées émergeant soudainement d’une pure coïncidence israélienne ? Ou bien ils nous avertissent indirectement que la situation en Israël ressemble à celle de 2010 – sauf qu’il n’y a pas de Dagan à Herzaliya, et qu’il y a à la Maison-Blanche un président qui « ne joue pas selon ces règles ridicules destinées à maintenir les conservateurs coincés dans une situation d’échec permanent. [Mais] cherche plutôt à combattre et à délégitimer toute [situation] que la gauche a acquise [c’est-à-dire Oslo], et à la reconstruire à partir de zéro ».

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 16-03-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Amsterdammer // 20.08.2018 à 13h00

Gros budget n’est pas synonyme d’efficacité.
Avec un budget militaire 10 fois plus petit, la Russie a largement réussi à rattraper son retard technique, et même à dépasser les USA dans certains domaines.

La différence étant que, dans les programmes militaires, c’est l’armée russe qui fixe les objectifs, à charge pour l’industrie militaire de fournir ce qu’elle a demandé. L’efficacité est privilégié sur la complexité.

Alors que aux USA, c’est l’énorme lobby militaro-industriel qui décide en pratique. D’où les programmes extrêmement complexes et donc couteux, donc juteux. Le budget de la défense US est d’abord un gigantesque fromage.

C’est du reste ce même poids du lobby militaro-industriel qui explique que les USA sont en permanence en guerre quelque part dans le monde, et que lorsque les conflits manquent, ils en créent de nouveaux.

29 réactions et commentaires

  • John V. Doe // 20.08.2018 à 08h21

    Un scénario cynique que j’avais proposé il y a 10 ans pour une guerre d’anéantissement de la “menace” iranienne consistait en un bombardement limité de l’Iran par Israël avec une participation semi-secrète des USA pour le ravitaillement en vol des avions israéliens. Ce raid limité viseraient les capacités nucléaire civiles iraniennes au nom de la menace “existentielle pesant sur Israël”, vieux gimmick imaginaire mais qui marche toujours et permet de classer comme anti-sémite toute opposition à cette violation évidente du droit international. La participation “semi-secrète” de l’Amérique permettrait à celle-ci de nier officiellement une évidence qui enragerait la population perse qui n’a rien oublié des méfaits passés du grand Satan.

    Toute réponse iranienne ou de ses alliés qui commettraient ne fut-ce qu’une victime collatérale israélienne, et il y en aura, entraînera un bombardement des terminaux iraniens, voire d’autres infrastructures pétrolières de ceux-ci, par les USA sous prétexte de renforcer le blocus de cet “état voyou” qui “s’attaque aux populations civiles” des pays alliés.

    Face cette destruction ciblée de ses capacités d’exportations énergétiques, l’Iran bloquera le détroit d’Oman selon sa doctrine affirmée à maintes reprises du “tout le monde ou personne” concernant les exportations pétrolières arabes. Peut-être la prise des capacités de transit des ports yéménites entre-t-elle dans ce schéma en garantissant au moins une circulation minimale des marchandises pour les pays arabes enclavés dans le Golfe Persique. En ce cas précis, la réponse massive américaine serait justifiée par le droit international au nom du “droit de circulation libre dans les détroits” menant à ce fameux “retour à l’age de pierre” du pays concerné, doctrine habituelle déjà expérimentée en Serbie et en Irak, notamment.

    La destruction de la capacité industrielle et sécuritaire iranienne éviteraient une coûteuse et improbable occupation occidentale d’un territoire incontrôlable qui serait de toute façon inutile puisqu’il serait encore plus détruit par une situation militaire à la syrienne mâtinée du scénario libyen de seigneurs de la guerre* payés par le gang habituel : Arabie Saoudite, USA et optionnellement quelques membres de l’Otanie, avec la participation en mode mineur d’autres pays du Golfe et d’Israël qui ne répugne pas à se salir les mains dans ce genre de bourbier comme le prouve le support aux milices terroristes aux frontières du Golan qui semblent se tarir aujourd’hui : merci les Russes.

    La complexité de se scénario hypothétique avait du sens face aux USA menés par Mme Clinton et affidés qui se serait vaguement préoccupé de respect du droit international. Il n’en a aucun face à un Trump et un Benjamin Netanyahou qui s’asseyent dessus et sont uniquement conduit par la logique du droit du plus fort.

    En conclusion, il reste un élément de ce scénario : la haute probabilité de sa conclusion finale sur l’anéantissement économique et politique de l’Iran par l’Occident avec la bénédiction arabe. D’autre part, il vaut peut-être la peine d’observer si des événements de l’actualité future vont dans le sens de sa logique.

    (*) L’apparition de seigneurs de la guerre est le scénario naturel d’un pays livré à l’anomie totale ou partielle de l’État. Leurs moyens de nuisance sont fournis par l’exploitation irraisonnée et à l’exportation à bas prix des capacités naturelles du pays et des restes de sa capacité productive (Syrie, Somalie, etc..).

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  • Kiwixar // 20.08.2018 à 08h25

    Bibi / S’il y a une constante historique, c’est que les gouvernements d’extrême-droite ont toujours mené leur pays à la ruine. Au pas de l’oie ou en visant les genoux de manifestants en rigolant.

    La victoire syrienne, la patience perse, la prudence russe, la fin de la supériorité militaire US et leurs velleités de s’occuper de leurs propres problèmes rend l’avenir de la région très incertain.

      +26

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    • gotoul // 20.08.2018 à 10h02

      “la fin de la suprématie militaire US” On en est encore très loin. Les dépenses militaires US représentent encore environ 1/3 de toutes les dépenses mondiales ( données SIPRI ), sans compter tous leurs alliés inconditionnels. Un rééquilibrage, si il se produit, prendrait encore de très nombreuses années.

        +2

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      • Fritz // 20.08.2018 à 11h48

        Et avec leurs kolossales dépenses militaires, qui représentent XXL du “PIB mondial” (encore un faux dieu), les States ont gagné triomphalement contre les superpuissances de l’Axe du Mal : l’Afghanistan, l’Irak, la Somalie, le Nord-Vietnam… Heu… J’ai comme un doute…

        Les indicateurs que vous citez sont utiles, mais ils ne disent pas tout. Dépenser est une chose, vaincre sur le terrain en est une autre. En 1954, le général Giap n’était pas particulièrement dépensier, et pourtant ses troupes ont gagné à Diên Biên Phu. En 2006, Tsahal dépensait plus que le Hezbollah.

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        • christiangedeon // 22.08.2018 à 17h03

          Alala…c’est la Chine qui a gagné à Dien Bien Phu et contrairement à ce que vous affirmez le coût matériel de cette victoire a été énorme.La légende du eptit Giap venant à bout du colosse français n’est qu’une légende. Les forces françaises dont une partie,qu’on a appellé les rats de la Nam Youm n’ a pas combattu,étaient très inférieures en hommes et en matériel au Viet Minh et à ses alliés chinois. l’erreur du commandement français a été double. S’installer au fond d’une cuvette,et ne pas mettre les moyens pour la tenir. On a sacrifié une partie de l’élite de l’armée française par incompétence

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          • Fritz // 23.08.2018 à 05h09

            Ben voyons. Il est tellement facile de “briser les mythes”, ça vous pose en “celui à qui on ne la fait pas” et c’est à la mode de nos jours. Reste que le fétichisme des chiffres (je dépense plus que toi donc je suis plus fort, na na nère) est démenti par plusieurs exemples de l’histoire militaire.

              +1

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      • Amsterdammer // 20.08.2018 à 13h00

        Gros budget n’est pas synonyme d’efficacité.
        Avec un budget militaire 10 fois plus petit, la Russie a largement réussi à rattraper son retard technique, et même à dépasser les USA dans certains domaines.

        La différence étant que, dans les programmes militaires, c’est l’armée russe qui fixe les objectifs, à charge pour l’industrie militaire de fournir ce qu’elle a demandé. L’efficacité est privilégié sur la complexité.

        Alors que aux USA, c’est l’énorme lobby militaro-industriel qui décide en pratique. D’où les programmes extrêmement complexes et donc couteux, donc juteux. Le budget de la défense US est d’abord un gigantesque fromage.

        C’est du reste ce même poids du lobby militaro-industriel qui explique que les USA sont en permanence en guerre quelque part dans le monde, et que lorsque les conflits manquent, ils en créent de nouveaux.

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    • Chalpitek // 21.08.2018 à 08h33

      Même si Bibi est marqué à droite, Israël a une tradition socialiste et collectiviste. Il y avait des kibboutz dans la région depuis les années 20, et ce n’est que récemment que les kibboutz sont un peu revenus en arrière sur les principes de base. Alors attention à ne pas faire l’erreur de décrire Israel comme un pays très à droite.

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      • Fritz // 21.08.2018 à 10h37

        Kiwixar parlait d’un gouvernement d’extrême droite, celui de M. Netanyahu, et non d’un “pays d’extrême droite”. Ce gouvernement dure depuis bientôt dix ans, il est donc soutenu par le pays en question. Quant aux kibboutzim, ils ne sont plus ce qu’ils étaient… Et allez savoir si le collectivisme est de “gauche” ou de “droite”. On a déjà décrit Israël comme une Sparte contemporaine : Sparte, où les ilotes étaient traités comme des moins que rien, et où les citoyens étaient égaux entre eux, doit-elle être classée à l’extrême droite ?

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  • John V. Doe // 20.08.2018 à 08h28

    Un scénario cynique que j’avais proposé il y a 10 ans pour une guerre d’anéantissement de la “menace” iranienne consistait en un bombardement limité de l’Iran par Israël avec une participation semi-secrète des USA pour le ravitaillement en vol des avions israéliens. Ce raid limité viseraient les capacités nucléaire civiles iraniennes au nom de la menace “existentielle pesant sur Israël”, vieux gimmick imaginaire mais qui marche toujours et permet de classer comme anti-sémite toute opposition à cette violation évidente du droit international. La participation “semi-secrète” de l’Amérique permettrait à celle-ci de nier officiellement une évidence qui enragerait la population perse qui n’a rien oublié des méfaits passés du grand Satan.

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    • John V. Doe // 20.08.2018 à 08h29

      Toute réponse militaire iranienne ou de ses alliés qui commettraient ne fut-ce qu’une victime collatérale israélienne , et il y en aura, entraînera un bombardement des terminaux iraniens, voire d’autres infrastructures pétrolières de ceux-ci, par les USA sous prétexte de renforcer le blocus de cet “état voyou” qui “s’attaque aux populations civiles” des pays alliés.

        +5

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      • John V. Doe // 20.08.2018 à 08h30

        Face cette destruction ciblée de ses capacités d’exportations énergétiques, l’Iran bloquera le détroit d’Oman selon sa doctrine affirmée à maintes reprises du “tout le monde ou personne” concernant les exportations pétrolières arabes. Peut-être la prise des capacités de transit des ports yéménites entre-t-elle dans ce schéma en garantissant au moins une circulation minimale des marchandises pour les pays arabes enclavés dans le Golfe Persique. En ce cas précis, la réponse massive américaine serait justifiée par le droit international au nom du “droit de circulation libre dans les détroits” menant à ce fameux “retour à l’age de pierre” du pays concerné, doctrine habituelle déjà expérimentée en Serbie et en Irak, notamment.

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        • John V. Doe // 20.08.2018 à 08h31

          La destruction de la capacité économique et sécuritaire iranienne éviteraient une coûteuse et improbable occupation occidentale d’un territoire incontrôlable qui serait de toute façon inutile puisqu’il serait encore plus détruit par une situation militaire à la syrienne mâtinée du scénario libyen de seigneurs de la guerre* payés par le gang habituel : Arabie Saoudite, USA et optionnellement quelques membres de l’Otanie, avec la participation en mode mineur d’autres pays du Golfe et d’Israël qui ne répugne pas à se salir les mains dans ce genre de bourbier comme le prouve le support aux milices terroristes aux frontières du Golan qui semblent se tarir aujourd’hui : merci les Russes.

            +7

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          • Fritz // 20.08.2018 à 09h55

            Arrêtez de leur donner des idées, à ces voyous microcéphales…
            Votre scénario a pour lui la logique, qui est souvent la logique du pire.
            Mais l’Iran est coriace, c’est aussi le plus vieil État du monde avec la Chine.
            Et il est quasi miraculeux qu’il n’ait pas été attaqué en 2006-2007.

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  • John V. Doe // 20.08.2018 à 08h31

    La complexité de ce scénario hypothétique avait du sens face aux USA menés par Mme Clinton et affidés qui se serait vaguement préoccupé de respect du droit international. Il n’en a aucun face à un Trump et un Benjamin Netanyahou qui s’asseyent dessus et sont uniquement conduit par la logique du droit du plus fort.

      +3

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    • Kiwixar // 20.08.2018 à 09h32

      La défaite cuisante d’Israel en 2006 a montré qu’ils ne sont pas les plus forts. Si une attaque victorieuse de l’Iran était possible, ce serait fait depuis longtemps. Même l’option “ramener à l’âge de pierre” puis se retirer en clamant victoire ne semble pas si facile. Ca fait 40 ans que l’Iran se prépare.

      Et le chaos dans la région et le baril à $500? Ca fera de très nombreux mécontents. Et quel prétexte? Ceci dit, nous vivons une période folle, tout est possible pour dissimuler un reset financier.

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  • John V. Doe // 20.08.2018 à 08h32

    En conclusion, il reste un élément de ce scénario : la haute probabilité de sa conclusion finale sur l’anéantissement économique et politique de l’Iran par l’Occident avec la bénédiction arabe. D’autre part, il vaut peut-être la peine d’observer si des événements de l’actualité future vont dans le sens de sa logique.

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    • John V. Doe // 20.08.2018 à 08h32

      (*) L’apparition de seigneurs de la guerre est le scénario naturel d’un pays livré à l’anomie totale ou partielle de l’État. Leurs moyens de nuisance sont fournis par l’exploitation irraisonnée et à l’exportation à bas prix des capacités naturelles du pays et des restes de sa capacité productive (Syrie, Somalie, etc..)

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      • Fritz // 20.08.2018 à 10h09

        Encore une fois, arrêtez de proposer des scénarios à ces fous furieux… Somaliser l’Iran ? Comme si l’Iran était un objet de la volonté toute-puissante des Israélo-Américains…
        Sur le papier, ça fait des années que l’Iran est frappé, détruit, “oblitéré” (selon la délicieuse expression d’Hillary Clinton).

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      • RGT // 20.08.2018 à 11h52

        L’Iran est un très vieux pays, l’un des plus vieux de cette planète et sa population est très soudée, avec un très fort sentiment d’unité nationale.
        Contrairement à l’Afghanistan ou la somalie, voire même la France (corses, bretons, occitans, basques, etc, etc…) ou les USA (de nombreux états sont au bord de la sécession) l’Iran a depuis très longtemps été une nation unifiée.
        Il n’y a pas de chefs de guerre en Iran. Par contre les iraniens ont un très fort sentiment patriotique et se sont toujours battus contre toutes les invasions extérieures, en finissant toujours par retrouver leur indépendance.

        Ce que les occidentaux n’arrivent pas à comprendre, c’est que même si le régime théocratique chiite, largement plus équitable et beaucoup moins violent que tous ceux de ses voisins musulmans, n’est pas totalement approuvé à 100% par de très nombreux iraniens, il est le symbole de l’indépendance retrouvée vis à vis des anglo-saxons.

        Si Israël ou les USA décident de commettre l’erreur d’attaque ce pays, TOUTE la population se mobilisera derrière ses dirigeants pour combattre les envahisseurs, quitte à perdre la vie.

        La guerre Iran-Irak a bien montré la détermination de ce peuple à défendre son territoire.
        Et à l’époque, L’Irak possédait une quantité d’armement phénoménale fournie par l’occident et en grande partie payée par les monarchies du golfe qui craignaient que cette révolution surtout populaire ne s’étende à toute la région et fasse tomber leurs régimes fort peu égalitaires.
        L’Iran ne possédait que quelques “lance-pierres” et a pourtant réussi à résister.

        De plus, une attaque contre l’Iran risquerait de mettre le feu aux poudres en mobilisant tous les chiites de la région contre les “collaborateurs” des attaquants… A mon avis, le problème rencontré par les pétromonarchies au Yémen risquerait de s’étendre sur leurs propres territoires avec les “minorités” (souvent majoritaires dans de nombreuses aires territoriales riches en pétrole) qui se rebelleraient ouvertement contre leurs dictateurs.

        Nous sommes bien loin des “valeurs occidentales” qui permettent aux occidentaux de baisser leurs frocs devant une invasion ennemie tout en fournissant la vaseline nécessaire à des “relations harmonieuses et fluidifiées”.

        “Valeurs” de plus en plus exacerbées par l’idéologie de “tout pour ma pomme, et je ne dois pas me gêner d’écraser la gueule de mon voisin pour en retirer le moindre avantage”…

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        • clauzip12 // 20.08.2018 à 16h51

          Cen ‘est pas tout pour ma pomme(ce qui laisserait penser à une entreprise connue)Mais TPG=tout pour ma gueule.
          Cette équation est en cours de développement par Macron.

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      • DUGUESCLIN // 20.08.2018 à 18h09

        Il n’est pas concevable que la Russie et la Chine acceptent la somalisation de l’Iran.
        La destruction soumission de l’Iran les mettrait en danger.
        L’OTAN des “dominateurs du monde”, n’attaquera pas l’Iran, elle s’exposerait à une lourde défaite qui mettrait fin à son règne.
        Les dominateurs cherchent plutôt (avec peine) d’autres moyens, dont celui de limiter leur défaite, en espérant émerger à nouveau.

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  • Duracuir // 20.08.2018 à 08h32

    c’est l”histoire éternelle du petit vicelard racho de la cour de récré qui bouffe la tête du gros balaise crétin et s’en sert, bien planqué derrière pour semer le chaos et la terreur dans l’école.

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    • Fritz // 20.08.2018 à 09h49

      Eh oui… Et le copain [Meir Dagan] qui raisonnait le petit vicelard n’est plus là. C’est mal barré.

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  • veristaré // 20.08.2018 à 09h02

    TRUMP :

    Le berger allemand de NETANYAHOU, il aboie et mord lorsque son maître fait les gros yeux .

    TRUMP
    la pompe à fric de NETANYAOU . Combien de millions de dollars sont distribués chaque année pour construire les colonies d’occupations alors que des millions d’américains vivent dans la misère et dans la rue.

    n’oublions pas que le gendre de Trump et l’ambassadeur des Etats Unis en Israels ont des intérêts financiers familiaux dans les territoires occupés

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  • theuric // 20.08.2018 à 22h49

    Israël est le dernier lieu où les U.S.A. ont un pied en Méditerranée et un autre près du canal de Suez.
    Il s’agit donc bien d’une question géostratégique, le reste n’étant qu’un ensemble de cache-sexe pour naïf.

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    • Jérôme // 21.08.2018 à 12h24

      Regardez la carte des bases militaires américaines pour vous convaincre du contraire.

      Israël est avant tout une affaire de politique intérieure américaine.

      Les USA n’ont pas besoin de l’existence d’Israël pour vouloir diviser et dominer le Moyen-Orient, le reste de l’Asie, l’Europe, sans compter l’Amérique latine qui est la 1ère tombée sous leur joug dès le milieu du 19ème siècle.

      Mais Israël permet de faire converger les objectifs géopolitiques structurels des USA avec leur tropisme intérieur biblico-israelien.

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      • Haricophile // 29.08.2018 à 11h40

        Ça fait surtout très longtemps que les lobbyings Israéliens on appris a manipuler les hommes politiques Étatsuniens. N’oubliez pas qu’une élection se gagne avec la minorité “indécise” et non la majorité dont le vote est sans surprise et qui ne changera pas d’avis. Une minorité bien organisée a beaucoup plus de pouvoir qu’une majorité stable.

        Enfin ça c’était avant, maintenant le niveau de corruption, truande et de barbouzage a atteint un niveau tel que j’ai encore du mal a appeler ça des élections. C’est la post-démocratie dans toute sa splendeur, l’illusion de pouvoir encore choisir.

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  • christiangedeon // 21.08.2018 à 09h28

    Je n’ai pas la même lecture que l’essentiel des intervenants quant au déclin américain et à la supposée faiblesse israélienne.Mais regardez donc le tableau du moyen et du proche orient,objectivement. Irak,en lambeaux,Syrie en ruines,Yémen,la guerre, Egypte,sous perfusion et guerre civile au Sinaï, Lybie,en miettes, Iran,à genoux economiquement, et je m’arrête là.Donc,moi je veux bien nque les US et Israël soient en grande difficulté…mais bon,les réalités disent le contraire.

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