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18.août.201818.8.2018 // Les Crises

François-Bernard Huyghe : « Je ne serais pas étonné que Daech, après la perte de la Syrie et de l’Irak, continue à essaimer dans d’autres pays »

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Source :Palestine Solidarié, François-Bernard Huyghe, Mohsen Abdelmoumen, 09-07-2018

Dr. François-Bernard Huyghe. DR.

Lundi 9 juillet 2018

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Mohsen Abdelmoumen : Les gouvernements occidentaux sont-ils impuissants face au terrorisme ?

Dr. François-Bernard Huyghe : Nous avons des attentats terroristes en Occident depuis la fin du XIXe siècle. Il y en a eu pour diverses raisons, tantôt par des anarchistes, tantôt par des indépendantistes, tantôt l’extrême-gauche, l’extrême-droite, etc. et personne n’a trouvé la solution miracle. En ce moment par exemple, en France, nous vivons une situation où en dépit de l’écrasement militaire de Daech, il y a tous les deux mois un attentat ou une tentative d’attentat se réclamant du califat mené avec plus ou moins de moyens, donc il y a une sorte de routine terroriste qui s’installe. Évidemment, on a pris des tas de lois, je crois qu’en France on a du prendre vingt lois contre le terrorisme et bien sûr, la lutte a des limites et d’abord des limites quantitatives car il y a plusieurs dizaines de milliers d’individus susceptibles d’être djihadistes ou d’être absorbés par le djihadisme en France, donc cela pose des problèmes de surveillance d’autant plus difficiles que ces djihadistes dans leur vision stratégique ont le droit de s’attaquer à n’importe quelle cible. C’est évidemment différent de l’époque où il fallait protéger les présidents de la République, les magistrats ou les généraux mais pas le citoyen au coin de la rue.

Que pensez-vous de la restructuration de Daech et notamment de la naissance du groupe Khorasan ?

Toute la stratégie de Daech et tout son discours étaient basés sur le fait qu’on allait enfin établir le califat au pays de Sham et qu’il rayonnerait dans le monde entier. Bon, il a été écrasé mais on voit maintenant qu’il y a une phase 2 avec des groupes se réclamant de Daech qui viennent venger l’écrasement de ce califat, il y en a de Khorasan, et on a vu des attentats en Afghanistan, on en a vu aussi en Indonésie, etc. Donc, il est très possible qu’un certain nombre de groupes continuent à prospérer et à mener des actions de manière décentralisée après la perte du califat qui tenait une place centrale. Après tout, je vous rappelle que l’on combat Al-Qaïda depuis le début des années 1990. On a mis d’énormes moyens militaires pour l’écraser et elle sévit toujours aujourd’hui et je ne serais pas étonné que Daech, après la perte de la Syrie et de l’Irak, continue à essaimer dans d’autres pays.

Le gouvernement Macron a lancé un 3eplan pour lutter contre la radicalisation. Vous maîtrisez bien ce sujet. Ces mesures s’en prennent-elles vraiment à la racine, à savoir l’idéologie takfiriste ou non ?

Personnellement, je suis très très sceptique sur les méthodes de déradicalisation. Ce mot ne veut pas dire grand-chose. Empêcher les gens de retourner à leurs racines, qu’est-ce que cela veut dire vraiment ? On a fait plusieurs tentatives en France sous le gouvernement précédent et sous le gouvernement Macron, menées par des associations qui essayaient de réadapter les jeunes tentés par le djihadisme, on les traitait un peu comme des alcooliques ou des drogués et cela a échoué lamentablement. On a l’exemple presque comique d’un centre de déradicalisation qui avait coûté une fortune, il y avait une seule personne qui y allait et encore, je pense que c’était parce qu’elle avait le chauffage et la douche gratuits. Donc, ces méthodes-là ont échoué.

Telles que caresser un hamster et utiliser un bâton japonais…

Par ailleurs, on a bien vu qu’on ne sait pas mener un contre-discours contre les djihadistes parce qu’on a fait plusieurs campagnes sur internet en disant « c’est affreux, on tue des gens, vous allez mourir ». Mais justement, les gens vont là-bas pour tuer et pour mourir, donc ça ne marche pas très bien. Il y a donc une faiblesse dans ce domaine-là. Comme solution, il y aurait une part de travail de l’école, certainement. Je souhaiterais en effet que l’école rende aux petits citoyens la fierté de leur pays et des valeurs républicaines. Mais est-elle capable de le faire au moment où, en France, on n’est même pas capable de leur apprendre à lire et à compter correctement ? Donc, on a de vrais problèmes et beaucoup de gens cherchent une solution dans une action des autorités islamiques pour dire que ce que fait Daech, ce que fait le califat, n’est pas dans le Coran, que c’est une déviance, une hétérodoxie, une interprétation délirante. C’est bien, et j’ai déjà vu passer des textes de religieux sunnites condamnant d’un point de vue théologique et dogmatique ce que fait le califat avec ses déviances. Le problème est que l’on voit que cela n’a pas vraiment atteint les capacités de recrutement de Daech qui disqualifie toutes les autorités musulmanes traditionnelles comme étant des hypocrites dans leur système mental, ce qui veut dire des mauvais sunnites qui en réalité coopèrent avec les sionistes, les chrétiens, les athées, etc.

Je reviens toujours au mot qui m’a frappé dans vos travaux. Ne pensez-vous pas qu’il y a une impuissance des gouvernements occidentaux face à la problématique desreturnees (ndlr : les djihadistes qui reviennent d’Irak et de Syrie)?

Oui, on a également un gros problème de ce côté-là, on le voit déjà en France avec le retour de plusieurs centaines d’entre eux. C’est un problème en partie juridique : de quoi faut-il les inculper ? À partir du moment où l’on n’utilise pas contre eux une incrimination pénale du genre « coopération avec une puissance étrangère », « avoir porté les armes contre la France », etc., il faut les juger au cas par cas pour ce qu’ils ont fait et ce qui est prouvé et, évidemment, c’est long, car il est difficile de trouver des preuves. Par ailleurs, nous avons un système pénal qui n’est pas extraordinairement répressif, ce qui fait que certains djihadistes qui sont revenus après avoir combattu en Syrie, pourront sortir de prison vers 2020. Sans parler évidemment du recrutement qui pourrait se faire dans les prisons. Il y a dans la loi française l’idée de les regrouper dans un seul endroit, c’est probablement mieux que de les disperser partout où ils vont faire du prosélytisme, mais effectivement, on est face au problème des returnees ou des foreign fighters avec tout ce que cela comprend : les femmes qui vont revenir, qu’il sera difficile de condamner aussi sévèrement…

Et les enfants soldats de Daech

Et les enfants bien entendu. J’ai vu des vidéos abominables où il y avait des petits français, des gamins de moins de dix ans, qui égorgeaient des gens ou des choses similaires. Je ne sais pas quel est le psychologue qui saura les soigner et les ramener gentiment à l’école. C’est un véritable problème, ce qui fait qu’une grande partie de l’opinion française n’a pas très envie de voir revenir les foreign fighters.

J’ai évoqué le sujet avec l’ambassadeur d’Irak à Bruxelles qui m’a dit qu’il y a eu des contacts pour notamment rapatrier les foreign fighters. Vous pensez qu’il faut qu’ils soient jugés sur place ?

Oui, il y a sûrement eu des contacts. Nous sommes dans une situation juridiquement un peu embarrassante parce que, après tout, ce qu’ils ont fait, s’ils ont tué des gens, commis des crimes, c’est en Irak, et nous, la France, nous sommes censés soutenir le gouvernement irakien et faire partie d’une coalition de soutien qui considère le gouvernement irakien comme un gouvernement démocratique. Nous sommes un peu dans une situation schizophrénique. C’est vrai que notre système de droit réclame qu’on les rapatrie en France où ils ne risqueront pas la peine de mort, où les conditions de la défense sont mieux respectées, etc. De leur côté, j’imagine bien que les Irakiens n’ont pas une forte envie de les épargner, et ça me paraît normal. Nous sommes donc dans une situation un peu schizophrénique et embarrassante. Je vous rappelle que la ministre des Armées en France avait dit dans une interview, qu’après tout, si ces gens ne revenaient pas en France, ça ne lui ferait pas énormément de peine.

Ne pensez-vous pas que ces gens-là utilisent votre démocratie, c’est-à-dire le système démocratique occidental, pour mieux vous abattre ?

Bien évidemment. La réponse est oui.

Ils deviennent procéduriers, ils connaissent la procédure, le droit, ils utilisent les failles juridiques, etc. pour mieux vous égorger. Ils s’appuient sur votre propre « démocratie », vos « droits de l’homme », etc. pour se retourner contre vous.

Oui, évidemment. Dans la mesure où ils affichent le plus grand mépris pour la démocratie, où, dans leur tête et dans la littérature djihadiste, ils passent leur temps à raconter que la seule loi est la loi de dieu, qu’il faut punir, et quand ils parlent entre eux, ils ne reconnaissent pas notre système juridique, notre démocratie, notre État, notre armée, etc. Et bien entendu, quand ils sont pris, ils font de la taqiya (ndlr : art de la dissimulation), de la dissimulation, ils gagnent du temps et utilisent le système juridique, les avocats, les droits de l’homme, etc. Je vous donne un exemple qui est très simple : on n’interviewe pas tellement les djihadistes revenus en France mais en revanche quand ils se font prendre par les Kurdes, par exemple, souvent les Kurdes les interrogent en français – il y a des tas de combattants kurdes français, car beaucoup de Français sont allés rejoindre leurs frères là-bas, ils ont un passeport français et parlent parfaitement français -, et donc ils ont fait parler 4 ou 5 djihadistes qu’ils avaient pris et évidemment ils disent « je me suis trompé » ou « on m’a trompé » « je voulais faire de l’humanitaire ».

Ils font ce que l’on appelle soi-disant « des révisions » mais en fait c’est de la taqiya, de la dissimulation.

Oui, c’est exactement de la dissimulation.

Ils s’adaptent. Ils ont une faculté d’adaptation incroyable à toutes les situations, vous ne trouvez pas ?

Ceci dit, le problème s’est toujours posé pour tout terroriste, pour toute personne accusée d’un attentat et qui sont des gens qui sont contre le système et qui vont être obligés de jouer avec les mécanismes du système.

Pensez-vous que l’on peut combattre ces gens-là avec des outils juridiques ? Peut-on combattre un terroriste avec l’arsenal juridique d’un État de droit ?

Non, parce que l’on voit très bien qu’ils vont utiliser toutes les faiblesses de notre système et sauf peut-être pour des cas extrêmement graves, ils ne vont pas être condamnés à des durées très longues. J’aimerais parler d’un autre facteur très inquiétant, je ne sais pas si vous connaissez un livre remarquable qui s’appelle « Les revenants »…

Oui, le livre « Les Revenants » de David Thomson.

Voilà. Il montre très bien que maintenant il y a une deuxième génération, qu’il y a des gens qui étaient déjà engagés du temps d’Al-Qaïda, qui étaient déjà engagés du temps du GIA algérien, qui ont fait de la prison et qui sont toujours djihadistes. Donc, je ne voudrais pas être pessimiste, mais ceux qu’on prend maintenant seront peut-être toujours djihadistes dans dix ans.

A-t-on appris, en France, la leçon du drame algérien et du combat du peuple algérien contre les terroristes ? Lorsque j’ai parlé à l’Ambassadeur d’Irak, il m’a dit qu’Al-Qaïda, Daech, GIA, étaient des noms différents pour une même matrice.

Effectivement, c’est la même idéologie, ce sont des djihadistes salafistes qui se réclament de la même tradition et de la même stratégie.

Oui, le corpus idéologique est le même.

Bien sûr, il y a des petites différences stratégiques, le GIA voulait combattre en Algérie, Al-Qaïda voulait frapper l’ennemi lointain et le califat voulait créer le califat tout de suite. Ce sont des différences stratégiques mais pas des différences idéologiques. On est bien d’accord là-dessus. Avons-nous appris les leçons ? Eh bien, j’espère qu’on va les apprendre. Bien sûr c’est autre chose, parce qu’en Algérie, vous avez eu des forces de guérilla et on ne peut pas vraiment comparer militairement. Effectivement, ce ne serait pas mal qu’on retienne un peu ces leçons-là d’un pays qui a payé un prix du sang élevé.

Certains experts bien sourcés que j’ai interviewés m’ont affirmé que Daech a repris ses positions de 2013 en Irak alors que les médias nous présentent la défaite militaire de Daech. Ne pensez-vous pas que contrairement à ce que les médias disent, il n’y a pas eu de défaite militaire mais un repli tactique en Irak et que l’idéologie reste intacte ?

Je pense que vos experts ont probablement raison en ce sens qu’il faut se souvenir qu’effectivement, vers 2013 – 2014, peu de gens avaient réalisé le danger. C’était une petite scission d’Al-Qaïda et donc il s’agissait de gens qui n’occupaient pas de villes et qui n’essayaient pas de conquérir des territoires. Ils ont quand même subi des pertes considérables, mais ils ont probablement une capacité de survie en situation de guérilla dans des pays où le contrôle du territoire est très difficile et où il y a des tas de groupes armés. Effectivement, qu’ils se soient repliés est très possible. Après tout, pendant des années ils ont échappé à l’aviation, à l’armée, etc. Ils ont certainement du garder une grande capacité à survivre. Je vois plusieurs scénarios : il y a ceux qui vont repartir dans d’autres pays pour aller combattre, par exemple en Afghanistan…

En Europe ?

Au Maroc, c’est possible, pour ceux qui vont partir faire le djihad ailleurs. Peut-être que certains passeront des accords et rejoindront des groupes d’Al-Nosra, etc. Et puis il y a ceux qui reviendront en France…

En Europe ?

En Europe, en général. Je pense qu’il y en a un certain nombre qui continueront à être sur place. Ça me paraît logique.

Dans votre livre très important et très riche en documentation notamment concernant la communication chez Daech « Daech : l’arme de la communication dévoilée », ne pensez-vous pas que Daech a gagné la bataille de la communication ?

Ils ont été très bons en tous cas. Il est vrai qu’ils ont réussi à produire un appareil de propagande par l’image, par le texte, par les réseaux sociaux, qui a été fantastique. On ne savait pas faire grand-chose face à cela. Ce qui a changé maintenant, c’est qu’il est techniquement de plus en plus difficile de trouver la propagande djihadiste car ils ont moins de moyens de production et ils ne peuvent plus faire des films d’exécutions avec 15 caméras, des moyens de montage, et des super-caméras. Il y a un autre facteur qui joue, c’est que les réseaux sociaux ou plus exactement les grands d’internet, les GAFA, sont intervenus pour changer les algorithmes des moteurs de recherche, pour retirer des comptes, pour chiffrer les contenus, et très honnêtement, il est très difficile maintenant de trouver des contenus djihadistes pro-Daech sur internet. En tous cas, c’est infiniment plus difficile qu’au moment où j’ai écrit ce livre.

Vous pensez que votre livre a eu de l’impact ?

Oh lala ! Je ne suis pas si immodeste. Je ne me prête pas un rôle aussi important (rires). En revanche, sur le plan technique, ils continuent à communiquer. Je vous donne un petit exemple : l’autre jour, on a arrêté en France un Égyptien qui préparait un attentat avec un poison très dangereux. Je ne sais pas jusqu’à quel point il aurait eu les connaissances techniques pour réaliser ce projet, mais lui, il communiquait sur l’application cryptée Telegram qui est une application très sécurisée. On l’a quand même arrêté et la police n’a pas expliqué ce qu’il a fait, peut-être que les policiers se sont infiltrés dans sa page de diffusion Telegram, peut-être qu’ils ont pris son téléphone et qu’ils ont pu regarder ses messages. Mais en tous cas, les djihadistes sont devenus très très prudents sur la communication et, si j’ose dire, le secret est très difficile à concilier avec la publicité, donc c’est plus difficile de trouver leurs messages si vous n’êtes pas initié.

Ne pensez-vous pas qu’ils peuvent revenir à des méthodes de communication plus artisanales, telles que l’ancienne méthode du bouche à oreille ?

Bien sûr. Le bouche à oreille a toujours fonctionné en ce sens que les loups solitaires qui deviennent djihadistes en regardant des groupes terroristes commettre des attentats, moi je n’en connais pas. Cela n’existe pas. Il y a toujours des copains, il y a des frères, des camarades, il y a des mentors. Souvent d’ailleurs, on voit que ce sont des groupes d’une localité, ils connaissent les gens, les copains d’enfance, ils se sont rencontrés à l’école, à la mosquée ou au centre de loisirs, donc le facteur humain est très important pour permettre aux gens de communiquer entre eux.

Dans votre livre cosigné avec Alain Bauer « Les terroristes disent toujours ce qu’ils vont faire » dans lequel on trouve bien des questions, vous attirez l’attention sur le corpus idéologique qui est fondamental pour devenir terroriste. Or, j’ai fait une petite recherche et j’ai trouvé que dans de nombreuses bibliothèques municipales des pays européens, on trouve des livres des théoriciens du takfirisme, du genre Sayyid Qotb ou Ibn Taymiyya. Comment expliquez-vous que les pays occidentaux tolèrent ces ouvrages ?

Effectivement, mais je ne sais pas si les djihadistes vont les consulter à la bibliothèque…

Ils les échangent dans les prisons, en tous cas.

Alors là, effectivement, ce n’est pas une très bonne idée d’autoriser cela (rires). Je suis d’accord avec vous. On sait qu’il y a un très grand effort de traduction et de diffusion de ces livres. Les textes d’Abdelwahhab, etc. sont édités par l’Arabie saoudite. Il y a des tas de théologiens qui sont djihadistes et les salafistes saoudiens les lisent et les diffusent aussi.

Comment expliquez-vous que l’Arabie saoudite soit un allié stratégique des Américains et des Français, avec lesquels elle fait du business, sans parler du Qatar, alors que ces pays génèrent le terrorisme ? Ne faudrait-il pas revoir vos alliances ? J’ai parlé avec un expert du renseignement européen qui me disait que les enjeux économiques étaient prépondérants.

J’ai peur qu’il n’ait un petit peu raison et qu’en fait, il y a d’énormes intérêts économiques qui sont engagés dans tout cela – et là on parle de très gros business avec l’Arabie saoudite. Soyons honnêtes, vous voyez bien que les médias et l’opinion s’indignent beaucoup moins de ce que fait l’Arabie saoudite que ce que font d’autres pays.

Donc, les contrats économiques passent avant la sécurité des citoyens, si je comprends bien ?

D’une certaine façon, oui. Il est clair qu’il y a des gros intérêts économiques en jeu.

Vous avez beaucoup travaillé sur les médias et la communication de Daech, comment expliquez-vous que sur un réseau social comme Twitter ou Facebook on trouve des comptes inféodés à Daech ou Al Qaïda ? Ne pensez-vous pas que les États et leurs services doivent intervenir pour mettre ces médias sociaux face à leurs responsabilités ?

Ils l’ont un petit peu fait, et d’ailleurs il y a de temps en temps des reproches à ce sujet. Il y a eu des modifications des algorithmes sur Facebook, Google, etc. Il y a eu des mesures qui ont été prises mais le problème est aussi largement quantitatif et je vous assure que rechercher des groupes djihadistes sur Google, c’est beaucoup plus difficile maintenant qu’il y a quelques années.

Personnellement, j’ai trouvé quelques comptes sur Twitter, notamment un groupe en Afghanistan.

C’est une question d’algorithmes et de recréation très très rapide de ces comptes.

Ne pensez-vous pas qu’en jouant sur le conflit entre les Chiites et les Sunnites comme on l’a vu au Moyen Orient, les Américains ont ouvert la boite de Pandore ? Ne risquent-ils pas de dévaster ce qu’il reste de cette région martyrisée ?

Je ne peux répondre que oui à une telle question. Bien sûr, c’est évident. Ils ont joué avec le feu, avec une ignorance incroyable de la situation. Vous savez le mot qu’on rapporte quand Bush avait lancé la guerre d’Irak, on lui avait dit qu’il fallait tenir compte des Chiites, et il avait répondu « les Chiites, les Chiites, je croyais que tout le monde était musulman là-bas » (rires). Vous voyez le degré d’ignorance. C’est sûr qu’il y a eu un déclanchement de la poudrière après 2004. On peut aussi discuter de ce qu’on a fait en Libye.

Que pensez-vous du retrait de Trump de l’accord sur le nucléaire iranien ? Ne pensez-vous pas que Donald Trump est en train de jouer à un jeu très dangereux pour l’humanité ?

Oui, et il joue avec une alliance objective avec Netanyahu, avec l’Arabie saoudite, et il ridiculise accessoirement l’Europe dans cette histoire. Là encore, on ne peut qu’être d’accord sur le danger de déconstruire ce qui a été construit.

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen

Qui est François-Bernard Huyghes ?

François-Bernard Huyghe est un docteur d’État français, directeur associé à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), spécialisé dans la communication, la cyberstratégie et l’intelligence économique, et responsable de l’Observatoire Géostratégique de l’Information.

Docteur en Sciences Politiques, le Dr. Huyghe dirige des études doctorales au Cerege (Icomtec de Poitiers). Il enseigne la sociologie des médias et l’infostratégie au CELSA Paris IV Sorbonne et à l’École de Guerre Économique. Il fait de fréquentes Interventions à HEC, à l’ENA, au Centre de recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines DRMCC, à l’IRIS, pour l’ANVIE. Il dirige des recherches à l’IR2I (Institut de Recherche en Intelligence Informationelle).

Il est membre scientifique du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques et mène des recherches en médiologie parallèlement à une activité de consultant. Il a été fonctionnaire international au secteur « Culture Communication » à l’Unesco de 1984 à 1987.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont L’information, c’est la guerre (2001) ; L’ennemi à l’ère numérique (2001) ; Ecran / Ennemi Terrorismes et guerres de l’information (2001) ; Quatrième guerre mondiale Faire mourir et faire croire (2004) ; Comprendre le pouvoir stratégique des médias (2005) ; ADN et enquêtes criminelles ; Maîtres du faire croire (2008) ;Les armes non létales (2008) ; Contre-Pouvoirs (2009) ; Les écoutes téléphoniques (2009) ; avec Alain Bauer Les terroristes disent toujours ce qu’ils vont faire (2010) ; Terrorismes Violence et propagande (2011) ; Think tanks (2013) ; Gagner les cyberconflits : au-delà du technique (2015) ; Désinformation Les armes du faux (2016) ; Daech : l’arme de la communication dévoilée (2017) ; Fake news : la grande peur (2018).

Source :Palestine Solidarié, François-Bernard Huyghe, Mohsen Abdelmoumen, 09-07-2018

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Commentaire recommandé

antoniob // 18.08.2018 à 06h41

il aurait pu développer sur l’utilisation de Daech en Syrie comme l’était celle de Al Qaeda en Afghanistan par les “occidentaux” dans un but analogue: faire tomber un régime. Les gouvernements occidentaux sont peut-être impuissants face au terrorisme islamique, mais dans la mesure où ils ont aidé sa mise en place et qu’ils ont voulu l’utiliser, ils sont dans la position de Frankenstein face à sa créature. Mais apparemment ils ne se soucient pas des conséquences. Et surtout chappe de plomb. Tabou.

29 réactions et commentaires

  • antoniob // 18.08.2018 à 06h41

    il aurait pu développer sur l’utilisation de Daech en Syrie comme l’était celle de Al Qaeda en Afghanistan par les “occidentaux” dans un but analogue: faire tomber un régime. Les gouvernements occidentaux sont peut-être impuissants face au terrorisme islamique, mais dans la mesure où ils ont aidé sa mise en place et qu’ils ont voulu l’utiliser, ils sont dans la position de Frankenstein face à sa créature. Mais apparemment ils ne se soucient pas des conséquences. Et surtout chappe de plomb. Tabou.

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    • Haricophile // 18.08.2018 à 11h44

      s/Ils ont aidé /ils aident/
      Autrement dit pourquoi ce passé alors que c’est en pleine actualité au Yemen, et c’est même tout juste s’ils se donnent encore la peine de le cacher tellement c’est devenu habituel.

        +14

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    • Renard // 18.08.2018 à 15h21

      La Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar, les émirats arabes unis, la Jordanie, sont-ils des pays occidentaux ? Pourtant ce sont ces pays qui font partie des plus gros pourvoyeurs de Daesh et des terroristes “modérés”.. Ne devrions nous pas parler de coalition arabo-occidental plutôt ?
      [modéré]

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    • christiangedeon // 21.08.2018 à 10h38

      Bien sûr,les occidentaux ont joué avec le feu et se sont brûlés,logiquement. Par contre,le mot utilisation me paraît totalement sujet à caution. Et si c’était les islamistes qui avaient manipulé les occidentaux et les avaient roulé dans la farine? Mmmm? pour l’esprit occidental “supérieur “,c’est une hypothèse choquante. Comment? les islamistes auraient un cerveau? et en plus sauraient s’en servir? réflechissez bien à cette hypothèse que je soutiens depuis très longtemps. Ca n’enlève rien aux fautes stupides des occidentaux…mais le manipulateur n’est pas toujours celui auquel on pense de prime abord,par atavisme intellectuel en quelque sorte.

        +0

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      • Haricophile // 21.08.2018 à 17h39

        Je ne vois pas d’incompatibilité entre les deux. On peut vouloir se servir de vous, profiter des moyens et opportunités qu’on vous donne et ne pas être pour autant un gentil toutou naïf et docile. Surtout quand le manipulateur est totalement exonéré de la responsabilité de ses actes et en a donc rien a f##### des conséquences.

          +2

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        • christiangedeon // 22.08.2018 à 17h53

          Votre propos confirme ce que je pense. Pour vous le manipulateur ne peut etre que “l’occident”,thèse que je conteste formellement.Exemple type l’Iran . Khomeiny a manipulé les occidentaux de A à Z…

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          • Haricophile // 22.08.2018 à 22h49

            Khomeiny a accédé au pouvoir parce que le Shah ne plaisait plus et qu’on cherchait a l’éjecter par un moyen ou un autre. On est en plein dans ce que je disais.

            Le fait qu’on ai été très con n’infirme pas le fait, ça le renforce même, on est dans le cas ou la fin a très court terme justifie les moyens et on s’en fout des conséquences, ce qui en dehors de l’aspect destructeur apporte beaucoup de retours de râteau, que ce soit dans le sens collatéral ou le sens temporel. Mais les marchands d’arme s’enrichissent quand même comme des porcs, comme a l’époque bénie ou l’Irak et l’Iran se tapaient dessus avec les mêmes fournisseurs et la bénédiction bilatérale de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

              +1

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  • Lysbeth Levy // 18.08.2018 à 07h56

    Encore une prophétie auto-réalisable ! Bien sur qu’ils ont essaimé partout déjà, leurs maitres payeurs et fournisseurs d’armes les envoient sur d’autres théâtres d’opérations afin de destabiliser l’Afrique, l’Asie du sud-est et autres contrées riches en matières minérales et pétrolières. Corne d’Afrique, ou Centrafrique, Indonésie, ces groupes sont à l’oeuvre afin de laisser place nette aux transnationales de tous types; et aider à la partition de grands pays comme le Nigéria ou le Congo, https://www.amazon.fr/MASSACRES-BENI-Kabila-Rwanda-islamistes/dp/152170399X
    : http://desc-wondo.org/fr/massacres-de-beni-interventions-de-boniface-musavuli-radio-okapi/ c’et un moyen de diviser des populations, et aider les “transnationales” à partitionner des pays riches en petites unités à exploiter plus facilement. Mr F. B. Huyghe semble en retard d’un train, mais ne pas oublier qu’il est encore “en fonction” donc il ne peux “tout dire” comme le font souvent d’anciens des services spéciaux, du renseignement, voire de l’intelligence économique ..

      +23

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    • christiangedeon // 21.08.2018 à 10h42

      Chère Lysbeth,votre analyse est délicieusement paleo marxiste. Une seule doxa,l’économie,raison de tout,et moteur de tout. Vous évacuez l’histoire des peuples…on dirait du Fukuyama dans le texte…comme quoi ultralibéralisme et marxisme sont exactement du même tonneau,comme je l’ai toujours pensé.

        +1

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  • Alfred // 18.08.2018 à 09h15

    “Je ne sais pas quel est le psychologue qui saura les soigner et les ramener gentiment à l’école.”
    Aucun. Un coût et un danger pour le reste de leur vie.
    “C’est un véritable problème, ce qui fait qu’une grande partie de l’opinion française n’a pas très envie de voir revenir les foreign fighters.”
    On est en démocratie ou non? Ce point sensible devrait suffire à faire tomber un gouvernement.
    Aimer les enfants des autres davantage que les siens propres n’est pas un signe d’humanisme mais de pathologie.

      +18

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  • François Lacoste // 18.08.2018 à 09h18

    C’est un énième commentaire avisé sur les difficultés à faire cesser le terrorisme.
    Comme le plus souvent, il n y a guère de réflexions sur les causes et les raisons de cette forme de combat militairement parlant, du faible au fort. Citons quelques causes possibles.
    Pour commencer, l’exploitation des ressources énergétiques et de toutes natures au seul profit essentiellement des nations dites occidentales et donc au dépend des populations des pays concernés.
    Mais aussi les raisons stratégiques qui opposent les intérêts de l’ouest à ceux de l’est, tel que le positionnement militaire et économique des USA dans une vision totalitaire des rapports mondiaux. Dans le sens ou rien ni personne n’est autorisé à remettre en cause leur suprématie mondiale au profit de relations plus équilibrées.
    Et pour finir, le soutient irraisonné aux conquêtes coloniales d’Israël effectuées dans les pires termes imaginables, contre toute logique historique et contre toutes évidences stratégiques. Israël pourrait parfaitement vivre dans une cadre sans conflits si il le souhaitait, personne ne lui chercherait noises, c’est impossible en raison de son armement nucléaire et de son adossement aux USA.

    Qu’est-ce qui conduit ces personnes à partir à la guerre contre l’occident? Ne serait-ce pas la colère et le désespoir. Colère de ne pas être reconnu en tant qu’être humain à part entière et désespoir de ne rien pouvoir faire pour le devenir. Bien sûr il y aussi les cinglés du fusil mitrailleur, de la grenade et du couteau de guerre…mais ce n’est pas la majorité.
    Quant à Dieu qu’ils soit chrétien, musulman, juif, judéo-chrétien, judéo-musulman, judéo-juif ou que sais-encore…laissons le dans le mystère de la foi…

    Jeune homme j’ai vu le film “Avoir vingt ans dans les Aurès”. On y vois des jeunes gens récalcitrants être amenés à faire bien malgré eux le sale boulot pour la France.
    J’imagine qu’il doit être beaucoup plus facile d’embrigader aujourd’hui un jeune homme ou un jeune fille de banlieue, à la peau mate de préférence, qui fait le même constat que moi de la réalité contemporaine.
    https://www.youtube.com/watch?v=NFzk7EkZ-fI

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    • Alfred // 18.08.2018 à 11h49

      Oui et non.
      “Colère de ne pas être reconnu en tant qu’être humain à part entière et désespoir de ne rien pouvoir faire pour le devenir”. Ça c’est le discours qu’on veut vous mettre dans la tête. Bravo il est bien récité.
      Mais il faudrait quand même mettre ce discours en face des faits pour ceux qui partent DE France (peut être en voyageant dans l’espace et dans le temps) : le plus misérables des français qui ne dors pas dans la rue est un petit bourgeois à l’échelle monde. les immigrés et les français qui vivaient dans des bidonvilles il y a 60 ans étaient ils des hommes ? Les enfants mineurs d’il y a cent ans étaient ils des petits hommes?
      C’est une idéologie et un un ensemble de discours (par et sur les concernés) qui légitime le terrorisme. Aucune raison matérielle.

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    • Leïla // 20.08.2018 à 01h42

      Nous sommes nombreux à faire le ” sale travail ” pour la France ! Pompiers, flics, infirmiers…des métiers ” salissants “.
      Si beaucoup de nous se ” salissent”, nous n’avons pas les mains sales.
      Pas forcément le cas de ces écoles d’ingénieurs qui forment à tour de bras des ingénieurs de l’aéronautique …Dassault finance beaucoup, beaucoup d’amphithéâtres…c ici et maintenant !
      Effectivement, l’hôpital est trusté par les gens d’origine…des EPAHD, salaires minables, personnel plus que mate.
      Les vieux de la coloniale continuent différemment à croire qu’ils dominent…pathétique !
      En attendant, une collègue d’origine congolaise m’a interpellé sur le Coltan, minerai indispensable pour nos PC, téléphone. Une dizaine de million de personnes tuées pour le Kivu !
      A nous de gérer la ” colline du crack “, les personnes âgées de plus de 100 ans, le psy boom…bien sûr que cela va péter…attendons la rentrée !
      Pourquoi ne dit on rien des crackers, des malades de Mururoa…soignés à grand frais par le république …en plein centre de Paris ???
      Nos boulots sont un observatoire idéal pour comprendre que 1 et 1 font 2.
      Le problème des zélites c’est qu’elles sont tellement déconnectées de la réalité de terrain, tellement lâches aussi qu’elles communiquent avec des concepts. ” pas de concurrence mémorielle, complotisme, islam..” et font à chaque fois jackpot en allumant des contre feux contre les sujets qui dérangent qui n’abusent plus personne. Sauve qui peut. Je vous promets du travail très prochainement…comme la GB, la Hollande…la re-migration de gens formés est intense. Il va falloir tenir la baraque …le roi est nu !

        +2

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  • Nostradamus // 18.08.2018 à 09h58

    ” leurs maitres payeurs et fournisseurs d’armes les envoient sur d’autres théâtres d’opérations afin de destabiliser l’Afrique, l’Asie du sud-est et autres contrées riches en matières minérales et pétrolières. ”

    Il convient d’ajouter à votre liste l’Europe:

    https://fr.sputniknews.com/international/201808181037712649-esclave-daech-irak-allemagne-entretien/

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    • Leïla // 20.08.2018 à 01h44

      Pourquoi tant de pudeur ?
      Pas l’Europe, essentiellement la France, la GB, la Belgique…pas toute l’Europe !!!

        +0

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  • Gabriel51 // 18.08.2018 à 10h27

    Un détail manque au tableau dressé par FBH : les autorités françaises ont favorisé, armé les terroristes supposément “modérés” en Libye, en Syrie et ailleurs. Armes et combattants se retournent contre nos soldats et notre population civile. Pourquoi le taire ?

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  • Calal // 18.08.2018 à 10h37

    Si un système existe et se maintient,c’est qu’il y a une volonté derrière et des intérêts.
    Le terrorisme est une affaire d’États et se continuera tant qu’il permet aux gouvernements d’atteindre leurs objectifs. Nos vies ne comptent absolument pas dans cette équation, sauf si un ras le bol se manifesterait dans des intentions de vote ou dans une perte de recette dans le tourisme par ex.

      +5

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    • Alfred // 18.08.2018 à 11h29

      Depuis des années on peut entendre le discours comme quoi les usa protègent voire aiguillent daesh. Ce fut mal vu voir “complotiste”. Maintenant on peut lire carrément que les poches sous contrôle us sont les îlots de respiration de daesh qui lui permettent de survivre (et donc aux us de rester).
      http://geopoliticsalert.com/un-isis-us-syria
      Tant qu’il ”y a us vraiment de journalisme en occident tout peut se faire sans soucis.

        +7

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    • Patapon // 18.08.2018 à 12h15

      Hypothèses :
      – le recrutement est en grande partie une question de moyens
      – si on étouffe les flux d’argent on étouffe les moyens de recrutement
      – les flux viennent des banques et sont principalement en Dollar
      – les banques sont principalement dans les paradis fiscaux
      – les avoirs Saoudiens sont identifiés
      – les Saoudiens n’ont pas de moyen militaire vraiment sérieux d’empêcher l’accès à leur pétrole
      Alors, qu’est-ce qui empêche vraiment une supposée communauté internationale de bloquer les avoirs Saoudiens ?

      Peut-être parce que l’AS est le chien méchant des USA et réciproquement … L’âme damnée l’un de l’autre, inséparables dans l’apocalypse.

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  • Pinpin // 18.08.2018 à 15h01

    Bla…bla…bla….

    La vraie et seule question primordiale est, de mon point de vue: ” Qu’avons nous d’autre a leur offrir ?”

    Un jeune qui s’engage dans le djihad est un jeune qui n’a plus d’espoir, pas d’issues… Un jeune qui vit dans un pays ou chaque jour un nouveau scandale de corruption, de tromperie ou d’arnaque arrive au grand jour. Une société ou il n’as pas ou peu de chance d’arriver a ressembler au modele cintoyen consommateur europeiste heureux que la pub lui inculque du matin au soir…. une societe de plus en plus liberticide et complexe qui l’attend au tournant pour le moindre faux pas…

    D’un autre côté, on a des fanatiques qui leur disent… on te comprend, te protege…avec nous seul la loi de Dieu (legerement simplifiée ) est la seule a respecter… a par ça, fait toi plaisir…tout est permis… et en plus, si tu meur, tu as la vie eternelle ‘garantie’ entouré de mille vierges… Pour tout jeune désespéré… ca s’appelle une excellente option…

    Une société juste, equitable, avec une répartition plus juste des richesses. Un espoir de pouvoir réellement être acteur de cette societe est la seule alternative a donner a ces jeunes, a tous les jeunes qui n’ont pas la bouche occupée pat une cuillère en argent.

    Ouvrons les yeux, si ce n’est pas dash, ce sera le satanisme ou je ne sais quel secte libératrice de ce système tueuse de tout espoir…

    Une solution passe donc par NOTRE remise en question, notre mode de vie, notre mode de pensee façonné et formaté…. Nous passons notre vie, notte temps a chercher des coupables et excuses au lieu de batir des solution….

    Mais bon….on peux aussi toujours voter macron…. c’est pas gagné mais sais t’on jamais….

      +3

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    • Leïla // 20.08.2018 à 01h56

      Je ne suis pas d’accord avec vous !
      Les jeunes qui s’engagent sont aussi des gens très brillants…et intéressés, corrompus. Trop facile ce misérabilisme !
      La Start-Up du crime, Daesh, ressemble furieusement à la ” secte des assassins “…de la com’.
      Arrêter de croire ce que l’on vous fait croire ! Il faut une sacrée méthodologie, beaucoup d’argent…des soutiens pour lever autant de fonds !
      Quand un ministre ” valide ” [modéré], Fabius, qu’Israël soigne et finance ces groupes terroristes, que les ricains, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la France…c’est très organisé !
      20 ans que les jeunes de ces cités dénoncent ces mosquées salafistes. A qui profite le crime ?

        +4

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      • Pinpin // 20.08.2018 à 11h18

        Bonjour,
        Vous ne semblez pas comprendre mon propos…. Daesh n’est qu’un symptômes… trahissant la maladie de notre société… supprimer Daesh sans soigner la maladie et d’autres symptômes apparaîtrons….!
        La maladie est notre societe malade,corrompue et injuste….dans laquelle, très peu de jeunes arrivent a se projeter….
        Pour votre info, je suis (plus depuis 5 ans) éducateur spécialisé dans la réinsertion des jeunes descolarise.
        L’energie démesurée a chercher des responsables, des coupables, me semble peu efficace par rapport a celle necessaire aux changements salutaires necessaires..

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  • candale // 19.08.2018 à 22h23

    Moi, je suis un Algérien qui a vécu cette histoire dès ses débuts dans le monde “arabo musulman”, j’use de cette formule pour laisser de côté l’héroïque Afghanistan, miracle géologique dont les pays voudraient, en vain, s’approprier les ressources, je vois qu’on tire des plans sur la comète, qu’on fait des séminaires, qu’on élabore et qu’on publie des thèses, qu’on explique tout le passé, le présent et l’avenir mais personne ne veut voir à qui profite le crime.

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    • michdeploz // 19.08.2018 à 23h36

      Le crime, il nous profite à nous, qu’ on le le cautionne ou pas.Il nous permet de consommer sans raison, de faire rouler notre voiture, d’ acheter des objets qui nous avilisent toujours plus.
      Algérien, cannaque ou breton, on s’ en tape puisque le plan est mondial.

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  • Brigitte // 20.08.2018 à 11h06

    “difficile de traquer les sites terroristes sur google” . faudrait mettre Nicolas Vanderbiest sur le coup! Hum, humour belge….
    Hé oui, même le terrorisme s’est mondialisé, conséquence des moyens de communication planétaires mais surtout de la géopolitique de “l’axe du bien”, mise en place après la chute du bloc communiste.
    Comme l’écrivait Hervé Juvin dernièrement sur ce site, la perte de repères identitaires conduit inévitablement à des conflits politiques, ethniques ou religieux qui peuvent engendrer haine et violence jusqu’à l’horreur. Ces conflits sont désormais sur le terrain de l’islamisme radical. Pourquoi? pour un ensemble de raisons historiques, culturelles et civilisationnelles que les spécialistes commentent à longueur d’écrits et de conférences.

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