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19.novembre.202119.11.2021 // Les Crises

Ukraine : Politique, Corruption, la crise continue…

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Sept ans après l’annexion de la Crimée par la Russie et la création d’un mouvement séparatiste armé au Donbass, le centre industriel de l’est de l’Ukraine, le gouvernement ukrainien, et l’ensemble de sa classe économique, sont embourbés dans des problèmes si profonds qu’il serait étonnant qu’ils puissent s’en sortir.

Source : Forbes, Kenneth Rapoza
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine, surgit de la mythique boîte de Pandore. Zelensky a été pris… [+] KMR IMAGES

Les Russes ne leur facilitent pas la tâche. Le président Biden non plus. Son administration a réduit les liens des États-Unis avec l’Ukraine, où le fils du président, Hunter, était membre du conseil d’administration de Burisma, une société énergétique faisant l’objet d’une enquête pour corruption. Cette affaire a fait l’objet d’une enquête du Sénat, d’un livre et de nombreux articles. Le dossier ukrainien a hanté la campagne électorale et la présidence de Biden.

Mais le pire ennemi de tous, ce sont les Ukrainiens eux-mêmes, ceux qui sont au gouvernement et leurs proches alliés dans le monde des affaires.

Sans aucun doute, le président Volodymyr Zelensky a été engagé pour changer tout cela. Les Ukrainiens sont tombés amoureux de cet homme, il y a environ trois ans. Son émission de télévision, Serviteur du peuple, a créé un mouvement politique. Il ressemblait au personnage de Trump : une célébrité dans un feuilleton télévisé s’attaque à l’establishment politique corrompu, se présente à la présidence et gagne.

Sa popularité a conduit à la création d’un nouveau parti politique, nommé d’après la série télévisée fictive où Zelensky joue le rôle d’un enseignant au franc-parler, critique de son gouvernement, qui en devient le leader élu. La vie est devenue un art. Mais pour de nombreux observateurs de l’Ukraine et investisseurs étrangers – ils veulent en avoir pour leur argent. Cette version cinématographique du Serviteur du Peuple n’est pas comme la série télévisée. C’est un flop.

Le taux d’approbation du parti est d’environ 30%. Zelensky lui-même n’est guère mieux. La grande question pour l’Ukraine est de savoir qui est de son coté maintenant ?

L’administration Biden a levé cette année les sanctions sur le gazoduc Nord Stream II entre la Russie et l’Allemagne, soit un contournement total des gazoducs ukrainiens vers l’Europe. Bon pour la Russie, mauvais pour l’Ukraine.

Qui veut faire des affaires là-bas ? Une société d’investissement new-yorkaise, VR Global Partners, poursuit un monopole d’État dans le domaine du transport ferroviaire, Ukrzaliznytsia (UZ), dernier exemple en date du ras-le-bol des entreprises à l’égard des Ukrainiens.

Qui peut croire leurs politiciens et leurs chefs d’entreprise les plus puissants ?

Le nom de Zelensky figurait sur une liste récente des Pandora Papers du Consortium international des journalistes d’investigation.

Selon les conclusions de l’ICIJ publiées dans The Guardian, Zelensky possédait une participation dans une société aux îles Vierges britanniques décrite comme détenant des parts dans des sociétés de production et de distribution de films. Un mois avant son élection au poste de président, Zelensky a transféré ses parts à Serhiy Shefir, un ami et partenaire commercial, a rapporté l’ICIJ. Je n’ai pas contacté le président de l’Ukraine et je n’ai pas pu trouver Shefir.

Une capture d’écran de l’article du New York Times sur la tentative de meurtre d’un membre de l’entourage de Zelensky… [+] KMR IMAGES

Le mois dernier, quelqu’un a essayé de l’assassiner.

Shefir est soupçonné d’avoir créé un réseau d’entités offshore pour Zelensky et d’autres personnes, comme l’ancien partenaire commercial et employeur de Zelensky, et un magnat ukrainien de la banque et des médias, Ihor Kolomoisky, sanctionné par les États-Unis. Les autorités américaines affirment que Kolomoisky « a blanchi 5,5 milliards de dollars par le biais d’un enchevêtrement de sociétés écrans, achetant des usines et des propriétés commerciales dans tout le centre des États-Unis » selon l’ICIJ.

Les Pandora Papers ne sont pas de bon augure pour l’Ukraine, et c’est mauvais pour l’image de Zelensky. Comme me l’a dit un analyste basé à Washington qui a requis l’anonymat, « l’Ukraine est l’Arabie saoudite de la corruption. »

Zelensky a promis aux hommes d’affaires étrangers que l’Ukraine serait la « terre promise » pour les investissements étrangers. Ce n’est pas le cas. Zelenksy tente de sauver sa popularité et sa présidence, de relancer l’intérêt de Washington et de régler ses différends avec la Russie. Il a peu de temps pour favoriser un climat favorable aux investissements.

Pour développer son économie, l’Ukraine est coincée avec les mêmes vieux personnages. Ces mêmes vieux personnages aiment se battre entre eux et détruire leurs ennemis. C’est une chose quand les politiciens le font. Mais en Ukraine, c’est aussi l’élite des affaires qui le fait. Ce qui devient un endroit difficile pour faire des affaires. Et donc l’Ukraine lutte pour changer. Les entreprises étrangères veulent être là. C’est un grand pays avec un secteur informatique florissant, beaucoup de ressources naturelles, un potentiel agricole glorieux et une main-d’œuvre ayant un niveau d’éducation décent et des compétences dans les secteurs de l’industrie lourde et de la technologie. En termes de dollars, le pays est très bon marché. Mais vous feriez peut-être mieux d’investir plutôt dans le Dogecoin [kryptomonnaie, NdT].

Une enquête sur le climat des affaires en Ukraine réalisée en septembre par la Chambre de commerce américaine et Citi Ukraine a montré que 93 % des entreprises ont déclaré que la réforme judiciaire, l’État de droit, la justice équitable et l’éradication de la corruption sont les mesures stratégiques n°1 que le gouvernement ukrainien doit prendre pour assurer la croissance économique, améliorer le climat des affaires et attirer les investissements directs étrangers.

VR Global Partners est un exemple récent de la façon de penser des participants à l’enquête.

Le mois dernier, un tribunal ukrainien a accordé à Ukrzaliznytsia (UZ) un recours contre VR Global Partners, déclarant invalide le contrat de cession de la dette d’UZ entre Prominvestbank et VR.

VR a crié à l’injustice. Leur plainte devrait vous sembler familière.

« C’était un tribunal bidon. Ses actions étaient truffées de… violations », a déclaré Richard Deitz, président de VR Capital Group Ltd. « Nous ne sommes pas surpris. En juillet, j’ai été invité à une réunion à Kiev au (bureau de Zelensky) pour discuter de notre différend avec Ukrzaliznytsia. Le chef adjoint du bureau présidentiel, Andriy Smyrnov, m’a explicitement prévenu que, même si notre dossier était juridiquement solide, je devais comprendre que « les juges en Ukraine peuvent être licenciés ». Depuis cette réunion, nous avons assisté à une énorme pression administrative sur le système judiciaire. De nombreux juges ont été remplacés. Ce n’est pas ainsi qu’un système judiciaire est censé fonctionner. Cela n’aidera pas l’Ukraine à attirer les investissements. »

VR Capital a fait appel de cette décision de justice le 11 octobre.

Sans entrer dans les détails de l’histoire VR contre UZ, il est clair que quelque chose ne va toujours pas en Ukraine. C’est le leadership de Kiev. Et ce sont les mauvaises actions des États-Unis qui ne lui ont pas rendu service. Si l’on ajoute à cela une forme « d’échec » géopolitique sur l’échiquier (pas tout à fait « échec et mat ») de la part des Russes, l’Ukraine semble aujourd’hui plus perdue que jamais.

Un récent rapport publié le 23 septembre par la Cour des comptes européenne sur la corruption en Ukraine indique qu’entre 2016 et 2020, les trois principaux obstacles à la croissance économique sont les mêmes qu’avant le mouvement Maïdan, lorsque les gens protestaient en faveur d’une poussée vers l’intégration européenne. La perception était que la corruption, le manque de confiance dans les tribunaux et les monopoles de marché (capture de l’État par quelques propriétaires d’entreprises privées) étaient des obstacles majeurs à la modernisation de l’Ukraine.

Au début de la période couverte par cette étude, le président Barak Obama faisait encore des ouvertures à l’Ukraine pour lui faire comprendre que nous étions de son côté. L’Europe renflouait son économie. Le Fonds monétaire international était prêt à agir, faisant de l’Ukraine le deuxième programme d’aide financière le plus important après l’Argentine, qui est un cas désespéré.

Il est facile de voir que Zelensky est simplement devenu président grâce à sa série télévisée, et aux investissements de campagne réalisés par Kolomoisky, un ennemi du précédent président Petro Poroshenko. (N’oubliez pas qu’ils se détestent tous là-bas. C’est comme si Elon Musk et Jeff Bezos se disputaient pour savoir qui ira sur Mars en premier, sauf que Bezos achète des juges dans ses procès pour détruire Tesla, et Musk engage des gens pour prendre des photos de Bezos dans une chambre pour les envoyer à ses amis des médias. Nous n’en sommes pas encore là).

Zelensky a réussi à renforcer son pouvoir politique au fil des ans, en utilisant les tactiques ukrainiennes habituelles. Tout d’abord, il a poursuivi un politicien de l’opposition nommé Viktor Medvedchuck en disant qu’il était trop proche de la Russie. Les parrains des enfants Medvechuk sont Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, mais ce n’est pas un délit passible de poursuites, même en Ukraine. Zelensky a donc imposé des sanctions aux chaînes de télévision de Medvedchuk et à certaines de ses entreprises.

L’agence de presse russe RIA Novosti a récemment écrit que Medvechuck était accusé de trahison pour avoir prétendument travaillé à la fourniture de charbon aux régions séparatistes de l’est de l’Ukraine. C’était un non sens, car Kiev considérait ces séparatistes comme des ennemis de l’État.

En ciblant des acteurs de ce type, Zelensky a également vendu sa politique de « dé-oligarchisation », une politique critiquée par la Commission de Venise, un organe consultatif du Conseil de l’Europe, parce qu’elle autoriserait les coups politiques et les vendettas par le biais de sanctions individuelles sans l’approbation des tribunaux, de la législation ou de la police. Cela semble bien, parce que quiconque n’est pas un titan des affaires en Ukraine est d’accord avec la dé-oligarchisation de leur pays. Mais c’est une arme politique trop facile à manier, c’est pourquoi les Européens la jugent grossière.

Angela Merkel et Vladimir Poutine superposés sur le logo de Gazprom. Gazprom est le propriétaire majoritaire… [+] KMR IMAGES

Les maux de tête engendrés par cette politique se heurtent de plein fouet à la crise du secteur énergétique en Ukraine. Alors que la Russie retient ses livraisons de gaz naturel, les autorités ukrainiennes n’ont pas réussi à faire des réserves de charbon pour l’hiver prochain. Aujourd’hui, les réserves de charbon sont d’environ 800 000 tonnes. Elles devraient être plus proches de 2,5 millions de tonnes.

La Russie n’aidera probablement pas. Cela pourrait conduire à plus de conflits politiques pour le parti du Serviteur du Peuple, et à une perte de confiance de la population locale envers Zelensky.

Ce n’est pas à 100% la faute de l’Ukraine, cependant. Ils ont été jetés aux loups, en un sens. Leurs alliés ne sont pas si proches que ça. La Russie était leur plus proche. C’est fini, semble-t-il.

L’Ukraine semble piéger les étrangers, et pas seulement les locaux, dans son labyrinthe toxique de corruption et d’intrigues étrangères.

Comme je l’ai déjà écrit ici, avant le voyage de Zelenksy à la Maison Blanche le mois dernier, l’imbroglio entourant le désormais tristement célèbre fils du président Biden, Hunter, et ses relations avec Burisma, une société énergétique ukrainienne qui a eu quelques démêlés avec la justice, a entaché les relations – tant politiques qu’économiques – avec l’administration Biden.

Le rapport du Sénat républicain intitulé « Hunter Biden, Burisma and Corruption : the Impact on U.S. Government Policy and Related Concerns » (Hunter Biden, Burisma et la corruption : l’impact sur la politique du gouvernement américain et les conséquences, NdT) a conclu que la relation de Hunter avec l’Ukraine était avérée et hautement problématique .

« Le rôle de Hunter Biden au sein du conseil d’administration de Burisma a eu un impact négatif sur les efforts de personnes dévouées au service de la cause qui se battaient pour obtenir des mesures anti-corruption en Ukraine. Étant donné que le fils du vice-président avait un lien direct avec une entreprise corrompue et son propriétaire, les fonctionnaires du département d’État étaient tenus de rester au courant de l’association de Hunter Biden avec Burisma. Malheureusement, les fonctionnaires américains n’ont eu d’autre choix que d’endurer la « maladresse » de continuer à promouvoir un programme de lutte contre la corruption en Ukraine alors que le fils du vice-président siégeait au conseil d’administration d’une société ukrainienne dont le propriétaire était corrompu » indique le rapport dans sa conclusion.

Glenn Greenwald (fait amusant : nous écrivions pour Salon à la même époque, à la grande époque) s’est penché sur cette histoire, résumant la chronologie sur sa page Substack. Le 22 septembre, il a mis en lumière les prémices de l’affaire : « Le 14 puis le 15 octobre 2020, le New York Post, le plus ancien journal du pays, a publié deux reportages sur les activités de Joe Biden en Ukraine et en Chine qui soulevaient de sérieuses questions sur son intégrité et son éthique : plus précisément, il s’agissait de savoir si lui et sa famille faisaient commerce de son nom et de son influence pour générer des profits pour eux-mêmes. Selon le Post, les documents ont été obtenus à partir d’un ordinateur portable laissé par Hunter, le fils de Joe Biden, dans un atelier de réparation. »

Il est désormais admis que les relations étrangères de Hunter ont nui à la politique étrangère américaine en Ukraine.

Les liens de Hunter Biden avec une société énergétique ukrainienne appelée Burisma ont été un scandale de trop, et cela n’a pas… [+] KMR IMAGES

L’Ukraine semble maintenant être en colère contre les États-Unis à cause d’un groupe de mercenaires russes connu sous le nom de Groupe Wagner. CNN a fait un reportage à ce sujet début septembre, affirmant que les services de renseignement ukrainiens avaient tendu un piège aux mercenaires russes impliqués dans la guerre séparatiste du Donbass. Mais Kiev a rejeté l’histoire, affirmant que ce n’était pas elle qui s’en prenait aux Russes, mais « un autre pays, » probablement les États-Unis.

L’Ukraine joue un rôle important dans la politique russe de Washington. Mais maintenant que Washington a jeté un énorme os à la Russie via Nord Stream II, l’Ukraine est reléguée au second plan. Les deux parties sont mitigées l’une envers l’autre. L’Ukraine n’est pas près de devenir un nouveau marché de croissance pour les investisseurs dans les marchés émergents.

La levée des sanctions de Biden sur Nord Stream II a vraiment irrité l’Ukraine. Nord Stream I, plus Nord Stream II, plus Turkish Stream, signifie que la Russie n’a plus besoin de ces pipelines ukrainiens pour acheminer du gaz naturel en Europe. Laissons les Ukrainiens obtenir leur propre gaz et le vendre aux Européens. Mais encore une fois, cela ne semble pas se réaliser non plus.

Un investisseur étranger mécontent en Ukraine a écrit une lettre à Zelensky et l’a fait publier dans le Kyiv Post le 17 septembre. Il avait le même ton que les gens du fonds d’investissement de New York.

« Je fais partie de ces investisseurs étrangers en Ukraine que vous vous efforcez personnellement d’attirer dans votre pays. J’ai actuellement des investissements dans la fabrication, la construction et le commerce international », a écrit Tamaz Somkhishvili. Il est propriétaire partiel de la société Kyiv-Terminal LLC. Ils sont également en conflit avec le gouvernement. « Au cours des nombreuses années où j’ai fait des affaires en Ukraine, mes investissements, et les impôts payés, se sont élevés à des dizaines de millions de dollars. La situation dans laquelle je me trouve est un excellent exemple de (ce qui) inquiète de nombreux investisseurs étrangers en Ukraine et compromet vos efforts continus pour attirer les investissements internationaux. »

Dans un pays où le système bancaire est miné par des prêts non productifs, le risque politique et la transparence financière sont des questions dont se soucient le Fonds monétaire international et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. L’Ukraine dépend de ces deux institutions pour son financement.

La présidence Zelensky pourrait s’enfoncer davantage dans les sondages en raison de la révélation des Pandora Papers, de la poursuite des problèmes de corruption, de la hausse des prix de l’énergie et de la lutte sans fin avec la Russie.

Il est peu probable que l’aide occidentale et les investissements étrangers viennent au secours de l’Ukraine. Alors que l’administration Biden est confrontée à des difficultés sans précédent sur le plan intérieur : une sortie de l’Afghanistan désordonnée et chaotique, une inflation croissante, des défaillances dans la chaîne d’approvisionnement, un nouveau dépassement du plafond de la dette et une impasse sur le projet de loi de finances, la Maison Blanche n’a pas de temps à consacrer aux drames de l’Ukraine pour le moment. C’est mauvais pour le Serviteur du Peuple – et pour les entreprises étrangères qui espéraient que l’Ukraine serait le plus grand et le meilleur État ex-soviétique dans lequel investir.

Kenneth Rapoza

J’écris sur les tendances commerciales mondiales, les drames des grandes entreprises et l’investissement, principalement dans les marchés émergents. Je suis également un investisseur de détail qui s’intéresse aux crypto-monnaies, j’ai donc tendance à écrire sur les idées d’investissement que j’envisage moi-même. Ex-Wall Street Journal au Brésil. Analyste spécialisé dans la Chine chez Coalition for a Prosperous America.

Source : Forbes, Kenneth Rapoza, 14-10-2021

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

LibEgaFra // 19.11.2021 à 08h06

« Sept ans après l’annexion de la Crimée par la Russie  »

Ca commence très mal, c’est-à-dire par un mensonge.

L’éclatement de la Yougoslavie, c’est bien.
L’éclatement de l’Ukraine, c’est mal.

Deux poids deux mesures, comme d’hab.

20 réactions et commentaires

  • LibEgaFra // 19.11.2021 à 08h06

    « Sept ans après l’annexion de la Crimée par la Russie  »

    Ca commence très mal, c’est-à-dire par un mensonge.

    L’éclatement de la Yougoslavie, c’est bien.
    L’éclatement de l’Ukraine, c’est mal.

    Deux poids deux mesures, comme d’hab.

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    • Dfam // 19.11.2021 à 21h38

      Ah parce que c’est pas une annexion quand un territoire d’un pays donné passe à un autre pays ?

      De même quel éclatement ukrainien ? l’Ukraine s’appelle toujours l’Ukraine et ce situe en Ukraine. La Yougoslavie a vraiment éclaté vu quelle n’existe plus.

      Enfin lisez l’article en entier il est vraiment intéressant.

      Definition du CNRTL d’annexion: « ,Tout acte, constaté ou non dans un traité, en vertu duquel la totalité ou une partie du territoire d’un État passe, avec sa population et les biens qui s’y trouvent sous la souveraineté d’un autre État »

        +2

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      • moshedayan // 22.11.2021 à 07h52

        Dfam, sur le papier tu prends bien ton dictionnaire… Sur le terrain – les Criméens te rient au nez – 1. Déjà, ils ont toujours réclamé le statut de République autonome, refus de Kiev dès le début… 2. La Crimée est russe et c’est le Politburo du PCUS qui a décidé sans l’avis des Criméens de rattacher cette région à l’Ukraine. Alors on va bien ceux qui soutiennent les communistes d’avant ??? Néocom égal néocon… La Crimée est russe point barre… ne t’en déplaise, tu peux vomir … tout cela….mais laisse tranquille les populations de la région… Zelensky a été élu pour négocier la paix et grâce à des gens comme toi; il a fait le contraire…. Et ne t’en déplaise aussi, le territoire d’Ougorod a été annexé par Staline et déjà son adjoint Khrouchtchev…Et les Carpates veulent aussi un statut d’autonomie…

          +5

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    • Vadim // 23.11.2021 à 14h37

      L’éclatement de la Yougoslavie, à mes yeux, n’a rien à voir avec le prétendu éclatement de l’Ukraine. En ex-Yougoslavie il y avait trois religions qui coexistait paisiblement sous Tito. Puis les nationalismes serbe et des Albanais du Kosovo ont amené à la situation que nous connaissons aujourd’hui. L’Ukraine, pour sa part, est majoritairement monothéiste et bilingue: les ukrainophones comprennent parfaitement les russophones et vice versa. Le problème de l’Ukraine c’est la corruption comme c’était bien décrit dans l’article et que la Russie veut avoir définitivement la main non seulement sur le territoire russophone ukrainien pour bâtir son empire, mais aussi sur l’histoire de l’Ukraine déformée effrontément par ladite Russie et que peu de lecteurs de ce site connaissent. Il en est de même pour la Crimée qui a été donnée à L’Ukraine par Krouchtchov pour des raisons logistiques à savoir pour approvisionner la région en eau. Poutine s’en fiche de la population criméenne, il a peuplé cette région, bien avant 2014, d’officiers russes retraités et avait des visées stratégiques sur la péninsule dès son arrivée au pouvoir.

        +0

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  • calal // 19.11.2021 à 08h40

    Cela prouve bien que les usa ne sont pas racistes. Effectivement, on aurait pu croire que les neo cons americains n’apportaient « la liberte et la properite » qu’a des pays musulmans en fait les laissant en ruine, »eclates facon puzzle ». L’Ukraine est donc la preuve qu’ils peuvent detruire un pays de chretiens tout aussi bien…L’exemple de l’ ex-yougoslavie aurait du encore etre dans les memoires…
    « nation building » le terme novlangue et commercial pour dire « diviser pour mieux regner »…

    apres vient la question de l’oeuf et de la poule: est ce que le terrain ukrainien etait deja bien pourri avant et il n’a pas fallu grand chose pour qu’il bascule?. Une chose est a garder en tete avant une election presidentielle francaise ou un zemmour serait candidat: une guerre civile ne profite pas a la majorite des habitants d’un pays…

      +8

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  • Dominique65 // 19.11.2021 à 09h52

    l’Ukraine est grosso-modo dans l’état où était la Russie lorsque Poutine l’a trouvée. On ne peut que regretter que le peuple Ukrainien n’est pas su tirer de leçon de l’histoire de son imposant voisin.

      +15

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  • antoniob // 19.11.2021 à 10h06

    Note aux traducteurs: Serhiy=Sergei. Ihor=Igor

    Sinon oui la caractéristique de l’Ukraine est qu’elle en est restée au stade de far-west qu’avaient connus la Russie des 90’s sous Yeltsine et la première décennie du Kazakhstan sous Nazirbaiev (quoique les barons locaux tous puissants ont une tradition clanique tataro-kazakhe qui dure).

    C’est la Commission Européenne qui est responsable de la perpétuation de ce foutoir, en refusant que Kiev soit dans un partenariat avec la Russie en même temps qu’avec l’UE.

      +16

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  • Davout // 19.11.2021 à 12h22

    C’est incroyable ce manque de lucidité. Biden n’a donné aucun os à Poutine avec NS2. Celui ci vient d’être suspendu à nouveau pour des lustres.
    Il serait temps de comprendre la seule utilité de l’Ukraine:
    Être lancée par les USA sauvagement contre le Donbass pour forcer la Russie à intervenir. l’Ukraine perdra en 24 H mais ça permettra aux USA des mettre les vassaux européens au pied contre « l’agression » russe.
    Les Ukrainiens sont déjà foutu.
    Le prix économique pour la Russie sera rude mais à terme, le pivot sur l’Asie compensera avantageusement.
    Ceux qui ont TOUT à perdre de ce scénario sont les Européens.
    Et pourtant Allemands et Français ne sont pas les derniers à faire les roquets pour complaire à tonton-ta Sam.
    Pathétique.

      +22

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    • moshedayan // 22.11.2021 à 08h03

      Vous avez tout compris…Oui les Etats-Unis cherchent en ce moment à pousser la Russie à intervenir au Donbass … pour les objectifs que vous avez très bien définis…Pour le Russe moyen, même presque anti-Poutine ou méfiant, l’Europe de l’Ouest est le vassal..il n’a plus aucun espoir à ce sujet, il y a même maintenant un mépris bien ancré pour cette France qui a tourné le dos à de Gaulle… Il faudrait d’autres dirigeants, un dirigeant français qui claque la porte en sortant définitivement de l’OTAN pour changer la donne (la méfiance est telle que même sortir du commandement intégré…comme vous dites ne suffira pas). Le Russe regarde vers l’Asie et l’Amérique du Sud pour le commerce de plus en plus… et si l’UE s’effondre économiquement, il ne pleurera pas… L’hiver va être très dur… pour la Pologne en premier.peut-être.. car même le gaz américain ne suffira pas – les opérateurs américains préfèrent d’abord le vendre à l’Asie en ce moment….

        +1

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  • Koui // 19.11.2021 à 12h56

    Le statut quo est mauvais pour l’Ukraine d’abord, la Russie ensuite, l’Europe a terme. Seul les usa peuvent se satisfaire de la situation actuelle. Je ne vois pas l’intérêt de l’Ukraine pour le Donbass et la Crimée peuplés de russes. Au contraire, zelensky devrait être content de s’en débarrasser car cela va l’aider a ukrainiser l’Ukraine. Lui même peut commencer par apprendre l’ukrainien. Ce conflit est inutile.

      +5

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    • moshedayan // 22.11.2021 à 09h43

      Ukrainiser l’Ukraine c’est terminer le boulot des Bolcheviks ! Merci !!! L’ U – krain , même le mot donne tout son sens… Les Slovaques, les Serbes et tout autre slave analysent l’étymologie… « u – près krain – de la région »;.. l’Ukraine n’est pas un pays c’est une région du « monde russe » d’autant plus que les russophones sont aussi majoritaires d’une ligne qui va de Kharkov à Odessa, soit près de la moitié du pays… Pour un Slovaque, l’ukrainien c’est un patois mal fait, instable grammaticalement et parfois moche dans sa prononciation, sans parler des langues ruthèno-slovaque, hongroise et roumaine dans les Carpates….

        +2

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  • petitjean // 19.11.2021 à 13h07

    Quand allons nous, nous européens, nous libérer du joug américain ?

      +19

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    • Davout // 20.11.2021 à 09h01

      Je puis vous répondre: seulement quand les américains seront si faibles qu’ils ne pourront plus tenir leur emprise sur nous.
      Et ce jour là nous serons encore beaucoup plus faible qu’eux.
      Et nous serons sous la férule d’un nouveau maître.
      Notre pays a définitivement perdu sa vraie indépendance depuis juin 1940. Quoiqu’ai pu en dire de Gaulle. 1944 n’est pas une libération mais le remplacement d’un maître brutal par un autre beaucoup plus malin et persévérant.
      Mais si on analyse historiquement, la France perd sa réelle souveraineté en 1815. C’est l’Angleterre et ses alliés qui raménent les rois de France dans les bagages de leurs armées. Depuis, par une politique inaugurée par Talleyrand, le RU nous a laissé faire mumuse avec les colonies, l’aventure mexicaine, trois révolutions qu’ils ont cautionné sous condition, et nous ont laissé prendre une trempé par les Prussiens. Mais ils nous ont traîné dans trois guerres où on n’avait rien à faire et où on a perdu plus de monde qu’eux.
      En attendant, depuis 1815, nous nous sommes toujours incliné face aux exigences stratégiques anglaises.
      Pour rappel, Blum, les larmes dans les yeux, annonçait publiquement que c’était les Anglais qui avaient exigé et obtenu la non livraison des armes commandées et payées par la République légale espagnole en 36.
      Il serait temps de dépoussiérer les mythes du roman national.

        +7

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    • antoniob // 21.11.2021 à 00h07

      > libérer du joug américain ?

      ce joug est voulu, sans quoi la libération serait immédiate. Les Etats-Unis ne peuvent pas vivre sans une Europe alignée et ils peuvent pas non plus la bombarder ni prendre des sanctions financières massives si les principaux pays européens, Allemagne puis France tournent le dos.
      Le joug est perçu en fait comme une relation familiale de la part des européens, car les élites de l’UE sont dans le mythe racialo-culturel de ce qu’ils nomment « occident » et qui est exposé par Huntington notamment dans son absurde catégorisation des civilisations.

      Sinon l’Allemagne est après les Etats-Unis, le problème principal. La duplicité, ton doucereux et profil bas de l’Allemagne ne saurait masquer que sans l’aval de Berlin aucune des tentatives de putsch en Ukraine ou Biélorussie, sanctions deci-dela, et aussi interventions hors Europe (Syrie) n’est possible.

        +5

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  • Savonarole // 19.11.2021 à 14h35

     » sauf que Bezos achète des juges dans ses procès pour détruire Tesla, et Musk engage des gens pour prendre des photos de Bezos dans une chambre pour les envoyer à ses amis des médias. Nous n’en sommes pas encore là. »
    C’est le « pas encore » qui m’a fait sourire… même chez Forbes ils le savent qu’ils vont finir « heureux comme des paysans en Ukraine » …en 1926 :p

      +2

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  • Jean-Do // 19.11.2021 à 15h55

    C’est bizarre, chaque fois que les USA arrivent quelque part, la corruption du pays devient endémique : Irak, Afghanistan, Ukraine pour ne citer que les derniers mais avant ça, la Colombie, le Vietnam et tant d’autres. C’est comme si les dollars qu’ils déversent pour acheter les gouvernements ou les « manifestants » (5 milliards pour le Maïdan selon eux-mêmes) avait l’effet de favoriser l’arrivée aux pouvoirs de corrompus et de corrupteurs. Comme si corrompre les dirigeants favorisait l’installation de corrompus. « J’ai dit bizarre… bizarre ? Comme c’est étrange » pour reprendre le mot de Louis Jouvet (in « Drôle de drames » 1937)

      +6

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    • Jean // 19.11.2021 à 17h41

      @Jean-Do,

      C’est vrai qu’en France nous sommes bien meilleur car nous n’avons pas attendu l’arrivé des américains pour devenir l’un des pays les plus corrompu d’Europe. Ceux qui se souviennent du rayonnement qu’avait notre pays il y à encore trente ans comprendront qu’il n’y a aucune exagération dans la phrase précédente.

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      • Jean-Do // 19.11.2021 à 20h24

        La France fait partie des pays corrompus par les USA que je visais dans mon commentaire ironique. Elle y rejoint quasi tous les pays de l’UE actuelle comme l’affirment nombre de politiciens et de commentateurs US en fin de carrière. Ces affirmations sourcées font l’objet d’un articulet voire d’un livre ici ou là mais ne sont jamais repris en 1e page et pour cause.

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      • gracques // 20.11.2021 à 07h48

        Heu, la corruption et ,à France c’est une vieille histoire qui n’à certainement pas commencé il y a trente ans ….Panama , stavisky , la collaboration et les biens juifs, l’immobilier sous pompidou et chirac, la libye et Sarkozy ? Et on ne s’tattadera pas sur notre présidence actuelle…..et pour que tout le monde et tous les régime soin et bien représentés , Taleyrand leur maître à tous !

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  • Mugronhaurietnerbis // 21.11.2021 à 12h34

    Ce serait bien que dans les traductions de l’anglais en français les transcriptions des noms propres russes ou ukrainiens soient des transcriptions dans la graphie française ex; Poutine et pas Putin
    Et d’ailleurs ce serait bien que dans « Les Crises » y ait d’autres articles sur la Russie, l’Ukraine, la Chine et même la France que des articles provenant de l’anglais.
    J’ai l’impression qu’il n’y a plus que cela .
    Des articles Russes par exemple, ou Ukrainiens (pourquoi pas ?) des opposants de toute sorte comme des représentants des autorités au pouvoir.
    Par exemple on peut lire ici la réponse ironique, cinglante de Lavrov aux gesticulations des vassaux aux intérêts états-uniens de Paris et aux objectifs totalement commerciaux de Berlin dans le fonctionnement des « accords de Minsk » et au retrait russe.
    Cette réponse n’est pas anodine, elle est un élément crucial pour comprendre le moment très présent et spécifique du conflit.
    https://histoireetsociete.com/2021/11/21/que-se-cache-t-il-derriere-les-revelations-du-ministere-russe-des-affaires-par-timofey-bordachev/

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