Dans cet article d’octobre 2011, publié par Youphil, l’économiste américain, prix Nobel d’économie en 2001, livre son analyse sur la crise et sur les moyens d’y faire face.

Youphil: Les banques refont des profits et les bonus augmentent, mais nous sommes toujours dans un marasme économique. Pourquoi?

Joseph Stiglitz: C’est parce que le problème fondamental n’était pas seulement un problème qui vient du secteur financier. En 2007, l’économie avait une maladie qui a été masquée par la bulle immobilière qui a permis aux gens de consommer au-delà de leurs moyens. Si on n’avait pas eu cette bulle, on aurait eu un déficit en demande agrégée et l’économie aurait été faible.

Revenir à un système bancaire réparé nous laisse donc quand même avec les problèmes d’une économie faible. Renflouer les banques était nécessaire, mais pas suffisant. Et c’est là que le gouvernement d’Obama et ceux qui étaient proches du système bancaire se sont trompés. Les banques se sont très mal comportées et elles ont agravé la crise. En passant beaucoup de temps à s’occuper des banques, on en a oublié les problèmes de fonds.

Youphil: Quels sont ces problèmes de fond?

J.S.: Ceux qui ont causé la bulle. Il faut comprendre pourquoi nous avons eu besoin de diminuer les taux d’intérêts à ce point. C’est dû, entre autres, à la compétition avec les marchés émergents, la productivité croissante dans l’industrie qui se serait traduite par plus de chômage, le système monétaire international qui a amené les pays à épargner de plus en plus, les prix élevés de l’énergie qui transfèrent l’argent aux pays producteurs de pétrole. Voici certaines de ces causes auxquelles nous n’avons pas fait face.

Youphil: Vous parlez souvent de fétichisme du déficit. Qu’est-ce donc?

J.S.: C’est cette idée que la plus importante chose que nous devons faire est de se débarasser du déficit et que, si nous ne faisons que cela, l’économie sera saine. C’est évidemment incorrect. En ce moment, diminuer le déficit affaiblira l’économie. L’austérité n’est pas la solution ; cela aggravera nos problèmes.

Vraiment, ce que nous devons faire est trouver comment remettre les Etats-Unis au travail. Or cela requerra plus de dépenses et une augmentation du déficit.

Youphil: Quelles sont les solutions concrètes qu’il faudrait appliquer maintenant?

J.S.: Au niveau mondial, nous avons besoin d’une stratégie de croissance orientée. Ce qui implique de répondre à cette question : comment peut-on stimuler l’économie pour qu’elle crée des emplois?

Le second problème de l’Europe est la résolution de la crise de l’euro. Comment soutient-on les pays qui ont des difficultés en préservant l’euro? Voilà pour le court terme.

Sur le moyen terme, il y a deux défis qui ne seront pas résolus vite mais dont il faut se soucier : d’abord, les inégalités croissantes dans la plupart des pays et, ensuite, la réforme du système monétaire et de réserve international.

Youphil: Comment stimuler l’emploi?

J.S.: Cela demandera des dépenses publiques. Pour le moment, nous sommes en train de couper les dépenses publiques aux Etats-Unis. Ce faisant, le gouvernement est en fait en train de contribuer au problème du chômage plutôt que de compenser les faiblesses du secteur privé.

Nous avons besoin d’énormes efforts d’investissements en infrastructure, en technologie et en éducation. Il faut donc un programme d’investissement créateur d’emplois, qui aide l’économie à restructurer sa dépendance par rapport aux secteurs qui doivent être affaiblis (l’immobilier, l’industrie, la finance) et à aller vers des secteurs qui doivent être intensifiés (les services, la santé, l’éducation)

Youphil: Que peut-on faire par rapport à la crise de l’euro?

J.S.: Une partie de la réponse repose sur la solidarité européenne et l’engagement à aider les pays en difficulté. Cela peut prendre différentes formes: une euro-obligation, un cadre physique commun avec des taxes communes pour soutenir l’activité économique européenne, une stratégie de croissance, reconnaître que la Grèce ne résoudra pas ses problèmes par l’austérité et qu’elle doit se concentrer sur la croissance. Il y a beaucoup de possibilités, mais ce qui ne marchera pas c’est l’austérité.

Youphil: Avez-vous un conseil à donner à Christine Lagarde?

J.S.: Il faut créer un nouveau système de réserve globale. Sur le court terme, il faut étendre les droits de tirages spéciaux. Cela avait été fait en 2009, et ça a aidé, mais il faut maintenant le faire sur une base régulière. Les trois autres défis sont: améliorer le système de recouvrement de la dette souveraine, réguler les flux entre les pays et réguler les institutions financières globales.

Youphil: Qu’en est-il du problème de l’inégalité croissante?

J.S: Sur le court terme, il faut renforcer la taxation progressive, les filets de sécurité et la protection sociale. Sur le long terme, le plus important est de s’assurer que tout le monde ait accès à l’éducation qu’il mérite. Penser aussi à la manière dont les politiques industrielles peuvent augmenter la demande de main d’oeuvre au bas de l’échelle.

Jusqu’à présent, le secteur privé a mis l’accent sur des innovations qui créent du chômage, au lieu d’innovations qui protègent notre environnement par exemple. Si on réquilibre ces innovations, notre économie sera plus saine.

Une de mes inquiétudes est que les taux d’intérêts de plus en plus bas encouragent les entreprises à choisir des robots qui remplaceront la main d’œuvre. Nous sommes en fait en train de créer les fondements d’une économie sans emploi.

Youphil: Comment imposer cela au secteur privé qui cherche à diminuer les coûts?

J.S.: Nous devons les encourager à penser à des coûts qui peuvent être subventionnés, comme les coûts environnementaux.

Youphil: Vous étiez à Occupy Wall Street le 2 octobre. Qu’en pensez-vous?

J.S.: J’étais un peu surpris que ça ait mis autant de temps à se faire! C’est tout à fait compréhensible que les Américains soient furieux. On leur a dit: “si on donne 800 millions de dollars aux banques, elle recouvreront leur santé. Ne mettons pas de contraintes et les prêts seront restaurés et l’économie se rétablira.” Et c’était faux.

A la place, on a vu le gouvernement donner de l’argent aux banques, les banques donner de l’argent à leurs cadres, payer les dividendes et les gros bonus. Les banques se sont rétablies mais les prêts aux petites et moyennes entreprises n’ont pas été rétablis. L’Américain moyen souffre, les banques continuent de l’expulser de chez lui, les saisies continuent avec la même violence, les abus des banques sous la forme de prêts prédateurs ou de cartes de crédits aussi, alors même que ce sont les contribuables américains qui ont renfloué les banques.

Quand on donne autant d’argent aux banques et qu’elles retournent la faveur en maltraitant le citoyen moyen, c’est compréhensible qu’ils soient énervés. Et en plus, il n’y a toujours pas de travail.

Youphil: Toutes ces propositions impliquent un plus grand investissement de la part de l’Etat.  Les Etats-Unis sont-ils prêts à faire cela?

J.S.: Cela va être difficile, mais de plus en plus d’Américains voient que le marché n’est pas la solution. Il ne s’agit pas d’abandonner le marché mais c’est l’équilibre qui n’est pas bon. C’est aussi ce qu’a réalisé le mouvement du Tea Party qui, d’une certaine manière a eu le même genre de genèse.

Ils ont raison dans une certaine mesure sur le diagnostic, mais leur réponse est incorrecte car ils déséquilibrent encore plus le système en se débarrassant du rôle du gouvernement.

La question n’est pas celle de la taille du gouvernement mais de ce que le gouvernement a fait. Donc il ne s’agit pas juste d’occuper Wall Street, mais d’empêcher Wall Street de faire ce qu’il fait et de lui faire faire ce qu’il doit faire. De la même manière, il s’agit donc de faire en sorte que le gouvernement fasse ce qu’il doit faire.

Youphil: Cela requiert une volonté politique forte…

J.S.: Ce qui est intéressant est que ce mouvement est parti de New York et s’est répandu dans tout le pays. Mais évidemment, l’argent et les lobbyistes parlent plus fort donc je ne pense pas que ce soit un problème qui soit résolu du jour au lendemain.

Youphil: Et avec les prochaines élections?

J.S.: A vrai dire, je ne suis pas très optimiste. Je pense que cela prendra encore cinq ans.

Youphil: D’autant plus qu’il y a un risque de récession en double-creux aux Etats-Unis et en Europe…

J.S.: Je pense que ce risque est élevé. Peut-être qu’il y aura une croissance très lente, mais que ce soit ça ou une récession en double-creux, la croissance sera trop molle pour avoir un impact sur les 25 millions d’Américains au chômage qui veulent trouver un emploi.

Source : Youphil


Commentaire d’Olivier Berruyer. Très belle analyse, comme souvent avec Stiglitz.

Deux points de désaccord majeur cependant :

  • “cela requerra plus de dépenses et une augmentation du déficit.” : évidement que l’austérité n’est pas la solution, mais malheureusement la “non-austérité” non plus - c’est ce qu’on appelle une situation de défaut de paiement. Car “dépenser plus”, cela signifie tout simplement “emprunter plus”, et les prêteurs n’ont sûrement pas envie de continuer à remettre au pot leur épargne dans un puits sans fond(s) pour nos beaux yeux… Sinon, quant à l’idée de la planche à billets, que dire devant tant de naïveté, croire qu’on crée de la richesse en imprimant du papier sans aucun impact sur la population…
  • “d’une stratégie de croissance” , “croissance”, “croissance” : je me demande combien il faut de siècles à un économiste pour se rendre compte que la croissance est définitivement partie de nos pays (je rappelle que sur les 50 dernières années, c’est -1 % de croissance par habitant chaque décennie), pour la simple et bonne raison qu’ils ont justement fini de croître, merci, nous sommes développés. Et ce n’est nullement en soi un drame, le drame c’est qu’on refuse d’adapter nos économies à un contexte de croissance quasi-nulle, car il n’y a aucune raison de ne pas avoir de “Prospérité sans croissance“. (livre que je vous recommande vivement)

33 réponses à [Article] L'austérité ne marchera pas, par Joseph Stiglitz

  1. Marcus Le 15 novembre 2011 à 04h31
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    Je partage complètement les réserves d’Olivier. On ne peut pas ajouter de la dette à la dette, du déficit à du déficit. Cela aurait été possible avec un niveau d’endettement beaucoup moins important.
    Mais là nous avons, à mon humble avis, atteint un point de non retour. En clair on ne peut plus faire de la relance keynésienne.
    Il va falloir effectivement adapter nos économie européenne à une absence de croissance et c’est ce que nos politiques n’osent pas dire. Ce n’est pas vendeur électoralement.
    Je vais me renseigner au sujet du livre “Prospérité sans croissance” que je ne connais pas.
    Amicalement.
    Marc


    • @swokedav Le 15 novembre 2011 à 15h19
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      En effet, il semble évident que nous ayons atteint un point de non retour. Et au lieu de s’en plaindre, nous devons nous en réjouir. 
      Cette crise est une formidable occasion pour changer institutions et mentalités.

      “Il va falloir effectivement adapter nos économie européenne à une absence de croissance et c’est ce que nos politiques n’osent pas dire”

      Non. il va falloir adapter nos économies pour faire face à la nouvelle donne économique et démographique, créer de la croissance et faire comprendre aux electeurs que certains avantages et acquis, autrefois sans doute justifiés, sont désormais devenus létaux pour notre développement.

      J’ai 25 ans et suis vraiment en colère face à cette génération dorée pourrie ayant acheté des privilèges et des soit disant acquis -à crédit – en dépensant hier notre argent d’aujourd’hui et en bloquant les mutations pourtant indispensables. 


  2. Joanna Le 15 novembre 2011 à 06h05
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    J’ajoute  aussi « très belle analyse » tout en reconnaissant avec modestie que je n’ai pas les connaissances pour vraiment tout comprendre.
    Ce qui continue de me sidérer c’est le hiatus pour ne pas dire le fossé abyssal qui existe entre d’une part ceux qui sont honnêtes et portent un jugement lucide sur la situation actuelle et d’autre part la très grande majorité de la population qui n’entend qu’une cloche, à savoir les medias officiels, et qui sont allègrement manipulés sans en avoir le plus petit début de commencement de conscience.
    Le drame c’est que nous avons chacun un bulletin de vote et que ceux que j’appellerai les « imbéciles heureux » sont très largement plus nombreux. Je dis « imbéciles heureux » car c’est l’effet que m’ont fait tous ces italiens que j’ai vu interviewés hier et qui se réjouissent avec sincérité de l’arrivée de Mario Monti car ils ont envie de croire au père Noël.
    Et j’en reviens toujours à la même chose : pour que ça commence à changer vraiment il conviendrait que des relais existent pour porter ces vérités auprès de la population, pour commencer à leur ouvrir les yeux afin qu’ils votent en toute connaissance de cause. Et ce n’est pas parce que ce n’est pas facile qu’il ne faut rien faire.
    Et je ne veux pas être pessimiste, je dis simplement « que tous ceux qui le peuvent se bougent un peu » pour aller dans ce sens car je ne suis pas persuadée que les actions du type “Occupy Wall Street” ou “indignés” soient les plus efficaces.


    • step Le 15 novembre 2011 à 13h40
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      ’arrivée de Mario Monti car ils ont envie de croire au père Noël.

      un père noël goldman sachs, ca m’inquiète un peu…


  3. MARIE Le 15 novembre 2011 à 07h59
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    “c’est qu’on refuse d’adapter nos économies à une contexte de croissance quasi-nulle,” autrefois Sicco Mansholt avait évoqué la croissance zéro ….pourrez vous, s’il vous plaît,  Monsieur Berruyer nous en parler dans un prochain billet ? merci pour toute l’information très enrichissante de votre blog…. y compris les WE.


  4. pratclif Le 15 novembre 2011 à 08h53
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    Bien des économistes américains nous disent que dans la crise de l’euro, il faut d’abord relancer la croissance et ensuite traiter le déficit et la dette. Voir link to project-syndicate.org dont le dernier en date signé par Nourriel Roubini http://tinyurl.com “down with the eurozone” et ce site d’un link to econ.economicshelp.org économiste anglais.

    Malheureusement au point où nous en sommes, nous ne pouvons plus faire autre chose que de rétablir les équilibres macro économiques et assurer une politique fiscale soutenable pour que les prêteurs acceptent de continuer à prêter. La dette est hors de contrôle. Les prêteurs ne veulent plus prêter aux taux en vigueur jusqu’ici et compte tenu du niveau atteint – 1700G€ en France – la perte du triple A serait une catastrophe pour le budget. Le problème vient de ce que nous avons besoin d’emprunter. Je retiens aussi l’idée exprimée hier dans C dans l’air…. 17 pays de l’euro souverains quant à l’émission de dette sans politique économique  commune et sans contrôle ni sanctions en cas de mauvaise politiques économiques des dits pays. L’opinion publique France n’a toujours pas compris que l’équilibre macroéconomique et la soutenabilité fiscale impliquent des réductions sélectives de dépenses publiques et des hausses sélectives de recettes fiscales et que pour maintenir notre choix de société il va falloir choisir entre services publiques et croissance indéfiniment de la consommation de biens et services du type TV à écrans plats, tél portables, loisirs et vacances autour de la planète, etc…


  5. AlexHanin Le 15 novembre 2011 à 09h30
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    Je reviens avec mon antienne :
     
     
    « Sinon, quand à l’idée de la planche à billets, que dire devant tant de naïveté, croire qu’on crée de la richesse en imprimant du papier sans aucun impact sur la population… »
     
     
    Faire tourner la planche à billets, personne n’aime ça… mais on est clairement dans une situation désespérée. Vous (et d’autres) dites qu’on a le choix entre faire accepter leurs pertes aux créditeurs et créer une inflation dont tout le monde souffrira et qui risque de tourner en hyperinflation. Cet argument me semble trompeur : quand le système bancaire s’écroulera définitivement (« les créditeurs prennent leurs pertes »), tout le monde va en baver, pas seulement les créditeurs, et probablement pour longtemps. Ça nous permettra de repartir sur des bases saines, mais quand ? En 2025, après une 3e guerre mondiale ? Quant à l’hyperinflation, on la cherche toujours au Japon, aux USA et au RU.
    Je crois que vous faites du problème des créditeurs une question purement morale et que vous admirez trop l’or pour permettre que des politicards l’avilissent ; ce sont certainement des opinions défendables, l’ennui c’est qu’elles nous conduisent tout droit à la catastrophe économique.
    Je vous citais l’autre jour une liste de « naïfs », je peux donc y ajouter Stiglitz, ainsi d’ailleurs que W. Buffet (link to creditwritedowns.com).
     
     
    « et les prêteurs n’ont surement pas envie de continuer à remettre au pot leur épargne dans un puits sans fond(s) pour nos beaux yeux… »
     
     
    Ça doit faire 3 ans que les républicains prophétisent quotidiennement que les taux d’intérêt américains sont sur le point de monter en flèche maintenant tout de suite. Ça fait 3 ans qu’ils ne font que descendre. Ils finiront bien par monter effectivement, mais à cause de l’ampleur de la dette en soi ou du pourrissement final de l’économie ? Ça ne veut pas dire que je ne trouve pas la dette américaine abyssale, mais contrairement à ce que vous dites, les prêteurs continuent de remettre au pot leur épargne.
     
     
    Je dis tout ça pour alimenter le débat, ne le prenez pas mal, je n’en reste pas moins un fidèle lecteur du blog J.
     
     
    PS : Quand à > Quant à / surement > sûrement
     


    • Alain34 Le 15 novembre 2011 à 10h33
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      @Olivier :Octobre 2010 ? 2011 non ??
      Sinon, oui, “croissance, croissance, croissance”… dans un monde fini, de plus en plus peuplé, de plus en plus développé, il vaut mieux que ça ralentisse et que ça s’arrête a un moment ou un autre, sinon, risque de partir très vite dans l’autre sens de manière incontrôlée… c’est juste évident, trop sans doutes, et comme pour la ‘dette’, ‘ils’ en prendront conscience trop tard.
      @AlexHanin : Planche a billets ou défaut, quelle que soit la solution, ça fera mal. La planche a billets ne règlera rien et ne fera que reculer l’échéance (ce qui est fait depuis des années et des années, reportant le problème sur nos enfants…) là ou le défaut aura le mérite de faire repartir la mécanique sur des bases plus saines (il faut l’espérer, sinon…)


  6. Wilmotte Karim Le 15 novembre 2011 à 10h19
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    Un plan de relance par l’éducation, le développement de la recherche, le renforcement des capitaux disponibles pour développer des productions innovantes, le renforcement les infrastructures là où c’est utile, la diminution de la consommation énergétique, l’investissement dans les énergies alternatives.
    Évidement, dans 10 ou 20 ans, nous devrons repenser l’économie. Mais comme on semble incapable actuellement d’avancer sur ce sujet… Ça nous laisserais une à deux décennies pour faire progresser la démocratie (renforcement du législatif face à l’exécutif, contrôle accru du peuple, meilleure représentativité des élus, réflexion/essai sur la démocratie participative ou délibérative, mises en place et financement de l’ensemble des opinions dont les opinions non dominantes).


  7. didierR Le 15 novembre 2011 à 10h30
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    Bon, moi également je ne comprends pas tout mais vient ici pour tenter de m’améliorer.
    Par contre, je peux amener ma petite pierre en signalant que l’article n’est pas d’octobre 2010 comme l’annonce le chapeau “Dans cet article d’octobre 2010, publié par Youphil, l’économiste américain, prix Nobel d’économie en 2001, livre son analyse sur la crise et sur les moyens d’y faire face.”, mais du 17/11/2011.
    (l’esprit prémonitoire du prix Nobel parlant d’Occupy Wall Street en 2010 m’a un peu alerté)


  8. yoananda Le 15 novembre 2011 à 10h40
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    Olivier,
    la croissance est d’autant plus terminée que nous n’avons plus les ressources pour la soutenir, ni l’énergie : link to yoananda.wordpress.com
     
    Sinon, vous dites “je rappelle que sur les 50 dernières années, c’est -1 % de croissance par habitant chaque décennie” ca m’intéresse beaucoup ! une source ?
    La seule solution est en effet d’admettre que la croissance c’est finie, et ce au niveau mondial.Mais cela pose un problème de taille : la démographie … c’est tabou de demander aux gens de réduire les naissances, et c’est impossible a contrôler au niveau mondial en plus.


    • indigné Le 15 novembre 2011 à 13h07
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      “la démographie … c’est tabou de demander aux gens de réduire les naissances”
      Là ça devient presque philosophique… Si vous pouvez imposez (car il s’agit bien d’imposer, que ce soit par force ou par une éducation appropriée) aux gens de réduire les naissances, vous pourrez aussi imposer d’euthanasier les vieux… et ainsi de suite… Bienvenue dans “Le meilleur des mondes” d’Huxley. Jusqu’à quelles privations des libertés individuelles doit-on aller au nom de la sacro-sainte société stable et idéale… Le souhaitons nous vraiment?


      • Alain34 Le 15 novembre 2011 à 14h10
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        Quel rapport entre faire comprendre aux gens qu’il est de l’intérêt de tous, et du leur et de celui de leurs enfants justement qu’il est préférable d’être pas trop nombreux (éducation) avec vouloir euthanasier les morts ??? Attention, je parle de long terme…
        “Le souhaitons nous vraiment?” bha, perso je préfèrerai une planète avec 1mds d’habitants qui vivent bien sans pour autant épuiser les ressources de la planète (qui sont limités, faut il encore le rappeler ?) que 10 Mds qui vivent comme des chiens sur une planète essoufflée, au service d’une poignée de quelques centaines de millier de gras et riches privilégiés… 
        Enfin, moi, j’ai pas de gosses et je compte pas en avoir, donc quelque part, je m’en fou un peu…
        @Wilmotte Karim : “l’explosion démographique n’aura pas lieu” ? parce que la population va se limiter d’elle même a 10 Mds ? pour que les 7 Mds d’habitants actuels vivent avec notre niveau de vie, il faudrait déjà plusieurs planètes… pour moi, ça a déjà bien explosé…
         
        Bref, tout cela est une autre histoire, même si pour moi c’est quelque par le même problème que celui de la crise actuelle…
         


        • Alain34 Le 15 novembre 2011 à 14h49
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          “euthanasier les vieux” bien sur… le lapsus… :)


        • Wilmotte Karim Le 15 novembre 2011 à 22h41
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          Ce n’est pas toujours une question de “niveau” de vie mais d’organisation de la production/consommation. C’est peut-être une question de “style” de vie.


          • Alain34 Le 15 novembre 2011 à 23h55
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            Style, niveau… disons des humains qui ont pris l’habitude d’avoir du temps libre, des vacances, qui voyagent, peuvent être de l’autre coté de la planète en quelques heures, qui ont un toit, mangent a peu près ce qu’ils veulent, n’ont pas froid, ont accès a internet dans leur poche absolument partout, ont une espérance de vie élevée, une longue retraite, la liberté de se déplacer comme ils veulent, de faire 1000km en une journée dans leur voiture sans qu’on leur demande rien, peuvent aller au théâtre, aux concerts, au cinéma, son en bonne santé et bien soigné, des structure pour s’occuper et éduquer leurs enfants, la possibilité de faire des etudes dans a peu pres n’importe quel domaine, etc etc…
            La liste est longue… et on peut constater quelle commence déjà a prendre quelques coup de canif… pour certains plus que pour d’autres.


          • Wilmotte Karim Le 16 novembre 2011 à 17h52
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            On peut parfaitement manger largement à sa faim en réduisant la consommation/consommation en énergie. On peut diminuer largement l’usage et la possession de voiture, etc.
            Le niveau de vie n’est pas un style de vie.


    • Wilmotte Karim Le 15 novembre 2011 à 13h26
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      link to monde-diplomatique.fr
       
      Sur la (non) explosion démographique.


      • Nihil Le 15 novembre 2011 à 15h05
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        @ Karim
        Comme souvent, voire toujours, les chiffres sont à prendre avec précaution. De plus, la démographie est une spécialité régulièrement oubliée ou laissée de côté.
        Donc, merci pour ce lien.


  9. BA Le 15 novembre 2011 à 11h38
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    L’Italie et l’Espagne avaient choisi de suivre des politiques de rigueur. Comme d’habitude, le remède a été encore pire que le mal. Comme d’habitude, ça a aggravé leur situation. Conséquence : l’Italie et l’Espagne se surendettent de plus en plus lorsqu’elles empruntent sur les marchés internationaux.
     
     
    Mardi 15 novembre 2011 :
     
    Le Trésor espagnol a émis mardi pour 3,158 milliards d’euros de bons à 12 et 18 mois, à des taux d’intérêt en très forte hausse par rapport à la dernière opération similaire, souffrant d’un effet de contagion dans un climat de tension élevée en zone euro.
    L’Espagne a dû concéder un taux de 5,022 % pour les bons à 12 mois, et 5,159 % pour ceux à 18 mois, contre moins de 4 % dans les deux cas pour la dernière émission, le 18 octobre 2011, a annoncé la Banque d’Espagne.
    Le niveau atteint mardi est un record depuis 2000, selon les médias espagnols.
     
    Conclusion :
    Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de l’Espagne à rembourser ses dettes.
    L’Espagne emprunte à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants.
    L’Espagne va bientôt demander l’aide du FMI et de l’Union Européenne.
     
    link to romandie.com


  10. Fillatre Gilbert Le 15 novembre 2011 à 11h48
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    La croissance… de quoi??? J-C Michéa demande à ses élèves si ils sont pour l’augmentation, et ils demandent systématiquement: l’augmentation de quoi?
    Il faudrait définir à quoi correspond cette croissance, pour chacun de nous, pour savoir de quoi l’on parle!
    Pour moi, j’aimerais une croissance exponentielle de la lucidité, de l’altruisme.. et du slow vivre


  11. step Le 15 novembre 2011 à 13h38
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    tiens j’allais dire à la fin de l’interview… j’ai deux points de désaccords majeurs.
     
    Bon j’ai rien dit…


  12. step Le 15 novembre 2011 à 18h26
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    olivier, je te conseilles le dernier delamarche, surtout à partir de 2 min.Dans le désert crier seul c’est fatiguant, mais quand on a l’impression qu’il y a de l’écho, c’est qu’on est plus tout seul.


  13. Candide Le 15 novembre 2011 à 21h50
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    Taux d’intérêts à 10 ans pour l’Italie : 7.084% (+5% en 1 jour)
    Taux d’intérêts à 10 ans pour la France : 3.683% (+7.5% en 1 jour)
    Ça grimpe et vite !!!
     
    Au Feu !!!!!!!!
     


    • Wilmotte Karim Le 15 novembre 2011 à 22h47
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      BA grillé :O


  14. seb Le 15 novembre 2011 à 23h30
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    Bonjour Olivier,
    j’ai assisté au petit débat d’hier soir au French Flair. je n’ai pu voir à la fin – venant du fond de l’essonnes et étant tributaire des trains – et je voulais savoir, vu que tout était enregistré, si vous aviez l’intention de diffuser l’intégralité sur ce blog ?
    en tout cas, c’était très intéressant, je partage la plupart de vos raisonnements et je reste admiratif devant la somme de travail que abattez ! vous avez un stock de billets déjà pré-remplie c’est ça ? ^^
    un détail m’à fais tiqué par contre plusieurs fois, lorsque vous parliez des solutions de l “l’extrême gauche”. 
    le NPA ne proposant pas de faire tourner la planche à billet, j’en ai déduis que vous parliez du front de gauche…qui est de gauche simplement ^^
    d’ailleurs, vu que vous semblez – à juste titre – apprécier Fréderic Lordon, avez vous vu ce débat qu’il à donné à la fête de l’humanité ? link to vimeo.com
    que pensez-vous de sa vision politique et notamment sur ce qui fais la séparation entre ceux qui veulent changer le cadre et ceux qui l’accompagnent ?
    Tout ceci pour dire, que le principal attrait de votre travail (et d’autres) c’est qu’il permet aux béotiens un tant soi peu curieux (ou inquiets) de comprendrent les rouages de notre monde,  se construirent une indignation qui à du “sens”  pour déboucher sur…l’action, que je vois politique dans l’immédiat.
    je rejoins en fait un peu la question de l’un des débatteurs d’hier sur le : mais que peut-on faire ? vers qui se tourner / se regrouper ? qui dis le moins de conneries dans tout ce bazar médiatico-politique ?


  15. Mathieu Le 16 novembre 2011 à 00h19
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    Le déficit public, c’est de la lacheté politique. Un défcit, cela veut dire taxer plus plus tard. Pourquoi ne pas taxer maintenant, là, tout de suite?

    Concernant l’inflation: il y a quand même de bons arguments pour viser une inflation modérée (~5%) pour pouvoir obtenir un rééquilibrage des coûts salariaux dans les pays européens (il est bcp plus facile pour l’Espagne d’organiser une stagnation des salaires par rapport à un voisin allemand chez qui cela augmente de 5% qu’une diminution de 5% par rapport à un voisin dont les salaires stagnent…) 


  16. MARIE Le 15 novembre 2011 à 19h33
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    je vous remercie


  17. Jean jean Le 15 novembre 2011 à 22h30
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    Pas d’accord, la dette ne sera pas monétiser entièrement.
    De plus nous pensons que dans le contexte actuel (c’est à dire une économie qui peut produire bien plus qu’elle ne le fait actuellement) cela ne provoquera pas d’inflation. 


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