Introduction : J’ai le plaisir de publier aujourd’hui un très beau témoignage sur la situation en Grèce que j’ai reçu d’un des lecteurs de ce blog, expatrié.

Présentation de l’auteur par lui-même. “Français expatrié en Grèce depuis quelques temps déjà, la crise et le manque de présence médiatique objective m’incitent à témoigner de ma vision de la vie en Grèce, au coeur d’un pays magique, complexe et … en crise.”

Athènes, le 16/09/2011.

Suite à l’appel à l’entraide d’Olivier pour le blog www.les-crises.fr, j’ai proposé de témoigner sur la situation grecque, résidant dans ce fabuleux pays depuis quelques mois. Je remercie donc Olivier pour cette opportunité de faire partager une vision de l’intérieur.

La Grèce, donc. Je m’étais préparé à un choc avant de revenir, car beaucoup de mes contacts grecs m’avaient prévenu (“Tu auras tout compris quand tu reviendras à Athènes“, “La Grèce est malade“, …). Mais plutôt que de commencer mon périple dans la capitale, j’ai décidé de voir les effets de la crise dans une petite ville côtière du Péloponnèse, accueilli dans une famille dont je suis proche.

Et finalement, quoi de plus explicite que la situation de mes hôtes :

  • Le père de 63 ans attend sa retraite depuis déjà un an. Son seul problème étant de ne pas avoir atteint l’âge légal (65 ans) bien qu’ayant travaillé depuis l’âge de 15 ans : il compte donc largement le nombre d’annuité permettant sa prise en charge. Passé devant diverses commissions suite à un grave problème de santé l’empêchant de travailler (il n’était pas contre le fait de poursuivre), il attend. La retraite devrait arriver, dixit la commission, courant octobre. Mais aucun compte rendu ne le confirme : depuis trois mois, la réponse est : “Le mois prochain, c’est bon“.
  • Son fils a repris le magasin et investit pour le moderniser : c’était avant la crise et l’aide de l’état promise pour la mise aux normes s’est évaporée (“Désolé, tous les papiers sont en règle, vous devriez avoir l’aide, mais c’est non.”). Première perte sèche. Et face à la crise, les clients se font rares et la perspective d’une fermeture imposée par les banques se fait de plus en plus menaçante. Son père m’a d’ailleurs confirmé que beaucoup de commerces risquent de fermer en septembre par manque de clients. En attendant, il tente de joindre les deux bouts en diversifiant ses activités pendant que son père propose son aide au reste de la famille pour ne pas rester inactif.
  • Sa fille, fraichement diplômée à Athènes a cherché en vain un emploi dans le domaine de ses études. Face à la crise et à la nécessité de trouver un emploi pour survivre, elle a postulé dans un call center. Après 2 semaines de tests (non rémunérées), elle claque la porte et tente l’aventure dans un autre call center. Bingo : “On vous rédige votre contrat sous 2 semaines“. C’était en février 2011. Depuis, elle n’a jamais vu de contrat, gagne 5€ de l’heure, ne cotise pas à l’allocation chômage, n’a pas d’assurance sur son lieu de travail. Son “employeur” lui doit même 200€ sur ses salaires de juin et juillet suite à un “problème de comptabilité”. Cet entreprise réalise des statistiques officielles sur l’avis de la population grecque sur la crise, les nouvelles mesures et … emploi du personnel … au noir.
  • La mère de famille, elle, s’occupe du petit dernier (3 mois) et garde le magasin quand le fils doit se déplacer pour travailler.
  • Sa belle fille se bat avec un des opérateurs téléphonique qui lui a coupé sa ligne professionnelle malgré le paiement des factures : “Ah oui, vous êtes en rêgle, mais comme la ligne a été coupée, cela demande 2 semaines pour la remettre en place“. En attendant, ses clients ne peuvent plus la joindre et elle a décidé de changer d’opérateur…

Alors, cette famille, pour garder le sourire et une certaine joie de vivre, se concentre sur le nourrisson : une façon de s’évader et de retourner à l’essentiel. Autre point positif, l’entraide entre les membres de la famille permet de partager légumes et fruits de saison. Mais le frigo n’est plus aussi plein qu’auparavant.

Devant la baisse du salaire minimum, 500€ / mois, pour un coût de la vie équivalent à celui de la France (voire plus élevé sur certains produits, essence en tête), il devient difficile de vivre. Un exemple valant mieux qu’un long discours, je vous propose de suivre l’exemple d’une ami serveuse à Athènes :

– “Je suis serveuse dans le même restaurant depuis 3 ans. J’ai un contrat de travail de 8h/jour. Je suis payé 3.5€ de l’heure. Je devrais arrêter le travail vers minuit, mais avec la crise et la suppression de postes dans le restaurant, je finis la journée à l’heure de fermeture, soit en moyenne vers 1h du matin. Mais c’est parfois à 2h ou 3h et je ne suis payé que mes 8h officielles de travail, jamais plus. Cela me fait 800€ par mois car je n’ai que peu de jours de repos. Je prends parfois le bus pour rentrer, mais je mets 1h30 pour rentrer. Alors souvent, je prends le taxi (7€) pour rentrer plus tôt. Le taxi me coute 5€ quand je vais à mon travail en journée. Je travaille souvent plus de 10 jours d’affilée sans jour de congé. J’ai en moyenne 3 jours de repos par mois. Je pourrai en avoir 4 mais je préfère gagner un peu plus. Mon employeur ne m’autorise pas de vacances, mais c’est assez courant ici, surtout en ce moment. Le seul moyen pour moi est de cumuler les rares jours de repos pour partir en vacances. Cette année, j’ai eu 5 jours. Juste le temps de se reposer un peu en famille, mais impossible de faire une vraie pause. Cela fait 3 ans que je travaille dans ce restaurant. Je cherche un autre travail, mais il est très difficile d’en trouver. Je vis en colocation avec ma cousine et ma soeur, ce qui me permet de mettre entre 300€ et 400€ de coté par mois pour plus tard. Mais je ne fais que très peu d’extra : de toute façon, je n’ai pas le temps. Je vis plus pour travailler que je ne travaille pour vivre”.

Elle travaille donc en moyenne (officiellement) environ 8h par jour. Dans la réalité, on est plus proche des 9h par jour (ne comptabilisons pas les fermetures tardives du restaurant). Petit calcul (n’oublions pas que nous sommes sur un blog aimant les exemples chiffrés ;)) : 9h par jour * (30 jours – 3 jours de repos) = 243 heures. Si on compare aux 40h hebdomadaires légales Française (oublions les 35 heures), soit 160h par mois, elle travaille 83 heures de plus, pour moins que notre SMIC français. De quoi exploser en vol l’idée reçue de la paresse Grecque. J’invite d’ailleurs celui qui a encore cette opinion à échanger son poste avec elle, cela lui permettrait de découvrir ce qu’est un week-end, ou mieux, une semaine de congé !

Quelques fêtes traditionnelles et repas m’ont donné l’occasion d’échanger sur la situation, de cerner un peu mieux ces fonctionnements qui, d’illégaux, sont devenus des règles. J’y ai appris que pratiquement tout acte chirurgical nécessite une enveloppe – fakelaki – (montant variable) permettant de “s’assurer de la bonne réussite de l’opération”. C’est illégal, mais c’est devenu une règle de conduite (autrefois, ces enveloppes étaient données de bon coeur suite à une opération réussie, comme un pourboire). Bien sur, le surplus étant du cash, non déclaré, ne peut être remboursé par la sécurité sociale grecque (pas toujours utilisée d’ailleurs vu la complexité des démarches pour se faire rembourser) Pire, certains chirurgiens n’hésiteraient pas à préciser que sans l’enveloppe, ils pourraient être moins concentrés lors de l’intervention. Un journaliste Grec à d’ailleurs mis en évidence ces pratiques, mais malgré les preuves accumulées, aucune action en justice n’a vu le jour.

Cette enveloppe existe également lors de l’examen du permis de conduire. Le permis coute grosso modo 1000€. L’enveloppe, dont le prix varie suivant les régions (de 100€ à 150€ en province pour 150€ à 300€ à Athènes) est remise, si le futur diplômé le souhaite, à l’examinateur, qui, fonctionnaire (donc déjà privilégié), dépend directement du ministère du transport. C’est devenu une régle. Peu sont ceux qui ont refusé de payer et qui ont le permis en main.

Je savais que la corruption était présente en Grèce, favorisé par une culture de l’argent liquide et par un manque de contrôle des institutions (ou par des contrôles dont le résultat est arrangé moyennant une … nouvelle enveloppe). J’ignorais l’étendue des dégâts et le poids que celle ci faisait peser sur l’économie. Par exemple, les aides de l’Europe pour aider les campagnes à étendre l’agriculture (augmentation des champs d’orangers, d’oliviers, …) ont été en grande partie utilisées … dans les fêtes locales, par des exploitants sans scrupule touchant les aides et créant de fausses attestations afin d’utiliser cet argent frais à leur convenance. Tout ceci sous couvert des politiciens locaux qui touchent probablement une partie du pactole. Des aides au développement touristique ont probablement été détournées. Il y a quelques années et pour quelques régions, l’Etat finançait à hauteur de 60%, l’achat d’un terrain et la construction d’un bâtiment à but touristique. On imagine aisément que par le biais de fausses factures, certains ont sans doute pu déclarer plus que la valeur réelle du montant (en cas de contrôle, hop, une nouvelle enveloppe et tout va bien) et se faire donc financer plus que l’argent investi.

Le gouvernement a mis en place un N° d’appel spécial pour dénoncer les commerces qui ne fournissent pas de factures, avec les abus que l’on peut imaginer. Le centre d’appel explose, mais la cellule de contrôle est sous dimensionnée, impossible donc de vérifier les accusations.

Une commerçante m’avoue même :

– “Avec la nouvelle taxe mise en place et la réduction des clients, je ne vois pas comment je peux m’en sortir. Alors si pour vivre je dois déclarer 2 factures sur 10 par jours, je ne vais pas hésiter. D’autant qu’on ne sait toujours pas ou part l’argent qu’on donne à l’Etat. Et c’est ça ou je mets la clef sous la porte”.

Ce court documentaire est très révélateur de la corruption et de la quasi impossibilité d’y échapper. Les grecs se sont habitués à vivre avec cette corruption. Non par choix, mais par contrainte d’un système qui ne sait fonctionner différemment. En Grèce, peu de gens osent porter plainte contre un employeur véreux : le risque de ne pas de trouver de travail ensuite est trop grand par rapport à la somme investie pour le procès.

Une amie me dit :

– “La jeunesse grecque n’ayant pas eu la chance de faire des études subit ce système comme ces femmes battues qui ont du mal à imaginer une autre perspective que de rester dans cette situation de grande souffrance”.

Toutes les classes sociales subissent donc la corruption quand les puissants en profitent largement (voir ce lien sur les armateurs grecs par exemple). Hier matin, en regardant les informations grecques, je découvre l’histoire d’Eleni Menegaki, présentatrice TV adulée en Grèce, richissime, mère de 3 enfants, qui reçoit les aides du ministère de l’agriculture (3000 € par an pour ses 3 enfants). Le décente voudrait qu’elle refuse cette aide. Comment une présentatrice TV peut-elle recevoir une aide d’un ministère bien différent de son secteur d’activité. Elle doit probablement posséder des champs en Grèce lui permettant de toucher certaines aides. Déclare-t-elle tous ses biens et salaires pour pouvoir bénéficier d’une somme qui pour elle, est négligeable? Le journaliste a en tout cas commenté cette information comme une preuve de ‘μικροπρεπεια’ (mesquinerie).

Toutes ces mauvaises habitudes contraintes ou choisies (car rentables pour qui a la chance et l’envie de pouvoir les utiliser) avaient rendu une partie de la population résignée et peu confiante du système politique. Beaucoup de grecs n’allaient même plus voter devant l’écoeurement de pratiques toujours pas sanctionnées. Sachant que ce bulletin de vote, historiquement, servait également de monnaie d’échange pour beaucoup (“Tu votes pour moi, tu auras mes faveurs si je suis élu”), nombre de grecs fatigués de ces pratiques ne souhaitaient plus les alimenter par leur vote.

Le PASOK, élu en 2009 avec un plan ambitieux, notamment concernant la corruption, a du faire face à la crise (le slogan électoral était : “De l’argent, il y en a”. 3 jours après la nomination de G. Papandréou : “nous devons demander l’aide de l’Europe”…). Et les plans de rigueur dont les résultats montrent leur inefficacité ont réveillé les rancoeurs et le refus d’un système qui détruit les services publics, appauvrit la population pour sauver les créances privées. Les indignés grecs, suivant l’exemple des espagnols, ont manifesté pacifiquement leur mécontentement durant 2 mois. Les évènements des 28 et 29 juin derniers, où des milliers de gaz lacrymogènes et asphyxiants ont été utilisés contre la population a Syntagma, a attisé ce mécontentement (on parle de 2800, dont certains périmés depuis 1995 – voir cette vidéo pour un commentaire d’un journaliste le lendemain).

Des amis m’ont raconté ces 2 jours qu’ils n’hésitent plus à citer comme “jours de guerre”. Ces deux jours furent le pic de la révolte pacifique. Jamais de leurs yeux ils n’avaient vu autant de monde à Athènes. Des gens partout, qui discutaient, proposaient, chantaient, dansaient. Une population unie, pacifique et motivée. Jamais le parlement n’avait été barricadé de la sorte. Et un groupe d’anarchistes a décidé d’attiser la violence policière. Les débordements ont commencés, incontrôlables. Internet montrera plus tard que certains de ces perturbateurs, s’ils n’étaient pas policiers, avaient des relations dans la police. Certains pourraient être des immigrés payés par la police. On peut voir sur certaines vidéos des policiers encadrer un petit groupe de personnes préparant des bâtons qui seront utilisés plus tard “contre” ces mêmes policiers. Et les débordements ont commencé. La police anti émeute a utilisé les agissements de ce petit groupe pour commencer leurs actions : gaz lacrymos intensif, violences, rassemblement de la foule dans l’entrée du métro de la place, lacrymos dans le métro.

Un médecin témoignera :

– “C’est insensé, il y a des blessés, des gens qui étouffent, des personnes agées ! La police anti émeute a refusé de me laisser passer. Ils sont fous, ils ne comprennent pas que c’est aussi leur avenir qui est en jeu. Nous avons été obligé d’évacuer les blessés par les rames de métro!”.

La police anti émeute n’hésitera pas à utiliser ces gaz périmés dans la tente de soins installée sur la place.

Un ami me raconte :

– “Nous n’avons jamais vu cela. Nous nous sommes rués sur le groupe de perturbateurs, nous ne voulions pas de violence pour éviter de donner cette excuse à la police anti émeute. Un des membres de ce groupe a été attrapé et en se relevant, un document est tombé de sa poche : c’était sa carte de police ! Il nous a regardé en souriant et est reparti. Et la, le nuage de fumée est arrivé. Impossible de respirer. Toutes les issues de la place étaient bouclées. Seule fuite possible : le métro, qui, déjà, rassemblait beaucoup de monde. Ils nous ont envoyé des gaz dans le métro ! J’ai vu une personne agée s’évanouir. Un homme en sang. Mais rien n’a été expliqué dans les médias ! Ils nous ont déclaré la guerre !”.

Une amie me raconte :

– “Je n’avais jamais vu autant de monde dans Athènes ! Nous étions plus de 500 000, c’est certain ! L’ambiance était excellente, nous étions réunis, nous chantions et dansions (voir cette vidéo). Nous avions des frissons de voir autant de personnes partout et de partager un désir commun. Et puis tout s’est passé très vite. Un nuage de fumée, des explosions et nous avons dû fuir”.

Elle poursuit en m’expliquant que si je veux assister à une démonstration pacifique à Syntagma, je dois me préparer :

– ” Tu sais, après les 28 et 29 juin, beaucoup de personnes se sont posés la question s’ils allaient revenir ou non. C’était sans doute le but du gouvernement : montrer que leur réponse policière pouvait nous décourager. Mais malgré les gaz, les coups et les blessés, la place s’est remplie de nouveau quelques heures après. Nous voulions leur montrer que nous reviendrons tant qu’ils ne nous écouterons pas. Et que nous resterons pacifiques. J’y suis allé chaque jour et j’y retournerai chaque jour. Tout est si difficile ici. La plupart de mes amis cumulent plusieurs boulots pour s’en sortir. Sans véritable période de repos. Si tu veux venir, il y a des règles de survie à respecter : s’habiller complètement, prendre des habits de rechange et ne laisser dépasser que le minimum de peau possible. Le mieux est de trouver un masque à gaz. Achète du Maloox liquide : s’en enduire le visage et en boire avant de venir. Ca réduit l’action des gaz. Si tu as un problème d’estomac, ne vient même pas, c’est trop dangereux. Et surtout, où que tu sois, évalue toujours une ou plusieurs issues possible. Repère les personnes seules : ceux sont peut-être des flics infiltrés dont le but est de créer le début des débordements. Viens en basket, tu devras courir. Tu sais, même à Monastiraki (lieu touristique de tavernes, restaurant et magasins de souvenirs) les flics sont venu en moto et ont frappé des gens qui mangeaient, des grecs, des touristes, sans distinction (voir cette vidéo ). Donc, prépare toi, car ils (les flics) le sont !”.

J’avais déjà vu les vidéos (pour se donner une idée des violences policières, voir ici et ) des évènements depuis la France et je ne comprenais qu’une partie des images.

Désormais, en croisant les témoignages, les photos et vidéos, tout est clair. Et tout porte à croire que le mouvement va continuer. S’amplifier. Et se radicaliser si la réponse apportée au peuple reste un refus de l’écoute de leur souffrance et de leurs demandes.

Un ami me raconte :

– “On a tellement subi que les vacances ont été méritées. Cette année, beaucoup d’entre nous n’ont pas pu partir dans les iles. On est parti dans la famille, chez des amis, moins loin, budget oblige. Pour se reposer. Mais ca va repartir à la rentrée. Tout le monde est motivé. Ils ne peuvent pas nous traiter de la sorte”.

La rentrée est arrivée. Et à Thessalonique, ce samedi, jour de rentrée politique et sociale, 7000 policiers d’Athènes ont été rapatriés pour contrer la manifestation. Le premier ministre, M. Papandréou a même annulé le discours rituel d’ouverture du samedi midi. Toutes les rues ont été bloquées dans la matinée pour éviter des débordements et un rassemblement d’ampleur. 20000 personnes ont tout de même pû exprimer leur colère.

L’armée, qui, après les évènements des 28 et 29 juin dernier, avait récusé les agissements de la police, a précisé en juillet via leur syndicat qu’elle n’interviendrait pas contre le peuple si le gouvernement le demandait. Mais elle aurait entrainé un groupe spécialisé anti émeutes durant l’été. Malgré le plan de rigueur qui impose une réduction des effectifs publics, le gouvernement grec a lancé un vaste plan d’embauche de 1500 policiers et commandé un nouveau stock de lacrymos, qui rendraient inefficace l’utilisation du Maalox.

Les vacances sont terminées. Les grèves reprennent. Le nombre de pancarte “A louer” où “A vendre” posées sur les magasins augmente à Athènes et ailleurs. Les jeunes diplômés (la plupart parlent 3 à 4 langues étrangères) vont faire massivement traduire leurs diplômes dans l’espoir de trouver un emploi ailleurs (USA, Australie et Angleterre en tête). Ces départs éloigneront les têtes pensantes dont le pays aura tant besoin si une reconstruction est possible, avec ou sans l’Europe, avec ou sans l’Euro. Certains retraités repartent en campagne pour cultiver leurs légumes et vivre mieux que dans la capitale. La toxicomanie augmente (où se veut plus visible) et se concentre dans un quartier central d’Athènes (place Omonia). Le nombre de suicides augmente également. De nouveaux sans domiciles apparaissent.

Un appel à une manifestation massive est lancé pour ce samedi 17 septembre 2011. Je ne peux m’empêcher de citer ces vidéos qui expliquent les revendications du mouvement de la place Syntagma : ici et .

Les touristes se font plus rares. Fin de saison, rideau.

En Grèce, l’été, il fait chaud, très chaud. La rentrée s’annonce caniculaire.

Okeanos

 

À Thessalonique, devant une banque, tentative d’immolation d’un grec ruiné de 55 ans, le 16 septembre 2011. Le désespéré a été hospitalisé pour des brûlures graves, mais qui ne mettent pas sa vie en danger.

48 réponses à [Invité] Canicule grecque, par Okeanos

  1. Loïc Le 20 septembre 2011 à 03h54
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    Merci pour votre témoignage qui permet de mieux comprendre la situation en Grèce.
    Pour ma part, j’ai du mal à les plaindre et à les poser en victimes, c’est un pays qui est corrompu de la base au sommet et  je ne vais pas me sentir coupable pour eux. Par exemple, par deux fois la banque Goldman & Sachs (en autre) leur à proposé de camoufler leurs dettes à l’Union Européenne afin de pouvoir continué à disposer de leurs aide financières et par deux fois ils ont accepté. Pendant les belles années ont les entendais pas se plaindre et aujourd’hui ils mettent tous les pays de l’union en danger et c’est de la faute de l’Europe !
    Si le diable vous propose de signer un contrat celui qui le signe en est le seul responsable, ils savaient bien ce qu’ils faisaient.
    Ils ont des problèmes, nous aussi qu’ils se débrouillent.
    La cigale ayant chanté tout l’été se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue …… 


    • Bernard Samson Le 20 septembre 2011 à 07h08
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      “j’ai du mal à les plaindre et à les poser en victimes”.
      Etes-vous sûr d’avoir bien compris le texte? Croyez-vous que la serveuse (par exemple) a signé quoi que ce soit avec Goldmann Sachs?
      “Ils ont des problèmes, nous aussi qu’ils se débrouillent”.
      Rassurez-vous, bientôt leurs problèmes seront les nôtres (et en particulier les vôtres, même si – vous non plus – vous n’avez rien signé avec Goldmann Sachs).


      • step Le 20 septembre 2011 à 08h33
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        pire, croyez vous que la serveuse soit  heureuse de devoir balancer des enveloppes complémentaires pour avoir accès aux services minimums (soins, sécurité,assurances sociales ?).
        Dans le délire austère du gouvernement grec, je n’ai pas entendu une seule action contre cette corruption, ni aucune arrestation médiatique, a but dissuasif pour essayer de moraliser la société. La fonction de l’état c’est de conserver l’ordre et le contrat social, pas de couvrir le désordre et la félonie.


    • Okeanos Le 20 septembre 2011 à 08h33
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      “c’est un pays qui est corrompu de la base au sommet ”
      C’est plutôt un pays qui, corrompu à son sommet, impose une corruption descendante. Certes, le pays subit des décennies de mauvaises pratiques (et une dictature de 1967 a 1974 qui laisse encore des traces), mais quand un peuple se réveille enfin contre celles-ci, je ne suis pas sur que la bonne méthode serait de dire “c’est trop tard, vous avez tous mangé, vous allez tous payer”.

      Une des questions qui se pose et je rejoins Olivier : l’Europe, sachant ces camouflages de dettes n’a pas réagit. On pourrait se demander si la corruption ne passe pas les frontières…  


    • SEBLEB Le 20 septembre 2011 à 09h19
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      Cher Loïc,
      A quoi sert de remercier pour “un témoignage qui permet de mieux comprendre” si c’est pour ensuite se vautrer dans une “accusation” grossière à la “tous dans le même sac”
      Le citoyen qui tente de survire économiquement, a le tort “quelle honte” d’accepter OU PLUTÔT de s’adapter au système dans lequel il est né, tant qu’il est possible de survivre malgré tous ses travers (connus ou inconnus). Ce comportement sociologique de base se retrouve à tous les niveaux et dans toutes les sociétés.


  2. pratclif Le 20 septembre 2011 à 07h41
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    Consternant! Je connais aussi un peu la Grèce ayant bourlingué en mission de consultant pour la BEI à Ptolemais (exploitation de grandes mines de lignite à ciel ouvert).. Athènes et toutes les îles Saronique, Cyclades et Dodécanèse. Je crois que les grecs  sont restés plus proches de leurs modes de vie anciens (sauf Athènes peut-être) et qu’ils peuvent donc plus facilement s’adapter. Comment expliquer autrement qu’une baisse de PIB de 7% en volume ne provoque pas plus de troubles sociaux.


    • Okeanos Le 20 septembre 2011 à 08h44
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      Oui consternant !

      Les événements de mai, juin et juillet ont montré de nombreux mouvements sociauxs (1 par jour 😉 ).

      Chaque semaine impose sont lot de nouvelles mesures (le w-e dernier une taxe indexée sur la surface des balcons et terrasses directement ajoutée à la note d’électricité : on peut pas payer, plus d’électricité) . Je tenterai d’en faire un récapitulatif dans un futur article, c’est assez révélateur.

      La  réponse du gvnmt devant chaque expression de mécontentement: gaz massif et violence. Tout est fait pour empêcher les manifestants de poursuivre tout mouvement d’ampleur. Et la police (surtout les groupes anti émeutes et les motards (casques blancs) qui sont hais en Grèce) a une liberté d’action assez surprenante et … inquiétante. Le gouvernement a refait sont stock de gaz lacrymo, bien leur en a pris, car les nouvelles mesures prévues pour ce soir (a priori nouvelle baisse de la retraite et licenciement massif dans la fonction publique) et après celles d’hier (et de la semaine dernière, et de la semaine d’avant) ne risquent pas de calmer une population déjà exsangue. 


      • José Le 20 septembre 2011 à 21h44
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        Les méthodes du gouvernement ne laissent pas augurer grand chose de démocratique dans l’avenir de la Grèce… Exaspération d’un côté, nécessité d’un régime raide pour accompagner le démantèlement du pays de l’autre, c’est l’escalade qui se profile… Merci Okeanos de continuer à nous tenir au courant.


  3. Le Yéti Le 20 septembre 2011 à 08h05
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    Témoignage bouleversant. Ton site mériterait d’être déclaré d’intérêt public, Olivier.


    • Benjisite Le 20 septembre 2011 à 09h24
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      Si vous avez des pistes/idées pour faire connaitre cette espace, je pense qu’on est tous preneur 🙂


      • 1Direct Le 20 septembre 2011 à 14h07
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        Il y a au moins une technique qui s’appelle le référencement (de site).
        Comme vous le savez certainement, à l’aide de logiciels, il est possible de référencer le site sur les moteurs de recherches en utilisant, entre autres, les tags et les mots clés.
        Cela prend du temps mais à terme (de 1 à 6 mois suivant les mots clés -etc.- choisis ET le temps de “réactualisation” de chaque moteur) on peut “booster” la position d’un site sur les moteurs pour finir sur la première page.
        Voilà … c’est tout


  4. step Le 20 septembre 2011 à 08h25
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    Cet entreprise réalise des statistiques officielles sur l’avis de la population grecque sur la crise, les nouvelles mesures et … emploi du personnel … au noir.

    C’est pour cela qu’un défaut ET une révolution en Grèce sont indispensable, et que donner de l’argent à l’état grec actuel ne sert à rien. Il ne faut pas présumer du caractère démocratique de la police et de l’armée là bas, c’est comme beaucoup de pays, un régime qui n’a pas fait le tri dans ce corps d’état depuis la chute des colonels.


  5. Nihil Le 20 septembre 2011 à 08h29
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    Merci à Okeanos pour ce témoignage consistant et très convaincant. La macroéconomie est une chose, et il est important d’être informés des causes des difficultés, mais ce qu’elle entraîne sur la vie quotidienne qui en résulte est trop souvent impossible à connaître via les media, hormis quelques banalités vite esquissées ….et oubliées. Je suis en train de lire “La grande désillusion” de J. Stiglitz: le parallèle avec “l’action” du FMI lors de la crise asiatique de 1997, ses dogmes nocifs (criminels ?) et sa position actuelle sur le problème des Grecs est “frappant”. La bêtise aveugle érigée en système d”exploitation… 


    • step Le 20 septembre 2011 à 08h40
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      C’est méchant pour les informaticiens : système d’exploitation : logiciel minimal permettant l’utilisation du matériel, de proposer des services à des utilisateurs, tout en maximisant les ressources allouables par ces derniers pour leurs besoins opérationnels.
      On est très loin du système d’exploitation grec: logiciel tentaculaire ayant pour objectif de phagocyter  un maximum des ressources disponibles en produisant le minimum de services possibles aux utilisateurs.


      • Nihil Le 20 septembre 2011 à 13h11
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        Mettez-m’en deux caisses, SVP !
        😉


      • 1Direct Le 20 septembre 2011 à 14h13
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        Cette nouvelle mode de la métaphore informatique est, outre une insulte pour cette spécialité, un abus de langage permettant de faire un magnifique nuage de fumée pour qu’un sujet demeure incompréhensible.
        A moins que ce ne soit -aussi- pour mieux cacher le manque d’arguments, voire l’incompétence, de la personne.
        Désolé, je m’écarte du sujet.

        PS:
        Cela ne s’adresse à personne ci-dessus.
        Ce n’est qu’une appréciation totalement générique bien que je fasse allusion à un certain nombre “d’experts” et politiciens qui en abuse.


        • step Le 20 septembre 2011 à 20h42
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          ah oui j’espère bien car comme nihil l’avait saisi, de ma part c’est de l’humour 🙂 (et un petit digestif plutôt bon). quoique sur le principe, ce n’est pas faux. L’informatique est mon métier.


          • José Le 20 septembre 2011 à 21h49
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            Condoléances.


          • 1Direct Le 21 septembre 2011 à 12h39
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            José, comment cela condoléances?
            “Bien venu” au club Step :)) (enfin mon ex club)


          • step Le 21 septembre 2011 à 12h52
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            bah ca fait 15 ans, on survit à tout…


        • José Le 21 septembre 2011 à 17h00
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          Je disais ça en tant qu’ex-informaticien 🙂


    • Okeanos Le 20 septembre 2011 à 08h53
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      Avec plaisir 🙂 

      Pour la partie FMI, il existe un excellent documentaire fait par des grecs en auto financement : debtocracy (http://www.debtocracy.gr/indexen.html avec choix du sous titre en haut a droite de la vidéo), qui montre la résultante de chaque action du FMI dans un pays en difficulté.. Si le sous titre ne fonctionne pas très bien, je crois qu’il existe aussi sur le réseau P2P.


      • Nihil Le 20 septembre 2011 à 13h24
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        Je connaissais ce documentaire, mais n’avant pas vu qu’il pouvait être sous-titré, je n’avais pas regardé bien longtemps…Merci de l’info.
        🙂
        PS: ça fonctionne bien  


  6. alain Le 20 septembre 2011 à 08h53
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    Je rèside en Italie depuis 20 ans et la situation socio politique est exactement la meme avec en plus  une mentalité “mafieuse” gènèralisée. Par contre le peuple italien n’a historiquement jamais pris en main son destin et je serais surpris qu’il le fasse dans un proche futur, prèfèrant s’en remettre à l’homme de la providence, ou au leader du moment.

    Fèlicitation à olivier pour ton site et travail


  7. Romain Le 20 septembre 2011 à 09h54
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    Article très intéressant. Je pense que chaque partie doit balayer devant sa porte. Il faut une action forte du gouvernement contre les corrompus ET les corrupteurs. Il semble que ce pays soit confronté à de nombreux problèmes, depuis de nombreuses années mais qu’aucun pouvoir (politique, citoyen, grec, international, …) n’a su les traiter. Un politique de l’autruche en somme.. Qui coûte cher, très cher, pour tous.


    • Okeanos Le 20 septembre 2011 à 11h22
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      Merci !

      Effectivement, la lutte contre la corruption est indispensable. Mais je suis sceptique sur “une action forte du gouvernement”, car celui ci est directement impliqué (pour rappel, cette lutte était un des principaux plan de la dernière campagne du PASOK. Il parait que c’est toujours le cas, mais aucun procès ne voit le jour..). Et la solution d’ajouter des taxes en veux tu en voila ne lutte en rien contre ce principal problème. Il en créé plus qu’il n’en résout d’ailleurs (perte de pouvoir d’achat, perte de confiance totale de la politique actuelle, augmentation de la précarité, … ).


  8. G. Le 20 septembre 2011 à 11h38
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    Article émotionnel, partial, donc pas un article du tout. Ne me dites pas que c’est un “témoignage”, les témoignages n’ont aucune valeur: je peux vous trouver dix personnes qui témoigneront de tout et de son contraire.
     Monsieur Berruyer, vous nous avez habitué aux chiffres, aux données expliquées, claires et vérifiables. Pourquoi verser dans le sensationnalisme?
     Parfois il ne faut pas se laisser guider par ses émotions:  la situation est trop grave, l’avenir de trop de gens est en jeu. La parole manipule facilement l’émotion, la parole manipule moins facilement la raison. Pour chaque article émotionnel, vos détracteurs trouveront dix “témoignages” larmoyants ou inquiétants pour vous contrer et manipuler l’opinion.
     Le témoignage mentionne la corruption: quelle est le rang de la Grêce dans le classement des pays corrompus? Quel est le manque à gagner approximatif pour l’Etat? Qui s’est le plus enrichi en Grèce ces dix dernières années? Voilà des questions et des données qu’on peut challenger, discuter, et grâce auxquelles on peut bâtir un plan d’action viable.
     Avec une certaine dose de cynisme, je pourrais à la lecture de cet article conclure que ce qui arrive aux grecs est bien mérité. Après tout, si leur pays est corrompu, c’est de leur faute: ils devraient se révolter ou élire des gens honnêtes, au lieu de se complaire dans la situation et d’espérer en retirer d’avantage que le voisin. Si leurs salaires sont bas et leur temps de travail élevé, à cause du travail au noir, même chose! Légiférer, agir, ne pas se complaire… Si les riches accaparent tout l’argent, détournent les deniers publics, idem: un peuple qui le veut peut se donner les moyens d’agir. Les grecs sont en démocratie, le peuple est souverain, point barre. Avec les nouveaux médias et moyens de communication, qu’on ne me dise pas qu’ils ne peuvent pas s’organiser!
     Au final, si l’Europe leur impose la rigueur, une vraie rigueur, cela pourra faire beaucoup de bien à la Grêce. La baisse du niveau de vie des pauvres et des classes moyennes provoquera une importante contestation sociale: les gens iront peut-être enfin voter, voter pour quelqu’un allant lutter contre la corruption, taxer les plus riches, et diminuer les dépenses de l’armée… Évidemment, il est plus simple de ne rien faire et de continuer à s’endetter…


    • Okeanos Le 20 septembre 2011 à 14h10
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      Quelques chiffres : augmentation de 40% du taux de suicide. Baisse du taux d’imposition des plus riches en 2009 (de 25% à 20%) (taxer les riches ?). Chômage à 16.7% (ne prenant pas en compte le % de personnes qui travaillaient sans contrat avant de se retrouver au chômage). 9% des chômeurs sont > à Bac+5. 1800 gaz lacrymo en une seule journée le 28 juin 2011 : les manifestants sont revenus le soir même (c’est probablement cela, la souveraineté du peuple en Grèce).
      Pour avoir une idée de la perception de la corruption  il suffit d’aller voir transparency.org (la Grèce est au 78eme rand mondial, bon dernier Européen).  La baisse du niveau de vie des pauvres et classes moyennes est déjà en cours depuis plus d’un an. Les contestations également. Les grecs ont déjà voté pour “quelqu’un allant lutter contre la corruption” : c’était en 2009, aucun résultat de ce coté (relisez l’article, revoyez les vidéos). 

       


    • xav Le 20 septembre 2011 à 15h51
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      Article émotionnel : oui ! Mais qu’est-ce qui est le plus important les gens ou les chiffres ?
       

      “Si les riches accaparent tout l’argent, détournent les deniers publics, idem: un peuple qui le veut peut se donner les moyens d’agir. Les grecs sont en démocratie, le peuple est souverain, point barre. Avec les nouveaux médias et moyens de communication, qu’on ne me dise pas qu’ils ne peuvent pas s’organiser!”

      “Peuple souverain”, certes, mais quelles alternatives lui propose-t-on ? Quelle est la position des médias grecs ? Y a-t-il réellement des voix dissonantes dans les grands médias ? Les gens sont-ils bien informés ? Peut-on placer sa confiance dans les “nouveaux médias” (et les anciens) tels que vous le faites ? Pourquoi ais-je l’impression, en lisant ces lignes, que le bouche à oreille se développe en Grèce ?

      Cependant, je ne serais pas aussi pessimiste que vous : la monté du black, de l’argent liquide, de l’entraide familiale + le retour à la terre : voila les premières réponses du peuple grec. Les grecs sont donc bien en train de s’organiser à leur manière ! (et tant pis pour la dette)


      • Okeanos Le 22 septembre 2011 à 08h57
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        “Peuple souverain”, certes, mais quelles alternatives lui propose-t-on ? Quelle est la position des médias grecs ? Y a-t-il réellement des voix dissonantes dans les grands médias ? Les gens sont-ils bien informés ? Peut-on placer sa confiance dans les “nouveaux médias” (et les anciens) tels que vous le faites ? Pourquoi ais-je l’impression, en lisant ces lignes, que le bouche à oreille se développe en Grèce ?

         Pour répondre rapidement. La place laissée aux voix dissonnantes est négligeable : seul l’action du gvnmt compte. Par exemple, tous les évenements de mai, juin et juillet ont été couvert par des médias indépendants. Les médias traditionnels se contentent de donner les chiffres, citer les nouvelles mesures et préciser que “nous n’avons pas d’autre choix”.  Les médias indépendants et les réseaux sociaux ont d’ailleurs permis aux grecs n’habitant pas à Athènes de mieux comprendre la situation. Par exemple, une petite ile a décidé de participer au mouvement des indignés : ils étaient 10 sur la place sur … 10 habitants 🙂 (100%, donc 😉 )

        Le ministre de la justice (Mr Miltiadis Papaioannou) a évoqué en aout le contrôle d’internet sous prétexte qu'”Internet sous l’influence de quelques-uns, est devenu le vecteur de menaces contre nos concitoyens”. 

        Le bouche à oreille se développe, c’est une certitude. Toutes les générations commencent à se poser des questions. Beaucoup étaient juste venu en curieux à Syntagma et par la force d’échanges ont commencé à réfléchir et à devenir plus critiques sur la situation actuelle. 
         

         


      • Okeanos Le 22 septembre 2011 à 09h22
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        Concernant la liberté de la presse, article révélateur de Reporters Sans Frontières : http://fr.rsf.org/grece-la-crise-une-chance-pour-la-14-09-2011,40985.html

         


  9. Manu Le 20 septembre 2011 à 13h00
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    Bravo pour l’article. Il permet de mieux comprendre la situation.

    La Grèce est à 3.5 en indice de perception de la corruption, 78e pays au monde.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_perception_de_la_corruption
     
    Ce serait cool un article sur cet indicateur 🙂 


  10. Fred Le 20 septembre 2011 à 17h43
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    Qui peut se targuer que son pays n’est pas sujet à corruption??

    Aidons la grèce, soutenons le Portugal, l’Irlande même si des erreurs ont été commises.

    Soyons solidaire    


    • step Le 20 septembre 2011 à 20h50
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      solidaires des grecs, des irlandais, des portugais…sans soucis. Les classes moyennes sont trahies dans le modèle économique (corrompu ou non) qu’on leur impose. Solidaires des états en question, je reste dubitatif, vu l’usage qui risque d’en être fait. Je ne tiens pas à financer la piscine d’un notable. C’est tout le problème que se pose l’aide aux pays à corruption endémique, c’est comment être efficace pour la population qui souffre dans un tel environnement. Aide aux entreprises, micro crédit à taux 0 pour financer des démarrages professionnels, assistance à la lutte anti-corruption… je pense que l’aide à la grèce devrait avoir bien d’autres formes qu’un gros billet pour avoir bien massacré la classe moyenne de ce pays.


  11. ab Le 21 septembre 2011 à 20h01
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    Ce que je trouve “étrange”, c’est que (de mon prof d’italien), l’italie fait la même chose à travers toute sa mafia. Même si elle est moins présente dans le nord de l’Italie, elle reste bien ancrée dans le sud (en dessous de Rome).
    Si j’ai bien compris une chose, c’est que la qualité des finances d’un pays est très représentative des compétences en gestion des dirigeants des états. Et je ne trouve pas que Berlusconi soit une flèche dans le domaine…
    Pour moi en tout cas, l’Italie est bien plus dangereuse que l’Espagne.


  12. Aluserpit Le 21 septembre 2011 à 21h21
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    Bonjour,
    Merci à Olivier Berruyer de nous avoir transmis le témoignage d’Okeanos.
    Je n’ai jamais compris comme autant de gens pouvais avaler les clichés que nous vendent la presse et les Allemands : en gros , c’est bien fait pour ces cueilleurs d’olives, tous des fraudeurs des branleurs et des assistés qui vivent au dessus de leurs moyens !
    J’ai fait le tour du Péloponnèse l’an dernier, et j’ai découvert un peuple attachant et affable, une langue superbe à l’oreille et un pays magnifique,et d’une grande richesse (la vraie, la culture, pas l’oseille). 
    J’ai l’impression que la clique de néolibéraux qui dirige l’Europe et le monde voit l’économie comme les Mayas voyaient leurs dieux : il faut lui faire des  sacrifices humains régulièrement pour s’attirer ses bonnes grâces !
    Olivier, je suis en grande partie d’accord avec vos analyses, et aussi avec ce que vous disiez plus haut dans les messages (sur Bettencourt et Cie). Merci pour votre excellent blog, je mesure le travail qu’il y a derrière (enfin j’essaye).
    Okeanos, Merci pour le témoignage. Toute mon amitié au peuple Hellène. Par curiosité vous êtes de quel coté (si ce n’est pas indiscret). Yassou !
    “Recommander aux pauvres d’être économes est à la fois grotesque et insultant. Cela revient à conseiller à un homme qui meurt de faim de manger moins.”
     


  13. Okeanos Le 22 septembre 2011 à 08h34
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    Geia sou !

    Merci pour ces commentaires ! Effectivement, ce témoignage avait aussi pour but de mettre à mal certaines idées reçues. Je suis à Athènes et d’ailleurs ici, ça commence à bouger de nouveau. Aujourd’hui, grève générale de tous les transports publics, administrations, enseignants, taxi, contrôleurs aériens. Une grève de 48h est prévue pour la semaine prochaine.

    Les nouvelles mesures annoncées :
      – licenciement d’au moins 30 000 fonctionnaires : ils repartiraient chez eux avec 60% de leur salaire pendant 1 an  ;
      – plafond des revenus annuels exonérés d’impots passé de 8000 à 5000 € (!) ;
      – réduction jusqu’à 40% de la retraite des moins de 55 ans quand celle ci est de plus de 1000€ ;
      – réduction de 20% de la retraite de la fonction publique quand celle ci est de plus de 1200€ ;

    En attendant, les étudiants attendent pour la plupart leurs livres pour la rentrée : le gvnmt avait évoqué la possibilité de diffuser des DVD avec les cours (sans vraiment se demander si tout le monde aurait la possibilité de lire ces DVD). Un quotidien a même sorti un numéro spécial avec le DVD en question. En attendant, les étudiants ont eu des photocopies des premiers cours et … manifestent. L’éducation ne fait pas partie des priorités en ces temps de crises.

     


    • Nihil Le 22 septembre 2011 à 09h44
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      L’éducation du peuple coûte cher et celui-ci s’en sert trop souvent pour critiquer et contester les décisions des dirigeants: c’est donc un investissement dangereux et contre-productif. Investir dans l’armement est nettemment préférable.


  14. pascal roussel Le 22 septembre 2011 à 10h12
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    Monsieur, 
    merci pour ce témoignage de “terrain”. Quant est-il du fameux budget militaire grec le plus élevé de l’UE par rapport au PIB? toujours un sujet tabou face aux “menaces” de la Turquie? Sauf erreur ce budget n’est pas touché par les mesures d’austérités? Est-ce que la corruption touche aussi l’armée et les industries qui gravitent autour?
    Cordialement
    P.Roussel


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