Ce billet fait suite à celui sur la prolifération de la nouvelle science financière.

Alimentée par les méfaits du financiarisme (déréglementation, désintermédiation…), la sphère financière, destinée normalement à être au service de l’économie « réelle », s’en est quasiment déconnectée, et a connu une croissance phénoménale au cours des décennies passées.

Lecture : dans la décennie 2000, en euros constants, le PIB a augmenté en moyenne de 28 Md€ constants 2009 par an, les patrimoines non financiers (= immobiliers) de 559 Md€ et les actifs financiers de 649 Md€ par an (en valeur brute pour ces derniers ; c’est environ 10 fois moins si on en calcule la valeur nette).

 

Ainsi, dans les 30 dernières années, en euros constants, le PIB et les rémunérations ont été majorées de 60 %, le patrimoine non financier de 150 % et le patrimoine financier brut de près de 330 %… Les montants en jeu dépassent désormais l’entendement…

Economie réelle financière

L’économie financière, représentant le chiffre de plus de 2 000 milliers de milliards (= 2 millions de milliards = 2 000 trillions ou T$) de dollars en 2007 (dont 1 400 T$ de produits dérivés et 500 T$ de produits de change), représente ainsi plus de 50 fois l’économie réelle (échanges de biens et services)…

On l’observe par exemple au niveau des échanges :

Economie réelle financière

Là encore, les transactions sur le marché des changes représentent 50 fois les exportations physiques !

Il convient donc de combattre une telle démesure, et remettre la finance à sa place : majeure, mais subordonnée à l’économie réelle

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45 commentaires on 0404 La déconnexion de l’économie financière

  1. yoananda dit :

    Ai-je mal compris ou bien vous comparez des flux et des stocks ?

    • MBO CH dit :

      Olivier parle d’échanges. A priori il compare donc des flux et non des stocks tant il est vrai que des composants exportés sont couramment transformés à un endroit pour être réexportés ensuite.

      Il est vrai que les biens réels sont beaucoup moins “mobiles” que la monnaie scripturale mais tout de même, ça fait peur ! Pour mesurer pleinement le phénomène il serait d’ailleurs intéressant de comparer l’évolution de cet écart sur les 50 dernières années.

    • bourdeaux dit :

      Flux d’un côté, stock de l’autre, certes. Mais le patrimoine financier étant sensé prendre sa source dans l’augmentation des richesses produites, Olivier souligne ici que non. Il grandit beaucoup plus vite que sa “maman”: c’est l’effet kiscool de la spéculation…

      • Christian dit :

        Olivier, peux tu être plus précis sur où est le filon ? C’est bien beau de nous mettre l’eau à la bouche, mais on aimerait en profiter. .Le Cac en l’an 2000 était à 7000 pts, aujourd’hui à 3200 ; résultat 5% de pertes /an .les dettes souveraines ça ne rapporte même pas 3%.Sur le grec on perd tout. L’assurance vie itou. .L’euro un jour il monte ;  le lendemain il descend. Donc à la fin de l’année ce que Pierre a gagné Paul l’a perdu. Le blé c’est pareil il a perdu la moitié de sa valeur depuis 6 mois. Moi, j’ai tout faux .Il est où le filon ou les autres peuvent gagner des milliards ?
         
        Quant à l’augmentation des flux, il suffit de prendre un exemple et de  compter les flux  nécessaires pour fabriquer une chemise de coton en Inde depuis la plantation du coton aux US, la récolte, en passant par la machine de tissage allemande ,et le pétrole saoudien le bureau de change à Londres nécessaires,  jusqu’à la vente dans le  supermarché français , pour comprendre qu’il y a eu 5 ou 10 fois plus de flux dans différentes monnaies que le prix de la chemise. Et en plus le  prix de la chemise a été divisé par deux depuis dix ans. Si on revenait au rouet et tissions nous mêmes nos chemises comme Ghandi, tous ces flux n’existeraient plus. Ils feraient quoi les gens toute la journée ?
         
        Merci de nous donner un exemple où l’on eut gagné quelques uns des milliards mentionnés. Un seul exemple suffit .Pourquoi n’est ce réservé qu’aux autres ?
         Signé « Le seul type qui a tout faux »

        • Fracture dit :

          Qui a dit que tu devais avoir une part des millions ? 
          La réponse est là http://contreinfo.info/article.....ticle=3166 et aussi dans l’étude sur le même sujet du Crédit Suisse ou dans celle de Merril Lynch ou dans celle de  DNB ou … .
          Le cac en 2000 à 7000 et today à 3200, c’est la fortune si tu traites la vol.
          Sur le grec tu perd tout car tu n’es pas couvert, buy a CDS !
          Il suffit d’ouvrir les yeux.
          Quant à ton exemple de la chemise à 30€, s’il faut 300€ de flux financiers pour la fabriquer , avec les commissions à payer aux banques dis-moi où serait le bénéfice ? 
          Les échanges internationaux sont en $, tu penses qu’on perd notre temps sur le Forex avec tes producteurs de chemises pour changer de la  roupie de sansonnet  contre du sucre ?
           
           

          • Christian dit :

            Fracture . Merci pour l’info. Je comprends enfin pourquoi, je ne fais pas partie du club des ultra riches

  2. Marcus dit :

    J’ai beaucoup d’admiration pour ce que tu fais Olivier.
    Personnellement je pense qu’il est trop tard et que notre civilisation se meurt lentement avant la chute finale et brutale …
    Bonne journée.
    Marc

  3. Marcel dit :

    Bonjour,
    je ne comprends pas le dernier dessin. Quel est le rapport entre les transactions de change et les exportations/importations ?
     
    Est-ce juste pour mettre en évidence les écarts entre les opérations virtuelles et réelles ?
     
    Merci.

  4. gilou dit :

    Ce qui est aussi vraiment scandaleux c’est l’importance de la spéculation sur les marchés du blé ou du pétrole. Des matières aussi stratégiques ou bien vitales devraient être réglementer de façon à éviter les effets d’emballement liés à l’action des spéculateurs.

  5. askarine dit :

    excellent article, mais dont les chiffres ne sont que la résultante logique du système de création monétaire intrasèquement pourri puis ensuite débridé. en effet, la masse monétaire ne pouvant que croître, croissance ou pas (déconnexion avec l”conomie réelle), il est logique que cet afflux de liquidités partent dans de nouveaux marchés financiers créés par les banques, notamment produits dérivés. On peut par exemple citer les ETF (scandale à venir) et sur le comex (on échange virtuellement en quelques jours la totalité d’une production annuelle d’un métal alors qu’il n y a pas ou peu de stock)… Tout ça pour dire que si vous voulez lutter contre la déconnexion avec l’conomie réelle, c’est le système de création monétaire qu’il faut revoir, et pas à moitié, car sinon ce ne serait que remettre le danger à plus tard. Il faut éliminer ce déséquilibre primaire du fait des intérêts qui oblige à toujours remettre plus d’argent dans le système. La mère de toutes les bulles, c’est le système de création monétaire, c’est donc contre lui qu’il faut lutter et urgemment ! Sinon, par rapport aux dettes des états, je suis d’accord mais cela ne règle rien sur le fond car si les états ne s’endettent pas, ce sera la dette privée qui augmentera (faut bien que quelqu’un s’endette pour que le système continue à tourner !) avec toutes les conséqeunces que cela aura et nottament sur les impôts. L’état viendra à la rescousse ou changera de politique, et il prendra le relais…. soit on change le système, soit on est cuit d’une façon ou d’une autre, c’est du moins ce que je pense…

    • Patrick-Louis Vincent dit :

      “La mère de toutes les bulles, c’est le système de création monétaire”

      Parfaitement! Et le système de création monétaire vient du dollar que l’on peut engendrer sans fin. Pour revenir au pays réel, il faut revenir à une monnaie réelle : l’or.

      Cela se fera quand la bulle monétaire aura explosé, et que ces centaines de milliers de milliards de dollars se seront volatilisées.

      Ces chiffres sont quand même effrayants.

    • Christian dit :

      Askarine, Pas besoin de vous fatiguer à lutter contre la création monétaire. Les banquiers arrêtent de prêter aux  particuliers et aux entreprises, depuis fin décembre  . Ils ont décidé de déposer  leur  peu de liquidités restantes à la BCE. Tout rentre dans l’ordre : Plus de crédit à la consommation, plus de crédit immobilier, plus de crédit auto, plus de crédit aux hôpitaux, plus de crédit pour payer les retraites  .Fini le virtuel. On revient au réel, « la monnaie sonnante et trébuchante ». : Vous dépensez que ce que vous avez gagné, payé en liquide, « rubis sur l’ongle » sans l’aide des banques qui ont fermé leurs guichets .Dans un mois, 99% de la population, shootée au crédit, va les supplier de rouvrir les vannes du  crédit. Mais il n’y aura peut être plus de banquiers. On regrettera la période heureuse où on pouvait tout s’offrir avec une carte en plastique .Mais on était tellement malheureux. Première expérience grandeur réelle : la Grèce dans un mois. Le mois suivant extension à l’Italie. Le compte à rebords est parti

  6. Le Yéti dit :

    “Il convient donc de combattre une telle démesure, et remettre la finance à sa place”

    Je crains fort que celle-ci ne se remette à sa place toute seule ! L’argent n’a réellement de valeur que s’il ait adossé à l’économie réelle (la production de biens et services à échanger). Sinon, c’est une bulle creuse. Le jeu ne dure qu’un temps, la bulle finit par éclater. C’est précisément ce qui se passe aujourd’hui.
    Ceci dit, merci encore, Olivier, pour d’aussi claires informations. Je ne manquerai pas de les utiliser (en citant mes sources !)

  7. logique dit :

    Est ce que dans les 64M d’exportations les services sont compris ?

    En tout cas cette maniére de présenter les choses est excelente, mettre en relation exportations et flux financier, cela résume bien la situation est le probléme.

  8. Mano dit :

    Le 1er graphique semble plutôt démontrer une incroyable augmentation du patrimoine non financier, le patrimoine financier étant finalement assez stable durant la période 1990-2009.

    En ce qui concerne le dernier graphique j’ai deux commentaires ; 1) pourquoi se limiter aux exportations, les importations aussi génèrent des opérations de change, et 2) les couvertures de changes peuvent générer plusieurs opérations de montant identiques en regard d’une même transaction physique, sans pour autant être qualifiées de spéculatives, par exemple si une échéance de paiement n’est pas respectée ou a été mal évaluée il faudra faire un swap de dates, cela doit donc en principe gonfler artificiellement la partie transactions de changes.

    Cela dit je partage totalement l’idée que la finance a pris trop de pouvoir par rapport à l’économie réelle.

    • Vincent dit :

      Je pense que le premier graphique montre l’augmentation et non pas le total à une année donnée. Donc oui, le patrimoine financier a été assez stable dans son augmentation…

      • Mano dit :

        Exact, il s’agit de l’évolution annuelle moyenne, cependant cela revient peu ou prou au même, le total à une année donnée étant directement dépendant de l’évolution durant ladite année ; l’évolution du patrimoine non financier est comparativement bien plus importante durant la décennie 2000-2009 que celle du patrimoine financier, lequel reste toutefois, on est bien d’accord, disproportionné par rapport aux besoins de l’économie “réelle”

  9. Nihil dit :

    Un billet que j’ai trouvé excellent sur la fiscalité et ses effets “pervers”:
     
    http://solutions-politiques.ov.....ments.html

    • Patrick-Louis Vincent dit :

      MERCI Nihil, pour nous avoir communiqué cet excellent blog. Je le recommande également à tous, que l’on soit de gauche comme de droite.

      J’aime beaucoup les gens qui voient ce qui se voit et qui cherchent à voir ce qui ne se voit pas.

      Je ne suis pas d’accord avec toutes ses solutions, étant plus attaché que lui au principe de l’inaliénabilité de la propriété. Mais, peu importe ! les raisonnements sont sains et logiques, débarassés de toute idéologie, ce qui, à mes yeux, est déjà un immense progrès.

      • Nihil dit :

        C’est un blog bien nourri, quelquefois un peu technique, mais le ton m’y est plaisant et l’argumentation toujours étayée, me semble-t-il. On peut y apprendre beaucoup, comme ici.
        :)  

        • step dit :

          Ceci dit les conséquences de telles réformes est incalculable (sens neutre). Ce serait cependant intéressant de tenter une simulation.
          Le droit foncier est atrocement complexe y compris au niveau fiscal. Pour les zélotes du dégraissage public, c’est ici une source d’économie potentielle, mais ce sont les politiques qui ne seront pas contents, car un système clair, c’est aussi un système qui ne permet pas d’entretenir les “clients”.

  10. bébert dit :

    Ce que montre ces graphiques, c’est qu’une décroissance de la finance de l’ordre de 90% pourrait être réalisée sans destruction d’emploi (ou vraiment à la marge).

  11. Mario dit :

    Cette comparaison est peu significative. Elle a un effet journalistique de dramatisation assez facile dans le contexte actuel. La période actuelle ne peut être comparée au passé.
    Aujourd’hui les pays se prêtent d’énormes sommes, ils investissent au-delà des propres frontières des montants tout aussi importants, le commerce est plus ouvert. Pensons à l’accumulation des réserves dans les pays émergents (mais pas seulement au Japon et en Corée aussi), ensuite ré-investies, qui elles-mêmes créent des flux d’intérêts et de dividendes. Sans oublier les transferts de connaissances qui donnent lieux à des flux de royalties qui ne sont probablement pas pris en compte dans le chiffre des exportations. 
    L’économie réelle, qu’est-ce que c’est? les programmes immobiliers à la mode espagnole? les déficits budgétaires étatiques pour entretenir des administrations pléthoriques?
    Ces discours, il fallait les tenir avant 2008. Aujourd’hui, quand on est en mesure de comprendre ce qui passe – ce qui est probablement le cas de OB – il vaut mieux faire preuve de pudeur et de pédagogie (il en a un peu) que de souffler sur le feu des discours populistes. 

    • gizz dit :

      A Mario
      “Pudeur et pédagogie” nous ont conduit là où nous en sommes. Pudeur: ne dramatisons pas! Pédagogie: on va vous expliquer qu’il n’y a qu’une seule voie: la notre. On à été copieusement bernés par “pudeur et pédagogie”. Alors, ces quelques graphiques sans pudeur sont évidemment  les bienvenus.

  12. BA dit :

    Mardi 17 janvier 2012 :
    FESF : la Finlande ne contribuera pas plus.
    Le ministre des Finances finlandais ne veut pas d’une augmentation des garanties du pays au Fonds européen de stabilité financière (FESF), alors que se développent les conjectures d’une éventuelle contribution plus importante des pays notés AAA.
    « Les engagements de la Finlande ne seront pas augmentés; c’est notre préalable depuis longtemps et nous nous en tiendrons à ce principe », a dit Jutta Urpilainen, cité mardi par le site de Kauppalehti.
    L’agence Standard & Poor’s a ramené lundi sa note sur le FESF de AAA à AA+, laissant penser que le fonds risquait de solliciter davantage les Etats contributeurs pour conserver sa capacité de prêt effective.
    (Dépêche Reuters)

  13. Christian dit :

    Il y a effectivement une bulle immobilière, de 10% par an, essentiellement en région parisienne. Elle empêche les jeunes d’acheter ou impose des emprunts plus élevés aux primo accédants. Mais les emprunts ont augmenté de 7% en face. Le total des actifs financiers croit plus modestement de 4% /an brut.  C’est l’assurance vie pépère. Il reste 2% net
    On a  fait mieux dans le passé, comme bulle financière.
     
    Le total des actifs des ménages en 2010, dit l’INSEE, est de 10 000 Mds, dont 7 000 Mds dans l’immobilier. Il me semble normal qu’après 20 ans de travail, on soit propriétaire de son logement.Ce n’est pas indécent.
    7 000 Mds pour 20 millions de foyers = 350 000€ / par foyer. Que les adultes disposent individuellement d’un patrimoine de 60 000 € après  20 ans de travail. cotisation Préfon inclus ,on est très loin de la richesse,
    Les chiffres donnés par Olivier  sont  parfaitement exacts : 10%/ an sur 7000 Mds = 700 Mds de plus par an sur l’immobilier. Il s’agit d’une évaluation de l’augmentation du  patrimoine immobilier national, qui ne nous a pas enrichis et qui n’a pas encore été vendue à ce prix. . Il est fort probable que les prix vont devenir plus sage à l’avenir .et que tout cela rentrera dans l’ordre, comme dans la plupart des pays.
    4% sur 20 000 Mds d’actifs financiers  = 800 Mds/an  Mais il faut retrancher le passif presque identique  (crédits  mobiliers et non  immobiliers).dit l’INSEE

    C’est fabuleux l’économie. On peut comprendre des messages totalement différents avec les mêmes chiffres. Finalement je ne suis pas si nul .Je ne va  pas me faire virer de chez moi pour ne pas avoir apporté les Milliards mentionnés.  J’ai fait mon 3% pépère. Je  suis endetté dans l’immobilier, comme tout le monde. Et on est bien content que les banquiers nous ait prêtés pour acheter notre toit. Ils semblent de moins en moins disposés à le faire.
    Quant à la cagnotte, ne la chercher pas en France, elle n’existe pas.
     
     

    • bizbee dit :

      On a  fait mieux dans le passé, comme bulle financière.

      Vous avez raison, tout ceci est une blague, tout va bien se passer et vous allez bientôt vous réveiller.
       
      Avec 60 000e d’assurance vie et la situation que vous décrivez, vous ne faites surement pas partit du top 10%, ne vous en déplaise. Aussi je ne comprends pas pq vs vs sentez concerner par le défaut qui couve, au pire vous perdrez un ptit bout d’assurance vie, c po la fin du monde qd mm.
      Vous ne semblez pas bien réaliser a combien d’année lumière vs êtes du top 0,01% par exemple;
      http://www.les-crises.fr/les-i.....-france-2/
      et pis faites pas une tête pareil, vs vs en sortirez bien mieux que d’autre…
       

      • Christian dit :

        Biz bee, C’est dommage que vous ne compreniez pas l’humour .Il faut se décrisper un peu .J’en ferais moins  à l’avenir .Je voulais simplement dire qu’en face de l’augmentation virtuelle du patrimoine, qui finalement  n’a  enrichi aucun français, la montagne de dettes est bien réelle, et non virtuelle. (20 000 milliards d’après l’INSEE) Le débat serait plus clair si on mettait face à face, le patrimoine,  les dettes et leurs augmentations respectives.
        Quant aux inégalités, c’est très regrettable. Il fallait régler le problème avant la tempête..Les tsunamis créés par un défaut de paiement ne font pas de distinction, sur les déciles de revenu de M Piketty, que vous aimez tant; ils se moquent des inégalités. Depuis hier, nous n’avons pas la même compréhension des effets d’une vague de tsunami, pourtant de plus en plus probable.

        • bizbee dit :

          Dsl de ne pas avoir su déceler d’ironie dans votre précédent message, cela devait être au 8ème degré. Mais,je vais vous faire plaisir en confirmant ce que vous pensez de moi.
           
          Effectivement, nous n’avons pas la même compréhension du “tsunami” qui nous arrive dessus. Tout simplement parce que moi, je n’ai rien à perdre… Je ne me suis pas constitué de patrimoine, ou si minable, que je n’ai pas peur de le perdre. S’il faut entreprendre et reconstruire après ça, j’y participerais, et sans pleurer sur les trente glorieuses.
           
          Si les politiques parvenaient à épargner les emplois, j’avoue que j’attendrais presque ce tsunami avec plaisir. Certes il faudrait passer par qq années difficiles avec probablement une forte montée du chômage qq temps, qq pics de violences urbaines et un serrage de ceinture; mais le jeu en vaut la chandelle. Je vous invites à relire ça: http://www.les-crises.fr/inter.....o-lavagna/
          Pourquoi? Nous sommes nombreux de cette génération à sentir que le vent tourne et que l’occasion se présente enfin pour réformer les bases du système et d’en changer son fondement idéologique (croissance dans un monde fini et limité). Il y a bcp de pistes de réflexion (fiscalité, emplois, par exemple; durée du tps de travail en accord avec l’offre de travail total répartie, à ce propos –> http://www.larrouturou.net/tag/belgique/).
           
          Si les politiques échouent, il va falloir probablement s’attendre comme vous le dites à une baisse de notre niveau de vie plus sérieuse et à qq flambées de violence, mais rien en rapport de ce qui va se produire chez les anglo-saxons qui n’ont plus de marges de manœuvre du point de vue des réformes vis-à-vis de leur déficit. –> http://leblogalupus.com/2012/0.....puis-2008/
          Le seul gros risque étant que les anglo-saxon nous emmènent avec eux dans une guerre qui ne soit plus seulement sur le terrain économique… Et là effectivement, cela deviendrait très sérieux. Mais à ce niveau, les prévisions sont de la science fiction.
           
          Pour revenir au concret, au moment de l’éclatement de la bulle (et on n’y échappera pas, que ça soit par un défaut contrôlé ou incontrôlé), d’énorme quantités d’actif financiers vont partir en fumée, et ce seront ceux qui possédaient cet énorme patrimoine qui vont être le plus affectés. Mais ils s’en remettront, je ne m’en fait pas et ne verserai pas de larme pour eux.
           
           

          • Christian dit :

            Bizbee, Toute l’histoire des crises financières (Allemagne 1924, Monde 1930, Russie 1990…) montrent que les « riches » deviennent encore plus riches, quelque soit le régime politique. D’où les familles Krupp, Thyssen, Kennedy…Pour une raison simple, ce sont les seuls qui ont des liquidités pour racheter tous les actifs réels à prix bradés. Les très jeunes s’en sortent bien. Dont acte  .Et les très riches ont  capté les actifs de l’ensemble de la population. Il y avait de solutions collectives pour s’en sortir .Mais elles n’intéressent personne .On en parlera une autre fois. Moi je suis jeune d’esprit, donc je n’ai pas d’inquiétudes personnelles.
            Voilà nous sommes au bout du débat .Merci de votre participation. Nous allons pouvoir présenter nos conclusions à M Piketty. Il suffit de faire des flèches encore plus grosses qui favorisent le dernier centile .Rendez vous dans 2 ans.

          • bizbee dit :

            Bizbee, Toute l’histoire des crises financières (Allemagne 1924, Monde 1930, Russie 1990…) montrent que les « riches » deviennent encore plus riches, quelque soit le régime politique.

            On navigue toujours entre le fantasme et la fatalité. Passez à l’initiative, au moins pour vous…

            Connaissez vous le principe jubilaire issu de la tradition juive?
            que je résumerai par:  “Selon le principe jubilaire, pendant quarante neuf ans, des transactions se nouent sur les marchés qui suscitent des dettes et des créances. Elles s’éteignent toutes la cinquantième année. Par conséquent, les créanciers anticipent cette échéance afin retrouver leurs créances avant la cinquantième année qui aboli les servitudes économiques. Ainsi, l’activité économique enfermée dans une période de 50 ans ne peut développer librement les mécanismes d’accumulation, de concentration et de dispersion des revenus qu’elle peut engendrer.”
            http://www.prosperite-et-parta.....?article71
             

            Il y avait de solutions collectives pour s’en sortir .Mais elles n’intéressent personne.

            Moi si! Si vous avez des solutions à appliquer aujourd’hui pour empêcher un défaut, ou, à défaut ;) , des solutions pour préparer l’après, je suis tout ouïe!
            Allez y, faites vous plaisir!

          • step dit :

            @christian: Ceci n’est vrai que si il n’y a pas de changement de paradigme. J’espère que nous y arriverons. Pour cela il faut peut être perdre le “rien” que nous avons (hé oui quelques centaines d’euros whaou).

  14. FrédéricLN dit :

    Ô Olivier, magicien des graphes… vos billets sont toujours passionnants et sur celui-là, je suis jaloux (j’ai fouillé en décembre le rapport 2011 de la BRI sans parvenir à remettre la main sur le chiffre pertinent).

    Le camembert n’est peut être pas le dessin le plus fidèle pour représenter un flux d’échanges “en ping-pong” entre acteurs financiers professionnels, mais je n’ai pas trouvé non-plus la meilleure analogie. C’est un peu comme si, pour faire 15000 km de bateau depuis l’Asie, les produits importés faisaient en réalité l’aller-retour Terre-Lune-Terre ?  

  15. Joanna dit :

    Tout est dans le titre : “La déconnexion de l’économie financière”

    ça veut bien dire que l’économie financière déconne n’est ce pas ?

    • step dit :

      elle déconne sans frein !

    • Christian dit :

      Joanna vous avez tout compris.
      Les intermédiaires financiers ont été en dessous de tout .Face à la bulle de la dette, l’inter médiatisation fait que personne ne regarde les capacités de remboursement des emprunteurs .On ne les connaît même pas ! Aucune présentation n’est faite. Ils ne parlent même pas notre langue. Et là un jour patatras .Résultat on demande aux chaperons S&P et Moody d’assurer la moralité de l’affaire. Mais de vous à moi,  ils n’y arriveront pas, en étant seulement trois.
      Vous remarquerez que dans ce débat, on ne mentionne même pas les dettes, ni leur utilisation. Elles n’existent plus. Alors les  capacités des débiteurs .vous pensez bien. Pourtant je me laisse à dire que le schéma « Evolution annuelle des dettes en France » aurait permis de mieux cerner les manques des financiers.
      La seule solution,  c’est de revenir au système d’autrefois, l’ardoise chez le boulanger et l’épicier. Au moins on savait à qui on avait à faire.et la régulation se faisait toute seule.

  16. milliardium dit :

    Je suspecte une erreur sur les unités :
    “L’économie financière, représentant le chiffre de plus de 2 000 milliers de milliards (= 2 millions de milliards = 2 000 trillions ou T$) de dollars en 2007″
    On parle en français de Billions (= trillion en anglais) pour les millions de milliards. On a un certain décalage avec les anglosaxons :
    http://en.wikipedia.org/wiki/N.....ge_numbers
    A partir du trilliard, la traduction français <> anglais devient vraiment… complexe. Donc vivement que l’économie pète avant, sinon, on ne se comprendra plus !
    L’économie financière représenterait donc 2 billions d’euros…

  17. nalborczyk dit :

    Normalement, un modèle économique est un modèle mathématique avec des limites et des lois. Il permet la cohésion sociale par l’échange.
    Actuellement l’inégalité légitime est bafouée par le trop d’inégalités.
    Il n’y a pas de limites dans la répartition. Pas de séparation réelle des pouvoirs.
    Un tel modèle conduit à l’enrichissement final d’une personne sur le monde. Mathématique….
    La valeur d’échange ne permet pas forcement le progrès contrairement à la valeur d’usage.
    Nous vivons avec des ressources limitées et précieuses, alors l’usage (en tant que valeur) est au centre du débat.
    La rentabilité de la valeur d’échange (spéculation) est pour l’instant supérieure à celle de la valeur d’usage.
    La rareté va rééquilibrer la place des ressources dans les échanges (la valeur d’usage).
    Le motif de détention du moment peut nous détourner de la vraie notion de valeur dans un univers fermé (même si nouvelles découvertes).
    Parler de la monnaie, sans parler des motifs de détention est absurde.
    Pourquoi avons-nous échangé avec le sel, les métaux, et le reste.
    La monnaie doit être un instrument des transactions matérielles.
    Pour les échanges (transactions immatérielles comprises) générales, nous devons trouver une autre monnaie.
    L’Europe pourrait créer la zizanie chez les spéculateurs en fabriquant plusieurs niveaux d’euros (6 monnaies).
    Elle ne serait plus dépendante d’une seule monnaie mais de plusieurs monnaies acceptées au sein de tous les états.
    Certaines indexées sur l’or et d’autres non. Pas deux monnaies européennes mais 6 par exemple valables sur tout le territoire européen. Un moyen simple de gagner la guerre des monnaies, c’est dans avoir plusieurs. Quoiqu’il en soit, si la valeur d’usage (ressources) est concurrencée par la valeur d’échange (avec un rendement important des produits), elle reprendra naturellement sa place fondamentale. C’est pourquoi les solutions sont de préparer un système qui définit correctement la notion de valeurs.

  18. Patrick Luder dit :

    Très juste philosophiquement, mais le monde de la finance est trop puissant et combattra de toute ses forces toute modification pouvant nuire à faire de fric avec l’argent …

    Une toute petite chance résiderait dans l’avènement d’une nouvelle monnaie parallèle, par exemple basée sur le travail humain, mais c’est comme l’Espéranto, condamné à vivoter , par manque d’intérêt public…

  19. nalborczyk dit :

     
    Je ne comprends notre fatalisme face à la vision hédoniste développée par les néo-libéraux. Le chômage et l’inflation étaient inexorablement prévus depuis longtemps.
     
    De même, nous ne pouvons pas nous limiter à l’équation de Fisher qui reste très simple.
     
    L’école autrichienne a essayé de nous montrer la voie. Elle évoque l’importance de l’utilité des biens (valeur d’usage) pour définir la notion de prix établie par la monnaie. En effet, l’intérêt individuel existe mais il n’est pas le ciment de nos personnalités (le plus de confort avec le moins d’efforts s’inscrit dans un cadre : celui de la condition générationnelle de la transmission).
     
    En ce sens, l’intérêt individuel n’apporte pas forcement le progrès puisque la rareté de nos ressources nous conduit à penser autrement. Les technologies ne sont pas les uniques garants d’un modèle de croissance. Les courants écologiques ne sont que des messages qu’il nous faut décoder et leur existence suppose une réalité humaine. Je vous invite donc à réfléchir sur un intérêt générationnel plutôt que de choisir entre les doctrines archaïques que sont le libéralisme (intérêt individuel) et le socialisme (intérêt collectif). Le monde n’est pas en noir et blanc mais en couleurs. Je ne peux pas croire que vos enfants ne soient pas la priorité de votre existence. Votre intérêt  et celle de la communauté passe normalement en second. Il faut nous concentrer sur la vraie motivation qui permet le progrès. La monnaie électronique est avantageuse mais n’est pas la solution puisque le fondement de la notion de valeur n’est pas correctement défini.
     
    Ainsi, je conteste le fait que de réciter les idées développées par les théoriciens et son parti pris doivent être le fondement unique d’une thèse. Bien plus, l’économiste a le devoir de proposer des solutions face aux évolutions de notre temps.
     
    Sinon, l’économiste deviendra « un gaspillologiste », ce qui est un comble…
     
    Les hommes d’idées ne sont apparemment pas les bien venus dans ce monde élitiste qui permettez-moi l’expression « se regarde le nombril ».
     
    Pourtant, il va bien falloir trouver des solutions face aux attentes. Les tensions ne doivent pas diviser l’humanité et l’échange doit être un facteur de socialisation et de développement. Toute tentative de trouver l’équation sera vaine si le domaine de définition n’est pas correctement perçu. Quel doit être le rôle de la monnaie aujourd’hui est secondaire puisque vous savez bien qu’elle répond à des critères sociologiques et psychologiques. Si nous ne comprenons pas l’importance de la valeur d’usage alors nous perdons du temps car naturellement sa légitimité et sa nature transcenderont toutes les tentatives de l’oublier ou de la faire disparaître (l’eau et le diamant). Les prix relatifs sont les bases de toutes les valeurs (rareté et usage) et les nominaux sont un instrument (échange). Ils doivent être complémentaires et non pas en concurrence (rendements de la valeur d’échange ?). Ma sollicitation brutale et maladroite traduit l’urgence et doit vous rester positive. L’indifférence serait le pire donc je compte sur votre talent pour examiner les pistes de réflexion qui vous sont proposées afin d’assister à la naissance de votre vraie véritable fonction.
     
    Je pense également que la polyvalence est plus fondamentale que la spécialisation. Elle permet le respect par la compréhension de ce qui nous entoure et de répondre à nos besoins primaires en évitant la violence en cas de conflit (charité bien ordonnée commence par soi-même, vecteur d’indépendance et d’autonomie dans un univers respectueux des générations futures). En étant un homme libre polyvalent, je peux aider plus facilement la collectivité pour mon bien-être et celui de mes enfants si besoin était. En cas de problème, jusqu’où est capable d’aller le spécialiste dans la violence pour ne serait-ce que nourrir ses enfants (causes et conséquences de l’individualisme?).
     
    Ne pas dénoncer l’excès d’effet de levier comme une gourmandise revient à cautionner un modèle sauvage. L’instrument qui permettait une flexibilité intéressante se transforme en outil d’expropriation. Nous sommes les premiers touchés mais le tour de chacun viendra puisque mathématiquement la finalité sera la même (concentration de la richesse sur un seul homme).
     
    De même, dénoncer un modèle trop imposé est ridicule puisque vous constatez que le service de la dette ne peut pas cesser d’augmenter. Nous finirons par une société sans service avec la naissance d’individus asphyxiés et contraints de payer juste pour exister sans vivre.
     
    Enfin, les codes identitaires ne seront non plus nationaux mais oligopolistiques et féodaux. 
     
    Voilà une belle leçon d’économie, de préservation, de transmission du patrimoine. C’est le rendement décroissant des actifs. Seule le combat pour une éducation égalitaire et non clientéliste permettra l’apparition des énergies nouvelles par l’esprit critique.
     
    Le pays des droits de l’homme et des libertés doit transmettre son message au monde globalisé.
     
    Merci pour votre compréhension.
     
    Cordialement.
     

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