La distribution des salaires

Comme j’ai vu que le sujet avait suscité beaucoup de commentaires, voici la distribution des salaires mensuels en France par centile :

Distribution des salaires en France

et le détail :

Distribution des salaires en France

Et oui : si vous gagnez plus de 1 730 € nets par mois, vous faites partie de la moitié la mieux payée des français, et si c’est plus de 3 500 €, vous faites partie du Top 10 %. Cela relativise pas mal cette notion de “riche” dont on parle autant, non ?

Les hauts-revenus

En conclusion, je vous signale la récente étude de l’INSEE sur les hauts revenus (la seule à ce jour…) qui est riche de détails, mais qui malheureusement ne s’intéresse principalement qu’au seul revenu par unité de consommation (et pas au revenu réel par personne – les 2 informations sont intéressantes), n’indique pas l’évolution dans le temps, et ne rend pas public le détail des sources…

Voici leur définition des catégories de hauts-revenus :

Inégalités de revenus en France

Donc pour faire partie des 1 % les plus “riches” (par le revenu), il faut gagner plus de 84 469 € par unité de consommation.

Rappelons que la notion d’unité de consommation permet de comparer les niveaux de vie de ménages de taille ou de composition différente.

On divise le revenu du ménage par le nombre de personnes du ménage, calculé ainsi : 1 pour le premier adulte, 0,5 pour les personnes de plus de 14 ans, et 0,3 pour les moins de 14 ans. Ainsi, pour faire partie des 10 % les plus “riches”, le ménage doit gagner au total :

  • 35 677 €, s’il n’y a qu’un célibataire ;
  • 53 515 € pour un couple ;
  • 85 625 € pour un couple avec 3 jeunes enfants.

Cette notion a donc l’avantage de rendre la situation des ménages mieux comparable (par une approche “dépenses” en fait), mais a l’inconvénient de brouiller la vision des revenus réellement gagnés (approche “recettes”). En effet, si dans les 3 ménages, il n’y a qu’un adulte qui travaille et qui gagne ces sommes, ce n’est pas tout à fait la même situation… Ainsi, il est intéressant de disposer des 2 analyses.

Dans le détail, on a la situation suivante :

Inégalités de revenus en France

Par l’indice de Gini, on observe ainsi la très faible inégalité de répartition des hauts-revenus aux très-aisés, puis de nouveau une nette hétérogénéité des plus aisés.

On dispose également de l’étude des revenus perçus – et cette fois ce n’est plus par unité de consommation :

Inégalités de revenus en France

On observe ainsi que les 3 000 plus aisés ont un revenu réel de l’ordre de 3 millions d’euros par an.

Comment sont-ils imposés ?

Inégalités de revenus en France

On voit que l’impôt ne touche vraiment fortement que les plus riches, mais certaines choses sont très étonnantes, en particulier la situation des “plus aisés” ! Ils paient en proportion autant que les “très aisés”, alors qu’ils gagnent en moyenne 4 fois plus ( 1 500 k€ contre 400 k€) ; leur taux moyen net n’est que de 25 % ; et surtout, près de 25 % de ces ménages paient moins de 15 % d’impôt, soit une proportion bien plus forte que pour les “très aisés” ! (qui ne sont que 16 % dans ce cas) Bref, plus on gagne, moins on paie en proportion !

Bien entendu, tout ceci est lié aux niches fiscales, et on peut donc dire en gros que parmi les 3000 plus riches :

  • 25 % paient normalement leur juste contribution ;
  • 20 % ont quelques avantages réduisant leur impôt ;
  • 55 % profitent énormément du système, dont 25 % scandaleusement.

Et encore, l’INSEE n’a pas poussé le vice jusqu’à nous indique la proportion de non-imposables, mais il y en a probablement quelques pourcents… Pour la prochaine étude ? 😉

Inégalités de revenus en France

Étonnement, le revenu n’est guère fonction de l’âge, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Il y a même plus de jeunes chez les “plus aisés” que chez les “hauts-revenus” !

Inégalités de revenus en France

Attention à la tentation du “le nombre de très riches explose”, comme l’a fait l’INSEE. Comme nous l’avons vu, oui, le nombre a doublé, mais relativisons, on ne parle que de 4 500 personnes de plus.

Globalement, la part totale des hauts-revenus a assez peu augmenté, contrairement aux États-Unis.

Inégalités de revenus en France

Bienvenue dans le financiarisme : l’évolution moyenne de la catégorie P90-99 (hauts revenus) est presque la même que celle de la masse de la population P0-90, et même les P99-99,9 n’augmentent pas scandaleusement. Bref, seul les 0,1 % de la population (60 000 personnes), et surtout les 0,01 % (6 000) se sont très fortement enrichies, au détriment de la part des autres…

Terminons par une analyse sociale de ces personnes :

Inégalités de revenus en France

Inégalités de revenus en France

Source : Étude Insee sur les très hauts revenus (analyse détaillée, mais l’essentiel est ici 🙂 )


Dessin Humour Cartoon Inégalités de revenus en France

29 réponses à 0258 Les inégalités de revenus en France (5/5)

  1. Patrick Luder Le 17 septembre 2013 à 03h43
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    Pas étonnant que le pays soit en déficit …
    => même les riches sont pauvres !

    Quelques infos Suisses. Dans mon entreprise, mes employés (simple charpentiers) gagnaient entre 7’200 et 8’200 CHF (brut) par mois (salaire annuel divisé par 12), dont une bonne partie de Français (frontaliers). Un apprentis 1ère année se faisait 1’380.- CHF par mois et un apprentis 3e année plus de 3’000.- … et moi, comme patron, je me prenais 3’000 CHF (net) par mois pour un travail de 90 heures par semaines. Pour un salaire net (charges employés déduites) comptez ~ 15% de moins. En Suisse, les charges sociales coûtent ~ 50%, vacances et 13e salaire compris … si un employé gagne 30.- de l’heure, il en coûte (au client) 45.- par heure travaillée + les charges d’entreprise. Il fallait donc pouvoir facturer entre 50 et 60.- de l’heure aux clients pour pouvoir s’en sortir. Quand on voit que certaines entreprises n’hésitent pas à facturer leurs heures plus de 100.- par heure, c’est juste du vol … mais la Suisse est devenue un pays ou tous les prix sont surfaits.

    Bonne journée à tous!


    • raloul Le 17 septembre 2013 à 09h52
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      Bonjour!

      En guise de contrepoint, voici une petite interview de Hans Kissling, ex-chef de l’office des statistiques à Zurich, à propos des inégalités en Suisse, et de leur progression ces dernières années:

      http://www.swissinfo.ch/fre/archive/La_Suisse_est-elle_menacee_de_feodalisation.html?cid=6907582

      C’est pourtant un “libéral” au sens économique du terme, mais qui milite pour un impôt sur les successions important et uniformisé au niveau suisse; le peuple pourra certainement se pronocer dans quelques temps sur ce sujet sensible…


  2. captain flemme Le 17 septembre 2013 à 08h17
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    Olivier

    Tu n’aurais pas les 2 1ers graphiques par unité de consommation ?

    Ca change pas mal la donne d’une famille à l’autre quand il n’y a qu’un seul salaire, et éventuellement avec le coût moyen de garde d’enfants qui est aussi une charge induite avec la non présence permanente d’un parent à la maison.

    Il faudrait aussi regarder ce coût là au niveau de la société globalement. Est ce que la présence d’un parent … de la mère 🙂 à une forte corrélation avec la réussite scolaire par exemple ? d’une mère “bien éduquée” et partie prenante dans le projet éducatif de ses enfants bien sûr.


  3. yoananda Le 17 septembre 2013 à 09h23
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    Moi ça ne me gène pas qu’il y ai des très très riches dans le pays.
    Ça ne me gène pas qu’ils ne payent pas beaucoup d’impôts dans la mesure ou ils utilisent les niches fiscales : ça signifie qu’ils réinvestissent dans le pays !
    Ça signifie qu’ils ont les moyens de porter des projets ambitieux, et c’est tant mieux parce que ce n’est pas à la portée de tout le monde de le faire bien au contraire.
    Si c’est le résultat de la financiarisation, je suis pour.

    Finalement la répartition des revenus est assez équilibrée, tout en gardant une composante d’élite dont le pays à besoin de toute manière pour vivre et survivre.

    Je rappelle qu’en terme de revenus, un smicard fait partie des 5% les plus riches de la planète. Ça relativise pas mal les choses.

    Le pays va bien, c’est l’état qui va mal.

    Les vrais problèmes sont ailleurs : exemple dans les régimes spéciaux des retraites anachroniques et injustifiés dans le contexte actuel ou l’on a trop dépensé.
    Dans les plans des sauvetage récurrents des tocards qui refusent d’évoluer avec leur temps.
    Dans le clientélisme électoral.
    Dans le maintient d’une industrie nucléaire alors que la filière est mourante et d’un empire semi-colonial qui nous coûte un bras (Françafrique), parcequ’on est infichus de comprendre que le nouveau continent à explorer est dans l’infiniment petit.
    Dans l’entêtement dans la ponzimmigration qui consiste à faire pondre les moins éduquées afin de soi disant sauver les retraites (dorées) de la génération festiviste au risque de provoquer un conflit ethnico-culturel.

    Bref, nous manquons cruellement d’un cap, d’une vision, au lieu d’avoir un Mr Bricolage qui n’est qu’un préfet qui administre la France en prenant ses ordres “d’en haut”, comme si la France était une colonie US. Un préfet incompétent qui plus est. Mais le problème est plus profonds, c’est le système démocratique qui est mourant. Il va être l’heure d’inventer un système post-démocratique et de penser à refaire une remise des pendules à l’heure avec les nouveaux aristo/cléricaux aux privilèges de caste que sont les fonctionnaires et quelques autres valets du pouvoir.


    • emmanuel L Le 17 septembre 2013 à 21h04
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      Les riches qui s’enrichissent n’enrichissent pas les pauvres… cf. “ils réinvestissent”, etc.
      La propension à consommer chute rapidement avec le niveau de revenu, l’épargne part dans la finance. tout cela est improductif. De vrais impôts feraient le plus grand bien.


    • en attendant l'implosion finale Le 30 novembre 2013 à 20h23
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      tout à fait d’accord avec la 2ème partie de votre commentaire.

      J’ajouterai que c’est bien joli d’avoir créé au nom d’une soit-disant
      “lutte contre les inégalités” un pays de ponctionnaires et d’assistés
      où il ne se passe pas un jour sans qu’on dénonce un “patron voyou”
      ou un dirigeant incompétent qui a généralement dépassé les 55ans.

      A force de pratiquer le tir au pigeon systématique contre les “riches”, ce gibier
      traqué par l’état va chercher à se désengager de plus en plus du monde du travail.

      Dans cette ambiance de jalousie et de dénigrement des chefs, quel idiot voudra
      encore se mouiller pour embaucher des salariés et lutter contre la sinistre courbe
      du chômage en hausse constante, apparemment éludée dans ces 5 articles.

      Aujourd’hui, avec un RSA, une aide au logement et diverses aides à un parent isolé,
      on touche 900€ / mois. C’est le pays de cocagne. C’est peut-être pour ça qu’il y a
      tant de candidats à l’immigration.

      Mais demain, qui sera en mesure de payer pour entretenir notre coefficient de gini égalitaire ?


    • jerk Le 06 janvier 2014 à 22h12
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      “Je rappelle qu’en terme de revenus, un smicard fait partie des 5% les plus riches de la planète. Ça relativise pas mal les choses.”

      Ca relativise pas mal les choses ?? En quoi un smicard serait riche dans le monde sachant que cela dépend du pouvoir d’achat du pays dans lequel il vit ???
      Je suis français moyen et quoi qu’il en soit les résultats et là, on paye plus mais on ne gagne pas plus sauf si l’on arrive à négocier un bon salaire en partant d’une entreprise après quelques années. Mais ça c’est un risque selon l’âge et la moyenne d’âge de la profession.

      Mon constat est qu’avec 1500 € avant j’arrivais à mes faire plaisir de temps en temps et ne pas avoir faire mes comptes à l’euro prêt afin de pouvoir payer impôts, charges & co.

      Si il m’arrive un pépin de type mécanique ou autre, cela signifie que je doit réduire mes achats de nourriture et recalculer à l’euro près !
      Je ne fais mes courses que à liddle en grande majeur partie pour deux semaines de courses je m’en tire pour 90 € avec nourriture varié et pas que des marques.
      A auchan ou carrefour j’en aurais pour 120 € minimum qu’avec du “discount” ! C’est te dire.

      J’ai des amis autour de moi qui se plaignent aussi mais qu’ils dépensent dans des produits fictifs qui ne sont en rien crucieux pour leur vie ! Comme tablette tactile, home cinéma à gogo, crédit pour voiture neuve, ensemble meuble neuf, alors qu’ils touchent le smic l’un comme l’autre.

      C’est même personne qui rejette leur statut et manque de gestion sur le dos de l’état.

      J’habite pas à la campagne mais en banlieu parisienne, et là vie est cher mais plus de boulot aussi.

      Un smic à 1220 € brute ou net ? Car très franchement même en 2002 mon smic en net s’élevait à 950 € alors je me demande comment en 2007 le smic pouvait atteindre 1220 – 23% (moins les charges en générale équivaut à 22. et des brouettes pourcent on retire 23% pour un salarié en moyenne).
      C’est plutôt étonnant ces stats.
      Tout autant lorsque l’insee disait à une période que la moyenne des salaires français était de 1600 € net curieux lorsque l’on entends et voit autant de gens n’étant pas à 1500 € ou bien plus que 1600 €.

      Ces chiffres ne concordaient pas non plus avec d’autres cabinets d’études indépendants qui eux se rapprochaient bien plus des statistiques que l’on peut voir.
      Donc L’INSEE je me méfie de comment ils réalisent leurs statistiques car c’est pas la première fois qu’ils se font taclé par d’autres.


  4. Patrick Lermoyez Le 17 septembre 2013 à 09h43
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    Olivier,

    Vos analyses sont toujours pertinentes mais vos interprétations me semblent parfois biaisées …

    Ainsi vous écrivez
    Seuls les 0,01% de la population (6000) se sont tres fortement enrichis au détriment de la part des autres…

    Cette conclusion n est valable que si les 6000 personnes (uc) restent les mêmes au fil des années alors qu’il est probable qu’une partie de cette population y rentre une année puis en ressort lors des années suivantes.

    Je me trompe peut être mais ce niveau de revenu est probablement lié à une opération exceptionnelle non reproductible

    Je peux imaginer que ces revenus soient liés à la parution d un livre, la sortie d un spectacle,la production du film ou d une émission de Tv, la vente d une entreprise pour un entrepreneur, le gain de bonus et de commissions exceptionnelspour un vendeur, l embauche par un club de foot pour un sportif, ou la mise à la retraite pour un PDG

    Dans tous ces cas, le “super revenu” est ponctuel, et donne lieu à une imposition volontairement réduite grâce à des règles voulues par le fisc et l’état

    Ainsi un commerçant qui vend son entreprise pour prendre sa retraite aura une forte réduction d’impôts. Si il vend pour 1,5 m€ sa boite il sera dans les 0,01% mais seulement cette année

    S’est t il ‘fortement enrichi AU DÉTRIMENT DE LA PART DES AUTRES !!!!
    Et s il paye un impôt plus faible c est parceque l état reconnaît le côté exceptionnel de ce revenu et ne les fiscalise pas comme les autres

    surtout il n atteindra ce niveau de la distribution que 1 an dans sa vie et retombera des l année suivante


    • emmanuel L Le 17 septembre 2013 à 20h59
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      Belle vision bisounours 😉 Le “french-american” dream existe peut-être mais très marginalement.

      Le brassage social n’est pas une spécialité française. Les très très hauts revenus concernent le top management des grosses entreprises, quelques free-lance et les héritiers via dividendes et possiblement postes de complaisance. Les 100 familles ne sont plus forcément ce qu’elles ont pu représenter mais le concept demeure probablement.


  5. raloul Le 17 septembre 2013 à 10h18
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    Bonjour!

    “Mais le problème est plus profonds, c’est le système démocratique qui est mourant.”

    Je pense plutôt que l’erreur est de considérer le système français actuel comme étant démocratique. Peu de gens, principalement des personnes qui espèrent pouvoir tirer un profit personnel de leur affidation, croient encore les sornettes perpétuelles des gouvernants, et y accordent même une vraie attention. Pour le reste de la population, le système est totalement discrédité, mais le travail de propagande est si bien conçu, qu’il arrive à faire croire à tout le monde qu’il n’y a pas d’alternative au système.

    Alors qu’à l’évidence la première chose à faire est d’appliquer concrètement la démocratie, à tous les niveaux, de permettre aux gens de se forger véritablement une opinion, de voter et choisir, d’assumer des responsabilités et d’appliquer la volonté du peuple souverain. Ca n’a rien de démagogique (ou autre “populiste” qui est un vocable agréable pour discréditer à bon compte des éléments qui relèvent du bon sens et de la logique élémentaire…).

    Vu le système des partis, l’outil de propagande massive des médias, c’est pas gagné. Pourtant les clés sont sous nos yeux, mais peut-être qu’une majorité de la population est gouvernée par la peur du changement, plutôt que par la conviction de pouvoir agir sur la réalité.


    • yoananda Le 17 septembre 2013 à 12h47
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      Non c’est bien le système démocratique qui est défaillant et non pas qu’il n’est pas appliqué correctement.
      Vous ne semblez pas en comprendre les défauts inhérents et vous l’idéalisez.

      Il faut inventer autre chose, mais j’ai bien conscience que les mentalités (a votre exemple) sont très loin d’être prêtes, puisqu’elles considèrent toujours la “démocratie” comme le summum.


      • Laurent Le 17 septembre 2013 à 13h43
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        Le système politique français actuel est une monarchie républicaine (dixit De Gaulle lui même).
        La démocratie n’a jamais été appliquée en France.


        • yoananda Le 17 septembre 2013 à 14h09
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          Je suis au courant. Je maintient ce que j’ai dit.
          C’est l’argument “classique”… aucun système idéal n’est jamais appliqué : le communisme n’a jamais été appliqué, le libéralisme n’a jamais été appliqué…
          ça ne change rien. C’est pas ça le problème, c’est le principe même de la démocratie que je dénonce … parce qu’il n’est pas applicable justement !!! lol
          (Oui, y a la Suisse qui fait mieux … mais moi je parle de la France, et on n’est pas la Suisse).


        • Lisztfr Le 17 septembre 2013 à 16h45
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          La démocratie, si on la prend par le début, commence par la Constitution.

          Ce n’est pas un bloc monolithique, elle commence par des principes généraux, des Droits de l’homme notamment, qui introduisent une philosophie, un humanisme. Ensuite la vie parlementaire est organisée selon des règles très étroites, d’ordre du jour et d’organisation en groupes, en commissions etc, (règlement de l’AN) selon le temps législatif aussi. Bref, tout est “modéré”, en effet pour éviter l’instabilité. Le bicaméralisme ajoute un temps de réflexion.

          Si l’on voulait plus de démocratie, il y aurait des risques :

          La Constitution est elle-même une limite au pouvoir souverain du Législateur, que Rousseau considérait d’ailleurs comme inutile, l’universalité des lois étant censée en garantir l’excellence…

          Ensuite cette démocratie “parfaite” devrait pourtant garantir le droit des minorités, contre la majorité… les étrangers, les riches, etc. donc, étendre le pouvoir souverain de la majorité des citoyens comporte le risque d’oppression des minorités.

          D’autre part cette démocratie serait aussi, voir plus absolue que ce qu’illustre les sondages : Sans réplique, puisque la majorité est réputée avoir toujours raison. Une sorte de jury, toujours statuant et sans appel. Le pouvoir absolu auquel ne manquerait pas de se rapprocher la démocratie, toujours légitime, n’est pas sans risques… C’est pourquoi LA démocratie ne peut qu’être un mixte entre plusieurs choses et un lieu de pouvoir et de contre-pouvoirs, de conflits, bref, à peu près ce qu’elle est aujourd’hui…

          Remarquons aussi la grande similitude des politiques occidentales malgré la variété des institutions, le centralisme français, le fédéralisme allemand, etc.

          Sachant qu’aujourd’hui toute parole à accès au champs public, la démocratie ultime est virtuellement à portée de main.


  6. GUS Le 17 septembre 2013 à 10h18
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    Je suis heureux de voir qu’avec me femme, nous faisons partie in extremis des 10% les plus riches de ce pays (en termes de revenus dumoins). Et je suis loin d’avoir un gros salaire, ma femme encore moins…Je suis également loin d’avoir un train de vie fastueux…
    Ces statistiques en disent long sur le problème des classes moyennes. Elles montrent notamment que le marché immobilier n’a pas fini de s’ajuster.


  7. Lisztfr Le 17 septembre 2013 à 10h42
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    Il faut limiter les inégalités, mais aussi :
    Limiter la vitesse des transactions boursières.
    Limiter les pouvoirs politiques, économiques, militaires, démocratiques, locaux, etc.
    Limiter la complexité par la simplicité.

    Kierkegaarde, sur le communication :
    P 40 : “Le penseur qui sacrifie sa primitivité ou la refoule, etc, ne vaut pas mieux qu’une fille faisant à vile prix le sacrifice de sa vertu.”

    Suite : “Les moyens de communication se perfectionnent sans cesse ; l’on arrive à imprimer de plus en plus vite, à une vitesse incroyable ; mais la vitesse augmente, les communications deviennent de plus en plus hâtives, de plus en plus confuses. Et malheur à quiconque se risque, au nom de la primitivité et de Dieu, à faire contrepoids”

    “Voilà ce qui produit l’improbité ; les concepts sont abolis, le langage devient confus, etc : il est impossible de trouver des conditions plus favorables à tous les radoteurs, car la confusion générale dissimule leur déséquilibre personnel. C’est l’âge d’or des radoteurs.

    Voilà le problème général, de ce jeter dans la pensée sans méthode. Cette méthode, le préambule de ce que l’on fait devrait être toujours explicité, or il ne l’est pas. Bourdieu parlerait de socioanalyse par exemple, mais c’est pire, il s’agit de logique … en économie par exemple, tout ce qui élude Say, ne mérite pas d’être imprimé, car tombe dans la catégorie du “radotage”. Le préambule à toute réflexion économique est Say, et faire comme si ses questions sont résolues est une escroquerie.

    C’est pourquoi les titres en philo sont du genre préambule à, prolégomènes etc. parce que seul le début importe. Le début est un solipsisme qui ne se justifie en rien, une hypothèse, le reste en découle. Une hypothèse tient en peu de lignes, elle est simple. Je suis forcé de démontrer de manière complexe l’intérêt de la simplicité, ce qui est paradoxal me direz-vous.


  8. norbix Le 17 septembre 2013 à 11h28
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    L’erreur est de penser uniquement en terme de revenus. Il faut également considérer les patrimoines pour avoir un tableau complet des inégalités.
    La baisse des inégalités passe par l’appauvrissement des patrimoines les plus élevés. C’est à dire l’inverse de ce que l’on a connu depuis trente ans.

    D’autre part, quelle différence entre niche fiscale et impôt : la niche fiscale incite à l’investissement nous dit-on. Et en effet il y aura des retombées positives d’un point de vue de l’activité, mais elle rapportera surtout à celui qui a investi. La collectivité sponsorise donc un intérêt particulier. Faut-il rappeler le transfert massif qu’a représenté le dispositif Scellier. Nous nous avons tous participé à la constitution de nombreux patrimoines immobiliers privés.
    D’un autre côté l’impôt est – théoriquement – une dépense pour la collectivité.


  9. Raphaël Le 17 septembre 2013 à 11h58
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    Cette semaine est la semaine du revenu de base :
    http://revenudebase.info/initiative-citoyenne-europeenne/

    Pour ma part, je vois dans le revenu de base un rempart à l’effondrement complet de nos sociétés capitalistes et un moyen de protéger la démocratie.
    et on a suffisamment parlé d’effondrement ces derniers temps pour envisager de nouvelles solutions.


  10. Dan Le 17 septembre 2013 à 12h38
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    Pour tenter de stimuler l’activité économique, les Etats recourent aux politiques keynésiennes de distribution de pouvoir d’achat. La France pratique les coups de pouce au smic, les 35 heures, la création d’emplois aidés et de fonctionnaires, etc. Dans leur dernier ouvrage “Apprentis sorciers”,Patrick Artus et Marie-Paule Virard écrivent (page 101) : “Si les coûts de production sont trop élevés, la faute en revient d’abord aux coûts salariaux. Avec : 35,30 euros en 2011, le salaire horaire (y compris les charges sociales) de l’industrie française est le plus élevé de tous les grands pays européens(34,20 euros en Allemagne, 25,80 euros en Italie, 22,30 en Espagne)…. L’écart se creuse davantage si le calcul tient compte du niveau de gamme de la production industrielle de chaque pays, afin de mesurer vraiment le handicap decompétitivité de la France vis-à-vis de ses partenaires. Pour un salaire allemand, charges sociales comprises de 34 euros, il faut compter un niveau corrigé de 32 euros en Italie, 34 en Espagne et … 46 euros en France. Par rapport à ses trois partenaires européens, la France est donc extrêmement chère”.La distribution de pouvoir d’achat en recourant à la création monétaire (Etat providence) creuse le déficit budgétaire, le déficit commercial et la dette. Alors que l’on pourrait vendre de l’électricité à l’Europe, le PS casse le nucléaire pour passer des accords électoraux avec les Verts (arrêt de Superphénix et maintenant de Fessenheim).Pour réduire le déficit budgétaire, le gouvernement accroît la fiscalité, cequi amplifie les faillites, le chômage, la dégradation de la compétitivité des entreprises et le durcissement du credit crunch. La réforme des retraites qui devrait consister à retarder l’âge de départ pour tous (il est de 67 ans en Allemagne) et allonger la durée de cotisation (Peut-on considérer que ceux qui ont travaillé à 17 ans ont fait plus d’efforts au profit de la collectivité et méritent donc de partir plus tôt que ceux qui ont poursuivi leurs études ?pourrait se conclure avec plus de fiscalité (CSG) et plus de cotisations patronales. Absurde ! De plus il aberrant que certaine personne politique soit en retraite à 52 ans !


    • Tatare Le 17 septembre 2013 à 18h31
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      “aux politiques keynésiennes de distribution de pouvoir d’achat”

      Les 35 heures n’ont rien de keynésien, elles étaient dans une logique de “Partage du travail”

      “Le ps casse le nucléaire”

      Le nucléaire se casse tout seul par absence de décision depuis des lustres, on est donc en train d’en sortir progressivement à cause (ou grâce) au vieillissement du parc.

      ” Peut-on considérer que ceux qui ont travaillé à 17 ans ont fait plus d’efforts au profit de la collectivité et méritent donc de partir plus tôt que ceux qui ont poursuivi leurs études ?”

      Celle-là on me l’avait jamais faite !
      Le coût pour la collectivité d’un étudiant est considérable, alors qu’un travailleur rapporte ! Manquerait plus qu’on comptabilise les trimestres des années d’études…


  11. Totor Le 17 septembre 2013 à 13h04
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    Bon donc en conclusion:
    – les “riches ne sont pas si riches que ça”
    – les ultra riches ont démesurément profité de la dérégulation des marches (quelle surprise!)
    – le système français à juste maintenu les inégalités au niveau ou elles étaient dans les années 80, au prix d’une perte d’attractivité pour les investisseurs qui ont un meilleur retour sur capital dans les pays plus inégalitaires.
    – c’est très probablement dans les inégalités de patrimoine (et donc dans les successions) qu’on trouve les inégalités les plus scandaleuses en France


  12. Jaicruvoir Le 17 septembre 2013 à 14h52
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    à 4077€ net par mois il reste les impôts sur le revenu + locaux + foncier on est 4 à vivre dessus.
    Si j’était seul je serait riche comme le dit la gauche et surement la droite mais cela fait moins de 1000 € par mois.

    Alors qui croire?


    • koui Le 17 septembre 2013 à 21h41
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      + fort que toi, je suis à 6000 euro/ an par UC malgré un salaire nettement supérieur au médian. Je contribue ni à un blog, ni à l’impôt sur le revenu, je ne prépare pas ma retraite : Je suis un cadre pauvre.


    • Inox Le 18 septembre 2013 à 00h24
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      Qui croire ? Mmmmh Voyons… Je dirais qu’il serait avisé d’écouter l’avis de celui qui fait vivre 3 personnes avec 1800€/mois sans capital immobilier. Vous allez me dire, “oui mais le scandaleux Etat providence qui me pique mon argent l’aide”. Je réponds, “heureusement pour lui, c’est la seule aide qu’il peut espérer”.


  13. Lisztfr Le 17 septembre 2013 à 21h22
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    Je suis embêtant avec cette Loi de Say…

    Lorsque Say dit que “L’offre crée sa propre demande”, je remarque qu’il manque la croissance dans cette affaire.

    Il aurait fallu, dans l’idéal, pouvoir écrire : L’offre crée sa propre demande ainsi sa croissance, sinon, je n’ai aucune explication sur de l’origine de celle-ci.

    Et l’on voit tout de suite que c’est impossible sauf à prendre la croissance sur un marché externe dans un jeu de compétition dont la somme est nulle. Ne reste que le crédit, qui n’est qu’un artifice masquant le déséquilibre inhérent au système, que la Loi de Say tente de nier. Y arrive-t-elle qu’elle omet d’expliquer l’origine de la croissance.

    Il faut conclure en disant que le crédit n’est pas la réponse au déséquilibre offre/demande, et donc inventer autre chose. Le système en lui même, l’argent étant en quelque sorte recyclé au travers de l’entreprise entre production et revenu, ne crée pas de croissance. Donc si l’on exige une croissance on exige l’impossible, globalement.

    On verra bien, aucun de nos soucis ne sera résolu. On se leurre gravement en pensant que quoique ce soit va s’arranger, et s’il y a croissance ce sera au prix de l’endettement.


  14. Yves Le 02 décembre 2013 à 09h07
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    La France est le troisième pays qui concentre le plus de banquiers payés plus de 1 million d’euros, selon le dernier rapport de l’Autorité bancaire européenne. 177 banquiers ont touché en moyenne 1,56 million d’euros en 2012, loin derrière le Royaume-Uni (2.714) et l’Allemagne (212). Mais les pratiques y sont plus agressives. Le revenu moyen de ces banquiers est plus faible que la pratique londonienne, où il se situe plutôt autour de 1,95 million d’euros. La part de la rémunération variable en proportion du salaire fixe y est comparable, autour de 3,7 fois, sauf dans la banque d’investissement. Dans ce domaine, les banques françaises sont beaucoup plus agressives. La part variable peut représenter jusqu’à cinq fois le salaire de base.

    Source : http://www.eba.europa.eu/documents/10180/16145/EBA+Report+High+Earners+2012.pdf


  15. JPdu44 Le 03 septembre 2014 à 11h19
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    L’argent est une virtualité, qui n’est plus lié à aucun métal, 95% de cet argent est informatique, les 5% (monnaie palpable) alimentent beaucoup de trafics. Et pour faire circuler cet argent, on impose le travail obligatoire pour pouvoir vivre, et on pille toutes les ressources terrestres (minerais, faune, flore etc…) sans penser que des milliards d’individus vont naître en ayant moins de vrai capital terrestre, mais devront faire vivre un système économique aberrant, et payer des dividendes à 1% de la population mondiale qui vit de son capital virtuel qu’est sa fortune.
    Cette économie du chacun pour soi à court terme, a fait oublier que le contenu de la terre doit servir à tous, aujourd’hui, mais aussi pour demain… y compris la faune qui doit pouvoir vivre (si on veut vivre).
    Or cette économie propriétaire ne voit que par un argent virtuel, en ignorant le rythme de vie de la terre.
    Qui peut croire que cette frénésie consommatrice, avec quelques milliards de nouveaux consommateurs (Chine et Inde) va durer au moins quelques siècles ????
    Il est fort possible que le futur ne soit qu’une guerre perpétuelle pour une goutte de pétrole ou de quoi manger… les replis sur le nationalisme, la religion, ou sur l’égoïsme augmentent dangereusement à mesures que les ressources terrestres diminuent.
    L’urgence serait que le monde gère les ressources de la terre, pour tout ce qui vit et vivra sur terre (au moins pour 10 siècles), sinon on se battra les uns contre les autres pour seulement survivre, les gagnants n’ayant plus que des ruines à se partager.


    • Grosmann Le 09 septembre 2014 à 15h27
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      Bonjour,
      Comme souvent, on ne découvre les bonnes choses que par hasard !
      Les chiffres que vous publiez me plonge dans un abime de stupéfaction. J’ai longtemps pensé que nos “responsables” ne pouvaient prendre l’argent que là où il est c’est à dire dans la multitudes des petits revenus. Or vous prouvez que c’est faux. Si on décidait d’aligner, les revenus des 6000 plus riches sur celui des 60 000 plus aisés, cela représenterait 12 milliards d’Euros. Certes comparés aux 60 millions de français c’est négligeable par personne (moins de 200 € par mois) mais quel symbole ! Tout en leur laissant un revenu de plus d’un million d’€ par an, ce qui laisse de quoi vivre ! En quoi cela affecterait-il l’économie française ?


  16. Gary Le 06 juillet 2015 à 17h08
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    Pour les salariés à temps partiel, le Smic est calculé en fonction du nombre d’heures travaillées par semaine. Dans un premier temps, il faut multiplier le nombre d’heures travaillées chaque semaine par le montant du smic horaire. Il faut ensuite multiplier le montant obtenu par 52 (nombre de semaines sur l’année) puis le diviser par 12 (nombre de mois par an) pour obtenir le montant mensuel du smic correspondant à la durée du temps partiel.


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