Vous n’avez décidément pas de chance en ce mois de mai.

Pour couper un peu la série aride sur le système bancaire européen, je vous propose aujourd’hui, avec un manque total de sens marketing, un article de Frédéric Lordon. Un roman je dirais. Mais comme à son habitude, un beau, profond et grand roman.

L’article fait 20 pages, mais vous avez ici un concentré d’intelligence analytique, qui change tellement de la médiocrité des “analystes star” des médias, qui oui, font plus simple, plus court, mais surtout beaucoup plus faux.

Comme souvent, je n’adhère pas à tout le propos, mais j’adhère au sens général, à la description et à l’enchaînement des faits analysés.

Il FAUT lire Frédéric Lordon avec sa vision si contraire à tout ce qui nous est déversé au quotidien – et se faire sa propre opinion.

Je l’ai entièrement remis en page et vous pouvez le télécharger en cliquant ici.

“C’est une leçon de choses historiques. Ouvrons bien les yeux, on n’a pas souvent l’occasion d’en voir de pareilles. Nous assistons à l’écroulement d’un monde et ça va faire du gravât. L’histoire économique, en tout cas celle qui a fait le choix de ne pas être totalement bornée – je veux parler d’auteurs comme Kindleberger, Minsky ou Galbraith – a depuis longtemps médité l’effrayant pouvoir de destruction de la finance libéralisée. Il fallait de puissants intérêts – très évidemment constitués – à la cécité historique pour remettre sur les rails ce train de la finance qui a déjà causé tant de désastres ; en France, comme on sait, c’est la gauche de gouvernement qui s’en est chargée.

De sorte que, à la lumière de ces leçons de l’histoire, on pouvait dès le premier moment de la dérégulation financière annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans pourtant savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. La catastrophe en question aura pris vingt ans pour survenir, mais voilà, nous y sommes. Notons tout de même qu’un scénario que certains avaient envisagé d’assez longue date considérait l’hypothèse de la succession de crises financières sérieuses, rattrapées mais, aucune des contradictions fondamentales de la finance de marché n’étant résolues, enchaînées selon un ordre de gravité croissante, jusqu’à la big one. Sous ce rapport, la première crise de la série n’aura pas pris un an pour se manifester puisque le grand krach boursier se produit en 1987… après le big bang de 1986. Puis elles se sont succédé à intervalle moyen de trois ans. Et nous voilà en 2007. 2007, n’est-ce pas, et pas 2010. Car le discours libéral n’a rien de plus pressé que de nous faire avaler l’idée d’une crise des dettes publiques tout à fait autonome, européenne dans son principe, et imputable à une fatalité d’essence de l’État impécunieux. Or le fait générateur est bien la crise de la finance privée, déclenchée aux États-Unis, expression d’ailleurs typique des contradictions de ce qu’on pourrait appeler, pour faire simple, le capitalisme de basse pression salariale, dans lequel la double contrainte de la rentabilité actionnariale et de la concurrence libre-échangiste voue la rémunération du travail à une compression continue et ne laisse d’autre solution à la solvabilisation de la demande finale que le surendettement des ménages.”

115 réponses à [Article] « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées », par Frédéric Lordon

  1. Lantoine Le 06 juin 2012 à 04h23
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    C’est intéressant. Cependant je ne suis pas certain que le ton catastrophiste nous aide à imaginer des solutions. 


    • erde Le 06 juin 2012 à 07h23
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      Imaginer des solutions ?
      Elles existent pourtant, mais les personnes qui les pensent, qui les élaborent ne sont pas ceux qui sont entendus.
      L’aveuglement des gens du pouvoir politique les rend complices de la descente aux enfers, et la majorité du peuple préfère s’estourbir en regardant ailleurs.
      Le train de l’ultra-libéralisme est conduit par des docteurs “folamours” et leurs diables de sbires ne cessent de charger la chaudière.
      La course folle de la machine fonçant droit vers le gouffre géant de la crise environnementale.
      Ps excellent documentaire sur Arte hier soir : “   Survivre au progrès”
      La course à la croissance conduit-elle l’humanité à sa fin ? Une hypothèse brillamment (et joyeusement) défendue par de grands esprits de notre temps, dans un film inspiré, produit par Martin Scorsese.

      A voir absolument ! 


      • Helios Le 06 juin 2012 à 07h39
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        Exactement le genre de documentaire que je n’aime pas. Des bouts d’interviews mises bout à bout sans structure.
         Avec une idée directrice assez obscure. Ils aiment bien ça sur Arte, même si parfois il y des des choses mieux.


      • José Le 06 juin 2012 à 21h24
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        Merci beaucoup erde d’avoir signalé le docu. Il est visible pendant quelques jours sur Arte+7 : link to videos.arte.tv
        Le monde aura une chance de s’en sortir par le haut le jour où ce genre de docu touchera le grand public en étant diffusé sur TF1. Autant dire que c’est très, très, très mal barré…


      • Patrick Luder Le 07 juin 2012 à 07h08
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        YES, exactement le documentaire dont nous avons besoin, l’avenir est mainetenant à notre porte,  encore en faut-il être conscient … les crises actuelles sont aussi un appel au changement, en espérant que les débats puissent naître et dépasser les peurs !


        • José Le 07 juin 2012 à 20h38
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          Oui, mais ce que rappelle aussi ce documentaire, c’est que nous devons plus que jamais rester vigilants: l’utopie que nous propose avec enthousiasme Craig Venter, c’est un univers issu des rêves de Mengele :-(


    • Yann Le 06 juin 2012 à 09h28
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      Je n’ai pas encore lu cet article, cependant je pense que Frédéric Lordon a proposé suffisamment de pistes de solutions dans ses livres, sur son blog (et j’imagine dans ses publications scientifiques) pour qu’il puisse s’autoriser un peu de catastrophisme. A force d’avoir raison mais de n’être qu’à peine écouté…


  2. Le Yéti Le 06 juin 2012 à 04h28
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    Remarquable, hélas ! Pour une fois, je me permettrai de faire le lien avec mon dernier billet : “Crise de la Grande perdition : l’étendue des dégâts”


  3. BA Le 06 juin 2012 à 07h12
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    Mercredi 6 juin 2012 :
     
    L’Espagne va devoir s’adresser au FESF, estime un proche de Merkel.
     
    Le chef de file des députés conservateurs allemands, Volker Kauder, a estimé mercredi que l’Espagne devait demander de l’aide au fonds de secours européen FESF, à cause de ses banques.

    « L’Espagne va devoir prendre une décision, et je pense qu’elle doit se placer sous la protection du FESF à cause de ses banques », a dit dans une interview télévisée M. Kauder, un proche de la chancelière Angela Merkel qui dirige le groupe parlementaire des Unions chrétiennes CDU/CSU.
     
    link to romandie.com
     
    Le FESF va devoir intervenir pour sauver l’Espagne. Mais qui est derrière le FESF ?
     
    Réponse :
     
    1- L’Allemagne apporte au FESF une garantie de 211,045 milliards d’euros, soit 27,06 % du FESF.
     
    2- La France apporte au FESF une garantie de 158,487 milliards d’euros, soit 20,32 % du FESF.
     
    3- L’Italie apporte au FESF une garantie de 139,267 milliards d’euros, soit 17,85 % du FESF.
     
    4- L’Espagne apporte au FESF une garantie de 92,543 milliards d’euros, soit 11,86 % du FESF.
     
    En clair : pour sauver l’Espagne, le FESF va intervenir et va lui prêter 50 milliards d’euros.
     
    Mais le FESF est une coquille vide. Comme le FESF ne possède pas ces 50 milliards d’euros, le FESF va devoir les emprunter sur les marchés internationaux, pour pouvoir ensuite les reprêter à l’Espagne !
     
    L’Espagne est écrasée sous des montagnes de dettes. Et donc on va empiler des montagnes de dettes supplémentaires sur les montagnes de dettes qui existent déjà !
     
    Et on va continuer à croire que ces montagnes de dettes peuvent monter jusqu’au ciel !


  4. leveau Le 06 juin 2012 à 07h19
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    Cette longue et très pertinente analyse politique n’apporte aucune solution au devenir constitutionnel. Bien qu’il soit évoqué que les peuples fassent l’histoire à défaut des bourgeois, la démonstration butte sur l’éternel écart entre le pouvoir, l’organisateur, le riche, le puissant et la masse niquedouille qui fini toujours par régler sa soumission par la révolte avant de se lover avec ferveur dans les bras d’un nouveau maître. Ainsi vont les hardes, les meutes et autres groupes sociaux.
    Cependant, Aristote nous aura prévenu.
    Le vote génère et conforte l’oligarchie, seul le tirage au sort peut faire naître une véritable démocratie.
    Bien que la stochocratie soit un sujet maintenant envisagé par de nombreux esprits, elle n’en demeure pas moins une arme fatale au pouvoir, qui, comme tout chef de meute, financier de haute voltige, bureaucrate Bruxellois ou même petit actionnaire retraité assis dans sur ses certitudes n’entend céder à la réflexion de la stricte intimité et pétri de la sagesse populaire du citoyen lambda.
    Il y a donc fort à croire que le retour au nationalisme sera.
    pour autant, la chute et donc la révolution seront elles assez fortes, les moyen de communication assez développés, le niveau général de connaissance ayant dépassé un seuil critique, pour que la gouvernance soit enfin faite par, pour et au peuples comme le dit notre belle constitution?
    l’humain me semble encore bien primitif pour s’élever soudainement à cette forme d’organisation sociale et préfèrera conserver ce texte, pensé initialement comme ultime garant de sa liberté, comme un fin papier toilette. [Modéré]
     
     


    • Aston Lockheed Le 06 juin 2012 à 09h17
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      Je ne vois pas en quoi le tirage au sort puisse être démocratique. Comment le hasard, un coup de dé pourrait-il révéler les préférences de la population? ou faire adopter une mesure politique qui soit favorable d’une manière ou d’une autre à celle-ci, dans son ensemble, dans sa majorité, etc. ? Imaginons : même si le tirage au sort sert à discriminer un nombre restreint d’options politiques, comment cet “échantillon” aura-t-il été construit? Par d’autres tirages au sort? Il faut bien qu’un moment une prise de décision, un acte discrétionnaire soit réalisé. Soyons hayékiens et acceptons l’idée qu’un gouvernement sera toujours par nature imparfait…


      • Un_passant Le 06 juin 2012 à 10h35
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        Pourtant, il faut bien admettre qu’en réalité, la désignation par le vote n’a plus de démocratique que le nom. Dans les faits, c’est un système de reproduction des élites qui se  compromettent avec les lobbies.

        On pourrait faire comme pour les jury populaires. Une assemblée dont les membres sont désignés par le sort et une assemblée dont les membres sont élus avec une dose de proportionnelle.

        L’autre problème du système actuel, c’est que l’on s’imagine, à tort, qu’une assemblée efficace, c’est une assemblée qui vote des lois. C’est un oubli total de l’esprit des lois. Ne devraient être votées que les lois utiles, pour ne pas dire les lois indispensables. Or on a toujours eu tendance à penser qu’une assemblée qui ne peut voter des lois, faute de majorité, c’est une assemblée inefficace ou inutile.  C’est tout le contraire, dans une tel système soi-disant inefficace, seules les lois réellement justes et indispensables passent et ainsi, les lobbies perdent leur pouvoirs.

        L’inflation législative n’est en rien un bienfait. Les gens veulent trop souvent les lois qui vont dans leur intérêt particulier. Or les bonnes lois ne peuvent être que celles qui vont dans l’intérêt général EXCLUSIVEMENT. 


        • Aston Lockheed Le 06 juin 2012 à 13h11
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          Je suis amplement d’accord avec vous… Toutefois, je ne vois pas comment un coup de dé ou un quelconque processus de sélection aléatoire va faire entériner l’option maximisant le bien-être (actuel, intergénérationnel, qu’importe) de la population. Par définition, le tirage au sort proposé par LEVEAU est aléatoire. Et comme son résultat est indépendant de la volonté populaire, il est pas définition non démocratique. Il se révèle en revanche plutôt efficace pour casser la reproduction des élites, je pense que nous sommes tous d’accord dessus…


          • leveau Le 06 juin 2012 à 16h15
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            je ne propose pas le tirage au sort, , Aristote en parle 2300 ans avant moi.
            Avant de réagir, il est bon de s’informer et de réfléchir… mais ce blog n’a pas de vocation politique.
            Dans l’esprit d’un régime purement stochocratique ou d’une démocratie évoluée et juste, la part législative est attribuée au citoyen Lambda. tiré au sort dans une liste.
            Rien ne s’oppose à ce que son jugement soit éclairé par divers professionnels de la politique, partisans con vaincus de détenir une vérité il en faut et c’est très bien. Dans le fond cette  approche banni du pouvoir legislatif tous les intérêts personnels, ce qu’explique parfaitement un passant.
            De nombreuses expressions sont en cours sur ce sujet sur le net.
            bonnes continuations stochocratiques


          • step Le 06 juin 2012 à 16h26
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            @leveau : Les citoyens lambda ont aussi leurs intérêts particuliers, et sont parfois des lobbyistes féroces, le simple tirage au sort ne résoud pas ce problème (il casse la reproduction des élites, c’est sur et donc la permanence d’intêret de classe). Il faut aussi un système qui élimine un conflit d’interêt dans la liste de tirage au sort (ex un médecin ne doit pas voter sur le problème des déserts médicaux etc…).


          • Aston Lockheed Le 06 juin 2012 à 16h53
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            @leveau. si, si, vous avez parlé de tirage au sort.
            je vais être un peu élitiste: tout le monde n’est pas doté du même capital culturel. même dans une liste de personne restreinte. tout le monde ne peut avoir entre les mains la barre du paquebot France. vous dites que cette personne peut être conseillée par d’autres? ça le rend d’autant plus influençable, et l’objet des groupes d’intérêt…
            comment est constituée cette liste? au hasard? à un moment ou à un autre il va falloir une intervention humaine, un choix discrétionnaire pour établir cette liste.
            cela ne change en rien ce que j’ai dit, et puisque vous sous-entendez que je réagis sans réfléchir, je vais le répéter, mais de manière moins polie cette fois-ci : votre procédé n’est pas démocratique. j’avoue que je n’ai pas bcp de connaissances en science po et qu’il va bientôt falloir que je m’y mette, mais je n’ai pas l’impression que vous ayez une bonne définition du terme ‘démocratie’.
            je ne dis pas qu’il faut rejeter votre approche, encore moins ne pas y réfléchir. mais permettez moi de vous dire que si elle résout des problèmes, elle n’est pas idéale.
            Hop, et dernière chose : l’économie est profondément politique. nous ferions déjà un sacré pas si chacun le reconnaissait, en particulier les économistes eux-mêmes. donc oui, ce blog est politique.


          • Olivier Berruyer Le 06 juin 2012 à 17h44
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            “tout le monde ne peut avoir entre les mains la barre du paquebot France. [...]ça le rend d’autant plus influençable, et l’objet des groupes d’intérêt…”

            Bien entendu, ceci ne s’applique pas aux députés actuels si je vous comprends bien ?

            C’est vrai que pour voter 38 budgets de suite en déficit, il faut un sacré “capital culturel”…


          • Aston Lockheed Le 06 juin 2012 à 18h07
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            @Olivier,
            si si, ça s’applique à tout le monde! voilà pourquoi j’ai dit ci-dessus que toute forme de gouvernement est imparfaite. bien sûr que les politiciens sont l’objet de lobbying (cf. l’un de mes commentaires tout en bas). en revanche, même s’ils ne voteront pas d’ici demain un budget excédentaire, je crois en mon for intérieur (et c’est peut-être une erreur de ma part), que ces messieurs qui nous représentent savent probablement davantage manier le navire que le quidam issu du tirage aléatoire de leveau. en outre, un tel tirage est antidémocratique.


          • Olivier Berruyer Le 06 juin 2012 à 20h47
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            1/ on peut discuter, mais je ne vois pas en quoi le tirage au sort serait plus “antidémocratique” que l’élection

            2/ je rappelle que la “Démocratie” est née par le tirage au sort, en Grèce


          • Un_passant Le 06 juin 2012 à 18h23
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            @Aston

            Ils savent mieux? Si j’en juge pas les résultats des assemblée AVANT sur-représentation de l’ENA et assimilées et après… Je crois qu’il vaut mieux n’avoir AUCUN politicien issu de l’ENA. J’ai bien le sentiment que les politiciens de carrière issus de filières politicardes sont les pires de tous. Les autres en général, ils ont une réelle expérience professionnelle, fonctionnaire ou privée, mais ils ont moins souvent pantouflé dans des postes attribués par pur népotisme (membres de conseils divers et des collectivités en particulier).

            Ils savent par contre mieux manipuler que les autres : ils ont été formés spécialement à ça. Ne trouvez vous pas étonnant ces étudiants qui sortent de certaines formations et s’orientent, comme par hasard, soit vers la politique soit… le marketing? Lorsque je m’en suis rendu compte, ça m’a terriblement choqué que personne ne le note ou s’en fasse écho.

            N’avez vous pas remarqué les liens particulièrement troubles entre les politiciens, les journalistes et plus encore que les entreprises, les instituts de sondages, les sociétés marketing et médias assimilés?

            Le lien est pourtant évident, du simple fait des contacts professionnels récurrents entre acheteurs d’espace publicitaires, vendeurs d’espaces publicitaires et concepteurs de messages publicitaires…Savez-vous que l’un des débouchés favori des élèves se science-po c’est le marketing?


          • Aston Lockheed Le 06 juin 2012 à 19h22
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            @Passant,
            Encore une fois, je suis tout à fait d’accord avec chacune de vos phrases… sauf avec l’idée qu’il y aurait dans les miennes une sorte de déclaration d’amour à l’ENA ou à une autre machine élitaire. S’il vous plaît, ne donnez pas à mes propos une signification dont ils sont dépourvus. Je n’ai aucune sympathie pour les énarques…


          • Un_passant Le 07 juin 2012 à 08h39
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            @Aston,

            Toutes mes confuses, ce n’était pas dans mon intention de laisser entendre un soutien de votre part aux énarques. Je parle des énarques juste parce que Hollande et une bonne partie des membres des derniers gouvernements en sont (parfois même de la même promotion, ce qui me donne parfois l’impression que ce sont des gamins qui tentent de régler leurs comptes de cette époque).

            Tiens, en aparté,  à propos d’énarques… comment la droite et la gauche pourraient-ils penser différemment lorsqu’ils sont allés dans la même école, suivi les mêmes enseignements, avec les mêmes prof souvent anciens énarque et, pire, politiciens (si on ajoute le principe de cooptation, ça sonne un peu mafia)?

            Lorsque l’on sait que les notes et diplômes tendent trop souvent à confirmer que, non pas vous êtes un élève intelligent et studieux, mais un bon élève… du système… J’aimerais bien que ces énarques me répondent. Je serais curieux de voir comment ils se justifient… Si on ajoute que les écoles politiques françaises étudient Schopenhauer (si vous n’avez pas d’argument, faites dans l’attaque ad hominem)… je trouve cela assez flippant.

            PS : Ne le prenez pas pour vous, c’est plutôt à considérer comme une réflexion intérieure exprimée à voix haute. Des idées qui me passent par la tête en rapport avec ce sujet.

            PS 2 : Encore une fois, toutes mes confuses. Sans rancune? 


          • Aston Lockheed Le 08 juin 2012 à 11h19
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            @Passant,
            Vous me faites rougir! Bien sûr qu’il n’y a pas de rancune…
             
            @Olivier,
            La nomination au tirage au sort n’exprime pas les souhaits du peuple, mais tout simplement le jeu du hasard. En ce sens, c’est antidémocratique. Si un tirage au sort avait catapulté Dupont-Aignan au siège présidentiel, cela aurait-il été en adéquation avec les préférences du peuple ? Non pas que je critique le personnage, mais soyons honnêtes, d’après ce que j’ai cru voir, il n’a pas recueilli beaucoup de suffrages… En revanche, que le tirage au sort rende plus efficace le fonctionnement démocratique, effectivement là c’est éventuellement possible.
            Si j’étais vraiment taquin, je dirais que les Grecs ne sont pas non plus exemplaires…


          • Olivier Berruyer Le 08 juin 2012 à 13h02
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            Ah, je comprends !

            Non, le tirage au sort, c’est pour l’Assemblée, qui sera statistiquement proche de la population générale, et qui élirait un président confrome à l’attente de la population

            Pas de tirage au sort pour le président, bien entendu !


        • step Le 06 juin 2012 à 16h22
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          tout à fait d’accord, un petit ajout cependant, on peut quand même avoir peu de lois votées très influencées par les lobbys ou beaucoup de lois dans l’intérêt général. Je m’explique : La diarhée législative, c’est souvent la preuve d’une malléabilité du corps législatif, et donc de sa soumission aux lobbys (ce que dit un passant). Cependant les lobbys seront tout aussi présents si peux de lois sont votés (condition suffisante donc mais pas nécessaire). Dans UN cas très spécifique (remise à plat, nouvelle constitution…etc,) il peut y avoir beaucoup de lois éventuellement dans l’intérêt général.

          En Résumé, de mon expérience, beaucoup de lois traitant quasi individuellement des cas d’actualité (cf les précédentes mandatures) c’est inquiétant, car cela montre un corps législatif très influencable. Une mandature peu prolixe ne doit pas pour autant être automatiquement considérée comment exempt d’influence. Il faut pour cela regarder le sens des textes.


          • Un_passant Le 06 juin 2012 à 18h11
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            C’est sans doute une discussion sans fin mais c’est justement pour cela que je n’évoque pas une seule assemblée nommée par tirage au sort mais deux assemblées, une élue avec une dose de proportionnelle (pour limiter les effets pervers liés au système actuel visible en France) et une nommée par tirage au sort afin qu’elles se modèrent l’une l’autre. Le tirage au sort limitant au maximum l’influence du facteur “reproduction des élites”. En gardant bien entendu toutefois à l’esprit qu’aucun système n’est parfait. 


        • Christophe Vieren Le 08 juin 2012 à 14h57
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          Au sujet de la représentativité de notre assemblée actuelle, je me suis livré à ces petits calculs.
          Ils sont 577 censés représenter les 50.892.000 français majeurs.
          Un député représente donc 88.200 français majeurs

           ====== REPRESENTATIVITE ======

           ### Selon l’AGE : âge moyen des députés 59 ans et 10 mois. Age moyen des français (y compris les mineurs) : 40 ans.
          Si en première approximation on considère que l’âge moyen des plus de 18 ans est 18 ans supérieur, cel fait 58 ans.
          On pourrait donc estimer que du point de vue de l’âge, les députés sont représentatifs.
          Il serait cependant intéressant de regarder tranche d’âge par tranche d’âge (de 5 ou 10 ans).

           ### Selon le GENRE : les députéEs constituent 18,9% des députés (109/577) alors qu’elles représentent 52,4% des plus de 18 ans.

           ### Selon les catégories socioprofessionnelles : le coeff “normal” est ’1′ (un représentant pour 88.200 électeurs)

            ~ CATEGORIES SOUS-REPRESENTEES
              * Ouvriers (0 député !) : 0 ! NON REPRESENTE soit SOUS REPRESENTATION INFINIE !!!!
              * Employés (22 députés) :  0,22 (sous-représentation d’un facteur supérieur à 14 !)
              * Artisans (2 députés): 0,18 (sous-représentation d’un facteur supérieur à 5)  
              * Pensionnés et retraités (22)   : 0,13    

            ~ CATEGORIES SUR-REPRESENTEES
              * Enseignants (78 députés)
                 # tous cycles, public & privé    :  7,41 (surreprésentation 741 %)
                 # de 1er cycle (13 députés)    :  3,06 (surreprésentation : 306%)
                 # de 2cd cycle (39 députés)    :  7,11 (surreprésentation : 711%)
                 # du supérieur (26 députés)   : 33,16 (surreprésentation : 3300%)

              * Ingénieurs (18 députés)       :  2,39 (surreprésentation :  239%)
              * Médecins (41 députés)          : 16,94 (surreprésentation :  239%)
                 # dont non chirurgiens (34)   : 16,01 (surreprésentation : 1600%)
                 # dont chirurgiens (7)           : 23,66 (surreprésentation : 2366%)

              * Journalistes (7)                : 16,55 (surreprésentation : 1655%)
              * Magistrats (3)                  : 34,27 (surreprésentation : 3427%
              * Notaires (1)                     : 10,00 (surreprésentation : 1000%)
              * Pharmaciens (8)             : 31,22 (surreprésentation : 3122%)

          Pour les autres PCS (Profession & Catégories Socio-Professionnelles), difficultés de mettre en adéquation la nomenclature de l’Assemblée nationale et celle de L’INSEE
          Pour les moins de 18 ans, on supposera qu’ils peuvent être représentés de manière indifférente par n’importe quel adulte !
          Un tirage au sort pourrait-il faire pire ?


      • gaetan Le 07 juin 2012 à 10h03
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        Pour le tirage au sort je vous conseille les vidéo conférence d’Etienne Chouard.
        vous aurez ainsi une vision plus claire de la démocratie.
        A mon avis ce que nous pensons être démocratie, le système actuelle, n’en est pas une.

        J’imagine que vous prendrez le temps de consulter ces écrits et vidéo conférences avant de répondre.

        Quant à la démocratie, Solon, un oligarque riche Athénien financa lui même son armée pour renverser le pouvoir. Les Athéniens croulaient alors sous le poid de la dette publique et furent mis en esclavage par les créanciers. Solon renversa ce système et instaura les débuts de la démocratie. L’époque n’était pas la même que maintenant, ô tempora ô mores. Toute comparaison primaire est donc à éviter.
        Si une telle démocratie devait voir le jour à notre époque, alors il faudrait plus tourner les yeux vers l’islande ou la suisse.

        tout lemonde n’a pas un capital culturel équivalent. Les banquiers et les dirigeants du monde viennnent de nous prouver qu’ils ne font pas partie des gens intelligents. Machiavel, dans le prince, écrivait que parfois pour certaines problématiques ou matières la plèbe se montre souvent plus intelligente que l’élite ou les rois! A méditer!


  5. KOIKILENSOI Le 06 juin 2012 à 08h08
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    Une petite pensée vers tous les gens qui ont, vont développer des pathologies en lien avec le mal-être que personne n’arrive à centraliser en un mouvement “accélérateur de fin”, ou plus précisément “accélérateur de changement”. Les suicidés dont on écrit l’acte irréversible dans quelques articles, ne sont que la partie visible de l’iceberg (et la non-moins déplorable partie visible). Dépressions, cancers et autres vont en résulter pour les plus fragiles qui ne sont pas protégés.
    Etre fort et refuser de protéger les faibles, je ne ferai commentaire, qui vaudra commentaire. Et pour les principaux médias: “comment taire“?!!!!!
    Les paysans qui travaillaient pour leur seigneur, gagnaient au minimum sa protection!! (ce n’est pas un appel à un retour au système… au cas ou quelqu’un serait tenté de faire la remarque)


  6. Boucau Le 06 juin 2012 à 08h09
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    Bonjour,
    J’adore lire du Frédéric Lordon. J’ai toujours l’impression de me coucher moins con (ce qui n’est pas si difficile) ;)
    Bref… Qd je lis ce texte, (et ce des chroniques d’Olivier Berruyer), je ne peux m’empêcher de me dire ceci : nos dirigeants (économiques, politiques) sont-ils réellement si cons pour avoir engendrer les mécanismes qui donnent le résultat de notre monde d’aujourd’hui ? N’ont-ils pas été capable de prendre la hauteur nécessaire à une vision globale des répercussions de leurs décision ?
    Si c’est le cas, les tribunaux devraient grouiller de dossier politico-économique. Parce que faire des conneries de ce genre, à un moment, il faut quand même les assumer !!
    Personnellement, on ne pourra pas me faire croire que ces gens sortis de nos plus grandes écoles aient pu être si incompétent.
    Dans le texte de Mr Lordon, je ne peux qu’imaginer que tous ceci est le reflet d’une stratégie. Une stratégie qui a pendant 20 ans permis à tous ceux qui étaient aux manettes de récolter argent, pouvoir, gloire mais qui a servis une vision inquiétante du monde.
    Ne rechercherait t-on pas à nous montrer que la démocratie des pays est néfaste à l’équilibre général mondiale et que la solution serait à chercher ailleurs…..
    Qui se rêve en maître du monde ?
    Je viens de relire la stratégie du choc de mdme Klein. Elle démontre très bien que la façon la plus rapide et économique d’imposer une vision est de le faire sur des ruines…..
    Ce qu’il y a de sur est que le monde de l’argent à créé des strates de population nous coupant tous les jours un peux plus de nos voisins de notre famille des autres humains. Le résultat est que personne ne croit avoir le même intérêt que son voisin. 
    La notion de valeur (économique) c’est mis en travers de nos valeurs (humaines).
    Le monde d’après ça peut être :
    Et si demain, plus rien n’avait de valeur (économique)…..
    ou :
    Et si demain, plus rien n’avait de valeur (humaines)…..
    Il est temps de choisir :D


  7. Jean-Baptiste B Le 06 juin 2012 à 08h20
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    Merci beaucoup Olivier pour cet article de Frédéric Lordon que j’avais raté (je suis simplement abonné à son blog au monde diplomatique).
    Deux petites choses :

    l’article au complet (je crois) est disponible ici.
    Il fait partie de la Revue des Livres n° 3 de janvier/février 2012 et non du n°2 de novembre/décembre 2011

    Au plaisir de suivre votre blog et très amicalement,
    JBB


  8. Un_passant Le 06 juin 2012 à 09h04
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    Effectivement, c’est à lire. Surtout si on ne s’attarde pas sur le doigt des désaccords, la lune est nette, à défaut d’être belle…


  9. Gus Le 06 juin 2012 à 09h55
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    Lordon est assurément bien au-dessus du lot, que l’on partage ou non ses options politiques. Je sais qu’il déteste s’exprimer dans les grands médias, mais il faut pourtant absolument, s’il veut que ses analyses commencent à s’imposer, qu’il sorte des publications marginales ou du Monde diplomatique, journal tout à fait respectable mais trop marqué politiquement pour que son contenu soit simplement audible pour une partie de la population. 
    Inutile de se plaindre des faux experts qui trustent les plateaux de télé, si l’on refuse d’y aller soi-même (par orgueil, par peur ?). Imaginez Lordon face à D. Reynier sur le plateau de c’est a (j’ai oublié le nom de l’émission) : la ménagère de 50 ans et le gentil retraité centriste en seraient toute retournés. Or, si l’on attache de l’importance à la démocratie, ce sont ces gens-là qu’il faut aller chercher et on les trouve dans ces émissions, par sur le blog de M. Berruyer.
    Lordon déteste ces grands médias qui ne donnent pas assez de temps et simplifient à outrance. Il n’a pas tort, mais les idées doivent être synthétisées pour accéder au grand public et quand on maîtrise parfaitement un sujet, comme lui, on est justement capable de simplifier sans trahir. Par ailleurs, la longueur de ces développements sont autant liée à la richesse de sa pensée qu’à son tempérament très bouillonnant. Parfois, il se laisse aller à sa virtuosité et délaye trop. Affronter les grands médias l’obligera à lutter contre cette tendance. 
    Il faut enfin qu’il se fasse traduire, particulièrement en anglais : sa critique porte sur un système dont le centre se trouve dans le monde anglo-saxon, c’est donc dans ce monde qu’il doit diffuser ses analyses.
    S’il reste dans son réduit alter et parisien, cela serait vraiment un vrai gâchis !
     


    • Annick K Le 20 juillet 2012 à 09h00
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      Assez du sexisme sur les ménagères please.


  10. Patrick Luder Le 06 juin 2012 à 10h05
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    D é m o r a  l i s a n t !

    Finalement on devient
    comme le condamné à mort,
    ah que le coup vienne, et vite …


  11. reset Le 06 juin 2012 à 10h42
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    mouai, le travaille abandonné au profit des actionnaires.
    Qui sont ceux qui travail qui sont les actionnaires, t’en que ces gens ne sortiront pas la tête du sable et ce disant que ce n’est pas le libéralisme le problème mais un problème générationnel de gens qui vivent au dessus de leur moyen depuis qu’ils sont nés, cela dans tout l’occident et le japon je ne vois pas comment Lordon pourrai toucher la réalitée du doigt.


    • norbix Le 06 juin 2012 à 11h28
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      L’approximation de votre syntaxe et de votre orthographe rend votre propos obscur. Permettez-moi d’y voir l’un des méfaits de ce que vous défendez. A trop privilégier la production privée de biens matériels à l’existence éphémère pour grossir les chiffres du PIB (au détriment de l’éducation par exemple) le libéralisme de ces trente dernières années a créé des consommateurs à la rationalité contestable. 


      • Delphin Le 06 juin 2012 à 14h37
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        (A norbix) :
        Joli, normalement efficace … Mais, a-t-il compris ?
         
        Delphin
         
        Un des charmes de ce blog : Olivier Berruyer, intégré (BFM radio), prosélyte de Frédéric Lordon, intellectuel tendance gauche dure.
        “Un des charmes”, car il y en a plein d’autres, dont la volonté pédagogique acharnée de son auteur, alliée à sa compétence en la matière.
         
        Résultat, des lecteurs qui ne seraient jamais allés voir les écrits de F. Lordon, comme, par exemple, probablement “reset”.
         
        Amicalement
         
         


  12. Jacques Le 06 juin 2012 à 10h45
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    Il parle bien, c’est beau comme tout, mais je me suis arrêté à la deuxième page:
     - l’approche anthropomorphique des marchés, qui ont une volonté, une stratégie, un agenda, leur personnalisation, me parait une approche bien peut sérieuse pour un “économiste”. Personnellement, je ne prêterais pas mon argent à la Grèce ou à l’Espagne aujourd’hui, sauf peut-être à un taux élevé, alors que je pourrais prêter à l’Allemagne pour sécuriser mon épargne, même à un taux très faible, et beaucoup d’autres sont comme moi. Est-ce que pour autant je pousse à la libéralisation de l’économie, à l’abandon des avancées sociales, et est-ce que je fais partie d’un complot libéral visant à transformer le monde en une jungle dérégulée?
     - la crise de la zone euro a été engendrée par une surabondance de crédit privé à faible taux, qui a créé de l’inflation sur les salaires des pays périphériques, dégradant ainsi leur compétitivité vis à vis du Nord. Dans un système de changes flottants, les monnaies se seraient ajustées les équilibres commerciaux se seraient rétablis d’eux-même. Dans un système de change fixe (euro), la seule porte de sortie est une inflation du Nord ou une déflation de la périphérie. Eviter le fond comme il le fait pour qualifier la crise d’institutionnelle me parait clairement soit comme une incompréhension de la situation, soit comme un prosélitisme pour des idées politiques qui utilise la “crise” comme support sans se soucier de la réalité des choses.
    Bref, vous l’aurez compris, je n’adhère pas à cet article long et verbeux qui au final n’est qu’un tract pour des idées sans fondement “économique”.


    • Olivier Berruyer Le 06 juin 2012 à 13h17
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      “alors que je pourrais prêter à l’Allemagne pour sécuriser mon épargne, ”

      Et c’est comme ça que les épargnants depuis des siècles finissent par se faire rincer…


    • Aston Lockheed Le 06 juin 2012 à 13h41
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      Vu la petite bulle spéculative qui se forme en Allemagne, je ne suis pas sûr que l’épargne y soit vraiment sécurisée… les Teutons restent dans le même bateau que les pays du club med…


      • Jacques Le 06 juin 2012 à 13h49
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        Je ne dis pas que c’est malin, ni que c’est sans risque, je dis simplement que pour que j’y mette MON épargne, il faudrait que l’Espagne me propose un taux bien plus intéressant que l’Allemagne.
        Je ne sais pas, vous faites quoi vous de votre épargne? Vous avez acheté des obligations grecques?


        • Aston Lockheed Le 06 juin 2012 à 14h26
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          malheureusement à mon âge on n’a pas encore de quoi épargner…


  13. Jacques Le 06 juin 2012 à 10h48
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    Par ailleurs, si vous voulez un regard original et pertinent sur la crise, sa réalité et ce qui nous pend au nez, je ne peux que vous conseiller de regarder ça:
    link to savoirsenmultimedia.ens.fr
    Attention, ça dure une heure mini, mais c’est argumenté, solide, démontré, pertinent, et ça nous explique bien que le futur n’est pas rose, mais que les crises financières ne sont que la partie émergée de l’iceberg.


    • Patrick Luder Le 06 juin 2012 à 15h39
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      Ouaip, les crises financières ne sont que l’apéritif, je dirais des noisettes auxquelles on aurait oublié d’enlever la coquille, ben vous essaierez de passer au menus principal avec trois dents de moins !!! A part ça Jancovici est très bien, mais je ne comprends pas qu’un type si intelligent, profite de chaque occasion pour faire la promo du nucléaire, il en devient insupportable !


  14. Patrick Luder Le 06 juin 2012 à 11h23
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    Tout s’accélère …
     
    Moody’s dégrade la note de banques allemandes et autrichiennes.
     


  15. step Le 06 juin 2012 à 12h52
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    je ne peux qu’opiner du chef devant une telle lecture, toublante tellement elle est proche de ma vision des choses. J’en ai même vérifié la date (déjà … 6 mois)  quand il a commencé à parlé d’hubris, mot que j’ai laché pour qualifier sensiblement la même chose il y a 3 jours sans l’avoir lu. Que dire de plus, c’est dans le style parfois pompeux, parfois un peu facile mais tellement fondamentalement vrai qu’on ne peut qu’en être saisi par la finesse d’analyse. Les raisons, les conséquences, l’analyse du neolibéralisme et même de sa cécité vis à vis des équilibres à maintenir pour ne pas s’autodétruire, comment dire, c’est un grand soulagement de se rendre compte que des idées que l’on a sont aussi défendues par plus brillant analyste et économiste que je ne suis. Il dénonce la chasse au sorcière dans son domaine, j’espere qu’il ne finiera pas comme un géronimo de l’économie, la finesse de son analyse mérite autre chose que ça.   


  16. amorgos Le 06 juin 2012 à 13h39
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    Les bloggeurs reconnus ( Jorion, Lordon, Berruyer .. et j’en passe) annoncent la fin du monde depuis maintenant  .. 4 ans ! Pour l’instant, rien n’arrive mis à part une certaine souffrance habituelle des plus défavorisés en cas de crise ….. Tout le monde attend, mais QUOI ! je pense que d’un côté ou de l’autre, des grands capitalistes aux grands cassandrex, personnes ne saient vraiment ce qu’il va se passer. Toult le monde surf donc en souhaitant que l’incertitude continue, le temps de vendre quelques bons bouquins !! La misère et la peur entretenue sont un bon commerce, c’est bien connu.

     


    • Olivier Berruyer Le 06 juin 2012 à 14h28
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      on en reparle le 31/12 ?


      • Patrick Luder Le 06 juin 2012 à 15h44
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        Ouuuaaaaah, quelle date précise …
        Je ne te savais pas adepte des Mayas   ;o)


        • step Le 06 juin 2012 à 16h09
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          il est malin, il a pas dit l’année ^^


      • amorgos Le 06 juin 2012 à 16h30
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        Mr Berruyer, mes propos ne m’empêchent pas d’apprécier votre bon sens et pragmatisme dans vos analyses, lesquelles sont bien souvent fort justes ! Je vous fais donc confiance, au 31/12, c’est au moins avancer une date, mais pourquoi tout devrait se précipiter d’ici là ?
        Merci pour vos explications.
         


        • Olivier Berruyer Le 06 juin 2012 à 16h43
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          Je pense qu’on y verra clair à cette date. soit à coups de promesses et de transferts budgétaires massifs (proba 30 %) soit à coup de restructurations massives (70 %).

          Il est vrai que les systèmes sont toujours plus solides que ce que l’on croit, mais la chute est malheureusement probable.

          6 ans de crise, pas 1 trimestre où la situation financière ne se soit pas dégradée par rapport au précédent… Et là, nous sommes à la croisée des chemins, tout tient à la confiance, à l’idiotie et aux égoïsmes nationaux.


          • Patrick Luder Le 06 juin 2012 à 18h08
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            Tout tiens à la peur de la fin du jeux (de Ponzi) …
              La seul corde qui tire en avant c’est :
              => encore un peu de temps SVP !


    • Delphin Le 06 juin 2012 à 14h49
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       ”Toult le monde surf donc en souhaitant que l’incertitude continue, le temps de vendre quelques bons bouquins !! La misère et la peur entretenue sont un bon commerce, c’est bien connu.”
       
      Si Lordon, Jorion, Berruyer (comme vous les appelez) “surfaient” comme vous dites, il faut leur dire qu’il existe de beaucoup plus efficaces véhicules médiatiques à grandes audiences.
       
      Malheureusement, leurs thèses ne sont pas assez optimisantes (génératrices d’optimisme), pour pouvoir y avoir accès.
       
      Delphin 


    • KOIKILENSOI Le 06 juin 2012 à 15h10
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      “Les bloggeurs reconnus ( Jorion, Lordon, Berruyer .. et j’en passe) annoncent la fin du monde depuis maintenant  .. 4 ans ! Pour l’instant, rien n’arrive mis à part une certaine souffrance habituelle des plus défavorisés en cas de crise ….. Tout le monde attend, mais QUOI !” Il est quand même bien expliqué à droite et à gauche que ce n’est pas une science exacte, que les délais peuvent varier en fonction de “l’habileté” de nos compresseurs. Si l’attente se fait sentir, on n’en sent pas moins que le mécanisme est bien lancé et s’accélère particulièrement en ce moment (il n’y aura pas de miracle autour d’un gros morceau comme l’Espagne). Voir venir ne rend pas plus heureux, mais permet d’anticiper et se mettre à l’abri de toutes les façons possibles, s’il est possible. On trouve dans nombre d’anciens téléfilms ce policier qui faisait fi de sa hiérarchie, parce qu’il avait déjà “compris”. Et à chaque nouvel épisode, on ne lui accordait pas plus de crédit au départ, toujours lutter pour montrer qu’il avait raison. Même si toujours les éléments successifs lui donnaient raison. Vous êtes sceptique, et venez pourtant lire ce blog. A vous lire, vous y perdez votre temps. Et pourtant vous y êtes. Vous n’avez vraiment rien vu en quatre ans? Rien n’a évolué dans le sens dont on parle ici?  Ces blogs ont à mon sens deux objectifs: éclairer ceux qui en ont besoin d’être aidés, et avancer vers la recherche de la direction à prendre. Personne à convaincre, c’est une perte de temps qui est lui bien trop précieux pour cela. Quant à la souffrance habituelle des défavorisés, juste pour rire: http://www.okeanews.fr/taxes-impts-et-bote-chaussure-lautre-vrit-sur-ces-grecs-fraudeurs-et-paresseux/  


    • norbix Le 06 juin 2012 à 15h20
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      En même temps les “Jorion, Lordon, Berruyer .. et j’en passe” ont décrit à l’avance les différentes étapes de la crise. Nous avons observé celles-ci se produire par la suite de manière implacable. Rappelez-vous 2009-2011 : “la crise est finie” ou “nous sommes sur le chemin de la sortie” que l’on entendait un peu partout sauf chez les surfeurs incriminés. Reprenez également les travaux de Mr. Sapir qui lors de la construction de la zone monétaire européennes nous avertissant que la zone euro telle qu’elle était conçue ne pourrait faire face à une crise majeure.  Il me semble au vue de tout cela qu’il faille accorder plus de foi à ce qu’ils disent qu’aux autres, quels que soient par ailleurs leurs biais idéologiques respectifs ou leurs éventuelles intentions mercantiles.


    • José Le 08 juin 2012 à 11h54
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      le temps de vendre quelques bons bouquins !!

      Alors Olivier, c’était comment le tour du monde payé avec tes droits d’auteur? ;-)


      • Olivier Berruyer Le 08 juin 2012 à 13h03
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        Les droits d’auteurs représentent environ 20 % de mes coûts, champagne !


  17. yoananda Le 06 juin 2012 à 14h56
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    A ceux qui demandent des solutions :
    il n’est pas l’heure des solutions. Les solutions arriveront APRÈS la catastrophe, car par “définition”, tant qu’il n’y aura pas eu de catastrophe, le système perdurera.
    Qui prendrait le risque de faire exploser un système aussi fragile au lieu d’essayer de le faire durer et au pire … de le faire exploser …
    Simple bon sens.
    Donc, prenez votre pop corn et attachez vos ceintures.
    En attendant l’écroulement final on aura droit a :

    le géoenginiring pour contrer le réchauffement
    les OGM de monsanto pour lutter contre la famine
    les gaz de schiste pour continuer a rouler en 4×4 au gaz


  18. Dudu Le 06 juin 2012 à 15h33
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    J’en vois beaucoup ici qui parle de libéralisme…Vu le niveau d’intervention de l’Etat partout dans le monde et dans toutes les économies, on est très loin de l’économie libérale tant décriée car celle-ci aurait laissé lesbanques faire faillites en 2008…


    • Delphin Le 06 juin 2012 à 15h42
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      Le libéralisme, c’est ça : Privatisation des profits, socialisation des pertes.
       
      Rien de tel que les “crises” pour que la réalité devienne compréhensible, car elle affleure alors.
       
      Delphin


      • Dudu Le 06 juin 2012 à 15h51
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        Je crois que vous feriez mieux de revenir à la définition au lieu de sortir votre litanie Gauchiste.


        • step Le 06 juin 2012 à 15h57
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          le libéralisme, c’est toujours le laissez faire quand tout va bien, ça devient bizarrement une autre chanson quand tout va mal. En gros touchez pas à nos profits mais sauvez nous de nos pertes. Depuis quelques années maintenant on a entamé le deuxième couplet. Le libéralisme tel qu’il est vendu et tel qu’il est pratiqué, ce n’est jamais là même chose, on ne vous a pas appris à ne pas croire au mot les publicités ?

          C’est pour celà que quand on demande à un libéral des exemples de pays libéraux, il part loin loin dans l’histoire ou pointe de pays qui le contredisent par leur action dans les mois qui suivent. C’est un peu méchant mais très amusant de jouer à cela avec eux :-) .

          La contradiction est pourtant simple à s’imaginer : “Vous avez pleins de sous, vous avez en conséquence un pouvoir d’influence important et la possibilité de tordre le bras à tout politique, vous voyez venir le gros temps, vous savez qu’en un coup de fil vous pouvez arranger VOTRE situation en hypothéquant l’intérêt général. Vous êtes responsable de votre situation et des emmerdes à venir. Vous appelez ou non ?”. C’est aussi simple que cela et cela explique que le pays bas (pays de référence en matière de libéralisme) vient d’intervenir pour sauver ses banques et ainsi de suite. Il reste l’islande qui a dit merde, sauf qu’elle a sacrifié l’épargne d’autres (les fonds d’icesave était étrangers), c’est toujours plus facile… Bref, quand viens le moment de sauver sa peau, la théorie, elle saute, comme le reste…. Le libéralisme, c’était 88/2005, depuis, c’est une crise du libéralisme, que nos libéraux du fofo bien aimés appèllent le néo-féodalisme, personnellement je n’ai rien contre appeler comme ça la phase malade du libéralisme quand il se heurte au mur de la réalité sociale.


          • step Le 06 juin 2012 à 16h05
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            la définition, c’est que des mots, dudu. La pratique c’est toujours autre chose. Je ne crois pas que marx pensait particulièrement à la pratique du sovietisme ou que jésus pensait particulièrement à l’inquisition. La théorie n’est rien si elle oublie que c’ est des hommes qui vont la pratiquer (ie la déformer). C’est bien de faiblesse humaine, de sociologie et de politique dont on parle et qui fait que le libéralisme théorique n’est jamais durablement appliqué. Sacré primates, jamais capable de fonctionner correctement… rhooo.


          • Patrick Luder Le 06 juin 2012 à 20h42
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            Eh, Oh, Pas si vite … Une économie libérale c’est aussi celui qui vole de ses propres ailes, tel le coiffeur ou le cordonnier, ce ne sont pas tous des criminels !


          • Benjamin Franklin Le 07 juin 2012 à 08h09
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            C’est assez drôle.

            En fait je suis d’accord avec toi sur le fait que le libéralisme pur jus, pour être applicable, nécessite des conditions proches de la science-fiction : une population responsable, éduquée, civique, une constitution irréprochable et respectée. Difficile, quoi.

            Ce que tu oublies juste de préciser, c’est que… c’est pareil pour tous les autres systèmes.
            Sur le papier, la redistribution c’est une super idée. Donner à chacun les mêmes chances de départ, super non ? En pratique ça tourne toujours au nivellement par le bas, à l’accaparement des ressources par une caste d’insiders, à des gaspillages phénoménaux.
            Pareil pour le socialisme. Bien sûr que ça marcherait. Si les chefs de l’administration étaient omniscients, incorruptibles, hypercompétents. Si on était tous des bisounours. En pratique échec.
            Pareil pour le keynésianisme. Ca marcherait si les politiciens savaient mieux que les gens ce qui est bon pour eux. En pratique échec.

            RIEN ne marche vraiment. Alors à choisir je préfère le système qui donne le plus de chance à un individu isolé de résister à un arbitraire autoritaire.

            La crise actuelle verra l’agonie du néoféodalisme, bâtard assez difforme d’un libéralisme de phantasme.
            Il verra juste aussi l’agonie de l’Etat providence obèse, bâtard d’un socialisme pour bisounours.


        • Delphin Le 07 juin 2012 à 08h36
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          Première qualité d’un bon libéral, l’agressivité (qui permet de conquérir des marchés).
          Dudu passe l’examen haut la main :
          Je crois que vous feriez mieux de revenir à la définition au lieu de sortir votre litanie Gauchiste.” (citation Dudu)
           
          En réponse à mon constat, avec lequel on peut être en désaccord :
          Le libéralisme, c’est ça : Privatisation des profits, socialisation des pertes.

          Rien de tel que les “crises” pour que la réalité devienne compréhensible, car elle affleure alors.” (citation Delphin)
           
          Delphin, autrefois fustigé de ne pas être gauchiste, quand c’était la grande mode dans la jeunesse d’alors.
           
           
           
           


        • step Le 07 juin 2012 à 09h13
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          alors figure Benj, qu’on est d’accord sur tout alors. Moi non plus je ne trouve pas qu’un état qui se mèle (durablement) de tout est une bonne chose. Je prédis juste que ce qui va arriver fâce à la crise qui fonce vers nous (la vitesse à encore accéléré ces derniers temps). Nous n’avons certainement pas inventé un système qui fonctionne en tenant compte des forces et des faiblesses de l’humain, ni le libéralisme, ni le marxisme. La faute principalement au concepteurs de ces théories économiques qui ont dédaigné tenir compte des élements sociologiques et à ceux qui ont cru qu’une utopie pouvait être appliquée telle quelle.

            Sur le principe je suis aussi un libéral, je suis juste conscient que c’est de la science-fiction. Je pense (là nos analyse divergent un peu, et même sur ce point je suis pas tout à fait d’accord avec Frédéric Lordon) que l’état peut se ressaisir et être dans la situation de crise que nous alons vivre pendant un temps limité l’expression de la volonté populaire (un élu convenablement sous-pression peut prendre des décisions dans l’intérêt général, sisi)… ce que ne peut pas être notre système libéral malade actuel (par euthanasie syndicale, par non fonctionnement des forces de rétroaction non institutionnelles en principe devant assurer l’équilibre des forces). Bref là et vu la situation qui vient, il vaut mieux plus que moins d’état. Ce n’est pas un bon fonctionnement pérein et il faudra remettre en fonction des systèmes actuellement dysfonctionnels et édicter des principes clairs de non mise en concurrence de la valeur travail et écologique dans le système au futur (il reste la concurrence sur les process, les techniques, les organisations, les performances individuelles…) avant de re-mettre la liberté au coeur du projet de société. Sinon nous serons tous condamnés à répéter les montagnes russes que nous allons vivre.

          Hé bien finalement, je vois que le bon sens fini par triompher dans nos discussions, il finira bien par en sortir quelque chose de bien. Sur les valeurs ‘bisounours’, je pense (mais là c’est une position empathique, rien de sûr) que l’homme n’est pas condamné à ne pas pouvoir se “bisounoursifier”, et même si totalement inadapté actuellement, l’horizon historique de l’humanité n’est pas de se complaire dans le combat (guerre ou son avatar de concurrence économique). Ce serait décevant pour l’espèce, mais cela est un autre débat.


          • Benjamin Franklin Le 07 juin 2012 à 12h20
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            Alors on peut peut-être discuter des réformes qui pourraient être intéressantes.

            De mon point de vue de libéral :

            catégorie à peu près faisable en France :
            -fusionner un maximum d’impôt. Remplacer toute la fiscalité, les niches fiscales et les transferts sociaux par un impôt négatif universel sur le revenu (salaire comme dividendes). Ca limite la complexité, les lourdeurs administratives, les effets pervers (pourquoi taxer différement les salaires, l’immobilier et les dividendes ? ca crée des bulles…). Pourquoi prélever un surcroît d’impôt à une famille aisée si c’est pour lui rendre une partie en allocations familiales ? Autant calculer le solde fiscal avant.
            En pratique ça augmentera d’ailleurs l’imposition globale des plus aisés (cf Piketty)
            -baisser la TVA (impôt le plus “injuste”), voire la supprimer, au profit de cet impôt sur le revenu.
            -passer au 100% open data (je sais que ça commence déjà, notamment dans ta ville, mais de ce que je vois sur le site officiel, c’est encore très très pauvre à l’échelle nationale)

            Rien que ça devrait déjà réduire du gaspillage et redonner des marges de manoeuvre niveau budget

            Déjà plus délicat :
            -passer à la retraite à points (le système suédois actuel)
            -passer au chèque scolaire, ou à l’autonomie complète des écoles
            -mettre en concurrence les assurances maladies (avant que tu ne hurles, c’est ce qui est fait en Belgique, un pays qui je l’espère te paraît suffisamment proche de nous culturellement : l’Inami (publique) collecte les cotisations, et en confie la gestion au prorata des adhérents à des unions mutualistes (de droit privé) choisies elles directement par les cotisants). Il “suffirait” en France de laisser le choix de sa CPAM et de les rendre autonomes, pour commencer. Ca équivaudrait à un chèque santé.
            -rendre la création d’un syndicat aussi facile que celle d’une association loi 1901
            Remplacer le financement public direct des syndicats par un chèque syndical. Autoriser un syndicat à remplacer une partie du code du travail par une convention collective appliquée uniquement à ses adhérents.
            -virer du corpus législatif toutes les lois qui sont des redites ou pire encore se contredisent (5 à 7 ans de travail pour le parlement, au moins)

            Ca c’est plus pour le côté apprendre aux gens à décider eux mêmes de leur vie

            Là il va falloir vraiment des c…, on est en pleine science-fiction, surtout en France :
            -passer au salaire complet, quitte à mettre en place un chèque santé et un chèque retraite
            -supprimer la taxation des entreprises : une entreprise ce sont des salariés (qui paient l’impôt sur le revenu-salaire) et des actionnaires et créanciers (qui… paient aussi l’impôt sur le revenu-dividende. Même s’ils sont étrangers, suffit de prélever à la source). Il suffit d’adapter le taux d’impôt sur le revenu. En même temps tu vires les subventions aux entreprises.
            Vu la structure impôt sur les entreprises/subventions en France, ça reviendra à baisser les prélèvements des PME et accroître ceux du CAC40, avec l’avantage de la simplicité et de la transparence.
            -donner un support juridique au paiement en monnaies privées garanties par des métaux précieux (pour commencer)
            -faire entrer le “No bailout” en très très gros dans la constitution, et l’associer à une législation de faillite bancaire d’urgence “à l’islandaise”
            -supprimer la garantie publique des dépôts
            -confier les parts de l’Etat dans les entreprises publiques à des institutions mutualistes, transformer les EPIC en fondations
            -supprimer le statut de société anonyme et le principe du conseil d’administration. Rendre obligatoire la mise à disposition en ligne aux actionnaires de la comptabilité complète de l’entreprise. L’assemblée générale des actionnaires a les pleins pouvoirs pour fixer la rémunération du top management.
            -faire défaut sur une partie de la dette publique

            Ca c’est le plus dur, mais ça risque d’être absolument nécessaire pour éviter l’effondrement social complet dans les années à venir sous le choc des faillites financières.

            Qu’en penses-tu ?


          • Un_passant Le 07 juin 2012 à 13h09
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            @Ben (pardon pour le raccourci ;-) )
            +1


          • step Le 07 juin 2012 à 14h19
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            -fusion impôt ok, niches fiscales et compagnie, tout à fait d’accord. Par contre non à une flat taxe, car c’est la perception de la “douleur” de l’impôt qui doit être équilibré or le restant à vivre de x% de 20 000 et de x% de 200 000 ce n’est pas du tout la même chose, même modulo le seuil initial. L’impot ne doit effectivement pas regarder la nature du revenu mais doit rester progressif (sans effet de seuil). Enfin ce sont des détails politiques et non techniques, l’idée principale de l’indifférenciation des revenus et de l’impôt universel négatif pour simplifier tout ou partie du système de redistribution me parait bonne. Il faut enfin un système de contrôle très efficace car la propension à la sous-estimation des revenus dans ce système est reconnue. Pour être précis, une bonne courbe d’imposition doit commencer comme l’impôt universel mais rebiquer vers le haut à partir de 20x le salaire médian. Cela nous économiserait aussi les questions éthiques des salaires dépassant la limite éthique de ford. Je suis d’accord qu’économiquement ça fait exil fiscal et patincouffin, mais c’est une question de cohésion sociale, pas d’économie.

            - la TVA n’est pas un bon impôt, si on peut accroitre la progressivité de l’impot sur le revenu pour la supprimer au moins sur les produits de première nécessité, pourquoi pas. Par contre, il me parait important au vu du challenge écologique et social de pénaliser l’achat de produits à énergie grise importante ou basés sur de la traite humaine, afin d’orienter la consommation vers les produits les plus vertueux. Un bonus malus généralisé en quelque sorte, sinon la limite écologique/sociale nous tombera sur le dos, mais effectivement pas un impôt aveugle comme la TVA.

            -100 % opendata rien à dire, la puissance publique bosse pour le public, elle doit lui rendre son action transparente. Ce n’est pas en cours dans ma ville, c’est en ligne :-) . On est pour le moment qu’au premier laché de données, mais le nerf de la guerre, soit le budget fait partie de ce premier laché.

              système à point suédois pour les retraites: oui à plusieurs conditions: Que la valeur du point soit juridiquement acquise, ce qui est il me semble le cas en suède afin d’éviter tout tripatouillage de la valeur des points pour altérer les droits réels (en euros). En plus du modèle suédois, un prélèvement plus important sur les plus hautes cotisations afin d’abonder une caisse pour les plus démunis. Enfin un age maximum légal entre 60 et 70 ans ou quoi qu’il en soit la retraite est mise en oeuvre, le montant min étant garanti par cette caisse de solidarité. (il faut aussi respecter les 20 ans de sa mise en oeuvre…).

            Chèque scolaire, pas d’autonomie complète, ne serait-ce que pour garantir un contenu commun (j’ai pas dit des pédagogie identiques) à un cursus. Le chèque scolaire doit cependant être pondéré par un système de dotation minimale de fonctionnement, pour ne pas renforcer la désertification scolaire. Il ne faut pas avoir une éducation à deux vitesses, ville/campagne, mais le chèque scolaire pourrait pour le moins couvrir le coût unitaire de l’éducation, pas forcément celui de l’existence de la structure, car c’est aussi une question de volonté politique et là encore de cohésion sociale. Cela aurait l’avantage de concrétiser les impôts et de responsabiliser les familles. Si la question derrière ta remarque est la mise en concurrence des services publics entre eux afin d’ameillorer l’allocation de ressource vers l’aspect éducatif, pas de problème j’y suis favorable. Attention toutefois, pas de droit de donations privées au privé non plus, ni en nature ni en espèce, ce qui est abondamment le cas et favorise la structure associative privée par rapport à la publique, mais une organisation qui récolte et redistribue ces fonds aux établissements ayant des soucis. Résumé : une partie chèque scolaire, oui.

            les belges ne sont culturellement proches que des belges c’est bien connu ;) . Non sinon oui encore sur le principe, je n’ai rien contre la concurrence à l’intérieur du public, bien au contraire. La perception de la cotisation doit effectivement être publique et les assurances ne doivent pas avoir de lien avec la bourse pour la gestion de leurs fonds.

            - syndicat, je suis pour rien à redire, le principe de représentativité, c’est juste de la cooptation en france, idem pour son financement. Négatif pour l’autorisation, si elle est moins disante que la loi. Les syndicats n’ont pas la capacité de dire non à n’importe quoi dans la situation économique et sociale actuele (au delà des protestations sans conséquences), ce serait la porte ouverte à tous les chantages à la délocalisation, ou alors on a mis en place un protectionnisme modéré pour protéger le salariat du dumping social et/ou écologique.

            -nettoyage législatif, oui et 7ans tu sous-estimes…

            alors le couillu maintenant…:

            -ah oui c’est sf, mais pas “quitte”  mais à condition de. si le pequin savait gérer les sous, ils n’éliraient pas les politiques actuels…. 

            - Pas de subvention aux entreprises sans contrat public écrit qui engage l’entreprise à une mission de service public (en cas de défaillance). Si il y a un projet qui motive l’état, il a sa banque d’investissement, mais ce ne doit pas être une subvention.

            - Non une entreprise c’est aussi une caisse à elle (une trésorerie), il y a donc de l’argent qui n’est ni un salaire ni une rémunération d’actionnaire et qui doit comme toute production de richesse être imposé. Surtout comme on le constate actuellement quand les grands groupes se dotent de licences bancaires.

            - pour le monnaies je ne vois pas l’interêt, je vois un risque de banque le law par contre. Si l’état est bien géré, il ne pesera pas sur la monnaie, donc quel interêt ? (si tu me sorts que les salariés vont le négocier, je commence à rigoler).

            - oh que oui pour le no-bailout. Mais il ne peut être fait QUE après séparation dépot/investissemnt au niveau des banques sinon ton bailout constitutionnel, on s’asseyera dessus (et pas une séparation de forme).

            - bah la garantie publique des dépots c’est du flan, car si elle est exercée un jour ce sera de la planche à billet donc la valeur garantie ne sera jamais payée (en valeur). On peut la supprimer, mais je pense que cela fera fuir les capitaux vers les pays le garantissant. Bizarrement (la encore c’est de la sociologie), les épargnants préfèrent les monnaies de singe à rien…

            - mieux : confier les parts de l’état aux salariés d’une entreprise…cela permettrait largement de rétablir le rapport de force interne aux entrerprises tout en responsabilisant les salariés/actionnaires. Les salariés siégeraient en tant qu’actionnaire et l’état récupérerait les bénéfices de la bonne gestion pour son financement (la dette enfin toussa toussa). Mais effectivement je suis contre les “émissaires gouvernementaux” dans les comités d’actionnaires.

            -  opendata pour les entreprises tout à fait d’accord ET PAS SEULEMENT aux actionnaires. Si l’on savait les comportements de certaines firmes, le consommateur se transformerait en consomacteur instantannéement. ok pour l’actionnariat qui décide des rémunérations à condition que les salariés montent au capital par leur travail.

            - le défaut hé oui et en chaine, quand je te parles de ici et maintenant plus d’état, c’est principalement pour faire fâce à ça. Cela va clairement secouer.

            Mes ajouts maintenant et attention c’est aussi couillu:

            - Eradication des paradis fiscaux et de tout système d’opacité fiscale, tout pays doit pouvoir savoir à tout moment quelles sont les possessions d’un de ses résidents.

            - Mise en place d’un mécanisme pénalisant toute application de la théorie néoclassique que la compétitivité s’acquiert en tapant sur (les salariés/ la planète). Exemple, un protectionnisme raisonnable basé sur le coefficient de gini/energie grise du pays producteur/de la production. Notre planète ET le respect de l’humain ne sont pas des valeurs marchandes.Possibilité de revendre les “droits à polluer” que pour des pays à niveau d’industrialisation comparable.

            - Mise en place de chartes éthiques contraignantes pour éviter les conflits d’interêts autant dans le public que le privé avec pénalité lourde à la clé. Impossibilité pour un élu de faire plus de trois mandats dans toute sa vie. Tout élu condamné ne peut plus se présenter à vie. Obligation pour toute personne de travailler au moins 1 an dans le public (ce sera bon pour le public et pour la citoyenneté) en remplacement du service militaire (l’armée c’est public donc ça compte).

            - Toute dissimulation fiscale est sanctionnée d’un impôt de 100% sur la somme découverte.

            - Séparation des banques de dépots (mutualistes) et d’investissement (privé).
            - Un fixing par semaines à la bourse, fin du HFT de la spéculation à nue et autres techniques boursières (spéculation sur la variation d’un cours (qu’il monte ou qu’il baisse (cf facebook))comportant un gros aléa moral. La bourse c’est pour investir directement dans un projet séduisant, pas autre chose.

            -Enregistrement des lobbys, tout agenda politique doit être public, les rencontres lobbys élus doivent être publiques (retransmises sur internet).

            -La montée en puissance des salariés dans le capital de leur entreprise doit être mis en place soit par une partie de rémunération en action soit par tout autre dispositif équivalent. La minorité de blocage doit être atteinte pour que toute décision importante soit négociée entre gentlemen.

            - Pas de système d’actions sans droit de vote ou à droit de vote étendu. Une action un vote, sinon on sait déjà quelles actions les salariés vont récupérer.

            Ce sont principalement des conditions sociales afin de garantir la cohésion sociale d’une économie libérale. Le prix à payer de la viabilité d’un tel système économique en quelque sorte. Ce n’est pas exhaustif car la créativité des hommes pour détourner l’intérêt général à leur profit est sans limite, tu le sais.

            Bon je go au travail c’est ma nocturne, j’ai des mises à jour à faire hors prod. A ton tour….  


          • Benjamin Franklin Le 07 juin 2012 à 16h44
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            La progressivité de l’impôt sur le revenu, ça peut encore se discuter. Pour le moment mon opinion c’est que le simple fait de passer à un taux unique universel augmenterait déjà la taxation effective des très hauts revenus. Mais c’est plutôt du détail.

            Pour le chèque scolaire, une base commune pourquoi pas. Il y a de la marge sur les contenus de toutes façons, vu l’inanité des programmes actuels. Juste sur les détails : passer au 100% chèque scolaire y compris sur les structures ne serait pas forcément inéquitable. A l’heure actuelle, on dépense moins pour un lycéen de zep que la moyenne nationale. Et l’immobilier coûte aussi moins cher à la campagne ! Dans tous les cas, même partiel ce serait un progrès.

            Pour le remplacement du code du travail par des conventions collectives, le principe d’éviter le moins-disant me semble raisonnable. Ca va par contre être dur à déterminer dans certains cas, vu la complexité du code…

            Pour les monnaies privées, tout l’intérêt c’est d’éviter l’effet Law justement : si un beau jour l’envie prend aux énarques de faire tourner la planche à billets ou d’arnaquer sur les garanties déposées à la banque centrale, les gens pourront se rabattre massivement sur une autre monnaie moins falsifiable, et pschitt la monnaie de singe !

            La garantie publique des dépôts c’est un très gros aléa moral en fait. A mon sens il faut juste choisir entre un glass-steagall act et la non-garantie des dépôts. Le premier est sensé s’assurer que les banques d’affaires ne piochent pas dans les dépôts, le deuxième que le déposant est responsable du choix de sa banque. Ce point là peut encore se discuter.
            Un moyen à envisager pour éviter la fuite des capitaux serait de rendre le renoncement à la garantie volontaire (dans un premier temps), avec comme récompense l’élaguement de 99% de la règlementation bancaire pour les banques qui acceptent. Ca stimulerait considérablement la création de nouvelles structures bancaires, et ferait rapidement le tri entre les banques “douteuses” et les saines.

            Concernant les pratiques spéculatives, je pense qu’une politique monétaire non laxiste, la non-garantie des dépôts, le “no bailout”, la suppression des niches fiscales et une législation immobilière moins kafkaïenne qu’actuellement, devraient déjà les réduire singulièrement. S’il en reste encore à ce stade, on pourra alors envisager des méthodes coercitives.

            Je suis favorable à la taxation compensatoire des externalités négatives sur l’environnement (le pollueur payeur quoi), là dessus ok. Pour la sanction des pratiques sociales scandaleuses des sweat shops du tiers monde c’est déjà plus délicat : interdire les importations des sweat shops ça part d’une bonne intention mais ça va renvoyer les coolies dans des campagnes où ils crèveront encore plus de faim. Le pragmatisme de la mesure se discute.

            Pour les chartes éthiques et la participation des salariés, d’accord aussi. Je dirais quand même qu’on aura besoin de vrais syndicats à ce moment là (mais le chèque syndical devrait y contribuer).

            Ok pour le reste.


          • Patrick Luder Le 07 juin 2012 à 17h48
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            Vous faites un concours pour essayer d’endormir les lecteurs ? Ben pour moi c’est loupé, ça me tttiennns pluplutôooot ggrrrrrrrrréveillé !


          • step Le 07 juin 2012 à 22h58
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            je viens de rentrer et de lire ton post, l’aspect monétaire me parait toujours abstrait (il n’y a pas que les énarques qui déconnent ). Le problème du pshiit la monnaie de singe c’est les dégats collatéraux sur tous ceux qui ne seraient pas des cadors des monnaies libres et qui seraient payés en cette monnaie par des employeurs peu scrupuleux. Il y a une capacité à l’arnaque par le plus malin qui m’inquiète.
            Pour la spéculation, il y a beaucoup d’ordre à remettre dedans et bien au delà de la bulle immobilière ou des activités bancaires. Tu sous-estimes largement ce problème qui pèse énormément sur la crise actuelle. Il sévit des comportements qui dans tout autre domaine que la finance serait légalement punissable et une impunité totale. Même si la pression qu’il faut mettre dépasse les objectifs de mise en ordre, il faut la mettre car il y a des éthiques à redresser et cela est bien plus difficile que un bon fonctionnement économique. Des mauvais plis ont été pris, et quand on travaille de l’humain, il faut avoir la main lourde sur le défroissage pour obtenir un comportement intègre.
            Je ne vois pas en quoi l’abandon de la garantie des dépots et le glass steagall act est exclusif. La personne dépose son argent dans une banque de dépôt et si elle veut batailler en bourse elle achète des actions du fond d’investissement. Il y a un énorme aléa moral à ce que les économies d’un individu soit placés dans des structures qui ont comme activité entre autre de prendre de gros risques. Je ne vois pas d’ailleurs en quoi la non garantie d’état les empêcherai de taper dans la caisse. Si le monde financier savait ne pas mettre la main dans le pot de confiture, cela se saurait. Tu ne souhaites pas vivre à coté d’un site d’essai nucléaire, la majorité des gens non plus, or actuellement on ne leur demande pas leur avis.
            Je ne suis pas pour l’élagage de 99% de la législation bancaire surtout si on ne dit pas laquelle. Ma confiance aux banques à ses limites, et elle sont vites atteintes. Il faut voir qu’ils ont sciemment contribué à la raccourcir en faisant du chantage systémique aux états.
            Pour la compensation sociale, je ne veux pas interdire l’importation des sweat shops, il faut un système de compensation continu qui fait qu’un produit fait dans de bonnes conditions sociales arrivera au même prix pour le consommateur qu’un produit fait dans de moins bonnes, tous les autres éléments de la production étant comparables. Diminuer la masse salariale ne doit pas permettre de boost de compétitivité. Ce point est absolument essentiel car sa pratique est en train de détruire la classe moyenne dans tous les pays. La victoire d’une entreprise sur une autre ne doit être lié qu’a un meilleur process, une meilleure performance des travailleurs, un meilleur positionnement commercial, ou une meilleure communication. Sinon ton néo-feodalisme ce sera bientôt le cadet de nos soucis car on en sera au néo-esclavagisme. Je conçoit que c’est complexe à mettre en œuvre mais si c’est correctement fait, les pays actuellement exportateur purs auront un intérêt commercial à améliorer le standard de vie de leur propre population afin de faire baisser le niveau de taxe vis à vis des autres pays. Je ne veux pas un système de taxe contre les produits étrangers, il faut absolument un système de taxe contre les moins disants sociaux. On est capable d’évaluer la qualité écologique d’un produit on doit aussi savoir évaluer la qualité sociale d’un produit, sinon le nivellement par le bas dans un système libéral des conditions de travail des gens sera inévitable et ta théorie sera bonne pour les orties. Il existe des indices (gini, idh, BIB) des labels et des certification sur le sujet, il est urgent de s’en servir. C’est à mon avis prioritaire sur les réforme du fonctionnement de l’état qui comme tu le constates ne me pose par particulièrement de question. On ne peut pas continuer la désindustrialisation en cours, il faut du primaire, du secondaire et du tertiaire dans tous les pays, ainsi que des productions dans les différents niveaux de qualité. Un pays ne peut pas vivre sur le tertiaire de service de haute valeur uniquement, sinon c’est 40% de chômeur qu’on va se trainer.
            @Patrick : t’en as du courage, et désolé pour la suisse, il faudra la mettre au pas fiscalement, je ne doute pas qu’elle a d’autres atouts que la truanderie fiscale dans sa manche, ce sera l’occasion pour elle de les utiliser.


          • Benjamin Franklin Le 08 juin 2012 à 07h56
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            Les monnaies privées ne sont bien sûr pas la panacée, pour les raisons que tu évoques précisément. Mais c’est une solution de secours fort utile en cas de pratiques inflationnistes. L’or a aussi l’avantage de parler à tout le monde, y compris aux non-experts. Et les taux de changes entre les différentes monnaies peuvent servir de détecteur de risques, bien plus efficacement que des agences de notation.

            Je suis d’accord sur la spéculation et la nécessaire règlementation. J’insiste juste sur le fait qu’une règlementation coercitive, c’est aussi un risque : c’est lourd (et cher) à mettre en place, ça a souvent des effets secondaires imprévus, et il faut surveiller le régulateur. Donc avant d’en arriver là, on peut déjà couper le principal carburant de la spéculation, à savoir l’argent facile, avec les mesures que j’évoque. Une fois cela fait, il sera plus facile de réglementer la spéculation restante.

            La simplification de la règlementation bancaire, c’est précisément pour permettre à des petites structures bancaires à peu près éthiques et responsables de commencer à exister, justement. On a la preuve dans les faits actuels que la paperasse n’empêche absolument pas une gestion catastrophique. Par contre elle bloque l’entrée de nouveaux arrivants.

            Le premier défaut du glass steagall pour moi c’est qu’il ne sert à rien. Il n’a pas empêché les crises américaines entre 1933 et 1999, et les faillites qui ont marqué le début de la crise actuelle n’étaient pas des faillites de banques “mixtes”.
            Le deuxième défaut, c’est précisément qu’il s’agit d’une mesure symbolique. Les politiciens sont persuadés d’”agir” s’ils le rétablissent, alors que le problème est bien plus profond.
            Je conseille de lire ce court article (et je ne pense pas que le New York Times soit un repaire de monétaristes ) : link to dealbook.nytimes.com

            Je propose qu’on continue sur un prochain billet, sur celui là ça devient long.

            @Patrick
            Désolé, ça arrive qu’on déconnecte. En même temps, on peut quand même se réjouir de voir qu’on peut arriver à fédérer les gens sur des mesures concrètes, non ?


      • bourdeaux Le 06 juin 2012 à 20h14
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        Analyse très juste de STEP, merci. Il est vrai qu’on a aussi entendu pendant 20 bonnes années les communistes tenter de protéger leurs idéaux contre l’entêtement des faits…Comme si les théories étainet comme des mirages: elles n’ont d’existence que tant qu’on ne s’en approche pas trop…


      • Eric Le 07 juin 2012 à 08h36
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        Personnellement je suis plutôt pour le partage et la solidarité mais le vrai libéralisme n’est pas pour la socialisation des pertes. J’ai eu cette discussion avec une économiste qui me disait que le marché n’est pas efficient parce que l’état intervient.  Si les états laissaient faire faillite les banques elles joueraient peut être moins au casino.


        • step Le 07 juin 2012 à 12h11
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          bouaf, plutôt non, les banques jouent toujours l’argent des autres (c’est leur métier) principalement. si c’est pas l’état qui prend c’est les épargnants, dans les deux cas ils s’en foutent un peu. L’état a sauvé les banques pas que par amour enarquien, mais aussi car des émeutes devant des grilles fermées de banques,c’est aussi un problème pour l’état. Au débuts de la construction US, l’état fédéral était plutôt pas très pesant, cela n’a pas empeché les banques de sauter joyeusement (et pas que lors de braquages façon western :) . Elles misaient sur des hypothèses de filons d’or (les facebook de l’époque), des villes champignons poussaient sur du vent et la bulle orifère, immobilière pétait entrainant la banque en question par le fond.

           Plus généralement, le baby sitting par l’état des banques est il un aléa moral. Oui bien sûr, c’est bien le problème du caractère universel des banques. Si on était dans un western, c’est une prise d’otage. Personnellement, je pense que l’aléa moral a volontairement été mis en place par ceux qui en sont actuellement les principaux bénéficiaires. Après on peut toujours dire que c’est la faute de l’état de l’avoir permis, et pour le coup on aurait raison.


        • step Le 07 juin 2012 à 12h13
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          haha la théorie libérale vous voulez dire… le vrai libéralisme ça existe po:). Pour la réponse sur la réalité voir plus bas.


    • Aston Lockheed Le 06 juin 2012 à 15h54
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      bof, je vais faire mon Pat Buchanan: les élites au pouvoir, les défendeurs du libéralisme, les banquiers… sont des milieux très collusifs, pour ne pas dire les mêmes. En temps de crise, on aide les copains. Ce n’est pas du simple interventionnisme d’Etat. C’est du copinage…


      • step Le 06 juin 2012 à 16h06
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        ah battu par un autre blogueur, normal vu son pseudo, il est motorisé lui ^^


        • Aston Lockheed Le 06 juin 2012 à 16h17
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          nous ne sommes jamais trop de gauchistes pour tenter de raisonner un GIEC-sceptic ;)


          • Delphin Le 07 juin 2012 à 08h41
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            Le libéralisme niera le réchauffement jusqu’à la dernière goutte de pétrole, car il met une limite à sa folie productrice.
             
            Delphin


  19. Dudu Le 06 juin 2012 à 15h56
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    Il y a un passage interressant pour Olivier, celui où Lordon explique la main mise des économistes mainstream sur les opposants aux thèses officielles. C’est exactement ce qu’il s’est passé avec les scientifiques au niveau du climat. Olivier a pourtant défendu bec et ongle les thèses du GIEC qui discrètement, jour après jour, tombent en morceau. 


    • step Le 06 juin 2012 à 16h07
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      ah l’argent permet toujours d’écrire la vérité à l’usure… au moins un certain temps…


    • Christophe Vieren Le 08 juin 2012 à 10h14
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      @Dudu : ouah un scoop !
      Heureusement, les morceaux qui tombent ne sont que des miettes.

      On va pas entamer un débat sur le climat ici, mais ce qu’il me manque toujours pour adhérer à cet hypothèse du “complot” du GIEC, c’est le mobile du crime : pourquoi 99% de la population – dont font partie les scientifiques “réchauffistes” -, mondiale, 99% des entreprises mondiales (en nombre, en CA ? en profit, en tout ce que tu veux), 99% des hommes politiques, . . . soutiendraient-ils cette thèse du changement climatique anthropique, qui nécessite, pour y pallier, des mesures plutôt restrictives ? Z’ont pas assez de problèmes comme cela ? Qu’ils soient sociaux, économiques, écologiques, …  Pourquoi en rajouter un nième ? 
      En revanche pour les économistes mainstream, et ceux qui les promeuvent, le mobile de leur mensonge me parait assez clair. Voir en particulier le pedigree des économistes membres du cercle des économistes (pour les sources et lien : Les économistes multicartes !).


  20. Helios Le 06 juin 2012 à 19h57
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    Le point le plus intéressant de l’article est pour moi la partie qui concerne les économistes et comment ils sont sélectionnés dans la recherche et l’université. Le reste ne m’apprend pas grand chose. Au fond les choses sont simples : les “élites” à un moment donné n’ont qu’un but : préserver la hiérarchie sociale existante. Elles n’ont pas une mesure objective de leur intérèt, seule la hiérarchie compte, même au prix de l’effondrement. On peut voir une situation analogue dans le roman “Août 14″ de Soljenitsyne, qui décrit la débacle russe en 1914. La chute de Constantinople en 1453 a dû être semblable.
    Je trouve plus intéressant, en ce qui concerne l’évolution de la situation, le point de vue qu’on trouve dans le blog de Patrick Reymond (même si je ne partage pas toutes les conclusions), qui consiste à dire que nous (et nos sociétés) sommes au fond peu différents des hommes du passé (depuis l’Antiquité), et que des choses déjà vues se répètent maintenant, que nous sommes incapables de voir à cause de notre arrogance persuadés d’être beaucoup plus évolués.
     


    • step Le 07 juin 2012 à 09h21
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      la progression de nos sociétés a été technique et même cette progression a été fulgurante (avec les problèmes sociologiques (répartition et raréfaction du travail) que celà pose). Mais d’un point de vue organisationnel et sociologique nous sommes restés des sociétés commerçantes nous avons juste plus ou moins réussi à ponctuellement dépasser la guerre physique par la concurrence économique pour l’appropriation des biens (et encore c’est un “progrès” récent). Le système actuel d’ailleurs n’aide pas l’humanité à se transcender au niveau de ses principes et de ses valeurs. On est pas au bout de l’histoire, et c’est après tout une bonne nouvelle.


  21. Marcus Le 06 juin 2012 à 20h47
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    Les Blog se rencontrent :
    link to unmondeencrise.com
    Amicalement.
    Marc


  22. Minelli Valérie Le 06 juin 2012 à 21h17
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    Illusion….tout n’est qu’Illusion.
    Tout empire, toute civilisation, tout système politico-économique arrivant à son apogée, ne peut ensuite que décroitre,s’effondrer, mourrir…
    Comme l’être humain..
    Que les “faibles” soient sacrifiés au profit des plus forts, c’est dans la nature humaine, …jusqu’à maintenant.
    Courage, n’ayons plus peur et avançons dans l’adversité en jetant nos oripeaux:
    De plus beaux,de plus lumineux nous attendent;
    Amitiés à tous
     
     
     
     


    • Marcus Le 06 juin 2012 à 23h32
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      Le plus important Minelli Valérie c’est de ne pas avoir peur.
      Plus facile à dire qu’à faire, mais il faut le dire sur les Blogs.
      La situation est catastrophique mais autre chose naîtra.
      Je dis des banalités mais ces banalités doivent être dites.
      Amicalement.
      Marc
       


  23. Derek Le 06 juin 2012 à 22h18
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    Désolé, ce genre de pamphlet anti-libéral ne me convainc pas. F.Lordon s’escrime à essayer de nous prouver que le néolibéralisme (quand on met “neo” devant un mot, c’est qu’on souhaite caricaturer le concept, non ?) et la finance en liberté sont les causes de tous nos maux.
    Je ne crois pas. Je dirais, moi, que c’est la social démocratie, ou plutôt la volonté de la classe politique (de tout bord) de séduire la classe moyenne par des cadeaux récurrents conduisant d’abord à une mauvaise allocation du capital et ensuite aux déficits publics en résultant qui est la cause de tout.
    C’est vrai qu’on risque d’aller dans le mur, et assez vite, avec éclatement de l’euro à la clé et toute sorte de conséquences contraignantes que nos politiques sauront nous imposer dans la droite ligne de leur constante incompétence économique. Mais la façon la plus simple de sortir de là par le haut serait d’abord d’équilibrer nos comptes publics (n’importe quelle entreprise privée règlerait un problème de déficit de 5% en deux ans maximum, en commençant par virer ses patrons d’ailleurs, et la taille  de l’entreprise France n’est guère qu’une dizaine de fois celle d’une grosse entreprise du CAC 40).
    Cette obstination a accuser le marché, les spéculateurs, les agences de notation, etc.. de tous nos maux m’énerve : si les agences de notation n’avaient pas commencé à tirer les sonnettes d’alarme en dégradant laa note des états, nos politiques auraient évidemment continué à creuser nos déficits sans vergogne pour sécuriser leur réelection. La réalité est  que les marchés sont les réels seuls contre pouvoirs face à l’incurie et la volonté de durer des politiques; C’est une vue sans doute un peu provocatrice, mais réfléchissez y deux minutes à tête reposée et vous verrez que je n’ai pas nécessairement tort ….
    Merci Olivier pour votre travail remarquable, même si je suis trop (néo)libéral pour être toujours d’accord avec vous (j’ai l’impression quand même l’impression de partager  avec vous une sainte horreur de l’acceptation résignée des déficits publics).


    • Benjamin Franklin Le 07 juin 2012 à 08h17
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      C’est assez triste à dire, mais en osant dire ça en France, vous vous mettez mécaniquement dans le camp des nazis, des suppôts du grand capital et des amis de Jean-François Copé…


      • step Le 07 juin 2012 à 09h30
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        Bah pas de point godwin dans cette histoire. Juste la remarque que les pays sans états ca vire très vite mal (au niveau sociologique) et que l’allocation de richesse hors redistribution (avec ses défauts) du système libéral a tendance à faire aller l’argent à l’argent, ce qui n’est pas (de mon point de vue) une allocation optimale (après tout dépend de ce qu’on met derrière optimal (je donne ma définition  : optimal, qui permet à tous ceux fournissant un effort raisonnable de vivre en bon père de famille)).

        Après même chez les “soit disants gauchistes” vous  aurez (dont moi) plein de gens qui ont une sainte horreur des déficits publics. Et heureusement, car ce n’est pas une question économique mais bien une question de démocratie (même lordon le dit par son “corps étranger au pacte social”). Au delà de nos différences d’analyses économiques il me semble qu’il y a beaucoup de monde sur ce blog qui recherchent comment “démocratiser nos démocraties”. C’est un des charmes de ce blog d’ailleurs (au delà des excellentes synthèses d’olivier).


        • step Le 07 juin 2012 à 09h38
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          Il y a une très bonne question au frontière de ce post. Peut-on faire un système politique sans tomber dans le népostime et le clientélisme politique (avec les déficits qui vont avec) et en permettant à la “classe moyenne” de vivre dignement. C’est le débat de l’élection par le hasard et d’autres propositions sur la question, des socles de valeurs de nos sociétés, qui sont assurément à revoir. Evidemment les âmes sensibles aurant le vertige devant cette perspective, celà tombe bien, les âmes sensibles auront de toute façon le vertige dans un futur proche…. autant utiliser avec intelligence cet impondérable donc.

          Juste une remarque : ce n’est pas parce que quelqu’un est pointé du doigt comme responsable qu’il est forcément innocent. Ah la théorie du complot, quand tu nous tiens….


          • Benjamin Franklin Le 07 juin 2012 à 12h26
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            Je suis d’accord, il arrive que le bouc émissaire ait aussi sa part de responsabilité. Par exemple, ce sont bien souvent les banques qui ont insisté pour obtenir la fatale garantie publique des dépôts et autres politiques de bailouts. C’est le vieux problème des insiders/outsiders.

            Pour le reste, cf liste de mes propositions plus haut dans les commentaires.

            Je te trouve dur avec ce malheureux Copé, quand même : malgré tout son potentiel de nuisance, mérite-t-il vraiment d’être assimilé à un point Godwin ? :D


          • step Le 07 juin 2012 à 14h34
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            non mais il franchit régulièrement la vitesse du çon dans la naieveté (interessée) de ses analyses.


    • G. Le 07 juin 2012 à 11h38
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      @ Derek
       
      Vous avez parfaitement raison: il est bien trop facile d’être manichéen, et de désigner un seul “grand” coupable. Ceux qui critiquent la finance et la mondialisation oublient ce qu’elles ont apporté. Ceux qui prétendent que les grecs sont des saints et des victimes oublient leur façon de gérer leur économie… Ceux qui honnissent les allemands oublient de dire que leurs citoyens sont économes et travailleurs, qu’ils économisent avant d’acheter!
       
      Les Etats qui dépensent trop et mal font autant de dégâts à l’économie que des systèmes privés hors de contrôle qui spolient les gens… 
       
      La solution n’a jamais été le “tout état” ou le “tout privé”, mais un juste équilibre des deux, un jeu de pouvoir et contre-pouvoir entre privé et public. Les gens ont beaucoup de mal à accepter ça, car il est tellement plus simple d’être réducteur…


      • step Le 07 juin 2012 à 12h19
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        le plus dur dans ce jeux d’équilibriste étant d’éviter la capture du régulateur (l’état) par le régulé (les intérêts privés). Un peu la cause de la m… actuelle en somme.


    • Alain Le 07 juin 2012 à 22h28
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      Bonsoir Derek,
       
      J’ai bien compris que vous êtes (néo)libéral, mais votre intervention m’a glacé le sang.
       
      Enfin, quoi, c’est incroyable tout de même !!! Ce n’est pas l’État qui a failli en 2007, ce sont les institutions financières qui se sont plantés par goût du lucre.
       
      Si trop d’impôt tue l’impôt, alors trop d’avarice tue le système. Car c’est de cela qu’il s’agit. Et c’est arrivé quand les tenants du libéralisme (pour moi une doctrine comme une autre) ont trahi les bases de leur dogmes.
       
      Car enfin, valoriser la “valeur du travail” quand les coquins-copains faisaient leur beurre en vendant du vent, l’addition n’a pas tardé à arriver. Et plutôt que d’admettre l’erreur et la trahison au dogme proclamé, hop, comme par magie les erreurs ont été transférées (ainsi que les dettes) aux États.
       
      Pas vu, pas pris.
      Si pour vous le pamphlet anti-libéral ne vous convainc pas, personnellement, la perversion qui consiste à accuser l’État de tous les maux du monde me fatigue.
       
      Et cela fait 30 ans que je vois les libéraux tourner leurs vestes en continu, en se contorsionnant à adapter à la réalité leurs discours creux, sans pour autant faire avancer l’affaire. Que faut-il de plus pour que les libéraux admettent que leur système, doctrine, concept, expérience a lamentablement failli ?
      Et que l’on ne me ressorte pas les rengaines communistes… issues du même concept productiviste. Parce que le problème de base est qu’une croissance illimitée dans un monde aux ressources limitées est impossible. On peut tourner cela dans tous les sens, la réalité du monde physique est implacable.
       
      Alors, il va falloir se serrer la ceinture, partager les dettes (entre créanciers et débiteurs), et vivre de façon plus frugale.
       
      Je ne tiens pas à paraître agressif, mais bon les poncifs du genre : l’Etat, blablabla, c’est le mal, j’en suis fatigué. Et pourtant, je suis patron de PME (en Suisse, comme Patrick Luder) et je me bats tous les jours pour mon entreprises et mes employés.
       
      Et mon travail est donc de me projeter dans l’avenir. D’augmenter mes ventes, de prendre de nouveaux marchés, de faire du R&D, mais au bout du compte, quoi ? Tout le monde a déjà tout, et encore plus. Alors quoi ? Détruire mes concurrents, faire une guerre éternelle ? C’est sympa, grisant parfois, mais c’est aussi détruire les emplois des autres, et finalement pour quoi ? Gagner plus ? Mais je possède déjà beaucoup plus que beaucoup de personnes. So What ?
       
      Acteur du système, après réflexion et analyse, j’en suis amené à considérer le système capitaliste comme intrinsèquement pervers, dans le sens psychanalytique. Prendre les autres pour des objets, en jouir et les jeter. N’est-ce pas ce que vient de faire le système financier ?
       
      Être aidé par les États, puis proclamer que l’État est inefficient.
       
      C’est dans ce sens que j’adhère à Monsieur Lordon et que je rejette vos arguments.


      • step Le 08 juin 2012 à 08h14
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        vous avez tout compris, même au niveau sociologique, je me permet de me copier/coller :

           “nous sommes restés des sociétés commerçantes nous avons juste plus ou moins réussi à ponctuellement dépasser la guerre physique par la concurrence économique pour l’appropriation des biens (et encore c’est un “progrès” récent). Le système actuel d’ailleurs n’aide pas l’humanité à se transcender au niveau de ses principes et de ses valeurs”. C’est pour cela qu’il y a des normes éthiques (écologiques et sociales) fondatrices à définir comme socle de société afin de transformer le capitalisme en un saine emulation qui incite à la performance plutôt que le jeu de massacre actuel.


      • Derek Le 08 juin 2012 à 21h29
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        Pff, pas facile d’être libéral de nos jours en France (0,2% des électeurs au dernier sondage me semble-t-il). Au moins, vous ne m’accusez pas d’avoir rejoint “le camp nazi” comme dans un post antérieur (on croit rêver !). ou de ne pas savoir ce que veut dire “neo” (on ne peut pas être libéral sans être idiot ?)… Pour moi, l’équilibre général atteint lorsque chaque individu optimise sa situation dans un état de droit et par la loi du marché sera toujours meilleur que toute recherche d’un bien commun issue d’un autre dogme, quel qu’il soit. C’est archaïque, injuste, stupide … Tout ce que vous voudrez … mais c’est ce que je crois.  Et si mon post vous glace, dîtes vous que la vision du bien commun et les moyens d’y parvenir promis dans d’autres posts me tétanisent tout autant :-) . Sur le fond, 2007 m’a effectivement beaucoup fait réfléchir : l’exploitation des lois du marché par des agents irresponsables et/ou malhonnêtes doit-elle obligatoirement conduire à des déséquilibres non maîtrisables ? Est-ce qu’on engendre ainsi nécessairement un système chaotique (au sens mathématique) structurellement imprévisible et voué à la destruction. Difficile à dire. La tentative de sauvetage du système par les états et la crise bancaire souveraine qu’elle a déclenché pose à mon avis les mêmes questions et dans des termes voisins : est-ce qu’on peut, dans une démocratie, empêcher une classe politique d’entraîner sa population dans la ruine dans le seul but d’être réélue en tentant de contenter l’électeur médian ? concrètement, est-ce qu’on peut par exemple empêcher Sarkozy et les autres dirigeants de creuser le déficit de 20% du PIB pour gommer l’effet de la crise bancaire des subprimes causée par des banquiers irresponsables ? Je ne pense pas qu’on puisse empêcher tout ça. Ni dans un cas (brider l’innovation, financière en l’occurrence, pour éviter les chocs irrécupérables), ni dans l’autre (stopper le clientélisme de la classe politique pour éviter la ruine). Alors quoi faire ? Limiter la casse. Tant individuellement en tentant de sauver ce qui peut l’être (neoliberalisme, lol), que collectivement (en essayant de partager la compréhension du chaos qui nous entoure). Très franchement, le blog de M.Berruyer contribue pour moi à ces deux objectifs.


        • samuel Le 09 juin 2012 à 08h19
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          Derek, tu sais bien que le curseur à bougé (à droite), si on repart d’après guerre, les libéraux de l’époque ne sont pas ceux d’aujourd’hui (Allais est resté le même, mais c’est toute la société qui c’est libéralisé et c’est pourquoi on a crut qu’il avait changé), ce qui fait qu’un républicain socialiste est aujourd’hui nommé extrême gauche d’un point de vue médiatique.
          Par conséquent quelqu’un qui s’affirme libéral aujourd’hui, dans ce type de blog (qui remet un peu de perspective à notre vision court terme) et forcement un perçut comme un Hayek-ien (aucune autre structure que la famille et le marché, donc pas d’ascenseur social, pas d’équité, pas de citoyen, etc….) en gros c’est nous les loups et on veut le rester.
          Le bien commun c’est la république, c’est la seule innovation, qui bride le capitalisme (individuel ou d’état, à savoir communiste) et la bureaucratie (et je crois pas que le privé soit épargné à ce niveau), qui sont des freins économiques.
          La république n’est pas une structure stable (définir et comprendre le bien commun est une quête infini), ce qui peut lui causer humainement des tords (colonialisme, etc..), mais elle inscrit en “sa nation” un principe d’égalité (là ou une fédération aura moins de mal à considérer des turques comme des sous-Allemands en Allemagne).
          Je ne crois pas que tu sois Hayek-ien, mais admet qu’à force de signer des traités et de taper sur le “bien commun” (en France cela inclut le social, avec il est vrai plein de dogme et d’excès comme un humanisme néo-coloniale), les courriers de nos institutions ne porteront plus l’entête: “République Française”, mais “Fédération Française du marché Européen”. 
          Alors dans ce cadre, on tape sur tout ceux qui ce dise: “libéraux”.
           


    • Christophe Vieren Le 08 juin 2012 à 10h31
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      @Derek :  “Quand on met “neo” devant un mot, c’est qu’on souhaite caricaturer le concept, non ?”
      NON ! Lorsque l’on met néo devant un terme c’est que l’on fait référence à ce qui s’est déjà passé lors de périodes antérieures, sous une forme identique ou légèrement différente. Le libéralisme (économique, s’entend) signifie par exemple la suppression du Glass Steagall Act US et ses équivalents nationaux. La baisse du taux d’imposition marginal de l’impôt sur le revenu en est une autre. Et il y a des centaines d’autres contre-réformes à celles mises en place pour nombre d’entre elles après la crise de 29. Revoir le billet d’Olivier sur “30 ans de dérégulation financière
      Ensuite, bien sûr qu’il faut réduire les déficits publics. Mais faut-il le faire en réduisant les dépenses publiques ou en accroissant les recettes (ou les deux). Bizarrement, dans nombre de pays, de la zone euros ou pas, les taux d’imposition, après une baisse tendancielle depuis une dizaine d’année, remontent depuis 3-4 ans dans l’UE (cf. Fiscalité : la tendance s’inverse, Alter Eco, juin 2012, basé sur le doc   Taxation trends , OCDE, 2012). Comme quoi il n’y a pas forcément besoin d’un gouvernement fédéral pour prendre de bonnes mesures. C’est certes insuffisant, mais c’est déjà un renversement de la tendance, qu’on la qualifie de néolibérale ou pas.
       


  24. samuel Le 07 juin 2012 à 08h49
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    Je viens de lire sa pièce (d’un retournement à l’autre), elle est vraiment bien (l’unité de personnage et quasiment de temps et de lieux, facilite nettement la compréhension et les alexandrins offrent une jolie musique qui contraste bien avec le propos).
    Au vu du succès des web séries et vidéo en ligne (même avec un peu de pub avant), c’est dommage que la pièce ne soit disponible en théatre filmé (pour les métropolitains, les surbookés,..).


  25. G. Le 07 juin 2012 à 11h34
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    Merci pour cet article, intéressant bien que pas forcément toujours pertinent.
    Monsieur Lordon voit très bien quels sont les “travers” du système actuel, mais pas quelles ont été ses qualités (i.e explosion des communications, des échanges, des idées, sortie de la Chine et de L’Inde de leur situation économique antérieure,…)
    Il se veut catastrophiste, prenant ses rêves de “changement” pour une réalité…
     
    En pratique, s’il y a vraiment de “puissants intérêts privés” en jeu, des puissances financières capables d’orienter les Etats vers ce qu’elles veulent… croyez vous vraiment qu’elles vont laisser s’installer le chaos? Risquer des guerres, le retour du communisme ou de dictatures?
    Que nenni! Elles chercheront le statut quo. Limiteront les dégâts.
     
    Tout le monde s’émeut de la situation de la Grèce, sans se rendre compte qu’elle est peut-être simplement le Lehmann Brothers de nos “amis financiers”. Ils espèrent peut-être qu’en laissant la Grèce couler, si elle ne se soumet pas à l’austérité, l’exemple sera effrayant pour les autres pays. Car la grèce seule sortie de l’Euro, la Grèce qui sera attaquée de toute part par ceux qui auront intérêt à sa chute, la Grèce ne se relèvera pas…
     
    A partir de là le plan est très clair: sauver les autres pays via un mix d’austérité, avalée goulûment par les peuples effrayés, et de monétisation de la dette par la BCE. Les allemands eux aussi dépendent du monde financier, leur position actuelle n’est que “feinte” et bien commode le temps que la Grèce coule… Moyennant un peu d’inflation et d’austérité, on reviendra au “statut quo” tant désiré par nos élites.
     
    Ce scénario est plus crédible que celui de Monsieur Lordon, car il a le mérite de prendre en compte les intérêts et motivations de ceux qui tiennent les rênes du pouvoir…
     


    • step Le 07 juin 2012 à 12h25
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      euh.. oui. C’est compréhensible comme vision des choses. Plus probable, euh. On verra à près tout, cette partie là de notre futur arrive bientôt. C’est quand même donner un chouia dans la théorie du complot, car si l’élite existe en tant que classe, c’est peut être beaucoup de lui donnner un agenda secret.


      • G. Le 07 juin 2012 à 14h54
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        Pas besoin d’agenda secret hélas, ni de grosse concertation… Aucun de nos riches dirigeants n’a intérêt à voir le chaos s’instaurer. Je table juste sur le principe du “celui qui a beaucoup d’argent peut se payer les services de gens très intelligents”. Prévoir ce qui va se passer et comment contrôler bon grès mal grès la population, cela fait quand même partie des fondamentaux… Prenez le bouquin de Serge Halimi, “les nouveaux chiens de garde”, et vous verrez ce que ça donne au niveau des médias…
         
        Pas besoin de complot donc, juste le pouvoir de l’argent pour l’argent, et pour préserver l’état des choses.


        • step Le 07 juin 2012 à 16h28
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          ce serait vrai si les gens très intelligents payés pour …. sont réellement très intelligents. Pour le moment j’ai vu la lumière, j’ai plus de mal avec le son, si tu voix ce que je veux dire.


  26. ertalif Le 07 juin 2012 à 13h24
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    pour éclaircir les idées : la démocratie l’est-elle sans tirage au sort?
    link to laviedesidees.fr


    • Aston Lockheed Le 08 juin 2012 à 11h34
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      Je n’étais pas encore tombé dessus… Vous auriez dû le placer ci-dessus en complément des propos de Leveau.


  27. Le bubar Le 07 juin 2012 à 15h08
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    c’est marrant tout de même…enfin si je peux dire..
    J’ai le sentiment que nos dirigeants (dirigeurs – on peut le dire çà ?) toutes « élites » qu’ils sont, subissent les effets de cet étrange phénomène ou démarche intellectuelle que je ne sais pas nommer mais que je décris de la manière suivante :
    “Vache !! Ils ont raisons ! On est en train de faire des conneries, & fait faire des conneries…des grosses conneries ” et là se passe un truc dans la tête : Une forme de persévérance «tant pis on continue on verra bien ! Qu’est-ce qu’on risque ?” comme si la continuité permettrait de se dédouaner le jour du “jugement dernier“… Une forme d’entêtement désespéré, l’instinct de survie des mauvaises idées. Avec la bonne conscience (pour ceux qui en ont encore), comme simple spectatrice.  Ne sais pas trop bien le dire…
    C’est peut être cela que l’on appelle défendre une cause perdue.
     
     


  28. Tots aki Le 07 juin 2012 à 20h54
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    Je me permets de donner le lien de la dernière intervention
    de Lordon sur son blog :
     
    link to blog.mondediplo.net
     
    Et de remettre ici la tirade de Pierre Mendés France (1957!):
     
    « Nos partenaires (européens) veulent conserver l’avantage commercial qu’ils ont sur nous du fait de leur retard en matière sociale. Notre politique doit continuer à résister coûte que coûte, à ne pas construire l’Europe dans la régression au détriment de la classe ouvrière (…)
     
    Il est prévu que le Marché commun comporte la libre circulation des capitaux. Or si l’harmonisation des conditions concurrentielles n’est pas réalisée et si, comme actuellement, il est plus avantageux d’installer une usine ou de monter une fabrication donnée dans d’autres pays, cette liberté de circulation des capitaux conduira à un exode des capitaux français (…)
     
    Les capitaux ont tendance à quitter les pays socialisants et leur départ exerce une pression dans le sens de l’abandon d’une politique sociale avancée. On a vu des cas récents où des gouvernements étrangers ont combattu des projets de lois sociales en insistant sur le fait que leur adoption provoquerait des évasions de capitaux (…)
     
    L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement “une politique”, au sens le plus large du mot, nationale et internationale ».
    Hallucinant.
     


  29. Laetitia Le 09 juin 2012 à 21h17
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    Bonjour, je ne connaissais pas Frederic Lordon : merci a Olivier de donner une plus grande visibilité de ces intellectuels a un plus grand public. L’analyse de la situation donnée dans cet entretien est remarquable. Grace a Olivier, j’ai également découvert Pierre Larrouturou et le collectif Roosevelt2012.
    J’aimerais savoir ce que pense Frederic Lordon de ce collectif, s’il l’a signe ou non ? Voit-il dans ce collectif la possibilité de reconstituer justement une capacité d’agir collective ? Par ailleurs a t’il entendu parler du mouvement dans le monde internet de l’”open data” et des initiatives d’”open gouvernement”? Qu’en pense t’il? Est-ce un sujet étudie au CNRS? Les initiatives menées grace aux possibilités d’Internet et du web peuvent elles changer la donne? S’il pouvait donner ses réflexions sur ces sujets, ce serait génial :-)
    Dans l’espoir d’une réponse. Merci !


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