Vous n’avez décidément pas de chance en ce mois de mai.

Pour couper un peu la série aride sur le système bancaire européen, je vous propose aujourd’hui, avec un manque total de sens marketing, un article de Frédéric Lordon. Un roman je dirais. Mais comme à son habitude, un beau, profond et grand roman.

L’article fait 20 pages, mais vous avez ici un concentré d’intelligence analytique, qui change tellement de la médiocrité des “analystes star” des médias, qui oui, font plus simple, plus court, mais surtout beaucoup plus faux.

Comme souvent, je n’adhère pas à tout le propos, mais j’adhère au sens général, à la description et à l’enchaînement des faits analysés.

Il FAUT lire Frédéric Lordon avec sa vision si contraire à tout ce qui nous est déversé au quotidien – et se faire sa propre opinion.

Je l’ai entièrement remis en page et vous pouvez le télécharger en cliquant ici.

“C’est une leçon de choses historiques. Ouvrons bien les yeux, on n’a pas souvent l’occasion d’en voir de pareilles. Nous assistons à l’écroulement d’un monde et ça va faire du gravât. L’histoire économique, en tout cas celle qui a fait le choix de ne pas être totalement bornée – je veux parler d’auteurs comme Kindleberger, Minsky ou Galbraith – a depuis longtemps médité l’effrayant pouvoir de destruction de la finance libéralisée. Il fallait de puissants intérêts – très évidemment constitués – à la cécité historique pour remettre sur les rails ce train de la finance qui a déjà causé tant de désastres ; en France, comme on sait, c’est la gauche de gouvernement qui s’en est chargée.

De sorte que, à la lumière de ces leçons de l’histoire, on pouvait dès le premier moment de la dérégulation financière annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans pourtant savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. La catastrophe en question aura pris vingt ans pour survenir, mais voilà, nous y sommes. Notons tout de même qu’un scénario que certains avaient envisagé d’assez longue date considérait l’hypothèse de la succession de crises financières sérieuses, rattrapées mais, aucune des contradictions fondamentales de la finance de marché n’étant résolues, enchaînées selon un ordre de gravité croissante, jusqu’à la big one. Sous ce rapport, la première crise de la série n’aura pas pris un an pour se manifester puisque le grand krach boursier se produit en 1987… après le big bang de 1986. Puis elles se sont succédé à intervalle moyen de trois ans. Et nous voilà en 2007. 2007, n’est-ce pas, et pas 2010. Car le discours libéral n’a rien de plus pressé que de nous faire avaler l’idée d’une crise des dettes publiques tout à fait autonome, européenne dans son principe, et imputable à une fatalité d’essence de l’État impécunieux. Or le fait générateur est bien la crise de la finance privée, déclenchée aux États-Unis, expression d’ailleurs typique des contradictions de ce qu’on pourrait appeler, pour faire simple, le capitalisme de basse pression salariale, dans lequel la double contrainte de la rentabilité actionnariale et de la concurrence libre-échangiste voue la rémunération du travail à une compression continue et ne laisse d’autre solution à la solvabilisation de la demande finale que le surendettement des ménages.”

54 réponses à [Article] « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées », par Frédéric Lordon

  1. Patrick Luder Le 25 août 2014 à 07h11
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    Un document laissant une grande déception. Pas un mot sur le monde réel, pas un mot sur le système industriel, pas un mot sur les ressources ni le mode de société, pas un mot sur les déséquilibres entre les monnaies et leurs pouvoirs d’achat falsifiés et pas un mot sur le pouvoir d’achat des peuples (seule chose qui compte InFine. L’économie d’un pays se construit d’abord avec une production adaptée à un type de société un premier lieu et avec des échanges externes en second lieu. Frédéric Lordon oublie complètement que la finance doit juste n’être qu’un moyen d’échange équitable et un moyen de garde raisonné. L’endettement actuel est dénaturé, il ne devrait être utilisé que comme moyen de développement (destiné au future), jamais comme régulateur de comptes courants …

    Le rôle de l’Etat est également dénaturé, il devrait donner un cadre aux activités et non se substituer à elles. Une nation doit chercher à souder le peuple et non le diviser.


    • Luline Le 25 août 2014 à 12h08
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      Je pense comme vous, certes la crise financière est importante, mais qui de la crise écologique bien plus dramatique (énergie-climat), mais tous ces économistes n’ont pas lu Nicholas Georgesscu-Roegen qui a su en son temps montrer les erreurs de la pensée économique classique et proposer une nouvelle bio-économie qu’il n’a pas pu développer complétement avant sa mort en 1994.


    • Quaoar Le 25 août 2014 à 12h44
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      cf L’âge de fer

      Le dernier âge eut la dureté du fer. Aussitôt firent irruption dans cette époque d’une veine plus mauvaise tous les sacrilèges; alors s’enfuirent la pudeur, la vérité, la bonne foi; à leur place apparurent les tromperies, les ruses, les pièges, la violence et la passion coupable de la possession.
      Le marin livrait ses voiles aux vents sans encore bien les connaître; le bois des coques qui s’était dressé longtemps sur les hauteurs des montagnes, bondissait sur des flots inconnus. La terre, jusque là commune, comme la lumière du soleil et l’air, un arpenteur méfiant la borna d’un long sillon.
      On ne demandait plus seulement à la riche terre les moissons et les aliments qu’elle doit produire, mais on pénétra jusqu’à ses entrailles, on se mit à extraire les ressources qu’elle avait cachées et transportées près des ombres du Styx, ces trésors qui sont sources de nos maux. Déjà le fer nuisible et l’or, plus néfaste que le fer, étaient apparus : arrive la guerre qui se bat grâce à l’un et l’autre et agite dans sa main ensanglantée des armes retentissantes.
      On vit de rapines; l’hôte n’est plus en sécurité chez l’hôte, ni le beau-père chez son gendre; entre frères également l’entente est rare.
      Le mari projette la mort de son épouse, l’épouse, celle de son mari. De redoutables marâtres mélangent les sucs livides de l’aconit.
      Le fils s’enquiert avant l’heure de l’âge de son père. La piété gît, vaincue, et , dernière des habitants des cieux, la vierge Astrée a abandonné les terres imbibées de sang.

      Ovide, Métamorphoses, I, 127 – 150


    • Crapaud Rouge Le 25 août 2014 à 15h39
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      @Patrick Luder : votre déception est 100% compréhensible. Moi aussi je suis très déçu qu’il n’y ait pas un mot sur la dictature des multinationales, pas un mot sur la cupidité et le cynisme des capitalistes, pas un mot sur l’exploitation de l’homme par l’homme, pas un mot sur le “peak oil”, pas un mot sur le réchauffement de la planète qui promet pourtant de provoquer de gigantesques dégâts, pas un mot sur les pollutions en tous genres, pas un mot sur l’industrie agro-alimentaire qui sacrifie des millions de paysans partout dans le monde, pas un mot sur la robotisation, sur les nanomatériaux, les OGM, le déficit de logements, la corruption des politiques, la perte des valeurs, la montée des extrêmes, etc. Et j’en oublie sûrement quelques uns…


    • boduos Le 25 août 2014 à 21h22
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      Je suis assez d’accord avec Patrick Luder qui ramène le débat à l’économie réelle.
      En effet,il faudrait scinder la fameuse dette en deux dettes:l’une étant la dette de confort,des facilités utilisées pour alimenter l’électoralisme ,la démagogie des subventions infondées à pas mal d’associations,aux créations de postes pour permanents de la section locale etc,etc…
      et la dette consacrée a l’investissement pour l’avenir ,chaque projet devant être financé et amortis avec le bénéfice escompté ,tel que cela se passe dans le privé.(canal seine nord.. aménagement et réhabilitation de région…centre de recherche et de formation…infrastructures touristiques…logement (vraiment) durable….
      Ces investissements et projets dont les budget explosent chaque fois lorsqu’ils ne sont pas privés,seraient soumis à un contrôle à priori , avant l’appel d’offre ,de l’étude de faisabilité par un panel de technicien chaque fois tiré au sort.(Il faudrait consacrer tout un chapitre sur les grenouillages affectant les appels d’offre mais sachez que des milliards d’économie peuvent être réalisées chaque année)
      Concernant la dotation de fonctionnement consacrée aux collectivités ,il existe des maires et des élus particulièrement vertueux,performants et intègres .ils sont rares mais non négligeables ; désignés missi dominicis dans une région voisine, pour éviter les pressions ,ils pourraient tuteurer d’abord les moins performants.
      Cette méthode aurait le mérite de favoriser les meilleures entreprises en éliminant un certain nombre de prestataires peu performants,peu innovateurs (les appels d’offre leur sont taillés sur mesure ..) .Ainsi les meilleurs , confortés ,pourraient parfois s’exporter avec plus d’atouts .(comme de Villiers…)
      L’autre “hénaurme” source d’économie se situant dans le gras des 1700 milliards annuels de la sécu ,visant les méthodes de soins,(voir l’interview des Dr Delépine de Garches,Dr Wilhems ( son livre ” le jeune” ) et les travaux du Dr Gernez décédé à 91 ans récemment) et les abus et scandales médicamenteux. Allez,seulement 10% d’économie!
      Je suis sur qu’Olivier nous prépare ce sujet.
      Merci à tous pour la qualité des commentaires.


    • DidierF Le 26 août 2014 à 11h09
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      Monsieur Luder,

      Je n’en ai lu que la moitié du texte de Lordon.

      De cette moitié, je déduis qu’il parle de la situation des idées en économie. Votre critique tombe donc complètement à côté.

      Pour illustrer mon opinion, je prends vos termes de “système industriel”, “ressources”, “mode de société”, “déséquilibre entre les monnaies”, “pouvoir d’achat des monnaies”, “pouvoir d’achat des peuples” etc…. Je considère qu’une explication sérieuse de chacun de ces termes peut remplir au moins un livre épais et touffu. Je pense aussi que vous avez une idée précise de ce qu’est le monde réel. Ce sont des idées et des concepts.

      Pour les formuler, vous avez besoin d’un modèle reliant ces concepts entre eux. Vous créez donc un modèle des relations économiques. C’est ce dont vous me semblez parler. Lordon parle de la façon de construire ce modèle. Il déplore amèrement, en long et en large, qu’une seule représentation du monde est admise, la dite “néoclassique”.

      Nous assistons à son effondrement, à son échec. C’est ce qu’il annonce. Il examine également quelques pistes pour faire face à cette catastrophe.

      En un mot, il n’aborde jamais ce que vous nommez le monde réel.

      J’ose encore un mot. Je pose par hypothèse que c’est la société qui prime sur l’économie. Elle définit cette dernière. L’état, s’il est démocratique, suit la volonté populaire. Il donne ensuite la direction à suivre à l’économie. Cela nous met en opposition radicale.


    • 21 janvier 1793 Le 26 août 2014 à 22h06
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      C’est rigolo, Lordon répond par avance et involontairement à ton propos :
      “Il ne m’a jamais semblé très pertinent de juger un propos à travers ce qu’il laisse de côté sauf
      évidemment à ce que le manque ait visiblement valeur de symptôme”;

      Il traite de la finance, de la monnaie, des banques, de la science économique, tous facteurs de la crise, et des liens avec la politique, ce qui me semble déjà fourni.

      C’est vrai qu’il ne parle pas non plus de Notre-Dame-des-Landes : ça me paraît fumeux, c’est un symbole du capitalisme moderne :-p


    • ydervan Le 27 août 2014 à 23h38
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      Pour ma part j’ ai trouvé cet article intellectuellement stimulant mais en effet il ne parle pas implicitement de l’ économie réelle mais explique à sa manière très concrètement pourquoi la situation économique paraît totalement bloquée : la finance a pourri tous les mécanismes économiques avec l’ assentiment des élites dont peu au niveau politique ont la carrure d’ hommes d’ Etat et le souci du bien public à moyen et long terme


    • mercier Le 29 août 2014 à 17h47
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      A Patrick Luder

      vous lisez sans doute Lordon pour la première fois : “déséquilibres entre les monnaies et leurs pouvoirs d’achat falsifiés” .
      Vous trouverez dans ses écrits ces sujets
      tm


  2. perceval78 Le 25 août 2014 à 09h47
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    c’est tout de même rassurant de penser qu’il y a encore des gens en France capables d’avoir des idées et de les architecturer, car on parle souvent des fous furieux etats uniens , mais on ne parle jamais du vide européen et en particulier Français.


  3. Macarel Le 25 août 2014 à 10h32
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    Effondrement du gouvernement Valls ce matin

    Le gouvernement Valls démissionne, mais Hollande reconduit Valls, à droite toute plus que jamais !

    “Errare humanum est, perseverare diabolicum !!!”

    Hollande, l’homme qui n’aurait jamais dû être Président, en tout cas pas candidat de gauche à la présidentielle…

    La crise de régime n’est pas loin. La cinquième ressemble de plus en plus à la quatrième finissante, achevée par la guerre d’Algérie. Aujourd’hui ce sont l’UE allemande, l’euro-mark, la mondialisation UK-US, et bien sûr les européistes, euro-atlantistes bornés, qui vont faire sombrer la 5ième (qui en fait n’était taillée que pour De Gaulle : après moi le chaos, nous y sommes…).

    link to liberation.fr


    • Nicks Le 25 août 2014 à 12h46
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      J’espère que vous avez pris connaissance du discours de Mélenchon hier. Un modèle de pensée républicaine qui en toute objectivité devrait mettre tout le monde d’accord, enfin hors néolibéraux et facho bien entendu. Le passage sur la crise ukrainienne devrait faire écho sur ce site particulièrement. Il est à mon avis le seul homme politique actuel à être de la trempe d’un De Gaulle, mais il oeuvre pour un changement de constitution qui semble désormais incontournable. il est temps que les citoyens se prennent en main et se fabriquent de nouvelles institutions.


      • Macarel Le 25 août 2014 à 13h24
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        Pas la peine de dissoudre l’assemblée, la droite (complexée, de moins en moins d’ailleurs), est déjà au pouvoir !

        Il faut passer à la VI ième République,et sortir du carcan européiste et euratlantiste, un point c’est tout !


        • J Goudin Le 28 août 2014 à 17h37
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          Macarel je suis d’accord avec vous : Pas la peine de dissoudre l’assemblée, la droite (complexée, de moins en moins d’ailleurs), est déjà au pouvoir !

          Il faut passer à la VI ième République,et sortir du carcan européiste et euratlantiste, un point c’est tout !:
          Pour cela en dehors de Mélanchon cité dans ces réponses, il y a :
          François Asselineau – Union Populaire Républicaine, qu’on a de bonne raisons de connaître il est compétant il veut sortir la France de ce marasme. de l’EU de l’Euro et de l’Otan l’UPR est apolitique
          Je crois qu’on a besoin de nouveaux “visages”

          link to facebook.com


      • Leterrible Le 25 août 2014 à 14h18
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        @Nicks Bjr,

        Impossible d’écouter correctement 1h d’enregistrement….
        Y a(aura)-t-il moyen d’obtenir la version écrite ou , au moins , ” Le passage sur la crise ukrainienne (qui) devrait faire écho sur ce site particulièrement“………Cdt.


        • Nicks Le 25 août 2014 à 15h18
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          @Macarel

          Je crois que c’est ce qu’il dit et je le partage.

          @Leterrible

          Vous voilà ici, en l’impossibilité de guerroyer chez monsieur Jean ? Je ne crois pas qu’il existe encore de transcription écrite du discours, mais puisqu’une partie traite directement de l’affaire ukrainienne, je pense qu’Olivier Berruyer pourrait trouver intéressant de la réaliser, ou la faire réaliser.


      • ploi Le 25 août 2014 à 16h10
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        @Nicks

        “il est temps que les citoyens se prennent en main et se fabriquent de nouvelles institutions.”

        Vous voulez dire les citoyens qui ont élu Hollande en 2012 après avoir élu Sarkozy en 2007?

        Dans les citoyens, vous incluez les néolibéraux et les communistes? Les patrons et les chômeurs? Ceux qui veulent détruire la France au profit de l’UE? Ceux qui veulent détruire la France au profit de leur région? Ceux qui aiment la France et veulent la défendre? Ceux qui veulent revenir au Moyen-Âge parce que le progrès c’est mal? Ceux qui pensent que changer pour changer est bénéfique? Ceux qui veulent le retour au premier plan du religieux? Les athées? Les monarchistes? Tous ceux qui s’en foutent royalement tant qu’on leur fout la paix? etc, etc

        Et on fait quoi, on se réunit tous chez celui qui a la plus grande maison et on se met d’accord?
        Ou on vote Mélenchon en 2017 avec pour seul programme de changer de constitution?
        Et hop, on est sauvé?


        • Nicks Le 25 août 2014 à 17h59
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          La politique doit être le fait de tous les citoyens. Il est désormais évident que les institutions actuelles verrouillent le jeu politique, désespèrent les gens et les détournent des élections. Puisque le système n’est porté que par l’oligarchie et son premier cercle de sympathisants qui confisquent le pouvoir, un changement de constitution apparaît fondamental pour pouvoir appliquer d’autres politiques. A défaut, le jeu pipés des alternances sur fond de vote utile ne peut aboutir qu’à la préservation des routines idéologiques néolibérales qui nous ont menés là où nous sommes.

          Par ailleurs si une nouvelle constitution est nécessaire, la convocation de l’assemblée qui la rédigera n’est pas le seul élément des propositions de Jean-Luc Mélenchon. Vous pouvez entendre son discours ici :

          link to jean-luc-melenchon.fr

          Il aborde tous les sujets, de l’économie à la géopolitique. C’est précis, complet, érudit, argumenté et assez drôle pour ne rien gâcher. Il me semble que la question ukrainienne est abordée entre 20′ et 30′…


          • ploi Le 25 août 2014 à 21h08
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            Mais si Mélenchon était capable d’être élu président, ce serait la preuve qu’il n’y a pas de verrou…

            A mon avis, plus que les institutions, ce sont les citoyens qui verrouillent le jeu politique.
            Beaucoup ont en effet intérêt à la politique UMPS. Et donc si leur intérêt personnel à court terme est la raison de leur vote, ça donne ça.
            Aujourd’hui pour les retraités aisés, les bien diplômés, les gros épargnants (et d’autres aussi) c’est difficile de se plaindre des politiques économiques en place.
            Ce qui pourrait faire bouger le système, c’est si les 20-30% de français les plus favorisés commencent à être touchés aussi par les problèmes.
            Ou s’ils décident de se soucier plus de l’intérêt général que du leur. Ça c’est moins probable à court terme…

            Sinon Mélenchon a un talent fou, c’est pas nouveau. Malheureusement gâché jusqu’à maintenant…


            • Nicks Le 26 août 2014 à 11h55
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              Le verrou sautera si la majorité des gens prennent conscience de son existence, ce qui n’est pas le cas pour le moment. D’où la nécessité d’expliquer le pourquoi de la nécessité d’une nouvelle constitution.


    • Crapaud Rouge Le 25 août 2014 à 15h43
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      Le gouvernement Valls démissionne” : j’ai aperçu ça au détour d’un titre d’une page Web. En plein mois d’août, on dirait un gag. C’est un évènement important, (pour ne pas dire majeur), mais ce président est tellement insignifiant que l’on range ça au rayon des couacs habituels.


    • Crapaud Rouge Le 25 août 2014 à 21h17
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      @Macarel : “qui vont faire sombrer la 5ième (qui en fait n’était taillée que pour De Gaulle : après moi le chaos, nous y sommes” : on peut le dire comme ça, mais la Vième a été “taillée” pour de véritables hommes d’État, et pas forcément “grand”. Citons Lordon dans son article : “La fusion oligarchique (…) a conduit à la dé-différenciation des compartiments du champ du pouvoir et à la disparition des effets de régulation qui venaient de la rencontre, parfois de la confrontation, de grammaires hétérogènes ou antagonistes. Ainsi par exemple a-t-on vu, aidé sans doute par un mécanisme d’attrition démographique, la disparition de l’habitus de l’homme d’État tel qu’il a pris sa forme accomplie au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’expression « homme d’État » n’étant pas à comprendre au sens usuel du « grand homme » mais de ces individus porteurs des logiques propres de la puissance publique, de sa grammaire d’action et de ses intérêts spécifiques.” Aujourd’hui, l’État n’est qu’une entreprise un peu plus grosse que la moyenne…


      • Papagateau Le 25 août 2014 à 23h43
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        L’état français dans l’union européenne n’est qu’une grosse entreprise.
        Si on veut qu’un président français se comporte en chef d’état , il faudra d’abord sortir de l’union européenne qui nous dicte toutes nos lois.
        On dit couramment 80 %, mais j’ai lu un jour le journal officiel :
        - il y a bien 10 % pour les nominations de très hauts fonctionnaires, les réorganisations de service, et renommages d’anciens trucs avec un nom plus sexy.
        - et il y a bien 10 autres % pour des rectifications budgétaires, ou des lois à l’utilité incertaine qui devraient plutôt être du ressort de l’académie française ou d’un prof de philo que d’un gouvernement (exemple : loi sur le pain).
        Je pense que 100% des vraies lois sont écrites à Bruxelles.
        Que reste-il du droit français : les vieilles lois qui n’ont pas été effacées.

        Dans ces conditions, la politique parisienne n’est qu’un théâtre , et le journalisme une pièce de théâtre parlant du théâtre.


    • Yo Le 25 août 2014 à 22h00
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      A ce sujet, il semblerait qu’Arnaud Montebourg ait connaissance de ce blog

      “En saluant le personnel de Bercy, le désormais ex-ministre a de nouveau vivement critiqué les politiques d’austérité menées en France comme en Europe. « Les faits économiques sont têtus », a-t-il dit, prouvant assurément qu’il l’était tout autant.”

      hommage deguise ou (tres) grosse coincidence ?


  4. Casquette Le 25 août 2014 à 10h57
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    Des creusements du deficit public qui ne seront jamais dénoncés comme tels avec ce billet tout chaud sur les PPP , les exemples donnés sont édifiants :

    link to gaullistelibre.com


  5. Nocontent Le 25 août 2014 à 11h01
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    Si on ajoute à ce que décrit FL que l’ultralibéralisme et toujours gagnant lorsque se déclare un conflit que ce soit directement « armée contre armée » et destruction des états qui s’en suit ou par un coup d’état comme en Ukraine, où on nous joue une tragédie avec surenchère d’accusations, d’invectives, de menaces, des mises en gardes, le tout relayé par des journalistes, des membres des différents gouvernements de l ‘EU, des chefs d’États ,des analystes politiques et économiques aux ordres, bon j’arrête là, par une menace de guerre avec la Russie voir de 3eme guerre mondiale, une peur bien orchestrée pour que l’on n’est plus que ça à penser, on ajoute le virus Ebola l’immigration, l’islam et on (le peuple) finit par oublier l’essentiel, sa condition sociale ,la crise économique les licenciements ,la perte du pouvoir d’achat et des avantages acquits,le chômage, et toutes les revendications qui vont avec.
    Oublié aussi la dette catastrophique des états , la récession, la politique ultralibérale de l’UE,,,,, Il suffit de revisiter l’histoire récente et ses manipulations en commençant par la première guerre en Irak ,je vous laisse le faire vous êtes suffisamment avertis pour ça, ajoutons pour qu’on se détende un peu la vie des pipôles les séries et journaux télévisés pour décérébrés et les faux débats, et le tour et joué…
    Oui vraiment tout est bon pour les acteurs ultralibéraux (banques, finances ,industries) pour accentuer ce que nous dit Fl,
    Est eux, gagnent à tout les coups contre le peuple et les états.


    • Casquette Le 25 août 2014 à 11h41
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      La condition sociale du peuple est également fragilisée par des politiques migratoires inconsidérées qui ne tiennent pas comptent des facteurs quantitatifs (concentration des populations, ghettoisation) et qualitatifs (relations de bon voisinage) , il en va de même avec la poussée de mouvements religieux souvent financés par les théocraties du golf.
      Une société n’est pas qu’un agrégat d’agents rationnels échangeant leur force de travail, les êtres humains échangent bien d’autres choses , et quand ces choses disparaissent ou menacés de disparition, un autre type d’inscurité s’ajoute à l’insécurité de base , la matérielle….et dans ces cas là le coktail est très souvent explosif.
      Bien sûr la manipulation existe toujours , mais elle n’est pas fondée sur du vent , l’erreur dans un certains discours est de l’avoir cru , avec le risque de produire des théories farfelues sur des choses que les gens vivent et voient mais qui , en réalité , n’existent pas !


      • chatard Le 27 août 2014 à 00h05
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        C’est un autre aspect de la mondialisation qui nous impose de “vivre dans un flux”. Attali avait soulevé ce problème dans une brève histoire de l’avenir. Or on ne peut pas vivre dans un flux comme le rappel Finkielkraut.


  6. social21eme Le 25 août 2014 à 11h29
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    Merci,

    j’avai cela sous forme de conférence en vidéo. l’avoir sous format ecris est un avantage certain pour mieux en comprendre certain detail.


  7. ClFl Le 25 août 2014 à 11h33
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    Je vous renvoie au billet de Jean Claude Werrebrouck, FIN DE L’EURO ET FIN DE LA PRIVATISATION DES MONNAIES (pas plus sexy que celui de Lordon) mais qui en constitue néanmoins un instructif contrepoint.
    Âmes sensibles s’abstenir !

    Claude

    link to lacrisedesannees2010.com


    • chatard Le 27 août 2014 à 00h12
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      Marrant, Werrebrouck est moins connu que Lordon mais il est excellent aussi. Il avait écrit un livre en 2011 que j’avais acheté: “banques centrales: indépendance ou soumission” de mémoire. Son blog est super. A lire aussi.


  8. Gedeon Le 25 août 2014 à 12h01
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    Il y a des jours comme çà où je me demande pourquoi tant de discours savants juste pour nous dire que non,ce système ne peut pas fonctionner…je relis mon journal perso 1988 “il est inimaginable que soient libérés les instincts de prédation les plus bas,parce que c’est bien à çà que vont aboutir les “libertés ” de transfert des capitaux,du “commerce”,et surtout la remise en cause naissante ,mais déjà bien, réelle ,de la capacité des états à s’opposer à la tendance mafieuse de l’économie dite libérale”…ben mon vieux,je ne croyais pas si bien…écrire. Mais c’était juste du bon sens,et rien d’autre…


  9. SPlissken Le 25 août 2014 à 12h25
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    Pfff, vaines incantations que tout cela. Vain espoirs d’un effondrement généralisé, que Lordon et autre Jorion prophetisent depuis 2007.
    7 ans que ca dure.
    Pour ma part, je prédis plutot une lente et inexorable dégradation/tiers mondisation avec des trés riches et des trés pauvres comme en Amerique Latine par exemple.


    • Crapaud Rouge Le 25 août 2014 à 15h49
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      que Lordon et autre Jorion prophetisent depuis 2007” : non, ne mettez pas l’un et l’autre dans le même sac, s’il-vous plaît, vous prouveriez seulement que vous les connaissez mal. Jorion prophétise en effet “la fin du capitalisme”, (il a publié un livre qui porte ce titre), mais Lordon, beaucoup plus réaliste, ne s’amuse pas à faire des prophéties de ce genre.


    • Mitch Le 25 août 2014 à 16h06
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      Tout à fait d’accord ! Le scénario le plus probable est une très lente agonie avec des soubresauts, mais c’est tellement plus “romantique” de prophétiser l’apocalypse ! Ces intellectuels, ce sont des grands enfants, au fond….

      Et Snake, j’te croyais mort … ;-)


      • SPlissken Le 25 août 2014 à 17h08
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        Bien vu , pour Snake Plissken et New York 1997.
        Les US n’en sont plus tres loin


      • chatard Le 27 août 2014 à 00h21
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        C’est ce qu’ Attali prophétise: la disparition de la classe moyenne. Il avait senti, depuis longtemps, les conséquences néfastes du néo libéralisme, c’est pourquoi il espère une régulation à l’échelle mondiale. C’est peu probable donc à choisir, je préfèrerais l’ écroulement de Lordon.


    • stephp Le 25 août 2014 à 16h31
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      En Ukraine, par exemple, je ne vois pas une lente et inexorable dégradation, mais une effondrement très rapide et une vraie guerre civile dans toute une partie du pays.
      Evidemment cela ne s’effondre pas partout simultanément avec retour direct à la barbarie mais nous en avons pris le chemin avec un bel enthousiasme.


  10. MASTER T Le 25 août 2014 à 13h18
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    L’intervalle des crises à répétition serait plutot de 7 ans. Cette récurrence d’horloger nous démontre, s’il s’avérait encore utile d’en faire l’effort, que le systeme a des ratés analogues à des coups de semonces signant l’épilogue d’une existence maintenue aux forceps de taux historiquement bas, de crédits faciles… et ceci comme unique alternative thérapeutique pour que le bousin financier puisse encore perdurer un temps…. temps, dont le profane ne peut meme percevoir l’horizon et dont l’initié oligarque serait membre actif et pensant de cette instance cléricale financiaro-militaro-industrielle occidentale.

    Avec la lenteur du géant, dont on ne perçoit pas meme le buste et à plus forte raison la tete, celui-ci semble se maintenir doctement sur ses 2 jambes, mais pourtant tout indique que blessé, affaiblis et structurellement gangréné par le mal qu’il a lui meme engendré, il s’effondre déjà…
    L’illusion est maintenue d’un état de puissance contenus en lui meme et ponctuellement déployé par le verbe et l’action… tout celà n’est que théatre d’ombre car déjà ourdis le murmure du dernier rale de la bete immonde.

    En 1988, “the economist” titrait sur la fin des monnaies nationales… dollar inclus! Devait naitre, tel le “phoenix” de ses cendres, de l’ancien monde, un nouvel assemblage monétaire mondial à travers le cocon d’un nouveau systeme monétaire mondial… un Bretton Wood III en quelque sorte.

    Comme un écho prophétique, dans l’enthousiasme des foules, les J.O de 2012 au royaume de la CITY se produisirent et quelle surprise de voir réapparaitre le phoenix au beau milieu de flambeaux à la gloire de Dionysos au sein duquel les anneaux olympiques siégeaient!! (les peuples de serfs).
    Message reçus!!, L’explosion du système est proche et j’espère que l’issus de cette crise globale n’entrainera pas dans son sillage une Humanité dans les abysses de l’Histoire.

    La population mondiale semble actée de son malheur et sent, à défaut d’intellectualiser, qu’elle va devoir se prendre en main, l’enjeu majeur impliquant la dignité de soi relativement à sa descendance dont elle perçoit l’épée de Damocles… L’inconscient collectif insuffle à la conscience un message de survie, un message ou la necessité de changer soi meme le dispute à celui bien trop confortable de l’accomodement. Au bout du tunnel, la Lumière…


  11. Fabrice Le 25 août 2014 à 16h04
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    Le plus triste dans ce raisonnement, c’est que l’on en vient à espérer un effondrement de civilisation pour espérer bouger une société totalement verrouillée sans savoir sur quoi cela aboutira, juste des supputations… beaucoup de gens des printemps arabes souhaitaient un renversement de la situation mais en voyant le résultat actuel, ils doivent pleurer.

    Souhaitons que ce funeste exemple nous sera évité et que nous basculerons vers une meilleure société mais une voix intérieure me dit que lorsque l’humanité a eut le choix elle a souvent fait le mauvais (hélas).


  12. theuric Le 25 août 2014 à 18h02
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    Il nous fallait du temps pour comprendre le tempo, voilà qui nous en est offert grâce à cette tentative stérile de faire perdurer un mode de penser allié d’un modèle économique-politique en fin de droit.
    Peut-on parler de tout quand ce tout est si bien lié?
    Montrer la trame suffis, c’est ce que fit Monsieur Lordon.
    Et oui, quelque soit le bout de ficelle saisi, c’est toute la pelote usée qui se désintègre.
    Et de dix pages, mille n’en seraient que trop courtes et le million à peine suffisant!
    Abordons-nous la question des frontières, là où la publicité en vient même à troubler celles des corps et parfois des esprits?
    Parlerons-nous du climat du futur quand est demander à une science encore balbutiante d’émettre des vérités univoque de scientifiques sachant les désaccords, les oppositions et les disputes moteurs premiers de toutes les découvertes majeurs.
    Et en vrai, réjouissez-vous d’un réchauffement et craignez le refroidissement.
    Ne sont-ce donc pas les mêmes qui nous firent adopter une utopie néolibérale si peu moderne et la promesse d’un réchauffement climatique en semblance d’enfer?
    L’analyse aurait pu se porter sur l’épargne, pas seulement en argent, celle des flux tendus comme il se disait naguère, celle des pièces détachées rendant l’auto irréparable si elles ne sont plus reçues, rendant les chaines de montage sans intérêt si l’usine aux antipodes ne peut plus fournir, celle aussi de tous ces petits rien dont nous ne pouvons plus nous passer et qui nous laisseront affligés si le commerce international cesse, qu’en est-il des piles, des batteries ou des puces informatiques…?
    Et oui, Monsieur Lordon n’a pas aborder tous les sujets, le sujet est trop vaste, il n’a juste fait qu’annoncer le prochain décès de l’économie-monde, en oubliant le particulier en multiple multitudes, en nous montrant l’originel il écarta les effets pour en montrer les causes.
    Parce que, après tout, n’est-ce donc pas lorsque l’utopie se sent faillir et défaillir qu’elle se fait monstre et fait montre tous les excès?


  13. master t Le 25 août 2014 à 18h05
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    Van Helsing dans “les sociétés secrètes et leur pouvoir au XXème siecle” -1995-écrivait déjà (p250):
    “Plutot que de provoquer de petites crises économiques isolées, les banquiers internationaux déclencheront, cette fois-ci, une crise pour instaurer un système monétaire mondial et fonder une banque mondiale qui détiendra le controle absolu. Ils lanceront simultanément et en exclusivité le SYSTEME DE PAIEMENT SANS ARGENT LIQUIDE (1). Et quand tous les SYSTEMES BANCAIRES DU MONDE SE SERONT EFFONDRES et qu’il n’y aura plus aucune alternative à la carte de débiteur, nous serons bien obliger de l’accepter. Nous ne pourrons plus payer en espece dans les magasins.”.
    Celà sent le conspirationnisme!? Evidemment, mais au delà des impressions premières, il nous faut etre factuel et constater entre ce qui a été dit et ce qui se produit reellement!.
    De nombreux indicateurs abondent dans le sens de ce que présente l’auteur:
    - Il devient patent que le systeme monetaire mondial est un Liévathan fragilisé en phase de s’écrouler. L’épandage monétaire opère bien au delà de 2007, il n’a servis qu’à renforcer un mouvement financiaro-économique qui ne demandait qu’à s’incurver dans la déflation… phase naturelle d’une correction de marché mais dont les conséquences auraient été moindre que ce qui nous attend bientot (2017-2018?).
    - L’hiver de Kondratiev, que nous traversons, peut s’avérer etre une reelle oportunité pour qui sait utiliser sa force (principe de l’aikido). En effet, il devient loisible d’imprimer en les accentuant des causes (monétaires, economiques…) dont on sait qu’elles créeront des boucles de rétroactions positives (auto alimentation des phénomènes et augmentation de son amplitude délétère). L’interet est d’amener le système dans sa phase critique en faisant passer ceci pour , à la fois , un mélange d’incompétence, de forces monumentales mal maitrisées, de cupidité, de malchance… bref, des bouc emissaires qui ne seraient que des voiles à une réalité bien plus douloureuse.

    Ce qui viendrait renforcer la thèse globale du conspirationnisme est que ce grand cycle finissant est anticipable et que la motivation première n’est pas l’argent mais bien le sous-jaçent à toute religion de l’Homme nouveau” entretenant la sensation de toute puissance sur autrui non pas à destination de l’argent comme organe du pouvoir (des dieux) mais bien la finalité qu’opportunément cet argent permet. (Nietzsche).
    L’objectif final a 2 facettes:
    – Le controle absolu sur les serfs. (les moyens sont nombreux… très nombreux).
    – Le controle absolu de sa propre existence terrestre par l’entremise des innovations technologiques (trans humanisme) ceci, afin de s’extraire des contraintes naturelles qu’imposent un existence vouée à la finitude.

    Le syndrome qui frappe l’Homme du pyramidon à la base hiérarchique de la société s’appelle HYBRIS (hubris) et ce depuis que l’humain s’est séparé de sa propre nature en ayant conscience de soi. Un “moi-je” qui opéra en lui meme une réflexivité qui ouvrit pour le meilleur comme pour le pire des perspectives d’avilissement comme de transcendance.

    Nous sommes actuellement à un carrefour de l’Histoire, 2 egregores sont manifestement à l’oeuvre tel Gog et Magog: des forces opposées s’affrontent déjà (noumène) elles ‘extériorisent dans nos actes-pensées et sont sensiblement enregistrables. Au PEAR (princeton engineering anomalies research) on a pu tester le role interagissant de “l’inconscient collectif”, par de nombreux dispositifs à fonction aléatoire éparpillés dans le monde, et l’irruption d’un événement majeur -à forte dimension émotionnelle- L’oscillation obtenue survenait la veille de l’événement!!
    Hors, et pour conclure, le projet nommé “global consciousness project” a aussi montré un phénomène récent d’un tracé oscillatoire (EEG planétaire) de plus een plus accrus… signe d’un éveil des consciences?.


  14. master t Le 25 août 2014 à 19h04
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    En ce qui concerne le “paiement sans argent liquide”, la question a été soulevée récemment au W.E.F de Davos et il ressort une forme de concensus général sur la nécessité d’un changement dans le rapport à la monnaie:.. “notre cash parait bien médiéval par rapport à ce que la technologie permet aujourd’hui” nous dit l’un de ces participants. La notion d’adhérer au courant des innovations technologiques précède celles des us et coutumes des consommateurs… Ce changement radical nous sera vendu comme la marque du progrès, qui comme on le sait est toujours positif!…n’est ce pas?!

    J’ajouterai pour clore mon propos la suite de ce que Van Helsing propose aux dissidents que nous sommes:
    p250 “(…) le seul moyen de contourner la carte et, plus tard, le tatouage (1), sera de vivre en autosubsistance, par exemple d’avoir de l’or ou de l’argent et une production quelconque (agricole ou artisanale) qui servirait de troc. Il faudra donc habiter à la campagne, car il est impensable de vivre de façon autonome et en autosubsistance en ville”

    J’aimerai apporter quelques commentaires et nuances à ce qui est dit:

    - Le “tatouage” peut etre remplacé par une puce RFID, invisible et pouvant contenir bien plus d’information en soi. Les applications sont nombreuses et s’avèreront “positives” par les nombreuses fonctionnalitées induites (santé, paiement, carte d’identité…). La science fiction, c’est maintenant!.
    -Le positionnement sur l’or et l’argent est plus récent dans les débats depuis que la monnaie etalon (dollar) auquel de nombreuses monnaies sont liées perd de son influence, ou tout du moins se voit contester.
    -Le retranchement à la campagne dans des perspectives quasi survivalistes a force d’adaptation dans un systeme de plus en plus orwellien et dont on pressent l’inéluctable entropie.
    Francois RODIER dans sa “thermodynamique de l’évolution” nous annonce l’inéluctable effondrement civilisationnel et la necessité d’etre résilient en nous conformant à une philosophie NEGUENTROPIQUE, qui nous fait s’insérer dans notre biotope dans un esprit de réciprocité (symbiose) et nous amène à développer un réseau d’influence et de confluence des savoirs, des avoirs et des interets dans l’optique d’améliorer l’ETRE en SOI (théorie du centième singe?). C’est donc par le refus du modèle consumériste que l’on acte une révolution cognitive sensée nous recentrer sur qui fait SENS dans l’existence. (coopération plutot que compétition).. Bien entendu, ceci ne s’impose pas de l’extérieur mais doit etre le fruit d’une longue maturation individuelle, beaucoup de gens ont un role essentiel à jouer dans nos villes dans la mesure de leurs obligations et capacités, quant aux possibilités d’evolution, elles sont toujours ouvertes.


  15. Jacques Le 25 août 2014 à 20h18
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    Un article important, que j’ai lu et conservé quand il est sorti. F. Lordon nous explique les ressorts de l’économie marchande et de ses structures de domination, qui sont nées à une époque où la principale source d’énergie était le bois. Qu’on soit passé depuis au charbon, puis au pétrole et à l’atome n’a rien à voir avec la dynamique de son évolution. La raréfaction de telle ou telle ressource naturelle sera simplement compensée avec une aggravation de la situation des plus faibles, sans changer la position des dominants.


  16. Nicolas Jaisson Le 25 août 2014 à 21h39
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    Il n’est pas venu à l’esprit de F. Lordon de savoir comment il a été possible de générer 3.000 trillions de produits dérivés qui se couvrent les uns les autres. Après tout les instruments de financement n’ont de réalité ou de nocivité que celles qu’on veut bien leur prêter, la finance de marché pouvant convertir un instrument spéculatif en instrument de couverture et inversement. Dans ces conditions les banquiers ont la pleine maîtrise des catastrophes financières. Il a été amplement démontré que celle de 2008 ne devait rien au hasard mais a été savamment orchestrée par ceux qui ont légalisé les produits financiers dont il savaient qu’ils pouvaient se transformer en détonateurs d’une crise généralisée au niveau mondial dont les conséquences auraient pour effet de précipiter des évolutions politiques et économiques que tout un chacun a pu constater avec les avancées de l’Europe fédérale. Il est donc naïf de jouer les étonnés devant des chiffres mirobolants certes, mais qui n’ont de signification que dans l’univers mathématique où ils ont été créés et dont ils ne peuvent s’échapper dans le monde réel qu’avec la volonté expresse de la communauté internationale des banquiers centraux.


  17. Crapaud Rouge Le 25 août 2014 à 21h53
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    Citation croustillante : “C’était une rude leçon de réalisme politique que Bourdieu, ici très spinoziste, avait donné en rappelant que dans l’Amsterdam du XVIIe siècle, les bourgeois s’étaient décidés à financer des infrastructures de tout-à-l’égout lorsque le choléra, tout à fait oublieux des barrières de classe, avait commencé à emporter leurs enfants.” Sans commentaire…


  18. paulo Le 25 août 2014 à 23h10
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    C’est un peu facile de vouloir toujours montrer la finance dérégulée et le liberalisme comme bouc émissaire mais il faut mettre en face tout ce que cela permet. On s’égare un peu avec ce genre de vision, le monde est ce qu’il est, les hommes sont ce qu’ils sont, on peut l’améliorer mais ca ne passe pas par des fantasmes idéalisés.


  19. Grumeau Couillasse Le 26 août 2014 à 02h11
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    Intéressant, ce Frédéric Lordon.
    Cependant, son parler n’est pas assez vulgaire, je n’ai pas tout compris !
    En fait ses propos sont plutôt rassurants, je m’attendais à une attaque massive de lapins affamés, ou un lâcher d’étrons depuis une gogue extra-terrestre.
    Bah, juste une affaire de gros sous, et du virtuel en plus, même pas du cash.
    Ca ne gênera pas grand-monde cette affaire,
    juste les accros au travail, à la télé, à la voiture et à la viande …
    Un roman, quoi.


  20. Martine Le 26 août 2014 à 11h09
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    Des politiques multi-casquettes et jamais responsables de leurs actes, c’est la raison principale de cet effondrement
    link to businessweek.com
    (Détails très importants sur le rôle de Tony Blair, qui comme par miracle retrouve un nouveau job à chaque fois et toujours plus haut. Et si l’auteur du livre/film The Ghostwriter avait raison?)


  21. feugnet Le 26 août 2014 à 15h42
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    A chaque fois que je lis Lordon (avec un grand intéret car il brasse beaucoup d’idées ) j’ai envie de dire comme dans Astérix le Viking face au barde qui commence sa saga : ABREGE !
    Lordon a lu Spinoza mais aussi Proust , mais Marx non , en dehors de sa vulgate Marxiste , traductore , trahitore . (quelque chose comme çà en Italien !) .
    Lordon est savant , intelligent , mais là il n’a pas perçu le trait caractéristique de notre époque en matiére financiére . Il n’est pas le seul , c’est méme plutot général .
    Cette différence c’est qu’on peut créer de la monnaie comme on veut , quand on veut et çà dépasse l’entendement : les forces énormes dont parle Lordon . Les néo-cons US à commencencer pas Friedmann l’ont trés bien compris . Avec çà on ‘crée’ la ‘réalité’ .
    La réalité c’est quoi , pour la quasi totalité des économistes ? Ce sont les marchandises , éventuellement leur résumé : l’or . Et Lordon est tombés dedans , c’est pourquoi il se rajoute à tant d’autres qui nous annoncent la catastrophe comme imminente . ET ben , non , y aura pas , c’est trop facile , ce sera une mort lente ….
    Il existe une limite , pour la connaitre , il faut avoir bien lu Marx . Il nous dit quoi , en substance ?
    A l’essentiel , en bref ? La limite c’est quand la population ‘active’ , celle qui produit des marchandises , régresse . On est loin du compte , encore 15 ans , au moins .
    Qu’est ce qui le dit ? Un graphique que je n’ai jamais vu chez les économistes et que je ne verrai jamais . Basé sur l’hérésie de Ricardo , dont d’un commun accord , il est convenu qu’il était null en monnaie . Additionnons QUANTITES d’or et d’argent sur un graphique semi-log à raison de 15 d’ag pour 1 d’or sur les 500 derniéres années . On obtient une remarquable droite , de pênte 2 . La méme pente que la population mondiale . Les écarts et franchissements de la courbe par rapport à la droite , au dessous et en dessous sont d’une révélation lumineuse à l’année prés !
    Le prochain coupure de cette courbe par raport à la droite (par le dessus = sortie d’une période inflationniste , déroute du leader mondial – la banqueroute à déjà eu lieu ) c’est pour 2030 .
    Ce qui correspondt à la fin de l’infléchissement démographique .
    Au delà c’est une régression bio de l’humanité : guerres civiles généralisées , épidémies , famines ( je préfére mentalement exclure cette possibilité , quoique …) .
    Lordon manque de repéres précis , c’est général , mais dommage pour nos élites . Un effort Lordon !


  22. feugnet Le 26 août 2014 à 16h35
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    Pour étre juste Lordon a raison , une prochaine secousse type 2008 , en plus fort , plus scandaleux , se prépare . Encore regression sociale , technique mentale démocratique , etc … mais le systéme s’en remettra , pour nous en créer encore une autre , pire …
    On peut jouer sur les vagues pour essayer une reprise de soi , en vain , je le crains . Les reprises de soi se font chez les émergents .Le prochain scandale économique et social me semble assez clair et prévu : le prélevement direct et obligatoire sur les comptes bancaires pour ‘sauver’ les banques et les états . Pour le reste c’est plus de police et plus de désordre militaire .


  23. chatard Le 26 août 2014 à 23h31
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    Certains commentaires sont très durs pour Lordon. Perso, je me suis régalé en lisant son article qui me laisse admiratif. Pour moi Lordon est un “reac de gauche”. C’est peut-être ce qui déplait à certains. J’ aimerai qu’il y ait une dialectique entre reac de droite et reac de gauche dans les médias, ça rehausserai le débat et ça me semble indispensable en démocratie. Ça n’arrivera jamais bien sur, sauf pour les diaboliser. Sur le même thème, j’ai lu ce matin un papier de Werrebrouck (économiste “reac de droite) qui m’ a fait penser à celui de Lordon ( crise de l’euro, nécessaire dépendance des banques centrales, etc.). link to lacrisedesannees2010.com


  24. isidore Le 27 août 2014 à 08h18
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    Les notions de reac de g et réac de droite me paraissent assez bonnes pour qualifier les stratégies . En nuançant : plutot pro (=progressiste ) de droite que réac .
    En effet nous ne sommes plus parmi les perdants de l’ordre mondial ( globalement , si l’on fait abstraction de la répartition sociale interne ) comme en 1789 , donc nous ne sommes plus du coté des révolutions . Une stratégie de réas de gauche c’est à dire de gauche réaliste est donc forcémment perdante , elle déçoit sa base . Mieux vaut une stratégie pro de droite , façon De Gaulle , çà désarçonne les uns et les autres . Inconvenient çà crée une légitimité aux réacs de droite et de gauche qui finissent par prendre le dessus , mais à court terme çà permet de déblocquer et mettre à jour .


  25. barre-de-rire Le 27 août 2014 à 19h22
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    il ne se passera, conceptuellement c’est bailed out garantis, le système doit perdurer sinon l’élite ne repose plus sur rien…


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