« L’euro, une catastrophe »

Blog New York Times, 21 août 2014
Paul Krugman

Matt O’Brien fait remarquer que l’Europe va plus mal aujourd’hui que pendant la Grande Dépression. Pendant ce temps François Hollande – dont la pusillanimité et l’empressement à adopter une politique d’austérité voue à l’échec son quinquennat et même peut-être le projet européen dans son ensemble – déclare avec hésitation qu’en fin de compte davantage d’austérité n’est pas une bonne solution.

Simon Wren-Lewis pense que le choix européen de l’austérité était un événement contingent ; grosso modo la crise grecque a renforcé le camp des partisans de l’austérité à un moment critique. Je ne pense pas que l’explication soit si simple ; d’après moi, il y avait une atmosphère profondément anti-keynésienne en Europe bien avant la crise grecque, et la macro-économie, telle qu’est elle pratiquée par les économistes anglo-saxons, n’a jamais réellement eu de partisans au sein des allées du pouvoir en Europe.

Quelle qu’en soit l’explication nous sommes maintenant, comme le dit O’Brien, face à une des plus grandes catastrophes de l’histoire économique.


« Pire que les années 30 : la récession européenne est bel et bien une vraie dépression économique »

Blog Washington Post, Wonkblog, 20 août 2014
Matt O’Brien

La Plus Grande Dépression Européenne
Ordonnée : évolution du PIB, niveau 100 au début de la crise
Abscisse : nombres d’années depuis le début de la crise
Légende : en gris, Bloc Sterling (1929-38), en rouge, Japon (1992-2001), en jaune, Bloc Or (1929-38), en noir, zone Euro (2007-14)
Sources : Maddison Project, Eurostat

Comme je l’expliquais la semaine dernière il est temps d’appeler les choses par leur nom et de définir la zone euro en termes clairs : une des pires catastrophes de l’histoire économique.
Il y a eu quantités de catastrophes ces dernières années. Je ne parle pas simplement de la Grande Récession, mais aussi de la manière dont nous nous sommes efforcés de remonter la pente depuis cet événement. Les Etats-Unis ont connu leur plus faible reprise économique depuis la Seconde Guerre Mondiale. La Grande-Bretagne a connu sa plus faible reprise de tous les temps. Mais après six ans et demi l’Europe se distingue en n’ayant quasiment pas connu de reprise du tout. Et comme vous pouvez le voir dans le graphique ci-dessus, le résultat est en passe de devenir plus grave que lors de la pire période des années 30.

J’ai extrait le graphique ci-dessus d’un texte de Nicholas Crafts, et j’ai un peu prolongé la période pour placer la dépression économique européenne dans une perspective encore plus déprimante. Le PIB européen n’est pas encore revenu à son niveau de 2007 et manifestement il n’y reviendra pas dans un avenir proche. En effet alors que l’on n’était même pas certain que la dernière récession était terminée, on s’est aperçu que le PIB de la zone euro avait de nouveau cessé de croître lors du deuxième trimestre. Et même l’Allemagne s’en sort mal : son PIB a chuté de 0,2 % par rapport au dernier trimestre.

Ce désastre est la conséquence d’une politique économique. Trop d’austérité fiscale et trop peu de stimulation monétaire ont handicapé la croissance comme quasiment jamais auparavant. L’Europe fait pire que le Japon pendant sa « décennie perdue », pire que le Bloc Sterling pendant la Grande Dépression, et à peine mieux que le Bloc Or de l’époque – mais cet aspect positif est bien fragile, car, au train où vont les choses, d’ici un an la zone euro fera pire que le Bloc Or.

Comment se fait-il que l’Europe donne l’illusion que la Grande Dépression représentait le bon vieux temps de la croissance ? Tout simplement en ignorant tout ce que nous avons appris de cette Grande Dépression.

A l’époque, il y eu deux catégories de pays : ceux qui quittèrent l’étalon-or, et ceux qui furent sur le point de le quitter. Mais ils restèrent longtemps « sur le point » de quitter l’étalon-or. Car les gouvernements étaient sentimentalement attachés à l’or même si, comme Barry Eichengreen l’a montré, renoncer à l’étalon-or permettait de retrouver le chemin de la croissance. Les gouvernements assimilaient tout simplement l’étalon-or à la civilisation, ils étaient donc prêts à sacrifier leurs économies sur l’autel de la civilisation. Ce qu’ils firent effectivement. Même si, in extremis, il y eut des limites.

Par exemple la Grande-Bretagne refusa de remonter ses taux d’intérêt pour défendre l’étalon-or en 1931 car le chômage atteignait déjà 20%. Elle préféra dévaluer sa monnaie, et les autres pays du Bloc Sterling – la Suède, la Finlande, le Danemark, le Portugal et le Canada – suivirent son exemple (politique très positive). L’ironie de l’affaire, bien entendu, est que cette faiblesse les rendit plus forts. L’abandon de l’étalon-or leur permit de pratiquer une politique de stimulation budgétaire et monétaire qui fit rapidement redémarrer l’économie.

Il y eut aussi les jusqu’au-boutistes. Les pays qui possédaient de grandes réserves d’or, comme la France, avaient la possibilité de conserver l’étalon-or s’ils le souhaitaient, ce qu’ils firent. Ils alignèrent les budgets d’austérité les uns après les autres comme des offrandes au Dieu tout puissant de l’or et ils en payèrent le prix économique. Ils ne connurent jamais de crash économique comme les Etats-Unis, mais ne connurent jamais non plus de reprise. Le cercle vicieux des baisses de prix, de la hausse du chômage et de l’austérité budgétaire croissante les confina dans un déclin sans fin. Jusqu’à ce que la France et les autres pays du Bloc Or, qui à son apogée comprenait la Belgique, la Pologne, l’Italie, les Pays-Bas et la Suisse, abandonnèrent en octobre 1936 leurs illusions dignes de celles du roi Midas. Une reprise économique s’ensuivit.

Comme je l’ai déjà dit, l’euro n’est rien d’autre qu’un étalon-or paré d’une autorité morale. Et c’est cette question morale qui est au cœur du problème. Les Européens ne pensent pas que l’euro représente la civilisation, mais plutôt la défense de celle-ci. C’est un monument de papier dédié à la paix et à la prospérité qui a rendu cette dernière impossible. Les eurocrates qui ont voué leurs vies à le construire ne le détruiront jamais alors même que ses défauts de construction rendent une reprise économique impossible.

Tout comme durant les années 30, l’Europe est coincée dans un système de taux de changes fixes qi ne lui permet pas d’imprimer et de dépenser sa monnaie, ou bien de la dévaluer. Mais contrairement à ce qui s’était passé à l’époque, l’Europe pourrait ne jamais sortir de ce système. C’est une fidélité à une politique désastreuse que même les partisans du Bloc Or n’auraient pu imaginer. Le dernier espoir de l’Europe étant la BCE, cela signifie que l’Europe est probablement condamnée.

Pour être honnête, la BCE sous la direction de Draghi a fait tout ce qu’elle a pu dans le cadre des contraintes légales et politiques qui lui sont imposées. Mais on ne juge pas le chômage sur un graphique. Et ces contraintes ne sont pas sur le point de disparaître, pas suffisamment en tout cas, pour éviter une ou deux décennies perdues. La BCE va probablement continuer à faire le strict minimum : un peu d’assouplissement quantitatif à contrecœur qui cessera dès que l’Allemagne sera engagée sur la voie de la reprise économique.

Ils ont fait un désert et l’ont baptisé « zone euro ».

Matt O’Brien est l’auteur du Wonkblog (ndt : littéralement, le « blog de l’intello») qui traite de politique économique. Il était auparavant rédacteur en chef associé au magazine The Atlantic.


« La France prend acte de sa faiblesse économique et accuse les politiques d’austérité »

The New York Times, 20 août 2014
Liz Alderman

Un marché à Toulouse. Le président François Hollande a annoncé de nouvelles mesures de stimulation de la croissance économique.
Crédit Balint Porneczi/Bloomberg News, via Getty Images

Alors que l’Europe est confrontée à la possibilité d’une troisième récession en cinq ans, la France apparaît aujourd’hui de plus en plus comme le maillon faible des 18 pays de la zone euro.

Après avoir souligné pendant des mois qu’une sortie de la longue crise de la dette était à portée de main, François Hollande a fait mercredi dernier une déclaration bien plus pessimiste. Il a déclaré que les politiques d’austérité que la France a été contrainte d’adopter pour satisfaire les objectifs de réduction des déficits de la zone euro rendaient le retour à la croissance impossible.

Les responsables français expliquent que la France – deuxième économie de la zone euro derrière l’Allemagne – ne va plus essayer d’atteindre cette année les objectifs de réduction des déficits pour éviter d’aggraver la situation économique. Ils ont annoncé que même en abandonnant ces objectifs il était peu probable que la France sorte prochainement de la longue période de stagnation qu’elle connaît ou qu’elle réduise rapidement son taux de chômage, supérieur à 10 %.

“Le diagnostic est clair” a déclaré François Hollande dans une interview publiée mercredi dans le journal « Le Monde”. « Les politiques d’austérité de ces dernières années ont créé un problème de demande dans toute l’Europe et produit un taux de croissance qui ne permet pas de réduire le chômage ».

C’est le désaveu français publique le plus franc de la politique d’austérité que l’Allemagne a longtemps infligée aux pays de la zone euro – politique qui peut faire échouer la reprise dans la zone euro selon des déclarations récentes de la chancelière allemande elle-même, Angela Merkel.

François Hollande a réuni ses ministres à l’Elysée mercredi et annoncé de nouvelles mesures de stimulation de la croissance économique – mesures qui suivent toute une série de mesures similaires mises en place depuis le mois de janvier. Elles comprennent des baisses d’impôts pour les contribuables les plus modestes et des dispositions pour relancer le secteur moribond de la construction immobilière, secteur qui est à son plus bas niveau depuis 15 ans.

« Nous devons faire davantage et agir plus rapidement » a déclaré François Hollande dans son interview au « Monde ». « Je veux accélérer les réformes pour donner un coup de fouet à la croissance le plus rapidement possible ».

Il s’exprimait après avoir pris connaissance d’indicateurs qui montrent que la zone euro dans son ensemble trébuche à nouveau, contrastant avec la forte reprise aux Etats-Unis. Les responsables de la politique monétaire mondiale, réunis cette semaine à la conférence annuelle de la Federal Reserve à Jackson Hole, dans le Wyoming, vont analyser les voies divergentes suivies par les Etats-Unis et l’Europe, et les conséquences qu’elles vont avoir pour l’économie mondiale.

Moins d’une année après sa deuxième récession depuis la crise financière de 2008, les pays de la zone euro n’ont pas enregistré de croissance d’avril à juin d’après les statistiques officielles de l’Union Européenne. Même en Allemagne, qui il y a quelques mois seulement semblait donner le signal de départ d’une reprise économique dans la zone euro, le PIB s’est contracté de 0,2 % lors du deuxième trimestre après une longue année de croissance.

Les économistes se demandent si la croissance forte des années antérieures à 2008 reviendra un jour – ou bien si un nouveau paradigme, connu sous le nom de « stagnation séculaire », ne s’est pas mis en place, empêchant toute reprise économique forte de la croissance et de l’emploi. « Il est trop tôt pour affirmer qu’une stagnation séculaire va se mettre en place” écrit Nicholas Craft, professeur d’économie et d’histoire économique à l’Université de Warwick, dans un article publié récemment par le « Centre for Economic Policy Research » à Londres. « Mais il est évident que les Européens devraient craindre cette stagnation bien davantage que les Américains. Les effets dépressifs d’une croissance plus faible du potentiel de productivité vont se faire sentir plus profondément en Europe ».

Comme beaucoup de pays de la zone euro, la France a été contrainte après la crise financière de mettre en place des mesures d’austérité pour réduire sa dette et son niveau de déficit, dans une période où les marchés financiers imposaient des taux d’intérêt élevés aux pays qui semblaient vivre au-dessus de leurs moyens.

L’année dernière, François Hollande a annoncé des hausses d’impôts et 50 milliards d’euros (66 milliards de dollars) de baisse de la dépense publique, étalées jusqu’en 2017, ce qui a ralenti l’économie. Et en se fixant comme objectif de déficit budgétaire annuel 3 % du PIB, niveau requis pour les pays de la zone euro, il s’est aussi engagé à réduire le déficit de la France à 3,8 % en 2014, contre 4,3 % en 2013.

Les taux d’intérêt français ont dégringolé à des niveaux historiquement bas depuis le début de la crise. Mais les entreprises et l’industrie françaises ont eu du mal à retrouver leur niveau d’activité d’avant la crise, rendant plus ardue la tâche du gouvernement de trouver des recettes fiscales pour réduire le déficit. Espérant compenser le ralentissement économique, François Hollande a annoncé en janvier de nouvelles baisses d’impôts pour les entreprises afin de les inciter à embaucher.

Mais la semaine dernière le ministre de l’Economie, Michel Sapin, a prévenu que la croissance serait si faible que le gouvernement n’allait même plus essayer de tenir son objectif de déficit. Il a déclaré que la croissance française serait de 0,5 % seulement cette année, c’est-à-dire moitié moins que prévu, et aurait du mal à atteindre à atteindre 1 % l’année prochaine. D’autres économies dévastées, dont la Grèce et l’Espagne, ont souffert alors qu’elles ont taillé dans les dépenses et augmenté les impôts en période de récession pour respecter les critères de déficit prévus par l’Union Européenne.

L’annonce de François Hollande mercredi dernier contrastait fortement avec les discours qu’il tenait il y a encore quelques mois, dans lesquels il insistait sur le fait que la reprise économique était à portée de main. Malmené par des sondages négatifs record, le Parti Socialiste a aussi essuyé une défaite cuisante lors des élections européennes de juin dernier.
Les électeurs déçus par sa politique économique se sont tourné vers le Front National et l’UMP, le parti de droite de l’ancien président Nicolas Sarkozy, parti qui a été secoué par de nombreux scandales. Mercredi dernier Alain Juppé, un ancien Premier Ministre au plus haut dans les sondages, a annoncé qu’il se présenterait aux élections pour la présidence de l’UMP.
Cela va constituer pour François Hollande une nouvelle épreuve difficile alors qu’il s’expose déjà à un retour de manivelle de la part membres de l’aile gauche du Parti Socialiste qui répugnent à mettre en place toute nouvelle mesure d’austérité qui pourrait contrarier les électeurs.

Mercredi dernier, François Hollande a demandé aux dirigeants de l’Union Européenne de faire de la croissance leur priorité, expliquant qu’augmenter les impôts tout en réduisant les dépenses en période de récession s’est avéré désastreux pour relancer l’économie européenne.

Mais certains ont analysé sa déclaration comme un simple stratagème de relations publiques.

« Même s’ils appliquent quantités de mesures douloureuses, ils vont devoir expliquer aux Français pourquoi l’économie ne va pas bien et même se dégrade davantage », souligne Famke Krumbüller, un analyste spécialiste de l’économie européenne au Groupe Eurasia à Londres.

Le résultat, dit M. Krumbmüller, c’est que François Hollande essaye faire porter le chapeau à l’Europe, plutôt que d’essayer de s’attaquer à des réformes autrement plus difficiles comme la rigidité du marché du travail en France, dont les employeurs disent qu’elle freine les embauches et l’investissement.

« Le message est que nous avons fait notre job, maintenant c’est au tour de l’Europe de faire le sien, à savoir favoriser la croissance », explique M. Krumbmüller. «En substance, ce discours signifie que nous avons fait tout ce que nous pouvions vu les circonstances actuelles, et que nous n’en ferons pas davantage »


L’intégrisme de l’équilibre budgétaire

Social-Europe, lundi 18 août 2014
Simon Wren-Lewis

Les européens, et plus particulièrement les élites européennes, regardent avec amusement et inquiétude les attitudes populaires sur la science aux Etats-Unis. En Europe il n’y a pas réulièrement des tentatives pour remplacer dans les manuels scolaires la théorie de l’évolution par celle du « dessein intelligent ». Le déni du changement climatique ne rencontre pas d’écho dans les mouvements politiques majoritaires en Europe comme aux Etats-Unis (à l’exception peut-être de la Grande-Bretagne). Pourtant l’Europe, et plus spécialement ses élites politiques, semble paralysée par un credo tout aussi peu rationnel et beaucoup plus dangereux dans l’immédiat. Ce credo est que la politique budgétaire devrait être durcie en période de trappe monétaire.

La reprise économique est aujourd’hui forte en Grande-Bretagne, mais cela ne doit pas masquer le fait que c’est la reprise d’après-récession la plus faible depuis des siècles. La politique d’austérité n’en est peut-être pas le principal facteur, mais elle a certainement joué son rôle. Pourtant le gouvernement qui a initié cette politique d’austérité, au lieu d’essayer de masquer cette erreur, est sur le point de la commettre de nouveau. Que le gouvernement ait réellement l’intention d’agir ainsi, ou bien que cela ne soit qu’un stratagème pour l’aider à gagner les prochaines élections, signifie dans les deux cas de figure que la réalité n’a pas émoussé sa foi dans cette doctrine.

L’Europe a souffert d’une deuxième récession à cause de la combinaison de politiques d’austérité budgétaire et de politiques monétaires inadaptées. Pourtant les responsables de la politique monétaire, plutôt que de prendre des mesures sérieuses pour résoudre le problème d’un PIB en berne et d’une inflation à peine supérieure à zéro dans la zone euro, ont décidé de rester les bras croisés et de continuer à vanter les mérites des politiques d’austérité. (Chère BCE, vous adorez les réformes structurelles. Au vu de vos résultats, il serait peut-être temps de d’appliquer ces réformes à vous-mêmes). Dans les grandes économies comme la France ou les Pays-Bas, l’absence de croissance rend inatteignables les objectifs de réduction des déficits, et la réglementation budgétaire médiévale de la zone euro requiert alors d’accentuer les politiques d’austérité. Comme le faisait remarquer Wolfgang Munchau, éditorialiste au Financial Times (le 15 août dernier), les journaux allemands se préoccupent davantage des déficits français que d’une possible déflation.

Il y a maintenant un consensus quasiment universel parmi les économistes pour dire qu’un resserrement de la politique budgétaire tend à réduire significativement la production économique et à augmenter le chômage lorsque les taux d’intérêt sont à leur plus bas niveau : le débat se réduit à savoir dans quelles proportions cela se produit. Quelques personnes affirment que la politique monétaire à elle seule pourrait encore retourner la situation bien que les taux d’intérêt soient au plus bas, mais la possibilité que la BCE suive leurs conseils est égale à zéro.

Paul de Grauwe l’explique de manière fort éloquente :
« Les responsables politiques européens font tout ce qui en leur pouvoir pour tuer dans l’œuf la reprise économique, ils ne devraient donc pas être surpris par l’absence de reprise. C’est l’intégrisme de l’équilibre budgétaire, et cet intégrisme est devenu parole d’évangile ».

On enseigne encore les théories keynésiennes en Europe, ce n’est donc pas comme si cette science n’était pas diffusée. Je trouve qu’il n’y a pas tellement de différence entre les raisonnements des économistes novices ou un peu plus expérimentés de la BCE et de la Commission Européenne par rapport à ceux du FMI, exception faite d’une connaissance plus aigüe des réalités politiques. Je pense que le problème est le même que celui qui existe aux Etats-Unis, mais à un degré différent.

Une erreur fréquemment commise par les universitaires consiste à croire que des théories allant de soi dans leurs milieux vont se diffuser dans le débat politique, alors même que ces théories comportent un fort élément idéologique ou bien quand des intérêts financiers significatifs d’un groupe donné sont en jeu. En fait il y a une communauté de conseillers politiques qui s’interpose entre les experts et les hommes politiques, et bien que certains dans cette communauté de conseillers soient réellement soucieux de la réalité, d’autres sont plus en phase avec une certaine vision idéologique, ou avec des intérêts financiers, ou bien encore avec ce qui est bien accueilli par une partie de l’opinion publique. Certains membres de cette communauté sont même parfois des économistes, mais des économistes qui, s’ils ont jamais maîtrisé la macroéconomie, semblent très heureux d’avoir oublié tout ce qu’ils savaient.

Alors pourquoi « l’intégrisme de l’équilibre budgétaire » semble-t-il plus prévalent en Europe qu’aux Etats-Unis ? Je ne pense pas qu’il y ait une différence entre les deux continents au niveau de ce qui est enseigné dans les cours de macroéconomie. Certains pointeront du doigt la prégnance de l’ordo-libéralisme en Allemagne mais ce n’est pas très différent de la prégnance du néo-libéralisme au sein de la communauté des conseillers politiques aux Etats-Unis. Peut-être faut-il voir la plus grande capacité des universitaires américains (et de l’un d’eux en particulier) de passer outre le barrage de la communauté des conseillers politiques en utilisant les médias, les traditionnels comme les plus modernes. Cependant je pense qu’un facteur très important est simplement l’expérience récente.

Les Etats-Unis n’ont jamais connu de crise de financement de leur dette. Les « garde-fous » que constituent les marchés obligataires ne se sont jamais manifestés. En revanche ils l’ont fait dans la zone euro et cela a laissé des cicatrices durables sur les responsables politiques européens, cicatrices dont joue la communauté des conseillers politiques et qui rend impuissants tous ceux qui s’opposent à des politiques d’austérité. Je n’écris pas cela pour absoudre les motivations des intégristes de l’équilibre budgétaire mais plus simplement pour expliquer que cela rend plus difficile de faire accepter en Europe la science économique et ses évidences. La différence entre l’intégrisme qui nie la théorie de l’évolution des espèces et l’intégrisme qui nie les principes de macroéconomie est que ce dernier fait des dégâts ici et maintenant.

Simon Wren-Lewis est un professeur d’économie à l’Université d’Oxford et chargé de recherches au Collège Merton d’Oxford.
Ce blog est écrit tant pour les économistes que pour le grand public.

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43 réponses à La catastrophe euro, par Paul Krugman

  1. pikpuss Le 26 septembre 2014 à 03h01
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    Les besoins de la société humaine sont illimités… Sauf baisse soudaine de la population pour cause de guerre ou d’épidémie, l’activité économique ne peut que croître… Notre problème c’est que nous avons une économie financière qui fabrique de la fausse richesse à partir de rien mais qui a besoin de l’économie réelle pour asseoir définitivement les gains qu’elle produit. C’est la raison pour laquelle de nombreuses personnes sensées veulent que l’on revienne à une séparation des banques de casinos financiers de celles liées au financement de l’économie réelle. Nous sommes tellement envoûtés par les gourous de la finance et de la politique que nous avons accepté sans broncher de payer les dettes de jeux des joueurs de poker. De l’argent, il y en a, mais seulement pour l’armement, la drogue et les jeux de la finance… Et comme ceux qui émettent la monnaie appartiennent à la même mafia et bien on peut attendre bien longtemps avant que les choses changent. Nos politiciens ne font que nous balader et Hollande est le premier d’entre eux dans ce domaine. Quant à Manuel Valls, un livre vient de sortir à son sujet qui révèle son origine de gauche très caviar et très friquée. Avec de telles personnes, le peuple ne sera jamais défendu…


    • esope Le 26 septembre 2014 à 09h04
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      Entièrement d’accord.
      Ce n’est pas par des mesures purement monétaires qu’il est possible de redresser la situation. Il faut aussi revoir le « système ».
      Le problème est que mettre de la monnaie en circulation, pour servir la consommation et la spéculation, sans investir dans la production domestique marchande ne peut créer que de l’inflation absolument nuisible. L’investissement utile crée aussi de l’inflation (courbe de Phillips), mais celle-ci est atténuée par les gains de rendement et la mise sur le marché (domestique et international) de plus de produits.
      Tout ceci s’explique. Pour ne pas avoir à recopier des textes un peu longs que j’ai déjà écrits je vous renvoie à mon blog :
      http://www.zenon-elee.fr/article-le-probleme-de-l-euro-107202524.html
      http://www.zenon-elee.fr/article-un-temps-pour-chaque-chose-et-chaque-chose-en-son-temps-120764845.html
      http://www.zenon-elee.fr/article-la-monnaie-fantome-124455249.html

      Quant à la gestion de l’économie américaine, elle n’est absolument pas comparable. Elle joue sur du velours. Le marché international dont le volume s’accroît continuellement a en permanence besoin de nouveaux apports de dollars et les US ne sont pas chiches pour faire fonctionner leur planche à billets. Une partie va continuer à circuler pour alimenter l’économie marchande et les échanges internationaux, et en particulier les productions américaines innovantes. Une autre partie va se tapir dans les réserves de change pour alimenter la spéculation internationale sur les supports spéculatifs : les cotes se portent bien (actions, immobilier, œuvres prétendues d’art, …).
      L’Euro, qui se voulait une alternative au dollar, se casse la figure en tant qu’outil de change international car il est coincé de tous les côtés. Par l’Allemagne et ses alliés qui veulent un Euro fort pour acheter à l’extérieur à bas prix (l’énergie en particulier) et qui tiennent les cordons de la bourse grâce aux excédents de balances commerciales d’un côté. De l’autre, les acteurs politiques des pays qui vivent à crédit (la France en particulier), qui visent avant tout les échéances électorales, qui ne rechignent devant aucune démagogie irréaliste, et qui agitent à juste titre le spectre de « la rigueur » inhérente à une inflation prévisible, en terrain conquis car ils s’appuient sur un électorat majoritairement constitué de consommateurs allergiques ou extérieurs à la production marchande.


    • Olivier M Le 26 septembre 2014 à 14h20
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      “Les besoins de la société humaine sont illimités… Sauf baisse soudaine de la population pour cause de guerre ou d’épidémie, l’activité économique ne peut que croître…”

      Ces derniers 25 ans nous ont portant démontré le contraire. Financer à crédit des besoins humains futiles n’est pas une solution viable à long terme.
      Le mythe de la croissance infinie dans un monde fini est un conte de fée.


    • bellini Le 28 septembre 2014 à 08h08
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      “Les besoins de la société humaine sont illimités…” C’est ce qu’affirment les libéraux économicistes depuis Locke, mais pendant 10000 ans, entre les débuts du néolithique et 1800, la croissance du PIB /hab a été de 0 %. Les”besoins illimités” sont une construction idéologique, une religion de remplacement, qui semble en voie d’épuisement “Cette révolution capitaliste…exige des hommes dépourvus de liens avec le passé ( qui comportait l’épargne et le moralisme). Elle exige que ces hommes vivent dans un état d’impondérabilité – ce qui leur permet de privilégier, comme seul acte existentiel possible, la consommation et la satisfaction de ses exigences hédonistes.” Pasolini


  2. vérité2014 Le 26 septembre 2014 à 03h03
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    Russie: une eurodéputée interdite d’entrée.

    Le ministères des Affaires étrangères allemand a jugé aujourd’hui “inacceptable” la décision de Moscou d’interdire à une députée européenne allemande d’entrer en Russie, où elle devait assister au procès d’une Ukrainienne soupçonnée d’espionnage.

    Trop drôle…pour qui se prennent ces eurocrates?

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/09/25/97001-20140925FILWWW00456-russie-une-eurodeputee-interdite-d-entree.php


    • zebulon Le 26 septembre 2014 à 14h21
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      Par contre il faut vérifier si la Russie est comptée dans les 40 pays où les français
      n’ont plus le droit d’aller, sinon çà fait 41…

      Le mieux c’est quand même de prendre un vol Air france, car comme çà vous êtes sur de rester sur place en sécurité


    • Slavyanka Le 26 septembre 2014 à 22h26
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      Russie: une eurodéputée interdite d’entrée

      Je suis contente de constater que bcp de commentaires à cet article du Figaro sont favorables à la Russie. Les gens commencent à comprendre ?


  3. Patrick Luder Le 26 septembre 2014 à 07h49
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    La création monétaire ne touche pas l’économie réelle,
    les marchés boursiers se complaisent dans leur bulle.

    La politique est toujours prisonnière de son vieux rêve,
    le cauchemar d’une croissance impossible et destructrice.

    Le monde ne vit que pour la course à un argent mirage,
    L’âme du monde est morte, perdue dans l’abîme de la finance.
    La conscience du monde est morte, perdue dans la course au toujours plus.
    Les valeurs du monde ne comptent plus, évaporées par des crises de l’argent.
    Alors le monde continue sur sa route de perdition
    sans même une regard sur le paysage qui défile,
    une route sans goût et sans avenir,
    ou seul l’accélération donne à penser à la gravitation,
    dernier lien qui rattachait encore le monde à la terre.


  4. luci2/29 Le 26 septembre 2014 à 08h02
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    La France !!! ???
    Les Pays du Vieux Continent …??? !!!

    Comment parvenir à un début de commencement d’hypothétique coopération , en cette période dangereuse
    SANS ETRE Un Véritable et sérieux Allié de la Russie.
    Sans TOUT faire pour desserrer et sortir du carcan,des boulets du nouveau continent ?

    Nos démocraties
    (par d’autres qualifiée de molles ! )
    ont besoin,au delà de leurs particularismes,d’être UNIES ,et ce de façon Juste.
    NB: l’Utopie fait avancer notre progrès.


  5. ioniosis Le 26 septembre 2014 à 08h26
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    le député européen nigel farage décrivait dèja il ya 2 ans l’intégrisme dictatorial de l’euro

    //www.youtube.com/watch?v=mNYgBf80FAU

    /www.youtube.com/watch?v=s9BdAPAkELI

    il n’est pas dans l’intention des intégristes de redresser l’économie européenne


  6. Macarel Le 26 septembre 2014 à 08h53
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    Impuissant sur la scène économique, François Hollande a trouvé une échappatoire dans la guerre contre le terrorisme islamiste. C’est vieux comme ficelle ; ainsi toute la nation doit serrer les rangs derrière le chef de guerre.
    Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy, tente son “come back” sur la scène politique, avec les même slogans qu’en 2007 : “travailler plus pour gagner plus”, mais aussi en préconisant l’exploitation des gaz de schiste. C’est le retour du vélociraptor, mais surtout, il revient pour tenter d’échapper aux juges, à la façon d’un Berlusconi.
    François Hollande (le renégat), Nicolas Sarkozy(le manipulateur), Marine Le Pen (l’opportuniste), c’est” le tiercé gagnant” du PPF (paysage politique français). C’est bien là le drame de ce pays, ils sont les incarnations du malaise français.


    • Jean-François Le 26 septembre 2014 à 12h08
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      Je rejoins en tout point votre commentaire.

      C’est lamentable, cette année 2014 nous révèle bien trop d’erreur commises par le corps politique.

      Ils n’ont plus aucune crédibilité à mes yeux..


  7. JF Le 26 septembre 2014 à 09h07
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    la même courbe Europe vs. US (en absolu, désolé, pas le temps de calculer le relatif) :
    GDP (current US$)widgetContext = { “url”: “http://data.worldbank.org/widgets/indicator/0/web_widgets_3/NY.GDP.MKTP.CD/countries/EU-US”, “width”: 300, “height”: 225, “widgetid”: “web_widget_iframe_bbc9c8a9292ca1fc6fceecae0084332b” };Data from World Bank

    http://data.worldbank.org/indicator/NY.GDP.MKTP.CD/countries/EU-US?display=graph

    donc … il dit quoi Krugman ?


  8. Gribouille Le 26 septembre 2014 à 09h27
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    La comparaison du système de l’étalon or avec l’Union Economique et Monétaire doit être explicitée de manière plus précise. On rappellera que dans un système d’étalon or, les monnaies sont exprimées dans un poids fixe d’or. Les pays en déficit commercial voient leur stock d’or diminuer au profit des pays en excédent commercial. L’ajustement se fait par deux canaux de transmission : 1) Le pays en déficit (resp excédent) commercial voit sa masse monétaire se réduire (resp augmenter), et à production en volume constante, voit les prix de ses produits diminuer (resp augmenter). Ce qui a un effet dans le sens d’un rééquilibrage de sa balance commerciale 2) La banque centrale du pays en déficit se voit obliger d’intervenir en augmentant les taux d’intérêt afin que la perte du stock d’or liée à son déficit commercial soit compensée par une entrée d’or de la part d’investisseurs en quête de rendements élevés. Augmentation des taux qui a un effet dépressif sur l’économie nationale qui va réduire de facto ses importations et donc son déficit commercial.
    On peut maintenant faire un parallèle entre le régime de l’étalon or pendant la grande dépression et le rôle de l’Euro pendant la crise actuelle.
    Le premier souci est que dans l’économie réelle est que les prix ne se déplacent par le long du courbe pour s’ajuster aux quantités comme se plaisent à le penser nombre d’économistes formés à base d’équation et non d’histoire des faits. On a constaté dans les années 20-30 que le système de prix n’évolue pas au même rythme. Par exemple, ce n’est pas parce que vous diminuez les salaires de 20% que les prix des biens des biens de consommation vont se réduire de 20% laissant inchangé le pouvoir d’achat. Cela signifie que l’ajustement se fait également sur les quantités. En clair, la baisse des salaires dans les pays de la zone Euro s’est traduit par une baisse de la consommation en volume, une baisse de la production et une augmentation du chômage.
    Le second souci est que dans le système de l’étalon or, le pays en excédent est censé transformé l’or qui entre dans le pays en émission de nouvelle monnaie. Le problème est que les pays en excédent préféraient stériliser cet or, et n’avaient aucun incitation à augmenter leur masse monétaire. Le résultat est que les prix dans le pays en excédent n’augmente pas à production constante. Dès lors l’ajustement par les prix pèsera essentiellement sur les pays en déficit qui devront encore davantage baisser leurs prix pour rééquilibrer le système. C’est pourquoi on considère que l’étalon or avait un biais déflationniste. On peut faire un parallèle entre l’Allemagne aujourd’hui qui refuse de relancer son économie, ce qui soulagerait les pays d’Europe du Sud alors que ses excédents lui permettraient de le faire. La zone Euro a donc aussi un biais déflationniste car l’Allemagne n’a aucune incitation à aider les autres. Son excédent commercial est perçu davantage comme un signe de vertu et de solidité de son économie que comme un problème.
    Le troisième souci est que dans une union monétaire, il existe un seul taux d’intérêt unique pour l’ensemble de la zone Euro. Cependant, l’ajustement par les taux d’intérêt s’est fait également sentir par le biais de la crise des dettes souveraines dans la zone Euro. L’augmentation des taux d’intérêt pour la dette grecque, espagnole et portugaise a eu comme effet de déclencher des politique d’austérité budgétaire en Europe qui ont pesé sur l’activité économique de chacun de ces pays.
    On ne rappellera jamais assez pour conclure que les pays qui sont sortis les premiers de l’étalon or dans les années 30 ont été les premiers à retrouver la voie de la croissance. Cela signifie que le choix d’un système monétaire n’est pas neutre sur la croissance économique et peut donc avoir des effets dramatiques. Dans ces circonstances, le rôle de l’Euro doit faire l’objet d’un réel débat ; débat pour le moment interdit dans les médias.


    • Kiwixar Le 26 septembre 2014 à 22h27
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      Très intéressant, merci pour cette longue explication. Il y a un autre problème, à mon avis, avec l’euro : les populations vieillissantes (Allemagne) ont une tendance déflationniste, comment débattre avec eux si nos intérêts divergent?
      – Nein.
      – Ah euh bon vous êtes sûrs?
      – Ja.
      – Bon, pas grave, je reviendrai l’année prochaine, vous aurez peut-être changé d’avis…
      – Nein.


  9. Patrick-Louis Vincent Le 26 septembre 2014 à 09h45
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    Que veut dire Matt O’Brien lorsqu’il dit “l’Europe est probablement condamnée”.
    Condamnée à quoi ?
    – à la disparition de l’UE ? >>> retour aux états-nations
    – à la disparition des états-nations ? >>> fédéralisation de l’UE
    – à la paupérisation continue des peuples européens ?
    – à une émigration massive des ressortissants européens ?

    Il serait bon de préciser.


  10. cepamoi Le 26 septembre 2014 à 10h51
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    Je ne pense pas qu’une monnaie quelle qu’elle soit décide de l’économie.

    A chaque objet échangé correspond un prix d’Achat/Vente.
    A la création d’un objet doit donc être associé une création de monnaie égale à son prix de vente pour qu’en face un acheteur puisse le payer en monnaie.
    A un instant donné il faut donc un volume de monnaie au moins égal au montant total des Achats possibles pour pouvoir payer en monnaie.
    Toute création de biens à vendre nécessite donc création de monnaie.
    Toute destruction de biens vendables nécessite destruction de monnaie sans quoi il y a plus de monnaie que de biens à acheter.

    La relance:
    La création de monnaie relance la consommation et donc la création de biens.
    Plus de monnaie c’est dans un premier temps plus d’achat et donc plus de fabrication et d’activité.
    Le vendeur voyant plus d’acheteurs va progressivement augmenter ses prix jusqu’à ce qu’il éprouve à nouveau une difficulté à vendre.
    Les prix augmentent, c’est l’inflation.
    Finalement après un certain temps d’augmentation des prix chaque objet se voit attribué la même proportion de monnaie qu’avant et on se retrouve au point de départ, mais on y a été dans l’euphorie.

    L’austérité, c’est à dire la baisse relative de masse monétaire, a l’effet inverse, avec la déflation, la baisse d’activité et la morosité en plus.
    Mais au final on se retrouve toujours au même point, sauf que tout aura été fait dans la douleur.


    • red2 Le 26 septembre 2014 à 11h53
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      Peut être mais vous ne prenez pas en compte les valeurs des différentes monnaies les une par rapport aux autres et ça, ça a un effet sur l’économie! Aujourd’hui l’euro est trop fort pour la compétitivité de nombreuses économies de la zone et de plus, les cours des monnaies des pays de la zone euro sont fixes alors qu’ils auraient bien besoin d’être variable pour rééquilibrer les différences d’inflation et de compétitivité entre pays membres (typiquement le mark devrait monter, la drachme, l’Escudo et de nombreuse autres monnaies de la zone baisser avec l’euro c’est NIET!).


      • cepamoi Le 26 septembre 2014 à 17h44
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        La parité des monnaies c’est pareil que les biens à vendre. Un pays qui multiplie la monnaie plus que sa production crée un surplus de monnaie qui à terme va se rééquilibrer par une dévaluation par rapport aux autres monnaies. C’est ce qui se passe pour le $/€. Maintenant qu’on parle de créer des €, l’€ baisse.


    • yt75 Le 26 septembre 2014 à 15h49
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      Le problème est que ce raisonnement est valide sans tenir compte des contraintes physiques, c’est à dire quand il y a une “potentialité” de croissance.
      Hors la crise actuelle est quoi qu’en en dise aussi si ce n’est surtout une crise résultant des contraintes d’accès aux ressources physiques : hydrocarbures en particulier, mais pas uniquement.

      Et il serait pas mal si les “économistes”, n’oubliaient pas complétement une ou la définition de leur discipline, “Ensemble des activités d’une collectivité humaine relatives à la production, à la distribution et à la consommation des richesses.” en se prenant tous pour des monétaristes …

      Si dans les années soixante dix on était encore capable d’utiliser le terme de “choc pétrolier”, actuellement on est au dessus du deuxième choc en $ constant, et au « pic » mondial de production (maximum de débit, de flux d’extraction). Mais c’est circulez il n’y a rien à voir, omerta quasi parfaite…

      Et propagande diverses et variées allant avec, qui sait par exemple que les US sont toujours importateur NET de gaz naturel, et importateur net NUMÉRO 1 de pétrole ?


      • yt75 Le 26 septembre 2014 à 15h58
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        Et dans ce contexte, sans même se poser la question “croissance ou pas’ (qui est un résultat ou objectif, pas une politique), une vraie mesure serait un fort rééquilibrage fiscal entre taxer les matières premières “hydrocarbures en particulier”, et le travail.
        Ce qui aurait aussi pour effet de transformer le “quoi” de l’économie (les produits fabriqués et vendus).
        Et cela est encore plus vrai pour un importateur net (la france l’étant à quasi 100% pour les hydrocarbures).


      • cepamoi Le 26 septembre 2014 à 17h52
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        Non, la crise actuelle n’est pas une crise de pénurie. Si les gens n’ont pas de quoi vivre ce n’est pas par manque de quoi que ce soit.
        Ce qui me fait dire qu’il n’y a aucune crise économique, simplement un état socio-culturello-économique qui fait qu’on est dans cette situation.
        Les blocages sont psychologiques plus qu’économiques. Par exemple qu’est ce qui justifie qu’un footballeur gagne 100 fois ce que gagne le président de la République? Lequel a l’air d’un con?
        Pourquoi les pilotes d’Air France refusent de travailler en dessous de 16 000€ par mois?


        • yt75 Le 26 septembre 2014 à 22h01
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          C’est précisément en temps de pénurie globale que les exceptions sont nécessaires pour maintenir la chose, et les exceptions ne coutent pas si cher que ça (du tout).
          En termes macro économiques, le nombres de barils disponibles brulés par jour, par exemple, reste plus, cependant, la chose à considérer.
          (si on se prétend “économiste”)


  11. bob Le 26 septembre 2014 à 11h36
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    parce qu’il trouve que c’est une réussite aux états unis le père krugman ? les states ont imprimé des billets en quantité industrielle, on aurait donc pu s’attendre a une croissance formidable au lieu de ca ils ont une croissance minable, certes mieux qu’en europe mais certainement pas a la hauteur des sommes.


  12. Mathieu Le 26 septembre 2014 à 12h43
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    Ben oui, justement, ton graphe montre bien la même chose, le PIB en Europe n’a pas retrouvé son niveau de 2008 (contrairement aux US). On peut discuter si c’est finalement bien ou pas bien, mais c’est un fait.


    • Kiwixar Le 26 septembre 2014 à 22h53
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      “mais c’est un fait.”

      Ce sont des statistiques, pas des faits.
      Et à notre époque du mensonge général, les statistiques fournies par les gouvernements (qu’ils soient occidentaux ou chinois ou autre) sont amplement bidonnées, afin de donner une impression “business as usual” et “jusqu’ici ça va pas trop mal”, pendant que les passagers de 1ere classe se rapprochent discrètement des canots de sauvetage après avoir complètement pillé toutes les cabines du Titanic (sauf les 1ere classes).

      Max Keiser et Paul Craig Roberts le répètent fréquemment : les chiffres d’inflation officiels sont largement sous-estimés, ce qui a de nombreux effets bénéfiques pour les “1%”, et permet aussi des largement sur-estimer les chiffres de croissance du PIB (qui sont corrigés des chiffres de l’inflation).

      Si la croissance réelle en Chine est de 4% au lieu de 7% officiels, interrogez-vous si les chiffres officiels de croissance occidentale à 0.5% ne cachent pas plutôt une réalité plus morose : une croissance de -2% à -4%, ce qui est compatible avec ce que nous observons autour de nous en terme d’augmentation de la misère et de faillites d’entreprises.


      • pikpuss Le 27 septembre 2014 à 01h11
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        L’argent est bel et bien là et disponible mais il n’est pas utilisé pour l’Humain et la Civilisation. Il est contrôlé et accaparé par des gourous qui ont bien d’autres objectifs que le développement des sociétés humaines, entre autre, par le crédit productif. Effectivement les chiffres ne signifient absolument rien. Il faudrait plutôt chiffrer le montant des pillages, car c’est bel et bien de pillages qu’il s’agit. Lorsque les politiciens nous menacent de faillite généralisée pour justifier le renflouement des dettes de jeu des spéculateurs, il faut bien admettre que nous avons affaire à des pillards. Bien sûr ces milliers de milliards d’Euros et de dollars, ponctionnés sur les revenus des centaines de millions d’Européens et d’Américains, ne seront pas utilisés pour l’élévation du niveau de vie des Terriens. Lorsque la faillite qu’ils ont programmée devient officielle, alors ils nous font le coup de la menace existencielle et nous lancent dans la lutte contre le terrorisme qu’ils ont eux-mêmes fabriqué. Ce sera alors la guerre sous toutes ses formes qui va provoquer destruction et chaos tout en enrichissant encore davantage ces mafieux. Finalement, si l’on balaie tous ces chiffres économiques essentiellement destinés à occuper inutilement notre réflexion, nous voyons bien comment fonctionne ce système de fous démonisés. Piller, encore et toujours, mentir, toujours mentir, assassiner, éliminer, anéantir… C’est tout ce dont ils sont capables. Pourquoi se gêneraient-ils ? Ils nagent dans notre aveuglement et notre soumission doublés de notre incompréhension des terribles réalités. Et ils sont si peu nombreux… Nous sommes vraiment comme des pucerons dressés par des coccinelles. Un Nouvel Ordre Mondial fabriqué de cette manière ne peut réserver à nos enfants qu’un avenir épouvantable.


  13. adrien Le 26 septembre 2014 à 13h25
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    Oui,ça marche fort la reprise aux États Unis : sur 1 an, 1000 milliards de dettes supplémentaires …
    Si bien que faire des comparaisons avec l’orthodoxie budgétaire voulue en Europe et ” l’équilibre budgétaire ” aux states, c’est bidon : la BCE n’est pas (encore) la FED !


  14. eBry Le 26 septembre 2014 à 13h28
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    Dans cet article, Krugman ne fait que de l’Euro bashing, de la propagande pro-américaine et anti-allemande.

    Il regrette que l’Europe ne se soit pas déjà adonné follement au Quantitative Easing, créant à l’envi des milliers de millards d’EUR, comme les Japonais et les Américains.

    Au lieu de faire de la rhétorique facile propagandiste, il ferait bien de sortir un article expliquant sa vision sur le long terme d’une économie mondiale basée sur la création annuelle de milliers de millards de USD, JPY, et de Yuan/Renminbi. Il pourrait aussi expliquer de quelle latitude les pays autres que les Etats-Unis bénéficient pour performer dans une telle économie dont l’essentiel dépend des décisions de la Banque Fédérale américaine.

    Les Américains ont une politique simple et simpliste qui consiste à diviser pour mieux régner.

    Il y a 10-15 ans, l’EUR a commencé à devenir une alternative sérieuse au USD en tant que monnaie de réserve et de commerce international. A tel point que la Libye et l’Irak avaient choisi de laisser tomber l’USD au profit de l’EUR. Résultat, leurs chefs d’Etat ont été supprimés, le Moyen-Orient et la moitié de l’Afrique sont dans le chaos, l’Ukraine est à feux et à sangs pour empêcher toute union économique avec la Russie. Une union Europe+Russie serait d’office plus puissante que les États-Unis, grâce à la taille de la population d’une telle union et à l’autonomie énergétique apportée par la Russie.

    L’Union européenne a été plombée pendant des décennies par les vétos divers de la Grande-Bretagne qui défend évidemment depuis toujours les intérêts anglo-saxons au détriment de l’Europe. D’un point de vue géopolitique, l’Europe n’aurait jamais dû inclure la Grande-Bretagne parmi ses membres.

    Vu les réticences actuelles de certains pays européens, à commencer par l’Allemagne, à signer les accords iniques de traité commercial entre le Canada et l’Europe, et entre les U.S.A. et l’Europe, on peut s’attendre à une salve de propagande anti-Europe dans les semaines à venir.

    D’un point de vue géopolitique, s’opposer à l’Union européenne est potentiellement suicidaire face aux U.S.A.

    Toujours ce principe simple qui consiste à diviser les rivaux potentiels pour mieux asseoir sa position de domination…


  15. adrien Le 26 septembre 2014 à 14h47
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    L’Europe est déjà bien divisée, surtout avec la crise économique et sociale des pays du sud . Nous savons que cette Europe a été voulue par les américains pour y étendre leur sphère commerciale et militaire, laquelle doit se concrétiser au bout de 60 ans par le traité TAFTA .Ce ne sont pas les anglais qui vont s’y opposer, passagers clandestins et tête de pont de la Finance mondialisée .


  16. GG75 Le 26 septembre 2014 à 15h28
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    De quelle austérité parlons nous en France?

    On a coupé dans les retraites? non
    On a viré des fonctionnaires ou réduit leur salaire? non au contraire. Ils ont même recupéré le jour de carence…
    Des banques ont fait faillite et on a ponctionné les comptes épargnes? non
    On a réduit les prestations sociales? non
    Par contre on a augmenté les impots mais uniquement pour ceux qui ont des enfants ou qui créent de la richesse dans le pays! Le nombre de foyers imposables n’a jamais été aussi faible…

    Il n’y a pas d’austérité en France. Il n’y a que de l’incompétence crasse. Le probleme c’est la perte de confiance des ménages dans la capacité des politiques à agir.

    Les politique ne sont la que pour faire carrière et ont complétement abandonné l’intérêt général.

    Ce gouvernement brasse de l’air. C’est tout. Ils essayent de faire des “réformes” mais elles manquent leur cible.
    Le CICE : ce sont la poste et la grande distribution qui en sont les plus grands bénéficiaires. Ces deux secteurs sont en effet en proie à une sérieuse concurrence internationale…
    Le pacte de responsabilité: il est mort né.
    Le nombre de lois rebutées par le conseil constitutionnel est hallucinant
    La réforme des reions: une plaisanterie…

    Il n’y a pas d’austérité en France et on s’enfonce quand même. Peut etre que l’on devrait vraiment essayer cette option pour se sortir des ronces… La grève des pilotes d’air france est juste un cas d’école.


    • Micmac Le 26 septembre 2014 à 17h31
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      Votre commentaire reproduit l’argumentaire libéral, qui nous est martelé dans les médias. Pas de baisse des dépenses = pas d’austérité… mon oeil…

      L’état diminue ses investissements, et diminue ses dépenses, pour limiter ses déficits. Les dépenses de l’état ne diminue pas parce que la part incompressible de ces dépenses augmente (chômage en hausse, population qui s’appauvrit = augmentation des dépenses sociales et diminution des recettes).

      Mais il y a bien une politique de limitation des dépenses publiques, donc une politique d’austérité.

      J’ajoute ce que disent beaucoup d’analystes économiques compétents (donc non libéraux) :

      L’état ne jette pas l’argent dans un gros trou… l’argent dépensé par l’état sert à faire fonctionner des entreprises privés. Il y a bien sûr le salaire des fonctionnaires qui se retrouve presqu’intégralement dans le circuit économique, mais aussi, on l’oublie trop souvent, une grande part du budget de l’état est dépensée dans des commandes directs aux entreprises privés.

      En fait, l’intégralité des dépenses de l’état (de l’état central et des collectivités locales) se retrouve très rapidement dans le circuit économique. Donc, l’état peut réguler l’économie en orientant ses dépenses vers certains secteurs. Donc, aussi, les prélèvement fiscaux ne sont qu’une manière de répartir la production nationale, et ne constituent pas in fine une ponction sur l’économie du pays (à moins de prélever et dépenser l’argent n’importe comment… mais le prélèvement en lui même, même très élevé, n’est pas un frein au développement économique).

      Donc, mener une politique libérale en renonçant à cette possibilité de relancer l’économie, et en tentant de limiter les dépenses en période de récession est une c…erie sans nom!

      Ce n’est pas un point de vu. C’est une réalité empirique incontournable : il n’y a AUCUN exemple au cours des deux derniers millénaires d’une économie qui sort de la récession par la baisse des dépenses publiques… Aucun….

      Et pourtant ils le font, et à l’échelle européenne en plus!

      Après, des politiques de relance, dites “keynésiennes”, peuvent être plus ou mois bien menées, peuvent réussir, réussir partiellement ou échouer… mais les politiques de type austéritaires/libérales échouent toujours… Donc, pour “se sortir des ronces”, l’austérité, c’est pas gagné…

      J’ajoute pour finir que des politiques de type keynésien n’ont jamais plus été tentées en Europe depuis une bonne vingtaine d’année, voir plus. Ce n’est plus “à la mode” depuis la domination du débat économique par les économistes libéraux, domination acquise au cours de la révolution conservatrice. Donc, oui, il y a (peut-être) des solutions, mais qui ne passent sûrement pas par l’austérité…

      On pourrait peut-être regarder aussi du côté de la répartition des richesses : la “crise”, qui, vue sur un temps long (en considérant que l’on est jamais vraiment sortie de cette grande crise qui débuta au milieu des années 70) s’approfondit au fur et à mesure de l’enrichissement d’une hyper classe de privilégiés, et ce n’est très probablement pas un hasard…


      • Balthazar Le 26 septembre 2014 à 22h57
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        Ben oui mais les français veulent l’euro , surtout être bien protégés par l’Europe, alors voilà ils récoltent le fruit de cette politique.
        Et arrêtons avec le pays des ronds points, des panneaux de signalisation tous les 20 m , les dos d’âne, chicanes et autres saignées sur la chaussée refaite il y a 2 semaines !! La politique du: une ville = un hôpital, une maternité, une caserne, un commissariat etc…. Mais je paie trop d’impôts bon sang, vite une niche fiscale pour payer le banquier, l’avocat fiscaliste, le btp du coin etc…
        L’investissement public oui, mais pas comme ça.


      • GG75 Le 28 septembre 2014 à 19h45
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        L’investissement baisse parce que l’on fait de la dette afin de payer les dépenses courantes… Il faut effectivement sérieusement recentrer la dépense publique où c’est nécéssaire. Faire des emplois aidés ne va pas sauver le pays!

        Quel pays a été sauvé par la dépense publique?

        Feriez vous référence au new deal des année 30?? Ces dépenses non pas sauvé les USA. C’est la deuxième guerre mondiale qui leur a permis de refaire surface… Le problème de la crise de 29 c’est que les banques n’ont pas été sauvées et qu’on les a laissées couler. Heureusement la même erreur n’a pas été faite en 2008 ce qui a permis d’éviter l’effondrement total du système du jour au lendemain. Le problème a été que les politique n’ont pas su reprendre la main lorsqu’ils en avaient la possibilité en réintroduisant une régulation stricte du système financier.

        Peut être faites vous référence au communisme? pas mal le résultat…

        Et oui l’Allemagne s’est redressé avec de l’autérité et une vrai vision politique de l’interet général et ça fait mal a notre petit égo.


  17. zebulon Le 26 septembre 2014 à 16h44
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    Sauvé l’ex revient
    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140926trib000850659/-le-premier-probleme-de-la-france-ce-sont-ses-institutions-laurence-parisot.html

    l’adaptation au monde en perpétuel mouvement …

    et copernic il aurait pris sa carte au medef ?


  18. Colargol Le 27 septembre 2014 à 09h13
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    Bonjour,

    Je suis hors sujet !….. mais est ce que nos Banques ont vraiment remboursé les fonds prêtés
    lors de la crise de 2008 ?
    Car on entend tout et son contraire !


  19. Tapia Le 27 septembre 2014 à 11h07
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    « Les responsables politiques européens font tout ce qui en leur pouvoir pour tuer dans l’œuf la reprise économique, ils ne devraient donc pas être surpris par l’absence de reprise. C’est l’intégrisme de l’équilibre budgétaire, et cet intégrisme est devenu parole d’évangile ».

    Je ne suis pas d’accord. Allez dire à tout gestionnaire que c’est un intégrisme que d’équilibrer son budget. Traitez votre banquier d’intégriste lorsqu’il vous demande d’équilibrer vos comptes! Traitez la caissière d’intégriste lorsqu’elle vous demande de payer vos factures!

    Cela fait longtemps que nous sommes bercés d’un Keynésianisme conciliant: Pas de crise: on s’endette, la crise arrive, on s’endette encore plus! On ne devient pas Keynésianiste du jour au lendemain. Le Keynésianisme est un sport d’endurance. Lorsque tout va bien on gère, et lorsqu’une crise arrive, on a une capacité d’endettement suffisante pour faire une relance.

    Nous sommes arrivés endettés à la crise. Nous sommes à la merci des financiers par cette dette, nous creusons le déficit en remboursant cette dette non pas en investissant: et on voudrait continuer?

    Il existe de nombreuses motivations à gauche comme à droite pour être libéral-keynésien (le beurre et l’argent du beurre tant que ça dure):
    Le vie au jour le jour, politique de court terme (refiler la dettes aux prochains élus ), l’optimisme égoïste (mes enfants trouveront la solution), le populisme (tout va bien, on ne dépense pas assez), les déficits pour l’état et les bénéfices des investissements pour les riches (a qui profitent les grands travaux: aux travailleurs étrangers déplacés ou aux boîtes de TP?).

    Il aurrait fallu être keynésien avant. Nous avons épuisé les outils du keynésianisme avant la crise.

    « Intégrisme » qui s’applique a tout ménage et tombe sous le bon sens. Motivation de ceux qui disent ça : Vie au jour le jour, politique de court terme (refiler la dettes aux prochains élus ), optimisme égoïste (mes enfants trouveront la solution), les libéraux-keynésiens (les déficits pour l’état et les bénéfices pour les riches).


    • eBry Le 27 septembre 2014 à 11h20
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      Début du XXème siècle, Keynes a permis à la Grande-Bretagne de continuer un grand train de vie qui ne correspondait plus à ses fondamentaux économiques (notablement la perte du statut de monnaie de réserve).

      Lorsque les Etats-Unis se sont retrouvés dans la même situation de fin d’hégémonie, ils ont perpétué le mécanisme keynésien d’endettement style “après moi, le déluge”.

      Keynes fonctionne sur la procrastination et l’endettement à outrance, ce qui donne des résultats formidables pour les 10% les plus riches sur quelques décennies, soit une vie humaine. C’est amplement suffisant pour convaincre lesdits 10% les plus riches d’embrasser le système keynésien…


  20. Mat Le 30 septembre 2014 à 23h31
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    Je suis d’accord sur le fait qu’il y a trop d’austérité en Europe. Mais tout de même je suis sidéré par la non prise en compte par des prix nobels d’économie de contraintes absolument nouvelles qui expliquent en grande partie la non reprise de l’économie : la limitation de l’accès aux ressources de la planète, en premier lieu le gaz et le pétrole, qui touchent le Japon et l’Union Européenne tout particulièrement. Les travaux d’économistes comme Gaël Giraud suggèrent que PIB et ressources énergétiques sont directement liés (lire http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/05/14/repenser-leconomie-a-partir-du-concept-universel-denergie/), de même, c’est ce qu’explique Jancovici d’après une démonstration empirique.

    La croissance infinie dans un monde fini n’est pas possible. Il va être temps de penser à partager le gâteau équitablement.


  21. Collyer Kevin Le 02 octobre 2014 à 14h39
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    Bon au vu des commentaires je pars du principe que mon niveau en macro économie est faible si ce n’est ridicule. Mais de ce que j’ai lu de Keynes il me semble que c’est une théorie bien plus vaste que juste l’aspect traitant de la relance économique en période de crise.

    J’ai notamment lu des écrit keynesiens sur l’équilibre entre pays des échanges extérieurs.

    Le problème ne serait-il pas que l’on applique, en fonction des situations, que des parcelles de théorie en oubliant les conditions de base de fonctionnement de cette théorie.
    Je ne sais pas si cet exemple est pertinent mais offrir de l’argent pour la consommation quand celle ci s’oriente majoritairement sur des productions étrangères, est ce bien utile pour relancer la croissance d’un pays ?

    Ainsi booster la consommation sans respecter les conditions émises par Keynes est ce du Keynesiannisme ?


  22. Capucine Le 17 janvier 2015 à 13h49
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    Bonjour Olivier, je suis votre site depuis 2011. Les analyses et les graphiques que vous présentiez à l’époque étaient très utiles pour mieux comprendre l’économie, la monnaie, les crises bancaires et financières…

    Il y a 2 jours la BNS a lâché l’euro, créant un tsunami sur l’économie et la bourse suisse. A la surprise générale, selon les médias… le FMI n’était pas au courant? la BCE prépare un nouveau QE pour le 22 janvier et cela aurait fait peur à la BNS, le plus gros soutien à l’euro depuis 2011? que se passe-t-il au juste??? je cherche à lire des sources diversifiées et pas seulement les medias standards pour mieux comprendre, mais, surprise, pas un mot sur votre blog… Avez-vous cessé de couvrir ces sujets, pour vous reconvertir sur l’Ukraine et autres sujets plus politiques qu’économiques? peut-être à cause de conflits d’intérêts avec vos activités d’actuaire? je suis intriguée…

    MODERATION: non, non, y a pas de complot. 🙂 Olivier n’a que 36 heures par jour sans compter le repos. Merci de prêter cette scélératesse à notre hôte, je suis certains qu’il sera ravi. Surtout avec tout l’argent que ça lui fait gagner 🙂


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