Source Consortiumnews.com, 20 novembre 2015

En exclusivité : Tandis qu’à Washington les autorités consacrent beaucoup de temps et d’énergie aux demandes d’extension de la guerre en Syrie et à la nécessité de refouler les réfugiés syriens, les Démocrates et les Républicains esquivent la question la plus judicieuse : comment confronter l’Arabie saoudite à son financement caché de l’État islamique et des terroristes d’Al-Qaïda, écrit Daniel Lazare

Par Daniel Lazare

Comment l’EI finance-t-il ses opérations ? Ceci est la question centrale au moment où la guerre contre l’organisation terroriste franchit un niveau supérieur depuis les atrocités commises à Paris. Mais la réponse la plus courante constitue une part du problème.

Cette réponse, partagée par de nombreux responsables politiques et autres « experts en terrorisme », est que Daesh (aussi connu sous le nom de l’EIIL, l’État islamique et l’EIIS) finance ses opérations grâce à diverses activités illicites comme la vente illégale d’antiquités, les enlèvements contre rançon, les hold-up de banque et le trafic de brut depuis les champs pétrolifères sous son contrôle depuis le nord de la Syrie et de l’Irak.

Le roi saoudien Salman rencontre le président  Barack Obama à l’hôtel Erga durant une visite d’État en Arabie saoudite le 27 janvier 2015

La ligne, consciencieusement suivie par les organes de presse depuis le New York Times jusqu’au Wall Street Journal et au Guardian, est pour le moins politiquement correcte. Si Daesh s’autofinance réellement, alors il est essentiellement autonome. Dans ce cas, les puissances occidentales, après l’avoir bouclé dans son califat, n’auront plus qu’à envoyer des F-18 et des Mirage 2000 afin de déclencher une pluie de bombes « intelligentes » et le réduire en miettes.

Telle est la pensée qui affleure les propos malheureux tenus le 12 novembre par le Président Barack Obama lorsqu’il répondit à George Stephanopoulos sur ABC This Week qui lui demandait si Daesh gagnait en puissance. Il rétorqua que ce n’était tout simplement pas le cas :

« La vérité est que depuis le début, notre but a tout d’abord été de les contenir, et nous les avons contenus. Ils n’ont pas gagné de terrain en Irak. Et en Syrie, ils viendront et repartiront. Mais vous ne verrez pas une avancée systématique de Daesh sur le terrain. Ce que nous n’avons pas encore pu faire, c’est décapiter complètement leur structure de commandement et de contrôle. Nous avons fait des progrès en essayant de réduire le flux de combattants étrangers »

Contenir et décapiter, voici l’essence même de la stratégie américaine. Ainsi, plus le gouvernement Obama tente de contenir militairement Daesh, plus il fait savoir que ce dernier est également économiquement autonome.

Et si ce n’était pas le cas ? En réalité, il y a tout lieu d’être sceptique face à la position américaine et pas seulement parce que cela fait près de deux décennies que les dirigeants américains crient victoire dans diverses luttes contre le terrorisme islamique même si, de petites cellules disparates à l’origine, il s’est transformé en un vaste mouvement s’étendant du Nigeria au Bangladesh.

Des sommes surévaluées

Commençons par les antiquités. L’année dernière, NBC News rapporta en toute hâte que Daesh puisait dans un marché noir de 7 milliards de dollars pour financer ses opérations : « Des pièces historiques inestimables provenant de fouilles illicites ou dérobées dans les musées sont devenues une des quatre produits de contrebande les plus répandus — avec la drogue, les armes et les êtres humains. »

Mais le total de 7 milliards de dollars est curieux si l’on considère que le marché de l’art contemporain, en ne comptant que la partie émergée, se monte à seulement 2 milliards de dollars. Les marchés noirs sont impossibles à évaluer pour la simple raison que les participants s’enfuient comme des rats dès qu’on allume la lumière.

Le rôle de Daesh est néanmoins doublement difficile car il opère très secrètement. Mais nous savons certaines choses, par exemple que les antiquités ne se déplacent pas aussi facilement que, disons, le maïs ou le blé. Au contraire, les acheteurs sont relativement rares et clairsemés, des évaluations sont requises et le marchandage est la norme. Avec autant de policiers fouinant partout, les acheteurs sont particulièrement prudents de peur de se faire prendre en transférant de l’argent à Daesh. Donc, les antiquités ne sembleraient jouer qu’un rôle accessoire.

Il en va de même pour les braquages de banques. Même si Daesh a été généralement crédité d’un butin de 400 millions de dollars lors de la prise de Mossoul, au nord-est de l’Irak en juillet 2014, le Financial Times a décrit cette prise comme le plus grand braquage « jamais réalisé. »

Le journal citait un responsable du secteur bancaire irakien qui déclarait : « Nous sommes en contact permanent avec les banques là-bas »,. “nous avons été informés qu’elles sont toutes gardées de l’extérieur par leurs propres gardes et que rien n’a été enlevé des locaux d’aucune banque, pas même pas un morceau de papier »

L’enlèvement contre rançon lui aussi semble moins que rentable dans une économie appartenant à un territoire contrôlé par un État islamique déclinant. De même pour la taxation locale. Tandis que les ventes pétrolières illicites peuvent jouer un rôle important, elles aussi ne sont probablement pas aussi rentables qu’on le pense. En supposant qu’ils fussent pleins à ras bord, les 116 camions-citernes que des avions américains ont détruits lundi pouvaient contenir cent barils de brut chacun. Dans le meilleur des cas et d’après les tarifs actuels, Daesh aurait pu vendre le baril à environ 30 $. Ainsi, les dégâts à la « trésorerie » de l’État islamique représentent un montant relativement peu élevé d’environ 350 000 $.

De plus, à ce jour l’État islamique est une vaste organisation. Les troupes ont des effectifs d’au moins 20 000 à 31 500 combattants (chiffres diffusés par la CIA en septembre 2014) et peuvent s’élever jusqu’à 200 000, bien que 100 000 semble plus plausible. Où qu’ils soient, les combattants gagneraient de 350 à 800 $ par mois, ou plus. Ces chiffres, quoique très imprécis, suggèrent à tout le moins une organisation avec un budget mensuel approchant les dix millions.

Ainsi les revenus d’une centaine de camions-citernes n’expliquent  pas comment l’EI règle ses factures. Pas plus que les hypothèses au sujet du trafic des antiquités. Donc si l’État islamique ne tire pas l’essentiel de ses fonds de pareilles ressources, d’où provient l’argent ?

La connexion saoudienne

La réponse, celle qui dérange, est qu’il provient de l’extérieur, c’est-à-dire d’autres endroits au Moyen-Orient dans lesquels les champs pétrolifères ne sont pas d’ordre secondaire comme en Syrie et en Irak, mais au contraire, riches et productifs; pays dans lesquels les raffineries sont ultramodernes et où le pétrole est acheminé par pipeline et non par camions. Il s’agit également d’un marché massivement corrompu, peu soumis aux contrôles financiers et travaillé par de fortes affinités idéologiques, à la fois avec l’EI et Al-Qaïda.

Ce qui veut dire les États arabes du Golfe : le Koweït, le Qatar, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite, des pays disposant de richesses massives en dépit d’une chute de 50% des prix du pétrole. Les États du Golfe sont des autocraties politiques, pratiquant un sunnisme militant et, de surcroît, empêtrés dans une douloureuse contradiction idéologique.

Au niveau mondial, le nombre des sunnites dépasse celui des chiites dans un rapport d’au moins quatre pour un. Mais parmi les huit nations qui entourent le golfe Persique, la situation est inverse, les chiites étant presque deux fois plus nombreux que les sunnites. Plus le monde devient théocratique — et cette tendance est à l’œuvre non seulement dans le monde musulman, mais également en Inde, en Israël, voire aux États-Unis si certains républicains parviennent à leurs fins — plus le sectarisme s’intensifie.

Basiquement, le conflit entre sunnites et chiites est une guerre de succession parmi les partisans de Mahomet, disparu au septième siècle. Plus l’une des parties étend son pouvoir politique au nom de l’Islam, plus elle devient vulnérable aux accusations de l’autre partie qui prétend que sa revendication de pouvoir est tout sauf légitime.

La famille royale saoudienne, qui se présente elle-même comme « la gardienne des deux mosquées saintes » de La Mecque et de Médine, est particulièrement sensible à de telles accusations, ne serait-ce que parce que sa situation politique apparaît de plus en plus précaire. C’est la raison pour laquelle elle s’est jetée dans une croisade anti-chiite, du Yémen à la Syrie en passant par Bahreïn.

Alors que les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France condamnent Bachar el-Assad en tant que dictateur, ce n’est pas la raison pour laquelle les rebelles sunnites se battent dans le but de le renverser. Ils le font en revanche parce que, en tant que pratiquant de la doctrine alaouite, une forme du chiisme, il appartient à une branche de l’Islam que les cheikhs du pétrole à Riyad considèrent comme une menace pour leur existence même.

La guerre civile est rarement un facteur de modération et, alors que la lutte contre Assad s’est intensifiée, le pouvoir au sein des rebelles est passé aux mains des forces sunnites les plus militantes, jusqu’à et y compris Al-Qaïda et son rival encore plus agressif, l’EI.

Autrement dit, l’État islamique n’est pas un phénomène local et autosuffisant, mais la construction et le bénéficiaire de pouvoirs plus importants et, dans son essence, une force paramilitaire agissant en sous-main pour le compte des cheikhs des États du Golfe. Les preuves d’un large soutien régional sont abondantes, même si des organes de presse comme le New York Times ont fait de leur mieux pour les ignorer. Quelques faits saillants sur cette piste de l’argent:

– Dans un rapport diplomatique datant de 2009 et rendu public par Wikileaks, Hillary Clinton, alors ministre des Affaires étrangères, indiqua que « les donateurs en Arabie Saoudite représentent la source de financement majeure des groupes terroristes sunnites dans le monde entier. »

(Mercredi, à l’occasion d’un discours belliciste devant le conseil des Affaires étrangères, Clinton, à présent la candidate démocrate la mieux placée dans la course à la présidentielle, a mis l’accent sur ses projets d’escalade militaire, incluant une invasion américaine de la Syrie pour « y imposer des zones d’exclusion aérienne » et sécuriser ce qu’elle a appelé « un espace sûr ». Mais elle a brièvement ajouté une allusion exaspérée à la réalité financière en disant : « une fois pour toutes, les Saoudiens, les Qataris et d’autres encore doivent empêcher leurs citoyens de financer directement les organisations extrémistes ainsi que les écoles et les mosquées qui par le monde ont conduit trop de jeunes gens sur le chemin de la radicalisation. »)

– En août 2012, un rapport de la DIA, l’ agence du renseignement de la défense, qui signalait qu’Al-Qaïda, les salafistes et les Frères Musulmans dominaient le mouvement de rébellion syrien et que leur but était d’établir « une principauté salafiste dans l’est de la Syrie », à l’endroit où se situe actuellement le califat de l’État islamique.

– Le propre dossier du Times , deux mois plus tôt, affirmant que la CIA travaillait avec les Frères Musulmans pour faire parvenir aux rebelles sunnites en Syrie des armes fournies par la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar.

– Le remarquable aveu de Joe Biden à la Harvard’s Kennedy School en octobre 2014 que « les Saoudiens, les émirats, etc. […] étaient si décidés à renverser Assad et fondamentalement à mener en sous-main une guerre entre sunnites et chiites […] [qu’] ils ont déversé des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d’armes sur quiconque se montrerait décidé à combattre Assad — sauf que ceux qui en ont bénéficié étaient Al-Nosra et Al-Qaïda. »

– Un éditorial du Times sorti tout juste le mois dernier se plaignant que les Saoudiens, les Qataris et les Koweïtiens continuent à faire parvenir des fonds à l’État islamique.

– Enfin, dans un article de première page vendredi, le Times a tardivement admis le rapport dévastateur de la DIA, à peine six mois après qu’il fut rendu public par les chiens de garde conservateurs de Judicial Watch. Mais même là, le journaliste Ian Fisher s’est arrangé pour laisser dans l’ombre le passage le plus important, qui est que le bastion salafiste que les sunnites cherchent à instaurer représente « exactement ce que les puissances soutenant l’opposition — c’est à dire l’Occident, les États du Golfe et la Turquie — souhaitent pour isoler le régime syrien. »

En affirmant qu’il y a « de nombreuses responsabilités » dans la débâcle en cours, Fisher s’est arrangé pour critiquer tout le monde sauf son propre journal.

L’argent roi

Pourquoi est-il si difficile de dire la vérité ? Une grande partie de la réponse est l’argent. Parce que les États-Unis, la France et d’autres puissances occidentales dépendent des États du Golfe pour le pétrole et voient les États du Golfe comme un marché de plus en plus important pour les armes de haute technologie.

Il y a un mois à peine , le Pentagone a annoncé qu’il vendait aux Saoudiens jusqu’à quatre navires de combat côtier fabriqués par Lockheed pour un total de 11,25 milliards de dollars, alors que la semaine dernière a suivi la nouvelle qu’il vendait pour 1,29 milliard de dollars de bombes intelligentes fabriquées par Boeing et Raytheon aux Saoudiens, afin de remplacer celles que le royaume a lancées sur le Yémen dans le cadre de sa croisade contre les Houthis chiites.

Les États-Unis fournissent donc les Saoudiens en bombes qui vont écraser des quartiers yéménites, produire plus de réfugiés et, dans la foulée, renforcer « Al-Qaïda dans la Péninsule arabe », afin que les États-Unis puissent alors envoyer des drones pour éliminer quelques membres d’Al-Qaïda.

Tout le monde s’y retrouve — les fabricants d’armes, le Pentagone, les politiciens de Washington comme les Clinton qui profitent des largesses saoudiennes, et même Al-Qaïda qui, tout en perdant quelques-uns de ses membres, voit sa puissance grandir en conséquence.

Mettre en évidence la manière dont l’argent coule depuis l’Arabie saoudite et les autres pays du Golfe vers les groupes responsables du carnage à Paris mettrait en danger cette organisation aux bénéfices mutuels. Compromettre ce circuit d’argent lucratif est une chose que Washington ne peut pas supporter, c’est pourquoi l’administration Obama préfère laisser apparaître l’EI comme une organisation autonome qui peut être paralysée par des opérations militaires du type bombardement d’un convoi de camions-citernes.

Tandis que la xénophobie enflamme l’Europe, la vraie question n’est pas les arabes ou l’Islam mais la relation « spéciale » américano-saoudienne qui est peut-être encore plus sacro-sainte que la relation avec Israël. C’est une alliance qui demande aux États-Unis de ne pas voir, entendre ou parler du démon caché dans ce partenaire arabe majeur. Ainsi, Washington doit cacher la cause réelle des horreurs allant du World Trade Center au Bataclan et à la guerre civile syrienne.

Tant que la relation « spéciale » américano-saoudienne continuera, les cadavres continueront à s’empiler.

Daniel Lazare est l’auteur de plusieurs livres, incluant The Frozen Republic: How the Constitution Is Paralyzing Democracy (Harcourt Brace).

Source Consortiumnews.com, 20 novembre 2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

16 réponses à La connexion saoudienne avec le terrorisme, par Daniel Lazare

Commentaires recommandés

Gibbs Le 20 janvier 2016 à 07h18

” Tout le monde s’y retrouve — les fabricants d’armes, le Pentagone, les politiciens de Washington comme les Clinton qui profitent des largesses saoudiennes, et même Al-Qaïda… ”
Tout est dit : Alors pourquoi changer si tout le “monde” y est gagnant …
Les victimes de tout ce cirque sont donc les peuples, d’abord arabe (qui ne verrons jamais leur région en paix) et occidentaux , européen (comme avec les récents massacres a paris).
Pendant ce temps la les bénéficiaires n’ont qu a s’asseoir en sécurité et récolter leurs bénéfices.

J ai trouvé intéressant l’intervention de Ferrari face a Valls ou il lui explique que “Valls et sa bande déclarent la guerre partout y compris chez nous et le peuple se fait tirer dessus”

  1. De passage Le 20 janvier 2016 à 03h53
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  2. Chevrier Michèle Le 20 janvier 2016 à 06h54
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    L’argent toujours l’argent, c’est le nerf de la guerre.


    • Patrick Luder Le 20 janvier 2016 à 08h30
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      Sans argent, pas de guerre !
      … ou …
      Sans guerre, pas d’argent !


      • DREF Le 20 janvier 2016 à 21h42
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        l arabie saoudite n était avant la decouverte du pétrole qu un pays peuplé de bedouin…bientot il ne sera peuplé que de bedouins….meme apres l eveil de la science arabe a partir du vii sciecle,aucun savant de la rennaissance arabe n était de l arabie…la majorité de la persse…le reste des pays de l asie et de l afrique du nord….aucun nom celebre de l arabie.bien qu ils le considerent comme arabe parcequ ils utilisaient la langue arabe….comme si on considerait un savant japonais comme anglais juste parcequ il utilise l anglais pour ses recherches….


  3. Gibbs Le 20 janvier 2016 à 07h18
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    ” Tout le monde s’y retrouve — les fabricants d’armes, le Pentagone, les politiciens de Washington comme les Clinton qui profitent des largesses saoudiennes, et même Al-Qaïda… ”
    Tout est dit : Alors pourquoi changer si tout le “monde” y est gagnant …
    Les victimes de tout ce cirque sont donc les peuples, d’abord arabe (qui ne verrons jamais leur région en paix) et occidentaux , européen (comme avec les récents massacres a paris).
    Pendant ce temps la les bénéficiaires n’ont qu a s’asseoir en sécurité et récolter leurs bénéfices.

    J ai trouvé intéressant l’intervention de Ferrari face a Valls ou il lui explique que “Valls et sa bande déclarent la guerre partout y compris chez nous et le peuple se fait tirer dessus”


  4. tocquelin Le 20 janvier 2016 à 07h20
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    il faudrait une analyse semblable et approfondie de la collusion des autorités françaises avec les wahabites et autres intégristes terroristes


    • fouineur Le 21 janvier 2016 à 20h45
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      Celle ci existe : le livre “56” de Jean Loup Izambert démontre le soutien de très longue date de “l’état profond” français aux Frères Musulmans, à Ennahda et autres islamistes dans leurs oeuvres de déstabilisation de la Syrie (attentats dans les années 80), ainsi que de la Tunisie et de l’Algérie, puis à nouveau de la Syrie en 2011.


      • silk Le 01 février 2016 à 03h00
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        en effet, je me suis procuré cet ouvrage qui est très “offensif” dans ses accusations (longuement sourcées et documentées).
        Il faudrait d’ailleurs publier certaines parties, cela semble nécessaire car, comme vous l’avez fait remarquer, cela concerne l’État profond français et devrait être mis en parallèle avec les politiques de l’État profond américains.
        Actuellent nous voyons les conséquences de ces politiques partout dans le monde, des pays de l’est au continent africain.


  5. Muslim Le 20 janvier 2016 à 09h16
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    L’Arabie Saoudite, le jour où l’Occident atlantiste lui retire sa protection, s’effondrera en quelques semaines. Vous faites tout un foin et des articles à foison pour disséquer un épouvantail qui ne tient que par les bouts de fils tendus par les USA, Israël et l’UE. Un “simple” intermédiaire régional, qui ne finance le terrorisme que parce que cela lui est imposé, pour le bien des intérêts géostratégiques des marionnettistes, à travers le monde.


    • Furax Le 20 janvier 2016 à 22h31
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      Oui. Mais si vous déroulez votre raisonnement un peu plus loin, vous verrez que ce qui succéderait à la ribambelle de prince saoudiens corrompus serait bien pire que les Saoud. Ce seraient les plus puristes qui prendraient le pouvoir : les extrémistes wahabbites sans la très relative fonction modératrice des Saoud corrompus.

      Sans oublier que les Saoud et leurs alliés wahabbites commettront sans hésiter un genocide si jamais les arabes chiites de la province pétrolière du Hassa risquaient de leur ôter le contrôle de la poule aux œufs d’or pétrolière sûest cette région.


      • Muslim Le 21 janvier 2016 à 09h32
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        Encore une fois, l’Arabie Saoudite s’active uniquement parce qu’il s’agit du rôle qui lui a été assigné par ses Protecteurs. Ce n’est pas un pays indépendant et autonome, c’est une coquille vide, un pays artificiel, qui s’effondrera sur lui-même, sans plus avoir les moyens de terroriser la région. C’est bien de cela dont on parle ?


      • Furax Le 21 janvier 2016 à 11h29
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        Je suis en désaccord avec vous. Vous faites des USA une sorte de génie de la manipulation qu’ils ne sont pas. Les USA manipulent certes, ou plus précisément ils tentent de manipuler.

        Mais la réalité du Moyen-Orient, c’est qu’ils ont de plus en plus perdu le contrôle de leurs alliés traditionnels. C’est le cas pour l’Arabie saoudite comme pour la Turquie qui ont leur propre agenda et qui vont parfois même jusqu’à prendre en otage les USA et les organisations internationales mises en place par les USA pour fédérer et contrôler leurs clients/vassaux.

        L’hégemon américain a fini par s’empêtrer dans le réseau de liens qu’il avait noués, au point d’être très largement empêché d’agir avec cohérence parce que pris aux contradictions de ces trop vastes et trop incohérentes alliances.

        C’est une illustration du “qui trop embrasse mal étreint.”


  6. christian gedeon Le 20 janvier 2016 à 10h37
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    Formidable article…qui a le mérite d’enfoncer des portes largement ouvertes,ou du moins de rappeler des évidences. la doxa bien pensante qui essaye d’imposer l’image de “l’autofinancement ” de Deach et de Nosra et affidés à travers pétrole et autres activités est rien de moins qu’une campagne visant à exonérer Saoudiens, Qataris,Américains …et Français (Al Nosra fait du bon boulot) de leurs responsabilités. Un rideau de fumée,et rien d’autre. mais bizarrement cet article épargne totalement la Turquie,pourtant chaînon essentiel et oh combien actif de la guerre syrienne. Oubli ou parti pris? Et si l’article est bon,sa conclusion est terriblement politiquement correcte,je cite ” la vraie question n’est pas les arabes ou l’islam “… Ah Booooon? Ce n’est certes pas la seule vraie question. mais bon,il faut quand même se dire que ce ne sont pas des martiens oud es eskimos qui se battent là bas,mais bien des arabes et des musulmans,n’est ce pas? Alors,on remet les bonnes lunettes de vue ou on finit l’article avec des lunettes roses?


  7. semmamij Le 20 janvier 2016 à 16h23
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    Attention bon nombre de musulmans chiites et sunites sont contre les saoudiens… car ils sont wahhabites ! ils font des actes contraire à l islam et détruisent l islam. ils ont été mis pour détruire cette religion


    • christian gedeon Le 20 janvier 2016 à 17h42
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      Ce n’est pas faux. Il convient de rappeler que la première invasion wahhabite de la Syrie date de…1801! Rien de nouveau sous le soleil..


  8. logique Le 21 janvier 2016 à 19h02
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    Les saoudiens ont été très généreux avec les USA en assurant les pétrodollar. Les US sont prêt a tout est n’importe quoi a partir du moment ou ils sont payé cash. Il se foutent pas mal des retombés sur l’europe au contraire il en profite pour placer de plus en plus de piont en europe.
    Il sont loin, se qui les intéressent vrai les ricains c’est de ne pas perdre l’amérique du sud. C’est leur seul point faible reproché. IL ont bien des problèmes interne mais c’est ferme ta guelle ou casse toi.


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