Source : Consortiumnews.com, 23 novembre 2015

Exclusif : Bien que face à une crise terroriste mondiale, le gouvernement de Washington ne peut dépasser sa rhétorique néoconservatrice de « gros bras. » Mais une autre option — celle de sanctions financières contre l’Arabie saoudite — pourrait contribuer à tarir finalement la fourniture clandestine d’argent et d’armes à Al-Qaïda et à l’État islamique, écrit Robert Parry.

Par Robert Parry

Alors que l’État islamique et Al-Qaïda entrent dans une macabre compétition à qui pourra tuer le plus de civils de par le monde, le destin de la civilisation occidentale telle que nous l’avons connue est sans doute en péril. Il ne faudra guère plus d’actions terroristes pour que l’Union européenne commence à céder et que les États-Unis se transforment en un régime de surveillance à grande échelle.

Malgré tout, face à la crise, la plupart des mêmes personnes qui nous ont entraînés sur la route de la destruction continuent à dominer et même encadrer le débat public. Par exemple, les néoconservateurs de Washington continuent d’insister dans leur préconisation d’un « changement de régime » dans les pays qu’ils ont ciblés il y a 20 ans. Ils exigent aussi une nouvelle guerre froide avec la Russie en défendant un régime de droite corrompu en Ukraine, déstabilisant l’Europe et désorganisant la coopération américano-russe en Syrie.

Le roi Salmane d’Arabie saoudite et sa suite arrivent pour recevoir le président Barack Obama et la première dame Michelle Obama à l’aéroport international du Roi Khalid à Riyad, Arabie saoudite, 27 janvier 2015. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Pete Souza)

Étant donné les enjeux, vous pourriez penser que quelqu’un en position de pouvoir – ou l’un des nombreux candidats à à la présidence des États-Unis – offrirait des solutions pragmatistes et réalistes pour s’occuper de cette menace extraordinaire. Mais la plupart des Républicains – de Marco Rubio à Carly Fiorina en passant par Ted Cruz – offrent seulement plus « d’encore plus la même chose » c’est-à-dire une belligérance néo-conservatrice sous stéroïdes. Donald Trump et Rand Paul échappent sans doute à cette hystérie particulière, mais aucun n’a proposé de contre-analyse cohérente et complète.

Du côté démocrate, la favorite Hillary Clinton gagne les éloges des éditeurs néo-conservateurs du Washington Post pour s’être démarquée de l’hésitation de Barack Obama à envahir complètement la Syrie. L’ancienne secrétaire d’état Clinton veut une invasion pour occuper des parties de la Syrie en tant que « zones de sécurité » et détruire les avions syriens (et probablement russes) qui violeraient ses zones d’exclusion aérienne.

De façon semblable aux invasions désastreuses de l’Irak et de la Libye, Clinton et ses alliés néo-conservateurs ont promu l’invasion de la Syrie comme une aventure humanitaire pour éliminer un « dictateur cruel » – en l’occurrence le président Bachar el-Assad – ainsi que pour « détruire » l’État islamique, que l’armée d’Assad et ses alliés iraniens et russes sont aussi en train de combattre. Les militaires d’Assad, les troupes iraniennes et les avions russes ont aussi frappé d’autres groupes djihadistes tels que le Front Al-Nosra d’Al-Qaïda et Ahrar Al-Sham, qui reçoit des armes des États-Unis tandis qu’il combat côte-à-côte avec Al-Nosra dans l’Armée de la Conquête.

La stratégie de Clinton protégerait probablement les djihadistes exception faite de l’État islamique — gardant ainsi vivant l’espoir d’un « changement de régime » — ce qui explique pourquoi les éditorialistes néoconservateurs, qui étaient d’ardents défenseurs de la guerre d’Irak en 2003, acclamèrent son approche va-t-en-guerre envers la Syrie comme louable.

A la gauche de Clinton, le sénateur Bernie Sanders a botté en touche sur le problème de ce qu’il fallait faire en Syrie ou au Moyen-Orient, échouant à offrir une idée réfléchie à propos de ce qui peut être fait pour stabiliser la région. Il choisit à la place un sujet de discussion astucieux mais vide, arguant que les Saoudiens et d’autres riches cheikhs du golfe Persique devraient utiliser leurs ressources financières et militaires pour mettre de l’ordre dans la région, et « se salir les mains. »

Le problème est que les Saoudiens, les Qataris et les Koweïtiens — ainsi que les Turcs — sont une grande partie du problème. Ils ont utilisé leur considérable fortune pour financer Al-Qaïda et ses divers alliés et rejetons, incluant l’État islamique. Leurs mains sont déjà très sales.

Le « pouvoir de conviction » de l’Arabie saoudite

Ce que nous avons observé au Moyen-Orient depuis les années 80 est l’Arabie saoudite et d’autres États sunnites créer un « pouvoir de conviction » pour servir leurs ambitions régionales en assemblant des forces paramilitaires prêtes et mêmes impatientes de s’en prendre à des ennemis, que ce soit contre des rivaux chiites ou contre des pouvoirs occidentaux.

Bien que les riches Saoudiens, Qataris et autres princes gâtés ne veuillent pas devenir des soldats eux-mêmes, ils sont plus que contents d’exploiter de jeunes Sunnites mécontents, de les changer en djihadistes et de les lâcher. Al-Qaïda (qui date du djihad anti-soviétique en Afghanistan dans les années 80) et l’État islamique (qui a émergé en résistance au régime chiite instauré en Irak après 2003) sont les fantassins de l’Arabie saoudite.

Ces faits sont semblables au soutien que l’administration Reagan avait fourni aux forces paramilitaires de droite en Amérique Centrale dans les années 80, incluant les « escadrons de la mort » au Salvador et au Guatemala ainsi que les « Contras » au Nicaragua, proches des cartels de la drogue. Ces extrémistes étaient prêts à faire le « sale boulot » que la CIA de Reagan considérait nécessaire pour inverser le flot des révolutions de gauche dans la région, mais de façon suffisamment indirecte pour que Washington ne puisse pas être directement tenue responsable des massacres.

Aussi durant les années 80, les jusqu’au-boutistes de l’administration Reagan, incluant le directeur de la CIA William J. Casey, virent l’intérêt d’utiliser l’extrémisme islamique pour saper l’Union soviétique et sa position officielle athéiste. La CIA et les Saoudiens travaillèrent main dans la main à la construction des moudjahidin afghans — un mouvement islamique fondamentaliste — pour renverser le gouvernement laïque soutenu par les soviets à Kaboul.

Le « succès » de cette stratégie fit aussi subir des dommages sévères à l’économie soviétique, déjà en difficulté et le renvoi ultérieur (puis meurtre) du président soutenu par Moscou, Najibullah. Mais la stratégie provoqua aussi la montée des Talibans, qui prirent le pouvoir et instaurèrent un régime médiéval, et d’Al-Qaïda, qui évolua à partir des combattants saoudiens et d’autres nations étrangères (incluant le saoudien Oussama ben Laden) qui affluèrent au djihad afghan.

Les retombées de l’expérience afghane créèrent le mouvement djihadiste moderne — et les Saoudiens, en particulier, comprirent la valeur de cette force paramilitaire pour punir les gouvernements et les groupes politiques que les Saoudiens et leurs riches amis pétroliers considéraient comme des menaces. Officiellement, l’Arabie saoudite, le Qatar et d’autres États-pétroliers sunnites pouvaient affirmer qu’ils n’étaient pas derrière les terroristes tout en laissant de l’argent et des armes s’acheminer jusqu’à eux.

Bien qu’Al-Qaïda et les autres djihadistes aient leurs propre agendas — et pouvaient intervenir de façon indépendante — les Saoudiens et les autres cheikhs pouvaient diriger ces forces paramilitaires contre le prétendu “croissant chiite”, de l’Iran à travers la Syrie jusqu’au Liban (et après l’invasion de l’Irak en 2003, contre le gouvernement irakien chiite aussi).

Parfois, les djihadistes se montraient utiles pour les États-Unis et Israël, frappant le Hezbollah au Liban, se battant contre le « changement de régime » en Syrie, collaborant en 2011 au renvoi (et meurtre) du Libyen Mouammar Kadhafi et allant même jusqu’à joindre leurs forces au gouvernement ukrainien, soutenu par les États-Unis, pour tuer des Ukrainiens d’ethnie russe dans l’est de l’Ukraine

Le rôle d’Israël

Puisque ces djihadistes sunnites étaient très doués pour tuer des chiites, ils se firent apprécier non seulement de leurs donateurs saoudiens, qataris et koweïtiens, mais aussi d’Israël, qui a identifié l’Iran, dirigé par des chiites, comme sa plus grande menace stratégique. De ce fait, les néoconservateurs américains, qui collaboraient étroitement avec le très droitier Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, avaient eux aussi une attitude mitigée envers les djihadistes sunnites.

Qui plus est le terrorisme, très médiatisé, comme les attaques du 11 septembre, permit au néoconservateurs aux discours fermes de consolider leur contrôle de la politique étrangère des États-Unis et de dévier la fureur américaine provoquée par les 3000 victimes d’Al-Qaïda à New York et Washington, pour appliquer les « changements de régime » de leur propre agenda néoconservateur, d’abord en Irak bien qu’il n’ait rien à voir avec le 11 septembre, puis avec des plans pour passer à la Syrie et à l’Iran.

Comme le complexe militaro-industriel s’en sort comme des bandits avec des milliards et des milliards jetés à la « guerre contre la terreur », les entrepreneurs militaires, reconnaissants, renvoyèrent une partie des profits aux principaux groupes de réflexion où les penseurs néo-conservateurs étaient employés à développer plus de plans militaristes. [Voir Consortiumnews.com : « Un business familial de guerre perpétuelle »]

Mais l’inconvénient de cet arrangement avec les djihadistes sunnites a été qu’Al-Qaïda et son rejeton, l’État islamique, perçoivent l’Occident comme leur ennemi ultime, s’appuyant à la fois sur des injustices historiques et actuelles infligées au monde islamique par l’Europe et les États-Unis. Les leaders terroristes font référence à ces mauvais traitements pour recruter des jeunes des régions démunies du Moyen-Orient et des quartiers défavorisés des villes européennes – et les convaincre de mettre des ceintures d’explosifs.

De ce fait, Al-Qaïda et maintenant l’État islamique font non seulement avancer l’agenda néo-conservateur/israélien/saoudien en déclenchant des attaques terroristes en Syrie contre le gouvernement Assad et au Liban contre le Hezbollah, mais ils frappent de leur propre initiative des cibles européennes et américaines et ce même en Afrique où Al-Qaïda a revendiqué la semaine dernière l’assaut meurtrier sur l’hôtel haut de gamme Radisson Blu à Bamako au Mali.

Il apparaît aussi qu’Al-Qaïda et l’État islamique sont entrés en compétition sur celui qui peut organiser l’attaque la plus sanglante contre des Occidentaux de manière à renforcer le recrutement. Les attaques de Bamako étaient une tentative d”Al-Qaïda de voler la vedette à l’État islamique qui se vantait d’une violente suite d’attaques sur Paris, Beyrouth et un vol touristique russe dans le Sinaï.

Les conséquences des ces massacres ont été de menacer la cohésion financière et politique de l’Europe et d’augmenter la pression pour un état de surveillance renforcée aux États-Unis. Pour le dire d’une autre façon, les caractéristiques les plus précieuses de la civilisation occidentale – la relative aisance et la liberté personnelle – sont menacées.

Pourtant, plutôt que d’expliquer les vraies raisons de cette crise – et quelles solutions pourraient être envisagées – personne dans les courants dominants du monde politique des États-Unis ou des principaux médias ne semble capable ou disposé à parler franchement au peuple américain de la façon dont nous en sommes arrivés là.

L’opportunité manquée de Sanders

Alors que l’on aurait pu s’attendre à cela de la part d’une grande majorité de républicains (qui se sont entourés de conseillers néoconservateurs) et de la part d’Hillary Clinton (qui a façonné ses propres liens avec les néoconservateurs ainsi qu’avec leurs acolytes libéraux et interventionnistes), on aurait pu s’attendre à ce que Sanders formule une critique pertinente envers le « cercle de pensée » officiel de Washington, dominé par les néoconservateurs.

Au lieu de cela, il préconise de manière simpliste et incompréhensible d’exiger plus des Saoudiens — alors que cela sèmerait davantage la mort et la destruction de la région et même au-delà. L’inverse aurait sans doute beaucoup plus de sens — imposer des sanctions économiques sévères à l’Arabie saoudite afin de la punir pour l’aide régulière qu’elle fournit à Al-Qaïda et à l’État islamique.

Geler ou confisquer des comptes bancaires saoudiens à l’échelle mondiale pourrait enfin faire comprendre aux princes gâtés des pays pétroliers du golfe Persique qu’il y a un réel prix à payer lorsque l’on fricote avec le terrorisme. Une telle action envers l’Arabie saoudite enverrait également le message aux États sunnites plus petits de la région qu’ils pourraient être les prochains sur la liste. D’autres pressions, comme la possible exclusion de l’OTAN, pourraient être brandies face à la Turquie.

Si l’Occident se décidait enfin à prendre les choses au sérieux en ce qui concerne l’arrêt de l’aide financière et militaire à Al-Qaïda, à l’État Islamique et à leurs alliés djihadistes en Syrie, la violence pourrait enfin diminuer. Et si les États-Unis et l’Europe mettaient la pression sur l’opposition syrienne « modérée » — peu importe ce qu’il en reste — pour qu’elle parvienne à un compromis, une solution politique pourrait être envisageable également.

À l’heure actuelle, le plus gros obstacle à un accord politique semble être les États-Unis et leur volonté insistante pour que le président Assad soit inéligible une fois que la Syrie sera stabilisée. Pourtant, si le président Obama est si certain que le peuple syrien déteste Assad, il paraît insensé de laisser la défaite présumée d’Assad dans les urnes empêcher un dénouement si crucial.

La seule explication à l’entêtement des USA est que les néoconservateurs ainsi que les faucons libéraux ont fait du « changement de régime » en Syrie une priorité si importante dans leur agenda qu’ils perdraient la face si le départ d’Assad n’était pas réclamé. Cependant, l’avenir de la civilisation occidentale étant dans la balance, un comportement aussi borné semble non seulement inefficace mais dangereux.

En comprenant comment ce désordre a été créé, quelques politiciens américains pourraient fabriquer un appel qui aurait un large soutien dans tout le spectre politique. Si Sanders prenait le flambeau d’un plan rationnel pour apporter une paix relative au Moyen-Orient, il pourrait aussi changer les dynamiques de la course démocratique.

Bien sûr, défier la pensée de groupe officielle de Washington est toujours dangereux. Si compromis et coopération remplaçaient le « changement de régime » comme but des États-Unis, les néoconservateurs et les faucons libéraux paniqueraient. Mais les enjeux sont très élevés pour l’avenir de la planète. Peut-être que sauver la civilisation occidentale vaut le risque de faire face à une crise de colère des néo-conservateurs et des faucons libéraux.

Source : Consortiumnews.com, 23 novembre 2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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32 réponses à Frapper l’Arabie-Saoudite là où ça fait mal, par Robert Parry

Commentaires recommandés

oz Le 16 janvier 2016 à 05h22

Je respecte Robert Parry, and ses textes apportent souvent beaucoup d’information. Mais celui-ci pèche par un refus de reconnaître franchement la réalité: les États-Unis n’ont pas la moindre intention d’éliminer les bandes jihadistes. Ils veulent les garder pour pouvoir les employer contre leurs adversaires stratégiques: Assad et la Syrie, Poutine et la Russie, peut-être un jour l’Iran, voire la Chine. Voilà ce que signifie la distinction entre modérés et immodérés. Daesh s’est grillé avec ses vidéos cinglées , mais les États-Unis veulent garder al-Qaïda et autres al-Nusra pour faire leur sale boulot. Ce n’est pas seulement parce qu’ils veulent sauver leur image, c’est surtout parce que ni les États-Unis, ni l’Europe n’arriveront à convaincre des centaines de milliers de jeunes de leurs pays à risquer leur vie au Moyen-Orient pour les compagnies pétrolières.
Les critiques de l’Arabie Saoudite et de la Turquie sont méritées, mais elles ne doivent pas faire oublier cette réalité fondamentale: ils savent que les États-Unis les appuient. Parry a raison, il serait facile de faire pression sur eux pour qu’ils cessent de renforcer les jihadistes. Mais il faut le vouloir et les États-Unis ne le veulent pas.
Quant aux Européens, leur complicité n’a pas d’excuses. Comme le dit Parry, l’Europe est la deuxième victime (la première étant le Moyen-Orient) de cette politique. Les crises des réfugiés et du terrorisme sont en train de destabiliser l’Europe en profondeur, et vont sans doute continuer pendant des années. Il faut bien comprendre que le gouvernement états-unien s’en fiche complètement. Les “valeurs occidentales” sont de la poudre aux yeux. Tant que les dirigeants américains penseront que les jihadistes leur sont utiles contre leurs ennemis géopolitiques, ils s’en fichent que l’Europe soit détruite de même que la destruction de la Syrie les laisse de marbre. L’attitude des dirigeants européens ne peut s’expliquer que de trois manières: ils sont stupides et incompétents; ils sont suicidaires (l’Europe est, après tout, le continent qui s’est suicidé deux fois au cours du dernier siècle); ils ont peur de représailles économiques, voire militaires.

  1. oz Le 16 janvier 2016 à 05h22
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    Je respecte Robert Parry, and ses textes apportent souvent beaucoup d’information. Mais celui-ci pèche par un refus de reconnaître franchement la réalité: les États-Unis n’ont pas la moindre intention d’éliminer les bandes jihadistes. Ils veulent les garder pour pouvoir les employer contre leurs adversaires stratégiques: Assad et la Syrie, Poutine et la Russie, peut-être un jour l’Iran, voire la Chine. Voilà ce que signifie la distinction entre modérés et immodérés. Daesh s’est grillé avec ses vidéos cinglées , mais les États-Unis veulent garder al-Qaïda et autres al-Nusra pour faire leur sale boulot. Ce n’est pas seulement parce qu’ils veulent sauver leur image, c’est surtout parce que ni les États-Unis, ni l’Europe n’arriveront à convaincre des centaines de milliers de jeunes de leurs pays à risquer leur vie au Moyen-Orient pour les compagnies pétrolières.
    Les critiques de l’Arabie Saoudite et de la Turquie sont méritées, mais elles ne doivent pas faire oublier cette réalité fondamentale: ils savent que les États-Unis les appuient. Parry a raison, il serait facile de faire pression sur eux pour qu’ils cessent de renforcer les jihadistes. Mais il faut le vouloir et les États-Unis ne le veulent pas.
    Quant aux Européens, leur complicité n’a pas d’excuses. Comme le dit Parry, l’Europe est la deuxième victime (la première étant le Moyen-Orient) de cette politique. Les crises des réfugiés et du terrorisme sont en train de destabiliser l’Europe en profondeur, et vont sans doute continuer pendant des années. Il faut bien comprendre que le gouvernement états-unien s’en fiche complètement. Les “valeurs occidentales” sont de la poudre aux yeux. Tant que les dirigeants américains penseront que les jihadistes leur sont utiles contre leurs ennemis géopolitiques, ils s’en fichent que l’Europe soit détruite de même que la destruction de la Syrie les laisse de marbre. L’attitude des dirigeants européens ne peut s’expliquer que de trois manières: ils sont stupides et incompétents; ils sont suicidaires (l’Europe est, après tout, le continent qui s’est suicidé deux fois au cours du dernier siècle); ils ont peur de représailles économiques, voire militaires.


    • Nerouiev Le 16 janvier 2016 à 07h54
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      Pour rester dans le plan de votre axe OZ, j’ajouterais qui, après les abominations de daesh, n’a pas souhaité en finir en écrasant l’Arabie Saoudite et ses moeurs d’ une autre époque ? Mais pour ma part c’est la première fois que je le vois écrit, ce qui est en soi une avancée. D’accord qu”avoir une armée de volontaires pour faire le sale boulot est une occasion rêvée pour la conquête des ressources terrestres incluant aussi et surtout celles de la Russie. Quand on voit le comportement de nos deux derniers Présidents et leur compassion pour leurs dirigeants, on comprend bien où nous sommes conduits enfermés dans une gangue de craintes du gendarme et d’abrutissement. Vu l’entêtement américain exacerbé par l’image et l’attitude de la Russie et associés, je crains le pire de ces enfants gâtés Occidentaux qui veulent le rester au détriment de tous les autres. Brzezinski, ça suffit maintenant.


    • Chris Le 16 janvier 2016 à 10h21
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      Vous oubliez une quatrième raison : nos traitres “du cénacle technocrate apatride” selon la formule de De Gaulle peuvent toujours se réfugier aux Etats-Unis, rassurés non seulement par leur fortune planquée dans les paradis fiscaux, mais aussi par les diverses pensions qui continueront de tomber dans leur escarcelle… à moins que soit prononcée une déchéance de nationalité (!) les en privant.
      Ce qui me paraît peu probable.


      • Balthazar Le 16 janvier 2016 à 11h39
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        Je chipote, mais d’après ce que j’ai entendu, la déchéance de nationalité ne vous prive que de vos droits civiques. Donc vous continuez à toucher vos aides, pensions, cmu ou ame, et que sais je encore.


    • Eric83 Le 16 janvier 2016 à 14h47
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      “L’attitude des dirigeants européens ne peut s’expliquer que de trois manières: ils sont stupides et incompétents; ils sont suicidaires (l’Europe est, après tout, le continent qui s’est suicidé deux fois au cours du dernier siècle); ils ont peur de représailles économiques, voire militaires.”

      A mon avis, c’est un mix des trois mais au regard de ce que nos politiques sont capables de faire pour obtenir le pouvoir et ensuite pour ne pas lé céder, je pense que la peur est leur paradigme.


    • belamicci Le 16 janvier 2016 à 15h03
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      Entièrement d’accord avec votre point de vue .commentaire qui met en évidence beaucoup de lucidité .

      En effet il ne faut pas être naifs .En résumé si le mal existe il prend la forme d’un instrument pour servir les intérêts US.Et si la paix ne vient pas la raison principale est qu’il faudrait d’abord que les dirigeants américains la veulent !


      • vinel Le 16 janvier 2016 à 16h25
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        “Les dirigeants américains le veulent”
        Les dirigeants américains sont le lobby militaro industriel,les banques, les multinationales.
        Tout ce petit monde décide pratiquement de la présidence par les milliards donnés des deux cotés lors des élections.
        La politique des USA est initiée en fonction des intérêts commerciaux et financiers.
        Quel que soit le nombre de morts et dégâts,ce sont que des chiffres qui des lors qu’ils n’impactent pas leurs dividendes et leurs compatriotes(et encore) ne sont que des données mineures.
        La démarche stratégique des USA doit se lire et comprendre à l’aune des profits dans 2°,3° plan ou action dans toujours le même objectif( des poupées Russes!).
        S’il y a contresens dans la lecture publique(démocratie,liberté…)il y a espoir sinon certitude dans l’appropriation toujours plus complète de la planète et de ses richesses.
        Tant qu’il y aura des résistance à cette appropriation, les “USA”trouveront des ennemis et des listes noires de terroristes et des amis étonnants.
        L’Europe avec l’OTAN, sur le plan militaire,avec sa constitution néolibérale est entre leurs mains.
        Une banque comme Goldman Sachs décide de la politique de n’importe quel état.
        S’agissant de l’Europe elle n’a pas soucis,un de ses petits est patron de BCE.
        Alors ,ne pensons pas ,les choses sont si simples, prises par le bon bout!


        • belamicci Le 16 janvier 2016 à 20h36
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          bien vu .L’Otan n’est qu’une arnaque ,un instrument des Américains pour garder cette Europe sous leur giron,une UE vassalisée incapable du choix de sa propre politique ni de ses partenaires commerciaux ni de son propre système de défense commune ni de disposer d’elle même .Elle demeure une mineure humiliée ,elle ne représente plus rien


    • Sangsue-raie Le 16 janvier 2016 à 22h04
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      Exactement et justement ça.
      Ces Etats sont des marionnettes.
      Et grace aux campagnes permettant de ”soulager” l’impuissance des citoyens, servent en même temps d’exutoire et s u r t o u t de protecteur-bouclier de leur maître qu’aucun citoyen n’attaque vraiment.
      Ceux qui commandent sont ainsi protégés, dans tous les aspects de leur politique.
      Pourquoi ne continueraient-ils pas, si jamais les citoyens ne les pointent vraiment du doigt? Et exigent surtout.

      Plus commode-facile-soulageant l’opinion, car dans l’esprit-réflexe colonisateur aussi, de verser sa bile sur Ar.Saoudite, Turquie ou Israel (parmi d’autres) (un peu de racisme sous-tend tout cela, on ne tape pas sur l’occidental qui est le vrai commanditaire) ceux-ci sont pourtant utilisés pour leur maître,seul et unique.


    • Kapimo Le 17 janvier 2016 à 02h57
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      “L’attitude des dirigeants européens ne peut s’expliquer que de trois manières: ils sont stupides et incompétents; ils sont suicidaires (l’Europe est, après tout, le continent qui s’est suicidé deux fois au cours du dernier siècle); ils ont peur de représailles économiques, voire militaires.”

      D’aucun disent que nos dirigeants qui ne dédaignent pas le Youngleaderisme, le Bildelbergisme ou L’Européisme, sont surtout quelque peu désarmés pour combattre la main qui les a placé là (tant il est vrai que l’élection se fait d’abord par la sélection des candidats, en utilisant l’argent et la presse mainstream).


    • Eric Le 27 janvier 2016 à 12h55
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      oz écrit:
      “Quant aux Européens, leur complicité n’a pas d’excuses. Comme le dit Parry, l’Europe est la deuxième victime (la première étant le Moyen-Orient) de cette politique. Les crises des réfugiés et du terrorisme sont en train de destabiliser l’Europe en profondeur, et vont sans doute continuer pendant des années. Il faut bien comprendre que le gouvernement états-unien s’en fiche complètement. Les “valeurs occidentales” sont de la poudre aux yeux.”

      Non washington ne s’en fiche pas ! Loin de là c’est même pour eux un avantage collatéral pratiquement aussi important pour maintenir et renforcer leur domination sur l’ue qu’ils ont voulu, créé, poussé, organisé ….!!!!!


  2. DUGUESCLIN Le 16 janvier 2016 à 09h17
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    C’est déjà un début de reconnaissance. Mais les dégâts sont immenses, et les réparations seront d’un autre ordre.
    En attendant, nous sommes toujours confrontés à la politique du “diviser pour régner” orchestrée par les Etats-Unis.
    La division de l’Europe en deux blocs est une catastrophe pour tous les européens, car elle lui supprime la possibilité de jouer un rôle sérieux dans la politique internationale, incapable de maintenir la paix sur le continent (exemple de l’Ukraine) et l’affaiblit sur le plan économique.
    Les pays d’Europe alliés pourraient aussi avoir un rôle de paix dans le monde en s’opposant à toutes les guerres par procuration menées par les atlantistes, à l’instar de la position russe, (la plus grande puissance d’Europe), de plus en plus claire et qui devrait nous ouvrir la voie.


  3. Astatruc Le 16 janvier 2016 à 09h19
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    “Les conséquences des ces massacres ont été de menacer la cohésion financière et politique de l’Europe et d’augmenter la pression pour un état de surveillance renforcée aux États-Unis.”

    Cette phrase m’a interpellé, où est la cohésion fiancière et politique de l’Europe ou plutôt l’ue?Quand on voit une Allemagne qui s’enrichit alors que l’Espagne, la Grèce vivent en état de siège tenu par l’eurogroupe?
    Pour ce qui est de surveillance renforcée aux usa, peuvent-ils faire plus alors qu’ils surveillent déjà tout le monde?
    J’aime bcp M Parry mais sur ce coup là, je ne comprends pas.


  4. Francois Le 16 janvier 2016 à 10h12
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    Laurent et Francois sont toujours en cavale,
    Que fait la police ?


  5. belamicci Le 16 janvier 2016 à 10h35
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    Mais quelle blague !” Frapper l’Arabie là ou çà fait mal”.
    Qui ne sait que tous les pays du Golfe à leur tête l’Arabie, états sanguinaires et barbares qui piétinent les droits de l’homme plus que beaucoup d’autres sont les protégés des Etats-Unis?

    Qui ne sait que ces Etats du golfe sont le soutien idéologique et financier de l’Etat islamique?qui ignore les connivences entre la Turquie et les djihadistes barbares et le transit par ce pays, du pétrole illicite en provenance d’Irak et de Syrie ,cette Turquie alliée traditionnelle des Américains qui font pression sur l’UE pour son entrée dans cet ensemble comme ils l’ont fait pour l’adhésion des dix ex républiques de l’ URSS ?

    Et qui ignore que l’UE par le biais de l’OTAN progressivement est passée elle-même sous la coupe des Etats-Unis?Elle n’est plus que le vassal de cette Amérique folle et aventurière qu’elle accompagne dans ses conflits créés de toutes pièces.Elle ne peut plus choisir ni de programme politique indépendant ni ses partenaires commerciaux ni penser un système de défense commune propre ni disposer d’elle- même,elle ne représente plus rien !

    Qui de plus a créé ces monstres de Ben Laden icône de Al Qaida à Abou Bakr al Baghdadi “calife” de Daech pour être des instruments au service des intérêts occultes des USA ? (récemment le général français Desportes a bien rapporté devant le Sénat que l’Etat islamique est un pur produit des USA) . Formés,financés par la CIA Etat dans l’Etat avec l’aval et la complicité du Congrès américain ,les djihadistes macabres de tous bords ont pour tâche principale de faire au lieu et place des States leurs sales besognes en détruisant tout sur leur passage Etats ,civilisations et régimes .Cela dans l’objectif de raser le Moyen-Orient afin de le remodeler complètement selon le sombre projet des Américains ,afin par la même occasion de semer la peur chez les peuples aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis mêmes, dans le but d’instaurer des dictatures en jouant à fond sur le sécuritaire .

    Sans les USA et leur folie aventurière ni al Qaida ni Daech ni terrorisme islamiste .Sans le feu vert des Etats-Unis que pourrait entreprendre la fragile Arabie notamment dans son soutien aux djihadistes comme dans ses bombardements au Yemen? Sans ce feu vert ,la Turquie pouvait-elle abattre un avion de combat russe à la limite de son territoire ?Et sans l’OTAN il n’ y aurait plus de coalition de ” moutons de Panurge” sacrifiant leurs intérêts propres et leur temps au profit des seuls USA et au détriment de leurs économies et de leurs peuples.

    La source principale du mal comme personne ne l’ignore est bien l’Amérique,le premier fauteur de troubles de la planète qui ne s’empêche pas de piétiner le droit international .La France derrière l’OTAN, asservie, a-t-elle pu se prémunir des attentats du 13 novembre dernier ?Des attentats fomentés par ces mêmes djihadistes barbares et sanguinaires formés par la CIA .Les Américains jouent un double jeu évident ils sont les pompiers pyromanes de la planète et ce jeu risque de durer longtemps sans l’éveil des peuples, seul capable de mettre un frein à l’agenda diabolique des mondialistes .
    Enfin dans son discours de la servitude volontaire qu’on peut appliquer au colosse américain le grand La Boétie avait bien écrit _Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux_ou_Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres_.

    Alors ce fauteur de troubles de la planète à défaut de le combattre doit être mis au ban des nations par tous les peuples du monde .Là est la réponse à tous les problèmes qui empoisonnent les relations internationales et empêchent les peuples à disposer d’eux-mêmes !


    • Alméras Jean Le 16 janvier 2016 à 12h29
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      Bien sur dans l’ensemble.

      Une observation de taille tout de même : l’usage des mots est sous-tendu par une vision du monde.
      “La source principale du MAL comme personne ne l’ignore est bien l’Amérique”
      et dans le même paragraphe : ” l’agenda DIABOLIQUE des mondialistes .”

      Le MAL et le DIABOLIQUE sont des concepts utilisés par les gens ciblés par l’article.

      Une critique de gauche ne peut s’appuyer sur de telles notions.


      • belamicci Le 16 janvier 2016 à 14h43
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        il est évident cher ami que quand je parle d’Amérique il ne peut s’agir que de ceux qui ont le pouvoir entre les mains qu’il soit politique(l’exécutif) parlementaire(le Congrès) sécuritaire (notamment la CIA) ou les patrons financiers notamment ceux de la Réserve fédérale.Il ne peut en aucun cas être question du peuple américain puisque je dis qu’il est soumis au régime de la peur pour des raisons évidentes au même titre que les autres.L’objectif final n’étant pas seulement de mettre la main sur les ressources naturelles du monde mais le projet consiste également en la domination des peuples .
        Les USA étant la principale source du mal comment le dire autrement cher ami,quand un général français ancien haut responsable rapporte devant le Sénat que l’Etat islamique est un pur produit des Etats-Unis .Et qui ne sait aujourd’hui que tous les pays du golfe dont en tête l’Arabie saoudite sont des vassaux et instruments des dirigeants américains.Et avec ces derniers qu’ils soient démocrates ou républicains, la politique étrangère reste identique à elle-même :des conflits créés de toutes pièces sous différents prétextes fallacieux ,des folies guerrières dans le monde entier.Qui a osé largué les premières et seules bombes nucléaires à Hiroshima et Nagazaki ? qui sous un faux prétexte (rapporté par l’ex patron de la défense US Mc Namara “les Nord vietnamiens n’ont jamais tiré de torpille contre nos 2 destroyers ” qui naviguaient de surcroit dans les eaux territoriales Nord Vietnamiennes.Et pourtant ce pays a été bombardé par ces monstres durant douze ans de 1963 à 1975 soit 3 fois plus de bombes que durant toute la seconde guerre mondiale.Le saviez vous ?Compte tenu de ce qui précède les USA par leurs dirigeants et leurs institutions qui n’ont rien de démocratiques (notamment le Congrès )représentent la principale menace pour la paix dans le monde et je n’y reviendrai pas !
        _les USA sont passés de la barbarie à la décadence sans jamais connaître de civilisation (Albert Einstein)

        _je lance un appel à tous les peuples du monde y compris le peuple américain afin qu’ils combattent les dirigeants américains ennemis du genre humain(Ernesto Che Guevara)


    • Subotai Le 16 janvier 2016 à 20h59
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      J’aime bien le “Etat sanguinaire et barbare”.
      S’est on jamais demandé s’ils n’en avaient pas de même pour nous, du “sanguinaire et barbare”.
      MDR 🙂
      Avez vous lu Maalouf : les Croisades vu par les musulmans.
      Rien n’a changé. Les occidentaux sont toujours des “Francs” : Germains barbares et destructeurs de Civilisations millénaires.
      Désolé, mais je ne crois pas que la culture US répandue par le monde soit |LA Civilisation|


  6. Louis Robert Le 16 janvier 2016 à 12h32
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    1. “… plutôt que d’expliquer les vraies raisons de cette crise – et quelles solutions pourraient être envisagées – personne dans les courants dominants du monde politique des États-Unis ou des principaux médias ne semble capable ou disposé à parler franchement au peuple américain de la façon dont nous en sommes arrivés là.”

    2. “Si l’Occident se décidait enfin à prendre les choses au sérieux… la violence pourrait enfin diminuer. Et si les États-Unis et l’Europe mettaient la pression… une solution politique pourrait être envisageable également.”

    Le diagnostic essentiel, fondamental, y est:

    1. refus obstiné d’identifier et de présenter les raisons et les causes véritables qui font que nous en sommes là: conflits permanents et guerre perpétuelle.

    2. incapacité et/ou refus de chercher et de mettre en place des solutions politiques véritables, donc acceptables et durables.

    Voilà pourquoi nous ressentons et pouvons affirmer, à raison, que globalement nous vivons dans un climat politique qui est pure folie… mais non moins perçu comme si ce devait être “la nouvelle normalité”.


    • belamicci Le 16 janvier 2016 à 14h56
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      Le peuple américain depuis le Patriot Act comme tous les médias demeurent muselés ,ce qui donne aux décideurs de ce pays l’occasion dont ils rêvaient d’agir à leur guise et en toute liberté .


      • Subotai Le 16 janvier 2016 à 21h04
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        Le “peuple américain” n’existe pas.
        Le “peuple américain” est un conglomérat hétérogène de cultures et groupes sociaux avec des aspirations différentes. Seul fil conducteur comportemental: toujours plus pour moi que pour les autres.
        La preuve?
        Sans un signe extérieur ostentatoire d’appartenance au groupe Nation – le drapeau arboré sur chaque maison – vous êtes soupçonné d’être “un-american” et par définition un ennemi à exterminer.


  7. Andrae Le 16 janvier 2016 à 18h00
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    Le but des USA est extrèmement simple.

    Empecher l’Europe de s’allier avec la Russie. l’EU est controllable, et Obama p. ex. désire garder l’unité en son sein, l’OTAN, etc. et la domination de ‘l’Est’ par l’Allemagne (qui est controllée à son tour), pour ‘contenir’ disent-ils, la Russie. Mais c’est pour empecher toute collaboration. C’est plus commode pour l’instant.

    D’autres n’hésiteraient pas à sacrificier l’Europe (EU / Europe géographique.)

    Controller par diviser et reigner le Moyen-Orient, anciennement, l’Arabie. Il s’agit surtout d’empecher toute tentative d’indépendance, d’Etat Nation fort, basé sur un sécularisme affiché / la tolérance, le socialisme ou d’autre formes de partage (cad. même finance dite ‘islamique’), mettant en avant ‘des droits’, et une certaine fermeture aux banques, corporations internationales, etc. Ce qui risquerait d’avoir un drole de succès…!

    Toute tentative de réunion pan-Arabe se trouve attaquée illico presto. (Nasser…)

    Après la destruction de l’Afghanistan (ok, longue histoire..), L’Iraq, la Lybie (ciblée même si pas au Moyen-Orient, les USA ont sous-traité à Sarko), il ne reste plus que l’Iran et la Syrie (grand pays – la Jordanie est servitrice..) à séduire ou détruire.

    Obama et Kerry ont toujours cherché à ramener l’Iran dans le giron de l’influence US (même avant la 1ere élection d’Obama), en comprenant que ce pouvoir majeur au MO avait un pouvoir de nuisance considérable -> séduction plutot que déstruction.

    Cela a complètement déstabilisé les deux protectorats USA – Israel et l’Arabie Saoudite. (Notons que les deux contrôlent leur population par la haine de l’autre, des prébendes, une nécessité de ‘suivre pour survivre’, et l’oppression sous différentes formes.) Israel a bcp de supports et ‘tient bon’, surfe sur toutes les vagues, mais KSA – dynastie royale oligarchique crade d’une violence maintenant assumée – a dévissé.


    • belamicci Le 16 janvier 2016 à 20h31
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      D’accord avec votre commentaire qui met en évidence une analyse judicieuse et lucide de la situation qui prévaut dans ce Moyen-Orient destiné à ne plus jamais se relever .


      • Subotai Le 16 janvier 2016 à 21h12
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        “…ce Moyen-Orient destiné à ne plus jamais se relever .”
        ******
        Ne rêvez pas. Ils en ont vu d’autres.
        En tant que société organisée, ils existait avant nous. Et je prend le pari qu’ils seront encore là quand nos sociétés auront disparu. 🙂
        A moins qu’une bonne vitrification générale mette tout le monde d’accord.


  8. atanguy Le 16 janvier 2016 à 21h32
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    Dans tous ces commentaires et l’article de Perry je ne sais pas qui a reason ou tort sur la géopolitique. Mais ce que je sais c’est que les affaires des vendeurs d’armes se portent bien. Voici donc un exemple:
    Les Etats Unis vont livrer a l’Arabie Saoudite pour 1.29 milliard de dollars de bombes pour “équiper” leur armée de l’air, qui manque d’approvisionnement notamment pour bombarder les Chiites au Yemen.
    La description de ces bombes,qui évidemment touchent essentiellement les populations civiles, est intéressante:
    5.200 Paveway II bombes guidées par laser.
    1.100 Paveway III. plus modernes avec une meilleure portée.
    12.000 bombes “courante” pesant entre 250 et 1.000 kilogrammes.
    1.500 “Bunker buster” bombes employées pour détruire des structures souterraines.
    En addition les Saudis recevront quelques milliers de “tail kits” permettant de transformer des bombes courantes en bombe guidées par satellite.
    Cette vente de bombes n’est qu’une petite partie des achats d’armes aux américains: Le mois d’avant Lockheed Martin a vendu a l’Arabie 4 bateaux de guerre pour 11 milliards de dollars…
    On estime que les USA ont vendu pour 90 milliards d’armes a l’Arabie depuis 2010.
    Maintenant que l’Iran est en meilleurs termes avec les US. Un nouveau marché va certainement s’ouvrir, la géopolitique ne passe qu’après…
    Source: http://news.yahoo.com/us-approves-1-29bn-sale-bombs-saudi-arabia-170132936.html
    http://fas.org/sgp/crs/mideast/RL33533.pdf


    • PEROU Le 26 janvier 2016 à 00h14
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      La France a vendu pour 16 milliards d’euros en armement en 2015, deux fois le montant de 2014.
      Comment ne pas s’interroger sur les contrats mirifiques signés par notre ministre Le Drian qui d’un coup de baguette magique, après maintes frégates, arrive à vendre enfin ces fameux rafales à l’Arabie et au Quatar, invendables jusqu’alors!


  9. Amy Le 16 janvier 2016 à 23h36
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    Sachant que l’Arabie Saoudite détient plus de 10% de l’économie étasunienne (16% selon Farenheit 451), je vois mal comment les US pourraient s’attaquer à leur propre porte-monnaie.
    You don’t shoot yourself…


    • Amy Le 17 janvier 2016 à 03h54
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      Je voulais dire Fareinheit 911…


  10. adrien Le 16 janvier 2016 à 23h46
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    L”Arabie Saoudite est une marionnette tenue par les américains depuis le pacte de Quincy en 1945 et les accords secrets de 1973 instituant la vente du pétrole uniquement en dollars, en échange de la protection de l’armada américaine. Accords qui s’imposeront de fait aux membres de l’Opep et feront du dollar la monnaie incontournable dans le commerce international.
    La tribu des Séoud peut tout acheter, impunité ou reconnaissance internationale : en 2013 l’AS a refusé le mandat de 2 ans qui lui était proposé au Conseil de sécurité de l’ONU, pour protester contre l’impuissance de l’institution à destituer Bachar el Assad . C’est d”ailleurs depuis cette date que Fabius voudrait faire modifier le droit de véto des membres permanents ….
    Caprice vite oublié : le 21/09/2015 , l’Arabie Saoudite a été choisie (par qui ?) pour être à la tête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU . Honte à tous nos gouvernants !


    • groucho Le 17 janvier 2016 à 00h11
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      Et il faut ajouter que Bush a renouvelé le pacte, à nouveau pour 60 ans, en 2005…
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_du_Quincy


    • Andrae Le 17 janvier 2016 à 15h06
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      Oui, mais, ….il est également vrai que les relations KSA-USA se sont sérieusement dégradées depuis un bon bout de temps. (En partie à cause de 9/11.) Ces deux articles -anglais- de janv. 2016 valent la peine d’être lus.

      Saudi disillusionement started with Bush

      Jim Lobe s’entretient avec Chas Freeman. (Lobelog)

      http://lobelog.com/saudi-disillusionment-with-the-u-s-started-with-bush/

      What Accounts for the Saudi Regime’s Hysterical Belligerence? The Agony of Death

      Ismael Hossein-Zadeh (Counterpunch)

      http://www.counterpunch.org/2016/01/15/what-accounts-for-the-saudi-regimes-hysterical-belligerence-the-agony-of-death/

      Comment décrire les relations USA-KSA aujourd’hui? Compliqué, mais elles sont bcp plus difficiles que dans le passé. P. ex. Obama a condamné l’execution de al-Nimr – du jamais vu.


    • step Le 18 janvier 2016 à 13h13
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      Méfiance. Ce n’est pas parce que l’arabie saoudite était la marionnette des US il y a 50 ans, qu’elle l’est resté. Parfois la queue remue le chien en géopolitique.


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