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17.janvier.201617.1.2016 // Les Crises

Les risques de l’après-Poutine, par Gilbert Doctorow

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Source Consortiumnews.com, 17 décembre 2015

En exclusivité : les néoconservateurs sont obsédés par le « changement de régime » ultime — à savoir déstabiliser la Russie et se débarrasser de Poutine — mais ils ignorent la probabilité que le successeur de Poutine puisse être un dirigeant nationaliste bien plus radical. Une perspective examinée par Gilbert Doctorow.

Par Gilbert Doctorow

Comme aux heures soviétiques, les chauffeurs de taxi russes figurent toujours au nombre des interlocuteurs les mieux informés et friands des tenants et des aboutissants de la politique souvent opaque du pays — ceux que nous avions coutume d’appeler « kremlinologistes » et qui déchiffraient les ascensions et les chutes selon qui se tenait près de qui lors des manifestations publiques.

La « kremlinologie » se porte bien, témoins les chauffeurs de taxi qui cette semaine spéculaient sur le retrait imminent du gouverneur Georgi Poltavchenko, vu qu’il n’est apparu nulle part lors des grands spectacles du quatrième Forum culturel international, un événement majeur dans la vieille capitale impériale, envahie en cette occasion par les grands pontes moscovites qu’on pouvait voir partout.

Le président russe Vladimir Poutine.

Mais le sujet essentiel pour l’Occident est est de savoir qui fait la queue derrière Poutine pour l’accession au pouvoir, si celui-ci devait quitter ses fonctions pour une raison ou une autre. Cela fait maintenant des années que les jusqu’au-boutistes américains et en particulier les néoconservateurs désirent ardemment un « changement de régime » à Moscou, avec l’espoir qu’une figure malléable, comme le défunt président Boris Eltsine, soit remise au sommet de l’État.

Toutefois, comme me le disent de nombreux chauffeurs de taxi bien renseignés, l’homme situé juste derrière le président russe s’appelle Sergueï Ivanov et sa façon de traiter avec l’Occident ferait passer Poutine pour un agneau. Et si ce n’est pas Ivanov, le suivant en lice est vraisemblablement Dmitri Rogozine, un autre fervent patriote et favori du Kremlin.

Malgré les déclarations des dissidents russes Mikhaïl Khodorkovski et Masha Gessen aux lecteurs du New York Times, un « changement de régime » à Moscou n’aboutirait probablement pas à une seconde ère Eltsine. Les souvenirs de l’humiliation des années 90, après la chute de l’Union soviétique, sont encore trop présents, rappelant comment des « experts » de la finance envoyés par l’Occident avaient prescrit un « traitement de choc » capitaliste pour le système russe — ce qui amena une chute brutale du niveau de vie et une augmentation alarmante du taux de mortalité.

Ce qui est clair, c’est qu’on ne trouve aucun des chouchous « libéraux » de l’Occident dans la poupée russe du pouvoir. Un message que feraient bien d’intégrer les initiés du Capitole. Non que l’on puisse remarquer le moindre signe substantiel de désapprobation publique envers Poutine.

Dans les rues de Saint-Pétersbourg, le battage autour du Forum culturel fut juste une toile de fond pour la visite de Poutine qui n’était pas venu ici depuis des mois, m’a-t-on dit. En ville, on ne parlait que de son apparition prévue aux cérémonies d’ouverture du Forum.

Les médias russes ont fait la promotion de l’événement auprès du public national comme étant le « Davos de la culture » une référence au fameux colloque d’affaires international de Davos, en Suisse. On comptait sur 9000 visiteurs pour assister aux concerts, spectacles de danse et autres débats conduits par des commissaires d’exposition, des cinéastes et nombre de célèbres spécialistes des arts.

Les espaces culturels étaient concentrés à l’intérieur du musée de l’Ermitage, l’ancien bâtiment de l’état-major général situé sur la place du Palais, mais se déployaient aussi dans le centre historique de la ville. Des diplomates et des représentants gouvernementaux de plus de 40 pays lui conféreraient sa dimension internationale. Si l’Europe fut lamentablement sous-représentée (seul le Luxembourg figurait sur la liste des participants), le vide fut comblé par les nombreux notables venus d’Extrême-Orient.

Qui plus est, la plus importante présence étrangère était liée à l’UNESCO, institution qui fêtait ses 70 ans d’existence et qui était incidemment présidée par Irina Bokova, une russophone originaire de Bulgarie, diplômée en affaires internationales de l’Université de Moscou.

Un nombre considérable de petites célébrités se disputaient pour une invitation aux événements privés tandis que différents « organes de sécurité » au niveau local et fédéral essayaient de se surpasser afin d’assurer qu’aucun incident ne survienne. De petits malins dans ces services spéciaux érigèrent tellement d’obstacles à l’obtention des insignes, avec ou sans accès à certains événements (notamment ceux avec Poutine), avec ou sans hologrammes, que leur système informatique est tombé en panne, causant un chaos total dans le traitement des entrées du grand public, des journalistes et des participants au Forum.

La folie a continué à l’entrée du théâtre Mariinsky 2 où la principale cérémonie d’ouverture avait lieu le lundi soir. Nos invitations imprimées se sont avérées inutilisables. L’issue finale fut une violation improvisée du système par le personnel qui était complètement submergé et collait les indispensables hologrammes pour faire avancer les gens.

Une fois passées les lignes de ré-accréditation, puis la machine de vérification d’accès et enfin le détecteur de métaux, un calme surréaliste, mêlé d’une note d’élégante hospitalité au niveau présidentiel, s’imposa. Des flûtes de champagne étaient offertes par de jeunes préposés à l’air radieux.

Poutine ne nous fit pas attendre. Il fut le premier intervenant sur la scène, adressant une brève apostrophe au public suivie d’une sortie rapide. À la cérémonie, d’une durée de deux heures, succéda un traditionnel « dîner déambulatoire » au cours duquel les nuées d’invités dévalisèrent les plateaux de sandwiches au caviar et au crabe qu’on leur passait.

Pour ceux qui voient dans mon compte rendu une quelconque suggestion qu’il existe des failles dans la sécurité présidentielle, le meilleur conseil que je puisse leur donner est d’envoyer des courriels au Kremlin exhortant Poutine à renvoyer ses agents de sécurité et à engager des gens plus intelligents. Un « changement de régime » en Russie est bien la dernière chose dont nous ayons besoin.

Gilbert Doctorow est le coordinateur européen du Comité américain pour une entente Est-Ouest. Son livre le plus récent Does Russia Have a Future ? a été publié en août 2015.

Source Consortiumnews.com, 17 décembre 2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Episnon // 17.01.2016 à 02h34

Dans ses propos comme dans ses actes Poutine, aujourd’hui plus qu’hier, est un homme de raison, défendant un monde multipolaire. C’est cela que ne veulent pas les néocons mais un “nouveau siècle américain”, un règne sans partage. De gré ou de force. (Ce “siècle” fait penser au “millénaire” du 3e reich).
Donc qu’importe qui remplacera Poutine, si ce n’est pas un homme de paille façon Eltsine, un ultra-nationaliste fera aussi bien l’affaire en donnant occasion au déclenchement d’une guerre “chaude”, les néocons étant convaicus de la supériorité militaire des USA.

Mais derrière les néocons il y a aussi les lobbies, et notamment de l’armement et de la finance, moins préocuppé du sort de l’Amérique que de leurs propres intérêts, dont le rêve de “nouvel ordre mondial” n’est pas tant “un nouveau siècle américain” qu’ “une gouvernance mondiale par les corporations”, autrement dit par eux-mêmes.

Ces deux tendances s’allient ou s’affrontent selon les circonstances dans l’Etat profond américain.

18 réactions et commentaires

  • Episnon // 17.01.2016 à 02h34

    Dans ses propos comme dans ses actes Poutine, aujourd’hui plus qu’hier, est un homme de raison, défendant un monde multipolaire. C’est cela que ne veulent pas les néocons mais un “nouveau siècle américain”, un règne sans partage. De gré ou de force. (Ce “siècle” fait penser au “millénaire” du 3e reich).
    Donc qu’importe qui remplacera Poutine, si ce n’est pas un homme de paille façon Eltsine, un ultra-nationaliste fera aussi bien l’affaire en donnant occasion au déclenchement d’une guerre “chaude”, les néocons étant convaicus de la supériorité militaire des USA.

    Mais derrière les néocons il y a aussi les lobbies, et notamment de l’armement et de la finance, moins préocuppé du sort de l’Amérique que de leurs propres intérêts, dont le rêve de “nouvel ordre mondial” n’est pas tant “un nouveau siècle américain” qu’ “une gouvernance mondiale par les corporations”, autrement dit par eux-mêmes.

    Ces deux tendances s’allient ou s’affrontent selon les circonstances dans l’Etat profond américain.

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    • Episnon // 17.01.2016 à 03h16

      Je propose de nommer la seconde “néocorp” pour “néo corporations”. Il y a donc les “néocons”, nationalistes américains, et les “néocorp”, transnationalistes (américains) rêvant d’un monde post-démocratique.
      On peut aussi penser que certaines personnes (physiques ou morales) jouent sur les deux tableaux pour être sûr de rafler la mise.

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      • Fabrice // 17.01.2016 à 13h03

        Tout à fait ce que je pense aussi un film de science fiction m’avait marqué non par son personnage mais tout le monde qui était décrit autour c’était Robocop.

        Les publicités qui accompagnaient les journaux télé et la main mise des multinationales sur la grande majorité des pans de la société en fait pour moi à la fois mon pire cauchemar et malheureusement peut être une vision pas si fausse d’un futur, hélas pas si lointain.

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    • amer // 17.01.2016 à 16h39

      Je suis tout à fait d’accord Episnon, connaissant les neoscons, je pense que ça les arrangerai que le successeur de Poutine soit pas un radical nationaliste pour mettre en oeuvre leur propagande médiatique et le faire passer pour le nouveau Hitler, cette méthode n’ayant pas encore fonctionné avec Poutine.

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  • Nerouiev // 17.01.2016 à 08h08

    La Russie a déjà pu tester et juger une alternative avec Medvedev, un Président un peu trop libéral et qui n’ pas fait choux gras avec les Russes. La Russie a retrouvé ses rails et ses traditions, comme très bien expliqué dans le livre de Yvan Blot, elle a retrouvé toute sa force en un temps record (ils ne sont que 146 millions) et tient tête à la plus grande puissance grâce à un équipe de cadors au sommet. Le danger résiduel était l’envie du rêve américain pour les jeunes, mais ça leur a passé en l’intégrant à leur culture de façon harmonieuse. Alors, les successeurs dont on a eu les noms ou d’autres seront dans le droit fil de Poutine, voire plus agressifs ce qui n’est pas forcément mal face à des américains eux-mêmes plus agressifs.
    N’oublions pas non plus qu’ un autre monde se met en place, multipolaire et donc de peuples qui s’epaulent sans se détruire et qui a mis fin au pillage des gangsters néoconservateurs. Les règles mondiales seront plus respectées, il ne restera plus à ces néocons que la guerre pour assouvir leur hégémonie ; font-ils véritablement le poids?

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    • Chris // 17.01.2016 à 13h13

      De fait, la décennie Yeltsine fonctionne comme un vaccin contre le “rêve américain” par l’incroyable brutalité et destructuration économique et sociétale qu’elle déclencha. C’est la “chance” de la Russie.
      Nous, c’est notre couarde mollesse qui nous engloutit : point de salut !

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  • Max // 17.01.2016 à 09h46

    Les élections en Russie sont en 2018, si comme c’est vraisemblable Poutine est à nouveau candidat il devrait a nouveau être élu jusqu’en 2024.
    Les priorités des autorités de la Russie, dès la mise en place de Poutine ont été internes.
    1) Stopper l’hémorragie démographique liée aux années Eltsine qui ont causé au bas mot 6 millions de morts.
    2) Reconstituer l’armée.
    3) Mettre fin au conflit Tchétchène
    4) Rétablir l’autorité de l’Etat et la confiance de la population.
    Durant cette 1ere phase la Russie a du encaisser des revers externes en simple spectatrice notamment en Yougoslavie.
    La 2eme phase a été visible lors du conflit en Géorgie, qui a également été imposé à la Russie par les USA via la Géorgie avec les résultats que l’ont connait.
    Une situation similaire s’est reproduite ne Ukraine.
    Avant les événements l’Ukraine était un boulet financier pour la Russie entre 10 a 15 milliards de $ étaient en cours de transfert de la Russie vers l’Ukraine et cette opération risquait d’avoir à se renouveler tous les ans, que c’était une véritable saignée financière sur la Russie, d’autant plus que c’était a fond perdu.
    Les événements du Maidan sont arrivés, la Russie en a profité pour récupérer la Crimée, l’Ukraine est maintenant le boulet de l’Occident et cela sans faire la guerre.
    Cerise sur le gâteau de ce fait la Russie récupère les hydrocarbures au large de la Crimée
    http://www.24heures.ch/monde/europe/Marioupol-ou-le-controle-du-petrole-en-mer-d-Azov/story/28684961
    Ce qui de plus permet de faire le lien avec l’Ossétie et l’Abkhazie dont les cotes sont soupçonnées de regorger de pétrole.
    La stratégie de la tension entre les USA/UE via l’OTAN contre la Russie a contribué de fait aux resserrements des liens entre la Russie et la Chine qui sont en train de marginaliser les USA en Asie Centrale.
    http://fr.sputniknews.com/international/20150825/1017779298.html
    Tout cela n’a été possible qu’a cause des erreurs de l’Occident sur les réactions de la Russie.
    2016 devrait être une année importante pour la Russie avec notamment les relations avec la Turquie, l’Iran et l’Arabie Saoudite sur fond de pétrole.
    Les USA continueront sans doute à utiliser l’arme financière contre la Russie mais nous sommes maintenant dans un monde multipolaire.

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  • DUGUESCLIN // 17.01.2016 à 09h50

    Quelles failles pourraient être instrumentalisées par les néocons en Russie dans le cadre d’un après Poutine?
    Généralement, ils s’appuient sur des extrémistes ou des fanatiques qu’ils manipulent pour renverser les gouvernements. Ils utilisent aussi les ONG pour distiller une propagande calomnieuse sous couvert de défense du peuple. Ils utilisent l’oligarchie apatride qui finance les révoltes pour mieux piller le pays visé.
    Mais sur quoi, ou qui, pourraient s’appuyer les néocons en Russie.
    Le peuple russe connaît maintenant les méthodes des néocons. les ONG sont contrôlées et les mouvements d’opposition sont patriotes. Les russes ne soutiennent pas les oligarques. Le peuple approuve la condamnation de Khodorkovski qui n’a eu aucun soutien populaire, et il y a peu d’espoir que d’autres spoliateurs du même acabit puissent émergés efficacement. Les services américains le savent puisque parmi les différents moyens de propagandes ils accusent Poutine d’être dans le camp des oligarques, lui-même s’enrichissant honteusement au détriment du peuple.

    Restent les nostalgiques du soviétisme et les ultra-nationalistes qui pourraient être instrumentalisés. Mais ils sont patriotes et ne sont pas favorables au type de société proposé par l’occident et s’ils prenaient le pouvoir seraient beaucoup plus radicaux que Poutine.
    Les néocons ont peu d’appuis en Russie pour démembrer la Russie. Ce n’est pas le même cas que l’Ukraine.
    La seule question importante est celle de savoir si un nouveau président serait capable de résister aux provocations des occidentaux, et de sauver la paix comme l’a fait le président Poutine.
    Les russes ne sont pas des agresseurs, mais sont capables de se défendre avec une efficacité redoutable. Ils sont patriotes.
    Il faut donc s’attendre à ce que, dans le cadre de l’après Poutine, il y ait une multiplication de provocations, des “false flags” en pagaille jusqu’à ce que les nationalistes réagissent par la force donnant des raisons aux atlantistes de les accuser d’agressions. Entraînant dans le sillage les européistes qui accepteraient les armes nucléaires de l’OTAN au risque d’en prendre plein les dents et encore une fois au risque de la destruction de l’Europe.
    Seuls des gens de grande classe comme Lavrov et d’autres ne tomberaient pas dans le piège.
    Mais pour le moment nous n’en sommes pas là, il vaut mieux un Poutine qui déjoue les pièges et à ce titre mériterait le prix Nobel de la paix.

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    • Owen // 17.01.2016 à 14h53

      Un lien vers un organe de presse pro-gouvernemental favorable à l’hypothèse d’un renouvellement de mandat en 2018 pour Vladimir Poutine.
      http://fr.rbth.com/ps/2015/09/30/un-nouveau-mandat-pour-vladimir-poutine_444183
      Même en admettant le parti pris évident, l’article, dans son contenu, présente des arguments tout à fait sensés.

      Des hommes (ou femmes) d’Etats qui rencontrent la destinée d’un pays (ou qui se “révèlent à eux même” pour reprendre l’expression de Laura Poitras), cela ne se fabrique pas seulement à coup de bulletins dans l’urne.
      Voyez Maduro, malgré ses qualités et son expérience incontestables, cela n’en fait pas (jusqu’à ce jour) un Chavez.

      Et devant l’entrée en scène de la Reine du Chaos, ou de Trump avec qui le pire est simplement moins sûr (isolationniste, mais bien agité et vulgaire pour les besoins d’une fonction présidentielle en pays belliqueux), la charge explosive qui s’accumule au Moyen Orient, la montée en température des BRIC à réguler vers l’espoir d’un monde multipolaire, la fracture en UE décrépie qui remonte à la surface entre les pays de l’Ouest et ceux de l’Est, la puissance sismique de l’Islam dans le monde, les guerres régionales permanentes… Ouf… je veux bien allumer un cierge orthodoxe pour le monsieur qui se déplace en nounours.

      S’il renouvelle son mandat, Poutine serait parmi les chefs d’Etat les plus anciens dans le monde, qui aura les connaissances les plus fines pour préserver les équilibres géostratégiques qu’il a déjà contribué à poser.

      C’est, pour moi, autrement plus important que les prochaines élections présidentielles françaises. S’il n’y a plus guère à espérer en France, il y a hélas encore beaucoup à perdre dans le monde.

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      • Vladimir K // 18.01.2016 à 16h55

        L’avantage d’une nième représentation de Poutine aux élections est que ce dernier peut se permettre une politique sur le long-terme, ce qu’aucun autre chef d’état ne peut se permettre, et ça, ça change tout.

        En occident, la peur de la non-réelection, et surtout des bilans, notamment économiques provoque un immobilisme qui nuit à l’évolution des pays. Comment peut-on envisager un projet sérieux en moins de 5 ans ?

        Donc oui, Poutine au pouvoir depuis 2000, ça choque (mais si on retire la période où il était premier ministre, il est quasiment à exaequo avec Angela Merkel en terme de longévité), mais il y a aussi des avantages

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  • Anas // 17.01.2016 à 14h06

    Poutine est un don de la providence pour la Russie et pour le monde. Pour la Russie, il n’y a pas photo, il l’a remise sur les rails, il y a certainement des choses à faire, mais le redressement est évident. Pour le monde, il a ré ouvert la voie au monde multi-polaire et plus équilibré.

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  • Pampita // 17.01.2016 à 14h35

    En tout cas, Poutine tient la sultane Erdogan par les …….
    http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/01/la-turquie-dans-l-oeil-du-cyclone.html

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  • Nerouev // 17.01.2016 à 14h44

    Pour se convaincre d’un après Poutine rassurant j’aimerais rajouter deux choses importantes à savoir que la Russie est repartie à l’envers (en commençant par la fin) des pays à la remorque des USA puisqu’elle a eu deux actions extrêmement positives : se débarrasser des oligarques pilleurs du territoire dont Khodorkovski est le plus illustre représentant, et la lutte contre les terroristes en Tchétchénie. On pourrait dire que la Russie est vaccinée contre ces deux plaies car il ne s’était pas suffi de faire semblant mais d’agir efficacement, résultats à la clé. D’autres actions sont en cours comme la lutte contre la corruption et là non plus on ne fait pas semblant et même une émission grand public y est consacrée “Человек и закон” (l’homme et la loi). On n’est donc pas près de retrouver un “vendu” comme Porochenko. La reconstruction des Eglises et la forte proportion de pratiquants sont un garant supplémentaire des valeurs morales, il en est de même pour les études.
    Un des plus grands journalistes animant une émission régulière de débats politiques a, au cours d’une interview avec Poutine, posé la question de savoir où il avait trouvé le courage de s’opposer aux oligarques soutenus par les USA ; Poutine (de mémoire) a répondu qu’il s’agissait avant tout de justice vis à vis du peuple.

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  • Vénus // 17.01.2016 à 18h54

    Olivier publie ces derniers temps pas mal d’articles sur Poutine. Alors, j’ai eu comme un doute, et si nous nous trompions tous sur sur lui? (pour ma part cela fait 10 ans que je ne vis pas en Russie). Je me suis rassurée en allant sur le site levada.ru. J’ai appris qu’il est toujours très populaire, son activité est approuvée par plus de 80% de Russes et 46% pensent que la Russie est une démocratie, ou plus précisément, elle est en train de se consolider. http://www.levada.ru/2016/01/14/rossijskaya-demokratiya/
    J’ai appelé aussi mes parents, j’ai été rassurée en partie. Disons que la situation économique reste difficile suite à la chute du rouble, forcément le mécontentement de la population est légitime. Les Russes sont extrêmement patients, je n’ai jamais vu de peuple aussi patient. Ma mère m’a dit que la plupart des Russes ont fait leurs provisions pour l’hiver grâce aux potagers de leurs datchas et ne comptent pas monter aux barricades. 🙂
    Je le dis car on peut faire toutes les prévisions qu’on veut et faire des analyses géopolitiques complexes, au final tout dépend du ressentiment du peuple russe. Ils vivent au quotidien les sanctions, la baisse du rouble et comme conséquence la hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat. Vivement que la situation se stabilise.

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    • Johann // 17.01.2016 à 20h36

      C’est quoi l’alternative? Le pillage des ressources de la Russie par les multinationales et les oligarques réunis avec comme résultat un peuple russe encore plus pauvre.

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  • sadsam // 17.01.2016 à 22h26

    Légèrement hors sujet mais en parlant des chauffeurs de taxi, toujours aussi diserts en Russie aujourd’hui que du temps de l’URSS :

    lors de brefs séjours à Paris dernièremenht, il m’a semblé que les chauffeurs de taxi parisiens sont devenus muets, ou pratiquement.

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  • Chris // 17.01.2016 à 22h36

    “ll m’a semblé que les chauffeurs de taxi parisiens sont devenus muets, ou pratiquement”
    Ni plus, ni moins que le Français lambda qui sent/pressent basculer son monde jusqu’ici confortable.
    Une attitude qui me surprend et démontre combien la population s’est embourgeoisée et fait l’autruche pendant qu’on la b…e

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    • Richard K // 19.01.2016 à 22h25

      @ Chris : A mon avis nous avons passé la phase de l’embourgeoisement, maintenant nous sommes dans la phase d’une terreur intérieure paralysante, de celle qui apporte l’opposé de ce qui était attendu. La consommation matérialiste toujours inassouvie et la propriété à crédit qui finit pour beaucoup par tuer tous les rêves qui lui étaient associés. La sidération. L’autruche en est morte elle-même.

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