Source : The National Interest, le 04/02/2016

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La Russie devrait être perçue comme un élément essentiel de tout nouvel équilibre global.

Henry A. Kissinger

Le 4 février 2016

Entre 2007 et 2009, Evgueni Primakov et moi-même avons présidé un groupe composé de ministres d’État à la retraite, de hauts fonctionnaires et de chefs militaires de Russie et des États-Unis, incluant certains d’entre vous présents aujourd’hui. Son objectif était d’atténuer les aspects antagonistes des relations États-Unis-Russie et d’étudier les opportunités d’approches coopératives.

En Amérique, il était décrit comme un “Track II group”, ce qui signifie qu’il était bipartite et encouragé par la Maison-Blanche à explorer mais non à négocier en son nom. Nous avions alterné des réunions dans chacun des pays. Le président Poutine a reçu le groupe à Moscou en 2007, et le président Medvedev en 2009. En 2008, le président George W. Bush a rassemblé une grande partie de son équipe pour la sécurité nationale dans la salle du Cabinet pour un dialogue avec nos invités.

Tous les participants avaient occupé des postes à responsabilité durant la Guerre Froide. Pendant les périodes de tension, ils avaient fait valoir l’intérêt national de leur pays comme ils le comprenaient. Mais ils avaient aussi appris par l’expérience des périls d’une technologie menaçant la vie civilisée et évoluant dans une direction qui, en période de crise, pourrait perturber toute activité humaine organisée. Des soulèvements surgissaient tout autour du globe, amplifiés en partie par différentes identités culturelles et la confrontation d’idéologies. Le but de l’initiative Track II était de surmonter les crises et d’explorer des principes communs à l’ordre mondial.

Evgueni Primakov était un partenaire indispensable dans cette initiative. Son esprit analytique aiguisé combiné à une large compréhension des tendances mondiales acquise au cours des années qu’il a passées à proximité et finalement au centre du pouvoir, et sa grande dévotion à son pays ont amélioré notre réflexion et aidé à la quête d’une vision commune. Nous n’étions pas toujours d’accord, mais nous nous respections toujours. Nous le regrettons tous et moi personnellement en tant que collègue et ami.

Je n’ai pas besoin de vous dire que nos relations aujourd’hui sont bien pires que ce qu’elles étaient il y a une décennie. En effet, elles sont certainement le pire de ce qu’elles ont été avant que ne se termine la guerre froide. La confiance mutuelle s’est dissipée de part et d’autre. La confrontation a remplacé la coopération. Je sais que ces derniers mois, Evgueni Primakov cherchait des moyens de surmonter cette inquiétante situation. Nous honorerions sa mémoire en faisant nôtre cette démarche.

A la fin de la guerre froide, les Russes et les Américains avaient une vision d’un partenariat stratégique modelé par leurs récentes expériences. Les Américains espéraient qu’une période de réduction des tensions conduirait à une coopération productive sur les enjeux planétaires. La fierté russe dans leur rôle de modernisation de leur société fut tempérée par leur malaise face à la transformation de leurs frontières et par la constatation des tâches monumentales à venir en termes de reconstruction et redéfinition. Des deux côtés, beaucoup comprenaient que les destins de la Russie et des États-Unis restaient étroitement entrelacés. Maintenir une stabilité stratégique et empêcher la prolifération des armes de destruction massive devenaient une nécessité grandissante, tout comme l’était la construction d’un système de sécurité pour l’Eurasie, spécialement le long des contours étirés de la Russie. De nouvelles perspectives s’ouvraient en matière de commerce et d’investissement ; la coopération en matière d’énergie était en haut de la liste.

Malheureusement, le rythme du bouleversement mondial a dépassé les capacités de la diplomatie. La décision d’Evgueni Primakov en tant que Premier ministre, durant un vol au-dessus de l’Atlantique en direction de Washington, d’ordonner à son avion de faire demi-tour et de retourner à Moscou pour protester contre le début des opérations de l’OTAN en Yougoslavie était symbolique. Les espoirs initiaux qu’une étroite coopération dans les premières phases de la campagne contre al-Qaïda et les Talibans en Afghanistan pourraient mener à un partenariat sur un éventail plus large de problèmes s’affaiblissaient dans le tourbillon des disputes sur la politique au Moyen-Orient, puis se sont effondrés avec les manœuvres militaires russes dans le Caucase en 2008 et en Ukraine en 2014. Les efforts les plus récents pour trouver un terrain d’entente sur le conflit en Syrie et pour réduire les tensions en Ukraine ont peu changé l’accroissement du sentiment d’éloignement.

Le récit prévalant dans chaque pays rejette la totalité du blâme sur l’autre, et dans chaque pays il y a une tendance à la diabolisation, si ce n’est de l’autre pays, du moins de ses dirigeants. Comme les problèmes de sécurité nationale dominent le dialogue, une partie de la méfiance et des suspicions provenant de la lutte acharnée durant la guerre froide a resurgi. Ces sentiments ont été exacerbés en Russie par la mémoire de la première décennie post-soviétique lorsque la Russie souffrait d’une vertigineuse crise politique et socio-économique, alors que les États-Unis bénéficiaient de leur plus longue période ininterrompue de développement économique. Tout cela causa des divergences politiques sur les Balkans, l’ancien territoire soviétique, le Moyen-Orient, l’expansion de l’OTAN, les ventes d’armes et de défense anti-missile au point de submerger les perspectives de coopération.

Peut-être plus important encore a été le fossé fondamental entre les conceptions historiques. Pour les États-Unis, la fin de la guerre froide représentait une justification de sa foi traditionnelle en une inévitable révolution démocratique. Ils visualisaient l’expansion d’un système international gouverné essentiellement par des règles juridiques. Mais l’expérience passée de la Russie est plus compliquée.

Pour un pays sur lequel avaient marché des armées étrangères depuis des siècles venant aussi bien de l’Est que de l’Ouest, la sécurité nécessitera toujours d’avoir une fondation géopolitique aussi bien que légale. Lorsque sa frontière de sécurité se déplace de 1 000 miles de l’Elbe vers Moscou, à l’est, la perception par la Russie de l’ordre mondial renfermera une inévitable composante stratégique. Le défi de notre époque est de fusionner deux points de vue – le juridique et le géopolitique – dans une conception cohérente.

De cette manière, paradoxalement, nous nous trouvons confrontés à nouveau à un problème essentiellement philosophique. Comment pour les États-Unis travailler avec la Russie, un pays qui ne partage pas l’ensemble de ses valeurs mais est une indispensable composante de l’ordre international ?

Comment pour la Russie mettre en pratique ses intérêts en matière de sécurité sans déclencher des alarmes dans sa périphérie et accumuler les adversaires. La Russie peut-elle gagner une place respectée dans les affaires mondiales avec lesquelles les États-Unis sont à l’aise ? Les États-Unis peuvent-ils poursuivre leurs valeurs sans être perçus comme menaçant de vouloir les imposer ? Je n’essaierai pas de proposer des réponses à toutes ces questions. Mon objectif est d’encourager une initiative pour les explorer.

Beaucoup de commentateurs, russes et américains, ont rejeté la possibilité que les É-U et la Russie collaborent à un nouvel ordre mondial. Selon eux, les États-Unis et la Russie sont entrés dans une nouvelle guerre froide.

Le danger aujourd’hui est moins le retour à une confrontation militaire que la consolidation dans les deux pays d’une prophétie en cours de réalisation. Les intérêts à long terme des deux pays appellent à un monde qui transforme les actuelles turbulences et fluctuations en un nouvel équilibre de plus en plus multipolaire et globalisé.

La nature de la tourmente est en soi sans précédent. Jusque récemment, les menaces internationales mondiales étaient identifiées grâce à l’accumulation de pouvoir par un État dominant. Aujourd’hui les menaces proviennent plus fréquemment de la désintégration de pouvoir étatique et du nombre grandissant de territoires non gouvernés. Cette propagation du vide de pouvoir ne peut être gérée par aucun État, peu importe sa puissance, sur une échelle exclusivement nationale. Cela requiert une coopération durable entre les États-Unis et la Russie, et d’autres grandes puissances. Par conséquent, les éléments de compétition, dans le cadre des conflits traditionnels du système interétatique, doivent être contenus afin que la compétition soit maintenue dans certaines limites et crée les conditions qui empêchent que cela ne se reproduise.

Il y a, comme nous le savons, de nombreux problèmes décisifs devant nous, l’Ukraine et la Syrie sont les plus immédiats. Durant ces dernières années, nos pays ont engagé des discussions épisodiques sur ces questions sans progrès notable. Ce n’est pas surprenant, car les discussions se sont déroulées en dehors du cadre d’un accord stratégique. Chacun de ces problèmes spécifiques est l’expression d’un autre problème stratégique plus large. L’Ukraine a besoin d’être incorporée à la structure de l’architecture internationale et européenne de sécurité de telle façon qu’elle serve de pont entre la Russie et l’Occident, plutôt que de poste avancé de chaque côté. Concernant la Syrie, il est clair que les factions locales et régionales ne peuvent trouver une solution par elles-mêmes. Des initiatives russo-américaines compatibles coordonnées avec d’autres grandes puissances pourraient créer un modèle de solutions pacifiques au Moyen-Orient et peut-être ailleurs.

Toute initiative pour améliorer les relations doit inclure un dialogue sur l’ordre mondial émergent. Quelles sont les tendances qui érodent l’ancien ordre et formatent le nouveau ? Quels défis les changements posent aux intérêts nationaux et russes et américains ? Quel rôle chaque pays veut-il jouer dans la mise en forme de cet ordre, et quelle position peut-il raisonnablement et finalement espérer occuper dans ce nouvel ordre ? Comment concilions-nous les conceptions très différentes de l’ordre mondial qui se sont développées en Russie et aux États-Unis – et chez d’autres grandes puissances – en fonction de l’expérience historique ? Le but devrait être de développer une conception stratégique des relations russo-américaines dans laquelle les points de discorde pourraient être gérés.

Dans les années 60 et 70, je percevais les relations internationales comme une relation essentiellement antagoniste entre les États-Unis et l’Union soviétique. Avec l’évolution de la technologie, une conception de stabilité stratégique que les deux pays pouvaient mettre en œuvre s’est développée, même lorsque leur rivalité continuait dans d’autres domaines. Le monde a considérablement changé depuis. En particulier, dans l’émergence de l’ordre multipolaire, la Russie devrait être perçue comme un élément essentiel de tout nouvel équilibre mondial, non en premier chef comme une menace pour les États-Unis.

J’ai passé la majeure partie des soixante-dix dernières années engagé d’une façon ou d’une autre dans les relations américano-russes. J’étais dans les centres de décision lorsque les niveaux d’alerte ont été relevés, et aux célébrations conjointes de succès diplomatiques. Nos pays et les peuples de par le monde ont besoin de perspectives qui soient plus dans la durée.

Je suis ici pour débattre de la possibilité d’un dialogue qui cherche à fusionner nos avenirs plutôt que de discourir sur nos désaccords. Cela requiert respect des deux côtés pour les valeurs vitales et de l’intérêt pour l’autre. Ces objectifs ne peuvent être atteints dans le temps qu’il reste à l’administration actuelle. Mais leur poursuite ne devrait pas pour autant être différée en raison de politiques intérieures américaines.

Cela résultera seulement d’une volonté commune de Washington et de Moscou, au sein de la Maison-Blanche et du Kremlin, de dépasser les griefs et le sentiment de persécution pour affronter les défis majeurs qui attendent nos deux pays dans les années à venir.
Henry A. Kissinger a servi en tant que conseiller en sécurité nationale et Secrétaire d’État sous les présidents Nixon et Ford. Ce discours a été prononcé à la Fondation Gorchakov de Moscou durant la conférence Primakov.

Image: Wikimedia Commons/World Economic Forum.

Source : The National Interest, le 04/02/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

25 réponses à La vision de Kissinger sur les relations américano-russes

Commentaires recommandés

pucciarelli Le 26 février 2016 à 06h33

Le plus grand vice de ce papier est de renvoyer dos à dos Etats Unis et Russie, comme si la responsabilité des tensions actuelles pouvait être également partagée. C’est accuser la Russie d’être au moins partiellement la cause des tensions en cours, et donc symboliquement donner raison aux faucons US actuels. On peut ainsi faire semblant de parler de paix en encourageant une politique agressive entre “égaux” qui ne le sont pas, ni sur le plan économique, ni sur le plan militaire, la seule réelle parité résidant sans doute dans l’arsenal nucléaire. Un bel exercice de style, digne du personnage. La puissance économique US à elle seule est 10 à 12 fois supérieure à la puissance russe, et sans doute plus encore. Avec les “occidentaux”, UE comprise, la Russie ne fait pas le poids. M. Kissinger reste un “vrai faucon”, si l’on peut dire.

  1. Guillaume Besset Le 26 février 2016 à 02h06
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    Texte d’une importance capitale.

    “Mr Kissinger est le plus ancien lauréat du prix Nobel de la paix encore en vie”

    Son article devrait être lu en priorité par notre Ministre des Affaires Etrangères!
    Voir son dernier livre :
    link to amazon.fr

    (J’envoie tout de suite cet article à une amie Américano-Russe)


    • LawStudent34 Le 26 février 2016 à 04h58
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      Très intéressant article effectivement!

      Un petit rappel concernant le grand homme et ses pacifiques méthodes s’impose cependant:

      link to historycommons.org

      “This is a scalable context timeline. It contains events related to the event March 1969: Kissinger Convinces Nixon to Start Secretly Bombing Cambodia.”

      link to yale.edu

      “…The still-incomplete database (it has several “dark” periods) reveals that from October 4, 1965, to August 15, 1973, the United States dropped far more ordnance on Cambodia than was previously believed: 2,756,941 tons’ worth, dropped in 230,516 sorties on 113,716 sites.”

      link to fr.wikipedia.org

      “…en 1973, le comité Nobel a souhaité lui décerner le prix Nobel de la paix, conjointement avec Henry Kissinger, prix qu’il a refusé”

      Voilà voilà!

      :/


      • jp Le 26 février 2016 à 06h22
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        Kissinger et le Cambodge, en français

        En transmettant les ordres du président Richard Nixon pour un bombardement « massif » du Cambodge en 1969, Henry Kissinger a dit : « Tout ce qui vole sur tout ce qui bouge ».
        sur link to legrandsoir.info


      • alphonse Le 26 février 2016 à 10h48
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        J’ai la nette impression que certains, notamment VGE, essayent de se racheter une morale en fin de vie. Leurs méfaits, à l’origine de bien des crises actuelles resteront dans l’histoire de toute façon.
        En regard de cela, il est difficile de les écouter s’exprimer, et en mm tps leur parole est utile étant donné le prestige dont ils jouissent puisqu’ils s’expriment sans langue de bois et sans propragande. Le tout est de bien garder à l’esprit à qui l’on a à faire.


      • Chris Le 26 février 2016 à 16h41
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        Bilan de Kissinger :
        link to lesakerfrancophone.fr


    • Torboyo Le 26 février 2016 à 12h30
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      Il faut bien lire le titre : “La vision de Kissinger”…

      Ors, il a des lunettes à double foyer… 😉

      Et puis… Si vous observez bien, son œil droit regarde dans le vide…

      N’entend-t’il pas les sirènes ?

      Non… effectivement… il a un sonotone … 🙂


    • Viens jean-michel Le 26 février 2016 à 13h21
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      Pour moi Kissinger est un criminel de guerre qui mourra tranquillement dans son lit, il n’est pas le seul c’est vrai, mais il est adulé en Occident où on décerne pourtant facilement des diplômes de criminel de guerre.


  2. HELLEBORA Le 26 février 2016 à 02h22
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    Article commenté dans Intellinews link to intellinews.com
    Se référant à ce que dit Kissinger (Le monde a radicalement changé depuis les années 60, en particulier pour ce qui touche les puissance émergentes, c’est pourquoi il vaudrait mieux considérer la Russie comme un rouage essentiel dans le nouvel équilibre mondial qui se créée, quel qu’il soit, plutôt que comme une menace pour les Etats-Unis), l’auteur constate qu”il est fort rare d’entendre un tel point de vue exprimé par un politicien. Mais Kissinger est un homme d’État, pas juste un homme politique.” Vu la campagne en cours aux US, j’ai peine à croire qu’il en sortira un homme d’État malheureusement, auquel cas, le pire reste à venir


  3. JMDS Le 26 février 2016 à 06h00
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    Étrange que Kissinger ne parle jamais de la Chine dans cet article. Pourtant elle n’est pas sans effet dans les relations internationales et les grands équilibres.


    • Furax Le 26 février 2016 à 13h08
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      Non, pas étrange. C’est au contraire ultra-logique.

      Kissinger est un grand géopoliticien. Un cynique bien sûr, un dur, dont les modèles sont Richelieu et Metternich. Mais ce sont toujours les durs qui ont construit la stabilité et la paix, pas les bonnes sœurs, et encore moins les idéalistes idéologues type Wilson qui ont créé les conditions de la 2ème guerre mondiale.

      Ce que dit entre les lignes Kissinger, qui pense le long terme, c’est que les USA et la Russie ont intérêt à s’entendre pour contenir le géant chinois.


  4. pucciarelli Le 26 février 2016 à 06h33
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    Le plus grand vice de ce papier est de renvoyer dos à dos Etats Unis et Russie, comme si la responsabilité des tensions actuelles pouvait être également partagée. C’est accuser la Russie d’être au moins partiellement la cause des tensions en cours, et donc symboliquement donner raison aux faucons US actuels. On peut ainsi faire semblant de parler de paix en encourageant une politique agressive entre “égaux” qui ne le sont pas, ni sur le plan économique, ni sur le plan militaire, la seule réelle parité résidant sans doute dans l’arsenal nucléaire. Un bel exercice de style, digne du personnage. La puissance économique US à elle seule est 10 à 12 fois supérieure à la puissance russe, et sans doute plus encore. Avec les “occidentaux”, UE comprise, la Russie ne fait pas le poids. M. Kissinger reste un “vrai faucon”, si l’on peut dire.


    • Max Le 26 février 2016 à 08h51
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      Dire que la Russie ne fait pas le poids, c’est faire une comparaison subjective.
      Il faut regarder au-delà des chiffres.
      Par exemple prenons l’Iran et l’Arabie-Saoudite, le budget militaire de l’Iran est 10 fois moins important que celui de l’Arabie Saoudite et pourtant en cas de confrontation je parie sur une victoire de l’Iran.
      Pour en revenir a l’OTAN VS Russie.
      Si, il y avait une augmentation de l’escalade et que l’on en vient au militaire, les rapports de puissances changent car les fondamentaux changent.
      Je m’explique.
      Tant que le conflit reste non-militaire, l’Allemagne le Japon et la Chine sont des poids-lourds.
      Ci le conflit devient militaire et extrêmement violent, dans le genre Docteur Folamour ces trois pays ne pèsent plus rien.
      Si vous avez une bombe atomique qui vous fonce dessus que vous soyez l’homme le plus riche ou l’homme le plus pauvre, vous serez traité de la même manière.
      Le plus malchanceux sera le survivant.


      • Arc Angelsk Le 26 février 2016 à 17h27
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        Dans un cadre de conflit de haute intensité cela reviendrait à paraphraser Staline: “Le Pape, combien de divisions ?”^^


    • Ynes Le 26 février 2016 à 09h15
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      Il y a la possibilité, basique en somme, qu’il n’a pas quitté sa vision bipolaire du monde en substance même s’il dit que le monde a changé ou en cours de changement.


  5. alexg81 Le 26 février 2016 à 08h11
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    La vision de Kissinger, c’est le cauchemar des cauchemars : les Etats-Unis et la Russie unis auprès des maîtres du monde, faisant ce qu’ils veulent de la population mondiale dans leur globalisme.
    Je crois que seuls l’exceptionnalisme américain, qui n’acceptera pas l’humiliation en Syrie, et le nationalisme russe pousseront à un conflit suffisamment violent pour abandonner la voie de la technologie et empêcher cette prophétie apocalyptique de se réaliser. Comme en 1914 on a deux systèmes d’alliance militaire qui se font face, l’OTAN et l’OCS. Il faut mieux sortir de ce piège à rats rapidement pour limiter la casse.


  6. LAFOREST Le 26 février 2016 à 09h35
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    C’est la vision d’un “diplomate” expérimenté, de la vieille école … en voie de disparition ! A aucun moment il n’oublie les “intérêts” de son pays et insiste sur sa vision “bipolaire” du monde… ça l’arrange : la Russie d’un côté… le reste du monde sous la coupe américaine par le biais de “l’économie”… on isole la Russie et on soumet le reste du monde aux conceptions américaines… c’est schématique, mais en “gros” c’est ça ! les européens sont soumis, le Moyen orient s’entretue, l’Asie courbe l’échine, la Chine observe, l’Inde se cherche, l’Afrique dépecée & malmenée… un XXIème siècle qui commence par un monde en “implosion”… et pas de “sauveur” à l’horizon !!

    Pour en revenir à notre fin diplomate, il faudrait qu’il commence à convaincre son propre gouvernement…


  7. sergeat Le 26 février 2016 à 10h51
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    Je suis dubitatif,cet homme un des plus grands assassins avec les Bush,prend il conscience de l’affaiblissement du modèle nord américain en dehors de ses colonies(UE,Australie…),pour essayer de contrecarrer l’émergence d’un monde multipolaire,ou veut il partager certaines influences après les fiascos engendrés par la “diplomatie”US.


  8. Astatruc Le 26 février 2016 à 11h35
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    “La confiance s’est dissipée de part et d’autre”

    J’aimerai savoir à quel moment les usa ont fait confiance à la Russie, ça m’intéresse.Quand Elstine a a commencé à dépecer la Russie?(donc contre les intérêts de la Russie)

    Que la confiance se soit dissipée côté russe, je crois que toute monde peut le comprendre, il n ‘y a qu’à voir comment la Russie a rapproché ses frontières de l’OTAN, malgré les promesses des usa de n’en rien faire…..

    Que la confiance de la Russie se soit dissipée, je peux le comprendre quand je regarde l’Afghanistan et la naissance d’Al Qaïda…..Quand je regarde les faits d’armes des usa de par le monde, en fait.
    Que Kissinger veuille que la Russie partage les valeurs américaines(lesquelles et peut-on parler de valeurs?)et que la Russie, s’y refuse, je peux le comprendre.
    Que la Russie refuse de participer à l’anéantissement des peuples et à l’imposition armée de la “démocratie” à la mode us, je peux encore le comprendre.
    Après, pour ce qui est de la puissance us, je constate juste que contre des Vietnamiens sous-sous-sous armés, elle a perdu.
    Le tort de Poutine et de la Russie est de refuser de rejoindre les 1%, c’est tout.


  9. Sabine Ferguson Le 26 février 2016 à 11h40
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    Dans les années 50 et 60, les Américains ont vécu et grandi avec la peur au ventre!
    The Cuban Missile Crisis and Threat of Nuclear War link to americansremember.com
    (…)”I remember bringing in the evening paper one night in late October, 1962, at the height of the Cuban Missile Crisis, and seeing a huge headline that read something like: “Get a Flashlight, Plenty of Water, and Stay Calm.” I asked my mother what this meant and she said that Russia would probably try to attack the United States, and there might be a nuclear war. (…)”
    Une retrospective de l’affaire des missiles de Cuba et ses implications /répercussions de 1961 à nos jours, soit 55 ans plus tard. JFK très ambivalent et ambigu. Kissinger débarque sur la scène politique à cette époque (et monte en puissance avec Nixon)
    link to theguardian.com


  10. Furax Le 26 février 2016 à 13h43
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    Va fait peut-être plaisir de critiquer une personnalité. Mais ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick sur le fond.

    Or sur le fond, le B-A-BA de la diplomatie c’est de parler avec tout le monde, et surtout avec ses rivaux ou ennemis, pour essayer de parvenir à un accord mutuellement profitable et faire que ce faisant les motifs d’inimitié diminuent et que la rivalité soit jugulée.

    Les salauds, démocrates ou tyrans, il y en a à peu près partout.

    Poutine en est un beau lui aussi. Mais vu qu’il mène une politique concordant largement avec nos intérêts vitaux, contrairement à nos dirigeants nationaux depuis 2011 (Sarkozy et Juppé puis Hollande et Fabius), eh bien ce salaud-là me paraît très convenable et mériterait d’être traité en allié et ami.


  11. clauzip12 Le 26 février 2016 à 17h38
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    Comment attendre quoi que ce soit des mauvais type qui nous gouvernent et que nous élisons par un petit bout de papier qui s’appelle bulletin de vote.Eux ne sont pas engagés,c’est nous qui le sommes par ce que nous avons cru.
    Tout cela s’appelle DEMOCRATIE!
    Que ce soit Kissinger ou Poutine,leur passé plaide en leur défaveur.
    Kissinger est sujet à un mandat international pour toutes les dictatures qu’il a construites et tous les coups d’état et les crimes consécutifs.
    S’il se trouve naviguer dans le domaine aérien de nombreux pays européens,il devrait être arrêté et jugé.
    Quant à Poutine l’avenir nous dira mais nous savons déjà qu’on a pas besoin de la CIA pour enfanter des machines à tuer,le KGB a su faire aussi bien.
    N’attendons rien de positif pour nous citoyens,es arrangements obscènes ne manqueront pas d’intervenir.


  12. Charlie Bermude Le 26 février 2016 à 18h47
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    Kissinger c’est encore le bon temps pour les USA . Le Viet Nam , le Chili , çà pouvait étre encore présentables et autres . Maintenant on en est aux djihadistes qui décapitent , volent les trésors de l’humanité , violent les femmes , prostituent les enfants , cherchent le record en monstruosité .
    çà met en valeur la décadence , mais retour en arriére , çà n’existe pas . Le passé c’est le passé .
    On finira , on commence déjà , à faire le bilan : c’est négatif . On veut plus de vous , au mieux comme membre de la Table Ronde , et c’est tout .


  13. christian gedeon Le 26 février 2016 à 19h00
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    Ce monsieur,vu de mon petit bout de la lorgnette,est la salaud qui a présidé au déclenchement de la guerre civile(sic!) au Liban,dont le but était de virer les chrétiens pour les “remplacer ” par les palestiniens,et régler ainsi la “question palestinienne “…pas de bol,les chrétiens libanais et pas seulement les chrétiens,ne l’ont pas entendu de cette oreille. On incrimine souvent Israël en premier plan dans cette affaire…mais la vérité est que le plan était bel et bien américain essentiellement. Devant l’échec de ce plan,les US se sont résolus à “vendre ” le Liban aux Syriens pendant 25 ans… mais bon,le Liban ,tout le monde s’en fout… je signale quand même que le minuscule Liban accueille un million et demi de réfugiés syriens sur son sol,alors qu’on nous bassine les oreilles avec les deux millions de réfugiés syriens en Turquie… comparez un peu la taille du Liban et celle de la Turquie…Kissinger est juste une..je ne dirais pas…


  14. Arnould Le 27 février 2016 à 10h20
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    Faut-il qu’il soit bien protégé pour ne pas avoir été exécuté par un proche d’une de ses innombrables victimes!


  15. Le Rouméliote Le 29 février 2016 à 15h13
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    Si la Russie est effectivement le partenaire essentiel des États-Unis pour établir un équilibre des forces, qui peut m’expliquer pourquoi l’OTAN n’a pas été dissoute en même temps que le Pacte de Varsovie, puisque l’agresseur potentiel avait disparu ?
    Excusez-moi, mais je suis un peu lent de la comprenette…


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