Source : Libération, Gilles Kepel, 14-03-2016

Fatima al-Qaws berce son fils de 18 ans, Zayed, souffrant des effets des gaz lacrymogènes lancés lors d’une manifestation de rue à Sanaa, Yémen, 15 octobre 2011. Photo Samuel Aranda

Fatima al-Qaws berce son fils de 18 ans, Zayed, souffrant des effets des gaz lacrymogènes lancés lors d’une manifestation de rue à Sanaa, Yémen, 15 octobre 2011. Photo Samuel Aranda

Le succès du slogan «Islamisation de la radicalité» et le refus des chercheurs, par peur d’être soupçonnés d’islamophobie, d’analyser la spécificité du jihadisme confortent la doxa médiatico-politicienne dans son ignorance de la réalité sociale et son arrogance intellectuelle.

L’une des premières victimes collatérales des attentats de 2015 est l’université française. Alors que les sciences humaines et sociales sont concernées au premier chef pour fournir les clés d’interprétation du phénomène terroriste d’une ampleur inouïe qui a frappé l’Hexagone, les institutions universitaires sont tétanisées par l’incapacité à penser le jihadisme dans notre pays. Cela provient pour une part d’une politique désinvolte de destruction des études sur le monde arabe et musulman – la fermeture, par Sciences-Po en décembre 2010, le mois où Mohamed Bouazizi s’immole par le feu à Sidi Bouzid, du programme spécialisé sur ces questions est l’exemple le plus consternant : ont été éradiqués des pans entiers de la connaissance et notamment la capacité des jeunes chercheurs à lire dans l’original arabe la littérature de propagande salafiste et jihadiste. Mais cela provient aussi d’un interdit idéologique : entre le marteau de la «radicalisation» et l’enclume de «l’islamophobie», il est devenu très difficile de penser le défi culturel que représente le terrorisme jihadiste, comme une bataille à l’intérieur même de l’islam au moment où celui-ci est confronté à son intégration dans la société française.

«Radicalisation» comme «islamophobie» constituent des mots écrans qui obnubilent notre recherche en sciences humaines. Le premier dilue dans la généralité un phénomène dont il interdit de penser la spécificité – fût-ce de manière comparative. Des Brigades rouges et d’Action directe à Daech, de la bande à Baader à la bande à Coulibaly ou Abaaoud, il ne s’agirait que de la même «radicalité», hier, rouge, aujourd’hui, peinturlurée du vert de l’islamisation. Pourquoi étudier le phénomène, apprendre des langues difficiles, mener l’enquête sur le terrain dans les quartiers déshérités où les marqueurs de la salafisation ont tant progressé depuis trente ans, puisqu’on connaît déjà la réponse ? Cette posture intellectuelle, dont Olivier Roy est le champion avec son slogan de «L’islamisation de la radicalité», connaît un succès ravageur car elle conforte la doxa médiatico-politicienne dans son ignorance de la réalité sociale et son arrogance intellectuelle – toutes deux suicidaires. Le corollaire de la dilution du jihadisme dans la radicalisation est la peur de «l’islamophobie» : l’analyse critique du domaine islamique est devenue, pour les nouveaux inquisiteurs, haram – «péché et interdit». On l’a vu avec l’anathème fulminé lors du procès en sorcellerie intenté au romancier algérien Kamel Daoud pour ses propos sur les violences sexuelles en Allemagne, par une douzaine de chercheurs auxquels le même Olivier Roy vient d’apporter sa caution (1).

Le rapport que vient de publier le président du CNRS sous le titre «Recherches sur les radicalisations» participe de la même démarche. On aurait pu s’attendre, de la part d’une instance scientifique, à une définition minimale des concepts utilisés. Il n’en est rien. Le postulat des «radicalisations» est à la fois le point de départ et d’arrivée d’un catalogue des publications et des chercheurs où la pondération des noms cités montre, sans subtilité, le parti pris idéologique des scripteurs. Emile Durkheim, bien oublié par une sociologie française dont il fut pourtant le père fondateur, avait établi l’identité de la démarche scientifique par sa capacité à distinguer les concepts opératoires des «prénotions». Il qualifiait ces dernières de «sortes de concepts, grossièrement formés», qui prétendent élucider les faits sociaux, mais contribuent, en réalité, à les occulter car ils sont le seul produit de l’opinion, et non de la démarche épistémologique de la recherche. Or, l’usage ad nauseam des «radicalisations» (le pluriel en renforçant la dimension fourre-tout) illustre à merveille le fonctionnement des prénotions durkheimiennes par ceux-là mêmes qui en sont les indignes – fussent-ils lointains – héritiers.

Cette prénotion-ci est d’origine américaine. Diffusée après les attentats du 11 septembre 2001, elle prétendait rendre compte des ruptures successives du «radicalisé» par rapport aux normes de la sociabilité dominante. Les analyses qui s’en réclament partent du même postulat propre à la société libérale – celui d’un individu abstrait, sans qualités, atome détaché de tout passé et de tout lien social. L’interrogation initiale porte la marque de l’école américaine des choix rationnels : pourquoi pareil individu décide-t-il de tuer et de mourir ? Son intérêt bien compris n’est-il pas plutôt de vivre le bonheur de l’American Way of Life ? Un commencement d’explication relève des aléas de la biographie individuelle. On présume que l’intéressé a vécu une rupture initiale (humiliation, racisme, rejet…) à l’origine de sa «radicalité», voire de son basculement ultérieur. La révolte attend alors sa mise en forme idéologique.

Pour résoudre l’énigme, l’analyse se tourne alors vers le rôle de l’offre. C’est ici que les postulats de la sociologie individualiste coïncident avec les fiches signalétiques de l’analyse policière. En effet, l’offre en question est incarnée par des «cellules de recrutement» sophistiquées, animées par des «leaders charismatiques» dont le savoir-faire repose sur un jeu subtil d’incitations religieuses, d’explications politiques et de promesses paradisiaques. Resocialisé par l’organisation réseau, l’individu adopte progressivement les modes de perception et d’action qui lui sont proposés. A la fin, il est mûr pour le passage à l’acte. Il est «radicalisé». Le recours fréquent au lexique de la «dérive sectaire» ou de la «conversion religieuse» (même lorsque l’individu en question est déjà musulman) inscrit le phénomène dans un continuum absurde reliant le terroriste Abaaoud au «Messie cosmo-planétaire» Gilbert Bourdin. La messe est dite, si l’on ose dire. Et les crédits de recherches dégagés par l’administration américaine sont allés aux think tanks de Washington où personne ne connaît un mot d’arabe ni n’a jamais rencontré un salafiste.

Venus d’outre-Atlantique et hâtivement mariés par une partie de la recherche universitaire française généraliste et ignorante de la langue arabe elle aussi, le couple «radicalisation – islamophobie» empêche de penser la manière dont le jihadisme tire profit d’une dynamique salafiste conçue au Moyen-Orient et porteuse d’une rupture en valeurs avec les sociétés européennes. L’objet «islamophobie» complète le dispositif de fermeture de la réflexion, car son objectif vise à mettre en cause la culture «blanche néocoloniale» dans son rapport à l’autre – source d’une prétendue radicalité – sans interroger en retour les usages idéologiques de l’islam. Il complète paradoxalement l’effort de déconstruction de la République opéré par les religieux salafistes, main dans la main avec les Indigènes de la République et avec la bénédiction des charlatans des «postcolonial studies» – une autre imposture qui a ravagé les campus américains et y a promu l’ignorance en vertu, avant de contaminer l’Europe.

Quelle alternative, face au défi jihadiste qui a déclenché la terreur dans l’Hexagone ? Le premier impératif est, pour la France, de prendre les études du monde arabe et de sa langue au sérieux. Les mesurettes du ministère de l’Enseignement supérieur, qui vient de créer quelques postes dédiés à «l’analyse des radicalisations» (la doxa triomphe rue Descartes) et aux «langues rares» (sic – l’arabe compte plusieurs centaines de millions de locuteurs) – relèvent d’une thérapie de l’aspirine et du sparadrap (et une opacité de mauvais aloi a orienté le choix des heureux bénéficiaires). Pourtant, c’est en lisant les textes, et en effectuant des enquêtes de terrain dans les langues locales que l’on peut mettre en perspective les événements des décennies écoulées, comprendre comment s’articulent les mutations du jihadisme, depuis le lancement américano-saoudien du jihad en Afghanistan contre l’URSS en 1979 jusqu’à la proclamation du «califat» de Daech à Mossoul en 2014, avec celles de l’islam en France, puis de France. Repérer les articulations, les charnières, comme cette année 2005 où Abou Moussab al-Souri publie son «Appel à la résistance islamique mondiale» qui érige l’Europe, ventre mou de l’Occident, en cible par excellence du jihad universel, et où les grandes émeutes de l’automne dans les banlieues populaires permettent, à côté de la participation politique massive des enfants de l’immigration musulmane, l’émergence d’une minorité salafiste visible et agissante qui prône le «désaveu» (al bara’a) d’avec les valeurs de l’Occident «mécréant» et l’allégeance exclusive (al wala’) aux oulémas saoudiens les plus rigoristes. Analyser les modes de passage de ce salafisme-là au jihadisme sanglant, qui traduit en acte les injonctions qui veulent que le sang des apostats, mécréants et autres juifs soit «licite» (halal).

A cette fin, toutes les disciplines doivent pouvoir contribuer – à condition d’aller aux sources primaires de la connaissance, et non de rabâcher des pages Wikipédia et des articles de presse. Les orientalistes, médiévistes comme contemporanéistes, les sociologues, les psychologues et cliniciens, les historiens, les anthropologues, mais aussi les spécialistes de datascience ont devant eux un champ immense à défricher – qui ne concerne pas seulement l’étude des ennemis de la société qui ont ensanglanté la France, mais aussi l’étude de la société même dont les failles ont permis à ces derniers de s’y immiscer et d’y planter leurs racines. Il est temps d’en finir avec la royale ignorance qui tétanise les esprits et fait le jeu de Daech.

(1) Libération du 10 mars.

Gilles Kepel et Bernard Rougier ont présenté la communication dont ce texte est le résumé au séminaire «Violence et Dogme», qu’ils animent avec Mohammad-Ali Amir-Moezzi (directeur d’études, Ecole pratique des hautes études, EPHE), à l’Ecole normale supérieure, le 8 mars.

Source : Libération, Gilles Kepel, 14-03-2016

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46 réponses à « Radicalisations » et « islamophobie» : le roi est nu Par Gilles Kepel

Commentaires recommandés

Oz Le 15 avril 2016 à 04h47

Je voudrais surtout savoir ce qui radicalise les governements europeens et les conduit a detruire des pays voisins, puis a pleurer sur les consequences de leurs actions. Quel chercheur va s’attaquer a cette question?

  1. Guillaume Besset Le 15 avril 2016 à 03h40
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    Belle phrase de conclusion :
    “Toutes les disciplines doivent pouvoir contribuer … à la connaissance … des modes de passage du salafisme minoritaire au jihadisme sanglant”


  2. Oz Le 15 avril 2016 à 04h47
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    Je voudrais surtout savoir ce qui radicalise les governements europeens et les conduit a detruire des pays voisins, puis a pleurer sur les consequences de leurs actions. Quel chercheur va s’attaquer a cette question?


    • Gregoire Le 15 avril 2016 à 07h44
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      Un “chercheur” financé par des salafistes? 🙂

      Ou…quel chercheur n’est pas influencé ou choisi selon la provenance des fonds qui financent sa recherche…


    • Sébastien Le 16 avril 2016 à 05h49
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      Il y en a qui ont essayé…. Ils ont eu des problèmes.


  3. J Le 15 avril 2016 à 07h27
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    Au moins Gilles Kepel a avancé depuis qu’il annonçait le déclin de l’islamisme.

    Il devient urgent, si on veut réellement interdire ce qu’il désigne, de préciser ce qu’englobe et ce que n’englobe pas le mot “islamophobie”. Il ne faut pas trop compter pour ça sur ceux qui dénoncent ce qu’il désigne. http://bouquinsblog.blog4ever.com/dictionnaire-de-l-islamophobie-kamel-metizi


    • Surya Le 15 avril 2016 à 08h17
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      Gilles Kepel définit le terme (qui est un concept venant des frères musulmans) dans son dernier bouquin “terreur dans l’hexagone”


      • toto Le 15 avril 2016 à 18h24
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        Que feraient les intégristes si la colonisation n’avait pas existé?

        En terme d’anachronisme, vous vous posez là, bravo!


        • toto Le 15 avril 2016 à 18h36
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          Que feraient les intégristes si la colonisation n’avait pas existé?

          En terme d’anachronisme, vous vous posez là, bravo!

          PS: joli lien d’un spécialiste de l’Indochine. Je crois qu’une des choses que Kepel reproche à Roy est de sortir de son domaine de compétence. On pourrait étendre à d’autres.

          De plus, l’auteur de l’article en lien est l’auteur de nombreux ouvrages critiques contre la colonisation: je crains qu’il n’applique le même argumentaire sur tous les sujets. Car qu’est-ce que la colonisation a à voir avec un mouvement religieux (le salafisme) né plus d’un siècle avant son démarrage?


  4. Sloggoth Le 15 avril 2016 à 08h44
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    Fameuses paluches pour une frêle maman…


    • jp Le 15 avril 2016 à 12h03
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      je ne comprends pas : c’est de l’humour ou ?


  5. Michel Martin Le 15 avril 2016 à 10h22
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    Comment ne pas être d’accord avec Gilles Kepel quand il pointe l’importance de la compréhension du monde musulman et du monde Arabe et des luttes idéologico-religieuses qui s’y déroulent pour comprendre le Jihadisme. Mais je trouve contre-productif d’écarter les facteurs de compréhension universels liés à notre commune humanité en les qualifiant de “prénotions” pour les discréditer. Pour ma part, je crois que chacun de nous a besoin d’une place dans un cadre fraternel et transcendant.


  6. bourdeaux Le 15 avril 2016 à 10h42
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    Je ne comprends pas ce procès fait par Kepel à O.Roy. D’abord, Kepel n’explique pas du tout comment Roy serait passé de sa prétendue peur de l’islamophobie à son analyse de l’islamisation de la radicalité, ni en quoi la première sert de mobile à la seconde. Ensuite, Roy ne se limite pas du tout à cette explication par l’individu « paumé »pour comprendre le phénomène terroriste, mais pointe aussi du doigt l’entrée par effraction des monarchies salafistes sur notre territoire par la création des grandes « mosquées cathédrales » comme celle d’EVRY (tiens, la ville de Manuel…). Roy semble plutôt avoir tenté d’expliquer pourquoi la troisième génération d’immigrés magrébins est aujourd’hui une cible parfaite pour les recruteurs du jihad à l’explosif : difficultés d’insertion dans une société en crise multiforme, pauvreté dans la transmission des valeurs familiales par les parents, déculturation des pratiques religieuses, et j’ajoute : rejet de l’exhibitionnisme libertaire des occidentaux (incarné par la gay pride, le mariage homo,…). Enfin, la grande proportion de convertis tout frais dans les rangs terroristes donne assez raison à Roy…


    • LS Le 15 avril 2016 à 12h02
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      Il y a souvent une erreur commise quand on reprend les propos de Olivier Roy.
      Olivier Roy écrit que 25 % des personnes mentionnées dans les fiches S sont des “français de souche” fraîchement convertis. 25% est peut être une grande proportion mais cela reste minoritaire.
      Les 75 % restant sont des “2ième génération”. Il précise que les immigrés et les “3ième génération” ne sont pas présents dans les fiches S. Donc ce n’est pas la troisième génération qui est une cible des recruteurs mais la deuxième génération.
      J’avoue ne pas comprendre ce phénomène et il ne l’explique pas.
      D’autre part, Olivier Roy n’explique pas ce qui fait que l’islam(isme) est un “winner take all” sur le marché des idéologies récupérable par le radicalisme violent.


    • DocteurGrodois Le 15 avril 2016 à 15h44
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      @LS
      Houla. Il y a une querelle théorique, mais surtout politique la-dessous. Vu que Libération prend le parti d’Olivier Roy, on peut s’imaginer de quoi il s’agit.

      Et il s’agit de politiquement correct.
      En gros Roy fait partie des gens qui ont essaye de minimiser les evenements de Cologne en disant qu’il n’y a aucun facteur culturel en cause. Il navigue aussi assez près des chiens de garde.
      Ça ne retire en rien le bon de ses analyses sur le djihadisme à la française, mais c’est bon a savoir.


      • sissa Le 20 avril 2016 à 13h44
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        “En gros Roy fait partie des gens qui ont essaye de minimiser les evenements de Cologne en disant qu’il n’y a aucun facteur culturel en cause. Il navigue aussi assez près des chiens de garde.”
        Tout est dans le “en gros”…
        En réalité, O. Roy pointe juste le fait qu’on renvoie systématiquement les agresseurs sexuels musulmans à leur culture mais qu’on ne fait pas de même avec les occidentaux se rendant coupables d’actes comparables. Bref, il dénonce un discours caricatural sans tenir pour autant le discours caricatural inverse que vous lui prêtez


  7. christian gedeon Le 15 avril 2016 à 12h15
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    Moi,je comprends tout à fait le procès fait par Kepel,non pas à Roy qui n’est qu’un parmi d’autre,mais à la stupide formule,bien sophiste,islamisation de la radicalité…j’en ai entendu des stupidités,mais celle là mérité un césar.Chez nous,on aime bien ces formules creuses,soi disant “profondes”,et qui ne sont qu’un jeu de mots ou de maux comme on voudra,délétère…que les bobos vont de ci de là,en la répétant à l’envi.Parce que j’attaire l’attention des thuriféraires de Roy(and co) que cette formule magique pourrait tout aussi bien s’appliquer aux nazis,aux khmers rouges,aux pinochetistes et j’en passe.Sous les paves la plage,soyons réalistes exigeons l’impossible,et patin couffin… la formule de Roy est du même tonneau plein de vide.Quant au rejet de “l’exhibitionnisme libertaire “,on passe un cap là… celui du retour des moralisateurs… des couvreurs de jambes et de seins… des contempteurs de la mini jupe,et des ,pardonnez moi,homophobes cachés…à la niche,les religions. J’en i plus que marre du retour des cachez ce sein que je ne saurais voir! Et c’est un catho qui vous dit çà!


    • DidierF Le 15 avril 2016 à 20h51
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      “Islamisation de la radicalité” naît de la découverte par les Occidentaux de la radicalité en Islam après que nous ayons observé d’autres radicalité. C’est une illustration de notre croyance que le monde tourne autour de l’Occident.
      Le wahabbisme est contemporain de ce que nous nommons “Les Lumières”. Je ne peux pas imaginer comment son fondateur aurait pu connaître nos “Lumières”.
      Le comportement des Califes dis “bien guidés” sont radicaux et rapportés par l’histoire sunnite.
      J’en conclus que les Musulmans radicaux n’ont pas eu besoin de nous pour le devenir.


    • bourdeaux Le 16 avril 2016 à 10h50
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      “homophobes cachés”…ce que j’admire chez les “progressistes”, c’est l’obstination dans l’utilisation des poncifs. Cela fait 50 ans qu’à chaque nouvelle “conquête sociale”, vous utilisez la mécanique d’argumentation stalinienne : si vous n’êtes pas avec nous sur ce coup-là, vous êtes contre nous depuis toujours.


      • christian gedeon Le 17 avril 2016 à 18h11
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        Relisez le texte,s’il vous plaît,qui met en cause “l’exhibitionnisme libertaire”…incarné par la gay pride! Vous me faites un bien mauvais procès,là. Catho,je suis,et en plus convaincu et paratiquant…mais le premier con qui se permet d’attaquer Piss Christ ou la Gay pride ou quoi que ce soit que garantit notre liberté d’expression,je lui vole dans les plumes… Quant aux crétins qui pensent que “Dieu ” peut être offensé par une oeuvre humaine,çà prouve juste leur quotient mental très déficient.La liberté d’expression ne se négocie pas. Elle est. Point de désaccord entre OB et…moi.


        • bourdeaux Le 18 avril 2016 à 14h51
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          Vous lui volez dans les plumes…en le traitant d’homophobe. J’avais très bien compris, rassurez-vous. Je persiste donc dans ce que je dis ci-dessus. 🙂
          Quant à votre conception 68-arde de la liberté d’expression, ce n’est certes pas la mienne du tout : je ne fréquente les églises que par goût pour l’architecture et l’histoire, mais, par exemple, je verrais d’un très mauvais œil des femen ériger un gode miché en papier mâché sur le parvis de Notre-Dame…


  8. Krystyna Hawrot Le 15 avril 2016 à 13h18
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    Je comprends la critique de Gilles Kepel concernat la destruction des études de langue Arabe (cette destruction concerne aussi le Russe et les autres langues de l’Est) – j”ai pensé en 2011 qu’on allait cesser de confiner l’Arabe au domaine de l’anegdotique et prendre en compte les intense débats sur la démocratie, sur le système capitaliste, les slogans et poèmes de révoltes qui ont été toute la culture des révolutions arabes de 2011 (moi même je m’y suis mise à l’étude de l’Arabe pour au moins comprendre les slogans et discours tunisiens, mais c’est difficile en France d’accéder à autre chose qu’à… des cours d’Arabe religieux ou des cours très cher d’Arabe du Golfe destiné aux expatriés là bas!); Mais même en étant critique vis à vis des Indigènes de la République je trouve qu’il ne faut pas balancer les études post-coloniales par dessus bord. Pourquoi s’interdire de penser les structures profonde du racisme et de la discrimination en France? Alors que penser les impensés permet de la déconstruire… Il y a bien un phénomène en France qui fait que certaines “communautés ” sont vouées à certaines professions en fonctions de présupposés racistes. Ceci fait le lit du communautarisme aussi.


    • christian gedeon Le 17 avril 2016 à 18h12
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      pas vrai,pas difficile…il y a sur le net des dizaines de cours très bien faits….


  9. Gwynpaine Le 15 avril 2016 à 13h18
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    N’hésitant pas à évoquer “l’effort de déconstruction de la République opéré par les religieux salafistes, main dans la main avec les Indigènes de la République”.. il faudrait inviter M. Kepel par exemple à venir plus souvent sur ce blog, où il verrait documenter comment nos chères élites républicaines, depuis des années sont en première ligne dans ce vaste chantier de déconstruction de la chose publique..à travers, la mise au pas financière de la société, jour après jour et dont la “loi travail” devait être la touche finale en apothéose.
    Les salafistes vraiment sur ce plan là ne jouent pas dans la même division.
    Analysant la discrimination négative à dans les quartiers, Robert Castel proposait pour en décrire les effets, le concept de désaffiliation… marquant à la fois ce qui est perdu.. et le sens dans lequel il faudrait agir.
    S’ill acceptait de poser son casque de nouveau croisé, Gilles Kepel ..comme le prouve son livre sur le 93, pourrait certainement aider à cette tâche.


  10. christian gedeon Le 15 avril 2016 à 13h46
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    Et pour en finir avec cette mauvaise discussion,il faut quand même poser une question simple dans un orient européen compliqué…lequel de tous ceux qui vouent l’occident aux gémonies tout en y habitant a envie de retourner dans son orient fantasmé? Il arrive un moment où çà va bien,quoi?! En gros et comme je l’ai déjà dit à certains de mes compatriotes d’origine,si çà ne vous va pas,la France,ben il y a des avions,des trains,des bateaux,des vélos,des voitures,et des pieds…je sais,çà fait blaireau de base…mais bon,je veux bien que la France aie tous les défauts du monde,mais quand on y pense bien,personne n’est vraiment obligé d’y rester,français “souschiens ” comme se plaisent à le dire les indigènes de la république ou français de fraîche date… c’est un pays ouvert et libre… si y vivre paraît quasi insupportable à certains,nous leur chanterons ce n’est qu’un au revoir mes frères… allez voir ailleurs ,dans vos paradis supposés et revenez vaccinés… merdre,alors!


    • Spectre Le 15 avril 2016 à 16h09
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      C’est vrai, ils sont emmerdants à la fin, ces gens qui demandent simplement à être traités comme les autres, bref à ce que le premier article de notre Constitution ou le deuxième terme de notre devise républicaine soient respectés…


      • christian gedeon Le 17 avril 2016 à 17h21
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        Elle est bien bonne celle là…Non,monsieur,ils ne demandent pas simplement à vivre “comme les autres “…ils demandent de plus en plus,justement à ne pas vivre comme les autres! A importer des lois “divines ” chariaesques,qui n’ont rien à voir notre devise républicaine…hallalisme exigé dans les écoles,piscines séparées,refus que les femmes soient soignées par un médecin de sexe masculin,voiles de plus en plus communs et répandus,refus d’une partie de l’enseignement républicain,exigences religieuses dans le domaine du travail,doubles appartenances revendiquées et publiques,revendication de la notion de blasphème à tous crins,manifestations ouvertes de soutien aux islamistes assassins,et j’en passe et des meilleures! Ils demandent simplement? C’est un gag ! Ils exigent,et en dehors de toute légalité républicaine!


    • jp Le 15 avril 2016 à 18h18
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      “blaireau de base” euh peut-être ?
      comme ce voisin bien français qui parle de “bonobo” pour désigner les gens à peau noire mais qui a bien besoin de l’Antillaise et de l’Africaine qui viennent tous les matins, avant parfois 7h, soigner sa vieille mère très malade.
      Lui rêve de partir finir en Thaïlande parce que les Thaïlandaises sont plus ? attirantes ? compréhensives ? Pas parce qu’il y a de la famille.
      Il n’aime pas la France mais lui a le droit de le dire alors que n’auraient pas ce droit ni celui de se plaindre celles et ceux qui doivent se lever tôt (je vois les gens quitter leur domicile dès 5 h du matin pour rejoindre le centre des bus et tram et la gare SNCF) ?
      Et que dire de cette vieille Française qui va tous les ans en vacances au Maroc mais répète que les Marocains sont “cons”, elle n’y a pas de famille non plus.
      Bref ces “gens-là” sont bon(ne)s comme soignants, domestiques, caissiers, vigiles mais pas comme égaux car ils n’ont pas le droit de râler contre la France, spécialité pourtant si française.


      • christian gedeon Le 17 avril 2016 à 17h35
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        Mais arrêtez donc vos contre vérités…regardez le PAF…regardez les nouveaux entrepreneurs…regardez le gouvernement…non,les “immigrés ” ne sont pas et de loin destinés aux seule basses besognes et des dizaines de milliers d’entre aux sont à prendre comme modèles de réussite remarquable…çà suffit ce misérabilisme effrayant…çà suffit…Scientifiques,financiers,médecins et chirurgiens géniaux(et je sais de qui je parle),inventeurs,écrivains,acteurs,entrepreneurs et pas des moindres!!! Les frères Saadé,Carlos Ghosn et tant d’autres de toutes nationalités d’origine…Chédid, Mika, Léa Salamé, Amine Maalouf…ils viennent d’où? D’Auvergne?Des cons, y en a partout….manifestement.


  11. Korgman Le 15 avril 2016 à 17h38
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    Désolé, mais cet article de Kepel est vide et prétentieux. Triste de voir que son analyse soit à ce point acceptée ici.

    Il connait l’arabe, cool, mais ça n’empêche pas qu’il y a des fait empiriques évidents et indéniables.
    Les terroristes qui ont frappé n’étaient pas des fanatiques religieux de longue date, mais des gens qui ont été récupérés comme on peut l’être par une secte. L’islamisation de la radicalité n’est donc pas un terme choquant.
    Et oui, il y a AUSSIune radicalisation de l’islam qui pose de nombreux problèmes et qui n’est pas compatible avec les valeurs de la République française. Les deux phénomènes entretiennent en réalité un rapport complexe et dialectique.
    Ceci dit, une qu’on a dit ça, on fait quoi ?

    Je rejoins totalement le commentaire de Gwynpaine. Attribuer aux salafistes la destruction de l’Etat dans les quartiers, c’est grotesque et malsain. Ils ne font que surfer sur l’abandon des quartiers par les gouvernements successifs, sur la destruction des services publiques, sur l’enclavement géographique et la désaffiliation.


    • Furax Le 15 avril 2016 à 19h27
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      Mais quel abandon des quartiers par le gouvernement ? Cette notion est une vaste fumisterie : les contribuables, c’est-à-dire plutôt les gens qui n’habitent pas dans ces quartiers déversent chaque année des fortunes sur ces quartiers. Sauf que dans la majorité des cas c’est hélas comme si on arrosait du sable.

      Le seul aspect sur lequel l’Etat a démissionné, c’est sur l’ordre public et la répression des trafics. Il faudrait passer au peigne fin tous ces quartiers en faisant accompagner les équipes des services fiscaux par des gendarmes ou des CRS et saisir tous, je dis bien tous les signes extérieurs de richesse non justifiés par une activité légale et coffrer à la prochaine incartade tous les auteurs de ces activités illégales qui de plus en plus font la jonction avec le salafisme et avec le djihadisme.

      Je partage l’analyse et les critiques de Kepel, mais pas des appels encore tout récents à des accommodements prétendument raisonnables.

      On ne s’accommode jamais et pas le moins du monde avec le salafisme pas plus qu’avec le nazisme ou le fascisme.


  12. etienne Le 15 avril 2016 à 18h04
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    La critique de Kepel concernant les “prénotions” et la nécessité d’interroger la pertinence du concept de “radicalité” pour analyser des phénomènes comme le terrorisme est plutôt juste.

    Cependant, plutôt que de décrédibiliser par avance ce concept comme étant finalement creux et ne reposant que sur des idées toutes faites véhiculées par l’individualisme libéral dominant en Occident, il faudrait peut-être se demander si ce cadre de pensée, a priori arbitraire puisqu’ émanant d’une vision du monde occidentalo-centrée – l’individu atomisé et autonome – n’est pas justement de plus en plus “vrai”, au fur et à mesure que ce cadre se déploie.

    Autrement dit, le systême néo-libéral fabrique des sujets néo-libéraux de façon majoritaire: il devient donc légitime de se demander par quel processus complexe certains sujets néo-libéraux se radicalisent au point de refuser le modèle qui les ont pourtant formés et dont ils sont porteurs – modèle qui devrait a priori les faire se comporter de façon autonome en maximisant leur plaisir et leur consommation sans s’en remettre à une quelconque autorité transcendante, ce qui est le cas du sujet occidental moderne – jusqu’à tuer des gens.


    • etienne Le 15 avril 2016 à 18h06
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      En ce sens, ce que l’on sait des terroristes européens tend à montrer qu’il sont plus des produits de la modernité libérale – consumérisme, petite délinquance, vie de débauche avant la conversion – que des produits de la tradition salafiste. La façon dont le recrutement repose essentiellement sur des avantages matériels – y compris la consommation des femmes – va absolument dans ce sens.
      Le fait que ces terroristes on tous des passés de délinquants – dont l’ethos se résume à prendre ce qu’ils veulent, y compris par l’usage de moyens violents – milite aussi en faveur de cette lecture.

      Il y aurait bien “islamisation” de la radicalité dans le sens où ces hommes se saisissent d’une cause disponible sur le marché pour exprimer leur rejet du systême de façon radicale, et en plus satisfaire leurs pulsions consuméristes et appropriatrices – y compris du corps féminin.

      De ce point de vue, la sociologie ou l’ethnologie des sociétés occidentales serait ainsi plus efficace pour saisir le phénomène en ce qui concerne ces terroristes-là que la lecture de textes ou de discours en langue arabe, ou que l’ethnographie des sociétés du Moyen-Orient.


      • etienne Le 15 avril 2016 à 18h17
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        Plutôt que d’opposer de façon factice les partisans de la “radicalisation de l’Islam” et ceux de l'”islamisation de la radicalité”, il serait peut-être plus simple de considérer que les deux approches entretiennent une relation dialectique, et qu’elles sont en cela complémentaires, selon le terrain ethnographique choisi.


    • chb Le 17 avril 2016 à 15h16
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      “par quel processus complexe certains sujets néo-libéraux se radicalisent au point de refuser le modèle qui les ont pourtant formés” ?
      Indices possibles :
      – le Qatar, modèle de réussite arabe ET capitaliste, et qui en fait bénéficier la France sous la forme de PSG ou de contrats mirifiques, est quand même méprisé dans ce pays ;
      – l’islamophobie, perceptible dans le traitement inégalitaire Palestine vs Israël ou dans le rejet des banlieues, ou dans l’occupation continue de l’Irak ;
      – l’exclusion sociale, anti-démocratique, dans des pays qui se targuent à longueur de temps d’être parfaitement démocratiques : valable aussi pour les ‘radicalisés’ politiques, eux aussi visés par l’état d’urgence justement…


      • etienne Le 18 avril 2016 à 15h51
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        Entièrement d’accord avec vous.

        Le problème est que votre argumentaire repose sur des présupposés qui sont justement REFUTES a priori par G Kepel:

        “Un commencement d’explication relève des aléas de la biographie individuelle. On présume que l’intéressé a vécu une rupture initiale (humiliation, racisme, rejet…) à l’origine de sa «radicalité», voire de son basculement ultérieur. La révolte attend alors sa mise en forme idéologique.”

        Ce type de raisonnement occidentalo-centré relève selon lui des “prénotions” durkheimiennes qui priveraient l’analyse de toute pertinence, en prenant les choses par le mauvais bout, et seule la lecture des textes en langue arabe ou l’ethonologie du salafisme originel seraient aptes selon lui à permettre la compréhension du phénomène.

        Lui opposer des arguments que Kepel réfute a priori n’est donc d’aucune utilité: il faudrait plutôt lui montrer qu’il a tord de le faire et qu’il se prive justement de moyens de compréhension en privilégiant une analyse tronquée.

        C’était un peu l’esprit de la troisième partie de mon post:

        “Plutôt que d’opposer de façon factice les partisans de la “radicalisation de l’Islam” et ceux de l’”islamisation de la radicalité”, il serait peut-être plus simple de considérer que les deux approches entretiennent une relation dialectique, et qu’elles sont en cela complémentaires, selon le terrain ethnographique choisi.”


  13. Frédéric Le 15 avril 2016 à 21h40
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    Vers le début de son texte, Kepel écrit: “Le corollaire de la dilution du jihadisme dans la radicalisation est la peur de «l’islamophobie»”. Lui qui, je suppose, n’a pas peur de l’islamophobie, insinue finalement que le Jihadisme n’est pas soluble dans la radicalisation, ce sont donc des corps non miscibles.

    C’est intéressant, et vers la fin de son texte il écrit: “Le premier impératif est, pour la France, de prendre les études du monde arabe et de sa langue au sérieux.” C’est-à-dire que tout ce que l’Occident a connu de l’Islam a été oublié depuis 2010, année de la fermeture par Science Po du programme spécialisé d’études sur le monde arabe et musulman, où Kepel a certainement trouvé la raison de la non miscibilité du Jihadisme et de la radicalité.

    Mais des années et des siècles d’études ne remplaceront pas la logique élémentaire: Si le Jihadisme et la radicalité ne peuvent se mélanger, alors soit le jihadisme n’est pas radical, soit la radicalité est étrangère au Jihadisme. Au lieu de tartiner des pages sur une logique bancale, il vaudrait mieux aller au fait et dire clairement ce qui distingue le Jihadisme des autres radicalités.


    • Sami Le 16 avril 2016 à 10h48
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      Deux choses :
      – Sans l’aide déterminante des USA pour leurs propres intérêts, la matrice de l’intégrisme Musulman actuel, le wahhabisme, n’aurait jamais dépassé le cadre de la tribu des Ibn Saoud, et serait morte de sa belle mort depuis longtemps.

      – L’Islam ne contient pas en lui-même plus de potentialités intégristes, de dérives totalitaires, etc., que n’importe quelle autre religion ou idéologie. Il se fait juste que la civilisation Islamique est en fin de course, en phase finale, fin accélérée brutalement par la période coloniale. Du coup, une très grande majorité des peuples Musulmans (immigration comprise) est constituée sociologiquement de personnes encore au stade “paysan”. Ce qui explique qu’en ce moment de l’histoire, et grâce au gros coup de pouce US, l’intégrisme Musulman se propage aussi facilement dans cette sphère. Sans oublier le désir pour toutes ces populations de se réfugier dans un état fantasmatique, croyant échapper en cela à diverses humiliations, désespoirs, et autres malheurs, inhérents aux morts des civilisations.


      • christian gedeon Le 17 avril 2016 à 17h38
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        N’importe quoi décidément… dès leur développement premier,les wahhabites se sont lancés à la conquête du MO,et notamment de la Syrie…ils ont été battus,heureusement. Et comme d’ahb,la référence inévitable à la “période coloniale”…parce que l’occupation ottomane,c’était quoi? Le Club Med? Alllez quoi,on sort des ces poncifs ou quoi?


        • Sami Le 17 avril 2016 à 22h34
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          Je pense que vous vous trompez.
          – L’empire Ottoman n’a jamais été perçu comme un empire colonial par les Musulmans. La rivalité Arabe-Turcs est strictement une affaire de leadership, exacerbée par les anglais (vous avez du entendre parler de Lawrence, et tout et tout ?…). Les Occidentaux ont décidé (et réussi, tant mieux pour eux et tant pis pour le perdant) le démantèlement de l’empire Ottoman déjà mal en point, et qui n’était que la continuation de l’empire Musulman (qui a même eu un dirigeant Kurde, Saladin, ou des dirigeants Perses, ou Mongols…)
          – ma référence à la colonisation n’est là que pour signifier l’accélération de la mort de la civilisation Musulmane. C’est une évidence simple à comprendre.
          – Le wahabisme : Je persiste : revoyez vos documentations. Sans les Anglais, puis surtout les USA, au final, personne n’en entendrait parler aujourd’hui.


          • christian gedeon Le 19 avril 2016 à 13h44
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            Ah bon… si vous le dites. Méhémet Ali,Bachir,Fakhreddine l’ont pouratnt ressenti comme tel… et votre propos ,très révélateur en fait,fait une impasse totale sur les populations non musulmanes de l’ottoman…il faut croire que les troupes du Chérif Hussein artisan aussi de la victoire contre les ottomans en Palestine,en Arabie et en Syrie n’ont pas dû lire vos propos tellement sûrs d’eux…et je veux pas vous contrarier outre mesure,mais Saladin,kurde en effet de son état,avait ^pour principal ennemi les chiites fatimides… tout comme les mamelouks après les ayyoubides… et si vous voulez bien m’informer sur les dirigeants perses,je vous en serais très reconnaissant…


  14. Sami Le 16 avril 2016 à 10h53
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    L’autre matrice de l’intégrisme, la doctrine des Frères Musulmans, elle-même très liée aux Services Anglais au début, puis aux Services US ensuite, ne doit sa renaissance actuelle (En Egypte, en Turquie, en Tunisie…) que grâce à la puissance des pétrodollars Saoudiens, lesquels bien que ne voyant pas trop d’un bon œil cette doctrine sœur/concurrente, l’aide tout de même, car au final, les deux doctrines se valent.


  15. Sami Le 16 avril 2016 à 10h55
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    Et pour terminer, grâce aux Belges, on a pu récupérer “vivants”, quelques spécimens types de ces radicaux islamisés ou Islamistes radicalisés… Ca serait une bonne idée de trouver et comprendre en eux, les causes profondes de leurs névroses sanglantes.


  16. chb Le 17 avril 2016 à 14h59
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    La « pré-notion américaine » sur la radicalisation, qui permet à la doxa de faire comprendre (ou plutôt, de diaboliser) le jihadisme violent des pirates du 11 septembre et de leurs épigones plus récents, elle a ceci de particulier que, pour s’appliquer à tout l’islam et justifier la cascade de vengeances et de consignes de sécurité liberticide, elle analyse des individus et des situations largement virtuels : les 19 affreux n’apparaissent pas sur les listes d’embarquement. S’ils ont existé, c’est surtout comme icônes médiatiques (les affiches ”wanted” chères aux cowboys, puis les soutiens wahhabites bientôt dénoncés grâce à l’affaire des 28 pages). Petites frappes ou barbouzes en CDD, les personnes derrière les images ne semblent pas avoir suffi pour exécuter la diabolique destruction de notre universellement alléchant ”way of life” : mise en échec du puissant appareil de défense US, 3 tours effondrées si proprement avec 2 avions outrepassant leurs spécifications techniques aux mains de pilotes débutants, effacement miraculeux des trillions manquants au Pentagone, mise en route du Patriot Act et de guerres déjà prévues …


    • chb Le 17 avril 2016 à 14h59
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      De même, possiblement, leurs avatars takfiristes européens sont-ils un peu marionnettes : Flanbi n’avait-il pas sereinement rameuté, sur le pavé parisien en janvier, une flopée de collègues faux apôtres de la liberté d’expression, au moment même où le commun des mortels sidéré bravait sa sainte trouille sous état de presque urgence ? Pour gagner en crédibilité, les «radicalisations» fourre-tout, même si elles ont une dramatique et nuisible réalité (essentiellement contre des musulmans loin là-bas) sont trop conformes à la ”radicalisation communiste” qui alimenta tant la chasse aux sorcières que l’essor de l’OTAN. Sauf que la Daèche, contrairement aux bolchéviques et Brigadistes de jadis, semble fidéliser plutôt ses troupes par la solde et les avantages matériels (enrobés de quelques Allahouakbar) que par un idéal.


  17. sissa Le 20 avril 2016 à 14h12
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    J’avoue avoir un peu de mal avec le discours de G. Keppel. Prétend-il qu’il est le seul à parler l’arabe? ou plutôt que tous ceux qui le parlent partage son opinion?
    Son propos relève juste de l’argument d’autorité.
    Quand Olivier Roy note que la plupart des djihadistes sont des “born again” muslmans, que répond G. Keppel? Rien sinon, visiblement considérer que ce fait n’a pas dintérêt et ne mérite pas d’être expliqué…


  18. Clauzip12 Le 23 avril 2016 à 23h03
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    Quand l’actualité n’est pas compréhensible c’est à dire explicable il est indispensable de faire table rase des acquis et connaissance du présent et remonter le temps.,cela demande beaucoup d’humilité et de persévérance.lesysteme médiatique demande des mots claquants qui deviennent la référence de toutes les pseudo explications ultérieures.autrement dit à partir du vide de l’immédiat se développent à l’infini des bulles vides de renferences.
    G.Kepel à raisons de condamner les procédures d’information et d’explication des faits sanglants de notre époque.La necessite de connaissances diffèrentes et assurees est indispensable dans une démarche commune sans a priori.


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