Un excellent article de Médiapart, d’utilité publique, qui pointe bien l’importance de faire du buzz sur ce sujet.

Nous allons donc nous en charger… 😉

Il n’y aura pas de “Glass-Steagall Act” en France. Il n’y aura pas de séparation entre les banques de dépôts et les banques d’investissement. Jeudi dernier, le ministre des finances, Pierre Moscovici, a présenté devant la communauté financière, réunie à l’occasion d’un colloque organisé par l’autorité des marchés financiers, les premières lignes du projet de loi bancaire.
Le texte doit être discuté en conseil des ministres le 19 décembre. S’il n’est pas totalement arrêté, les grandes lignes en sont esquissées. Contrairement aux engagements pris pendant la campagne, le gouvernement n’a pas le dessein d’imposer une rupture franche dans les activités bancaires mais plutôt de coudre aux petits points un texte qui ne devrait pas trop bousculer le système bancaire français.
Le ministre des finances, pour sa part, parle d’une réforme ambitieuse. « Nous voulons une réforme qui fasse référence en Europe et refonde notre paysage financier pour les vingt prochaines années contre la spéculation et pour le financement de l’économie réelle (…) Sans attendre la directive européenne, la France va adopter les recommandations de la commission Liikanen », a-t-il expliqué. Dans un rapport remis en octobre, la commission préconise de placer dans des entités séparées mais toujours contrôlées par la même holding bancaire les activités les plus risquées comme les activités sur les dérivés pour les clients financiers, les activités de tenue de marché, les participations dans les hedge funds ou les prêts qui leur sont consentis, les investissements en capital-risque.
L’adaptation qu’entend faire le gouvernement français des recommandations de la commission Liikanen n’est pas encore très précise. « Beaucoup de choses ne sont pas encore arbitrées », reconnaît un conseiller. Des connaisseurs du dossier redoutent, toutefois, une réforme très allégée, placée sous la haute surveillance des banquiers.
Même si les responsables du ministère des finances vantent la très large concertation menée avec les banquiers mais aussi les autorités de surveillance, les usagers, les syndicats pour élaborer le texte, d’autres relèvent les présences assidues comme les absences. Les experts de Terra Nova ou de Finance Watch, pourtant très en pointe sur le sujet et très écoutés à Bruxelles, n’ont jamais été auditionnés par Bercy. « Il y a un problème de méthode qui entache la pertinence de ce qui est proposé. La France reste dans le superbe isolement des experts, quelles que soient leurs qualités. Mais tous viennent du même moule et partagent la même opinion », note Thierry Philipponnat, secrétaire général de Finance Watch. De fait, depuis l’été, les banquiers ont envahi les couloirs de Bercy, qu’ils connaissent si bien pour être tous ou presque issus de l’Inspection des finances.
Les premières indications données par le ministre des finances devraient rassurer le monde bancaire. « Les banques pourront continuer toutes les activités qui servent au financement de l’économie », a assuré Pierre Moscovici. Mais elles devront placer dans des filiales spécialisées « les activités de marché qui ne sont pas nécessaires au financement de l’économie ». Certaines pratiques jugées trop risquées seront même simplement interdites comme le trading à haute fréquence ou les dérivés sur les matières premières agricoles.

Effet d’optique

Cela semble rigoureux. Mais cela pourrait n’être qu’un effet d’optique. Car tout est dans la définition de ce qui est « utile au financement de l’économie ». Avant le discours du ministre des finances, le monde bancaire avait commencé à donner ses définitions. À l’entendre, toutes les activités de marché ou presque – à l’exception de prises de participations dans les hedge funds – sont utiles à l’économie.
« Dans un monde de concurrence, les banques doivent pouvoir offrir l’ensemble des services à leurs clients », sous peine de les voir partir ailleurs, expliquait Frédéric Oudéa, président de la Société générale. Les dérivés ? Indispensable pour offrir des produits de couverture aux clients. Le capital investissement ? Comment en exclure les banques au moment où le gouvernement milite précisément pour aider les PME. Les activités de négociations de dettes pour compte propre ? Veut-on vraiment voir la négociation des dettes souveraines aux mains des seuls JPMorgan et Goldman Sachs ?
La liste peut être poursuivie. Les banques semblent souhaiter qu’elle soit la plus longue possible. Car les activités placées dans des entités séparées risquent de ne plus être rentables, compte tenu des ratios de capitaux qui seront imposés. « Si le lobbying bancaire persévère, il va finir par obtenir une adaptation de la loi bancaire en France en deçà des recommandations pourtant très souples de la commission Liikanen », dit un connaisseur du dossier. « L’évidence politique, c’est qu’on ne peut pas être en dessous de Liikanen », nuance cependant un conseiller.
À ce stade, il est impossible de dire quel sera l’équilibre trouvé. Le gouvernement ne semble avoir arrêté ni les activités jugées risquées ni la manière dont tout cela sera retranscrit. Dans la loi, par décret, ou confié aux bons soins des autorités de contrôle ? Là encore, le président de la Société générale, qui, selon nos informations, pèse très lourd dans toutes les discussions, a indiqué où allaient ses préférences. « Entre la réforme Volcker aux États-Unis et la démarche Vickers en Grande-Bretagne, je préfère la réforme Volcker », explique-t-il.
Derrière ce langage codé, il faut comprendre ce qui se joue. D’un côté, il y a la solution américaine, dure mais seulement en apparence. Revenant déjà largement sur les préconisations de l’ancien président de la Réserve fédérale qui recommandait une séparation stricte entre les banques de dépôt et banques d’investissement, la loi Dodd-Francks, votée à l’été 2010, a posé seulement des interdictions précises : la spéculation pour compte propre, les investissements trop importants dans le capital risque et le financement et les prises de participation dans les hedge funds.
Mais au fil des négociations, des règlements, tout le dispositif est en train d’être vidé de son contenu. Les banques ont déjà obtenu d’exclure des activités pour compte propre les activités de tenue de marché, les activités de couverture au sens très large du terme, permettant presque toutes les spéculations sur dérivés, etc., tandis que toutes les spéculations risquées, profitant des béances de la loi, sont en train de migrer vers des structures totalement opaques, non soumises à la surveillance des autorités de contrôle, censées ne plus appartenir aux banques.

Le modèle bancaire français

La réforme projetée en Grande-Bretagne s’annonce beaucoup plus dure. Afin de ne pas offrir la garantie publique à des activités de marché et de spéculation, le rapport Vickers préconise une séparation totale entre la banque de dépôts et les activités de marché, sans possibilité d’aménagement. Les deux branches devront être logées dans deux entités séparées, avec des tours de table et des conseils d’administration distincts. La séparation doit être achevée en 2019 et coûtera selon les premières estimations entre 5 et 10 milliards de livres (6,2 et 12,4 milliards d’euros).
Dès lors, la préférence des banquiers français pour la voie américaine se comprend mieux. Ceux-ci militent d’autant plus pour suivre l’exemple de Wall Street qu’ils s’estiment déjà victimes de la réglementation européenne par rapport à leurs concurrents américains. Tous jugent que la nouvelle réglementation bancaire dite Bâle III les entraîne dans une « démarche suicidaire ».
Mais depuis la semaine dernière, ils ne cachent plus leur fureur : la Fed, la réserve fédérale américaine, a annoncé vendredi dernier qu’elle reportait sine die l’application de cette nouvelle réglementation Bâle III aux États-Unis, le monde bancaire ayant manifesté son « inquiétude de se voir soumis à une réglementation définitive sur le capital au 1er janvier 2013 sans avoir suffisamment de temps pour la comprendre ou changer leur système comme il conviendrait ». « Je voudrais bien savoir ce que va faire M. Barnier (commissaire européen au marché intérieur et aux services). Il avait dit qu’il n’appliquerait pas Bâle III tant que les Américains ne le mettraient pas en œuvre », insistait Baudoin Prot, président de BNP Paribas.
Mettant en exergue cette « distorsion de concurrence», le monde bancaire a bien l’intention d’enfoncer le clou et de négocier jusqu’au bout une réforme à moindre coût. Dans leur plaidoyer, les banquiers ont ajouté un nouvel argument : la croissance. Qui soutiendra la croissance si les banques doivent limiter leurs crédits ? se répandent-ils. Le propos a fait mouche. « La finance est aujourd’hui jugée moins prioritaire que la situation économique et sociale. Comme Cahuzac et Moscovici n’affichent pas de volonté politique forte sur ce dossier, la technostructure suit son chemin. Et Bercy est un repaire de conservateurs. C’était vrai avant, c’est toujours vrai maintenant », note un conseiller.
De Matignon à Bercy, les arguments des banquiers se retrouvent ainsi repris en boucle. Pour beaucoup, il ne faut surtout pas pénaliser les banques françaises, « victimes plus que coupables de la crise financière ». « On voit l’action efficace du lobby bancaire français. Les grandes banques françaises ont réussi à vendre l’idée qu’on avait un modèle solide et rentable », regrette Laurence Scialom, économiste à l’université Paris-Ouest, experte auprès de Terra Nova.
« Le modèle de la banque française universelle a montré sa résistance pendant la crise », ont répété en chœur banquiers et hauts fonctionnaires jeudi. À les entendre, le système bancaire français n’a souffert d’aucun accident grave, qui justifierait une réforme radicale. Les ombres des faillites de Dexia, Natixis, Caisses d’épargne, des déboires du Crédit agricole et de la Société générale, de l’effondrement du Crédit immobilier de France, de l’étranglement du Crédit foncier et de la banque PSA… passaient.

20 novembre 2012 | Par Martine Orange et Lénaïg Bredoux

Source : Mediapart

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56 réponses à [Reprise] La réforme des banques est taillée en pièces sous la pression du lobby bancaire

  1. Fabrice Le 06 décembre 2012 à 06h51
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    Que voulez vous dire à ça, avec Pascal Canfin dans le gouvernement Cahuzac et Moscovici ne peuvent pas dire qu’ils ne connaissent pas Finance Watch donc c’est plié et il ne nous reste plus qu’à regarder le dernier dessin comme une triste vérité.

    Après tout, l’Egypte a plus de soubresauts démocratique que nous occidentaux qui dormons sur nos lauriers alors que la démocratie ressemble plus à un torchon avec lequel tous les influents se mouchent sous couvert de sauver l’économie (pour rester poli), comme si elle était bradable. 🙁 🙁


  2. Galuel Le 06 décembre 2012 à 07h21
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    Une solution c’est de quitter ce système monétaire privateur sans attendre, en développant et en en utilisant un système monétaire libre. Car espérer qu’autrui se réforme plutôt que de se réformer soi-même n’est pas très efficace…

    Par exemple OpenUDC le système monétaire en plein développement qui propose une monnaie qui respecte pleinement les nouveaux entrants, tout l’inverse de la pyramide de Ponzi où les premiers arrivés (les baby boomers) escroquent leurs prochains (tous les hommes de moins de 50 ans). A noter qu’étant donné l’espérance de vie d 80 ans, les hommes majeurs de moins de 49 ans nés après l’initialisation de ce système monétaire privateur en 1973 seront enfin majoritaires à 51% contre 49% seulement en 2022, pas avant.

    http://www.creationmonetaire.info/2011/08/openudc-standard-monetaire-respectueux.html


  3. Patrick Luder Le 06 décembre 2012 à 07h43
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    Trop facile pour le lobby financier de faire pression,
    plus personne ne comprend rien à leurs enterloupes (pas même eux).
    On pourrait simplement leur dire :

    Stop, vous ne prenez pas vos responsabilités,
    vous avez endetté l’avenir sans actif utilisable demain,
    vous avez corrompu les valeurs de change,
    vous avez corrompu l’endettement privé et public,
    vous ne répondez à aucun défaut
    que par des fuites en avant avec encore plus de défauts.
    => Vous avez assez fait de dégâts, cela suffit …
    La finance et la monnaie sont désormais
    affaire d’Etat et soumis au peuple souverain !


  4. celimen Le 06 décembre 2012 à 08h05
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    Je relève une ignorance dans l’article qui pousse encore une fois aux préjugés: il est sans doute “normal” que F. Oudéa “pèse lourd” dans la balance, c’était le patron de la Federation Bancaire Française jusqu’en septembre 2012…


  5. celimen Le 06 décembre 2012 à 08h27
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    Dans l’ensemble, il faut être honnête, les arguments du lobby bancaire sont tout à fait recevables:
    1) attention à la distorsion de concurrence, moi non plus je n’aimerai pas qu’entres-autres la négociation des dettes souveraines soit aux mains des seuls JPMorgan et Goldman Sachs …
    2) au financement de l’économie,
    3) à la couverture contre les risques pour nos industriels grâce aux dérivés,
    4) au confinement d’activités spéculatives dans des structures opaques qui ne seront pas aussi reglementées que celles des banques
    etc…
    il est dommage en revanche que Finance Watch et Terra Nova ne soient pas auditionnés, plutôt que de spéculer sur la pseudo mafia-tisation du gouvernement, quelqu’un connait la raison officielle et officieuse?


  6. LeTaulier Le 06 décembre 2012 à 08h31
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    Qu’est-ce que tu cherches Olivier?

    Que toute les activités de marché partent vers Londres, Luxembourg et Zurich? La banque d’investissement et de financement c’est des milliers de jobs bien payés qui grâce aux impôts et aux prélèvements sociaux permettent de financer notre politique sociale.

    Les cotisations des traders paient le RSA, que cela plaisent ou non et les ministres l’ont bien compris. Leur missions premières c’est pas de lutter contre la finance mais de défendre l’économie française.

    La crise qu’on vit aujourd’hui n’es pas une crise bancaire mais une crise du surendettement des Etats, si on se prive des rentrées fiscale des activités de marché on aggrave notre situation.


    • Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 09h14
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      Le Taulier
      Y a plus beaucoup de traders à Paris pour financer le RSA au cas ou tu n’aurais pas remarqué : ils sont tous à Londres .

      Le système est intégralement vérolé de haut en bas de la pyramide ..
      Nous en avons un très bel exemple avec la nouvelle dégradation de S&P sur la Grèce qui date d’hier

      Le FMI doit verser un gros montant à la Grèce le 15 Décembre pour lui permettre de faire ses échéances au système bancaire lui même mais exige de la part des autorités grecques des mesures totalement irréalistes pour verser ce montant .

      La Russie vient d’annoncer en UNE hier que la Grèce avait les moyens de payer ses dettes du fait de ses ressources gazières , mais que ce serait un peu long .

      S&P annonce hier que la Grèce va faire défaut .. Sauf si ils ont des correspondants au sein même du FMI et qu’ils savent que le FMI ne paiera pas , ils n’ont aucune raison objective de faire cette annonce .. surtout au vu de ce que vient de faire sortir la presse Russe .

      C’est donc de la manipulation pure et simple , pour une raison assez simple d’ailleurs ; les agences de notation n’ont plus de crédibilité et leurs actionnaires cherchent désespérément comment faire les 15% de rentabilité sur capitaux qu’ils se sont fixés comme objectifs . Tu regarderas qui sont les actionnaires des agences en question . Et dans un contexte de récession généralisée , cet objectif est impossible.

      Ils font donc désormais n’importe quoi .. ce qui rend encore plus urgente la séparation des activités spéculatives des autres activités , vu le nombre de dérivés en circulation , en particulier les CDS qui sont tous Hors Bilan !!! donc non comptabilisés .

      Pour la Grèce, pour ceux que cela intéresse , j’avais publié en Juin 2012, un billet totalement sourcé sur les réserves énergétiques déjà identifiées et ce billet avait été repris par de nombreux sites :
      http://fipcarolinep.xooit.fr/t41-TROP-c-est-TROP-j-ACCUSE.htm

      Mais S&P ne doit pas lire Ria Novosti , ce qui est ennuyeux pour une agence qui prétend juger en toute objectivité .. ce qui rend encore plus probable la manipulation en train de se faire avec le FMI ..

      Tant que la zone Euro n’aura pas récupéré une totale indépendance d’action vis à vis de la finance Anglo saxonne , à la fois en termes de création monétaire et de politique , avec des cloisons étanches vis à vis des banques d’investissement les plus entremêlées comme la Deutsche Bank , elle tournera en rond dans sa spirale infernale dont on nous demande à chaque fois de payer un prix toujours plus élevé .

      Pour rappel le montant total de dérivés en circulation est de dix fois les PIB Mondiaux (700 000 milliards) . Voilà ce qu’il faut interdire de toute urgence aux banques . Et si l’interdiction ne tombe pas , retirer les fonds et les dépôts de ceux qui en tradent émettent ou achètent


      • celimen Le 06 décembre 2012 à 10h53
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        Mais vous êtes consciente que les dérivés permettent de se couvrir contre toutes sortes de risques et qu’ils ont été bâtis plus comme une assurance contre les aléas qu’à un outil de spéculation utilisé par quelques vautours qui continueront de sévir comme Soros, Goldman Sachs et Cie?
        Vous allez tuer le commerce mondial…?


        • Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 11h01
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          @celimen
          You are kidding ?

          à 10 fois les PIB Mondiaux , les dérivés ne sont destinés qu’à servir de couverture aux variations du prix du pétrole ou des matières premières ??
          Sachant que les banques d’investissement US savent faire des modélisations qui leur permettent de calculer combien 1 Million de barils de contrats à termes supplémentaires peut avoir comme impact sur le prix du baril physique ..

          Ne confondez pas couverture et spéculation .

          Les contrats de couverture qui ne devaient certainement pas excéder 10% du commerce mondial n’a pas besoin de 10 fois les PIB Pour s’effectuer . Vous avez besoin de vous couvrir de la montée des prix de votre prochain achat d’IPAD ?? Les couvertures existaient déjà avant la dérégulation au cas ou vous l’auriez oublié.

          Par contre , la spéculation tue le commerce mondial et çà , la crise de 2008 nous l’a amplement démontré .
          Elle le fait de plusieurs manières :
          – par les bulles qu’elle créée dont on nous demande ensuite de payer les implosions
          – par la paupérisation qu’elle entraîne (il suffit de prendre le prix des matières premières) .
          – par la financiarisation de l’économie qui détourne l’investissement de l’investissement productif pour le concentrer sur une spéculation totalement artificielle et sans aucun intérêt.

          Encore une fois vous regardez le symptôme et non pas la maladie en elle même .

          Toujours le diagnostic .

          Comparez donc le niveau des contrats de couverture dans les années 80 aux niveaux actuels .. et vous verrez .

          Par contre , les pertes de la Baleine , comme celles de dexia sur ses swaps de crédit perdus lors de la fraude du Libor .. çà aide le commerce mondial ?


          • Vénus-Etoile du Berger Le 06 décembre 2012 à 12h36
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            @Caroline vous exprimez “Ne confondez pas couverture et spéculation”

            Bonjour,

            tout dépend du produit dérivé souscrit dans votre contrat et de la position que vous prenez.
            Suivant le produit dérivé la perte est limitée ou bien pas.

            Les actifs dérivés sont utilisés soit pour une couverture, soit pour une spéculation ou bien pour un arbitrage.

            Les spéculateurs parient sur l’évolution du sous-jacent et cherchent à profiter de l’effet de levier. Un danger éventuel peut survenir si les pertes ne sont pas limitées et contrôlées.

            La catastrophe provient des pertes dissimulées, des positions trop considérables pour tenter de “se refaire” par un opérateur et qui engendrent davantage de pertes(ex, la banque Barings).

            Les arbitragistes tentent de bénéficier de l’absurdité des prix relatifs à un ensemble d’actifs.

            Cordialement.


          • Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 13h07
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            Venus Etoile du Berger ..

            Petit exemple parmi d’autre .. Dette Grecque .
            Les banques prêteuses se couvrent via des CDS .. et curieusement participent aux modalités de restructuration quand elles sont négociées, via un organisme du nom d’ISDA ..

            Le peuple Grec lui , il est juste prié de se taire et de souffrir en silence ..

            Ca doit être effectivement la nouvelle définition de la couverture des dérivés .. A une époque la notion de juge et partie existait, comme quelque chose de contraire au droit, à la justice et à la morale , mais il parait qu’elle a définitivement disparu du périmètre financier .

            Mais continuons sur la Grèce .. Les créanciers se sont donc couverts via des assurances pour limiter les conséquences d’une défaillance .. Au cas ou vous l’auriez oublié , c’est également le pourquoi de taux élevés… couvrir le risque .. Mais visiblement çà vous l’avez oublié .. Si il suffit de prendre une assurance de couverture , pourquoi donc laisser monter les taux .. C’est totalement en dehors de toute logique économique et d’assurance (je vous rappelle que la double couverture est en principe interdite) .. On ne fait théoriquement pas de surprofit sur l’instrumentalisation de la détresse humaine ou psychologique …

            Mais allons encore plus loin .. l’article de RIA Novosti que je viens d’indiquer sur la Grèce et sur sa richesse énergétique fait référence à une étude de la Deutsche Bank.
            Dans mon propre article de Juin 2012 , je cite également la DB , qui voulait absolument que la Grèce accèlère ses privatisations de services énergétiques ..
            http://fipcarolinep.xooit.fr/t41-TROP-c-est-TROP-j-ACCUSE.htm

            Le délit d’initié , çà vous dit quelque chose ???

            Dommage qu’on ne puisse pas s’assurer contre la fraude, la malhonneteté , le mensonge et la corruption , y compris intellectuelle … Là c’est vrai qu’un multiple de dix fois les PIB Mondiaux n’y suffirait sans doute pas .

            J’adore Audiard .. alors permettez moi juste de le citer :
            “Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages” .
            Et c’est pas parce que la finance est une notion soi disant complexe qu’il faut arrêter de faire marcher sa tête .. En fait c’est très simple quand on décrit les mécanismes en termes simples ..


          • Vénus-Etoile du Berger Le 06 décembre 2012 à 14h30
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            concernant la Grèce,

            Il aurait fallu la laisser faire défaut à la place du premier versement.

            Je me suis déjà suffisamment exprimée sur ce sujet dans les billets précédents.

            Cordialement.


          • Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 16h45
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            Venus Etoile
            Je crois qu’il aurait surtout fallu que la justice s’exerce ..
            Que ceux qui avaient truqué les comptes ainsi que leurs complices soient poursuivis
            Que ceux qui en ont profité indûment restituent les profits indus ..
            Que l’audit citoyen réclamé depuis le début par les Grecs ait pu avoir lieu ..
            Que les documents qui ont soi disant disparus et qui concernaient l’origine de la dette soient retrouvés .. C’était le CADTM qui les cherchait ..

            Il y a un autre principe en droit , qui vient essentiellement d’un principe moral .. Un profit obtenu grâce à une tromperie se nomme une escroquerie et le préjudice subi par les victimes donne lieu à réparation ..

            Les USA sont visiblement en train d’abandonner ces notions , mais heureusement, elles font encore partie de “l’esprit des Lois” en Europe . A nous de nous battre pour les conserver .. et cela va au delà de la finance mais s’applique en premier lieu à la finance qui se croit désormais totalement exonérée des lois qui nous gouvernent .

            Dans ce contexte , la Grèce n’aurait peut-être même pas eu de défaut à faire , par simple annulation de dettes frauduleuses .


          • celimen Le 06 décembre 2012 à 18h10
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            @Caroline et Venus
            Merci pour ces informations, j’essayerai de les lire précisément car quelques petites choses semblent clocher dans ce raisonnement Caroline si je puis me permettre (notamment les PIB*10 quand il faudrait plutôt parler de % du chiffre d’affaire mondial pour des contrats de couverture, ou bien ce gros raccourci sur les bulles qui seraient donc dûs aux dérivés alors que je pense qu’elles sont dues au crédit facile, aux effets de levier de la dette, et aux comportements des gens plus qu’au véhicule utilisé, etc…)
            Je pense sincèrement que si vous, ou Olivier, voulez être crédibles dans votre contre-lobbying, il vaut mieux être inattaquable avec ce milieu là…


          • Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 18h38
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            @Celimen
            Les chiffres de 700 000 milliards de dérivés ne sont pas sortis de mon imagination , pas plus que les PIB mondiaux ..

            http://www.bilan.ch/articles/finance/produits-derives-dernieres-heures-de-liberte

            Les dérivés représentent bien 10 FOIS les PIB Mondiaux :
            Le Bilan journal suisse le dit encore mieux que moi , mais ils parlent en Francs suisses les montants deviennent encore plus importants ^^

            Sur ce marché qui pèse dix fois le PIB mondial, les risques donnent le vertige. La régulation s’amorce à peine.
            Selon les estimations de la Banque des règlements internationaux (BRI) pour 2011, le marché mondial des produits dérivés représenterait plus de 800 000 milliards de francs. Pour comparaison, le PIB mondial en 2011 s’élevait à 78 000 milliards de francs et la capitalisation boursière mondiale à 57 000 milliards, selon la World Federation of Exchanges. Le marché des dérivés se compose de deux parties distinctes: les produits cotés (environ 15%) et les produits de gré à gré ou OTC (environ 85%). Jusqu’à récemment, ces derniers, qui représentent quelque 700 000 milliards de francs, évoluaient dans un environnement non régulé, quasi opaque.


        • Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 11h23
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          @Celimen
          Sur les dérivés , le danger s’accroit de plus en plus :

          Dérivés : Rien d’obligatoire avant 2014
          http://wansquare.com/index.php?option=com_wscontent&view=article&article=11782&a=17403&iu=enhsuwiet2&ll=fr

          La Directrice de l’Esma a déclaré que les règles d’Emir pourraient ne pas être effectives avant 18 Mois alors même que le G 20 a voulu ces normes dès 2009 et que les USA ont bien avancé .

          Les acteurs du marché ne devraient pas être contraints de compenser les dérivés avant 18 MOIS a déclaré Mardi Verena Ross, Directrice Générale de l’Autorité Européenne des marchés financiers (ESMA) devant un parterre d’investisseurs institutionnels londoniens .

          Verena Ross a précisé que plusieurs dispositions ne pourront être directement mis en place . L’un des deux textes de réforme Européenne “Emir” demande d’abord à ce que les chambres de compensation soient reconnues par l’Esma. Un processus qui devrait être entamé d’ici mi 2013

          Si vous voulez comprendre l’étendue de ce danger et qui gouverne , je ne peux que vous suggérer de lire mon billet sur le sujet , en particulier les questions concernant les chambres de compensation, questions auxquelles je n’ai toujours pas de réponse ..

          http://fipcarolinep.xooit.fr/t17-Qui-va-superviser-la-Finance-Europeenne.htm


        • Surya Le 06 décembre 2012 à 18h01
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          ça sert à quoi pour l’économie réelle le SRD levier 5 ou un CFD ?


      • Maria A. Le 07 décembre 2012 à 00h10
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        @Porteu caroline
        Il n’y a pas seulement le pétrole.
        Sous le gouvernement socialiste , le gouvernement a cédé aussi à la canadienne Eldorado Gold l’extraction de l’or en Chalcidique (Skouries) pour 11 millions d’euros en 2003. Six mois après l’achat, il a été estimé que la valeur des mines s’élevait à 408 millions d’Euros !
        L’état ne recevra pas des droits d’extraction, c’est-à-dire un pourcentage de la richesse qui sortira des entrailles de la terre. Le code minier de la Grèce, qui a été écrit durant la junte militaire, ne prévoit pas une telle chose, en opposition avec autres Etats de l’Europe et du monde.
        M. Papakonstantinou (l’ex ministre de l’environnement ), quand il a été interrogé à ce sujet, a dit: «L’Etat gagne parce qu’il prélève des impôts, l’Etat gagne parce qu’il y plus de 1.000 individus embauchées et ces individus ont les revenus, il paient donc des impôts, il y a les charges sociales, l’Etat ne gagne certainement pas s’il ne met pas en valeur les gisements que il a». C’est une très longue histoire (voir ici : http://www.exandasdocumentaries.com/gr/documentaries/chronologically/2012-2013/330-xrysos-sta-xronia-tis-krisis-o-thisavros-tis-kassandras).Vous voyez quelle classe politique exemplaire !! Et quand il y une manifestation certains medias la boycottent même s’il y a bcp de gens qui y participent. (Voir ici : http://www.youtube.com/watch?v=RN34QLdI3a0)
        Pour ne pas parler du fait que les socialistes ont instauré en 2009 des procédures fast-track pour accélérer soit disant le développement des énergies alternatives, c’était pour valider en vitesse des monstruosités d’une façon peu transparente. Le frère de Papandreou avait trouvé des capitaux du Qatar et voulait faire un investissement pour une centrale éléctrique a Astakos. A la fin ca ne s’est pas fait, mais c’était une truc hyper polluant que l’on présentait aux indigènes (stupides à leur avis) comme un investissement vert.
        J’ai fait une petite recherche sur l’énergie éolienne et les verts ne dénoncent même pas les situations d’abus de la part des multinationales, ce sont toujours les communautés locales qui sont plus actives et qui se mobilisent.


    • toutouadi Le 06 décembre 2012 à 09h15
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      Le taulier
      Pour résumer ta position…
      Etre cul nu ne suffit pas… Il faut maintenant écarter les fesses?


      • LeTaulier Le 06 décembre 2012 à 09h32
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        L’important c’est pas que ce soit “ma position” mais que ce soit la position du gouvernement.


        • toutouadi Le 06 décembre 2012 à 09h54
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          “La crise qu’on vit aujourd’hui n’es pas une crise bancaire mais une crise du surendettement des Etats, si on se prive des rentrées fiscale des activités de marché on aggrave notre situation.”

          Endettements souverains et privées, subprimes, dérives des établissements financiers, arrogance du système libéral etc… Ne sont que des symptômes de la crise.
          Les causes réelles de la crise sont :
          La compétition exacerbée.
          Les déséquilibres des rapports de forces sociaux défavorables au salariat au profit de la rente, initiés dans les années 70 par la saturation des marchés (surproduction et fin des 30 glorieuses).


          • Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 10h08
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            Toutouadi
            Assez d’accord avec çà . Relire d’ailleurs le billet d’Olivier sur Allais :
            Les méfaits de la Mondialisation en particulier.
            Mais la financiarisation de l’économie rentre de mon point de vue pour une part importante dans ces désordres du fait des bulles spéculatives qui ont été créées par cette financiarisation .

            Et une constatation de pure logique : il est impossible de conserver une rentabilité des capitaux qui diverge de plus en plus de la production de biens et services réelle . L’augmentation des écarts ne pouvant qu’accentuer les désordres et les destructions de l’économie réelle qui s’en suivent .

            L’absence de vision globale en empêchant d’établir un diagnostic correct , empêche toute solution de se mettre en place .

            Nous passons notre vie à soigner les symptômes , mais jamais la maladie elle-même.


          • toutouadi Le 06 décembre 2012 à 16h14
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            @porteu caroline

            A mon avis l’origine du problème provient du financement des activités économiques par l’épargne privés (capitalisme) en place et sus d’un financement mutualisé (banque publique).

            La financiarisation de l’économie n’étant que la réponse de la rente qui ne trouve plus suffisamment de débouché dans les investissements industriels à l’intérieur d’un système axé sur la compétition.

            Ce processus engendrant automatiquement une concentration du patrimoine, donc du pouvoir politique réel, et de ce fait devient hégémonique (oligarchique ?) et complètement rétif à toutes régulations sociales ou écologiques, d’où sa probable destruction par manque d’agents régulateurs (ça c’est mon coté indécrottablement optimiste).


    • Fabrice Le 06 décembre 2012 à 09h35
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      Le Taulier si on travaillait à relancer l’économie réelle plutôt que financer des banques à l’agonies (sans l’aide des états dont elles rejettent la régularisation, nouvelle version de : le beurre, l’argent du beurre et la crémière : humour 😉 ), le RSA n’aurait pas besoin d’être financé.

      le problème est global : dette d’Etat, des particuliers et des banques (organes financiers compris) prenez le problème dans la globalité je veux bien mais vous faite une fixation sur un point comme vous nous le reprochez, or chacun des points doit être traité.

      Les deux risques majeurs sont l’Etat et les Banques (organes financiers compris) c’est à eux que l’on doit s’intéresser en priorité mais l’un et l’autre se couvrent mutuellement au détriment du troisième, alors qu’elles sont faites pour servir la société pas se servir de celle-ci.


    • Surya Le 06 décembre 2012 à 17h59
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      “La crise qu’on vit aujourd’hui n’es pas une crise bancaire mais une crise du surendettement des Etats”

      Leverage crédit agricole (core tier 1) : 43,5.
      Leverage deutsche bank (core tier 1) : 37,5
      Leverage société générale (core tier 1) : 28,9

      Situation de la BCE :

      Concours en euros à des établissements de crédit de la zone euro liés aux opérations de politique monétaire : 1 117 398 milliards d’€

      On m’indique dans mon oreillette que le marché interbancaire a quelques soucis; sûrement à cause de l’endettement des états sans doute !


  7. gégé52 Le 06 décembre 2012 à 08h49
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    @ Le Taulier
    “Que toutes les activités de marché partent vers Londres, Luxembourg et Zurich? La banque d’investissement et de financement c’est des milliers de jobs bien payés qui grâce aux impôts et aux prélèvements sociaux permettent de financer notre politique sociale.” Qu’elles y partent. Les milliers de jobs bien payés qui grâce aux impôts et aux prélèvements sociaux permettent de financer notre politique sociale on peu aussi les avoir en finançant l’économie réelle plutôt que des produits dérivés qui relèvent peu ou prou d’une économie qui ressemble de plus en plus au PMU ou au casino. Les jeux d’argent aussi créent des milliers d’emploi, mais l’argent qui est claqué par les joueurs seraient bien plus utile ailleurs.

    “Les cotisations des traders paient le RSA, que cela plaisent ou non et les ministres l’ont bien compris. Leur missions premières c’est pas de lutter contre la finance mais de défendre l’économie française.”
    Comme celle de tous les autres travailleurs en France, prostituée y compris. Je préfère qu’on embauche et qu’on paye bien des chercheurs et des ingénieurs qui construisent l’avenir et l’économie réelle plutôt que des traders qui comme tous les intermédiaires font de l’argent avec de l’argent en ne produisant rien (cf. la blague d’Attali sur les jeans immettables qui ne servent qu’à être vendus et rachetés pour spéculer). RSA qui seraient moins nombreux à être attribués si ladite économie casino n’avaient pas détruit des millions d’emplois dans se recherche infini des profits maxima dans les délais minima. Quand je vois que la recherche informatique stagne car le secteur financier draine les cerveaux et les budgets vers l’amélioration des robots traders et de trading à haute fréquence, c’est vraiment à pleurer…


    • ALCB Le 06 décembre 2012 à 08h59
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      “Quand je vois que la recherche informatique stagne car le secteur financier draine les cerveaux et les budgets vers l’amélioration des robots traders et de trading à haute fréquence, c’est vraiment à pleurer…”

      c’est si vrai !


  8. fabien775 Le 06 décembre 2012 à 08h50
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    Comment est-il possible de faire une réforme bancaire sérieuse quand on sait qu’il y a une collusion évidente entre les financiers et les politiques? Il n’y a eu aucune sanction, à part quelques lampistes, suite au scandale des subprimes, les paradis fiscaux s’en donnent à cœur-joie, j’en passe et des meilleurs.Tout est faussé, l’immoralité règne en maitre, En conclusion, qui détient l’argent détient le pouvoir. Tant que cet état de fait sera la règle, on enfumera les gens honnêtes.


    • Patrick Luder Le 06 décembre 2012 à 21h45
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      Tiens c’est pas un truc d’apiculteur ça ?
      On enfume toute la colonie
      pour lui piquer tout son labeur
      et le remplacer par du creux,
      qui rend faible et qui rend malade !

      Et après ça ose encore se plaindre, quand tout est foutu et quand y a plus rien à piquer …


  9. Mathieu Le 06 décembre 2012 à 08h56
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    Je me pose quelques questions de béotien.

    Imaginons (soyons fous), que l’on sépare effectivement les activités bancaires.

    On s’attaque donc au découpage de BNP.
    – Comment on procède? Sait on clairement séparer les actifs?
    – La banque d’investissement résultante est elle viable?


    • LeTaulier Le 06 décembre 2012 à 09h41
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      – “Comment on procède? Sait on clairement séparer les actifs?”

      Oui c’est facile. Ils le font déjà. Quand une opération de marché est initié le trader doit indiquer un portefeuille (trading pour compte propre, opé adossé à un client etc..) . Par ailleurs certaines banques le font déjà, il existe des filiales spécialisées (par exemple dans le financement des flottes aériennes).

      “La banque d’investissement résultante est elle viable?”

      Oui et non. Ce type d’activité réclame, pour amortir les frais (informatique, contrôle etc),de gros volumes. De gros volumes cela veut dire beaucoup de cash à immobiliser et si la législation sur les couverture est trop contraignante l’objectif devient impossible à atteindre.


  10. BA Le 06 décembre 2012 à 09h22
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    Jeudi 6 décembre 2012 :

    Les banquiers allemands sont malhonnêtes.

    Les banquiers allemands sont des menteurs.

    Les banquiers allemands truquent leur bilan.

    Ce n’est pas en France qu’on verrait ça.

    Deutsche Bank aurait dissimulé 12 milliards de dollars de pertes.

    Trois anciens salariés de Deutsche Bank ont engagé des procédures auprès des autorités financières américaines, accusant la banque d’avoir dissimulé 12 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) de pertes latentes pendant la crise financière, rapporte le Financial Times.

    Ces plaintes, déposées entre autres auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), accusent Deutsche Bank d’avoir volontairement sous-évalué une importante position à des produits dérivés connus sous l’appellation de “leveraged super senior trades”, précise le quotidien, qui cite des sources proches du dossier.

    L’article ajoute que cette évaluation erronée a permis à Deutsche Bank d’afficher une situation de bilan fausse et d’éviter un renflouement sur fonds publics.


  11. Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 09h35
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    Liste des banques systémiques publiée sur le blog de Chevallier le 1 er Décembre dernier
    On pourrait dire aussi liste des banques à fuir ..

    Le Crédit Agricole est particulièrement bien placé .. On comprend pourquoi ils font autant de pub télé .

    http://chevallier.biz/2012/12/leverage-des-banques-systemiques-mondiales-3°-trimestre-2012-2/

    Cela dit , il parait que les comptes de la Deutsche Bank présentent plus d’oublis en particulier dans la comptabilisation des toxiques … (mon billet du 18 Octobre dernier)

    http://fipcarolinep.xooit.fr/t13-Deutsche-Bank-Un-gros-besoin-de-transparence.htm


    • dany Le 06 décembre 2012 à 18h58
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      “Tous jugent que la nouvelle réglementation bancaire dite Bâle III les entraîne dans une « démarche suicidaire ».
      Mais depuis la semaine dernière, ils ne cachent plus leur fureur : la Fed, la réserve fédérale américaine, a annoncé vendredi dernier qu’elle reportait sine die l’application de cette nouvelle réglementation Bâle III aux États-Unis.”

      D’après Chevallier, 8 banques américaines arrivent en tête de son classement; 5 respectent les règles de Bâle III et 3 sont proches ( 11,2 11,7 et 12,9 )

      BNP 24,8 Société générale 25,9 Crédit Agricole 43,5…

      Donc les banques françaises sont furieuses car la Fed n’a même pas besoin de rendre Bâle III obligatoire pour que les banques américaines soient dans les clous…

      « Je voudrais bien savoir ce que va faire M. Barnier (commissaire européen au marché intérieur et aux services). Il avait dit qu’il n’appliquerait pas Bâle III tant que les Américains ne le mettraient pas en œuvre »

      Que va faire M Barnier si la Fed laisse tomber Bâle III parce que le respect du seuil est déja effectif ?


      • Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 19h47
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        @dany
        Le principal problème de Bale III de toutes les manières est qu’il compare des choux et des carottes

        N’oubliez pas que par la grâce du législateur américain , les dérivés émis par les banques US sont hors bilan , donc ne rentrent pas dans le calcul des ratios ..

        Mais çà Barnier a oublié de le faire remarquer . Dommage , çà aurait été pertinent .


      • Surya Le 06 décembre 2012 à 20h48
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        Chevallier raconte n’importe quoi sur les banques US; elles font toutes du mark to market au passif pour diminuer artificiellement leur endettement.

        Les milliards de pertes de la JP Morgan via les trades de Bruno Iksil étaient toutes sur des engagements hors bilan.


        • Porteu caroline Le 06 décembre 2012 à 21h02
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          Surya
          Il compare des bilans .. en omettant de dire que les règles comptables font que les hors bilan ne sont pas les mêmes d’un côté et de l’autre de la mare aux canards ..
          Cela dit , je ne sais pas quelle est la partie hors bilan des banques européennes qui ont des filiales dans les paradis fiscaux , mais à mon avis , il ne faut pas la sous-estimer non plus .

          N’importe quel chef d’entreprise lambda qui se livrerait à ce genre de sports se retrouverait immédiatement en garde à vue .. sauf dans la finance ..
          Il faudra quand meme dire à nos députés de valider par une loi ces exonérations du respect de la Loi , c’est un peu agaçant pour les entrepreneurs non financiers ..J’oserais même dire très dissuasif pour les rares qui ont encore envie de créer ..


  12. totor Le 06 décembre 2012 à 10h57
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    Bonjour Olivier,

    Ca n’a rien à voir avec le shmilibilik, mais j’ai trouvé ça sur les infos du nain:
    http://auxinfosdunain.blogspot.fr/2012/12/effet-bourdieu-dans-le-monde.html

    Et ce qui m’a surpris, c’est que l’index de Gini (ce n’est pas précisé de quoi) de la France est plus fort que celui de l’Allemagne, alors que vos articles tendent à démontrer le contraire.

    Vous en pensez quoi?

    Et sinon, je vous souhaite beaucoup de réussite dans votre démarche citoyenne salutaire de séparation réelle des banques de dépôt, et j’écouterai évidemment avec attention en podcast votre intervention de demain sur BFM. D’ailleurs sur le dernier j’ai trouvé que N. Doze avait raté son rôle d’animateur du débat quand vous souligniez que la guerre économique n’était pas compatible avec une monnaie unique, j’aurais bien aimé que Kerber réagisse à ça…


  13. NiFuNiFa Le 06 décembre 2012 à 13h01
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    Si toi aussi tu veux une Audi S4 de fonction, des terrains à des prix avantageux payés avec l’agent de la commune, des zones inondables qui ne le sont plus pour faire construire, engagez-vous dans une structure ou vous pourrez profiter des deniers publiques ! #DouceFrance

    En quête d’actualité : La France des privilèges et des passe-droits
    http://www.d8.tv/video/dHhEWWYy/en-quete-d-actualite-la-france-des-privileges-et-des-passe-droits


  14. Pierre Le 06 décembre 2012 à 13h36
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    Mais ne peut on aussi penser que tous nos efforts seront vains? La sphère financière est devenue tellement énorme qu’elle agit comme un ogre qu’il fait continuer d’alimenter à tout prix. Aujourd’hui le PIB mondial ne représente déjà plus que 12% des actifs financiers et nous avons donc déjà monétisé les 8 prochaines année de production de toute la planète. C’est fou. Que se passera t-il quand tout le PIB mondial ne suffira même plus à payer les intérêts du pari que nous avons pris sur l’avenir. C’est l’objet de cet article qui m’ a aussi perturbé: http://laphrasedeshabillee.blogspot.fr/2012/11/la-fin-est-proche.html


    • Patrick Luder Le 06 décembre 2012 à 21h39
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      Un pari pris sur l’avenir …
      aurait un moins une chance sur mille
      de voir un heureux dénouement !!!

      Ce que les banques nous jouent avec les obligations obligatoires,
      ce n’est que du vol programmé, une charge obligatoire et déjà planifiée,
      mais une charge tellement grande et explosive, qu’on en repousse toujours l’échéance.

      Aucun pays surendetté ne pourra revenir à une saine fiance sans un défaut,
      et devinez qui va être protégé et qui va en subire les conséquences ???

      Tu donnes ta langue au chat ? C’est Très bien,
      ainsi elle n’est pas perdue pour tout le monde !


  15. Damien D. Le 06 décembre 2012 à 16h10
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    Partons du principe que l’histoire se répète, parions qu’il faudra une crise de l’ampleur de celle de 1929 (dans une puis toutes les grandes puissances) avant de voir de vraies réformes mises en place.
    Si l’histoire se répète, on peut aussi s’attendre à avoir effondrement de l’économie et des échanges commerciaux, explosion du chômage et de la pauvreté, montées des extrêmes (pas mal déjà le cas de la “laboratoire” qu’est la Grêce) – et dans 10 ans une guerre mondiale?


    • NiFuNiFa Le 06 décembre 2012 à 17h20
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      Je n’irai pas jusqu’à la guerre mondiale mais je penses qu’en Europe cela pourrait bouger.
      Imaginons que les Grecs occupent le parlement et congédient leurs représentants et les émissaires Allemands.
      Angela Merkel peut-elle aller jusqu’à dépêcher l’armée pour protéger ses intérêts (et celle des multinationales) en Grèce ?
      De toute manière, plus l’ardoise sera longue, plus les pressions seront grandes.


      • Damien D. Le 06 décembre 2012 à 17h54
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        En effet en Europe peu probable, les forts se tiennent entre eux, si l’Allemagne envahit la Grèce ça sera plus une guerre civile qu’une guerre ouverte.
        D’autres argueront que la Grèce est déjà occupée, pas besoin d’armée…

        Je regarde plus du côté de la Chine, qui commence à gonfler ses (petits, pour l’instant) muscles – quand l’économie va mal rien de tel qu’un peu de patriotisme pour souder le peuple… Et les US bien sûr, qui avec le prochain président républicain seront prêts à toutes les conneries.
        Ceci dit, peut-être plus des effondrements internes (à la Dimitry Orlov) que de guerres ouvertes.

        Comme les ouragans et sécheresse avec le dérèglement climatique: c’est bien difficile à anticiper précisément, on peut juste s’attendre à ce qu’il y en ai de plus en plus, de plus en plus fort.


    • Patrick Luder Le 06 décembre 2012 à 21h31
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      La crise n’est pas assez grave pour faire bouger les choses …
      Et on vient de nous promettre trois ans de pause à crédit !!!


  16. BA Le 06 décembre 2012 à 18h38
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    6 février 2012 :

    Marc Fiorentino : le 7 mai, la France sera attaquée !

    Si on en croit les sondages, François Hollande sera élu. Le 6 Mai à 20h, son visage apparaîtra sur nos écrans. Quelques heures plus tard à l’ouverture des marchés asiatiques, la Finance, à qui il a déclaré la guerre, va se venger. Et ce sera d’une simplicité enfantine. Les taux français vont s’envoler. Les fonds spéculatifs, unis, vendront la dette française à découvert. Sans pitié. Et même avec un certain plaisir. On montera jusqu’à 4.5% sur les taux à 10 ans Français.

    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120206trib000682103/marc-fiorentino-le-7-mai-la-france-sera-attaquee-.html

    Jeudi 6 décembre 2012 :

    France : taux des obligations à 10 ans : 1,991 %.

    Record historique battu.

    Les taux n’avaient jamais été aussi bas.


    • Surya Le 06 décembre 2012 à 19h26
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      Ha ça; quand on arrêtera de donner la parole à des gens condamnés par l’AMF…


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