J’ai croisé plusieurs personnes ce week-end qui m’ont avoué ne rien avoir compris à « cette histoire de BCE ».

C’est relativement normal, au vu des monceaux d’âneries déversés sur un sujet qui semble complexe, mais qui ne l’est en rien.

Mais comme l’a dit Mark Twain : « Si vous ne lisez pas les journaux, vous n’êtes pas informés ; si vous lisez les journaux, vous êtes mal informés ».

Heureusement, il y a les blogs… 😉

À la base : un simple problème de prêt

Toutes ces histoires complexes se résument simplement en une histoire millénaire de créanciers et de débiteurs.

Comment marche un prêt de M. A (qui a de l’argent en trop) à M. B (qui en manque), en simplifiant ?

  • Étape 1 : A prête son argent à B et B promet de le rendre à terme : A s’appauvrit temporairement et B s’enrichit temporairement ;
  • Étape 2 : B dépense l’argent (investissement ou consommation)
  • Étape 3 : 2 possibilités au terme
    • Hypothèse 3-1 : B rend son argent à A : B s’appauvrit, A s’enrichit, retour à la situation initiale ;
    • Hypothèse 3-2 : B fait défaut et ne rembourse pas A : A s’appauvrit définitivement, B s’enrichit définitivement, il y a donc eu un « don forcé » de A à B ;

Quand on arrive à la fin de la phase 2, il y a donc une chose de certaine : quelqu’un va obligatoirement perdre de l’argent pour rééquilibrer la situation temporaire de prêt.

Les dettes publiques

Le système des dettes publiques fonctionne de la même façon. Les contribuables B empruntent de l’argent aux riches épargnants A.

Et nous sommes proches de la fin de la phase 2.

Maintenant, nous allons personnaliser un peu, fictivement, pour comprendre ce qu’a fait la BCE jeudi.

Imaginons qu’une inconnue, que nous nommerons Liliane B., ait acheté en 2007 30 M€ d’obligations espagnoles, durée 10 ans, au taux de 4 % par an. Bien entendu, elle a oublié la règle que je répète souvent « Laissez suffisamment de temps à un État, et il fera défaut sur sa dette publique ».

Avec la défiance autour de l’Espagne, la valeur de ces obligations sur le marché n’est plus que de, par exemple, 20 M€. Perte théorique, car, si Liliane les garde jusqu’en 2017, et que l’Espagne est solvable à cette date, elle touchera bien 30 M€. Mais la valeur de marché d’une obligation dépend du taux d’intérêt d’origine, des taux actuels, de la durée restant à courir et, bien entendu, de la confiance dans l’émetteur.

Forcément, Liliane est actuellement inquiète pour son investissement. Dilemme : faudrait-il vendre les obligations et perdre 10 M€, mais pas plus, ou attendre encore 5 ans, et soit toucher les 30 si tout va bien, ou risquer de perdre beaucoup si l’Espagne faisait défaut.

Dans ce contexte, Liliane, heureuse femme, a par ailleurs régulièrement de l’épargne à placer (je n’ai pas précisé, mais elle fait évidemment partie des 5 % les riches, qui ont été les seuls à voir leur revenu médian augmenter en 2010). Elle a donc dû investir la semaine passée, et a, entre autres, acheté de la dette italienne.

Mais bien entendu, et très logiquement, elle a demandé un taux d’intérêt de 7 % et non plus 4 %, au vu du risque de défaut qu’elle estime être passé de quasi-nul à faible. Cela coute bien plus cher aux États, mais on reconnaitra que, pour un prêteur, ce n’est pas non plus Broadway, car il risque toute son épargne en cas de défaut. Vous devez bien vous en rendre compte, car j’imagine qu’aucun d’entre vous ne s’est précipité pour acheter de la dette espagnole à 7 % le mois dernier – c’est donc bien qu’il y a un problème de confiance quelque part…

C’est dans ce contexte qu’arrive Super-Mario de la BCE. Et il a fait une chose très simple. Il a indiqué qu’il allait tranquillement racheter les obligations espagnoles de Liliane, et quasiment au prix de 30 millions. Comme ça. Il est trop cool Mario, c’est le « petit frère des riches ». Car vous comprenez bien que, du coup, c’est la BCE qui va porter le risque de défaut de l’Espagne, pour les beaux yeux de Liliane.

C’est ça qu’a décidé la BCE, rien de plus. J’ai déjà précisé qu’il fallait oublier les histoires d’injections de liquidités ou de risque d’inflation, ce n’est pas du tout le sujet de ce qui se passe. Je rappelle que l’Eurosystème a déjà plus de 200 Md€ en stock d’obligations grecques, espagnoles et italiennes, et 1 000 Md€ de créances sur des banques en grandes difficultés. Et son capital est royalement de : 83 Md€. Tout va bien. Car si la BCE encaisse plus de 83 Md€ de pertes sur les 1200 Md€ (7 %, bilan ici p.235), les traités prévoient que ce sont les États qui doivent la recapitaliser, donc les contribuables, donc vous et moi.

Bref, Mario vient de sauver l’épargne de Liliane, et nous présentera la facture si ça tourne mal. Peut-on attendre autre chose d’un ancien de Goldman Sachs ?

Autre chose. La logique vendue aux ravis de la crèche, éditorialistes que je ne vais pas citer par charité et qui ont dit [première couche en VO, savourez]:

« La satisfaction des marchés, qui ont salué la décision de la BCE, ne doit pas masquer les questions qui subsistent. Economiquement, l’intervention de Mario Draghi s’apparente à une bonne dose de cortisone. Elle calme la douleur provisoirement, ce qui est indispensable. Mais il convient de poursuivre le traitement. […] Entourée de voisins qui se réforment tous dans la foulée de l’Allemagne, la France serait bien avisée de s’en inquiéter. […] Mais il conviendra un jour d’arrêter le traitement du docteur Draghi, car la situation devient politiquement intenable. […]Surtout, Mario Draghi s’est imposé comme le seul homme fort de l’Europe, l’ultime recours d’une zone euro à la dérive. C’est inacceptable pour l’équilibre démocratique du continent. La BCE est celle qui dicte la politique économique de l’Union, à son corps défendant. Les responsables politiques doivent reprendre la main.» [Le Monde]

« A Francfort, ce ne fut pas un «jeudi noir», mais un jour d’espoir ou plutôt d’immense soulagement. Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a prononcé une phrase qui vaut son pesant de milliards d’euros. Avis aux spéculateurs : la banque rachètera désormais «sans limite» de la dette des Etats de la zone euro. En économie, ce sont les banques centrales qui disposent de la force de dissuasion. Encore faut-il qu’elles veuillent bien s’en servir. Cette fois, le message est clair : quiconque jouera de manière «infondée» contre l’un des pays de la zone subira des pertes immédiates. Ce n’est plus une digue de papier qui protège la monnaie unique mais une puissance dotée d’une arme financière quasi atomique ! La France et les pays qui réclamaient à cor et à cri ce revirement stratégique de l’institution européenne auraient tort, pourtant, de se laisser griser par cette victoire. Et pas seulement en raison des multiples conditions imposées par Draghi en échange de l’usage possible de la force. La Banque centrale européenne ne pourra plus servir de bouc émissaire. La décision de la BCE redonne de l’air aux pays les plus en difficultés, comme l’Espagne ou l’Italie, mais remet aussi paradoxalement la pression sur plusieurs Etats-membres – en particulier la France – qui doivent plus que jamais faire la preuve d’une gestion résolue. Elle permet aux responsables politiques d’adapter enfin le modèle européen aux réalités d’un monde nouveau sans avoir un pistolet sur la tempe. En prenant toutes ses responsabilités à l’extrême limite de son mandat, la banque renvoie la balle dans le camp des politiques. » [Libération]

« La BCE s’est enfin décidée à mettre sa force de frappe pour lutter contre la spéculation qui a fait grimper les taux d’intérêt de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal et touche aujourd’hui (négativement) l’Espagne et l’Italie et (positivement avec des taux très faibles) des pays comme l’Allemagne et la France. […] Mario Draghi a précisé que la décision de créer l’OMT a été prise à l’unanimité moins une voix (celle de Jens Weidmann, le patron de la banque centrale allemande évidemment, désormais complètement isolé) et que son objectif est clair : créer « un filet de sécurité efficace pour éliminer totalement les risques extrêmes dans la zone euro ». Car de son point de vue, les taux d’intérêt payés par l’Espagne et l’Italie sont dus en partie seulement à l’état d’inquiétude quant à leurs finances publiques, le reste tenant à des craintes injustifiées des investisseurs sur l’avenir de la zone euro. Un constat juste : dommage d’avoir perdu 3 ans !» [Alternatives économiques]

Pour plus de saveur, deuxième couche, commentée (et à prendre parfois au deuxième degré) :

Le Monde : « La satisfaction des marchés, qui ont salué la décision de la BCE, ne doit pas masquer les questions qui subsistent. Economiquement, l’intervention de Mario Draghi s’apparente à une bonne dose de cortisone. {cynanure, cyanure, c’est un disciple du docteur Schwartzenberg} Elle calme la douleur provisoirement, ce qui est indispensable. Mais il convient de poursuivre le traitement. {Ouaip, comme on pourrait dire en médecine, ce n’est pas parce que le traitement ne marche pas qu’il ne faut pas continuer} […] Entourée de voisins qui se réforment tous dans la foulée de l’Allemagne, {Arzooo, baisser les zalaires, très booonne idée} la France serait bien avisée de s’en inquiéter. […] Mais il conviendra un jour d’arrêter le traitement du docteur Draghi, car la situation devient politiquement intenable. {putain de cons d’électeurs, va} […] Surtout, Mario Draghi s’est imposé comme le seul homme fort de l’Europe {yep sévèrement burné le Mario}, l’ultime recours d’une zone euro à la dérive {Rôôôô le petit père des peuples aisés, grand timonier de la finance internationale qui va sauver nos vies parce qu’il juste trop bon ce saint homme…}. C’est inacceptable pour l’équilibre démocratique du continent. La BCE est celle qui dicte la politique économique de l’Union, à son corps défendant. Les responsables politiques doivent reprendre la main.»

Libération : « A Francfort, ce ne fut pas un «jeudi noir», mais un jour d’espoir ou plutôt d’immense soulagement {ouiii, pour la 46eme fois depuis le début de la crise – mais le journaliste de gauche apprend lentement apparemment. Généralement, au 274e foutage de gueule, il a compris, merci donc de prévoir un délai}. Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a prononcé une phrase qui vaut son pesant de milliards d’euros {tu l’as dit bouffi, mais c’est nous qui allons les payer}. Avis aux spéculateurs : la banque rachètera désormais «sans limite» de la dette des Etats de la zone euro {ouaiiii 147 882 141 Md€ il va acheter, c’est un dingue Mario la Saumure !!!!}. En économie, ce sont les banques centrales qui disposent de la force de dissuasion {Théorème démontré brillamment par Jean-Paul Pignouf en 1923}. Encore faut-il qu’elles veuillent bien s’en servir. Cette fois, le message est clair : quiconque jouera de manière «infondée» contre l’un des pays de la zone subira des pertes immédiates {Treeeeeeemble infââââme marché, ton ennemi héréditaire Mario que tu as longtemps salarié est lààààààà}. Ce n’est plus une digue de papier qui protège la monnaie unique, mais une puissance dotée d’une arme financière quasi atomique {Nous atterrirons dans quelques minutes à l’aéroport international d’Hiroshima. Merci de bien vouloir éteindre vos joints. La température au sol est de 416 °C et le temps est vraiment très très sec. Le commandant Draghi espère que vous avez réalisé un excellent voyage à bord de BCE Airways et espère vous retrouver bientôt pour une nouvelle monnaie unique} ! La France et les pays qui réclamaient à cor et à cri ce revirement stratégique de l’institution européenne {on a gagnéééé, Liliane est sauvvéeee} auraient tort, pourtant, de se laisser griser par cette victoire {bah ouaii, évidemment !!!! Une victoire facile contre l’Allemagne, il y a forcément un piège !!!}. Et pas seulement en raison des multiples conditions imposées par Draghi en échange de l’usage possible de la force {oui Mario, fais-nous mal, défonce-nous notre épargne, vas-y, grand fou}. La Banque centrale européenne ne pourra plus servir de bouc émissaire. La décision de la BCE redonne de l’air aux pays les plus en difficultés, comme l’Espagne ou l’Italie, mais remet aussi paradoxalement la pression sur plusieurs Etats-membres – en particulier la France – qui doivent plus que jamais faire la preuve d’une gestion résolue {Arzooo, baisser les zalaires, très booonne idée – bis repetita}. Elle permet aux responsables politiques d’adapter enfin {je t’en foutrais de l’enfin moi. Tiens, parlons “enfin” de l’avantage fiscal des journalistes, les 7 650 € d’abattement supplémentaire des revenus, mis en place dans le monde ancien de 1934} le modèle européen aux réalités d’un monde nouveau {cons d’électeurs qui ne veulent pas bosser 6 jours sur 7 sans protection sociale, va} sans avoir un pistolet sur la tempe {Pôôôôv États chous qu’ont juste fait 2000 Md€ de dette pour les distribuer à divers rentiers, ils ne vont quand même pas subir des conséquences !}. En prenant toutes ses responsabilités à l’extrême limite de son mandat {euh, Singapour, c’est l’extrême limite de la France ou pas ?}, la banque renvoie la balle dans le camp des politiques. {cons de politiques va ! Elle va même vous donner 12 balles dans la peau}»

Alternatives économiques : « La BCE s’est enfin {re-enfin, donc. 200 Md€ en stock, ça ne qualifiait donc pas pour un “enfin”} décidée à mettre sa force de frappe {BOOOOOOOM. Ci-git l’ancienne économie française} pour lutter contre la spéculation {c’est amusant cette pathologie consistant à croire qu’un emprunteur public qui gère ses finances comme un goret pour claquer de l’argent n’importe comment [Aéroports à quelques années du pic pétrolier ? Avions rafale ? Baisse de TVA dans la restauration ? Baisse de 3 centimes du litre d’essence ? Ronds-points ? ] et qui court au défaut semble avoir un DROIT absolu à ce qu’on lui prête de l’argent à pas cher. J’imagine que toutes ces personnes ont placé leurs économies en bons espagnols à 7 % du coup.} qui a fait grimper les taux d’intérêt de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal et touche aujourd’hui (négativement) l’Espagne et l’Italie et (positivement avec des taux très faibles) des pays comme l’Allemagne et la France. […] Mario Draghi a précisé que la décision de créer l’OMT {allez petit concours pour les lecteurs : trouvez une définition drôle à ce sigle en commentaire. Je propose « On Massacre Tout »} a été prise à l’unanimité moins une voix (celle de Jens Weidmann, le patron de la banque centrale allemande évidemment {évidemment… Comment compter sur un boche… ?}, désormais complètement isolé {Niark niark, bien fait le boche, bien fait !!!!}) et que son objectif est clair : créer « un filet de sécurité efficace pour éliminer totalement les risques extrêmes dans la zone euro » {bienvenue en EURSS, vous apprécierez notre presse critique et impertinente, toujours disposée à susciter le débat et la contradiction. On déplorerera seulement sa petite manie d’employer souvent le mot sécurité pour que le bon peuple ne réfléchisse pas}. Car de son point de vue {totaaaaalement impartial}, les taux d’intérêt payés par l’Espagne et l’Italie sont dus en partie seulement à l’état d’inquiétude quant à leurs finances publiques, le reste tenant à des craintes injustifiées {je dirais même plus : totalement injustifiées. L’Union Latine durera encore 1 000 ans d’ailleurs} des investisseurs sur l’avenir de la zone euro {sont cons les gens quand même, avec une telle zone de solidarité permanente quand même…}. Un constat juste : dommage d’avoir perdu 3 ans ! {bah ouais, tout ça à cause de quelques élus qui défendaient un minimum les intérêts de 90 % de la population, je t’enverrais tout ça au gniouf moi ! Oh Roooooobert, tu nous ressers une Tourtel ?}»

Au passage, je ne sais pas quel est l’handicapé mental qui a le premier employé des mots militaires pour la BCE – “bazooka” ou “force de frappe”. En tout cas, rassurez-vous, votre épargne est évidemment clairement du mauvais côté du bazooka, et va, en effet, finir par se faire atomiser avec cette gestion irresponsable (le mot « criminelle » m’a effleuré).

Parce que le plus drôle, après tout ça, c’est que, pour justifier ce hold-up, on veut nous faire croire ce magnifique conte pour enfants qui est que, une fois qu’on a rendu les 30 M€ à Liliane, sauvés par miracle par le crime monétaire draghien, elle va courir pour les re-prêter à 4 % à l’Espagne…

Amusant, non ?

Le flan

J’ai été dur, mais il y a plus drôle. C’est qu’en fait, il n’y a rien de bien nouveau, voire rien de nouveau du tout.

La BCE a DÉJA acheté des obligations de ces pays en 2010-2011, nous avons même régulièrement suivi ces achats sur le blog. La seule nouveauté est que Draghi a employé le mot « illimité ». Or, mis à part la connerie des commentateurs et l’abjection des décideurs financiers, je ne connais rien d’illimité sur cette planète. S’ils en rachètent 200 Md€ comme la première fois, ce sera déjà beaucoup vu la taille des bilans. Et comme cela a marché quelques mois la fois d’avant, il en sera de même ici.

Plus encore, pour bénéficier de ces achats, il faut que l’État ait demandé les aides du FESF. Ce qu’aucun État ne veut, préférant largement une manucure à la râpe à fromage ou un mois non-stop de récital de Mireille Mathieu.

Donc si cela se trouve, la BCE ne va juste rien racheter, et ces déclarations seront restées, comme d’habitude, au stade du flan…

Mais rassurez-vous, tout n’a pas été perdu. Entre jeudi et vendredi, les actions du Crédit Agricole et de la Société Générale ont augmenté de 16 % – les initiés ont donc atteint leurs objectifs de l’année…

Rions un peu

Ah, j’avais oublié de me griller aussi avec France 2 :

“La BCE est devenue l’acteur incontournable de la crise de l’euro, et son président donne une leçon aux responsables politiques européens. Avec ces seules solutions, il a sûrement plus fait pour sauver l’euro que les chefs d’État des 27 réunis, en 19 sommets de crise. “

Bien sûr…

Oups, on me signale dans l’oreillette l’existence de rumeurs insistantes faisant état de l’existence d’une presse en Allemagne :

« La boîte de Pandore a été définitivement ouverte au profit des pays criblés de dettes » [quotidien conservateur Münchener Merkur]

Il a « rompu avec un principe d’airain de la politique monétaire allemande », souligne le journal conservateur Die Welt. « Les Bourses jubilent, pour l’Allemagne c’est le cauchemar qui commence », ajoute-t-il, agitant le spectre de l’inflation et évoquant « la mort de la Banque centrale allemande », seule contre ce projet.

« D’abord il y a eu l’interdiction inscrite dans les traités de renflouer un pays membre qui a été transgressée, maintenant c’est l’interdiction à la BCE de financer la dette d’un État », déplore le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

La BCE « ouvre les vannes à liquidités au détriment des contribuables allemands (…) Le silence insoutenable de la chancelière face à ce scandale pourrait avoir des conséquences considérables sur les élections (notamment législatives) de 2013 », pronostique le Rhein-Neckar Zeitung.

Je suis méchant. Patrick Artus a réalisé une analyse intéressante à télécharger ici, et Arrêts sur Images, par la voix d’Anne-Sophie Jacques, donne comme d’habitude un bel exemple de probité journalistique [je vous recommande au passage de soutenir ce site indispensable en vous abonnant – c’est 3,5 € par mois]

Pour finir…

Toutes ces histoires de magouilles ignobles, et, plus largement de dettes publiques ou d’euro m’ont depuis longtemps rappelé cette scène mythique de Pinot simple flic. Que je me suis décidé à monter :

Ainsi, pour les économistes et autres commentateurs, l’euro, « Ça passe large ».

Et sur le papier, ils ont raison, ça passe du côté des économistes : il suffit de faire un seul modèle social dans la zone, de piquer une bonne partie de l’épargne des Français pour rembourser aux étrangers nos dettes et faire en sorte que les Grecs gardent l’euro, de supprimer 90 % du pouvoir des parlements pour les confier à des technocrates (mais attention, « apolitiques », hein, n’ayant fréquenté que les bons milieux apolitiques néolibéraux).

Mais pas de chance, du côté des peuples, ça ne passera jamais, il n’y a juste pas la place – ce qu’est apparemment incapable de comprendre un économiste idéologue actuel, pas plus que n’était lucide un économiste communiste en URSS…

Et bêtement, « il y a deux côtés sur une monnaie unique »…

P.S. : quand l’expérience aura lamentablement échoué, vous verrez d’ailleurs qu’ils expliqueront que c’est à cause du peuple qui n’a pas été à la hauteur de ses élites visionnaires – pathologie mentale classique des dirigeants faillis. Quand le building s’écroule, ce n’est évidemment pas à cause des plans foireux de l’architecte promis à l’échec certain, incapable de définir une stratégie victorieuse, non, c’est à cause de la gravité !

173 réponses à La politique de la BCE pour les nuls

  1. SnoiD Le 10 septembre 2012 à 00h25
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    Ah bah voilà là c’est clair 😀

    merci Olivier ! 


    • SnoiD Le 10 septembre 2012 à 00h39
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      Une question au passage puisque vous parlez de “l’expérience” monnaie unique. Dans votre prochain livre aborderez vous des pistes/solutions pour une/des nouvelles expériences pour notre future monnaie ? 

      Merci d’avance 🙂 


  2. un lecteur Le 10 septembre 2012 à 03h05
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    “En tout cas, rassurez-vous, votre épargne est évidemment clairement du mauvais côté du bazooka, et va, en effet, finir par se faire atomiser avec cette gestion irresponsable (le mot « criminelle » m’a effleuré).”
     
    Mais comment est ce que vous définissez “l’épargne” :
    est ce l’ensemble des fonds que l’on a déposé en banque sans distinction ?
    est ce uniquement les fonds investis en bons du trésors via des assurances vies?
    est ce les billets planqués sous le matelas de tante yvonne ?
     
    Parce que vu comment l’article est tourné, vous dites qu’on met en danger l’épargne des gens pour sauver l’épargne de liliane… hors les deux sont plus ou moins investis sur les mêmes supports et font partie du même système financier. Donc sauver l’un équivaut à sauver l’autre, et mettre en danger l’un met en danger l’autre.
    Il y a quelque chose qui m’échappe.
     


  3. Suricat Le 10 septembre 2012 à 03h09
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    Bonjour,
    Il me semble que la BCE a indiqué 2 conditions au rachat de dette “illimité” :
    – il faut que l’État ait demandé les aides du FESF
    – les rachats de dettes devront être “stérilisés”

    Je crois avoir lu que les moyens de stérilisation de la BCE sont justement “limités” et donc que les rachats de dettes ne pourront être “illimités”.

    D’ailleurs je ne sais pas en quoi consiste cette stérilisation, comment elle est effectuée, au détriment de qui et de quoi. Pouvez-vous nous éclairer sur ce sujet ?

    Merci. 


  4. Jean-Baptiste B Le 10 septembre 2012 à 05h04
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    Le système des dettes publiques fonctionne de la même façon. Les contribuables B empruntent de l’argent aux riches épargnants A.

    Illusion fatale. D’où vient la monnaie des riches épargnants A ? Sauf s’ils sont de faux-monnayeurs ou s’ils ont piraté les ordinateurs de la banque centrale, elle vient de l’État, monopole légal d’émission de la monnaie officielle de cet État (je parle ici de monnaies fiduciaires). Or, l’État, par une excentricité qu’il serait trop long d’expliquer, décide que cette monnaie n’est disponible qu’à la banque centrale et que moyennant un remboursement à intérêt.
     
    Donc aucune économie avec ces règles de fonctionnement ne peut avoir pus de monnaie que de dettes, au contraire, il y a toujours les intérêts de la dette en plus du stock de monnaie, au minimum.
     
    Donc, il faut qu’au moins une personne se dévoue pour faire du Ponzi, c’est à dire créer une dette qui ne sera remboursé que par de nouvelles dettes, pour que les autres puisse épargner sur ce flux financier initial.
     
    Pour tout un tas de raisons très légitimes, c’est l’État qui prend le « risque » de se « surendetter » en sa propre monnaie, et d’amorcer ainsi l’économie. Par les mécanismes de la banque centrale, ça ne pose aucun problèmes ni de taux d’intérêt, ni de solvabilité, et par les mécanismes de stabilisateurs automatiques, ni d’inflation.
     
    Si l’euro ne parvient pas à maîtriser ses dettes publiques, c’est en raison de l’arrangement institutionnel délibérément castrateur et dont l’échec pouvait être prédit depuis longtemps.
     

    C’est relativement normal, au vu des monceaux d’âneries déversés sur un sujet qui semble complexe, mais qui ne l’est en rien.
    […]
    Heureusement, il y a les blogs…
    À la base : un simple problème de prêt
    Toutes ces histoires complexes se résument simplement en une histoire millénaire de créanciers et de débiteurs.

     
    La réalité souvent est complexe, si c’est trop simple, c’est peut-être trop simple pour être vrai 😉
     


  5. Surya Le 10 septembre 2012 à 06h20
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    Pour l’utilisation du terme “bazooka” je crois que c’est Stéphane Soumier qui l’a utilisé en premier dans Good Morning Business
    Comme la BCE prendra les pertes; c’est peut-être le moment d’acheter de l’oblig espagnole pour faire une jolie plus value le moment venu 🙂 (ironie insde)


  6. Caleb Irri Le 10 septembre 2012 à 06h33
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    Bonjour Olivier. beau travail explicatif, vous permettez la compréhension de cette arnaque très simplement, et nous sommes de plus en plus nombreux à constater l’irréalité de toute cet argent (http://calebirri.unblog.fr/2012/09/04/crise-de-la-dette-le-roi-est-nu/) et qu’il suffirait de refuser la dette pour qu’elle “fonde” comme neige au soleil (http://calebirri.unblog.fr/2012/08/25/mais-ou-est-donc-passe-largent/). Maintenant, une fois que nous serons très nombreux à “savoir”, qu’allons-nous faire : nous laisser embobiner comme à l’habitude, mettre toutes les têtes de ces types au bout d’une pique, ou prendre enfin nos responsabilités et faire cesser ce jeu de dupes ?
     
    Et question subsidiaire : comment ?
     
    une belle manif, attendre encore 5ans de nouvelles élections, un bankrun (ou la menace d’un bankrun ?) ….
     
    Quelle est votre solution ?


  7. jonsnow Le 10 septembre 2012 à 08h11
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    “Au passage, je ne sais pas quel est l’handicapé mental qui a le premier employé des mots militaires pour la BCE – “bazooka” ou “force de frappe”. En tout cas, rassurez-vous, votre épargne est évidemment clairement du mauvais côté du bazooka, et va, en effet, finir par se faire atomiser avec cette gestion irresponsable (le mot « criminelle » m’a effleuré).”

    Vous savez bien qu’en économie comme en toute chose le journaliste ne voit que des affrontements, des attaques ciblées, des frappes chirurgicales ou des dommages collatéraux. C’est ce qu’on lui a appris. Ca fait vendre. Enfin en théorie.
    Toujours est-il que lorsque la BCE pointera son bazooka sur les marchés, il visera chirurgicalement. Et tant pis pour les morceaux de viandes qui seront devant. Z’ont qu’à pas contribuer comme des cons.
    P.S: Vos commentaires sont plus crûs que d’habitude. ; )


  8. DAVID Le 10 septembre 2012 à 08h38
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    Ah enfin, on retrouve notre pistolero à nous, le pourfendeur des inégalités, le zorro des créanciers !
    Plus sérieusement, je trouve vos arguments toujours légitimes et votre style agréable mais j’ai toujours un doute. Je doute que tout cela engendre de l’inflation, je doute qu’il y ait des gentils pauvres et des mechants riches (et je suis pauvre), je trouve que ce que dit Jean Baptiste a qq interêt même si ça me laisse perplexe.
    L’avenir viendra annihiler ces doutes, à voir dans quel sens !
    Chapeau pour le boulot fourni


  9. yoananda Le 10 septembre 2012 à 08h39
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    Ce n’est pas que Lilianne qui a gagné, vous vous trompez la dessus cher Olivier. La gauche jubile avec raison, parce que avec tout cet argent gratuit l’état va pouvoir se payer plus de fonctionnaires, donner plus d’aides au feignants, subventionner encore plus les zones de non droit pour avoir la paix sociale, payer ses chômeurs, garder des retraites bien grasses.
     
     
     
    On aurait tort de penser que seuls les super riches sont dans la balance. C’est même la tout le vice de ce système d’avoir embarqué tout un tas de “client” dans le bateau étatique. Avant, quand il n’y avait pas de sécu et le reste, on n’avait qu’a taxer les riches.
    Ca c’était avant. Aujourd’hui nous sommes dans une ère de clientélisme généralisé. Le nombre de personnes qui ne survivent que grâces aux aides de l’état est simplement faramineux. Aider les pauvres c’est bien, mais la, c’est le boat people qui est tellement surchargé qu’il va couler.
    Le problème c’est qu’on a finit, a force de l’ampleur des aides, par introduire une course a la subvention (peu importe la forme qu’elle prends -niche fiscale, aide au logement, exemption de cotisation, optimisation fiscale, allocs en tout genre).
    On est en train de finir de tuer le tissu productif. A quoi bon travailler si c’est pour enrichir uniquement les autres et crouler sous les impôts. L’économie grise se développe (et avec elle la criminalité) et ce n’est pas un hasard. C’est l’état de droit qui suinte en définitive
    C’est bien pour rendre les choses plus explicite et ludique de prendre mémé Bettencourt, mais vous auriez du aussi citer Gaston retraité fonctionnaire, et Mourad chômeur aux allocs.


    • toutouadi Le 10 septembre 2012 à 10h04
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      “Aider les pauvres c’est bien, mais la, c’est le boat people qui est tellement surchargé qu’il va couler.”

      C’est vrai que le radeau de la méduse c’était mieux… On y sabrait à tour de bras. 


    • Vénus-Etoile du Berger Le 10 septembre 2012 à 10h36
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      [Modéré : on reste courtois – en revanche, arguments bienvenus]


      • Vénus-Etoile du Berger Le 10 septembre 2012 à 10h48
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        J’ai été très courtoise, je n’ai plus le temps d’argumenter  


        • Raloul Le 10 septembre 2012 à 11h45
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          Bonjour!
           
          Voici une petite interview du camarade Draghi, dans laquelle il explique que le modèle social européen est mort, et il prêche pour une plus grande flexibilité du marché du travail (quelle surprise!), tout en reconnaissant que cette flexibilisation est déjà à l’oeuvre pour les plus jeunes. Quand on voit le résultat sur les taux de chômage des jeunes, on ne peut qu’être consterné en lisant que Draghi préconise ces mesures dans le but de favoriser l’emploi (entre autres).
          C’est du pur foutage de gueule, énorme, indigne. C’est normal pour un banquier central de tenir de tels propos? Il voudrait pas plutôt faire campagne et prendre directement le pouvoir, ou faire un joli coup d’état militaire bien dans la tradition, comme ça les européens seraient au courant? C’est encore le peuple par ses représenatants qui choisit son modèle social, ou bien c’est devenu les banquiers centraux? Il se croit où, le goldman-sachsiste? Il veut venir écrire directement le code du travail des pays européens?
          http://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2012/html/sp120224.en.html
           
          Le seul aspect pour lequel je reconnais un peu de lucidité à M. Draghi, c’est l’analyse d’un conflit de générations larvé, avec des règles et des contraintes très différentes pour les jeunes, imposées par une génération qui a connu elle des conditions de travail incomparables. Sujet explosif et régulièrement passé sous silence.
           
          Alors bon, en toute courtoisie, suggérer que “Mourad, chômeur aux allocs” soit en situation de placer judicieusement son éventuel capital dans des obligations “quasi-garanties” par la BCE, c’est un peu gros, non? Pour un fonctionnaire retraité, je ne sais pas, s’il était flic avant sa retraite, peut-être que les citoyens de l’époque où il officiait étaient contents de voir leur sécurité assurée par quelqu’un (j’aimerais juste rappeler qu’un fonctionnaire n’est pas forcément inutile par nature… 🙂 )? On peut gloser sur la taille idéale du secteur public, mais ceci doit découler d’un choix démocratique, et en tous cas pas des aprioris idéologiques de banquiers centraux.


        • chris06 Le 10 septembre 2012 à 13h04
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          @Raloul,

          merci pour le lien, mais je trouve votre lecture de cette interview particulièrement biaisée:

          WSJ: Which do you think are the most important structural reforms?
          Draghi: In Europe first is the product and services markets reform. And the second is the labour market reform which takes different shapes in different countries. In some of them one has to make labour markets more flexible and also fairer than they are today. In these countries there is a dual labour market: highly flexible for the young part of the population where labour contracts are three-month, six-month contracts that may be renewed for years. The same labour market is highly inflexible for the protected part of the population where salaries follow seniority rather than productivity. In a sense labour markets at the present time are unfair in such a setting because they put all the weight of flexibility on the young part of the population.
          WSJ: Do you think Europe will become less of the social model that has defined it?
          Draghi: The European social model has already gone when we see the youth unemployment rates prevailing in some countries. These reforms are necessary to increase employment, especially youth employment, and therefore expenditure and consumption.” 

          WSJ: quelles sont les réformes structurelles les plus importantes?

          Draghi: En Europe, premièrement, il y a la réforme des marchés des produits et services. En deuxième, il y a la réforme du marché du travail qui devra prendre différentes formes suivant les pays. Dans certain d’entre eux, il faudra une plus grande flexibilité ainsi qu’une plus grande justice qu’aujourd’hui. Dans ces pays il existe aujourd’hui deux marchés du travail distincts: d’un côté pour les jeunes il y a une grande flexibilité avec des contrats de 3 ou 6 mois qui peuvent être renouvelés pendant des années. De l’autre il y a un marché du travail très inflexible pour la partie protégée de la population où les salaires suivent la séniorité plutôt que la productivité. Dans ce sens, les marchés du travail sont injustes dans cette configuration car ils mettent tout le poids de la flexibilité sur les jeunes.

          WSJ: pensez vous que l’Europe deviendra moins le modèle social qui l’a défini?

          Draghi: le modèle social européen est déjà en miettes quand on voit le taux de chômage des jeunes qui existe dans certain pays. Ces réformes sont nécessaires pour favoriser l’emploi, particulièrement chez les jeunes, et ainsi augmenter les dépenses et la consommation.

          “C’est du pur foutage de gueule, énorme, indigne.”

          En quoi ce qu’il dit plus haut est il du pur foutage de gueule?
           


          • norbix Le 10 septembre 2012 à 14h31
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            Bien sût Mr Draghi est un philanthrope qui cherche à sauver les pauvres jeunes contre les méchants vieux. La ruse est éculée : opposer des pauvres aux moins pauvres pour que tous le monde soit rabaissé au rang de la première catégorie. On lutte contre le coût du travail mais pas contre le coût du capital, qui, en passant, nous a pété en pleine poire.


          • chris06 Le 10 septembre 2012 à 16h04
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            @norbix,

            mis à part un bref interlude à la fin des années 70 / début des années 80 (principalement dû à la stagflation) la répartition de la valeur ajoutée entre travail et capital est restée stable pendant les cent dernières années. Je pense pas que ça soit une nouvelle réforme du marché du travail qui va changer cela, par contre cela pourrait avoir des conséquences sur la répartition de la valeur ajoutée entre travailleurs jeunes et moins jeunes, je ne vois pas en quoi c’est du pur foutage de gueule!


          • Raloul Le 10 septembre 2012 à 16h10
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            Bonjour!
             
             
             
            Merci pour la traduction. Quand je lis: “il y a la réforme du marché du travail qui devra prendre différentes formes suivant les pays. Dans certains d’entre eux, il faudra une plus grande flexibilité ainsi qu’une plus grande justice qu’aujourd’hui.”, je lis bien: “IL FAUDRA UNE PLUS GRANDE FLEXIBILITE“. Non, c’est plus clair en majuscules et en gras?
             
            Je trouve dingue et “totally non-sense” de dire que le poids de la flexibilité repose actuellement sur les jeunes, de constater deux phrases plus loin que le chômage touche particulièrement les jeunes, et de préconiser dans la foulée qu’une réforme qui vise à davantage de flexibilité puisse être souhaitable, en particulier pour favoriser l’emploi. C’est pas un peu débile – ou purement idéologique – comme raisonnement, à moins qu’il y ait une subtilité que je ne comprenne pas?
             
            J’y vois un nivellement par le bas du statut de salarié, voire même une tendance délibérée à vouloir démolir ce modèle social qui fait justement de l’Europe ce lieu dont rêvent des millions d’immigrés futurs potentiels. Que l’on brade ce modèle pour x raisons, ok pourquoi pas, même s’il me semble qu’il n’y a pas de raison objective, à part se mettre aux ordres de financiers qui en veulent toujours plus, d’une façon qui devient extrême; mais c’est un choix de société, politique, et ne doit sûrement pas être le fait de technocrates non élus, ou de gouvernements imposés de fait à des populations qui n’en veulent pas (Grèce, etc…). Sinon il y a quand même des risques que ça se finisse un peu mal, surtout quand les jeunes, dont je fais partie, se mettront vraiment en colère.
             
             
             
            Comme je l’ai dit plus haut, je partage avec M. Draghi l’analyse selon laquelle il y a une injustice flagrante entre les générations, et c’est un sujet explosif. Mais j’ai l’impression que la “vision” de Draghi est qu’il faut “réparer” cette injustice en imposant la flexibilité à tout le monde, plutôt que de chercher à équilibrer la balance par le mouvement inverse, à savoir permettre à la jeune génération de bénéficier de conditions assez similaires à celles dont a bénéficié la précédente. Bien sûr, c’est totalement à contre-courant des tendances actuelles, mais on n’aurait pas besoin d’un virage à 180 degrés ces temps ?
             
             
             
            Ceux qui disent « on n’a pas les moyens » doivent m’expliquer pourquoi on a les moyens de sauver des banques de la faillite ou le capital de rentiers, mais pas ceux de garantir une vie correcte aux citoyens.
             


          • Raloul Le 10 septembre 2012 à 16h37
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            Bonjour!
             
            Pendant qu’on y est:
            http://www.contreinfo.info/article.php3?id_article=1487
            A réfléchir…
             


    • Christophe Vieren Le 10 septembre 2012 à 10h49
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      @Yoananda écrit “A quoi bon travailler si c’est pour enrichir uniquement les autres et crouler sous les impôts”
      C’est vrai cela. D’ailleurs, le sort de “non travailleurs” est tellement enviable que je te suggère de laisser ta place à un des 4 millions de chômeurs. Je suis sûr qu’il y en a au moins un qui sera intéressé et cela fera 2 heureux de plus : toi, qui envie les chômeurs, et le chômeurs qui gagnera un peu plus que les minima sociaux et/ou se sentira utile à la société au lieu de se faire c…. devant sa télé à longueur de journée.
      J’oubliais : Seul la moitié des personnes ayant droit au RSA l’on réclamé, soit 1,3 millions de personnes !!!! Salauds de pauvres.
      Autre chiffre : 5% de la population française  étaient allocataires de minima sociaux dont 2% pour le RSA (resp. 3,5 millions dont 1,3 millions) en 2009.
      Source : Protection et aide sociale, paragraphe Allocataires de minima sociaux, INSEE.
      Question : comment cela se passe dans des états non providence tels les USA ? L’économie se porte mieux ?
       


      • GRRR Le 10 septembre 2012 à 17h07
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        Bravo Christophe! Et d’autres.
        Je rajouterai que moins de 50% des chômeurs sont indemnisés par les ASSEDIC, certains autres doivent se contenter, pour une durée limitée, d’environ 470€ par moi pour (sur)vivre. Alors honte à ceux qui tiennent des discours stigmatisant à l’égard de ceux que j’appelle “privés d’emploi” donc privé du droit de vivre correctement. Ceux qui peut-être favorisent cette situation et même l’aggravent en jouant au grand casino! Je me souviens avoir une discussion avec des connaissances anglaises possédant une maison près de chez moi qui me disaient: ” ah, c’est comme en Angleterre, les aides sociales sont trop élevées alors ça n’incite pas les gens à travailler!” Dans le même temps ils sont capable d’écouter des journalistes leur énumérer le nombres d’emplois qui disparaissent tous les jours!
        Ras le bol de ces discours minables!


        • toutouadi Le 11 septembre 2012 à 10h08
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          “privés d’emploi” 

          Excellent 


        • vulcano8 Le 24 septembre 2012 à 10h32
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          Ras le bol de ces discours minables!
          Hélas ces discours ne traduisent que des faits réels
          J’ai une expérience personnelle véridique a verser au dossier .
          Le dispositif CESU ( chèque emploi) très souple permet très facilement de proposer un emploi pour des aides à domicile , en particulier pour les retraités ( des improductifs .. selon des intervenants ci dessus !!)
          J’avais un emploi assez régulier , proposé sur un site d’annonces web. Je n’ai pas eu beaucoup de réponses . J’ai proposé cet emploi à un père de famille de 6 enfants considérant qu’il devait avoir la priorité et payé correctement au dessus du SMIC

          Tout c’est bien passé pendant 2 mois jusqu’au jour ou il m’a déclaré
          ” je viens de Pole EMPLOI , ils m’ont dit que vu mon nombre d’heures chez vous , j’avais droit au chômage .”
          Il m’a demande une attestation correspondante en m’indiquant
          “” en travaillant je perds tous mes avantages ( Loyer pris en charge par la CAF – Plus de CMU etc ..) et somme toute je vais gagner un peu moins … mais sans travailler , en restant chez moi
          Détail complémentaire ” il m’a fait comprendre qu’en étant chômeur il accepterait de continuer a venir travailler si je ne le déclarais plus en CESU
          CE que j’ai REFUSE catégoriquement
          C’est cela la réalité .tout en précisant qu’il ne faut pas mettre tous les demandeurs d’emploi dans le même sac !!


        • melody vers Le 27 septembre 2012 à 13h10
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          Je plaindrai les chômeurs le jour où ils viendront participer aux manifs des salariés, forts de leurs 5 millions de bataillons. Où se cachent-ils ? Pourtant de nombreux retraités y ont participé. L’individualisme à outrance a élevé un “lumpenproletariat”, qu’il faudra rééduquer d’une manière ou d’une autre au lieu d’acheter la paix sociale à bon compte sur le dos du salarié. Sinon je suis en colère que mes impôts subventionnent les banksters plutôt que des emplois pour jeunes et moins jeunes dnas des secteurs utiles à la société et que la sphère marchande ne peut satisfaire à part au prix d’un lance-pierre.


    • yoananda Le 10 septembre 2012 à 11h13
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      Il ne faut pas confondre solidarité, redistribution, assurance, et état et tout mélanger dans une sorte de gloubiboulga “c’est l’état qui doit résoudre tous les problèmes de tout le monde sinon ça veut dire qu’on est pas humain et qu’on à pas de coeur”.
      D’abord, il y a les associations. La solidarité passe aussi par elles. Et d’ailleurs elles font un meilleur boulot (parce que ce sont des gens motivés et non forcés) que l’état en général. (bon l’état les finances aussi mais soit)
      Le chômage, a la base, c’est une assurance. Que ce soit l’état qui la finance ou les travailleurs eux même, que je sache, le débat n’est pas clos. L’argument “t’as qu’a te mettre au chômage” n’est pas la question. La question c’est qui paye et combien, quel montant. Je ne discute pas le principe même du chômage ! Non mais je rêve … C’est quoi ces arguments en bois, totalement basés sur l’émotionnel, genre “toi t’es le méchant et moi je suis la gentille princesse parce que dans les film de Wall Disney c’est comme ça”.
      La redistribution, c’est encore autre chose. Elle ne doit pas forcément être systématisée. Redistribuer une partie des fruits de mon travail envers les gens avec qui je partage des choses (valeurs, histoire, langue, idéaux, objectifs, rêves) pourquoi pas. Mais dans ce cas, j’estime qu’au minimum j’ai mon mot a dire. Je sais qu’il y en a qui sont les champions pour décider d’être généreux avec l’argent des autres.
      Ensuite se pose la question du mandat de l’état. Qu’il se mêle de tout parce que maintenant on n’a plus d’église pour le faire à sa place, je ne suis pas d’accord sur le principe. Cette infantilisation devient ridicule. Avec des abus hallucinant :
      je discutais avec une employée des HLM qui était tout fière de me dire que grâce a son travail, quelqu’un qui ne travaillait pas était mieux logé que quelqu’un qui travaillait …
      Et puis il y a le problème des fonctionnaires. Je ne suis pas contre le principe. Mais a un moment, il faut arrêter de se voiler la face : on paye plus, le service se dégrade.

      [Modéré],

      il faut voir les conséquences : pour sauver tous ces avantages on est en train de piller la planète, de mettre les grecs en esclavage, etc…
      Pour assurer confort aux fonctionnaires, [Modéré], ça oblige l’état a sacraliser la dette. Après c’est sûr, c’est la faute aux vilains marchés, et a mémé Bettencourt !


      • toutouadi Le 11 septembre 2012 à 10h43
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        Le “privé d’emplois” n’a qu’a créer son entreprise et se sortir les doigts … personne ne l’en empêche. Pourquoi tout devrait lui tomber tout cru dans la bouche ? 
        Complètement puérile comme argumentation, c’est du déterminisme social. (Ce sont les pauvres qui sont à l’origine de la misère et ce sont les fainéants qui fabriquent le chômage)
        Quant à l’illusion de l’autoentrepreneuriat… C’est la casse déguisée du code du travail et la mise en compétition des salariés, ce qui entraîne du dumping salarial et du dumping social qui nuisent à l’absorption de la production, qui à terme, détruisent les emplois et fabriquent des chômeurs fainéants !!


        • vulcano8 Le 24 septembre 2012 à 10h41
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          Merci d’atterrir
          Qui paye le salaire du salarié ? l’entreprise dont le patron n’est que le responsable ( souvent sur son patrimoine privé )
          Quand l’entreprise n’a plus de clients , que ses produits ne se vendent plus , qu’il n’ y a plus assez de recettes suffisantes pour payer les dépenses dont les salaires et les charges sociales qui vont avec ?
          Que FAUT-il Faire ? Prendre un décret pour interdire les licenciements ?


    • Vénus-Etoile du Berger Le 10 septembre 2012 à 11h37
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      Bonjour,
      Je tire ma révérence.

      Je constate que ce sont toujours les mêmes personnes qui se font censurer.
      Adishatz.


  10. Alain34 Le 10 septembre 2012 à 08h44
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  11. Patrick Juignet Le 10 septembre 2012 à 08h56
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    Excellente explication !  J’en reproduit le début dans mon blog. Bravo Olivier, dommage que tu n’aimes pas l’épistémologie.  


  12. Raloul Le 10 septembre 2012 à 09h24
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    Bonjour!
     
    Merci pour ce billet très simple et très clair, ça fait du bien d’avoir des textes très accessibles qui sont susceptibles d’intéresser un large public. Ca me paraît justifié pour le blog économique français le plus lu actuellement; tout le monde n’a pas la patience de lire les textes de Lordon, qui sont pourtant très intéressants aussi, mais largement moins accessibles. C’est aussi sympa de pouvoir recommander ces billets à des gens non passionnés par l’économie, mais ravis de comprendre un peu mieux ce qui se passe en réalité.
    De plus, ce billet permet de voir à quel point les journalistes, et par extension le pouvoir médiatique, traite d’une façon trompeuse la question des actes de la BCE. Faut-il en penser que ces journailstes soient incompétents, ou trompent-ils délibérément le public? Je penche personnellement pour la deuxième option, et c’est grave. Alors quand on voit la propagande qui essaye de démontrer que d’autres pays (Russie, etc..) sont forcément terribles en matière de liberté de presse, et que nous sommes forcément des modèles de rectitude et d’honnêteté journalistique, ça fait sourire. Heureusement qu’il reste internet et les blogs…
     
    Intéressant, la notion de crime monétaire. Bien sûr, toutes les options choisies par la BCE restent légales, bien qu’indéfendables d’un point de vue moral (c’était qui l’abruti qui voulait moraliser le capitalisme?)
    Avoir installé un personnage tel que Draghi à un poste clé représente déjà une sorte de trahison. Les politiques sont donc en totale collusion avec les intérêts du monde de la finance, que ce soient les pouvoirs exécutifs ou législatifs (d’ailleurs la faiblesse du parlement européen, seul organe directement élu par les citoyens, est aberrante).
     
    Enfin, ça ne peut plus durer ainsi très longtemps, les peuples en ont ras le bol de ces turpitudes. Si les pouvoirs politiques sont englués et totalement mouillés dans le coup, qu’il n’y a pas de moyens légaux de contrer les prédateurs intéressés par le pactole que représente la civilisation européenne (j’entends, la quantité astronomique de fric à se faire en pressurant le citron européen…), et que le pouvoir médiatique est aux abonnés absents pour mettre la pression sur les autres acteurs, ça veut dire que nous sommes dans une forme de système totalitaire. Beaucoup plus subtil que les totalitarismes du XXème (ils sont pas fous, et ont “tiré les leçons” 🙂 ).
    Une sorte de “totalitarisme tranquille”, plus proche du “meilleur des mondes” que de “1984”, avec l’appui du système médiatique que Neil Postman a superbement décrit dans un ouvrage que je recommande à tout le monde: “Se distraire à en mourir”. Je ne veux pas faire de pub indûment, ces ouvrages cités entre guillemets aident à comprendre la situation actuelle.
     
    Alors, que pouvons-nous faire? Oui, quelles sont les solutions?
     
    L’URSS a été un système totalitaire qui pu, à un certain moment et face à des échecs trop importants, s’effondrer par une décision du pouvoir central et laisser place à autre chose dans un certain calme (oui je sais il y a eu une forme de coup d’état de la part d’Elstine, etc… lire “la stratégie du choc” pour les détails), mais j’entends par là qu’il n’y a pas eu de guerre civile avec des miliers de morts. Je ne suis pas sûr que le système totalitaire qui se met en place en Europe, s’il persiste, pourra être démantelé sans violence. Je l’espère et le souhaite de tout mon coeur, mais quand je vois la répression des manifestants en Grèce, je me demande…


    • Alain34 Le 10 septembre 2012 à 10h08
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      Il ne faut pas perdre de vue non plus qui sont les ‘patrons’ des journalistes. Que ce soit TV, radios ou papier.
      Sans oublier le fait qu’eux aussi, du moins les ‘grands’, les têtes de gondoles, les ‘stars’ vivent un peu dans leur bulle, hors des réalités, avec de confortables salaires… la place est bonne et ils veulent la garder.
      Et pour certains, je pense qu’il y a une bonne dose d’incompétence et/ou de “jemenfoutisme”
       
      Le niveau pitoyable de la campagne était une belle démonstration de foutage de gueule et d’incompétence / connivence politiques/(grands)médias.


    • chris06 Le 10 septembre 2012 à 14h16
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      “Enfin, ça ne peut plus durer ainsi très longtemps, les peuples en ont ras le bol de ces turpitudes.”

      encore un bel exemple de dissonance cognitive…

      Près de trois français sur quatre espéraient une intervention de la BCE: http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120906trib000718061/pres-de-trois-francais-sur-quatre-esperent-une-intervention-de-la-bce.html 

      Comme quoi, y’a du pain sur la planche si on veut que les français comprennent ce qui est vraiment dans leur intérêt!

      Les français sont d’accord avec Super Mario, mazette v’là qu’on est mal barrés. 


      • Raloul Le 10 septembre 2012 à 17h04
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        Bonjour!
         
        Pas très étonnant, vu la “pertinence” des médias quant aux agissements de la BCE. La propagande est très efficace de nos jours. Lisez Neil Postman à ce sujet, c’est édifiant.
        Ceci dit, je ne suis pas très fan des sondages. Si vous aviez posé la question: “En avez-vous ras le bol des turpitudes de vos dirigeants politiques et économiques?” quelle aurait été la réponse à votre avis, avec quel pourcentage? ou “Approuvez-vous la collusion entre le monde de la finance et les politiques?” ou encore mieux: “En avez-vous marre d’entendre parler de la crise de l’euro tous les jours?”
        Ce serait intéressant, non?
         
        P.s.: les mécanismes des ventes pyramidales et des spirales d’engagement font recours justement aux dissonances cognitives, et massivement.


        • Raloul Le 10 septembre 2012 à 17h32
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          Rebonjour!
           
          Par ailleurs, l’énoncé de la réponse affirmative à la question est assez drôle: “Il faut que la Banque centrale européenne intervienne pour aider les pays en difficulté, car sinon ces pays chuteront et entraîneront dans leur chute toute la zone euro”
          Si les sondeurs avaient énoncé: “Il faut que la Banque centrale européenne intervienne pour aider les rentiers en difficulté, car sinon les gens qui ont spéculé sur la dette d’états risquent de subir des pertes”, j’ai comme la vague impression que les résultats auraient été un poil différents…


      • Error System Le 10 septembre 2012 à 17h20
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        Imposer sa norme par les sondages me parait être le pire gouvernement de ce monde stérilisé – ils le croient les louf d’en haut… Sauf que c’est eux les stériles !!!!! – et le meilleur moyen de révolter tout les non sondés… C’est à cause de ces pipeauteurs que j’ai revendu ma télé, excédé par toute la propagande qui noie la bande passante sous son auto-publicité et son auto-satisfaction, par tous ces traine-patins de journaleux rivés à gauche, enfin au centre, bref dans un monde imaginaire tel que l’on rêvé tous nos aristos par la suite rétrécis par le haut, par ses hommes politiques si MENTEURS !!!!! qu’ils réussiront un jour par nous faire voter pour le fn comme on espère De Gaulle bis, politiques si réticents sur leurs avantages acquis – relisez ceux qui veulent cumuler et ne pas soumettre leurs indemnités, sans oublier leur système de retraite qui se fout d’être à l’équilibre – le peuple paiera… Trop souvent entendu ces derniers temps – si vous voulez contribuer à la retraite de ces VOLEURS SANS TALENTS libre à vous, moi c’est de plomb que je rêve, celui qu’on donne aux traitres !!!!! – BREF !!!!! LES SONDAGES C’EST PAS LA VOIX DU PEUPLE !!!!!
        C’est pas vous qui reprochiez à un commenteur de s’ériger en “voix du peuple” justement ? Quand ça vous arrange vous n’hésitez pas à la proclammer ici ou là…
        Bref, la propagande c’es toujours l’autre quoi… :-()
        On dirait du Staline… 🙂


        • chris06 Le 10 septembre 2012 à 17h41
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          ça vous étonne vraiment tant que ça que le peuple, dqns son immense majorité, est favorable à l’intervention de la BCE?

          Aussi, pour que cela soit clair, personellement, je n’y suis pas favorable.

          Je ne m’érige donc pas comme “la voix du peuple”. Je reproche effectivement à pas mal de commentateurs de confondre leur opinion personnelle avec celle du peuple sans avoir le moindre élément permettant de le corroborer. Ce n’est pas mon cas ici. 


          • Error System Le 10 septembre 2012 à 22h23
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            Moi je vous demande QU’EN SAVEZ VOUS ?????? Après mille personnes interrogées, vous vous croyez autorisé à parler pour les 64 autres millions de français ? Donc je truque les sondage et par un résultat faussé j’impose mon point de vue comme celui de tout le monde ? SU-PER-DE-MO-CRA-TI-QUE !!!! Berruyer award pour cette manipulation du pouvoir au nom du peuple… Quant au peuple, “qu’ils paient” nous disent-ils les incapables d’avoir fait un budget à l’équilibre depuis 30 ans – bien payés tous ces cadres à Bercy et leurs potes ministres… Sauf que là en pleine crise, faire le jongleur et tomber ça va être un peu plus violent pour tout le monde qu’en pleine prospérité… Si demain je n’ai plus de salaire et laissé à l’abandon par ceux qui se targuent de (mal) diriger en mon nom, qu’est ce qu’ils vont prendre !!! Moi je ne prétends pas parler au nom du peuple, quoique j’accueille entre 100 et 150 personnes par jour, de tous bords et que je me fais une idée de ce que pensent mes concitoyens… Ils sont pas encore prêts à se révolter, mais l’euro… Le sentiment d’avoir été floué est largement partagé…
            Quant aux sondages, je persiste et signe, c’est de la manip d’opinion ni plus ni moins, un autre instrument pour asservir les peuples… Peut être les journaleux incitent vos sondés à espérer de l’aide de Super-Mario, mais s’il se plante ? Où va aller la confiance trahie ? En quoi va-t-elle se transformer ?
            Et les menteurs se succèdent, après des programmes auxquels ils tournent le dos une fois élus – le karscher de sarko, la croissance de hollande… Saupoudrez de chomage aggravé… D’une affaire d’intéret public/privé – au hasard Lazard-Montebourg-Pulvar ou tous les conjoints des ministres casés au gouvernement pendant… Facile, en ce moment lisez le canard enchainé, c’est scandale sur scandale, mais comme c’est la gauche, ça n’est pas repris par les médias gauchisés… Ah si c’était la droite !!!
            Comprenez, pas plus je ne pointerai du doigt un chef d’entreprise qui gère bien sa boite, embauche, fait des bénéfices et ramasse du pognon, je ne dirais mot sur les abus commis par nos élus S’ILS FAISAIENT TOURNER LA MACHINE “FRANCE”!!! Mais à part parader devant les médias… Qu’on les guillotine tous, je ne verserai pas une larme…


          • chris06 Le 11 septembre 2012 à 10h13
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            Tiens, Olivier a aujourd’hui un nouveau billet qui fait aussi référence à un sondage sur l’intervention de la BCE auprès des allemands. Vous lui donnez aussi un Berruyer award pour “manipulation du pouvoir au nom du peuple”?


  13. Lozere Le 10 septembre 2012 à 09h35
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    Derrière le patriotisme fiscal voulu par F. Hollande dans son discours télévisuel, j’ai peur qu’il faille entendre la confiscation pure et simple par l’etat des biens des français.

    Que ce soit les comptes libellés en euros, l’or ou d’autres actifs… j’ai bien l’impression que les vampires des hautes sphères se préparent à nous sucer jusqu’à la moëlle pour éviter la mort de leur système socialiste, système permettant de conserver le pouvoir et de diriger la vie de millions d’hommes.

     


    • yoananda Le 10 septembre 2012 à 10h00
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      Il y a presque 2 ans jours pour jours j’avais publié une étude sur l’état des finances de la France. Certes, c’est un travail d’amateur qui contient quelques approximations / erreurs. Ceci dit, l’avantage c’est d’être facilement compréhensible et sans langue de bois pour masquer les difficultés.
      La tableau qui en ressortait était que l’état était ruiné : patrimoine qui fond plus vite que les glaces arctiques, capacité a lever des impôts saturée, et comptes truqués.
      http://yoananda.wordpress.com/2010/09/23/la-france-en-ruine/
      Il était donc inévitable que la tentative de putch fiscal nous tombe dessus.
      Mais aujourd’hui se pose la légitimité des impôts, ou du moins de leur volume :
      * on paye plus d’impôts pour un service de l’état de moins en moins bon, a tous les niveaux
      * de quel droit ils peuvent décider de manière arbitraire d’augmenter ou diminuer autant
      * ils n’assurent plus leur rôle de redistribution et d’investissement et maintient de l’infrastructure
       
      Donc je pense que nos dirigeants qui ne sont pas véritablement élus, puisque seule une minorité a voté pour eux, et encore sans être forcément d’accord avec tout le programme qu’ils n’appliquent pas de toute manière !
      Pas de taxation sans représentation !
      Pour ma part, je ne me sens pas du tout représenté.


      • norbix Le 10 septembre 2012 à 14h41
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        Votre focalisation sur les fonctionnaires me semblent inutile, mais cela vient peut-être du fait que pour moi c’est le plein emploi qui prime. Le système économique que nous connaissons a privilégié une économie basée sur le secteur privé (depuis 30 ans disons). Non seulement les promesses du plein emploi n’ont jamais été tenu mais il a provoqué la pire crise économique depuis 1929.  


        • yoananda Le 10 septembre 2012 à 16h50
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          Je suis focalisé sur un message, le temps d’une démonstration. Parce que je souhaite montrer les dérives de l’état. Si on permet ces dérives au nom du plein emplois, ce n’en sont pas moins des dérives. Un pays n’est pas limité à son état, a moins que tout le monde soit fonctionnaire, mais ça, ça serait du communisme. Il ne faut pas oublier “les autres”. Et de toute manière, même avec un état obèse, ça n’empêche pas le chômage de monter en flèche. Donc … il faut en tirer les conclusions qui s’imposent.


          • norbix Le 11 septembre 2012 à 06h57
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            Les dérives de l’état depuis 30 ans ont été de sponsoriser le secteur privé à coup de milliards parce que celui-ci était le seul capable de créer de la croissance économique et de l’emploi selon le nouveau paradigme. Ce qui, de mon point de vue, est un échec. 


      • GRRR Le 10 septembre 2012 à 17h24
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        Le plein emploi n’a jamais existé! Une économie capitaliste ne peut se passer d’un minimum de 4 à 6% de chômeurs. N’avez-vous donc jamais entendu parler du NAIRU?
        Alors quand le plein emploi sera possible, et seulement là ce moment là (mais faut pas rêver!), on pourra reprocher à un privé d’emploi d’être un feignant (comme j’ai pu le lire précédemment).


        • yoananda Le 10 septembre 2012 à 19h13
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          Le “privé d’emplois” n’a qu’a créer son entreprise et se sortir les doigts … personne ne l’en empêche. Pourquoi tout devrait lui tomber tout cru dans la bouche ? le prémaché ne suffit pas, il faut du pré digéré maintenant ?
          Si ce n’est pas un feignant bien sûr. Ou un incapable. Puisque selon toi Etoile du Berger (oui oui on t’a reconnu) c’est si important d’avoir un emplois. Dis moi pourquoi ce devrait être a un autre de le fournir.
          Dernière solution, si l’emploie est si important : l’état pourrait embaucher les gens plutôt que de leur payer le chômage. Non ?
          Ce genre de discours culpabilisant et haineux envers ceux qui pensent différemment peine a masquer la pauvreté argumentaire.


          • Vénus-Etoile du Berger Le 11 septembre 2012 à 06h36
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            @yoananda« Le “privé d’emplois” n’a qu’a créer son entreprise et se sortir les doigts … personne ne l’en empêche. Pourquoi tout devrait lui tomber tout cru dans la bouche ? le prémaché ne suffit pas, il faut du pré digéré maintenant ?
            Si ce n’est pas un feignant bien sûr. Ou un incapable. Puisque selon toi Etoile du Berger (oui oui on t’a reconnu) c’est si important d’avoir un emplois. Dis moi pourquoi ce devrait être a un autre de le fournir.


            Bonjour, je ne suis pas grrr, je sais faire face seule à toute situation même les plus difficiles.
            Oui bien sûr c’est important d’avoir un emploi en France, pour être inséré(e) socialement, pour ne pas être marginalisé(e), pour pouvoir donner un avenir à notre enfant.
            Le Travail c’est la Santé !
            Des « privés d’emplois » se lancent justement dans la création d’entreprise et personne ne leur mâche le labeur à fournir.
            Ce qui me gêne dans vos propos, c’est le mauvais traitement que vous leur attribuait à savoir les traiter de fainéant ou d’incapable. Pour percevoir la lueur d’une possibilité, il faut regarder le contexte, l’ensemble du sujet, vous n’avez pas connaissance des facteurs externes, internes qui peuvent freiner ou impacter l’être humain que vous traitez de fainéant ou d’incapable.
            Je souhaite rectifier une parole que vous m’attribuez (c’est bien vous parlez à ma place cool), je n’ai aucunement cité quelque part, que forcément quelqu’un d’autre doit lui fournir un travail cependant nous avons trois solutions :
            -soit l’individu trouve un employeur (implique quelqu’un d’autre lui fournit l’emploi)
            -soit l’individu devient son propre employeur.
            -soit les deux.
            Je connais de nombreuses personnes qui sont parties dans cette aventure, la création d’entreprise et ce sont battus avec courage, tous ont fermé leur entreprise sans faillite car ils ne pouvaient pas se rémunérer.
            Pour créer une entreprise, il faut un projet rentable, établir un business plan et regarder le seuil de rentabilité pour voir si le projet et viable ou suicidaire.
            Toutefois la création d’entreprise est en hausse en 2012 52 329 entreprises enregistrées  soit une hausse de +8,4%(source insee), boostée par les auto-entrepreneurs 30.377 en données brutes.
            Cf. définition d’un auto-entrepreneur
            http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/auto-entrepreneur.htm
            Cf. création d’entreprise
            http://lentreprise.lexpress.fr/creation-entreprise/creation-d-entreprise-52-329-entreprises-enregistrees-en-mars-2012_32439.html
            @yoananda Dernière solution, si l’emploie est si important : l’état pourrait embaucher les gens plutôt que de leur payer le chômage. Non ?


            « Le privé d’emploi » a cotisé en travaillant pour toucher le chômage, on ne lui paye pas.
            @yoananda Ce genre de discours culpabilisant et haineux envers ceux qui pensent différemment peine a masquer la pauvreté argumentaire. »
            Où ai-je fais un discours dans ce billet? Et un discours haineux ?
            Pour la pauvreté argumentaire, et bien oui, hier j’ai bien précisé, je n’ai plus le temps d’argumenter donc l’argumentaire était inexistant.
            Surtout que vous aviez déjà évoqué ceci auparavant, je m’étais donnée la peine de répondre et d’argumenter, vous reparlez de la même chose en redondance.
            Cordialement.


          • Christophe Vieren Le 11 septembre 2012 à 07h57
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            @Yoananda : mais bon sang mais c’est bien sûr : 4 millions de chômeurs => 4 millions d’entreprises. Et il fabrique quoi pour vendre à qui ? Tu connais le taux d’entreprises viables durablement ?
            Je ne parle évidemment pas des personnes qui n’ont pas, et ils sont nombreuses, la capacité d’être chef d’entreprise, ni même autoentrepreneur (superbe invention pour démanteler le salariat et leurs organisations syndicales) !
            Au fait, c’est quoi ton entreprise ? Peut-être cela donnerait une idée à de nouveaux concurrents, ex-chômeurs. Merci d’avance pour eux.
            Et si tu veux, en privé, je te décris le parcours d’un beau-frêre, licencié à 45 ans parce que handicapé du dos, plus capable d’exercer son métier de conducteur de clark. Je te ferais la liste de toutes les démarches, entretiens, lettres, déplacements, … qu’il a fait durant 5-6 ans pour … ne pas trouver de travail. Une exception sûrement !!!!!! Je rappelle également que les indemnisations chômage sont de durée (très) limitée. Les connais-tu au moins ?


          • toutouadi Le 11 septembre 2012 à 11h46
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            Copie d’un message mal positionné. 

            Le “privé d’emplois” n’a qu’a créer son entreprise et se sortir les doigts … personne ne l’en empêche. Pourquoi tout devrait lui tomber tout cru dans la bouche ? 
            Complètement puérile comme argumentation, c’est du déterminisme social. (Ce sont les pauvres qui sont à l’origine de la misère et ce sont les fainéants qui fabriquent le chômage)Quant à l’illusion de l’autoentrepreneuriat… C’est la casse déguisée du code du travail et la mise en compétition des salariés, ce qui entraîne du dumping salarial et du dumping social qui nuisent à l’absorption de la production, qui à terme, détruisent les emplois et fabriquent des chômeurs fainéants !!
             


      • Fab78 Le 10 septembre 2012 à 23h10
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        Yoananda
        Dans l’article que tu cite :
        Dette nette de la France = 20% du PIB.
        S’il y a un chiffre significatif (avec le déficit commercial), ce doit bien être celui là : la dette nette. Qui nous en parle ?
        Remerciement


  14. toutouadi Le 10 septembre 2012 à 09h41
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    Pour une fois que je comprends.
     Merci


    • yoananda Le 10 septembre 2012 à 19h24
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      Olivier a beaucoup simplifié, mais il est allé a l’essentiel. Son coté pédagogue devrait être reconnu d’utilité publique !
      De mon point de vue, j’aurais aimé voir la notion de garantie ou de collatéral traité … ainsi que celle de circulation … mais c’est déjà bien d’avoir les premiers pas expliqués correctement.


      • fx Le 10 septembre 2012 à 19h36
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        ah non ! ça c’est moi qui l’ai dit le premier (que ce blog devait être reconnu d’utilité publique), 😉


  15. lulu Le 10 septembre 2012 à 09h59
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    Vous êtes à peu près tous gentils et compétents,défenseurs des pauvres–donc aussi de moi–
    ce dont je vous remercie.
    M’enfin ,que vous a fait cette suave Liliane pour lui en vouloir à ce point ???


    • toutouadi Le 10 septembre 2012 à 10h06
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      PFFF !!! Que de la jalousie bien sûr !!


  16. namurois Le 10 septembre 2012 à 10h07
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    Merci de ce billet explicite, Olivier.
    Vous avez le don de permettre l’analyse contradictoire sur des sujets brûlants.
    Juste une question que je me pose. Si j’ai bien tout suivi et compris, le rachat”illimité” et suivant les conditions énoncées, se fera sous mode de stérilisation.
    Comme, on ne veut pas d’inflation, je comprends qu’on ne veut(peut?) pas créer de monnaie supplémentaire.
    La question est donc, où la BCE va t-elle aller chercher l’argent?
    N’y a t-il pas un risque certain de voir les investissements du secteur privé diminué au pro rata de la “stérilisation” des avoirs financiers?
     


  17. NiFuNiFa Le 10 septembre 2012 à 10h21
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    Merci pour cet article et pour m’avoir fait découvrir les citations de Mark Twain, je penses que les suivantes devraient vous convenir.
     
    Attention, spoiler ‘^^ : “Les faits sont têtus. Il est plus facile de s’arranger avec les statistiques.”
     
    “Il y a deux cas dans lesquels un homme ne devrait pas spéculer en Bourse : quand il n’en a pas les moyens et quand il en a.” 
     
    “Ceux qui sont pour la liberté sans agitation sont des gens qui veulent la pluie sans orage.”
     
    “Il est étrange de constater que le courage physique est très répandu alors que le courage moral est si rare.”


  18. Mat Le 10 septembre 2012 à 10h30
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    Car si la BCE encaisse plus de 83 Md€ de pertes sur les 1200 Md€ (7 %, bilan ici p.235), les traités prévoient que ce sont les États qui doivent la recapitaliser, donc les contribuables, donc vous et moi.
     

    Je ne comprends pas comment une banque centrale peut être en faillite par manque de monnaie dont elle est l’autorité ultime ? Que les états la recapitalise en ponctionnant l’épargne, augmentant la fiscalité, etc… est une solution, et celle prévue par les traités, je l’entends. Mais techniquement, ne peut-elle pas créer toute simplement cette monnaie nécessaire ?J’imagine que cela ne sera pas sans conséquence, j’essaie juste de comprendre ce qui est possible de ce qui ne l’est pas.


    • A-J Holbecq Le 10 septembre 2012 à 17h49
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      • Patrick Luder Le 10 septembre 2012 à 18h24
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        Encore heureux que la BCE ait quelques barrières pour ne pas pouvoir monétiser sans limite … encore que ce serait peut-être un solution pour enfin ouvrir une discussion de fond sur le système monétaire   ;o)


      • Mat Le 11 septembre 2012 à 07h31
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        Haaa, c’est bien ce que je pensais avoir compris !! Merci
         
        Par contre, je pensais aussi avoir compris que la BCE ne pouvait pas prêter directement aux états, mais que le marché secondaire lui était accessible. Dans l’article, il est dit que non… ma foi…


  19. Michel Le 10 septembre 2012 à 11h36
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    Goldman Sachs ? Cékiça? Veut pas parler. Veut pas savoir. Veut rien dire: http://www.acrimed.org/article3888.html
    Et ceci : http://www.crayondenuit.com/archives/2012/09/07/25056556.html
     
     


  20. G L Le 10 septembre 2012 à 11h49
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    Donner une explication d’ensemble d’un problème économique ou financier ça ne se fait pas!
    La manière normale d’expliquer les choses c’est de choisir un point de vue qui permette de démontrer que la solution qu’on a choisi est la bonne (en général que des sacrifices seront nécessaires pour rétablir la situation.)
    Un exemple de cette règle consiste à se lamenter sur le coût des matières premières quand l’euro est faible et de mettre en avant la difficulté d’exporter quand l’euro est fort: ça permet de conclure dans les deux cas que des sacrifices seront nécessaires.
    Avec ce qu’un citoyen normal comprend de l’économie et des finances – autrement dit tant qu’il n’a rien à répondre à “c’est impossible, l’argent nécessaire n’est pas disponible” – la démocratie proche de l’illusion.


  21. bruno Le 10 septembre 2012 à 13h22
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    Certes, mais il faut bien trouver une solution à court terme.

    Une solution à quoi : au fait que tous les jours les Etats, même l’Allemagne, dépensent plus qu’ils ne gagnent, et ne peuvent effectuer ces dépenses qu’en s’endettant. Et pour la plupart des Etats, le solde est négatif avant même la prise en compte des intérêts de la dette. Même un défaut de 100% ne résoudrait donc pas le problème : il faudrait toujours s’endetter pour boucler les fins de mois.

    solution a) augmenter les impôts : c’est en cours, mais cela ne sera fructueux que s’il reste un peu de croissance
    solution b) réduire les dépenses : c’est en cours, mais on ne peut pas le faire trop brutalement si on veut préserver un peu de croissance (et de paix sociale)

    A ce stade, en additionnant a et b, on ne bouche toujours pas le trou, donc il faut continuer à s’endetter. A emprunter. A trouver des prêteurs.

    Or il est difficile de trouver des prêteurs si on leur explique qu’ils ne seront jamais remboursés.
    En restant dans le cadre de la solidarité européenne, je ne vois pas bien ce qui pouvait être fait autrement à court terme (on parle de payer les salaires de fonctionnaires tous les mois, par ex., ou encore de verser les différentes allocations. Le court terme est vraiment à court terme).

    Le pari de la politique économique européenne actuelle me semble être le suivant : retour à l’équilibre des comptes, à un rythme rapide mais pas trop destructeur de la croissance, pour s’attaquer ensuite à la dette. Ceci fait (2016 ou 2017), se posera la question du défaut, car les intérêts d’emprunt (“le service de la dette”) pèsera trop lourd dans les budgets des Etats, au détriment d’autres dépenses plus utiles.

    Le défaut explicite, même sélectif, me paraît très peu probable :
    – c’est une mesure que les créanciers visés vivent mal ; or ils ne sont pas sans influence pour l’empêcher
    – garde-fou des CDS : le défaut actionnerait les CDS, et ferait exploser le système mondial d’assurance, ce qui ne serait pas une très bonne idée (on l’a évité pour la Grèce, je sais).

    Restera donc inéluctablement le défaut par l’inflation. Endettés à taux fixe, les Etats verront progressivement le poids du service de la dette baisser dans leurs budgets, et retrouveront des marges de manoeuvre pour créer de nouvelles dépenses.
    Je table sur une dizaine d’années (2016/17 à 2026/27 avec une inflation de 8 à 10%, “sous contrôle”).

    Ce scénario me paraît d’autant plus incontournable que c’est le seul à se faire “en douceur”, car son effet est progressif, il permet aux uns et aux autres de s’habituer. Il n’y a pas de rupture brutale qui mènerait on ne sait où (émeutes, guerres).
    N’oublions pas les autres éléments de contexte. Ce blog s’appelle “les crises” : peak oil, parc nucléaire vieillissant, changement climatique et multiplication des évènement climatiques extrêmes avec les dégâts qui s’en suivent, déséquilibre croissant des démographies européennes (vieillissement), raréfaction de l’eau potable, etc…
    On ne peut pas tout faire pèter d’un coup !

    Si on veut se placer sur un terrain politique, plutôt que de dénoncer le fait que la politique de la BCE revient une fois de plus à privatiser les profits et nationaliser les pertes (*), il me semble plus important de donner à chacun les moyens de prendre les bonnes décisions dans le contexte qui se dessine (à savoir se protéger de l’inflation).

    (*) ce qui est vrai, mais encore une fois que pouvait-on faire à très court terme pour trouver l’argent du salaire des fonctionnaires et des allocations ? Il aurait fallu faire autrement depuis des dizaines d’années, sauf que ça n’a pas été fait et que c’est aujourd’hui qu’il faut faire quelquechose.


    • Patrick Luder Le 10 septembre 2012 à 18h30
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      Bruno, juste un rappel …

      La croissance (du produit intérieure brut) est en déclin depuis 40 ans et devra continuer par un moment de décroissance, le temps de s’adapter aux limites des ressources naturelles et des ressources fossiles. L’humanité avec sa démographie galopante, devra se tourner vers une autre manière de mesurer sa vivabilité.

      A la croissance quantitative, il faut opposer une croissance qualitative … 


    • Lozere Le 10 septembre 2012 à 21h08
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      Quelques remarques par rapport à votre commentaire :

      – La France doit trouver 150 milliards d’euros pour atteindre l’équilibre budgétaire, c’est tout simplement énorme et ça passera obligatoirement par une casse sociale

      – Pour que l’inflation puisse “rembourser” la dette, il faudrait qu’il y ait encore un tissu productif en France, ce qui n’est pas gagné

      – Mettre en place une politique de remboursement par l’inflation, c’est ouvrir la boîte de pandore car nous ne maîtrisons pas du tout le prix des matières premières, l’existence même de la France dépend de fournisseurs extérieurs, il ne faudrait pas l’oublier et on le voit déjà avec l’inflation réelle qui n’est pas de 2%

      Bref, ces solutions pouvaient fonctionner dans un monde où la France était un “grand” pays, désormais nous sommes décadent et totalement dépendant de l’extérieur.

      Je pense pour ma part que nous assistons plutôt à la mondialisation des niveaux de vie qui se fait obligatoirement à notre dépend et qui a simplement été masquée par l’endettement.

      En soit c’est une bonne chose puisqu’à terme on peut penser qu’un équilibre sera trouvé entre les ressources de la terre et les besoins humains.
       


      • Christophe Vieren Le 11 septembre 2012 à 08h08
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        ” En soit c’est une bonne chose puisqu’à terme on peut penser qu’un équilibre sera trouvé entre les ressources de la terre et les besoins humains.  “
        Tout à fait d’accord. Espérons juste que les nantis que nous sommes accepterons PACIFIQUEMENT cet équitable et inévitable partage. Le temps du monde fini commence, écrivait  Paul Valery en 1931 il y a plus de quatre vingt ans : “L’humanité est à un croisement : un chemin mène au désespoir, l’autre à l’extinction totale. Espérons que nous aurons la sagesse de savoir choisir.”,Woody Allen. J’espère qu’il existe une3e voie que d’aucun appellerait la simplicité heureuse.


  22. David Le belge Le 10 septembre 2012 à 13h51
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    Un petit lien vers un dessin de Kroll qui m’a bien fait rigolé 🙂

    http://mediatheque.lesoir.be/v/le_kroll/899120908Kroll.jpg.html


  23. jubilee Le 10 septembre 2012 à 14h27
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    Je travaille dans la gestion de fortune. Tous mes clients qui ont un patrimoine supérieur à 10 millions d’€ environ n’ont aucun titre d’Etat en portefeuille et très peu d’obligations bancaires.

    Ce n’est peut-être pas significatif mais j’ai quand même bien l’impression qu’un défaut “sélectif” toucherait bien davantage les français moyens que les 5% les plus riches stigmatisés ici et ailleurs.

     


  24. step Le 10 septembre 2012 à 14h36
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    dans le chapitre, salauds d’electeurs, on invente toujours le futur aux US:

    http://www.courrierinternational.com/article/2012/09/07/comment-les-republicains-empechent-mamie-dorothy-de-voter

    Le retour bientot du régime censitaire ?    


  25. vincedo Le 10 septembre 2012 à 14h58
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    Quand on suggère que le contribuable sera mis à contribution si la BCE risque de sauter, on nous répond souvent : Ce risque n’existe pas, il suffit à la BCE de créer de la monnaie. le seul risque est d’affaiblir l’euro. Qu’en est-il ?


  26. Patrick Luder Le 10 septembre 2012 à 15h42
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    La petite manipe de la BCE est destinée à essayer d’éviter une crise systémique (krach du marché obligataire) et de répartir le risque entre les BCN (et leurs pays respectifs). Mais si un pays sort de la Zone Euro cela ne … (Ah pardon, on me dit que cette option n’est pas envisagée) …
     
      
     
    Ne serait ce encore que de l’enfumage ?
     
    Ou passe-t’on déjà à l’enfarinage ?
     
      
     
    Les pays surendettés ne peuvent pas tenir leurs échéances … qu’à cela ne tienne, SuperMariole nous à trouvé un tour de passe-passe qui va permettre la continuation (encore un peu) de la folle chevauchée … Yepeee !!!
     
      
     
    Bon allons-y alors, continuons de confier nos assurances-vie, nos prévoyances retraites et nos investissements aux mains des “professionnels” de la finance qui nous ont conduit dans ce marasme … de toute manière on ne peut rien faire, et comme on dit que l’argent de fait pas le bonheur => soyons heureux !!!
      


    • Christophe Vieren Le 10 septembre 2012 à 17h15
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      Et placer son argent dans une banque “éthique”, n’est-ce pas une bonne idée ? Risquent-ees la faillite au même titre que les autres ? Prennent-elles les mêmes risques que les banksters ? Pas de spécialiste des banques sur ce blog pour m’éclairer ?


      • Patrick Luder Le 10 septembre 2012 à 18h49
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        Salut Christophe, Une banque éthique ne l’est qu’à un certain point. Voir http://www.bas.ch  Si elle peut choisir ses déposants et ses emprunteurs, elle ne peut strictement rien faire sur les marchés monétaires, l’imbroglio est total !!! Et une banque doit quand même vivre, même BAS doit faire du bénéfice, peut-être juste de manière mois exagérée   🙂 Si tu veux combattre le système (et un peu te protéger) retire tes avoirs assurances-vie et prévoyance vieillesse, et investis-les dans une structure permettant de vivre mieux dans 20 ou 30 ans => à tes risques   ;o)


        • Christophe Vieren Le 11 septembre 2012 à 07h28
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          àPat’ : oui bien sûr aucune banque, ni aucun état, …. n’est infaillible. Mais puisque l’idée est de séparer banque de débot et banque d’affaire, pour rendre les premières plus sûres, j’imagine que ces banques éthiques, et en tout cas la NeF sont plutôt des banques de dépôt que d’affaires. Donc moins sujet à faillite, non ? Outre que mon argent placé est plus en sécurité que dans un bas de laine chez moi, il sert à des projets de développement soutenable. Et si le taux d’intérêt suit l’inflation, c’est largement suffisant pour disposer d’un matelas suffisant pour assurer une formation – de plus en plus chère, LRU oblige – à mes enfants.
          Quand à la structure que tu me proposes comme alternative, de quelle type de structure parles-tu ? Si le risque est le même et qu’il faut en plus travailler pour la monter, cela ne m’intéresse pas trop.


  27. Patrick Luder Le 10 septembre 2012 à 15h44
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    ??? commentaire tronqué d’une partie centrale, je recommence la publication (simple copié-collé à partir de Word).

      
     
    La petite manipe de la BCE est destinée à essayer d’éviter une crise systémique (krach du marché obligataire) et de répartir le risque entre les BCN (et leurs pays respectifs). Mais si un pays sort de la Zone Euro cela ne … (Ah pardon, on me dit que cette option n’est pas envisagée) …
     
      
     
    Ne serait ce encore que de l’enfumage ?
     
    Ou passe-t’on déjà à l’enfarinage ?
     
      
     
    Les pays surendettés ne peuvent pas tenir leurs échéances … qu’à cela ne tienne, SuperMariole nous à trouvé un tour de passe-passe qui va permettre la continuation (encore un peu) de la folle chevauchée … Yepeee !!! Toujours moins de salaires et toujours plus d’impôts et de taxes, c’est ainsi que nous finirons tous : tondus jusqu’à l’os !
     
      
     
    Bon allons-y alors, continuons de confier nos assurances-vie, nos prévoyances retraites et nos investissements aux mains des “professionnels” de la finance qui nous ont conduit dans ce marasme … de toute manière on ne peut rien faire, et comme on dit que …
     
    L’argent ne fait pas le bonheur => alors soyons heureux !!!
         


  28. Anne22 Le 10 septembre 2012 à 16h02
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    Merci Olivier pour ce décorticage;
    j’ai également trouvé l’explication ci-dessous des plus limpides :
    “(…)La Banque centrale européenne en annonçant qu’elle rachèterait des titres de la dette des états est censée faire un geste d’aide dans leur direction. C’est une lecture très superficielle de ce qui est en train de se passer. En fait la BCE achète ces titres de dette souveraine sur le « second marché ». Ce « second marché » désigne non pas un lieu mais un type d’acquisition. Dans ce cas, la BCE rachète aux banques privées les titres de dette que celles-ci possèdent après avoir prêté aux états souverains. Donc rien ne change dans le circuit de financement. La BCE continue de prêter aux banques privées à 1% et celles-ci continuent de prêter à 7%, 8%, 9% et même 17% aux Etats. Puis la Banque centrale rachète leurs titres de dette aux banques privées. Si l’on veut bien y réfléchir avec attention, on peut considérer que c’est surtout une bonne affaire pour les banques privées. En effet elles se débarrassent de titres d’emprunt qu’elles considèrent elles-mêmes comme menacés de ne pas être payés. Car si elle prête à un taux aussi élevé aux Etats concernés, c’est bien parce qu’il y a une « prime » pour le risque de ne pas être payé. En revendant ces titres d’emprunt « pourris » à la Banque centrale européenne, on peut considérer que les banques vendent du « papier » suspect contre de l’argent bien réel et garanti par la BCE. C’est là une première raison de ne pas prendre les vessies pour des lanternes. En rachetant des titres de dette sur le « marché secondaire » la BCE permet surtout aux banques d’assainir leurs comptes. (…)
    source : le blog de JL Mélenchon (http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/09/08/ca-bouge-profond/)
     
     


    • Leveau Le 10 septembre 2012 à 17h06
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      ben voyons, et quand leurs finances seront assainies, on est sur qu’ils (nous épargnants) vont pas aller spéculer sur la faillite du Bangladesh! c’est vraiment se foutre de la race humaine humaine ce système! va pas faire de vieux os.


  29. Marcus Le 10 septembre 2012 à 17h01
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    EXCELLENT Olivier ton analyse de “Mario Draghi pour les nuls” !!!
    Amitiés.
    Marc

     


    • Patrick Luder Le 10 septembre 2012 à 18h52
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      Eh … mais j’y songe … c’est nous les nuls !!! (bien d’accord)


  30. sylla Le 10 septembre 2012 à 17h06
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    “Au passage, je ne sais pas quel est l’handicapé mental qui a le premier employé des mots militaires pour la BCE – “bazooka” ou “force de frappe”.”
    Paulson, de mémoire, avant fév 2010 http://globaleconomicanalysis.blogspot.fr/2010/02/eu-tries-paulsons-bazooka-ploy-bazooka.html , repris en cœur par la suite :
    3/10/11, Roubini http://www.bloomberg.com/news/2011-10-03/roubini-says-europe-needs-2-trillion-euro-bazooka-for-crisis.html
    10/10/11 Cameron http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/8817322/Cameron-urges-big-bazooka-to-stem-eurozone-crisis.html
    14/10/11 Geithner http://www.financialsense.com/contributors/david-moenning/2011/10/14/geithner-g20-threaten-bazooka-searching-for-ammo


  31. DAN Le 10 septembre 2012 à 17h12
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    Mario Graghi , il fait les vendanges c’est de saison la cuvée 2012 sera un grand millésime pour les détenteurs de capitaux , mais le citoyen européen sera bien pressé. Par contre pour nos politiques c’est Waterloo !mais après cette défaite c’est la révolution qui va venir.


  32. Leveau Le 10 septembre 2012 à 17h12
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    a la vérité un système comme avant breton woods était parfait… sauf que les gens n’avait pas encore comprit que le vote (par définition) est oligarchique.


  33. Error System Le 10 septembre 2012 à 17h33
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    Fausse manip…
    Excellent !!! – surtout avec tes commentaires Olivier !!!!! J’ai ri mais j’ai ri !!! Et après tu me dis que je tape dur ???!!! Petit coquin !!!
    Encore !!!!


  34. GUS Le 10 septembre 2012 à 18h45
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    Si quelque de mesuré et d’affable comme vous Olivier commence à tenir des propos si durs (mais justifié, contrairement aux chiens de garde qui veulent l’assimiler au populisme, la colère peut être saine), il ne faut pas désespérer. Mais, bon, je crois que le changement sera assez long et interviendra après qq soubresauts.


  35. Valérie Le 10 septembre 2012 à 20h18
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    Zut, j’étais occupée ajd, j’ai lu l’article seulement maintenant.

    Deux questions :

    – pourquoi “quasiment” dans la phrase “Mario Draghi a indiqué qu’il allait tranquillement racheter les obligs espagnoles de Liliane, et quasiment au prix de 30 millions” (prix auquel elle les a achetées) ?

    – pourquoi a-t-on présenté cette déclaration de la BCE comme historique, bouée de sauvetage, etc. ? La BCE rachetait déjà des obligs grecques, espagnoles, italiennes, non ? Tout comme la Fed est quasi la seule à acheter des obligs américaines, non ? La différence est que cela se fait sur le marché secondaire dans le cas de la BCE, mais sur le marché primaire dans le cas de le FED ?

    J’ai un peu compris…ou rien du tout ? 🙂 


    • chris06 Le 11 septembre 2012 à 12h22
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      La FED a racheté jusqu’à présent environ 13% des dettes publiques des USA, la BCE seulement 2% des dettes publiques de l’eurozone. Toutes deux passent, bien évidement, par le marché secondaire pour effectuer ces acquisitions. 


      • Valérie Le 11 septembre 2012 à 16h07
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        Merci monsieur chris06. Je ne demanderai pas pourquoi “évidemment” c’est sur le marché secondaire que les BC achètent des obligations; j’imagine que ça leur est interdit de les acheter sur les marchés primaires.

        La stat 2% BCE vs 13% FED est intéressante. Je me demande si la Fed rachète aussi toutes les *nouvelles* obligations émises par les USA. Enfin, on s’entend, la banque centrale rachète sur le marché secondaire l’équivalent des nouvelles émissions d’obligations.

        Pour la BCE, comme je comprends le mot “illimité”, la BCE rachète tout, ancienne ou nouvelles obligations 🙂 


  36. Fûrinkazan Le 10 septembre 2012 à 21h04
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    Ah, voilà un bon article ! Super les commentaires de la presse bien pensante-gaucho ! Le décodage, la mise en lumière de ce qui est caché, j’adore. Un vrai travail analytique, quasi-freudien.
    Je ne vous trouve pas “trop dur” du tout, juste comme il faut.  


  37. Booster Le 10 septembre 2012 à 21h05
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    Merci monsieur Berruyer pour cet exposé simple et clair. Si je comprends bien Draghi se comporte comme Bernanke, sauf que l’euo n’est pas la monnaie de réserve mondiale comme le dollars. Les deux doivent se concerter sinon l’euro devrait drôlement décrocher. Sinon qui empêche la BCE de faire défaut ? Vu comme on traite les contrats et traités on n’est plus à cela près. Savez-vous plus sur le type de stocks échangés envers ces junk bonds espagnols iu italiens ? Car si c’est sur de la nourriture, des terres agrioes etc… C’est du dépouillement. J’échange à Liliane des actions pourries pas contre de la monnaie pourrie mais contre de bons actifs! Ai-je bien compris ? Sinon sur un site allemand, ils expliquaient que Wall Street et les banques de la Fed ) ont choisi Lehman pour faire faillite, car c’était la banque d’affaire à avoir le plus d’engagements en Europe. Est-ce vrai?


  38. wiederkehr Le 10 septembre 2012 à 21h36
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    Excellentissime Olivier !
    l’humour comme arme fatale. J’adore. )–))


  39. Fab78 Le 10 septembre 2012 à 22h40
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       Je vois qu’on retourne toujours à la même opposition Créancier/Débiteur.
       Pour moi, c’est une mauvaise piste. Il est bien plus utile de faire une opposition fort-revenu/ faible-revenu.
       Annulera-t-on la créance d’un créancier sans revenu ?
       Quand quelqu’un est propriétaire en copropriété, n’est-ce pas une rente en nature de la valeur d’un loyer ?
       On revient à la logique de l’impot.
       Hélas ! Sur l’impot , on a déjà tout dit, et chacun a déjà son idée.
       Donc dificile de briller en prétendant avoir une solution toute nouvelle qui résoud tout définitivement.


    • A-J Holbecq Le 11 septembre 2012 à 10h46
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      Sans penser aucunement que je détiens la solution, ne pourrais t-on en ce qui concerne la dette publique envisager le seul paiement des intérêts aux personnes physiques qui se font connaitre au Trésor Public et détiennent les titres (y compris via assurances vies et fonds de pension) et considérer que leur créance est forclose à leur décès ( transmission interdite de leur vivant)?


  40. Marcus Le 11 septembre 2012 à 04h21
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    Un monde en crise, excellent site :
     
    http://www.unmondeencrise.com/


  41. DUMINI Le 11 septembre 2012 à 15h33
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    C’est très bon de vous lire.
    Ce qui est très moche c’est que j’ai fais mon mémoire sur la BCE, que j’avais bien compris cette nouvelle intervention pourrie de celle-ci et à qui elle profitait.
    Seulement, à la vue des différents éditos le lendemain, je me suis demandé si je n’avais pas compris tout de travers avec le système OMT et si doucement je ne devenais pas parano.
    En clair, merci d’avoir écris cela, ça me conforte.
    J’avais peur d’être devenu fou.
    Ils arrivent à nous faire douter à écrire toutes leurs conneries.

     


  42. Maximilien48 Le 11 septembre 2012 à 18h14
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    Bonjour

    Tout d’abord merci pour votre billet toujours très intéressants !

    Une question “comptable”. Faut-il considérer le capital et réserves ou réintégrer les comptes de réévaluation afin de savoir si la BCE doit être recapitalisée ?
    Si la BCE est comparable à une société anonyme classique il faut que les capitaux propres ne soient pas inférieurs à la moitié du capital social. Les pertes pourraient donc être absorbées en partie par les réserves de réévaluation non ?

    Pure question technique : sur le fond je suis bien d’accord : on ne me rachète pas mes actions FT à 200euros prix 2001 je ne vois pas pourquoi on rachèterait les obligations de mémé Lilianne B. !
     


  43. G. Le 12 septembre 2012 à 12h09
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    Bonjour monsieur Berruyer,
     
    J’aime beaucoup votre blog, qui a le mérite d’être différent et illustré de graphiques et chiffres économiques pertinents.
     
    Aussi me permettrez vous peut-être de vous dire que ce coup ci, vous avez craqué grave! Au-delà de toute raison, même.
     
    Certes, je comprends que la situation vous paraisse catastrophique, car elle est tout l’opposé de ce que vous préconisiez. Toutefois, les problèmes économiques et les relations internationales sont complexes, très très complexes. Personne, pas même vous, ne sait vraiment comment les choses peuvent tourner, et ce qui le mieux ou le pire, ou ce qui est tout bonnement “réalisable”.
     
    Car à défaut du “mieux”, il faut déjà viser le “réalisable”. Avez-vous un instant vraiment pensé que les “riches” se laisseraient plumer? Sans rien faire? Si vous êtes un tant soit peu au courant du fonctionnement de nos démocraties, vous vous rendrez compte de qui tire réellement les ficelles.
     
    Les “puissants” cherchent deux choses:
    – préserver leur argent
    – une stabilité dans les pays où ils ont leur fortune (rien de pire que le chaos ou les risques nationalisto-communistes pour votre fortune!).
     
    Conséquences:
    => L’éclatement de la zone euro était trop risqué.
    => Un défaut leur aurait fait perdre trop d’argent.
    => L’idéal, c’est la planche à billet. L’inflation les touchera, mais pas tant qu’un défaut brutal ou une débandade économique.
     
    En promettant que la BCE rachètera toutes les dettes qui passent, plusieurs effets positifs et bel et bien réels vont être constatés:
    – Fin du mélodrame de l’éclatement de la zone Euro. Les pays ne peuvent de facto plus faire défaut. L’état Grec pourra payer ses retraités et fonctionnaires, etc…
    – Fin de la spéculation sur les défauts potentiels: tout ceux qui commençaient à spéculer sur la faillite de pays européens sont échaudés.
    – Si inflation, alors augmentation des prix importés, donc effet “positif” pour les fabrications locales. Un Euro fort, c’est des produits chinois et américains pas cher. Un euro faible, c’est l’inverse!
     
    Vous oubliez aussi un autre élément assez sympathique du “nouveau deal” de Mario. Même si la BCE fait des menaces pour ne pas donner d’argent à tel ou tel état, en pratique Mario sera bien obligé d’en donner malgré tout pour ne pas que la population de cet état se révolte. Revenez à mon argumentation précédente: les riches ne veulent pas d’émeutes devant leur château. Pressuriser le petit peuple, oui, mais il y a des limites. Qu’ils ne franchiront pas, s’ils ne veulent pas risquer tout perdre…
     
    Ainsi, si l’inflation se dessine, les Etats n’auront qu’à appliquer des politiques “sociales” d’aides aux plus démunis et aux classes moyennes. L’inflation sera dans ce cas une forme légère de transfert de richesse des plus riches vers les plus pauvres… Et je parle bien d’argent créé ex-nihilo par la BCE: croire qu’une banque centrale ne peut pas le faire est naïf. Un simple petit montage financier banque – BCE – état et le tour est joué. En totale opacité les un prêtent l’argent aux autres pour le reprêter… bref, création monétaire ex-nihilo.

    Je ne dis pas que c’est idéal, tout ça, mais pourquoi ne serait-ce pas crédible?


  44. Fmar Le 12 septembre 2012 à 12h12
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    Merci Olivier pour cet article très intéressant.
    J’ai deux interrogations qui comportent plusieurs questions
    1) La stérilisation = BCE revend des titres dans la même proportion que ses nouveaux achats de dette souveraine
    Quel est le stock de tritres dont dispose la BCE?
    Qui va acheter ces titres?
    A quel prix?
    Une fois le stock de tritre épuisé (ou invendable) par quel autre procédé la BCE peut-elle stériliser ses opérations ‘illimitées” ?
    2) Détention de la dette Française. On dit que 67% est détenue par l’étranger et que “nos” banques sont peu exposées ainsi que notre épargne.
    Je n’ai pas de certitude mais j’ai comme l’impression que nous allons retrouver le Luxembourg ainsi qu’un grand nombre de paradis fiscaux comme détenteurs. Evidemment ce ne sont pas les épargants de ces pays (ni leurs entreprises) qui investissent sur notre dette mais des sociétés financières mondiales dont les fonds d’investissements sont domiciliés là bas. Fonds d’investissements dont les parts sociales sont très probablement dans nos assurances vie, gestion de patrimoine…
    Existe-t-il une étude sérieuse à ce sujet?


    • chris06 Le 12 septembre 2012 à 16h10
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      @Fmar,

      non, il n’en existe pas, pour la simple raison que la loi interdit à l’Agence France Trésor d’identifier nommément les détenteurs des obligations publiques (étonnant non?):

      http://www.senat.fr/questions/base/2010/qSEQ100613641.html  


      • Christophe Vieren Le 12 septembre 2012 à 18h34
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        Et est-ce que les députés et sénateurs, ceux là même qui votent les déficits et donc la nécessité d’émettre des obligations, ont-ils droit d’en détenir ? Si oui, n’y a-t-il pas là un conflit d’intérêt énorme ? De même leurs indemnités sont-elles soumises à impôts ? Si oui, je comprends qu’ils ne soient pas pressés de voter un impôt plus progressifs qui les pénaliseraient !


  45. M Maurel Le 12 septembre 2012 à 14h16
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    Excellent comme souvent et avec l’humour en plus, que demander de plus, à part persévérer dans le blog de grande qualité. Plus besoin de lire le journal, effectivement !


  46. Franck Le 12 septembre 2012 à 16h13
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    Bonjour,

    Pour moi, il y a un côté “sauvetage technique” en ce moment dans le comportement de la BCE. Le fond – et le choix des Espagnols lors de leurs dernières présidentielles m’a semblé d’emblée de très mauvaise augure – tiendra plus à se poser la question de la légitimité de Liliane à continuer d’avoir des revenus qui lui permettent d’augmenter son épargne au-delà des investissements en France (resp. Espagne et zone euro).

    Bon, d’accord F. Hollande ne commence que mollement à augmenter la progressivité des impôts, mais c’est dans le bon sens, pour moi. Il ne reste lui plus qu’à faire des émules en Europe. (n’en déduisez pas que je sois forcément indécrottablement “de gauche”)

    Dans ton anticipation d’apocalypse, Olivier, comment s’insère la fin du financement de l’épargne privée par les déficits publics ? (désolé Jean-Baptiste B, pour moi, les obligations d’Etat ont un côté toxique et déstabilisant dans une union monétaire, si elles sont trop présentes dans les économies)

    En tout cas, merci Olivier, d’étayer ton point de vue comme tu le fais. 🙂


  47. Alain Le 12 septembre 2012 à 17h44
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    Ach!..Kolossal humour vranzais!…


  48. Guillaume81 Le 12 septembre 2012 à 20h20
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    Mais une chose me turlupine : vous dites que la BCE rachète à Liliane ses obligations à leur valeur nominale, soit 30 M euros. Mais puisque la BCE effectue ses achats sur le marché secondaire, elle va bien acheter ces obligations au prix du marché, soit 20 M (non ?)
    Merci.


  49. Christophe Vieren Le 13 septembre 2012 à 10h24
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    Plusieurs commentateurs expriment ici leur incompréhension devant l’approbation de ces mesures de Draghi par des économistes hétérodoxes de gauche. Cela semble être le cas de Christian Chavagneux d’Alternatives Economiques à en croire l’article commenté par Olivier . Je ne sais si Chavagneux s’exprimait au nom d’Alter Eco mais cela m’avait effectivement surpris et j’adérais plutôt à l’analyse de J. Sapir.
    Mais à part Chavagneux, y en a-t-il d’autre ? Toujours est-il qu’aujourd’hui ATTAC-France , après probablement une consultation des membres de son conseil scientifique désapprouve ces mesures. L’introduction est univoque :
    ” Mario Draghi l’a annoncé, la Banque centrale européenne va reprendre sa politique d’achat d’obligations d’États. Encore une fois, certains médias et les Bourses espèrent y voir enfin la sortie de la crise de l’euro. Mais encore une fois, ils se trompent. Cette politique n’a rien de nouveau et ne résoudra rien.”
    La suite c’est ICI : “La BCE, ou la bouée qui fait couler



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