Intéressante vision d’un leader de la gauche de la gauche ukrainienne. À lire, comme toujours, avec un du recul en raison du contexte troublé.

On en parle très peu, mais il y a parmi les Ukrainiens qui s’opposent à Kiev et au mouvement de Maïdan, à côté des populations pro-russes de l’Est du pays, beaucoup de militants de gauche issus de toutes les régions. Les socialistes ukrainiens dénoncent la toute-puissance des oligarques récemment désignés gouverneurs par Kiev, et témoignent de persécutions organisées contre eux. À Odessa, les activistes de gauche étaient également très présents dans le mouvement de protestation Antimaïdan, dont les membres ont été victimes de l’incendie meurtrier du 2 mai. La revue en ligne Svobodnaïa Pressa a interviewé Sergueï Kiritchouk, leader du mouvement socialiste ukrainien Borotba, sur la situation de la gauche dans l’Ukraine d’aujourd’hui.


Svobodnaïa Pressa : Cet hiver, les chaînes télévisées du monde entier ont montré les milliers de participants aux manifestations de Kiev. C’était très inspirant. Pourquoi Borotba n’a pas rejoint le mouvement de protestation à ce moment-là ?

Sergueï Kiritchouk : Dès le départ, nous n’avions aucune illusion sur le caractère politique de ce mouvement. Même si des milliers de gens sont alors descendus dans la rue, Borotba n’a jamais oublié que les manifestations de masse peuvent aussi se rassembler sous des drapeaux réactionnaires. À l’époque, nous avons largement expliqué, et notamment aux camarades européens, que les néonazis constituaient une part importante de ce mouvement. Beaucoup de gens disaient qu’il ne s’agissait pas d’un problème si grave, parce que les nazis n’étaient pas si nombreux, qu’ils ne constituaient qu’une minorité. Mais c’était une minorité active et organisée. Une minorité qui a imposé son ordre du jour à l’ensemble du mouvement.

Et ceux des militants de gauche qui ont tenté de participer à ce mouvement ont immédiatement, dès le premier jour, subi des attaques et des agressions sur Maïdan. Quand les membres de l’organisation trotskiste Opposition de gauche sont descendus dans la rue avec des exigences sociales (pas socialistes, sociales), ils ont sur-le-champ été attaqués. Ils ont été insultés, accusés d’être pour le Goulag, pour le totalitarisme, etc..

Maïdan, en tant que mouvement, n’a jamais formulé d’exigences sociales. Il n’a jamais réclamé la redistribution des richesses nationales au profit de la classe moyenne ou des couches les plus pauvres.

Certains de nos camarades ont pourtant tenté de participer à Maïdan. Les frères Levine, par exemple, sont allés dans une rue voisine de la place Maïdan, la rue Krechtchatik, pour distribuer des tracts syndicaux et appeler au développement de la classe ouvrière. Sans afficher le moindre drapeau rouge ni l’ombre d’une tentative de propagande socialiste. Au final, Anatoly Levine a eu la hanche brisée, et on a aspergé Denis de gaz. Ce qui fait que pour nous, la nature de ce mouvement était très claire dès le départ.


Svobodnaïa Pressa : Dis-moi, quelle est ta langue maternelle ? Tu es originaire de quelle partie du pays – orientale ou occidentale ?

Sergueï Kiritchouk : Beaucoup le savent : je viens de l’Ouest du pays, mes parents sont de Volhynie, ma langue maternelle est l’ukrainien. Et je peux dire avec certitude que de très nombreux Ukrainiens, même dans l’Ouest du pays, sympathisent avec le combat du Sud-Est. Dans l’Ouest aussi, il y a beaucoup de mécontents du régime de Kiev, mais il y règne une telle atmosphère de terreur que les gens ont tout simplement peur d’exprimer leur opinion, ils se taisent. Dans le même temps, ils regardent avec espoir ce qui se passe dans le Sud-Est, ce combat. Et dans le Sud-Est, les citoyens de langue ukrainienne ont aussi participé au mouvement de protestation. Il serait parfaitement erroné de réduire ce mouvement à un facteur ethnique, culturel ou national.

Nous étions pour un tournant socialiste en Ukraine


S.P. : Et que penses-tu de l’ancien président Ianoukovitch ? Est-il votre allié ?

S.K.: Tout le monde sait que nous étions extrêmement critiques à l’égard de Ianoukovitch et que nous avons toujours combattu son régime. Mais évidemment, nous le combattions depuis des positions totalement différentes de celles que formule Maïdan aujourd’hui. Nous étions pour un tournant socialiste en Ukraine, contre le régime monstrueux de l’oligarchie qu’avait bâti Ianoukovitch.

Il faut aussi se rappeler que Ianoukovitch était un politicien très pro-occidental. Il essayait de plaire à l’Occident en tout. Sa seule « erreur », du point de vue de l’Occident, a été de demander un report de six mois pour la signature de la zone de libre-échange avec l’UE. Et c’est immédiatement après ça qu’a commencé le mouvement de protestation que l’on connaît sous le nom de Maïdan.


S.P. : Qu’est-ce qui ne va pas avec le pouvoir actuel de Kiev ? Pourquoi n’essayez-vous pas d’établir le dialogue avec eux ?

S.K. : Il se trouve que le gouvernement autoproclamé n’est absolument pas prêt au dialogue. Le seul argument qu’ils utilisent, c’est la force et les armes. Et aujourd’hui, on peut voir que le mouvement dans le Sud-Est a répété le chemin de Maïdan du début à la fin. Il a commencé, au départ, par de petites manifestations, puis ces manifestations ont grandi, sont devenues massives. Mais le pouvoir est resté sourd aux exigences du Sud-Est. Alors que ces exigences étaient simples et compréhensibles pour n’importe qui. Il s’agit d’une large autonomie pour la région, de la reconnaissance de ses droits sociaux, linguistiques, culturels. Il s’agit du retrait de l’oligarchie depuis le pouvoir. Mais Kiev a désigné les hommes les plus riches du pays en tant que gouverneurs des régions du Sud-Est. Alors les gens du Sud-Est, exactement de la même façon que sur Maïdan, ont commencé d’occuper des bâtiments administratifs pour exprimer leur protestation. Et quand on a commencé de lancer contre eux les bataillons des forces spéciales, ils sont entrés peu à peu dans la clandestinité – et c’est précisément ainsi qu’a commencé cette guerre de partisans.


S.P. : Quelle doit être la réaction de l’Europe démocratique, de la société civile, des partis démocratiques face à ce qui se passe en Ukraine ?

S.K. : J’ai dit il y a deux jours au Bundestag qu’ils devaient faire pression sur leurs gouvernements pour raisonner Kiev. Il faut mettre fin à cette terreur sanguinaire, à cette « opération anti-terroriste ». Parce qu’ils sont tout simplement en train de tirer sur des gens sans armes. Nos collègues occidentaux des partis de gauche ne peuvent pas faire pression sur les médias mais, au moins, ils sont en mesure d’informer la société sur ce qui se passe en réalité aujourd’hui en Ukraine, de fournir une analyse indépendante des événements et d’exiger le respect des droits et libertés humains élémentaires en Ukraine.

Les gens dans le Sud-Est se soulèvent pour leurs droits sociaux et économiques


S.P. : Les médias occidentaux décrivent majoritairement les protestations dans le Sud-Est du pays comme un mouvement inspiré et soutenu par la Russie. À quel point cela correspond-il à la réalité ?

S.K. : Cette hystérie forcenée ne correspond évidemment pas à la réalité. Les gens ici, dans le Sud-Est, se soulèvent pour leurs droits sociaux et économiques. Il y a une composante anti-oligarchique, anticapitaliste très forte dans ces protestations. Toutes les activités d’opposition, toutes les protestations sont décrites par les médias de Kiev comme étant le fait des agents de Poutine. Sachant qu’à les en croire, absolument tout le monde est un agent de Poutine. Si tu critiques le pouvoir de Kiev, tu es un agent de Poutine. Si tu participes à des manifestations de masse pour les droits socio-économiques, tu es un agent de Poutine. Si un quelconque politicien au parlement européen ou dans un des parlements nationaux de l’Europe se permet des remarques critiques à l’encontre du nouveau pouvoir de Kiev, il est sur-le-champ accusé d’être un agent de Poutine. De plus, même si des néonazis, à Kiev, font un hold-up armé ou attaquent des civils, ils sont aussi désignés comme étant des agents de Poutine, cherchant à créer des images négatives pour la télévision russe. Ainsi, quoiqu’il puisse se produire de négatif ou de gênant pour le gouvernement de Kiev, ce sont toujours les « agents de Poutine » qui sont coupables. Parce que pour Kiev, Poutine contrôle absolument tout et tous – et en Ukraine, et en Europe, et partout.


S.P. : Y a-t-il un financement en provenance de Moscou ?

S.K. : Non. Le mouvement dans le Sud-Est, en termes d’équipement, de soutien technique et financier, est incomparable à Maïdan. Victoria Nuland a dit que les USA avaient consacré 5 milliards de dollars à la promotion de la démocratie en Ukraine. Mais dans l’Est de l’Ukraine, il est visible que le mouvement de protestation ne dispose pas de soutien financier. Du moins dans les villes où nous avons été actifs – à Kharkiv et Odessa –, je n’ai vu aucun financement de la part de la Russie ou de l’administration de Poutine.


S.P. : On vous qualifie souvent de séparatistes ou d’« activistes pro-russes ». Que pensez-vous de l’idée d’un rattachement des régions sud-est du pays à la Russie ?

S.K. : Le mouvement Borotba s’est toujours prononcé pour l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Mais pour une intégrité territoriale impliquant le respect des droits du peuple du Sud-Est. Nous parlons d’autonomie budgétaire, sociale, culturelle. Mais malheureusement, le pouvoir de Kiev fait tout pour diviser le pays. Ils prennent en permanence une quelconque décision scandaleuse, accusent tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux d’être des séparatistes. Pour nous, le véritable séparatiste, c’est le gouvernement de Kiev. Ils ont déclenché une lutte contre le peuple.

Tout en ne reconnaissant pas l’idée de la fédéralisation du pays, les oligarques, par exemple, créent des armées privées. De cette façon, ils empruntent la voie féodale, quand chaque suzerain possédait son propre détachement. Ils créent ces formations armées avec des sources de financement obscures, et sans le moindre contrôle citoyen. C’est-à-dire qu’en se positionnant contre la fédéralisation, ils se positionnent pour la féodalisation du pays.

Si la Russie n’était pas sous un régime dirigé par les oligarques, si des réformes étaient conduites en Russie, même pas socialistes, mais sociales, qui iraient dans l’intérêt de larges couches de travailleurs, alors beaucoup de gens en Ukraine seraient intéressés à une alliance très étroite avec la Russie. Et tout de même, de nombreux citoyens ukrainiens regardent aujourd’hui avec espoir vers la Russie. Mais il ne s’agit même pas ici de « tendances pro-russes » – simplement de protéger leur vie, la stabilité, la paix sur le territoire des régions sud-est.

Nous avons toujours été des opposants de Poutine


S.P. : Qu’est-ce que toi et tes camarades pensez du président Vladimir Poutine ? Le considérez-vous comme un allié ? Que pensez-vous de l’opposition russe ?

S.K. : Nous avons toujours été des opposants de Poutine. Vous savez que nous avons des liens étroits avec l’organisation russe Front de gauche, qui se trouve dans l’opposition radicale au président Poutine. Et nous avons toujours soutenu nos camarades quand ils subissaient des répressions. Nous avons fait le piquet devant l’ambassade de Russie et organisé d’autres actions de solidarité. Nous avons soutenu les prisonniers de l’affaire Bolotnaïa, aidé les activistes russes à se cacher en Ukraine pour fuir les répressions politiques. Personne ne peut nous accuser d’être des alliés de Poutine.


Importante coupe dans l’interview. À Lire intégralement dans Le courrier de Russie


S.P. : Et que penses-tu des référendums de Donetsk et de Lougansk ?

S.K. : Au départ, nous étions assez critiques envers ces référendums, nous estimions qu’il fallait, avant de les organiser, attendre une certaine stabilisation de la situation. Mais dans les conditions actuelles de violence et de terreur, nous comprenons ceux qui ont organisé et participé à ces référendums. La proclamation d’une république dans le Donbass, ce n’est pas le résultat d’une quelconque action de Poutine – mais la conséquence directe des agissements du gouvernement de Kiev qui, par ses mensonges et son cynisme, surpasse tous les pires spécimens de propagande fasciste.


S.P. : Quelles erreurs avez-vous commises dans la lutte politique ?

S.K. : Le mouvement Borotba, qui s’est toujours orienté vers la mobilisation massive de la classe ouvrière et de la jeunesse, supposait que nous avions encore, à venir, quelques années de démocratie relative, que nous nous trouverions dans des conditions où, d’une façon ou d’une autre, les droits au rassemblement pacifique, à la liberté de la presse seraient respectés. Malheureusement, ce calcul s’est avéré être une erreur. Nous n’étions pas préparés à la terreur directe. Et notre erreur est probablement de nous être retrouvés, dans ces conditions, sans armes. En pratique, notre organisation est aujourd’hui défaite dans tout le pays. Ces derniers jours, des répressions ouvertes ont commencé contre les forces de gauche. Notre bureau de Kharkiv a été attaqué par des inconnus en uniformes noirs, qui ont emporté tout ce qui s’y trouvait : drapeaux rouges, amplis, projecteur, tout notre équipement d’agitation. Le travail de l’organisation dans la ville est bloqué. À Odessa, nous avons été informés de l’arrestation imminente du leader local de Borotba, Alekseï Albou, qui se présente à la mairie. Il a été contraint de quitter la ville. À Kiev, une perquisition a été menée dans l’appartement d’Andreï Mantchouk, qui est le plus célèbre journaliste de gauche en Ukraine. Des hommes armés de fusils automatiques ont fait irruption chez lui. Généralement, nous nous trouvons tous, aujourd’hui, en situation illégale. Une partie de nos camarades ont quitté temporairement l’Ukraine. Ceux qui sont restés vivent dans l’illégalité, et nous leur avons demandé de se garder de toute activité publique et de se concentrer sur le travail illégal.

Je suis moi-même actuellement à Athènes, où j’ai participé à une conférence sur les « Menaces du fascisme en Europe ». Je ne prévoyais pas de quitter l’Ukraine pour longtemps. Mais le 9 mai, j’ai atterri à Berlin pour prendre part à une conférence en Allemagne. Et là-bas, j’ai été informé de ma possible arrestation, et j’ai donc décidé de rester ici un moment.

Les nazis ont déjà établi des listes des « ennemis de la nation ukrainienne », et s’apprêtent à faire subir des répressions à tous ceux qui y figurent. Et ces listes mentionnent quasiment tous les militants de Borotba, même un peu actifs et repérés. Mais elles mentionnent aussi des gens qui y figurent par hasard. C’est-à-dire que des centaines et des centaines de gens sont menacés, en danger… Aujourd’hui, les autorités aussi sont en train d’établir leurs listes de suspects, et je pense donc qu’au cours des prochains mois, l’Ukraine va vivre dans une atmosphère de terreur de droite. Mais nous devons en passer par-là et y faire face. Nous n’avons pas d’autre choix.

Source : Le courrier de Russie

Ce billet fait partie d'une série sur la situation en Ukraine. Il vise à donner des regards différents de ceux diffusés en masse par les grands médias, afin d'élargir votre champ de réflexion. [Lire plus]Cela ne signifie pas que nous adhérions forcément à ces regards - mais simplement que nous les jugeons intéressants (dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici). Notre souhait est de sortir des présentations binaires "gentils / méchants", afin de coller de plus près à une réalité complexe. Nous rappelons enfin que par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète (et donc pas le gouvernement russe non plus). Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits.

20 réponses à [Ukraine] Des répressions ouvertes ont commencé contre les forces de gauche

  1. Spipou Le 31 mai 2014 à 03h14
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    La féodalisation… Je pense à la Chine de l’entre deux guerres, sous Chang-Kaï-Chek, où le pouvoir réel était excercé par les seigneurs de guerre. Ce qui a d’ailleurs rendu si faciles d’abord l’invasion japonaise, puis la prise de pouvoir par Mao-Tsé-Toung…


  2. PascalC Le 31 mai 2014 à 05h52
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    “Tout en ne reconnaissant pas l’idée de la fédéralisation du pays, les oligarques, par exemple, créent des armées privées. De cette façon, ils empruntent la voie féodale, quand chaque suzerain possédait son propre détachement. Ils créent ces formations armées avec des sources de financement obscures, et sans le moindre contrôle citoyen. C’est-à-dire qu’en se positionnant contre la fédéralisation, ils se positionnent pour la féodalisation du pays.”

    Pas très différent de la situation en Afghanistan, en Lybie (avec les Katiba) ou en Irak… Bref, partout où l’Otan passe pour imposer par les armes notre vision du monde (selon le discours officiel), avec le soutien de BHL, c’est à une destruction de l’Etat que l’on assiste.


  3. bobillier Le 31 mai 2014 à 08h46
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    Curieusement on passe sous silence une tradition anarchiste du sud de l’Ukraine. Makhno et sa Makhnovchtina forte de 50 000 hommes ont battu l’armée blanche avant que les cadres soient assassinés par les bolcheviks… ça a quand même du laisser quelques traces dans les mémoires…


    • Ghosties Le 31 mai 2014 à 09h55
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      Vous savez, les cocufiés de l’Histoire n’ont jamais vraiment eu la parole.
      C’est particulièrement vrai pour les anarchistes qui s’étaient alliés aux révolutionnaires communistes de 1917, avant d’être victime de purges.

      Le problème des anar, c’est qu’ils manquent de cynisme.


    • mnemeth Le 01 juin 2014 à 01h26
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      C’est exactement la remarque que je me faisais, Nestor Makhno et la makhonovchtina sont apparus exactement sur ces terres, et ils n’ont pas fait que de battre l’armée blanche, mais aussi l’ouest de l’ukraine et Petlioura.

      Cette opposition entre l’est et l’ouest n’est pas vraiment récente.


  4. reneegate Le 31 mai 2014 à 09h29
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  5. Nicolas Le 31 mai 2014 à 11h14
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    Petit problème de traduction : Il me semble que la plupart des lecteurs risquent de mal comprendre le terme “guerre de partisans”. Il s’agit en fait d’une traduction mot-à-mot de “партизанская война”, c’est à dire de guerilla.
    Les партизаны, ce sont les résistants (ou maquisards quand ils se cachent dans la campagne)


  6. Babbelghem Le 31 mai 2014 à 12h33
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    A cette heure, des pneus brûlent sur le Maidan pour protester contre l’ordre d’enlever les tentes. Demain se tiendra une réunion sur le Maidan pour débattre du sort des tentes. J’espère et je crois en un nouveau Maidan bientôt contre Poroshenko.

    http://www.vladtime.ru/revolution_ukraina/374569-v-kieve-na-kreschatike-aktivisty-maydana-podozhgli-shiny.html a


    • Papagateau Le 31 mai 2014 à 14h53
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      Ou un nouvel Odessa.
      Odessa a commencé comme ça aussi.

      Ou bien, ils arrêtent de nourrir ceux qui gardent les tentes la nuit, et un matin, avec un peu de violence, la place est vide.
      Voire mieux des “philanthropes” étasuniens les paient pour partir, le revenu moyen c’est 10% du revenu français.
      Un gros billet ou Odessa, tu es libre.


  7. moderato si cantabile Le 31 mai 2014 à 13h06
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    La racine profonde de tout ce qu’il se passe, dont le sang versé en Ukraine (des deux côtés, d’ailleurs).
    Il y en a tellement de gens qui le savent. Il y en a qui le disent (comme Olivier, d’ailleurs, pensez aussi à lire ses livres) et puis il y en …des Ayatollah du “libéralisme” travesti en “féodalisme”. Ceux-là sont aux “Pouvoirs” en ce moment et ils semblent vouloir aller jusqu’au bout de leur folie.
    Et “Nous” ? – ben “Nous” somme un peu dispersés, nous avons du mal (au crâne) et des difficultés à nous réunir.
    C’est d’autant plus une vrai oeuvre de salubrité publique, que ce blog, une petite voix, parmi d’autres.
    Mais…l’océan, lui même ce n’est que un rassemblement de beaucoup de “gouttes”

    argentin
    a http://www.youtube.com/watch?v=L–DptNirIw#t=88


  8. moderato si cantabile Le 31 mai 2014 à 13h45
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    pour les mauvais esprits, qui seraient tentés de croire que je fais de la “pub” à Olivier…ben, non, c’est tout le contraire. Je ne crois personne, avant d’avoir tout vérifié, par moi même.
    C’est pour ça que j’ai complété en lisant (un, pour l’instant de ses deux livres).
    Je suis mieux qu’un “journaliste d’enquête”, je suis un “enquêteur économique”…on appelle ça, dans le jargon, un “auditeur”.


  9. Ghosties Le 31 mai 2014 à 14h36
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    y a un sérieux problème au Monde …

    Ukraine : des miliciens russes tués à Donetsk rapatriés en toute discrétion
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/05/30/ukraine-la-russie-rapatrie-ses-combattants-tues-a-donetsk_4429367_3214.html

    A Donetsk, l’anarchie rampante entre groupes séparatistes :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/05/29/l-anarchie-s-empare-de-donetsk-dans-l-est-de-l-ukraine_4428955_3214.html

    Ukraine : les Américains s’inquiètent des capacités militaires des rebelles :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/05/30/ukraine-la-russie-rapatrie-ses-combattants-tues-a-donetsk_4429367_3214.html

    L’Ukraine de nouveau face à un ultimatum gazier :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/05/29/l-ukraine-de-nouveau-face-a-un-ultimatum-gazier_4428760_3214.html

    Ukraine : le président promet de mettre fin à la « terreur » dans l’Est :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/05/28/ukraine-le-president-porochenko-promet-de-mettre-fin-a-la-terreur-dans-l-est_4428257_3214.html

    Ce journal me fait vomir de plus en plus. Même HRW, l’OSCE et d’autres organisations sont en train de se rendre compte que le le régime ukrainien pratique des actes de barbarie, mais non, pas au Monde, droit dans ses bottes !
    (merci Piotr).


    • Surya Le 31 mai 2014 à 16h13
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      On attend toujours leur article sur la nomination de Hunter Biden au codir de Burisma…

      mais ça c’est pas pour tout de suite, là il faut qu’ils aillent faire des copiers/collers des dépêches AFP, ils n’ont pas le temps de faire du journalisme 🙂


    • LutterPourLaPaix Le 31 mai 2014 à 18h06
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      Vous avez raison, je me fais la même réflexion tous les jours sur le journal Le Monde. Il semble que la descente n’a pas de fond.
      Ce journal est devenu un vrai torche C…
      C’est très inquiétant, j’ai l’impression de vivre les heures les plus sombres de notre histoire.


  10. Papagateau Le 31 mai 2014 à 15h32
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    Copié sur “courrier de Russie” :
    S.P. : Le 7 mai, à Moscou, le président suisse et Vladimir Poutine ont annoncé un nouveau plan de pacification de la situation en Ukraine. A-t-il un avenir ?

    S.K. : Avant ça, il y avait eu les accords de Genève, au contenu semblable. Mais il était évident que le pouvoir de Kiev n’avait pas l’intention de les respecter, et même s’ils en avaient eu l’intention, ils n’en avaient absolument pas la force. Parce qu’il faut savoir une chose : quand on parle de la nécessité de désarmer toutes ces bandes néonazies, on doit comprendre que le gouvernement de Kiev n’a aucun contrôle sur la plupart d’entre elles, et ne dispose pas de troupes fidèles qui pourraient s’en charger. Le gouvernement de Kiev est lui-même otage de ces bandes, et il ne peut rien en faire.
    -/—
    En bref, il n’existe pas en Ukraine 2 gouvernements mais 3.
    – Le gouvernement du sud-est.
    – Le gouvernement du parlement de Kiev, qui a le pouvoir des mots, et qui fait semblant d’avoir le pouvoir à Kiev.
    – Le gouvernement de secteur droit qui a le pouvoir de la force et qui prend ses ordres ailleurs qu’au gouvernement du parlement.
    Seul les “philanthropes étrangers” semblent avoir de l’influence sur lui.
    Le gouvernement du parlement est un gouvernement “pour le spectacle”, comme Pétain (qui fut élu par le parlement, je le rappelle).


  11. Charles Michael Le 31 mai 2014 à 16h32
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    Bonjour,

    Est-ce que les résultats de l’élection ont été officielement annoncé ?

    je ne trouve que des bouts d’infos, souvent à partir de sondages sortis des urnes, rien sur le nombre de votants inscrits, des votes sans nombres absolus, etc…

    sans annonce officielle l’heureux élu ne peut prendre ses fonctions, non? et encore moins former un gouvernement ?


    • Ghosties Le 31 mai 2014 à 19h35
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      à partir du moment où le présupposé élu l’a déclaré, ça devient officiel, non ? (cf. Egypte) (cf. ump/copé)


    • Ghosties Le 31 mai 2014 à 19h39
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      Quant au gouvernement, pas d’inquiétude, on garde l’ancien !


    • PL Le 01 juin 2014 à 01h13
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      Bonjour, déjà posté il y a quelques jours, ici-même et sur l’autre excellent site de danielle bleitrach :
      http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/05/27/resultats-sur-les-elections-en-ukraine-pratiquement-defintifs/ a.
      depuis, 100% des bulletins ont été dépouillés, et les chiffres sont quasiment inchangés.
      cordialement.


  12. kopenhague Le 31 mai 2014 à 22h18
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