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5.décembre.20195.12.2019 // Les Crises

12 décembre 1995 : Discours de Pierre Bourdieu aux cheminots grévistes

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Le 12 décembre 1995, Pierre Bourdieu s’adressait aux cheminots grévistes, à la gare de Lyon. Il soutenait les grévistes et apportait, à sa façon, des éléments d’éclairage. Il reste aujourd’hui tout aussi éclairant.

Je suis ici pour dire notre soutien à tous ceux qui luttent, depuis trois semaines, contre la destruction d’une civilisation, associée à l’existence du service public, celle de l’égalité républicaine des droits, droits à l’éducation, à la santé, à la culture, à la recherche, à l’art, et, par-dessus tout, au travail. Je suis ici pour dire que nous comprenons ce mouvement profond, c’est-à-dire à la fois le désespoir et les espoirs qui s’y expriment, et que nous ressentons aussi ; pour dire que nous ne comprenons pas (ou que nous ne comprenons que trop ) ceux qui ne le comprennent pas, tel ce philosophe qui, dans le Journal du Dimanche du 10 décembre, découvre avec stupéfaction « le gouffre entre la compréhension rationnelle du monde », incarnée selon lui par Juppé – il le dit en toutes lettres -, « et le désir profond des gens ».

Cette opposition entre la vision à long terme de « l’élite » éclairée et les pulsions à courte vue du peuple ou de ses représentants est typique de la pensée réactionnaire de tous les temps et de tous les pays ; mais elle prend aujourd’hui une forme nouvelle, avec la noblesse d’État, qui puise la conviction de sa légitimité dans le titre scolaire et dans l’autorité de la science, économique notamment : pour ces nouveaux gouvernants de droit divin, non seulement la raison et la modernité, mais aussi le mouvement, le changement, sont du côté des gouvernants, ministres, patrons ou « experts »; la déraison et l’archaïsme, l’inertie et le conservatisme du côté du peuple, des syndicats, des intellectuels critiques.

C’est cette certitude technocratique qu’exprime Juppé lorsqu’il s’écrie: « Je veux que la France soit un pays sérieux et un pays heureux ». Ce qui peut se traduire: « Je veux que les gens sérieux, c’est-à-dire les élites, les énarques, ceux qui savent où est le bonheur du peuple, soient en mesure de faire le bonheur du peuple, fut-ce malgré lui, c’est-à-dire contre sa volonté ; en effet, aveuglé par ses désirs dont parlait le philosophe, le peuple ne connaît pas son bonheur – en particulier son bonheur d’être gouverné par des gens qui, comme M. Juppé, connaissent son bonheur mieux que lui ». Voilà comment pensent les technocrates et comment ils entendent la démocratie. Et l’on comprend qu’ils ne comprennent pas que le peuple, au nom duquel ils prétendent gouverner, descende dans la rue – comble d’ingratitude ! – pour s’opposer à eux.

Cette noblesse d’État, qui prêche le dépérissement de l’État et le règne sans partage du marché et du consommateur, substitut commercial du citoyen, a fait main basse sur l’État ; elle a fait du bien public un bien privé, de la chose publique, de la République, sa chose. Ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est la reconquête de la démocratie contre la technocratie : il faut en finir avec la tyrannie des « experts », style Banque mondiale ou F.M.I., qui imposent sans discussion les verdicts du nouveau Léviathan ( les « marchés financiers » ), et qui n’entendent pas négocier mais « expliquer » ; il faut rompre avec la nouvelle foi en l’inévitabilité historique que professent les théoriciens du libéralisme ; il faut inventer les nouvelles formes d’un travail politique collectif capable de prendre acte des nécessités, économiques notamment ( ce peut être la tache des experts ), mais pour les combattre et, le cas échéant, les neutraliser.

La crise d’aujourd’hui est une chance historique, pour la France et sans doute aussi pour tous ceux, chaque jour plus nombreux, qui, en Europe et ailleurs dans le monde, refusent la nouvelle alternative : libéralisme ou barbarie. Cheminots, postiers, enseignants, employés des services publics, étudiants, et tant d’autres, activement ou passivement engagés dans le mouvement, ont posé, par leurs manifestations, par leurs déclarations, par les réflexions innombrables qu’ils ont déclenchées et que le couvercle médiatique s’efforce en vain d’étouffer, des problèmes tout à fait fondamentaux, trop importants pour être laissés à des technocrates aussi suffisants qu’insuffisants : comment restituer aux premiers intéressés, c’est-à-dire à chacun de nous, la définition éclairée et raisonnable de l’avenir des services publics, la santé, l’éducation, les transports, etc., en liaison notamment avec ceux qui, dans les autres pays d’Europe, sont exposés aux mêmes menaces? Comment réinventer l’école de la République, en refusant la mise en place progressive, au niveau de l’enseignement supérieur, d’une éducation à deux vitesses, symbolisée par l’opposition entre les grandes écoles et les facultés? Et l’on peut poser la même question à propos de la santé ou des transports. Comment lutter contre la précarisation qui frappe tous les personnels des services publics et qui entraîne des formes de dépendance et de soumission particulièrement funestes dans les entreprises de diffusion culturelle ( radio, télévision ou journalisme ), par l’effet de censure qu’elles exercent, ou même dans l’enseignement?

Dans le travail de réinvention des services publics, les intellectuels, écrivains, artistes, savants, etc., ont un rôle déterminant à jouer. Ils peuvent d’abord contribuer à briser le monopole de l’orthodoxie technocratique sur les moyens de diffusion. Mais ils peuvent aussi s’engager, de manière organisée et permanente, et pas seulement dans les rencontres occasionnelles d’une conjoncture de crise, aux côtés de ceux qui sont en mesure d’orienter efficacement l’avenir de la société, associations et syndicats notamment, et travailler à élaborer des analyses rigoureuses et des propositions inventives sur les grandes questions que l’orthodoxie médiatico-politique interdit de poser : je pense en particulier à la question de l’unification du champ économique mondial et des effets économiques et sociaux de la nouvelle division mondiale du travail, ou à la question des prétendues lois d’airain des marchés financiers au nom desquelles sont sacrifiées tant d’initiatives politiques, à la question des fonctions de l’éducation et de la culture dans des économies où le capital informationnel est devenu une des forces productives les plus déterminantes, etc.

Ce programme peut paraître abstrait et purement théorique. Mais on peut récuser le technocratisme autoritaire sans tomber dans un populisme auquel les mouvements sociaux du passé ont trop souvent sacrifié, et qui fait le jeu, une fois de plus, des technocrates.

Ce que j’ai voulu exprimer en tous cas, peut-être maladroitement – et j’en demande pardon à ceux que j’aurais pu choquer ou ennuyer -, c’est une solidarité réelle avec ceux qui se battent aujourd’hui pour changer la société : je pense en effet qu’on ne peut combattre efficacement la technocratie, nationale et internationale, qu’en l’affrontant sur son terrain privilégié, celui de la science, économique notamment, et en opposant à la connaissance abstraite et mutilée dont elle se prévaut, une connaissance plus respectueuse des hommes et des réalités auxquelles ils sont confrontés.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

51 réactions et commentaires

  • Fritz // 05.12.2019 à 11h03

    Pas un seul mot à changer. C’était il y a vingt-quatre ans, c’était hier, c’est aujourd’hui.
    Prière aux syndicats : ne modernisez pas le texte de Bourdieu en écriture inclusive.

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  • Fritz // 05.12.2019 à 11h29

    Pour rire un peu, j’espère que les-crises proposeront un article désopilant du Parisien (ex-libéré) sur le « Jeudi Noir » des « Zuzagers »… Car il va de soi, pour cette presse, qu’un citoyen lambda ira forcément à son travail, qu’il ne lui viendra jamais à l’esprit de rejoindre les rangs des grévistes et des manifestants. En tout cas, elle fait tout pour lui enlever cette idée saugrenue.

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  • Louis Robert // 05.12.2019 à 11h56

    Champ de réflexion élargi!

    Nous approuvons la vision développée ici.

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  • Pas dupe // 05.12.2019 à 13h42

    Allez, je me lance…
    Je suis fonctionnaire gréviste aujourd’hui.
    Pour autant, j’estime qu’il y a des inégalités très importantes entre certains régimes et que certaines branches, historiquement, ont utilisé leurs positions stratégiques pour obtenir des privilèges indus.
    Dans l’énergie ou dans les transports, des gens à niveau de qualification relativement faible des rémunérations relativement forte, pour un investissement en temps et une pénibilité très discutable.
    À côté de ça, des infirmières ou des enseignants ont des conditions de travail qui se dégradent en permanence avec une pénibilité psychologique qui attend des sommets.

    Cette journée d’action me semble donc finalement un piège même si le modèle de ceux qui veulent « réformer » ne me semble absolument pas convenable.

    Il est des débats qu’il faut d’urgence ouvrir, en particulier celui de la définition des cahiers des charges et du contrôle du service public, quel que soit l’opérateur du service.
    Les entreprises multinationales venu pour se gaver de marge ou des monopole d’État ou les syndicats se servent plus ce que le public amène aux mêmes problématiques.
    Et c’est l’absence de ce débat qui emmènera à des privatisations en masse, mais beaucoup ne le comprennent pas.

    Encore une fois, la bipolarité de notre politique réduit les débats et le jour où des Lordons, ou autres accepteront de voir certaines horreurs dans le monde syndical, leurs mots auront bien plus de poids pour imaginer conserver un service public digne de ce nom.

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    • Pas dupe // 05.12.2019 à 15h12

      Petite explication après des excuses pour les fautes d’orthographe dues à une flemme de passer après la reconnaissance vocale…
      Décidément faire des fautes quand on est prof !

      Bizarrement, les mêmes qui critiquent la dérive du pouvoir à gauche n’ont pas compris que celui-ci jouait avec les syndicats en les laissant organiser certaines activités.
      Un service public doit être au service du public et pas de ses fonctionnaires ou des syndicats les représentant (et pas tant que cela).

      On ne peut donc imaginer un vrai service public qu’avec un contrôle indépendant des gouvernements, ce qui est ennuierait bien les syndicats puisqu’il y a un jeu malsain entre politique (élections) et défense des travailleurs, pourtant deux choses distinctes.

      Alors seulement, l’équilibre entre état, usagers et fonctionnaires pourra t’être géré de manière saine, entre les représentants du peuple qui organiseront ce service et le contrôleront, des usagers qui pourront contrôler ces représentants par leur vote, et des fonctionnaires qui pourront défendre leurs conditions de travail et pas faire semblant de défendre les usagers.

      J’insiste : sans rédaction d’un cahier des charges précis inspiré par un souhait de la population et sans contrôle du service réellement effectué, ces débat tournent à l’hypocrisie et à l’idéologie.

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      • RV // 06.12.2019 à 20h13

        Bernard Friot soutient que l’institution des services publics s’est arrêtée au milieu du gué en ce sens qu’elle n’a pas institué de propriété d’usage des acteurs de l’institution.

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    • RGT // 06.12.2019 à 08h19

      « historiquement, ont utilisé leurs positions stratégiques pour obtenir des privilèges indus »…

      Vous parlerez de ça à mon défunt grand-père, cheminot (et résistant) qui a bénéficié de « privilèges indus » en partant à la retraite « bien jeune » avant de mourir 3 ans plus tard d’un cancer du poumon causé par sa silicose.
      Vous me direz que c’était mieux que s’il était mort aux commandes de sa locomotive pendant l’exercice de sa profession.

      De plus, trouvez-vous normal qu’un train transportant des milliers de passagers soit sous la responsabilité d’un seul homme fatigué et aux réflexes « adoucis » alors qu’il est interdit aux pilotes d’avions commerciaux de continuer leur activité pour les mêmes raisons ?

      Et il en va de même pour tous ces « invisibles » qui exercent des professions nécessitant des réflexes rapides et une attention soutenue dont la moindre inattention peut avoir des conséquences désastreuses.
      Et qui, n’oublions pas de le préciser, payent des cotisations majorées afin de financer leurs propres retraites, cotisations qui bien sûr ne profitent à aucun actionnaire et qui plomberaient les profits des mêmes actionnaires si elles étaient appliquées aux entreprises privées.

      Le problème des retraites n’est pas du tout démographique, c’est juste un problème économique qui cause la SPOLIATION SCANDALEUSE des profits et dividendes des actionnaires qui ne peuvent pas profiter de l’aubaine.

      Par contre, aucun commentaire sur les « régimes spéciaux » de « nos » « élites » qui bénéficient d’une retraite dorée après avoir passé leur existence sans soucis ni responsabilité assumée.

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      • Balthazar // 06.12.2019 à 10h14

        Une précision concernant les pilotes: en France ils peuvent voler jusqu’à 65 ans. Ailleurs, ils volent jusqu’à 65 ans.
        Après, il peut y avoir des pratiques selon les compagnies ( si pilote n1 a plus de 60 ans, le n2 sera quinquagénaire maximum).

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    • ouvrierpcf // 06.12.2019 à 08h51

      Dans l’énergie ou dans les transports, des gens à niveau de qualification relativement faible des rémunérations relativement forte, pour un investissement en temps et une pénibilité très discutable.

      bon donc un cheminot du secteur énergie Gare du Nord qui maintient en état 4 potes HT /BT arrivées EDF type regime TT redistribuée en type IT pour les gares souterraine et les alimentations signalisation ou il y a alarme au 1er défaut et coupure au 2eme défaut en ne pouvant disposer de 4 heures d’autonomie pour les alimentions type ondulées par convertisseurs ( batteries cadnium 1500A/H) 12heures de recharge ) d’astreinte une semaine sur 6 ‘disponible 24H/24 du mardi au mardi serait de qualification relativement faible pour une rémunération relativement forte et de pénibilité très discutable 4 retraités entre 1999 et 2016 sont décédés ) du même service

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    • BOURDEAUX // 06.12.2019 à 09h57

      La seule urgence qui vaille, c’est celle d’une décentralisation des services publiques. Je connais des profs, des policiers, et ce qui leur devient insupportable, c’est l’impossibilité d’avoir un interlocuteur qui ait le pouvoir de répondre et de décider, lorsqu’ils ont un problème ou une critique à formuler sur la mission qu’ils exercent. Les ministères de l’intérieur et de l’éducation nationale ont dans leurs caisses des dizaines de milliers d’heures de travail non-payées à leurs agents : dans n’importe quelle boite privée, le patron ne pourrait simplement pas assumer une telle situation; mais lorsque vous êtes prof en province et que vous réclamez votre dû à un fonctionnaire protocolaire et masqué qui consent à vous répondre au téléphone depuis Paris, vous pouvez détester légitimement la puissance publique qui vous humilie. Tant que nos services publiques resteront cette enseigne du jacobinisme, cette caricature de centralisme bureaucratique, les fonctionnaires resteront des pions.

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    • vert-de-taire // 07.12.2019 à 07h23

      « Encore une fois, la bipolarité de notre politique réduit les débats et le jour où des Lordons, ou autres accepteront de voir certaines horreurs dans le monde syndical, leurs mots auront bien plus de poids pour imaginer conserver un service public digne de ce nom. »

      Raté ! Lordon a critiqué vertement les directions des syndicats
      https://blog.mondediplo.net/2018-03-20-Ordonnances-SNCF-l-occasion

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  • Cyd // 05.12.2019 à 15h46

    ourdieu a fait beaucoup de mal en France, notamment pour l’école
    Et ici, son texte même en 1995 est complètement à côté de la plaque.

    A force de croire que tout est rapport de forces sociales,; tout est de la faute des riches qui ne veulent pas partager et qu’il faut les obliger, il en oublie, et induit en erreur ceux qui le l’écoute, les fondamentaux physiques et donc intangibles.

    Le système de retraite actuel est voué à disparaitre parce qu’il est mal fichu. C’est connu depuis la fin du baby-boom à la fin des années 70 soit il y a 40 ans. 40ans où rien n’a été fait pour provisionner les retraites malgré les tres nombreux lanceurs d’alerte. Non, faire un effort, c’est trop demander, il suffisait de réclamer la croissance, chose qui se décréte evidemment

    Depuis la 2nd partie des années 70, le pétrole est devenu cher, et les futurs travailleurs moins nombreux

    Comment Bourdieu compte t’il financé les retraites des papys boomers avec moins de travailleurs (pas d’enfants), et moins de croissance économique (pétrole cher)

    Sans compter toutes les expériences sociales d’une génération de boomers hédonistes pour ne pas dire égoïstes, qui se s’est bien gavée, s’est amusée en expérience sociale délirante ( notamment en pédagogisme), s’est payée des congés payés puis des 35h, des retraites à 60 ans voire à 52 ans, sans se fatiguer à élever des enfant et en liquidant le tissu économique du pays, et qui depuis qu’elle commence à partir en retraite demande aux autres, aux plus jeunes de travailler plus pour gagner plus (pour eux)

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    • Kilsan Aïtous // 05.12.2019 à 16h42

      Gérard Filoche, fondateur de la Gauche démocratique et sociale, était l’invité de RT France pour décrypter la réforme des retraites.

      «C’est la plus violente des attaques contre nos vies, Macron va probablement baisser nos retraites de 25%», a-t-il déclaré.

      «La France n’a jamais été aussi riche et les richesses n’ont jamais été autant mal partagées», a-t-il ensuite expliqué, notamment pour déconstruire la réforme des retraites voulue par le gouvernement français, et prouver qu’il est même possible d’améliorer le système de retraite actuel.

      En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/68590-blocages-manifestations-greve-5-decembre-contre-reforme-retraites-debute-en-continu

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    • Marie Pan-Pan // 05.12.2019 à 17h10

      Cyd,
      Notre système de retraite c’est un peu puis beaucoup la pyramide de Ponzi.

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      • K // 06.12.2019 à 02h09

        Exactement : la retraite par répartition, c’est du Ponzi (en pire du fait de son caractère obligatoire).
        Lorsqu’on parle de la retraite, on aborde toujours le sujet par l’angle de la pension (combien un retraité doit-il toucher de pension pour vivre dignement) et rarement par l’angle de la cotisation (quel niveau de cotisation un travailleur peut-il supporter au maximum pour lui laisser un salaire net digne).
        Rappelons qu’un travailleur payé plus d’1,6 SMIC verse 45% de son salaire super-but en cotisations sociales (assurances retraite et maladie en direction des papyboomers). Si on ajoute l’impot sur le revenu, les impots locaux, la TVA, la taxe pétrolière et tout le reste, on se rend compte que les 2 tiers du salaire sont socialisés. Et le tiers restants sert principalement à payer le transport (pour aller travailler) et à payer le logement (loyer ou mensualités) au profit des papyboomers qui organisent la pénurie de logement pour augmenter la valeur de leur patrimoine.

        Si une nation veut un système de retraite, elle fait des enfants (répartition) ou elle épargne (capitalisation). Si elle n’accepte ni l’un ni l’autre (car l’enfantement ça coute du temps, de l’énergie, des soucis et de l’argent; et l’effort de capitalisation vient réduire le niveau de consommation) alors les retraités de cette nation se doivent d’accepter leur bol de riz et de ne pas revendiquer ou manifester contre leurs enfants qui sont déjà ponctionnés dans des proportions alucinantes.

        Mais on trouve encore des gens pour brocarder l’ultra-libéralisme dans le pays le plus collectiviste du monde.

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        • Loyd // 06.12.2019 à 05h09

          On brocarde surtout le fait de donner autant d’argent à des technocrates qui en fourrent une grande partie dans leurs poches ou dans celles de leurs camarades « entrepreneurs », et qui font mine de s’étonner quand ce qu’il reste ne suffit plus.

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        • Ohlala // 06.12.2019 à 10h00
          • K // 06.12.2019 à 10h52

            150 milliards de réserves de cotisation alors que les caisses de retraite distribuent 350 milliards par an. Ca nous donne même pas 6 mois d’autonomie. 150 milliards c’est rien du tout au regard du mur du vieillissement à venir.
            On est bel et bien face à une pyramide de Ponzi. Même Bernard Madoff avait beaucoup plus que 6 mois de cotisations dans ses réserves.

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            • LouisSto // 06.12.2019 à 14h54

              Vous n’avez jamais entendu parler du CICE et du pacte de responsabilité.
              C’est 41 milliards de distribué aux entreprises ou plutôt de réduction de cotisations.
              Mais que peu bien faire l’État avec ces 41 000 000 000 si il ne les faisait pas cadeaux aux entreprises ??
              Si on fait une moyenne pour une personne qui touche le chômage ou au RSA on peut dire sans exagérer et en prenant le chiffre le plus bas, 500 € (ce qui n’est pas beaucoup).
              Et que l’on embauche une personne à 2000 € par mois soit et si on déduit les 500 € qu’il touchait au chômage ou RSA ce la fait 1500 € par mois soit 1500 x 12 = 18 000 € par an.
              Le coût reel d’une personne embauché par l’état (ou même une entreprise privé).

              Donc avec 41 000 000 000 du CICS+Responsabilite et 18 000 € par an si on l’embauche un chomeur cela fait ;
              41 000 000 000 / 18 000 = 2 277 778 emplois.
              Avec 2 millions d’emplois en plus c’est fini, il n’y a plus de déficit de la sécu, ni des retraites ni d’aucunes allocations.

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        • Kilsan Aïtous // 06.12.2019 à 10h23

          et les personnes qui font et élèvent leurs enfants, elles ont droit à une retraite pour ça ?

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          • Cyd // 06.12.2019 à 14h19

            non malheureusement

            Comme toutes les cotisations sont mutulaisés et completement déconnecté de la participation réelle à la « répartition » (quantité et qualité des enfants), ceux qui sont gagnants sont ceux qui ne font pas ou peu d’enfant.

            Ceux là ont une carriere pro plus facile (mobilité, charge de travail possible, les enfants ca rigidife considérablemeent l’agenda), moins de charge (mison, voiture, nounou, nourriture, vacances hors période scolaire….), bref ils gagnent plus et depensent moins, et à la fin ils ont le jackpot d’une grosse retraite basés sur leur salaire, et leur épargne

            C’est pour ca d’ailleurs, que de nos jours, ls enfants sont de plus en plus assimilés à « un choixx de vie », c’est à dire, à un animal domestique

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        • D.T // 06.12.2019 à 12h34

          Les salariés ne sont pas seuls à cotiser, il y’a une part patronale dans les cotisations retraites. Par consequent on a deja des pensions issues partiellement du capital. A voir maintenant si les caisses ne placent pas deja de l’argent sur les marchés.
          Dans ce cas il n’y aurait pas, fondamentalement, de difference entre la répartition et la capitalisation.

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          • K // 06.12.2019 à 18h45

            L’idée selon laquelle les cotisations sociales patronales seraient payées par le capital est un mythe. Les cotisations patronales sont payées par les travailleurs eux-même in fine.
            Les entreprises considèrent le coùt complet que représente leur salarié. Peu importe qu’il s’agisse de salaire brut ou de cotisations patronales.
            Si le gouvernement décide d’augmenter les cotisations patronales, les entreprises ne vont pas piocher dans leurs fonds propres pour payer cette augmentation, elles vont simplement la répercuter sur les salariés eux-même sous forme de gel des salaires et diminution des salaires d’embauche.

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            • n // 06.12.2019 à 22h16

              merci d’avoir fait cette utile mise au point; je n’ai jamais compris en effet pourquoi on a séparé les cotisations en deux parts alors qu’elles sont toutes payées par le salarié. Je n’oserais pas soupçonner la puissance publique d’y avoir vu un moyen commode pour brouiller les cartes…

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            • D.T // 06.12.2019 à 23h29

              A ce moment là il faudrait faire vraiment cotiser le grand gagnant de la mondialisation qui est le capital.
              Et pour ceux qui chouineraient sur les pauvres actionnaires je rappelerais que l’impot sur les sociétés atteignait les 50% pendant la periode de plein emploi qu’a connu la France.

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            • vert-de-taire // 07.12.2019 à 07h48

              **Si le gouvernement décide d’augmenter les cotisations patronales, les entreprises ne vont pas piocher dans leurs fonds propres pour payer cette augmentation, elles vont simplement la répercuter sur les salariés eux-même sous forme de gel des salaires et diminution des salaires d’embauche.**

              Pour surtout ne pas baisser les dividendes.
              L’entreprise est devenue une pompe à phynance alors qu’elle était un mode d’organisation social.
              On est passé d’une société POUR tous à une société POUR riches.

              Et après on voudrait que je reste un esclave docile ?

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        • jean-pierre georges-pichot // 06.12.2019 à 18h07

          Ce qui fait irrésistiblement penser à une pyramide de Ponzi, c’est le projet fou, venu de Bruxelles, sur lequel Delevoye a levé un coin du rideau par bêtise ou provocation au plus mauvais moment : financer les retraites des quelques Français qui ont encore du travail par le relais d’immigrés venus d’ailleurs, tout faits et tout éduqués, ce qui semble filou, mais est bien stupide, vu que dans le système actuel leurs enfants seront eux aussi majoritairement chômeurs, précaires, sous-formés et sous-employés. Tout cela pour ne pas investir, par exemple dans l’éducation : ce qui est le vice constant du système capitaliste, dans lequel chaque agent économique cherche son avantage concurrentiel et trouve sa survie en rejetant les dépenses d’investissement sur un Etat que par ailleurs on paupérise.
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        • vert-de-taire // 07.12.2019 à 07h41

          ** Exactement : la retraite par répartition, c’est du Ponzi (en pire du fait de son caractère obligatoire).**
          ** Si une nation veut un système de retraite, elle fait des enfants (répartition) ou elle épargne (capitalisation). Si elle n’accepte ni l’un ni l’autre … alors les retraités de cette nation se doivent d’accepter leur bol de riz .. **

          La capitalisation c’est quoi sinon une dette envers les enfants ?
          Avec en prime le passage par les ultra-riches qui se gavent.

          La richesse n’est produite QUE par le travail. Que ce soit le salaire ou le capital, cette richesse a la même origine, le travail.
          La retraite par capitalisation n’est qu’un leurre, un masque pour prélever du TRAVAIL de la plus-value servant le rentier.
          La seule différence entre retraite par répartition et capitalisation est que la capitalisation peut provenir de n’importe où : du travail d’esclaves, de pillages … La norme capitaliste depuis les colonisations.

          Il est parfaitement abject de tenter d’opposer le retraité au travailleur : ce SONT LES MÊMES PERSONNES, les mêmes citoyens à quelques années près. Ce point de vue méprisant ne peut venir que du salopard de capitaliste qui se gave à ne rien faire sinon faire piller et faire dévaster le monde.

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    • Batby // 06.12.2019 à 08h59

      [modéré] suite à Bourdieu et ses analyses éclairantes, des intellectuels ont continué de travailler, analyser et répondu à l’ensemble des fausses questions que se pose Cyd pour maintenir le régime actuel. Juste un chiffre, dans les années 60/70 le bénéfice généré par le travail était réparti pour 5% pour le capital et le reste en couverture sociale, salaire et investissement. Aujourd’hui le capital est rémunéré entre 15 et 20 % alors que la production va toujours de l’avant en terme de rentabilité.
      Alors Cyd on enlève ses lunettes noires et on regarde le monde d’aujourd’hui sans tabous ni croyances obsolètes.
      Merci Monsieur Bourdieu, la preuve que vos analyses étaient pertinentes puisqu’elles font réagir aussi violemment vos détracteurs et autres obscurantistes.

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      • Cyd // 06.12.2019 à 14h25

        Me voilà obcusrantiste !! et donc vous vous êtes éclairé ? ca va les chevilles, pas trop enflées ?

        Et pas une seule réponse à mes questions, qui sont comment fait on pour assurer le train de vie de retraités avec :
        1) moins de productifs (manque d’enfant)
        2) moins de machines, (manque de pétrole) moins de productivité par productif

        Le reste, c’est de la loggorhé. Proposez de ruiner les « riches » pour renflouer les « pauvres », ce n’est pas une solution. C’est de la guerre civile pour s’approprier le produit des dernieres gouttes de pétroles et des derniers productifs non découragés

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        • Saint Maurice // 06.12.2019 à 14h44

          Comment on fait ?
          on lit des livres, on file de l’argent aux retraités et on regarde où il va (c’est à dire que si l’argent stagne quelque part, on le prend…pour le dépenser…) et on recommence…

          Quant à la productivité, on s’en ficherait pas un peu ?

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        • D.T // 06.12.2019 à 23h07

          On nous a assez repété que l’automatisation va detruire de plus en plus d’emploi et voila qu’on aurait plus les ressources pour faire vivre de plus en plus d’inactifs ?
          Ou va passer ce gain de productivité alors si il ne va pas chez les retraités ?

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        • vert-de-taire // 07.12.2019 à 08h27

          Mes humbles réponses :

          1) moins de productifs (manque d’enfant)
          On pourrait en rire !
          Que signifie moins de productifs ? Que le pourvoyeur de travail, celui qui décide de ce qui est ou n’est pas, le capitaliste le propriétaire des moyens de PRODUCTION, ne VEUT plus produire ou qu’il ne PEUT plus produire par manque de productifs ?
          Quand on regarde le taux massif de chômeurs (en millions), de gens exclus qui recherchent à s’employer, cela laisse rêveur ou enragé.
          Donc ce manque de production est un choix de décideurs.
          Alors vous allez me rétorquer les arguments usuels : pas formés, trop chers, gna gna gna.
          Si le producteur VEUT produire il faut accepter de former.
          Réponse c’est trop cher !
          Trop cher de quoi ?
          Ce trop vient d’une comparaison, le trop vient du cout du travail ailleurs.
          Le chinois, le philippin, .. est moins cher.
          Parfaitement exact : allons donc en Chine, aux Philippines et tout sera parfait.
          Non ?
          Alors transformons la France en Chine, Philippines
          Non plus ?
          Et pourtant c’est exactement ce qui nous arrive.
          Asservissement au travail de SURVIE ou misère (rien à voir avec la pauvreté).
          Beau programme, agréable régime politique…

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      • Pinouille // 06.12.2019 à 16h37

        « Aujourd’hui le capital est rémunéré entre 15 et 20 % »
        N’est ce pas justement pour rémunérer les retraites par capitalisation?
        Ce qui paraît logique, puisque les baby boomers des pays développés ont l’âge de la retraite.
        On associe la rente aux fortunés qui ponctionnent les richesses des travailleurs pour une vie oisive. Ce n’est peut-être pas le cas le plus représentatif. Une seule manière pour éclaircir ce point: trouver l’origine des capitaux. Qui s’y colle?

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        • JLR72 // 10.12.2019 à 22h54

          C’est effectivement pour rémunérer les retraites par capitalisation. Mais en partie seulement de mon point de vue car les gérants, associés de ces fonds de pension se rémunèrent grâce au rendement de leur portefeuille d’actifs financier. Par conséquent, ils sont prédisposés à obtenir par tous les moyens la meilleure performance, le meilleur rendement…pour gagner le plus d’argent. Le retraité dont il a les fonds en gestion, il s’en cogne. Pour lui, c’est juste un levier afin de générer du rendement (et donc son salaire + bonus).
          Le retraité lambda, lorsqu’il place, n’exige pas un rendement précis; il dispose juste d’une palette de choix d’investissement, du plus risqué et rémunérateur au moins risqué et moins rémunérateur. Et quand on place pour sa retraite, à priori, c’est plus de 50% en risque faible.
          Mais même les placements les moins risqués ont une probabilité de perte réelle. Combien d’américains ont vu leur retraite fondre de 20/30% avec la crise. D’ailleurs certains n’ont même pas 500$ de retraite et sont contraints de bosser à mi-temps à plus de 80 balais.

            +0

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          • JLR72 // 10.12.2019 à 23h03

            Ah et j’oubliais les effets délétères du court termisme. Pour retenir un actionnaire/investisseur qui peut en quelques heures et sans aucune contrainte déplacer toute ou partie de son investissement (là on parle en milliard), mieux vaut être généreux en dividende.

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    • BOURDEAUX // 06.12.2019 à 09h30

      système « mal fichu », pas dans son principe en tout cas; la répartition est quand même le système le plus simple à priori. Mais dans les mains de nos énarques, tiraillé sans cesse par des revendications corporatistes, il est devenu illisible et prend l’eau. On fait jouer à ce système un rôle de correction des inégalités qui n’est pas le sien, particulièrement quant à la pénibilité réelle ou supposée de certains métiers. Mais la pénibilité devrait avoir comme contrepartie un salaire négocié pendant la vie active, c’est tout. Après cela, je ne comprends pas que tant de gens « en retraite » perçoivent des pensions qui leur permettent d’en épargner la moitié alors que l’on fonctionne en répartition : c’est choquant. Etre en retraite devrait être un état dans lequel, conscients de s’être mis à la charge des actifs, les anciens devraient se contenter d’une pension indexée sur le smic, et plafonnée au double par exemple, pour terminer sa vie en roue libre, ni dans la misère ni dans l’opulence.

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      • Cyd // 06.12.2019 à 14h28

        la répartition n’est pas le Bien et la capitalisation n’est pas le Mal
        de même le Public n’est pas le Bien, et le Privé n’est pas le Mal

        Ces 4 composantes sont complémentaires et on doit pouvoir combiner leurs avantages/inconvénients pour avoir le meilleur mix à une situation donnée

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        • vert-de-taire // 07.12.2019 à 08h43

          Public privé est un enferment.

          Le bien public et le bien privé comme composantes ultimes des choix sociaux.
          Faux problème d’un régime capitaliste qui a soudoyé les esprits avec succès.

          L’histoire a parfois des leçons à nous faire penser. Par exemple celle des Communs. Ces biens partagés par tous afin d’en faire profiter tous. En opposition absolue, incompatibles avec l’accumulation infinie de biens privés qui caractérise le monde actuel.
          Les milliardaires pullulent et captent de plus en plus toute la richesse du monde.

          L’opposition privé public aujourd’hui ne peut pas être vue comme composantes complémentaires. Le bien privé est un vol planétaire par les ultra-riches. Il engendre une violence qui ne peut que déflagrer.
          Qui peut encore accepter ce régime de prédation ?

          Il n’y a ni bien ni mal, il y a asservissement (et dévastation) du monde par une élite prédatrice.

          On est bien loin des composantes public privé, répartition capitalisation mais bien dans une coercition planétaire.

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    • D.T // 06.12.2019 à 12h15

      Si vous trouvez que le principe des retraites actuelles est mal fichu, que proposez vous alors ?

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      • cyd // 06.12.2019 à 14h45

        Par exemple, dans la catégorie « par répartition », plutôt que de verser toutes les cotisations des productifs dans un pot commun, puis de les répartir aux retraités en fonction du salaire moyen touché pendant la vie active, on pourrait donner directement aux parents retraités (en plus d’une rente minimale) une fraction du salaire de leurs enfants.

        Ca reviendrait au système de base de la répartition sans les dérives de mutualisation

        Ca motiverait les gens à faire des enfants, et à bien les élever. C’est-à-dire l’inverse de maintenant.

        Car de nos jours, c’est le jouisseur à gros salaire sans enfant qui est le gagnant du système. Et il est totalement injuste que la mère de famille qui a « produit » 10 prix Nobel, n’est aucune rente, aucune reconnaissance de la société pour son fabuleux travail

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        • vert-de-taire // 07.12.2019 à 08h46

          Faire des enfants ..

          9 milliards de gens ça ne suffit pas.
          Donc continuons vers les 100 milliards gaiment.

          L’homme bactérie ?

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    • Zorglub // 10.12.2019 à 11h58

      Le système de retraie actuel n’est pas voué à disparaître, il est voué à ce transformer pour améliorer l’assiette de participation aux retraites. Aujourd’hui seul le travail est taxé pour payer les retraites. Il est grand temps de taxer le capital, de taxer les transactions boursières, la spéculation. Tout est question de choix politique. Notre pays est bien plus riche aujourd’hui qu’au lendemain de la guerre quand le système de retraite a été mis en place. La différence est que nous laissons la richesse produite par les actifs (ce qui inclus tous les travailleurs, qu’ils soient salariés du privé, indépendants, fonctionnaires, agriculteurs etc) leur échapper et arriver in fine dans les mains des détenteurs du capital financier, qui ne participent que très peu à la solidarité collective.

        +2

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  • Saint Maurice // 06.12.2019 à 08h03

    si on veut jouer au Monopoly sans s’arrêter, il faut d’une part payer ses taxes pour que la banque (l’état) puisse continuer à nous fournir l’argent pour jouer et d’autre part ne pas faire (trop) payer les autres joueurs qui n’ont pas d’argent lorsqu’ils « tombent » sur nos hôtels… sinon la partie s’arrête…

      +2

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    • vert-de-taire // 07.12.2019 à 09h04

      Le Monopoly comme la finance actuelle FABRIQUE la monnaie dont elle a besoin pour jouer.
      Exemple connexe le QE qui est une fabrication de monnaie qui ne correspond EN RIEN à de la richesse produite.
      Ce QE est devenu indispensable aux banques pour qu’il leur reste de quoi jouer encore, puisqu’elles ont fabriqué des prêts bidons avec de l’argent qu’elles ont généré sans compter. 1 permettant de créer ~99 mis dans le casino.
      Ce 99 étant le prêt (argent virtuel) n’est JAMAIS détruit (au remboursement du prêt) mais ressert pour un autre prêt casino. Un Ponzi criminel.

      La finance de casino continue de fragiliser l’économie mondiale, au risque de l’effondrer, une fois de plus.
      C’est bien ce capitalisme fou qu’il faut détruire au plus vite avant l’effondrement et ses atrocités inévitables.

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  • cedivan // 06.12.2019 à 12h56

    Bourdieu qui brocarde les technocrates et les mandarins, c’est quand même assez drôle. Enfin, si on veut. Bourdieu c’est l’archétype du monarque dans les sciences de l’éducation, avec les résultats catastrophiques que l’on voit aujourd’hui. Bref, la paille et la poutre….

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    • Ellilou // 06.12.2019 à 13h50

      A vous écouter on dirait que tous les ministres de l’Education écoutaient religieusement Bourdieu…On croit rêver!!!

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    • vert-de-taire // 07.12.2019 à 11h38

      tout faux
      Bourdieu issu de famille pauvre a toujours été méprisé par l’élite.
      C’est par son unicité et ses capacités méritocratiques impossibles à lui retirer et dans sa capacité à dire qu’il a eu un peu de notoriété.

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  • Jean-Pierre Kayemba // 06.12.2019 à 17h11

    Il est des rappels salutaires: celui-ci en est un. Merci.

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  • jean-pierre georges-pichot // 06.12.2019 à 18h24

    Il n’y a pas de problème des retraites en France. La démographie est un méchant prétexte, car elle n’évolue que très lentement, et avec l’immigration il n’y a pas de vieillissement notable de la population. Même sans cela, elle ne ferait varier les équilibres que de quelques points de pourcentage largement couverts par les gains de productivité. Le déficit d’actifs par rapport aux inactifs est plutôt un déficit d’activité, car il est est massivement le fait du chômage et du sous-emploi des capacités productives. Il y a deux problèmes réels : le premier est le sous-emploi et la qualité dégradée des fonctions économiques dans lesquelles notre pays s’est spécialisé. En gros, le tourisme et le luxe, c’est à dire essentiellement des artisanats archaïques, au lieu de la technologie et de l’industrie. Le tout allant en harmonie avec la déroute éducative, qui est une fabrication technocratique délibérée. Le deuxième problème, c’est la colonisation par le capitalisme étranger, auquel nos gouvernements ont vendu ce qui restait d’activité moderne et rentable. On agite le thème du ‘trou’ supposé des caisses de retraite françaises sans jamais évoquer le fait que la France paye les retraites du monde entier depuis que Mitterrand et Fabius ont vendu nos usines aux Fonds de pension américains et autres.

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  • JCB // 13.12.2019 à 10h01

    (Re)lire Bourdieu pour comprendre comment fonctionne notre monde : merci pour ce rappel !

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