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3.avril.20183.4.2018 // Les Crises

12 décembre 1995 : Discours de Pierre Bourdieu aux cheminots grévistes

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Le 12 décembre 1995, Pierre Bourdieu s’adressait aux cheminots grévistes, à la gare de Lyon. Il soutenait les grévistes et apportait, à sa façon, des éléments d’éclairage. Il reste aujourd’hui tout aussi éclairant.

Je suis ici pour dire notre soutien à tous ceux qui luttent, depuis trois semaines, contre la destruction d’une civilisation, associée à l’existence du service public, celle de l’égalité républicaine des droits, droits à l’éducation, à la santé, à la culture, à la recherche, à l’art, et, par-dessus tout, au travail. Je suis ici pour dire que nous comprenons ce mouvement profond, c’est-à-dire à la fois le désespoir et les espoirs qui s’y expriment, et que nous ressentons aussi ; pour dire que nous ne comprenons pas (ou que nous ne comprenons que trop ) ceux qui ne le comprennent pas, tel ce philosophe qui, dans le Journal du Dimanche du 10 décembre, découvre avec stupéfaction “le gouffre entre la compréhension rationnelle du monde”, incarnée selon lui par Juppé – il le dit en toutes lettres -, “et le désir profond des gens”.

Cette opposition entre la vision à long terme de “l’élite” éclairée et les pulsions à courte vue du peuple ou de ses représentants est typique de la pensée réactionnaire de tous les temps et de tous les pays ; mais elle prend aujourd’hui une forme nouvelle, avec la noblesse d’État, qui puise la conviction de sa légitimité dans le titre scolaire et dans l’autorité de la science, économique notamment : pour ces nouveaux gouvernants de droit divin, non seulement la raison et la modernité, mais aussi le mouvement, le changement, sont du côté des gouvernants, ministres, patrons ou “experts”; la déraison et l’archaïsme, l’inertie et le conservatisme du côté du peuple, des syndicats, des intellectuels critiques.

C’est cette certitude technocratique qu’exprime Juppé lorsqu’il s’écrie: “Je veux que la France soit un pays sérieux et un pays heureux”. Ce qui peut se traduire: “Je veux que les gens sérieux, c’est-à-dire les élites, les énarques, ceux qui savent où est le bonheur du peuple, soient en mesure de faire le bonheur du peuple, fut-ce malgré lui, c’est-à-dire contre sa volonté ; en effet, aveuglé par ses désirs dont parlait le philosophe, le peuple ne connaît pas son bonheur – en particulier son bonheur d’être gouverné par des gens qui, comme M. Juppé, connaissent son bonheur mieux que lui”. Voilà comment pensent les technocrates et comment ils entendent la démocratie. Et l’on comprend qu’ils ne comprennent pas que le peuple, au nom duquel ils prétendent gouverner, descende dans la rue – comble d’ingratitude ! – pour s’opposer à eux.

Cette noblesse d’État, qui prêche le dépérissement de l’État et le règne sans partage du marché et du consommateur, substitut commercial du citoyen, a fait main basse sur l’État ; elle a fait du bien public un bien privé, de la chose publique, de la République, sa chose. Ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est la reconquête de la démocratie contre la technocratie : il faut en finir avec la tyrannie des “experts”, style Banque mondiale ou F.M.I., qui imposent sans discussion les verdicts du nouveau Léviathan ( les “marchés financiers” ), et qui n’entendent pas négocier mais “expliquer” ; il faut rompre avec la nouvelle foi en l’inévitabilité historique que professent les théoriciens du libéralisme ; il faut inventer les nouvelles formes d’un travail politique collectif capable de prendre acte des nécessités, économiques notamment ( ce peut être la tache des experts ), mais pour les combattre et, le cas échéant, les neutraliser.

La crise d’aujourd’hui est une chance historique, pour la France et sans doute aussi pour tous ceux, chaque jour plus nombreux, qui, en Europe et ailleurs dans le monde, refusent la nouvelle alternative : libéralisme ou barbarie. Cheminots, postiers, enseignants, employés des services publics, étudiants, et tant d’autres, activement ou passivement engagés dans le mouvement, ont posé, par leurs manifestations, par leurs déclarations, par les réflexions innombrables qu’ils ont déclenchées et que le couvercle médiatique s’efforce en vain d’étouffer, des problèmes tout à fait fondamentaux, trop importants pour être laissés à des technocrates aussi suffisants qu’insuffisants : comment restituer aux premiers intéressés, c’est-à-dire à chacun de nous, la définition éclairée et raisonnable de l’avenir des services publics, la santé, l’éducation, les transports, etc., en liaison notamment avec ceux qui, dans les autres pays d’Europe, sont exposés aux mêmes menaces? Comment réinventer l’école de la République, en refusant la mise en place progressive, au niveau de l’enseignement supérieur, d’une éducation à deux vitesses, symbolisée par l’opposition entre les grandes écoles et les facultés? Et l’on peut poser la même question à propos de la santé ou des transports. Comment lutter contre la précarisation qui frappe tous les personnels des services publics et qui entraîne des formes de dépendance et de soumission particulièrement funestes dans les entreprises de diffusion culturelle ( radio, télévision ou journalisme ), par l’effet de censure qu’elles exercent, ou même dans l’enseignement?

Dans le travail de réinvention des services publics, les intellectuels, écrivains, artistes, savants, etc., ont un rôle déterminant à jouer. Ils peuvent d’abord contribuer à briser le monopole de l’orthodoxie technocratique sur les moyens de diffusion. Mais ils peuvent aussi s’engager, de manière organisée et permanente, et pas seulement dans les rencontres occasionnelles d’une conjoncture de crise, aux côtés de ceux qui sont en mesure d’orienter efficacement l’avenir de la société, associations et syndicats notamment, et travailler à élaborer des analyses rigoureuses et des propositions inventives sur les grandes questions que l’orthodoxie médiatico-politique interdit de poser : je pense en particulier à la question de l’unification du champ économique mondial et des effets économiques et sociaux de la nouvelle division mondiale du travail, ou à la question des prétendues lois d’airain des marchés financiers au nom desquelles sont sacrifiées tant d’initiatives politiques, à la question des fonctions de l’éducation et de la culture dans des économies où le capital informationnel est devenu une des forces productives les plus déterminantes, etc.

Ce programme peut paraître abstrait et purement théorique. Mais on peut récuser le technocratisme autoritaire sans tomber dans un populisme auquel les mouvements sociaux du passé ont trop souvent sacrifié, et qui fait le jeu, une fois de plus, des technocrates.

Ce que j’ai voulu exprimer en tous cas, peut-être maladroitement – et j’en demande pardon à ceux que j’aurais pu choquer ou ennuyer -, c’est une solidarité réelle avec ceux qui se battent aujourd’hui pour changer la société : je pense en effet qu’on ne peut combattre efficacement la technocratie, nationale et internationale, qu’en l’affrontant sur son terrain privilégié, celui de la science, économique notamment, et en opposant à la connaissance abstraite et mutilée dont elle se prévaut, une connaissance plus respectueuse des hommes et des réalités auxquelles ils sont confrontés.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Barbe // 03.04.2018 à 07h19

Merci. Je lis seulement aujourd’hui ce texte efficace et tellement juste.
Il n a pas pris une ride. Preuve du bon sens qui le traverse pour démasquer la direction esclavagiste de l élite qui gouverne.
Depuis trop longtemps.

60 réactions et commentaires

  • Barbe // 03.04.2018 à 07h19

    Merci. Je lis seulement aujourd’hui ce texte efficace et tellement juste.
    Il n a pas pris une ride. Preuve du bon sens qui le traverse pour démasquer la direction esclavagiste de l élite qui gouverne.
    Depuis trop longtemps.

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  • Galvan // 03.04.2018 à 07h41

    Superbe texte de Bourdieu, ça n’a pas pris une ride. 20 ans plus tard, le système néolibéral craque de partout, un effondrement partiel à même eu lieu en 2009 mais il est toujours en place, perfusé de partout par l’oligarchie des privilégiés (et non pas des élites), la presse aux ordres et les politiques corrompus.
    La question désormais n’est pas si ce système dictatorial (et l’Union Européenne sa fille illégitime) va s’effondrer, mais plutôt Quand ?
    Nous vivons au sein d’une réaction chimique explosive dont les ingrédients ne sont pas encore équilibrés pour que la déflagration se déclenche, mais on s’en rapproche chaque jour. Un catalyseur pourrait accélérer le mouvement…

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    • bili // 03.04.2018 à 18h43

      Tu prends tes rêves pour des réalités…
      Au dernière election qui à gagné ?

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      • Galvan // 03.04.2018 à 18h46

        Avec 75% d’abstention en effet… c’est dire si la majorité est en dehors de ceux qui votent.

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      • Recits d’Yves // 04.04.2018 à 07h03

        Croyez-vous que la démocratie en France ait encore un sens politique en 2018 ?
        Je vous prédis que sous peu et prétextant une abstention de masse, la neo-democratie s’imposera déchargeant les populations les plus fragiles de leur responsabilité politique au profit de nouveaux “sages volontaires” chargés de les représenter et qui feront en leurs noms, les “bons” choix qui s’imposent pour le bien du pays.
        Le consumérisme en échange la citoyenneté.

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        • RGT // 04.04.2018 à 08h13

          Ce que vous signalez s’appelle une aristocratie.

          Ce système politique, depuis que les humains ont commis l’erreur de se regrouper, est en fait le système dominant et ne semble pas près de s’éteindre.

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    • Olivier // 04.04.2018 à 15h24

      Ajoutons à ce témoignage du passé (22 ans se sont écoulés) que le jeune Emmanuel Macron a le même diplôme euro-atlantiste que le jeune Alain Juppé d’alors : celui de la French American Foundation. Idem pour Edouard Philippe d’ailleurs.

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  • yack2 // 03.04.2018 à 07h49

    Il serait temps,comme le suggère Etienne Chouard, de réaliser ce qu’ est vraiment l’extrême droite.
    L’extrême droite n’est pas que le racisme,(et pour ce qui est de notre temps outre le racisme ethnique ou communautaire, ne pas oublier le racisme social) c’est aussi le démantèlement de tout ce qui fait lien et bien commun.
    Nous sommes plus que servi avec Macron…..Mais on nous a tellement voler,torturer les mots qu’ avec une politique purement thatherienne on peut même se revendiquer à gauche et faire passer un social démocrate ordinaire comme extrémiste le couteau entre les dents.
    BHL ,phare de la pensée, (comme chacun sait) peut dire sur France inter,que Macron est dans la lignée du front populaire et que Vals est le seul représentant valable de la gauche…..Sans la moindre réaction des journalistes…..
    Il serait plus que temps d’ouvrir les yeux; les technocrates ,les experts décrits par Bourdieu sont d’extrême droite

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    • vlois // 03.04.2018 à 09h02

      Macron, c’est l’extrème-centre, la poursuite du système coûte que coûte quite à détourner les moyens de l’Etat pour le sauver… Ils ne peuvent penser et fonctionner que dans le système dans lequel ils ont grandi et s’en sortent fort bien parce que trop bien adapté à celui-ci.

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      • patrick // 03.04.2018 à 09h48

        tout à fait , Macron n’a rien à voir avec l’extrème-droite et il faut sortir du schéma extrème-droite=racisme et rien d’autre.

        Macron c’est la continuation du capitalisme de connivence état-grands groupes et de l’état qui s’occupe de tout sauf de ses missions régaliennes. Il faut que l’état continue à vivre pour continuer à pomper l’argent de la classe moyenne pour le redistribuer aux copains et à la clientèle électorale, c’est aussi ce système que veulent défendre ceux qui sont en grêve aujourd’hui , surtout ne rien changer !!

        L’extrème-droite c’est le refuge de ceux qui ne veulent plus être arnaqués par ce système et n’ont pas d’autre solution pour le dire.

        Du pain et des jeux pour tous

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        • Brigitte // 03.04.2018 à 21h02

          Patrick, dans un système capitaliste, soit l’état est de connivence soit il est marginalisé et les grands groupes font la loi. C’est le serpent qui se mord la queue.
          Ce qui est important, c’est ce qui est à taille humaine, public ou privé. Le rôle de la politique devrait être de veiller à ne pas changer de taille, à respecter l’humain.
          Hélas, nous sommes dans un monde de plus en plus démesuré, démultiplié.

          Ce qui est intéressant dans les extrêmes c’est quand ils se rejoignent et court-circuitent le système en surtension.
          Il y a urgence à appuyer sur le disjoncteur, non?

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          • K // 04.04.2018 à 02h08

            Que faites-vous de l’Islande, de la Suisse, de la Nouvelle-Zellande ?
            L’Etat n’y est ni marginalisé, ni capturé par des intérêts privés.
            Tous ces pays ont en commun une très haute exigence démocratique et un très haut niveau de vie. Comme quoi le salut n’est ni dans la révolution, ni dans les ideologies et autres mots en “-isme”, mais simplement dans la responsibilité de chacun.

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            • RGT // 04.04.2018 à 08h23

              Encore faudrait-il que les citoyens dépensent leur “temps de cerveau disponible” à prendre en main leur propre existence au lieu de se vautrer devant la “boîte à cons” et de déléguer ce pouvoir à des types qui ne pensent qu’à le détourner à leur propre avantage.

              Elle est pour quand la réforme constitutionnelle qui rendrait les “élus” et les “hauts fonctionnaires” responsables de leurs actes ?

              Comme ils commettent des crimes contre le peuple, seul le peuple serait autorisé à les juger.
              Plus de possibilité de “procès de convenance” par leurs pairs à la suite desquels ils seraient “relaxés” pour ne pas porter préjudice à l’intérêt public leur carrière.

              Ils seraient condamnés pour la réalité de leurs crimes, et compte-tenu du nombre de victimes Cayenne ne suffirait pas à tous les héberger.

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      • Chris // 03.04.2018 à 13h12

        Leur carrière et leur vie est basée sur ce système : leur prestige et fortune en dépendent.

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    • ai // 03.04.2018 à 12h02

      @ yack2 C’est impressionnant de mauvaise interprétation votre commentaire. L’extrême droite, c’est tout le contraire de ce que vous décrivez.

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      • Chris // 03.04.2018 à 13h29

        Mieux vaut s’attacher au contenu qu’au contenant qui lui, s’est tellement orwellisé qu’il ne signifie plus rien.
        Il faut revenir aux sources : élire un candidat sur sa force morale et compréhension des enjeux et non pas sur des promesses de camelot. Exercice difficile j’en conviens, vu la fabrication médiatique et marchande des candidats.
        Macron est un exemple puant : se rappeler son rôle dans maintes affaires.
        https://lesobservateurs.ch/2017/03/11/macron-quand-le-vernis-craque-journal-du-vendredi-10-mars-2017/
        Il reste égal à lui-même : un escroc exécutant et ventriloque qui ne refuse pas de mettre les mains dans le cambouis tout en s’empressant de se laver les mains pour s’exonérer du forfait.
        Un Hollande faisait de même, drapé/masqué dans le costume du haut fonctionnaire avec les outils de sa génération…

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    • Jean Aymard // 03.04.2018 à 15h29

      Ah ? BHL qui dit que Macron fait du Front Populaire et que Valls est le seul représentant valable de la gauche, c’était pas un poisson d’Avril ?

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      • yack2 // 03.04.2018 à 18h55

        Dimanche sur France inter….. à peu de chose près…..Mes oreilles saignent encore….

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  • Albert // 03.04.2018 à 07h56

    Ce que je comprend, c’est que Bourdieu veut un changement de société, il soutient ceux qui se rebellent, mais il ne defend pas le statut des cheminots, ni leur condition de travail ( désolé pour cette formule … Maladroite)
    Et si il n’y a pas d’avantage lié au statut, pourquoi s’acharner à le défendre?

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    • Alfred // 03.04.2018 à 08h08

      Et vous maintenant vous êtes avec les cheminots pour qu’elle raison? Ah aucune…. Pardon.
      (Qu’est ce qui a changé (si ce n’est empiré)?)

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    • step // 04.04.2018 à 18h14

      Par ce qu’on ne se bat pas forcément que pour des avantages matériels, mais aussi parfois pour une vision de la société dans laquelle on souhaite vivre.

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  • Bachaud // 03.04.2018 à 08h32

    Pierre Bourdieu est un champion du blablabla qui parle de ” reconquête de la démocratie”!!! et qui ne dit pas un mot du référendum d’initiative citoyenne qui est le SEUL outil permettant au peuple de VERITABLEMENT exercer la souveraineté nationale. qui ne lui appartient qu’en THEORIE seulement!

    Il y a un mois, le 4 mars 2018, nos voisins Suisses, qui ne sont pas des ” gauchos” ont voté à 72% NON à la privatisation de leur radio/TV publique, à l’occasion d’un référendum d’initiative citoyenne.( Ils avaient il y a quelques années par cette voie refusait celle de leur EDF.)

    83% des Français sont favorables à cet outil démocratique et efficace, qui exprime à 100% ” l’intérêt général.”.

    Pourquoi les syndicats ne le demandent-ils pas au Gouvernement pour pouvoir- sans un jour de grève- imposer un référendum pour abroger la réforme de la SNCF ?

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    • Rémi // 03.04.2018 à 09h21

      Pierre Bourdieu ne peut pas dire, parce qu’il est mort. Par ailleurs, chacun apporte sa pierre à l’édifice. C’est une attitude peu productive d’invectiver les autres car ils n’ont pas mentionné un élement de votre pensée. Il y a tant de chose que Bourdieu savait, mais qu’il ne vous aurait pas opposé ainsi à la figure.Bien au contraire, car la connaissance et l’intelligence porte au relativisme, au pluralisme et à la modestie. Enfin soyez bienveillant, c’est le début de tout, et surtout de la démocratie que vous appelez de vos voeux.

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      • Kiwixar // 03.04.2018 à 11h03

        “chacun apporte sa pierre à l’édifice”

        Oui, et “Pour déplacer des montagnes, il faut commencer par déplacer des petits cailloux”.

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    • Danièle Dugelay // 03.04.2018 à 10h55

      Parce que vous croyez qu’il suffit de “demander” quelque chose à ce gouvernement ?

      Il n’est pas là pour écouter le peuple, il est là pour imposer.

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      • patrick // 03.04.2018 à 11h17

        c’est quand même le peuple qui l’a élu, maintenant il faut assumer.

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        • Rémi. // 03.04.2018 à 11h35

          Vous oubliez le facteur médias détenus par des milliardaires. Macron, comme ses prédecesseurs, est en ce sens totalement illégitime, la compétition ayant été sciemment biaisée par les médias et donc ceux qui les controlent.(débat orienté, parti pris assumé, temps de paroles inégaux, appel à voter pour un candidat au second tour, par la presse française etc)

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          • JBB // 03.04.2018 à 21h42

            C’est vrai que sans le battage pro Macron des médias c’est surement Fillon qui aurait été élu 😉

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            • Totoleon // 04.04.2018 à 08h13

              Ajoutez à celà que Fillon a été balancé par Bercy au Canard non pas en octobre 2016 mais en Janvier 2017 et l’affaire était pliée

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        • condamy // 03.04.2018 à 14h36

          élu ?? plus de 50% d’abstentions ,moins de trente% pour l’élire ,quelle majorité ??

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        • Alain // 04.04.2018 à 07h35

          Marre d’entendre que Macron a été élu par le peuplei.
          Il n’a pas été élu par le peuple mais par un système antidémocratique qui fait qu’un président peut être élu,
          1er tour 47 581 118 d’inscrit, exprimé 36 058 813, Macron 8 657 326 ce qui fait que plus de 39 millions de français n’on pas voté pour lui,
          https://www.interieur.gouv.fr/…/Election-presidentielle…
          Le 2ème tour n’est que mascarade voulu par le système qui a tout fait pour que Le Pen soit au second tour
          Pour les législatives, exprimée 18 176 066 (38.43%) LREM 7 826 245 voix (soit moins que pour Macron au présidentielle,
          https://www.interieur.gouv.fr/…/legislatives-2017/FE.html. Comme ras de marée, on a vu mieux, on peux faire dire ce qu’on veux au chiffre mais certainement pas que le peuple a unanimement choisi,
          Peut être qu’il s’agit de ce peuple ou une partie de ce peuple qui aujourd’hui exprime sa désapprobation voir sa colère,
          Dans notre GRRRRRRANDE démocratie, il serait utile de l’entendre pour le bien de la nation

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    • Chris // 03.04.2018 à 14h06

      “Pourquoi les syndicats ne le demandent-ils pas au Gouvernement pour pouvoir- sans un jour de grève- imposer un référendum pour abroger la réforme de la SNCF ?”
      Abroger sur quelle base, quel projet, quel cout ?
      La démocratie suisse est le résultat de 150 années d’initiatives, de referenda et de votations (communales) sur les outils de gestion de la vie quotidienne.
      Ce type de démocratie s’apprend. Le gros danger : le Français lambda est nul en économie et ne pense pas collectif.
      Le Suisse sait que le succès du voisin retentira positivement sur lui, que les miracles n’existent pas. Les débats sont très “patate/pomme de terre”.
      Les élus trichent rarement sur les couts (souverain comme financier)… sauf pour Schengen où le peuple fut trompé, lequel d’ailleurs suscita un référendum qui confirma le refus populaire (2014) et dont l'(in)-application (sous pression UE) suscite un second référendum mené par l’UDC, qualifiée d’extrême droite et pourtant parti dominant.

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      • Alfred // 03.04.2018 à 20h34

        ((C’est un détail, mais tant qu’à faire c’est aussi important que les fèque-niouzes:
        Des referendums, des scénarios, en bon français (sauf si vous êtes un cuistre de journaliste auquel cas vous pouvez dire n’importe quoi, personne ne vous écoute). (Vous dites bien des pizzas et à contrario un paparazzi). Autrement dit une forme passe dans la langue française et après on utilise les règles du français. )) . Désolé.

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    • Pinouille // 03.04.2018 à 17h16

      “Pierre Bourdieu est un champion du blablabla”
      A la lecture de ce texte, je suis d’accord avec vous.
      Il a l’intérêt de témoigner que les aspirations d’une partie de la population n’ont pas changé d’un iota depuis 1995. Signe que les valeurs défendues sont toujours menacées.
      Il m’est d’avis qu’elles le seraient moins si notre modèle était économiquement viable.
      Et c’est bien ce point que les philosophes n’abordent jamais, et qui contribue à du blabla hors sol: quel intérêt?
      Le jour où il leur viendrait de s’intéresser dans le détail aux mécanismes économiques, ils produiront peut-être des propositions plus en phase avec le réel. On en est loin.

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  • Catalina // 03.04.2018 à 08h54

    peut-être que les syndicats savent que le résultat du réferendum de 2005 a été foulé aux pieds ? (faut dire que ce que l’on nous a proposé était un salmigondis incompréhensible, c’est aussi pourquoi les gens avaient dit non à l’ue). Ceci dit, je suis d’accord avec vous, en revanche, j’ai quelques doutes quand je vois le peu d’intéressement à la vie politique de la part de beaucoup de mes concitoyens ( la politique, c’est chiant ! “non, je n’ai pas lu le programme de Macron, mais j’ai voté pour lui, il a tout pour lui, il est beau, il est jeune… (oups ! ) ). Après, à l’école en Suisse le rôle du citoyen est expliqué et pas chez nous.

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    • Chris // 03.04.2018 à 14h16

      Refrain courant : la politique c’est sale, je ne m’en occupe pas.

      Sauf que si la politique ne vous préoccupe pas, elle par contre, s’occupe de vous et modèle votre vie !
      Qu’est-ce qu’on fait ?
      On reste dans le monde de l’enfance ou on prend ses responsabilités pour élaborer le monde qui nous convient ?

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  • Albert Charles // 03.04.2018 à 10h32

    La distance, normalement celle des Intellectuels, peut nous aider à saisir le cynisme de tous ces discours récurrents et violents qui consistent à faire passer les agents des services publics pour des privilégiés coûteux aux autres ( à la Nation et aux contribuables). Comme s’il n’existait pas d’autres vrais privilégiés encore plus coûteux…Pensons simplement aux dégâts de la crise de 2008, à ses coûts, à ses causes (non dues aux agents publics mais à certains banquiers), et à ses conséquences (payées par la terre entière). Bourdieu s’insurge au moins contre cette focalisation honteuse sur certains salariés. Nos politiciens gestionnaires ont perdu cette distance, surtout depuis leur adhésion mentale à une UE qui n’est pas celle dont rêvaient beaucoup d’Européens (une communauté protectrice et régulatrice de la concurrence internationale): nous sommes maintenant contraints (TOUS) de faire la chasse au moindre coût, et tout le monde est prévu d’y passer. Sauf si certains résistent…

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    • R.C. // 03.04.2018 à 12h44

      J’abonde dans votre sens, Albert Charles.

      Les vrais gros privilégiés qui détiennent le pouvoir usent d’une dialectique hypocrite et fallacieuse.

      Usant de réflexes hérités de la Révolution, ils entraînent les foules à hurler contre les “privilégiés”.

      Grotesque, si ce n’était aussi dramatique dans les conséquences en retour pour ces mêmes foules sans cervelle, focalisées sur les boucs émissaires désignés par ceux-là même qui sont les vrais profiteurs.

      Après que les “privilégiés” cheminots auront été liquidés et que le paradis de la concurrence ultra-libérale aura éte instauré, ces mêmes foules pleureront assez rapidement des larmes amères de désillusion. Mais ce sera trop tard !

      Manifestement, les leçons du passé ne servent pas à grand-chose (mais que fait l’Education Nationale ?)…

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  • christian gedeon // 03.04.2018 à 10h38

    Baratin et rebaratin. Bourdieu était un faux prophète,un internationaliste un pro UE(honteux d’ailleurs),et un contempteur patenté de la Nation. Je m’étonne qu’on ait encore pour référence des discours creux de soi disant solidarité et encore plus creux d’opposition entre les “élites ” et le reste du peuple.Je rappelle que c’est le peuple,soi disant si solidaire,qui a régulièrement voté et revoté pour les mêmes élites,avec une régularité de métronome.Le Problème de la France,c’est qu’elle n’ a pas encore digéré 1789 et la palanquée de catastrophes “révolutionnaires ” qui ont suivi pour finir en France en 1968…le compteur est bloqué et on ressasse sans cesse les mêmes concepts vides.

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    • Y.Pop // 03.04.2018 à 13h23

      On est ici sur un oral,

      Lisez un peu Bourdieu, et vous verrez qu’il ne s’est jamais pris pour un prophète.
      En revanche, la finesse et la justesse de ses analyses lui ont permis de comprendre la société comme très peu et donc d’en voir certaines évolutions possibles.

      Alors oui cela demande des efforts de lire Bourdieu, oui il faut parfois lire certains textes trois fois. Mais vous verrez au final cela vous fera quand même gagner du temps

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    • Ellilou // 03.04.2018 à 14h25

      Et voilà t’y pas que ça recommence et que Monsieur Gedeon ressasse ses lubies anti 1789 et 1969, deux dates honnies 🙂

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      • christian gedeon // 03.04.2018 à 14h36

        C’est vrai,je le reconnais volontiers. 1789 ou la France vendue à la bourgeoisie,1968 ou la France livrée aux libertaires ultralibéraux. Alors,je ressasse,je ressasse.

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  • Nanker // 03.04.2018 à 11h08

    “pas un mot du référendum d’initiative citoyenne qui est le SEUL outil permettant au peuple de VERITABLEMENT exercer la souveraineté nationale”

    Je suis sceptique sur la validité d’un tel outil en France. Primo parce qu’après le 4ème ou 5ème RIC les gens se lasseraient et n’iraient pas voter. Ensuite avec un taux d’abstention de 80% nos dirigeants auraient beau jeu de décrédibiliser cet outil.
    Ensuite et SURTOUT parce qu’avant un RIC d’importance (genre “voulez-vous sanctuariser la SNCF pour les 10 ans qui viennent”) nous aurions droit à un matraquage médiatique dément de la part des médias sur le thème “cheminots privilégiés” “privatisation y a bon” “statuts protégés = archaïsmes à dépasser”.

    Rappelons qu’en France (contrairement à la Suisse) les médias sont soit à la solde du pouvoir politique, soit dans la main des oligarques (Dassault, Pinault, Drahi).

    Au fait à qui pense Jupiter pour diriger les médias de service public? A une certaine Sibyle Veil… que Macron a connu à l’ENA. Revoila l’ORTF!

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    • Galvan // 03.04.2018 à 18h58

      Le matraquage ‘pro UE’ effectué en 2005 n’a pas empêché les Français de voter NON au traité de constitution européenne. Il faut peu de moyens en réalité pour casser une propagande, mais il en faut beaucoup plus pour la faire passer. Il suffit que les Français s’intéressent au sujet et que des trublions, en 2005 c’était Étienne Chouard, communiquent sur des médias alternatifs.

      C’est bien pour cela que l’oligarchie refuse bec et ongle de faire passer la possibilité d’un Référendum d’initiative populaire.

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  • R.C. // 03.04.2018 à 11h37

    Ce texte d’une lumineuse clarté aurait dû bousculer et produire des effets salvateurs. Et pourtant…

    Entre temps, les Français ont choisi Sarkozy, puis Hollande, puis Macron (sans omettre, sous Chirac, l’inénarrable épisode Jospin…). De Charybde en Scylla, et contents de soi !

    L’état des lieux depuis 95 est terrifiant: disparition accélérée des entreprises (et des emplois subséquents), démolition du Droit du Travail, sape des libertés individuelles, substitution de l’oligarco-technocratie U.E. à la souveraineté nationale, médias vendus (dans tous les sens du terme !), etc.

    Je suis très pessimiste quant à une issue favorable de cette grève.
    Les carottes sont quasi-cuites… Une grande partie de la France reste pathologiquement le nez plongé dans ses smartphones, tandis que Macron scie méthodiquement, l’une après l’autre, les branches dans une apathie générale de ce qu’on n’ose même plus nommer des “citoyens” !

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    • Chris // 03.04.2018 à 14h20

      Je suis très pessimiste quant à une issue favorable de cette grève.
      Les carottes sont quasi-cuites…

      Sachez qu’ils comptent bien sur ce découragement ! Guerre d’usure aux deux sens du terme “usure”

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      • R.C. // 03.04.2018 à 14h53

        Ce n’est pas du découragement, plutôt un constat (mieux vaudrait que ce ne soit que du découragement !)…

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  • occitan // 03.04.2018 à 12h12

    Magnifique mais nous pouvons constater que la gôche n’a rien appris ou bien a collaboré avec la noblesse durant ces 23 dernières années….

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    • Ellilou // 03.04.2018 à 14h22

      La gauche? Quelle gauche? Vous parlez du PS? Ils ne sont pas, ne représentent pas, ne soutiennent pas la gauche en France…

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  • Guitou23 // 03.04.2018 à 13h06

    Bourdieu tu nous manques!

    Le texte a 23ans, et toutes ses dents!

    Il va falloir le faire ce choix de société, je suis pas mécontent que cet imbécile de gouvernement fonce dans le tas, il n’a pas vu que beaucoup n’étaient pas encore à genoux!

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  • Nora // 03.04.2018 à 13h43

    P. Bourdieu est le père fondateur de la sociologie en France.
    Je trouve ce texte brillant, engagé et visionnaire. J’ai du mal à suivre certaines critiques, par exemple en quoi ce texte s’oppose à la théorie d’E. Chouard ?
    “il faut en finir avec la tyrannie des “experts”, style Banque mondiale ou F.M.I., qui imposent sans discussion les verdicts du nouveau Léviathan ( les “marchés financiers” ), et qui n’entendent pas négocier mais “expliquer” (…) il faut inventer les nouvelles formes d’un travail politique collectif capable de prendre acte des nécessités, économiques notamment (…), mais pour les combattre et, le cas échéant, les neutraliser.”

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  • Mite54 // 03.04.2018 à 15h40

    “Opprimer le pauvre pour augmenter son bien c’est donner au riche pour n’arriver qu’à la disette”
    Proverbe 22.16

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  • Frédéric // 03.04.2018 à 20h25

    L’égalité républicaine commande aux salariés de la SNCF de s’aligner sur les régimes de retraite des autres citoyens.
    Ce n’est qu’après que leurs revendications de défense du service public deviendront audibles . . .

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    • R.C. // 04.04.2018 à 04h49

      De même que selon les professions il n’est pas complètement absurde d’avoir des statuts et des modes de rémunération différents, avoir un système de retraite unique de Dunkerque à Perpignan peut générer plus d’injustices que d’égalité.

      Au lieu de se focaliser (de manière souvent envieuse) sur le statut des cheminots – qui, de toute façon, n’est en rien la cause profonde de la crise de la SNCF, ni des transports en général – il vaut mieux cibler les attaques convergentes et insidieuses d’un système ultra-libéral qui, lui, va démolir de fond en comble ce que vous appelez “l’égalité républicaine”.

      Le service public est ce qui est censé corriger certaines inégalités (républicaines ou non). Sa destruction complète – quelles qu’en soient les pseudo-raisons invoquées – aura une multitude d’effets dévasteurs pour notre société.
      Effets qu’on a déjà commencé à mesurer, en particulier dès qu’on s’éloigne un peu des grandes métropoles…

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  • Nanker // 04.04.2018 à 10h21

    “L’égalité républicaine commande aux salariés de la SNCF de s’aligner sur les régimes de retraite des autres citoyens”

    Quand je travaillais l’été pour payer mes études une “vieille” (40 ans?) salariée de la boite où j’étais et déléguée CGT m’avait dit un jour : “les plus riches sont toujours solidaires entre eux. Ils ne ratent jamais une occasion de se serrer les coudes et de défendre ce qu’ils ont acquis. Pourquoi les pauvres les travailleurs ne sont pas capables d’en faire autant?”

    Une phrase à méditer M’sieur Fred?

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  • Usclat // 04.04.2018 à 16h47

    Il n’y a pas d’alternative; « libéralisme OU barbarie »
    Nous avons les deux: « libéralisme ET barbarie »

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  • Verif // 04.04.2018 à 19h59

    Lisez ça : Mayence, ville de 200000 habitants n’est provisoirement plus desservie à cause de la privatisation !

    https://www.letemps.ch/economie/privatisation-rail-allemand-aujourdhui-accusation

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  • Faribol // 06.04.2018 à 19h34

    Les technocrates, les élites, les ultralibéraux, les méchants capitalistes, gouvernants hypocrites, l’UE dictatoriale………ces délires conspirationnistes et populistes sont désespérants

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