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8.octobre.20198.10.2019 // Les Crises

L’accident de l’usine de Lubrizol à Rouen. Par Olivier Soria

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Par Olivier Soria, enseignant-chercheur en droit de l’environnement à Kedge

L’usine Lubrizol de Rouen est implantée depuis 1954 dans la zone industrielle et portuaire au sud-ouest de la ville de Rouen, l’emprise du site se répartissant sur les communes de Rouen et de Le Petit-Quevilly. L’occupation des terrains proches du site sur la commune de Rouen est une zone industrielle, alors que sur la commune de Petit-Quevilly il s’agit d’habitat. Au vu de la contamination des sols et de l’air jusqu’en Belgique et surtout de l’interdiction de consommer des produits agricoles sur plus de 200 communes à l’heure actuelle, il est intéressant de regarder ce que dit le PPRT (Plan de protection des risques technologiques) de l’usine de Lubrizol – inchangé depuis 2014 – à propos de la protection des habitants et des activités économiques en cas d’incendie ou d’explosion. Nous verrons aussi que ce sinistre est la conséquence directe des réformes législatives dans les installations classées depuis 10 ans visant à alléger toujours plus les conditions de sécurités.

1) En ce qui concerne le PPRT

Les PPRT sont des plans qui permettent d’éloigner les installations classées dangereuses des habitations, notamment en interdisant toute construction d’urbanisme à proximité. C’est une des conséquences juridiques de l’explosion de l’usine AZF à Toulouse le 21 septembre 2001.

Le PPRT de Lubrizol a été acté en 2014 après une enquête publique qui s’était achevée en janvier 2014. À ce titre, le rapport du Commissaire enquêteur est important, car il fait la synthèse de toutes les remarques, donne souvent lieu à des recommandations et à un avis favorable ou défavorable. Dans le cas de Lubrizol, l’avis fut favorable sans aucune recommandation particulière. Après avoir recueilli l’ensemble des avis favorables des communes de Rouen et de Le Petit-Quevilly, ainsi que celui de tous les services administratifs (à l’exception notoire de Mme Poupin membre du CHSCT qui donnera un avis défavorable), le commissaire enquêteur ne trouvera rien à redire.

En ce qui concerne les habitations à quelques mètres de l’usine, rien. Idem pour un terrain d’accueil des gens du voyage, et ce alors que nous savons que ces habitants ont été gravement impactés par des vomissements et que nous sommes en attente des résultats complémentaires effectués sur ces familles.

En ce qui concerne les conséquences économiques des incendies et des explosions, tout est renvoyé au PPI (Plan de prévention incendie) alors que c’est au PPRT de le faire, le PPI concerne avant tout les moyens externes qui seront mis en œuvre en cas d’incendie.

Nous savons aujourd’hui que c’est toute la ville de Rouen qui a été impactée par ces incendies. Dès lors, sans sous-estimer la difficulté de prévoir toutes les conséquences en matière d’incendie, il apparaît évident, comparativement à d’autres études d’impacts, que ce PPRT a été volontairement sous-estimé. À ce titre, les nouvelles règles limitant les études d’impact viennent renforcer le sentiment que les profits passent bien avant la sécurité de la population.

2) Les réformes sur les études d’impacts

La réglementation des installations classées a fait l’objet de nombreux assouplissements ces dernières années. Ceci pourrait en partie expliquer l’accident survenu dans l’usine Lubrizol à Rouen le 26 septembre. Les gouvernants successifs sont intervenus en deux temps. Dans un premier temps, par un décret de 2017 qui créait des études d’incidences (et non des études d’impacts), et dans un deuxième temps, en les étendant à toutes les demandes d’autorisation en 2018.

a) Étude d’impact allégée

Le contenu de cette étude d’incidence, qui est fixé par l’article R. 181-14 du code de l’environnement, n’est pas fondamentalement différent de celui d’une étude d’impact. Toutefois, l’étude d’incidence ne fait pas état des solutions alternatives au projet et de leurs impacts potentiels (en dehors des projets soumis à la loi sur l’eau). Les autres différences résident dans le fait que l’avis de l’autorité environnementale ne sera pas sollicité sur cette étude, qu’il n’y aura donc pas cet avis dans le dossier soumis à enquête publique et que cette dernière sera réduite de 1 mois à 15 jours. Les deux régimes comportent également des différences en matière de règles contentieuses applicables.

b) Limitation des études d’impacts

Déjà en 2009, le gouvernement Hollande avait créé un statut dérogatoire à la procédure d’autorisation en créant un régime d’enregistrement qui ne comportait plus d’étude d’impact. En juin 2018, le gouvernement a publié un décret qui réduisait le périmètre des projets soumis à évaluation environnementale. Parmi les installations concernées figurent les installations Seveso, qui constituent les installations les plus dangereuses au sein de l’Union européenne, du fait de la quantité de produits dangereux qu’elles mettent en œuvre. Malgré les risques très importants de ces installations, le gouvernement n’a pas hésité à dispenser ces établissements, en cas de modification d’exploitation, d’une évaluation environnementale systématique pour les soumettre à une procédure d’examen au cas par cas.

Jusqu’à la loi Essoc d’août 2018, cet examen relevait dans tous les cas d’une autorité environnementale indépendante. Mais cette loi de simplification a donné cette compétence au préfet lorsque le projet consiste en une modification des installations, et non une création.

C’est ainsi que profitant d’assouplissements de la réglementation mis en œuvre par le gouvernement, le préfet a donc autorisé en début d’année une augmentation de capacité des produits dangereux dans l’usine de Rouen (Source).

L’exploitant a présenté deux demandes successives d’augmentation des quantités de substances dangereuses le 15 janvier et le 19 juin 2019. Conformément à la loi Essoc, c’est donc le préfet qui s’est prononcé sur les demandes et non l’autorité environnementale indépendante. Dans les deux cas, il a considéré qu’il n’y avait pas lieu à évaluation environnementale.

Si la modification est soumise à évaluation environnementale, elle nécessitera une nouvelle autorisation. Par contre, les modifications non soumises à évaluation comme celle de Lubrizol n’en nécessitent pas. Or, l’absence de nouvelle autorisation signifie aussi l’absence d’étude de dangers systématiques, même si le préfet est toujours en mesure d’en exiger une. Il y a de grandes chances que cette étude de danger n’ait jamais été faite.

L’installation prévoyait également la mise en œuvre de 24 postes de réchauffage destinés à modifier la viscosité des produits. Contrairement à la première demande consistant en une régularisation, cette seconde demande prévoyait une phase de travaux incluant notamment la démolition d’un bâtiment amianté et plombé. La motivation de Lubrizol était de réduire les coûts liés au stockage des containers jusque-là réalisé sur le port du Havre, puis dans une entreprise de stockage.

De même, contrairement à ce qu’a dit la Préfecture, les seuils nécessitant une nouvelle demande d’autorisation ont été dépassés (Source). Si l’on cumule les capacités des deux augmentations successives, on parvient à des quantités supérieures au seuil haut des deux rubriques contribuant au classement Seveso : 1034 tonnes pour la rubrique 4510 (seuil haut à 200 t), 1605 tonnes pour la rubrique 4511 (seuil haut à 500 tonnes).

On sait pourtant que l’incendie est parti d’une zone de stockage, et que les augmentations de capacités portaient également sur une telle zone.

C’est donc bien l’incompétence des services de la préfecture qui porte en partie le sceau de la responsabilité dans cet accident, mais aussi les gouvernements successifs qui ont abaissé systématiquement les exigences de sécurité en supprimant les règles de droit. Et cette incompétence des autorités en amont de l’accident n’a pu être compensée par une maîtrise adéquate de la catastrophe, puisque cette dernière aurait impliqué l’alerte de la population quant aux risques d’exposition à ces produits toxiques répandus dans le sol et dans l’air. Cet événement révèle donc l’incapacité de l’État à protéger la population dans le cadre d’un catastrophe majeure, alors que les experts environnementaux en présdisent de bien plus graves pour les années à venir.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

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Fred79 // 08.10.2019 à 08h58

Et si encore c’était un cas isolé, on pourrait penser que les autorités prendront les mesures adéquates pour que cela ne se reproduise pas, mais il semblerait plutôt que la politique suivie en la matière consiste à cacher la poussière sous le tapis.

Qui a entendu parler de la catastrophe écologique survenue le 3 juillet dernier à 30 kilomètres de Paris, sur un autre site Seveso?
https://blog.mondediplo.net/omerta-sur-une-catastrophe-industrielle-majeure

59 réactions et commentaires

  • Fritz // 08.10.2019 à 07h23

    Je propose d’affecter le personnel incompétent de la préfecture, et le préfet de Seine-Maritime lui-même, à des tâches de nettoyage dans la région de Rouen, pour le restant de leurs jours. Allez, Pierre-André, au boulot !

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    • Papagateau // 08.10.2019 à 08h28

      Pour le smic, et avec des objectifs de rendement qui rendent impossible le port d’EPI (sauf à se présenter au boulot une heure avant, et a partir après la douche, une heure après).
      Vivement le week-end , l’énarque.

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      • lole // 09.10.2019 à 08h43

        Ce que je trouve étonnant c’est que personne ne remarque que cet article nous prépare tous simplement à payer nous…
        Pas Lubrizol, le contribuable.
        Encore. et encore…

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        • Bigtof // 11.10.2019 à 08h16

          Un poi t sur lequel je suis d’accord : « C’est donc bien l’incompétence des services de la préfecture qui porte en partie le sceau de la responsabilité dans cet accident, mais aussi les gouvernements successifs qui ont abaissé systématiquement les exigences de sécurité en supprimant les règles de droit« 
          Cela fait des années que l’on demolit les normes environnementales au nom de la liberté d’entreprendre… De même que les études d’impact environnementales viennent d’etre purement et simplement supprimée pour les projets en zones protégées..
          Mais savez-vous qu’usine Lubrizol ceveso a pris feu 3 semaines avant au Havre ayant nécessité l’intervention de plus de 50 pompiers ? Quand Lubrizol payera-t-il pour tout ça ? Apres tout, Warren Buffet, propriétaire en dernier ressort en a les moyens…

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    • SanKuKai // 08.10.2019 à 09h41

      Malheureusement, dans notre république de la communication il y a beaucoup plus de chance que le préfet fasse une déclaration solennelle: “J’assume toutes mes responsabilités dans cette catastrophe”, puis qu’il reste en poste, qu’il continuent tous comme avant et que les médias passent au scandale suivant.

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      • Quintus // 08.10.2019 à 10h56

        Non il sera tranquillement muté une fois les micros et les caméras des journalistes braqués sur autre chose.

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    • VVR // 08.10.2019 à 12h55

      On aurait pu se méprendre, se dire que peut être la direction de Lubrizol était un petit peu responsable. Ouf, on est tranquille, c’est la faute du Préfet.

      C’est en toute innocence que Lubrizol a augmenté son stock sans rien demander, avant de mettre le préfet devant le fait accompli. Et elle ne pouvait savoir à ce moment là qu’elle allait faire une demande d’extension 5 mois plus tard, sinon elle aurait regroupé les demandes afin qu’une nouvelle étude d’impact soit réalisée. Car la protection des habitants, c’est ce qui compte le plus dans toute entreprise.

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      • gracques // 09.10.2019 à 07h32

        Les entreprises n’ont qu’un seul but , le profit . Pour leur faire prendre en compte un’autre critère , une seule solution la contrainte légale appuyée de la puissance publique effective.
        C’est comme dans’le cas de corruption , et en matiere pénale la corruption proprepement dite ne concerne que les détenteurs de puissance publique . Le corrompu est à blâmer en premier lieu , le corrupteur n’étant cepandant pas oublié mais’re’voyez en quelque sorte à sa ‘nature’ de corrupteur .
        Le problème de nos gouvernements depuis des lustres c’est qu’ils sont sous la,coupe idéologique ou matérielle (pantouflage) ou financement politique des corrupteurs.

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    • uzak // 09.10.2019 à 10h09

      Il y a toujours des fumées le 7 octobre alors que l’incendie est éteint.
      https://www.youtube.com/watch?v=7128C0Ax2E4

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  • Fabrice // 08.10.2019 à 07h40

    Le fait que la sécurité des français passe en arrière plan n’est pas une nouveauté par contre il est clair vu la multiplication des catastrophes naturelles ou non, il est dramatique que les services de secours et les plans d’évacuation aient systématiquement été ignorés voir pire réduit en dessous du minimum requis, si un empoisonnement massif comme à Bhopal s’était produit les hôpitaux non touchés n’auraient jamais pu faire face même à un niveau dégradé.

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  • Myrkur34 // 08.10.2019 à 07h44

    https://www.actu-environnement.com/ae/news/lubrizol-rouen-stockage-produits-dangereux-autorisation-prefet-evaluation-environnementale-etude-dangers-34125.php4

    Faut pas s’étonner puisque le 1er ministre est un ancien lobbyiste d’Areva avec la communication idoine….Une grosse lapalissade en début de chaque discours ou du rétro-pédalage genre je sais pas, commission pour enterrer ou imitation comique.

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  • RGT // 08.10.2019 à 08h15

    Ceux qui décident s’en foutent tout simplement parce qu’ils travaillent et résident trèèèès trèèèès loin des zones qui peuvent être impactées par ces catastrophes.

    Et bien sûr, ils sont totalement intouchables car ils pourront se planquer derrière un « règlement » et un « strict respect des procédures » qui leur servira de parapluie en cas de problème majeur.

    Quant à ceux qui ont établi les « règlements » et les « procédures », ils sont soit eux aussi intouchables car bénéficiant de l’immunité parlementaire ou gouvernementale, soit de « simples hauts fonctionnaires anonymes » qui passent sous les écrans radars et ont de toutes façons un poste À VIE en tant « qu’élites de la nation ».
    Et le préfet, bien sûr, ne déroge pas à cette règle. Avez-vous entendu parler d’UN SEUL préfet qui ait été ne serait-ce que simplement mis en cause dans un quelconque dossier vous ?

    Si d’aventure une entreprise de ce type souhaitait s’installer à proximité immédiate du XVIè arrondissement de Paris j’ai la certitude que son dossier serait refusé.
    Par contre, si elle souhaite s’installer en dehors de la « zone de sécurité étendue » qui permet de garantir qu’aucune contamination ne viendrait importuner les résidents des « quartiers chics » elle aura un feu vert à coup sûr.

    Pour résumer, la loi permet de mettre en danger les « gueux » avec des composés toxiques mais elle permet de dispenser les « décideurs » et les profiteurs de ce type « d’impondérable ».

    Ne vous en faites pas, c’est partout pareil : Quand on a un peu d’influence il est possible d’aller déverser ses déchets chez le voisin en étant soi-même préservé de cet inconvénient.

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  • EugenieGrandet // 08.10.2019 à 08h22

    Voilà un monsieur qui a déjà conclu sur les responsabilités à propos de l’origine de cet accident, c’est l’Etat (préfecture, gouvernements successifs, incompétence de l’administration, …). Et donc rien côté Lubrizol?
    .
    Qu’il y ait des fautes et des erreurs dans ces instances, c’est effectivement probable. Mais pas que. L’article aurait eu plus de force s’il était parti des résultats des enquêtes, ou au moins que suffisamment d’éléments aient été rendus publics, car je ne doute pas qu’on apprendra des choses à mesure que les enquêtes progresseront.

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    • Brigitte // 08.10.2019 à 10h02

      Eugénie Grandet, vu votre pseudo, on ne peut certainement pas vous en compter sur les turpitudes de la grande bourgeoisie!
      Vous avez raison, la responsabilité de l’industriel, cerise sur le gâteau, groupe financier américain, doit être aussi pointée du doigt. Mais la responsabilité des pouvoirs publics est bien pire car elle est contraire aux principes d’un état de droit démocratique qui est de servir le bien commun et les intérêts des citoyens. Nous savons bien que les industriels n’ont pas les mêmes principes. Le problème est qu’il y a de plus en plus consanguinité entre les sphères publique et privée, entre pantouflage et rétro-pantouflage, le milieu politique français est gangréné jusqu’à la moelle. C’est la Caste comme l’a écrit L. Mauduit. Entre impotence et totipotence, les gouvernements ne sont que le marche-pied du carrosse de la finance internationale. Macron en est l’incarnation la plus détestable. Entre Bercy et la banque Rothschild, il n’y a qu’un écran de fumée…..

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      • EugenieGrandet // 08.10.2019 à 22h29

        @Brigitte: je ne suis pas d’accord sur votre analyse de la responsabilité: pas d’usine=pas d’incendie. il faut partir de là.
        Quand l’usine a trop de produits et qu’elle les met en douce chez le voisin qui semble avoir oublié de le déclarer, ce n’est pas du tout une affaire de pouvoirs publics.
        .
        Je partage complètement votre vision globale sur l’oligarchie (plus capitaliste que financière pour moi) qui nous gouverne (depuis l’avènement de la démocratie représentative?), profitant de contrepouvoirs dramatiquement faibles -qu’elle a façonnés : médias, justice, …- : dormez bien braves gens on s’occupe de tout… On se revoit dans 5 ans et votez bien pour celui qu’on vous aura choisi.) Oui le systeme est gangréné et craque de partout (Brexit, Trump, Salvini, …)
        .
        Ce qui m’étonne, c’est que pour AZF, 10 jours après le 11 septembre, tout le monde disait que c’était a priori la faute de Total, Lubrizol, tout le monde sur ce blog dit que c’est a priori la faute de l’Etat, voire de Macron in personae. Comprends pas.

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        • Catalina // 10.10.2019 à 05h44

          ben oui, quand même !
          Malgré Lubrizol, le gouvernement prône un « laisser-faire » en matière de prévention des accidents industriels
          « « Simplifier et accélérer les installations industrielles » : tel est le crédo d’un rapport remis au gouvernement par un député de sa majorité. Un décret en préparation prévoit un nouvel abaissement des obligations environnementales. A Rouen, la mobilisation se poursuit. »
          https://www.bastamag.net/Seveso-Lubrizol-Rouen-accidents-industriels-pollution-environnement-AZF

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  • Louis Robert // 08.10.2019 à 08h35

    Devant le grand effondrement qui s’accélère, il y a de quoi être vraiment réconforté par ce Pouvoir qui ne fait que tenter constamment, désespérément, de rassurer jusqu’à l’absurde.

    Ça promet en grand!

    Ne dites jamais que, pauvres victimes, les citoyens n’avaient pas été mis au fait de la question, donc n’étaient même pas au courant… Rouen, ce n’est qu’un léger avant-goût.

    ________

    Jancovici, « Dormez tranquilles jusqu’en 2100, et autres malentendus sur le climat et l’énergie »

    https://livre.fnac.com/a10308734/Jean-Marc-Jancovici-Dormez-tranquilles-jusqu-en-2100

      +10

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  • Juste 60 // 08.10.2019 à 08h39

    Il faut que l’on retrouve ce commissaire enquêteur, et qu il soit jugé.
    Il faut qu’ils rendent des comptes, toutes ces personnes ainsi que les politiques qui prennent des décisions qui vont à l’ encontre de la santé et à la vie de la population.
    Sinon c’est trop facile. Ça suffit!

      +14

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  • Mako // 08.10.2019 à 08h57

    Vous citez dans votre article, une décision prise sous le gouvernement Hollande en 2009. J’étais persuadé que Mr Hollande avait été président de la République de 2012 à 2017 ???

      +6

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  • Fred79 // 08.10.2019 à 08h58

    Et si encore c’était un cas isolé, on pourrait penser que les autorités prendront les mesures adéquates pour que cela ne se reproduise pas, mais il semblerait plutôt que la politique suivie en la matière consiste à cacher la poussière sous le tapis.

    Qui a entendu parler de la catastrophe écologique survenue le 3 juillet dernier à 30 kilomètres de Paris, sur un autre site Seveso?
    https://blog.mondediplo.net/omerta-sur-une-catastrophe-industrielle-majeure

      +92

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    • Patrick // 08.10.2019 à 09h49

      Merci pour votre lien. La plus grande station d’épuration d’Europe détruite à 60% en juillet.

      [Extraits]
      … l’édition locale du Parisien et la Gazette des Yvelines — seuls médias à avoir suivi l’affaire …
      … On notera par ailleurs que pas un(e) seul(e) des élu(e)s PS, PCF et EELV, qui représentent la Ville de Paris, la Seine Saint Denis, le Val de Marne et les Hauts de Seine au Conseil d’administration du SIAAP ne s’est exprimé sur ce désastre depuis le 3 juillet dernier…

      Pour le recyclage de valises pleines de billets c’est au point. Par contre pour la sécurité des usagers et la propreté de la Seine, on repassera 🙁

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      • Michel Le Rouméliote // 08.10.2019 à 11h25

        C’est sûr ! Pour EELV, il vaut mieux s’occuper de chimères collapsologiques que des vrais drames environnementaux ! Question de financement ?

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        • Lo // 09.10.2019 à 06h06

          Quelle assurance dans le classement des problèmes environnementaux !

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      • Patrick // 08.10.2019 à 12h53

        « chimères collapsologiques »

        Si on lit attentivement le billet du Monde Diplomatique, cette société SEVESO est en théorie sous surveillance renforcée suite à plusieurs incidents mais en pratique il y a un énorme laxisme des pouvoirs publics.

        Le fait que le personnel politique de l’Ile-de-France pratique l’omerta peut à la fois signifier :
        • qu’ils ont tapé dans la caisse et qu’ils se tiennent tous par la « barbichette »
        • mais également que l’Etat n’est plus en mesure d’assurer correctement sa mission, se désengage pour faire des « économies »

        Il me semble précisément que la collapsologie que vous dénigrez à pour objet l’étude de l’effondrement, c’est à dire de l’incapacité grandissante des Etats à assurer leurs missions publiques.

        En tout cas, je ne pense pas qu’il faille mépriser cette approche (qui n’est pas propre à EELV) en parlant de « chimères ».

        D’ailleurs EELV n’est visiblement pas très au fait de la collapsologie, c’est en tout cas ce qu’indique M. Cochet qui est à la fois fondateur d’EELV et initiateur des études sur l’effondrement en France (https://www.youtube.com/watch?v=3NCrj_fa2hU&t=6s)

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        • Michel Le Rouméliote // 09.10.2019 à 18h34

          Bien d’accord avec vos deux hypothèses quant à l’omerta. Elles ne sont d’ailleurs pas exclusives l’une de l’autre. L’État n’a plus les moyens de rien suite à la désindustrialisation forcenée de notre pays, accélérée par notre adhésion à l’euro.
          Ce que je qualifie de chimères collapsologiques ce sont toutes les soi-disant études qui montreraient un effondrement généralisé de la civilisation, du vivant, etc. Nous assistons à une floraison morbide de catastrophes annoncées. C’est oublier que l’Histoire a ses ruses. Faire de l’effondrement en soi un concept unique objet d’étude me paraît pour le moins présomptueux.
          Il y a des effondrements qui trouvent leur explication dans des facteurs précis que, généralement, on analyse après coup, après avoir ignoré les rares qui les avaient compris avant la catastrophe. C’est la fin de l’URSS en 1991, la France en 1940, la Bourse de New York le Jeudi noir ou le prise de Bagdad par les Mongols en 1258, etc. Oui, on peut légitimement craindre un effondrement monétaire, notamment européen, une guerre majeure au Moyen-Orient ou un embrasement en Asie orientale, mais en aucun cas un effondrement de tout !
          En ce qui concerne la nature, la fin des dinosaures ou la crise de la fin du Crétacé sont toujours sujets à discussions. Et de toute façon, ça nous dépasse.
          L’appétence pour l’effondrement est aussi un bon moyen pour ne pas voir les véritables problèmes dont le règlement coûte des sous et dont on peut rechercher les responsables ! Comme celui que vous avez soulevé. Si tout s’effondre par la faute de tout le monde c’est la faute à personne.

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        • Patrick // 09.10.2019 à 21h51

           » ne pas voir les véritables problèmes dont le règlement coûte des sous »
          réduire l’émission des Gaz à effet de serre est un bon contre-exemple
          • on voit bien le problème depuis des décennies
          • mais comme cela coûte des sous de démonter nos système thermo-industriel, on ne traite pas le problème à la bonne échelle

          Cela dit, « les moyens » ne sont pas les seuls en cause dans l’inaction :
          • l’incrédulité à sa part
          • ainsi que l’égoïsme / la cupidité des possédants également

          Bref, un facteur psychique est certainement à l’oeuvre. C’est aussi un des terrains d’étude des « collapsologues ».

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    • calahan // 08.10.2019 à 12h36

      exact, une interdiction de pêche et de baignade avait été signifiée aux responsables des communes en aval sur les bords de seine, des poissons par tonnes, morts, s’échouaient sur les bords de seine en certains endroits.
      Pour le savoir il fallait avoir « la chance » d’échanger avec des représentants des communes… .

        +10

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    • Incognitototo // 08.10.2019 à 14h51

      Merci pour l’information, d’autant qu’elle m’a totalement échappée, alors même que je suis presque une dizaine de médias nationaux. Aucun de ces derniers n’en a fait sa une. Même « Reporterre » n’en souffle mot…
      Apparemment, il faut habiter les Yvelines ou le périmètre impacté pour savoir que c’est une « catastrophe écologique majeure ».

      Vraiment étonnant… et le titre du « Monde diplomatique » qui parle « d’omerta » me semble bien loin de ce véritable black-out de l’information.

      Je diffuse à mes amis.

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    • olivier // 08.10.2019 à 20h47

      Ben moi, je suppose que c’est l’incendie de la station d’épuration de Paris ?Si c’est cela, là encore les élus de Paris qui gèrent cette infrastructure non seulement n’ont rien dit, notamment les verts, un comble, mais en plus c’est la Mairie de Paris qui a n’a pas répondu aux multiples recommandations du Préfet qui pour une fois avait fait son boulot.

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  • petitjean // 08.10.2019 à 10h13

    une question me taraude : qu’elle est la CAUSE de cet incendie ? Accident, lequel ? Acte criminel ?
    c’est curieux on dirait que ça n’intéresse personne
    pourquoi ?
    parce que en ce moment un autre important incendie s’est déclaré dans un entrepôt à Villeurbanne !…..

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    • Olivier // 08.10.2019 à 10h29

      Oui bon c’est une pépinière d’entreprises pour le futur………
      C’est la start-up nation qui prends feu…..

        +7

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    • OLIVIER // 08.10.2019 à 20h55

      évidemment que oui cela intéresse du monde surtout l’entreprise qui essaie de dire que c’est un acte criminel pour se dédouaner de sa responsabilité. De plus nous savons qu’elle avait déplacé une partie de son stockage dans l’entreprise voisine « dépot atlantique » alors que cette dernière n’était pas classée SEVESO, alors qu’elle aurait du l’être et ceci sans informer personne , détournant encore le droit de l’envIronnement, des criminelle, Maintenant même aujourd’hui on a pas su démontrer les causes de l’accident d’AZF;

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      • Cyd // 09.10.2019 à 17h21

        même si c’était un acte criminel, elle aurait dû anticiper cette possibilité, surtout depuis les attentats islamistes

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  • Olivier // 08.10.2019 à 10h25

    Symptomatique d’un état qui est en train de faire défaut (de nous faire défaut) sur tous les plans… Devant nos yeux et dans nos chairs… Et pendant ce temps ont continue à faire jouer l’orchestre (médias, politiciens, pseudo stars élites tutti cuanti) du titanic.
    Quand je reverrai mes aïeux, j’aurais honte à leurs dire que tout cela est arrivé durant mon temps et que j’ai laissé faire… Et ils me pardonneront car je n’y pouvais rien….

      +10

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  • Gaby // 08.10.2019 à 10h27

    L’occasion pour moi de vous partager cet article de Frédéric Lordon :

    https://blog.mondediplo.net/detruire-le-capitalisme-avant-qu-il-ne-nous

    Et de (re)découvrir Gunther Anders et sa réflexion sur l’usage de la violence.

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  • Rond // 08.10.2019 à 10h42

    Parmi ces décideurs de tous niveaux, il n’y a pas de coupable, rien que des « responsables » … qui ne risquent rien, eux. Pour les populations, c’est un peu plus compliqué …
    Comment les « services compétents » peuvent-ils être au fait de tous les risques envisageables, puisque ces gens ne font que vérifier la conformité aux codes en vigueur, des dossiers qui leurs sont soumis par l’entreprise elle-même ? Comment peuvent-ils poser LA question pertinente face aux nuées de spécialistes qui ont élaboré le dossier −du technicien aux avocats, en passant par les lobbyistes qui ont déblayé le tortueux chemin− ?
    La simplification opportune, c’est la goutte d’eau sur la cerise qui fait déborder le gâteau du vase, au profit de la très sainte industrie.
    Bienvenus dans notre monde bien formaté à craindre beaucoup plus les méchants gilets jaunes que les risques acceptés à l’insu de notre plein gré !
    Soyons réalistes, attendons-nous à d’autres nuages. Comme disait Geneviève Tabouis : « attendez-vous à savoir… ».

      +9

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  • Bouddha Vert // 08.10.2019 à 13h02

    Comme l’écrit « ROND », il est à craindre que d’autres nuages de toute sorte viennent obscurcir notre avenir.
    Ce n’est pas faire preuve de prédictions apocalyptiques mais tout simplement de comprendre que notre système techno industriel s’est développé à la mesure de notre croissance économique.
    Or, comme souvent écrit ici, l’abondance de moyens qui a permis cette technostructure est avant tout l’abondance énergétique qui nous a permis de construire et d’alimenter des armées entières de machines pour un prix dérisoire.
    Tout le monde connait désormais la démonstration de Jancovici sur le coût du Kwh thermique ou mécanique que les hydrocarbures nous ont offert en comparaison de celui offert par nos carcasses ou nos animaux de traits.
    La déplétion ayant désormais lieu, il est raisonnable de penser qu’en tentant de maintenir l’état de consommation de biens et services auxquels les populations se sont « habituées », cela se fera au détriment, en premier lieu, de la sécurité autrefois garantie par la croissance de richesses produites, avant un effondrement généralisé non seulement des biens et services de consommation mais ensuite des services minimums de l’état.
    Au milieu de cet apparent capharnaüm chacun défend ses besoins communautaires au détriment de ceux de la république ce qui augure une incapacité ontologique à comprendre ce qui se passe et les voies vers lesquelles il faudrait s’engager pour amortir les chocs à venir.
    Les aveuglements dans lesquels nous nous enfermons seront autant de freins au courage, et la bonne volonté qu’il nous faut pourtant entretenir.

      +7

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  • rivalta // 08.10.2019 à 13h51

    la qualité de l’air en région rouannaise dans le années 60 -70 était plusieurs jours par semaine proche de celle lors de l’accident ou des jours suivants. La qualité de l’air et de la seine n’a heureusement plus rien à voir avec celle qu’elle était.
    Maintenant toute activité industrielle a des risques, doit on mondialiser et envoyer toutes ses activités en chine ou pire ?
    L’impact sur l’emploi sera considérable car une bonne partie (30 à 50 % probablement ) des activités de services sont en fait liées à l’industrie et disparaîtront avec. Il restera alors l’agriculture et la gestion d’un grand parc touristique pour étrangers.
    Il faut au contraire augmenter la capacité de nos usines pour pouvoir payer une meilleure protection de l’environnement et permettre à beaucoup d’avoir un emploi

      +6

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    • olivier // 08.10.2019 à 21h30

      OUI C4EST UN ARGUMENT QUI REVIENT SOUVENT MAIS QUI NE TIENT PAS LA ROUTE UN SEUL INSTANT; d »ABORD PARCE QU’IL Y A 10 ANS CE GENRE D’ACCIDENT N’AURAIT PAS EU LIEU DU FAIT DU DROIT DE L’époque MAIS SURTOUT DES CONTRÖLES QUI SE FAISAIENT, d’autre part, pARCE QUE PLUS DE 80 % DES NORMES environnementales sont élaborées PAR LES GRANDS GROUPES INTERNATIONALES justement POUR DIMINUER LA CONCURRENCE, GAGNER DES PARTS DE marché et surtout maximaliser les profits.De même si ces entreprises sont en France c’est aussi parce qu’elle y trouve une main d’œuvre de qualité et surtout de l’électricité en abondance et une des moins chère du monde.

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    • joséphine // 09.10.2019 à 13h51

      Vous évitez soigneusement de poser la question de l’intérêt pour la société de ce que ces usines produisent, en l’occurrence, de ce que l’usine Lubrizol produit et qui est responsable au quotidien de la pollution.

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  • François Legault // 08.10.2019 à 15h22

    C’est décevant de voir un grand pays comme la France avoir un plan d’urgence aussi inefficace.
    Une usine classée à haut risque, entreposant des produits dangereux si près des secteurs d’habitations, sans plan d’actions, c’est pathétique.
    J’espère pour les gens de la région de Rouen, qu’ils n’y avait pas de dioxines et autres poisons dans les fûts qui ont brûlés.
    C’est inconcevable que ces renseignements ne soient pas mis à jour et disponibles en tout temps. Les intervenants doivent savoir tout cela avant d’intervenir, pas deux semaines après l’accident.

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  • Libvert.fr // 08.10.2019 à 15h27

    Tout comme AZF ou Notre Dame (preuves visuelles des fumées jaunes de l’utilisation d’une poudre incendiaire), l’incendie est probablement criminel (un jour avant une personne a été tuée dans le centre de Rouen, ce sont peut être des personnes proches de ses agresseurs les coupables?)

    AZF, Wikipédia :
    « La thèse officielle de l’accident est critiquée car elle n’avance pas de mécanisme scientifique plausible.
    (Elle ne prendrait en compte ni les témoignages d’une détonation antérieure, ni ceux d’évènements électriques précurseurs de l’explosion.)
    Ainsi, des enquêtes privées explorent des pistes plus ou moins originales. Les principales sont :
    • le terrorisme ou la malveillance
    • l’explosion de nappes de gaz … »

    Voici le point de vue de Lubrizol :
    « Dès le lendemain de l’incendie, Lubrizol estimait peu probable que l’incendie ait débuté dans son usine. Selon un représentant du personnel, à l’arrivée des premiers salariés avant les pompiers, le feu se trouvait à l’extérieur du grand hangar. Selon lui, si le feu avait débuté à l’intérieur, le début d’incendie aurait été noyé par un système de douche. »

    => Pour améliorer l’Etat de Droit en France, il faut prendre exemple sur les pays bien classés en terme d’Etat de Droit (c’est à dire le Danemark qui est classé 1er (19 jours pour un procès contre 304 en France (nous sommes 17me))
    Voir pour le classement : https://worldjusticeproject.org/our-work/publications/rule-law-index-reports/wjp-rule-law-index-2019

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    • Fritz // 08.10.2019 à 16h23

      Pour ce qui est d’AZF : la thèse de l’accident a été avancée alors que la poussière de l’explosion n’était pas retombée, et donc avant le commencement de l’enquête. C’est le type même de la thèse a priori. Quatre jours après, les médias reprenaient sans aucune distance les mots assénés par le procureur Bréard (« c’est un accident »), en imaginant les explications les plus farfelues (une cigarette mal éteinte aurait fait exploser le stock d’ammonitrates !).

      Puis on en est arrivé à l’explication officielle : le mélange involontaire de nitrate d’ammonium et de produits chlorés. Sauf que la reconstitution a dû être interrompue au bout de quelques secondes, ce qu’a révélé un papier du Canard enchaîné.

      Et je ne parle pas des recherches d’Anne-Marie Casteret…

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    • Matt // 08.10.2019 à 17h51

      « Et je ne parle pas des recherches d’Anne-Marie Casteret… »

      … et pourtant vous en parlez 🙂

      Cela me fait penser à ce grand philosophe qui sévissait à la fin du siècle dernier : https://youtu.be/-KFxmGbiUaE?t=224 🙂

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  • XL // 08.10.2019 à 16h22

    De nombreuse inexactitudes et même des erreurs grossières (PPI = plan de protection et d’intervention et non pas « plan de prévention de l’incendie ») dès le début de l’article (je ne suis pas allé au-delà), me laissent songeur quant au sérieux de l’auteur.

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    • Matt // 08.10.2019 à 17h40

      PPI = plan particulier d’intervention
      https://www.interieur.gouv.fr/Le-ministere/Securite-civile/Documentation-technique/Planification-et-exercices-de-Securite-civile

      … vous pouvez reprendre la lecture de l’article qui malgré cette imprécision est très instructif 🙂

        +7

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      • XL // 09.10.2019 à 15h01

        Après cette jolie bourde de ma part, je me suis senti obligé de suivre votre conseil… je n’ai pas été déçu, et je me permets les 3 petits commentaires ci-dessous:
        – l’auteur ergote sur le sujet étude d’impact / étude d’incidence. Or les sujets de type accidentels sont traités dans les études de dangers. Il l’évoque finalement plus loin, mais en concluant qu’ « il y a de grandes chances que cette étude de danger n’ait jamais été faite ». Donc il n’en sait rien. (Moi non plus, mais pour travailler dans le domaine, je suis à peu prêt certain du contraire)
        – l’auteur affirme que les 2 modifs conduisent à un dépassement d’un seuil seveso. Ce qu’il va prouver en nous donnant un lien vers… le site des installations classées! Ok, on y trouvera la valeur des seuils, mais pas les augmentations qu’il mentionne. Je vous laisse juge du procédé…
        – et pour finir sur une note « comique », sur les deux sigles qu’il emploie (PPI et PPRT), les deux sont foireux! Je ne reviens pas sur le PPI (:-)… mais PPRT = Plan de Prévention des Risques Technologiques et non « plan de protection des risques technologiques ».

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      • Matt // 09.10.2019 à 15h33

        Merci d’avoir confirmé votre première intuition.

        « Olivier SORIA est docteur en droit social et enseignant-chercheur à Kedge BS pour les masters 1 et 2 en management environnemental. Intervenant dans de nombreuses conférences internationales comme le festival de géopolitique de Grenoble ou dans la COP 21. Il a écrit de nombreux articles et livres sur le droit de l’environnement. »

        Publication originale de l’article : https://theconversation.com/lubrizol-pourquoi-la-responsabilite-des-pouvoirs-publics-est-impossible-a-ecarter-124703

        Etant donné ces deux erreurs grossières sur les acronymes, il est possible que le texte ait été fourni en anglais par l’auteur puis mal traduit. Sinon c’est comme vous le suspectez assez inquiétant pour un spécialiste 🙁

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  • Roger 29 // 08.10.2019 à 16h56

    Il me semble que pour ces domaines hautement techniques et à risques élevés il serait souhaitable de créer une Autorité de Sureté Chimique (ASC) dont son organisation serait clonée sur l’ASN (Nucléaire). Euuuh! on me dit dans l’oreillette que les sociétés n’en veulent pas.

      +5

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  • Jaimeci // 08.10.2019 à 16h56

    Si l’étude juridique pointe l’incompétence de la Préfecture pour prévenir un accident et les fautes de Lubrizol dans ses stockages, il ne faut pas oublier :
    -le délai de 5 h pour prévenir la population à l’heure des réseaux sociaux,
    -le confinement décidé vers 10h quand les salariés sont partis au travail et les jeunes vers les lieux scolaires ( que dire d’un confinement dans un immeuble avec vmc?),
    -l’annonce d’un  » air habituel » sur Rouen quand ça puait ( bravo pour le tourisme ),
    -la révélation 6 jours plus tard que ce sont 9000 tonnes de produits qui ont brûlé et non 5250 tonnes !!!
    L’incompétence est prouvée

      +9

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  • Denis // 08.10.2019 à 17h12

    Tout cela est fort regrettable!
    Mais avez vous songé une seule seconde à TINA,
    There Is No Alternative, pour les intimes?
    Le profit d’abord, le profit d’accord.
    Avez vous songé à la pauvre compétitivité qui est
    une lutte perpétuelle pour votre bien?

    Un seul regret, ce soir là, le vent soufflait vers le Nord Est,
    il aurait poussé les nuages sympathiques vers le Sud Est,
    la suite de l’histoire serait probablement traitée différemment.

      +5

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  • Matt // 08.10.2019 à 17h45

    « alors on gobe tout a fond »
    C’est qui « on » ? Visiblement pas les décideurs car ils n’agissent absolument pas contre les Gaz à effet de serre rejetés en excès par l’activité humaine.

    A mon avis il y a un nouveau type de pollution que nous devrions tous ensemble surveiller de près : l’auto-enfummage 🙂

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  • chris // 08.10.2019 à 22h02

    Dans le cadre des ICPE les préfectures se positionnent par rapport aux avis et expertises des DREAL dans lesquelles travaillent les inspecteurs de l’environnement ICPE. ( pour rappel l’avis d’un commissaire sur une enquête publique est juste consultatif).
    C’est un vrai bordel, l’environnement le soit disant intérêt majeur de nos gouvernants.
    La nomenclature des installations classées ne cesse d’évoluer depuis 10 ans en créant des dizaines de rubriques supplémentaires. Dans la plupart des services les inspecteurs doivent faire du terrain (la politique du chiffre) indépendamment d’instruction de dossier de demande d’exploiter de plus en plus complexe, ou du traitement des plaintes. Comme dans de nombreux domaine de la fonction publique les inspecteurs gèrent les priorités…… et oui alors tout est possible, quand on est sous pression. De plus une spécificité dans les Dreal les inspecteurs « locost ». Pour la même fonction il y a les inspecteurs d’originent du ministère des finances qui sont payés jusqu’à 40% EN PLUS que les inspecteurs du ministère de transition écologique SOLIDAIRE. Elle est belle la solidarité…..
    Si l’environnement est bien un enjeux primordiale pour l’avenir, pour que des accidents tel que Lubrizol puissent être appréhendé correctement, le travail et le traitement des inspecteurs de l’environnement doit être une priorité de ce gouvernement.

      +2

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  • Cyd // 09.10.2019 à 17h19

    Ce qui me scandalise, c’est qu’une usine SEVESO seuil HAUT puissse bruler !! d’autant plus qu’il n’y a pas eu de circonstances particulieres (attentats, seisme, raz de marée)

    Normalement, ce sont des usines ultra sécurisé, avec des systemes internes de maitrise des risques (bref de quoi détecter et éteindre l’incendie à ses tout-débuts)

    Franchement, si l’Etat est incapable de surveiller une telle usine, que penser du nucléaire

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