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14.mars.201914.3.2019 // Les Crises

Adieu au dollar. Par Chris Hedges

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Source : Truthdig, Chris Hedges, 04-02-2019

M. Fish / Truthdig

Par Chris Hedges

3 février 2019

La présidence incompétente et corrompue de Donald Trump a involontairement porté un coup fatal à l’empire américain : l’abandon du dollar comme principale monnaie de réserve mondiale. Partout dans le monde, en particulier en Europe, les pays ont perdu confiance dans la capacité des États-Unis à agir de manière rationnelle, et encore moins à diriger, dans les domaines des finances internationales, du commerce, de la diplomatie et de la guerre. Ces pays démantèlent discrètement l’alliance vieille de sept décennies avec les États-Unis et mettent en place des systèmes alternatifs de commerce bilatéral. Cette reconfiguration du système financier mondial sera fatale à l’empire américain, comme le soulignent depuis longtemps l’historien Alfred McCoy et l’économiste Michael Hudson. Elle déclenchera une spirale économique fatale, incluant une forte inflation, qui nécessitera une contraction militaire massive à l’étranger et plongera les États-Unis dans une dépression prolongée. Trump, plutôt que de rendre l’Amérique grande à nouveau, s’est avéré, sans le vouloir, être le fossoyeur le plus offensif de l’empire.

L’administration Trump a saboté de façon capricieuse les institutions mondiales, dont l’OTAN, l’Union européenne, les Nations Unies, la Banque mondiale et le FMI, qui couvrent et légitiment l’impérialisme américain et l’hégémonie économique mondiale. L’empire américain, comme le souligne McCoy, a toujours été un hybride d’anciens empires. Il a développé, écrit-il, « une forme distinctive de gouvernance mondiale qui incorporait des aspects des empires précédents, anciens et modernes. Cet imperium américain unique en son genre était athénien dans sa capacité à forger des coalitions entre alliés ; romain dans sa dépendance à l’égard des légions qui occupaient des bases militaires dans la plupart des pays connus ; et britannique dans son aspiration à fusionner culture, commerce et alliances dans un système global qui couvrait le globe. »

Lorsque George W. Bush a unilatéralement envahi l’Irak, défiant avec sa doctrine de guerre préventive le droit international et rejetant les protestations des alliés traditionnels, il a initié la rupture. Mais Trump a approfondi les fissures. Le retrait de l’administration Trump de l’accord nucléaire iranien de 2015, bien que l’Iran ait respecté l’accord, et l’exigence que les nations européennes se retirent ou subissent également les sanctions américaines a fait en sorte que des nations européennes soient mises en difficultés et établissent un système monétaire alternatif qui exclut les États-Unis. L’Iran n’accepte plus le dollar pour le pétrole sur les marchés internationaux et l’a remplacé par l’euro, ce qui est un facteur non négligeable qui contribue à l’animosité profonde de Washington pour Téhéran. La Turquie abandonne également le dollar. Les États-Unis exigent que l’Allemagne et d’autres états européens mettent fin à l’importation de gaz russe, et les Européens ont eux aussi ignoré Washington. La Chine et la Russie, traditionnellement antagonistes, travaillent maintenant en tandem pour se libérer du dollar. Moscou a transféré 100 milliards de dollars de ses réserves en yuan chinois, yen japonais et euros. Et, tout aussi inquiétant, depuis 2014, les gouvernements étrangers ne stockent plus leurs réserves d’or aux États-Unis ou, comme dans le cas de l’Allemagne, les retirent de la Réserve fédérale. L’Allemagne a rapatrié ses 300 tonnes de lingots d’or. Les Pays-Bas ont rapatrié leurs 100 tonnes.

L’intervention des États-Unis au Venezuela, la guerre commerciale potentielle avec la Chine, le retrait des accords internationaux sur le climat, le retrait du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), le shutdown à Washington, la fermeture du gouvernement et la multiplication des hostilités avec l’Iran ne présagent rien de bon pour les États-Unis. La politique étrangère et financière américaine est prise en otage par les caprices bizarres d’idéologues arriérés tels que Mike Pompeo, John Bolton et Elliott Abrams. Cela garantit un chaos plus général ainsi que des efforts accrus de la part des nations du monde entier pour se libérer de l’étau économique que les États-Unis ont effectivement mis en place après la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit seulement de savoir si le dollar sera mis de côté ou non. Que ce soit Trump, avec ses compagnons idéologues d’extrême droite, qui ait détruit les structures internationales mises en place par des capitalistes mondialistes, plutôt que par les socialistes que ces capitalistes ont cherché à écraser en investissant des ressources énormes, est d’une ironie navrante.

L’historien Ronald Robinson soutenait que la domination impériale britannique était morte « lorsque les dirigeants coloniaux n’avaient plus eu de collaborateurs indigènes ». Le résultat, a-t-il noté, est que « l’inversion de la collaboration en non-coopération a largement déterminé le moment de la décolonisation ». Ce processus d’aliénation des alliés et collaborateurs traditionnels des États-Unis aura le même effet. Comme le souligne McCoy, « tous les empires modernes ont compté sur des substituts fiables pour traduire leur pouvoir mondial en contrôle local – et pour la plupart d’entre eux, le moment où ces élites ont commencé à s’agiter, à répondre et à affirmer leurs propres intentions a été aussi le moment où l’on savait que l’effondrement impérial était une possibilité ».

Le dollar, en raison de la dette astronomique du gouvernement qui s’élève maintenant à 21 billions de dollars, dette qui sera augmentée par les réductions d’impôt de Trump qui coûteront 1,5 billion de dollars au Trésor américain au cours de la prochaine décennie, cette dette est de moins en moins fiable. Le ratio de la dette au PIB est maintenant supérieur à 100 %, un feu rouge clignotant pour les économistes. Notre déficit commercial massif dépend de la vente de bons du Trésor à l’étranger. Une fois que ces obligations perdront de leur valeur et ne seront plus considérées comme un investissement stable, le dollar subira une dévaluation considérable. Il y a des signes que ce processus est en cours. Les réserves des Banques centrales détiennent moins de dollars qu’en 2004. Il y a moins de paiements SWIFT – l’échange de virements interbancaires – en dollars qu’en 2015. La moitié du commerce international est facturée en dollars, bien que la part américaine du commerce international ne soit que de 10 %.

« En fin de compte, nous aurons des monnaies de réserve autres que le dollar américain », a annoncé le mois dernier le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney.

Soixante et un pourcents des réserves étrangères de devises sont en dollars. Au fur et à mesure que ces réserves en dollars seront remplacées par d’autres monnaies, le recul du dollar s’accélérera. L’imprudence des politiques financières américaines ne fera qu’exacerber la crise. « Si les emprunts illimités, financés par la planche à billets, étaient une voie vers la prospérité », a dit récemment Irwin M. Stelzer de l’Institut Hudson, « alors le Venezuela et le Zimbabwe seraient en tête des tableaux de croissance. »

M. McCoy explique à quoi ressemblerait un ordre financier mondial sans lien avec le dollar :

« Pour la majorité des Américains, les années 2020 seront probablement considérées comme une décennie démoralisante marquée par la hausse des prix, la stagnation des salaires et la perte de compétitivité internationale. Après des années de déficits croissants alimentés par des guerres incessantes dans des pays lointains, le dollar américain perdra en 2030 son statut spécial de monnaie de réserve dominante dans le monde.

Subitement, il y aura des hausses de prix punitives pour les importations américaines allant des vêtements aux ordinateurs. Et les coûts de toutes les activités à l’étranger exploseront également, ce qui rendra les déplacements des touristes et des troupes prohibitifs. Incapable de combler ses déficits croissants en vendant à l’étranger des bons du Trésor maintenant dépréciés, Washington sera finalement contraint de réduire son budget militaire pléthorique. Sous la pression dans le pays et à l’étranger, ses forces commenceront à se retirer de centaines de bases à l’étranger et à se retrancher dans un périmètre continental. Un tel geste aussi désespéré arrivera cependant trop tard.

Face à une superpuissance en voie de disparition incapable de payer ses factures, la Chine, l’Inde, l’Iran, la Russie et d’autres puissances contesteront de manière provocante la domination américaine sur les océans, l’espace et le cyberespace. »

L’effondrement du dollar signifiera, écrit McCoy, « une flambée des prix, un chômage sans cesse croissant et une baisse continue des salaires réels tout au long des années 2020, les divisions internes se transformeront en affrontements violents et en débats qui diviseront, souvent sur des questions symboliques et sans importance ». La profonde désillusion et la rage généralisée ouvriront la porte à Trump, ou à un démagogue à la Trump, pour s’en prendre, peut-être en incitant à la violence, aux boucs émissaires dans le pays et à l’étranger. Mais d’ici là, l’empire américain sera tellement affaibli que ses menaces seront, du moins pour ceux qui se trouvent à l’extérieur de ses frontières, largement dénuées de sens.

Il est impossible de prédire quand cette désaffection pour le dollar aura lieu. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’économie américaine avait dépassé l’économie britannique, mais ce n’est qu’au milieu du XXe siècle que le dollar a remplacé la livre sterling pour devenir la monnaie dominante du commerce international. La part de la livre sterling dans les réserves de change des banques centrales internationales est tombée d’environ 60 % au début des années 50 à moins de 5 % dans les années 70. Sa valeur est passée de plus de 4 dollars la livre à la fin de la Seconde Guerre mondiale à presque parité avec le dollar. L’économie britannique est entrée dans une spirale infernale. Et ce choc économique a marqué pour les Britanniques, comme pour nous, la fin d’un empire.

Source : Truthdig, Chris Hedges, 04-02-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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yack2 // 14.03.2019 à 09h46

Une fois encore nous touchons le coeur nucléaire du système: la création monétaire.Il est important de savoir que les gilets jaunes se sont emparés du sujet ,si j’en crois les pancartes que j’ai vu dans les manifs et les références à la loi de 1973 Pompidou/ Rothchild. Bizarrement le sujet est shunté….Bizarre? Pas tant que ça, le jour ou nous comprendrons que la création monétaire doit être socialisée de manière nationale et internationale, nous serons ceux qui paient l’orchestre et nous choisirons la musique…..et je vous parie que ça va être rock and roll !

43 réactions et commentaires

  • yack2 // 14.03.2019 à 09h46

    Une fois encore nous touchons le coeur nucléaire du système: la création monétaire.Il est important de savoir que les gilets jaunes se sont emparés du sujet ,si j’en crois les pancartes que j’ai vu dans les manifs et les références à la loi de 1973 Pompidou/ Rothchild. Bizarrement le sujet est shunté….Bizarre? Pas tant que ça, le jour ou nous comprendrons que la création monétaire doit être socialisée de manière nationale et internationale, nous serons ceux qui paient l’orchestre et nous choisirons la musique…..et je vous parie que ça va être rock and roll !

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    • blingo // 14.03.2019 à 10h19

      Juste une précision, la loi de 1973 encadre encore plus les avances du Trésor, mais ne les interdit pas. C’est la loi du 4 août 1993 qui impose à la Banque de France de nous endetter auprès d’nu syndicat de mafieux, plus connu sous l’appellation BCE/Blackrock.

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      • ima // 14.03.2019 à 11h26

        Pas tout à fait Blingo, le premier coup de poignard dans le dos de notre économie est bien de Pompidou, fidèle valet de Rothschild, qui durant sa courte présidence fera passer un texte qui nuit tant de nos jours.
        Obliger l’Etat à emprunter auprès des banques privées, avec le taux d’intérêt qui va bien avec, au lieu de continuer à le faire auprès de la Caisse des dépôts sans intérêt !
        La différence se situe dans les plaintes gouvernementales faux-cul sur notre endettement, 1er budget national… et bonne raison pour eux de couper toujours plus dans le budgets, particulièrement sociaux.

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        • cording // 14.03.2019 à 12h31

          N’oubliez pas Giscard, l’inspecteur des finances ministre de de Gaulle puis de Pompidou.

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        • Rémi // 14.03.2019 à 16h29

          Déficit Budgétaire 2017 59M€,
          intérêts: 41 M€
          En tout dix-huit milliards sont venus financer les dépenses de l’état.
          Annulez la loi Pompidou, refusez la dettes et il faut immédiatement réduire les dépenses de 18M€.
          Bonne chance.

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          • Genuflex // 14.03.2019 à 21h41

            Non seulement ça semble faisable, mais vous oubliez de dire qu’il s’agit d’un bilan. Il est possible de reduire les depenses ou d’augmenter les rentrées pour l’améliorer.
            La reprise en main de la création monétaire “toutes choses égales par ailleurs” est une vue de l’esprit. Elle s’accompagnera vraissemblablement d’une cohorte d’autres mesures politiques sérieuses.

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    • lois-economiques // 15.03.2019 à 17h14

      C’est une fake news cette histoire de loi de 1973 Pompidou/ Rothchild montée en épingle dans les réseaux sociaux par tous les ignares qui reprennent l’information sans la comprendre.
      Le débat est définitivement tranché au niveau académique, qu’on se le dise !
      https://fr.scribd.com/doc/85967606/Alain-Beitone-Ide-es-fausses-et-faux-de-bats-a-propos-de-la-monnaie-Re-flexion-a-partir-de-la-loi-de-1973

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  • Daniel // 14.03.2019 à 09h52

    Reformuler d’une autre façon : nous sommes face à un changement de paradigme.
    L’occident avec à sa tête les USA et la City de Londres (en tant qu’empire financier) tirent à sa fin et se finira surement par un krach financier (dans la continuité de 2008 en pire).
    Heureusement qu’il y a un embryon de système financier qui est en train de se créer avec “les Nouvelles Routes de la Soie” (ou Initiative une Ceinture, une Route) posant ainsi les bases d’une « communauté de destin partagé de l’humanité ». Cette communauté est ouverte à tous et à comme caractéristique le développement physique du monde en lieu et place de la spéculation.
    Une fois que ces dynamiques sont identifiées, on comprend mieux pourquoi de plus en plus de pays et d’organisation quitte les idées de l’Ouest pour aller vers ces idées de l’Est.
    L’exemple de l’Italie est le dernier en date : histoire à suivre…

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    • blingo // 14.03.2019 à 10h22

      A ce propos il est intéressant de constater que le premier pays africain qui a été développé grâce à l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie est un pays qui n’A PAS de matières premières: l’Ethiopie.

      Et pour le “piège de la dette”, je n’apprendrai à personne que l’endettement pour des investissements productifs dans l’infrastructure relève de la “bonne dette”, puisque ça équipe le pays, ça crée des emplois qualifiés, donc ça augmente la capacité de remboursement dudit pays. Contrairement à l’endettement auprès d’un FMI qui rend esclave.

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      • Philvar // 14.03.2019 à 11h18

        L’utilisation de la dette “d’état” dans sa réalité dépend de l’usage que l’on va en faire ; pour créer des infrastructures nécessaires OK, mais toutefois après étude de la rentabilité d’usage. Si c’est, comme en France, pour combler les trous d’une gestion discutable ou malfaisante (appel d’air) alors cela conduit à l’esclavage. Le plus étonnant c’est que personne ne parle du préteur “Banque Centrale” qui émet cette monnaie ex nihilo; Donc, dans ses comptes, un simple jeu d’écriture dont personne ne va ni ne peut en exiger le remboursement ! Il reste donc à la charge de l’emprunteur le paiement des intérêts qui vont enrichir la BC sur de la monnaie de singe. Donc la dette est finalement une forme d’esclavage politique que les peuples paient à rien ni à personne puisqu’il n’y a en fait pas de créancier valide..

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        • Julie Péréa // 14.03.2019 à 14h00

          Le statut de la Banque de France en fait perdre leur bagou aux juristes … https://www.change.org/p/un-ric-pour-une-banque-nationale-et-se-lib%C3%A9rer-de-la-dette/u/24108108

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          • Pinouille // 14.03.2019 à 19h43

            Les thématiques de création monétaires sont complexes. Nombreux sont ceux qui pensent la maîtriser, se trompent, et avancent de fausses bonnes idées.
            Quand un pays dépense plus qu’il ne gagne, il n’a pas 36 solutions: il s’endette auprès du marché ou il crée (quand il peut; avec l’euro on ne peut pas) de la monnaie supplémentaire.
            La dette doit être remboursée avec des intérêts. La création monétaire génère de l’inflation.
            Les effets de la dette et de l’inflation sont différents sur l’économie, mais aboutissent à terme au même résultat: le pays s’appauvrit. Ce qui est évident puisqu’il dépense plus qu’il ne gagne.
            Une différence de taille toutefois: la dette doit être remboursée avec des impôts. Les riches arrivent à s’en extraire.
            L’inflation appauvrit plus les riches que les pauvres, mais ce n’est pas automatique.

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    • Vladimir // 14.03.2019 à 10h54

      C’est pas demain la veille, mais je suis entièrement d’accord. Ça va être extrêmement douloureux mais c’est l’avenir!

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    • openmind // 14.03.2019 à 12h26

      Dès le début de l’article, on sent l’anathème anti trump sans arguments. C’est fatiguant, si ça avait été Hilary, c’était moins pire? Trump sera le bouc émissaire de la liquidation de l’Empire financier américano-londonien, alors qu’il n’a voulu que sauver l’économie américaine. Trump veut quitter l’Otan et Stoltenberg ne peut le cacher car c’est le New York Times qui le révèle. C’est l’hallali, chacun pour sa peau, le changement de paradigme que souligne Daniel est juste, et les Italiens, les Anglais, les Hongrois etc l’on compris depuis longtemps, les derniers sortis seront les perdants…pauvre de nous.

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      • Rémi // 14.03.2019 à 16h31

        Oui, Trump n’ayant pas été comme on lui disait un gentil porteur du gentil message des élites ontva lui faire porter le chapeau.
        Après tout c’est vrai c’est à cause de lui que la musique s’arréte alors que tout le monde sait qu’il n’y a plus de chaises ou s’assoir. Sanns lui on aurait pu continuer ´tourner encore quelques temps.

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    • Tardieu // 16.03.2019 à 11h40

      “Heureusement qu’il y a un embryon de système financier qui est en train de se créer avec “les Nouvelles Routes de la Soie” (ou Initiative une Ceinture, une Route) posant ainsi les bases d’une « communauté de destin partagé de l’humanité ». Cette communauté est ouverte à tous et à comme caractéristique le développement physique du monde en lieu et place de la spéculation.”

      Vous dites n’importe quoi. Lisez donc l’article L’initiative “la Ceinture et la Route” : l’agrobusiness chinois se mondialise publié par Mondialisation.ca le 11 mars 2019, rédigé par le Grain.

      Url de l’article:
      https://www.mondialisation.ca/linitiative-la-ceinture-et-la-route-lagrobusiness-chinois-se-mondialise/5631891

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  • Philvar // 14.03.2019 à 10h36

    Le premier § du texte suffit à positionner l’auteur : Un troll de la mafia Clinton/Obama qui reporte sur leur successeur le résultat de leurs actions. Et c’est vrai que ça doit faire mal de ne plus disposer des manettes qui leur permettait de ponctionner la terre entière.
    Je cite : “” Partout dans le monde, en particulier en Europe, les pays ont perdu confiance dans la capacité des États-Unis à agir de manière rationnelle, et encore moins à diriger, dans les domaines des finances internationales, du commerce, de la diplomatie et de la guerre “”
    Que voulez-vous de plus ?

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    • Yannis // 15.03.2019 à 21h24

      Ne faut-il pas entendre Trump comme monstre qu’a produit l’idéologie néolibérale largement propagée par les USA ? Celui qui dans la continuité des Bush, Clinton, Obama, est le représentant d’un système à bout de souffle. Parce que même avec une éventuelle alternance des Démocrates, l’espoir n’est pas bien mince d’un renouveau…

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  • www // 14.03.2019 à 11h34

    “La présidence incompétente et corrompue de Donald Trump a involontairement porté un coup fatal à l’empire américain : l’abandon du dollar comme principale monnaie de réserve mondiale.”

    Mauvais constat.
    Le déclencheur est le système d’arbitrage commercial qui voit des sociétés qui n’ont pas de business aux US être condamnés à des amendes délirantes, et vu que les chambres de compensation de devises en dollars sont à Washington, ils se servent directement au moment de rapatrier les acquis dans une autre monnaie ( euro/yuan/yen etc ).
    L’autre problême est la guerre commerciale américaine, qui produit les mêmes effets et force par exemple Alstom à se vente à General Electrics, ou la BNP à arrêter tout business avec l’Iran.
    Les gouvernements non-US cherchent à protéger leurs industries.

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  • Tepavac // 14.03.2019 à 11h40

    Je ne sais pas si cette information est pertinente pour une réflexion sur le sujet, mais c’est tellement extravagant que je le partage pour en avoir une quelques opinions en retour.

    http://www.opex360.com/2019/03/13/la-cia-est-soupconnee-detre-derriere-une-mysterieuse-attaque-de-lambassade-de-coree-du-nord-a-madrid/

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    • Chris // 14.03.2019 à 13h53

      A quelques jours de la rencontre Kim Jong / Trump, j’imagine que des “idéologues arriérés tels que Mike Pompeo, John Bolton et Elliott Abrams” (pour reprendre les termes de Hedges) ont voulu mettre la pression sur Kim Jong, par proche interposé.

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      • Tepavac // 14.03.2019 à 18h27

        Merci Chris
        C’est ce que je suppose aussi, mais il n’en demeure pas moins, si les faits sont avérés, que le procédé est typique du cassus beli.

        Attaquer une ambssade c’est attaquer un pays. Avec ce genres de comportement une guerre peut nous tomber dessus n’importe quand .

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  • Oncle Octave // 14.03.2019 à 11h45

    Personnellement, je fais le parallèle avec l’hégémonie athénienne et sa fin. Athènes tenait le commerce parce qu’elle tenait la puissance navale ; c’est la thalassocratie athénienne. Elle avait amalgamé une alliance autour d’elle dans la Ligue de Délos. Cela a donné un rayonnement culturel de 1er ordre sur le monde hellénistique. Mais des vassaux ont fini par se dire que les splendeurs d’Athènes leur coûtait un peu beaucoup. Ils sont aller voir les concurrents de la Ligue du Péloponnèse menée par Sparte. La guerre du Péloponnèse a enclenché le déclin pour le monde hellène. Pour les temps actuels, nous avons le commerce tenu par les EU au travers du $. Accords de Bretton-Woods, on crée la Banque Mondiale et le FMI pour les reconstructions. Le pays occidental le moins touché par les destructions impose leur monnaie à ces institutions. Années 70, plus besoin d’indexation du $ sur l’or, mais le monde entier fonctionne au pétrole ; l’OPEP contrôle les robinets et se fait payer en $. L’OTAN joue aussi son rôle ; l’uniformisation des matériels fait le beurre de l’industrie américaine de la guerre, tjrs en $. Il est donc urgent de réfléchir à une ligue qui ne permet pas de dérive hégémonique. Faut dire que notre Sparte chinois, ça ne me fait pas bcp envie.

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  • Toff de Aix // 14.03.2019 à 11h59

    21 billions (soit 21 milliards, en français) de dette, seulement ? Vous pouvez rajouter quelques zéros, c’est plutôt 21 000 milliards à ce jour. L’économie us est en fait un cadavre ambulant, un malade en phase terminale, ça n’est qu’une question de temps avant qu’il ne s’écroule complètement … Je m’en réjouirais presque si cet effondrement n’allait pas entrainer le reste de l’économie mondiale dans la tourmente…

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    • inement // 14.03.2019 à 12h28

      Il est vrai qu’on s’en réjouirait presque.
      Si seulement la tendance dominante de la future réserve mondiale n’avait pas tendance à se diriger sur le Yuan et son opacité on pourrait d’ores et déjà, en toute compassion du peuple américain, commencer à préparer les festivités.

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    • chokk // 14.03.2019 à 13h57

      21 billions (français) correspondent à 21 000 milliards, ou 21 000 billions (anglais).
      L’utilisation française n’est certes pas habituelle.

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    • Bernadette // 14.03.2019 à 16h22

      La France est bien un copié collé de l”US, Les guerres successives ayant entraîné notre pays ont coûté très chères en vie mais aussi en fric.
      La base de l’économie mondiale est américaine (les pétrodollars ).

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  • inement // 14.03.2019 à 12h17

    “La présidence incompétente et corrompue de Donald Trump a involontairement porté un coup fatal à l’empire américain : l’abandon du dollar comme principale monnaie de réserve mondiale.”

    Chris Hedges nous somme bien d’accord, si ce n’est sur le fait de faire porter à Donald Trump la responsabilité de l’abandon du dollar dans une partie du monde.

    Sa concurrente dans l’accession à la maison blanche ayant une politique idéologiquement beaucoup plus agressive encore, il eut été de bon ton de saluer la victoire du canard qui aura au moins évité une présidence Clinton.

    L’abandon du dollar tient beaucoup plus de la ligne politique continuelle des USA durant les dernières décennies que des trois ans de présidence de D.Trump, quand bien même il y participe volontairement / involontairement, il est bien facile, aisé et pratique de lui remettre les maux “ancestraux” de l’Amérique sur le dos et ce n’est certainement pas comme ça que l’on combat les formes malsaines du nationalisme façon Trump.

    C’est fou la tentation de tous à le condamner pour ce qui n’est pas de son unique responsabilité, voire pas du tout parfois. Est-ce pour éviter de parler des vrais responsables bien dissimulés derrière les têtes d’affiche politiciennes qui font office de marionnettes ?

    En tous les cas, l’affaiblissement chronique des USA évitera à tous de devoir accepter un nouveau monde néo-orwellien unipolaire et c’est à mon sens une grande victoire sur ceux qui décident réellement des grandes orientations, se tenant bien cachés derrière la scène du pouvoir de façade.

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  • Didier Lagasse // 14.03.2019 à 12h24

    Enfin une bonne nouvelle !

    L’empire hégémonique américain qui s’effondre rend le sourire aux milliards d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont eu à souffrir de coups d’États organisés par la CIA ou d’interventions militaires massacrant massivement et détruisant tout !

    On attend tous que les juridictions internationales fassent leur boulot : inculper Bush, Blair et Powell. Ce serait un bon début !

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  • Louis Robert // 14.03.2019 à 12h54

    Se libérer du joug impérial passe par l’abandon du $ monnaie de réserve et d’échanges imposé. Aucun pays souverain qui se respecte ne peut accepter le chantage permanent aux sanctions, la saisie des capitaux, le gel et le pillage des comptes, etc. qui ont cours, surtout si ces pays souverains sont puissants et déterminés à se faire respecter…

    Bref, l’abandon du $ est un premier pas nécessaire vers un nouvel ordre mondial civilisé et respectueux de tous les peuples et de toutes les nations.

    Voilà qui est du reste dans l’ordre des choses. La fin de l’Empire menace. Ledit Empire en devient littéralement fou, déclare la guerre au monde entier, ennemis, alliés et amis confondus. Puis… perçu comme la plus grande menace («People see U.S. power and influence as a greater threat in the Trump era » — Pew Research Center)…  l’Empire peu à peu (cataclysme mondial oblige!) s’éteint.

    http://www.pewglobal.org/2019/02/10/climate-change-still-seen-as-the-top-global-threat-but-cyberattacks-a-rising-concern/

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  • Tchen // 14.03.2019 à 13h41

    Face au declin ineluctable de l’empire americain, la question est: est ce que la premiere puissance militaire mondiale se laissera abattre sagement, ou bien est ce que la bete se debattra compulsivement? Face à de tels bouleversements (financiers, ecologiques, energetiques), le capitalisme n’a plus que le chaos comme porte de sortie. Qui pour les empecher de sombrer dans la folie guerriere? On se rapproche donc du minuit nucleaire à grand pas…

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    • Louis Robert // 14.03.2019 à 16h12

      Tchen,

      La bête se débat déjà compulsivement depuis belle lurette.

      Le capitalisme impérial impose partout le chaos. D’où l’expression si répandue d’ «Empire du chaos ».

      Si l’Empire sombre dans la folie guerrière, il périra. Les puissants ennemis qu’il s’est fait et qu’il cultive par provocation et actes de guerre ne seront pas attaqués sans qu’ils détruisent l’Empire. Ils sont prêts et disposent de moyens de destruction amplement suffisants pour lui rendre ce monde invivable, comme à nous tous du reste. Il n’existe pas de solution militaire au déclin en cours, et qui s’accélère, de l’Empire. Les arsenaux mondiaux interdisent que le mot « vainqueur » ait encore un sens. Urgemment, tous devraient y réfléchir bien davantage.

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    • aleksandar // 15.03.2019 à 23h00

      Pas d’argent , pas de suisse.
      Pour s’agiter quand la crise va commencer, il faut des soldats, des armes, des munitions donc des $.
      Or justement il ne vaudra plus rien.
      KO debout

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      • RD // 16.03.2019 à 01h08

        Si le crédit banque centrale US attaquée, tous les autres seront déjà morts…

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  • Chris // 14.03.2019 à 14h02

    En écho à l’article de Chris Hedges :
    13 mars 2019 – Vers un reset économique global
    http://alt-market.com/articles/3686-the-global-economic-reset-begins-with-an-engineered-crash
    14 janv. 2019 : https://www.cnbc.com/2019/01/15/chinas-finance-ministry-says-to-step-up-fiscal-expenditure-this-year.html
    “Ce n’est pas la Fed qui est intervenue financièrement pour freiner la bourse en baisse en décembre 2018. C’était la banque centrale chinoise, qui injectait des milliards de dollars sur les marchés mondiaux au bon moment.

    “Un Brexit «sans accord» constituerait une excuse parfaite pour une crise financière majeure en Europe, c’est pourquoi je pense que cela se produira.
    Le crash est conçu de telle sorte que les mouvements de souveraineté (populistes) sont censés prendre le blâme”

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    • RD // 16.03.2019 à 01h07

      Les peuples n’ont aucune importance ni à l’ouest ni à l’est. On se moque bien du blâme de X ou Y, ceci est une invention de quelques conservateurs et non alignés américains.

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  • weilan // 14.03.2019 à 14h19

    La dette US n’est pas si “abyssale” que vous le croyez. En tous cas bien moins que celle de la France, toutes proportions gardées. Pour ne rien dire de l’Italie…
    http://www.usdebtclock.org/world-debt-clock.html

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  • Christian Gedeon // 14.03.2019 à 16h13

    Hedges m’etonne de plus en plus…à l’heure où le usd est plus roi que jamais , il le voit mort. Juste un rappel pour rester terre à terre. L’essentiel des créances chinoises est libellée en…usd. Si le dollar dit adieu, l’economie Chinoise dit je suis morte. Probablement trop simple à comprendre pour Hedges.

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    • aleksandar // 15.03.2019 à 23h10

      C’est vous qui ne comprenez pas.
      D’abord la Chine accumule a très grande vitesse de l’or, sachant que des que le $ va baisser l’or va monter. C’est en quelque sorte son assurance.
      – la Chine balance du $ a tout va, achète tout ce qu’elle peut acheter pour avoir des biens physiques a la place des $. Pourquoi croyez vous qu’ils ont racheté la moitié du capital de Peugeot ?
      – La Chine avec 4.5 milliard d’habitant est un monde a elle toute seule et donc en partie étanche au soubresauts économiques extérieurs. C’est pour ça que le plan en cours mise sur le développement de la consommation interne.
      Même en cas de crise économique grave, le moteur chinois continuera a tourner, pas le moteur américain.

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      • RD // 16.03.2019 à 01h05

        Certes, mais entre le dollar et le yuan au niveau monnaie de réserve il y a un monde.
        La Chine est de moins en moins étanche, et son destin est de plus en plus lié à celui-lui de l’explosion de capital fictif.

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  • Tardieu // 16.03.2019 à 11h51

    Chris Hedges fait partie de ces intellectuels qui n’ont rien à dire, rien à proposer et qui prédisent tous les 4 matins une 3e guerre mondiale, la fin du dollar, la dislocation de l’Union européenne, l’effondrement de l’économie mondiale et maintenant la fin de la planète terre et j’en passe et des meilleurs. C’est pitoyable !

    J’allais oublier la Russie et la Chine, c’est génial ! Allez donc racontez cela aux ouvriers russes ou chinois qui ont la même vie de chiens que les ouvriers français…

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