22Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-08-2016

La mère des batailles qui fait rage à Alep, et quel qu’en soit l’issue, n’annonce pas pour autant la fin de l’organisation Etat islamique (Dae’ch), ni des autres groupes terroristes de l’islam radical, mais plutôt un tournant majeur : celui de l’après-Dae’ch, à savoir de nouveaux théâtres de jihad. Une reconquête d’Alep par l’armée gouvernementale syrienne et ses alliés accélérera, sans doute, la reprise de Raqqa en Syrie, puis de Mossoul en Irak. Les quelques 30 000 mercenaires jihadistes étrangers ont déjà intégré ce scénario et préparé leur repli en bon ordre dans différents sanctuaires du Caucase, d’Afghanistan et du Nord-Ouest chinois. Ils continueront à utiliser le « hub » turco-méditerranéen pour menacer l’Europe et entretenir des complicités rhizomatiques en Asie, dans la Corne de l’Afrique et dans la bande sahélo-saharienne.

D’autres loups solitaires ou en meute s’inspireront de ce redéploiement pour frapper ici ou là, selon des modes opératoires variés. Leurs deux filiations idéologiques principales – wahhabisme et weltanschauung des Frères musulmans – continueront à inspirer leurs attentats. L’Arabie saoudite et d’autres pétromonarchies continueront à financer recrutement, formation et assurance-vie des familles de leurs « martyrs ». Initiée par les Etats-Unis dans les années 1980, cette politique d’« instabilité constructive » continuera, outre le Moyen-Orient, à cibler la Russie, la Chine et l’Europe… L’éradication « officielle » de Dae’ch changera tout pour que rien ne change…

Au-delà des percées et des replis de la rébellion syrienne, l’enjeu géopolitique le plus large de la bataille d’Alep met en confrontation deux cartographies incompatibles : celle d’un nouveau Sykes-Picot, autrement dit le « Grand-Moyen-Orient » de George W. Bush et Condoleezza Rice – que les deux administrations Obama ont recyclé avec quelques nuances – et celle d’une réaffirmation des Etats-nations arabo-persiques issus du démantèlement de l’empire ottoman.

La première cherche à démanteler les Etats-nations pour les fragmenter en micro-Etats (type Kosovo ou Soudan du Sud), voire pour les re-tribaliser en autant de petits émirats sunnites, chi’ites, druzes, kurdes, etc. selon la bonne vieille recette des imperium (de Rome à l’Hyper-puissance américaine). A l’image ce de qui a été fait en Irak et en Libye, Washington, ses satellites européens, les pétromonarchies du Golfe, Ankara et Tel-Aviv exigent toujours le départ de Bachar al-Assad pour démanteler la Syrie en deux émirats sunnites (Alep et Damas), un micro-Etat druze sur le Golan et un réduit alaouite dans les montagnes qui dominent Lattaquié et Tartous.

La deuxième refuse cette logique de fragmentation, estimant que des Etats nationaux souverains constituent les « monades » essentielles pour résister à l’instauration de cette cartographie d’une mondialisation d’inspiration anglo-saxonne néo-libérale. En effet, les prédateurs de Wall-Street, de la City et de Bruxelles cultivent la même sainte horreur de souverainetés nationales empêcheuses d’exploiter en rond… Moscou (dans une moindre mesure Pékin), Téhéran, Damas, le Hezbollah libanais et plusieurs organisations palestiniennes misent toujours sur la défense et l’affirmation du fait national afin de garantir un monde multipolaire, ultime riposte à la World-company que Washington veut imposer à toute la planète, sous prétexte de « droits de l’homme » et de liberté du commerce.

C’est la première bataille d’Alep : celle d’une armée nationale syrienne qui travaille à reconquérir la totalité de son territoire national contre les hordes de jihadistes, mercenaires serviles de la mondialisation anglo-saxone. Sur ce front, on voit converger Dae’ch et d’autres groupes terroristes dont Jabhat al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie), remisant la fiction des « rebelles modérés, laïcs, sinon démocratiques » au rayon des illusions occidentales. A cet égard, Bouthaïna Chabaane, la conseillère de Bachar al-Assad a eu amplement raison d’affirmer dernièrement sur le plateau de la chaine de télévision libanaise Al-Mayadeen, que « la bataille d’Alep démasquait au grand jour les mensonges de la diplomatie occidentale ».

C’est la deuxième bataille d’Alep qui entérine la suprématie des groupes salafo-jihadistes sur les autres composantes de la rébellion syrienne (Armée syrienne libre et compagnies…). Sous-chef opérations de l’état-major des armées françaises, le général Didier Castres affirmait le 16 décembre 2015 devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat qu’il fallait en finir avec le « mythe des rebelles syriens modérés ». Loin de partager la même lucidité, les stratèges du Pentagone ont alors forcé la main des terroristes de Jabhat al-Nosra pour qu’ils annoncent, conférences de presse à l’appui, l’abandon de leur allégeance à Al-Qaïda. Ce tout de passe-passe de pure communication (l’ex-Nosras’appelle désormais Fatah al-Cham), qui n’a trompé personne, était surtout destiné à permettre au Congrès américain de voter de nouveaux crédits à une rébellion d’apparence désormais plus respectable.

Et pour faire bonne mesure, un général saoudien rendait dernièrement visite à ses homologues israéliens pour coordonner l’appui logistique aux « nouveaux jihadistes de la liberté ». De leur côté, les forces spéciales turques et européennes (françaises notamment) pouvaient poursuivre leurs livraisons de matériels aux autres groupes terroristes réunis au sein de Fatah al-Cham. Se répètent ainsi les mêmes erreurs commises au Kosovo, lorsque plusieurs services européens (dont le service-action de la DGSE) armaient de pied en cap l’UCK1 du criminel de guerre Hashim Thaci qui deviendra Premier ministre du Kosovo…

Sur le terrain, les groupes salafo-jihadistes mènent depuis plusieurs semaines des opérations dans les quartiers du sud-ouest d’Alep. Ils ont réussi à s’infiltrer dans la localité de Ramousseh sans pour autant prendre le contrôle de l’est de la ville, essuyant de lourdes pertes. A l’ouest, le Hezbollah libanais a engagé une force spéciale dite « bataillon Rezwan » dans la région d’al-Hamadaniyeh. Cette contre-offensive a été suivie d’un autre déploiement, celui de 2 000 combattants de Al-Nojaba d’Irak. Les forces de ce bataillon ont déjà participé à la libération de certaines localités du Rif d’Alep. Des sources syriennes affirment que la bataille intense que mènent les terroristes vise à libérer les officiers de liaison turcs et occidentaux dont des français pris au piège à l’est d’Alep.

Selon le journal libanais As-Safir, citant des sources militaires syriennes, les Turcs ont dépêché l’une de leurs meilleures unités lors de la deuxième vague de l’attaque pour briser le blocus d’Alep. Elle comptait dans ses rangs des forces du Hizb al-turkestani al-islami et des Ouïghours, jihadistes chinois. Ces derniers éléments ont formé le gros lot des kamikazes qui ont lancé une attaque simultanée en provenance de l’ouest, au moment où les blindés syriens opéraient leur percée.

Les kamikazes chinois Ouighour2 rattachés au Parti islamique du Turkestan jouent un rôle déterminant dans cette deuxième bataille. Ils ont été redéployés du nord de Hama vers le sud d’Alep. Ils se sont fait exploser par dizaines (près d’une soixantaine) durant les deux premiers jours de l’offensive aux portes des complexes militaires du quartier de Ramoussa. Jabhat al-Nosra a pris le relais. « Ce qui est assez paradoxal est de voir ces brigades ouighour, tchètchènes, ouzbèques, ainsi que les jihadistes saoudiens figurer aujourd’hui parmi ceux que la presse occidentale s’obstine à nommer « rebelles modérés », explique un officier français de renseignement ; « sans parler du chef du Conseil islamique d’Alep, le saoudien Abdallah Mohaycini qui s’est imposé comme l’un des leaders incontestés de ces « modérés » promettant 72 vierges aux jihadistes s’ils réussissaient à briser le siège. On le voit dans une vidéo en train de galvaniser les jihadistes en décrivant la sensualité des vierges du paradis… »

Un autre fait capital n’a pas non plus été relayé par la presse occidentale : de généreux bailleurs de fonds saoudiens (encore eux !) assurent de substantiels versements aux familles des kamikazes ouighours par l’intermédiaire de plusieurs banques installées au Koweït.

Mais c’est une troisième bataille, elle-aussi occultée par les grands médias mainstream, qui pourrait s’imposer comme l’enjeu crucial des affrontements d’Alep : celle qui opposent désormais les forces kurdes à l’armée syrienne. Jusqu’à récemment, les Kurdes de Syrie (du PYD, aile syrienne du PKK – Parti des travailleurs du Kurdistan principalement basé en Turquie) observaient une certaine neutralité vis-à-vis de Damas, escomptant un statut d’autonomie au sein de la Syrie historique. Misant non seulement sur les jihadistes d’ex-Nosra, Washington a décidé de jouer aussi la carte kurde afin de prendre à revers les avancées de l’armée syrienne en direction d’Alep.

Pour répondre aux opérations aériennes russes qui s’effectuent désormais aussi à partir de bases iraniennes, la chasse américaine est intervenue dans la région d’Hassaké (au nord-est de la Syrie) pour appuyer la progression des forces kurdes. Des agents de liaison américains ont été identifiés également dans le Kurdistan d’Iran aux côtés d’activistes du PJAK (l’aile iranienne du PKK) ayant mené plusieurs opérations contre des convois de ravitaillement destinés aux Pasdarans engagés aux côtés de l’armée syrienne. Washington a même annoncé vouloir instaurer une « no-flying zone » dans cette partie de la Syrie. Parallèlement, les services israéliens redoublent d’activité aux côtés des organisations du Kurdistan d’Irak, qui malgré des divergences passées avec les Kurdes de Syrie, leur offrent désormais la profondeur stratégique nécessaire à la consolidation d’un front autonome à l’est d’Alep.

Quelles nouvelles promesses les Etats-Unis ont-ils fait aux organisations kurdes d’Iran, d’Irak, de Syrie et de Turquie ? A n’en pas douter, estiment plusieurs officiers européens de renseignement en poste dans la région, ce nouveau soutien américain massif (appuis aériens, matériels, encadrement et renseignement) aux différentes factions kurdes vise trois objectifs : empêcher la reconquête d’Alep par l’armée syrienne ; contenir la dérive militaire turque post-coup d’Etat ; et enfin, ouvrir une nouvelle guerre asymétrique dans le Kurdistan iranien.

Et, concluent les mêmes sources, cette troisième bataille d’Alep pourrait être la plus décisive afin de permettre une nouvelle partition ethnico-confessionnelle de la Syrie qui ne pourra pas être assurée par les seuls jihadistes soit disant modérés, laïcs et démocratiques… Cette troisième bataille d’Alep, de tous contre tous, ne va certainement pas favoriser les négociations de Genève ni un proche retour à la paix.

Richard Labévière
22 août 2016

1 L’Armée de libération du Kosovo ou UÇK (en albanais Ushtria Çlirimtare e Kosovës) est une organisation paramilitaire qui a combattu pour l’indépendance du Kosovo à la fin des années 1990. Après la guerre du Kosovo remportée grâce à l’intervention de l’OTAN, et suite à la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies le mouvement est dissout et intégré au Corps de protection du Kosovo. Certains de ses membres jouent toujours un rôle de premier plan dans la politique kosovare. Le mouvement a fait l’objet de nombreuses accusations de crimes contre l’humanité pour, entre autres, des faits de trafic d’organes et d’épuration ethnique à l’encontre des populations serbes et roms.
2 Les Ouighours représentent, en effet, l’ethnie la plus nombreuse du Xinjiang, soit 46% de la population (13 millions) malgré une «hanisation» galopante depuis l’arrivée au pouvoir de Mao. Il existe par ailleurs une diaspora ouïgoure très active regroupée dans le Congrès mondial des Ouïghours dont le siège est à Munich, l’Allemagne ayant accueilli de nombreux réfugiés politiques ouïghours. Cette organisation est présidée par Rebiya Kadeer, militante des droits de l’homme libérée des prisons chinoises, qui vit aux États-Unis où existe une association américaine des Ouïghours: le Uyghur Human Rights Project, forme classique des ONG soutenues par la CIA et le département d’État américain .

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-08-2016

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37 réponses à Alep : trois batailles dans la bataille… par Richard Labévière

Commentaires recommandés

DUGUESCLIN Le 22 octobre 2016 à 08h13

La conclusion est que le seul pays d’Europe qui lutte contre les menaces géopolitiques et géostratégiques de l’impérialisme anglo-américains qui pèsent sur notre continent est la Russie.
Comme un dernier recours.

  1. DUGUESCLIN Le 22 octobre 2016 à 08h13
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    La conclusion est que le seul pays d’Europe qui lutte contre les menaces géopolitiques et géostratégiques de l’impérialisme anglo-américains qui pèsent sur notre continent est la Russie.
    Comme un dernier recours.


  2. chb Le 22 octobre 2016 à 08h17
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    Cette description des forces d’il y a deux mois est intéressante. Elle était alors complotiste, et reste éclairante quoique maintenant dépassée puisqu’à Alep les choses avancent, puisqu’à Mossoul le grand déménagement est entamé officiellement, et puisque “les kurdes” doivent changer d’alliance régulièrement.
    Où en est l’implication logistique occidentale dans cette guerre ? Le bouquin de Chesnot & Malbrunot, dévoilant certaines compromissions (au bas mot délictueuses) avec les chers émirs, aidera sans doute à réévaluer la politique arabe, voire par ricochet l’affiliation à la grande maffia otanesque. On peut l’espérer…


  3. martin Le 22 octobre 2016 à 09h23
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    La Russie avait proposé une Europe allant de “Lisbonne à Vladivostok”(Novembre 2011), mais les européens ont refusé. Cela signifiait la connexion Europe-Russie-Iran-Chine, c’est à dire la mise sur la touche des USA, face à l’unification eurasiatique. L’Oncle Sam ne pouvait admettre une telle chose et les responsables européens (contre leur histoire et leurs intérêts) l’ont suivi, avec les conséquences que l’on sait.

    DM


  4. Raoul Le 22 octobre 2016 à 10h00
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    Cet article date de quelque temps déjà, mais je ne suis pas sur que, pour les Kurdes, la situation ait beaucoup changé. Ils ont commis l’erreur de tourner le dos à la Syrie, probablement suite aux conseils « amicaux » des États-Unis. Ce n’est pas la première fois que les États-Unis les utilisent sans vergogne, et leur font de belles promesses qui ne sont jamais tenues.

    Maintenant, ils risquent de tout perdre, la Syrie étant évidemment moins prête à faire des concessions. Pour une région autonome kurde dans une Syrie réunifiée, Assad a expliqué que ce n’était pas à lui de décider, mais au peuple syrien. Mais il est évident que les actions récentes des kurdes ne leur ont pas attiré la sympathie dudit peuple syrien et, de ce côté là, la situation est mal engagée pour eux. Mais les choses peuvent encore changer d’ici que la Syrie soit réunifiée, si elle l’est un jour évidemment.


    • Jack Le 22 octobre 2016 à 14h08
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      Pas beaucoup changé? Vous avez vu une carte de leur territoire dernièrement?
      Toute la partie utile de la Syrie, celle avec la majorité du pétrole, du gaz et des riches terres agricoles, leur appartient.
      Le temps joue pour les kurdes. Combien de temps avant que l’accord pourri entre les russes et les turcs ne s’effondre? Les caniches salafistes d’Erdogan qui jappent en direction d’Alep ne sont plus qu’a quelques km des lignes loyalistes et la récente promesse d’Erdogan aux russes, faire dégager Nosra d’Alep, n’a pas l’air de se réaliser.
      Au contraire, même si Nosra n’est pas invité, ça m’a tout l’air de préparer une nouvelle grande offensive pour désenclaver Alep.


      • Raoul Le 22 octobre 2016 à 17h10
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        Les États-Unis laisseront tomber les kurdes quand ça les arrangera et ils n’ont pas d’autres soutiens. Le but des kurdes est l’établissement d’un Kurdistan. Les turcs y sont opposés, les syriens ne sont pas franchement enthousiastes, même sous forme d’une région autonome. Et, de plus, les kurdes eux-mêmes sont divisés.

        J’espère pour eux qu’ils arriveront à obtenir ce qu’ils souhaitent, surtout qu’ils ont été les grands oubliés des accords Sykes-Picot. Mais, je pense qu’ils auraient mieux fait de jouer la carte russe que la carte US.


        • Jack Le 22 octobre 2016 à 18h39
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          Il n’y a pas grand chose à laisser tomber concernant le minable soutien US. Russie/USA même politique. Pas de réel soutien pour ne pas énerver Ankara. Pendant des années les kurdes syriens ont tenu leur territoire uniquement avec des armes récupérées sur l’armée syrienne et l’EI/Al Nosra. L’avantage de n’être qu’un groupe de guerrilla.
          Les relations sont mauvaises mais les voisins irakiens veulent aussi leur indépendance. Idem pour les kurdes d’Iran et de Turquie.

          Les frontières artificielles bougent au Moyen-Orient. Bientôt plus rien ne sera comme avant.


  5. UnJournaliste Le 22 octobre 2016 à 10h55
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    France2 vient de passer cette semaine le meilleur reportage sur la situation en Syrie depuis probablement le début de la crise. Realisé par des journalistes freelance, on a pour une fois un reportage sans commentaires ou interprétations orientées, uniquement avec des témoignages de personnes directement impliquées sur le terrain. Du journalime en fait …
    Ca s’appelle « Au nom du pere, du fils et du djihad », c’est pour le moment encore disponible en replay : http://pluzz.francetv.fr/videos/infrarouge_,147332589.html. Le reportage raconte le parcours d’un jeune franco-syrien parti combattre (le djihad dans ses propres termes) dans les rangs des rebelles modérés (avec leurs kalachnikov) de l’Armee Syrienne Libre (ASL). Le reportage est assez long car il raconte à la fois la vie de ce jeune mais aussi celui de son père ancien ingénieur syrien reconverti en Imam.
    Le reportage ne prends aucun parti pris et permet de se faire chacun son opinion libre de la situation, vue de l’intérieur. A voir imperativement.


    • chb Le 22 octobre 2016 à 23h24
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      Belle vidéo, pleine d’empathie pour cette famille martyre. Rebelles presque démocrates, un peu sectaires mais somme toute humains, raisonnables… Le cheikh a été emprisonné injustement en Italie puis blanchi de l’accusation infondée d’appel au terrorisme, il a perdu un bras en Syrie victime d’un attentat en faisant son métier de juge (selon la charia bien sûr, mais il ne faisait pas couper les mains des voleurs). Son fils, soldat pour son dieu et pour libérer son peuple (entre autres : virer les USA d’Irak, dégager le régime alaouite illégitime…), a été tué par un obus des vilains. Voyant cela, on ne peut que compatir avec leur courage militant.
      En ce qui concerne l’absence de parti pris, on a tout de même de fortes maximes en conclusion de cette ode à l’ASL
      « Daesh et Assad, c’est le même ennemi pour nous », « On veut libérer la terre de nos ancêtres ».
      Dans le contexte, cela accrédite donc la version officielle d’une armée de valeureux opposants syriens en butte tant aux terroristes qu’aux troupes du régime, sans aucune mention des enjeux entre grandes puissances, de l’implication de forces étrangères, de l’aide saoudienne et turque et européenne et US aux insurgés… et sans dire non plus que bon gré mal gré Assad combat le terrorisme et représente encore aujourd’hui la seule solution politique (éventuellement provisoire) pour maintenir une unité du pays.


      • UnJournaliste Le 23 octobre 2016 à 13h13
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        Justement, là où je trouve le reportage correct, c’est que je n’ai pas du tout eu le même sentiment que vous, et c’est même plutot sain plutot que d’avoir des conclusions pre-machées comme on peut l’observer ailleurs.
        Je n’ai personnellement eu aucune empathie pour cette famille avec un pere surveillé par les services pour des prêches extremes en France et en Belgique (avec les résultats que l’on connaît sur les jeunes), qui fait voiler sa femme francaise et sa fille et qui finit effectivement par monter son tribunal populaire, armes à la main ; et pour un fils webmaster d’un site de propagnade et qui pour fuir la justice, part tuer des soldats d’un pays souverain.
        Le mérite est justement aussi de montrer sur le terrain ce qu’est l’ASL justement, tout sauf des rebelles modérés à qui on doit livrer des armes. Le passage du reportage « on nous a pas livré les roquettes anti-chars qu’on nous avait promis » résonne d’ailleurs encore dans mon esprit.


    • Milsabor Le 23 octobre 2016 à 20h28
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      Merci pour le lien vers ce documentaire éloquent. La question qu’il soulève c’est de quoi le renversement d’Assad est-il une libération pour cette famille d’Idlib ? La réponse du vieil Imam accusant les Assad d’avoir organisé un monopole ethnique du pouvoir n’est pas confirmée par les informations de bonne source. Alors ?
      Alors : le retour en Syrie de l’Imam après le sacrifice militaire de son fils le place en position de baron féodal du moyen-âge. Il est à la fois le curé, le maire, le juge, le chef de la milice, le référent moral et politique de sa communauté. Et il nous raconte qu’il en a été ainsi pour sa famille depuis le sommet de son arbre généalogique. Il descend d’une lignée d’aristocrates que la naissance de l’état-nation moderne de Syrie, dotée d’un état laïc et d’une économie capitaliste basée sur le pétrole, a reléguée au rang de rien du tout. A tel point qu’il a dû s’exiler pour faire fortune. Le djihad lui a offert l’occasion inespérée de revenir à son ancien rang d’aristocrate, à la condition de détruire l’ordre moderne où il n’a plus de place. L’intégrisme religieux n’est qu’un prétexte à une contre-révolution réactionnaire pour la restauration de l’ancien pouvoir aristocratique. On comprend bien qu’il est en concurrence avec l’état islamique qui entend rafler tout le pouvoir et ne lui en laisser aucune miette.


      • Milsabor Le 23 octobre 2016 à 20h29
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        L’histoire du fils qui meurt à la guerre pour la gloire de son père aurait pu mieux finir s’il était revenu auréolé de gloire militaire dans la plus pure tradition de la chevalerie du moyen-âge.
        La citation de Shakespeare « to be or not to be » nous renvoie à ce moyen-âge européen où si tu n’étais pas au sommet de la hiérarchie aristocratique, tu n’étais rien.


      • Krystyna Hawrot Le 25 octobre 2016 à 00h39
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        Votre remarque me touche: j’ai rencontré une jeune militante germano-syrienne qui fréquentait des cercles européens anarchistes. Au cours d’un débat public elle s’est montré non seulement violemment anti Assad mais aussi anti kurde. Elle a fini par expliquer qu’elle venait d’une famille aristocratique dont les biens avaient été nationalisés par la Syrie moderne. Et on a compris que le but des “rebelles” c’est de récupérer les biens des aristocrates et de restaurer un ordre féodal. Et c’est cela qu’on appelle “la démocratie”…


  6. Jack Le 22 octobre 2016 à 13h44
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    Les kurdes ont accepté l’aide américaine (bien maigre) comme celle d’Assad hier par pragmatisme. Ils haïssent Assad mais ne vont pas l’affronter, ils ont le même ennemi.
    L’expulsion des loyalistes d’Hassaké était la réponse des kurdes au “petit arrangement” d’Assad avec Ankara. Rien d’autre.
    Si les guerrillas kurdes d’Iran ont repris le combat après 10 à 20 ans d’accalmie selon les groupes, c’est parce que Téhéran a dépassé toutes les bornes en réprimant sa minorité kurde. Rien à voir avec les US qui ne soutiennent malheureusement pas ces groupes.
    Les kurdes ne sont pas français, ils ont une bonne mémoire et savent que leurs seuls amis sont les montagnes.


    • alfred Le 22 octobre 2016 à 14h07
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      C est sur que leurs amis ne peuvent pas non plus etre assyriens ou armeniens. Ceux la aussi ont une mémoire.


      • Jack Le 22 octobre 2016 à 14h21
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        Oui, certains kurdes ont bien trempé dans des massacres envers ces deux communautés et les yézidis aussi. Sauf que contrairement aux turcs et aux arabes ils en ont honte et reconnaissent leurs torts.
        C’est probablement ce qui explique la présence de nombreux miliciens chrétiens et yézidis aux côtés des kurdes.
        Je les comprends, il faudrait être stupide pour miser sur quelqu’un qui concentre autant de haines sur sa seule personne et qui ne tient plus que grâce à une aide massive russe et la chair à canon chiite.


  7. aleksandar Le 22 octobre 2016 à 14h11
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    Excellent article mais après 2 mois et déjà il n’est déjà plus d’actualité tant la situation a évoluée à Alep. D’un point de vue tactique, la bataille d’Alep est gagnée et Alep sera réunifiée. Les djihadistes, sans soutien logistique, sans renforcement en combattant et munitions ne peuvent tenir et défendre longtemps une telle étendue. La tactique développée par l’armée syrienne et les conseillers russes consiste a reconquérir les espaces ouverts peu urbanisés au nord et bientôt a l’est ( le marteau ) et a éviter le combat en zone très urbanisées. Alep est sera probablement découpée en 2 ou 3 poches de résistance qui tomberont les unes après les autres.Le front sud est immobile et sert d’enclume. A l’ouest, l’Armée syrienne a tiré les leçons des attaques suicides de la dernière offensive des djihadistes, il n’y aura plus d’effet de surprise.


    • Jack Le 22 octobre 2016 à 14h43
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      J’ai l’impression que vos infos datent un peu. N’oubliez pas qu’aux portes d’Alep il y a le califat d’Idlib. Il y a une nouvelle offensive de désenclavement en préparation. Ca fait un moment qu’on en entend parler mais l’afflux de renforts loyalistes sur Alep ces derniers jours laisse penser qu’elle aura bien lieu.
      Alep est très loin d’être tirée d’affaire. J’espère pour les habitants qu’Erdogan a bien fermé le robinet d’approvisionnement des djihadistes. Ce qui ne les sauvera que temporairement, Clinton le rouvrira dés qu’elle sera en place.


      • aleksandar Le 22 octobre 2016 à 15h40
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        1 ) Concernant l’offensive de désenclavement pour le moment cela reste une hypothèse.
        La dernière qui a permis aux djihadistes de conquérir le complexe 1070 et l’école d’artillerie était en grande partie basée sur l’effet de surprise liée a l’utilisation massive de VBIED et un manque de valorisation défensive du terrain. Il semble que les conseillers militaires russes aient assez violemment présenté a l’État-major Syrien leur ” retour d’expérience “, sans prendre de gants. Ce qui a surement amené celui-ci à faire les corrections nécessaires.
        2 ) La dernière offensive a couté aux djihadistes entre 500 et 700 morts, au delà des effets d’annonce et des rodomontades, les djihadistes ont eux aussi un problème d’effectif dans la poche d’Idlib, tenir le terrain ou briser l’encerclement d’Alep ?
        3 ) Le renforcement de l’armée syrienne a Alep aurait de toute façon eut lieu à mesure que la pacification autour de Damas avance, Alep est l’objectif principal.
        Cordialement


        • Jack Le 22 octobre 2016 à 16h57
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          Je n’y croyais pas trop non plus, mais les forces arabo-kurdes du canton d’Afrin viennent d’annoncer que d’énormes quantités d’armes et de munitions viennent de passer dans le “califat d’Idlib” par la localité frontière d’Atme. Ca m’aurait étonné que les djihadistes massent autant de troupes autour d’Alep pour rien. C’est le bon moment pour eux. Les loyalistes sont très occupé autour de Hama et bon nombres de miliciens chiites sont repartis en Irak sur Mossoul.


  8. aleksandar Le 22 octobre 2016 à 14h24
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    suite.
    La 2eme bataille d’Alep est donc gagnée.
    La 1ere, celle de l’état nation syrien contre le démembrement ne se joue pas qu’a Alep.
    Les redditions dans les zones contrôlées par les djihadistes tout autour de Damas et les transferts de combattant vers Idlib montre une désolidarisation des populations vis a vis de ceux ci. Ces zones sont ré-administrés par le gouvernement syrien dans le cadre d’un état de droit qui s’oppose au caractere transnational de la charia.
    Le processus de réconciliation nationale qui est lui aussi un processus “civil” suit son cours.
    Compte tenu de l’implication de puissances étrangère cette guerre marque la naissance de l’état nation Syrien,de la même manière que les guerres ont crée les états nation européens.


  9. Arcousan09 Le 22 octobre 2016 à 15h03
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    Quelle que soit l’analyse que l’on fasse des évènements en Syrie et plus globalement au Moyen Orient le seul pays qui a et qui a eu un comportement cohérent et logique c’est bien la Russie … Maintenant que cela ne fasse pas les affaires des faucons américains et de leurs grandes multinationales, c’est un autre débat mais force est de constater que des rebelles deviennent subitement des terroristes qu’il faut combattre et vice versa que des terroristes deviennent par magie des rebelles fréquentables qu’il faut aider pour embrouiller les pistes de compréhension ça se pose bien là ….


  10. fanfan Le 22 octobre 2016 à 15h36
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    Une analyse plus récente, 20 octobre 2016, de Robert Fisk : L’armée syrienne, le Hezbollah et ses alliés iraniens se préparent à une invasion massive par des milliers de combattants de Daech qui seront chassés de l’Irak lorsque Mossoul tombera. L’objectif réel derrière la « libération » de la ville irakienne planifiée par les Etats-Unis et tant claironné serait, selon l’armée syrienne, d’inonder la Syrie avec les hordes de combattants de Daech fuyant leur capitale irakienne pour leur « mini-capitale » de Raqqa à l’intérieur même de la Syrie.
    les services de renseignement de l’armée syrienne ont entendu des rapports inquiétants d’une demande faite par Daech dans les villes et villages au sud de Hasaka – une ville syrienne contrôlée par les forces du régime et les Kurdes dans le nord du pays – pour installer de nouvelles sources d’électricité et d’eau en prévision d’un afflux des combattants de Daech en provenance de Mossoul.
    http://www.legrandsoir.info/que-se-passera-t-il-apres-la-chute-de-mossoul-lorsque-daesh-fuira-vers-la-syrie-the-independent.html


  11. fanfan Le 22 octobre 2016 à 16h11
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    Les US ont ‘relocalisé’ les Terroristes d’ISIS hors d’Iraq, en Syrie pour lutter contre Assad : http://www.zerohedge.com/news/2016-10-20/us-relocated-isis-terrorists-out-iraq-syria-fight-assad

    Obama, suite à un « accord» passé avec l’Arabie Saoudite, a ordonné aux forces militaires de permettre à environ 9.000 terroristes de l’État Islamique de s’échapper de Mossoul : 12 Octobre, https://www.rt.com/news/362559-syria-iraq-mosul-isis/ – et aurait fait exfiltrer leur chef Abu Bakr al-Bagdadi: 17 octobre, https://sputniknews.com/middleeast/201610171046406393-daesh-leader-mosul-airstrike/

    Lavrov a averti les Américains que si ces combattants étaient autorisés à quitter Mossoul et aller en Syrie, la Russie prendrait “les décisions politiques et militaires appropriées” : 18 Octobre, https://www.rt.com/news/363137-mosul-isis-syria-lavrov/


  12. Julie Le 22 octobre 2016 à 16h37
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    Edifiant,
    un journal finlandais a enquêté sur un des soi-disants activistes syriens.. et sur ses connexions djihadistes
    on apprend aussi que le type arrêté et retrouvé suicidé dans sa cellule alors qu’il préparait un attentat sans doute à l’aéroport de Berlin avait réussi à voyager vers la Turquie tout en ayant le statut de réfugié en Allemagne et à aller s’entraîner avec IS, et que c’est peut-être via ses contacts avec les ‘casques blancs’ qu’il était entré en Syrie…
    et enfin, on apprend que c’est bien nous qui finançons les casques blancs et leurs images bidons où les mêmes personnes apparaissent régulièrement.

    la question qu’il faut se poser c’est que va-t-il se passer quand les millions de gens dans les pays arabes qui se sont vus arrosées de ces images (les 3/4 des chaînes satellitaires appartiennent aux mêmes pays du Golfe qui financent la ‘rebellion’) ? il y a vraiment de quoi craindre le pire.


  13. fanfan Le 22 octobre 2016 à 17h57
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    Selon le lieutenant-général Michael Flynn, l’Iran sera le vrai gagnant quand la ville irakienne de Mossoul sera reprise à l’État islamique : http://www.newsmax.com/Newsfront/Michael-Flynn-Iran-Big-Winners-Mosul/2016/10/17/id/753839/


  14. fanfan Le 22 octobre 2016 à 18h18
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    wsws : “La Turquie dénonce la politique américaine envers Mossoul et revendique des territoires dans les Balkans” ******** (ça dérape dur !)
    Lundi, à Istanbul, Erdogan a critiqué Washington pour avoir empêché l’armée turque d’attaquer Mossoul, où Washington s’allie à des milices kurdes envers lesquelles la Turquie est hostile.
    Les revendications d’Erdogan à l’égard de Mossoul font partie d’une série de revendications territoriales qu’il a avancées ces derniers jours, y compris sur la Thrace occidentale, qui comprend une large part du sud de la Bulgarie et du nord de la Grèce.
    Lien : http://www.wsws.org/fr/articles/2016/oct2016/turc-o21.shtml


  15. ras Le 22 octobre 2016 à 19h00
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    Soyez très attentifs sur la façon dont les médias vont traiter la bataille pour Mossoul, et mettez la en perspective avec la bataille pour Alep. La différence sera évidemment flagrante, et la portée de la couverture médiatique aussi.


  16. fanfan Le 23 octobre 2016 à 00h03
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    Les sycophantes à l’oeuvre…
    > Au Conseil de sécurité du 25 septembre 2016, à la demande des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, les trois délégations des diplomates américains, anglais et français, sont venus solidaires, ont parlé d’une même voix, puis … se sont précipités pour quitter la salle dès l’intervention du Dr Bachar al-jaafari, représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies.
    Lien vers la retranscription par Mouna Alno-Nakhal : http://www.legrandsoir.info/si-vous-avez-une-seule-capitale-mon-pays-en-a-deux-damas-et-alep.html

    > Syrie: le Conseil de sécurité du 8 octobre 2016 vote sur la résolution de la France et Moscou présente son alternative. Au moment où le Dr Bachar al-jaafari prend la parole (à 1:53:40 sur la vidéo), des délégations se précipitent à nouveau pour quitter la salle – “… les représentants des pays coloniaux quittent la salle quand les paroles de vérité sont dites ; ils prouvent ainsi qu’ils ont des intentions colonialistes contre mon pays, contre le peuple de la Syrie, et que la diplomatie est une diplomatie de chaos, ayant recours à la force. Ce n’est pas une diplomatie de dialogue pour régler les conflits de façon pacifique.” Lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=iiti7OApUJw


  17. csa Le 23 octobre 2016 à 19h23
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    Courte vidéo montrant les liens militaires sino-saoudiens …
    Quel est l’intérêt pour la Chine ? Je ne comprends pas

    https://twitter.com/FaisalbinFarhan/status/790166930141417472


    • fanfan Le 24 octobre 2016 à 01h43
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      Acheter du pétrole au moindre coût je suppose


  18. Lysbeth Levy Le 27 octobre 2016 à 18h53
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    Scoop ! Bon je préfère encore ce mensonge que des tueries faites exprès mais tout de même jusqu’ou les VIP de l’OTAN iront ils ? : https://twitter.com/sschelkunov/status/791448925404266496
    Pour accuser les bombardements russes bien sur…


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