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20.mars.201920.3.2019 // Les Crises

“Berlin, 1933” de Daniel Schneidermann, Prix du livre du journalisme 2019

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Le Prix du livre du journalisme 2019 des Assises Internationales du Journalisme de Tours a récompensé le livre de journaliste qui a le mieux interrogé le journalisme et sa pratique cette année. Il a été attribué à “Berlin, 1933” de Daniel Schneidermann,

C’est un très beau livre que je vous recommande vraiment si vous aimez l’histoire et/ou les médias…. Olivier Berruyer

“Berlin, 1933” de Daniel Schneidermann : un livre important sur l’Histoire et le journalisme. Par Nicolas Demorand

Source :France Inter, Nicolas Demorand, 14-03-2019

Quatre-vingts secondes ce matin sur un livre passionnant et formellement étrange, ni vraiment livre d’histoire, ni vraiment enquête journalistique mais pile au carrefour des deux.

Une foule de 40 000 spectateurs regarde des livres “non-allemands” écrits par des auteurs considérés comme non-conformes à l’idéologie nazie, brûlés sur l’Opernplatz, à Berlin, le 10 mai 1933. © Getty / Keystone

Le critique médias Daniel Schneidermann tire le fil d’une interrogation qui a surgi chez les journalistes américains après l’élection de Donald Trump : qu’avons-nous raté, pas vu venir ? A quoi comparer ce qui arrive ? Les années 1930 ? Et si l’Histoire se répétait ?

Au diable le point Godwin, Schneidermann prend ses questions de front et part en « exploration » chez les nombreux journalistes de la presse étrangère en poste à Berlin lors de l’accession au pouvoir d’Hitler, puis jusqu’à la guerre. Comment travaillaient-ils ? Quelles étaient leurs relations avec les sources officielles, c’est-à-dire les nazis ? Pourquoi ont-ils été aveugles à l’antisémitisme d’état qui s’est mis en place durant ces années et tellement prudents, abstraits, lorsque l’extermination des Juifs a été mise en œuvre ? Pourquoi n’ont-ils rien dit, ou presque ?

Ces questions sont vertigineuses, le point d’arrivée du livre n’a d’ailleurs plus rien à voir avec Trump, son point de départ. Prenez le temps de lire ce Berlin, 1933. La presse internationale face à Hitler, de Daniel Schneidermann aux éditions du Seuil. C’est un livre qui vous prend, un livre important sur l’histoire et le journalisme. Important et bouleversant car c’est aussi « un livre de ma mère ».

Source :France Inter, Nicolas Demorand, 14-03-2019

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Commentaire recommandé

astap66 // 20.03.2019 à 07h53

Ce qui est très étrange, c’est qu’en 2019, un autre aveuglement de la presse saute aux yeux: l’absence de prise de conscience de la dérive autoritaire, “illibérale” des pouvoirs en occident. Et je ne parle pas que de la Hongrie d’Orban.
Un prisonnier politique, Assange, vit depuis 6 ans un sort bien pire que Soljenitsyne en URSS dans les années 60, sans aucune indignation des grands médias. Chelsea Manning vient d’être emprisonnée aux Etats Unis pour avoir refusé de témoigner contre Assange et c’est en page intérieure des grands journaux. Le gouvernement annonce tranquilou la supression du droit de manifester et les journalistes de cour ne questionnent même pas ces mesures, alors même que les 4 dernier mois de manifestation ont fait deux fois plus de blessés graves que toutes celles des 20 dernières années. Notre gouvernement soutient ouvertement un coup d’Etat au Vénézuela. Les chômeurs et les personnes précaires sont de plus en plus fliquées, plus de 560 personnes sont mortes dans les rues cette année, les conditions de travail deviennent véritablement indignes, y compris dans les services publics (horaires flexibles imposées à des temps partiel contraints) et la grande presse s’intéresse au classement des “meilleurs lycées” (Le Monde d’aujourd’hui), seule vraie préoccupation de son lectorat petit bourgeoix.

52 réactions et commentaires

  • MarcDacier // 20.03.2019 à 07h35

    Je ne comprends absolument pas ce que Nicolas demorand veut dire par : « un livre de ma mère » ?! …

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    • LBSSO // 20.03.2019 à 08h00

      C’est un clin d’œil au livre d’ Albert Cohen .

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      • jeff // 20.03.2019 à 08h57

        Oui, un livre incroyable celui d’Albert Cohen, excessivement
        marquant

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  • J // 20.03.2019 à 07h37

    https://www.youtube.com/watch?v=Iy5HMGIFpSI

    Les amis de Thinkerview ont pu faire un entretien avec Schneidermann à l’occasion de la sortie de son livre, comme d’habitude très intéressant

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    • joel // 20.03.2019 à 11h37

      je n’ai pas lu e livre mais on peut également poser la question: pourquoi n’ont ils rien dit lorsqu’ils ont exterminé les communistes?

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      • Tepavac // 20.03.2019 à 16h49

        Effectivement cela en devient agaçant, 60 millions de personnes sont mortes mais on invoque qu’une seule victime.
        Les autres c’est quoi ?
        De la daube !

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        • Minotaure // 20.03.2019 à 23h40

          Peut-être parce que concernant les Juifs et les Tziganes il s’agit, au moins à partir de janvier 1942, d’un projet d’extermination systématique et industrialisé, au point que l’appareil d’Etat nazi y consacre des ressources considérables qui auraient pu être utilisées pour l’effort de guerre.

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      • Christian Gedeon // 21.03.2019 à 14h47

        Très bonne question. Pourquoi n’ont ils rien dit non plus quand les communistes ont massacre les non communistes,?

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  • fais-gafa-tes-donnees // 20.03.2019 à 07h49

    Pour l’interview de D. Schneidermann sur Thinkerview, voici le lien.

    https://thinkerview.com/autopsie-du-journalisme-de-hitler-a-trump-daniel-schneidermann/

    Comme elle date d’il y a quelques semaines, … elle est aussi en ligne sur PeerTube :
    https://thinkerview.video/videos/watch/a54910d7-6a11-470c-ab04-f0fa4fd28edb

    Tant qu’à faire, comme c’est plus hygiénique que les autres services numériques, autant le visionner là.

      +1

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  • astap66 // 20.03.2019 à 07h53

    Ce qui est très étrange, c’est qu’en 2019, un autre aveuglement de la presse saute aux yeux: l’absence de prise de conscience de la dérive autoritaire, “illibérale” des pouvoirs en occident. Et je ne parle pas que de la Hongrie d’Orban.
    Un prisonnier politique, Assange, vit depuis 6 ans un sort bien pire que Soljenitsyne en URSS dans les années 60, sans aucune indignation des grands médias. Chelsea Manning vient d’être emprisonnée aux Etats Unis pour avoir refusé de témoigner contre Assange et c’est en page intérieure des grands journaux. Le gouvernement annonce tranquilou la supression du droit de manifester et les journalistes de cour ne questionnent même pas ces mesures, alors même que les 4 dernier mois de manifestation ont fait deux fois plus de blessés graves que toutes celles des 20 dernières années. Notre gouvernement soutient ouvertement un coup d’Etat au Vénézuela. Les chômeurs et les personnes précaires sont de plus en plus fliquées, plus de 560 personnes sont mortes dans les rues cette année, les conditions de travail deviennent véritablement indignes, y compris dans les services publics (horaires flexibles imposées à des temps partiel contraints) et la grande presse s’intéresse au classement des “meilleurs lycées” (Le Monde d’aujourd’hui), seule vraie préoccupation de son lectorat petit bourgeoix.

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    • Jean Aymard // 20.03.2019 à 14h34

      A cela on peut ajouter :
      “Il ne peut y avoir de choix démocratique contre des traités européens” Jean-Claude Juncker, Président de la commission européenne
      “Vous devez comprendre lentement mais sûrement qu’il n’y a plus de politique intérieures nationales, il n’y a plus que des politique intérieures européennes”. Viviane Reding, commissaire européen s’adressant à l’Assemblée Nationale française.

      Normalement, de tels propos devrait provoquer des tollés dans les milieux politiques et médiatiques démocrates en général, et français en particulier, et faire douter les plus fervents partisans du “projet européen”. Dans les faits ? Rien. Le bateau coule normalement.

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    • Pol ux // 21.03.2019 à 01h44

      Et le parallèle entre l’autodafé de 1933 et la mise à l’index de sites internet sous prétexte de fake news, n’est-il pas évident ?
      Le parallèle entre Hitler et Macron arrivés au pouvoir sans majorité, par propagande et financement étranger, ne peut-il être fait de même ?
      Le devoir de mémoire ! C’est là qu’il est !

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  • jacqurocant // 20.03.2019 à 08h16

    Pourquoi Daniel Schneidermann veut absolument que les journalistes de l’époque n’aient rien vu venir, rien dit,….. En aucun cas il envisage que les grands médias étaient tout simplement et surtout anti communistes et s’accommodaient très bien de cette extrême droite qui allait combattre et se fracasser in fine contre l’URSS.

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    • André // 20.03.2019 à 11h36

      Exactement!
      Les conférences d’Annie Lacroix-Riz expliquent bien tout cela.

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    • Sandrine // 20.03.2019 à 16h59

      « Un point c’est tout »

      Pourriez-vous nous indiquer en quoi consisterait une attitude non « ethnocentré » qui ferait preuve de »virilité intellectuelle » pour qu’on puisse mesurer l’ecart avec le livre de Schneiderman?

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      • Anonymous // 20.03.2019 à 17h28

        Il pourrait commencer par s inspirer de Juan Branco.
        Et parler de la corruption actuelle.
        Je parle de vrai corruption.
        Pas celle pseudo juridique.
        D une justice bourgeoise aux ordres.

        Je parle de cette corruption des plus beaux principes qui sont retournés en inversion accusatoire Orwelien… “La paix c est la guerre”.

        Je parle de cette défense des principes qui ne peut être réalisée que dans la radicalité.
        Et pas la servilité aux puissants.

        Schneiderman comme Polony… ils croient encore au système. Que c est reformable. Que ça fonctionne.
        Ils y croient encore.
        Ils adhèrent au système.
        Au régime.
        Il faut dire que la gamelle et bonne dans l entre soi Parisienne.
        Qu’ à t il prouvé comme acte courageux, parcours de vie, acte de résistance iconoclaste ?
        A vrai dire pas grand chose.

        Je ne lui jette pas la pierre au Schneiderman.
        C est comme Taddei.
        Je l aime même bien.
        Mais Il ne faut pas s extasier devant un type qui fait juste son boulot normalement. Juste parce que tous les autres sont pourris ou médiocre.

        Schneiderman il est juste normal. Et surtout il n a rien d exceptionnel, ni de courageux, ni d intellectuellement puissant.
        Voire même il donne encore un verni de respectabilité à cette république décrépite.

        Au final … il fait plus de mal que de bien.
        Il aide a maintenir l illusion.
        Et il n apporté rien d extraordinaire.

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    • moshedayan // 20.03.2019 à 20h04

      Vous avez entièrement raison, les journalistes savaient parfaitement quel était le projet de Hitler d’espace vital vers l’Est -c’est-à-dire la guerre contre les sous-hommes slaves.
      En Occident, vos médias font croire ce qu’ils veulent tant que cela s’inscrit dans les projets d’expansion à l’Est aussi : ils ont constamment menti sur la Yougoslavie avec une grande satisfaction allemande et l’historiographie occidentale prépare les esprits à une nouvelle agression contre la Russie, d’où le silence sur le fascisme en Ukraine et dans les pays baltes…
      C’est comme quand Poutine se plaint que les journalistes occidentaux se sont tus pendant 10 ans ! sur l’installation des missiles ABM contre la Russie voir entre autres faits cette vidéo amusante et sérieuse au fond
      https://www.youtube.com/watch?v=m-WhVd6MqM8

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    • Ozman // 22.03.2019 à 19h53

      Parfaitement d’accord avec vous.
      Comme de nos jours les journalistes étaient, ne sont, que les cabots des politiques qui les paient (dans le services publiques ou bien dans les médias qui appartiennent à des fabricants d’armes ou des grosses fortunes). Ils savaient très bien ce qui se passait en Allemagne durant les années ’30 et ’40 et trouvaient cela formidable : de l’ordre, de l’emplois, des militaires aux défilés ajustés, des JO la même année (1936), des autoroutes, de belles voitures, etc…
      Les gouvernements d’Europe comme les anglais, les suédois, les italiens, les espagnole étaient parfaitement d’accord avec le nazisme, imitant les Américains, très important payeurs de fonds du régimes hitlérien.
      La France du Front Populaire était isolé dans cet ensemble avec des politiques lâches pourtant très au fait des projets fascistes en Europe avec des observateurs et des ambassades dans chaque pays.
      De nos jours les journalistes mainstream de nos jours parlent très peu des exactions contre le Yemen, ont des ordres de sublimé l’Union Européenne l’immigration, la mondialisation, de dénigrer la Russie et Poutine. Ils reproduisent ce qui se passaient avant.

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    • jacqurocant // 28.03.2019 à 09h12

      Rectificatif: Page 253
      “Dans l’aveuglement de nombreux médias étrangers à la persécution antisémite, il y a, avant tout, la peur du bolchévisme. Ne pas se souvenir de la panique des bourgeoisies occidentales devant la possibilité d’une propagation de la révolution des “rouges”, c’est se condamner à ne rien comprendre à ces premiers mois de 1933. De fait la presse française manifeste une assourdissante indifférence au sort des milliers de militants et responsables communistes qui, au lendemain de l’incendie du Reichstag, sont jetés par les nazis dans les premiers camps. La presse est presque plus indifférente à leur sort qu’à celui des Juifs, ce qui n’est pas peu dire. Emprisonner et torturer les communistes, c’est dans l’ordre des choses, davantage encore qu’emprisonner et torturer les juifs.” Dont acte.

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  • jacqurocant // 20.03.2019 à 08h22

    Quant à l’amalgame avec Trump il est clair que la manipulation est grotesque. Tous nos médias en France sont vent debout contre Trump. Aux USA et dans le monde c’est la même chose dans une moindre mesure. C’est ce qui fait que Daniel Schneidermann comme Edwy Plenel peuvent se présenter comme les représentants du journalisme d’investigation objectifs donc plus crédibles que les autres puisqu’indépendants. Mais dépendants quand même quand il s’agit des grandes décisions géopolitiques.

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  • calal // 20.03.2019 à 08h47

    1915-1945 hiver
    1945-1975 printemps
    1975-2005 ete
    2005-2035 automne on est ici milieu automne
    2035-2065 hiver a nouveau donc a priori guerre civile car guerre mondiale devenue vraiment der des der a cause de l’arme nucleaire. (guerre civile puis dictature pour revenir a l'”ordre juste” puis guerre exterieure sous impulsion du nouveau “guide”?)

    Facile de soupconner l’histoire de se repeter. D’autres avant schneidermann ont fait le parallele avec la montee d’hitler et les consequences des problemes lies a une mauvaise gestion de la masse monetaire.Parce que certains soupconnent que toutes ces saisons economiques ne seraient que la revanche de la planche a billets.

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    • PsyyyX // 22.03.2019 à 08h04

      1915-1945 hiver…

      C’pas vraiment ce qui se passe dans les cycles de Kondratief ça.

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  • SanKuKai // 20.03.2019 à 09h01

    Il est intéressant de voir un chien de garde encenser ce livre sans qu’il se pose des questions sur lui même et son action au quotidien.
    J’avais eu la même impression dans les interviews de Bégaudeau.
    Ça doit être une forme de dissonance cognitive, comme si ils n’étaient pas concernés alors qu’ils sont au cœur de cette répétition de l’histoire.

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    • Kiwixar // 20.03.2019 à 10h47

      Je pense que c’est le risque de “magnifier” le nazisme comme étant le Mal Ultime, comme si l’Histoire allait repasser les mêmes plats de la même manière. Comme si le Mal Ultime allait réapparaître à nouveau de manière identique, allant chercher les socialistes puis les syndicalistes puis les juifs, habillés en noir, organisant la guerre contre la Russie, l’Holocauste, de la même manière.

      Pendant que ces naïfs se focalisent sur “l’extrême-droite” qui pourrait revenir (AfD en Allemagne, la PME Lepen) et s’attaquer à la paix et aux juifs à nouveau, ils semblent ne pas voir que le Mal Ultime est déjà là parmi nous depuis longtemps, qu’il a détruit les (vrais) socialistes, racheté les syndicalistes, qu’il expose son “racisme” anti-russe abject, qu’il organise à nouveau la guerre contre la Russie, de la même manière. Et que la démocratie est morte en UE, que le gouvernement mutile les gens, que l’Etat est en guerre contre le peuple.

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  • ima // 20.03.2019 à 09h03

    Les journalistes en poste à Berlin ?
    Comme leurs collègues parisiens de l’époque, gavés de voyages d’étude et d’images parfaitement glamour, ils adorent ça, Surtout quand, comme aujourd’hui, les médias sont aux mains des forces de l’argent, du “plutôt Hitler que le Front Populaire”, du soutien aux ligues d’extrême-droite et aussi du plus d’un million d’exemplaire par jour tiré par la presse de cette dernière: Je suis partout, Gringoire et autres.
    Ils mentaient déjà, rien n’a vraiment changé…

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  • Patrique // 20.03.2019 à 09h33

    Et Kiev 2014 ? Le live reste à écrire. Pourquoi les journalistes refusent de voir ? Comme en 1933 une fascination pour le nazisme ?

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  • Julien // 20.03.2019 à 09h43

    Le livre est certainement passionnant, mais cela confirme le fond de ma pensée et l’autoflagélation dont on fait preuve depuis 10 ans (avant on en parlait beaucoup moins), cette fixation permanente sur un pan de notre histoire en lien avec la guerre, les nazis, hitler etc … je suis désolé mais c’est constamment que l’on parle de ces événements, c’est quotidien, il suffit de zaper sur votre tv ou radio pour à un moment donné entendre parler de “nazi”, “heures les plus sombres”, “shoah” etc… mais quand est-ce que cela va cesser ? quand est-ce que nous allons tourner la page ? l’empreinte communautaire planant au dessus de ce matraquage médiatique n’y est pas pour rien. il ne faut pas avoir peur de le dire. Alors je le dis, je fais partie des gens qui en ont ras le bol d’entendre parler de ce triste pan de notre histoire. Commémorons une fois dans l’année oui, mais en dehors de cela, arrêtons de culpabiliser, de remuer le couteau, de se victimiser, et de franchir en permanence le point godwin. c’est usant et contre productif.

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    • Sandrine // 20.03.2019 à 12h33

      Une explication à ce phénomène : le sujet fait vendre.
      Alors vous me direz : les gens s’y intéressent et achètent (ou regardent) parce que tous les médias en parlent. Possible.

      Je souligne pour ma part cette idée que j’entends de manière récurrente dans les médias : le nazisme serait l’événement symbolique fondateur justifiant l’existence de la Communauté européenne et de l’OTAN. Sans cet événement la justification idéologique de ces deux entités s’effondre. Ou plutôt (là c’est moi qui commente) elle apparaît pour ce qu’elle est : une alliance au profit de grands capitalistes visant à assurer leur emprise sur le monde.
      Comme le nazisme, ça commence à dater un peu maintenant, et qu’au fond ça n’a duré qu’une dizaine d’années, il est nécessaire de réactiver son souvenir et de montrer à quel point cet événement était extraordinaire.
      Mais c’est une arme à double tranchant, car à force de scruter le nazisme et tout ce qui tourne autour, beaucoup de gens se rend petit à petit compte qu’en fait le nazisme n’a été que le point d’orgue d’un phénomène beaucoup plus vaste dans lequel s’intègre parfaitement et la CE et l’OTAN et que la période dans laquelle s’intègre le fait nazi est loin d’être derrière nous.

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      • gracques // 21.03.2019 à 08h42

        Ouas sauf que contre le nazisme , c’est lONU qui a été créé et que l’OTAN’et la’CEÇA (ancêtre de l’UE) datent d’APRÈS la seconde guerre et en réaction à l’URSS et pas au nazisme.

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        • Sandrine // 21.03.2019 à 19h38

          L’impératif de lutte contre le nazisme est l’argument idéologique de poids qui dès le début a permis de rendre acceptable le lien entre l’Europe et les USA ainsi que la refondation de l’Europe sur une base supra-nationale.

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  • Julie // 20.03.2019 à 09h54

    Bravo à Schneidermann,
    à part ça, existe-t-il une transcription des 60 questions de 2 mn que les “intellectuels français” ont eu le droit de poser à leur président omniscient et omnipotent? appeler ça un “débat”, il faut dire que c’est assez fort quand même, dans la mesure où le questionneur n’avait pas le droit à la réplique!

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    • gracques // 21.03.2019 à 08h48

      Effarente mise en scène , étions nous en Amérique latine assistant à une performance d’un ‘caudillo’ ou à la cour du roi soleil ?
      Un grand débat concédé comme un pare feu à une révolte populaire qui se finit en pièce de théâtre , notre ‘jupiter” en majesté .

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  • Jp // 20.03.2019 à 10h09

    Est-ce qu’un jour dans ce pays on pourra cesser de ne s’intéresser qu’au passé, de passer son temps entre les commémorations, les hommages, et enfin vivre au XXIe siècle ? Regardez la différence avec la Corée du Sud par exemple qui avance, qui aime sa jeunesse, qui produits de bons films qui parlent d’autre chose que de la guerre ou tel chanteur mort…

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    • André // 20.03.2019 à 11h39

      “Est-ce qu’un jour dans ce pays on pourra cesser de ne s’intéresser qu’au passé”…

      Proverbe parait-il africain: “Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens.”

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  • Kiwixar // 20.03.2019 à 10h30

    “Une foule de 40 000 spectateurs regarde des livres “non-allemands” écrits par des auteurs considérés comme non-conformes à l’idéologie nazie, brûlés sur l’Opernplatz, à Berlin, le 10 mai 1933”

    Une foule de 40.000 internautes regardent une dernière fois les sites “non-européens” animés par des bloggeurs considérés comme non-conformes à l’idéologie otanienne, bloqués par Berlin, le 10 mai 2020.

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    • openmind // 20.03.2019 à 18h27

      bloquer par Bruxelles plutôt….mais c’est un détail, vous n’avez pas nommé le Mal absolu incarné par Hitler mais qui cache son vrai visage…la Bête sauvage de Clouscard je vous propose, bref le capitalisme débridé en phase terminale de son écroulement par sa propre invalidation…ça va faire mal…malheureusement.

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  • traroh // 20.03.2019 à 10h54

    Loin d’être seulement un questionnement historique, l’interrogation de Schneidermann est d’une actualité terrible. Un jour, les gens, s’il en reste, se poseront les mêmes questions sur notre époque : la catastrophe environnementale, la disparition progressive mais rapide du peu de démocratie qu’on avait réussi à arracher, la montée vers une guerre mondiale… Tout cela est contenu en germe dans notre époque, et un jour, on se demandera : pourquoi ceux dont le métier est de parler, de rapporter les faits et de les analyser, pourquoi ces gens n’ont rien dit ? Pire, pourquoi, par leur propagande, ont-ils, pour la vaste majorité d’entre eux, encouragé le mouvement vers le désastre ?

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    • cybou // 20.03.2019 à 18h56

      Je vais peut-être répondre naïvement, mais il me semble que les journalistes qui se complaisent à perpétuer ce système le font pour leur confort personnel et l’image qu’ils donnent à leur patron, ce qui revient au même. C’est une question de maintien ou d’accession à un statut social glorifiant. Je pense que pour la majorité d’entre eux, la mauvaise foi n’est pas un problème.

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  • Clauzip12 // 20.03.2019 à 11h25

    Il y a tout les ingrédients d’une non communication maîtrisée. Mais,a qui donc s’adresse cette mise en scene?
    J’ai retenu des interventions qui dans l’ensemble m’on parues très à propos des problemes de notre société.
    Par contre,s’agissant de la reponse du president je n’ai perçu que: je ne changerais pas,j’assume!
    La demarche s’inscrit bien dans une campagne electorale de droite.

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  • Clauzip12 // 20.03.2019 à 11h29

    Mes excuses.
    Vous aurez percu que le commentaire ci avant est destiné à un autre commmentaire de “les crises”

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  • historien // 20.03.2019 à 12h54

    Ce livre part déjà sur l’erreur majeure de l’amateur historien : juger des événements passés à l’aune de ce qui est advenu par la suite. Comme si les gens de l’époque auraient du tout savoir comme nous de cette période, mais à l’avance.
    Comme si ces journalistes en 1933 auraient du prévoir la guerre, les déportations etc…, alors que tout ce que voulait le peuple, c’était sortir de la misère de l’entre-deux guerre par un socialisme leur permettant de manger, et qui ne soit pas pour autant le bolchevisme.
    PS pourquoi les journalistes sont ils restés prudents pendant l’extermination ? Tout simplement parce qu’ils ne disposaient d’aucune preuve, et que les services de renseignements alliés démentirent ce qu’elles qualifièrent de rumeurs de guerre, dans un contexte ou la propagande de guerre se déchaîne d’un côté comme de l’autre. (on avait déjà fait l’expérience pendant la 1° guerre de la fausse rumeur des allemands coupant les mains de tous les enfants belges pour qu’ils ne puisse jamais prendre les armes contre eux)
    une énième tentative de faire son beurre en surfant sur l’actualité à grand renfort du thème qui plait tant, les nazis.

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    • gracques // 21.03.2019 à 08h55

      La nuit de cristal et les lois d’exclusion des juifs étaient connues , publiques, revendiquées par les nazis avant guerre .

      L’extermination systématiquedes juifs à compter de 1942 était connue et des USA et de l’URSS , simplement la priorité n’était pas la .

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  • Jean Aymard // 20.03.2019 à 14h22

    L’objectivisation de la réponse est importante : De notre point de vue du futur, nous avons tous les résultats de cette prise de pouvoir: la guerre mondiale, l’idéologie raciste appliquée à la lettre, les camps de la mort… Nous connaissons l’horreur à venir. Ce qui fait que, pour nous, rien que l’évocation du nom de “Hitler” provoque toujours un sursaut, même imperceptible.
    Mais du point de vue de ces journalistes, pour qui rien de tout cela n’existe, Hitler est au contraire une excellente chose pour l’Allemagne: c’est un régime fort et cohérent, dynamique, qui redonne un ordre et un souffle à cette Allemagne déliquescente de la République de Weimar. D’accord, son idéologie s’en prend aux juifs, mais ce n’est pas le premier, on n’a l’habitude, et ce ne serait pas les premiers pogroms, après tout. On peut bien accepter cela pour redresser l’Allemagne et lutter contre l’horreur bolchévique qui peut déferler sur l’Europe à tout instant !
    A tout rappel utile, c’est d’ailleurs pour lutter contre le bolchevisme, entre autre, que l’Allemagne n’a pas été dépecée en 1919, contrairement à l’Autriche-Hongrie. (Le deuxième avantage était que ça empêchait la France de redevenir une super puissance continentale, selon la volonté des Anglais.)

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  • Denis // 20.03.2019 à 14h43

    Étudier l’histoire et ne rien apprendre!
    C’est de cela qu’il faudrait discuter,
    mais un chien aime toujours son maître,
    même si celui-ci est déviant.

    Bonne après midi 🙂

      +2

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    • Sébastien // 20.03.2019 à 16h32

      Ça fait 70 ans que le système politico-médiatique combat le nazisme, et ça marche! Hitler n’est toujours pas revenu!
      Continuons donc le combat!

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  • lon // 20.03.2019 à 18h56

    Moi ce qui m’a toujours stupéfié lors de l’accession d’Hitler au pouvoir , et que personne n’avait vu venir , c’est le démantèlement à vitesse grand V du parti de gauche le plus puissant d’Europe, le parti social-démocrate , et de la structure syndicale la plus puissante d’Europe ; en 1 an tout était plié, les responsables en taule ou premiers pensionnaires de Dachau . La déroute totale des forces démocratiques après 1933-34 devrait interpeller chacun qui pense que démocratie et liberté sont des acquis allant de soi . Donc se demander pourquoi les journaleux n’ont pas fait leur métier , c’est bien , encore faudrait-il se demander pourquoi ils ne le font toujours pas aujourd’hui , peut-être que ces braves gens ne savent reconnaître le danger fasciste que lorsqu’il est estampillé ” appellation d’origine contrôlée” , bref les bien commodes suspects habituels .

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  • Marco // 20.03.2019 à 20h01

    En préambule des années 30 en Allemagne, on peut visionner ce téléfilm allemand que je trouve excellent et qui donne une version de la situation juste au lendemain de la 1ere guerre.
    collusion sociaux-démocrates/armée, rôle de la bourgeoisie, révolution spartakiste, traite de paix 1919, …
    “Allemagne 1918” en 2 parties de 1h30 environ:
    https://www.youtube.com/watch?v=K__pdp5Qw0c
    https://www.youtube.com/watch?v=CD0Hf61EcFo

    Bon visionnage.

      +2

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  • Louis Robert // 20.03.2019 à 20h50

    Schneidermann est pourtant clair:

    1. Comme récemment en Ukraine et ailleurs, ils n’ont rien dit par anti-communisme, d’abord et avant tout, anti-communisme occidental, virulent, fanatique, généralisé, et qui fut comme la peste avant, durant et après la grande Guerre Patriotique, anti- communisme modifié partiellement, sous le Président Poutine, par la Russophobie pathologique qui a cours.

    2. L’Occident colonialiste, impérialiste (et catholique vatican…) espérait en effet voir la Peste Brune anéantir l’URSS… et ce fut le contraire qui se produisit.

    Anti-communiste et russophobe, l’Empire aujourd’hui espère encore et toujours que sa progéniture naturelle, le Fascisme et le Nazisme, l’aideront à détruire la Chine communiste et la Russie issue du communisme et qu’elle croit, très souvent du reste, encore communiste.

    “Berlin, 1933”, ce n’est donc pas l’Occident d’avant-hier et hier, c’est l’Occident d’aujourd’hui et de demain. Chine et Russie le savent pertinemment, observant les menaces folles, les sanctions arbitraires, les provocations et les actes de guerre à leurs frontières respectives. C’est pourquoi ces deux pays sont désormais prêts à affronter la guerre totale en préparation… à l’est comme encore une fois à l’ouest. C’est chez leurs ennemis que cette fois elle se déroulera, sans merci.

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  • Nicole de Nicomaque // 21.03.2019 à 00h03

    Je n’ai pas encore lu le livre de M.Daniel Schneidermann sur l’aveuglement des médias vis à vis de la montée du nazisme en Europe dans les années 30 mais je me souviens parfaitement avoir lu un certain nombre d’articles sur l’écrivain Karl Kraus qui avait montré comment les médias de masse à l’aube du XX° siècle, emportés par leur cynisme sonnant et trébuchant – avaient précipité, en rajoutant quotidiennement de l’huile sur le feu, la Première Guerre Mondiale au delà des seules problématiques impérialistes et géostratégiques de part et d’autres des principaux belligérants.

    Aujourd’hui, rien n’a visiblement changé. Un certain type de média est à la manœuvre et cela n’a évidemment plus rien à voir avec ce que l’on appelait encore hier ” Le Journalisme “. Pour donner un exemple à mon propos, je vous propose de prendre connaissance de l’excellent article de M.Samuel Gontier paru dans Télérama où sous un air mi-halluciné mi-humoristique, celui-ci décortique avec ironie une journée passée devant la télévision. Où l’on voit des ombres proprement délirantes passer sur son écran et tenant les uns comme les autres toutes sortes de propos totalement sidérants :

    Quand la France n’a rien à envier à l’Australie et la presse de caniveau de l’empire médiatique de Ruppert Murdoch, il faut lire pour en rire, M.Samuel Gontier : https://www.telerama.fr/television/le-grand-remplacement-est-en-marche-et-labsence-de-lbd-est-responsable-du-saccage-des-champs-elysees,n6175984.php

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    • Jean-François91 // 21.03.2019 à 10h15

      Oui, Karl Kraus reste trop méconnu en France, malgré les ouvrages de Jacques Bouveresse sur lui et son travail pour le faire éditer.
      Karl Kraus, depuis l’Autriche, dénonçait l’aveuglement délibéré de ses concitoyens par les média dominants.
      Ses écrits prouvent qu’on ne pouvait pas dire qu’on n’a rien vu venir.

        +1

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      • Subotai // 21.03.2019 à 22h17

        J’aime bien Schneidermann – abonné à ASI
        Pas encore lu son Berlin 1933 – Mais pas d’accord avec lui sur son sens de “l’aveuglement” suivant régulièrement ses interventions je sais combien il pense en journaliste.
        Pas d’accord, parce ce que d’une manière générale – pas lui seulement – on prend le parti d’ignorer le déterminisme et l’inéluctabilité des comportements humains.
        Il y a deux types qui en parlent bien, en fait trois…
        Emmanuel Todd, Paul Jorion quand il reste “dans” les Sciences Sociales et le troisième est Shakespeare… 🙂
        Ce n’est pas que les humains ne voient rien venir, c’est que des humains choisissent, pour le maintient de leur équilibre personnel nécessaire à leur capacité à la survie, d’ignorer ce qui les perturbe.
        Ce n’est pas de la méchanceté, ce n’est pas de la bêtise ou de l’ignorance, c’est un instinct.
        On peut estimer que ça n’a pas si mal fonctionné pour l’humanité puisque nous sommes plus de 7 milliards aujourd’hui. On peut aussi estimer que si la nécessité se fait jour, il se trouvera une part de l’humanité suffisante pour évoluer et perpétuer l’espèce… 🙂
        Parce que contrairement à ce que croient les racistes de tout poil, la Nature et donc l’animal humain en tant qu’espèce ce contrefout des Système établis du moment que interfécondité se maintient entre tous les membres de l’espèce.

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  • christian gedeon // 25.03.2019 à 09h42

    1933 dites 33,dites 33.la montée de Hitler,du nazisme,du fascisme…et rebelotte. Fascisme par ci,nazisme par là. tout çà participe largement à l’aveuglement sur les problèmes actuels et leurs raisons.par ailleurs,je crains que le mot démocratie et ce qu’il recouvre au plan pratique soit vraiment très mal compris. Si la démocratie a des racines grecques,il faut lire ce qu’elle était et ce qu’elle recouvrait. Une dureté de tous les instants,et une violence politque effrayante. ” va donc boire une coupe de cigüe,çà te changera les idées”!

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