Une sensation circule depuis l’attentat perpétré contre la rédaction de Charlie Hebdo : nous sommes en train de vivre un « 11 septembre français ». Si on laisse de côté la question du volume (environ trois mille morts d’un côté, une douzaine de l’autre), le parallélisme entre les deux événements saute en effet aux yeux. Dans les deux cas, les attentats ont été perpétrés par des personnes se réclamant de l’Islam. Ils ciblent par ailleurs des personnes civiles et des symboles de la modernité occidentale (la presse ici, le capitalisme là-bas). Enfin, ils mettent en œuvre une stratégie « terroriste » au sens où il s’agit de provoquer une émotion de peur dans le pays touché. Cette idée selon laquelle nous aurions affaire à un « 11 septembre français » a donc fleuri dans les rédactions. Elle conduit les commentateurs à s’interroger sur les leçons à tirer du 11 septembre américain et, plus généralement, à l’attitude à adopter face à cette « menace ».

A ce propos, deux interprétations semblent structurer le débat public. La première, outrancièrement raciste, affirme que l’Islam a déclaré la guerre à l’Occident et que ce dernier est en droit de se défendre. E. Zemmour, M. Houellebecq et d’autres islamophobes vont certainement s’engouffrer dans la brèche dans les prochains jours. Le corollaire de cette vision du monde est la peur ou la haine de l’Islam, peur et haine que les personnes susmentionnées ne récusent pas. La seconde interprétation invite au contraire à ne pas faire d’amalgame entre Islam et terrorisme et à ne faire la guerre qu’à ce dernier. Cette deuxième approche, dominante dans les discours officiels et les éditoriaux de la presse « mainstream », est plus nuancée que la première dans la mesure où elle dénonce la grossièreté de l’opération consistant à assimiler un milliards d’individus aux actes d’une poignée. Elle se présente par ailleurs comme « humaniste » au sens où elle condamne les idéologies haineuses et invite à se recueillir, pacifiquement, en solidarité avec les victimes des attentats.

Bien que différentes en première analyse, ces deux interprétations présentent au moins un point commun : leur dimension très émotionnelle. En effet, elles ne se fondent pas seulement sur des raisonnements articulés mais également sur une constellation (différente) de sentiments et d’affects. D’un côté, les islamophobes grossiers sont animés par des émotions négatives : peur et haine de l’autre, instincts revanchards, etc. D’un autre côté, les « humanistes » semblent traversés, d’abord et avant tout, par des émotions positives : compassion et sympathie avec les victimes, attachement affectif à des « grandeurs » positives (la liberté de la presse, la démocratie libérale, la république, etc.). La dimension émotionnelle de ces deux cadres d’interprétation se donne à voir dans l’espace public quand un groupe de personne brûle passionnellement un Coran et quand d’autres convergent les yeux rougis vers les places de la république pour un moment de recueillement. Ces deux types de scènes ont marqué l’imaginaire américain après le 11 septembre. Internet et les médias français nous passent en boucle leur équivalent français depuis le drame du 7 janvier.

Le caractère public et collectif de ces réactions émotionnelles nous rappelle que les émotions sont tout sauf des réactions spontanées. En effet, ces sentiments qui nous semblent si personnels, si intimes, si « psychologiques » sont en réalité médiatisés par des cadres interprétatifs qui les génèrent, les régulent et leur donnent un sens. Derrière les émotions se cachent des discours, des perspectives et des partis pris moraux et politique dont il importe de comprendre la nature pour bien mesurer leurs effets. Or quelle leçon pouvons-nous tirer de cette observation très générale sur le caractère socialement construit des émotions et de ce qu’on pourrait appeler le « précédent américain » ?

La philosophe J. Butler s’est intéressée aux réactions émotionnelles aux attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Elle a relevé que ces réactions se sont articulées selon les deux dimensions évoquées plus haut : la dimension négative génératrice de haine, de peur et de désir de revanche et la dimension positive invitant à la compassion et à l’indignation morale face à l’horreur. J. Butler s’est principalement intéressée à la seconde car elle n’a pas, en apparence, le caractère belligène et grossier de la première. Ses conclusions intéresseront peut-être celles et ceux qui s’inscrivent dans le cadre humaniste, affirment « être Charlie » et veulent réfléchir au sens de leurs gestes politiques.

La première observation de J. Butler porte sur le caractère extraordinairement sélectif de ces sentiments de compassion. Elle relève que le discours humaniste a organisé la commémoration des 2 992 victimes des attentats du 11 Septembre sans trouver de mots ni d’affect pour les victimes, incomparablement plus nombreuses, de la guerre américaine contre le terrorisme. Sans nier avoir elle-même participé « spontanément » à ces scènes de commémoration, J. Butler pose la question suivante : « Comment se fait-il qu’on ne nous donne pas les noms des morts de cette guerre, y compris ceux que les USA ont tués, ceux dont on n’aura jamais une image, un nom, une histoire, jamais le moindre fragment de témoignage sur leur vie, quelque chose à voir, à toucher, à savoir? ».

Cette question rhétorique lui permet de pointer du doigt le fait que des mécanismes de pouvoir puissants se camouflent derrière ces scènes apparemment anodines et (littéralement) sympathiques de compassion avec les victimes de la violence terroriste. Ces mécanismes de pouvoir se donnent à voir dans ce qu’on pourrait appeler le paradoxe du discours moderne et humaniste. Alors que ce discours accorde a priori une valeur égale à toutes les vies, il organise en réalité la hiérarchisation des souffrances et l’indifférence de fait (ou l’indignation purement passagère) par rapport à certaines morts : les morts de la « forteresse Européenne » (19 144 depuis 1988 d’après l’ONG Fortress Europe) et les enfants de Gaza – pour prendre deux exemples étudiés par Butler – ou encore les 37 personnes tuées dans un attentat au Yemen le jour même du drame de Charlie Hebdo, pour prendre un exemple plus récent.

Le corolaire pratique de cette observation est que ces cérémonies de commémoration ne sont pas triviales. Derrière leur paravent de neutralité positive, elles sont des actes symboliques performatifs. Ces cérémonies nous enseignent quelles vies il convient de pleurer mais aussi et surtout quelles vies demeureront exclues de cette économie moderne et humaniste de la compassion.

Appliquée à l’actualité française, l’étude de J. Butler apporte un éclairage sur la réaction officielle et dominante – c’est-à-dire « humaniste » et « compatissante » – au drame de la rédaction de Charlie Hebdo. Cette analyse invite à se décentrer et à s’interroger sur les effets de ces discours et gestes de compassion. Or il n’est pas certain que les effets mis en avant par les partisans de ce discours soient les plus importants. On nous explique que ces discours de sympathie et ces gestes de compassion peuvent aider les familles de ce drame à accomplir leur deuil. Mais ces familles (et les lecteurs de Charlie Hebdo qui ont noué des liens d’attachement à ces victimes) ne préféreront ils pas faire ce travail dans l’intimité ? On nous dit ensuite que ces discours et ces gestes sont une manière de réitérer le principe de la liberté d’expression. Mais qui pense réellement que ce droit fondamental soit aujourd’hui menacé en France, notamment quand celui-ci consiste à caricaturer la population musulmane, laquelle est – et restera vraisemblablement dans les moments à venir – fréquemment moquée, caricaturée et stigmatisée ?

Le travail de J. Butler nous enseigne que ces discours et ces gestes produisent plus certainement des effets belligènes. En effet, on aurait tort de penser que les guerres et la violence ne prennent racine que dans les émotions négatives. Contrairement à une idée fort répandue, la haine du boche et du « Franzmann » n’a pas été le premier moteur de la Première guerre mondiale. Cette guerre a d’abord pris racine dans les sentiments les plus positifs qui soient : la compassion pour les victimes nationales des guerres passées, l’attachement à la communauté nationale ou encore l’amour de grandeurs aussi universalistes que la « civilisation » en France et la « Kultur » en Allemagne.

On a le droit de penser que la guerre contre le terrorisme islamiste est une guerre légitime. Mais il importe d’être conscient d’une réalité statistique. En trente ans, le terrorisme islamiste a fait environ 3500 victimes occidentales, soit, en moyenne, un peu moins de 120 chaque année. Ces 120 morts annuels sont 120 catastrophes personnelles et familiales qui méritent reconnaissance. Ce nombre est toutefois bien inférieur à au moins deux autres : 9 855 (le nombre de morts par arme à feux aux États-Unis en 2012) et 148 (le nombre de femmes tuées par leur conjoint en France en 2012). Cette nécro-économie (E. Weizman) est certainement trop froide. Elle nous enseigne cependant que nos attitudes politiques sont embuées par notre sensibilité différenciée par rapport à la violence. En effet, personne n’aurait l’idée d’envoyer des bombes de 250 kg sur les maisons des auteurs d’homicide aux États-Unis. De même, aucun chef de gouvernement ne penserait à décréter l’Etat d’exception après avoir pris connaissance du nombre de meurtre sexiste et intra-familial en France. Pourquoi cet unanimisme, dans la presse de ce matin, au sujet de la nécessité de ne pas baisser les pouces dans le cadre de la guerre (militaire et non métaphorique) au terrorisme islamiste ?

Cette économie sélective de la compassion produit un deuxième type d’effet en ce qui concerne la perception de la violence d’État occidental. Les discours communautaristes ou racistes ont ceci de particulier qu’ils mettent bruyamment en scène la violence qu’ils déploient. À l’inverse, le discours moderne et humaniste est aveugle par rapport à sa propre violence. Qui a une idée, même approximative, du nombre de morts générés par la guerre américaine en Afghanistan en 2001, par celle des États-Unis et du Royaume-Uni en Irak en 2003 ou encore par l’intervention de la France au Mali en 2013 ? L’une ou l’autre de ces guerres était peut-être légitime. Mais le fait que personne ne soit capable de donner une estimation du nombre de morts qu’elles ont généré doit nous interroger.

Dans ces moments où nous sommes submergés par les émotions, il peut être intéressant de penser à tous ces précédents et à ces morts, à venir, que nous n’allons pas pleurer.

Source : Mathias Delori, Chercheur CNRS au Centre Emile Durkheim de Sciences Po Bordeaux, pour Mediapart

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37 réponses à Ces morts que nous n’allons pas pleurer, par Mathias Delori

Commentaires recommandés

Citoyen Le 16 février 2015 à 04h28

Tony Blair se voit attribuer le prix… humanitaire Save the Children…
http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2014/11/fronde-du-personnel-de-save-the-children-apres-que-cet-organisme-ait-attribue-un-prix-humanitaire-a-tony-blair.html

Obama reçoit le Prix Nobel de la Paix..

L’UE aussi… – avant d’appuyer la guerre en Ukraine…

Bref…ça p u e, c’est pestilentiel… les égouts refoulent… les descendants de nazis impunis sont récompensés..

(Voir histoire UE … un TRES grand nombre de responsables UE furent nazis soit sont enfants de nazis).

  1. Subotai Le 16 février 2015 à 02h26
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    Finalement, Chercheur au CNRS n’est pas nécessairement une tare. 🙂


    • La Source Le 16 février 2015 à 17h35
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      MODERATION: merci de garder ce genre de polémique pour d’autres sites.


  2. Serge Le 16 février 2015 à 03h41
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    Judith Butler ,la théoricienne du “Queer” et des “Gender Studies” .


    • lemoine001 Le 16 février 2015 à 07h53
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      Je le dis juste pour me vanter mais j’ai fait une recension du livre de Judith Butler “trouble dans le genre” : http://lemoine001.com/2014/06/01/rsds-6-loffensive-de-la-theorie-du-genre/


    • anne jordan Le 16 février 2015 à 12h13
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      @serge , et après ?
      ça la discrédite pour tout travail sociologique ?
      comment peut on être aussi manichéen !
      je n’ai aucune sympathie pour les LGBT et autres , mais je me souviens d’avoir lu des textes de Butler fort nuancés sur .. le mariage gay , par exemple .


  3. Citoyen Le 16 février 2015 à 04h28
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    Tony Blair se voit attribuer le prix… humanitaire Save the Children…
    http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2014/11/fronde-du-personnel-de-save-the-children-apres-que-cet-organisme-ait-attribue-un-prix-humanitaire-a-tony-blair.html

    Obama reçoit le Prix Nobel de la Paix..

    L’UE aussi… – avant d’appuyer la guerre en Ukraine…

    Bref…ça p u e, c’est pestilentiel… les égouts refoulent… les descendants de nazis impunis sont récompensés..

    (Voir histoire UE … un TRES grand nombre de responsables UE furent nazis soit sont enfants de nazis).


    • Lysbethe Levy Le 16 février 2015 à 12h20
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      Et pourtant Tony BLair et les autres ont trempé dans des génocides en Afrique aussi bien qu’au Moyen-orient, et save Children une pseudo-association ou ONG qui a servi de paravent a des crimes commis au nom de l’économie ultra-libérale..

      .Des intérêts économiques sont derrière ces guerres sans fins, des génocides laissés faire pour intervenir et piller les ressources de ces pays déjà assez en difficultés : http://www.amazon.fr/Europe-Crimes-Censure-au-Congo/dp/2916872191/ref=pd_sim_b_6?ie=UTF8&refRID=0VPYD88VXDXATN0WNR0F avec l’aval de l’ONU bien sur ;;;


  4. francois marquet Le 16 février 2015 à 05h41
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    Je recommande aussi “Dying to win” http://en.wikipedia.org/wiki/Dying_to_Win sur le terrorisme suicide, qui après une étude statistique sérieuse, conclut (pour faire court)
    -la condition nécessaire pour qu’apparaisse le terrorisme suicide c’est que l’occupant ait une religion différente de celle de l’occupé
    -le terrorisme suicide s’arrête lorsqu’on cesse l’occupation
    il me semble que nos gouvernants feraient bien de ce rappeler ces deux points avant d’aller guerroyer de ci de là…


    • Papagateau Le 16 février 2015 à 17h03
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      Coulibali et les frères kaouchi vivaient dans des pays occupé ? En tant qu’occupé ou en tant qu’occupant ?
      Il faudrait donc éviter que la France soit occupée pour qu’il n’y ait plus d’attentat suicide ?
      D’ailleurs , se sont-ils suicidés ? En regardant les vidéos, j’ai plus que des gros doutes. Mais c’est un gouvernement de gauche, donc respectueux de l’état de droit, et des droits de l’homme.

      Je pense plutôt à un 2 poids, 2 mesures : quand toi tu es / étais au gouvernement … Il y avait moyen de les capturer sans risque, mais quand c’est moi … Une balle dans le ventre , 2 balles dans le dos, procès inutile.
      En bref ça aurait été un meilleur sujet d’étude de la subjectivité des français pour le CNRS et mediapart. Parce que sincèrement, le texte de Delori, c’est niveau machine à café, ou pilier de bar.


      • Caramba! Le 16 février 2015 à 17h21
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        Il manquera TOUJOURS l’interrogatoire des tueurs.


  5. Marie Genko Le 16 février 2015 à 07h26
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    Les attentats suicide sont considérés en général comme le fait de tarés!

    Pourtant ils s’agit de la forme la plus extrême du désespoir!
    Lorsque tout semble perdu, des hommes se révoltent au spectacle de leurs frères de sang massacrés, et décident de les venger au prix de leur propre vie!

    Plus l’Occident avance dans la logique de guerre au Moyen Orient et en Afrique, plus la menace intérieure d’une explosion musulmane grandit sur le sol français!


  6. FifiBrind_acier Le 16 février 2015 à 07h54
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    Bonjour,
    Pour ceux qui ne l’ont pas encore regardé, “PSYWAR – La guerre psychologique”, de Scott Noble, qui explique en détail, que la cible, ce sont nos cerveaux, comme pour la publicité.

    https://www.youtube.com/watch?v=2xuoa7tF-x8

    Cette activité fait l’objet d’une véritable industrie: “les relations publiques”, ou “com’ politique”, d’autant plus redoutable qu’elle utilise la psychanalyse et les canaux de communication officiels des Etats.

    Par exemple, le monde entier a assisté à la prise de Tripoli.
    Le nouveau Président de la Libye a fini par avouer que le film avait été tourné au Qatar.
    Tout le monde s’attendait aux images en question, l’acceptation a été générale, et personne n’a compris qu’il s’agissait d’une manipulation à l’échelle mondiale.

    S’en protéger demande du temps et une dépense d’énergie considérable, ainsi que l’acceptation inconfortable du doute, sans pour autant tomber dans la paranoïa. De la haute voltige mentale.

    Cet exercice citoyen indispensable pourtant à la santé mentale, se heurte aussi à l’incrédulité et à la résistance aux changements de beaucoup, qui trouvent l’inconfort de la remise en question plus pénible que de savoir la vérité.

    Parmi les techniques utilisées, il y a l’usage de l’émotion, qui paralyse la pensée critique.


  7. Carabistouille Le 16 février 2015 à 08h16
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    Qui pleure les 10 000 000 de Congolais tués, DIX MILLIONS(!!!!!) depuis l’éviction de Mobutu?
    Qui même en parle?


  8. sergeat Le 16 février 2015 à 08h37
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    Bonne analyse à part Houellebeque,il ne croit en rien.Les fous de Dieu ont toujours existe:reference recente,Bush fils qui telephoniquement a explique à Chirac que c est Dieu qui lui a ordonne d envahir l Irak(combien de centaines de milliers de morts?).De plus on nous parle de guerre contre le terrorisme dans nos medias;alors que le terrorisme est une tactique dans une strategie (voir le terrorisme de kiev sur les civils du Dombass):comment fait on une guerre contre une tactique????J espere qu un jour on osera parler de terrorisme economique dans la strategie de guerre de domination bancaire mondiale.


    • Joanna Le 16 février 2015 à 09h00
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      Mitterrand en a, me semble-t-il, parlé à la fin de sa vie en disant :

      “La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique . Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort.”


      • sergeat Le 16 février 2015 à 09h43
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        Se sont 2 visions judeo-economiques(marxiste et capitaliste) qui se sont fait la guerre les theories recentes de Friedman ont gagne.Nous nous trouvons dans une deuxieme phase de prise de pouvoir de l economie mondiale par les banques(dixit Hataway:les riches ont gagne sur les pauvres et cela va s amplifier).Cette guerre ne sera plus uniquement militaire.Les hommes politiques sont les employes des banques (meme Poutine doit combatre contre la banque centrale russe privee).Pour l instant tout ce systeme se trouve dans les mains des americains ,mais pour combien de temps?.Est ce que le criminel dollar sera battu par d autres schemas:alliance rouble-yuan-or…?………


    • AlainCo (@alain_co) Le 16 février 2015 à 10h09
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      mettre houellebecq dans ce sac est pathétique.

      ma douce, musulmane, secrétaire parlementaire, militante pour les droits civique voit dans ce livre une attaqie contre la tendance occidentale a refuser de voir ce néofascisme, et a toujour se soumettre aux dictateurs de la vie privée par peur du conflit.

      Soumission est a placer a coté de 1984, ou le meilleurs des mondes. c’est pas islamophobe, c’est lâchophobe.

      d’un autre coté le deux poids deux mesure est claim, mais je crois que le principal symptome de ce deux poids deux mesures c’est qu’on est même incapable de le voir correctement quand on el dénonce.

      ma vision est effroyable.

      notre société n’est pas plus ou moins victime de racisme que pas mal d’autre…
      mais nous sommes englués dans uns ystème de calsses sociales, de rentes économiques, de statusts salariaux, d’avantages acquis, qui créent une france a deux vitesse, où ceux qui ne sont pas du bon coté n’on aucune chance de sortir.

      c’est pas un problème de lutte des classes, c’est un problème de liberté d’entre prendre…
      c’est un gros mot, srurtou ici.

      alors quand on ne peut rien faire pour améliorer son sort. que travailler, entreprendre, faire du profit, est interdit… alors on viole les lois…
      mais ca aussi c’est interdit et sévèrement punni… alors on entreprend le jihad, comme d’autre créent une startup internet dans leur garage…

      Dans le style il y a aussi le Jihad des Zadiste, très populaires et bien plus politiquement correct…
      on a bien tenté les bonnets rouges, mais mélanger des revendications de salariées et d’entrepreneurs c’était pas acceptable… ca a été étoufé, divisé acheté, récupéré… ouf.
      Il y a les skinhead, qui ramasse ceux que els autres causes laissent de coté. pas si différen des zadistes.

      globalement même si il n’y a pas que des idioties dans cet article, le mode de pensée de cet auteur est la cause même de ces problèmes.
      l’analyse crypto marxiste , très consensus francais, au lieu d’y vois la france de l’entreprise interdite, des avantages acquis, du travail puni, du risque sanctionné, cette “France périphérique”…

      Le deux poids deux mesures est bien vu, mais ce n’est pas notre problème.
      il y a bien un deux poids deux mesures, économique, et nous ne pouvons même pas e dire dans nous faire insulter.


      • lemoine001 Le 16 février 2015 à 10h28
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        Non l’article n’est ni marxiste ni “crypto marxiste”. Une phrase comme celle que je vais citer propose une lecture clairement idéaliste du réel et non une lecture matérialiste. Elle s’arrête à une cause abstraite purement idéelle. Je cite : “En effet, ces sentiments qui nous semblent si personnels, si intimes, si « psychologiques » sont en réalité médiatisés par des cadres interprétatifs qui les génèrent, les régulent et leur donnent un sens. Derrière les émotions se cachent des discours, des perspectives et des partis pris moraux et politique dont il importe de comprendre la nature pour bien mesurer leurs effets.”

        Une explication marxiste n’en reste pas à dévoiler des “discours, des perspectives et des partis pris moraux et politique”. Elle dira qui produit ces discours et qui les diffusent. Elle ira jusqu’aux rapports sociaux et aux tensions sociales qui sont le cadre de leur production, c’est-à-dire qu’elle sera matérialiste.


  9. FifiBrind_acier Le 16 février 2015 à 09h18
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    J’ai oublié le lien sur la Libye et la chute de Tripoli:
    Le film tourné au Qatar était fait pour tromper Kadhafi, mais ensuite, aucun média n’a expliqué la supercherie.

    http://www.dailymotion.com/video/xkpj15_la-chute-de-tripoli-m-abdeljalil-avoue-le-mensonge-tourne-au-qatar-et-retrasmis-a-travers-le-monde_news

    La presse d’opposition au gouvernement vénézuélien s’en donne aussi à cœur joie, elle publie des articles avec des photos prises en d’autres lieux, ou transforme une procession en
    manifestation contre le gouvernement:

    https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/18/venezuela-coup-de-projecteur-sur-les-zones-dombre-mediatiques-par-romain-migus-caracas/


  10. Beaugrand Le 16 février 2015 à 09h19
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    Encore un commentateur autorisé qui s’autorise à raconter n’importe quoi au sujet de Houellebecq… Je viens de terminer “Soumission” et d’écouter une de ses interviews, il n’a aucune haine contre l’islam, il se moque juste de la société de consommateurs petits bourgeois dégénérés dans laquelle nous vivons…


  11. cording Le 16 février 2015 à 09h28
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    L’Histoire est toujours celle des vainqueurs. Lors de la prise de Rome il y a plus de 2000 ans un chef gaulois a dit “malheurs aux vaincus” ce qui est toujours vrai.


    • balthazar Le 16 février 2015 à 12h02
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      C’est bien l’Histoire, surtout pour en tirer des leçons.
      Merci donc de ne pas écrire n’importe quoi !


  12. esope Le 16 février 2015 à 09h31
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    Tout ceci est bien pensé et bien exprimé. Mais la question fondamentale n’est pas là. Elle est celle-ci : Quels doivent être mes actes et mes discours dans le présent et le futur immédiat ? Philosopher en attendant que le temps passe ou me comporter de manière active pour faire aller les choses dans un sens qui me paraît souhaitable, et pourquoi ?
    Certes, écrire une publication ou tenir un blog sont des comportements actifs. Mais cela n’incite guère le lecteur qu’à ruminer dans son étable. Cela passe le temps. Vaut-il mieux aller au pré avec comme perspective la traite ou l’abattoir, ou se diriger vers l’arène de la corrida et laquelle ?
    Evidemment, mon personnage est tout autant concerné que n’importe qui …


    • Maurice Le 16 février 2015 à 11h49
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      Bravo!
      J’ai presque deviné…
      Vous êtes la réincarnation de Don Quichotte
      Et nous en manquons trop de ces brillants personnages!


      • esope Le 16 février 2015 à 16h04
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        Flatteur !


        • René Fabri Le 16 février 2015 à 21h18
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          Que faire ?

          Ma réponse personnelle est qu’il faut agir selon nos moyens, et résister comme nous le pouvons, pour gagner du temps. La solution viendra de la médecine qui améliorera nos facultés, des autres sciences qui amélioreront nos outils, et de la stabilisation de la population mondiale dans deux ou trois siècles.


  13. Joanna Le 16 février 2015 à 09h48
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    Bien entendu il y a des réflexions auxquelles j’adhère dans ce texte mais d’autres sur lesquelles je tique.

    Ainsi : « La première, outrancièrement raciste, affirme que l’Islam a déclaré la guerre à l’Occident et que ce dernier est en droit de se défendre. »
    Ce n’est donc certes pas de l’islam dans son ensemble qu’il s’agit mais je ne vois pas en quoi le fait de se sentir en danger et de prendre conscience de se défendre serait raciste car c’est bien ça que cette phrase me semble induire en filigrane de manière insidieuse.

    Il est bien dit ensuite que ce n’est pas l’islam mais les terroristes aussi j’aurais bien aimé lire « des terroristes qui se réclament indument de l’islam ont déclaré la guerre à l’Occident et ce dernier est en droit de se défendre ». Car la seule réponse à ça c’est de « condamner les idéologies haineuses et se recueillir, pacifiquement, en solidarité avec les victimes des attentats ».

    Ceux qui sont qualifiés d’ « humanistes » seraient donc ceux qui se contentent de laisser faire ? De là à les considérer comme complices passifs des terroristes il n’y a peut-être pas loin car ceux d’en face, les terroristes, ne seront jamais du genre à faire preuve des mêmes tergiversations laxistes.


    • albert Le 16 février 2015 à 15h43
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      @Joanna, j’espère allez dans votre sens en relevant le manichéisme de l’auteur:

      “E. Zemmour, M. Houellebecq et d’autres islamophobes vont certainement s’engouffrer dans la brèche [outrancièrement raciste] dans les prochains jours”… collomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose

      “D’un côté, les islamophobes grossiers ,[…] D’un autre côté, les « humanistes » ”
      ca passe mieux que “d’un coté les méchants, d’un autre coté les gentils”, mais ce n’est guère plus subtile.

      Ca, c’est l’introduction personnelle de l’auteur qui n’apporte rien à la suite de l’article.


  14. izarn Le 16 février 2015 à 10h15
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    Au lieu de parler du comportement des peuples, parlons du comportement sociétal de ceux qui nous gouverne, de leur sexualité, leur pathologie, de leur amoralité et de leurs vices. Qu’ils soient politiques, banquiers ou milliardaires.
    Parceque s’il faut parler de l’origine des guerres, il faut la chercher la.
    C’est quand meme une évidence désormais, particulièrement en Ukraine.


    • Maurice Le 16 février 2015 à 11h54
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      Je partage entièrement votre avis sur l’origine des malheurs du monde qui ne sont le fait que d’un nombre extrèmement réduit de personnes extrèmement mauvaises et qui, à l’évidence, relèveraient de soins psychiatrique si la société était bien organisée!


  15. Grégoire Le 16 février 2015 à 10h46
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    Terrorisme selon le larousse…
    Ensemble d’actes de violence commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un systéme…
    Le terrorisme ne se limite donc pas aux quelques individus… qui se vengent. Le coup d’Etat du Chili comme le coup d’Etat de Kiev de 2014 démontrent que les terrorisme est une arme utilisé par les puissants. Le terrorisme est aussi utilisé par les médias de propagande… et l’exemple le plus flagrant de ce terrorisme médiatique en Occident ce sont les menaces inventés et attribués à l’URSS hier et la Russie aujourd’hui. N’est ce pas du terrorisme que d’inventer des preuves pour justifier une invasion de pillage ? Et est ce réellement du terrorisme de se venger d’insultes ? N’est ce pas du terrorisme de formater les enfants au “travail”… puis une fois adultes les en priver ? Le premier terrorisme est la domestication de l’homme par l’homme.


  16. Louve Bleue Le 16 février 2015 à 11h20
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    Franchement,en tant que citoyenne ordinaire je n’ai absolument pas peur de circuler en France ! Sauf plutôt des camions sur les routes ou d’un pervers qui voudrait me coincer au fond d’un bois. Mais j’ai un gros chien qui dissuade bien.
    Il y aura toujours des dérangés du ciboulot pour pourrir la vie ici et là.
    Mais comparer les attentats spectaculaires du 11 septembre aux 20 morts à Paris ? C’est du grand n’importe quoi.
    Tout en regrettant que de simples citoyens inconscients des perversités commises par leurs politiciens meurent et/ou souffrent, je dois dire que j’ai eu un moment premier de penser que les USA ne devaient pas s’étonner d’avoir des ennemis qui viennent les tuer sur leur sol.
    Désolée, mais les étasuniens devraient (et nous aussi) surtout se demander comment on a pu en arriver à tant de haine. Nous n’avons pas entièrement raison et PERSONNE n’est innocent .


  17. Milsabor Le 16 février 2015 à 11h57
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    “E. Badinter a soutenu que l’amour maternel n’était pas naturel mais l’effet d’une demande sociale”.
    C’est dans la ligne philosophique néo-spinoziste qui prétend que le socius détermine la psychologie individuelle.
    En fait l’amour maternel s’inscrit dans la continuité du désir d’enfant lui-même articulé avec le désir sexuel, l’amour de couple, le désir de filiation, toutes composantes libidinales tributaires de la situation de liberté de choix, liberté de destin, elle-même socialement déterminée. La société se divise entre ceux qui ont la liberté de leur destin (les conformistes) et ceux dont l’aliénation sociale déstructure l’organisation familiale et le développement psychique (les damnés de la Terre). C’est la société duale.


  18. JeanLaNouille Le 16 février 2015 à 13h13
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    Merci “Un naif” pour le lien.

    Roland Dumas rattrapé par la patrouille des heures les plus sombres. Tellement prévisible suite à ses dernières prises de position.


  19. Tofino Le 16 février 2015 à 22h00
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    “A ce propos, deux interprétations semblent structurer le débat public. La première, outrancièrement raciste, affirme que l’Islam a déclaré la guerre à l’Occident et que ce dernier est en droit de se défendre. E. Zemmour, M. Houellebecq et d’autres islamophobes vont certainement s’engouffrer dans la brèche dans les prochains jours”

    Dommage pour ce début d’article raté : i) ne pas confondre racisme et xénophobie ii) ne pas faire de procès d’intention (même si j’avoue ne pas avoir prêté attention aux réactions/déclarations des personnes incriminées).


  20. christiangedeon Le 17 février 2015 à 07h29
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    C’est amusant. Zemmour et Houellebecq sont promus au rang de nouveau repoussoirs,mais passons.l’article me fait penser à une vieille chanson…des pommes ,des poires et des scoubidous,wa,et des scoubidous… on est plus ému par les morts de proximité que par les morts “lointains “? mazette,quelle découverte! les pouvoirs politico-médiatiques essayent de créer ,manipuler et diriger les “émotions ” post attentats? Remazette,re quelle découverte! Etc…le pompon est quand même la comparaison avec les crimes “intérieurs ” par armes à feu,ou mieux encore avec les violences domestiques. Des pommes,des poires et des scoubidous…


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