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21.mai.201621.5.2016 // Les Crises

The Big Short, le casse du siècle

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Comme je viens de le voir en DVD, je vous recommande hautement ce film, drôle et très éclairant sur la crise des Subprimes

Source : Le journal du geek, Elodie, 22-12-2015

The Big Short, réalisé par Adam McKay, dépeint comment l’intuition d’un ex-neurochirurgien devenu financier le fera parier gros sur les subprimes, ces prêts risqués octroyés à tour de bras, et préfigurera la crise immobilière américaine qui entraîna avec elle l’économie mondiale.

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La crise, on en entend parler depuis bientôt 10 ans maintenant, on en aurait presque oublié qu’elle vient des États-Unis et trouve son origine dans la crise des subprimes, du nom de ces emprunts risqués, pourris dirons d’autres, accordés allègrement car très lucratifs pour le préteur.

L’emprunteur quant à lui est attiré par des taux très bas… au départ. Divers montages financiers complexes cachent l’arbre et la forêt avec : en cas de défaut de paiement, la revente du bien doit rembourser le prêteur. Mais cela ne fonctionne qu’au sein d’un marché immobilier en croissance constante. Dans le cas inverse, c’est tout le château de cartes qui s’effondre. Et devinez ce qu’il s’est passé en 2007 ?

Bien avant que cette bulle immobilière n’éclate, en 2005 au centre de la finance mondiale, à Wall Street, un homme de la Deutsche Bank, ex-neurochirurgien borgne atteint du syndrome d’Asperger répondant au nom de Michael Burry (interprété par Christian Bale, parfait), trouve l’anguille sous le rocher et prend le risque, contre l’avis de tous, patron et investisseurs, de parier contre ces taux d’emprunts qui paraissent trop beaux pour être vrais et donc contre les banques qui les proposent, soit les plus grosses du pays.

Justement en langage financier, « parier contre » se dit « to short ». D’où le titre, The Big Short.

[Bon, le titre du film est tiré du livre éponyme de Michael Lewis, dont les livres The Blind Side: Evolution of a game et Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game donneront également des films très remarqués (The Blind Side avec Sandra Bullock honoré d’un oscar pour son rôle et Le Stratège, déjà avec Brad Pitt et Jonah Hill)].

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Et en effet, le pari sera gros, mais Burry ne sera pas le seul à miser, anticiper la crise immobilière et parier contre le marché.

Jared Vennett (Ryan Gosling et sa moumoute noire en mode bichon) sent l’opportunité et entraîne avec lui un fonds d’investissement dirigé par Mark Baum (excellent Steve Carell), financier atypique puisque pourvu d’une conscience, d’abord réticent, puis finalement partant pour tenter l’aventure.

De jeunes entrepreneurs plein d’avenir et de bagout, créateur d’un fonds d’investissement amateur et qui veulent se faire une place au soleil prendront le train en marche, aidés par un ancien trader repenti et retraité, Ben Rickert interprété par Brad Pitt, également producteur du film.

Tous ensembles, mais chacun de leur côté, ils vont réaliser le casse du siècle, au nez et çà la barbe des banques les plus puissantes du monde, aveuglé par les rendements espérés.

Voilà pour la mise de départ. Quant au scénario, malgré une fin plus que prévisible puisque connue de tous, il est fou, bien ficelé, inimaginable et pourtant 100 % réel.

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Ce film réunit donc un casting 5* : Christian Bale, qui n’est jamais aussi excellent que lorsqu’il semble totalement possédé par ses personnages, Ryan Gosling, qui a plus de répliques que dans Drive et Only God forgives réunis (ce qui devrait contenter les haters… ou pas) et se révèle excellent dans son rôle de financier sans état d’âme qui martyrise son assistant. Gosling retrouve d’ailleurs son partenaire de Crazy Stupid Love, Steve Carell.

Depuis Foxcatcher, Carell dévoile une autre facette de son jeu qui n’est pas pour nous déplaire : déjà excellent avec la bande de Wil Ferrell ou dans 40 ans toujours puceau de Judd Apatow, Steve Carell nous prouve que les étiquettes ne sont faites que pour ceux qui les distribuent. Enfin, Brad Pitt en trader repenti et parano (à raison ?) enfile son costume avec aisance.

Adam McKay a réussi la prouesse de parler d’un sujet assez repoussant et rébarbatif, l’économie, et d’en faire un film riche, dense, palpitant, révoltant, énergique, cynique, loufoque et franchement réussi.

Le montage happe le spectateur dans un tourbillon pour ne l’éjecter sur son siège qu’au générique de fin, hébété et révolté par cette crise dont beaucoup annonçaient qu’elle signerait la fin du capitalisme tel qu’on l’avait connu…

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The Big Short est un thriller financier captivant aussi emporté que l’éclatement de la bulle immobilière fut retentissant et dévastateur. Pour ceux qui n’y connaissent rien à l’économie, aucun risque d’être perdu, le film s’offre des petites parenthèses où les termes techniques les plus compliqués sont expliqués par des stars qui réalisent des caméos savoureux (mention spéciale à Margot Robbie).

On reconnait là la patte de ce réalisateur habitué des comédies loufoques comme Anchorman (Présentateur vedette, la légende de Ron Burgundy), Frangins malgré eux, Ant-man, Very Bad Cops ou encore Ricky Bobby roi du circuit : les répliques fusent, le ton est enlevé et l’humour forcément (voire férocement) noir et cynique. À noter, une bande originale des plus soignées où se croisent Gorillaz, Gnarlz Barkley et Led Zeppelin.

The Big Short, c’est l’histoire d’une catastrophe annoncée qui semble devoir inlassablement se reproduire.

Source : Le journal du geek, Elodie, 22-12-2015

 

THE BIG SHORT : Le Casse du Siècle – Bande-annonce officielle (VF) [au cinéma le 23 décembre 2015]

Source : Youtube, 09-10-2015

Source : Youtube, 09-10-2015

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Commentaire recommandé

Theoltd // 21.05.2016 à 09h02

En 2007 il fallait 1,6 dollar pour avoir un euro. (Depuis on est passe presque par la parité)
L’endettement de la zone euro était d’environ 60 % avant la crise, il est passé a pres de 95% depuis.

On peut donc dire que la crise des supprimes a été une benediction pour les Etats Unis.

Bref, les crises comme les guerres, finissent toujours par profiter a l’Amérique.

30 réactions et commentaires

  • Gzawye // 21.05.2016 à 03h10

    Effectivement très très bon film qui permet de voir comment les banques voient le court terme et pas le long terme….

      +12

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  • frenchpaddy // 21.05.2016 à 07h51

    Nous vivons une crise de l’ultralibéralisme, née aux États-Unis, sous Bush. Et pas une crise de la social-démocratie et de l’état-providence. Le mensonge est énorme et relayé tous les jours avec complaisance.
    De plus, cette crise en cascade (financière, dette des états, économique et c’est pas fini) est sans fin et nous vivrons bientôt la première grande crise qui interviendra avant que la précédente soit finie.

    J’ai hâte de voir ce film vu que le Loup de Wall Street m’avait bien déçu.

      +9

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  • philbrasov // 21.05.2016 à 08h19

    je l’a vu deux fois de suite. y a qq semaines… histoire de bien m’imprégner des termes de la finance.. c’est une regal. Surtout le role du type de la deuscht bank sans scrupule , qu’on voit sur la premiere photo de l’article, assis et harcelé par l’équipe de marc baum…

    et dans la foulée de ce film, il faut voir Too big too fail… qui raconte la chute de Lehman brother, avec la fine fleur de cette époque, Paulson, Bernanke, Buffet warren etc etc…Ca raconte très bien la crise des subprimes…
    en voici un extrait
    https://www.youtube.com/watch?v=1hWu5oXbelc

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  • mescalito22 // 21.05.2016 à 08h35

    Bof!
    Pas mal, mais peut faire (beaucoup) mieux!
    En fait, le réalisateur attire le chaland avec effectivement un casting 5*****, mais après tout se gâte.
    1) Les néophytes (les plus nombreux, ceux qui croient à un énième film de gangsters) n’y comprennent rien! Jamais vu autant de personnes quitter la salle de cinéma avant la fin de la 1ere demi-heure!
    2) Ceux qui comprennent le langage de la haute finance et qui ont quelques notions d’économie n’apprennent rien…qu’ils ne sachent déjà!
    DONC: FLOP xD
    Pour les gens qui suivent ce blog et appartiennent à priori à la catégorie No2, il vaut mille fois mieux regarder un bon documentaire sur la crise des subprimes ou relire un bouquin de Jacques Sapir …que perdre son temps avec ce faux-thriller sans suspense.
    Enfin, c’est mon avis!

      +9

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    • sg // 21.05.2016 à 12h17

      Nope je ne suis pas d’accord pour la 2e catégorie : j’ai vu de nombreux documentaires et lu de nombreux articles, et pourtant j’ai appris de nombreux nouveaux éléments, en particulier sur le déroulement systémique et les biais cognitifs (appât du gain et mauvaises estimations par complexe de supériorité) qui ont menés à cette catastrophe. Car on nous montre ici (show dont tell) que ce n’est pas un complot ni des parieurs cupides qui ont tout fait chuter, mais bien les banques qui se croyaient intouchables quant à l’économie réelle (totale déconnexion de la réalité). Ce film est donc une exploration de l’idéologie du monde financier et bancaire, ce qui ne peut être restitué aussi fidèlement par des écrits seuls.

        +9

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  • Eric83 // 21.05.2016 à 08h53

    Bienvenue dans le monde de la cupidité, manifestement érigée en vertu dans le monde de la finance.

    Ce film excellent – un quasi documentaire – décortique ce que des soi-disant “génies US de l’ingénierie financière” ont créé, les subprimes : un “Frankenstein financier” qui a ruiné et jeté à la rue des millions d’américains dans un premier temps et dont les peuples du monde entier ont ensuite subi et subissent encore les conséquences.

    Et contrairement à la narrative des marionnettistes qui dirigent le monde, la « gestion » lamentable de la crise financière puis économique née en 2007 va continuer de produire des conséquences de plus en plus dramatique.

      +10

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  • Theoltd // 21.05.2016 à 09h02

    En 2007 il fallait 1,6 dollar pour avoir un euro. (Depuis on est passe presque par la parité)
    L’endettement de la zone euro était d’environ 60 % avant la crise, il est passé a pres de 95% depuis.

    On peut donc dire que la crise des supprimes a été une benediction pour les Etats Unis.

    Bref, les crises comme les guerres, finissent toujours par profiter a l’Amérique.

      +22

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  • jmgranjon // 21.05.2016 à 09h25

    Film culte. La bêtise au pouvoir. Les truands sont toujours des cons. Et dans la finance ça fait encore plus peur. Ce monde s’achemine avec détermination vers la crise finale. C’est la crise finale…toute la philosophie libérale depuis le depuis n’est qu’un tissu de mensonges. Ce film le montre. L’argent rend con, ce film le montre. L’argent rend méchant, ce film le montre. Merci pour ces acteurs tous en plein dedans. Mention spéciale à Steve Carel, Christian Bale et Brad Pitt et tous les autres. Bravo vraiment !

      +11

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  • Van // 21.05.2016 à 09h46

    Moi aussi j’ai bien aimé se film pour ses acteurs et ses mises en scène , j’ai moins aimé la narration qui bien que instructive fait passer tout le monde pour des naïfs (même les spéculateurs ) et que personne ne soit incriminés , étonnante bulle spéculative qui est presque du a des phénomènes métrologiques et qu’un docteur génie a découvert .
    un spéculateur Mark Baum en quête de repentance endosse le bon rôle et mise contre le marché immobiliers non pas par cupidité naturelle mais pour faire mal a des banques !?!! c’est a se demander qui sont les méchants du film .
    Si c’est ca le “rêve américain” qu’est-ce que ça serai si c’était un cauchemar .

      +10

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  • Furax // 21.05.2016 à 10h01

    Le livre est bien meilleur que le film.

    Au risque de vous choquer, si le film est effectivement très bien fait et si les acteurs sont formidables, le fond du film est une grosse escroquerie dégueulasse. Je veux dire une énorme tromperie des spectateurs. Ce que n’est pas le livre qui est beaucoup plus neutre et n’élude pas l’énorme aléa moral qui fait que ces gérants de fonds sont autant des salopards que les gens de Goldman.

    Le scandale c’est de s’assurer sur un collatéral qu’on ne possède pas. Le livre montre d’ailleurs très bien que les personnes en question étaient conscientes du risque que toute leur spéculation s’effondre si le gouvernement US avait fait son devoir et décidé que tous ces naked CDS ne seraient pas honorés pour ne pas saigner à blanc AIG, Fanny Mae et autres Freddy Mac et les faire renflouer par les contribuables dont les banques qui s’étaient déjà gobergé ont par ailleurs fait saisir les maisons par millions.

      +12

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  • Agora // 21.05.2016 à 10h59

    J’ai lu le livre de Michaël Lewis (pas mal), vu le film (amusant). De mon point de vue, le meilleur film réalisé sur les subprimes est cet OVNI qu’est Margin Call, LE film à voir sur le sujet, pour plusieurs raisons.
    De forme, tout d’abord : le casting est effectivement impeccable sur The Big Short, mais Margin Call réunit une pléiade d’acteurs tout aussi (sinon plus) extraordinaires encore : Kevin Spacey, Jeremy Irons, Demi Moore, et le fantastique Zachary Quinto (Spock, en d’autres lieux). Margin Call (appel de marge, en jargon financier) est conçu comme une tragédie grecque : unité de temps, de lieu et d’action, avec une montée progressive (au propre et au figuré) de la dramaturgie. L’action se passe dans la salle de marchés et progresse vers les étages supérieurs, jusqu’à culminer dans le Graal, avec un directeur de fonds arrivé par hélicoptère sur le toit de l’immeuble (Dieu ?) pour rejoindre l’ultime réunion de crise. C’est absolument parfait.
    Sur le fond : un énorme écueil de The Big Short est d’occulter complètement la part de responsabilités des “petits porteurs”, des “sans-dents”, nous, vous, moi (en fait non : pas moi !;-). Margin Call va au bout de la logique économique du système. Que voulons-nous réellement : affronter la réalité de la faillite, ou poursuivre dans un train de vie confortable bâti sur de la dette ? Accessoirement, Margin Call décrit de manière claire l’effet de levier, à la base de cet énorme schéma de Ponzi qu’est la crise des subprimes.
    Autant le livre de Michael Lewis que le film s’arrête bien en-deçà, proposant une galerie certes cocasse de traders, mais comme cela a été dit plus haut, ne remet pas FONDAMENTALEMENT en cause le mode de vie qui permet à ce système de perdurer.

      +10

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    • Furax // 21.05.2016 à 12h06

      Margin call etait en effet excellent mais il ne traitait pas non plus le fond du problème, l’éludant lui aussi.

      Dans le film, l’un des personnages dit en effet à la fin que, s’ils ont fait cette montagne de dettes, c’était pour permettre aux gens de continuer à se payer ce qu’ils voulaient et d’éviter qu’ils ne s’étripent dans les rues.

      Or cette façon de présenter les choses est doublement trompeuse.

      D’une part elle élude la cause. A savoir une course à la productivité et à l’accroissement ou au maintien des marges qui ne peut conduire qu’à une impasse puisque la capacité de consommation des humains n’est pas infinie et qu’une consommation solvable et durable requiert la distribution de salaires et non d’emprunts.

      Et d’autre part elle élude l’alternative. Ne pas écraser les salaires et les emplois. Ne pas imprimer trop de papier ce qui ne peut profiter qu’aux plus riches.

        +6

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      • Agora // 21.05.2016 à 13h05

        Certes, le dialogue de Margin Call (aux trois quarts du film) ne va pas au bout du bout des responsabilités, pour des raisons sans doute formelles (ce n’est pas une thèse, ça reste un film, du divertissement), mais il a le mérite de pointer NOTRE responsabilité commune à tous, et pas seulement celle de traders appâtés par le gain. Ce que ne fait ABSOLUMENT pas The Big Short. Ce dernier ne montre qu’une demi (un quart ?) de réalité, celle de la haute finance, avec ses motivations diverses. Le bas peuple est évacué. Je considère que NOUS sommes responsables en dernier ressort :
        – de cautionner un système productiviste qui nous arrange;
        – de voter pour des crapules qui vendent leurs fesses à la finance et bradent nos intérêts;
        – de nous taire, d’une manière générale;

        Le système (productiviste, financier) n’est jamais que la CONSÉQUENCE, pas la cause, de notre consentement. “Cherchez la cause des causes”… dixit Hippocrate. On peut tourner longtemps autour du pot sur qui est responsable de quoi… En dernier dernier lieu, c’est bien nous. Tout le reste (la monnaie pleine, la redistribution des richesses, le rééquilibrage des pouvoirs) découlent d’une volonté commune, la nôtre.
        Là où je peux vous rejoindre, c’est sur l’idée que tout est fait pour NE PAS VOIR : la propagande (l’ingénierie sociale, comme on dit aujourd’hui) dispose de leviers extrêmement puissants. Je ne dis pas que c’est facile de se dessiller les yeux : je dis qu’une fois que c’est fait, nous ne pouvons plus faire semblant de ne pas savoir…

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  • SanKuKai // 21.05.2016 à 12h02

    Ma question va peut-etre paraitre bête et je m’en excuse mais je ne comprends pas
    Comment on peut miser à la baisse?

    Je suis surement naif mais, l’objectif de la finance n’est-il pas de pourvoir des capitaux aux entreprises qui en ont besoin?
    Quand on mise à la hausse je vois la logique, on investit sur une entité qui fera du profit dont on prendra une part. C’est gagnant-gagnant, ca fait sens.

    Mais à la baisse, on ne peut plus parler d’investissement mais de pari. Et dans ce cas, qui paye? d’ou viennent ces millions que les héros du film semblent empocher.
    (note: je n’ai pas vu le film, la réponse y est peut-etre).

      +1

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    • SanKuKai // 21.05.2016 à 12h12

      Aussi, si c’est un syteme d’assurance je ne comprend pas non plus pourquoi cela existe.
      Assurer une voiture, une maison, je comprends, il faut dédomager, réparer, etc. mais dans le cas présent ce ne sont que des chiffres sur un écran.
      Quel est l’interet pour la société que de telles assurances existent?

        +2

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      • Subotai // 22.05.2016 à 04h03

        C’est justement tout le scandale des CDS. Les paris sur les variations de prix que Jorion fustige depuis des années.

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      • Reagere // 22.05.2016 à 18h44

        J’ai compris que pour parier à la baisse, il faut louer une part et la vendre.

        La location entraine un loyer, d’où la tension avec les associés dans le film.

        En donc pour solder la position, on rachete une part et elle est rendue à son propriétaire.
        (Et ce n’est pas la meme, mais bon ce n’est pas de l’immobilier)

        Donc schéma classique, j’achète puis je vends position Longue
        Schéma short, je loue, je vends, j’achète, je rend.

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    • Furax // 21.05.2016 à 12h14

      De plusieurs manières. Par les contrats à terme dans lesquels on s’engage à vendre ou à acheter à telle échéance.

      Et dans le cas des CDS tout le principe décrit dans le bouquin mieux que dans le film repose sur une mésestimait on du prix de l’assurance. Si vous vous assurez sur un risque que tout le monde estime quasi nul, le prix de l’assurance est très très faible.

      Et si soudain les gens qui ne se sont pas assurés réalisent que le risque à une probabilité d’occurrence quasi certaine et que son impact est énorme, alors le prix de l’assurance flambe et celui qui a souscrit des assurances quand elles étaient très peu chères peut les revendre très cher et toucher le jackpot.

      L’intérêt légitime des CDS, c’est de se couvrir. C’est le même principe que quand une banque vous oblige à souscrire une assurance défaut sur votre emprunt immobilier. Là où ça pose un problème d’aléa moral, ce sont les gens qui souscrivent de tels emprunts sans avoir de collatéral à assurer, c’est-à-dire dans un but exclusif de spéculation.

        +9

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    • avec avec // 21.05.2016 à 20h13

      Il existe quelque chose en France d’extremement banal qui s’appelle , la vente à découvert ( méme pas besoin de marchés à terme , auxquels d’ailleurs peu de particuliers ont accés ) .
      Alors c’est quoi ? C’ est par exemple , tout simplement quand on achéte des actions sur la Cac 40 !
      On commande , mettons en début de mois , et on paye à la fin du mois . Mais on peut aussi les vendre avant la fin du mois , alors , si leur prix à monté entre les deux ( achat , vente ) et avant la fin de mois , ben on décaisse rien , on empoche la différence .
      Du coup , on peut vendre sans avoir méme acheté ( ou avant d’avoir acheté ) : on SHORTE , c’est une vente à découvert puisque vous vendez ce que vous n’avez pas encore ! Là suffit de réfléchir à l’inverse , on gagne , si çà baisse . On a vendu d’abord et acheté , ensuite , avant le terme du mois . On peut alors , non seulement gagner , à la baisse mais méme sans avoir d’argent !
      Dans la réalité c’est pas tout à fait comme çà , parce que vous achetez par l’intermédiaire d’un agent ( un broker en anglais ) , qui s’assure quand méme que vous en avez de l’argent , au moins de quoi payer les frais de report au cas où vous auriez foiré : vous vous attendiez à ce que çà baisse et puis çà monte !

        +2

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    • bats0 // 22.05.2016 à 10h53

      En fait, la question “Comment on peut miser à la baisse?” n’est pas complète, car il manque le “Pourquoi miser à la baisse”; cette forme de spéculation sur les ventes à découvert a été mise en place par les banques (la régulation des marchés contrôlée, soit disant par la SEC (Securities and Exchange Commission : organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers) a été mise entre parenthèse en 2004, officiellement pour remédier au nombre élevé de suspens de règlement/livraison en adoptant un règlement (Regulation SHO)) officieusement, afin d’augmenter le volume des transactions, permettant de spéculer sur les marchés à la hausse, comme à la baisse.
      Ceci explique pourquoi les marchés financiers sont devenus un casino géant avec 553 000 milliards de $ de montant notionnel des contrats en cours des produits dérivés traités de gré à gré (fin décembre 2015) (629 000 milliards de $ (fin décembre 2014), quand même). Pour vous donner un ordre d’idée du montant de ces encours, c’est plus de 7 fois le PIB mondial.

        +1

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  • louis // 21.05.2016 à 15h03

    Il faut supprimer les Bourses et toutes les spéculations.

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    • Furax // 21.05.2016 à 15h23

      C’est impossible de supprimer “toutes” les spéculations.

      Énormément de gens spéculent dans leur vie de tous les jours. Différer un achat parce qu’on espère que le prix va baisser ou au contraire le précipiter parce qu’on craint que le prix augmente, c’est spéculer.

      Quant aux bourses, ce sont de plus en plus des astres morts. L’essentiel de la spéculation se fait sur des espaces privés non réglementés ou peu réglementés. On ne peut pas empêcher des gens de décider d’échanger.

        +4

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      • louis // 21.05.2016 à 15h52

        C’est la spéculation financière et à grande échelle qu’il faut supprimer. Il suffit de fixer une valeur à chaque produit par rapport à son coût de production + une marge pour le producteur (faut bien qu’il paie ses employés et les taxes ou impôts divers) et le mettre sur le marché et ceux qui ont besoin de tel ou tel produit, de l’acheter et avec interdiction de le revendre plus cher CAR il faut supprimer LES INTERMEDIAIRES, ceux qui ne font qu’acheter puis revendre plus cher. Mais cela demande une moralité et une absence d’appât des richesses à toutes épreuves… D’ailleurs, même en Enfer, on n’emporte pas ses richesses… Si Je dois acheter une baguette, je l’achète, je n’attends pas que le prix baisse.

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        • Vasco // 21.05.2016 à 16h59

          Il faudrait inventer une économie basée sur la valeur d’usage pour remplacer cette économie de valeur d’échange. Une économie du réel et de l’utile à la communauté.

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          • Furax // 22.05.2016 à 09h47

            C’est juste impossible parce qu’une grande partie de ce qui est consommable n’a pas la même valeur d’usage selon les individus.

            Ce que vous prônez ne pourrait éventuellement marcher que pour les besoins vitaux au sens le plus étymologique du terme. Or quasiment aucun être humain ne se contente du strict nécessaire vital.

            Les prix administrés de manière générale, cela dysfonctionne et cela provoque des pénuries ici et du gâchis là.

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        • Furax // 22.05.2016 à 09h55

          La crise de 2008 n’est pas une crise de spéculations. La spéculation n’a fait que révéler les déséquilibres intenables qui étaient masqués.

          La crise que nous connaissons et qui a connu ce fameux point de retournement en 2008/2009 est une crise de surendettement des ménages.

          Et ce surendettement a eu lui-même deux causes :
          – l’une structurelle et profonde, à savoir l’insuffisance des salaires et la baisse de leur part dans la valeur ajoutée.
          – l’autre, simplement conjoncturelle, à savoir que les banquiers ont accordé de maniere déraisonnable (grâce à la titrisation très bien décrite dans le film) des prêts à des gens qui n’en avaient pas les moyens pour retarder l’inévitable réajustement.

          Le scandale de la spéculation c’est que le gouvernement des USA ait accepté que le contribuable paie les méga profits des spéculateurs qui ont créé ces CDS. Moralement l’Etat aurait du exiger que les dettes des banques et assurances résultant de leurs pertes soient converties en actions détenues par l’Etat qui rachetait.

            +4

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          • Louis // 22.05.2016 à 15h01

            A Furax,

            Vous écrivez que 2008 n’est pas une crise de spéculations mais du surendettement des ménages. Soit. Mais ne pensez-vous pas que les banques avaient une arrière-pensée d’octroyer des prêts à des ménages aux faibles ressources. Quelqu’un, en très haut lieu, a donné son feu vert pour que les banques agissent ainsi.

            Cela ne peut pas être une simple coïncidence “la Main Invisible”d’Adam Smith n’est pas seulement un système auto-régulateur du marché mut par l’égoïsme des individus afin d’améliorer son existence. Pour moi “la Main Invisible” est le prolongement de la “Personne Invisible” (personnes morales) qui actionne le levier des déséquilibres économiques mondiaux avec tous les outils à sa disposition c’est-à-dire guerres, attentats, assassinats, coup d’état, spéculations en tout genre, chantages…

            La spéculation est une opération faite pour réaliser un gain en profitant des fluctuations du marché. La spéculation est la cause première du désordre économique mondiale, le surendettement des ménages n’est qu’une des conséquences de la cause première.

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            Alerter
    • Durand // 21.05.2016 à 16h07

      louis,

      Le business n’est pas une tare pour un pays… Mais s’il n’est pas tenu par la loi à un minimum de patriotisme, si son accès à la mondialisation économique n’est ni limité ni contrôlé, il finit invariablement par vider ce pays de ses forces et de sa richesse.
      C’est ce que l’on doit à l’article 63 du TFUE (Traité de Lisbonne). Cet article vise à interdire aux Etats-membres la protection de ses activités économiques face au monde entier…

      Au sein d’une même nation, il suffit qu’un patriotisme 2.0 soit imposé par la loi, comme c’était le cas avant le Traité de Lisbonne. “Délocalisation” fait partie des mots (maux !…) que l’on doit à cet article 63 (ex art.56 du TCE), avec ses corolaires : pertes d’emplois, moindres recettes fiscales, déséquilibre import/export…, qui aggravent le déficit et engendrent les directives de Bruxelles comme la “loi travail”…
      D’où l’urgence de sortir de l’UE…

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      Alerter
  • avec avec // 21.05.2016 à 20h26

    Je voudrais susciter la réflexion , quand méme , sur pourquoi Hoolywood et la Presse fait des gorges chaudes sur les subprimes , alors que quand on ycomprends quelque chose , la crise vient pas de là du tout , et puis que des spéculations malheureuses y en a eu de pires avant et surtout en ce moment !
    Pourquoi que les banques , elles y z ont allé bétement ? Et bien , parce qu’il existent deux organismes publics au USA , instaurés par Roosevelt , lors de son new Deal qui garantissaient les préts . Faut pas chercher les cds , c’est pour les dérivés çà .
    Alors ces organismes , çà part d’une bonne intention , de gauche , sociale , fournir des emprunts bon marchés , aux démunis .
    Traduction Française : c’est comme si on bavait sur les HLM !
    Vous les voulez SDF , les pauvres ?

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    Alerter
  • Ducat // 21.05.2016 à 21h24

    Pour info > “Capitalism” de Michael moore est très intéressant au Mm titre et il a le mérite de vulgariser une bonne partie de l’aspect technique de cette crise.

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    Alerter
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