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6.janvier.20126.1.2012 // Les Crises

[Articles] Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le défaut

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Article repris d’Arrêts sur Images, avec d’excellentes sources 😉

Le vrai, le faux, le petit, le gros…

Et si on faisait défaut ? Après tout, quand on voit la montagne de dettes qui pèse sur les budgets des Etats, on se dit qu’on pourrait bien en couper une partie. Pas tout, non, mais un bout, hop, on jette à la flotte l’excédent de dettes, et vite, sinon on rejoue Titanic.

Cette hypothèse, soutenue récemment par Emmanuel Todd sur le plateau de Ce soir ou jamais, a été démontée par Jean-Michel Six de Standard & Poor’s. Si vous avez loupé l’épisode, je vous invite à lire l’article de Sébastien Rochat. N’empêche : un défaut est-il envisageable ? Peut-on, doit-on, faut-il réduire la dette de nos pays ? Daniel me confie la mission : “cocotte, le défaut ne doit plus avoir aucun secret pour nous. D’ailleurs, j’ai déjà le titre de l’article : tout tout tout sur le défaut. T’as plus qu’à l’écrire.” Moi, je n’en fais pas mystère, je suis accro à la dette, et telle une Marie Dubas qui se pique à l’eau de Javel dans son tango stupéfiant, j’en reprends volontiers une dose.

Avant tout, revenons aux fondamentaux. Faire défaut signifie “ne pas payer ses dettes”. C’est simple : on dit bonjour madame la banquière, bonjour monsieur l’investisseur, je ne peux plus rembourser l’argent que vous m’avez prêté alors qu’est-ce qu’on fait ? Après de gros sermons, madame la banquière et monsieur l’investisseur, friands de dictons populaires, se disent qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras et proposent d’annuler une partie de la dette afin de récupérer ce qu’il vous reste de biens.

Le cas d’un Etat est à peu près semblable : quand un pays veut emprunter de l’argent, il émet des titres qu’on appelle aussi bons du Trésor ou obligations assimilables du Trésor (OAT) ou obligations d’Etat, tous ces termes sont synonymes. Le pays vend ces titres, il contracte donc une dette, et en échange il rémunère ses créanciers selon un taux d’intérêt défini. Résumons : quand un pays a besoin de galette, de grisbi et de ptites pépettes, il émet des titres et les vend. En ce moment, les titres ne se vendent pas très bien. Les titres grecs, par exemple, ne trouvaient plus preneurs ou alors à des taux d’intérêt tellement élevés qu’on savait bien que le pays ne pourrait rembourser. Après de très gros sermons, les banques et les partenaires européens ont décidé, à l’issue de l’avant-dernier sommet-de-la-dernière-chance-pour-la zone-euro, que la Grèce ferait partiellement défaut. D’accord, on n’a pas vraiment parlé de défaut, on a préféré le terme de décote mais personne n’était dupe, surtout pas les agences de notation à qui on ne la fait pas :

 

Défaut_les échos

 

A-t-on ouvert là une boîte de Pandore “très dangereuse” comme s’en inquiète le patron de la Deutsche Bank dans leFinancial Times, inquiétude soulignée en novembre par Robert Jules, journaliste de La Tribune ? Il estime que le défaut n’est plus un tabou : “la décote sur la dette grecque est de nature à remettre en cause le principe qui semblait gravé dans le marbre, ou au moins dans la tête des responsables européens, de la sécurité absolue des obligations souveraines de la zone euro. Qu’est-ce qui empêche que le “hair cut” de 50 % proposé sur la dette grecque ne se reproduise demain pour le Portugal ou l’Italie ?”

Oui, vous avez bien lu “hair cut”, la coupe de cheveux en anglais. C’est le terme qu’utilisent les anglo-saxons pour dire défaut ou décote. Ils ont le sens de l’image n’est-ce pas ? Je pourrais d’ailleurs continuer la chronique en filant la métaphore : la zone euro doit-elle prendre rendez-vous chez le coiffeur ? On fait quoi : les pointes ? Une couleur ? Une mise en pli ? Faut-il attendre demain qu’on rase gratis ? Mais c’est un peu fastoche alors reprenons.

 

Défaut_coiffeur

 

Tabou ou pas tabou ? Pour Sarkozy ça ne fait pas un pli : “il doit être absolument clair que ce qui a été fait pour la Grèce, dans un contexte très particulier, ne se reproduira plus, qu’aucun Etat de la zone euro désormais ne sera mis en défaut” a-t-il affirmé à Toulon le 1er décembre. Fillon en a remis une louche mercredi à Marseille : “il n’y aurait plus jamais de défaut partiel d’un pays de la zone euro.” On attend avec impatience Baroin à Lille, Pécresse à Nantes et Lefebvre à Limoges.

 

QUI CASQUERA POUR LA DETTE ?

Selon le président, le défaut ne se produira plus jamais. Raison de plus pour s’y intéresser. Mais d’abord, première question : si on ne rembourse pas toutes nos dettes, qui trinque ? Est-ce les pays émergents et les petits épargnants comme le suggère Six face à Todd ? Liliane Bettencourt, comme le souligne Olivier Berruyer sur notre plateau éco du mois ? D’ailleurs, qui détient la dette française ? Eh bien figurez-vous qu’on ne sait pas. C’est Rimbus qui nous l’apprend sous le forum consacré à l’échange Six/Todd : “la dette est secrète, protégée par la loi“. L’asinaute-blogueur nous invite à lire la réponse du gouvernement à la question “qui sont les créanciers de la France, pour quels montants et à quels taux ?” : “Les textes actuellement en vigueur (…) n’autorisent les conservateurs d’instruments financiers (Euroclear France pour les titres d’État français) à communiquer aux émetteurs la liste de leurs détenteurs finaux qu’aux seuls émetteurs d’actions, de bons de souscription d’actions ou d’instruments de taux donnant immédiatement ou à terme accès au capital. Par conséquent, l’agence France Trésor (AFT) ne peut pas identifier précisément les détenteurs des obligations assimilables du Trésor (OAT), des bons du Trésor à intérêts annuels (BTAN) et des bons du trésor à taux fixe (BTF).

Incroyable nouvelle, non ? On ne sait pas qui possède la dette française. Samuel Laurent, journaliste du site duMonde, était parvenu à cette conclusion dans un long papier publié cet été et passé injustement inaperçu. Mais alors, faut-il conclure comme Rimbus que Jean-Michel Six nous enfume quand il évoque les pays émergents et les petits épargnants? Dans son élan, le blogueur exhume également une assertion de Patrick Artus, directeur de la Recherche et des Études de Natixis, lequel affirmait au Monde : “les trois plus gros détenteurs de la dette française sont le Luxembourg, les îles Caïmans et le Royaume-Uni.” D’où sort-il l’information ? Comment peut-il le savoir puisque les créanciers de la France sont protégés sous le sceau du secret ? A cette heure, Artus ne m’a pas encore répondu.

 

Défaut_caiman

 

Autre mystère : dans son papier de l’été, Samuel Laurent nous apprend que la dette française est détenue à plus de 65 % par des “non-résidents” français, un chiffre en baisse : “jusque fin 2010, il se situait plutôt autour de 70 %. Mais un chiffre qui n’a eu de cesse de grimper ces dernières années : en 1993, seuls 32 % de la dette française était détenus par des non-résidents.” Là encore, comment le sait-on ? C’est simple, me répond Olivier Berruyer que j’appelle à la rescousse : “on sait à qui on paie les intérêts. Et les intérêts partent pour un tiers à l’étranger et un tiers dans la zone euro.” En effet, on retrouve l’information sur le site de l’agence France trésor, l’agence chargée de la gestion de la dette et de la trésorerie de l’Etat. Berruyer est stupéfait : “on doit déclarer à l’Etat les actions qu’on possède mais les obligations de ce même Etat, non. Va comprendre”

 

LEÇON DE DETTE

Tant que je tiens Berruyer au téléphone, j’en profite pour lui poser la question : comment sait-il que 70% de la dette publique est détenue par 10% de la population, comme il l’affirme dans l’émission ?

Rappelez-vous :

Olivier Berruyer, à retrouver aussi sur son blog les-crises.fr

 

Explications :Sur les 13 000 milliards d’euros de patrimoine français, 10 000 milliards sont détenus par les ménages, le reste par les entreprises. Sur ces 10 000 milliards détenus par les ménages, 4000 sont du patrimoine financier, le reste immobilier.” Notons au passage qu’il y a dix ans seulement, le patrimoine des ménages était de 5000 milliards, le doublement est dû à la hausse considérable de l’immobilier. Continuons :La moitié de ces 10 000 milliards est possédée par 10% des ménages les plus riches. Mais si le patrimoine immobilier est plutôt bien réparti dans la population, on estime que 80% du patrimoine financier total est encore détenu par les 10% les plus riches.”Et les assurances-vie représentent une bonne partie de ce patrimoine financier. Comme elles se sont relativement démocratisées, et que certains ménages plus modestes peuvent aussi en détenir, Berruyer estime qu’au total, “70% de l’assurance-vie est détenu par les 10% des ménages les plus riches”. Et comme les obligations représentent une grosse partie des placements regroupés dans les assurance-vie (sinon, elles sont détenues par des banques et des hedge funds, eux-mêmes détenus principalement par les plus riches), il arrive à cette “équation certes approximative mais probablement proche de la réalité : 70% de la dette est détenue par 10% des ménages les plus riches. Et de conclure, taquin : “eh oui Anne-Sophie, ce sont les riches qui possèdent l’argent !”

Avec une équation pareille – 70% de la dette est détenue par 10% des ménages les plus riches – ça ne fait aucun doute pour Berruyer : si la France fait défaut, ce sont les ménages les plus riches qui trinqueront. Il insiste : “je ne prône pas le défaut, j’explique juste que c’est la moins pire des solutions.” Cela dit, il ne se fait guère d’illusion, on n’aura pas tellement le choix. Une fois encore, regardons les chiffres (note pour plus tard – penser à investir dans un tableau noir) : cette année, la France engrange 200 milliards de recettes quand elle en dépense 300 milliards, dont 60 milliards pour les seuls intérêts de la dette. Pour équilibrer le budget il faudrait faire 40% de dépenses en moins soit l’équivalent du budget de l’éducation nationale, de la défense et de l’intérieur réunis. Une paille. S’ajoutent à cela les flux financiers liés à la dette : en 2012, 100 milliards de dettes arrivent à échéance et, pour faire rouler la dette à court terme, il nous faudra trouver 200 milliards d’euros. Corrigeons le tableau : 200 milliards de recettes d’un côté et 600 milliards de dépenses de l’autre. Soit un trou de 400 milliards (3 fois nos recettes, 8 fois l’impôt sur le revenu). Là encore, que fait-on ?

“Tant qu’il y a des couillons qui prêtent, tout va bien, on continue. Mais ou la dette monte à + l’infini, ou elle s’arrête. Je pense qu’elle devra s’arrêter. Un jour, les taux deviendront trop tendus et l’agence France trésor ne pourra plus trouver l’argent sur les marchés. Et là, il faudra bien trouver rapidement une solution. Il y en a trois possibles: ou le gouvernement décide de ne plus rien payer, ni les fonctionnaires ni les ministères, rien, et c’est le chaos. Ou on fait défaut de 70% de la dette, et ce sont les 10% les plus riches qui paieront, les petits épargnants ne risquant rien. Ou bien on décide de prélever un impôt exceptionnel sur les gros patrimoines, sachant que la dette, c’est l’impôt d’hier qui n’a pas été payé. Ce troisième choix revient au deuxième, à savoir un défaut payé par les plus riches”
LES QUALITÉS DU DÉFAUT

Radical non ? Et si, comme le suggérait un abonné dans le forum, la position de Berruyer s’expliquait par son âge ? Peut-on penser que les jeunes préfèrent une solution “défaut” moins coûteuse pour eux, et que les plus vieux, les plus riches, préfèrent une solution monétisation de la dette quitte à provoquer de l’inflation ? J’ai posé la question à Louis Chauvel, sociologue des jeunes, en exil pour un an à New York (mais vous pouvez le retrouver dans une émission ici). Il me répond ceci : “si vous avez 20/25 ans au moment du hair cut, un bon nettoyage des problèmes par une massive dévaluation qui se restabilise dans les cinq ans, c’est tout bon : on ruine les anciens, qui vendent à perte, on bénéficie des remous de la stabilisation, et on épargne ensuite. Faire la même chose, mais en 2025, c’est déjà beaucoup moins intéressant pour cette même génération là… Pour le coup, ce qui est vraiment générationnel, ce sont les 25 dernières années de politique économique où la priorité a été donnée à la santé, aux retraites, au quatrième âge, le tout par des députés sexagénaires qui nous ont concocté cette cocotte minute économique qui a assuré l’explosion de la valeur de leurs biens immobiliers (les sexagénaires, rappelons-le, sont à 70% propriétaires sans remboursement). Le problème est que, comme disait l’autre, quand le Titanic coule, la 1e classe y passe aussi, mais ils auront peut-être les chaloupes”

 

Défaut_Chauvel

 

C’est en découvrant une autre voix plus âgée que j’ai quitté la piste générationnelle. Cette voix, c’est celle d’Henri Regnault, économiste et prof à l’Université de Pau qui suit la crise depuis septembre 2007 et rédige, à ses heures perdues, des notes claires et concises. La dernière, intitulée Bien le bonjour d’Archimède, explique que le défaut raisonné est une hypothèse loin d’être idiote, et surtout, chose nouvelle, qu’elle peut se décider unilatéralement par les Etats (une sorte de bras d’honneur fait aux banques) : “A quelles conditions un Etat peut-il se passer de ses créanciers, s’il accepte l’idée de ne pas les rembourser ni leur payer d’intérêts sur les sommes empruntées ? Réponse : dès lors que ses recettes couvrent ses dépenses… hors remboursement de la dette et paiement des intérêts, donc à condition que le solde primaire des finances publiques soit nul ou positif, c’est-à-dire à partir du moment où il n’aurait besoin d’emprunter que pour honorer le service de sa dette.”

Henri Regnault propose alors un premier tableau qui montre que ce solde est nul ou positif sur la zone euro.

 

Défaut_tableau

 

La zone Euro est structurellement excédentaire avant service de la dette et a été conjoncturellement déficitaire, globalement elle n’emprunte pas pour financer ses dépenses courantes.” Oui mais ce chiffre ne masque-t-il pas les situations très différentes au Nord (excédentaire) et au Sud (déficitaire) ? Non, et il publie un second tableau :

 

Défaut_tableau
Conclusion de l’économiste : “On retiendra donc de ces tableaux qu’en termes de budget primaire l’Europe est beaucoup plus vertueuse que le Japon, la Grande Bretagne et les Etats-Unis. C’est dire que tout le ramdam qui est fait actuellement autour de la dette européenne est largement une mayonnaise montée de toutes pièces par des apprentis sorciers anglo-saxons, pour tenter de canaliser les flux financiers mondiaux vers leur propre endettement… pourtant beaucoup plus problématique : apprentis sorciers au sens où ils déclenchent une foudre qui finira probablement par s’abattre sur eux au vu de leur situation budgétaire authentiquement catastrophique.”


RETOUR CHEZ LE COIFFEUR

Solution la moins pire ? Solution miracle ? Solution tout court ? Difficile d’en juger. Jacques Sapir me dit, avec ce pessimisme qu’on lui connaît bien : “la monétisation est en l’état la meilleure solution, mais elle est impossible du fait du refus allemand. Donc, on va dans un premier temps à la dépression (par addition de plans d’austérité) et dans un deuxième temps au défaut. Il faut savoir aussi qu’un défaut (ou une forte restructuration) nous coupe des marchés financiers pour 4 à 8 ans.”

L’argument de ne pas pouvoir se financer sur les marchés était également utilisé par Jean-Michel Six quand il brossait un tableau sombre du défaut de l’Argentine (en 2001) : “-25% en deux ans du Produit intérieur brut, un relèvement phénoménal de la pauvreté et pendant quinze ans, les Argentins n’ont pas pu se refinancer sur les marchés, ils ont été isolés”. Pourtant, l’Argentine est souvent montrée en exemple – salutaire – dans nos journaux, même si là encore il est difficile de démêler le faux du vrai, comme je l’avais raconté dans un vite-dit.

Aussi, dans cette masse de cheveux emmêlés, digne des plus jolies coupes rasta, je vous invite, dans le forum, à passer le sujet au peigne fin.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

21 réactions et commentaires

  • odeur_de_sapin // 06.01.2012 à 07h35

    Bonjour Mr Berruyer,
    Superbe article, mais que je comprenne d’une part il est dit que fin 2010, 70% de la dette est détenu par des non-résidents (pas tous des français éxilés fiscaux tout de même ?), et d’autre part, on lit que 70% de la dette est détenu par les 10% les plus riches de la population (française je présume vous voulez dire).

    Il s’agit de 70% de la part des 30% des résidents fiscaux français ou bien ai-je loupé un épisode sinon je vois pas bien comment tout cela est compatible.
    Merci.

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  • florent // 06.01.2012 à 08h35

    Bonjour
    Bravo .L’article est comme toujours passionnant et trés bien documenté.
    un seul bémole:je n’ai pas trouvé sur le site de l’Agence FT l’affirmation que “l’on doit déclarer à l’Etat les actions que l’on possede mais les obligations de ce meme Etat non”
    BàV
    JMF 

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  • jeanfiche // 06.01.2012 à 09h10

    Bonjour

    Excellent .
    Mais pour ma très “petite” Personne et MA FAMILLE , –12 au total ,comme les Saints Apôtres–Béni soit Le Miséricordieux– A quelle sauce serons nous entiérement mangés par ces requins de richisimes?
    Et combien de semaines/mois nous reste-t-il à survivre ???
    PS :
    Pouvons nous faire défaut sur les impôts que l’on nous prélève chaque mois,du moins à hauteur des cadeaux faits à ces mêmes richissimistes requins-gredins ? 

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  • Patrick-Louis Vincent // 06.01.2012 à 09h29

    Très interessant, comme toujours ! Jacques Sapir dit que la monétisation serait la meilleure solution, mais que nous allons au défaut parce que l’Allemagne ne veut pas entendre parler de monétisation.
    Question 1 :’Allemagne aurait-elle plus avantage à ce que la France fasse défaut, sachant que les banques allemandes détiennent beaucoup de dettes françaises, et qu’elles risquent la faillite, plutôt qu’accepter une monétisation des dettes ?

    Question 2 : le débat entre défaut et monétisation n’est-il pas déjà en voie d’être tranché, au profit de la monétisation, puisqu’il a été décidé :
    a) que la BCE nourrirait en liquidité les banques de manière illimitée
    b) que la BCE contrôlerait le MES qui va devenir une banque
    c) que la BCE va prêter au FMI pour soutenir les états

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    • bizbee // 06.01.2012 à 09h36

      tt a fait!
      et sur la question 2, on voit bien qui a le pouvoir…

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  • Alain // 06.01.2012 à 09h37

    Bonjour,

    “Ou on fait défaut de 70% de la dette, et ce sont les 10% les plus riches qui paieront, les petits épargnants ne risquant rien. Ou bien on décide de prélever un impôt exceptionnel sur les gros patrimoines, sachant que la dette, c’est l’impôt d’hier qui n’a pas été payé. Ce troisième choix revient au deuxième, à savoir un défaut payé par les plus riches”

    Je ne suis pas sûr que ça revienne bien au même..
    Si solution impôts, on considère que les années précédentes ont été aux seul bénéfice de la France et ses citoyens, et tout l’effort de remboursement se concentre alors sur les français uniquement, surtout les riches certes;
    Si solution défaut, on considère que c’est l’ensemble des acteurs financiers mondiaux qui ont prêté à la France, et y ont bien sur gagné pendant des années et ont pu aussi influencer sa politique avec cette manne financière (e.g. parallèle possible avec la situation Grec), qui doivent supporter l’effort de remboursement, délestant l’effort national à la part de dette qu’il détient. Personnellement je trouve la solution défaut plus juste, mais ça peut se discuter.

    Un peu hors-sujet (bien que lié à la justification d’un défaut) mais je me demande comment ça marche cette économie avec des effets de levier maximum; peut-on simplement (ex Etats-Unis) créer de la monnaie à partir de rien (Fed – Bernanke en ce moment), garder à peu près le même taux de change de la monnaie, prendre cette monnaie comme fond propre et faire des effets de levier de 40:1 (MF Global etc) et acheter le monde entier comme ça ? J’interprète sans doute mal ce que je lis sur le sujet mais je ne vois pas bien le mécanisme ou les équilibres mondiaux à ce sujet…

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  • FrédéricLN // 06.01.2012 à 10h22

    Très bien écrit. C’est agréable de voir des vrais journalistes scénariser les conversations d’experts !

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  • odeur_de_sapin // 06.01.2012 à 12h48

    Le terme de riches me laisse un peu songeur tout de même, bon ne parlons pas du cas Bettencourt, un peu caricatural presque, mais parlons plutôt des “ riches ordinaires ”, à défaut de trouver une meilleure appelation.
     
    Tout Bettencourt, qu’elle est, elle ne va pas à elle seule sauver les finances du pays, au vu des centaines de milliards en jeu.
     
    Par exemple, si l’on s’amusait à faire la chasse aux riches, à partir de quel patrimoine financier faudrait-il commencer à confisquer en étant qualifié de riche ?
     
    Les 100 000 français les plus fortunés ont un magot de combien en totalité, ou en moyenne, ou en vision statistique genre écart-type ?
     
    Ponctionner les 100 000 les plus riches serait-il suffisant d’ailleurs ?
     
    Et comment faire ? Créer un impôt d’urgence sur tous les placements financiers, pas impossible que les comptes soient virés ou vidés assez rapidement vous croyez pas ?
     
    Il faudrait récolter combien ? Des centaines de milliards ?
     
    En théorie je comprends bien le fonctionnement (que je ne partage que pour les très riches effectivement genre Bettencourt, le club des 1000 on pourrait l’appeler), mais comment l’appliquer en pratique ?
     
    Les grecs ont virés des milliards en Suisse, alors que le pays s’écroule, instaurer une tyrannie anti-riches ?
     
    Dans la pratique et dans l’urgence, j’ai des doutes sur cette approche.
    Rien ne vaut une gestion équilibrée sur le long terme. Le village Potemkine commence à s’écrouler.

    Et si cela se trouve … y a même des riches qui s’ignorent et qui sont participants sur ce blog !

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    • AJV // 06.01.2012 à 14h04

      Bonjour
      C’est pour cela que le defaut est “la moins mauvaise des solutions”.
      Qui détient les dettes? les “riches” – les banques – les financiers…
      un défaut ou un impôt exceptionnel sur les grosses épargnes reviendrait au même, ou presque.
      un défaut ne punirait que ceux qui ont voulu “jouer”. les petits épargnants seraient peu impacté. Et le prix du pain ne bougerait pas.
      enfin, tout ca, Olivier le dit plus clairement dans son intervention du 14/11, à écouter !
       

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      • odeur_de_sapin // 06.01.2012 à 20h29

        Merci.  (le 14/11 je ne “fréquentais” pas encore ce blog).

        Vu comme cela, je vote pour le … défaut, dommage aux prochaines éléctions, ca n’a pas l’air d’être au programme de qui que ce soit !   

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  • Moi // 06.01.2012 à 23h34

    Pour les riches, la monétisation est plus intéressante que le défaut. Le seul inconvénient, c’est l’inflation qui risque de manger leur capital en faisant perdre de la valeur à la monnaie. Il suffit donc d’utiliser une monétisation qui va créer de l’inflation ciblée, autrement dit qui va créer des bulles inflationnistes dans certains domaines (nourriture, énergie, logement) mais va épargner le pouvoir d’achat du cash. On aura compris l’intérêt de monétiser les dettes du marché secondaire: on file du cash aux riches (les banques), celles-ci le placent par exemple sur le pétrole et hop tout bénef, le prix du pétrole monte, le riche s’est débarrassé d’une reconnaissance de dette illiquide contre du cash, le pauvre casque à la pompe. Seul problème: le bilan de la banque centrale. Ils aviseront quand ça puera vraiment de ce côté-là.

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  • Vince // 07.01.2012 à 02h01

    Vous avez une approche purement comptable de la dette. Et le côté économique? politique?
    Pour ce qui concerne la France vous omettez un point essentiel sur la mécanique de la dette française. Le déficit extérieur de la France, vous êtes vous demandé comment il est financé? D’ailleurs rappelons que la dette publique correspond à des dépenses pour l’Etat mais… à des recettes pour tous ceux qui en bénéficient: allocations en tout genre, salaires des fonctionnaires (mais pas seulement puisqu’ils le redistribuent dans la société en consommant, etc), 1 retraite sur 10… Et oui la dette française permet de soutenir le premier moteur de la croissance française: la consommation. Plus de dette publique = plus de croissance non?
    On fait quoi après le défaut? Comment va t’on pouvoir importer du pétrole par exemple?
    Ce qui me gêne, c’est l’expression : la dette c’est l’impôt du passé non payé. Oui si la dette est détenue à 100% par les nationaux mais dans le cas français, 70% de la dette est détenue par des étrangers qui n’ont jamais eu vocation à payer des impôts en France.

    Ensuite, vous indiquez que les français détiennent des actifs à l’étranger. A la bonneheure! Car vu que la dette française a, ces dernières années, été un des actifs les moins rémunérateurs, il est quand même plus intéressant que l’épargne national se dirige vers d’autres support (même à l’étranger, c’est plus rémunérateur).

    D’ailleurs, la puissance publique n’a jamais rien fait pour que les français détiennent des OAT (aucun avantage fiscal). Par contre chaque année, l’AFT fait un road show à travers le monde pour promouvoir leur papier OAT, et à chaque fois on retrouve les mêmes destinations d’après leur rapport annuel (Arabie Saoudite, pays pétroliers, Chine, Japon…) justement les pays qui ont des excédents extérieurs. Donc, l’AFT doit quant même avoir une idée très précise de ses 70% de “clients” étrangers. On leur dit quoi à cela? “On fait défaut, à tchao, bonsoir”?!? La c’est sûr, comme l’a déclaré Alain Minc : Il y a 2 moyens de rembourser les dettes des Etats: l’inflation ou la guerre. Et la c’est plutôt la 2ème option alors.

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    • denton // 07.01.2012 à 19h38

      Pitié pas Alain MINC !!! D’ailleurs il a (volontairement ? ou pas ) oublié la solution du défaut, justement.
      Par contre je suis d’accord sur la question des OAT : les français devraient pouvoir en détenir et être informés de cette possibilité. Ce serait du gagnant-gagnant, ils pourraient toucher des intérêts plus élevés que le livret A et l’Etat français serait moins dépendant des institutions qui plus est étrangères.

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      • jean // 07.01.2012 à 21h09

        Denton après le défaut il y a la guerre ! On parle pas de quelques milliards là mais de plusieurs milliers de milliards et les gens qui les possèdent sont à des postes décisionnaires…

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  • askarine // 07.01.2012 à 21h23

    au lieu de penser qui doit payer, on devrait déjà penser à optimiser le fonctionnement de l’état : il y a tellement d’économies à faire et pour le bien de la colleectivité en plus !!! si on cherchait à optimiser le fonctionnement de l’état sans couper bêtement dans les dépenses sans réfléchir vraiment, on pourrait dégager bcp d’argent qui permettrait de rembourser la dette sur plusieurs exercices (avec restructuration des dettes pour dettes sans interets, cf un autre de mes posts, sans compter l’inflation). Ex : un service public du ministere de la santé utilisait 200 logiciels aussi hétéroclites qu’inefficients, et via un progiciel, ils passent à deux applications : les gains sont  emplois administratifs inutiles en moins (pour les remplacer par des personnels soignants qui eux manquent !), contrôle interne amélioré pour la dépense et toute la gestion de la facturation et recouvrement, meilleure pilotage de l’activité…. enfin, tout un tas d’amélioration qui rendent plus efficiente cette structure publique, fait donc économiser de l’argent à terme (investissement important pour le progiciel), rend un meilleur service au citoyen (remplacement personnel administratif par personnel soignant)…

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    • odeur_de_sapin // 08.01.2012 à 06h32

      Optimiser le fonctionnement de l’état !!!??? mais vous allez déclencher les foudres de millions d’individus, provoquer des manifs monstres, faire se bloquer tout le pays, vous êtes un dangeureux révolutionnaire !!  

      Mon cher Askararine, le jour ou cela arriverait … la France ne serait plus la France, ceci dis c’est un phénomène plus ou moins répandu aux 4 coins du globe.
      Les soins apportées à dépenser l’argent des autres, et donc l’efficacité de la dépense de l’argent publique, cela demanderait l’intégrité d’un Dalai-Lama pour chaque élu. Arrêtons de rêver.
       
       

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  • askarine // 09.01.2012 à 13h23

    ce n’est pas un rêve, c’est une réalité puisque l’exemple dont je parle a été mis en place, et j’ai personnellement participé à son élaboration donc je sais de quoi je parle. Ce qui a poussé à cette optimisation, c’est simple c’est l’urgence. Car sans elle, il est probable que l’on serait resté dans une gabegie des ressources de cet organisme. Sans urgence, je vous rejoins. MAis on sera de plus en plus dans l’urgence, donc dans la réforme, espréons que celle-ci soit intelligente et surtout qu’elle arrive à temps pour éviter lesz coûts sociaux trop importants. Mais de toute façon, tant qu’on aura pas réformé de fond en comble le système de création monétauire, il n y aura pas de solutions…

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  • crapounet // 09.01.2012 à 21h04

    D’ailleurs si on suit l’article de Samuel Laurent (Le Monde). On peut se faire une idée approximative de qui détient la dette.
     
    On part du fait que la dette est détenu à 35%:
    – 20% par des compagnies d’assurance
    – 14% par des banques
     
    De l’autre coté, 65% de la dette est détenu par des non résidents, dont:
    – 48% hors zone-euro (dont 8% en Norvège et en Suisse)
    – 17% dans la zone-euro
     
    Maintenant si on en croit Artus, le Luxembourg, le Royaume-Uni et les Iles Caïmans sont les plus gros détenteurs.
    Si on part du faite que la Norvège et la Suisse détiennent à eux deux 8% de la dette et si on prend comme hypothèse qu’elles en détiennent à égalité (donc 4% chacune). Alors on peut penser qu’au minimum le Luxembourg, le R-U et les Caïmans détiennent 5% de la dette (soit 15% à eux trois).
    Bon il y a beaucoup de si quand même :/

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  • TZYACK // 07.02.2012 à 12h37

    Régle d’Or : Quand l’endettement d’un Etat devient équivalent à son PIB, il faut que le taux de croissance de son PIB « inflaté » soit alors supérieur au taux moyen des intérêts de sa dette, s’il veut assurer, au moins, le service de sa dette et ne pas finir ruiné !
    Le défaut est à un Pays endetté ce que le dépôt de bilan est à une entreprise : un acte de bonne gestion s’il est préparé à temps. Ca ne fait que geler les dettes et les créances (Defeasance).« Si les dettes bancaires des Etats de l’U.E. sont considérées comme des dettes publiques alors « leurs Banquiers doivent être, légitimement, considérés comme des fonctionnaires et les Banques comme des services gouvernementaux européens »
    La monétarisation des dettes publiques par les Banques Centrales permet de les rembourser en “monnaies de singes” : Leurs pertes peuvent s’inscrire sans limite à leur passif (Capital négatif), ne pouvant pas être mise en faillite de par leur statut.

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  • TZYACK // 10.02.2012 à 09h19

    Si on veut se rembourser des coûts d’un prêt immobilier, des frais de Notaire, de celui de l’inflation et de l’impôt sur plus value, on doit vendre un bien immoblier pratiquement le double de son prix d’achat au bout d’une dizaine d’années

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  • RAGEMAG | Dette : le défaut n'a-t-il pas des qualités ? // 01.10.2013 à 16h30

    […] Le défaut pour les nuls, grâce à Arrêt sur Images ; […]

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