Par Jonathan Turley, le 13 janvier 2012

Tous les ans, le département d’état publie des rapports sur les droits des personnes dans d’autres pays, répertoriant l’adoption de lois et règlements restrictifs partout dans le monde. L’Iran, par exemple, a été critiqué pour son refus de tenir des procès publics équitables et les limites imposées à la vie privée, tandis que la Russie a été épinglée pour ses entorses à l’application de la procédure judiciaire. D’autres pays ont été condamnés pour leur utilisation de preuves secrètes et pour torture.

Alors même que nous passons au crible les pays que nous considérons comme des dictatures, les américains restent cependant certains que toute définition d’un pays libre doit comprendre le leur – le pays de la liberté. Pourtant, les lois et les pratiques du pays devraient ébranler cette certitude. Dans la décennie qui a suivi le 11 septembre 2001, ce pays a drastiquement réduit les libertés civiles au nom d’une sécurité renforcée. La Loi d’Autorisation (du budget) de la Défense Nationale en est l’exemple le plus récent. Signée le 31 décembre, elle autorise la détention de citoyens sans limite de temps. A partir de quel seuil la réduction des droits des personnes dans notre pays change-t-elle notre définition de nous-mêmes ?

Alors que tous les nouveaux pouvoirs sécuritaires nationaux adoptés par Washington étaient sujets à controverse dès leur promulgation, ils étaient souvent discutés indépendamment les uns des autres. Mais ils n’agissent pas indépendamment les uns des autres. Ils forment une mosaïque de pouvoirs pouvant faire apparaître notre pays, au moins en partie, comme autoritaire. Les américains proclament souvent à la face du monde que notre pays est un symbole de liberté, tout en rejetant des nations comme Cuba et la Chine dans la catégorie des dictatures. Nous n’avons objectivement qu’à demi raison. Ces pays manquent réellement des droits individuels de base comme l’accès à une justice indépendante, les excluant de toute définition sensée du mot “libre”, mais les États-Unis ont maintenant beaucoup plus en commun avec de tels régimes que quiconque ne voudrait l’admettre.

Ces pays ont aussi des constitutions qui prétendent garantir les libertés et les droits. Mais leurs gouvernements ont toute latitude pour dénier ces droits et ne laissent que peu de place à une quelconque contestation citoyenne : ce qui est précisément le problème avec les nouvelles lois de ce pays.

La liste des pouvoirs acquis par le gouvernement des États-Unis depuis le 11 septembre nous met dans une inquiétante compagnie.

Assassinat de citoyens américains

Le président Obama a revendiqué, comme le président George W. Bush avant lui, le droit d’ordonner l’assassinat de n’importe quel citoyen considéré comme terroriste ou instigateur du terrorisme. L’an dernier, il a ainsi approuvé le meurtre du citoyen américain Anwar al-Awlaqi et d’un autre citoyen américain. Le mois dernier, des représentants officiels du gouvernement ont confirmé ce pouvoir, déclarant que le président peut donner l’ordre d’assassiner tout citoyen qu’il considère être allié à des terroristes. (Des pays comme le Nigeria, l’Iran et la Syrie ont été régulièrement critiqués pour les exécutions d’ennemis de l’état en dehors de toute procédure judiciaire.)

Détention arbitraire sans limite de temps

Selon la loi validée le mois dernier, les personnes soupçonnées de terrorisme doivent être détenues par les militaires ; le président a aussi le pouvoir de faire mettre en détention sans limite de temps les citoyens accusés de terrorisme. Alors que le gouvernement affirme que cette disposition ne fait que codifier la loi existante, des experts contestent largement ce point de vue, et l’administration s’est opposée aux tentatives de remise en cause d’un tel pouvoir devant les tribunaux fédéraux. Le gouvernement continue de revendiquer le droit de dépouiller les citoyens de leurs protections légales à sa seule discrétion. (La Chine a récemment codifié une loi plus limitée sur la détention de ses citoyens, pendant que des pays comme le Cambodge ont été stigmatisés par les États-Unis pour les “détentions prolongées” qui s’y pratiquent).

Justice arbitraire

C’est au président désormais de décider si une personne devra être jugée par la Cour fédérale ou par un tribunal militaire, un système dont le manque de protection procédurière nécessaire est raillé sur toute la planète. C’est Bush qui s’est attribué cette autorité en 2001 et Obama a perpétué cette pratique. (L’Egypte et la Chine ont été décriées pour avoir appliqué à certains prévenus, civils compris, une justice militaire séparée.)

Recherches non mandatées

Le Président peut maintenant ordonner une surveillance sans avoir besoin de mandat, ce qui comprend la possibilité nouvelle de forcer les entreprises et les organisations à fournir des informations sur les finances, les communications et les associations des citoyens. Bush a acquis ce pouvoir généralisé à la faveur du Patriot Act de 2001 et Obama a étendu ce pouvoir en 2011, en y incluant les recherches d’absolument tout, depuis les documents commerciaux jusqu’aux historiques des bibliothèques. Le gouvernement peut utiliser des “lettres de sécurité nationale” pour exiger, même sans présomption légitime, que des sociétés fournissent des informations sur des citoyens – en les obligeant à ne pas dévoiler cette procédure à la partie affectée. (L’Arabie Saoudite et le Pakistan possèdent des lois qui permettent à leur gouvernement d’opérer une surveillance discrétionnaire étendue.)

Preuves secrètes

L’emploi de preuve secrète par le gouvernement pour mettre des individus en détention est devenue une habitude, que ce soit devant une cour fédérale ou une cour militaire. Elle permet aussi de forcer le rejet des procès contre les États-Unis, il suffit de remplir une déclaration qui affirme que le procès amènerait le gouvernement à dévoiler des informations classées secrètes et qui mettraient en péril la sécurité nationale – un procédé utilisé dans de nombreux procès en violation de vie privée et largement accepté par les juges fédéraux, sans aucune objection. Même les avis préalables, cités comme étant la base des actions menées par les administrations Bush et Obama, sont classés secret défense. Cela permet au gouvernement d’invoquer des arguments légaux secrets pour appuyer des procédures secrètes grâce à des preuves secrètes. De plus, certains procès ne sont même jamais portés devant les tribunaux. La cour fédérale rejette régulièrement les recours constitutionnels contre des politiques et des programmes, se réfugiant derrière une étroite définition des fondements juridiques de saisine d’une affaire.

Crimes de guerre

Le monde a réclamé des poursuites contre ceux qui ont pratiqué la torture par l’eau contre des terroristes présumés sous l’administration Bush, mais l’administration Obama a déclaré en 2009 qu’elle n’autoriserait pas les enquêtes ou les poursuites contre les employés de la CIA responsables de ces actes. C’est mépriser non seulement les obligations des traités mais aussi les principes du droit international de Nuremberg. Quand des tribunaux de pays comme l’Espagne ont décidé d’enquêter sur des officiels de Bush pour crimes de guerre, l’administration Obama a, selon certaines sources, pressé ses homologues étrangers d’empêcher de telles poursuites, malgré le fait que les États-Unis aient longtemps prétendu à la même autorité envers les présumés criminels de guerre d’autres pays. (De nombreuses nations ont empêché que des enquêtes soient menées contre des officiels accusés de crimes de guerre et de torture. Certaines, comme la Serbie et le Chili, se sont finalement résignées à se soumettre au droit international ; les pays qui ont refusé des enquêtes indépendantes comprennent l’Iran, la Syrie et la Chine.)

Tribunal secret

Le gouvernement utilise de plus en plus le tribunal secret de surveillance des agents de renseignement étrangers, qui a étendu ses mandats secrets pour y inclure tous les individus suspectés d’aider ou d’encourager des gouvernements ou organisations étrangers hostiles. En 2011, Obama a renouvelé ces pouvoirs, en y incluant la possibilité de rechercher secrètement des individus n’appartenant pas à un groupe terroriste identifiable. Son administration a confirmé le droit d’ignorer les limites imposées par le Congrès à propos d’une surveillance de ce type. (Le Pakistan a placé la surveillance pour la sécurité nationale sous l’autorité opaque de l’armée ou des services de renseignement.)

Immunité face à l’examen de constitutionnalité d’une loi

Comme l’administration Bush avant elle, l’administration Obama a fait pression et obtenu l’immunité des sociétés qui, sans en avoir le droit participent à la surveillance de citoyens, rendant ainsi inutile toute action au nom de l’atteinte à la vie privée. (De la même manière, la Chine balaie les protestations contre l’immunité, qu’elles viennent de Chine ou d’ailleurs, et il est ordinaire qu’elle bloque les actions en justice contre les sociétés privées.)

Surveillance continue des citoyens

L’administration Obama a défendu avec succès sa volonté de pouvoir utiliser des appareils dotés de GPS afin de suivre tous les mouvements d’un individu ciblé sans décision ni examen judiciaire préalable. (L’Arabie Saoudite a mis en place un système de surveillance publique massive, et il est de notoriété publique que Cuba surveille activement certains de ses citoyens.)

Transferts exceptionnels

Le gouvernement a désormais la possibilité de transférer des citoyens nationaux ou étrangers dans un autre pays au moyen d’un système appelé procédure de transfert exceptionnel. Il a été dénoncé comme étant un moyen d’utiliser d’autres pays comme la Syrie, l’Arabie Saoudite et le Pakistan pour torturer les suspects. L’administration Obama affirme qu’elle n’abuse plus de cette pratique comme c’était le cas sous Bush, mais elle insiste sur le droit d’utiliser ces transferts sans aucune entrave – y compris pour les citoyens américains.

Ces nouvelles lois arrivent accompagnées d”injection d’argent dans un système de sécurité étendu au niveau des états et de la fédération, incluant une augmentation des caméras de surveillance publique, des dizaines de milliers d’agents de sécurité et une extension massive d’une bureaucratie chasseuse de terroristes.

Certains politiques haussent les épaules affirmant que ces pouvoirs renforcés ne sont qu’une réponse à la situation actuelle. Le sénateur Lindsey Graham (républicain – Caroline du Sud) a donc pu déclarer sans objection dans un entretien publié au printemps dernier que “la liberté d’expression est une brillante idée, mais nous sommes en guerre”. Bien entendu, le terrorisme ne “se rendra” jamais et ne mettra jamais fin à cette “guerre ci”.

D’autres politiques justifient l’existence de tels pouvoirs, le problème se ramenant selon eux à l’utilisation qu’on en fait. Cette réponse est fréquente chez les libéraux qui ne peuvent se résoudre à dénoncer Obama comme ils ont dénoncé Bush. Le sénateur Carl Levin (démocrate – Michigan), par exemple, a souligné que ce n’était pas du ressort du Congrès de décider sur la question de la détention illimitée : “c’est une décision que nous laissons à ceux à qui elle appartient – c’est-à-dire à la branche exécutive”.

Et lors d’une déclaration relative à la signature de la loi de financement du département de la Défense, Obama a déclaré qu’il n’avait pas l’intention d’utiliser ce dernier pouvoir pour emprisonner indéfiniment des citoyens. Néanmoins, il l’acceptait avec regret tel un autocrate malheureux.

Une nation autoritaire n’est pas seulement définie par l’utilisation excessive de pouvoirs, mais par sa capacité à pouvoir les utiliser. Si un président peut vous prendre votre liberté ou votre vie par sa seule autorité, tout droit ne devient guère plus qu’un privilège discrétionnaire soumis au bon vouloir de l’exécutif.

Les rédacteurs [NdT : de la constitution] ont vécu sous un régime autocratique et comprenaient ce danger mieux que nous ne le faisons. James Madison, dans un avertissement célèbre, a prévenu que nous avions besoin d’un système qui ne dépende pas des bonnes intentions ou des motivations de nos dirigeants : “Si les Hommes étaient des anges, aucun gouvernement ne serait nécessaire.”

Benjamin Franklin était plus direct. En 1787, une Mme Powel s’en prit à Franklin après la signature de la Constitution en demandant, “Eh bien, Docteur, qu’avons-nous là, une république ou une monarchie ?” Sa réponse fut assez froide : “Une république, Madame, si vous êtes capable de la garder.”

Depuis le 11 septembre, nous avons créé le gouvernement que nos Pères fondateurs redoutaient : un gouvernement avec des pouvoirs ravageurs et largement incontrôlables laissant seulement au peuple l’espoir qu’ils seront utilisés sagement.

La clause de la détention indéterminée dans le projet de budget de la défense sonnait comme une trahison de la part d’Obama pour les défenseurs des libertés civiles. Alors que le président avait promis son veto sur la loi du fait de cette clause, Levin, le parrain du projet de loi, a divulgué au sénat que c’était en fait la Maison-Blanche qui approuvait la suppression de toute exception pour les citoyens américains quant à la détention indéterminée.

La malhonnêteté des politiciens n’a rien de neuf pour les américains. La véritable question est de savoir si nous nous mentons à nous-mêmes lorsque nous appelons ce pays la terre des hommes libres.

Jonathan Turley est titulaire de la chaire Shapiro de droit des libertés publiques à l’université George Washington.

Source : The Washington Post, le 13/01/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

46 réponses à [Reprise] Dix raisons pour lesquelles les États-Unis ne sont plus la terre des hommes libres

Commentaires recommandés

JiBé Le 29 avril 2015 à 08h52

Au fond, quelle est la définition de l’idée de liberté dans une démocratie, en-dehors de ce qui est gravé dans les marbres devenus friables des constitutions républicaines ? Quelle expérience vous et moi pouvons-nous faire de cette liberté ?

En tant qu’homme de nature libertaire, revendiquant par là une certaine liberté d’esprit, homme libre dans sa tête et de ses mouvements détestant cordialement le système où je vis avec vous et comme vous, subissant ce système en tant que précarisé, constatant la disparition de l’esprit de lutte collective et nourrissant par là une indifférence grandissante à l’égard de la politicaillerie quelle qu’elle soit, je ne vote pas, je n’ai plus la télé depuis vingt ans, j’écoute de moins en moins la radio, je n’achète pas de presse, je m’informe au travers des blogs, j’en tiens un sous la forme d’un feuilleton à prétention humoristique, je suis parfaitement conscient que le web est ultra-fliqué depuis qu’il existe, cela dit j’étais vivant à l’époque où ni le web ni le téléphone portable n’existaient et je pourrais allègrement m’en passer, demain matin, si je n’avais plus les moyens de me payer une connexion et un coupon-recharge de tant d’unités.
Tout cela ne m’a pas valu, à ce jour, d’intervention musclée de quelque milice, ni a fortiori d’interrogatoire.

Je vis dans un bled paumé où majoritairement les gens sont pauvres. Il y a ceux qui se laissent aller, ceux qui magouillent et ceux qui se débrouillent. Nous avons beaucoup de routes sinueuses et cela fait que pas mal de choses tombent des camions, que l’on trouve à prix modiques sur les étals des marchés et des vide-greniers. Les poubelles regorgent de toutes sortes de choses récupérables. Ma stéréo vient d’une poubelle, mon transistor aussi, et quelques fringues. Il y a des épiceries associatives et des potagers collectifs.

MAIS voilà. Il y a des tauliers, qui appliquent les loyers qui leur chantent. Comme ici il n’y a pas d’économie et qu’on est loin de tout, les loyers sont moins chers. C’est pour ça qu’il y a tant de pauvres. Ailleurs, dans une grande ville voisine, pour deux fois le prix d’un studio ici, tu te retrouves dans un placard de dix mètres carrés. Tu as juste à faire virer ce que tu touches direct dans la poche du propriétaire, et les distractions et les avantages de la grande ville, concerts, cinémathèque, théâtre, expos, eh bien tu fais une croix dessus. Question possibilités de taf, c’est le même tarif qu’ici : emplois z’aidés sous contrats jetables, des tonnes de papiers à remplir quand on te remercie, des comptes à rendre à des sous-fonctionnaires aussi exploités que toi mais qui jouent le jeu de l’ennemi, des semaines d’attente pour récupérer tes indemnités de survie, donc tu y réfléchis à deux fois avant de reprendre un contrat pourri et quand tu es convoqué, tu t’arranges pour adhérer aux codes du cas social inemployable.

Tu abordes ainsi la quarantaine, et de là tu files tranquillou vers la cinquantaine au-delà de quoi se profile à l’horizon la seule perspective de la maison de retraite.

Alors pourquoi cet exposé ? Pour dire quoi, au bout du compte ?

Eh bien qu’on est en démocratie, OK ! en république, je veux bien ! au pays des droits de l’Homme (mais lesquels ?), qu’on se veut à la pointe des libertés auxquelles on est attachés, entendu ! Mais le gars que je suis, qui a grandi dans la mouvance de 68, qui a cru en la Gauche et en ses idéaux humanistes jusqu’à la pantomime politico-stratégique de l’Union du même nom en 79 et qui a vu le paysage se modifier à partir du fameux “tournant de la rigueur” de 83 avec l’apparition de ce qu’on appelait alors “les nouveaux pauvres”, le gars que je suis qui tout au long de sa vie, partout où il a vécu, n’a connu et côtoyé que des flopées de stagiaires de carrière, d’employés en intérim, d’ouvriers embauchés puis débauchés, de potes arrondissant leur mois sur des chantiers au black, de débrouillards professionnels, de précaires de l’art guettant le téléphone et le facteur dans l’attente d’hypothétiques engagements, de serveuses le midi femmes de ménage le soir, de femmes de ménage à l’aube vendeuses sur les marchés la journée, de chômeurs de longue durée convertis à la magouille, de gars et de filles empêtrés dans les paperasses de survie et en guerre ouverte contre les administrations et les guichetiers… et j’en passe… eh bien ce type-là s’est fait sa petite idée sur ce qu’est la liberté en démocratie républicaine, et il se dit que cette liberté dont on lui serine les politesses depuis le berceau, elle n’est peut-être pas aussi relative que celle du dissident à l’époque du bloc de l’Est, mais elle n’est quand même pas de qualité premium (pour emprunter au dialecte contemporain), et ça ne date pas d’hier.

C’est juste que certains se réveillent après une grasse mat’, quand d’autres se sont levés à l’aube.

La liberté est d’abord et surtout une question de fric. Et dans un pays comme le nôtre, ultra-conservateur et qui n’a rien lâché de son passé féodal, où l’ascenseur social fait partie d’une mythologie que n’importe quel jeune grandi en HLM peut expérimenter, où naître dans une famille laborieuse tient de la malédiction, naître friqué autorise des ouvertures, un confort, une évolution sociale que ne connaîtront jamais les gamins nés dans des milieux fauches. A moins d’un miracle, ou d’un piston -sport national- pour autant qu’il y ait les accointances voulues -autant dire un coup de veine.

Concernant les States, relisez Bukowski et Henry Miller, souvenez-vous du McCarthysme et des ségrégations raciales, rappelez-vous le massacre impuni de Mi Lay et pour ceux qui y sont allés et qui y vont de temps en temps, les cloches à chaque coin de rue et la surabondance de flicaille tous azimuts ne laissent planer aucune ambiguïté quant à l’esprit de liberté qui règne dans ce pays. Nous sommes à peine plus libres ici, disons différemment. Mais là-bas comme ici, est vraiment libre de sa vie et de ses mouvements celui qui a un compte en banque rebondi. Les autres vivotent dans une liberté conditionnelle.

  1. Chris Le 29 avril 2015 à 00h44
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    Pour alimenter le débat :
    28 avril 2015 – L’Amérique n’est plus une démocratie
    http://fr.sputniknews.com/societe/20150427/1015841176.html
    Des scientifiques de deux universités américaines sont arrivés à une conclusion choquante: les Etats-Unis ne sont pas dirigés par le peuple, mais par des oligarques.
    Les chercheurs estiment que les décisions du gouvernement américain s’alignent rarement sur les préférences de la majorité des Américains, mais favorisent généralement les intérêts particuliers et des organisations de lobbying: “En règle générale, quand une majorité de citoyens n’est pas d’accord avec les élites économiques et/ou des lobbies, ils perdent”.


    • Demoralisateur Le 29 avril 2015 à 13h49
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      Les état unis n’ont jamais été une démocratie (de même que la France), c’est un régime parlementaire, une république. Pas une démocratie.

      Il y a tout un monde entre démocratie et république.


      • Ankalogon Le 06 mai 2015 à 10h04
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        Bien dit ! Ou une aristocratie élective.
        En fait, le peuple n’a jamais rien dirigé sauf
        dans les contes de fée… Et encore.


  2. jiemo Le 29 avril 2015 à 01h34
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    Excellent article !

    Il est de plus confirmé dans son “esprit” par deux ou trois petits indices diffusés ce mardi 28 avril sur Vice ( un psychologue militaire au service du water-boarding extra-territoriale ) , sur LCP (une indruction parcellaire de la commission sur le “référendum” et des questions sur la confiance citoyenne en nos politiques (une redite du 15 janvier) ) , enfin sur Arte journal où Moscovici tente de nous vendre le chantage fait au peuple grec comme un mal nécessaire à la survie de l’illusion de la démocratie de l’euro.

    Ces trois “discours” observés par la petite lucarne lcd de mon modeste salon tendent à conforter la vision décrite par l’article et l’inconfort pour la raison qui en résulte .

    Nos esprits sont-ils si submergés par un flot continu d’infos inutiles et sans objet qu’ils ne distinguent plus l’essentiel , la perte patente de nos libertés …perte qu’on nous offre pour un “bien” …un éveil s’impose à défaut d’un réveil !


  3. jiemo Le 29 avril 2015 à 01h44
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    p.s. …ne parlons même pas de ce qui nous fut livré sur cette même Arte avec un “28 minutes” particulièrement con—fusionel où l’église et l’armée furent de nouveau présentés comme sauveur d’une humanité déroutée ( moment média des plus insupportable par la lourdeur de sa signification ).


  4. Pastèque Le 29 avril 2015 à 06h08
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    Howard Zinn: les US n’ont jamais été une démocratie

    https://www.youtube.com/watch?v=X2-ufX15xt8


    • Nicolas Le 29 avril 2015 à 08h10
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      Oui, James Madison a écrit la Constitution US pour défendre les plus riches contre les plus pauvres. Je n’ai pas la citation exacte en tête, mais il l’a écrit clairement lui-même. Ce qui est rigolo c’est que quand on présente cette citations aux zélateurs du système américain, ils affirment que la citation est sortie de son contexte, ou autre calembredaine. La croyance au système américain (ou en l’UE d’ailleurs) ne tient que par les effets de la dissonance cognitive.


      • Chris Le 29 avril 2015 à 13h40
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        La Constitution américaine fut d’inspiration française, ceci peut expliquer cela.
        Ce qui se passe aux USA, reflète ce qui se passe chez nous : les 200 familles du 20e siècle sont toujours là et le vent en poupe. Le capital n’a pas de patrie et mène la danse.
        J’ai relevé une phrase clef dans la vidéo référencée de Pastèque.
        Howard Zinn dit : “le système demeure anti-démocratique, mais il lui arrive de répondre à une rébellion GéNéRALE.
        Du genre, r-évolution où les gens SUFFISAMMENT NOMBREUX ET ORGANISèS prendraient le contrôle de leur gouvernement local, où les ouvriers prendraient leur industrie. Pas besoin de violence. La violence est le fait de citoyens pas assez nombreux pour réclamer des changements”
        A cet égard, je note que le mouvement contre le Mariage pour Tous vient de se constituer en parti, non pas pour participer à des élections, mais pour pouvoir manifester légalement !
        A noter que les pouvoirs publics usent délibérément du procédé “diviser pour régner” (rogner aussi !).
        Ce qui nous renvoie au niveau macro-politique, à l’affirmation de George Friedmann de Stratfor/CIA, qui affirme sans rougir : “les USA n’ont pas la capacité démographique pour occuper militairement les pays qu’ils souhaitent soumettre. Les empires qui contrôlent directement les territoires se soldent par un échec tel le 3e Reich. Il faut être plus intelligent. Les USA ne peuvent pas intervenir constamment dans toute l’Eurasie.
        Mais nous avons la capacité de soutenir diverses puissances rivales afin qu’ils se combattent en leur procurant le soutien politique, quelques soutiens économiques, soutiens militaires, conseillers (on reconnait immédiatement la stratégie appliquées en Ukraine, les ex-satellites soviétiques et Moyen Orient !), et en dernière option faire comme au Japon, Vietnam, Irak, Afghanistan, par des mesures de DéSORGANISATIONS.
        L’objectif des mesures de désorganisation n’est pas de vaincre l’ennemi, mais de le déstabiliser.
        J’ajouterai au vu des résultats de cette politique : “de le détruire suffisamment pour lui ôter tout statut de concurrent durant au moins deux décennies” !
        Transposez au niveau d’un pays avec les partis manipulés de l’extérieur… qui nous veulent du bien.
        J’en profite pour annoncer que Marine Le Pen vient d’être adoubée par Washington. L’événement s’est déroulé dans une robe kitch du plus beau bleu, dans l’ambiance festive du Time magazine : http://lelab.europe1.fr/marine-le-pen-au-gala-du-time-a-new-york-ce-soir-la-france-des-oublies-nest-pas-oubliee-914514


  5. Renaud 2 Le 29 avril 2015 à 06h22
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    Une bien belle série de “progrès” que nous allons importer en France en toute hâte. Vivons nous aussi le rêve américain !


    • laurent Le 29 avril 2015 à 07h32
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      Pourquoi ? vous vous sentez en démocratie en ce moment ?


  6. Catherine Balogh Le 29 avril 2015 à 08h37
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    Le pays de la liberté?

    Un pays où on a préparé des camps destinés à ceux qui troublent l’ordre public est pire qu’une dictature.
    C’est un pays malade de paranoïa qui a sur son peuple une drôle de vision.

    “Les camps de détention sont tous desservis par voies ferrée aussi bien que par la route. Beaucoup disposent également d’un aéroport à proximité. La majorité des camps ont une capacité de 20.000 prisonniers. Le plus vaste de ces camps est situé en Alaska à coté de Fairbanks. Deux autres sont localisé à Palmdale et à Glendale, dans le sud de la Californie.

    http://www.mondialisation.ca/600-camps-de-concentration-aux-etats-unis/1750

    à moins-ce qu’il soit conscient que sa politique ne peut QUE déclencher une geurre civile ce qui justifierait sa préparation.
    Pire, “L’opération Garden Plot est un plan de l’armée américaine et de la garde nationale des États-Unis pour répondre aux désastres majeurs dans la société civile à l’intérieur des États-Unis.”

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Garden_Plot

    L’armée contre le peuple.
    OUAIS, j’ccomprends mieux pourquoi juncker veut une armée européenne, allez, une ” petite parcelle de Jardin” européenne!

    Vous imaginez, des camps tout prêts en France, gardés par des professionnels au cas où le peuple oserait élever la voix?
    Remarquez, venant de vals, ça m’étonnerait pas.
    Vals prochain président français.
    Zont trouvé leur champion.
    Qui mieux que lui peut être choisit par les banskters psychopathes?

    La France est en semi-liberté.
    Faudrait vite fait se servir de la moitié de liberté qu’il nous reste.


    • FifiBrind_acier Le 29 avril 2015 à 11h31
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      Pour les dirigeants Américains, la liberté n’est pas celle des individus, mais la liberté du commerce:

      ” Nous allons nous prévaloir de notre droit au libre échange, et ouvrir le marché aux produits de notre sol, afin d’égaler les exploits de Rome”, disait en 1812 Andrew Jackson, qui deviendra Président des USA en 1829.

      Aldous Huxley:
      ” La dictature parfaite aurait les apparences de la démocratie, une prison sans mur, dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude.”

      Ce que ne dit pas Huxley, c’est ce qui se passe quand la pauvreté et la précarité prennent le dessus sur la consommation et que les jeux ne suffisent plus à maintenir le statu quo??

      Bzrézinski en a déjà les chocottes, il s’inquiète de l’éveil politique des masses.
      http://www.dailymotion.com/video/xf8x9e_au-cfr-brezinski-s-inquiete-de-l-ev_news


    • Chris Le 29 avril 2015 à 13h45
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      “L’armée contre le peuple”
      Les US répète le même schéma en Ukraine, en envoyant des instructeurs qui s’ajoutent aux conseillers et mercenaires déjà sur place.


    • Jiemo Le 30 avril 2015 à 12h14
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      “Vous imaginez, des camps tout prêts en France, gardés par des professionnels au cas où le peuple oserait élever la voix?”

      En cours dans ma “cité” où le maire propose de créer un centre pénitentiaire pour compenser le départ de l’armée … http://www.lunion.com/453709/article/2015-04-29/la-piste-d-un-centre-penitentiaireetudiee-pour-compenser-le-depart-de-l-armee-a

      Drôle de soupe !


  7. JiBé Le 29 avril 2015 à 08h52
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    Au fond, quelle est la définition de l’idée de liberté dans une démocratie, en-dehors de ce qui est gravé dans les marbres devenus friables des constitutions républicaines ? Quelle expérience vous et moi pouvons-nous faire de cette liberté ?

    En tant qu’homme de nature libertaire, revendiquant par là une certaine liberté d’esprit, homme libre dans sa tête et de ses mouvements détestant cordialement le système où je vis avec vous et comme vous, subissant ce système en tant que précarisé, constatant la disparition de l’esprit de lutte collective et nourrissant par là une indifférence grandissante à l’égard de la politicaillerie quelle qu’elle soit, je ne vote pas, je n’ai plus la télé depuis vingt ans, j’écoute de moins en moins la radio, je n’achète pas de presse, je m’informe au travers des blogs, j’en tiens un sous la forme d’un feuilleton à prétention humoristique, je suis parfaitement conscient que le web est ultra-fliqué depuis qu’il existe, cela dit j’étais vivant à l’époque où ni le web ni le téléphone portable n’existaient et je pourrais allègrement m’en passer, demain matin, si je n’avais plus les moyens de me payer une connexion et un coupon-recharge de tant d’unités.
    Tout cela ne m’a pas valu, à ce jour, d’intervention musclée de quelque milice, ni a fortiori d’interrogatoire.

    Je vis dans un bled paumé où majoritairement les gens sont pauvres. Il y a ceux qui se laissent aller, ceux qui magouillent et ceux qui se débrouillent. Nous avons beaucoup de routes sinueuses et cela fait que pas mal de choses tombent des camions, que l’on trouve à prix modiques sur les étals des marchés et des vide-greniers. Les poubelles regorgent de toutes sortes de choses récupérables. Ma stéréo vient d’une poubelle, mon transistor aussi, et quelques fringues. Il y a des épiceries associatives et des potagers collectifs.

    MAIS voilà. Il y a des tauliers, qui appliquent les loyers qui leur chantent. Comme ici il n’y a pas d’économie et qu’on est loin de tout, les loyers sont moins chers. C’est pour ça qu’il y a tant de pauvres. Ailleurs, dans une grande ville voisine, pour deux fois le prix d’un studio ici, tu te retrouves dans un placard de dix mètres carrés. Tu as juste à faire virer ce que tu touches direct dans la poche du propriétaire, et les distractions et les avantages de la grande ville, concerts, cinémathèque, théâtre, expos, eh bien tu fais une croix dessus. Question possibilités de taf, c’est le même tarif qu’ici : emplois z’aidés sous contrats jetables, des tonnes de papiers à remplir quand on te remercie, des comptes à rendre à des sous-fonctionnaires aussi exploités que toi mais qui jouent le jeu de l’ennemi, des semaines d’attente pour récupérer tes indemnités de survie, donc tu y réfléchis à deux fois avant de reprendre un contrat pourri et quand tu es convoqué, tu t’arranges pour adhérer aux codes du cas social inemployable.

    Tu abordes ainsi la quarantaine, et de là tu files tranquillou vers la cinquantaine au-delà de quoi se profile à l’horizon la seule perspective de la maison de retraite.

    Alors pourquoi cet exposé ? Pour dire quoi, au bout du compte ?

    Eh bien qu’on est en démocratie, OK ! en république, je veux bien ! au pays des droits de l’Homme (mais lesquels ?), qu’on se veut à la pointe des libertés auxquelles on est attachés, entendu ! Mais le gars que je suis, qui a grandi dans la mouvance de 68, qui a cru en la Gauche et en ses idéaux humanistes jusqu’à la pantomime politico-stratégique de l’Union du même nom en 79 et qui a vu le paysage se modifier à partir du fameux “tournant de la rigueur” de 83 avec l’apparition de ce qu’on appelait alors “les nouveaux pauvres”, le gars que je suis qui tout au long de sa vie, partout où il a vécu, n’a connu et côtoyé que des flopées de stagiaires de carrière, d’employés en intérim, d’ouvriers embauchés puis débauchés, de potes arrondissant leur mois sur des chantiers au black, de débrouillards professionnels, de précaires de l’art guettant le téléphone et le facteur dans l’attente d’hypothétiques engagements, de serveuses le midi femmes de ménage le soir, de femmes de ménage à l’aube vendeuses sur les marchés la journée, de chômeurs de longue durée convertis à la magouille, de gars et de filles empêtrés dans les paperasses de survie et en guerre ouverte contre les administrations et les guichetiers… et j’en passe… eh bien ce type-là s’est fait sa petite idée sur ce qu’est la liberté en démocratie républicaine, et il se dit que cette liberté dont on lui serine les politesses depuis le berceau, elle n’est peut-être pas aussi relative que celle du dissident à l’époque du bloc de l’Est, mais elle n’est quand même pas de qualité premium (pour emprunter au dialecte contemporain), et ça ne date pas d’hier.

    C’est juste que certains se réveillent après une grasse mat’, quand d’autres se sont levés à l’aube.

    La liberté est d’abord et surtout une question de fric. Et dans un pays comme le nôtre, ultra-conservateur et qui n’a rien lâché de son passé féodal, où l’ascenseur social fait partie d’une mythologie que n’importe quel jeune grandi en HLM peut expérimenter, où naître dans une famille laborieuse tient de la malédiction, naître friqué autorise des ouvertures, un confort, une évolution sociale que ne connaîtront jamais les gamins nés dans des milieux fauches. A moins d’un miracle, ou d’un piston -sport national- pour autant qu’il y ait les accointances voulues -autant dire un coup de veine.

    Concernant les States, relisez Bukowski et Henry Miller, souvenez-vous du McCarthysme et des ségrégations raciales, rappelez-vous le massacre impuni de Mi Lay et pour ceux qui y sont allés et qui y vont de temps en temps, les cloches à chaque coin de rue et la surabondance de flicaille tous azimuts ne laissent planer aucune ambiguïté quant à l’esprit de liberté qui règne dans ce pays. Nous sommes à peine plus libres ici, disons différemment. Mais là-bas comme ici, est vraiment libre de sa vie et de ses mouvements celui qui a un compte en banque rebondi. Les autres vivotent dans une liberté conditionnelle.


    • Melissa Le 29 avril 2015 à 19h02
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      JiBé,

      Dans un “bled paumé”, avec 5000m2 de terre agricole en location, vous pouvez démarrer une petite exploitation agricole en maraîchage bio, par exemple, ou un petit élevage de volailles, ou moitié-moitié…,très rentable,avec très peu d’investissement initial et des aides publiques à l’installation assez conséquentes… Il y a une énorme demande de produits de qualité qui n’est pas satisfaite malgré les importations…
      Il suffit de ne pas confondre Mai 68 avec la fin de l’obligation de transpirer pour s’en sortir…

      J’en connais qui s’en sortent très bien avec de très petites exploitations, souvent organisées en réseaux de vente plus ou moins associatifs…Ils vendent absolument tout ce qu’ils produisent à des prix plus que corrects, à tel point qu’ils vendent quasiment tout autour de chez eux sans avoir besoin de la clientèle bobo des grandes villes et sans frais…
      Ils ne passent pas leur temps à pleurnicher…,ils se bougent et gagnent rapidement de quoi acheter leur propre terrain pour pouvoir être “chez-eux” et souvent, sans passer par les prêts bancaires…

      ¡Hay que buscarse la vida!


      • JiBé Le 30 avril 2015 à 05h57
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        Melissa,

        S’il était aussi facile que vous semblez le postuler, de louer du terrain pour démarrer des exploitations agricoles, des élevages de volaille, etc… nous n’aurions pas autant de terrains en friche, de chômeurs ni de gens qui passent leurs journées à tourner en rond en rongeant leur frein. Nous serions dans un monde d’entrepreneurs tous azimuts où chacun gagnerait correctement sa vie en la faisant gagner à son voisin. Un monde sans législations écrasantes, sans bureaucratie lourde, flicarde et contraignante, sans banquiers ni proprios qui exigent garants et cautions. Bisounoursland est à inventer.

        N’importe quel agriculteur vous dira 1)- qu’il exerce un métier qui ne s’improvise pas, 2)- qu’il exerce ce métier parce qu’il a déjà au départ des terres qui lui viennent de sa famille ou qu’il a pu acheter avec autre chose que des billets de Monopoly, 3)- que ce métier est soumis à des tonnes d’obligations de mises aux normes et de charges, 4)- que les assureurs et les loueurs de matériel, d’engins nécessaires à son travail ne font pas dans l’associatif loi de 1901, 5)- que ce métier est très dur et qu’à moins de travailler pour les géants de l’agro-alimentaire, il en retire à peine de quoi vivoter. A titre d’exemple :

        http://www.franceinfo.fr/emission/le-vrai-du-faux/2014-2015/deux-agriculteurs-se-suicident-chaque-jour-en-france-25-02-2015-07-40

        http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20141013.OBS1885/chez-les-agriculteurs-un-suicide-tous-les-deux-jours.html

        On peut se bouger tant qu’on veut et dans n’importe quelle direction, à condition de disposer au départ de quoi démarrer. Même dans le cadre limité et limite pervers de l’associatif loi 1901 (il y aurait beaucoup à dire à ce propos…) Et ce n’est pas pleurnicher que de souligner cette réalité, madame.

        Maintenant, si vous avez des exemples concrets à nous suggérer, communiquez-nous des liens, de sorte à pouvoir communiquer avec ceux qui ont réussi là où tant d’autres désespèrent de seulement pouvoir démarrer, tout simplement parce qu’ils n’ont rien de chez rien, même s’ils ont des tonnes d’idées.


        • Melissa Le 30 avril 2015 à 09h50
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          JiBé,

          Si vous êtes en milieu rural, que vous êtes capable d’élever deux ou trois poules, de cultiver quelques légumes pour vous-même, avec un rien de persévérance et d’envie d’être autonome, vous apprendrez rapidement à augmenter votre production pour en faire une exploitation rentable.

          En restant “petit”, vous êtes à l’abri des vautours…Banquiers, Monsanto, fluctuation des cours,…etc…Par contre, vous pouvez bénéficier de subventions publiques très importantes pour vous installer…Vous trouverez également de nombreux conseils pratiques et pertinents auprès des chambres d’agriculture. Les mairies peuvent vous renseigner sur les terres agricoles disponibles à l’achat ou à la location. Personne ne vous mettra de bâtons dans les roues, bien au contraire…

          Autour de moi, je connais de nombreux jeunes qui se sont lancés et qui réussissent à merveille avec de simples exploitations familiales. Jusqu’à concurence de la SMI, Surface Minimale d’Installation et avec le régime du forfait agricole, on ne paye pas d’impôts. Les démarches administratives sont très simples, vous n’êtes pas tenu de produire une comptabilité sauf si vous optez pour la tva, mais c’est très simple et vous récupérez 20% sur vos frais de fonctionnement et sur vos investissements, alors que vous ne payez que 5,5% sur vos ventes…

          S’il y a autant de chômeurs, alors que nous importons de grandes quantités de produits agricoles, c’est parce que pour la majorité, la terre est trop basse et l’assistanat trop bien accepté.
          Renseignez-vous auprès et ceux qui sont déjà installé…Vous trouverez bon accueil et bons conseils…

          Encore faut-il avoir honte d’être chauffé gratis par les aides publiques prélevées sur le dos de ceux qui bossent…Pour réussir sa vie dans l’agriculture, il est impératif de vouloir se sortir de l’assistanat.
          D’ailleurs, cet assistanat à fond perdu n’est pas perdu, puisqu’il se prolonge sous forme d’assistance à l’installation dont n’importe qui peut bénéficier.

          Pour faire un grand feu, il faut d’abord en faire un petit…


          • Alae Le 30 avril 2015 à 11h30
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            La position de Mélissa, même si elle ne manque pas d’à-propos (mieux vaut se bouger que se laisser aller, certes) met mal à l’aise parce que dans le contexte du tableau décrit par JiBé, elle semble déplacée.
            Je cite, “La liberté est d’abord et surtout une question de fric. Et dans un pays comme le nôtre, ultra-conservateur et qui n’a rien lâché de son passé féodal, où l’ascenseur social fait partie d’une mythologie que n’importe quel jeune grandi en HLM peut expérimenter, où naître dans une famille laborieuse tient de la malédiction, naître friqué autorise des ouvertures, un confort, une évolution sociale que ne connaîtront jamais les gamins nés dans des milieux fauches. A moins d’un miracle, ou d’un piston -sport national- pour autant qu’il y ait les accointances voulues -autant dire un coup de veine.
            A ça, faut-il vraiment répondre quelque chose qui ressemble à “ouvrez votre petite exploitation et tentez de faire un modeste bénéfice, ça vous donnera toujours de quoi vivoter un peu moins mal” ?
            L’histoire est pleine de paysans qui ont tenté de vivoter en travaillant dur leur terre, qui ont fini par en avoir marre et qui se sont révoltés parce qu’ils aspiraient à une vraie vie, à envoyer leurs enfants à l’école pour qu’ils aient au moins le choix et, s’ils souhaitaient continuer à travailler leur terre, à en tirer des bénéfices qui ne soient pas directement transférés dans les poches d’intermédiaires et de commerçants qui eux, se font le vrai fric sur la terre et le travail d’autrui.
            Prôner la débouille dans le cadre d’un système prédateur, c’est déjà quelque chose à défaut d’être bien. Prôner la fin du système prédateur, des chances égales et un ascenseur social en bonne et due forme, c’est nettement mieux.


            • Melissa Le 30 avril 2015 à 12h36
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              Alae,
              Le gens dont je fais partie et qui se sont lancés dans l’agriculture avec une main devant et une main derrière ne se contentent pas de vivoter comme il vous plait à le dire.Ce sont ceux qui pratiquent la monoculture intensive qui ont des problèmes…Ceux dont je parle ont des revenus souvent supérieurs à des cadres moyens, mettent des valeurs de côté et n’ont pas besoin des banques.
              Vous devez faire partie de cette majorité qui trouve la terre trop basse, le fumier trop sale et les journées de travail trop longues…Toutes les raisons sont bonnes pour ne pas entreprendre ce qu’on se refuse à faire…
              Alors pleurez, croupissez, mais surtout, tant que vous mangez à votre faim sans transpirer, n’entreprenez rien…C’est nous qui paye !…, comme disait Coluche…
              Et surtout, ne vous demandez pas ce que vous pouvez faire pour votre pays avant que votre pays ne puisse plus rien pour vous…Tant que vous pourrez en profiter…
              Belle mentalité !


            • Melissa Le 30 avril 2015 à 14h54
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              En y réfléchissant, je m’aperçois que les jeunes et les moins jeunes ne sont pas assez conscients qu’il n’existe pas UNE agriculture, mais DES agricultures. Elles sont le plus souvent regroupées sous des formes plus ou moins formelles, syndicats, coopératives, groupements de producteurs, etc…, dont chacune représente une communauté de pratiques agricoles assez identiques, partageant un même milieu socio-culturel et ayant un système d’écoulement des produits également commun.
              Certains de ces systèmes de commercialisation sont très dépendants des cours mondiaux,…d’autres, pas du tout. Et se sont les agriculteurs dépendants des cours mondiaux qui se suicident…
              Par contre, dans les “bleds paumés”, comme les nomme JiBé,…dans les zones pas trop colonisées par Monsanto, tout ce que produisent les exploitations familiales est écoulé sur un circuit court. La grande qualité des produits fait que les surplus sont rapidement écoulés dans la plus proche ville paumée…En fait, l’offre doit représenter, à la louche, un tiers de la demande…( en augmentation constante… )

              À Correns, dans le Var, tous les agriculteurs sont “bio”, personne ne se suicide et je n’ai pas vu de clochards…
              En basse et moyenne montagne, il existe des milliers d’endroits, moins renommés que Correns, où ce type d’agriculture se pratique déjà et où l’on peut s’installer à moindre frais…La plus-part des producteurs n’en sont pas originaires et n’y ont pas hérité de leurs terres…
              Beaucoup ont appris leur métier sur-place et tous continuent à apprendre…


          • Cruz Castillo Le 30 avril 2015 à 18h58
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            « L’assistanat trop bien accepté », « c’est moi que j’paye », « encore faut-il avoir honte d’être chauffé gratis par les aides publiques prélevées sur le dos de ceux qui bossent », « ils ne passent pas leur temps à pleurnicher »… Vous vendez du rêve, là. Si c’est ça « faire bon accueil », je vais sûrement m’installer.

            « Si vous êtes en milieu rural, que vous êtes capable d’élever deux ou trois poules, de cultiver quelques légumes pour vous-même… »

            Il est un peu là le problème : beaucoup de gens ne sont pas capables de ce simple genre de choses, et ce n’est pas la peine de mettre ça sur leur dos en faisant des procès d’intention sur ce qui serait dignes de leurs efforts. C’est un problème de savoirs qui se sont perdus ou n’ont jamais été transmis, de manque d’affinités, d’affects inexistants (société hors-sol), de préparation physique, de socialisation radicalement différente voire de désocialisation profonde, de déstructuration psychologique et sociale, etc., puisque vous parlez des chômeurs.

            Sincères félicitations pour votre réussite. Permettez-moi d’avoir quelques doutes, non pas sur la véracité de votre témoignage quant à votre entourage super sympa et conviviale qui gagne bien, mais sur la généralisation yaka faukon dans laquelle vous vous avancez. Ce discours, on a le même à propos de la création d’entreprise, il n’y a rien à changer :
            -le pouvoir de la volonté
            -individualisme forcené qui prend bien soin de ne pas parler des spécificités sociales, économiques, relationnelles, patrimoniales (dans tous les sens du terme) des « candidats »
            -la mise en avant de ceux qui réussissent (donc tout le monde peut réussir)
            -la diatribe sur les assistés
            -tout le monde va vous aider et vous ne serez pas seul (ce que contredit mon expérience personnelle)
            -et bien sûr, tout est très simple – un peu comme quand j’explique pour la centième fois des tâches élémentaires en informatique à la même personne qui, bien que très capable et me poutrant dans d’autres domaines, n’entravent toujours que dalle.

            Je ne demande qu’à vous croire, vu que je suis intéressé, mais je reste dubitatif. Pouvez-vous au moins quantifier cette rentabilité, le très faible investissement initial et le montant des aides publiques à l’installation assez conséquentes que vous évoquez ? D’avance, merci pour vos renseignements si vous consentez à les fournir.


            • Mélissa Le 01 mai 2015 à 11h33
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              Cruz Castillo,

              Je comprends fort bien qu’il n’est pas facile de passer de cette société citadine hors-sol à une vie rurale avec laquelle on a plus aucun lien pour diverses raisons, dont l’assistanat n’est pas la seule, mais pas la moindre…
              Je pense qu’il faut s’imprégner progressivement en fréquentant les milieux dont je vous parle, sans avoir d’idée préconçue sur l’activité que l’on pourrait y développer. Personne ne peut le faire à votre place !…

              Il ne s’agit pas non plus pour moi de dire que tout le monde devrait être agriculteur…Je signale simplement qu’il existe une demande de produits de qualité qui est très loin d’être satisfaite et sur nos 5 ou 6 millions de sans-emplois, cette opportunité pourrait représenter une porte vers l’autonomie pour pas mal d’entre-eux.

              Se convertir à cette agriculture est aussi une des formes les plus concrètes de résistance à un système qui a provoqué l’exode rural et le chômage, pour pouvoir mettre en place le productivisme et le monsantisme à tout crin…

              On ne peut pas à la fois râler contre MacDo, la mal-bouffe et la pollution généralisée et rester enfermé dans une vie qui vous prédispose à en être l’acteur-client et donc,le responsable passif.

              Ce monde rural est constitué de personnes qui ont franchi le pas.

              Il est vrai que cette vie endurci et forge les caractères et qu’il n’est pas aisé, pour un citadin hors-sol, d’abandonner tout à coup ses certitudes et d’avoir l’humilité de réapprendre les logiques et les gestes naturels que la folie du système à tout fait pour lui faire oublier…

              Si l’accueil peut vous paraître un peu rude, c’est le prix que tous ont payé pour leur liberté et quel que soit le chemin que vous choisirez, ne vous attendez pas à l’obtenir gratis…

              On ne passe pas des jouissances immédiates du consumérisme adictif à l’écorchage des lapins, sans humilité, sans patience et sans convictions…
              Plus terre-à-terre, on ne passe pas non-plus facilement d’un revenu mensuel régulier à des revenus saisonniers, même s’ils sont très supérieurs. Il y a là une adaptation à un temps différent…,un temps plus lent…On ne s’y fait pas du jour au lendemain !…

              À vous de voir le prix que vous êtes disposés à payer pour votre liberté et pour mettre en cohérence vos actes et vos convictions…

              Peu importe la région que vous habitez…, il vous suffit de remonter les différentes filières locales qui s’inscrivent dans cette démarche de qualité pour rencontrer des personnes qui n’hésiteront pas à vous mettre la main à la pâte et à vous conseiller. Allez voir les producteurs chez-eux, directement…Paticipez à leurs activités…Prenez le temps de tisser des liens, des affinités…Prenez le temps de forger votre conviction. Chaque agriculteur à une vision personnelle de SA liberté…À vous d’acquérir la votre…

              Il faut s’imprégner avec patience et détermination…N’importe qui peut entreprendre cette démarche immédiatement.


            • Mélissa Le 01 mai 2015 à 12h13
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              Sidérant, ce défaitisme acharné !… Ils ont fait comment, ceux qui arrivent à vivre dignement de leur production en étant parti de rien ?

              Quel intérêt aurais-je à vous mentir sur ces réalités qui sont mon quotidien ?


          • JiBé Le 01 mai 2015 à 09h19
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            Ah la la, ce sempiternel discours sur l’assistanat qui rappelle celui des bourgeois de l’ère indus’ à propos des ouvriers-qui-boivent-leur-paie-le-samedi, et qui-sont-comme-des-enfants-un-rien-les-amuse !
            Une fois de plus, et encore et encore, répétons-le à ceux, nantis, qui ne l’ont pas compris et qui ne veulent pas le comprendre : ces horribles-z’assistés-qui-coûtent-cher-à-la-France-qui-se-lève-tôt ne sont pas tous des clodos paresseux qui passent leur temps à picoler et à glander. Il y a parmi eux des diplômés, d’anciens patrons de PME démolies par le fléau européen, des chômeurs de longue durée qui ont dépassé l’âge fatidique de 40 balais, certains ont subi depuis les années 90 des litanies de contrats jetables dans le public, toutes administrations confondues, contrats renouvelés tous les trois ou six mois, même si c’est illégal. Je peux vous en parler, ma compagne est dans ce cas. L’assistance, ça vous permet tout juste de payer le loyer abordable de galetas minables que jamais leurs propriétaires n’iraient habiter, et les charges incompressibles, eau, gaz, électricité, avec leur lot d’abonnements forcés. Il reste à peine de quoi manger et s’habiller, et une fois que vous n’avez plus de voiture, c’est fini, c’est foutu pour l’insertion.
            Moi je rends hommage à la dignité de tous ces gens cassés par la peste libérale, désabusés par une guéguerre continuelle avec des administrations, délaissés par les formations politiciennes et les syndicats supposés, du moins sur le papier, défendre les intérêts des plus mal lotis… et qui au quotidien se battent pour garder la tête hors de l’eau et rester debout et combatifs.
            Les autres, ceux qui se laissent couler, j’aurais plus tendance à les plaindre.

            Pour réagir à votre remarque, vivre en milieu rural ne veut pas dire vivre en pleins champs. Je vis en studio dans une de ces dizaines de milliers de petites villes enclavées situées dans des départements aussi enclavés, qui s’efforcent de rester dans le siècle envers et contre toutes les mesures régressives qui nous sont infligés par des technocrates qui engraissent sans rien foutre, comme les politiciens que vous élisez et leurs petits soldats de hauts-fonctionnaires et de dirigeants à parachute dorés intégrés, très très loin des réalités du terrain.
            Et la terre, voyez-vous, ce n’est pas qu’elle soit trop basse, c’est que les propriétaires terriens raisonnent en chiffres, et que même si certains de leurs arpents sont en jachère, ils ne sont pas forcément disposés à en louer des arpents au premier venu.
            Quand bien même j’aurais de quoi élever des poules et vendre des navets sur le marché local, je ne peux pas le faire comme je veux, car tôt ou tard, j’aurais à en découdre avec les contrôleurs du Léviathan bureaucratique, et j’aurais à prendre un de ces statuts perdant-perdant dont notre administration à le secret.
            Merci de vos conseils, Melissa, et si j’en avais un à vous donner, sortez un peu de votre entre-soi bobo, laissez votre Mini au garage, troquez votre jupette plissée contre un jean, enfourchez un vélo et partez à la découverte de nos petites villes enclavées voir comment les affreux-z’assistés se battent au jour le jour juste pour rester en vie. J’ai une petite liste à vous fournir : Ganges, Lodève, Manosque, Hébécrevon, Gap, Guillestre, La Mûre, Digne, Saint-Jean-de-Védas, Esperaza, Cavaillon, Saint-Flour, Brioude… Cherchez sur Google Maps. ‘est pas


            • JiBé Le 01 mai 2015 à 09h28
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              Ah vous êtes dans le Var Mélissa ? M’étonne pas.
              Parlez-nous un peu du prix du mètre carré de terrain dans cette région merveilleuse où la frime le dispute, en effet, au mépris des “z’assistés”…


            • Mélissa Le 01 mai 2015 à 16h42
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              JiBé,

              “Ah la la, ce sempiternel discours sur l’assistanat qui rappelle celui des bourgeois de l’ère indus’ à propos des ouvriers-qui-boivent-leur-paie-le-samedi, et qui-sont-comme-des-enfants-un-rien-les-amuse !”

              C’est VOTRE définition des sans-emplois, pas la mienne…Je m’attache au temps perdu à ne pas construire leur vie et je signale pour ceux que ça intéresse qu’il y a des activités à développer dans le secteur agricole. Rien d’autre.

              “Une fois de plus, et encore et encore, répétons-le à ceux, nantis, qui ne l’ont pas compris et qui ne veulent pas le comprendre : ces horribles-z’assistés-qui-coûtent-cher-à-la-France-qui-se-lève-tôt ne sont pas tous des clodos paresseux qui passent leur temps à picoler et à glander. Il y a parmi eux des diplômés, d’anciens patrons de PME démolies par le fléau européen, des chômeurs de longue durée qui ont dépassé l’âge fatidique de 40 balais, certains ont subi depuis les années 90 des litanies de contrats jetables dans le public, toutes administrations confondues, contrats renouvelés tous les trois ou six mois, même si c’est illégal. Je peux vous en parler, ma compagne est dans ce cas. L’assistance, ça vous permet tout juste de payer le loyer abordable de galetas minables que jamais leurs propriétaires n’iraient habiter, et les charges incompressibles, eau, gaz, électricité, avec leur lot d’abonnements forcés. Il reste à peine de quoi manger et s’habiller, et une fois que vous n’avez plus de voiture, c’est fini, c’est foutu pour l’insertion.”

              Mais c’est précisément ces personnes dont vous parlez qui ont choisi de changer leur vie… J’étais moi-même dans l’industrie métallurgique et au chômage avant de me lancer…

              “Moi je rends hommage à la dignité de tous ces gens cassés par la peste libérale, désabusés par une guéguerre continuelle avec des administrations, délaissés par les formations politiciennes et les syndicats supposés, du moins sur le papier, défendre les intérêts des plus mal lotis… et qui au quotidien se battent pour garder la tête hors de l’eau et rester debout et combatifs.
              Les autres, ceux qui se laissent couler, j’aurais plus tendance à les plaindre.”

              Les plaindre ou leur rendre hommage ne leur rempli pas le ventre ni les poches…Finalement, vous ne pouvez pas grand-chose pour eux !

              “Pour réagir à votre remarque, vivre en milieu rural ne veut pas dire vivre en pleins champs. Je vis en studio dans une de ces dizaines de milliers de petites villes enclavées situées dans des départements aussi enclavés, qui s’efforcent de rester dans le siècle envers et contre toutes les mesures régressives qui nous sont infligés par des technocrates qui engraissent sans rien foutre, comme les politiciens que vous élisez et leurs petits soldats de hauts-fonctionnaires et de dirigeants à parachute dorés intégrés, très très loin des réalités du terrain.”

              Produire des aliments de qualité est non seulement de ce siècle, mais cela pourrait durer encore quelques temps…! Je n’ai jamais parlé de vivre dans un studio en ville mais d’exploitation agricole.

              “Et la terre, voyez-vous, ce n’est pas qu’elle soit trop basse, c’est que les propriétaires terriens raisonnent en chiffres, et que même si certains de leurs arpents sont en jachère, ils ne sont pas forcément disposés à en louer des arpents au premier venu.”

              “Pas forcément au premier venu” et ils ont raison… Mais aux gens sérieux, beaucoup font bien plus que leur vendre ou leur louer des terres. Trop contents de voir que l’activité agricole peut reprendre, ceux qui prennent leur retraite sans successeurs ne sont pas avares de bons conseils et vous font souvent profiter de leurs matériel et de leur outillage…On voit que vous parlez de ce que vous ne connaissez pas…Même les maires ruraux, sont contents lorsqu’un nouvel agriculteur s’installe !…

              “Quand bien même j’aurais de quoi élever des poules et vendre des navets sur le marché local, je ne peux pas le faire comme je veux, car tôt ou tard, j’aurais à en découdre avec les contrôleurs du Léviathan bureaucratique, et j’aurais à prendre un de ces statuts perdant-perdant dont notre administration à le secret.”

              C’est absolument faux ! Rien ni personne ne peut vous empêcher de vendre librement vos produits et avec le forfait agricole, vous n’êtes même pas tenu d’avoir une comptabilité.

              “Merci de vos conseils, Melissa, et si j’en avais un à vous donner, sortez un peu de votre entre-soi bobo, laissez votre Mini au garage, troquez votre jupette plissée contre un jean, enfourchez un vélo et partez à la découverte de nos petites villes enclavées voir comment les affreux-z’assistés se battent au jour le jour juste pour rester en vie. J’ai une petite liste à vous fournir : Ganges, Lodève, Manosque, Hébécrevon, Gap, Guillestre, La Mûre, Digne, Saint-Jean-de-Védas, Esperaza, Cavaillon, Saint-Flour, Brioude… Cherchez sur Google Maps. ‘est pas”

              Je regrette, je roule en mercedes 300D de 1972 et de porter le jean ne vous fera pas les couilles plus grosses…Sauf si je vous emmène visiter mes 320 ruches…Elles vous attendent de dard ferme…


            • JiBé Le 01 mai 2015 à 20h50
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              OK Melissa. Vous venez de l’industrie métallurgique et vous avez transité du chômage à l’agriculture à Correns, dans le Var. On l’a compris. Vous êtes sans doute consciente, comme nous l’expliquait un autre intervenant, et comme vous ne cessez de le souligner, que tout le monde n’a pas comme vous l’âme d’un winner.
              Il y a aussi des gens qui se contentent de chercher du boulot, y compris là où il n’y en a pas.
              Combien avez-vous créé d’emplois pérennes à temps plein, ou comptez-vous en créer sur votre exploitation ?
              Pouvez-vous nous dire de combien vous disposiez au départ de votre nouvelle vie d’agricultrice, et ce qu’elle vous coûte en matière de logement notamment (c’est tout bête mais quand on connaît le haut-Var, et c’est mon cas, on se pose la question…), qui vous a formée et moyennant combien, quel bénéfice vous dégagez, ce que ça vous coûte de vous déplacer sur les marchés voisins au regard de ce que ça vous rapporte, en gros, si quelqu’un ici veut se lancer dans l’aventure, de quoi a-t-il besoin au départ (à part une solide dose de niaque croyez-moi plus répandue que vous ne le pensez parmi les hordes sinistres d’affreux z’assistés) et de quoi a t-il besoin ensuite. Allez, lâchez-nous quelques chiffres, donnez-nous envie d’avoir envie, comportez-vous en manager plutôt qu’en moraliste, citez-nous des références, les coordonnées de votre site si vous en avez un. Soyez concrète et pragmatique.


            • Carabistouille Le 01 mai 2015 à 21h29
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              Jibé, sur le coup, c’est un peu vous qui vous comportez en assisté. Melissa ne vous doit rien je crois. Si vous voulez qu’elle vous livre les “perles et tresors” de son expérience, il serait peut-être séant de comment par adopter un ton plus “motivant”.

              @MELISSA: par contre,en ce qui me concerne, votre expérience m’intéresse hautement et je me permets de vous féliciter d’avoir franchi ce pas que je n’ai pas os& faire.Bravo.


            • Mélissa Le 02 mai 2015 à 01h07
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              JiBé,

              Concrète et pragmatique ?!!!… Vous êtes mazo ?!!!


            • JiBé Le 02 mai 2015 à 06h55
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              @Carabistouille : Eh oui que voulez-vous, on est tous l’assisté de quelqu’un ! Mais c’est la vie, hein ? Il y a les winners, il y a les losers, et il y a ceux qui s’en foutent vu qu’ils ont pigé depuis belle lurette qu’ils ne sont que de passage et que, comme l’écrivait Cioran “les cimetières sont remplis de gens qui avaient des projets”.

              Cela dit, Carabistouille et Melissa, si vous prenez la peine de chiffrer ce que coûtent à la collectivité nos politiciens de carrière, du petit conseiller général au polycumulard indéboulonnable, et la colique des préfets, sous-préfets, haut-fonctionnaires, maires, qui gravitent autour des gros gibiers… leurs palais anachroniques, leur parc de bagnoles rutilantes, leurs apparts de fonction, leur garde rapprochée et leurs voyages en jet privé offerts par la collectivité plus leurs indemnités à vie prélevés sur le denier public… C’est sûr qu’à côté de ça, aux yeux des français-qui-se-lèvent-tôt, le parcours du combattant au quotidien du type ou de la nana au RSA, qui vit à pied, qui est mal logé, qui arrête de bouffer à partir du 15 du mois, pour qui une facture d’eau Veolia relève de la tragédie, et qui n’aspire qu’à un CDI au SMIC quand les flics de l’insertion veulent lui refiler un n’emploi aidé pour 400 balles de salaire qu’il paiera de la dèche une fois le contrat achevé, ça a de quoi alimenter les conversations à l’heure de l’apéro et en attendant le tiercé.

              @Mélissa : Pas maso, non. Juste envie d’en savoir davantage.
              Je me hâte, il va être 7H et j’ai rencart à 8 pour un chantier au black. Eh oui, il y a des z’horribles z’assistés-qui-se-lèvent-tôt, comme les français qui font appel à eux pour soulever des sacs de ciment de 50 kilos. Entre autres.


            • laurent Le 02 mai 2015 à 08h44
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              Des sacs de ciments 50 kgs ??? Whaaa !

              Ils doivent être un peu périmés, non ? lol


            • Cruz Castillo Le 02 mai 2015 à 13h00
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              @Message de Mélissa du 1er mai 11h33 et 12h13

              Vous savez Mélissa que si j’ai parlé de société hors-sol, il existe aussi la pensée magique hors réalité, c’est-à-dire hors prise en compte des faits (ceux que JiBé vous a pourtant très clairement énoncés) et des singularités des individus par rapport à leurs origines et situation. Vous ne prenez pas en compte ceci en ramenant tout à votre propre expérience et en occultant les faits têtus qui s’opposent à nombre d’entre nous. Vous conceptualisez beaucoup – ce que je trouve étonnant pour quelqu’un qui se dit proche de la terre – et vos assertions sur les MacDo et Monsanto que vous ne cessez de mettre en avant sonnent comme autant de manœuvres d’évitement (et de remplissage) pour ne pas avoir à discuter les arguments basés sur des observations, des faits, des expériences bien concrets et donc la réalité dont on vous parle. Ne venez pas parler de défaitisme à propos de gens et d’une réalité sociale, économique, sociologique, etc. que vous ignorez. Quelle énergie, quelle humeur restent-ils à ceux dont la santé s’étiole chaque jour par le poids de la survie ?

              « Quel intérêt aurais-je à vous mentir sur ces réalités qui sont mon quotidien ? »

              Il ne s’agit pas de mensonge mais d’égoïsme. Comme énormément de gens, vous ramenez juste les choses à votre personne, à votre expérience et à vos fantasmes de ce que les autres seraient. Personnellement je ne vais jamais dans vos MacDo, non plus dans les supermarchés, ni les méga-malls, ni n’achète vos produits Monsanto… donc merci de ne pas amalgamer vos interlocuteurs avec ceux qui participent à nourrir le système (peut-être parmi vos clients), en ont toujours joui (comme vous peut-être dans votre passé de salariée) et continueront d’en jouir en se payant de mots. Rien ne vous obligeait à insérer votre haine des gens à terre et je pense qu’en plus d’être insultante, vous avez une vision très étroite des réalités de ce monde et de la multiplicité des profils de ceux qui y vivent. Vous exposez clairement votre déni des très nombreux biais qui traversent cette société occidentaliste et tous les obstacles que cela constitue matériellement et psychologiquement pour bien des gens. Vos propos mettent à la poubelle un siècle de sociologie et d’anthropologie (Laborit peut aussi se retourner dans sa tombe).

              J’abonde dans le sens des questions que JiBé vous pose et j’attends moi aussi des données concrètes en réponse parce que, oui, si je pouvais m’installer, ça m’irait très bien.

              @Carabistouille
              Vous avez raison, Mélissa ne nous doit rien mais il suffit de savoir lire. Je la cite : « Renseignez-vous auprès et ceux qui sont déjà installés ». N’est-ce pas ce que nous sommes en train de faire, puisqu’elle semble bien installée et que ça marche du tonnerre pour elle ? Elle pouvait se contenter de relater son expérience mais elle a choisi de prendre à parti les « assistés » et affirme que c’est très simple, alors vous comprenez qu’on demande des preuves.


            • Melissa Le 02 mai 2015 à 14h04
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              JiBé,

              ” Pas maso, non. Juste envie d’en savoir davantage.
              Je me hâte, il va être 7H et j’ai rencart à 8 pour un chantier au black. Eh oui, il y a des z’horribles z’assistés-qui-se-lèvent-tôt, comme les français qui font appel à eux pour soulever des sacs de ciment de 50 kilos. Entre autres.”

              JB, Black&White…Attention à la route !…

              Je vous ai déjà donné ce que j’avais décidé de donner. Faites en bon usage et soyez prudent…


            • Melissa Le 02 mai 2015 à 14h21
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              Cruz Castillo,

              “alors vous comprenez qu’on demande des preuves.”

              Ce que vous demandez surtout, c’est que votre vie change sans faire aucun effort…Vous attendez que ce soit la raison vous pousse et que ce soient les autres qui vous tirent…Et quand l’on vous traite d’handicapé, vous montrez vos biscotos…!?

              Moi, j’apprends à pêcher, mais je ne fournis pas le poisson…Et je pleurerai sur votre sort quand j’aurai le temps…


            • Cruz Castillo Le 02 mai 2015 à 17h01
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              @Modération : je m’excuse de la longueur de mes réponses. Je sais que j’abuse de votre patience en ce week-end prolongé. Je m’arrêterai à ce post mais si ce dernier ne passe pas la publication, c’est cool, pas de problème. Bon week end à l’équipe, aux commentateurs et à O. Berruyer.

              @Mélissa Message du 2 mai, 14h21
              Mais qu’est-ce que vous racontez ? On ne vous a pas attendu pour se bouger et sachez qu’il n’y a pas, dans la vie, que le champ d’action dans lequel vous avez décidé d’agir. Tiré par les autres ? Qui parle d’être tiré par les autres quand il s’agit d’analyser et de lever les obstructions à nos capacités d’actions ? Renseignez-vous : les gens ne réclament pas d’aide, c’est vous qui voulez le pensez. Pourriez-vous, s’il vous plaît à l’avenir, vous abstenir de faire de la projection psychologique et vous montrer moins condescendante concernant les vies, les parcours et les choix des autres ? Les biscotos ? Que vous preniez pour une agression le fait de vous expliquer et contextualiser certaines choses que vous déracinez (volontairement ou non) des réalités en dit long sur votre bonne foi. Vous qui parliez de s’enrichir de l’expérience des autres…

              Le vendeur bio chez qui j’achète mes légumes depuis des années et avec qui je discute pour justement créer ce contact dont vous parliez n’a pas du tout cette attitude, et heureusement. C’est par lui aussi que j’ai un son de cloche complètement différent de ce que vous dites et il m’a bien fait comprendre que si sa femme n’était pas fonctionnaire, ce serait bien plus dur voire intenable. D’où, croisés avec mon expérience de la vie et mes connaissances, mes doutes et ma demande de vous voir étayer vos affirmations que je ne vous ai pas forcées à faire que je sache. Vous avez proposé vous-mêmes votre aide mais en ne répondant pas à nos arguments et questions.

              Encore une fois rien ne vous obligeait à verser dans le yaka faukon, ni à cracher du venin sur les laminés pour tout simplement partager sereinement votre expérience intéressante pour nous. A la rigueur, vous pouvez même critiquer ceux que vous considérez comme des « assistés » (si ça vous soulage) mais dans ce cas ne vous étonnez pas qu’on vous demande d’argumenter et qu’on contredise vos assertions péremptoires. De plus, ce sont vos silences et votre agressivité à l’égard des déshérités et spoliés de la Terre qui en disent bien plus long que toutes ces imprécations morales que vous ne cessez de répandre.

              Ce genre d’expression (toute faite) que vous employez, par exemple : « Ils ont fait comment, ceux qui arrivent à vivre dignement de leur production en étant parti de rien ? » ne résiste presque jamais à l’analyse des faits. C’est comme cette connaissance – commerçant de son état – qui ne manque jamais une occasion de me parler de son fils en apprentissage « comme les autres » et qui « se fait tout seul », qui est motivé, lui, contrairement à ses camarades et qui va s’en sortir puisqu’il « en veut » et qu’il « est dégourdi ». Alors, son fils au gars, il se trouve que son papa l’a déjà pistonné plusieurs fois dans ses échoppes et que la transmission des savoirs-faire doit être plutôt fluide et intuitive en famille. Evidemment, ce monsieur est « beaucoup plus sévère avec son fils qu’il ne le serait avec quelqu’un d’autre » (conjuration du traitement de faveur). Ah, le fiston va aussi hériter de deux fonds de commerce qu’on peut raisonnablement estimer à plus d’un demi million d’euros (terrains, locaux, équipements, matériels, etc., et surtout, le plus important, la clientèle). Ça motive ce genre d’avantage de naissance.

              Cet exemple, c’est juste pour vous illustrer la source possible de ce que vous appelez « la volonté », parce que le problème, c’est pouvoir vouloir, et non vouloir tout court. L’esprit (et le corps) humain a besoin de « nourriture » (une sorte de fioul de l’âme), de perspectives et de récompenses. Quid de ceux qui en sont plus ou moins durablement et intensément privés ?

              Cet exemple vécu n’est (peut-être) que lointain avec les cas que vous nous exposez. Cependant, même dans le cadre d’une intégration différenciée des métiers des parents (un fils d’architecte qui deviendrait éleveur de mouton par exemple) ou d’une reconversion professionnelle, très, très peu de gens partent de rien du tout (ni même de très peu) parce qu’ils sont indissociables du système aux infrastructures coûteuses (là encore, je vous renvoie au propos ciselés de JiBé) dans lequel s’insère leurs filiations, avec tout ce que cela implique en terme de transmission de patrimoines et donc d’inégalités. H. Zinn, dans « Une histoire populaire des Etats-Unis » le rappelle par rapport à cette légende tenace véhiculée par ceux qui réussissent et leurs zélateurs qui cachent les détails compromettant quant à la véracité de leur « combat vers le succès ».

              Si vous avez toujours fait partie de la classe moyenne, je comprends que vous ne soyez pas capables de concevoir l’état physique, social, économique, mental de gens défavorisés, voire pauvres ou très pauvres, brisés, désorientés, et/ou qui viennent de familles elles-mêmes laminées. De là à accuser a priori les gens que vous ne connaissez pas de considérer la terre comme trop basse pour rabaissez, dans votre discours, ceux qui ne rentrent pas dans votre moule à l’état de feignasses qui profiteraient du système, faut pas pousser mémé dans les orties. C’est un paravent moral que vous vous fixez vous-même pour tenter de justifier une idée toute faite à laquelle vous semblez vouloir croire (cf. le bouc émissaire). Expliquez comment on peut profiter du système avec un RSA, sans argent, sans possession, sans possibilité de formation, etc., dans ce qu’il convient d’appeler le désespoir. Là aussi, j’attendrais des faits et non de la moralisation gratuite mais en fait non, je vais pour ma part en rester là dans cet échange.

              Bonne continuation à vous et à votre entourage.


  8. Pascalcs Le 29 avril 2015 à 11h32
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    Permettez moi d’en rajouter une onzième :

    Prisonniers du crédit et de l’oligarchie du système financier; le vrai pouvoir (mais pas que là bas) local.


  9. Thomas75018 Le 29 avril 2015 à 13h37
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    Les USA représentent 23% de la population carcérale mondiale pour 4% de la population mondiale…
    Tous les prisonniers chinois additionnés aux prisonniers russes les dépassent à peine.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population_carc%C3%A9rale#cite_note-1
    Voilà ce qu’ils appellent liberté.
    Si ils pouvaient également arrêter de répandre à travers le monde ce qu’ils appellent démocratie j’apprécierais …


    • Libre Le 04 mai 2015 à 01h03
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      Cela fait 1% de la population US en prison et 2 autres % en liberté surveillée.Sans compter le fait que les peins sont souvent excessives par rapport aux faits commis notamment pour les crimes n’impliquant pas l’usage de la violence…J’ajoute aussi que 25 % de la population US a un casier judiciaire en raison de la sur pénalisation dans ce pays…Et ils se permettent encore de donner des leçons à la Chine ou à la Russie !


  10. christian gedeon Le 29 avril 2015 à 18h06
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    Je suis toujours très surpris par ce que j’appelle une vision globale des USA…pour le zélateurs,c’est tout bon,pour les contempteur,c’est tout mauvais…entre deux,rien…le désert des tartares…alors,je vous prie de croire,que les USA c’est aussi …des gens.Comme vous et moi,en fait. Il y a une espèce de distorsion de la pensée qui consiste à ne voir les USA que comme une “entité” presque désincarnée…et qui serait reponsable du MAL à travers la terre…je n’ai pas de sympathie pour le modèle américain que je trouve fatiguant,et un goût modéré pour la compétition permanente…mais je conseille tout de même aux anti US primaires et instinctifs de bien vouloir considérer que les américains sont aussi des êtres humains,et que si la politique dominatrice de leurs gouvernements a pu prendre une telle ampleur,c’est aussi à cause de notre absence…et de notre médiocrité…juste un exemple…combien de découvertes faites chez nous et finalement exploitées “chez eux ” à cause de notre pusillanimité et de notre esprit jaloux et fonctionnaire? des milliers,en fait…ils n’ont pas que des défauts…et si nous voulons à toute force les critiquer ex cathedra,montrons que nous savons faire aussi bien différemment.Avec notre propre génie…


    • Jiemo Le 29 avril 2015 à 18h57
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      Il me semble qu’il n’est pas ici question de : “les USA , être pour ou contre” , mais bien plutôt de la dérive d’un système dit “démocratique” , l’exemple américain cité ici n’est qu’une référence bien documentée à ce que nous pourrions appeler (s’il est permis) “ontologie” du capitalisme dérégulé !


    • Michel Ickx Le 29 avril 2015 à 19h47
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      “Mais je conseille tout de même aux anti US primaires”

      Tout récemment François Asselineau, vocalement agressé par deux journaleux qui le traitaient d’anti américanisme primaire a répondu: “Et qu’est ce qu’un anti américanisme secondaire?”

      http://www.upr.fr/?s=Laurent+Ruquier
      minute 24,31
      Ceci dit, nous utilisons à tort la phrase “Les Américains” quand en fait nous parlons des politiciens corrompus et de la finance toute puissante qui ont réussi un coup d’état dans ce pays qui comprend avec la même vigueur le meilleur et le pire. Ce que le peuple américain, et en particulier les Afro- americains sont en train de subir, en est la preuve.


      • JiBé Le 01 mai 2015 à 11h47
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        Très important en effet de faire la distinction entre la politicaille américaine, les businessmen américains, les traders américains, les fout-rien d’actionnaires américains, bref ! les élites désignées par les media de propagande, ET LES PEUPLES américains, blacks, blancs, hispaniques, amérindiens, d’origines asiatiques et autres, constitués d’ouvriers, d’employés, de camionneurs, de postiers, de petits retraités, de rednecks qui ne sont pas des gentlemen-farmers en Lincoln Navigator, et des innombrables chômeurs des villes industrielles comme Detroit que la mondialisation a laissées sur le flanc, américains qui sont des gens comme vous et moi et qui ressemblent autant à ce qu’on en voit dans les films et les séries américaines que nous ressemblons à l’idée de ce que nous sommes, nous français, dans l’imagination grassement subventionnée de nos cinéastes et pondeurs de téléfilms.

        Un exemple un peu ancien : en 1976 sortaient deux films bien distincts qui ont différemment marqué leur époque : le fameux “Rocky”, énième louange au rêve américain, poids-lourd du box-office, et le documentaire “Harlan County, U.S.A.”, qui retraçait la lutte de 180 mineurs dans le comté de Harlan, Kentucky, pour l’obtention d’une convention collective. C’est sans doute plus chiant et moins ludique de filmer le monde tel qu’il est, et il est plus facile en effet de cracher sur les chômeurs et les “z’assistés” que de se remuer collectivement pour mettre en échec le système mafieux qu’on nous inflige au nom de la république et de la démocratie, et de le faire malgré une classe politique vérolée que malgré tout, un grand nombre de nos compatriotes continue à maintenir en place par leur vote, quitte à devoir en subir, pour eux et leurs enfants, les législations liberticides et dévoyées.

        Les States, pour y revenir, sont entrés en déclin bien avant la crise des subprimes, on le voit bien avec le retour aux crimes policiers racistes et la montée des tea parties, mais il y a une résistance dont on parle peu ici, qui n’existe pas chez nous où la peur des képis et la désorganisation des factions subversives (plus enclines il est vrai à tenir des réunions où l’on disserte de la différence profonde entre renoncement à la dictature du prolétariat et trotskisme de boulevard qu’à la lutte sur les terrains bien concrets de la précarité et de l’exclusion) sont savamment orchestrés, et où la rugosité des pavés fait qu’on préfère s’en remettre à des syndicats vendus et à un vote de vengeance pour une extrême-droite népotique qui n’est sûrement pas là pour faire bouger les lignes…

        http://occupywallst.org/

        http://www.article11.info/?Boots-Riley-raconte-Occupy-Oakland

        http://www.dedefensa.org/article-oakland_et_ows_ou_l_impuissance_du_pouvoir_28_10_2011.html


    • Catherine Balogh Le 29 avril 2015 à 23h58
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      Christian Gédéon,
      Nous parlons bien sur des gouvernements.
      Croyez-vous que les Américains prépareraient leurs propres camps de rétention?au cas où ils mettraient le dawa?
      Soyons sérieux.
      Parfois, j’ai l’impression que vous êtes de mauvaise foi mais par courtoisie, je préfère en douter.

      Des choses mieux que les Américains on n’en a fait c’est d’ailleurs pour ça qu’on les dérange.
      Un smic- vous rendez pas compte!ah mais c’est pas comme les starteup avec un jeune trouduc milliardaire – des droits pour le salarié, ah ben oui, rien à voir avec l’assurance vie que contracte un employeur aux usa sans même le dire à son employé puisque le bénéficiaire n’est pas l’employé mais le patron, très forts en effet les amerloques.Faire mieux, c’est pas difficile, c’est ce que la France est encore.
      Pour combien de temps?
      La démocratie pour les décideurs amerloques, c’est la liberté de piétiner, prendre, voler tout ce qu’on veut quitte à tuer.


  11. JiBé Le 01 mai 2015 à 12h03
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    @RGT : D’une, l’anarchie n’est peut-être pas si démocratique qu’elle en a l’air et je ne crois pas que les théories du vieux Proudhon soient applicables dans le monde qui est le nôtre. De deux, l’anarchisme c’est comme l’idéal décroissant : le bobo chante et vante la décroissance du haut de son petit vélo électrique qui le conduit sans peine de l’épicerie bio à sa baraque isolée aux résidus de bambou équipée de capteurs solaires et du jardinet bio qui lui valent l’estime de ses semblables, mais le pauvre, l’ouvrier, le petit employé, le petit retraité du fond de leur HLM ne voient pas pourquoi il leur faudrait continuer à renoncer à tout ce dont leur condition et le système féodal en amont les ont privés. Tu vas leur parler d’anarchie, ils te répondront qu’ils n’ont rien à voir avec des babas-cool et qu’ils ont envie de jouir des bienfaits de la société de consommation, même si ces bienfaits à tes yeux et aux miens sont frelatés et artificiels. Après, il y en a qui te diront que Léo Ferré vivait en châtelain et que l’appart’ de Brassens (références libertaires plus connues que l’aride Proudhon) était farci de systèmes d’alarme.
    Ce que je te dis là explique en grande partie l’échec du discours d’extrême-gauche auprès du monde ouvrier et des jeunes, le reste étant imputable à l’absence de l’extrême-gauche des terrains emmerdants, car boueux et retors aux belles théories, de l’exclusion sociale et de la précarité où par essence, on réclame plutôt du concret.


  12. Andrea Le 01 mai 2015 à 21h34
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    Les USA sont en fait d’une certaine facon hyper-socialistes!

    — Impots les plus hauts du monde (avec le Japon à égalité ou juste en dessous) pour les PME.

    — Pour la classe moyenne, très haut également, mais c’est difficile à décrire, car il y a des multiples points à prendre en considération, cout de la santé (asurance maladie, privée, publique, payé par l’entreprise, etc. – une jungle, impossible de faire un bilan dans un post court), de l’éducation supérieure (hyper cher), ce qui mène également à un suventionnement conséquent par bourses / reduction de payements pour pas mal d’étudiants.. Frais de justice pour les privés, d’avocats (donc on pense ‘justice’) les plus haut du monde (entre 1 et 3 % du PNB), le Japon est de nouveau en 2e position.

    — crédit d’impot, donc une subvention non avouée (la plupart des pays OECD ne font qu’exempter les pauvres)

    — support massif pour les pauvre, à travers littéralement des centaines de programmes, 400-500 pour le pays, et c’est sans compter les églises qui offrent de la nourriture ou autres du genre, p. ex.::

    — les bons alimentaires SNAP

    — l’aide pour les mères et les nourrissons WIC

    — l’aide pour les familles pauvres TANF

    — les repas scolaires gratuits, souvent petit déj inclus (et bus qui distribue pendant les vacances d’été car sinon les moufflets crèvent de faim, mais les parents ne peuvent pas manger) – Cela sert à rentabiliser le surplus agricole de basse qualité.

    — le SSI, supplemental security income, pour les handicapés, malades chroniques, et d’autres catégories

    — les soins d’urgence en gros gratuits (ou facturés 10x fois le prix normal.., c’est selon..) pour la plupart des arrivants

    — Medicare, Medicaid, Veteran Health care, Indian health care, soins santé gratuits – mais amha défaillants – pour les plus pauvres, les plus de 65 ans, les veterans, les handicapés, etc.

    — compensation des travailleurs, un des programmes les plus chers, qui paye compensation, le medical, rehabilitation pour les travailleurs qui subissent des accidents / incapacités / decès (la famille touche) dus au travail. (On en parle peu, scandales camouflés.)

    — l’assistance publique, ‘general assistance’ en dernier secours, un devoir selon certains, etc.

    — des centaines d’autres programmes, publique ou privé ou une combinaison, fédéraux ou Etat et meme district, etc.

    ========

    — logement subventionné (Section 8 housing), type HLM. (Coute moins cher à l’Etat qu’en France p. ex.)

    — loyers plafonnés, reglementés (comme dans bcp de pays.)

    — aide au retour d’emploi (comme dans bcp de pays.)

    (— assurance chomage et retraites, on n’en parle pas, c’est contributif et cela existe partout.)

    Tous ces programmes sont durs d’accès, tout est bureaucratisé, controllé, il faut montrer patte blanche pout tout. Ces programmes sont refusés aux pauvres pour de multiples motifs: condamnation pénale (très fréquente aux USA, et ceci même pour une contravention pr. stationnement), être ou avoir été conso. de drogues, vivre avec un/e non-epoux, ne pas participer (par impossibilité géographique) à des mesures de re-insertion, de controle, et bcp d’autres motifs.

    Avec ce morcellemt de programmes, la population pauvre des USA est tenue en hotage, elle quémande, se soumet, ment, triche, rentre et sort des programmes, de prison, tombe dans la criminalité, etc. Elle n’a pas le choix.

    Elle est tenue en laisse, vilifée, controllée, à chaque passe il y a des obstacles. Et les lois changent tout le temps, c’est exprès, pour semer la confusion.

    Une fois, en prison 10 ans pour un joint, deux mois après, c’est un remède super, mais bon il faut se faire enregistrer comme souffrant, les faveurs sexuelles peuvent servir pour pouvoir figurer sur la liste.

    On parle là d’au moins 100 millions de personnes, captives d’une folie sadique de controle qui se cache derrière une désorganisation et une montagne de paperasse bureaucratique sans sens, avec des prétensions de bienveillance.


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