Un petit point rapide sur la Turquie. Pas pour parler du fond – je n’ai pas étudié la question, je n’ai lu que nos médias, donc je sais que je ne suis pas correctement informé. Mais ce que je trouve intéressant, c’est de porter un regard sur la façon dont nos médias relatent le sujet.

Analyse de l’article du Nouvel Obs.

Recep Tayyip Erdogan a été élu dès le premier tour, après une campagne au ton très agressif. “Nous sommes désormais confrontés à un pouvoir oppresseur”, dénonce (sic.) ses opposants.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, a été élu dimanche président de la Turquie pour un mandat de cinq ans qu’il a promis sous le signe de la réconciliation et de l’unité, en niant toute dérive autoritaire.

Donc on reste vigilant et on verra, on est d’accord ?

Comme le suggéraient les sondages, l’homme fort du pays a largement devancé ses deux adversaires dès le premier tour de ce scrutin disputé pour la première fois au suffrage universel direct, avec 52% de suffrages.

Eh bien 52 % au premier tout, ce n’est pas trop mal quand même…

Candidat commun de l’opposition social-démocrate et nationaliste, Ekmeleddin Ihsanoglu, un historien réputé de 70 ans qui a dirigé l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a réuni plus de 38% des suffrages, alors que celui de la minorité kurde, Selahattin Demirtas, en a rassemblé près de 10%.

“Je serai le président de 77 millions de Turcs”

Même si elle est loin du raz-de-marée prédit par les sondages, cette victoire constitue un succès pour Recep Tayyip Erdogan, qui rejoint ainsi le père fondateur de la République laïque, Mustafa Kemal Atatürk, dans le club des dirigeants les plus emblématiques du pays.

Ah, c’est presque un échec donc ?

Après une campagne au ton très agressif où il a multiplié les attaques contre ses rivaux, le nouveau chef de l’Etat s’est voulu apaisant en annonçant une “nouvelle ère”, loin des “disputes du passé” qui ont agité ses onze ans de règne.

“Je serai le président de 77 millions de Turcs, et pas uniquement de ceux qui ont voté pour moi”, a-t-il assuré devant des milliers de fidèles réunis sous le balcon du quartier général de son parti à Ankara. “Je prie tous ceux qui me qualifient de dictateur et d’autocrate de revoir leur position”, a-t-il lancé à ceux qui l’accusent de vouloir restreindre les libertés ou d’islamiser le pays.

Comme Recep Tayyip Erdogan a toutefois confirmé son intention de conserver les rênes de la Turquie au poste de président, dont il veut considérablement renforcer les prérogatives au prix d’une réforme de la Constitution.

“Le président élu et le gouvernement élu oeuvreront main dans la main”, a-t-il souligné après avoir glissé, en famille, son bulletin dans l’urne à Istanbul.

Dès les résultats définitifs connus, le Premier ministre s’est aussi symboliquement rendu à la mosquée Eyüp Sultan d’Istanbul pour prier, comme le faisaient les sultans avant de monter sur le trône de l’Empire ottoman, ont rapporté les télévisions turques.

“Je suis fier de dire que je suis turc”

Sans surprise, Recep Tayyip Erdogan a facilement pris le dessus sur ses deux rivaux, au terme d’une campagne qu’il a écrasée de son charisme, de la puissance financière de son Parti de la justice et du développement (AKP) et de son emprise sur les médias du pays.

Toute ressemblance avec un pays occidental serait fortuite ?

Ekmeleddin Ihsanoglu et Selahattin Demirtas ont tous les deux pris acte de leur défaite mais dénoncé une compétition “injuste” ou “inéquitable”.

Sitôt les résultats connus, des milliers de partisans ont envahi les rues des grandes villes pour célébrer, à grands coups de klaxon, la victoire de leur héros.

L’oppression, quoi…

“On est trop content ! Vraiment, on l’adore, on l’aime car tout ce qu’il a fait, c’est bien”, a exulté Yigit Cöskün dans les rues d’Istanbul. “A présent, nous sommes un pays reconnu par tous les leaders internationaux. […] Je suis fier de dire que je suis turc”, a renchéri, drapeau turc en main, Türgüt Gübahar.

Scandale de corruption

Paradoxalement, le triomphe attendu de Recep Tayyip Erdogan intervient au terme d’une année politique très difficile pour son camp.

En juin 2013, des millions de Turcs ont dénoncé dans les rues sa dérive autoritaire et islamiste. La sévère répression de cette révolte a sérieusement écorné l’image du régime.

L’hiver dernier, c’est un scandale de corruption sans précédent qui a éclaboussé le pouvoir. Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un “complot” de son ex-allié islamiste Fethullah Gülen, avant de purger la police et de museler les réseaux sociaux et la justice.

C’est vrai qu’en France, la corruption des élus, on connait pas…

Mais, même contesté comme jamais, Recep Tayyip Erdogan a remporté les élections locales de mars et reste très populaire dans un pays qu’il a débarrassé de la tutelle de l’armée et dont la majorité religieuse et conservatrice a profité de la forte croissance économique sous son règne.

L’armée est certes garante de la laïcité, mais peut être aussi que le peuple préfère la Démocratie ?

Ah, sinon, quelle est la règle pour savoir dans quels pays ont qualifie des dirigeants légitimement élus de “tsars”, “sultans”, “règne”, “maitre du….” ? Jamais entendu parler du “Maître de la Maison Blanche” ni du “règne de Merkel”

Malgré le ton modéré du premier discours du président élu, l’opposition a dénoncé la volonté de Recep Tayyip Erdogan de présidentialiser le système politique turc et agité le spectre d’une dérive vers un régime autocratique.

J’adore toujours quand, comme en Ukraine, des Français accusent un président de vouloir présidentialiser le régime, sachant qu’on doit être le pire régime démocratique présidentiel au monde…

Mais bref, conclusion : les Turcs sont des imbéciles, qui ne votent pas pour le bon candidat… Comme les Palestiniens ou les Russes, quoi…

“Nous sommes désormais confrontés à un pouvoir oppresseur qui n’est plus contrôlé par la Constitution mais essaie d’imposer son propre régime arbitraire”, a ainsi lancé le porte-parole du Parti républicain du peuple (CHP), Haliç Koç.

“Pour de nombreuses raisons, la principale difficulté pour Erdogan n’est pas de remporter la présidentielle, mais ce qui va suivre”, a pronostiqué l’universitaire Ziya Meral, de l’université britannique de Cambridge.

Source : Nouvel Obs.

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En bonus, encore du GRAND Canard enchainé (numéro du 13/08/2014) :

Devenu parano et mystique, il dénonce sans fin, depuis, le « complot de l’étranger » , voit des « traîtres » partout, a fait suspendre « Twitter » et « Facebook » pendant la campagne des municipales et, tout récemment, a voulu interdire aux femmes de sourire en public, tout en traitant une journaliste de « femme effrontée »…

Mégalo, il souhaite remodeler le visage d’Istanbul comme celui de la République turque : doubler le Bosphore par un canal, bâtir un troisième grand pont et, enfin, ériger dans son ancien quartier, sur la rive asiatique, la plus grande mosquée du monde, visible de toute la ville.

Allah lui serait-il monté à ‘la tête ?

C’est quand même étonnant que 52 % des Turcs aient voté pour un type “parano et mystique”, non ? Il avait peut être fait aussi des choses bien, non ?

Ah non, “c’est le méchant”, j’avais oublié… Comme à chaque fois qu’un dirigeant essaie d’exalter (de bonne ou mauvaise façon) tout esprit patriotique ou de fierté nationale… (et non, je n’ai aucune sympathie pour des islamistes…)

Et sinon, je me demande ce qui peut bien se passer dans le cerveau d’un “journaliste” pour écrire qu’un Président “a voulu interdire aux femmes de sourire en public”, sans se poser plus de question (façon “les pro-russes crèvent les yeux des prisonniers”). Je rappelle que c’est le vice Premier ministre Bülent Arinç, “qui avait déjà multiplié ces derniers temps les condamnations des séries et programmes télévisés invitant selon lui à l’addiction sexuelle, estime que la femme turque doit rester « décente », et donc ne « pas rire à gorge déployée devant tout le monde » ; elle doit aussi veiller à sa chasteté de manière à demeurer « bonne à marier », une question pour lui de « droiture morale ».” (RFI).

C’est évidemment nul, d’un autre âge, mais enfin on est loin d’une loi pour interdire aux femmes de rire en public… Mais comme d’habitude, nos suprémacistes blancs bien pensants sont là pour expliquer au reste du monde comment penser et vivre – façon sociétés primitives… Ce qui ne peut que bien se terminer…

Notez aussi qu’un journal turc pourrait titrer “Quand les députés français appellent à exterminer le Roms”, ce serait d’une grande honnêteté intellectuelle…

P.S. d’ailleurs, (même si je soutiens les revendications kurdes, par cohérence intellectuelle) les Turcs doivent apprécier ça – encore de la haute diplomatie :

49 réponses à Elu président, Erdogan annonce une “nouvelle ère”, nie toute dérive autoritaire

  1. Abemus Le 15 août 2014 à 03h06
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    ” Ah, sinon, quelle est la règle pour savoir dans quels pays ont qualifie des dirigeants légitimement élus de “tsars”, “sultans”, “règne”, “maitre du….” ? Jamais entendu parler du “Maitre de la Maison Blanche” ni du “règne de Merkel”

    Simple : les dirigeants légitimement élus de la communauté internationale gouverne en bon démocrate tandis que les “autres” règnent en maîtres sur leur population opprimée.

    Or comme nous le savons tous la Turquie ne fait pas partie de la communauté internationale.

    P.S. : à noter que l’Ukraine est entré depuis peu dans la communauté internationale. Il faudra donc modifier en conséquence le champs sémantique utilisé.. par exemple, on ne dira plus insurgés, mais terroristes.


    • Lisa Le 28 août 2014 à 09h19
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      La Turquie fait partie de l’Otan.


  2. Patrick Luder Le 15 août 2014 à 08h13
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    Laissons la politique turque aux turcs … pour s’en mêler un tant soit peu, il faudrait mieux connaître le sujet, et il y a déjà bien assez à faire chez nous. Le plébiscite d’une vraie démocratie est certes louable, mais mieux vaut un pays bien dirigé de manière clairement non démocratique, qu’un pays mal dirigé sous une pseudo démocratie faussement représentative. La France à perdu toute démocratie directe et l’Europe est clairement sous le dictât de Bruxelles. Les populations ne sont ni consultées et ne se prononcent sur aucun sujet. Un simple sondage sur l’ouverture des marchés et sur le système financier nous montrerait que le peuple attend tout autre chose de cette Union Européenne. Le désir de rattachement de pays à l’EU ne se réalise que dans le déséquilibre de la valeur des monnaies … déséquilibre destinés à fausser les échanges internationaux pour acquérir à bon prix des biens de pays pauvres, déséquilibres qui détroussent les pays pauvres et qui paupérisent les pays riches, juste pour le plus grand bénéfice des marchés => supprimez ce déséquilibre des monnaies (pouvoir d’achat égal dans chaque pays) et vous verrez que des pays tels que la Turquie n’auront plus rien à envier à la vieille Europe …


  3. DUGUESGLIN Le 15 août 2014 à 08h33
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    La même question se pose pour le système de “votation” en Suisse.
    Dès que le peuple s’exprime dans un sens non souhaité, les suisses sont dénigrés.
    Pourtant, peut-on critiquer une démocratie qui permet au peuple de choisir ses grandes orientations sociétales ou civilisationnelles? (selon les termes utilisés maintenant).
    En fait les pays démocratiques qui ne vont pas dans le sens d’une vision du monde que l’on veut imposer dans le but de dominer les peuples ne sont pas considérés comme pays démocratiques puisqu’ils résistent de ce fait à la soumission au nouvel ordre mondial, à l’uni-polarisation.
    Ce qui revient à dire qu’un peuple qui se réclame d’une culture, de racines, d’un art de vire, est un peuple archaïque. Et l’élu qui le représente est un dictateur en puissance.
    Nous pourrions interroger à ce sujet le “Maître de l’Elysée”, le “Maître de la Maison Blanche”, la “Maitre(e) du Reich allemand”, (liste non exhaustive) qui sont soumis et imposent leur soumission au peuple sans lui demander son avis.
    Les élus de grands pays qui ne sont pas soumis protègent peut-être leurs peuples contre une volonté sournoise de les réduire à une simple matière première exploitable “à merci” comme un simple puits de pétrole ou une nappe de gaz de schiste.Que font les écologistes pour éviter l’épuisement des peuples, matière première?
    La question se pose.


    • Alain Le 15 août 2014 à 09h50
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      Certains en Suisse se demandent si la votation est encore une réalité entre les questions modifiées par rapport au droit international et aux traités et aux votations qui ne sont finalement suivies d’aucun effet ou de mise en place édulcorées:

      http://www.lesobservateurs.ch/2014/08/13/suisse-encore-democratie-directe/


    • chios Le 15 août 2014 à 10h00
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      La “démocratie” est en train de devenir une idéologie.


    • Jub Le 15 août 2014 à 13h50
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      Un grand moment de télévision quand D. Cohn Bendit demanda, sans rire, aux suisses de re-voter pour l’histoire des minarets 🙂


  4. DUGUESGLIN Le 15 août 2014 à 08h47
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    Je propose un autre titre au Nouvel Obs:

    UKRAINE.LA FRANCE VA LIVRER DES ARMES SOPHISTIQUÉES AUX RÉSISTANTS DU DONBASS.
    Nous voulons aider les Russophones à éviter les massacres a (aurait pu) expliqué Laurent Fabius.


  5. Kiwixar Le 15 août 2014 à 09h25
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    La démonisation d’Erdogan par nos merdias indique qu’il est peut-être en train de se ré-orienter vers l’est, tournant le dos à l’UE, lassé de patienter pendant que des nouveaux membres lui passent sous le nez (Bulgarie, Roumanie).
    Suivant les pas de Poutine pour l’Union Douanière Eurasiatique?
    Le jour où la Turquie quitte l’Otan, j’ouvre la caisse de champagne….


    • Lisa Le 28 août 2014 à 09h21
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      Il y a pas de démonisation de la Turquie, au contraire erdogan bénéficie largement du soutient des milieux libéraux. Votre caisse de champagne va rester fermée.


  6. jo Le 15 août 2014 à 09h35
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    Petit coup de fatigue : “Eh bien 52 % au premier tou”t”, ce n’est pas trop mal quand même…

    Qu’il boycottent les séries et films américains, c’est une bonne chose.
    Voilà un candidat pour la liste des maudits : Sadam Hussein, Kadhafi, Assad, Poutine…
    Les députés ukrainiens, depuis le changement de régime, ont appris à réfléchir et à choisir le bon parti. Juste une petite instruction leur fut nécessaire…
    C’est idem pour les Français, lorsqu’ils ont voté “non” au projet de Constitution européenne, on (notamment Guigou) leur a décrété qu’ils ne savaient pas voter, qu’ils votaient à côté, qu’ils votaient contre le président sans répondre à la question posée… Donc qu’ils ne seraient plus interrogés par référendum !!!
    Comme quoi la décadence électorale est partout !
    Elle touche tous les pays !


  7. Alain Le 15 août 2014 à 09h47
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    Les deux reproches sûrs qu’on peut faire à Erdogan:
    – avoir muté ou viré ceux qui enquêtaient sur la corruption de ses proches, cela s’est déjà vu sous des cieux dits démocratiques
    – avoir largement monopolisé le temps de parole à la TV, cela s’est aussi déjà vu sous les mêmes cieux
    Reste à voir comment va évoluer le pays, sa popularité et sa légitimité ne peut être mise en cause.

    Il serait aussi utile de scruter l’évolution de la Hongrie où l’évolution vers l’autoritarisme est assumé: république illibérale, plus inquiétant car membre de l’UE sans qu’il y ait de réactions


    • C Balogh Le 15 août 2014 à 10h21
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      Bonjour,

      Orban est-il totalitaire ou simplement souverainiste?

      Il est totalitaire pour l’ue, on s’en doute puisqu’il ose rester debout……

      Etant Hongroise, je reconnais bien là le fait de ne pas être “tiède”, le deux poids de mesure pour un Hongrois, c’est un peu comme manger une poire à l’ail!
      Orban se positionne fermement contre l’ultra-libéralisme donc Orban est totalitaire.
      On nous pousse à juger sans connaître.
      Je ne suis pas allée en Hongrie depuis longtemps mais peut-être qu’ici quelqu’un y vit et pourrait nous en parler précisément.
      Mais j’ai trouvé ça:
      http://hongrie-info.over-blog.com/

      Exrtrait.”Cela m’attriste d’en arriver là, d’autant plus que les attaques anti-hongroises continuent. Pas plus tard que ce matin encore, un libéral belge critiquait la politique de Mr Orbán. Bien entendu, quand un premier ministre veut redonner à son pays sa fierté, son indépendance, et qu’il affirme haut et fort des valeurs millénaires, cela ne plait pas ! En même temps, les humiliations, les tabassages, la privation des droits élémentaires des Hongrois des terres arrachées par Trianon continuent, mais de cela personne n’en parle !!!”


    • C-M Brg Le 15 août 2014 à 11h23
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      Et pourtant..la Hongrie a eu une belle croissance tandis que a l’ouest on entre en rouge.Si illibérale signifie moins de financiarisation, “Bravo” pour la Hongrie ! Au moment quand la Turquie a tout payé au FMI à qques jours, voir semaines après , a commencé la “révolution” Place Taksim…http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/05/14/97002-20130514FILWWW00377-fmi-la-turquie-a-paye-ses-dettes.php .A ne pas oublier que dans la même place Taksim on a eu une autre manif en 2009 contre FMI.


  8. Sandrine Le 15 août 2014 à 09h49
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    Le fait que la liste des maudits s’allonge est bon pour l’équilibre des forces. L’équilibre, c’est peut être notre chance d’éviter le pire.


    • Lisa Le 28 août 2014 à 09h22
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      Erdogan n’est nullement maudit, le nouvelobs ne répresente pas la presse occidentale.


  9. C Balogh Le 15 août 2014 à 09h55
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    Bonjour,
    Ce n’est pas parce que nos nous sommes fait eu avec normal 1er et ses prédécesseurs que tout président va agir de la même façon.; c’est-à-dire, mentir à son peuple en faisant tout l’inverse de son programme politique.
    Je ne connais pa la Turquie, cependant ma nièce est matiée à un Turc et apparemment, ils sont rès heureux de l’élection d’Erdogan.
    Ceci dit, je partage votre avis, pour moi, ce système d’élection privilégie exclusivement “la caste”.


  10. Hououji Fuu Le 15 août 2014 à 11h11
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    Le billet oublie de rappeler les événements du fameux parc Gezi, et la sympathique répression qui s’en est suivie, de même que ce qui ressemblait tout de même un peu à une révolte de gens ordinaires par rapport à un système de plus en plus autoritaire, où la corruption (cachée, sauf quand les loups commencent à se manger entre eux) fait loi. Pas besoin d’aller loin pour voir comment un tel système peut tenir, et être “populaire”, en effet, on trouve ça très près de chez nous. Cela ne le légitimise pas pour autant, d’autant plus qu’il est occupé à détrictoter “gentiment” tout ce qui a fait la laïcité dans ce pays, en utilisant entre autres la force du contrôle social pour imposer une vision conservatrice au niveau sociétal à l’ensemble d’une population beaucoup plus diverse que ce que l’on fait passer dans certaines interviews. Bien sûr, autoriser le port du voile dans une université ou ailleurs n’est pas “obliger à porter le voile”. C’est bien plus vicieux. On compte sur l’exemple, sur le nombre, sur les représentations médiatiques et autres, pour faire le travail d’obligation, de pression à se conformer. Le contrôle social, c’est génial.

    Pour revenir au “mais 52%, c’est pas si mal, tiens”, revenons un instant sur le cas grec, histoire de remettre les pieds sur terre : Nouvelle Démocratie (et avant sa chute le PASOK) avaient beau être ineptes, inefficaces, corrompus jusqu’à la moelle et au-delà, n’arriver à rien, et pourtant ils ont pu engranger victoire électorale sur victoire électorale pendant au moins 2 générations. Pourquoi ? Grâce à un système de type mafieux d’aide au siens, de privilèges pour les siens, de cadeaux pour les siens, d’emplois pour les siens, bref, en achetant leurs victoires par le simple maintien sous leur coupe (car redevables) de portions importantes de population.

    Enfin, parler de démocratie pour justifier la victoire de types dangereux et obscurantistes (et tout sauf démocrates au sens réel de ce mot) me fait toujours rire (pour ne pas pleurer). Que ce soit en Turquie ou dans nos pays “développés occidentaux et tout et tout”, la démocratie est un leurre lorsque la population qui est son pilier n’est pas émancipée. La population française, la population allemande, la population belge, la population anglaise, etc. sont très loin d’être émancipées. La population turque ne l’est pas plus que nous. Donc, non, il n’y a dans la victoire d’Erdogan aucune victoire de la démocratie. Au contraire.


  11. Crapaud Rouge Le 15 août 2014 à 11h25
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    Pour juger, il faudrait suivre de près ce qui se passe en Turquie, comme pour l’Ukraine. Y a-t-il vraiment une “dérive autoritaire” ? Y a-t-il vraiment “la démocratie” ? Allez savoir ! On n’a pas le temps de connaître “la vérité des faits”, d’autant plus que ce que l’on appelle “les faits” sont des représentations socialement (et difficilement) construites.

    En revanche, il est vrai que les “merdias” ont coutume de jeter l’anathème sur un pays en commençant par dire qu’il n’est pas démocratique. Ensuite, ils passent à l’étape “fabrication de l’ennemi”, (Cf. http://www.les-crises.fr/la-fabrication-de-lennemi-le-cas-russe-par-pierre-conesa-en-2009/), mais nous n’en sommes pas là avec la Turquie : elle a deux bases américaines sur ton territoire, et c’est un adversaire de la première heure de Bachar el Assad. Mais comme elle a des Kurdes sur son territoire, (toujours tentés par le séparatisme), l’on peut comprendre qu’elle n’ait pas envie de les aider, d’autant plus que ce sont les Américains qui ont mis le feu, et que ce n’est pas son job de protéger des chrétiens. La bonne question, c’est plutôt de savoir si la France doit aider les Kurdes : à mon avis non.


    • Kiwixar Le 15 août 2014 à 12h05
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      Ca va être intéressant de suivre le 2-poids-2-mesures de la “communauté internationale” sur les Kurdes, entre “droit des peuples à disposer d’eux-mêmes” et “intangibilité des frontières”.

      Mon pari :
      – Kurdes : droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, création d’un Kurdistan croqué dans le territoire d’Irak
      – Novorussia : intangibilité des frontières


      • Vasco Le 15 août 2014 à 13h38
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        Je le pense aussi.

        Il y a clairement un enjeux stratégique régional au Kurdistan qui va précipiter tout le moyen orient. La tectonique des plaques (géopolitiques) est a l’œuvre dans cette région.

        http://www.newyorker.com/news/daily-comment/oil-erbil


      • Yann Le 16 août 2014 à 15h46
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        En même temps les Kurdes vont quand même avoir un sacré argument à partir de maintenant : au moment où tout le reste de l’Irak était en train de s’effondrer face à quelques milliers de combattants, ils ont fait figure de seul rempart crédible en attendant une assistance internationale. Même si ça ne suffit pas à justifier une sécession, ça montre quand même qu’ils constituent une unité régionale forte et distincte du reste de l’Irak.


  12. C Balogh Le 15 août 2014 à 12h29
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    en plus si Erdogan critique cacacala!
    C’est un terroriste!
    https://www.youtube.com/watch?v=xaIXgnJvmKA&feature=youtu.be

    et puis, bon, il ose:

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=t9POy0mMn38


    • C Balogh Le 15 août 2014 à 12h34
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      Incroyable quand même dans ce monde de mensonges!!!
      Même si je ne connais pas ses motivations secrètes(c’est un chef d’état Erdogan), il faut des c***lles pour faire ça devant le dieu marché!!
      Quand à la Palestine, sacrifiée à un autre dieu, dieu ayant profession de pardonner toutes exactions…….
      Abject.


    • jacqueline Le 15 août 2014 à 15h32
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      En plus il a annoncé qu’il allait refaire le coup de la flottille turque vers Gaza. On verra bien.

      Puis qu’il allait exporter des produits alimentaires en Crimée.

      Décidément il fait tout pour se faire détester de nos merdias et des USA. 🙂

      A mon avis les USA lui ont joué un coup fourré avec les islamistes ( Syrie Irak ) et les kurdes, qui lui est resté en travers de la gorge.

      Facebook interdit ? bah quand on voit des ados se suicider parce qu’on les met plus bas que terre sur cette poubelle, ou qu’on dévoile des photos intimes pour se venger, plus tous les cons d’ados qui risquent leur vie dans des jeux à la con pour rivaliser, mettre des vidéos d’agressions ou de viols sur cette bouse cotée en bourse.

      Pour moi il n’ y a rien à dire si un pays veut protéger sa jeunesse de ce truc immonde.

      Et combien de temps perdu , sur cette m*** pour les élèves.

      Enfin je ne comprend pas, tout le monde se plaint des atteintes à la vie privée et ils se jettent sur le truc le plus fliqué d’internet.


  13. jo Le 15 août 2014 à 12h56
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    De quoi faire grincer l’ue !
    A compter du 15 septembre, les produits turcs remplaceront les produits européens !
    http://riafan.ru/2014/08/15/55328-v-rossii-turetskie-produktyi-pridut-na-smenu-evropeyskim-s-15-sentyabrya/


  14. Dolly Prane Le 15 août 2014 à 13h04
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    Euh… la Turquie c’est pas ce pays qui a envahi Chypre, pays membre de l’UE et l’occupe militairement depuis 1974, sans que cela ne choque Bruxelles ?
    Quand on voit la précipitation avec laquelle, l’UE a décrété les sanctions contre la Russie, on est en droit de se poser un certain nombre de question sur la crédibilité de cette Europe qui a perdu la confiance des citoyens des pays qui la composent !

    Et pourquoi les dépités européens et les merdias n’en parlent jamais ?


    • Dolly Prane Le 15 août 2014 à 14h25
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      Dépités certes, mais en tout cas pas de “la des pressions” de celles et ceux qui les ont fait “princes et princesses” à 10.000 euros/mois ! ,-) José Bové, Cohn “bandit” comme référence européennes, c’est quand même “dantesque” !
      Concernant Chypre, la pression de l’oncle Sam et de l’Otan dont fait partie la Turquie a définitivement muselé politiques et médias qui ne doivent leur survie qu’à une certaine soumission pour ne pas dire lâcheté, que le politiquement correct désigne sous le vocable “tolérance” !


    • C Balogh Le 15 août 2014 à 15h39
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      Il me semble pas très juste de faire porter à des dirigeants les grossières erreurs de ceux qui sont passés avant eux, tout comme il ne me semble pas juste de faire confiance à un gouvernement parce que son prédécesseur a été bon:ils ont fait leurs preuves et d’autres restent à faire.
      Nous sommes en 2014, les dirigeants actuels sont responsables de ce qu’il se passe actuellement, pas de ce qu’il s’est passé même si la diplomatie les contraints à des retours en arrière.
      Enfin, ça n’est que mon avis.


    • DUGUESGLIN Le 15 août 2014 à 19h58
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      J’enchaîne avec un peu d’humour à propos de la dépression. Çà défoule.
      Un Foulosophe rentre dans un bar. Le patron demande qu’est-ce que vous prenez? Le Foulosophe lui répond deux bières.
      Le patron se dit en lui-même, après tout le client est roi. Oui Monsieur, répond-il, des pressions? Le Foulosophe répond: non alcolisme.


  15. Zylo Le 15 août 2014 à 16h02
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    Suivant un peu le conflit syrien, et par extension le conflit irakien, je pense qu’il faut être prudent avant d’avoir un avis car on rentre dans l’orient compliqué avec la Turquie…
    Il est établi que Erdogan aide (et c’est un euphémisme) les mouvances islamistes les plus dures qui ravagent l’Irak et la Syrie.
    Il y a des suspicions importantes que ses services soient derrière les attaques chimiques de Damas de aout 2013. Des “démocrates syriens” ont été interceptés avec du sarin en turquie (paru dans des journaux turcs exclusivement, merci notre presse), étonnamment il semblerait qu’ils aient été libérés ultérieurement.
    Au demeurant une conversation téléphonique de lui avec ses services à propos de l’organisation d’un false flag en Syrie permettant le lancement d’une guerre ouverte a été publiée (par les services russes ?)

    Concernant les kurdes, il semblerait qu’il y ait plusieurs mouvements (je ne sais pas s’ils sont antagonistes au point de se faire la guerre), donc peu de chances a priori que les armes livrées aux kurdes irakiens finissent dans les mains des kurdes turcs (l’avenir dira !)
    En revanche je partage l’avis de certains ici : il est probable que “la communauté internationale” soutiendra la création d’un kurdistan irakien (et pourquoi pas syrien ?) au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il sera intéressant d’écouter la rhétorique concernant les kurdes turcs ! (ou est-ce un des bâtons par lesquels Erdogan est tenu ?)

    Le fait que les turcs se retournent vers la Russie est un peu étonnant étant données les dissensions autour du dossier Syrien (et notamment du gazoduc quatar / syrie / turquie)…
    Mais Israël s’est bien proposé aussi de livrer de l’agroalimentaire à la Russie, on n’est plus à un retournement de veste près.

    Tout cela pour dire : attention de bien collecter un maximum de faits avant de prendre parti dans un sens ou dans l’autre, bienvenue dans l’Orient compliqué….


  16. pascale Le 15 août 2014 à 16h31
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    Bonjour tout le monde,

    Je suis nouvelle ici, je trouve vos conversations instructives et je suis une grande curieuse … je vous poste un lien intéressant d’un spécialiste de l’islam et du Moyen Orient. Ce qui concerne Erdogan est vers la 18em mns (mais les reste est aussi plein d’enseignements).

    http://www.dailymotion.com/video/x23g0tk_decryptage-de-l-intervention-des-usa-en-irak_news#from=embediframe


    • Crapaud Rouge Le 15 août 2014 à 23h33
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      Merci pour la vidéo, ce Bassam Tahhan est passionnant à écouter.


  17. NeverMore Le 15 août 2014 à 18h08
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    Autant on encense Erdogan nonobstant des orientations théocratiques, autant on conchie Poutine pour sa sympathie pour l’église orthodoxe (et néanmoins chrétienne, ça doit être pour ça.).

    Et selon les paroles prêtées à Erdogan “les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les croyants nos soldats”..J’ai peine à y croire …


    • pascale Le 15 août 2014 à 18h24
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      Erdogan est un partenaire de choix pour les USA, avec un emplacement stratégique la Turquie est une base indispensable pour les opérations dans la région. Il manie parfaitement l’islam politique mais l’emprunte d’Ataturk dans la culture du pays limite l’islamisation radicale … On lui prête des ambitions de Sultan, il a d’ailleurs fort bien réussi son ascension au sommet, il traine aussi une odeur sulfureuse de corruption et manie parfaitement le double langage … Bref c’est un chef d’état comme un autre 🙂 … mais qui n’est pas dans la ligne de Poutine qui comme chacun sait soutient l’axe shiite Iran/Syrie/hezbollah


  18. pascale Le 15 août 2014 à 18h28
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    correction : la Syrie n’est pas Shiites mais le régime de Bachar soutenait et est soutenu par l’Iran, ce qui en fait le grand ennemi des saoudiens …


  19. LAD Le 15 août 2014 à 19h26
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    Encore un exemple flagrant de parti pris, d’un manque total de professionnalisme, ce qui n’est guère surprenant. Que vont-ils nous sortir ensuite ? Que les accords économiques vont être remis en question à cause de ce Président ? Que la candidature de la Turquie pour l’entrée dans l’U E sera donc compromise ?
    C’est drôle tout de même … jusqu’où le niveau journalistique va-t-il descendre ?


  20. Nanker Le 15 août 2014 à 21h29
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    “Mais ce que je trouve intéressant, c’est de porter un regard sur la façon dont nos médias relatent le sujet”

    Petite remarque du temps où la Turquie devait entrer dans l’Europe et était notre amie pour la vie (2005) on présentait Erdogan comme un « islamiste modéré ».

    Maintenant que cette perspective semble s’éloigner et que La Turquie redevient le pays qui fait peur, celui de « Midnight Express » 🙂 Erdogan est dans la bouche des journalistes français devenu un « islamisto-conservateur ».

    On est donc passé de l’oxymore au pléonasme pourtant Recep lui n’a pas changé… Sémantique mensongère de nos médias?


  21. Leonard Le 15 août 2014 à 22h29
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    Une analyse ici qui m’a l’air bien documentée.
    Au moins qui pose la question de l’opposition (ben oui dans une élection, il y a aussi une opposition) en relevant l’absence totale de charisme du challenger d’Erdogan (un vieux monsieur de 70 ans dans un pays où la majorité de la population a moins de 30 ans) et son positionnement bizarre (une alliance entre les socialistes et l’extrême droite).
    Avec la question des Kurdes – selon l’auteure, malgré toutes ses qualités, le candidat kurde n’avait aucune chance de drainer une majorité sur son nom.

    http://yollar.blog.lemonde.fr/2014/08/10/sebahattin-demirtas-la-force-tranquille-des-kurdes/


  22. Sandrine Le 15 août 2014 à 22h32
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    Une déclaration du ministre truc de l’économie

    Il faut développer les relations commerciales et économiques russo-turques sur une base permanente et équilibrée, a déclaré vendredi le ministre turc de l’économie Nikhat Zaiybekchi dans une interview exclusive accordée à ITAR-TASS.

    Le ministre a également commenté la position d’Ankara au sujet des sanctions antirusses.

    « Notre ministère n’a pris note d’aucune décision dans le cadre de l’ONU au sujet des sanctions antirusses. Dès lors, il n’existe aucun obstacle d’ordre économique ou juridique au développement normal de nos relations commerciales ou économiques », a dit le ministre après avoir confirmé que la Turquie et la Russie entretenaient effectivement des relations économiques multiformes.

    « On estime même que notre coopération économique est si avancée qu’elle détermine nos relations politiques. Les relations bilatérales russo-turques exercent une influence bénéfique sur la région dans son ensemble et sont une garantie de sa prospérité », a fait ressortir l’interlocuteur de l’Agence.

    Selon lui, « les relations économiques entre les deux pays doivent se développer d’une manière équilibrée au nom de l’objectif commun qui est le développement durable de toute la région ».

    http://french.ruvr.ru/news/2014_08_16/La-Turquie-rejette-les-sanctions-antirusses-decretees-par-l-Occident-0468/


  23. Iskender Le 15 août 2014 à 23h00
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    Cher Olivier,

    Il me semble y avoir une confusion à la fin de ton article à propos de la livraison d’armes par la France aux Kurdes, et l’analogie implicite que tu fais avec la minorité russe d’Ukraine.

    Il s’agit dans le cas présent des Kurdes d’IRAK, qui ont déjà un gouvernement semi-autonome qui entretient pour l’instant de bonnes relations avec la Turquie, et non pas des Kurdes de TURQUIE (PKK). Certes, les Kurdes d’Irak et de Turquie sont proches, mais les Kurdes d’Irak ne voudraient pour rien au monde compromettre leurs chances d’accéder à l’indépendance en se fâchant avec la Turquie. Cette livraison d’armes est orientée contre la menace que le soi-disant État Islamique fait peser sur les Kurdes d’Irak. Bien entendu, si ce qui aurait dû rester un groupuscule islamo-fasciste est devenu aussi puissant, on sait que c’est grâce aux livraisons d’armes de l’OTAN contre Al-Assad. Donc, certes, il y a un côté pompier pyromane à aider maintenant les Kurdes.

    Sur Erdoğan, étant moi-même turc, je dirais que la dérive autoritaire du monsieur est crainte par un grand nombre de Turcs, en effet. Il n’a eu de cesse d’étendre son pouvoir, d’intimider ceux qui s’opposaient à lui, de contrôler tous les contre-pouvoirs nécessaire à une démocratie en bon ordre. Mais son succès est en grande partie dû à la nullité de l’opposition (kémalistes), qui ne sont pas mieux que lui. Nous manquons tragiquement d’une opposition démocratique et progressiste, incarnée à mon avis par Selahattin Demirtaş. Espérons que son bon score donne une assise pour construire cette opposition progressiste dans les années qui viennent.

    Par ailleurs, je ne pense pas que le traitement d’Erdoğan par les médias occidentaux soit aussi partial que pour les autres dirigeants pour une simple raison GÉOPOLITIQUE : la Turquie est un caniche de l’OTAN depuis le début de la guerre froide, et un des plus grands alliés des Américains dans la région. Et Erdoğan n’a jamais montré de volonté de remettre en cause cette vassalisation, bien au contraire.

    Enfin, ce qui me chagrine encore davantage, c’est le rôle qu’Erdoğan joue au Moyen-Orient. Il a entraîné et armé les terroristes dans une base à Bursa (avec l’aide des Américains et de l’Arabie saoudite-Qatar) – c’est un article du New York Times qui le dit – afin de les faire ensuite passer en Syrie. Il aide le soi-disant État islamique, il a soutenu Morsi en Égypte, etc. Il joue un rôle néfaste et participe de la stratégie du chaos des Américains.


    • Lisa Le 28 août 2014 à 08h53
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      Bien d’accord Erdogan a bcp de relais dans la presse occidentale y compris en France prendre un article du nouvelobs comme emblematique du discours français sur Erdogan est ridicule


  24. Iskender Le 15 août 2014 à 23h14
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    Je tiens également à dire à tous ceux qui s’extasient devant le “coup de gueule” d’Erdoğan face à l’attaque israélienne de la flottille de Gaza : ne tombez pas dans le panneau, c’est de la COMM’ !

    Le peuple turc soutient massivement les Palestiniens, donc Erdoğan doit se faire bien voir de son électorat, mais la Turquie est le plus grand allié d’Israël dans la région, et sous Erdoğan, les relations économiques avec Israël n’ont jamais été aussi florissantes. Erdoğan n’a jamais remis en cause cet étroit partenariat avec Israël. Ce sont des faits.

    La rhétorique, c’est une chose, les actes, c’est autre chose.


    • C Balogh Le 16 août 2014 à 03h11
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      J’ai cherché un peu:
      “Jérusalem et Ankara pratiquent le libre échange et sont dotées de milieux économiques puissants et indépendants des gouvernements, ajoute-t-il. “L’essentiel de ces activités étant de nature commerciale, les forces financières l’emporteront sur toute forme de pression politique”. D’après lui, “le mouvement de panique générale – comme si Israël et la Turquie étaient sur le point de rompre toute relation -” est presque entièrement fabriqué par les médias. ”

      http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/07/les-interets-economiques-sont-plus-forts-que-tout

      Mais qu’est-ce qui n’est pas “fabriqué”???
      C’est un peu flippant quand même.


  25. Lisa Le 28 août 2014 à 08h33
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    “Mais comme d’habitude, nos suprémacistes blancs bien pensants sont là pour expliquer au reste du monde comment penser et vivre – façon sociétés primitives… Ce qui ne peut que bien se terminer…”

    Pourquoi les turcs ne sont pas blancs ?


  26. Lisa Le 28 août 2014 à 08h43
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    Ce billet est une tartuferie on prend un article de gauche (il ne manque plus que la gauche se met à soutenir Erdogan) pour faire croire que c’est l’ensemble des journaux qui font une propagande. Au contraire Erdogan à des nombreux soutient parmi les journalistes. Bernard Guetta entre autres. Puis j’aime bien, je n’aime pas les islamistes mais … je soutient les kurdes mais … la partie finale en plus marque une parfaite ignorance de la situation du moyen orient comme d’autres on relevé.


  27. Lisa Le 28 août 2014 à 08h51
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    Faire une comparaison avec Bourdeleix est ridicule se sont des propos volés par un journaliste alors qu’Erdogan tient des propos racistes contres les arméniens en public.


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