Tiens, nous sommes en guerre – une paille…

Comme d’habitude, guerre décidée par un homme seul, dans son bunker, sans vote du Parlement – j’imagine que c’est ce qu’on appelle une “République exemplaire”. “Moi Président, je ferai comme les autres”…

Alors, en guerre contre qui ?

La France est en guerre contre le terrorisme.” [Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense]

Ah, c’est tout de suite plus clair – “vaste programme”… Il aurait dû faire encore plus simple “en guerre contre les très méchants” me semble mieux.

Alors je reprends un classique de 2005 de Noam Chomsky, puisque nous reprenons désormais la rhétorique de néoconservateurs américains…

Noam Chomsky interviewé par Geov Parrish

WorkingForChange.com (USA) , 23 décembre 2005

Depuis plus de 40 ans, Noam Chomsky, professeur au MIT, est l’un des plus grands intellectuels au monde critique de la politique étrangère des Etats-Unis. Aujourd’hui, alors que les Etats-Unis connaissent des problèmes politiques et militaires suite à leurs dernières aventures impériales, Chomsky – qui a eu 77 ans le mois dernier – promet qu’il ne ralentira pas le rythme « tant qu’il tiendra debout ». Je lui ai parlé au téléphone, le 9 décembre et une autre fois le 20, à son bureau à Cambridge.

Geov Parrish : Est-ce que George Bush a des problèmes politiques ? Si oui, pourquoi ?

Noam Chomsky : George Bush aurait de graves problèmes politiques s’il y avait un parti d’opposition dans ce pays. Pratiquement chaque jour ils se tirent un balle dans le pied. Ce qui est étonnant dans la politique aux Etats-Unis aujourd’hui est que les Démocrates n’en tirent pratiquement aucun bénéfice. Le seul bénéfice pour eux est que les Républicains sont en train de perdre du soutien. Un parti d’opposition serait en train de secouer les branches, mais les Démocrates ont une politique si proche des Républicains qu’ils ne peuvent rien faire. Lorsqu’ils essaient de parler de l’Irak, George Bush, ou Karl Rove, leur rétorque « comment pouvez-vous critiquer ? Vous avez tous voté pour. » En plus, ils ont raison.

GP : Comment les Démocrates pourraient-ils faire la différence à ce stade, étant donné qu’ils sont déjà tombés dans le piège ?

 Chomsky : Les Démocrates, leurs dirigeants, lisent les sondages bien plus que moi. Ils savent ce que pense l’opinion publique. Ils pourraient prendre des positions qui seraient soutenues par l’ opinion publique au lieu d’aller à l’encontre. Ainsi ils deviendraient un vrai parti d’opposition, et même un parti majoritaire. Mais cela signifie qu’ils devront changer de position sur pratiquement tous les sujets.

Par exemple, prenons la question de la santé, qui est probablement la préoccupation principale dans le pays. Une grande majorité de la population est favorable, et ce depuis longtemps, à un système de sécurité sociale nationale. Mais chaque fois que le sujet est abordé – on en parle de temps en temps dans la presse – on dit que c’est politiquement impossible, ou que le projet « manque de soutien politique », qui est une autre manière de dire que les compagnies d’assurance n’en veulent pas, que les compagnies pharmaceutiques n’en veulent pas, et ainsi de suite.

Bon d’accord, une grande majorité de la population le veut, mais qui se préoccupe d’eux ? C’est pareil pour les Démocrates. Clinton avait concocté un plan tellement alambiqué qu’on n’y comprenait rien et tout est tombé à l’eau.

Kerry, aux dernières élections, au dernier débat de la campagne, le 28 octobre je crois, le débat devait aborder les questions de politique interne. Et le New York Times en fit un bon compte-rendu le lendemain. Ils soulignèrent, à raison, que Kerry n’avait jamais mentionné un engagement quelconque du gouvernement dans le système de santé parce qu’il « manquait de soutien politique ». C’est leur manière à eux de dire, et celle de Kerry de comprendre, que soutien politique signifie le soutien des riches et des puissants. Bon, les Démocrates pourraient être différents. On pourrait imaginer un parti d’opposition qui défendrait les intérêts de la population.

GP : Etant donné l’absence de véritables différences entre les deux partis en matière de politique extérieure…

Chomsky : … ou même intérieure.

GP : Oui, ou intérieure. Mais je voudrais poser une question sur la politique étrangère. Sommes-nous en train d’être préparés à un état de guerre permanent ?

Chomsky : Je ne crois pas. Personne ne veut réellement la guerre. Ce que l’on veut c’est la victoire. Prenons l’exemple de l’Amérique centrale. Dans les années 80, l’Amérique centrale était hors de contrôle. Les Etats-Unis ont du mener une guerre terroriste féroce contre le Nicaragua, et ont du soutenir les gouvernements assassins du Salvador, du Guatemala et du Honduras, c’était un état de guerre. Les terroristes ont finalement gagné. A présent, la région est plus ou moins calme. Alors on n’entend même plus parler de l’Amérique centrale parce que tout est calme. Il y a la souffrance et la misère, mais la situation est calme. Ce n’est donc pas un état de guerre. Ailleurs, c’est pareil. Partout où on peut garder les gens sous contrôle, il n’y a pas de guerre.

Prenons par exemple la Russie et l’Europe de l’Est. La Russie a contrôlé l’Europe de l’Est pendant près d’un demi-siècle, avec très peu d’interventions militaires. De temps en temps, ils envahissaient Berlin Est, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, mais en général c’était calme. Et ça leur convenait parfaitement – une situation sous contrôle des forces de sécurité locales, des politiciens locaux, pas de problème. Il n’y avait pas d’état de guerre permanent.

GP : Mais dans la Guerre contre le terrorisme, quelle peut être la définition d’une victoire lorsqu’on a affaire à une tactique ? C’est sans issue.

Chomsky : Il existe des moyens procéder à des mesures. Par exemple, on peut compter le nombre d’attaques terroristes. Et bien ils sont en nette augmentation sous l’administration Bush, et en très nette augmentation depuis la guerre en Irak. Comme prévu – les services de renseignement avaient prévu que la guerre en Irak allait probablement accroître le niveau de terrorisme. Et les estimations effectuées après l’invasion par la CIA et le Conseil National du Renseignement, et autres agences de renseignement, le confirme en tous points. La guerre a augmenté le terrorisme. En fait, elle a même produit quelque chose qui n’existait pas auparavant, un nouveau terrain d’entraînement pour les terroristes, bien plus sophistiqué qu’en Afghanistan, où sont entraînés des terroristes professionnels qui retournent ensuite dans leur pays. C’est une façon de gérer la Guerre contre le Terrorisme, en augmentant le terrorisme. Et selon l’unité de mesure évidente, le nombre d’attaques terroristes, on peut dire qu’ils ont réussi à augmenter le terrorisme.

Le fait est qu’il n’y a pas de Guerre contre le Terrorisme. Il s’ agit là d’un problème secondaire. L’invasion de l’Irak et la prise de contrôle des ressources énergétiques étaient bien plus importantes que le risque de terrorisme. C’est pareil pour d’ autres sujets. Le terrorisme nucléaire, par exemple. Les services de renseignement étasuniens estiment que la probabilité pour qu’ une « bombe sale », qu’une attaque par bombe nucléaire aux Etats-Unis, se produise dans les dix prochaines années est de 50 pour cent. C’est beaucoup. Est-ce qu’ils s’en préoccupent ? Oui.

En augmentant la menace, un augmentant la prolifération nucléaire, en poussant ses ennemis potentiels à prendre des mesures très dangereuses pour tenter de contrer les menaces des Etats-Unis.

Le sujet est parfois abordé. On peut le trouver dans les articles consacrés aux analyses stratégiques. Prenons encore une fois l’ exemple de l’invasion de l’Irak. On nous dit qu’ils n’ont pas trouvé d’armes de destruction massive. Et bien, ce n’est pas tout à fait correct. Ils ont effectivement trouvé des armes de destruction massive, celles que les Etats-Unis, la Grande Bretagne et d’autres avaient envoyées à Saddam pendant les années 80. Il y en avait encore beaucoup sur place. Elles étaient sous le contrôle des inspecteurs de l’ONU et en train d’être démontées. Mais il y en avait encore beaucoup. Lorsque les Etats-Unis ont envahi, les inspecteurs ont été virés, et Rumsfeld et Cheney n’ont pas ordonné à l’armée de garder les sites. Alors les sites sont restés sans surveillance, et ils furent systématiquement pillés. Les inspecteurs de l’ONU ont continué leur travail par satellite et ils ont identifié plus de 100 sites qui étaient systématiquement pillés, pas comme quelqu’un qui entrerait pour voler quelque chose, mais soigneusement et systématiquement pillés.

GP : Par des gens qui savaient ce qu’ils faisaient

Chomsky : Oui, par des gens qui savaient ce qu’ils faisaient. Cela signifie qu’ils étaient en train de récupérer le matériel de haute précision qu’on peut utiliser pour les armes nucléaires et les missiles, les bio toxines dangereuses, toutes sortes de choses. Personne ne sait vers où le matériel est parti, et on préfère ne pas y penser. Ca, c’est une manière d’accroître nettement le risque de terrorisme. La Russie a nettement augmenté sa capacité militaire offensive en réaction aux programmes de Bush, ce qui en soi est déjà dangereux, mais aussi pour tenter de contrer la domination écrasante des Etats-Unis en termes d’armes offensives. Ils doivent transporter des missiles nucléaires en peu partout sur leur vaste territoire. Et la majorité n’est pas gardée. Et la CIA est parfaitement au courant que les rebelles Tchétchènes s’intéressent aux chemins de fer Russes, probablement pour tenter de voler un missile nucléaire. Oui, ça pourrait être un apocalypse. Mais ils sont en train d’accroître ce danger.
Parce qu’ils s’en fichent.

C’est pareil pour le réchauffement climatique. Ils ne sont pas stupides. Ils savent qu’ils sont en train d’augmenter les risques d’une catastrophe majeure. Mais cela ne concerne que les générations futures. Ils s’en fichent. Il y a en gros deux principes qui gouvernent la politique de l’administration Bush : se remplir les poches et celles de ses amis riches, et renforcer son contrôle sur le monde. Pratiquement tout découle de là. Si vous faites sauter la planète, et bien ce n’est pas votre problème. « Ca arrive », comme l’a dit Rumsfeld.

GP : Vous avez suivi les guerres d’agression des Etats-Unis depuis le Vietnam, et aujourd’hui nous sommes en Irak. Etant donné le fiasco que c’est, pensez-vous que nous verrons un changement dans la politique étrangère des Etats-Unis ? Si oui, comment ?

Chomsky : Et bien, il y a des différences importantes. Comparez, par exemple, la guerre en Irak avec la guerre au Vietnam il y a 40 ans. Il y a une nette différence. L’opposition à la guerre en Irak est beaucoup plus importante que pour le Vietnam. L’Irak est je crois la première guerre de l’histoire de l’impérialisme européen, y compris les Etats-Unis, où on a connu des protestations massives avant que la guerre n’ait été officiellement déclenchée. Au Vietnam, il a fallu quatre ou cinq ans avant de voir les premières protestations. Les protestations étaient si faibles que personne ne se souvient que Kennedy a attaqué le Sud Vietnam en 1962. C’était une attaque importante. Il a fallu des années avant de voir des protestations.

GP : Et que faut-il faire en Irak ?

Chomsky : Et bien la première chose serait d’en parler sérieusement. Il n’y a pratiquement aucun débat sérieux, je suis désolé de le dire, dans la classe politique, sur la question du retrait des troupes. Ceci parce que nous sommes soumis à une doctrine occidentale, un fanatisme religieux, qui prétend que les Etats-Unis auraient envahi l’Irak même si ce dernier ne produisait que des cornichons et des salades, et que les puits de pétrole s’étaient trouvés au milieu de l’Afrique. Tous ceux qui n ’y croient pas sont qualifiés de Marxistes, de théoriciens de la conspiration, de fous, ou autre chose. Et bien, même si vous n’ avez plus que trois neurones en état de marche, vous savez que ce sont des balivernes. Les Etats-Unis ont envahi l’Irak pour ses énormes ressources en pétrole, la plupart encore inexploitées, et cepays est situé en plein centre du système énergétique mondial.

Ce qui signifie que si les Etats-Unis réussissent à contrôler l’ Irak, ils étendront considérablement leur puissance stratégique, ce que Zbigniew Brzezinski appelait le point d’appui indispensable face à l’Europe et l’Asie. C’est une des raisons principales pour contrôler les ressources de pétrole, ça vous donne un pouvoir stratégique. Même si vous pouvez compter sur des ressources renouvelables, vous avez intérêt à le faire. C’est la raison principale pour l’invasion de l’Irak.

En ce qui concerne le retrait, prenez n’importe quelle édition de n’importe quel journal ou magazine. Ils disent tous que les Etats-Unis veulent instaurer un état démocratique et souverain en Irak. En fait, c’est hors de question. Que serait la politique d’ un Irak indépendant et souverain ? S’il est plus ou moins démocratique, le pays serait gouverné par une majorité Chiite.

Ceux-ci chercheront naturellement à resserrer leurs liens avec l’ Iran chiite. La plupart des religieux viennent d’Iran. La brigade Badr, qui contrôle en gros tout le sud, est entraînée par l’Iran. Ils ont des liens étroits qui ne feront que se renforcer. Ce qui donne une alliance informelle Irak/Iran. De plus, juste de l’ autre côté de la frontière avec l’Arabie Saoudite, il y a une population chiite qui a été sévèrement réprimée par la tyrannie intégriste soutenue par les Etats-Unis. Tout mouvement vers l’ indépendance en Irak aurait de fortes chances de les encourager, et c’est déjà en cours. Et il se trouve que c’est là que se trouve la majorité du pétrole Saoudien. Alors, vous pouvez imaginez le parfait cauchemar pour Washington, à savoir une alliance chiite qui contrôlerait la majorité du pétrole mondial, indépendante de Washington et probablement tourné vers l’est, où la Chine et d’autres sont impatients de nouer des relations, et qui sont déjà en train de le faire. Pour Washington, ce n’est même pas concevable. Au stade où en sont les choses, les Etats-Unis préféraient une guerre nucléaire à une telle situation.

Donc, toute discussion sur le retrait devrait tenir compte du monde tel qu’il est, c’est-à-dire prendre en compte ces données.Ecoutez les commentateurs aux Etats-Unis, quel que soit leur bord politique. Qui parle de ça ? Pratiquement personne, ce qui signifie que le débat pourrait aussi bien se dérouler sur Mars. Et il y a une raison à cela. Nous ne sommes pas censés penser que nos dirigeants peuvent obéir à des intérêts impérialistes. Nous sommes censés penser qu’ils sont gentils, et tout ça. Mais ils ne le sont pas. Ils sont parfaitement sensés. Ils comprennent ce que tout un chacun peut comprendre. Alors la première mesure à prendre dans le débat sur le retrait est le suivant : prendre en compte la situation telle qu’elle est et non pas la situation rêvée, celle où Bush poursuivrait une vision de démocratie ou je ne sais quoi. Si nous savons entrer dans le monde réel, nous pouvons commencer à en parler. Et pour répondre à la question, oui, je crois que nous devons nous retirer, mais nous devons en parler dans le cadre de la réalité et connaître les projets de la Maison Blanche. Eux ne sont pas disposés à vivre dans un monde de rêve.

GP : Comment les Etats-Unis régiront-ils à la Chine en tant que superpuissance ?

Chomsky : Quel est le problème avec la Chine ?

GP : Et bien, la concurrence pour les ressources, par exemple.

Chomsky : Si vous croyez aux lois du marché, tels que nous sommes censés y croire, la concurrence pour les ressources à travers les lois du marché ne devrait pas poser de problèmes, n’est-ce pas ? Le problème est que les Etats-Unis n’aime pas la tournure des évènements. Tant pis. Personne n’aime la tournure des évènements lorsque les événements se tournent contre lui. La Chine ne représente aucune menace. Mais nous pouvons la transformer en menace. Nous pouvons augmenter les menaces contre la Chine, et ils réagiront. Et ils sont déjà en train de le faire. Ils riposteront en renforçant leur arsenal militaire, leur capacité militaire offensive, et cela devient une menace. Oui, nous pouvons les pousser à devenir une menace.

GP : Quel est votre plus grand regret en tant que militant de ces 40 dernières années ? Qu’auriez-vous fait différemment ?

Chomsky : J’en aurais fait plus. Parce que les problèmes sont si amples et profonds que c’est une honte de ne pas en faire plus.

GP : Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir ?

Chomsky : Ce qui me donne de l’espoir c’est l’opinion publique. L’ opinion publique aux Etats-Unis fait l’objet d’études méticuleuses, nous en savons beaucoup. On en parle rarement, mais nous la connaissons. Et vous savez, je suis plutôt en phase avec l’opinion publique sur la plupart des sujets. Sur certains, je ne le suis pas, sur le contrôle des armes à feu, ou sur le créationnisme ou des sujets comme ça. Mais sur la plupart des sujets importants, ceux que nous avons abordé, je suis dans le camp des critiques, mais plutôt en phase avec l’opinion publique. Je pense que c’est un signe très encourageant. Je pense que les Etats-Unis seraient un paradis pour un organisateur.

GP : Quel genre d’organisation devrait être entreprise pour changer la politique ?

Chomsky : Il y a de quoi procéder à un changement démocratique. Prenez ce qui s’est passé en Bolivie il y a quelques jours. Comment un dirigeant indigène de gauche a-t-il été élu ? Etait-ce en se présentant devant les électeurs une fois tous les quatre ans pour leur dire « votez pour moi » ? Non. C’est parce qu’il existe des organisations populaires de masse qui travaillent sans cesse sur tous les fronts, de la lutte contre les privatisations de l’eau jusqu’aux questions locales, et ce sont des organisations à démocratie participative. Ça c’est la démocratie. Nous en sommes loin. Voilà quelque chose qui serait à organiser.

© Noam Chomsky



Lire d’autres articles sur www.noam-chomsky.fr

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55 réponses à [Reprise] Il n’y a pas de guerre contre le terrorisme, par Noam Chomsky [2005]

Commentaires recommandés

Patrick-Louis Vincent Le 13 janvier 2013 à 15h40

Ne soyons pas naïfs, une fois de plus. L’intervention militaire de la France n’a pas de fondements humanitaires ou démocratique. La progression des islamites vers Bamako mettait en péril les intérêts de la société Areva, société détenue à 80% par l’état français, qui a des vues sur l’exploitation d’une mine d’uranium de 5000 tonnes au sud-ouest du Mali. Un accord a été signé en ce sens avec le gouvernement du Mali. Pour que cet accord, stratégique pour l’industrie nucléaire de la France, puisse aboutir, il est indispensable que le gouvernement malien reste en place. L’intervention militaire montre qu’il y avait le feu au lac.

Cette intervention arrange bien les affaires du gouvernement malien, incapable et corrompu, mais aussi les intérêts du puissant lobby nucléaire français.

Si, bien entendu, les intérêts économiques et industriels de la France navaient pas été en cause, la France ne serait jamais intervenu, et aurait laissé les islamistes prendre le pouvoir au Mali.

Il faut toujours chercher à qui profite le crime. Le Qatar a mis la main sur le pétrole lybien, les Américains sur l’or lybien, les Français veulent l’uranium malien.

  1. Dan Le 13 janvier 2013 à 13h38
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    En à peine un quart de siècle , nous assistons à la renaissance de l’affrontement entre les blocs avec la guerre froide comme avant la chute du rideau de fer avec une seule différence majeur un basculement du déséquilibre de puissance entre les blocs. La mondialisation a été un vaste leurre , une grande illusion politique !


  2. Jared Le 13 janvier 2013 à 13h48
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    Hollande ne voulait pas y aller au Mali. C’est un peu facile de l’accuser de va-t-en-guerre. Surtout qu’il connaît les conséquences : le risque accru de terrorisme en France, le risque pour les otages français, les morts de soldats français, …

    Par ailleurs, ça n’a pas de sens de comparer l’intervention au Mali à celle des USA en Irak. Ici, le Mali lui-même a demandé l’intervention française. Et si la France a des intérêts dans l’histoire, où est le problème ? ça ne serait qu’une contrepartie pour l’intervention française.


    • Christophe Vieren Le 14 janvier 2013 à 15h23
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      Oui, comme l’Afghanistan avait demandé l’intervention de l’URSS en vertu d’un accord entre ces deux états.
      C’est qui le Mali ? C’est qui l’Afghanistan ? Est-ce pour autant légitime ?

      Si la France y a des intérêts, que ses représentants le disent et ne se cache pas derrière de présumés “droits de l’homme”. Car il ne manque, alors, pas de pays à attaquer au nom des droits de l’homme.


    • Deres Le 14 janvier 2013 à 16h27
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      Justement, à force de répéter en permanence que nous n’allions pas envoyer de troupes au Mali car c’était la fin de la Françafrique mais former les soldats locaux pour une future offensive vers le nord, les rebelles ont bien compris le message. Il est donc logique d’attaquer le sud Mali vide de soldat français tant que l’armée malienne est incapable de leur résister. Islamiste ne veut pas dire abruti contrairement à ce que l’on veut nous faire croire en permanence … Pour moi, Hollande et Fabius porte indirectement la responsabilité de l’offensive actuelle des islamistes. Le résultat est une contre-attaque, certes professionnelle, mais qui aboutit à des pertes importantes de notre côté (2 gazelles et un pilote).


      • Deres Le 14 janvier 2013 à 16h30
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        J’ajoute que c’est ce qui arrive quand on a comme unique ligne politique de faire différemment de son prédécesseur. Parfois, on fait n’importe quoi juste pour la forme. Et au final pour se retrouver à faire comme avant quand on est dos au mur … Au contraire, l’art de la guerre est de choisir le lieu et l’instant de la bataille, pas de se la faire imposer par son adversaire.


  3. cording Le 13 janvier 2013 à 15h17
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    N’en déplaise à Noam Chomsky il est parfois nécessaire de procéder à la guerre contre les organisations militaro-politiques qui pratiquent le terrorisme comme arme de guerre. Cependant ces opérations ne doivent avoir une durée limitée pour les neutraliser militairement puis pour le temps à des solutions politiques.
    La guerre d’Afghanistan perdure inutilement et ne sert maintenant qu’ à se rendre hostile les afghans affublés sous le nom alibi de “talibans”. C’est que les US et leurs laquais ne savent pas mettre fin à la guerre et les premiers ne savent pas que la guerre ce n’est que la politique quand les moyens sont politiques ont échoués mais ne doit pas être une fin en soi. Il faut se fixer des buts de guerre clairs et nets pour faire en sorte que la guerre soit la plus courte possible et toujours penser dès le début à la solution politique.
    En l’occurrence au Mali la guerre ne doit avoir pour objectifs que le refoulement dans la plus petite proportion possible du pays des organisations politico-militaires qui pratiquent la subversion par le terrorisme.La solution politique est de pouvoir rendre aux autorités maliennes qui nous l’ont demandé le contrôle de la totalité de leur territoire internationalement reconnu.


    • WhereIsMyMind Le 14 janvier 2013 à 09h15
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      J’ai tendance de plus en plus à croire que la guerre apporte pratiquement toujours plus de problème de solution (sauf si on prend en compte l’accès aux ressources naturels d’un pays). J’ai l’impression que pour anhiler ce pouvoir térroriste, rien n’est mieux que d’apporter une stabilité économique. Déjouer les térroriste devrait se faire avec les services secrets, et avec le soutient de la population (qu’on n’obtient que lorsqu’on aide le pays et les gens dans leur problème de vie principaux, à savoir, la nourriture, l’eau et l’éducation). Les frappes chirurgicales, ça n’a pas marché ces 10 dernières années, pourquoi cela fonctionnerait il maintenant??


      • Np237 Le 14 janvier 2013 à 11h13
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        C’est bien beau votre discours, mais comment voulez-vous que des services secrets agissent contre des militants fanatiques au nombre de plusieurs milliers (entre 2000 et 4000 suivant les sources), bien entraînés ?

        Les frappes chirurgicales n’ont pas marché en Afghanistan car elles n’ont rien eu de chirurgical, et que les Américains n’étaient pas du tout préparés à une invasion et à la façon de la gérer. En Lybie, cela n’a pas trop mal marché (modulo les livraisons d’armes sans contrôle dont nous payons le prix aujourd’hui).

        Les terroristes ont commis la double erreur de se regrouper et de frapper les premiers. Il eût été stupide de ne pas en profiter pour leur porter un coup dur. Maintenant aux gouvernements (français et d’Afrique de l’ouest) de ne pas tomber dans le piège de l’enlisement.


    • Christophe Vieren Le 14 janvier 2013 à 15h36
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      Certes, certes, mais il serait bon d’attendre un mandat de l’ONU et/ou de l’OUA. Il serait bon également de consulter a minima nos représentants au Parlement.


      • le Prolo du Biolo Le 11 janvier 2015 à 18h37
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        Et de s’attaquer aux causes plus qu’aux effets.


        • Van Le 11 janvier 2015 à 19h16
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          cest surtout moins lucratif de s’attaquer au causes . timagine le manque a gagner si on arrête “la guerre contre le terrorisme“ .


    • Damien D. Le 14 janvier 2013 à 17h15
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      Noam Chomsky souligne avant tout l’hypocrisie de la justification de l’attaque: les raisons “humanitaires”, “rétablissons la démocratie”, etc.
      Ce ne sont pas les dictateurs et les peuples opprimés qui manquent. Pourquoi on attaque certains et d’autres non? D’ailleurs les US ont soutenu leur lot de dictateurs tortionnaires en leur temps (la France aussi d’ailleurs)

      AUCUNE guerre n’est menée pour des raisons altruistes, de bien-être de l’humanité, mais toujours avec un objectif.

      En Afghanistan pour raisons politique US (il fallait contre-attaquer quelqu’un après le 11 sept)
      En Irak pour le pétrole
      En Lybie, pour raisons politiques FR (rien de tel qu’une bonne guerre pour se faire ré-élire)
      Au Mali pour l’uranium


  4. Patrick-Louis Vincent Le 13 janvier 2013 à 15h40
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    Ne soyons pas naïfs, une fois de plus. L’intervention militaire de la France n’a pas de fondements humanitaires ou démocratique. La progression des islamites vers Bamako mettait en péril les intérêts de la société Areva, société détenue à 80% par l’état français, qui a des vues sur l’exploitation d’une mine d’uranium de 5000 tonnes au sud-ouest du Mali. Un accord a été signé en ce sens avec le gouvernement du Mali. Pour que cet accord, stratégique pour l’industrie nucléaire de la France, puisse aboutir, il est indispensable que le gouvernement malien reste en place. L’intervention militaire montre qu’il y avait le feu au lac.

    Cette intervention arrange bien les affaires du gouvernement malien, incapable et corrompu, mais aussi les intérêts du puissant lobby nucléaire français.

    Si, bien entendu, les intérêts économiques et industriels de la France navaient pas été en cause, la France ne serait jamais intervenu, et aurait laissé les islamistes prendre le pouvoir au Mali.

    Il faut toujours chercher à qui profite le crime. Le Qatar a mis la main sur le pétrole lybien, les Américains sur l’or lybien, les Français veulent l’uranium malien.


    • sns Le 13 janvier 2013 à 16h56
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      Les Etats ont des intérêts: le Nucléaire étant un de nos pôles d’excellence, il est logique de vouloir au mieux contrôler ou moins influencer les zones où résident les matières premières.

      Mais sur le Mali, la situation est pourrie depuis plus de 3 ans: se rappeler la délocalisation du Paris-Dakar. Cette zone est devenu une zone de trafic en tout genre où les revendications politiques sont difficiles à dissocier d’intérêts mafieux.

      La France métropolitaine est particulièrement sensible à ces conflits généraux qui peuvent s’importer sur son sol. C’est la raison pour laquelle les pays d’Europe du Nord sont assez dubitatifs sur le tropisme africain de la France. En gros, il considère que l’immigration africaine est NOTRE problème….

      En revanche, si vous me dîtes que le gouvernement devrait lancer lancer un plan général de recherche pour ne plus dépendre des minéraux africains avec des contraintes de coût marginal: je suis tout à fait d’accord.
      Mais pour l’instant, notre économie et une partie de notre paix publique dépende de l’Afrique, on doit vivre avec.


      • Zevengeur Le 14 janvier 2013 à 10h59
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        sns

        “le Nucléaire étant un de nos pôles d’excellence”

        En effet, un Fukushima ne risque pas d’arriver chez nous !


      • Christophe Vieren Le 14 janvier 2013 à 15h40
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        @sns : [Modéré : on ne vas se lancer là dessus, merci]


      • Van Le 11 janvier 2015 à 19h22
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        on est tellement excellent que le monde entier s’arrache les central nucléaires chinoises et russes . sns pour tu ne va pas aller manifester tu ferais surement un bon charlie .


    • cording Le 13 janvier 2013 à 17h55
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      Puisque selon vous il ne faudrait rien faire si ce n’est laisser faire les islamistes s’emparent du pouvoir au Mali je vous invite à aller vivre dans des pays dirigés par ce genre de dirigeants. Vous ne seriez pas ennuyés par la société Areva et ses intérêts!


      • dupontg Le 11 janvier 2015 à 11h48
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        c’est pas vraiment le genre de question qu’on s’est posée en detruisant la Libye qui avait pourtant l’IDH le plus elevé d’Afrique…….A noter que le mali et le niger ont par contre l’IDH le plus bas de la planete….ce qui ne nous a jamais inquieté tant qu’on pouvait tranquillement se servir


        • dupontg Le 11 janvier 2015 à 12h06
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          j’ajouterais que la Libye employait 2 millions de travailleurs africains…
          Il ne faut pas etre trop surpris si on en retrouve un paquet chez nous


    • Deres Le 14 janvier 2013 à 16h33
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      Mais non, tout le monde sait bien que nous nous battons pour les mangues délicieuses que produit ce pays !


    • Jean Monod Le 15 janvier 2013 à 11h15
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    • Serge Le 11 janvier 2015 à 03h46
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      Vous avez toujours le même petit logiciel complotiste ici : “on vole les richesses gna gna gna” .
      Alors expliquez moi pourquoi une ancienne petite communauté de pécheurs comme les qataris sont devenus aussi riches ,à tel point qu’ils peuvent acheter nos bijoux de famille,influencer notre politique etc …Tout ça sans avoir jamais rien inventé ,rien produit,sinon que d’avoir du pétrole et du gaz sous leurs pieds .


      • persanfoi Le 11 janvier 2015 à 11h43
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        Il n’y a même pas à réfléchir: parce que les sociétés pétrolières n’ont pas réussi à les spolier de leur pétrole.
        Et maintenant, je vous pose une question à mon tour, si vous le voulez bien!
        Pourquoi existe t-il des pays riches et des pays pauvres? Pourtant, dans l’espèce humaine, on a statistiquement autant de chance de trouver des gens, intelligents, courageux, entreprenants, dans toutes les ethnies du monde?!


        • Serge Le 11 janvier 2015 à 18h54
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          Etudiez l’histoire des sciences et des techniques .C’est sidérant que vous ne pensiez même pas à faire le lien avec le développement !
          Les espagols ont volé tout l’or de l’Amérique améridienne et ils ont complètement stagné à la suite de ça .
          La traite oui,mais ça n’explique pas la découverte de l’électromagètisme et l’invention de l’automobile .Vous oubliez de surcroît celle que des arabes vis à vis des européens et des noirs africains .
          Cervantès ,l’auteur de “Don Quichotte” fut esclave des barbaresques d’Alger pendant cinq ans avant son évasion .
          Vu le tropisme de votre grille de lecture de l’histoire,ce n’est pas étonnant .


        • Van Le 11 janvier 2015 à 19h59
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          @serge
          c’est bizarre quand j’ouvre les livres d’histoires je ne lis pas civilisation française mais civilisation babylonienne , sumérienne , assyrienne , phénicienne , Mésopotamie berceau de l’humanité , civilisation grec , civilisation romaine , civilisation arabo-musulman vous connaissez !!! les pécheur qui n’ont jamais produit 🙂


          • Serge Le 11 janvier 2015 à 20h19
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            @Van,vous mélangez volontairement les deux commentaires pour me mettre en difficulé.
            Dans le premiers je parlais des seuls Qataris qui ne doivent leur fortune présente qu’aux ressources naturelles fossiles .
            Dans le deuxième je répondais de façon générale sur le lien qui existe entre développement et celui des sciences et techniques .
            Les brillantes civilisations que vous citez sont anciennes,le relais des découvertes ayant été pris par la nôtre à la renaissance,avec le bond que l’on sait .


      • dupontg Le 11 janvier 2015 à 12h38
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        les deux erreurs classiques sont de voir des complots partout ou de n’en voir nulle part


        • persanfoi Le 11 janvier 2015 à 12h55
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          @dopntg: si c’est une commentaire à ce que j’ai écrit, je me hasarde! Mais ça me parait décalé?! Je fais comme si!
          Je n’ai pas parlé de complot. J’ai parlé de spoliation.
          Prenons tous les exemples que vous voudrez: nous nous rendrons compte que les échanges entre pays riches/forts et pays pauvres/faibles ne sont pas équilibrés et limitent les capacités de développement des pays pauvres/faibles. Sauf, comme cela a été mentionné, dans le cas des énergies fossiles.
          L’enrichissement de l’occident s’est accéléré à partir de l’époque de la traite des esclaves. Sa position dominante aussi. Ca n’est pas un complot: c’est notre histoire.


          • dupontg Le 11 janvier 2015 à 13h55
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            non
            c’etait à celui du dessus


        • Serge Le 11 janvier 2015 à 18h56
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          Je suis d’accord avec vous d’autant que je ne vois pas en quoi cette remarque serait pertinente au regard de mon propos .


      • Serge Le 11 janvier 2015 à 20h42
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        Je n’ai ni l’un ni l’autre et je dit m….aux petits bourges qui me donnent des leçons .
        Je dois être raciste alors envers les espagnols ,parce que j’ai dit qu’après avoir volé l’or aux indiens,ils n’ont plus rien produit en science . 🙂


  5. Tikehau Le 13 janvier 2013 à 15h45
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    Il n’y a pas de guerre contre le terrorisme car le terroriste peut être partout et surtout au milieu d’entre nous. C’est la porte grande ouverte vers l’oppression avec notre consentement “éclairé”.


    • Np237 Le 14 janvier 2013 à 11h15
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      Le terme de guerre contre le terrorisme est abusif. La guerre se fait contre des gens, pas contre des concepts.


      • K Le 11 janvier 2015 à 10h25
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        On parle bien de guerre contre le chomage


  6. Vénus-Etoile du Berger Le 13 janvier 2013 à 15h50
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    Les anglais ne sont pas prêts pour le débarquement, toutefois ils apportent leur soutien et leur matériel aux français

    La Grande-Bretagne va fournir une assistance militaire logistique à la France pendant son intervention, mais ne déploiera pas de personnel en situation de combat, a annoncé le bureau de David Cameron.

    “Le Premier ministre a décidé que le Royaume-Uni fournira une assistance militaire logistique pour aider à transporter rapidement vers le Mali des troupes étrangères et des équipements”, a déclaré Downing Street dans un communiqué. “Nous ne déploierons aucun personnel britannique en situation de combat”, est-il aussi indiqué.

    Le Togo va envoyer 500 soldats au Mali

    Le Bénin va envoyer 300 soldats

    Sommet extraordinaire ouest-africain sur le Mali mercredi prochain à Abidjan

    http://www.huffingtonpost.fr/2013/01/13/mali-dernieres-informations-armee-francaise_n_2465669.html


    • Vénus-Etoile du Berger Le 14 janvier 2013 à 17h48
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      Mali : la Grande-Bretagne apporte son soutien logistique à la France

      Toute la communauté internationale s’est rangée derrière la France pour cette intervention au Mali. Alors que les pays africains s’apprêtent à envoyer des troupes en renfort et que les Etats-Unis n’excluent pas une aide logistique, la Grande-Bretagne a affrété deux avions de transport C17, dont un a fait escale dimanche sur la base d’Evreux, dans l’Eure.

      Première nation européenne à fournir une aide

      Dans les cales de cet immense transporteur de 52 mètres d’envergure, du matériel et des véhicules de l’armée française, qui seront ensuite acheminés au Mali. Ce premier C17 ne fait qu’un aller-retour à Bamako. Mais un autre de ces avions sera à disposition de la France pendant une semaine.

      La Grande-Bretagne, qui est la première nation européenne à fournir son aide logistique à la France pour cette intervention, a répondu très rapidement à la demande de soutien français, en affrétant les deux appareils en 24 heures.
      http://www.bfmtv.com/international/mali-grande-bretagne-apporte-soutien-logistique-a-france-423556.html


  7. Yves Le 13 janvier 2013 à 16h02
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    Et les mauvais esprits, en s’apercevant que François Hollande devrait s’envoler, demain, aux Emirats Arabes Unis, pourraient penser que l’intervention des Rafale au Mali donneront un coup de pouce à leur vente en Inde et aux EAU… http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5E9C9BAK20130113


  8. Macarel Le 13 janvier 2013 à 17h38
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    Si ces gens coupent des mains et lapident des femmes à tort et à travers, il me semble difficile
    se soutenir qu’il faut les laisser continuer à se répandre dans la zone.

    Ceci dit, j’aimerais savoir d’où ils viennent, et qui les a armé, qui les finance ? Quelque chose à voir avec les pays du golfe ?

    Car, ils n’ont pas poussé spontanément dans le désert comme des champignons, il n’y pleut pas suffisamment.

    Quel lien avec la chute de Kadhafi en particulier, tout ce qui se passe entre le sud algérien, lybien, la Mauritanie, le Niger, le Tchad ?

    Quels sont les intérêts français principaux dans la zone, à part le minerai d’uranium ?


  9. Leon Le 13 janvier 2013 à 19h02
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    Cher Olivier.
    J’apprécie énormément votre site dans le domaine économique, et même souvent lorsqu’il s’aventure en politique. Je ne pense pas que la question de l’intervention de la France au Mali soit par contre une bonne idée à traiter. Car elle ne peut qu’ouvrir un débat qui sera vite tordu. Par l’idéologie,des a priori, la passion et l’excessif. Oui, il y a Areva. Mais est ce une raison pour s’accommoder des dérives, je ne dirai pas islamistes, je dirai tout simplement, mafieuses et inhumaines. Imaginons nous une seconde malien. Avant de commenter.


    • serbedukosovo Le 24 janvier 2013 à 22h15
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      Leon votre remarque serait pertinente dans le cas d’un banal article traitant l’intervention française au Mali sans aucun lien avec l’économie. Or ce n’est pas le cas ici car lire Chomsky est indispensable non seulement pour comprendre la “guerre contre le terrorisme” mais aussi la crise économique que nous traversons et au sens plus large le monde dans lequel nous vivons. J’imagine qu’il ne doit pas être facile pour un occidental de le lire sans une ouverture d’esprit certaine, mais je peux vous assurer, pour avoir vécu moi même une de ces “interventions humanitaires”, que l’injustice et la propagande qu’il décrit sont dans la réalité encore plus terrifiantes. Que se soit dans la géopolitique ou dans l’économie la seule solution civilisée a la crise est que le plus grand nombre de citoyens soit informé et se met a réfléchir avec sa propre tête au lieu de subir l’abroutissement ambiant.


  10. Patrick Luder Le 13 janvier 2013 à 20h24
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    ***
    Chomsky : Ce qui me donne de l’espoir c’est l’opinion publique.
    ***
    Chomsky : Il y a de quoi procéder à un changement démocratique.
    ***

    Le pouvoir => au peuple …
    Le pouvoir => au peuple …
    Le pouvoir => au peuple …


  11. fabien775 Le 13 janvier 2013 à 20h52
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    Olivier, vous avez totalement raison de parler de charlatanisme concernant la finance. Si les gens pouvaient comprendre cette imposture et si les médias traditionnels n’étaient pas gangrénés par cette doxa infâme, on pourrait prétendre vivre dans des sociétés plus démocratiques ou l’argent est un moyen et plus un fin en soi.


  12. Lisztfr Le 13 janvier 2013 à 20h54
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    “Apparemment, les Français menaient une de leurs guerres dans le coin.” (Conrad, “Au coeur des Ténèbres”)

    http://dissidrome.over-blog.com/article-16867586.html

    Ceci dit, lors de cette intervention on n’était pas obligé de se placer en première ligne, et d’en faire la publicité (cf la Syrie), ni de qualifier l’envahisseur de “terroriste”.


    • step Le 14 janvier 2013 à 01h52
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      tout état est terroriste dans la mesure ou sa garantie ultime de l’ordre qu’il définit est sa force armée et la crainte qu’elle inspire. Le terroriste est toujours celui qui veut se substituer à cette crainte de l’état afin de gagner la loyauté (ou la soumission) d’une population. Se pose alors les limites de la terreur de l’état, ce qui est ‘normal’ car utile à la stabilité du système et de ce qui relève de l’excès.

      Sachant les différences entre les populations humaines, il faut être prudent avec nos jugements européens. Et éviter de s’en remettre à des déclarations de “président malien” qui ne représente guère que lui même et quelques intéressés (surtout dans ce pays). Plus significatif est l’absence de réaction voir la réaction favorable de la population malienne à notre intervention (pas de manif, pas d’activisme non-interventionniste sur les forums africains), ce qui laisse comprendre que pour eux non plus cette “proposition” d’évolution de l’état malien par les groupes combattants en question n’est pas préférée à l’état actuel. Ceci ne vaut pas quitus à l’état malien, j’ai constaté que ce point a clairement été signalé.

      Il est évident que ces groupes ont des sympathisants européens, qui n’hésiteront pas à manifester leur mécontentement, ce qui risque de s’avérer pour nous dangereux. Le relèvement du plan de vigilance est donc logique.

      Je trouve toutefois très dommage que cet événement militaire tombe pendant l’examen du projet de séparation des activités bancaires, encore une opportunité de contre-feu médiatique qui sera saisi par les lobbys concernés, n’en doutons pas.


    • Macarel Le 14 janvier 2013 à 08h24
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      Même si sur un plan humanitaire, il semble justifié d’intervenir, il n’est jamais mauvais pour un gouvernement de droite ou de gauche, d’ouvrir des fronts extérieurs quand il est en difficulté sur le plan intérieur. Se souvenir de Thatcher et des Malouines, Reagan et le Nicaragua ou la Grenade.
      A la fin de son Mandat Sarkozy était plus populaire dans les rues de Benghazi, que dans celles de Paris.
      Aujourd’hui Hollande, est plus populaire dans les rues de Bamako, que dans celles de la capitale française.
      C’est normal, lorsque l’on est pieds et poings liés au niveau de la politique économique, par les divers Traités européens et internationaux, il ne reste plus pour redorer son blason, que le domaine réservé du Président, l’usage de la force armée sur les théâtres extérieurs.
      C’est vieux comme le monde.


      • Macarel Le 14 janvier 2013 à 08h38
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        Finalement, nos dirigeants ont plus de latitude de manoeuvre pour décider d’agir contre des terroristes du désert, que pour imposer aux banques de séparer leurs activités spéculatives et de dépôt.


  13. Lisztfr Le 14 janvier 2013 à 11h32
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    Alain Juppé gâte tout (le meilleur d’entre nous) en employant une rhétorique digne des néocons datant de l’intervention en Irak. L’erreur du meilleur d’entre nous fait peine à voir, il n’y a pas besoin d’avancer l’argument d’une protection de l’Europe (motif égoiste) contre le terrorisme, pour intervenir au Mali ! Mais Juppé projette sur l’ensemble de la population son propre égoisme, seul motif pouvant justifier une intervention externe ! Ca fait pitié quoi. C’est l’argument stupide de “La France a peur” (ou l’Europe a peur), et le meilleur d’entre nous avec de telles bourdes, je crois que je préfère le pire.

    La tentation du manichéisme de Juppé, de cet affrontement des civilisations, 10 ans après ? c’est n’importe quoi.

    … Et la plus belle chose , ils la gâtent souvent…

    Nous avons de tels politiciens qui ressortent 10 ans après, le “choc des civilisations”, un remake, malheureusement le casting ne suit pas… Autant retourner au film muet, avec des pancartes “les terroristes”, écrit en gros, “eux”, puis “nous” écrit très gros hein parce qu’on n’est pas très intelligents.

    A vouloir superposer à une cause juste une cause éculée on ajoute à la confusion en croyant assurer ses arrières ! Le service com est à revoir.


  14. I. Lemarquaint Le 14 janvier 2013 à 18h58
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    Effectivement, M. Hollande aurait dû demander au parlement un vote pour entrer en action. Le fait que les rebelles aient pris la ville de Konna le 11 janvier et fait fuir l’armée malienne et que l’état d’urgence ait été décrété ne constituent pas une raison suffisante pour agir dans la précipitation.

    Bamako est à 700 km, c’est à dire une journée de route. Les militaires maliens ne semblent pas capables de faire face à ces groupes armés. Un nouveau pouvoir, plus fort, plus énergique serait donc arrivé du Nord. Les rebelles sont mieux organisés, plus efficaces. Si on regarde sur le long terme, quels sont les personnes (de la région) avec la capacité d’administrer ces territoires ? Les rebelles sont des hommes d’affaires qui élargissent leur champ d’action en substituant un mode d’organisation à un autre mode organisation plus faible.

    Ça vous dit un un petit état islamique comme en Afghanistan au cœur du Sahel ? Qui va jouer le rôle du Pakistan ? Le Qatar ou l’Algérie ? Ou bien s’agit-il d’une nouvelle version de l’Empire Songhaï ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_songhaï
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_empereurs_Songhaï

    Mais sous la V° République, le Parlement est un pouvoir faible, une chambre d’enregistrement. C’est effectivement dommage.


  15. Lisztfr Le 14 janvier 2013 à 19h12
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    la com…

    A supposer que quelqu’un ait une idée : il faut intervenir au Mali, parce que etc ; ensuite intervient la com, qui doit absolument justifier son existence, donc ils vont dire “mais c’est trop simple”, et puis surtout n’expliquez rien au gens ils vont se croire intelligents, etc. Donc la com intervient pour fournir des explications idiotes, à l’image qu’elle se fait du peuple. La com est sans doute l’équivalent actuel du politbureau des blocs de l’Est, ils maitrisent le langage donc les idées, et les hommes. Intervenir pour sauver les populations du sud Mali, le gouvernement ami, mais c’est trop simple : Pour déplacer un militaire il faut au moins la lutte contre Ben Laden, du Bien contre le Mal, etc. C’est la sauce “com”, qu’il faut déverser par habitude, pour maintenir l’asphyxie de la réalité, servir l’herbe habituelle au veau français, bref, comme aurait dit Depardieu le jeune, pas de doute, nous sommes en France. La com est l’appareil, le bras armé de la répression des consciences, à l’instar de l’importance du pouvoir des médias et de leur emprise sur les idées. La vérité doit être cachée à priori, et en premier lieu pour justifier l’existence du communiquant, qui ne communique par définition que sur ce qui n’est pas. Mais à trop vouloir mettre son grain de sel on arrive à gâter les plats !

    En Afghanistan il s’agissait de lutter contre le foulard islamique, ou de libérer les femmes… on avait du mal à trouver une explication, d’ailleurs en ce cas, le communiquant se tait, par sagesse.

    La comédie, la comédie d’la vie…


  16. Serge Le 11 janvier 2015 à 03h29
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    Je cite un auteur :

    “Contre les débordements, des musulmans conscients et modernes avaient trouvé la solution, solution inspirée de l’exemple occidental.
    Contre la communauté des croyants (Oummah), comprise comme s’imposant sans distinction entre le spirituel et le temporel, il s’agissait d’opposer le nationalisme arabe, l’Etat profane.
    Sans entrer dans les détails, il en fut ainsi avec Nasser en Egypte, en Irak, en Syrie (seul Etat arabe formellement laïc, me semble-t-il) ou même en Libye avec Kadhafi.
    Malheureusement, avec les interventions désastreuses des Américains et de leurs vassaux, l’islam moderne a été ravagé et les métastases archaïques cantonnées çà et là sont réapparues…”

    Oui ,en éliminant les nationalismes arabes ,ils ont fait resurgir l’Oumma de l’hégire de 662.
    Ils ne sont donc jamais entré en guerre contre ce terrorisme ,ils l’ont fait naître de la boîte de Pandorre qu’ils ont ouvert .
    Reste seulement à savoir dans ce sombre constat ,quelle est la proportion de calcul conscient ou d’improvisation désastreuse .


  17. Olivier M Le 12 janvier 2015 à 14h45
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    “Il est bien évident que le monde des affaires et de l’argent a toujours fortement influencé le monde politique et je pense que ça ne fait que d’empirer.”

    Allons-y franchement, le fascisme mussolinien a TOTALEMENT pris le pouvoir! Les patrons des multinationales sont au dessus des lois, leurs clients et les contribuables sont les seuls qui payent les ridicules amendes que la “justice” arbitrale ose encore prononcer contre eux. Et plus ces patrons magouillent et bafouent les lois, plus leurs rétributions et parachutes dorés augmentent.

    L’Occident fascisant donne des leçons au reste du monde tout en usant de sa supériorité technologique militaire pour le racketter.

    Et dans ce contexte, il y a des millions de charlies aveugles qui pensent encore à la liberté d’expression des médias manipulateurs, alors que leurs véritables libertés, ils préfèrent fermer les yeux dessus, et encore plus sur celles des autres peuples.

    Les islamistes devraient reprendre à leur compte le chant des partisans, les occidentaux ne le méritent plus.


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