27 octobre 2014

Certains lobbies américains sont d’une puissance telle que les politiciens américains rampent peureusement à leurs pieds, sachant que s’ils s’élèvent pour défendre un intérêt national plus général leur carrière sera menacée, un fait plus particulièrement notable quand il s’agit d’Israël ou des armes à feu, comme l’explique Lawrence Davidson.

Par Lawrence Davidson

Le problème des groupes d’intérêt, ou lobbies, était l’un des principaux sujets d’inquiétude des Pères Fondateurs des États-Unis. A leur époque, ces groupes de pression étaient appelés factions.

James Madison, considéré comme l’architecte de la Constitution Américaine, a consacré à ce problème un numéro entier (le dixième) du Federalist Paper en 1787. Il y définissait une faction comme « un certain nombre de citoyens, qu’ils soient majoritaires ou minoritaires […] mus par quelque intérêt… commun, opposé… à l’ensemble des intérêts de la communauté », et pensait que dans le contexte du républicanisme libéral, il était impossible de les éliminer.


http://consortiumnews.com/wp-content/uploads/2014/03/kerry-aipac-2-300×200.jpg

Le Secrétaire d’état John Kerry s’exprime à la conférence de l’AIPAC (Comité américain pour les Affaires publiques israéliennes) le 3 mars 2014.

Madison pensait néanmoins qu’on pouvait les contrôler. Dans ce but, il tenta de créer des corps représentatifs comportant de très nombreux délégués et une grande variété d’intérêts dans l’espoir qu’ils se contrebalanceraient les uns les autres.

Lorsque George Washington prononça son célèbre Discours d’Adieu en 1796, lui aussi constata le problème. Washington mit en garde contre l’existence d’« alliances et associations » qui tentent de « diriger, contrôler, contrecarrer et intimider les délibérations et les actions normales des autorités constituées », et ainsi de substituer leurs propres désirs à « la volonté de la nation confiée à ses représentants».

Comme le souci persistant de Washington l’impliquait, l’approche de James Madison pour contrôler les intérêts particuliers des factions ne s’est jamais révélée adéquate.

Lobbification

Aujourd’hui, le problème est toujours là, et il est pire que jamais. C’est pourquoi, en avril 2011, j’ai inventé le terme de « lobbification » pour décrire le processus corrupteur qui soumet les politiciens à la volonté d’intérêts privés, c’est-à-dire à la volonté des lobbies. Ce par quoi ce processus est rendu possible est, évidemment, l’argent, habituellement sous la forme de contributions aux campagnes des politiciens.

Si le politicien défie le lobby faisant l’offre (un événement rare mais pas inouï), ces intérêts privés reporteront leur soutien sur l’adversaire électoral du politicien rétif. Le résultat est que beaucoup de politiciens agissent en parfaite conformité avec les demandes de nombreux et puissants intérêts privés.

James Madison croyait que le processus corrupteur était la conséquence de la nature humaine – l’intérêt personnel en action. Peut-être en est-il ainsi, mais les résultats n’en sont pas moins débilitants. La lobbification a créé des réactions qui sont si pavloviennes qu’aujourd’hui, les politiciens qui sont dans cet état d’esprit ne peuvent plus différencier les intérêts particuliers de ces puissantes factions auxquelles ils sont redevables, des intérêts réels nationaux ou locaux de leur pays ou de leur communauté.

Deux exemples

Voici deux exemples récents de la puissance de la lobbification. Le 18 juillet, en réponse aux pressions du lobby sioniste, le sénat américain a voté unanimement le soutien à l’attaque en cours d’Israël sur la bande de Gaza. Ceci étant le fait d’un Congrès connu pour son incapacité à s’accorder sur à peu près n’importe quelle législation importante pour son propre pays !

Les sénateurs ont voté leur soutien, bien que l’offensive israélienne ait été de même nature que les attaques allemandes sur Londres durant le Blitz, et la destruction par les alliés de la ville allemande de Dresde vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Autrement dit, les Israéliens étaient engagés dans une opération à grande échelle ciblant des populations civiles. C’est un crime de guerre qui ne peut être présenté comme un acte d’autodéfense. Pourtant, le sénat américain, comme un seul homme, a publiquement soutenu ce comportement criminel.

Il faut noter ici qu’il y avait de sérieuses divergences d’opinion sur le comportement israélien parmi la population américaine – c’est à dire, celle qui compose le Sénat. Mais les sénateurs semblaient immunisés aux débats populaires et ont réagi comme s’ils représentaient le lobby sioniste, et pas le peuple américain.

Sur le plan intérieur, une loi significative, nationale ou locale, réglementant les armes à feu s’avère politiquement impossible à cause de l’influence de la National Rifle Association (NRA). Cela en dépit de la prolifération des morts et blessures en lien avec les armes à feu, dans nos maisons, dans nos rues, et dans nos écoles.

Les arguments des partisans de la NRA insinuent habituellement que la réglementation des armes à feu sonnerait le glas de la chasse, du tir sportif, des collectionneurs d’armes, et même de la capacité d’agir en légitime défense. Cependant, une réglementation rationnelle et raisonnable des armes n’est pas la même chose qu’une prohibition, et se conduire comme s’il n’y avait pas de différence est, à mon avis, un point de vue paranoïaque.

Ensuite, il y a l’argument du Deuxième Amendement, qui permet à beaucoup de partisans de la NRA de fantasmer et de croire qu’ils sont enrôlés dans une « milice bien réglementée » sans laquelle les États-Unis ne pourraient pas rester une société libre. Libre de quoi ? D’une potentielle autorité de l’état avec sa police et ses branches militaires immensément mieux armées ? C’est juste naïf. Si le gouvernement veut agir de façon dictatoriale, les membres armés de la NRA ne seront pas capables de l’arrêter.

En vérité, un contrôle rationnel des armes à feu ne menace pas notre liberté. Cela nous rendrait plus libres en augmentant notre sécurité contre la peste de la violence armée que le lobby de la NRA oblige actuellement beaucoup de nos politiciens à ignorer ou à nier.

Il est important de noter que la direction de la National Rifle Association échoue souvent à représenter fidèlement ses propres membres, et encore moins le grand public. Un sondage Pew de 2013 a trouvé que 74% des membres de la NRA ont soutenu la vérification pour tout le monde des antécédents pour la vente d’armes à feu aux particuliers (comme l’ont fait 94% de la population américaine en général). Néanmoins, sous la pression de la NRA, le sénat a voté contre cette exigence la même année.

Comme avec le lobby sioniste, et comme avec les préoccupations du public sur sa politique étrangère particulariste, beaucoup de sénateurs sont insensibles au débat populaire sur les contrôles des armes à feu, et répondent comme s’ils représentaient le lobby de la NRA et non le peuple américain.

Besoin de réglementation

Madison avait raison sur un point : la réglementation de la capacité des factions/intérêts privés/lobbies à influencer les politiciens et les politiques est une absolue nécessité. Cependant, nous nous heurtons là à un dilemme inextricable. Ce projet de loi de réglementation et d’autres efforts en rapport comme la réforme du financement des campagnes doivent provenir des ces mêmes politiciens qui sont financièrement liés aux intérêts privés.

A l’instar des grands drogués, ces hommes politiques semblent incapables de se désintoxiquer.

S’il y a une façon de sortir de ce dilemme, elle doit venir du grand public. Le mécontentement de longue date envers les politiciens, spécialement au niveau national, doit être canalisé en une campagne populaire pour libérer les législateurs et les décideurs politiques de l’influence de ces intérêts privés.

Envisagez-le comme un effort pour se débarrasser d’un obstacle historique à une bonne façon de gouverner. Si cela n’advient pas, les politiques étrangères qui ont fait naître tant d’hostilité antiaméricaine à travers le monde, et la politique intérieure qui a permis le meurtre aveugle de tant de citoyens innocents, continueront et en fait empireront.

Lawrence Davidson est professeur d’histoire à la West Chester University de Pennsylvanie. Il est l’auteur de Foreign Policy Inc.: Privatizing America’s National Interest; America’s Palestine: Popular and Official Perceptions from Balfour to Israeli Statehood; and Islamic Fundamentalism.

Source : Consortium News, le 27/10/2014

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

29 réponses à La puissance des lobbies contre l’intérêt public, par Lawrence Davidson

Commentaires recommandés

Judabrutus Le 11 décembre 2014 à 06h50

Les USA ont beau être une jeune nation, leur constitution politique est une vieillerie du XVIIIe, c’est à dire l’une des plus archaïques dans l’occident moderne. De ce siècle des Lumières, elle porte les qualités comme les travers, et notamment une irréductible défiance à l’endroit des émotions et des mouvements populaires, clairement exposée chez Montesquieu, un des inspirateurs de la constitution américaine. D’où ce système électoral inouï, qui à lui seul, suffirait à tenir à bonne distance la partie la plus fruste des classes populaires en la dissuadant de participer à un rite politique qui lui est parfaitement incompréhensible. Et comme Montesquieu et les pères fondateurs de la constitution ont sous les yeux le modèle parlementaire britannique, chef d’oeuvre de république aristocratique, maquillée en monarchie, qui redoute par dessus tout de sombrer dans la démocratie, une large place est faite aux professionals, c’est à dire aux agents économiques les plus influents, noblesse et roture confondus : entrepreneurs, propriétaires terriens, négociants. Tout de l’esprit des lois anglaises passe dans celles des colonies américaines devenues indépendantes, et le lobbying qui signe l’affairisme britannique sans états d’âme de la révolution industrielle en gestation va naturellement s’ agréger au mode de fonctionnement des institutions américaines. De sorte qu’il faut bien l’admettre : aucune loi n’entravera jamais l’action de ces lobbies qui appartiennent organiquement à la nature politique de la nation américaine. Madison et Washington, pour remarquables qu’ils aient pu être, commettaient une énorme erreur d’appréciation que Montesquieu avait prévue et critiquée 50 ans plus tôt : on ne va pas contre ce qu’il appelait ” l’esprit général” d’une nation.

  1. georges dubuis Le 11 décembre 2014 à 01h14
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    Quand les 2 terres promises se rencontrent, c’est plus de l’amour…. c’est de la rage et l’ont ne sait plus qui tient l’autre. Chomsky a beaucoup de mal avec çà et il est loin d’être le seul.
    ” La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n’importe quelle idée jusqu’à sa source. ” ( Edward Mandell HOUSE ), l’obscure créateur de la FED, 1913 à l’île Jekyll !!!!!!!!!!!!!!!
    D’un temple à l’autre…..sans modération, au contraire, la naissance de Dr Folamour, cinéma et réalité, c’est tout compris et tellement simple.


    • Serge Le 11 décembre 2014 à 04h55
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      @Georges dubuis.Merci pour ce texte gratiné que j’ai lu rapidement ,mais enregistré sous ,pour le lire attentivement autant que nécessaire .


    • Balthazar Le 11 décembre 2014 à 10h52
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      Passionant ce monsieur House.
      Texte clair et écrit comme un roman de Robert Harris. Bravo.


  2. Serge Le 11 décembre 2014 à 01h23
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    Ce site publie des textes intéressants et décapants ,de “dissidents” (si on peut dire les choses ainsi) américains .
    Ce qui m’interroge,c’est de savoir le poids et l’audience qu’ont ceux-ci outre alantique .


  3. vérité2014 Le 11 décembre 2014 à 03h03
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    Russia and Turkey’s Gas Deal Can Save Europe and the World.

    http://fortruss.blogspot.be/2014/12/russia-and-turkeys-gas-deal-can-save.html


    • Nerouiev Le 11 décembre 2014 à 09h26
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      Article remarquable. Il met en clair ce que j’avais flou dans ma tête et exprimé quelquefois sans arguments. Merci Vérité2014 pour ce lien.


  4. boduos Le 11 décembre 2014 à 03h14
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    parmi les lobbys qui ont mis en coupe réglée les Etats des-Unis on peut citer :
    l’ aipac , le b’nai brith ,wall street ,les majors du pétrole ,le complexe militaro-industriel ,
    Une autre catégorie qu’on peut ranger dans les lobbys- auxiliaires de la colonisation :Monsanto , les céréaliers géants ,Google , Microsoft .
    Les vecteurs :les néo cons,lgbt,Hollywood,Murdock ,NSA,CIA ,CNN…..
    Cette armada hétéroclite se maquille en démocratie américaine et gouverne ce pays.Elle s’impose par la terreur mac artiste chez elle et chez ses partenaires ,par l’activisme et la menace avec exemples .
    la puissance de ce géant aux pieds d’argile repose sur le bluff à l’extérieur ,lui permettant des rapines qu’il partage chichement avec son peuple marche pieds.
    cette machine contre nature et contre le respect humain ,plus elle s’étend plus elle offre de vulnérabilités.Ceux qu’elle considère comme auxiliaires et comme préfets pour sa colonisation tentaculaire sont eux mêmes à la merci de prochains revirements fondamentaux de leurs électeurs.
    l’exemplarité des non alignés qui s’affranchissent désormais produira l’effet domino qui décomposera l’empire sans foi ni loi ,avec pour seul liant de sordides intérêts matériels.


  5. Caramba! Le 11 décembre 2014 à 05h45
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    Vous oubliez l’industrie pharmaceutique:les USA sont classés 1er et second et détiennent 6 des plus grandes firmes pharmaceutiques sur un total de 12

    Liste des plus grandes entreprises pharmaceutiques

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_plus_grandes_entreprises_pharmaceutiques


    • Doùlos Le 11 décembre 2014 à 12h28
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      @Boduos.
      C’est un vœu pieu à mon humble avis. L’empire des lobbies (dont je rajouterai l’économie souterraine!…narco, proxénétisme, trafic en tout genre) ne s’effondrera pas de si tôt. L’Amérique n’est plus depuis belle lurette ainsi que les Etats du XXème siècle. Les non alignés sont également dirigés par ces même lobbies. La corruption fait loi, c’est une résultante directe de notre système marchant. Tuer l’Amérique ne tuera ni le capitalisme, ni les oligarques. Les puissants ne sont toujours déplacés en temps et en heure. Et si ce n’est eux, d’autres prendront leurs places. Un jeu du trône, n’est ce pas? 🙂


      • boduos Le 11 décembre 2014 à 13h20
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        @doulos
        je comprends ton pessimisme et tes remarques sont bien réelles….mais toi, le “doulos” ,permets au “cave” que je suis de se rebiffer.
        Mais pour rester serieux :ce qui signe le déclin des USA c’est la lecture à livre ouvert qu’offre ce consortium de lobbys à toute la planète du mépris qu’il a pour son propre peuple,pour ses “alliés” et pour ses concurrents . Quand l’intérêt des maffieux prime sur l’intérêt national ,le ver est dans le fruit et annonce la dislocation.


    • boduos Le 11 décembre 2014 à 12h34
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      @caramba
      l’industrie pharmaceutique ,on peut l’ajouter bien sur.
      cependant,jugeant l’arbre a ses fruits,en matière de lobbying,je constate que ce lobby est moins puissant qu’en France: en 1973,Nixon décorait déjà le Pr Gernez pour ses découvertes fondamentales sur la genèse du cancer.http://www.filmsdocumentaires.com/films/17-andre-gernez.
      en France,après 40ans ,les applications (peu couteuses ) de ses travaux commencent à percer.Imaginez le surcout phénoménal pour la sécu et les dégats pour les patients irradiés,chimiothérapisés à outrance…..alors que les cliniques de “jeune” existe depuis longtemps aux USA et en Allemagne.http://radionotredame.net/2014/sciences/sante/le-jeune-une-nouvelle-therapie-28660/ ou l’on voit que la parole se libère 40 ans + tard.
      si vous vous donnez le plaisir intellectuel approfondir l’épopée tranquille d’André Gernez,vous en apprendrez d’avantage sur la haute administration qui gère vos destinées et la toute puissance du lobby pharmaceutique.(cf le médiator……retiré aux USA depuis + de 25ans)
      P.S. ces labos qui ruinent notre sécu( et notre santé parfois )s’arrangent par ailleurs à fabriquer la molécule et le principe actif dans un pays +favorable fiscalement puis se refacturent plein pot en France pour limiter au maximum leur marge chez nous.( bien que la recherche soit française)


  6. Judabrutus Le 11 décembre 2014 à 06h50
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    Les USA ont beau être une jeune nation, leur constitution politique est une vieillerie du XVIIIe, c’est à dire l’une des plus archaïques dans l’occident moderne. De ce siècle des Lumières, elle porte les qualités comme les travers, et notamment une irréductible défiance à l’endroit des émotions et des mouvements populaires, clairement exposée chez Montesquieu, un des inspirateurs de la constitution américaine. D’où ce système électoral inouï, qui à lui seul, suffirait à tenir à bonne distance la partie la plus fruste des classes populaires en la dissuadant de participer à un rite politique qui lui est parfaitement incompréhensible. Et comme Montesquieu et les pères fondateurs de la constitution ont sous les yeux le modèle parlementaire britannique, chef d’oeuvre de république aristocratique, maquillée en monarchie, qui redoute par dessus tout de sombrer dans la démocratie, une large place est faite aux professionals, c’est à dire aux agents économiques les plus influents, noblesse et roture confondus : entrepreneurs, propriétaires terriens, négociants. Tout de l’esprit des lois anglaises passe dans celles des colonies américaines devenues indépendantes, et le lobbying qui signe l’affairisme britannique sans états d’âme de la révolution industrielle en gestation va naturellement s’ agréger au mode de fonctionnement des institutions américaines. De sorte qu’il faut bien l’admettre : aucune loi n’entravera jamais l’action de ces lobbies qui appartiennent organiquement à la nature politique de la nation américaine. Madison et Washington, pour remarquables qu’ils aient pu être, commettaient une énorme erreur d’appréciation que Montesquieu avait prévue et critiquée 50 ans plus tôt : on ne va pas contre ce qu’il appelait ” l’esprit général” d’une nation.


    • Judabrutus Le 11 décembre 2014 à 07h43
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      Formulation maladroite : il va de soi que ce n’est pas l’erreur des rédacteurs et des 1ers interprètes d’une constitution américaine qui n’existait pas que Montesquieu avait prévue, mais que son propos avait une portée plus générale et sonnait comme un avertissement à tous les législateurs : il est vain et parfois dangereux d’introduire dans un corps de lois, une nouvelle loi ou une réglementation qui va contre l’esprit qui se dégage de ce corps de lois.


  7. millesime Le 11 décembre 2014 à 07h20
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    Dans son livre ” Le profit avant l’homme” Noam Chomsky écrit :
    Tous les spécialistes de Madison s’accordent à dire que “la Constitution était, intrinsèquement, un document aristocratique destiné à contrer les tendances démocratiques de la période”, livrant le pouvoir “aux meilleurs” et empêchant ceux qui n’étaient ni riches ni bien nés, ni connus, de l’exercer

    Madison déclara ainsi que le première responsabilité l’ Etat était “de protéger la minorité opulente contre la majorité” , proposition qui est restée le principe fondamental du système démocratique US jusqu’à nos jours;

    Lors des discussions publiques, Madison parlait des minorités en général, mais il est tout à fait clair qu’il songeait à l’une d’elles en particulier : celle des “opulents”. La théorie politique moderne souligne sa conviction selon laquelle, “dans un gouvernement juste et libre, les droits de propriété , comme ceux des personnes, devraient être efficacement accordés”


    • georges dubuis Le 11 décembre 2014 à 11h25
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      Ce qui se résume à: you are a winner or a looser, vous êtes un gagnant où un perdant. C’est un univers impitoyable…et clair.
      on mesure à quel point une phrase d’un ancien prix Nobel de la paix (1931) et ancien doyen de l’Université Columbia – Nicholas Murray Butler – éclaire avec lucidité la situation politique mondiale actuelle.

      ” Le monde se divise en trois catégories de gens:
      – un très petit nombre qui fait se produire les événements,
      – un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s’accomplir
      – et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité.”


  8. Leveau Le 11 décembre 2014 à 07h21
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    Vous avez parfaitement raison…et les peuples sont des troupeaux soumis au puissant.
    Si les gens désiraient “prendre la main” sur leur destinée ils opteraient naturellement pour une stochocrathie….tordant ainsi et définitivement le coup a la corruption, lobby et autres pouvoirs aristochratiques.
    Mais ils sont des troupeaux….


    • Papagateau Le 11 décembre 2014 à 23h19
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      Désolé, mais si le tiré au sort s’informe à la télé ou dans les 4 principaux journaux papier, alors il est corrompu. A l’insu de sa conscience, mais corrompu tout de même.

      A ce point, il faudra encore ajouter la nué de lobbyiste (ou faux experts) qui lui tourneront autour.

      Le problème c’est l’information.
      Si les faits présentés sont faux, la conclusion sera fausse, même avec la meilleure volonté.

      Certes, le tiré au sort aurait des moyens d’enquête supérieurs au citoyen ordinaire, notamment du temps, mais il va devoir d’abord se déconditionner des sources d’informations auxquelles il avait accès avant son tirage au sort.

      Je suis d’accord mais je ne voulais pas laisser d’angle mort.


  9. Nerouiev Le 11 décembre 2014 à 09h42
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    Ce qui est grave avec Washington c’est qu’il ne parle que l’anglais. Comprenez-moi, je veux dire par là qu’ils (ceux de Washington) sont incapables de comprendre autre chose que ce qu’ils sont et se heurtent en permanence aux autres, et leur seul argument en politique étrangère est l’argent et la corruption, choses volatiles on ne peut plus. Les techniques russes, orientales et même du Moyen Orient incluent beaucoup d’autres choses dans les négociations, notamment pour garantir le long terme. C’est pourquoi le lobbying américain se doit d’être toujours au combat, sinon la sauce retombe. Le peuple américain est tenu à l’écart parce que également il ne comprend pas non plus d’autres raisonnements que ceux qu’on leur mâchent en permanence.


  10. Phil_A Le 11 décembre 2014 à 10h56
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    Un peu hors sujet , mais quelqu’un a signalé que HR 758 a été voté aux US.
    Le règne des psychopathes est quasiment achevé.


    • purefrancophone Le 11 décembre 2014 à 11h06
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      Phil_A;
      Si vous parlez de la résolution 758 , oui , j’ai déposé un écrit ce matin sur cette page , mais elle a été supprimée !!
      Il y avait tous les détails de cette résolution
      Dommage , cela me semble extrêmement grave !!!!
      A moins que Olivier fasse une page spéciale ; pas impossible vu les infos !


    • Nerouiev Le 11 décembre 2014 à 11h49
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      Mais non, c’est en plein dans le sujet. ça veut dire que Poutine a tapé là où ça fait mal.
      http://www.lewrockwell.com/2014/12/michael-s-rozeff/declaring-war-on-russia/


      • Nerouiev Le 11 décembre 2014 à 12h07
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        Quand Poutine s’avère être plus malin et met les projets de Washington ou Bruxelles imposés en échec, cela devient une agression. Il ne pourrait en être autrement pour un pays exceptionnel. Malheureusement l’Europe de Bruxelles est en train de devenir exceptionnelle dans la co.. puisque elle, elle sait.


  11. Chris Le 11 décembre 2014 à 16h51
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    11 déc. 2014 – Un amendement fait bondir les Démocrates US au Congrès
    http://affaires.lapresse.ca/bourse/201412/10/01-4827090-un-amendement-pro-wall-street-enflamme-le-congres.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=lapresseaffaires_LA5_nouvelles_98718_accueil_POS13
    «La Chambre est sur le point de voter sur un compromis budgétaire négocié à huis clos et où s’est glissé une mesure qui permettraient aux traders de produits dérivés à Wall Street de jouer avec l’argent du contribuable et de se faire renflouer par l’État quand leurs paris risqués menacent de faire s’écrouler le système financier», a dénoncé la sénatrice Elizabeth Warren, bête noire de Wall Street.


    • boduos Le 11 décembre 2014 à 18h38
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      @chris
      c’est vieux comme mes robes :on privatise les bénéfices et on mutualise (étatise) les pertes.
      ça c’est du libéralisme !!!


      • olivier69 Le 13 décembre 2014 à 16h50
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        Bonjour boduos,
        Faites qu’en même attention, certains pourraient davantage le croire. A la vue de la méconnaissance du concept politique et économique….
        ps : on retrouve l’atomicité, la fluidité et la transparence, piliers de la doctrine, c’est évident. 🙂
        Cdlt


    • Vasco Le 12 décembre 2014 à 10h37
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      Même la démocratie directe n’est plus à l’abri …

      http://horizons-et-debats.ch/index.php?id=4451


  12. RGT Le 11 décembre 2014 à 20h23
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    Ne soyez pas si acerbes avec les USA : C’est la même chose dans toutes les “Grandes Démocraties Occidentales Exemplaires”…

    Les rares forces de police qui restent (suite au démantèlement des services régaliens) ne servent plus qu’à protéger les “élites élues” de la vindicte populaire.

    Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les manifestations sont de plus en plus réprimées par une violence inouïe.
    Même les “mémères” qui manifestaient avec leurs gamins en poussette (attention : arme de destruction massive) contre le “marriage pour tous” se sont faites lyncher par des “chiens de garde” qui ont omis de faire preuve de la moindre courtoisie.

    Par contre, si une manif est organisée par un lobby, seuls ceux qui, justement indignés, oseront commettre le “crime de lèse-majesté” d’une contre-manifestation qui se retrouveront châtiés sans ménagements. Et cette “agression” sera relayée comme une “atteinte à la liberté d’expression”…

    Les “chiens de garde” protègent bien les corrompus par un système hiérarchique sans faille. Toute la hiérarchie des “forces de l’ordre” (je préférais quand on les appelait “gardiens de la paix – merci Joxe) est totalement à la solde de quelques intérêts particuliers et se désintéresse totalement de ceux de la VRAIE population.
    Et les “flics de base” obéissent non pas par cruauté mais simplement pour ne pas se faire virer et continuer à nourrir leurs familles.

    Par contre en dehors des manifs, ils ne sont plus tellement présents pour “faire leur boulot de base”… Ils sont postés à des endroits stratégiques pour faire “du chiffre” afin de renflouer les caisses de l’état.

    Résultat : Une croissance exponentielle de la criminalité (les délinquants sachants qu’ils jouissent d’une impunité totale s’ils s’en prennent à un pékin lambda) et un cordon de sécurité impénétrable pour tous les corrompus de service qui vivent dans leur cocon en se foutant royalement des problèmes des autres.

    Honnêtement, combien parmi les lecteurs ne feraient pas la même chose ? Pas beaucoup, c’est certain.
    Entre vivre dans le luxe à l’abri de toutes les “tracasseries quotidiennes” et voir ses privilèges réduits par des bêtes questions de “partage”, je ne connais pas beaucoup de personnes qui hésiteraient : Après tout, si je peux sauver mes fesses, tant pis pour l’autre (il n’a pas à être con au point de ne pas pouvoir en profiter).

    Les honneurs, la sécurité, la santé, le bien-être leur sont réservés et le reste de la population n’a que ses yeux pour pleurer (pas trop fort quand même, ça empêche de dormir : On va voter une loi !!!).

    Le jour où ça commencera à barder car les “gueux” n’auron plus rien à piller chez les autres gueux et qu’ils commenceront à loucher du côté des “élus”, ces chères “élites” se retrouveront soudain confrontées à la réalité.
    Mais il sera trop tard, hélas, et ils se feront mettre en pièces, malgré les cordons de flics censés les protéger (les flics se joindront peut-être à la curée, qui sait ?).

    A ce moment là, je ne me sentirai PAS DU TOUT concerné, et j’espère que l’ensemble de la population aura le même comportement éxemplaire qu’ils avaient eu dans le passé : Les laisser crever dans leur merde.

    Et si une “révolution” survient, méfiez-vous. Le régime “néo-démocratique” qui en surgira sera sans doute encore pire que celui qui nous opprime actuellement.

    La seule chose dont nous soyons certains, c’est que la cruauté, la cupidité, la veulerie et la pourriture humaines sont infinies.

    Après, libres à vous si vous croyez encore au père noël.
    Tout le monde a tout à fait le droit ce croire en ce qu’il veut.
    Mais avant de vous lancer dans des croyances “aventureuses”, réfléchissez simplement à ce qui risque de se passer à l’avenir. Prenez de la hauteur, pensez “à qui profite le crime”…
    Surtout en terme de “politique”.
    La politique est un mot “emprunté” à la civilisation antique pour désigner l’art d’escroquer légalement les autres en votant les lois adhéquates.

    Et si vous vous trouvez floués ne venez pas pleurer car vous serez bien à l’origine de vos choix.

    L’ancien maire de Londres avait dit, peu de temps après la chute de Lehman Brothers et pendant la crise financière qui avait suivie : “Il faudrait pendre un banquier chaque semaine jusqu’à ce que les autres comprennent”…
    Il serait surtout urgent de commencer par une autre profession encore plus nuisible: Les politiciens professionels.

    Tant qu’ils resteront impunis, honnêtement, croyez-vous qu’il aient la moindre raison de s’arrêter ?
    Ils seraient réellement cons, ne croyez-vous pas ???


    • Jean Le 11 décembre 2014 à 21h37
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      en parlant de banquier…..

      Extrait de MEDIAPART :

      Privatisation de l’aéroport de Toulouse : Emmanuel Macron a menti

      Transfert d’une « participation majoritaire » : juridiquement,
      les mots ont un sens. Ils signifient que la privatisation est bel et
      bien décidée et que l’État n’aura plus besoin, à l’avenir, de recevoir
      l’avis conforme de la commission de privatisation (rebaptisée commission
      des participations et des transferts), s’il décide de céder les 10,1 %
      restants. Désormais, il peut le faire, à sa guise, quand il veut et à
      qui il veut. En droit, la privatisation est donc consommée, quoi qu’en
      dise maintenant Emmanuel Macron, qui cherche à éteindre l’incendie qu’il
      a lui-même allumé.

      Ce pacte d’actionnaire secret, Mediapart a pu en prendre
      connaissance, grâce à l’une des nombreuses collectivités qui sont
      concernées par le projet. Or, ce pacte contient des dispositions
      stupéfiantes, qu’Emmanuel Macron a cachées et qui contredisent les
      propos publics rassurants qu’il a tenus.

      Au titre II, consacré à la gouvernance de la nouvelle société, il est ainsi prévu : « L’État s’engage à voter en faveur des candidats à la fonction de membres du conseil présenté par l’acquéreur. » Plus loin, il est aussi consigné noir sur blanc que « l’État
      s’engage d’ores et déjà à ne pas faire obstacle à l’adoption de
      décisions prises en conformité avec le projet industriel, tel que
      développé par l’acquéreur dans son offre ». De même, « l’État
      s’engage par ailleurs, sauf motif légitime, à voter au conseil dans le
      même sens que l’acquéreur pour les décisions importantes ».

      En clair, au terme de clauses secrètes, l’État renonce quasiment à
      tous ses droits d’actionnaires, et octroie quasiment les pleins pouvoirs
      aux investisseurs chinois alliés au groupe canadien. Une clause tout
      aussi choquante donne aussi les pleins pouvoirs aux investisseurs
      d’octroyer les rémunérations qu’ils souhaitent à l’état-major de la
      société qu’ils composeront à leurs mains. Sans caricaturer, l’État va
      devenir « un sleeping partner », comme on dit dans le langage
      financier anglo-saxon. Un actionnaire dormant, tout juste bon à ratifier
      les décisions prises par les vrais propriétaires de la société.

      Emmanuel Macron ne peut donc pas affirmer que la puissance publique gardera la main. C’est en fait exactement le contraire.

      L’argument d’Emmanuel Macron sur les effets induits possibles sur
      l’emploi est aussi d’une grande mauvaise foi. Car beaucoup d’oligarques
      chinois qui viennent investir en France ont précisément la réputation de
      promettre monts et merveilles, notamment en matière d’emplois, et de ne
      souvent guère tenir parole. On peut lire à ce sujet un intéressant reportage que vient de publier Le Nouvel Observateur sur les engagements pris par un groupe d’investisseurs chinois à Châteauroux, dans le Berry, et où, sept ans plus tard, « on attend toujours les emplois ».

      https://www.wiseed.com/rachetonslaeroportdetoulouse
      (voir le forum)


    • Caramba! Le 11 décembre 2014 à 23h55
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      Je ne partage pas votre avis car il n’y a pas véritablement de choix, il y a qu’une vitrine.
      Vous savez parfaitement qu’il y a manipulation alors dire qu’on est à l’origine de nos choix?
      Les outils pour asservir les peuples touchent à tout leur environnement.C’est un matraquage continuel et bien malin celui qui y étant né parvienne à le percevoir.

      Je lis souvent cet argument qu’on doit absolument garder son travail et donc qu’on obéit.Aveuglément.
      Les journaleux, les flics….
      C’est un monde de dingue où on a tellement peur de la précarité, de l’instabilité qu’on serait prêt à tout?
      Alors effectivement, ce monde est en régression et ressemble de plus en plus au Moyen-Âge.


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